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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Au sud de Timanfaya, la vallée de la Geria et ses vignobles.


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Les vignobles et leurs murets en demi-lune couvrent la vallée de La Geria et les contreforts volcaniques  -  ©JM. Mestdagh

 

Le climat désertique et l’absence totale de source et de rivière sur Lanzarote rendent toute pratique agricole difficile. Cependant, en raison de son origine volcanique, l’île bénéficie d’un sol noir fertile constitué de cendres et de lapilli, sur un sous-sol argileux peu perméable. S’adaptant parfaitement à ces conditions naturelles originales, une technique viticole singulière a été adoptée : les ceps de vigne sont plantés individuellement au milieu d’entonnoirs creusés dans les lapilli, afin d’y puiser l’humidité nocturne recueillie, et sont protégés des vents secs du nord-est et du Sahara par des murets de pierre édifiés en demi-cercle.

 

Les murets sont constitués d'empilements de pierres sur un seul rang; les pierres sont placées de telle façon que le parement intérieur du demi-cercle soit aussi lisse que possible, de façon à faciliter le travail de la vigne dans les dépressions.

Une technique un peu différente consiste à creuser un large fossé, long de plusieurs dizaines de mètres, bordé de chaque côté par un muret et compartimenté par des murets tranversaux.

 

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Technique alternative : un grand fossé et des murets transversaux  -  ©JM. Mestdagh

 

Le vignoble de Geria produit un vin rouge et doux : le vin de Malvoisie.

Malvoisie est en réalité le nom grec donné à un groupe de cépages d'origine méditerranéenne. Dans l'ancienne terminologie du commerce Vénitien des vins, l'appellation "Malvasia" correspondait à la fois au cépage d'origine et à toute une série de vins grecs.

 

Accessible par la route, ou par le chemin côtier de Timanfaya, le site de El Golfo offre une vue surprenante.

 

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Le cratère d'El Golfo et la plage de sable noir  - ©JM. Mestdagh

 

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       Les effets de l'érosion sont spectaculaires  -  ©JM. Mestdagh

 

Un majestueux volcan d'origine sous-marine a été fortement érodé par la mer, donnant l'impression d'avoir été coupé en deux. Les roches errodées offrent une palette qui va du gris, au brun, à l'ocre jusqu'au rouge, contrastant avec la mer bleue, la plage de sable volcanique noir et un petit lagon vert bronze : le Charco de los Clicos... un arc-en ciel minéral !

Ce lagon est alimenté par des remontées d'eaux souterraines; sa couleur est liée à la présence d'algues microscopiques (Ruppia maritima).

 

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       Le cratère d'El Golfo et le Charco de los Clicos  -  ©JM. Mestdagh

 

Toujours plus au sud-ouest, Los Hervideros, "les eaux bouillonnantes" : des labyrhintes ont été creusé par la mer dans un flot de lave basaltique.

Les eaux de l'Atlantique se ruent dans les tunnels de lave, y créant des arches, des cheminées, où elles semblent bouillir avec des projections bruyantes hautes de plusieurs mètres.

 

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.Los Hervideros - "the boiling springs" - avec en arrière-plan  la Montana Bermeja, cône très coloré, à droite -  ©JM. Mestdagh

 


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                                                                                               ©JM. Mestdagh


Sources :

- Les murets de pierre sèche semi-circulaires du vignoble de Lanzarote - C. Lassure

- Landscapes of Lanzarote - Sunflower countryside guide.

 

   

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

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La décharge de poussières, fléchée en bleu, parmi les fumerolles du côté sud du dôme de Soufrière Hills - Document MVO 26.06.2010.

 

Une légère décharge de poussières s'est produite à partir du 25 juin 2010 au volcan Soufriere Hills, sur l'île de Montserrat.

Première manifestation d'activité depuis février, de légères chutes de cendres ont été enregistrées sur l'île et des odeurs de soufre ont été perçues sur Nevis. Des grondements ont été entendus dans la nuit des 25 et 26.

 

Des observations aériennes du MVO, le 26 juin, révèlent que la décharge provient de la zone d'effondrement du dôme (English 's crater) et de la partie sud formée le 11 février.

 

L'émission de poussières coïncide avec des essaims de séismes volcanotectoniques qui se sont produits les 23 et 25 juin. De courts séismes VT se sont produits le vendredi 25 ... ce type d'évènement est souvent associé à une extrusion de lave, comme on l'a observé en 2008, juste avant une émission de lave.

Cet évènement pourrait avoir une nature phréatique, liée à l'interaction entre les matériaux saturés d'eau par les fortes pluies récemment enregistrées et ceux plus chauds sous la surface.

 

Le 2 juillet, des séismes LP furent suivi d'une nouvelle émission de poussières plus intense, avec des retombées sur Gages, Plymouth et Foxes bay, et un signal de trémor de bas niveau associé.

 

Source : MVO - Montserrat Volcano Observatory.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

 

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             Le chemin côtier, entre mer et cônes volcaniques - ©JM. Mestdagh

 

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              Le "malpais" - mauvais pays - de Timanfaya  -  ©JM. Mestdagh


Puisque le parc national ne permet pas de déambuler dans les laves à sa guise, les amateurs devront se rabattre sur le chemin côtier, qui court de Playa dela Madera jusqu'à El Golfo, sur 13 kilomètres.

Il convient d'être bien équipé, car l'entièreté du parcours se fait sur de la lave et ne présente aucun abri : en cas de temps ensoleillé, les provisions d'eau sont indispensables ... mais c'est la seule portion de Timanfaya explorable sans guide; il est cependant conseillé de ne pas s'écarter trop du sentier.

 

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                                    Colonnes primées basaltiques - ©JM. Mestdagh


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Le spectacle des formations de lave côtières, la vue sur les cônes volcaniques et le bruit incessant du ressac  sont ici sources de satisfaction.

Les roches volcaniques de Lanzarote sont constituées presqu'exclusivement de basaltes, et on peut admirer, en bord de mer, des colonnes prismées.

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Basalte à olivine - ©JM. Mestdagh  

 

"Ce sont des basaltes à augite et olivine (*), constellés de nodules de péridotite (*) qui ont été arrachés au manteau supérieur et remontés par la lave. Cette abondance d'enclaves du manteau est un indice en faveur d'une ascension rapide du magma, depuis sa zone de genèse dans le manteau supérieur jusqu'à la surface. En effet, pour qu'un liquide basaltique à haute température - plus de 1.000°C - puisse remonter des blocs de forte densité, comme des péridotites, il est impératif que sa vitesse ascensionnelle soit grande. En période de crise volcanique, il est probable que quelques heures suffisent au magma pour parcourir la distance manteau-surface "  commente Maurice Krafft.

 

(*) :

Les péridotites sont une série de roches plutoniques constituant la majeure partie du manteau terrestre. Ultramafiques(ou ultrabasiques), de structure grenue, les péridotites sont principalement constituées d'olivine associée à d'autres silicates ferro-magnésiens, essentiellement des pyroxènes. Elles doivent leurs nom aux péridots, les cristaux d'olivine qui les constituent majoritairement et leur confèrent souvent une teinte verte ou jaune-verdâtre.


L' augite est un minéral de la famille des pyroxènes. Il s'agit d'un clinopyroxène ferromagnésien et calcique.


Un article et des photos seront consacrés à l'olivine, sur ce blog.


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               Quelques grosses bombes en bordure du chemin côtier  -  ©JM. Mestdagh


Actu-4-1597.jpgDans un univers de laves "a-a", quelques coulées cordées témoignent d'épisodes différents.

©JM. Mestdagh


Le fait que les laves émises furent principaement de type "a-a" est à mettre en relation avec le très faible nombre de victimes recencées en 1730-1736, leur vitesse lente de progression ayant permis aux autochtones de fuir le danger.

 

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La proximité de la mer, le vent et les hautes températures ont permis une cristallisation de sel dans des trous de roches basaltiques étrangement sculptées  -  ©JM. Mestdagh

 

Sources :

- Guide des volcans d'europe et des Canaries , par M.Krafft et F.de Larouzière.

- Le parc national de Timanfaya - itinéraire du chemin côtier, faune et flore - lien

 


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Timanfaya - Alignement des cônes sur la fissure éruptive et flots de basalte parallèles sur champ de scories  -  ©JM. Mestdagh

 

 

Dans son livre "Les feux de la terre - histoires de volcans", chapitre "Le clergé, chroniqueur de l'enfer" , Maurice Krafft parle des hommes d'église qui ont été, jusqu'au milieu du 19° siècle, de grands observateurs d'éruptions. On leur doit la description de la plupart des épisodes actifs du Vésuve et de l'Etna, mais aussi de la majorité des grands cataclysmes volcaniques à travers le monde. 


Le curé de la commune de Yaiza, Don Andres Lorenzo Curbelo, nous fait revivre le cataclysme :

 

 

«  Le 1° septembre 1730, entre neuf heures et dix heures du soir, la terre s’entrouvrit tout à coup auprès de Timanfaya, à deux lieues de Yaiza.

Dès la première nuit, une énorme montagne s’était élevée du sein de la terre et de son sommet s’échappait des flammes qui continuèrent à brûler pendant dix-neuf jours (…), un torrent de lave se précipita sur Timanfaya, sur Rodeo et sur une partie de Mancha Blanca. La lave s’écoula sur les villages vers le nord, d’abord avec autant de rapidité que l’eau, mais bientôt sa vitesse se ralentit et elle ne coula plus que comme le miel (…)


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                      Timanfaya - coulées basaltiques  -  ©JM. Mestdagh


Le 11 septembre, l’éruption se renouvela avec force et la lave recommença à couler. De Santa Catalina, elle se précipita sur Maso, incendia et recouvrit tout ce village et poursuivit son chemin jusqu’à la mer ; elle coula pendant six jours de suite avec un bruit effroyable et en formant de véritables cataractes. Une grande quantité de poissons morts surnageaient à la surface des eaux de la mer (…)

Bientôt tout se calma. Mais le 18 octobre,trois nouvelles ouvertures se formèrent au-dessus de Santa Catalina qui brûlait encore et de ses orifices s’échappèrent des masses d’une fumée épaisse qui s’étendit sur toute l’île. (…)

Les coups de tonnerre et les explosions qui accompagnèrent ces phénomènes, l’obscurité produite par la masse de cendres et de fumées qui recouvrait l’île, forcèrent plus d’une fois les habitants de Yaiza et des lieux voisins, à prendre la fuite. (…)

Le 28 octobre, l’action volcanique s’était exercée de cette manière pendant 10 jours entiers, lorsque tout à coup le bétail tomba mort, asphyxié dans toute la contrée, par un dégagement de vapeurs pestilentielles, qui se condensèrent et tombèrent sous forme de gouttelettes. Le 30 octobre tout redevint tranquille. (…)

Mais le 1° novembre, les fumées et les cendres recommencèrent à paraître (…)

Le 27, une autre coulée se précipita avec une incroyable vitesse vers les bords de la mer; elle atteignit le rivage le 1° décembre, et forma au milieu des eaux une petite île, tout autour de laquelle on trouva beaucoup de poissons morts. (…)

Le 16décembre, la lave atteignit Chupadero qui bientôt ne fut plus qu’un vaste incendie. Elle ravagea ensuite la fertile Vega de Ugo. (…)

 

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                                                                                                         ©JM. Mestdagh


Le 7 janvier 1731, de nouvelles  éruptions vinrent bouleverser les précédentes. Des courants incandescents, accompagnés de fumées très épaisses, sortirent par deux ouvertures formées dans la montagne. Les nuages de fumée étaient fréquemment traversés par de brillants éclairs d’une lueur bleue et rouge, suivis de violents coups de tonnerre, comme dans les orages, et ce spectacle était aussi effrayant que nouveau pour les habitants, car on ne connaît pas les orages dans ces contrées. (…)

 

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        Timanfaya -  édifices volcaniques imbriqués, sur fond de coulées - ©JM. Mestdagh

 

Chaque fois que les hommes croyaient que leur malheur s’achevait, de nouvelles fissures s’ouvraient, de nouveaux cônes s’érigeaient. Il y eu même des éruptions sous-marines (… )   »

 

 

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       Timanfaya - Cônes alignés sur la fissure et flots de lave  -  ©JM. Mestdagh

 

C’en était trop, les habitants abandonnant tout espoir, partirent définitivement avec le curé de Yaiza pour se réfugier sur l’île de la Grande Canarie. La terre continua à vomir son basalte incandescent jusqu’au 16 avril 1736, noyant une surface de 200 kilomètres carrés, recouvrant champs et villages, détruisant 400 maisons et construisant plus de trente cônes tous alignés sur une gigantesque fissure. La quart ouest de Lanzarote, si fertile, si florissant, était anéanti !

 

Sources :

- Récit de Don Curbelo

 Rvdo. D. Andrés Lorenzo Curbelo, Párroco de Yaiza cuando ocurrieron las erupciones volcánicas de los años 1730 al 1736. - lien
D. Andrés fue el cronista de aquellas importantes erupciones.

- Les feux de la terre - histoires de volcans - par Maurice Krafft

  Découvertes Gallimard /Sciences et techniques.

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Timanfaya - Google 2

          Vue satellite du "Campo volcanico de Timanfaya" - d'après Google 2010.

 

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                             Timanfaya - Valle de la Tranquilidad  -  ©JM. Mestdagh


Le parc national de Timanfaya est situé dans le sud-ouest de l'île et compte une superficie de 51,07 km². Il s'étend de la limite de la commune de Yaiza jusqu'à la montagne Montaña Timanfaya. A l'ouest il est limité par la côte. Cet endroit a vu la naissance de 32 cônes volcaniques. Du haut de la montagne Montaña Rajada (350 m d'altitude) on a un bel aperçu du parc.


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                         Timanfaya - Paysage lunaire ...une autre planète   -  Photo G.Keller.

 

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                                                                                                                ©JM. Mestdagh

 

Avant les éruptions volcaniques, cette immense étendue recouverte aujourd'hui par une mer de lave figurait parmi les terres les plus fertiles de Lanzarote. Après la catastrophe, ces terres furent recouvertes par des millions de mètres cube de lave et 420 maisons furent ensevelies. Les villages détruits furentTimanfaya, Los Rodeos, Mancha Blanca, Santa Catalina, Mazo, Jarretas, Tingafa, Peña Palomas, Testeina, La Geria, Macintafe, Mozaga, Guagaro, Masdache et Iguadén ainsi que les terres agricoles de Maretas et Chupaderos.

Les volcans qui composent le parc national de Timanfaya sont du type hawaïen. Ceux-ci forment de grandes colonnes de cendre lors de l'éruption et les lapilli, poussés par le vent, ont recouvert de vastes étendues et les pentes de cratères plus anciens.

 

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                                                                                                     ©JM. Mestdagh

 Cette étendue recouverte par les pluies de cendre est appelée Valle de la Tranquilidad (vallée de la tranquillité). Le centre de l'éruption était situé au Maciso del Fuego (le massif du feu) haut de 525 m. Ce volcan est aujourd'hui recouvert par les cendres et les scories des éruptions du XVIIIe s., mais on a constaté que le flanc arrière du volcan, qui rayonne encore énormément de chaleur, est composé de lave très ancienne. Les nombreuses rangées de petites cheminées (Hornitos) et les volcans "parasites" (nommés ainsi car ils se sont formés au pied du colosse central) sont intéressant à observer.


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                                                                                                         ©JM. Mestdagh


L'imposant cratère Corazoncillo, le plus grand cratère d'explosion de Lanzarote, possède une caldeira d'une profondeur de 100m. C'est la lave de ce volcan qui a enseveli le village de Timanfaya.

Au regard des quantités de lave rejetées et de la durée des éruptions, elles figurent parmi les plus importantes de l'histoire du volcanisme. Selon le Global Volcanism Program : 

 

Start Date: 1730  Sep 1  Stop Date: 1736 Apr 16 

Dating Technique: Historical Records

Volcanic Explosivity Index (VEI):  3

Lava Volume:  4.0±1.0  x  109 m3

Area of Activity: Montañas del Fuego

Eruptive Characteristics:
    Flank (excentric) vent
    Regional fissure eruption
    Submarine eruption
    Explosive eruption
    Lava flow(s)
    Fatalities  (?)
    Damage (land, property, etc.)
    Evacuation

 

Spectacle envoûtant, vision figée de la furie volcanique, images de genèse de la terre ... seul bémol, le vulcanophile ne peut ici poser un seul pied par terre et les seuls déplacements permis le sont, soit à dos de dromadaires, soit en guagua (autobus aux vitres hermétiquement fermées !) sur la "Ruta de los volcanes", itinéraire long de 14 km. dessiné par Jesus Soto.

 

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                                          La ruta de los volcanes  -  ©JM. Mestdagh


En détail, quelques "spots intéressants" :

- le hornito du "Manto de la Virgen" de taille impressionnante.


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                                                                                 ©JM. Mestdagh


- Depuis "El Mirador", au sommet de la Montaña Rajada, la vue se perd jusqu'à la mer... à l'infini, de la lave.

On peut voir un tunnel de lave partiellement effondré et repérer la fissure éruptive , jalonnée de cônes pyroclastiques.

 

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                          Fissure éruptive et cônes alignés  -  ©JM. Mestdagh

 

Des tunnels de lave effondrés sur une longue distance créent un "sinuous rille" - un sillon sinueux, au sein des coulées émises par le s éruptions de 1730-1736. Sur une vue satellite, on peut voir des portions non effondrées (flèches blanches) montrant qu'il s'agit d'un tunnel, et non d'une coulée surbaissée et enserrée entre deux levées - Document Planet Terre, Pierre Thomas, ci-dessous.

 

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Certains cônes, nommés ici islote, sont entièrement cernés par les coulées.

 

De retour à Islote de Hilario, on peut découvrir l'anomalie thermique qui perdure en cet endroit, grâce à quelques manipulations faites par les guides: des températures voisines de 400 °C ont été mesurées à une dizaine de mètres de profondeur.

Les scories sont brûlantes par endroit, et des branches d'aulaga, une papilionacée locale, s'enflamment spontanément dès qu'elles sont enfoncées dans un trou.

Actu-4-2334.jpgAilleurs, un tube d'acier planté de quelques mètres dans le sol permet de produire à volonté un geyser artificiel : un seau d'eau versé dans le tube de forage, ressort vaporisé quelques secondes après, en rugissant en une colonne d'une dizaine de mètres de hauteur.

Le restaurant "El Diablo", encore une réalisation de Cesar Manrique, construit en pierre volcanique et parfaitement intégré à son milieu, utilise la chaleur du volcan pour ses barbecues.

 

Les dernières éruptions volcaniques sur l'île eurent lieu en 1824. Le 31 juillet de cette année là, le volcan Clérigo Duarte est entré en éruption. La coulée de lave s'étendait sur plus de 14 km et, près de Punte del Cochino, elle s'est écoulée dans la mer. Les 10 années qui précédaient l'éruption furent ponctuées par de nombreux séismes. La particularité de cette éruption était la grande fluidité de la lave ainsi que les énormes colonnes d'eau salée bouillante qui furent éjectées du cratère et qui inondèrent les alentours. La dernière coulée de lave menaçait le village de Mancha Blanca. Dans leur détresse le habitants de ce village empruntèrent la statue de la vierge Virgen de los Dolores au village de Tinajo et formèrent une procession pour aller à l'encontre de la lave en fusion. Le miracle se produisit et la lave se figea juste avant d'atteindre la première maison du village. Aujourd'hui une croix en bois s'élève à cet endroit. En 1781, les habitants ont érigé une petite chapelle (Nuestra Señora de los Volcanes) et de nos jours encore une procession est organisée tous les ans à la date anniversaire de cet évènement.

 

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                                                                                                                 ©JM. Mestdagh


Demain, nous verrons le récit de ces éruptions terribles échelonnées de 1730 à 1736, grâce au récit du curé de Yiaza.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft et F.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé.

-Montanas del Fuego - doc. Parque National de Timanfaya.

- Planet terre - tunnels de lave effondrés - P.Thomas

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Actu-4-0539.jpg                          Oeuvre de Manrique - Jardin de cactus - ©JM. Mestdagh

                                         " L'intégration de l'homme à la nature ".


 

Dans le tunnel de lave généré par le volcan La Corona, nous avons vu hier La Cueva de los Verdes ... il existe dans le même tunnel, une "grotte" aménagée par César Manrique : le Jameos del Agua.

Jameos est un mot issu du dialecte local signifiant grotte ou bulle.

Les infiltrations d'eau ont engendré un lac  naturel qui sert de tanière à une espèce unique au monde : un crabe albinos et aveugle, appelé familièrement "jameitos", le Munidopsis polymorpha.

Les rayons du soleil pénétrant par les ouvertures du plafond illuminent ce lac : le Jameo grande.

 

Jameos-del-Agua.jpg                     Jameo grande - le lac au crabes albinos - doc. wiki.

 

Rapprochement de l'art et de la nature, voulu par César Marique, peintre, designer, architecte, sculpteur et surtout grand défenseur de la nature de Lanzarote.

Né en 1919 à Arrecife, il a toujours vécu sur l'île et a eu la chance, contrairement à beaucoup d'artistes, d'être reconnu "de son vivant". Manrique est partout sur Lanzarote : il a conçu le Mirador del Rio, observatoire intégré à la nature, créé le jardin de cactus, et sa résidence privée devenue la Fondation Cesar Manrique; c'est aussi lui qui a pensé et dessiné le sympathique petit diable , mascotte du parc de Timanfaya.

 

Un jardin qui ne manque pas de piquant, à Guatiza.

Il constitue un bel exemple d'intervention architectonique intégrée au paysage : en pleine démarche d'intégration des ouvrages au paysage insulaire, il s'est intéressé à l'ancienne carrière de Guatiza, a fait restaurer le moulin à gofio (farine de maïs) qui couronne l'enceinte.

 

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            Une partie du jardin de cactus et le moulin à golfio. - ©JM. Mestdagh


 

L'intérieur circulaire est une métaphore des cratères de l'île; des murs en terrasses descendantes dévoilent les différentes variétés de cactus, avec au centre des monolithes de gravier compacté qui témoignent de l'activité carrière passée.

 

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                                                                                                        ©JM. Mestdagh

 

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                                                                                                                ©JM. Mestdagh

 

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  Intégration de la carrière de Guatiza au paysage volcanique environnant - ©JM. Mestdagh

 

Ce jardin de cactus, où se mêlent plantes, sculptures, architecture, se situe dans un environnement agricole de figuiers de barbarie, support d'un insecte, la cochenille - Dactylopius Coccus - à la base de la production d'un colorant naturel : la carmin de cochenille.

 

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        "Sculpture du vent", jouet des alizées - oeuvre de César Manrique - ©JM. Mestdagh

 

Taro de Tahiche : c'est ici que Manrique a construit sa spectaculaire demeure, sur une coulée de lave produite par l'éruption de 1730-1736.

   En 1970, lors d'une excursion à Tahiche, il découvre un figuier dont l'extrémité verte pointe d'une coulée de lave noire figée. Il décide alors de construire sa maison à cet endroit. Les propriétaires de cette terre ne veulent pas êtres payés car ils estiment qu'elle est sans valeur, et ils proposent même à César Manrique de prendre tout le terrain dont il a besoin. L'artiste y bâti sa maison sur deux  niveaux et intègre cinq bulles volcaniques découvertes lors de la construction, les aménageant en salon, piscine, atelier...

 

Taro_Tahiche_2.JPGUne bulle de lave aménagée en salon - meubles modernes intégrés aux pierres volcaniques

photo Wollex - Wikipedia.

 

En 1988, il quitte l'endroit pour emménager dans une maison paysanne; sa demeure deviendra un musée et le siège de sa fondation, qui a pour rôle de promouvoir et développer les activités artistiques.

 

2008-12-16_Lanzarote_FundacionCesarManrique.jpgLe jardin de la fondation et la fresque de mosaïque conçue par Manrique - photo G.Keller.

 

Sur la zone d'El Jable, une frange de terrain calcaro-siliceux d'origine marine propice aux cultures abrite un monument  de Manrique.


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  "Fécondité", hommage sculptural gigantesque aux agriculteurs de Lanzarote, situé à côté de    la Casa del Campesino  -  ©JM. Mestdagh

 

Manrique se définit lui-même en premier lieu comme peintre; On lui attribue un rôle de pionnier dans le mouvement espagnol d'art abstrait et il passe pour être un précurseur du surréalisme. Le fil rouge de son oeuvre et de sa vie est la mise en avant de la symbiose entre l'homme et la nature; il laisse la nature intacte et essaie de donner un cadre artistique à sa beauté pour en révéler sa valeur et le faire partager.

Son projet de transformer son île natale en l'un des plus beaux endroits du monde a convaincu Pepin Ramirez, un ami devenu président du gouvernement des Canaries; il prévoit de n'autoriser que des constructions traditionnelles, de renoncer aux bâtiments de plus de deux étages et de supprimer les panneaux publicitaires !

Si on pouvait s'inspirer de cette ligne directrice un peu partout !

 

Sources :

- Le jardin de cactus - Centros de arte, cultura y turismo.

- Jameos del Agua - islanzarote.com


 

 

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Le nord de Lanzarote présente une grande variété de paysages et de structures volcaniques.

 

Au départ de Teguise, l'ancienne capitale, en direction nord, un petit crochet nous amène aux salines de Los Cocoteros.

Ces salines, coincées entre la mer et les cônes volcaniques Las Caldera et Las Calderetas, dans un environnement propice à l'évaporation (vent et température), ont leurs bassins délimités par des roches volcaniques.


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La nature volcanique des délimitations des bassins se remarque encore plus lorsqu'ils sont à sec  -  ©JM. Mestdagh


Après Arrieta, dans la zone qualifiée de Malpais de La Corona, on trouve un tunnel de lave de grande taille qui descend du volcan La Corona, avec parfois plusieurs galeries superposées; un petit tronçon a été aménagé, en 1964, par un artiste local, Jesus Soto: La Cueva de Los Verdes.

Ce tunnel date de 3.000 à 4.500 ans. Sa longueur reconnue dépasse les 6 km.; et il se poursuit sous le niveau marin sur plusieurs centaines de mètres.

Au 17° siècle, le tunnel et les grottes furent utilisés par le Guanches, les anciens habitants de l'île, pour se protéger des chasseurs d'esclaves et des pirates Berbères (d'après A.de La Hoz,un historien local).

 

Actu-4 0591                                                                                                                  ©JM. Mestdagh

 

Actu-4-0611.jpg                                                                                                                  ©JM. Mestdagh


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       L'échelle est donnée par les personnes dans le bas du tunnel  -  ©JM. Mestdagh


Deux kilomètres de galeries,  mis en valeur par les éclairages de Jesus Soto, permettent d'admirer les détails de ce tunnel de basalte : stalactites provenant de la refusion partielle de la voûte lors de la baisse de niveau du flux lavique, banquettes latérales correspondantes à des niveaux successifs d'étiage de la coulée, lorsque le débit à la source, au niveau du volcan La Corona, diminuait, surface de la coulée "lisse" en regard de la coulée à l'air libre ( Krafft)

 

Actu-4-0605.jpg                                  De superbes stalactites de lave  -  ©JM. Mestdagh


Le tunnel comporte un auditorium naturel doté d'une acoustique magnifique et d'une climatisation agréable : une température de 18-20° et un flux d'air constant. Tous les ans s'y déroule une partie du Festival de musique visuelle de Lanzarote. Il abrite aussi Le centre principal de la station géodynamique de Lanzarote.

 

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         Endroit magique ... le miroir d'eau y fait perdre le sens de l'orientation.

           Vertige de la contemplation  -  ©JM. Mestdagh

 

 

Dans le même tunnel de lave, le site de Jameos del Agua, résultant de forces différentes, volcanique et humaine ... nous l'examinerons demain en parlant de Cesar Manrique.


Tout au nord, le Mirador del Rio, construit en bordure des  falaises de Famara au 16° siècle, surplombe la mer de 479 mètres; il donne une vue imprenable sur l'île volcanique de Graciosa et ses récents cônes de scories.

 

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 L'île de Graciosa avec, à droite, le Tinasoria - 503 m. et à gauche enavant-plan, le port de Caleta del Sebo  -  ©JM. Mestdagh

 

En quittant le Mirador del Rio direction sud, nous nous dirigeons vers La Corona- 609 m.

Ce volcan se surimpose à la table basaltique de Guatifay; son cratère est égueulé et profond de 400 mètres; il a émis de multiples coulées de basalte à olivine, il y a seulement quelques siècles où elles ont formé à l'ouest une petite plate-forme gagnée sur l'océan; vers le sud-est, les coulées ont atteint la mer, à plus de six kilomètres formant le "jameos" , appellation locale du fameux tunnel de lave.

 

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     La vallée de Los Castillejos avec Maguez et le Monte Corona, côté sud  -  ©JM. Mestdagh

 

Actu-4-0796.jpg     Le volcan La Corona avec son cratère égueulé , côté ouest - ©JM. Mestdagh

 

Demain, les oeuvres de l'incontournable César Manrique.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft et de Larouzière. éd. Delachaux & Niestlé

- Cueva de los Verdes - centros de arte, cultura y turismo

- Landscapes of Lanzarote - Sunflower contryside guide.

 

 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Après avoir examiné la datation des phénomènes volcaniques, voyons la morphologie et la structure des édifices volcaniques.

 

Deux particularités volcano-tectoniques caractérisent morphologiquement l'île de Lanzarote : un dynamisme de rift linéaire et des dépressions de type caldeira.

 

1. le modèle "isla-dorsal" :

On retrouve aux Canaries des dorsales, avec une similitude de structure avec les dorsales Hawaiiennes; les différences entre les Canaries et Hawaii résident au niveau de l'échelle des phénomènes et dans les ratios qualifiant les volumes éruptifs émis et les mouvements des plaques.

Deux types de zones de rift sont remarqués aux Canaries et différenciés par leur géométrie : rift simple, linéaire à Lanzarote et La Palma, rift triple, en étoile à Ténérife et El Hierro.

La "isla-dorsal ideal" de Famara, au NE. de Lanzarote, en est une représentation type.

 

2. le modèle "isla-escudo" :

Des dépressions de type caldeiras, en arc ou en fer-à-cheval, sont associées aux zones de rift.

La géométrie des rifts complexes des Canaries, à trois branches séparées par des angles de 120°, qualifiés de "complexe Mercedes", suggère une fracturation, selon un processus de moindre effort, résultante de l'injection verticale de magma en provenance d'un point chaud .

(Carracedo & al. - 1994)

La "isla-escudo ideal" de Los Ajaches, au sud de Lanzarote, en est une représentation type.

Canary-Island-Volcanism-9.jpg 

 

Modèle schématique, basé sur le principe du point chaud, de la naissance d'un complexe "Mercedes" - rift zone de type étoile à trois branches - Carracedo & al.

Remarquez en (D) l'alignement des volcans selon les branches du rift, et entre celles-ci des dépressions générées par glissement gravitationnel.


 

Actu-4-0487.jpgI : structure originale = isla escudo / forme actuelle = vieux massif de Los Ajaches

II : structure originale = isla dorsal / forme actuelle = vieux massif de Famara.


 

Actu-4-0490.jpgCarte géologique simplifiée de Lanzarote, avec position actuelle des structures "Los Ajaches" et "Famara" , respectivement en bleu foncé et bleu roi.


Sources :

- The Canary Islands: an example of structural control on the growth of large oceanic-island volcanoes, par J.C. Carracedo
Volcanological Station of the Canary Islands, Spanish Research Council (CSIC),

Journal of Volcanology and Geothermal Research 60 ( 1994 ) 225-241.

- Lanzarote Guia del relieve , par A.R. Hansen Machin & C.J. Moreno Medina, géographes.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

Shiveluch - Rianovosti Y.Demyanchuk

                        Le Shiveluch - photo non datée de Y.Demyanchuk / KVERT.


Le Shiveluch reste toujours bien actif, avec l'émission Dimanche d'un panache montant à plus de 6.000 mètres (Russian Academy of Sciences / Rianovosti).

Malgré plus de 180 séismes détectés et l'émission de cendres et vapeur, le volcan n'est pas considéré comme dangereux pour les populations avoisinantes, mais peut causer problème au niveau trafic aérien.


Ci-dessous, un rapport du KVERT / AVO qui signale cinq volcans en code d'alerte aviation avancé: le code est orange pour les Shiveluch, Klyuchevskoy et Karymsky;

IL est jaune pour les Gorely et Bezymianny.


Suite à des problèmes internes russes, le KVERT devrait travailler jusqu'à la fin de ce mois de juin; après débute de nouveau une période d'incertitude tant pour les personnels, que pour le trafic aérien qui se verra privé de précieuses données.


Rapport du KVERT via AVO en date du 24.06.2010 :


KVERT WILL WORK TILL JUNE 30, 2010.

KVERT HAVE NOT the AGREEMENT with RUSAVIATION from JULY 01, 2010.


Kamchatkan and Northern Kuriles Volcanic Activity
KVERT INFORMATION RELEASE 31-10
June 24, 2010, 22:15 UTC (June 25, 10:15 KDT)

SUMMARY OF AVIATION COLOR CODES:

KAMCHATKA:
SHEVELUCH, KLYUCHEVSKOY and KARYMSKY: ORANGE
GORELY and BEZYMIANNY: YELLOW
TOLBACHIK PLOSKY, KORYAKSKY, AVACHINSKY, MUTNOVSKY and KIZIMEN: GREEN

 

 

Sources :

- Rianovosti - 27.06.10

- KVERT : rapport du 24.06.10

- AVO : page du jour

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Dans la série "Parole aux lecteurs", je la cède volontiers à mon ami Jean-Michel Mestdagh et à ses photos : il revient d'une semaine passée sur une île de l'archipel "Macaronésien" des Canaries :

 

                                      LANZAROTE.

 

 Lanzarote, relativement peu connue des touristes standards, est intéressante à plus d'un titre; du volcanisme partout, des cônes de cendres et de scories, d'immenses étendues de lave, ensuite un climat désertique au relief bas, où les nuages ne s'accrochent pas au relief, enfin Lanzarote est la demeure de César Manrique, artiste, designer et fervent défenseur de l'intégrité de "son île" ... avec ses amis, il a oeuvré pour la préservation de l'environnement, pour un développement "doux" en harmonie avec le paysage et les hommes, ce qui a valu à Lanzarote d'être déclarée "Réserve mondiale de la Biosphère" par l'Unesco en 1994.   

 

Actu-4 2237 JM

              Mer bleue, sable noir, roches volcaniques ... Lanzarote  -  ©JM. Mestdagh

 

Géologie et âge des éruptions :

 

Actu-4-0476-copie.jpgIl y a 14,5 millions d'années, dans le contexte du volcanisme de point chaud, l'activité volcanique a fait surgir de la mer une île.

 

 

Actu-4 0476Un million d'années plus tard, la superposition de multiples couches de basalte a formé une île : Los Ajaches, qui subirat les effets de l'érosion.

 

 

 

 

Actu-4-0477.jpgVers 10 millions d'années, la montée des laves au travers d'une fissure orientée NNE-SSO, a construit la grande dorsale de Famara, tandis que l'érosion sculptait les structures de Los Ajaches.

 

Actu-4-0477-bis.jpgL'activité reprend sur la dorsale de Famara entre 6,5 et 5,7 Ma, tandis qu'entre l'île de Los Ajaches et Famara, un grand volcan se crée : Tias.

 

  Actu-4 0478La dorsale de Famara termine de se construire entre 3,9 et 3,8 Ma. L'érosion marine poursuit son oeuvre et une plate-forme sédimentaire basse finit par relier les deux structures.

 

 

 

Actu-4-0478-bis.jpgLes édifices volcaniques évoluent en formant des montagnes et escarpements. Aux environs de 1,6 millions d'années, l'activité éruptive se manifeste dans la zone de Teguize et de la caldeira Riscada.

Actu-4 0479

 

Vers 1 millions d'années, l'activité volcanique forme un alignement de volcans, dont les émissions agrandissent considérablement le territoire de Lanzarote.

 

Actu-4 0479 bisEnfin le relief actuel de l'île est formé par les éruptions

- du volcan de La Corona

- de Timanfaya en 1730-36 et plus modestement en 1824.

 

Schémas de J.C.Carracedo et A.Hansen

 

Sources :

- Landscape of Lanzarote - Sunflower contryside guide

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft et de Larouzière.

- Carte géologique de Lanazarote.

 

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