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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après avoir vu les phénomènes qui ont mené aux merveilleuses formations de la Cappadoce - production d'ignimbrites, suivie de laves basaltiques, ensemble soumis par la suite à l'érosion - examinons les volcans responsables de la création de ces paysages.

 

L'Hasan Dagi :

Ce stratovolcan est caractérisé par deux sommets, le plus élevé atteignant 3.253 mètres. Son volume est estimé à 354 km³ et couvre une superficie de 760 km² environ.

Il a connu, depuis le début du Miocène, quatre épisodes éruptifs importants accompagné d'effondrements de caldeira.

Le Néo-Hasan Dagi est le plus jeune des 4 complexes volcaniques basaltiques à rhyolitiques; il s'est établi dans la dernière caldeira formée. Les deux sommets sont constitués de dômes de lave andésitique à dacitique; le sommet ouest abrite deux cratères sommitaux.

 

mf412---Hasan-Dagi.jpgLes 2 sommets de l'Hasan Dagi - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - un clic sur la photo vous mène à son site sur les volcans turcs.

 

Les flancs du complexe volcanique sont couverts de dômes de lave et de dépôts pyroclastiques associés à l'activité de ceux-ci.

La plaine aux alentours est ponctuée de cinder cones, de maars et coulées de lave datant du quaternaire.

Des peintures du néolithique attestent de l'activité du volcan à cette époque.

Il est toujours potentiellement actif : une activité fumerollienne sommitale est responsable de la fonte locale de la neige en hiver.

 

Le Karaca Dag est un grand volcan bouclier basaltique, haut de 1.957 mètres.

Sa naissance au Pliocène est liée à l'activité de fissures et cratères alignés N-S., associés au graben Akcakale.

Des photos satellites montrent des coulées de laves qui ne seraient âgées que de quelques milliers d'années seulement; la date de la dernière éruption n'est pas connue.

 

Karaca-Dag---Aster.jpg                             Vue satellitaire du Karaca Dag - doc. Aster.

 

Le Göllü Dag est un complexe de dômes de lave rhyolitique à rhyodacitique, situé entre l'Hasan Dagi et le complexe Acigöl-Nevsehir en Anatolie centrale.

La datation des obsidiennes du Göllü Dag varie entre 1,33 millions d'années et 840.000 ans. Des cinder cones adjacents au Göllü Dag sont datés de l'holocène.

Les dômes de lave et les cinder cones surmontent le complexe caldérique Derinkuyu, d'âge tertiaire.

L'activité actuelle se manifeste au niveau du complexe de dôme de résurgence Sahin Kalesi par des altérations hydrothermales et des sources chaudes.

 

Ces trois volcans sont actuellement considérés comme responsables de l'émission des ignimbrites Cappadociennes, considérées à une époque comme provenant du volcan Erciyes Dagi.

 

L'Erciyes Dagi :

Le stratovolcan Erciyes Dagi, massif et érodé, situé à l'extrémité nord du bassin Sultansazligi en Anatolie centrale, couvre une superficie d'environ 1300 km ².  La croissance du volcan moderne a commencé environ 900.000 ans, après l'effondrement de la caldeira du Pliocène du complexe Kocdag.  De nombreux cônes parasites et les dômes de lave se trouvent surtout sur le flanc nord de l'édifice moderne, le long des fissures radiales.   Les plus jeunes roches sont datées de 83.000 ans à partir d'une coulée de lave dacitique , mais les éruptions rhyodacitiques et la croissance dôme de lave s'est produite plus tard à la coupole Perikartin.  Un des derniers événements documentés a été un effondrement de l'édifice qui produit une avalanche de débris de grande taille, s'étendant à l'est. 

 

mf218---Erciyes-Dagi.jpg

L'Erciyes Dagi, flanc ouest et le complexe de dômes à gauche du sommet -

avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - un clic sur la photo vous mène à son site sur les volcans turcs.

 

Erciyes---Sukran-Perk-Volcanoes-facebook.jpg               Erceyes Dagi - photo Sükran Perk / Facebook- groupe Volcanoes.

 

Sources :

- Stromboli on line - Turkey

- Global Volcanism Program - Hasan Dagi

-                                       - Karaca Dag

-                                       - Göllü Dag

-                                       - Erciyes Dagi

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Un sujet plus léger, bien que soumis à controverse, en ce dimanche ... mais tout en restant en Turquie, et en guise d'introduction aux volcans de Cappadoce.


20085catalhuyukthesouthshelter_1.jpg

           Catalhöjük - fouilles, abri sud : les maisons contigues - doc. Turkishclass.com


Catalhöyük est appelée "la plus ancienne cité connue au monde".

Elle est situé au sud de la Turquie, à proximité de la rivière Carsamba, elle-même alimentée par le lac Beysehir.

Cette ville du néolithique, âgée d'environ 8.000 à 10.000 ans BC, a été mise au jour en 1960 par James Mellaert; celui-ci a décrit la ville comme un ensemble de maisons accolées sans véritable rues, autour de cours. On accédait aux maisons par le toit ... à l'intérieur des pièces de 6 mètres sur 4, au sol tapissé d'argile et recouvert de nattes de jonc, aux parois trouées de niches, de four ou recouvertes de peintures. De nombreux objets et décorations à base de crânes d'animaux y ont été trouvés.

 

T1_N110_A5_CatalHoyukMap.jpgCatalhöyük - la plus vieille représentation de volcan en éruption sur une peinture murale retrouvée dans la plus ancienne cité au monde.

 

20082catalhuyukreconstructiondrawing_1.jpgCatalhöyük - reconstitution d'un intérieur néolithique, avec l'escalier d'accès à partir du toit, les petites pièces avec des niches, la décoration à base de têtes de taureau et les peintures murales  -  document Turkishclass.com

 

mere.JPGCatalhöjük  -  Statuette de terre cuite, hauteur 20 cm., représentant la déesse-mère en train d'accoucher, assise sur un trône flanqué de deux léopards sacrés ( 5.750 av.JC.) - Ankara, musée des civilisations anatoliennes.


Une de ces peintures a été interprétée par Mellaert dans son livre "A neolithic town in Anatolia" - 1967 : la partie basse représente le plan de la ville de Catalhöyük, la forme orangée dans la partie supérieure étant attribuée au volcan Hasan Dagi, caractérisé par deux sommets, dont le plus élevé est en éruption.

Ce volcan est situé à 140 km. de la ville et est resté actif jusqu'en 7.500 avant JC.

 

catalhoyuk2.jpg

Des objets sont projetés hors du cratère, des "nuages" surmontent l'édifice et des points, interprétés comme étant les bombes volcaniques, sont dessinés en pluie à droite et sur les flancs jusqu'en bas du volcan; près de la base de la forme orange, des "langues noires" pourraient symboliser des coulées de lave.

 

Cette interprétation a été validée par l'archéologue S.L.Harris dans "Encyclopedia of volcanoes" - 1999, où il est noté que "le volcan apparait en activité strombolienne douce ".

Le volcanologue islandais H.Sigurdsson écrit dans le même ouvrage : "c'est la première interprétation visuelle d'une éruption volcanique ... il est vraisemblable que cette ancienne peinture représente une éruption de l'Hasan Dagi ".

L'oeuvre est citée comme un exemple de l'importance socio-culturelle des volcans dans l'histoire humaine ("Variable effects of cinder-cone eruptions on prehistoric agrarian human populations in the american southwest" - Journal of volcanology and geothermal research 2008)

 

Cette explication est battue en brèche par l'archéologue St. Meece, de Cambridge; elle y voit une peau de léopard et ses taches, surmontant un dessin en damiers. Elle se base sur le fait que les motifs de léopards et de leurs peaux, ainsi que les damiers, sont des motifs décoratifs communément rencontrés dans d'autres sites néolithiques en Anatolie... et que ce fut l'interprétation première de Mellaert.

 

musee-de-civil.-anatolienne-Ankara.JPGCatalhöjük - peinture sur enduit représentant un léopard. - Ankara, musée des civilisations anatoliennes.

 

Je suis pour ma part enclin à privilégier la première hypothèse ... question d'affinités et de reconnaissance des qualités artistiques intrisèques qu'on peut attribuer aux peuples du néolithique.

 

Sources :

- Great ancient civilization of asia minor - first civilization in Anatolia - lien

- Catalhöjük - the south shelter - lien

- Ankara - Musée des civilisations anatoliennes - le paléolithique et le néolithique. - lien

- lien vers des photos du site de Catalhöjük sur Flickr

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le nom Cappadoce est rarement mentionné sur les cartes car elle n'a pas de statut politique ou administratif, c'est plutôt une région historique qui comprend des portions de diverses provinces. Le paysage unique de la Cappadoce est le résultat de l'action des forces naturelles au cours des millénaires.

 

Les volcans Erciyes Dagi, Hasan Dagi et Göllü Dagi entrèrent en éruption au miocène supérieur (dix millions d'années) jusqu'au Pliocène (deux millions d'années). Ces éruptions ainsi que l'apparition de volcans de moindre importance au fil des millénaires générèrent une superposition de strates d'ignimbrites plus ou moins denses.

Au début du quaternaire, des laves basaltiques beaucoup plus dures se déposèrent. Quelques éruptions eurent encore lieu ultérieurement, notamment en 253 av. J.-C., semble-t-il. Les dépôts du mont Erciyes ont couvert à eux seuls une superficie de 10.000 km2, sur une épaisseur variant entre 100 et 500 mètres.

 

View_of_Cappadocia_edit---Mila-Zinkova.jpg  Formations érodées de Cappadoce : au fond, les mesas - en contrebas, oeuvre de l'érosion, avec pitons, cheminées de fées  -  photo Mila Zinkova.

 

Landschaft_bei_Goreme_1_11_2004---Karsten-Dorre.jpg

   Cappadoce - vallée de Göreme - différents stades d'érosion. - photo Karsten Dörre.

 

Sous l'effet du refroidissement du climat à l'ère quaternaire, la croûte de basalte s'est lézardée, le sol s'est désagrégé, permettant à l'eau de s'infiltrer et d'accentuer encore l'érosion.

Les facteurs d'érosion sont multiples : rivières, pluie, vent, différences de température.

formation-2.jpgQuand le tuf est très tendre, il se désagrège totalement pour former une plaine poussiéreuse, tandis que sur les reliefs pentus, l'érosion crée canyons, formation-3.jpgmesas, cônes, pitons et cheminées de fées.

De nos jours, l'érosion continue : les pitons et les cônes actuels sont donc voués à disparaître, mais d'autres se formation-4.jpgdégagent peu à peu en bordure des plateaux.

 

Schémas  : Stromboli on line - Chimney formation


 

Cappadocia_012_n----N.Dimlen.jpg                                Cheminée de fée ou Demoiselle coiffée  - photo N.Dimlen.

                      Les ignimbrites claires sous la protection de leur chapeau de basalte.

 

Vie et mort d'une cheminée de fée :

L'érosion va isoler petit à petit des morceaux de roches du plateau primitif; les couches sous-jacentes au "chapeau", basaltique dans ce cas, sont protégées et évoluent de ce fait plus lentement.

Les cheminées de fées apparaissent alors au gré des pentes. Leur style varie et est fonction de divers facteurs : nature géologique du chapeau, résistance de celui-ci à l'érosion, qualité et composition du support qui détermine son délitement.

Au fil du temps, le chapeau peut s'effriter, ou la colonne s'affiner, à force d'être érodée ... le chapeau tombe alors, ce qui condamne la cheminée qui est rapidement détruite.

 

 

mf050--art-erosif.jpg"Art érosif abstrait" - strates altérnées d'ignimbrites blanches et jaunes .

avec l'aimable autorisation de Marco Fulle - un clic sur la photo vous mène vers d'autres belles photos d'ignimbrites.

 

La Cappadoce n'est pas seulement connue pour ses paysages d'origine volcanique : Les sites les plus remarquables sont la vallée de Göreme, qui recèle d'intéressantes églises rupestres aux fresques nombreuses et qui a aujourd'hui le statut de musée, les canyons d'Ihlara et de Soganli, ainsi que les cités souterraines de Derinkuyu et de Kaymakli, qui descendent de huit étages sous la roche.

 

Goreme_OpenAir_Museum_Dunkle_Kirche_2_11_2004.jpg

 

Turkey.Goreme014---Karanlik-Kilise---ph.Georges-Jansoone.jpg

Vallée de Göreme - église rupestre de Karnlik Kilise - entrée et fresque du Christ Pantocrator - photos de Georges Jansoone / wikipedia.

 

Creusées dans un tuf volcanique très tendre, ces cités abritent des pièces de stockage, des logements, et même des églises. Quant aux entrées, elles étaient fermées par d'énormes meules. Ces deux villes, distantes de 9 km, étaient probablement reliées par un tunnel. Les lieux pittoresques sont légions. Parmi ceux qui sont aisément accessibles, on notera Paşa Bağlari (Le vignoble du Pacha), la vallée des Pigeonniers, la vallée de Devrent, Uçhisar, Ürgüp…

Outre le site de Göreme, les vallées de Cappadoce possèdent d'innombrables habitations troglodytiques. On le constate un peu partout, en particulier à Ortahisar, àUçhisar, dans la vieille ville de Nevsehir…

Les habitations troglodytiques comportaient toujours des ouvertures vers l'extérieur de petite dimension. Les grandes ouvertures parfois présentes actuellement résultent d'écroulements dus à l'érosion. C'est notamment pour cette raison que beaucoup de ces habitations sont maintenant abandonnées. Elles font parfois l'objet de restaurations luxueuses et sont alors protégées contre l'érosion par un enduit discret, à l'instar des églises de Göreme.

 

pt22343.jpg                                Uçhisar - habitations troglodytes - doc.wikipedia.


Après-demain, les volcans responsables des paysages de la Cappadoce... après une introduction à ceux-ci par le biais artistique.

 

 

 

Sources :

- Les complexes volcaniques rhyolitiques quaternaires d'Anatolie centrale : genèse, instabilité, contraintes environnementales.

Damase Mouralis , Jean-François Pastre , Catherine Kuzucuoglu , Ahmet Türkecan , Yelda Atici , Ludovic Slimak , Hervé Guillou , Stéphane Kunesch   lien Quaternaire  lien   Année   2002   lien Volume   13   lien Numéro   13-3-4   lien pp. 219-228

- Swisseduc.ch - Stromboli on line - Turkey

- Parc national de Göreme et sites rupestres de Cappadoce - lien

- Cheminée de fées en Cappadoce - Eduscol - par Pierre Thomas

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Moyen-orient copie

Carte de situation des volcans du Moyen-Orient et ci-dessous de la région de l'est-Taurus, avec le lac de Van - doc.Google et Graphic map.

 

carte-turquie

 

L'est de la Turquie contient quelques grands volcans, dont le Süphan Dagi, l'Ararat et le Nemrut Dagi, et un énorme lac : le lac de Van.

 

Le lac de Van est lié de plusieurs façons au volcanisme. Entouré par deux stratovolcans, son déversoir a été bloqué au Pléistocène par des coulées de lave provenant du Nemrut Dag. Ce lac, devenu endorrhéïque, est un lac salé, qui reçoit l'eau en provenance des terrains environnants, dont les volcans grands responsables de son alimentation en sels minéraux. L'eau du lac est fortement alcaline, pH 9,7-9,8, et riche en carbonate de sodium.

Ses mensurations : sa surface est de 3.755 km² pour un volume de 607km³; sa largeur maximale est de 119 km. pour une profondeur moyenne de 171 mètres, avec un maximum de 451 mètres.

 

800px-Akhtamar Island on Lake Van with the Armenian CathedrLe lac de Van en hiver - l'île Akhtamar avec la cathédrale Arménienne de ls Sainte Croix (10°siècle) - photo Gazturk /wikipedia.

 

Comme c'est un lac sans débouché, les sédiments s'y sont accumulés, enrichis de dépôts d'éruptions; la couche de sédiments est estimée à 400 mètres d'épaisseur par places, ce qui n'a pas manqué d'attirer climatologues et volcanologues. L'ICDP - International Continental Drilling Program - espère pouvoir lire dans ses carottes de forage le climat des 800.000 dernières années, Un test de forage prometteur, effectué en 2004, a permis de détecter la trace de 15 éruptions durant les derniers 20.000 ans.

 

Le Nemrut Dagi est un grand stratovolcan faisant partie d'un groupe volcanique situé à proximité du lac de Van, et le seul à avoir eu une éruption dans "les temps historiques".

 

NemrutVolcano03 - Evgeni Genkin                     Nemrut Dagi - vue partielle de la caldeira - photo Evgeni Genkin.


Sa caldeira, de 9 km. sur 5, est remplie pour moitié par un lac de cratère, le reste étant occupé par des coulées de lave et des structures volcaniques.

 

ISS018-E-10206Cette photo prise par l'équipe de la station spatiale internationale (ISS018E 10206) permet de détailler la lac de cratère, 3 coulées de lave principales et de nombreux dômes et cônes situés à l'intérieur de la caldeira. - Doc. Nasa.

 

L'activité du volcan est marquée par la construction primordiale d'un imposant stratovolcan, d'altitude estimée à environ 4.500 mètres. Il y a moins de 300.000 ans, une puissante éruption le décapite lui faisant perdre 1.600 mètres en hauteur, provoquant son effondrement et la formation d'une caldeira suite à la libération d'ignimbrites qui convriront 860 km².

L'activité post-caldeira, basaltique à rhyolitique, a concerné le plancher de la caldeira et les bords de celle-ci.

Des coulées pyroclastiques et d'obsidienne ont ensuite pris le relais, avec construction de dômes intracaldériques.

Ensuite l'activité s'est déplacée sur le flanc nord,avec NemrutVolcano Map russl'établissement de dômes et cinder cones le long d'une fissure N-S. Les manifestations les plus récentes se sont concentrées le long d'une fissure coupant la partie est du plancher de la caldeira, pour ensuite se prolonger en contrebas du bord nord de la caldeira : en résulte une douzaine de dômes et de cinder cones intracaldériques. La toute dernière éruption est datée de 1.650.

 

Les monts Ararat, célèbres pour avoir accueilli l'arche après le déluge, ont été étudié avec les volcans arméniens, puisqu'ils faisaient partie historiquement de la "grande Arménie".

 

Le Süphan Dagi, stratovolcan haut de 4.158 m., est situé juste au nord du lac de Van.

Durant sa construction, des coulées de lave andésito-dacitique ont alterné avec des coulées basaltiques plus fluides; ensuite un dôme de lave s'est édifié dans le cratère central.

Les flancs du volcan sont couvert de dômes et de cônes pyroclastiques, situés sur des fissures radiales et périphériques.

Le flanc sud abrite un maar à bords bas d'1,5 km. de large, nommé Aygirgölü.

Durant les derniers stades d'activité, de volumineuses coulées basaltiques ont dévalé jusqu'à 30 km. du sommet.

L'activité totale s'est répartie principalement entre 2 millions d'années et 100.000 ans, avec la dernière éruption basaltique datée de 10.000 ans (8050 av.JC.)

 

Suphan Dagi - ph.Murat erdogan                         Le Süphan Dagi - photo Murat Erdogan.

 

Suphan_Dagi---ph.Murat-erdogan.jpg

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Nemrut Dagi

-                                           - Süphan Dagi

-                                           - Ararat

- Geology of the quaternary volcanic centres of the east Anatolia -

  Science Direct 1998 - lien

- Nasa - photos de l'ISS.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La tectonique de la Turquie est principalement liée aux mouvements de la microplaque Anatolienne (ou bloc Anatolien) et du système de failles majeures associées.

 

Aegean Sea and Anatolian Plates map-fr                             Contexte tectonique de la plaque Anatolienne.


Cette plaque est "éjectée" vers l'ouest en réponse à l'avancée de la plaque arabique et tirée en même temps vers le sud, avec la Crête et les Cyclades. La plaque Arabique est entraînée par la subduction de l'océan Néo-Téthys, disparu aujourd'hui de la surface terrestre, sous la chaîne de Zagros en Iran; elle coulisse le long de la faille du Levant (Palestine, Mer Morte).

Le mouvement vers le sud est lié à la subduction Méditerranéenne sous la Turquie.

Ces mouvements importants ont débuté au tertiaire et générés de nombreux et forts séismes ainsi qu'une activité volcanique importante affectant les trois-quarts de l'actuelle Turquie.

 

Au niveau sismologie, la Turquie est l'une des régions les plus actives au monde. Il existe de nombreuses failles dites majeures (qui affectent toute la lithosphère). La plus célèbre es la faille Nord-Anatolienne qui longe toute la chaîne de montagnes des pontides jusqu'en Thrace (Grèce).

 

neic_tgac_anaflt---USGS-2003.gif

         Situation des failles majeures ( * : position des séismes de 2003 et 2010) - doc.USGS

 

Trois grandes failles sont ici en cause : la faille nord-anatolienne, la faille est-anatolienne et l'arc hellénique.

La faille nord-anatolienne est une faille de type coulissante; la plaque sise au nord de la faille se déplace vers l'est et celle sise au sud vers l'ouest. Les dernières secousses engendrées à ce niveau datent de 1999 et avaient fait 32.000 morts. Le séismes d'Izmit eu lieu le 17 août 1999 et fut de magnitude 7,4; celui de Dücze le 12 novembre suivant et fut de magnitude 7,2.

Il s'agit d'un des décrochements les plus sismiques au monde; il est comparable à la célèbre faille de San Andreas aux Etats-Unis.

 

NAFsequence.jpg     Historique de la faille nord-anatolienne (NAF) par le CNRS-IPGP / départ.tectonique.

On y ramarque le déficit de glissement cumulé" en mer de Marmara et les séismes de 1999.


L'activité sismique historique laisse craindre un séisme majeur : il serait de grande magnitude, supérieure à 7, et se passerait dans les décennies à venir dans la région très peuplée d'Istanbul.

Afin d'évaluer les risques possibles, un programme d'étude Franco-Turc an été mis en place en mer de Marmara, à partir de 1999. Selon que la faille est parfaitement linéaire avec u n mouvement coulissant purement horizontal, ou qu'au contraire, elle se décompose en plusieurs segments formant des coudes et combinant des mouvements coulissants et des mouvements verticaux, typiques des bassins en extension, sa rupture pourrait revêtir des modalités sensiblement différentes. Le programme franco-turc a pour objectif de déterminer avec précision la structure du soubassement de la mer de Marmara et ses prolongements à terre. En 2.000, "Marmara" (Ifremer) a permis d'en identifier les segments les plus dangereux. En 2.001, "Séismarmara" va déterminer la structure profonde des failles sous-marines.

 

SketchMarmara.gifLa mer de Marmara constitue un bassin de "pull-apart" , lieu de futur séisme dévastateur.

Document CNRS-IPGP

 

La faille est-anatolienne s'est illustrée en mars 2010, avec un séisme de M 5,9 , pratiquement à la même place que celui de 2003 de magnitude 6,4. ils étaient situés tous deux sur la faille est-anatolienne, à proximité de son croisement avec la faille nord.

 

Au niveau de la diversité des roches, une des caractéristiques de la Turquie est son nombre impressionnant d'ophiolites - Les ophiolites sont un ensemble de roches appartenant à une portion de lithosphère océanique, charriée sur un continent lors d'un phénomène de convergence de deux plaques lithosphériques (par obduction). - et une minéralogie à base de métaux ferro-magnésiens tels que la chromite et le spinel.

L'intense activité volcanique a donné naissance à d'autres minéralisations : or, mercure, nickel et bore. De l'aluminium est issu des paléosols des plateaux anatoliens.

 

L'érosion de certains sols a permis aussi au pays de posséder des paysages uniques et responsables en partie de son essor touristique au 20°siècle : les cheminées de fée de la Cappadoce.

 

Sources :

- Futura-Sciences : Qu'est-ce qui fait trembler la terre ? par O.Bellier, géologue et chercheur.

- Les nouveaux risques sismiques en Turquie évalués par les chercheurs - CNRS presse.

- Le séisme d'Izmit dans son contexte tectonique - IPGP

                                                                                - autre lien

- Orogènes et Bassins - mer de Marmara pages 26 à 42.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
 

Kohr-virap---Ararat---Andrew-Behesnilian.jpg

512px-Coat_of_arms_of_Armenia.svg.png

Kohr Virap et l'imposante masse de l'Ararat -

photo A.Behesnilian / GVP.

 

Bien que situé aujourd'hui en Turquie, suite à la Convention de Téhéran en 1932, le mont Ararat est le symbole national en Arménie, où il est appelé Masis; il apparaît en tant que tel sur les armoiries du pays.

 

Situation géographique :

Les monts Ararat se situent à l'extrême est de la Turquie, près des frontières avec l'Arménie et l'Iran; ils se dressent au sein d'un massif de 1.000 km².

Le "Grand Ararat"  culmine à 5.165 mètres et a son sommet recouvert de glaciers. Le "Petit Ararat", d'une altitude de 3.896 m., est situé au sud-est du sommet principal, auquel il est relié par un plateau de lave.

 

Ararat_PIA03399_modest---Nasa.jpg

                                    Image Landsat / Nasa des monts Ararat .

Shuttle Radar Topography Mission (SRTM) Spacecraft: Space Shuttle Instrument: C-Band Imaging Radar X-Band Radar Product Size: 1876 samples x 423 lines Produced By: JPL View Size: 124 kilometers (77 miles) wide, 148 kilometers (92 miles) distance Location: 39.7 degrees North latitude, 44.3 degrees East longitude Orientation: Looking South, 2 degrees down from horizontal, 1.25X vertical exaggeration Image Data: Landsat Bands 1, 2+4, 3 as blue, green, red respectively Date Acquired: February 2000 (SRTM), August 31, 1989 (Landsat)

 

Géologie :

 

Aegean_Sea_and_Anatolian_Plates_map-fr.png

Tectonique de l'est Méditerranéen - Moyen-Orient avec le point de triple jonction concernant les monts Ararat, à l'extrême gauche de la carte.

Source et auteur :

Il est difficile de préciser, géologiquement parlant, la formation des monts Ararat, mais le type de volcanisme rencontré et la position du volcan, à l'intersection de trois plaques tectoniques, l'arabique, l'Eurasienne et la micro-plaque Anatolienne, donne une idée de la relation au volcanisme de subduction qui s'est ici produit au moment de la fermeture de l'océan Téthys au Néogène.

Cette situation tectonique explique la forte sismicité rencontrée dans la région.

 

Les monts Ararat sont de formation récente, entre le tertiaire et le quaternaire, et résultent de l'accumulation de coulées de lave et d'éjections pyroclastiques successives.

Après une période de production de tufs andésitiques, rencontrés dans la base claire du volcan, il y a eu un apport de coulées de basalte et d'andésite, formant les pentes basses plus sombres jusqu'à 3.000 m. d'altitude. Le sommet du Grand Ararat est formé de deux dômes trachytiques séparés par un ensellement long de 400 mètres.

 

STS102-344-23_lrg.jpg

Les monts Ararats sous la neige : au centre, "le Grand " , à gauche, "le Petit", et la gorge d'Ahora au nord-est. Notez les nombreux cratères de flancs.

Image STS102-344-23 was taken from the Space Shuttle on 18 March 2001 using a 35-mm film camera. Courtesy of the Earth Sciences and Image Analysis Laboratory, Johnson Space Center.

 

La mise en place des monts Ararat fut suivie d'une période caractérisée par des éruptions de flancs, suivant des fissures orientées N-S. La phase initiale a produit des cinder cones et des dômes de lave dacitique à rhyolitique, autour du Grand Ararat et une série de cônes pyroclastiques et de dômes sur le flanc ouest du Petit Ararat. Le stade final est responsable des formations de cônes pyroclastiques sur les bas-flancs des deux volcans.

L'activité s'est poursuivie durant le 3°millénaire avant JC; pour témoin, des restes humains et des artefacts du début de l'âge de bronze (2.500 av. JC.) ont été recouverts par des dépôts de coulées pyroclastiques.  Une éruption phréatique et des coulées pyroclastiques sont contemporaines du séisme et du glissement de terrain de juillet 1840; l'épicentre se trouvait aux alentours du gouffre d'Ahora, profond de 1.825 m. par rapport au sommet. (Karakhanian & al. 2002)

 

mount_ararat_695.gif  Le Grand Ararat auréolé d'un nuage lenticulaire - photo les dresseursdoreilles.blogspot.com

 

Histoire et légendes :

Le nom du royaume d'Ararat, correspondant au "royaume d'Urartu" (*), nom dans les sources Assyriennes de cet antique entité politique développée dans les environs des grands lacs du haut-plateau Arménien. Cette région constitue le coeur de l'Arménie historique, qui passa sous le contrôle des romains, des perses, des arabes byzantins, des Ottomans, des russes et enfin des turcs.

 

800px-Van_kalesi.jpg

  Les ruines de Tushpa, surmontées par la citadelle de Van Kalesi : ce site est représentatif du plus ancien stade des forteresses urartéennes.  -  '''Van kalesi''', Van, Turkey. Picture taken by Christian Koehn - Date: August, 2001.

 

Le nom d'Ararat apparait aussi dans la Bible, dans le livre de la Ararat.jpgGenèse, où il est identifié à l'endroit où l'arche de Noé atteint la terre ferme après le déluge.

L'histoire du déluge (*) est reprise dans les mythologies asssyro-babylonienne, grecque, zoroastrienne et même chinoise.

 

  

 

 

(*) : renseignements complémentaires en "Sources"


Sources :

- Global Volcanism Program - Ararat

- Arche de noé - Wikipédia - les différentes hypothèses appliquées

  au récit de l'arche.

- Noah's ark search - lien

- Urartu - Wikipédia - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
  • seismes-10.08.2010-Vanuatu.gifM 5.0, Vanuatu

    Tuesday, August 10, 2010 09:53:59 UTC
    Tuesday, August 10, 2010 08:53:59 PM at epicenter

    Depth: 35.00 km (21.75 mi)

  • M 4.3, Vanuatu

    Tuesday, August 10, 2010 09:21:57 UTC
    Tuesday, August 10, 2010 08:21:57 PM at epicenter

    Depth: 35.00 km (21.75 mi)

  • M 4.8, Vanuatu

    Tuesday, August 10, 2010 08:02:57 UTC
    Tuesday, August 10, 2010 07:02:57 PM at epicenter

    Depth: 35.00 km (21.75 mi)

  • M 5.3, Vanuatu
    Tuesday, August 10, 2010 06:14:37 UTC

    Tuesday, August 10, 2010 05:14:37 PM at epicenter

    Depth: 36.80 km (22.87 mi)

  • M 7.3, Vanuatu
    Tuesday, August 10, 2010 05:23:46 UTC

    Tuesday, August 10, 2010 04:23:46 PM at epicenter

    Depth: 35.00 km (21.75 mi)

                Legend with age and magnitude scale

    Carte USGS Earthquake Hazards Program  - en bleu et rouge, les séismes du 10.08.2010

    Liste des répliques donnée par le Vanuatu Geohazards Observatory.

 

L' USGS signale une forte secousse de magnitude 7,3 ce matin sur le Vanuatu, avec son épicentre localisé à 40 km de Port Vila, et 35 km. de profondeur.

Le centre d'alerte au tsunami du Pacifique a enregistré une vague de 23 cm. à Port Vila, mais ne signale pas de risque de tsunami sur une zone éloignée de plus de 100 km. par rapport à l'épicentre, ce qui met Nouméa hors de danger.

Pas de dommages, pour l'instant; la population a été avertie des répliques qui suivront dans la journée.

 

Tectonique-Vanuatu-CNRS.jpg

                      Carte de l'archipel du Vanuatu (de Pelletier et al., 1998; Calmant et al., 2003).

 

Les zones de subduction sont les régions de la Terre présentant le plus grand risque de catastrophes naturelles, que ce soit des éruptions cataclysmiques, des grands séismes ou des tsunamis générés par ces séismes.  La marge convergente du Vanuatu est un endroit privilégié pour étudier les mécanismes à l’origine des catastrophes grâce à ses fortes vitesses de convergence (10-17 cm/an) , ses déformations importantes (mouvements verticaux jusqu'à 1 cm/an) et son grand nombre de séismes peu profonds (à peu près un séisme de magnitude >=7 par an).- (IPGP)

 

 

Sources :

- USGS Earthquake Hazards Program - lien

- Vanuatu Geohazards Observatory - lien

- IPGP - Institut de Physique du Globe de Paris - lien

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Porak---Armenie---Jim-Luhr-Smithso-jpg

                            Le volcan Porak - photo Jim Luhr / Smithsonian.

 

Le volcan Porak :

Situé sur le haut-plateau arménien, dans la chaîne volcanique de Vardenis, ce volcan est à cheval sur le frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, et au sud-est du lac Sevan. Le Porak s'est formé le long de la faille de décrochement "Pambak-Sevan" ; cette faille a littéralement découpé en deux les volcans Khonarassar et Tsursar, reléguant respectivement leurs deux parties à 800 et 400 mètres les unes des autres.

Le stratovolcan Porak est constitué d'un cône principal culminant à 2.800 mètres, entouré de dix autres cônes et fissures éruptives satellites. Ces nombreuses bouches éruptives ont vomi leurs coulées de part et d'autre de la frontière; en Arménie, deux coulées se sont dirigées vers le N. et le NE. sur 21 km., tandis qu'une autre atteignait le lac Alagyol en Azebaïdjan, où elle formait une péninsule.

Le régime du Porak a été rhyolitique-dacitique, puis andésitique-basaltique du milieu du Pléistocène au 8° siècle avant JC., pour devenir basaltique à l'holocène.

La dernière éruption du volcan eu lieu entre 782 et 773 avant JC., selon le manuscrit d'Arghisti ; on y décrit une campagne militaire dans la région du lac Sevan, durant laquelle la prise de la ville fortifiée de Behoura fut facilitée par l'éruption du Porak, accompagnée d'un séisme qui endommagea les fortifications rendant plus facile sa prise. Le récit précise que :" la fumée et la suie s'élèvent de la ville en masquant désormais le soleil".

Des pétroglyphes ont été gravé dans les blocs d'une coulée de basalte à Ukhtassar.

 

Petroglyphes-Ukhtassar---Pencroff-copie.jpg

              Ukhtassar - pétroglyphes sur des blocs de basalte - photo Pencroff/ Flickr.

 

Dar-Alages :

La formation andésitique Dar-Alages se compose de six cônes de cendres et de lave, localisé à les versants ouest de la chaîne Vardenis. Le Smbatassar et le Vaiyots-Sar, cônes pyroclastiques plus jeunes, sont situés dans la même chaîne volcanique.

La dernière éruption est datée de 2.000 avant JC.

 

 

Porak---al.jpg

                * = Position approximative des volcans sur image Aster/ Smithsonian.

 

Tskhouk-Karckar :

Ce groupe de 8 cônes pyroclastiques sont situés sur des segments annexes de la faille "Pembak-Sevan"; ils ont produit à l'holocène des coulées de lave. Des pétroglyphes ont été trouvés sur les laves des coulées les plus anciennes, datant pour les dernières de 3.000 avant JC.

 

Philip-et-al_Tectonophysics01-4.jpg Failles actives et position, date et magnitude des séismes sur celles-ci -  doc. H.Philip & al.

 

 

A suivre : la mont Ararat, volcan "litigieux" ...

 

Sources :

- GlobalVolcanism Program - Porak.

                                            - Dar-Alages.

                                            - Tskhouk-Karckar.

- Estimating slip rates and recurrence intervals for strong
earthquakes along an intracontinental fault: example
of the Pambak–Sevan–Sunik fault (Armenia) -
              Hervé Philip & al. Université de Montpellier.

- photo-reportage sur l'Arménie - site Flickr de Pencroff

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Publié le par Bernard Duyck
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volcans-Armenie.jpg

                       Situation des volcans en Arménie - d'après Google 2010.

 

L'histoire géologique du "Petit Caucase" a débuté il y a 150 millions d'années avec la fermeture d'un océan, le Téthys, et la collision de deux ensembles continentaux, la plaque Arabique et la plaque Eurasienne.

Depuis la fermeture de l'océan, les déformations de l'écorce terrestre et le volcanisme ont façonné la morphologie Arménienne.

Les plus hauts sommets du pays sont d'imposants volcans; les roches volcaniques, basalte et tuf, ont été utilisé depuis la préhistoire pour les édifices civils et religieux, la sculpture et la joaillerie (obsidienne).

La géologie de l'Arménie est toujours marquée par des déformations actives, témoins les nombreuses failles et leurs ruptures qui produisent fréquemment des séismes, dont le tragique tremblement de terre du 7 décembre 1988 - faille de Spitak, magnitude 6,9. (M.Sosson / CNRS)


 

Philip-et-al_Tectonophysics01-2.jpgFailles et mouvements des plaques tectoniques au niveau du "Petit Caucase" - document Hervé Philip.   -  Active tectonics north of the Arabian plate (after Philip et al., 1989; Rebaı¨ et al., 1993). (1) Major strike-slip faults; (2) major thrust faults; (3) relative motion of blocks with respect to Eurasia. Ar—Armenia; D—Dagestan; T—Talish; E.A.F.—East Anatolian fault; N.A.F.—North Anatolian fault; P.S.S.F.—Pambak – Sevan–Sunik fault; Z.F.—Zagros fault.

 

Le mont Aragats :

Ce grand stratovolcan andésitique à dacitique, haut de 4.095 m., est daté du Pliocène au Pleistocène, et couvert de glaciers qui l'ont façonné; le sommet est constitué de quatre pics. Une ligne de cratères et cônes pyroclastiques, longue de 13 km. orientée OSO-ENE., coupe la bordure nord du cratère et est source des jeunes coulées de lave et de lahars, datée de l'holocène.

La dernière éruption n'a pas été datée.

 
Aragats--.jpg

Le mont Aragats - Photo by Alexander Margarian. Taken from the Smithsonian Museum of Natural History.

 

Ghegam Ridge volcanic field :

Le champ volcanique de Ghegam Ridge est localisé entre la capitale Yerevan et le lac Sevan. Il est composé de dômes de lave et de cônes pyroclastiques, ainsi que de coulées de lave, couvrant une surface de 65 km. sur 35.

 

Ghegam-ridge---Nasa-space-shuttle.jpg      Le Ghegam Ridge volcanic field et la lac Sevan, vu du Space Shuttle -  doc. Nasa.

 

Les formations volcaniques sont grossièrement positionnées en trois axes orientés NNO-SSE. Les écoulements de lave en provenance des groupes "centraux et est" se sont produits jusque dans la lac Sevan.

Les éruptions explosives initiales furent suivies de l'extrusion de dômes et de coulées d'obsidienne rhyolitique. La dernière activité en date a produit une série de cônes de cendres et de coulées de lave de nature andésitique à basalto-andésitique.

 

Mount_Azhdahak_-_Seroujo.jpgLe volcan Azdahak et son lac de cratère alimenté par la fonte des neiges - ph. Seroujo / wikipédia.

 

L'Azhdahak , aussi appelé Karmirsar - le mont rouge - est le point culminant du massif du Ghegam; il culmine à 3.597 mètres.

 

 

Temples et orgues basaltiques de Garni :

 Dans la région de Garni, on trouve de superbes orgues basaltiques et le temple païen, édifié en 77 par Tiridate I°, et dédié au dieu solaire Mithra; ce temple est une des rares constructions païennes ayant échappée à la destruction lors de la conversion au christianisme. Il fut disloqué par le séisme de 1679, et reconstruit avec les pierres basaltiques restées en place.

 

Armenia_Garni---R.Zenner-wiki.jpg                       Garni - le temple ionique de Mithra - photo R.Zenner / wikipédia.

 

Garni---orgues-basaltiques---photo-pencroff-2---flickr.jpg                      Garni - Orgues basaltiques - photo Pencroff / flickr.

 

Tethys_garni---mosaique---wiki.jpgA proximité du temple, on a trouvé des bains, datant du 3°siècle, dont le vestibule possède un pavement de mosaïque, avec une illustration de Téthys. Dans la mythologie grecque, Téthys est une déesse marine archaïque; elle est la fille d'Ouranos (le ciel) et de Gaïa (la terre), soeur et épouse d'Océan, avec qui elle eut de nombreux enfants, les dieux fleuves et les Océanides... elle personnifie la fécondité marine.

Garni - mosaïque de Téthys - doc.wikipédia.

Le nom de cette déesse se retrouve dans celui du proto-océan, dont question ci-dessus.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Aragats.

                                             - Ghegam Ridge

- Paysages et géologie de l'Arménie - M.Sosson CNRS

- Estimating slip rates and recurrence intervals for strong
earthquakes along an intracontinental fault: example
of the Pambak–Sevan–Sunik fault (Armenia) -
Hervé Philip & al. Université de Montpellier.

- Le séisme du 7 décembre 1988 - P.Bernard / IPGP.


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Publié le par Bernard Duyck
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Le volcan Elbrus, vu hier, est situé en Ossétie du nord, province russe elle-même contigue à la Géorgie; cette zone a été le théatre d'affrontements entre les deux pays en 2008 et demeure uniquement accessible si vous êtes munis des multiples autorisations exigées, du moins niveau Russie.

 

Caucase.jpg

Le catalogue des volcans actifs renseigne quatre formations volcaniques pour la Géorgie.

 

Name Elevation Location Last eruption
  meters feet Coordinates
Kabargin Oth Group 3650 11975 42°33′N 44°00′E / 42.55°N 44.00°E / 42.55; 44.00 Holocene
Mount Kazbek 5050 16,568 42°42′N 44°30′E / 42.70°N 44.50°E / 42.70; 44.50 750 BC
Unnamed 3750 12,303 42°27′N 44°15′E / 42.45°N 44.25°E / 42.45; 44.25 Holocene
Unnamed 3400 11,155 41°33′N 43°36′E / 41.55°N 43.60°E / 41.55; 43.60 Holocene

  Siebert L, Simkin T (2002)

Le Kazbek :

Ce stratovolcan trachytique, haut de 5.050 mètres, fait partie de la portion Géorgienne de la chaîne du Caucase, et est l'édifice le plus élevé du "groupe volcanique Kazbegi", qui inclut aussi le mont Khabarjina.

 

Kasbek-2----D.Papuashvili.jpg                     Le Kazbek, la tête dans les nuages - photo D.Papuashvili.


Le cône sommital et les dernières coulées de lave sont datées au radiocarbone d'environ 6.000 ans; la dernière éruption daterait, selon Gushchenko, de 800-700 avant JC.

Le volcan est situé le long de la faille "Borjomi-Kazbegi", elle-même à l'extrémité de la faille Anatolienne; la région est active tectoniquement, et soumise à de nombreux et réguliers séismes.

L'activité volcanique se manifeste aujourd'hui au travers d'un système géothermique - sources chaudes - cernant la montagne.

L'effondrement en 2002 du glacier Kolka, situé entre le Kazbek et le mont Jimara, est attribué à l'activité solfatarienne.

 

Kasbek---Nasa-2002-space-shuttle.jpgPhoto prise en 2002 par le Space shuttle de la Nasa, montrant le chemin emprunté par l'avalanche de glace et de débris suite à l'effondrement du glacier Kolka.

 

Au sud-ouest du Kasbek, le groupe Kabargin Oth compte une douzaine de cinder cones et de dômes de lave, de nature andésitique à dacitique, datant du bas-Pleistocène à l'holocène.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Kasbek

-                                            - Kabargin Oth group

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