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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

eyjafjallajokull-steam_mila-090710.jpg

                                  Image webcam de Mila dans Hvolsvöllur.

 

Voici un petit moment que l'Eyjafjöll ne faisait plus parler de lui...

La webcam de Mila renvoit une image où un panache de vapeur montant à trois kilomètres est bien visible !

Sigthrúdur Ármannsdóttir, géographe à l'IMO, signale que le lac de cratère est bien plein et bien chauffé par dessous.

IL n'y pas de traces de poussières dans le panache, bien blanc; pas de séismes significatifs dans la région et aucun signe de reprise de l'activité volcanique.

 

Sources :

- Icelandic Met Office

- Iceland Review 09.07.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

En l'absence d'actualités volcaniques et subissant les effets de la canicule, je vous transmet néanmoins paresseusement quelques bonnes photos de l'Equateur et du Tungurahua, toujours actif selon le Global Volcanism Program.


Malgré la couverture nuageuse du sommet entre le 30 juin et le 6 juillet, un panache a été remarqué le 2 juillet, dérivant vers l'OSO. durant une interruption de la couverture nuageuse.

Le 5 juillet, un panache de vapeur et poussières a atteint 7.000 mètres d'altitude. Récidive le 6 juillet avec des retombées de cendres durant toute la semaine précédente.

 

Tungurahua---Jose-Luis-Espinosa-Naranjo.jpg

    Tungurahua - 28.06.2010 - gracieusement transmise par Jose Luis Espinosa Naranjo.

 

05.10 JLEspinisa Naranjo        Tungurahua - mai 2010 - gracieusement transmise par Jose Luis Espinosa Naranjo.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - weekly report

- IRD - lien sur un résumé de l'activité par Benjamin Bernard

- Photos de Jose Luis Espinosa Naranjo, que je remercie.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Située au Puy-en-Velay en Auvergne, l'église de Saint-Michel-d'Aiguilhe est construite au sommet d'une cheminée volcanique - un neck - daté de plus d'un million d'années et haute de 82 mètres.

 

Aiguilhe_-_Chapelle_St-Michel_-Jean-Pol-Dranmont.jpg

L'église St Michel-d'Aiguilhe au sommet du neck du Puy-en-Velay - photo J.P.Grandmont

 

Ce lieu particulier fut de tout temps considéré comme sacré.

Un dolmen préhistorique fut bâti au sommet, dont la table fut réutilisée dans la chapelle.

Le mont était consacré à la déesse celtique Ana.

Il fut habité par des Vellaves, une tribu gauloise, avant que les romains ne s'installent au Puy, alors appelé Anicium, et n'y vénèrent Mercure, le messager des dieux aux sandales ailées. (Mercure serait une romanisation du dieu solaire celte Lugh)

Après la chute de l'empire romain, le déferlement barbare causa la destruction des lieux et le massacre des habitants.

Vers 365, l'évêque Vosy (ou Euodius) se fixa au Puy, situation facile à défendre ... mais l'histoire reste troublée : Julius Nepos, empereur de Rome, laisse les Wisigoths prendre le contrôle de l'Auvergne.

 Des miracles ayant été constatés sur le Mont Anis, l’évêque Vosy confia à Scutaire, architecte romain, la mission d’y édifier une église.

 

xti_5638cp.jpg

Le concile d'Ephèse va entraîner un développement du culte de la Vierge et l'église d'Anicium lui sera consacrée au 6°siècle.

La chapelle de St. Michel fut, elle, construite en 962 par l'évêque Godescalc et le doyen Truannus.

 

Charte de la fondation de St Michel d'Aiguilhe :


Cette charte, datée du "jeudi, quinzième des calendes d'août, la huitième année du règne du roi Lothaire", c'est-à-dire du 15 juillet 962, fut rédigée par Truannus, à qui revient l'initiative de la construction.

"Sache la piété des fidèles de la sainte Église de Dieu, présent et à venir que moi, Truannus, doyen de l'Église du Puy, désirant élever une église sur un vertigineux rocher, vulgairement appelé Aiguilhe et proche de la ville du Puy, que jadis pouvaient à peine escalader des hommes agiles, je me suis présenté devant l'évêque Godescalc et j'ai sollicité de sa bienveillance qu'il me fut permis d'entreprendre cette oeuvre. Il ne s'est pas seulement fait un plaisir de m'en donner licence. J'ai eu la faveur d'être encore aidé de ses encouragements. C'est ainsi que j'ai aménagé sur ce rocher une commode voie d'accès et qu'avec l'aide du Christ je me suis appliqué à couronner ce pic, en l'honneur de l'archange saint Michel, d'une église qui fût belle à voir et, par faveur divine, elle a même reçu du susdit évêque sa consécration."

 

 

Le Puy-en-Velay devint le point de départ de la Via Podiensis, un des itinéraires majeurs du pèlerinage à Saint-Jacques-de Compostelle ... fait lié au "déplacement " de l'évêque du Puy, Godescalc en 950 en Galice pour "toucher la miséricorde divine en implorant humblement la protection de l’apôtre saint Jacques".

 

NT15-Le Puy-Aiguilhe.m

 

Le sanctuaire est consacré à saint Michel en l'an 962. Au 12ème siècle, les pèlerins affluent et l’oratoire primitif de plan carré devient trop petit. La chapelle est agrandie en utilisant tout l’espace disponible de la plate-forme sommitale du rocher. Un portail trilobé, de belles arabesques, le tout est inspiré de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle.

 

Le-Puy-en-Velau---StMichel-d-aiguilhe.jpg                                Le portail de St Michel-d'Aiguilhe - photo J.P.Grandmont.

 

Des mégalithes préhistoriques, du druidisme au culte gaulois, puis gallo-romain, enfin chrétien, ce lieu est imprégné des relations entre l'humain et le divin, le sacré, l'univers cosmique.


 

Sources :

- Office du tourisme du Puy-en-Velay - lien

- La route du Puy , Via Podiensis

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ci-dessous les codes aviation communiqués par le KVERT, en date du 2 juillet 2010 :

 

KAMCHATKA:
SHEVELUCH, KLYUCHEVSKOY and KARYMSKY: ORANGE
GORELY and BEZYMIANNY: YELLOW
TOLBACHIK PLOSKY, KORYAKSKY, AVACHINSKY, MUTNOVSKY and KIZIMEN: GREEN

NORTHERN KURILES:
EBEKO: YELLOW
CHIKURACHKI and ALAID: GREEN

EBEKO VOLCANO, Paramushir Island, Northern Kurile: 50o41'N, 156o01'E Elevation 1,156 m
AVIATION COLOR CODE IS YELLOW
PREVIOUS AVIATION COLOR CODE IS GREEN

 

 

Au KLYUCHEVSKOY, une forte anomalie thermique a été remarquée durant toute cette semaine. Une activité strombolienne et des émissions modérées de gaz et vapeur furent observées les 24 et 29 juin, avec un panache intermittent montant à 5.300 mètres. Le panache mixte vapeur- poussières s'étendait sur 32 km. au sud du volcan, le 1° juillet.

 

Klyuchevskoy-02.07.10---Y.Demuanchuk.jpg  Klyuchevskoy 02.07.2010 - activité strombolienne - photo Y.Demyanchuk / KVERT


La sismicité du SHEVELUCH a augmenté le 1 juillet entre 1 h.54 et 9 h.30, avec émission d'un panache à 8.000 mètres; les 24 et 29 juin, une forte activité fumerollienne fut observée, ainsi que des panaches de cendres provenant de coulées pyroclastiques, qui sont montés à 4.500 mètres. Les satellites signalent une anomalie thermique au niveau du dôme.

 

Sheveluch-activite-fumerol.-04.07.10.jpg

    Sheveluch - activité fumerolienne 04.07.2010 - photo Y.Demyanchuk / KVERT.


L'activité du volcan EBEKO, Kouriles du nord, est en hausse; ce volcan n'étant pas monitoré, les infos proviennent de contacts visuels et du monitoring satellite.

Des explosions avec émissions de poussières, montant à 1,8 km.,ont eu lieu le 2 juillet à 3 h.53 UTC.; le KVERT a fait passer le code au jaune (2° degré sur 4).

 

Ebeko-02.07.10---L.Kotenko-Kvert.JPG                      Panache de l'Ebeko, le 02.07.2010 - photo L.Kotenko / KVERT.


Sources :

KVERT - Kamchatka Volcanic Eruption Respons Team

 http://www.kscnet.ru/ivs/kvert/current/ebk/index.html

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Nous avions parlé du "volcanisme asphaltique" dans la région de Santa Barbara et dans les Caraïbes (Trinitad), le récent désastre pétrolier dans le golfe du Mexique remet ce thème en lumière.

Les sociétés pétrolières, British Petroleum, Haliburton et bien d'autres, connaissaient parfaitement le terrain de leur activité ... des cartes détaillées avaient été établies par des scientifiques depuis plusieurs années.

 

gulf_tmo_2010176.jpg

         Vision satellitaire de la pollution aux hydrocarbures dans le golfe du Mexique.

NASA image by Jeff Schmaltz, MODIS Rapid Response Team. Caption by Michon Scott. Instrument: Terra - MODIS - 25.06.2010

 

Dès 1971, des géologues, spécialisés en recherche pétrolières, découvrent, sur une photo sous-marine prise à proximité du "champ pétrolifère Campeche Knolls", une région où les dépôts d'évaporite déforment un dôme, et une tâche d'asphalte recouvrant le fond marin.


En novembre 2003, I.Mc Donald, de la Texas A&M. University, et son équipe redécouvrent l'endroit ... et tout un nouvel écosystème.

A 3.000 mètres de profondeur, hors de toute lumière, et par une température de 4°C, des vers tubulaires, de grands bivalves et des crabes colonisent une coulée asphaltique; c'est un site unique où des suintements d'hydrocarbures approvisionnent en nourriture des micro-organismes, base de cet écosystème.

 

picture-B-web-rgb.jpgVers tubulaires et crabes sur une couche d'asphalte ressemblant étrangement à une coulée de lave - Document McDonald - Texas A&M University.


Le site, nommé "Chapopote", du nom aztèque désignant le goudron, est un dôme de sel d'un kilomètre carré, recouvert d'asphalte solidifié, qui doit s'être refroidi rapidement, étant donné la fracturation et les structures en colonnades remarquées.

A1_maps.jpgComme de grandes parties du plancher du golfe du Mexique ressemblent à la zone "Campeche Knolls", on suggère que le volcanisme asphaltique et les communautés chémosynthétiques qui vivent sur de tels supports sont plus répandues.

Situation de "Deepwater Horizon" et de Campeche Knolls - doc. McDonald.


En 2004, une expédition à bord du "Sonne", sous la direction de G.Borhmann du DFG Research center ocan margins, confirme cet écosystème hautement diversifié et le fait que ce type de volcan asphaltique est seulement présent dans le Golfe du Mexique. C'est le seul endroit où les conditions requises pour son existence sont rencontrées : une eau profonde, des diapirs de sel sous le plancher marin et la présence de dépôts de pétrole.

Un mystère demeure cependant : l'asphalte, produit de dégradation, ne contient plus ici les habituels nutriments basiques des eaux marines profondes : méthane et sulfide d'hydrogène. Des études devront déterminer comment fonctionnent ces nouveaux écosystèmes.

 

Le terrain connu, la responsabilité des multinationales, soutenues par les gouvernements des super-puissances, n'en est que plus engagée. Quelques soient les motivations véritables et l'influence des uns et des autres sur la prise de décisions ayant mené à ce désastre hors du commun, chacun jugera de la façon dont l'avenir de notre planète est géré !

Aux dernières nouvelles, ce sont entre 5,6 à 9 millions de  litres d'hydrocarbures par jour qui sont déversé dans les eaux du golfe, générant un désastre écologique sur les côtes de la Louisiane, du Mississipi, de l'Alabama et de la Floride, dans un premier temps, peut-être sur la planète entière ensuite.

 

black-pelican-06.06.10-Greenpeace.jpg                  Un pélican "blanc", mazouté - photo Greenpeace 06.06.2010.

 

 

 

Sources :

- Asphalt volcanism - in About.com : geology - lien

- Asphalt volcanism and chemosynthetic life in the Campeche Knolls, Gulf of Mexico - par McDonald & al. - lien

- Gulf oil spill update : just the facts - LiveScience 02.07.10

- Disaster laws : will gulf oil spill change anything ? - LiveScience

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

Actu-4 1552 bis

 

                                                                                               ©JM. Mestdagh

 

Une olivine  - (Mg,Fe)2 SiO4 - est un minéral du groupe des silicates, sous-groupe des nésosilicates. Elle n'a pas le statut d'espèce reconnue par l'Association internationale de minéralogie, c'est le terme médian dans la série fayalite-forstérite.

La forstérite - Mg2SiO4 - est le terme de cette série qui ne contient pas de fer; la fayalite - Fe2SiO4 - est l'autre limite sans magnésium.

Elle cristallise dans le système cristallin orthorhombique. Elle possède un fort relief à l'observation au microscope polarisant, ainsi qu'une forte biréfringence, teintes vives du 2e au 3e ordre au microscope polarisant en lumière analysée.


L'olivine est le minéral dominant des péridotites, roches constituant le manteau. 

 

Actu-4-1790.jpg

                   Timanfaya  - Inclusion de péridotite dans du basalte  -  ©JM. Mestdagh


 

L'olivine est le premier minéral à cristalliser lorsqu'un magma refroidit. C'est pourquoi il est souvent présent dans les basaltes. Il peut cristalliser à une température d'environ 1 000°. C'est le premier minéral de la suite réactionnelle :

Olivine (Mg) -->; Olivine (Fe,Mg) -->; Pyroxène (Mg) -->; Pyroxène (Fe,Mg) -->; Amphiboles -->; Biotite (des hautes températures vers les basses températures).


Caractéristiques physiques et optiques :

  • Système cristallin : orthorhombique
  • Composition chimique : (Mg, Fe)2SiO4
  • Couleur : vert jaunâtre, vert olive
  • Dureté  : 6,5 - 7,0 sur l'échelle de Mohs.
  • Gravité spécifique : 3,32 - 3,35
  • Indice de réfraction: 1,65 - 1,69
  • Dispersion  : 0,020
  • Pléochroïsme  : incolore, vert jaunâtre, vert


 

250px-Diagramme basalte.svgModèle basaltique:       plan de saturation de la silice

  • opx:orthopyroxène
  • cpx : clinopyroxène
  • ab : albite
  • Ne : néphéline
  • Qz : quartz
  • ol : olivine

 

 

 

 

 

 

 

 Étant formées à haute température et en absence d’eau, les olivines sont très sensibles aux agents atmosphériques, à l’altération hydrothermale, au métamorphisme de bas degré impliquant l’hydratation, l’oxydation, la silicification ou la carbonatation. Elles s’altèrent en serpentine, chlorite, amphibole, oxydes de fer, talc. Les olivines répondent parfaitement à la loi de Goldich : « les minéraux sont d’autant plus vulnérables que leurs conditions de genèse diffèrent plus de celles qui règnent à la surface ».

 

Le péridot : nom donné à l'olivine lorsqu'elle est utilisée en joaillerie, comme "pierre fine". Son autre nom est chrysolithe, "pierre dorée" en grec.


C’est une pierre ancienne mais très populaire. Elle est si connue, et depuis tant d’années, qu’on en trouve même sur la joaillerie égyptienne, du début du second siècle avant notre ère.
Les pierres que l’on utilisait à cette époque, venaient d’une région située sur une petite île volcanique de la mer Rouge, à environ 70 kilomètres au large d’Assouan. Elle a été redécouverte vers les années 1900 et le gisement est, maintenant, constamment exploité.
Les anciens Romains en étaient déjà férus et ils en convoitaient l’éclat vert et brillant, qui est insensible aux variations de la lumière, même s’il s’agit de lumière artificielle. Ils l’appelaient "l'émeraude vespérale ».
On trouve des péridots en maintes églises européennes, où ils décorent des trésors divers. A la cathédrale de Cologne, par exemple, à l’époque de l’art baroque, le péridot, avec son vert profond, connut une époque florissante mais brève, avant de tomber dans l’oubli.

Le péridot est pourtant une pierre très moderne. Dans les années 1990, un gisement a été mis à jour dans la région du Cachemire. Les pierres qui en proviennent sont, en ce qui concerne leur couleur et leur transparence, d’une beauté unique. Ainsi, l’image de la pierre, qui s’était quelque peu estompée au cours des âges, a été remise "au goût du jour".

 

Pour convaincre la gent féminine, voici un exemple de réalisation moderne ... "avec sa couleur légèrement dorée, d’un vert chatoyant, le péridot est la pierre idéale pour être le complément d’une tenue estivale légère ", dixit un spécialiste.

 

2064R-bague-peridot--jewels-for-me.jpg                          Bague péridot / diamant - or blanc , réalisation "Jewel for me".

 


Sources :

- Péridot-Olivine , par R.Warin

- Roches magmatiques, par Dom.Decobecq

- Peridot, the gorgeous green gemstone - lien

- Joaillerie : site de "Jewel for me " / péridot - lien

   dix pages d'idées !

 

 

Ceci clôture la semaine sur Lanzarote . Encore un grand merci à mon ami Jean-Michel Mestdagh pour son partage d'images.

Un dernier clin d'oeil à César Manrique, avec son logo de Lanzarote, île-volcan, île-soleil.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Au sud de Timanfaya, la vallée de la Geria et ses vignobles.


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Les vignobles et leurs murets en demi-lune couvrent la vallée de La Geria et les contreforts volcaniques  -  ©JM. Mestdagh

 

Le climat désertique et l’absence totale de source et de rivière sur Lanzarote rendent toute pratique agricole difficile. Cependant, en raison de son origine volcanique, l’île bénéficie d’un sol noir fertile constitué de cendres et de lapilli, sur un sous-sol argileux peu perméable. S’adaptant parfaitement à ces conditions naturelles originales, une technique viticole singulière a été adoptée : les ceps de vigne sont plantés individuellement au milieu d’entonnoirs creusés dans les lapilli, afin d’y puiser l’humidité nocturne recueillie, et sont protégés des vents secs du nord-est et du Sahara par des murets de pierre édifiés en demi-cercle.

 

Les murets sont constitués d'empilements de pierres sur un seul rang; les pierres sont placées de telle façon que le parement intérieur du demi-cercle soit aussi lisse que possible, de façon à faciliter le travail de la vigne dans les dépressions.

Une technique un peu différente consiste à creuser un large fossé, long de plusieurs dizaines de mètres, bordé de chaque côté par un muret et compartimenté par des murets tranversaux.

 

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Technique alternative : un grand fossé et des murets transversaux  -  ©JM. Mestdagh

 

Le vignoble de Geria produit un vin rouge et doux : le vin de Malvoisie.

Malvoisie est en réalité le nom grec donné à un groupe de cépages d'origine méditerranéenne. Dans l'ancienne terminologie du commerce Vénitien des vins, l'appellation "Malvasia" correspondait à la fois au cépage d'origine et à toute une série de vins grecs.

 

Accessible par la route, ou par le chemin côtier de Timanfaya, le site de El Golfo offre une vue surprenante.

 

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Le cratère d'El Golfo et la plage de sable noir  - ©JM. Mestdagh

 

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       Les effets de l'érosion sont spectaculaires  -  ©JM. Mestdagh

 

Un majestueux volcan d'origine sous-marine a été fortement érodé par la mer, donnant l'impression d'avoir été coupé en deux. Les roches errodées offrent une palette qui va du gris, au brun, à l'ocre jusqu'au rouge, contrastant avec la mer bleue, la plage de sable volcanique noir et un petit lagon vert bronze : le Charco de los Clicos... un arc-en ciel minéral !

Ce lagon est alimenté par des remontées d'eaux souterraines; sa couleur est liée à la présence d'algues microscopiques (Ruppia maritima).

 

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       Le cratère d'El Golfo et le Charco de los Clicos  -  ©JM. Mestdagh

 

Toujours plus au sud-ouest, Los Hervideros, "les eaux bouillonnantes" : des labyrhintes ont été creusé par la mer dans un flot de lave basaltique.

Les eaux de l'Atlantique se ruent dans les tunnels de lave, y créant des arches, des cheminées, où elles semblent bouillir avec des projections bruyantes hautes de plusieurs mètres.

 

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.Los Hervideros - "the boiling springs" - avec en arrière-plan  la Montana Bermeja, cône très coloré, à droite -  ©JM. Mestdagh

 


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                                                                                               ©JM. Mestdagh


Sources :

- Les murets de pierre sèche semi-circulaires du vignoble de Lanzarote - C. Lassure

- Landscapes of Lanzarote - Sunflower countryside guide.

 

   

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

26.06.2010-ash_venting_Montserrat.jpg

La décharge de poussières, fléchée en bleu, parmi les fumerolles du côté sud du dôme de Soufrière Hills - Document MVO 26.06.2010.

 

Une légère décharge de poussières s'est produite à partir du 25 juin 2010 au volcan Soufriere Hills, sur l'île de Montserrat.

Première manifestation d'activité depuis février, de légères chutes de cendres ont été enregistrées sur l'île et des odeurs de soufre ont été perçues sur Nevis. Des grondements ont été entendus dans la nuit des 25 et 26.

 

Des observations aériennes du MVO, le 26 juin, révèlent que la décharge provient de la zone d'effondrement du dôme (English 's crater) et de la partie sud formée le 11 février.

 

L'émission de poussières coïncide avec des essaims de séismes volcanotectoniques qui se sont produits les 23 et 25 juin. De courts séismes VT se sont produits le vendredi 25 ... ce type d'évènement est souvent associé à une extrusion de lave, comme on l'a observé en 2008, juste avant une émission de lave.

Cet évènement pourrait avoir une nature phréatique, liée à l'interaction entre les matériaux saturés d'eau par les fortes pluies récemment enregistrées et ceux plus chauds sous la surface.

 

Le 2 juillet, des séismes LP furent suivi d'une nouvelle émission de poussières plus intense, avec des retombées sur Gages, Plymouth et Foxes bay, et un signal de trémor de bas niveau associé.

 

Source : MVO - Montserrat Volcano Observatory.

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             Le chemin côtier, entre mer et cônes volcaniques - ©JM. Mestdagh

 

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              Le "malpais" - mauvais pays - de Timanfaya  -  ©JM. Mestdagh


Puisque le parc national ne permet pas de déambuler dans les laves à sa guise, les amateurs devront se rabattre sur le chemin côtier, qui court de Playa dela Madera jusqu'à El Golfo, sur 13 kilomètres.

Il convient d'être bien équipé, car l'entièreté du parcours se fait sur de la lave et ne présente aucun abri : en cas de temps ensoleillé, les provisions d'eau sont indispensables ... mais c'est la seule portion de Timanfaya explorable sans guide; il est cependant conseillé de ne pas s'écarter trop du sentier.

 

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                                    Colonnes primées basaltiques - ©JM. Mestdagh


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Le spectacle des formations de lave côtières, la vue sur les cônes volcaniques et le bruit incessant du ressac  sont ici sources de satisfaction.

Les roches volcaniques de Lanzarote sont constituées presqu'exclusivement de basaltes, et on peut admirer, en bord de mer, des colonnes prismées.

Actu-4-1552.jpg

Basalte à olivine - ©JM. Mestdagh  

 

"Ce sont des basaltes à augite et olivine (*), constellés de nodules de péridotite (*) qui ont été arrachés au manteau supérieur et remontés par la lave. Cette abondance d'enclaves du manteau est un indice en faveur d'une ascension rapide du magma, depuis sa zone de genèse dans le manteau supérieur jusqu'à la surface. En effet, pour qu'un liquide basaltique à haute température - plus de 1.000°C - puisse remonter des blocs de forte densité, comme des péridotites, il est impératif que sa vitesse ascensionnelle soit grande. En période de crise volcanique, il est probable que quelques heures suffisent au magma pour parcourir la distance manteau-surface "  commente Maurice Krafft.

 

(*) :

Les péridotites sont une série de roches plutoniques constituant la majeure partie du manteau terrestre. Ultramafiques(ou ultrabasiques), de structure grenue, les péridotites sont principalement constituées d'olivine associée à d'autres silicates ferro-magnésiens, essentiellement des pyroxènes. Elles doivent leurs nom aux péridots, les cristaux d'olivine qui les constituent majoritairement et leur confèrent souvent une teinte verte ou jaune-verdâtre.


L' augite est un minéral de la famille des pyroxènes. Il s'agit d'un clinopyroxène ferromagnésien et calcique.


Un article et des photos seront consacrés à l'olivine, sur ce blog.


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               Quelques grosses bombes en bordure du chemin côtier  -  ©JM. Mestdagh


Actu-4-1597.jpgDans un univers de laves "a-a", quelques coulées cordées témoignent d'épisodes différents.

©JM. Mestdagh


Le fait que les laves émises furent principaement de type "a-a" est à mettre en relation avec le très faible nombre de victimes recencées en 1730-1736, leur vitesse lente de progression ayant permis aux autochtones de fuir le danger.

 

Actu-4 1652

La proximité de la mer, le vent et les hautes températures ont permis une cristallisation de sel dans des trous de roches basaltiques étrangement sculptées  -  ©JM. Mestdagh

 

Sources :

- Guide des volcans d'europe et des Canaries , par M.Krafft et F.de Larouzière.

- Le parc national de Timanfaya - itinéraire du chemin côtier, faune et flore - lien

 


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Timanfaya - Alignement des cônes sur la fissure éruptive et flots de basalte parallèles sur champ de scories  -  ©JM. Mestdagh

 

 

Dans son livre "Les feux de la terre - histoires de volcans", chapitre "Le clergé, chroniqueur de l'enfer" , Maurice Krafft parle des hommes d'église qui ont été, jusqu'au milieu du 19° siècle, de grands observateurs d'éruptions. On leur doit la description de la plupart des épisodes actifs du Vésuve et de l'Etna, mais aussi de la majorité des grands cataclysmes volcaniques à travers le monde. 


Le curé de la commune de Yaiza, Don Andres Lorenzo Curbelo, nous fait revivre le cataclysme :

 

 

«  Le 1° septembre 1730, entre neuf heures et dix heures du soir, la terre s’entrouvrit tout à coup auprès de Timanfaya, à deux lieues de Yaiza.

Dès la première nuit, une énorme montagne s’était élevée du sein de la terre et de son sommet s’échappait des flammes qui continuèrent à brûler pendant dix-neuf jours (…), un torrent de lave se précipita sur Timanfaya, sur Rodeo et sur une partie de Mancha Blanca. La lave s’écoula sur les villages vers le nord, d’abord avec autant de rapidité que l’eau, mais bientôt sa vitesse se ralentit et elle ne coula plus que comme le miel (…)


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                      Timanfaya - coulées basaltiques  -  ©JM. Mestdagh


Le 11 septembre, l’éruption se renouvela avec force et la lave recommença à couler. De Santa Catalina, elle se précipita sur Maso, incendia et recouvrit tout ce village et poursuivit son chemin jusqu’à la mer ; elle coula pendant six jours de suite avec un bruit effroyable et en formant de véritables cataractes. Une grande quantité de poissons morts surnageaient à la surface des eaux de la mer (…)

Bientôt tout se calma. Mais le 18 octobre,trois nouvelles ouvertures se formèrent au-dessus de Santa Catalina qui brûlait encore et de ses orifices s’échappèrent des masses d’une fumée épaisse qui s’étendit sur toute l’île. (…)

Les coups de tonnerre et les explosions qui accompagnèrent ces phénomènes, l’obscurité produite par la masse de cendres et de fumées qui recouvrait l’île, forcèrent plus d’une fois les habitants de Yaiza et des lieux voisins, à prendre la fuite. (…)

Le 28 octobre, l’action volcanique s’était exercée de cette manière pendant 10 jours entiers, lorsque tout à coup le bétail tomba mort, asphyxié dans toute la contrée, par un dégagement de vapeurs pestilentielles, qui se condensèrent et tombèrent sous forme de gouttelettes. Le 30 octobre tout redevint tranquille. (…)

Mais le 1° novembre, les fumées et les cendres recommencèrent à paraître (…)

Le 27, une autre coulée se précipita avec une incroyable vitesse vers les bords de la mer; elle atteignit le rivage le 1° décembre, et forma au milieu des eaux une petite île, tout autour de laquelle on trouva beaucoup de poissons morts. (…)

Le 16décembre, la lave atteignit Chupadero qui bientôt ne fut plus qu’un vaste incendie. Elle ravagea ensuite la fertile Vega de Ugo. (…)

 

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                                                                                                         ©JM. Mestdagh


Le 7 janvier 1731, de nouvelles  éruptions vinrent bouleverser les précédentes. Des courants incandescents, accompagnés de fumées très épaisses, sortirent par deux ouvertures formées dans la montagne. Les nuages de fumée étaient fréquemment traversés par de brillants éclairs d’une lueur bleue et rouge, suivis de violents coups de tonnerre, comme dans les orages, et ce spectacle était aussi effrayant que nouveau pour les habitants, car on ne connaît pas les orages dans ces contrées. (…)

 

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        Timanfaya -  édifices volcaniques imbriqués, sur fond de coulées - ©JM. Mestdagh

 

Chaque fois que les hommes croyaient que leur malheur s’achevait, de nouvelles fissures s’ouvraient, de nouveaux cônes s’érigeaient. Il y eu même des éruptions sous-marines (… )   »

 

 

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       Timanfaya - Cônes alignés sur la fissure et flots de lave  -  ©JM. Mestdagh

 

C’en était trop, les habitants abandonnant tout espoir, partirent définitivement avec le curé de Yaiza pour se réfugier sur l’île de la Grande Canarie. La terre continua à vomir son basalte incandescent jusqu’au 16 avril 1736, noyant une surface de 200 kilomètres carrés, recouvrant champs et villages, détruisant 400 maisons et construisant plus de trente cônes tous alignés sur une gigantesque fissure. La quart ouest de Lanzarote, si fertile, si florissant, était anéanti !

 

Sources :

- Récit de Don Curbelo

 Rvdo. D. Andrés Lorenzo Curbelo, Párroco de Yaiza cuando ocurrieron las erupciones volcánicas de los años 1730 al 1736. - lien
D. Andrés fue el cronista de aquellas importantes erupciones.

- Les feux de la terre - histoires de volcans - par Maurice Krafft

  Découvertes Gallimard /Sciences et techniques.

 

 

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