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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

 

Timanfaya - Google 2

          Vue satellite du "Campo volcanico de Timanfaya" - d'après Google 2010.

 

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                             Timanfaya - Valle de la Tranquilidad  -  ©JM. Mestdagh


Le parc national de Timanfaya est situé dans le sud-ouest de l'île et compte une superficie de 51,07 km². Il s'étend de la limite de la commune de Yaiza jusqu'à la montagne Montaña Timanfaya. A l'ouest il est limité par la côte. Cet endroit a vu la naissance de 32 cônes volcaniques. Du haut de la montagne Montaña Rajada (350 m d'altitude) on a un bel aperçu du parc.


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                         Timanfaya - Paysage lunaire ...une autre planète   -  Photo G.Keller.

 

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                                                                                                                ©JM. Mestdagh

 

Avant les éruptions volcaniques, cette immense étendue recouverte aujourd'hui par une mer de lave figurait parmi les terres les plus fertiles de Lanzarote. Après la catastrophe, ces terres furent recouvertes par des millions de mètres cube de lave et 420 maisons furent ensevelies. Les villages détruits furentTimanfaya, Los Rodeos, Mancha Blanca, Santa Catalina, Mazo, Jarretas, Tingafa, Peña Palomas, Testeina, La Geria, Macintafe, Mozaga, Guagaro, Masdache et Iguadén ainsi que les terres agricoles de Maretas et Chupaderos.

Les volcans qui composent le parc national de Timanfaya sont du type hawaïen. Ceux-ci forment de grandes colonnes de cendre lors de l'éruption et les lapilli, poussés par le vent, ont recouvert de vastes étendues et les pentes de cratères plus anciens.

 

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                                                                                                     ©JM. Mestdagh

 Cette étendue recouverte par les pluies de cendre est appelée Valle de la Tranquilidad (vallée de la tranquillité). Le centre de l'éruption était situé au Maciso del Fuego (le massif du feu) haut de 525 m. Ce volcan est aujourd'hui recouvert par les cendres et les scories des éruptions du XVIIIe s., mais on a constaté que le flanc arrière du volcan, qui rayonne encore énormément de chaleur, est composé de lave très ancienne. Les nombreuses rangées de petites cheminées (Hornitos) et les volcans "parasites" (nommés ainsi car ils se sont formés au pied du colosse central) sont intéressant à observer.


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                                                                                                         ©JM. Mestdagh


L'imposant cratère Corazoncillo, le plus grand cratère d'explosion de Lanzarote, possède une caldeira d'une profondeur de 100m. C'est la lave de ce volcan qui a enseveli le village de Timanfaya.

Au regard des quantités de lave rejetées et de la durée des éruptions, elles figurent parmi les plus importantes de l'histoire du volcanisme. Selon le Global Volcanism Program : 

 

Start Date: 1730  Sep 1  Stop Date: 1736 Apr 16 

Dating Technique: Historical Records

Volcanic Explosivity Index (VEI):  3

Lava Volume:  4.0±1.0  x  109 m3

Area of Activity: Montañas del Fuego

Eruptive Characteristics:
    Flank (excentric) vent
    Regional fissure eruption
    Submarine eruption
    Explosive eruption
    Lava flow(s)
    Fatalities  (?)
    Damage (land, property, etc.)
    Evacuation

 

Spectacle envoûtant, vision figée de la furie volcanique, images de genèse de la terre ... seul bémol, le vulcanophile ne peut ici poser un seul pied par terre et les seuls déplacements permis le sont, soit à dos de dromadaires, soit en guagua (autobus aux vitres hermétiquement fermées !) sur la "Ruta de los volcanes", itinéraire long de 14 km. dessiné par Jesus Soto.

 

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                                          La ruta de los volcanes  -  ©JM. Mestdagh


En détail, quelques "spots intéressants" :

- le hornito du "Manto de la Virgen" de taille impressionnante.


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                                                                                 ©JM. Mestdagh


- Depuis "El Mirador", au sommet de la Montaña Rajada, la vue se perd jusqu'à la mer... à l'infini, de la lave.

On peut voir un tunnel de lave partiellement effondré et repérer la fissure éruptive , jalonnée de cônes pyroclastiques.

 

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                          Fissure éruptive et cônes alignés  -  ©JM. Mestdagh

 

Des tunnels de lave effondrés sur une longue distance créent un "sinuous rille" - un sillon sinueux, au sein des coulées émises par le s éruptions de 1730-1736. Sur une vue satellite, on peut voir des portions non effondrées (flèches blanches) montrant qu'il s'agit d'un tunnel, et non d'une coulée surbaissée et enserrée entre deux levées - Document Planet Terre, Pierre Thomas, ci-dessous.

 

Lanzarote-Timanfaya---tunnels-en-partie-effondres-zoom.jpg 

 

Certains cônes, nommés ici islote, sont entièrement cernés par les coulées.

 

De retour à Islote de Hilario, on peut découvrir l'anomalie thermique qui perdure en cet endroit, grâce à quelques manipulations faites par les guides: des températures voisines de 400 °C ont été mesurées à une dizaine de mètres de profondeur.

Les scories sont brûlantes par endroit, et des branches d'aulaga, une papilionacée locale, s'enflamment spontanément dès qu'elles sont enfoncées dans un trou.

Actu-4-2334.jpgAilleurs, un tube d'acier planté de quelques mètres dans le sol permet de produire à volonté un geyser artificiel : un seau d'eau versé dans le tube de forage, ressort vaporisé quelques secondes après, en rugissant en une colonne d'une dizaine de mètres de hauteur.

Le restaurant "El Diablo", encore une réalisation de Cesar Manrique, construit en pierre volcanique et parfaitement intégré à son milieu, utilise la chaleur du volcan pour ses barbecues.

 

Les dernières éruptions volcaniques sur l'île eurent lieu en 1824. Le 31 juillet de cette année là, le volcan Clérigo Duarte est entré en éruption. La coulée de lave s'étendait sur plus de 14 km et, près de Punte del Cochino, elle s'est écoulée dans la mer. Les 10 années qui précédaient l'éruption furent ponctuées par de nombreux séismes. La particularité de cette éruption était la grande fluidité de la lave ainsi que les énormes colonnes d'eau salée bouillante qui furent éjectées du cratère et qui inondèrent les alentours. La dernière coulée de lave menaçait le village de Mancha Blanca. Dans leur détresse le habitants de ce village empruntèrent la statue de la vierge Virgen de los Dolores au village de Tinajo et formèrent une procession pour aller à l'encontre de la lave en fusion. Le miracle se produisit et la lave se figea juste avant d'atteindre la première maison du village. Aujourd'hui une croix en bois s'élève à cet endroit. En 1781, les habitants ont érigé une petite chapelle (Nuestra Señora de los Volcanes) et de nos jours encore une procession est organisée tous les ans à la date anniversaire de cet évènement.

 

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                                                                                                                 ©JM. Mestdagh


Demain, nous verrons le récit de ces éruptions terribles échelonnées de 1730 à 1736, grâce au récit du curé de Yiaza.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft et F.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé.

-Montanas del Fuego - doc. Parque National de Timanfaya.

- Planet terre - tunnels de lave effondrés - P.Thomas

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

 

Actu-4-0539.jpg                          Oeuvre de Manrique - Jardin de cactus - ©JM. Mestdagh

                                         " L'intégration de l'homme à la nature ".


 

Dans le tunnel de lave généré par le volcan La Corona, nous avons vu hier La Cueva de los Verdes ... il existe dans le même tunnel, une "grotte" aménagée par César Manrique : le Jameos del Agua.

Jameos est un mot issu du dialecte local signifiant grotte ou bulle.

Les infiltrations d'eau ont engendré un lac  naturel qui sert de tanière à une espèce unique au monde : un crabe albinos et aveugle, appelé familièrement "jameitos", le Munidopsis polymorpha.

Les rayons du soleil pénétrant par les ouvertures du plafond illuminent ce lac : le Jameo grande.

 

Jameos-del-Agua.jpg                     Jameo grande - le lac au crabes albinos - doc. wiki.

 

Rapprochement de l'art et de la nature, voulu par César Marique, peintre, designer, architecte, sculpteur et surtout grand défenseur de la nature de Lanzarote.

Né en 1919 à Arrecife, il a toujours vécu sur l'île et a eu la chance, contrairement à beaucoup d'artistes, d'être reconnu "de son vivant". Manrique est partout sur Lanzarote : il a conçu le Mirador del Rio, observatoire intégré à la nature, créé le jardin de cactus, et sa résidence privée devenue la Fondation Cesar Manrique; c'est aussi lui qui a pensé et dessiné le sympathique petit diable , mascotte du parc de Timanfaya.

 

Un jardin qui ne manque pas de piquant, à Guatiza.

Il constitue un bel exemple d'intervention architectonique intégrée au paysage : en pleine démarche d'intégration des ouvrages au paysage insulaire, il s'est intéressé à l'ancienne carrière de Guatiza, a fait restaurer le moulin à gofio (farine de maïs) qui couronne l'enceinte.

 

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            Une partie du jardin de cactus et le moulin à golfio. - ©JM. Mestdagh


 

L'intérieur circulaire est une métaphore des cratères de l'île; des murs en terrasses descendantes dévoilent les différentes variétés de cactus, avec au centre des monolithes de gravier compacté qui témoignent de l'activité carrière passée.

 

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                                                                                                        ©JM. Mestdagh

 

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                                                                                                                ©JM. Mestdagh

 

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  Intégration de la carrière de Guatiza au paysage volcanique environnant - ©JM. Mestdagh

 

Ce jardin de cactus, où se mêlent plantes, sculptures, architecture, se situe dans un environnement agricole de figuiers de barbarie, support d'un insecte, la cochenille - Dactylopius Coccus - à la base de la production d'un colorant naturel : la carmin de cochenille.

 

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        "Sculpture du vent", jouet des alizées - oeuvre de César Manrique - ©JM. Mestdagh

 

Taro de Tahiche : c'est ici que Manrique a construit sa spectaculaire demeure, sur une coulée de lave produite par l'éruption de 1730-1736.

   En 1970, lors d'une excursion à Tahiche, il découvre un figuier dont l'extrémité verte pointe d'une coulée de lave noire figée. Il décide alors de construire sa maison à cet endroit. Les propriétaires de cette terre ne veulent pas êtres payés car ils estiment qu'elle est sans valeur, et ils proposent même à César Manrique de prendre tout le terrain dont il a besoin. L'artiste y bâti sa maison sur deux  niveaux et intègre cinq bulles volcaniques découvertes lors de la construction, les aménageant en salon, piscine, atelier...

 

Taro_Tahiche_2.JPGUne bulle de lave aménagée en salon - meubles modernes intégrés aux pierres volcaniques

photo Wollex - Wikipedia.

 

En 1988, il quitte l'endroit pour emménager dans une maison paysanne; sa demeure deviendra un musée et le siège de sa fondation, qui a pour rôle de promouvoir et développer les activités artistiques.

 

2008-12-16_Lanzarote_FundacionCesarManrique.jpgLe jardin de la fondation et la fresque de mosaïque conçue par Manrique - photo G.Keller.

 

Sur la zone d'El Jable, une frange de terrain calcaro-siliceux d'origine marine propice aux cultures abrite un monument  de Manrique.


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  "Fécondité", hommage sculptural gigantesque aux agriculteurs de Lanzarote, situé à côté de    la Casa del Campesino  -  ©JM. Mestdagh

 

Manrique se définit lui-même en premier lieu comme peintre; On lui attribue un rôle de pionnier dans le mouvement espagnol d'art abstrait et il passe pour être un précurseur du surréalisme. Le fil rouge de son oeuvre et de sa vie est la mise en avant de la symbiose entre l'homme et la nature; il laisse la nature intacte et essaie de donner un cadre artistique à sa beauté pour en révéler sa valeur et le faire partager.

Son projet de transformer son île natale en l'un des plus beaux endroits du monde a convaincu Pepin Ramirez, un ami devenu président du gouvernement des Canaries; il prévoit de n'autoriser que des constructions traditionnelles, de renoncer aux bâtiments de plus de deux étages et de supprimer les panneaux publicitaires !

Si on pouvait s'inspirer de cette ligne directrice un peu partout !

 

Sources :

- Le jardin de cactus - Centros de arte, cultura y turismo.

- Jameos del Agua - islanzarote.com


 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Le nord de Lanzarote présente une grande variété de paysages et de structures volcaniques.

 

Au départ de Teguise, l'ancienne capitale, en direction nord, un petit crochet nous amène aux salines de Los Cocoteros.

Ces salines, coincées entre la mer et les cônes volcaniques Las Caldera et Las Calderetas, dans un environnement propice à l'évaporation (vent et température), ont leurs bassins délimités par des roches volcaniques.


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La nature volcanique des délimitations des bassins se remarque encore plus lorsqu'ils sont à sec  -  ©JM. Mestdagh


Après Arrieta, dans la zone qualifiée de Malpais de La Corona, on trouve un tunnel de lave de grande taille qui descend du volcan La Corona, avec parfois plusieurs galeries superposées; un petit tronçon a été aménagé, en 1964, par un artiste local, Jesus Soto: La Cueva de Los Verdes.

Ce tunnel date de 3.000 à 4.500 ans. Sa longueur reconnue dépasse les 6 km.; et il se poursuit sous le niveau marin sur plusieurs centaines de mètres.

Au 17° siècle, le tunnel et les grottes furent utilisés par le Guanches, les anciens habitants de l'île, pour se protéger des chasseurs d'esclaves et des pirates Berbères (d'après A.de La Hoz,un historien local).

 

Actu-4 0591                                                                                                                  ©JM. Mestdagh

 

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       L'échelle est donnée par les personnes dans le bas du tunnel  -  ©JM. Mestdagh


Deux kilomètres de galeries,  mis en valeur par les éclairages de Jesus Soto, permettent d'admirer les détails de ce tunnel de basalte : stalactites provenant de la refusion partielle de la voûte lors de la baisse de niveau du flux lavique, banquettes latérales correspondantes à des niveaux successifs d'étiage de la coulée, lorsque le débit à la source, au niveau du volcan La Corona, diminuait, surface de la coulée "lisse" en regard de la coulée à l'air libre ( Krafft)

 

Actu-4-0605.jpg                                  De superbes stalactites de lave  -  ©JM. Mestdagh


Le tunnel comporte un auditorium naturel doté d'une acoustique magnifique et d'une climatisation agréable : une température de 18-20° et un flux d'air constant. Tous les ans s'y déroule une partie du Festival de musique visuelle de Lanzarote. Il abrite aussi Le centre principal de la station géodynamique de Lanzarote.

 

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         Endroit magique ... le miroir d'eau y fait perdre le sens de l'orientation.

           Vertige de la contemplation  -  ©JM. Mestdagh

 

 

Dans le même tunnel de lave, le site de Jameos del Agua, résultant de forces différentes, volcanique et humaine ... nous l'examinerons demain en parlant de Cesar Manrique.


Tout au nord, le Mirador del Rio, construit en bordure des  falaises de Famara au 16° siècle, surplombe la mer de 479 mètres; il donne une vue imprenable sur l'île volcanique de Graciosa et ses récents cônes de scories.

 

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 L'île de Graciosa avec, à droite, le Tinasoria - 503 m. et à gauche enavant-plan, le port de Caleta del Sebo  -  ©JM. Mestdagh

 

En quittant le Mirador del Rio direction sud, nous nous dirigeons vers La Corona- 609 m.

Ce volcan se surimpose à la table basaltique de Guatifay; son cratère est égueulé et profond de 400 mètres; il a émis de multiples coulées de basalte à olivine, il y a seulement quelques siècles où elles ont formé à l'ouest une petite plate-forme gagnée sur l'océan; vers le sud-est, les coulées ont atteint la mer, à plus de six kilomètres formant le "jameos" , appellation locale du fameux tunnel de lave.

 

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     La vallée de Los Castillejos avec Maguez et le Monte Corona, côté sud  -  ©JM. Mestdagh

 

Actu-4-0796.jpg     Le volcan La Corona avec son cratère égueulé , côté ouest - ©JM. Mestdagh

 

Demain, les oeuvres de l'incontournable César Manrique.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft et de Larouzière. éd. Delachaux & Niestlé

- Cueva de los Verdes - centros de arte, cultura y turismo

- Landscapes of Lanzarote - Sunflower contryside guide.

 

 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Après avoir examiné la datation des phénomènes volcaniques, voyons la morphologie et la structure des édifices volcaniques.

 

Deux particularités volcano-tectoniques caractérisent morphologiquement l'île de Lanzarote : un dynamisme de rift linéaire et des dépressions de type caldeira.

 

1. le modèle "isla-dorsal" :

On retrouve aux Canaries des dorsales, avec une similitude de structure avec les dorsales Hawaiiennes; les différences entre les Canaries et Hawaii résident au niveau de l'échelle des phénomènes et dans les ratios qualifiant les volumes éruptifs émis et les mouvements des plaques.

Deux types de zones de rift sont remarqués aux Canaries et différenciés par leur géométrie : rift simple, linéaire à Lanzarote et La Palma, rift triple, en étoile à Ténérife et El Hierro.

La "isla-dorsal ideal" de Famara, au NE. de Lanzarote, en est une représentation type.

 

2. le modèle "isla-escudo" :

Des dépressions de type caldeiras, en arc ou en fer-à-cheval, sont associées aux zones de rift.

La géométrie des rifts complexes des Canaries, à trois branches séparées par des angles de 120°, qualifiés de "complexe Mercedes", suggère une fracturation, selon un processus de moindre effort, résultante de l'injection verticale de magma en provenance d'un point chaud .

(Carracedo & al. - 1994)

La "isla-escudo ideal" de Los Ajaches, au sud de Lanzarote, en est une représentation type.

Canary-Island-Volcanism-9.jpg 

 

Modèle schématique, basé sur le principe du point chaud, de la naissance d'un complexe "Mercedes" - rift zone de type étoile à trois branches - Carracedo & al.

Remarquez en (D) l'alignement des volcans selon les branches du rift, et entre celles-ci des dépressions générées par glissement gravitationnel.


 

Actu-4-0487.jpgI : structure originale = isla escudo / forme actuelle = vieux massif de Los Ajaches

II : structure originale = isla dorsal / forme actuelle = vieux massif de Famara.


 

Actu-4-0490.jpgCarte géologique simplifiée de Lanzarote, avec position actuelle des structures "Los Ajaches" et "Famara" , respectivement en bleu foncé et bleu roi.


Sources :

- The Canary Islands: an example of structural control on the growth of large oceanic-island volcanoes, par J.C. Carracedo
Volcanological Station of the Canary Islands, Spanish Research Council (CSIC),

Journal of Volcanology and Geothermal Research 60 ( 1994 ) 225-241.

- Lanzarote Guia del relieve , par A.R. Hansen Machin & C.J. Moreno Medina, géographes.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

Shiveluch - Rianovosti Y.Demyanchuk

                        Le Shiveluch - photo non datée de Y.Demyanchuk / KVERT.


Le Shiveluch reste toujours bien actif, avec l'émission Dimanche d'un panache montant à plus de 6.000 mètres (Russian Academy of Sciences / Rianovosti).

Malgré plus de 180 séismes détectés et l'émission de cendres et vapeur, le volcan n'est pas considéré comme dangereux pour les populations avoisinantes, mais peut causer problème au niveau trafic aérien.


Ci-dessous, un rapport du KVERT / AVO qui signale cinq volcans en code d'alerte aviation avancé: le code est orange pour les Shiveluch, Klyuchevskoy et Karymsky;

IL est jaune pour les Gorely et Bezymianny.


Suite à des problèmes internes russes, le KVERT devrait travailler jusqu'à la fin de ce mois de juin; après débute de nouveau une période d'incertitude tant pour les personnels, que pour le trafic aérien qui se verra privé de précieuses données.


Rapport du KVERT via AVO en date du 24.06.2010 :


KVERT WILL WORK TILL JUNE 30, 2010.

KVERT HAVE NOT the AGREEMENT with RUSAVIATION from JULY 01, 2010.


Kamchatkan and Northern Kuriles Volcanic Activity
KVERT INFORMATION RELEASE 31-10
June 24, 2010, 22:15 UTC (June 25, 10:15 KDT)

SUMMARY OF AVIATION COLOR CODES:

KAMCHATKA:
SHEVELUCH, KLYUCHEVSKOY and KARYMSKY: ORANGE
GORELY and BEZYMIANNY: YELLOW
TOLBACHIK PLOSKY, KORYAKSKY, AVACHINSKY, MUTNOVSKY and KIZIMEN: GREEN

 

 

Sources :

- Rianovosti - 27.06.10

- KVERT : rapport du 24.06.10

- AVO : page du jour

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

Dans la série "Parole aux lecteurs", je la cède volontiers à mon ami Jean-Michel Mestdagh et à ses photos : il revient d'une semaine passée sur une île de l'archipel "Macaronésien" des Canaries :

 

                                      LANZAROTE.

 

 Lanzarote, relativement peu connue des touristes standards, est intéressante à plus d'un titre; du volcanisme partout, des cônes de cendres et de scories, d'immenses étendues de lave, ensuite un climat désertique au relief bas, où les nuages ne s'accrochent pas au relief, enfin Lanzarote est la demeure de César Manrique, artiste, designer et fervent défenseur de l'intégrité de "son île" ... avec ses amis, il a oeuvré pour la préservation de l'environnement, pour un développement "doux" en harmonie avec le paysage et les hommes, ce qui a valu à Lanzarote d'être déclarée "Réserve mondiale de la Biosphère" par l'Unesco en 1994.   

 

Actu-4 2237 JM

              Mer bleue, sable noir, roches volcaniques ... Lanzarote  -  ©JM. Mestdagh

 

Géologie et âge des éruptions :

 

Actu-4-0476-copie.jpgIl y a 14,5 millions d'années, dans le contexte du volcanisme de point chaud, l'activité volcanique a fait surgir de la mer une île.

 

 

Actu-4 0476Un million d'années plus tard, la superposition de multiples couches de basalte a formé une île : Los Ajaches, qui subirat les effets de l'érosion.

 

 

 

 

Actu-4-0477.jpgVers 10 millions d'années, la montée des laves au travers d'une fissure orientée NNE-SSO, a construit la grande dorsale de Famara, tandis que l'érosion sculptait les structures de Los Ajaches.

 

Actu-4-0477-bis.jpgL'activité reprend sur la dorsale de Famara entre 6,5 et 5,7 Ma, tandis qu'entre l'île de Los Ajaches et Famara, un grand volcan se crée : Tias.

 

  Actu-4 0478La dorsale de Famara termine de se construire entre 3,9 et 3,8 Ma. L'érosion marine poursuit son oeuvre et une plate-forme sédimentaire basse finit par relier les deux structures.

 

 

 

Actu-4-0478-bis.jpgLes édifices volcaniques évoluent en formant des montagnes et escarpements. Aux environs de 1,6 millions d'années, l'activité éruptive se manifeste dans la zone de Teguize et de la caldeira Riscada.

Actu-4 0479

 

Vers 1 millions d'années, l'activité volcanique forme un alignement de volcans, dont les émissions agrandissent considérablement le territoire de Lanzarote.

 

Actu-4 0479 bisEnfin le relief actuel de l'île est formé par les éruptions

- du volcan de La Corona

- de Timanfaya en 1730-36 et plus modestement en 1824.

 

Schémas de J.C.Carracedo et A.Hansen

 

Sources :

- Landscape of Lanzarote - Sunflower contryside guide

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft et de Larouzière.

- Carte géologique de Lanazarote.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Le volcan Eyjafjöll est calme aujourd'hui ... c'est le moment de comparer, grâce à une aquarelle d'une part et des photos d'autre part, les similitudes entre les érutions de 1821-23 et 2010.

 

eyjafjallajokull_1822.jpg

 

Cette aquarelle est attribuée à Eric Brunn et conservée à la Librairie Royale de Copenhagen; cette peinture, de 21 cm sur 37,5, illustre l'éruption de 1822, dans une période estivale : le volcan, à la surface noircie par les cendres, présente des fissures dans les bancs de glace qui contrastent avec l'environnement noirci. Deux panaches distincts, l'un blanc, l'autre foncé, s'échappent du volcan avant de se disperser sous l'action des vents.

 

Une aqurelle de 2010 à la facture plus moderne illustre ce même phénomène :

 

vignirjohaquarell_copy.jpg

                  Références malheureusement incertaines - Vignir Joha.

 

19.04-20h30---E.B.Jonsdottir.JPG

 

Cette photo de E.B.Jonsdottir / IMO, prise le 19.04.2010 à 20 h.30, illustre bien cette dualité de panache sur fond de glacier noirci par les cendres de l'éruption. Un panache blanc de vapeur d'eau, du au phénomène éruptif phréatique se mêle au panache gris-brun, chargé en poussières volcaniques, accompagnant un épisode de type strombolien. A noter, les crevasses dans le glacier qui présentent une coupe grisée tranchant sur le surface noire... le contraste est moins fort que celui présenté sur l'aquarelle de Brunn.

 

Sources :

- Iceland Review

- Icelandic Met Office

- Institute of Earth sciences - The eruption of Eyjafjöll in 1821-23

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Une tranquille montagne située à la frontière sinno-coréenne cause des inquiétudes aux volcanologues chinois, qui ont installé, depuis 1990, un observatoire volcanologique sur le Mont Baekdu.

 

Beaktu---heaven-lake---wiki.jpg   La caldeira sommitale du Baekdu et le "lac du ciel" - document wikipedia.


L’activité sismique y est fréquente et cette année, un séisme de magnitude 6,9, à proximité du Mont Beakdu, a ému les volcanologues chinois et coréens, qui craignent une affectation de la chambre magmatique du volcan ; la topographie – le volcan subit une inflation annuelle de 3 mm - et les émissions récentes de gaz volcaniques au niveau de la caldeira posent problème.

Les autorités se concertent sur les mesures à prendre en cas d’éruption, et la concertation concerne aussi professeurs et écoliers chinois, coréens et nippons.

 

En absence d'autres sources, et devant la désinformation courante de la part de ces pays totalitaires, il convient de prendre ces informations avec les précautions d'usage.

Les informations ci-dessous sont par contre émanantes d'une source sure : le Smithsonian institute.

 

800px-Baekdu Mountain Winter - Farm wiki                   Le cratère en hiver - photo Farm/wikipedia.


Korea_paektu-san_locmap.pngAppelé Baekdu-san, en coréen, signifiant « montagne à tête blanche », et Changbai Shan, par les chinois, signifiant « montagne toujours blanche » , les volcanologues le nomment Baitoushan, Baekdu, P’aektu-san ou Bai Yun Feng.

Ce stratovolcan massif est relativement peu connu ; cette structure rhyolitique et trachitique, de 60 km. de diamètre, s’est construite sur le volcan-bouclier Changbaishan.

Une caldeira, de 5 km. de large et 850 m. de profondeur, est occupée par un lac de cratère, appelé lac Tianchi, « le lac du ciel ». D’une profondeur moyenne de 213 mètres, ce lac est couvert de glace de mi-octobre à mi-juin ; il alimente, par une cascade de 70 mètres, les rivières Songhua, Tumen et Yalu.

La présence de ce lac cause des inquiétudes : en cas d’éruption, il pourrait se vider brutalement causant des dommages et des pertes humaines, une importante population habitant les flancs du volcan.

Divers cônes de cendres satellites sont alignés sur une ligne N-NE.

Sa naissance remonte à 2.160 avant JC.

Son histoire éruptive est marquée par une grande éruption vers l’an 1.000 : de VEI =7 , elle a formé l’actuelle caldeira, dégagé 9,6.1010 m³ de tephras , certains atteignant le nord du Japon.  Des éruptions mineures ont suivi, dans le courant du 15°siècle. Sa dernière manifestation date de 1903.

 

800px-Changbai_hotspring-copie-1.JPGActivité fumerollienne et sources chaudes sur les flancs du Beakdu. Wikipedia.

 

Sources :

- Arirang - Korean's global TV - a volcanic eruption possible at Mount Baekdu

- Global volcanism Program - Changbaishan

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après avoir examiné l'alternance entre siège du pouvoir temporel et religieux au neck de Sigyria, au Sri Lanka, passons au Myanmar où le Mont Popa - "le mont des fleurs" - et le Taung Kalat se partagent le même nom, et à l'établissement en hauteur, plus près du ciel, de lieu de culte animiste puis mixte bouddhiste-animiste.


En effet ce volcan est proche d'une ancienne cheminée volcanique andésitique, haute de 737 mètres, et abritant un monastère bouddhiste.

 

Le monastère de Taung Kalat :

 

Mt_Popa---Birmanie---wiki.jpg

     Le monastère bouddhiste occupe tout le dessus du neck volcanique

                                                Document wikipedia.


Le Mont Popa est considéré comme le refuge des 37 Grands Nats (esprits) de Birmanie. De nombreux pélerins s'y rendent pour les vénérer, particulièrement au moment de la pleine lune de Nayon (Mai/Juin) et de celle de Nadaw (Novembre/Décembre). Ils y accèdent par 777 marches d'un escalier recouvert de plusieurs volées de toit.

 

Nats-du-Mont-Popa---Voyage-Birmanie.jpg     Quelques Nats du monastère Taung Kalat - photo Voyage Birmanie.


Ils sont en quelque sorte des gardiens qui veillent sur la vie des humains, dès lors que ceux ci leur procurent prières et offrandes, bref il faut se mettre les nats "dans la poche" pour éviter les mauvaises aventures. La religion des nats, animiste, précédait le bouddhisme et elle a survécu de façon quelque peu superstitieuse. De nombreux endroits accueillent des statues des nats, mais le Mont Popa, ce joli neck volcanique, est l’endroit préféré pour les prières et les offrandes et les pélerins sont nombreux et assidus.

Avant la « bouddhisation » des nats par le roi Anawrahta (†1077), des milliers d'animaux leur étaient sacrifiés durant les cérémonies. Aujourd'hui, les superstitions birmanes proscrivent de porter du noir ou du rouge sur le Mont Popa, comme de jurer et d'y apporter de la viande, particulièrement du porc, sous peine d'offenser les nats.


Le mont Popa est une oasis au milieu de l'aridité du centre de la Birmanie. Il possède plus de 200 ruisseaux, qui alimentent la riche végétation poussant sur les cendres volcaniques fertiles. La faune comporte de nombreux singes qui causent pas mal de problèmes d'entretien en ce lieu sacré : qui craint de devoir marcher déchaussé dans les excréments des macaques, agressifs de surcroît, s'abstiendra de la visite et se contentera de la vue ... du bas !

 

Le Mont Popa :

 

Cet important cône composite dépasse la plaine de plus de 1150 m.Il est composé de diverses coulées basaltiques à basalto-andésitiques, de dépôts pyroclastiques et de scories d'éruption stromboliennes superposées.

 

Mount_Popa-2-wiki.JPGLe "volcanique" Mont Popa  et le neck du Taung Kalat (à gauche)  - doc.Wagaung.

A l'avant-plan, le lit d'une rivière asséchée.


Au sommet, une caldeira en fer à cheval, large de 1,6 km. et profonde de 850 mètres, est ouverte vers le NO.

Au nord de cette brèche, des dépôts d'avalanche de débris s'étendent sur 27 km².

La dernière éruption serait datée, selon les légendes locales, de 442 avant JC.

 

Nous sommes en gros ici dans une tectonique de failles, liée au déplacement du sous-continent indien, glissant contre le bloc de la Sonde le long de la faille Sagaing


sagaing-JGRnov2003-6.jpg            La faille Sagaing - mesures GPS déplacement de 32 mm/an N-NE.

                   Doc. C.Vigny & al - Journal of geophysical research.

 

sagaing-JGRnov2003-3.jpg

Cette propension à placer les lieux de culte en hauteur se rencontre dans diverses civilisations et sur divers continents ... besoin d'élévation, de surnaturel.

D'autres exemples, dès la semaine prochaine ...

 

 

Sources :

- Global volcanism Program - Popa

- Journal of geophysical research - Present-day crustal deformation around Sagaing fault, Myanmar
Christophe Vigny,1 Anne Socquet,1 Claude Rangin,1 Nicolas Chamot-Rooke,1
Manuel Pubellier,1 Marie-Noe¨lle Bouin,2 Guillaume Bertrand,1,3 and M. Becker4

- Birmanie - Bouddhisme et culte des esprits.

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Un séisme de magnitude 5,5 -profondeur : 15,7 km.- a ébranlé une région proche d'Ottawa au Canada, à 17 h.41 UTC.

Il a été ressenti à Toronto, Boston, Cleveland et Chicago.

 

neic_xwa7_s.jpg                  Les séismes dans la région durant les vingt dernières années - Doc. USGS

 

                   

Magnitude 5.5
Date-Time
Location 45.866°N, 75.457°W
Depth 15.7 km (9.8 miles) set by location program
Region ONTARIO-QUEBEC BORDER REGION, CANADA
Distances
  • 39 km (24 miles) N (356°) from Cumberland, Ontario, Canada
  • 45 km (28 miles) NNE (21°) from Gatineau, Qu�bec, Canada
  • 52 km (32 miles) NNE (26°) from Hull, Qu�bec, Canada
  • 53 km (33 miles) NNE (21°) from OTTAWA, Ontario, Canada
Location Uncertainty horizontal +/- 2.3 km (1.4 miles); depth fixed by location program
Parameters NST=283, Nph=283, Dmin=149 km, Rmss=0.91 sec, Gp= 25°,
M-type=body wave magnitude (Mb), Version=7
Source
  • USGS NEIC (WDCS-D)

 

Pourquoi un séisme dans cette région ?

 

Il y a 175 millions d'années, le graben "Ottawa-Bonnechere" s'est formé lors de l'effondrement entre deux zones de failles majeures: faille Mattawa et faille Petawawa.

Ces anciennes failles sont réactivées occasionnellement aujourd'hui, lors du relachement du stress sous forme de séismes.


 

Rifting-Ottawa-Bonnechere-graben-copie.jpg

 Le rifting Ottawa-Bonnechere et les failles majeures. -doc. Natural Resources Canada.

 

Par une évaluation historique des séismes de la région et l'étude de la géologie locale, les sismologues ont pu établir des cartes d'intensité des mouvements du sol; ces cartes sont utiles pour définir les normes sismiques de construction.

 

earthquake

                                                  Doc. Natural Resources Canada.

 

Les séismes importants dans la zone datent de :

- 1935 : Tenniskaming, au NO. d'Ottawa - magnitude 6,2

- 1944 : Cornwall, à l'est d'Ottawa - magnitude 5,6.

 

 

Sources :

- Natural Resources Canada

- Ottawa earthquake activity -  Why Ottawa ?

- USGS Earthquake Hazards Program

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