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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

3405kar2.jpg

Le Karangetang vu de la mer : on peut observer les multiples pics sommitaux et de jeunes coulées de lave non végétalisées - en 2007, le cône distal était fumant - photo M.Tolosa / GVP.

 

Vendredi 5 août, une petite éruption, qui n'avait pu être prévue par manques de signes par les volcanologues, a cependant provoqué de nombreux dégats et des pertes humaines.

Quatre personnes, vivant à proximité du volcan, sont portées disparues et considérées comme mortes; cinq autres ont été blessées, dont une sérieusement.

Seize familles, soit un total de 65 individus, ont été évacuées.

Une maison a été détruite, de nombreuses autres batiments, dont une église endommagés. Un pont a subit des dommages, isolant six villages, soit 20.000 résidents.

Les communications sont interrompues avec la région; des secours ont été envoyés sur zone.

 

Karangetang.jpg

 

Topographic map and N-S profiles of Karangetang showing the five summit craters. Craters I (KI) and II (KII) are currently active. The topographic base map is from 1962; roughly N-S profiles are from 1992 (top) and July 2001 (bottom), showing the changes caused by dome growth. Courtesy of CVGHM./ GVP.

 

Le Karangetang est un stratovolcan situé à la pointe nord del'île de Siau, au nord de Sulawesi. Ce volcan, élevé de 1.784 m.,comporte cinq cratères sommitaux alignés sur une ligne N-S.

Son activité dans le courant du 20°siècle inclue des explosions, accompagnées de coulées pyroclastiques et lahars. Un dôme de lave est présent dans la structure.

En 2009, des coulées de lave et pyroclastiques ont été rapportées.

 

Karangetang-2009---act.strombolienne-Th.Boeckel.jpgFaible activité strombolienne remarquée par Thorsten Boeckel en juin 2009.

Lien vers son site et d'autres photos de son passage au Karangetang - 8 au 11.06.2009

 

Update : Associeted Press signale au sujet du volcan que "De la lave, des cendres et un nuage de gaz brûlants ont dévalé la pente ouest du volcan".

Comme le signale le Dr Klemetti, il semble qu'il y ait eu un effondrement partiel du dôme, probablement aidé par les fortes pluies, ce qui a causé une coulée mixte de blocs incandescents et cendres ... ce qui n'était pas prévisible par la surveillance sismique du volcan.

 

Sources :

- CNN Jakarta - 06.08.2010

- Global Volcanism Program - Karangetang

- Photos de Thorsten Boeckel - site "FromEtna to Stromboli"

  Voyage 2009 en Indonésie

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

arc-eolien-sicile.jpg                 L'arc volcanique Eolien et le bassin de Marsili - doc.îles Eoliennes / Sicile.net


L'arc volcanique Eolien émergé est complété de part et d'autre par des volcans sous-marins (volcanic seamount), dont l'Eolo, l'Enarete, le Sisifo, la Glauco, le Lamethini, l'Alcione, le Glabro et le Palinuro.


Cet arc volcanique enserre un bassin d'arrière-arc : le bassin du Marsili.

 

Formation schématique d'un bassin d'arrière-arc:

 

Tectonique-et-volcanisme-32.jpg

1° étape: subduction et formation d'un arc volcanique : voir détails dans l'article sur la tectonique des îles Eoliennes - lien Les Eoliennes - situations géographique et tectonique.

 

2° étape : formation du bassin d'arrière-arc :

A cause de la subduction, les courants de convection dans le manteau terrestre sont bloqués par la croûte plongeante, en subduction. La chaleur s'accumule sous la plaque surmontante, jusqu'à se que s'initie un nouveau courant de convection qui va étirer la croûte - phénomène d'accrétion -  et provoquer la formation d'une croûte océanique et du bassin d'arrière-arc.

Effet cumulatif : si la pente de la plaque en subduction augmente, cela entraîne un effet de succion sur l'autre plaque, qui sera ainsi étirée.

 

Pour le bassin du Marsili, cette situation a été corroborée par des profils de réfraction sismique. La distribution des vitesses des ondes P avec la profondeur déduite des sismogrammes synthétiques est sur la plupart des profils comparable à celle que l'on trouve pour les zones océaniques, plus particulièrement dans les zones d'expansion telles que la dorsale Atlantique, la dorsale est-indienne, la ride de Reykjanes, etc.: augmentation progressive de la vitesse avec la profondeur, inversions de vitesse dans la croûte, profondeur du Moho voisine de 10–11 km, faible vitesse des ondes Pn, 7,73 km s−1, attribuée à l'existence d'un manteau anormal. Ces données sont en accord avec l'hypothèse d'une accrétion récente sous le bassin central de la Mer Tyrrhénienne. Sur une coupe au niveau de la latitude 40°N entre la marge sarde et le pied de la marge apenninique, la profondeur du Moho passe rapidement de 27 km à 11 km sous la partie centrale du bassin.

 

Le bassin du Marsili :
Il s'est développé dans les deux derniers millions d'années et présente toutes les caractéristiques d'un bassin d'arrière-arc en expansion, avec de hautes valeurs de flux calorifique et de basses valeurs au niveau des isobathes du Moho.
La partie centrale de ce jeune bassin est occupée par le volcan sous-marin Marsili, découvert dans les années 1920; cette énorme formation, de 65 km. sur 40, allongée NNE-SSO., a un volume de 1.400 km³; elle s'élève à 3.000 mètres au dessus du plancher marin et son sommet n'est qu'à 500 mètres sous la surface. Tout ceci en fait un des plus grand volcan européen sous-marin daté du Plio-Pleistocène; son étude permettra de comprendre les mécanismes régissant la formation de la lithosphère et la dynamique de la mer Tyrrhénienne.

Marsili---earthweek.jpg                                Reconstitution sonar du volcan Marsili - doc. Earthweek.


Actuellement, on débat sur l'état d'activité du Marsili : en mars dernier, une interview du Dr Enzo Boschi, directeur de l'INGV,  auprès du Corriere della Sera, courrait sur le web au sujet du danger que ferait peser le volcan sous-marin Marsili : le Dr Boschi y faisait remarquer que le volcan Marsili est actif et qu'il existe un danger potentiel qu'une éruption, associée éventuellement à un collapsus généralisé, puisse générer un tsunami touchant l'Italie du sud. - lien vers cet article.
En 2003, l'INGV - Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia - a largué l'observatoire Geostar (GEophysical and Oceanographic STation for Abyssal Research) à 3300 mètres de profondeur dans la mer Tyrrhénienne au large du volcan Marsili. Pendant 17 mois, ce labo permanent et autonome a transmis des mesures sismiques, géophysiques et océanographiques.
Des cônes satellites d'origine récente ont été détectés.


 

 

Sources :

- Amincissement de la croûte et accrétion au centre du bassin Tyrrhénien d'apres la réfraction sismique- par Maurice Recq, J-P. Rehault, L.Steimetz et A.Fabri.

- Multiparametric seafloor exploration: the Marsili Basin and Volcanic Seamount case (Tyrrhenian Sea, Italy) - par L.Beranzoli (INGV) & al.

- Submarine hydrothermal activity on the aeolian arc - lien    

- The new broad band OBS/H of the INGV - http://legacy.ingv.it/primopiano/OBS_H_eng/OBS_H_eng.html


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Vivre à Stromboli au début du 20° siècle n'était pas aisé: pas d'électricité, de l'eau collectée dans des citernes. Pas facile non plus d'élever sa famille, avec une économie basée sur une pêche artisanale et aléatoire : elle se pratiquait en barque, à la rame, et était fort dépendante des conditions de mer et de la saison. Thon, espadon , poulpes étaient destinés à être revendus en Sicile. En complément, un peu d'agriculture et de petit élevage : quelques pieds de vigne et d'oliviers, deux, trois chèvres.

 

rowing_hard--200dpi.jpgRamer se faisait "debout" à l'époque - photo archives 1952-53 sur le site de Stromboli on line, avec l'aimable autorisation de Marco Fulle


En 1900, Stromboli comptait 3.000 âmes ...50 ans plus tard, ils étaient moins de 600 habitants.

Les conditions de vie se sont détériorées suite aux problèmes économiques dus à l'unification italienne, la répétition des éruptions et des tremblements de terre et enfin au mildiou, qui dans les années trente détruisit la majorité des vignes.

Beaucoup de familles ont considéré, devant ces difficultés , l'immigration comme seule "planche de salut". Destination l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, l'Argentine ... ou l'Italie toute proche.

 

affiche-italienne-du-film.jpg                   L'affiche italienne du film "Stromboli" - document Bernard Philippe.


L'île sera mise en lumière par le film de Roberto Rossellini : "Stromboli, terra di Dio".

Tourné sur place en 1949, avec comme vedettes Ingrid Bergman et Mario Vitale, ce film doit une partie de sa popularité à une éruption du volcan durant le tournage... et aussi à l'idylle entre l'actrice vedette et le réalisateur. Ce film dépeint bien les conditions de vie sur l'île de Stromboli au début des années 50.

L'histoire du film a été évoquée sur ce blog dans la rubrique "L'art sur les chemins du feu".

 

-ruption-durant-le-tournage-du-film.jpgLes images de l'évacuation en barque de lîle pendant le tournage, suite à une éruption, contribua au succès du film - Document Bernard Philippe.

 

Le succès du film lança le tourisme. Le flux touristique, qui constitue actuellement la principale ressource économique de l'île du Stromboli, fut jusqu'à la fin des années 1970, surtout représenté par des personnes à la recherche d'un environnement particulier, encore naturel et intègre, bien que privé des commodités. Dans les décennies suivantes, le manque de confort a commencé à se réduire et le tourisme a beaucoup augmenté, même s'il est globalement resté limité à la saison estivale. L'île est recherchée par ceux qui désirent la tranquillité , et sera avec Panarea la destination des V.I.P. durant quelques temps.

Les films de Tazieff et de Holzer contribuèrent à populariser le volcan et à développer des activités qui y sont liées, et qui amènent sur l'île des visiteurs qui se comptent chaque année par milliers ... l'été, l'île compte de 3 à 5.000 personnes, pour 500 résidents à demeure.

 

Ces résidents et des immigrants qui reviennent en visite sont attachés à l'île et à son volcan, qu'ils appellent "Idu" - "Lui" en sicilien - ... personnification du volcan avec qui ils vivent selon ses humeurs.

 

P1000123-copie.jpg  Maisons blanches à toit plat, plage de sable noir, et le volcan omniprésent... Stromboli.

 

                                                     © Frédéric & Carole Hardy


De nos jours le principal village habité, Stromboli, au nord-est de l'île, est formé par les quartiers de San Vincenzo (anciennement bourg des agriculteurs), Scari, San Bartolo, Ficogrande (anciennement bourg des armateurs) et Piscità près de la plage.

Au sud-ouest, il y a le village Ginostra seulement rejoingnable par un difficile sentier depuis le sommet, ou par la mer ; l'hiver il n'y réside qu'une dizaine d'habitants. Ginostra s'enorgueillit du titre de porto piu piccolo d'Italia (plus petit port d'Italie), les bateaux de ligne réalisent à chaque voyage un exploit pour y accoster et les marchandises étaient encore récemment transportées à terre à dos d'âne.

 

big_ginostra-IMG_0127.JPG          Ginostra et son minuscule port, rempli avec 2-3 barques - photo sunsicily.com


Sources :

- Le blog de Bernard Philippe sur le film "Stromboli".

      http://stromboli-film.skyrock.com 
- Des photos d'archives, sur "Stromboli on line" confirment les dures conditions de vie de l'époque ... pas d'aliscaphe pour rejoindre l'île, mais une barque et des rames maniés par des costaux aux visages burinés !

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Quel est le moteur de cette activité permanente au Stromboli depuis des milliers d'années ?

 

L'hypothèse communément admise est bien résumée par Maurice Krafft : Cette activité strombolienne est principalement régie par la décompression des gaz magmatiques.


modele_explosions.jpgRésumé schématique : dans le réservoir magmatique superficiel (*) les gaz se libèrent du magma et forment de petites bulles qui poursuivent leur ascension d'abord dans le réservoir, ensuite dans la cheminée du volcan. Leur vitesse de montée est d'autant plus grande que leur volume est important. Les bulles les plus volumineuses rattrapent les autres et les incorporent.

Finalement, le conduit éruptif est occupé par une énorme bulle - ou par un train de bulles - dont le volume augmente sans cesse du fait de la décompression.

Les explosions sont dues à la libération violente des gaz arrivés à proximité du cratère, avec expulsion de la colonne de magma située au dessus. La brusque décompression ainsi provoquée est répercutée au niveau du réservoir... immédiatement de nouvelles bulles de gaz se forment, et le processus se répète.

 

stromboli_e3036---11.2006-T.P-jpgStromboli - activité strombolienne en novembre 2006, avec l'aimable autorisation de Tom Pfeiffer - un clic sur l'image vous emmène sur son site.

 

(*) :

Les signaux sismiques et acoustiques suggéraient, jusqu'à 2000-2002, une faible profondeur des explosions (~250 m sous le cratère), implicitement admise comme la profondeur de coalescence et formation des poches de gaz. Une équipe franco-italienne à révélé que contrairement aux indications géophysiques, les poches de gaz responsables des explosions ne peuvent avoir une origine superficielle. Leur composition indique un équilibre avec le magma à des pressions atteignant 70 à 80 MPa pour les explosions les plus fortes et 20 MPa pour les explosions les plus faibles. Pour conserver cette composition, il faut donc que ces poches de gaz remontent séparément du magma depuis des profondeurs comprises entre 2,7 et 0,8 km sous le cratère, c'est-à-dire entre la base de l'édifice volcanique et le niveau de la mer. Les résultats ne permettent pas encore de discriminer précisément si les poches de gaz se forment à partir d'une mousse de bulles accumulées à une discontinuité des conduits, ou par coalescence dynamique de bulles de tailles différentes, comme l'ont proposé des études antérieures. Cependant, ils démontrent que les explosions du Stromboli ont des racines dix fois plus profondes que ce que l'on croyait jusqu'alors et que la faible profondeur (250 m) des signaux géophysiques associés reflète très probablement une discontinuité permanente des conduits superficiels où se produit une forte accélération de la vitesse d'ascension des proches de gaz.

 

Actu-5-5221-ThB.jpgStromboli - cratère dégazant sous une pluie de projectiles en provenance d'un cratère voisin en éruption strombolienne - "Volcano Picture Of the Week" - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel.

 

Cette hypothèse a été récemment réfutée par Jenny Suckale, étudiante au M.I.T.  - Massachusetts Institute of technology - et ses promoteurs.

Selon eux, ces bulles géantes sont incompatibles avec la théorie de la dynamique des fluides; la magma n'aurait pas une tension superficielle ou une viscosité suffisante pour maintenir ces bulles à une une taille supérieure à 12 cm.

Ils proposent une nouvelle approche : les éruptions seraient causées par un bouchon spongieux localisé dans le conduit d'alimentation, jouant le rôle du bouchon pour une bouteille de champagne; ce bouchon se briserait régulièrement sous la pression créée par d'innombrables bulles.

Pour valider cette hypothèse, le département mathématique du Mit a développé un modèle informatique de la mixture interne du volcan : magma, gaz, bulles et leur comportement, et fait varier les paramètres.

Les bulles ne seraient viables que si elles sont petites, quelques centimètres, et accumulées sous un bouchon spongieux. La pression ferait se fracturer celui-ci avec expulsion d'un mélange "liquide, gaz, solide" dans les airs ... ce qui pourrait expliquer pourquoi les roches du Stromboli contiennent beaucoup de petits cristaux.

 

Mais ceci n'est qu'un premier pas dans l'explication d'un système complexe, relativement peu étudié jusqu'à présent. Il faut encore comprendre le rôle que pourrait avoir les cristaux sur le comportement des bulles.

 

La décompression des gaz magmatique reste l'élément de base, les modalités de celle-ci doivent encore être affinées.

 

Demain, "Le Stromboli et des hommes".

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- L'origine des explosions rythmiques du Stromboli - Futura-Sciences 2007 - lien

- MIT media relations - MIT scientists theorize why volcano erupts - 2010

“It takes three to tango: Simulating buoyancy-driven flow in the presence of large viscosity contrasts,” by Jenny Suckale, The Journal of Geophysical Research, 20 July 2010; “It takes three to tango: Bubble dynamics in basaltic volcanoes and ramifications for modeling normal Strombolian activity”, by Jenny Suckale, Bradford H. Hager, and Linda T. Elkins-Tanton, The Journal of Geophysical Research, 20 July 2010.

- Decadevolcano - Stromboli - photos de Tom Pfeiffer

- VPOW - Volcano picture of the week.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Stromboli a marqué la volcanologie en donnant son nom à une catégorie d'activité explosive : l'activité strombolienne.

 

Elle consiste en l'éjection de lambeaux de lave et de cendres, lapilli, bombes, sortant alternativement des bouches situées dans le cratère, 200 mètres en contrebas de La Cima. Des explosions se succèdent à intervalle moyen de 10 minutes expulsant les matériaux à des centaines de mètres de hauteur; la plupart des scories retombent autour des bouches, mais une partie dévale les pentes de la Sciara del Fuoco jusqu'à la mer.

Cette agitation est accompagnée du bruit des explosions, du bruit sourd des cognements de la lave contre les parois, le sifflement des gaz expulsés, et les hurlements du vent, parfois d'une secousse, plus perceptible si on s'allonge sur le sol.

 

11.2006-TBoeckel.jpg                   Stromboli -  six (à sept) bouches éruptives actives en novembre 2006.

       Merci pour cette superbe photo à Thorsten Boeckel ; un clic sur celle-ci vous relie à

       son site - références en "Sources".

 

P1000308

             Une bouche modérément active, les autres émettant des fumerolles

                                                            - © Frédéric & Carole Hardy 2009

 

L'habituel point d'observation du Pizzo et le chemin d'accès sont "ordinairement" à l'abri des retombées; celles-ci sont occasionnellement remarquées dans une aire beaucoup plus grande avec des retombées jusque sur les villages, et occasionnant la "fermeture du volcan".

 

Cette activité strombolienne explosive est parfois relayée d'éruptions beaucoup plus fortes, avec des coulées pyroclastiques. Ces épisodes de paroxysme sont suivie de périodes d'émissions effusives, avec des coulées de lave atteignant le niveau de la mer .

Ce type de dynamisme éruptif est naturellement à l'origine de l'édification de ce type de stratovolcan, formé par une accumulation de matériaux pyroclastiques - cendres, lapilli, scories, bombes - en alternance avec des coulées de lave. Les activités effusives (volcanisme avec faible dégazage) et explosives (volcanisme à dégazage plus ou moins important) sont ainsi le plus souvent séparées dans le temps, les premières suivant les secondes.

 

03.2007-delta-Sciarra---TBoeckel.jpgStromboli - activité effusive avec coulées de lave atteignant la mer, par la Sciara del Fuoco, et y formant un petit delta - 03.2007 - avec l'aimable autorisation de Th.Boeckel .

 

Stromboli_20030405SC_400.jpg

Eruption de type "vulcanien" - photo du Dr.Sonia Calvari / INGV - 05.04.2003.  Ce type d'activité est particulièrement dangereux pour les habitants comme pour les visiteurs.

 

Le paroxysme du 11 septembre 1930 :

Une période éruptive nouvelle débute en février par une forte explosivité et une coulée de lave descendant la Sciarra del Fuoco; Le 11 septembre, à 8 h.10, le cratère explose libérant un panache de cendres; à 9 h.52, le paroxysme débute avec deux violentes explosions, produisant une nuée éruptive de 2.500 mètres et un panache en "parasol".

Des blocs de 3 tonnes sont expulsés à 3 km. et tombent sur des maisons; des scories incandescentes pleuvent durant 40 minutes et une coulée pyroclastique dévale vers la mer, empruntant le vallon de Vallonazzo et tuant 4 personnes; des coulées de lave descendent la Sciara del Fuoco ... 75.000m³ sont émis en 15 minutes.

Tout l'ouest et le nord de l'île ont été touché.

 

De rares tsunamis liés au volcanisme sont étroitement associés aux périodes d'activité violente du volcan. En 1930, 1944 et 1954, ils ont été associés au paroxysme, à des glissements de terrain au niveau de la Sciara del fuoco, ou à des coulées pyroclastiques.


En 2002, une éruption effusive débute le 28 décembre; on remarque 3 coulées de lave sur la Sciara atteignant la mer  et qui ne sont plus alimentées le 29.12.

Le 30.12.2002,une petite coulée se reforme et subitement, à 13 h.15  et 13 h.22, surviennent deux glissements de terrains, l'un de 600.000 m³, l'autre de 5 millions de m. L'entrée de ces masses en mer cause deux tsunamis dont les vagues atteignent tant Ginostra au SO. que Stromboli au NE. causant de sérieux dommages aux habitations et aux bateaux et blessant quelques personnes.

Le rapport de l'INGV mentionne : "le 28.12, la hauteur des éjectats au cratère NE atteint les 200 m. et le faciès des explosions suggère la présence du magma à une hauteur proche du bord du cratère. Le climax de l'activité est atteint à 18 h.30 avec une forte explosion, causant des chutes de cendres sur le village de Stromboli, et accompagné par l'ouverture d'une fissure éruptive NE.-SO. une coulée de lave sort à la base de la fissure et se divise en trois branches sur la Sciara del Fuoco. les coulées de lave atteignent la mer, distante de 1 km, en 30 minutes. elles sont larges de 300 m. au niveau de la mer, mais plus étroites le long de la pente."

 

Demain : Qu'est-ce qui anime ces éruptions stromboliennes ?

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- Le volcan Stromboli - Alain Melchior, géologue et webmaster du site Lave-Belgique.

- Global Volcanism Program - Stromboli.

- INGV Catania - Stromboli, isole Eolie.

- Stromboli par Thorsten Boeckel

  2006 - 2007 - 2009  

- Stromboli on line - Stromboli 2000-2010

- Decadevolcano - Stromboli - photos de Tom Pfeiffer

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Place au Stromboli, un des deux volcans Européens les plus actifs, avec l'Etna.

 

stromboli_b-edmayer_01-copie.jpg                Une des meilleures photo aérienne du Stromboli - par B.Edmayer

On remarque le Vancori, point culminant de l'île, et les zones habitées du NE.; les cratères se devinent à droite de la photo, grâce aux fumées émises.


L'île présente un aspect conique typique des stratovolcans, ce qui lui a valu sa dénomination grecque de "strongyle", ce qui signifie "toupie". Sa particularité réside dans ses éruptions régulières (à raison de plusieurs par heure) visibles de fort loin, de nuit, d'où son surnom de « phare de la méditerranée ». Outre la randonnée nocturne au sommet , il est également possible d'observer, depuis la mer, la chute des projections incandescentes le long d'une sorte de toboggan naturel, la Sciara del fuoco (allée du feu) situé sur la face nord-ouest de l'île.

 

Dengler-St---SW-Stromboli-2004.jpg

                      Stromboli, cône parfait vu SO. - photo St Dengler 2004.

 

Topographie et aperçu géologique :

L'île culmine à Vancori - 924 mètres -, mais se prolonge de 2.200 mètres sous le niveau de la mer ... c'est donc un grand stratovolcan qui pourrait rivaliser en taille avec l'Etna, si la mer Tyrrhénienne n'en dissimulait pas les deux-tiers.

La surface de l'île couvre 12 km².

Une photo aérienne, réalisée par le scanner WAOSS, découvre les principaux traits morphologiques du volcan et les zones habitées : le village de Stromboli au NE., et Ginostra au SO.

 

07.96---Martin-scheele---scanner-WAOSS.jpg                      Photo-scanner prise en juillet 1996 - Martin Scheele / GVP.

 

Trois domaines principaux caractérisent la géologie de Stromboli:

1. la partie sud et sud-est est composée des formations volcaniques les plus anciennes, constituées de 3 stratovolcans successifs : les Paléostromboli I, II et III. Les reliefs tuffo-volcaniques du stratovolcan Vancori (924 m.) , ouvert en demi-cercle vers le NE. reposent sur les formations précédentes.

2. Cinq cent mètres au nord du Vancori, le sommet de la Cima (918 m.), séparé du précédent par une dépression profonde d'une centaine de mètres, est le témoin d'un deuxième stratovolcan installé dans l'effondrement du Vancori.

3. A trois cent mètres au NO. de la Cima et 200 mètres en contrebas, se nichent les bouches actives du Stromboli.

Le nombre, la dimension et l'activité des bouches éruptives, localisées sur un replat, varient sans cesse au cours du temps.

 

1994---Andy-Harris.pngStromboli-crateres-05.2001.png

 

 

Les cartes de Andy Harris / in GVP illustrent les changements observés entre 1994 et 2001.

 

 

 

 

Le replat se termine de façon abrupte au NO. par la Sciara del fuoco, qui plonge à 35-38° vers la mer, principale voie empruntée par les coulées et débris du volcan. Le "chemin du feu" s'est formé dans la zone effondrée il y a moins de 5.000 ans , correspondant au Vancori, limitée au nord-est et au sud-ouest par des falaises, Filo del Fuoco et Fili di Barona, qui exhibent une alternance de tufs et coulées recoupées de nombreux dykes.

 

P1000292.JPGStromboli - Les bouches éruptives dominent la Sciara del Fuoco enserrée entre deux falaises, qui paraissent, selon l'angle de prise de vue, assez proches... mais qui sont distantes de 500 à 1.100 m, respectivement au niveau des bouches et de la mer.

-   © Frédéric & Carole Hardy  

 

Au nord-est de Stromboli, se dresse une ancienne cheminée volcanique culminant à 43 m. : le neck du  Strombolicchio, examiné dans un autre article.

 

Stromboli-failles.jpgL'appareil volcanique du Stromboli est probablement situé à l'intersection de deux failles, l'une direction SO.-NE., passant par Panarea et Lipari, l'autre de direction E-O.

 

Document d'A.Tibaldi - A new geological map of Stromboli ... / Stratigraphy and geology of volcanic areas - The geological society of America.

 

L'activité sismique de Stromboli est intense et se traduit par des microséismes liés aux explosions du cratère et aux mouvements du magma dans les conduits volcaniques.

 

Evolution géologique de Stromboli :

- Activité datée de 200.000 ans du Strombolicchio; sa lave est de composition andésito-basaltique. A cette époque, l'île du Stromboli n'existait pas encore.


- Il y a 160.000 ans, le Stromboli émerge des flots, dans la partie SE. de l"actuelle île, tandis que le Strombolicchio est en voie d'érosion... et va continuer à "disparaitre" durant la "croissance" du Stromboli.

- Le Paléo-Stromboli :

  * Paléo-Stromboli I & II : 158.000 à 56.800 ans +/- 9.100 ans

     des coulées de laves et des dépôts pyroclastiques édifient

     un stratovolcan.

  * Paléo-Stromboli III : 37.000 ans +/- 6.000 ans.

     le centre d'activité se déplace au NO., avec édification d'un

     cône s'élevant à 700 m. au dessus du niveau de la mer.

- Le complexe de Scari et le volcan Vancori :

  Le complexe de Scari est visible à Scari et au sud-ouest, dans

  une séquence formée de bombes et dépôts pyroclastiques et

  de lahars, datés de 36.600 ans.

  Volcan Vancori : des laves et pyroclastites shoshonitiques,

  âgées de 28.000 à 15.000 ans, sont empilées au dessus des

  dépôts du complexe de Scari. Cette période se termine par

  l'effondrement des parties ouest et nord-ouest du volcan.

- Néo-Stromboli : 15.800 à 7.600 ans.

  Des coulées basaltiques reconstruisent les parties effondrées

  du Vancori à partir d'un centre éruptif, localisé au

  centre-nord de l'actuelle crête de Vancori.

  Des centres éruptifs secondaires sont responsables de la

  formation du "Timpone delFuoco", un petit cône-bouclier

  localisé près de Ginostra et de coulées de laves au N. de l'île.

- Le volcan actuel et la Sciarra del Fuoco :

  Entre 10.000 et 5.000 ans, le flanc nord-ouest du Stromboli

  s'effondre à nouveau.

  Les dépôts émis à cette époque sont visibles au fond de

  la mer, au NO. de l'île, jusqu'à une profondeur de 2.000

  mètres.

  Le glissement de terrain laisse une dépression en fer-

  à-cheval, dans le secteur sommital, puis le cratère actuel

  apparait en contrebas de La Cima.

  Ce cratère est en activité quasi permanente depuis au moins

  2.500 ans et émet des produits trachybasaltiques.

 

Des schémas clairs illustrant cette littérature sont disponibles sur le site de "Stromboli on line" - évolution géologique.

 

Actu-5-0521-copie.jpg  Document in "Guide des volcans d'Europe et des Canaries" - M.Krafft et de Larouzière.

 

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- Le volcan Stromboli - Alain Melchior, géologue et webmaster du site Lave-Belgique.

- Global Volcanism Program - Stromboli.

- INGV Catania - Stromboli, isole Eolie.

- Stromboli on line - schéma sur l'évolution géologique du volcan Stromboli.

- Neck, pouvoir et religions : le Strombolicchio et les légendes - sur ce blog - lien

 


 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Un intermède artistique en ce dimanche, avant d'attaquer le phare de la Méditerranée, le Stromboli.


 Vulcano---Hermitage---JP.Houel-copie-1.jpg

          "Vue intérieure du cratère de Volcanello"  -  Houel, Jean-Pierre-Laurent.

 

Malgré son intitulé, cette gouache représente bien le cratère de La Fossa à Vulcano, avec en fond, comme on peut encore le voir de nos jours, les îles de Filicudi, de Salina avec ses volcans jumeaux, de Lipari, les Faraglioni et Vulcanello, inhabité et dénudé à cette époque.

D'une précision presque photographique, et datant d'avant son invention, elle dévoile le cratère, profond et présentant de nombreuses fumerolles, ainsi que les parois de La Fossa, ravinées et parsemées de bombes.

A titre de comparaison, la photo ci-dessous prise en 2009.

 

P1000554 CHB

                                                                                         © Frédéric & Carole Hardy


Cette oeuvre, gouache et crayon, de 30,8 cm sur 45, date de 1770.

Elle fait partie d'une série de dessins préparatoires à une édition constituée de gravures s'appelant " Voyage pittoresque des îles de Sicile, Malte et Lipari, où l'on traite des Antiquités qui s'y trouvent encore; des principaux phénomènes que la nature y offre; du costume des habitants, et de quelques usages".

 

Une autre gouache, du même peintre, nous dévoile Vulcano vu de l'île voisine de Lipari, avec cet aspect "grand angle" souvent adopté par les pratiquants de la technique du croquis. Cette gouache, retouchée au pinceau, mesure 29,5 cm sur 42,5. et est datée entre 1776 et 1779.

Ces deux oeuvres sont conservées au Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg.

 

Vulcano-from-Lipari---Hermitage---JP.Houel.jpg                 "Vue de l'île de Vulcano depuis l'île de Lipari"  -  Houel, Jean-Pierre-Laurent.

 

Une photo, un peu reserrée mais qui ne manque pas de piquant, de la falaise à gauche et de Vulcano, permet de faire ressortir les talents de paysagiste de Houël.

 

Vulcano-vu-de-lipari3-CHB.JPG

                                                                                 © Frédéric & Carole Hardy

 


Jean-Pierre Louis Laurent Houël est un graveur, dessinateur et peintre français né le 28 juin 1735 à Rouen et mort le 14 novembre 1813 à Paris. Né dans une famille d’artisans prospères, Houël fit connaître de bonne heure son goût pour l’art du dessin, dont il commença l’étude à l’âge de quinze ans à l’école des Beaux-Arts de Rouen, sous la direction de Jean-Baptiste Descamps. Il y acquit une familiarité avec les œuvres des peintres néerlandais et flamands qui fut déterminante sur le choix qu’il fit de se spécialiser dans la peinture de paysages. Placé ensuite chez un habile architecte, il y étudia la perspective ; puis, toujours poussé vers son art de prédilection, il alla à Paris, où il entra dans l’atelier de Le Bas, le fondateur de la belle gravure à l’eau-forte. Devenu l’un des meilleurs élèves de ce maître, Houël, encouragé par un amateur des plus distingués, M. Dazincourt, reçut des leçons de Casanova et se livra à l’exercice de la peinture sans néanmoins négliger la gravure ; puis, mettant à exécution le projet, qu’il avait formé depuis longtemps, d’aller se perfectionner en Italie, il obtint une pension du roi et partit pour Rome.

Plus tard, animé du désir de visiter l’Italie une seconde fois, il partit de nouveau et parcourut le royaume de Naples, la Sicile, les îles de Malte et Lipari en 1776. Ce fut dans ce voyage qu’il amassa les matériaux de son grand ouvrage pittoresque, ouvrage dont, à son retour en France, il grava, d’après ses propres dessins, cent soixante-quatre planches à l’aquatinte et rédigea le texte explicatif, qu’il publia de 1782 à 1787 (4 volumes in-folio). Certaines de ses planches seront achetées par Catherine II de Russie entre 1782 et 1783, et sont conservées au musée de l’Ermitage. (Wikipedia)

 

Sources :

- Arthermitage - Jean-Pierre-Laurent Houël - lien

- The State Hermitage Museum - lien

 

Les oeuvres reproduites ici le sont à titre "personnel et non commercial"

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le complexe volcanique de Panarea - 460 km² -, pour la plus grande part submergé, est situé à mi-chemin de Lipari et Stromboli, dans la partie est des Eoliennes.

 

Panarea_panoramique---E.Brunnier.jpg         L'île de Panarea, vue de l'est - point culminant : le Punte del Corvo - doc.wikipedia


mappa_panarea.jpg

L'île de Panarea culmine à 421 m. à Punta del Corvo et git sur le côté ouest d'une plate-forme peu profonde située à moins 130 m. Elle a une surface de 3,3 km². La morphologie de Panarea est fortement asymétrique : tandis que les zones est et sud de l'île possèdent des côtes relativement plates marquées de 3 terrasses d'érosion formée à une époque où le niveau marin était plus élevé, les zones ouest et nord-ouest ont des côtes abruptes; ceci est du à une combinaison de phénomènes d'érosion, d'activité volcano-tectonique le long de faille et d'effondrement.

Au sud de Panarea, deux pics se dressent à 300 m. Ce sont des dômes de lave dacitique.

 

Panarea_Castello_Tribunale---italian-wiki.jpg  Panarea - dômes dacitiques : au centre, le Castello et à droite, le Punta del Tribunale.

   Italian wikipedia.

 

Panarea est habité en permanence par quelque 300 personnes, mais ce nombre décuple en saison touristique, auquel s'ajoutent les visiteurs journaliers ... c'est la cohue !.

 

Une série d'îlots - Dattilo, Lisca Bianca, Bottaro, Panarelli et Lisca Nera - perce la surface pour former le bord d'un cratère submergé et contenant des ruines romaines. 

Le dôme de lave submergé Secca dei Pesci et le dôme rhyolitique Basiluzzo sont situés le long d'une crête qui s'étend en direction de Stromboli.

 

Panarea-x-Capo_Milazzese-copie.jpg

Panarea - Capo Milazzese - péninsule constituée de coulées andésitiques, et abritant les restes d'un village de l'âge de bronze. - doc.wikipedia.

 

L'histoire volcanique du complexe Panarea débute il y a 200.000 ans, caractérisée par des laves calco-alcalines.


Trois grandes étapes caractérisent la formation de Panarea :

1. le Paléo-Panarea : dômes et coulées mineures de composition andésito-dacitique (Calcara, Punta Palisi, Scoglio La Nave, Punta Scritta) dans la partie nord; le dôme de Ditella appartiendrait à cette période; dans la partie sud, l'émission de laves andésitiques a été suivie par l'extrusion de deux dômes dacitiques - des épines - la Punta del Tribunale et Castello.

2. la période intermédiaire : l'extrusion de dômes de lave caractérise cette période : ils ont formé une crête orientée SE-NO et une rangée de dômes au SSO de Punta Muzza. Les laves andésitiques composant la péninsule de Capo Milazzese datent de cette période.

3. Après une période de repos, une dernière phase est responsable de la formation d'un dôme à Cardosi au NO. de l'île. L'activité explosive a déposé des scories andésitiques dans le Falcone-Punta del Corvo et des ponces dacitiques près de Castello di Salvamento.

Cette période d'activité se termine il y a 130.000 ans.


Carte relatant ces épisodes : sur le site de Boris Behncke.

 

Panarea---INGV.jpg       Zones de décoloration de Bottaro et Lisca Blanca - photo INGV 2002 / GVP. - Légende ci-dessous.

 

zones-de-decoloration-2002.jpgAprès cette phase, le foyer de l'activité volcanique s'est déplacé de l'île principale vers la mer, à l'est.

Il y a moins de 10.000 ans, un dôme de lave sort de la mer pour former l'île de Basiluzzo; cet épisode est suivi d'un effondrement et d'un affaissement qui a continué jusqu'en période historique... des ruines de l'époque romaine se trouvant actuellement sous le niveau marin en témoignent.

Une activité hydrothermale vigoureuse a marqué la plate-forme submergée, y créant des champs fumerolliens; des explosions hydrothermales sous-marines ont été enregistrées. Ces fumerolles ont augmenté leur production à partir de novembre 2002 - détails sur GVP.

En janvier 2004, des perturbations du même genre ont été attribuées à des glissements de terrain sur les pentes sous-marines de Lisca Bianca.

 

Sources :

- Italy's volcanoes - the cradle of volcanology - Panarea, volcanic island

- Global Volcanism Program - Panarea

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L'activité magmatique subaérienne de Vulcano a débuté il y a environ 120.000 ans, à la fin de la dernière période d'oscillation du niveau des mers.

Selon les auteurs, on distingue entre 3 et 6 grandes étapes ; j'ai favorisé l'explication de la GNV correspondant le mieux aux cartes géologiques simplifiées. - Documents INGV/GNV/DPC.

 

Sicile-08-931-copie.jpg

 

Phase 1 : formation du volcan "primordial".

La partie la plus ancienne de l'île s'est formée entre il y a moins 120.000 et 100.000 ans, dans une période interglaciaire. Le cône avait à l'origine un diamètre approximatif de 5 km au niveau de la mer et une élévation de 800 à 1.000 m. Plusieurs stratovolcans trachybasaltiques s'édifièrent en fait dans la partie sud de l'actuelle Vulcano : les Monte Aria, Luccia et Saraceno en sont des témoins bien conservés.

 

Phase 2 : Il Piano caldera.

Cet ensemble s'est effondré il y a environ 97.000 ans, pour former la caldeira del Piano, vaste dépression entourée d'une couronne de reliefs : diamètre 2,5 km. - parois subverticales de 300 m.

(Ndlr : coquille dans le schéma GNV )

La dépression s'est peu à peu remplie par des coulées de lave et des produits pyroclastiques générés par des éruptions qui ont eu lieu il y a 99.000 à 50.000 ans.

Puis le volcan s'est endormi pendant plus de 30.000 ans.

 

Sicile-08-931-copie-3.jpg

Phase 3 : Lentia.

A la fin de la glaciation Würmienne, entre moins 24.000 et moins 15.000 ans, de nouvelles activités se produisent dans les zones périphériques de l'île, l'ensemble le plus important étant le Monte Lentia, complexe de coulées et dômes rhyolitiques à trachitiques.

Des éruptions de tufs ignimbritiques, d'origine non élucidée, comblent en partie la caldeira del Piano.

Le nord de l'île s'effondre pour former une caldeira de 3 km. de diamètre et 500 m. de profondeur : la caldeira della Fossa.

 

Phase 4 : La caldera della Fossa.

Des fissures concentriques et radiales à la caldeira facilitent la montée du magma.

Une partie de la caldeira est envahie par le mer causant des éruptions hydromagmatiques.

Un édifice sort dans la partie nord de l'effondrement : le Faraglione.

Une période d'activité, datée de moins 6.000 ans à aujourd'hui, débute : de nombreux cycles éruptifs  sont identifiés. Au 6°siècle après JC., le cratère actuel Fossa II commence à s'ériger, à 400. m. au sud-ouest de Fossa I.

 

Lazzaro-Spallanzani---Vulcano.jpgGravure parue dans le livre de Lazzaro Spallanzani (1729-1799) - il descendit dans le cratère du volcan, notant des colonnes basaltiques, attachées aux côtés intérieurs de celui-ci.

Dans son livre "Viaggi alle due Sicilie e in alcune parti dell'Appennino" - 1797.


En 1739, la coulée d'obsidienne "Pietre Cotte", de 2,5 millions de m³, se met en place.

La dernière éruption a lieu de 1888 à 1890. Cette dernière éruption a permis à Giuseppe Mercalli de définir le type "vulcanien".

 

Vulcano_-Mercalli1889-14.02.jpgVulcano - éruption de 1889 - photo G.Mercalli / à noter les belles bombes émises par le volcan.

 

Giuseppe Mercalli, abbé, sismologue et volcanologue  (1850-1914),enseigna la géologie et la minéralogie à l'Université de Catane, puis la volcanologie et la sismologie à celle de Naples. En 1911, il a pris la direction de l'Osservatorio Vésuviano. Il a crée une échelle, subjective, de mesure de l'intensité des séismes sur base des effets produits, et classifié les types d'éruptions volcaniques.

 

 Vulcano in 1889

                       Vulcano - éruption du 21.09.1889 - archives photo G.Mercalli.

 

Elle ne fit pas de victimes, l'île n'étant peuplé que de bagnards extrayant le minerai.

Guy de Maupassant relate sa visite à Vulcano, en 1890, dans son livre "La vie errante" ; en voici un extrait :

 

"Je commence à monter par un étroit sentier qui serpente dans la cendre et dans la lave, escarpé, glissant et dur. On aperçoit une immobile cascade de soufre qui s’est épanchée par une crevasse. On dirait des ruisseaux de féerie, de la lumière figée, des coulées de soleil. J’atteins enfin, sur le faîte, une large plate-forme autour du grand cratère. Le sol tremble, et, devant moi, par un trou gros comme la tête d’un homme, s’échappe avec violence un immense jet de flamme et de vapeur, tandis qu’on voit s’épandre des lèvres de ce trou le soufre liquide, doré par le feu. Il forme autour de cette source fantastique, un lac jaune bien vite durci. Plus loin, d’autre crevasses crachent aussi des vapeurs blanches qui montent lourdement dans l’air bleu. J’avance avec crainte sur la cendre chaude et la lave jusqu’au bord du grand cratère.

Au fond de cette cuve immense appelée la Fossa, large de cinq cents mètres et profonde de deux cents mètres environ, une dizaine de fissures géantes et de vastes trous ronds vomissant du feu, de la fumée et du soufre, avec un bruit formidable de chaudières. On descend le long des parois de cet abîme, et on se promène jusqu’au bord des bouches furieuses du volcan. Tout est jaune autour de moi, sous mes pieds et sur moi, d’un jaune aveuglant, d’un jaune affolant."

 

Phase 5 : Vulcanello.

Actu-5-6176-copie.jpg

Carte géologique simplifiée - photo prise au centre GNV "Marcello Carapezza à Vulcano.

 

 

Tandis que se construit le cratère de Fossa I, Vulcanello naît sur la faille N-S. L'activité de ce volcan à trachyandésite, trachyte et téphrite à leucite, commence selon plusieurs historiens en 183 avant JC., et se poursuit en 126 et 91 av.JC. Il s'agit d'abord d'une île.

Vulcanello---Keller-1980.jpgTrois cratères partiellement imbriqués sont responsables de l'activité volcanique, qui durera jusqu'en 1550 après JC; à cette date, Vulcanello est reliée à l'île principale par une accumulation de dépôts pyroclastiques, qui va former un isthme entre les ports de Vulcano levante et V. ponente.

Carte schématique des cratères de Vulcanello - Keller 1980.

 

P1000498.JPG

Les cratères de Vulcanello, vus du haut de La Fossa - avec à gauche, Lipari et à droite, Panarea - © Frédéric & Carole Hardy


Un lieu de l'île s'appelle la « Vallée des Monstres » - la Valle dei Mostri, située non loin du volcan. En fait ce sont de très vieilles projections de bombes qui ont formé des silhouettes naturelles torturées.

 

Actu-5-6260-copie.jpg                                   Vulcanello - Valle dei Mostri - © B.Duyck


Actu-5-6266-copie.jpg  Les « rochers errants » évoqués par Circé, dans le chant XII de l'Odyssée d'Homère, seraient les faraglioni situés entre Lipari et Vulcanello. - © B.Duyck

 


 

Sources :

  - Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- Documents INGV - Instituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia & GNV - Gruppo Nazionale per la Vulcanologia, reçus au Centro GNV "Marcello Carapezza"  de Vulcano.

 

- Lazzaro Spallanzani, “Viaggi alle due Sicilie e in alcune parti dell'Apennino”, 1797 (Voyages dans les deux Siciles et dans quelques parties des Apennins).

- Guy de Maupassant - "La vie errante".

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Excursion à La Fossa :

 

Actu-5-6124-copie.jpgVulcano - l'état de l'esplanade du débarcadère après le lahar ... l'auto a faillit finir dans la mer; il a fallu deux jours pour tout déblayer au bulldozer. - © B.Duyck  

 

 

Je suis arrivé en fin d'après-midi sur Vulcano, avec les nuages. La nuit s'est passée sous de violents orages; au matin, les rues basses étaient sous 15 cm. d'eau et un mini lahar avait fait descendre cendres et pierres du volcan jusque dans le port ... ascension compromise : nous avons dû attendre le feu vert d'un guide "arnaqueur", qui a profité de l'occasion pour augmenter ses tarifs, pour pouvoir enfin, vers 16 h., monter à La Fossa.

 

Actu-5-6209-copie.jpg      Vulcano - montée à La Fossa - une partie du chemin a été emportée par un lahar

        (voir au niveau des personnages au centre )  -  © B.Duyck  

 

Après la montée dans les cendres en suivant le trajet supposé du chemin qui avait en partie disparu, emporté par le lahar, on accède à une zone de tufs rouge-rosâtre, représentant les éjections de Fossa II, au stade initial.

 

Actu-5-6248-copie.jpg         Vulcano - montée à La Fossa , zone de tufs rouge-rosâtre. - © B.Duyck


Puis, arrivée sur des tufs noirs, correspondant à l'activité récente de ce même volcan.

Le cratère se découvre, sous un vent violent : des fumerolles habillent les lèvres est et nord, et sortent du cratère de quelques 500 mètres de diamètre. On aperçoit le fond, d'un diamètre de 200 mètres, encore perturbé par les pluies de la nuit précédente.

 

Vulcano-pano--copie.jpg

                                                                                                                 © B.Duyck

 

La traversée des fumerolles se fait, masque obligatoire, à l'endroit indiqué par le guide ... "chaud aux fesses", on ne s'attarde pas dedans !

 

z-IMG 6243 copie

              "C'est LA ... qu'il faut passer !"  - © B.Duyck


Eric Reiter précise dans un article sur "les minéraux fumerolliens de Vulcano" que : "La composition chimique des gaz (et donc des fumerolles) dépend en grande partie de leur température :

- Jusqu’à 100°C, les fumerolles sont constituées d’eau et de gaz carbonique
- Entre 100 et 300°C, le composant majoritaire est l’eau mais elle est accompagnée d’acide borique, de gaz carbonique, de méthane, d’hélium, d’argon, d’ammonium, et de sulfure d’hydrogène
- Entre 300 et 500°C contiennent de l’eau, de l’hydrogène sulfuré, du dioxyde de soufre, de l’hydrogène et de l’acide chlorhydrique
- Au dessus de 500°C, les fumerolles sont dites sèches car elles ne contiennent plus d’eau. Leurs constituants sont alors l’hydrogène, le dioxyde de soufre, le fluor et le chlore."


Les températures des fumerolles ont beaucoup varié dans le temps avec des pics observés en 1920, 1930 et 1945.  Quelques exemples : en 1924, 624°C - en 1934, 465°C - en 1972, 210°C - en 1989, 550°C - entre février 1995 et décembre 1996 : entre 400 et 500°C. - en 2004, 500°C  (Krafft - Reiter - GNV)

 

L'examen de l'intérieur du cratère se fait toujours sous surveillance : tous les états du soufre sont ici visibles, monoclinique, en bloc, liquide, différents sulfures. Les magnifiques petites aiguilles jaunes sont malheureusement intransportables ... et le réalgar - sulfure d'arsenic - aussi ... j'ai dû éjecter vite fait un morceau que j'avais mis en poche, transformé pour part en acide sulfurique sous l'effet de l'humidité. (prenez des boites plastiques pour échantillonner)

 

z-IMG_6229-copie.jpg

                  Vulcano - cratère de La Fossa -  évent coloré par le soufre  -  © B.Duyck


z-IMG_6228-copie.jpg  Vulcano - cratère de La Fossa - le réalgar colore les dépôts de soufre en orangé - © B.Duyck


Actu-5-6236-copie.jpg

                  Vulcano - cratère de La Fossa - bloc de soufre  -  © B.Duyck

 

Les éruptions vulcaniennes projettent des fragments de lave déjà consolidés ou très visqueux, qui forment ces bombes "en croûte de pain". La croûte, formée lors de la trajectoire atmosphérique, se craquelle sous l'effet de la sortie des gaz contenus dans la lave. La plupart des bombes sont de composition trachytique à plagioclase et olivine.

Il est interdit de descendre dans le fond du cratère, en raison des concentrations mortelles en dioxyde de carbone, gaz inodore et "lourd", qui s'accumule dans la dépression.

 

z-IMG_6226-copie.jpg

  Vulcano - cratère de La Fossa - bombe en croûte de pain (hauteur 50-60 cm.), éjectée lors de la dernière éruption  -  © B.Duyck

 

Sur le flanc nord de La Fossa, une coulée d'obsidienne rhyolitique, la coulée "Pietre Cotte" date de l'éruption de 1731-39. La haute viscosité de cette coulée ne lui a pas permis de s'étendre jusqu'à la base du cône; le front de la coulée présente de nombreux microplissements.

 

Actu-5-6191-copie.jpg                                Obsidienne rhyolitique de Vulcano - © B.Duyck  

 

Descendre du cratère se fait par deux voies : le même chemin qu'à la montée, ou directement en "surfant" sur les cendres du flanc occidental.

 

P1000554-CHB.JPG

             Fin de journée sur les Eoliennes, du sommet de La Fossa, à l'avant-plan.

          De gauche à droite : Filicudi, Salina, Lipari  -  © Frédéric & Carole Hardy

 


 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière.

- Documents INGV - Instituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia & GNV - Gruppo Nazionale per la Vulcanologia, reçus au Centro GNV "Marcello Carapezza"  de Vulcano.

- Terre et volcans - les minéraux fumerolliens de Vulcano - lien

- Spectro-sciences : les fumerolles - E. Reiter

- Réalgar - mindat.org

 

 

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