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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

                       "It was 30 years ago to day ..."

 

 

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L'éruption du volcan St Helens, comme si vous y étiez :

 

- les prémices de l'éruption en mars 1980 - lien

- bombement des flancs du volcan dès avril - lien

- vers le point de rupture, début mai - lien

- l'éruption du 18 mai 1980 - lien

- le second semestre 1980, les éruptions continuent - lien

- la vie du volcan de 1981 à 2010 - lien


 

18.05.80---Oregonian-copie-1.jpg                      L'éruption du 18.05.1980 - archives "The Oregonian" .


A consulter :

- sur le site "Eruptions" : "Memories of Mt St Helens"

- photos innédites du jour de l'éruption : The big picture - Boston.com

 

Sources :

- voir les différents articles en suivant les liens ci-dessus.

- The Oregonian - Picture stories - lien

 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La connaissance de la substructure de ce volcan aux éruptions ignimbritiques destructrices est importante étant donné l'effectif de population vivant sous sa menace d'une part, et d'autre part pour mieux comprendre le phénomène de bradyséisme qui caractérise la zone.

 

1. Tomographie sismique :

 

De nombreux micro-séismes ont été enregistrés durant la crise sismique de 1983-84, causée par un épisode de bradyséisme. De nombreuses données ont été recueillies par l'Observatoire du Vésuve (INGV) et l'Université du Wisconcin.

L'interprétation en 3D de ces données a permis de définir un modèle de la substructure des champs Phlégréens.

 

Geophysical-exploration-of-Campi_Flegrei-55.jpg

Le modèle, inclus dans un parallélipipède de 12 x 14 x 8 km., représente une hypothétique structure de la caldeira et des zones proches ( défini en utilisant le software Gocad) ; les différentes "régions " y sont définies par leurs frontières externes et leurs propriétés physiques internes.

La chambre magmatique se devine à la base du modèle, à partir d'environ 8 km. de profondeur et serait occupée par du magma fluide. On note des intrusions de magma fluide dans les couches surmontant cette chambre (en rouge).

"L'unité de carbonates" constitue la première couche au dessus du magma fluide (en vert)

Des corps de magma solidifié sont présents dans la partie nord du volume défini dans ce modèle (en violet).

Le volume restant est rempli de tuffs métamorphiques dans les parties basses et de tuff jaune dans les parties supérieures (en brun +/- foncé)

Plus en surface, on trouve de fines couches de matériaux non consolidés.


Geophysical-exploration-of-Campi_Flegrei-209.jpgSchémas tirés de "Géophysical exploration of the Campi Phlégrei" par A.Zollo, P.Capuano & M.Corciulo - INGV/ Univ.Napoli.

 

2. Projets de forages en profondeur :

 

Un projet de "l'International Continental Scientific Drilling Program and the Integrated Ocean Drilling Program" devait démarrer en Décembre 2009 ou Janvier2010, avec pour objectifs de révéler les zones de fractures et les poches de magma, comprendre les mécanismes d'ascension du magma et modéliser la déformation du sol avant l'éruption. (New Scientist). Il a pris du retard, mais devrait débuter fin 2010.

Voir article concernant ce projet en cliquant ici.

 

En pénétrant les entrailles du volcan, les scientifiques espèrent localiser les zones de fractures et les intrusions / chambres magmatiques secondaires et mieux connaitre le système géothermal; les échantillons de roches prélevés pourront être testés sous forte pression en laboratoire, afin de modéliser les déformations du sol avant une éruption, en rapport avec le phénomène de bradyséisme qui sévit dans cette caldeira.

 

campi-flegrei-map.jpgEmplacements des futurs sites de forage terrestre (ICDP) et marins (IODP) et carte bathymétrique

 

Ces projets de forage suscitent des craintes ... celles-ci ne semblent pas justifiées : la profondeur atteinte par le forage (4 km.) ne correspond qu'à la moitié de la profondeur de situation des réservoirs magmatiques connus (J.Erzinger - German research center for Geosciences, Postdam).

  

Sources :

- Geophysical exploration of the Campi Phlegrei - INGV/Univ.Napoli

- International Continental Scientific Drilling Program - ICDP


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 


Rwanda news agency rapporte un incident sur le volcan Mikeno : un effondrement d'une part de la couverture glaciaire de ce volcan aurait provoqué une avalanche ; celle-ci aurait causé la mort d'une douzaine de morts, et la disparition d'une trentaine d'autres personnes.

 

Parc-des-Virunga.gifviruca.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Mikeno est situé dans la RDC , près de la frontière du Rwanda (près de Bukina - carte de droite, en bas)

 

 

 

 

Mikeno---Gorilla-cd.jpg

                            Le sommet du Mikeno - document Gorilla CD.


Le Mikeno est un volcan éteint, faisant partie de la chaine des Virunga, une branche du Rift Albert, lui-même situé dans la grande Rift Valley. La chaine volcanique des Virunga comporte huits volcans, dont le Nyiragongo et le Niamuragira tous deux bien actifs; elle abrite aussi une population importante de gorilles de montagne, espèce en danger pour diverses raisons : destruction de ses habitats, braconnage, maladies et guerres tribales. Le centre de recherche Karisoke, fondé par Diane Fossey pour l'observation de ces primates dans leur habitat, est localisé dans cette zone, entre les Monts Karisimbi et Bisoke.

 

800px-Gorilla_mother_and_baby_at_Volcans_National_Park.jpg  Une femelle et son petit, dans leur milieu naturel - chaine des Virunga - doc.Wikipedia

 

List of mountains in the Virunga Mountain Range

 

 

Name of mountain Location Elevation in Meters Elevation in Feet
Mount Karisimbi Rwanda/DRC 4,507 14,790
Mount Mikeno Democratic Republic of the Congo 4,437 14,560
Mount Muhabura Rwanda/Uganda 4,127 13,540
Mount Bisoke Rwanda/DRC 3,711 12,180
Mount Sabyinyo Rwanda/Uganda 3,674 12,050
Mount Gahinga Rwanda/Uganda 3,474 11,400
Mount Nyiragongo Democratic Republic of the Congo 3,470 11,400
Mount Nyamuragira Democratic Republic of the Congo 3,058 10,030

 

 

En dehors des sources citées, peu de nouvelles de cette zone troublée ... et peu de connaissances sur ce volcan. A suivre donc...


Sources :

- Rwanda news agency

- Bloomberg.com -- qui parle d'éruption (?) et d'avalanche consécutive.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Une belle photo prise par le satellite EO-1 de la Nasa illustre un phénomène météo relaté par l'IMO le 15 mai dernier.

Le vent était calme au dessus du site éruptif, mais instable en altitude ; une nouvelle poussée d'activité du volcan a généré une bouffée de cendres qui est photographié montant à la verticale, et avant qu'elle ne soit dispersé par les vents d'altitude. Le panache, émis juste avant cette bouffée,dérive vers l'ESE et semble paradoxalement plus bas.

 

 

 

eyjafjallajokull_ali_2010.05.13.jpg

NASA image by Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 team. Caption by Michon Scott.

Instrument: EO-1 - ALI - 15.05.2010

 

Situation ce 17 mai (rapport IMO / Inst. Earth Sciences):

L'activité explosive se maintient, en légère baisse depuis le 13 mai, avec des chutes importantes de cendres aux alentours du volcan.

Le panache est signalé par les radars à 6-7 km. d'altitude, avec des pulsions à 9 km., dérivant vers l'est. et parcouru constamment par des éclairs (cadence ~ 10 flashs par heure)

Six petits séismes à une profondeur supérieure à 10 km. ont été enregistrés.

 

Sources :

- IMO / Institute of Earth Sciences

- Nasa Earth Observatory

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

L'Icelandic Met Office indiquait pour la journée du 16.05, un panache éruptif atteignant 7 à 9 km., dérivant SE puis ESE.

 

L'éruption se poursuit; à noter : de nombreux éclairs dans le panache répertoriés les 12 (20 dans la nuit), le 14 (50 en 24 heures) et le 16 (>150 en 24 h.) ... ce qui indique de fortes turbulences dans le panache éruptif.

 

17.05---VAG_1274071009.png

                   Carte prévisionnelle du VAAC-London pour les 17 et 18 mai 2010.

 

D'après la position du nuage, des perturbations aériennes sont prévues sur l'ouest européen : Irlande, Ecosse, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Belgique avec une fermeture variable des aéroports selon les pays et les heures. Des retards sont également annoncés pour les vols transatlantiques suite à des détours à faire en fonction de la position du nuage.

 

L'OPGC signale dans son rapport du 16.05 :


""  L’intensification des émissions de cendres s’est maintenue sur la journée du 15 Mai, restant néanmoins à un niveau relativement faible comparé au 12 et 13 Mai. Le 16 Mai, le panache a une orientation SE et se dirige vers le Royaume-Uni à la faveur d’un mouvement de rotation antihoraire des vents.

Quantitatif

Les modèles quantitatifs réalisés au LMV (OPGC) sur la journée du 15 Mai, nous permettent de donner les estimations suivantes :
- Masse totale de cendres = 44 kilotonnes (Météosat-SEVIRI, 1 image).
- Masse totale de SO2 = 4 kilotonnes (Aura-OMI, 1 image).
- Altitude maximum = 6500m (Météosat-SEVIRI).""


Sources :

- IMO / Inst. of Earth Sciences

- OPGC - Observatoire de Physique du Globe Clermont-Ferrand

- VAAC-London

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le bradyséisme désigne une remontée ou une baisse lente du niveau du sol, d'origine volcanique. Ce phénomène a été observé dans des caldeiras sur trois continents différents : les champs Phlégréens en Italie, dans la Long Valley aux Etats-Unis et au Rabaul en Papouasie- Nouvelle Guinée.


Ce phénomène a entraîné, dans les Champs Phlégréens, l'enfoncement et l'engloutissement de nombreux édifices de l'époque romaine dans la mer et notamment la disparition de la ville romaine de Baia sous plus de dix mètres d'eau.

 

temple-de-Serapis---Pouzzoles-copie.jpg         Pozzuoli - Temple de sérapis - } jaune = zone affectée par les lithodomus.


Le sol du temple de Sérapis et de la ville de Pozzuoli toute entière sont le siège de mouvements verticaux positifs ou négatifs depuis l'antiquité. Des 48 colonnes qui entouraient le macellum romain (marché), 3 restent debout; elles sont lisses jusqu'à 3,6 m. de hauteur, ensuite elles ont été creusées sur une hauteur de 2,7 m. par des lithodomus, coquillages mangeurs de pierre ... jusqu'à 3,6 m.,la partie inférieure des colonnes était enfouie dans des débris qui la protégeait des coquillages; au 10°siècle, le sol s'effondre de plus de 5 mètres sous le niveau marin, et la partie qui se trouve au-dessus des débris, mais sous l'eau, se fait attaqué par les lithodomus qui ont creusé le marbre.


Ce phénomène serait dû, d'après M.Krafft, à la présence d'un réservoir magmatique souterrain non encore entièrement solidifié, qui se dilaterait et se rétracterait en fonction de la pression et de la température.


Le littoral des Champs Phlégréens s'est effondrée lentement de 12 mètres entre le 2e siècle avant J.-C. et le XIe siècle après J. C., puis s'est soulevée de 8 mètres entre le XIe et le XVIIe siècle, pour s'effondrer à nouveau de 5 mètres
, avant d'atteindre son niveau actuel.

Depuis, les Champs Phlégréens connaissent régulièrement des crises d'intense déformation.

En 1538, l'année de la naissance du Monte nuovo, le sol est brusquement monté de 6 mètres, puis après l'éruption, il s'est effondré de 4 mètres.

Au cours de l'avant-dernière crise, de 1969 à 1972, les premières mesures des mouvements du sol au centre de la ville de Pozzuoli ont été effectuées : du niveau 0, en 1970, on est passé à 0,70 mètre à la fin de la crise en 1972.
Plus tard, après le séisme de Campanie le 23 novembre 1980 de magnitude 6,9, une nouvelle crise s'annonce, d'importants mouvements verticaux se déclenchent en juillet 1982 suivis par une centaine de petits séismes jusqu'en mars 1983. Puis l'activité va crescendo et devient préoccupante. Le 1er avril 1984, 500 séismes sont enregistrés en six heures et en octobre, la protection civile décide d'évacuer 20 000 personnes vivant dans des immeubles et maisons fragilisés par les secousses répétées. Dans le port de Pozzuoli, le soulèvement atteint au moins 1,40 mètres de juillet 1982 à décembre 1984. Dans la ville même, il est observé une surrection de 1,85 mètres durant cette même période. Le niveau de déformation du sol atteindra 2,30 en 1985.

 

01cam15f.png
 

1982-85-GVP.pngDiagramme des déformations ayant affecté les Champs Phlégréens entre janvier 1982 et 1985. Document GVP.


 La conséquence principale de la dernière crise a été l'évacuation d'une grande partie de la ville de Pozzuoli vers le nouveau quartier de Monterusciello, construit en hâte. Le centre historique de la ville, où se situait le maximum de déformation, est encore aujourd'hui en restauration pour certaines parties. Le quai du port s'est tellement élevé au-dessus du niveau de la mer que l'on a dû construire un second quai deux mètres plus bas pour permettre aux ferry-boats d'accoster.


1999---2006---IREA.jpg               Les déformations continuent et une phase d'inflation est marquée depuis 2004.

 

Les méthodes de mesure de déformations font appel au procédé InSAR -Interferometric synthetic aperture radar - :


Insar -Phase shift.svgCette technique de mesures géodésiques utilise deux ou plusieurs images radar pour générer des cartes de déformation de surface, en utilisant des différences de phase des ondes retournant vers un avion ou un satellite. La précisions des mesures est centimétrique et prend en compte des laps de temps entre mesures de l'ordre du jour ou de l'année. Elle est principalement utilisée pour le monitoring géophysique d'aléas naturels, tels que tremblements de terre, glissement de terrain, volcans.

 

jt_insarb.jpg                                 Schéma explicatif du procédé de mesure InSAR.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Campi Phlegrei

- USGS/NSF/Nasa - Monitoring ground deformation from space

- ESA InSAR training manual - InSAR principles : guidelines for SAR interferometry processing and interpretation

- Volcanological history of Ischia island - 1995

- INGV - Osservatorio Vesuviano - L'isola d'Ischia

 

   

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Grande_Fumarola_8.jpg

           Campi Phlegrei - Solfatara - la Grande Fumarola. - doc.wikipédia.

              température comprise selon les moments entre 140 et 215 °C

 

Connue depuis l'antiquité gréco-romaine, sous la dénomination de "champs brûlants", cette zone, située à l'ouest de Naples, était célèbre pour ses phénomènes hydrothermaux plutôt que pour son activité volcanique. A l'époque, le volcan des champs Phlégréens était calme depuis 1.500 ans et les romains ne pensaient qu'à exploiter ses sources chaudes et ses fumerolles.

 

Etuves_antiques_purgatoires_et_enfer.JPG  Les étuves antiques, "le Purgatoire" et "l'Enfer" ... encore fumantes. doc. wikipédia

 

Moins spectaculaires que le Vésuve voisin, les champs Phlégréens doivent cependant être considérés comme une zone volcanique très dangereuse, du fait surtout de la densité de population dans la caldeira (> 500.000 personnes) et aux alentours immédiats (1,5 millions d'habitants) ; à 9 km. seulement de Naples, elle abrite les villes de Pozzuoli et Cuma.

 

Topographie et histoire volcanique :

 

La caldeira du volcan mesure 12 km. sur 15 et abrite plus de 50 centres éruptifs, cônes et cratères. Elle s'est formée  à la suite de deux gigantesques éruptions, datées de 36.000 et 14.000 ans. Les talus de la dépression d'origine sont visibles sur le Monte di Procida; au sud, les bords de la caldeira sont immergés dans le golfe de Pozzuoli. Au sud-ouest de cette zone, les îles de Procida et Vivara ont une superficie de 3,5 km², à 3.000 mètres de la côte.

 

 

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flegrei.jpg

La photo satellite est complémentaire de la carte géologique ci-dessus et permet une meilleure compréhension de cette zone complexe.

 

La plus ancienne de ces grandes éruptions - 36.000 ans - est dite du "Tuf gris Campanien", un épisode explosif qui a mis en place 100 à 150 km³ d'ignimbrites trachytiques.

La seconde - 14.000 ans - a émis un volume de magma  d'environ 20 à 30 km³, et est appelée "Tuf jaune Napolitain".

Depuis 10.000 ans, l'histoire éruptive des champs Phlégréens est marquée par une alternance de pérode d'activité intense et de périodes de repos variants entre quelques siècles et plusieurs millénaires. Le dernière grande crise éruptive date a eu lieu entre 4.500 et 3.700 ans : de nombreuses bouches se sont ouvertes à l'endroit du lac Averno et au nord-est de Pozzuoli.

L'éruption du Monte Nuovo, la dernière en date, a débuté le 29 septembre 1538, à une heure du matin, près de Tripergole sur la rive orientale du lac Averno ... en quelques jours, une structure de cendres et de ponces s'est élevée à 130 m.

 

monte-nuovo-eruption1-copie.jpg                 L'éruption du Monte Nuovo en 1538 - archives Napolitaines.


Les champs Phlégréens ne sont pas stables : la ligne de côte s'est effondrée lentement de 12 mètres entre le 2° siècle avant JC et le 11 ° siècle après JC.

Elle s'est ensuite soulevée de 8 mètres entre les 11° et 17° siècles, pour baisser de 5 mètres par après avant d'atteindre son niveau actuel. Le sol monte et descend en mouvements "bradysismiques" : ce phénomène de bradyséisme sera examiné plus en détail dans l'article suivant.


temple-de-Serapis---Pouzzoles.jpg

Pozuoli - l'ancien marché aux comestibles, appelé "temple de Sérapis" , et témoin du phénomène de bradyséisme : sur le fut des colonnes, des marques sombres faites par des coquillages qui ont rongé la pierre, et datant d'un temps où elles étaient immergées.

 

Parmi les cratères, celui de la Solfatara est le plus caractéristique, tant par sa forme que par ses phénomènes volcaniques importants : il mesure 700 mètres de diamètre et est né d'une explosion phréato-magmatique, il y a seulement 4.000 ans.

Appelée "Forum Vulcani" par les romains, le site abrite neufs champs fumerolliens (dans la dépression), trois Fangaia (mares de boue) et la Bocca Grande.

 

Ch.-Phl.-R.Scandone-1984-Un.Roma.jpg                 Campi Phlegrei - la Solfatara - photo R.Scandone Univ. de Roma.

 

227.jpg   Campi Phlegrei - Solfatara - fumeroles et dépôts oranges de sulfure d'arsenic (réalgar)

                                 Wiki commons.

 

Dans la Fangaia (les Boues), on a isolé des colonies de bactéries, vivant à des températures supérieures à 90° C, y compris le “Bacillus acidocaldarius” et la “Caldariella acidophila” ainsi que l’archéobactérie “Sulfolobus solfataricus”. Sur les parois derrière la Grande Bouche (Grande Fumerolle) il y a, dans des conditions de température et acidité élevées, des algues unicellulaires thermophiles, telles que le “Cyanidium caldarium”.

 

La "Grotte du chien" est le siège d'émanations toxiques dues à l'activité du volcan;  son nom provient de la coutume d'utiliser un chien pour tester la présence de ces gaz toxiques, dont le CO2 plus lourd que l'air, dans lesquels baignaient ses animaux et le plus souvent périssaient asphyxiés. Aujourd'hui, on utilise une bougie allumée qui s'éteint lorsqu'on l'approche du sol.

 

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La grotte du chien - doc. d'archives et état actuel.

 


A Cuma,une zone archéologique importante témoigne de la présence grecque, avec une acropole et l'ensemble formé par l'antre de la Sybille et des thermes.

CumesDromosSibylRR

 

L'antre de la Sybille de Cumes. - Wikipedia.

 

La sybille, dans la mythologie, est une prêtresse d'apollon, qui communique avec le divin et livre le message des dieux sous une forme énigmatique, mystérieuse, pleine de double sens, "sybilline".

La Sybille de Cumes est l'une des 12 sybilles du monde grec.

 

 

 

 

Sources :

 - Guide des volcans - M.Rosi & al. - Delachaux et Niestlé

 - Guide des volcans d'Europe - M.Krafft et de Larouzière



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

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                                    Photo Reuters - non datée. - www.dailymail.co.uk


La situation du volcan Eyjafjöll est considérée comme "stable" selon l'Institute of Earth Science, malgré une hauteur relativement plus haute du panache éruptif.

Hier, des retombées de cendres étaient signalées sur Reykjavik et les îles Vestmann, avec perturbations des vols.

 

VORIS 2 0 1b aska 20100512 15-17Etendue probable des chutes de cendres pour la période des 15 au 17 mai - IMO

Les points gris : endroits où ont été signamé des chutes de cendres.


Quant aux séismes :

-hier, trois séismes enregistrés sous le glacier à 7-8 km de profondeur

10.05 11h35 IMO- ce matin, 31 séismes ont été enregistrés entre 0 h06 et 4 h 22, sur une ligne vaguement S-N.; ils sont localisés entre 1 et 27 km de profondeur et de magnitude comprise entre 0,9 et 1,7.

 

doc. IMO - 15.05.2010

carte intermédiaire

 

 

 

 

 

15.05.10-IMO.png                Essaim de petits séismes de M<2 entre 0 h et 4 h 22 - Doc IMO 15.05.2010

 

Précisions de l'IMO - rapport de ce jour 15 h. (ce qui précède date de ce matin 6h35)

Earthquakes: An earthquake swarm started beneath Eyjafjallajökull just before midnight. In the period between 23:54 and 02:45, more than thirty
earthquakes were located at depth greater than 20 km and magnitude
less than Ml 2. A few more earthquakes were detected until morning.

 

Sources :

- IMO - Icelandic Met Office

- Institute of Earth Sciences

- Daily Mail - UK.

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Situation géographique :


Quarante-six kilomètres carrés de terre italienne, au nord du Golfe de Naples dans la mer Tyrrhénienne : Ischia fait partie des îles Phlégréennes.

Fortement peuplée, elle est de plus noyée sous les touristes en juillet-août; ceux-ci apprécient particulièrement ses plages, la cuisine italienne et ses stations hydro-thermo-volcaniques.

 

800px-Capri_and_Ischia_map---English.png

Appelée aussi Pithécuse, d'après son éthymmologie grecque : ce nom proviendrait du mot grec Pithekos, singe, en référence à la légende selon laquelle les Cercopes, premiers habitants de l'île, furent changés pae Zeus en singes à cause de leurs parjures (Ovide - les Métamorphoses)

Pline l'ancien attribue plutôt son nom - pythoi - aux amphores qui y étaient produites durant la colonisation grecque.

C'est sur cette île qu'Ulysse aurait rencontré Nausicaa, princesse phéacienne, qui le recueillit et le soigna après son naufrage.

 

Ischia_castello_Aragonese.JPG                     Ischia - le château Aragonnais de 1447, situé sur un dôme volcanique

                                       document wikipedia.          

 Situation géologique :

 

Plus de 40 édifices volcaniques y ont été recencés : cratères, cônes de scories, dômes et coulées. La partie centrale de l'île est constituée des "tufs verts de l'Epomeo".

Le socle sédimentaire d'âge tertiaire n'existe pas au-dessus du foyer magmatique , mais est bien présent sous celui-ci. Le toit du réservoir est en contact avec les tufs.

Ischia est un grand horst volcano-tectonique faillé sous lequel est situé un sill de magma, entre 2,5 et 4 km. de profondeur; ce foyer magmatique n'est pas complètement refroidi, comme le montrent les fréquents séismes.

Depuis le moyen-âge, Ischia s'enfonce lentement dans la mer : cet affaissement est en relation avec le refroidissement des parties supérieures du réservoir magmatique. Des grottes romaines, situées près du Monte vico, sont actuellement à 3,5 mètres sous le niveau de la mer et le ratio d'enfoncement mesuré sur la côte ouest est de 2,5 mm par an.

L'île volcanique possède de nombreuses sources chaudes, reparties en cinq zones importantes, alimentant des bains thermaux.

Les températures des eaux varient entre 20 et 120°C; ces eaux sont plus ou moins minéralisées et d'origine pluviales ou maritimes ... beaucoup de sources sont salées; les gaz sont surtout de la vapeur d'eau et de l'H2S, avec des traces d'hélium et d'argon.

Des forages géothermiques tentés furent soldés par un échec; ils n'aboutirent qu'à la création de geysers artificiels.

(Krafft & de Larouzière - volcans d'Europe et des Canaries)

 

 

Histoire éruptive :

 

Commencée au Pleistocène, l'histoire géologique de l'île d'Ischia se raconte en quatre grandes périodes:

1. Période sous-marine : des éruptions débutent au Pleistocène inférieur et accumulent, sous les eaux, pyroclastites et coulées. Le magma monte le long de failles appartenent aux systèmes tyrrhénien et apennin.

2. Emersion du complexe d'Ischia :

Des dômes et coulées se mettent en place.

Il y a 53.000 ans, une énorme éruption très explosive donne naissance au tuf vert - tufo verde . Son volume atteint 40 km³ et l'épaisseur du dépôt dépasse par endroits les 1.000 mètres. Une caldeira se forme consécutivement à la vidange du réservoir magmatique. (voir carte pour les limites de la caldeira, qui englobe toute l'île)

La couleur verte, typique d'une altération marine des produits volcaniques, suuggère que la caldeira fut submergée : le tuf vert d'Epomeo est resté sous le niveau de la mer jusqu'il y a 28.000 ans.

 

Ischia_Fungo_Lacco_Ameno.jpg"Il Fungo" - le champignon - est un bloc de tuf d'une dizaine de mètres de hauteur, errodé par la mer , et situé dans les environs de Lacco Ameno au nord d'Ischia. - doc.wiki

 

3. Le mont Epomeo : depuis 33.000 ans, suite à des mouvements verticaux, le horst du Mont Epoméo constitué de tuf vert s'élève de 780 mètres, avec un ratio moyen de 4 cm. par an. Vestiges de ce phénomène, des terrasses marines sont visibles sur les flancs de l'Epomeo, à une altitude de 470 mètres.

 

Yellowstone-0292.JPG 

              Carte volcano-tectonique d'Ischia - Volcans d'Europe, Krafft et de Larouzière.

 

 

4. Après une longue période de repos, l'activité reprend dans le sud de l'île avec la formation de dômes.

Il y a environ 10.000 ans, de nombreuses éruptions sont caractérisées par leur localisation le long du flanc est de l'Epomeo, dans l'aire appelée le graben d'Ischia, et leur alimentation fissurale. Durant cette phase, se forment le Monte Rotaro, Montagnone, Monte Moschiata, Vateliero, Molara et Cava Nocelle.

La dernière éruption, à Arso, est datée de 1302 et produit une coulée de trachyte à olivine de 2,7 km. de long en direction de la mer. (zone grisée dans la carte)

 

Si le volcan est aujourd'hui en léthargie, les tremblements de terre ébranlent régulièrement l'île et rappellent l'existence d'un réservoir magmatique sous celle-ci; en 1883, un séisme détruit une grande partie des constructions d'Ischia et tue plus de 4.000 personnes.

 

Toutes ces manifestations volcaniques nous ramènent au mythe grec de Typhée : le géant rebelle condamné par Zeus à rester sous l'île, crache des flammes et de l'eau chaude quand il est en colère et provoque des tremblements de terre quand il bouge.

Cette personnification du volcanisme a son pendant à l'Etna.

 

 

 

Sources :

- Volcanological history of Ischia island - 1995

- INGV - Osservatorio Vesuviano - L'isola d'Ischia

- Global Volcanism Program - Ischia

- Volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Ischia---Pietro-Fabris.JPG

                                                     Pietro Fabris, Vue de l'île d'Ischia
           William Hamilton, Campi Phlegraei ou Observations sur les volcans des Deux Siciles,
                                                      Naples, 1776-1779, planche XXX

 

Après une annonce médiatique en mars du Dr Boschi, directeur de l'INGV, qui visait à mettre le volcan sous-marin Marsili sous les feux de la rampe, voici en fin avril que les volcans italiens reviennent "à la une".

Cette fois, c'est Guido Bertolaso, de l'agence de Protection civile italien, qui met le focus sur ISCHIA, île-volcan au large de Naples, en déclarant que "la chambre volcanique se recharge" et suggère qu'Ischia pourrait constituer, dans cette zone volcanique, un risque plus important que le Vésuve..


La manoeuvre est similaire à celle de mars et vise à attirer des fonds pour le monitoring des volcans.

Pas de catastrophisme ! Pour le moment, il n'y a pas d'indication en faveur de l'imminence d'une éruption ; le volcan est sous surveillance de l'INGV, au même titre que le Vésuve et les Champs Phlégréens proches.

 

Tout ceci nous servira d'alibi pour revisiter la région Napolitaine, Ischia, les champs Phlégréens et le Vésuve ... à suivre.

 

 

image_59516_v2_m56577569830615070.jpg"Le sommet du Mont Epomeo" - oeuvre de Simon Denis (1755-1813) - musée du Louvre.

 

Sources :

- Le volcan Marsili sous haute surveillance - over-blog article du 30 mars.

- article sur le site "Eruptions" du Dr Klemetti - 28.04.2010

- Observations sur les volcans des Deux Siciles

   par Lord Hamilton - lien

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