Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Volcan : situation stable

 

L'activité explosive semble avoir diminué d'intensité depuis hier.

Le niveau du trémor est bas, comparable à celui enregistré entre le 14 et 17 avril. Des séismes localisés entre 5 et 13 km. de profondeur ont été recensés.

La coulée de lave en direction du nord stagne depuis deux jours; l'émission de vapeur au niveau du Gigjökull diminue elle aussi. Par contre, le cinder cone continue de croître autour de l'évent.

 

06.05-Thordis-Hognadottir.jpg           Le panache chargé de cendres le 06.05 - photo Thordis Högnadottir / IMO.

 

Emissions de cendres et nuage volcanique : perturbations locales et sur les vols.

 

D'importantes chutes de cendres, dans la nuit de jeudi à vendredi, dans la région de Vik ont poussé les autorités à fermer les écoles Vendredi; L'agence de l'environnement a rappelé que le niveau de pollution de l'air est supérieur aux normes, et conseille le confinement à l'intérieur des habitations pour les personnes vivant dans l'aire concernée. Si une sortie s'avère nécessaire, le port de masque et de gants est recommandé.

 

ash20100506_1157_col.png                            Trajet du panache éruptif le 06.05 à 11 h.57 - Nasa Modis.

 

Le panache est de couleur plus claire et monte à une altitude moindre.

Le nuage, émis les 6 et 7 mai, a dérivé vers le sud-est puis vers le sud et, après son passage sur l'Irlande, devrait perturber aujourd'hui le trafic aérien du nord-ouest de l'Espagne et du Portugal, et retarder certains vols tranatlantiques.



08.05.10-VAG_1273296251--G.Gasc-png

Carte prévisionnelle du VAAC - London - le gros du nauge devrait se trouver sur le Glofe de Gascogne et la région Pyrénéenne aujourd'hui  - "lignes hachurées bleu".


Reportage photographique de mon ami volcanophile Pascal Blondé, qui revient d'un bref séjour islandais - 24 au 29 avril.

 

eyjafjallajokull_097---26.04-P.Bl.jpg

Avec l'aimable autorisation de Pascal Blondé - un clic sur la photo vous conduit vers son reportage.

 

Sources :

- IMO

- Institute of earth Sciences

- Nasa

- VAAC-London

- Pascal Blondé - son site sur ses voyages "volcaniques"

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Grâce aux récits de volcanologues et scientifiques de l'USGS, nous pouvons réaliser l'autopsie de l'éruption du 18 mai 1980.

 

Ce 18 mai 1980 au matin, David Johnston observe le sommet du volcan; tout est calme, il fait beau. Il converse par radio avec ses collègues volcanologues à Vancouver ... à 8 h.32, il a juste le temps de crier dans sa radio : "Vancouver, Vancouver, this is it ..." - "Vancouver, c'est arrivé ..." -

puis silence radio; David a été pulvérisé par l'éruption du St Helens ... pour la petite histoire, à quelques kilomètres de là, Harry Truman a subit le même sort; son hôtel est nivelé, laminé sous 150 mètres de roches.

Avec eux, périrent une soixantaine de personnes : plusieurs bûcherons et des dizaines de touristes infiltrés clandestinement dans la zone interdite.

 

Analyse des séquences de l'éruption :

 

Yello.est 0285 copie bis                                  Phases éruptives - in Volcanism de H.U.Schmincke .


1. Collapsus du flanc du volcan :(2)

l'intrusion d'un cryptodôme a causé l'expansion et la déstabilisation d'énormes masses rocheuses. Ce volume est ébranlé à 8 h.32 par un séisme de magnitude 5, localisé à 2 km. de profondeur sous le cône volcanique. Moins de 10 secondes après la secousse, 3 kilmètres cube de roches dévalent la pente à 250 km/heure.

Cette avalanche se précipite vers le Spirit lake, puis descend la rivière Toutle sur 20 km. engloutissant tout sous une centaine de mètres de roches, de glace et d'eau.

 

2. Le blast latéral : (2)

Les eaux sous-terraines saturent le sommet du volcan et sont chauffées à plus de 100°C ... incapable de bouillir étant donné la pression lithostatique,  l'eau surchauffée va se transformer instantanément en vapeur lorsque le glissement de terrain a lieu, en développant une énorme explosion; la vapeur va fragmenter des roches et la partie supérieure de l'intrusion de magma.

 

18.05.1980 - L.Siebert

 Le blast a taillé ce gros arbre "en allumettes" orientées dans la sens du souffle - photo L.Siebert


Le magma du cryptodôme se retrouve d'un coup en subsurface et jaillit, en libérant toute la pression accumulée, tel un coup de fusil (blast), au niveau des différents blocs glissés : un souffle surchauffé de gaz, roches, MSH80_blowdown_singe_08-22-80.jpgcendres mêlés jaillit obliquement et verticalement, et rase plus de 600 km² de forêts; des millions d'arbres sont abbattus, et gisent alignés dans la direction du souffle.

North Folk Toutle - les arbres couchés par le blast et alignés dans le sens du souffle

22.08.1980 by Lyn Topinka /USGS

 

 

 

3. La phase plinienne :(3)

le glissement de terrain, et le blast qui a suivi, ont dégagé le conduit d'alimentation principal : cela permet l'expansion des gaz magmatiques et la montée d'une colonne éruptive à 50 km/h. jusqu'à 25 km. d'altitude ... il est neuf heures.

 

1980---.jpg                              La colonne plinienne, le 18.05.1980 - archives USGS.


Cette colonne gardera une hauteur oscillant entre 14 et 19 km. durant les neuf heures suivantes. Près de 20 nuées ardentes (coulées pyroclastiques) vont être engendrées par l'effondrement de la colonne éruptive durant cette journée. Elles dévalent les pentes à 700 km/h. et se jettent dans la Spirit lake, où le contact entre l'eau et les ponces chauffées à 400°C déclenche de violentes explosions de vapeur, qui vont creuser de nombreux petits cratères sur le rivage.

 

Yello.est-0286-copie.jpgA gauche, les arbres couchés par le blast initial - au centre, les cratères subcirculaires générés par les explosions consécutives à la rencontre entre les coulées pyroclastiques et l'aquifère.

Document photo in Volcanism de H.U.Schmincke.

 

MSH80_USGS_scientist_examines_pyroclastic_flow_05-30-80.jpgExamen des blocs de ponce sur les restse de la coulée pyroclastique - photo D.Swanson / USGS


S'en suivent des lahars, dus à la fonte des glaces et au débordement du lac, qui dévalent à 80 km/h. en détruisant tout sur leur passage, jusqu'à 40 km. du volcan.

 

may18_devastmap.gif

 

Quand l'éruption s'arrête, le 18 au soir, le St Helens a perdu 430 mètres d'altitude; occupant la place de l'ancien sommet, un énorme cratère en fer à cheval ouvert côté nord, morphologie caractéristique en amphithéatre succédant à un glissement de terrain et à un blast, s'est formé. Mensurations : 3,2 km. sur 1,6 et 700 mètres de profondeur. Plus de 3 km² de roches entrainés dans l'avalanche et 1 km³ de magma craché par le volcan, ont libéré une énérgie équivalente à celle produite par 27.000 bombes atomiques type Hiroshima explosant en série.

 

Le nuage éruptif s'est déplacé principalement vers l'Est puis le sud-est, couvrant en une journée une part des Etats-Unis, pour faire ensuite le tour du monde en haute altitude dans la quinzaine qui suit l'éruption.

 

map_may18_ash_path.gif

Sources :

- Volcanism - H.U.Schmincke

- Volcanologie - Jacques-Marie Bardintzeff

- Volcans du monde - Maurice et Katia Krafft

- CVO - St Helens.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Yello.est-8093_b---TBoeckel.jpg

Superbe image du sommet de l'Eyjafjöll , prise en avril, moment moins "explosif".

avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel.

D'autres photos sur son site


05.05-Brynjar-Gauti-AP.jpgCes deux derniers jours, l'activité explosive a augmenté, l'activité effusive a, au contraire, diminué ... avec comme corollaire, une colonne éruptive plus haute et une chute de tephras renforcée.

Le panache de teinte foncée était noté à 9.000 mètres hier, entre 5 h30 et 8 h (observation visuelle par des pilotes de vols commerciaux) , pour osciller ensuite entre 4 et 6 km, et dérivant vers l'ESE sur les terres ,puis vers le S.

      Photo du panache prise le 05.05 , par Brynjan Gauti / AP

Eurocontrol annonce un obstacle à la navigation aérienne du fait que le nuage éruptif est monté graduellement jusqu'à 10.500 mètres, altitude de croisière des vols transatlantiques (au lieu du niveau 6.000 mètres observé ces derniers jours).

De fortes retombées de cendres sont décrites jusqu'à 70 km. du volcan, "où tout à viré au noir".

Le cinder cone sommital continue de croître, et le flot de lave au bas du Gigjökull est stationnaire depuis 2 jours.

 

L'activité sismique se traduit par des secousses de moindre magnitude - M2,2 de max. - localisées dans le conduit éruptif et sous la couverture glaciaire côté SE. Le niveau du trémor continue à décroître.

 

Les mesures GPS effectuées autour du glacier montre un "déplacement horizontal continu" : les stations THEY et SVBH, situées au sud du cratère, continue à dériver vers le sud; la station FIM2, située à l'est, montre une dérive vers le nord. Il y a donc une déformation sous le côté SE de l'Eyjafjallajökull.

 

eyja - GPS           Situation des stations de mesures GPS - document Institute of Earth sciences.


En ce qui concerne les eaux de fonte, après des pulsions remarquées les 2 et 3 mai, les niveaux sont redevenus constants le 4. La décharge au Gigjökull a diminué les 5 et 6 mai, et les eaux de fonte semblent provenir maintenant du côté Est du glacier. ces changements de direction sont à surveiller; une accumulation possible de ces eaux sous le glacier, et donc une décharge massive consécutive, sont à envisager.

 

L' analyse des prélèvements est attendue.

Update : prélèvements et analyses du 05.05.2010  - N.Oskarsson


analyse-laves-copie.jpg05.05.10 Niels Oskarsson copie fluot.


 

 

 

 

 

dates des analyses : de gauche à droite, 21.03 - 27.03 - 15.04 - 27.04 - 05.05.2010

 

 

Sources :

- IMO

- Institute of Eart Sciences.

- Thorsten Boeckel - Iceland - lien sur la photo

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

Les équipes de l'USGS établissent le 1° mai un nouveau point d'observation à seulement 8 km. du sommet; nommé "Coldwater II", il abrite des caméras et l'équipement de monitoring nécessaire et est agrémenté d'un mobil home pour les observateurs qui s'y relaient 24 heures sur 24.

 

MSH80_summit_area_from_north_05-03-80_bw_med.jpg                      Le bombement et sa surface craquelée le 03.05.1980 - Robert Tilling / USGS.


Le 7.05, après une accalmie de quinze jours, les explosions reprennent. Les panaches de vapeur et de cendres atteignent près de 4.000 mètres., et la boursouflure du flanc nord a 150 mètres de haut.

 

Yello.est-0284-copie.jpg  Bombement entre le 27.04 et le 17.05.1980  - Document in volcanism de H.U.Schmincke

  Notez le point de référence à Goat Rock qui s'est déplacé horizontalement de 18 mètres.


L'activité sismique se maintient : depuis le 20 mars, 2.550 séismes de magnitude supérieure à 3 ont été enregistrés. Un spécialiste affirme que l'on a constaté ici plus de séismes de magnitude 4 en quelques semaines qu'en dix ans en Californie.

Malgré cela, les habitants évacués maugréent contre la fermeture de la zone ...et Harry Truman, qui s'obstine à rester, devient un héros national.

 

MSH80_aerial_summit_crater_from_north_05-07-80_med.jpg                              Le cratère, le 7.05.1980 - photo C.Dan Miller / USGS.


Le 17 mai, le volcan reste calme; l'activité sismique a retrouvé son plus bas niveau observé dans le mois, avec seulement 18 séismes de M.>3. Cédant à la pression populaire, le gouverneur autorise une centaine de propriétaires à pénétrer dans la zone interdite pour y récupérer des biens.

Dans la journée, le géologue D.Johnston va faire des prélèvements de gaz sur la crête du gonflement, puis prend son poste à Coldwater II.

 

MSH80_USGS_geologist_DavidJohnston_sampling_fumarole_05-17-.jpgSur cette photo prise d'un hélicoptère le 17.05.80, David Johnston (dans le cercle rouge) échantillonne des fumerolles sur le "bulge" - USGS.

 

L'autorisation de pénétrer la zone interdite est renouvelée pour le dimanche 18 mai à partir de 9 heures.

Le cataclysme se déclenchera à 8 h.32 ! A une demi-heure près, le volcan faisait une centaine de morts de plus.

 

Demain, l'autopsie de l'éruption.

 

Sources :

- CVO - St Helens

- Volcans du monde - par Maurice et Katia Krafft - Ed. Flammarion.

- Volcanism - H.U.Schmincke - Ed.Springer.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Début avril 1980, activité de type phréatique : le volcan émet continuellement un panache de vapeur; un petit lac d'eau est permanent dans le cratère.

 

MSH80 steam blast from summit 04-06-80 copie                              Steamblast eruption le 06.04.1980 - document archives USGS.


La sismicité se maintient : nombreux séismes de magnitude 3 à 4.

Les équipes de l'USGS installent une nouvelle station sismique à Dog Heads.

 

msh_N-S_1980_xsec.gif

 

Le cône du Mont St Helens est formé de coulées basaltiques et dacitiques, avec deux dômes dacitiques, l'un sommital, l'autre, le Goat rocks dome, sur son flanc supérieur. Le sommet pré-éruptif du stratovolcan est parcouru de nombreuses failles, qui joueront un rôle déterminant dans l'évènement du 18 mai.

 

Le 12 avril, un épisode de trémor harmonique d'une durée de 27 minutes est enregistré; il se termine par un séisme de M. 4,5. Des photos aériennes et les tiltmètres confirment le gonflement du volcan.

 

 

05.1980 mouvementsUne intrusion magmatique cause, vers mi-avril, une inflation du flanc nord du volcan, le ratio moyen étant de 1,5 mètres par jour (allant jusque 2,5 m./j. d'après Schmincke)

 

  Graphique USGS mi-avril jusqu'à l'éruption.

 

Dans une interview donnée le 24 avril, le volcanologue David Johnston déclare à propos du gonflement des flancs :"tout semble indiquer que quelque chose est poussé vers le haut depuis l'intérieur; il semble que cela pourrait être du magma. Une telle déformation majeure est un cas extrême".

Depuis le 20 mars, on a enregistré 1.560 séismes de magnitude supérieure à 3, incluant plus de 200 épisodes de magnitude supérieure à 4.

 

MSH80_bulge_on_north_side_04-27-80-copie.jpg                           Le bombement - the bulge - du flanc nord - photo USGS le 27.04.1980.

 

  Up&down - 12.04.80-01.05.80Up&down - 08.79 -07.04.1980

 ces cartes de l'USGS illustrent les déformations marquant la zone sommitale du St Helens : à gauche, situation au 07.04.1980 - à droite, évolution entre le 12.04 et le 01.05.1980.


411crater - 11.04.1980Sur cette photo aérienne prise le 11.04.1980, la zone fracturée  - le bombement est de 300 pieds depuis le 07.04.80 - USGS.

 

Le 30 avril, le volcan reste calme, mais le gonflement continue direction nord. Le géologue David Johnston profite de l'accalmie pour échantillonner le petit lac qui s'est formé au fond du cratère.

 

MSH80_USGS_geologist_DaveJohnston_enters_msh_crater_04-30-8.jpg

Les scientifiques de l'USGS, inquiets de l'instabilité croissante de la zone de gonflement, lance une alerte ... suite à cette information, le gouverneur et le superviseur forestier décident de fermer certaines zones proches du volcan, une première zone étant réservée aux officiels et aux scientifiques, une seconde accessible uniquement de jour par les habitants et propriétaires munis d'une autorisation.

Pour la petite histoire, le propriétaire de l'hôtel-refuge, situé sur les bords du Spirit lake, refuse de quitter l'endroit. A 83 ans, Harry Truman décide de braver "sa" montagne, convaincu qu'elle ne lui fera aucun mal. (à suivre)

 

Sources :

- Volcanism - H.U.Schmincke - # the eruption of mount St Helens on 18 may 1980  - Ed.Springer.

- USGS/CVO - pre-may 18, 1980.

- CVO - Mount St Helens precursory activity

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

  Le volcan en "noir et blanc" :

En l'absence de nouvelles photos et de grands changements, quelques vues photogéniques...

 

eyjafjallajokull ali 2010.05.02

NASA image by Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 team. Caption by Michon Scott.

                                         Instrument: EO-1 - ALI 02.05.2010

 

Le sommet du volcan est en haut à gauche de la photo caché en partie par le panache de cendres, dérivant vers l'ESE., au dessus du glacier en "habits de deuil", recouvert de cendres.

Au nord du point d'éruption, des panaches blancs de vapeur d'eau signalent le point de rencontre entre la lave et le glacier.

 

 

04.05.10-ThVJonsson-Coast-Guards.jpg

                  L'Eyjafjöll et ses flancs noircis par les poussières - 04.05.2010

                                       photo Th.V.Jonsson.


04.05.---Thordis-Hognadottir.jpg

                 Les deux panaches et le côté nord du volcan recouvert de cendres

                      04.05.2010 - photo Thordid Högnadottir / Inst. Earth Sciences.

 

Sources :

- Nasa Earth Observatory

- Institute of earth sciences

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

L'activité explosive et la production de cendres ont augmenté hier dans la journée et un nuage foncé surmonte le cratère, qui a été mesuré à 280 x 190 mètres.

La lave est arrivée à 4 km. du cratère direction nord et forme une petite chute de lave tombant de la colline sous le glacier Gigjökull; le front de lave est marqué par l'émanation de gaz bleutés (SO2).

Les images radar montrent un accroissement de la taille des tunnels sous-glaciaires et du cône intracratérique, où des paquets de lave sont projetés à des centaines de mètres de hauteur.

Le glaciologue H.Björnsson estime que la langue glaciaire mettra beaucoup de temps à se remettre de l'éruption : actuellement les quantités de glace qui fondent dépassent de loin les quantités qui se forment annuellement; le glacier avait été "sauvé" par un mini âge glaciaire après la précédente éruption de ce volcan en 1821-23.

Par contre, aujourd'hui les effets du volcan vont se cumuler avec ceux du réchauffement climatique.

 

image-79113-galleryV9-ubow.jpg                     Document AP / der Spiegel non daté. - publié ce jour.


La hauteur du panache était observée hier à 15h30 à 5,8 - 6 km., dérivant en gros vers le SE, et des chutes de tephras sont constatées jusqu'à 80 km. du volcan. Des perturbations aériennes sont possibles sur le nord de l'europe : Ecosse, Angleterre, toujours sans coordination.

 

Le trémor a vu son niveau diminuer ; une dizaine de séismes de magnitude comprises entre 1,4 et 2,2, pour moitié en profondeur, pour moitié à quelques km. de la surface ont été enregistrés.


 

05.05---6h10-IMo.png

                               Localisation des séismes - 05.05.2010 à 6 h.10 - IMO


Update par l'IMO - 05.05 13h 40: intrusion magmatique

 

Une localisation précise des séismes enregistrés depuis le 3 mars montre que la source est d'abord en profondeur (23 km) , puis on assiste à une migration du magma vers le haut. Ceci indique que du "nouveau magma" a été injecté et poussé contre le magma préexistant, causant une différence de pression en surface; des changements horizontaux ont été enregistrés par les stations GPS, dispersées autour du glacier, dans les 48 dernières heures.

La distribution de l'activité sismique dans le conduit d'alimentation pourrait indiquer la localisation de la chambre magmatique, considérée comme se situant à une profondeur de 3 à 5 km. dans une zone où aucun séisme n'a été détecté.

 

T3-2010-1-5may-100505.png

 

         Activité sismique sous l'Eyjafjakkajökull en 04-05.2010 - Documents IMO


- séismes du 3-4 mai : cercles vert et bleu, d'abord en profondeur puis migrant en surface.

- séismes 2009 à 03.2010 : cercles gris

- étoile rouge : origine du séisme de M2,7 enregistré au début de l'essaim qui a précédé l'éruption de quelques heures.

- étoile noire à droite : localisation des fissures éruptives à Fimmvörduhals.

 

 

Sources:

- IMO

- Institute of Earth Sciences

- Iceland Revieuw

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

A quelques jours de la commémoration de cette éruption importante, le moment est venu de rappeler la séquence des évènements qui ont mené à ce cataclysme.

 

07msh30th-600x400

 

Le mont St Helens était le plus beau volcan des Cascades avant la destruction de son sommet le 18 mai 1980.

 

440px-Cascade_Range_related_plate_tectonics-fr.svg.png                            Carte de la tectonique de la chaîne des Cascades - document USGS.


Le St Helens est le volcan le plus actif de cette chaîne de jeunes volcans andésitiques/dacitiques, qui s’étend depuis le nord de la Californie jusqu’en Colombie Britannique (Canada); cette activité est confirmée par l’abondance de couches de poussières jeunes trouvées dans les sols, les sédiments lacustres et les marécages de cette zone.

 

Sthelens1980-avant.jpg     Le St Helens, la veille de l'éruption ... calme et beauté de ses formes symétriques.


Sur base de cette évidence, les docteurs Crandell et Mullineaux de l’USGS ont prédit une éruption probable du St Helens dans le siècle.

Dans une publication datée de 1978 ils déclarent : « Durant les derniers 4.500 ans, le Mont St Helens n’est jamais resté inactif plus de 500 ans. En fait, c’est le volcan le plus actif des Cascades. Le type de comportement du volcan suggère que sa présente quiétude ne va pas durer 1.000 ans. Au lieu de cela, une éruption est considérée comme possible dans le courant du prochain siècle, et peut-être même avant la fin du siècle présent. A cause du comportement variable du volcan dans le passé, nous ne pouvons assurer que la prochaine éruption produise des coulées de lave, des nuées ardentes, des tephras ou des dômes volcaniques ou encore une quelconque combinaison de ces manifestations volcaniques. »

 

Deux ans plus tard seulement, une dramatique série d’évènements allait se produire.

Les premiers signes de l’imminence d’une éruption du volcan St Helens, calme depuis 1857, furent une abondance de petits séismes qui débutèrent le 16 mars 1980 ; ils furent suivi par un séisme plus important le 20 mars à 15h.47 : magnitude 4,2 localisé à faible profondeur.

A partir du 21.03, on note une augmentation des séismes de faible magnitude ... les nombreux séismes saturent les appareils de mesure à midi le 25.03 et sont à leur maximum le 27 mars, date à laquelle on observe une activité éruptive.

PLOT_daily_earthquake_counts_mid-march_1980_med.jpg

MSH80_crater_first_day_from_north_03-27-80_med.jpg                          Le 27.03.1980 - photo du premier cratère sommital - David Franck / USGS.


Entre le 27 mars et le 18 mai, on assiste à plusieurs petites éruptions, probablement phréatiques ( on ne remarque que des émissions de fragments rocheux, mais pas de traces de nouveau magma).

 

MSH80_aerial_phreatic_eruption_from_north_03-28-80_med.jpg                               Eruption phréatique du 28.03.1980 - photo C.Dan Miller / USGS

 

  MSH80 st helens summit two craters 03-30-80 bw med

                               Un double cratère au 30.03.1980 - Photo R.Krimmel / USGS.


Demain, les évènements du mois d'avril...


Sources :

- USGS - Mount St Helens, Washington

- Cascades volcano observatory - Mount St Helens' 30 th anniversary

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

   Earthquake location   04 May 17:45 GMT

               Map of earthquake epicentres

          Time and magnitude of earthquake   04 May 17:45 GMT

04.05---17h45---2.png

               Graph showing earthquake timing and magnitude

 

Quelques séismes ont été repérés ce 4 mai, de magnitude comprise entre 1 et 3, et à des profondeurs différentes, étalées entre 20 km. et 1,1 km., sur un axe sud-nord; une augmentation du trémor a été signalée par l'Institute of Earth Sciences à partir du 03.05.

Les vents ont tourné au sud-est et poussent un nuage qui est monté hier vers 14h.30, selon les Coast guards, à une altitude de 5.000-5.500 mètres; il est monté plus haut que les jours précédents suite à des explosions plus importantes.

Alors que les instances Européennes discutent de mesures à prendre pour les vols aériens en cas d'éruption volcanique, les vols locaux sur l'Irlande sont annulés pour les heures à venir, mais les vols internationaux, passant sur zone ne sont pas affectés.

 

VAG_1272908173.png

 

Sources :

- Icelandic Met Office

- Institute of Earth Sciences.

- VAAC - London

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


« Y6K » est l’immatriculation d’un cygne chanteur équipé d’une balise satellite ; il était suivi le 16 avril par les chercheurs du WWT – le Wildfowl & Wetlands Trust – dans son périple migratoire qui devait le mener de sa zone d’hivernage en Grande-Bretagne vers son aire de nidification islandaise.

 

1243342500_600.jpg                              Cygne chanteur - Whooper Swan - Cygnus cygnus  - photo WWT.


Les vents orientés vers le sud-est ont poussé le nuage de poussières volcaniques, émis par le volcan Eyjafjöll lors de sa deuxième phase éruptive qui a débuté le 14 avril, en direction de l’Europe. Ces vents ont ralentit son approche, expliquant qu’il a mis quatre jours et demi pour traverser la distance qui sépare les îles Hébrides de l’Islande. Repéré le 16 avril à 10 h.46 à proximité du nuage, on le croyait perdu …mais il est arrivé le 17 avril dans une zone située à l’est de l’Eyjafjöll, et a bénéficié de 24 heures de repos dans des champs près de Höfn.

Il a contourné le nuage éruptif, mais on se perd en conjonctures ; a-t-il effectivement repéré le nuage en vol, et si oui, a-t-il modifié consciemment sa trajectoire ?

Seule certitude, il n’a pas été mis au courant de la fermeture de l’espace aérien européen.


        - En gris, zones touchées par la pollution causée par l'éruption du volcan Eyjafjöll (triangle rouge) au 19/04/10 mesurées à partir du sol jusqu'à 20 km d'altitude
- Ligne noire : trajet au 17/04/10 du Cygne chanteur Y6K suivi par satellite par le WWT
- Zones bleu clair : zones d'hivernage de l'Oie rieuse du Groenland
- Flèches bleu foncé: voies de migration printanière (avril-mai) de Oie rieuse du Groenland vers le Groenland, en passant par l'Islande
Carte: Ornithomedia.com

 

news210410_schema.gif

Voici le "twitt" émis par le Super Whooper blog :

Has Swan Y6K been caught by the volcano?

16 April 2010

Further to yesterday’s blog on the consequences of the Eyjafjallajökull volcanic eruption for Icelandic wildlife, including our whooper swans, we now are concerned to find that swan Y6K has chosen to migrate at just the wrong time! Having originally migrated direct from Iceland to Ireland last autumn, he moved via Kintyre to the area around the Solway in mid-winter. On 12th April he started heading north from Dumfriesshire and had reached the Outer Hebrides by the morning of 13th April. That evening he set off for Iceland and by early the following evening (on 14th April) he was more than half-way across. After spending the night on the water he made much slower headway on the morning of 15th April and seemed to be veering a little off course (northeastwards) before turning and heading northwesterly again towards Iceland yesterday afternoon. The latest data indicate that he was still about 100 miles from southeast Iceland this morning. So we wait for the next data download (scheduled for Sunday morning), to determine whether he’s merely assessing the situation before coming in to land, or whether the volcano may have caused him more serious problems during the migratory crossing.

 

 

Si les cendres sont dangereuses pour les réacteurs d’avion, qu’en est-il pour les oiseaux, spécialement en cette période de migrations ?


Le panache de cendres, propulsé à 6-7.000 mètres d’altitude, contenait de nombreuses particules de silice (57% de dioxyde de silice) très fine et de nombreux gaz toxiques (CO2 , SO2 , acides chlorhydrique et fluorhydrique).


4535844730_017f743fee_o.jpgCendres volcaniques récoltées en Angleterre - grossissement 400 x -  en haut à gauche, la sphère est un grain de pollen - les particules de silice translucides ressortent mieux sur un fond noir.

Photo Ian Russell .


Cet ensemble toxique pour le système respiratoire des mammifères l’est d’autant plus pour celui des oiseaux : le système respiratoire aviaire présente en effet une zone d’échange avec l’air beaucoup plus importante, les échanges respiratoires étant encore accrus en période d’exercice intense (vol migratoire).

C’est d’ailleurs pour cette raison que les mineurs utilisaient autrefois des canaris en cage pour détecter les niveaux de grisous dans les galeries souterraines.

 

4537847887_c31ecc8642.jpg             Voici la vision des oies avant de pénétrer le nuage de cendres - photo O.Eggertsson.

 
Dans certains secteurs, le nuage était plus bas et susceptibles d’être traversé par les oiseaux ; des journalistes ont d’ailleurs rapporté la pénétration du nuage par des vols d’oies ;  des agriculteurs auraient entendu ces oiseaux émettre des cris de détresse avant d’agoniser, le nuage ayant perturbé leur sens de l’orientation. Olafur Einarsson, du WWT, relève que des nuages très denses entraînant une obscurité totale ont stationné plusieurs jours de suite au-dessus d'une zone au sud-est du volcan très fréquentée par les Cygnes chanteurs (Cygnus cygnus) qui y stationnent après avoir traversé les étendues marines séparant l'Islande des îles britanniques où ils ont passé l'hiver.

Les chercheurs du WWT soulignent qu'avril est la principale période de migration de plusieurs espèces d'oies, et ils ont donc exprimé des inquiétudes pour les Oies cendrées (Anser anser), Oies à bec court (Anser brachyrhynchus), Bernaches cravants à ventre pâle (Branta bernicla hrota), Oies rieuses du Groenland (Anser albifrons flavirostris) et Bernaches nonnettes (Branta leucopsis) qui passent par l'Islande en avril avant de rejoindre le Groenland en mai.

 

shierm              Un groupe de bernaches nonettes et cravants en halte migratoire - © B.Duyck 2007


  Le Dr. Einarsson rapporte que des décès d’oiseaux ont été constaté lors de précédentes éruptions volcaniques en Islande, lorsque les aires de nourrissages ont été recouvertes de cendres. Par chance, la zone affectée particulièrement par le problème à l’heure actuelle, et comprise entre Vik et Kirkjubaejarklaustur (ouf) , est non essentielle pour le repos et la nidification du cygne chanteur, bien que proche de "Whopper airport" la zone la plus fréquentée par ces migarteurs.

 

Sources :

- WWT- Supper whooper - lien

- Ornithomédia - lien

- Are birds affected by volcanic ash ? Living the scientific life.

- The Avian Respiratory System: A Unique Model for Studies of Respiratory Toxicosis and for Monitoring Air Quality

Richard E. Brown, Joseph D. Brain and Ning Wang
Environmental Health Perspectives, Vol. 105, No. 2 (Feb., 1997), pp. 188-200

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog