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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Commençons par les îles du vent - Ilhas do Barlavento - situées au nord de l'archipel.

Sal , qui signifie "sel" en portugais, doit son nom à l'exploitation du sel à Pedra de Lume depuis 1833; la mine, en activité jusqu'en 1980, fit venir du monde sur cette île alors peu peuplée.
La construction d'un aéroport international, escale vers l'amérique du sud, eu un effet similaire au 20°siècle.
Elle est tournée vers le tourisme, grâce à ses plages de sable blanc et sa température clémente.

Sal est l'île la plus ancienne de l'archipel du Cap Vert, sa formation ayant commencée il y a 50 Ma par le biais d'un volcan aujourd'hui éteint; cette île, fortement érodée, est plate et sablonneuse ... soumise aux vents de sable en provenance du Sahara.
Les salines sont abritées par le cratère d'un ancien volcan, où la roche, l'eau et les minéraux forment une palette allant du brun au blanc rosé.

570_cap-vert_sal_pedra-lume_Math.Mouillet.jpg                          Cap Vert- île de Sal, Pedra de Lume - Photo : License photoMathieu Mouillet                                        les salines sont colorées par des micro-crustacés.

Lien vers le site de Pedra Lume - beGlob

Sal-orgues-basaltiques.jpg                   Cap Vert - ile de Sal - orgues basaltiques    -    photo jiherka.


Boa vista :
Cette île, austère et dépaysante, offre le calme de ses dunes de sable, de ses plages désertes, de petits villages aux maisons colorées et aux toits roses... de ruines aussi parfois, vestiges de l'opulence passée dûe au commerce du sel; ce n'est pas par hasard si la norma, célébrée par Cesaria Evora, est née ici.
Les rues désertes orientent les pas vers les étendues de dunes ou vers la plage, où seuls les cris des oiseaux marins répondent au bruit du ressac. C'est aussi un sanctuaire pour la reproduction des tortues marines.

Boa Vista -désert de Viana - Toons -Panoramio
            Cap Vert - Boa Vista - désert de Viana    -    Photo : License photoMathieu Mouillet

Sao Vicente :
Bien que d'origine volcanique, l'île est relativement plate, surtout dans sa partie centrale. Elle culmine avec le Monte Verde, à 774 mètres. Comme son nom l'indique, ses flancs sont recouverts d'un vert tapis de cisal et herbes sauvages qui contraste avec le reste de l'île, rocailleuse et désertique. Un parc naturel protège la trentaine d'endémiques répertoriées et l'avifaune qui niche dans les anfractuosités rocheuses.
Malgré l'érosion forte, quelques cratères sont encore visibles :Bela-vista-net-Sao Vicente-map
c'est le cas du volcan Viana, dans l'est de Boa Vista, c'est aussi le cas de la baie de Porto Grande , qui abrite de sa forme hemi-circulaire le port de Mindelo au nord-ouest.




 

570 cap-vert sao-vicente monte-verde

                     Cap Vert - Sao Vicente - Monte Verde    -    Photo : License photoMathieu Mouillet

 

Viana---Sao-Vicente---Schanen-JP.jpg

                         Cap Vert - Sao Vicente - cratère du Viana - photo Schannen JP.

 

Sao-vicente---Calhau---Francisco-Santos.jpg

                                       Cap Vert - Sao Vicente - Calhau - photo F.Santos.


Sao Antao : l'île des superlatifs : douceur des autochtones, canyons profonds, désert de pierre voisinant avec des paysages verdoyants et bien arrosés, un rhum local délicat...

L'immense cratère de Cova mène à la Ribeira de Paul, par un chemin tortueux ( 77 virages); bien alimentée en eau, on y cultive banane, goyave, canne à sucre, patate douce, dragonniers et arbres en fleurs ... le rhum qu'on y fabrique permet de se "requinquer" si les forces viennent à manquer !

 

570_cap-vert_santo-antao_ribeira-de-paul_M.Mouillet.jpg

             Cap Vert - Sao Antao - Ribeira de Paul, les 77 virages - Photo : License photoMathieu Mouillet

 

La Cova mène aussi à la ribeira Da Torre, sanctuaire pour les plantes endémiques qui s'étalent sur 1400 m. de dénivellé, passant de le forêt humide d'altitude à une végétation désertique.

On passe d'Aguas Calientes, la bien nommée, et des fragances de pin et d'eucalyptus , aux cultures en terrasse, en croisant dragonniers et aloe vera.

 


cap-vert santo-antao ribeira-da-torre - Mathieu Mouillet

                     Cap Vert - Sao Antao - Ribeira da Torre   -  Photo : License photoMathieu Mouillet

                                             
Sources :
- Cap Vert, entre ciel et mer - beGlob.com
- Jiherka :"Volcans - Le Cap Vert - Sal" : site de Jacques Kuenlin
- Global Volcanism Program - Sao Vicente

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

pointchaud-et-localisation.gif                           Localisation des principaux points chauds - Ceux qui nous concernent ici :
                             17 : Cap vert - 16 : Iles Canaries - 15 : Açores - 14 : Islande




Cap-Vert-Archipel - Sat Envisat copie
L'archipel du Cap Vert, avec ses deux groupes d'îles - Nasa Envisat modifiée .



Cette image a été réalisée en combinant trois vues prises au dessus de la même région par le
radar ASAR (Advanced Synthetic Aperture Radar) d'Envisat les 21 novembre 2006, 6 mai 2007
et 23 août 2009. Les couleurs de l'image résultent de variations qui sont intervenues entre
les prises de vues.
570_cap-vert_santo-antao_cruzinha-da-garca_M.Mouillet.jpg                       Cap Vert - Sao Antao - Cruzinha da Garca - photo M.Mouillet.

Comme les îles Canaries, les îles du Cap Vert ont une origine volcanique:
nées d'un point chaud intraplaque, elles ont un relief escarpé et sont couvertes de cendres volcaniques.

Malgré leur nom, elles sont pauvres en végétation. Leur climat est chaud et sec, fortement influencé par les vents : alizé du nord-est et l'harmattan du Sahara. elles ont un régime à deux saisons caractérisées : sèche de novembre à juin, pluvieuse de juillet à octobre, avec des tempêtes de sable en janvier-février.




L'archipel du Cap Vert doit son nom au Cap vert du Sénégal, la pointe africaine la plus proche. Les dix îles se divisent en deux groupes, selon leur position face aux alizés :
- les îles au vent - ilhas do Barlavento : Sao Antao, Sao Vicente, Sao Nicolau, Santa Luzia, Sal et Boa Vista.
- les îles sous le vent - ilhas do Sotavento : Santiago, Maio, Fogo et Brava.
D'une superficie totale de 4.030 km², elles sont peu peuplées : la densité moyenne est de 100 habitants /km².

Inhabitées jusqu'à l'arrivée des explorateurs Portugais en 1456, les îles du Cap vert devinrent colonie portugaise jusqu'en 1975, année où elles acquièrent leur indépendance.
L'histoire est marquée par deux périodes de prospérité : au 17° siècle, grâce au commerce des esclaves, puis à la fin du 19° siècle avec l'ouverture des lignes transatlantiques. Ces aires de prospérité furent entrecoupées de famines, dues à la sécheresse chronique liée à la déforestation et l'absence d'aide alimentaire.
Cette république d'inspiration socialiste jusqu'en 1990, avec le parti africain pour l'indépendance du Cap Vert, s'ouvre au multipartisme en 1990. Pauvre mais bien aidé par la communauté internationale, elle est bien considérée par les organismes d'aide aux pays en développement.

La musique est incontestablement la plus grande richesse de ces îles ... chanter est pour les Capverdiens une seconde nature.
Cesaria_Evora_2009.jpgLes morceaux les plus connus sont des mornas, balades langoureuses exprimant la saudade, cette nostalgie et mélancolie liée à l'exil et à la séparation, qui rapproche les peuples lusophones.
Les interprètes connus sont Bana, Tito Paris et Cesaria Evora (photo),
surnommée La Diva aux pieds nus, surnom dû à son habitude de se produire pieds nus, en soutien aux sans-abri, femmes et enfants pauvres de son pays.
On trouve d'autres styles musicaux : la coladeira est proche de la morna, mais d'un rythme plus enjoué, plus brésilien; le batuque et le finaçon sont des rythmes plus "africains" .


Faune et flore endémique :

La faune terrestre se limite à la faune "d'importation", par contre la faune sous-marine, mélange de faune tropicale et méditerranéenne, est très riche.
L'archipel est baigné par le courant froid des Canaries qui ramène en surface des eaux riches en plancton, ce qui a favorisé l'installation de plusieurs colonies d'oiseaux marins.
Le nombre d'espèces nicheuses est limité (36), mais on compte quatre espèces nicheuses endémiques strictes: l'Alouette de Raso (Alauda razae), dont les 45 couples ne se rencontrent que sur l'ilôt de Raso, le Martinet du Cap-Vert (Apus alexandri), la Rousserolle du Cap-Vert (Acrocephalus brevipennis) et le Moineau du Cap-Vert (Passer iagoensis).
Deux de ces espèces, à savoir l'Alouette de Raso (environ 250 oiseaux en 1992) et la Rousserolle du Cap-Vert (500 couples uniquement présents sur Santiago) sont très menacées.
La Frégate superbe (Fregata magnificens) et le Martin-chasseur à tête grise (Halcyon leucocephala) ne nichent que sur l'archipel dans tout le Paléarctique occidental.


Les zones de verdure sont rares et limitées à quelques zones sur les îles montagneuses; 10% de la flore est endémique et parmi ces espèces, domine le dragonnier, en particulier sur Sao Nicolau.

Et si vous êtes lassé des volcans, de la caillasse et des oiseaux, il reste de belles plages en particulier sur Sal ...

570_cap-vert_sal_santa-maria.jpg            Ile de Sal - plage de Santa Maria - photo Mathieu Mouillet / beGlob

Sources :
- Be Glob.com - guide du Cap Vert
- Routard Cap Vert
- Field guide to the birds of the atlantic islands - Avifaune de
  Macaronésie - par Tony clarke éd. Ch.Helm.
- Ornithomedia - les îles du cap Vert - lien
- African bird club -
liste des endémiques

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Restent à voir quelques îles, dont Gran Canaria, La Gomera, Hierro et Fuerteventura.

Gran Canaria :

La  Grande Canarie - 1532 km² - en position centrale dans l'archipel, est une île circulaire culminant à 1919 mètres . Les fonds marins sur lesquels elle repose ont une profondeur de plus ou moins 3.000 mètres.
Elle a la forme générale d'un bouclier, entaillé par de profonds ravins, les barrancos

Barranco-de-Los-Laderones---summitpost.jpg           Gran Canaria - Barranco de Los Laderones - Gangolf Haub Summitpost.

Géologie - formation - âge des éruptions:

CHAP_27-24.jpg                                      Schéma de H-U.Schmincke.

Différentes étapes de la formation de l'île Gran Canaria se reflètent dans les différents types de roches remarqués lors des forages effectués.
Selon M.Krafft, on distingue trois périodes :
- Première période : Le stade sous-marin daté de 16 Ma est caractérisé par des hyaloclastites (A) . Avec le stade d'émergence, de nombreuses coulées basaltiques , alimentées par des fissures, se superposent pour former un volcan-bouclier. (C)
Puis se met en place un "complexe trachy-syénitique" (brèches et ignimbrites) qui traduit des différenciations importantes au niveau de la chambre magmatique. Des coulées de phonolites terminent le cycle. (--> D)
- Deuxième période : après une période de calme de plusieurs millions d'années, caractérisée par une érosion active, la formation de Roque Nublo se met en place : des coulées de roches variées surmontées de brèches atteignent 700 m. d'épaisseur. Quelques dômes phonolitiques se forment en fin de cycle. (E)

Gran-Canaria--RoqueNublo---JToledo-flickr.jpg         Gran Canaria - Roque Nublo , caldeira de Tejeda - photo J.Toledo.

- Troisième période : après une nouvelle phase érosive, l'activité volcanique reprend. Surtout importante entre 2,5 et 1,5 Ma, elle se manifeste surtout dans la partie nord-est de l'île, avec la formation de cônes de scories et lapilli et de vastes coulées.

Il existe également des maars (Bandama, Marteles ...) résultants d'activité phréatomagmatique et des caldeiras bien conservées, e.a. la caldeira de Tejeda.

Caldeira-de-Tejeda-hiver--s-summitpost.jpg       Gran Canaria - la Caldeira de Tejeda envahie par des coulées nuageuses hivernales
                                               Gangolf Haub - Summitpost.




Gran-canaria---Marteles-maar---cinder-cones----A.B-copie-1.jpg                  Gran Canria - Marteles maar sur fond de cinder cones - A.Belousov GVP.

Une carte des risques volcaniques éditée récemment par l'AVCAN  nous montre que les zones à risques majeurs coïncident malheureusement avec les zones les plus urbanisées de l'île.

Presentan-un-mapa-de-peligrosidad-volcanica-de-la-isla-de-G
                                   Carte des risques volcaniques sur Gran Canaria - AVCAN 01.2010


La carte a été établie après une étude déterminant la situation géographique des éruptions ayant eu lieu durant les derniers 11.000 ans.
Vingt quatre éruptions ont été répertoriées, toutes dans le nord de l'île, et elles ont produit des cônes monogéniques à activité strombolienne et des maars; les intervalles entre les périodes de calme se réduisent de plus en plus et une éruption aura lieu ... la datation n'est pour le moment pas possible.

El-draguillo----E.-Gran-Canaria---Telde---Avcan.jpg                                 Gran Canaria - la coulée datée de l'Holocène "El Draguillo", situé dans
                         l'est de l'île - AVCAN.

La Gomera :

L'île est constituée de deux unités principales :
- le complexe basal, fortement altéré, et recoupé de nombreux dykes
- une série variée, comportant des trachytes, des phonolites et des coulées basaltiques empilées.

De superbes orguse basaltiques, visibles uniquement par mer, sont situées sur la côte nord de Gomera, près de la plage de Vallehermoso ... des verticales de plus de 80 mètres.

La_Gomera---Los-Organos.JPG                    La Gomera - "Los Organos"  - Edub / wikimedia.

El Hierro :

La plus petite des îles, avec 278 km², est formée d'un grand volcan-bouclier, né d'une succession de coulées basaltiques très épaisses.
Ces coulées ont été surmontées de venues ponctuelles qui ont généré des petits cônes et des coulées de basalte et trachybasalte.
La dernière éruption date de 1793.
Son nom , El Hierro - "l'île de fer", vient de ses spectaculaires falaises de couleur brun-rouille.

El-Hierro---Frontera--YAB.jpg
Les traditionnelles cultures irriguées ( huertas ) sont délaissées au profit d’exploitations éparpillées entre des cônes cendreux, alimentées en eau soit par des réservoirs ( aljibes ), soit par des puits car les précipitations sont rares. Il est difficile de reconnaître ici l’une des Hespérides où Hercule chercha les pommes d’or de l’immortalité, l’une de ces îles fortunées en qui l’on voyait un reste de la fabuleuse Atlantide - mais les îles extrêmes font toujours rêver.        
                        Wallpaper gratuit Yann Arthus Bertrand - photos de son film "Home".


Fuerteventura :


L'île de fuerteventura ne constitue en réalité qu'un seul édifice volcanique avec Lanzarote, dont elle est séparée seulement par un chenal peu profond, moins de 40 mètres.
Aucune activité volcanique historique n'a été répertoriée, mais l'aspect de certains cônes et la morphologie des coulées suggèrent que les dernières périodes d'activité ne datent que de quelques siècles (Krafft).

La désertification de Fuerteventura au cours des dernières années a entrainé l'arrivée d'oiseaux du Sahara.
De manière générale, de nombreux oiseaux des régions chaudes se déplacent au nord dans le contexte du changement climatique, soit pour fuir les conditions plus arides de leur aire d’origine, soit pour trouver les conditions plus chaudes des zones nordiques. Ce phénomène de déplacement de l’aire de répartition d’espèces d’oiseaux vers le nord a été observé récemment sur l’ensemble de la planète.
Fuerteventura deviendra un laboratoire de la biodiversité et de mesure de l'impact sur l'avifaune du réchauffement climatique :
Un état zéro des espèces présentes ici permettra de connaître avec exactitude l’avifaune inféodée à ces îles et mesurer à l'avenir l’amplitude du phénomène de l’invasion d’espèces d’oiseaux exotiques.

Sources :
- Global Volcanism Program - Gran Canaria
                                           Hierro
                                           Fuerteventura
- "Guide des volcans d'Europe et des Canaries" - M.Krafft & F.D. de Larouzière.
- "Volcanism" de H-U.Schmincke
- " Volvanic evolution of Gran Canaria reconstructed from apron sediments
   Vicap project drilling" par H-U.Schmincke et M.Sumita.
- AVCAN - Actualidad volcanica de Canarias
- Avcan - mapa de peligrosidad volcanica de la isla de Gran Canaria   19.01.2010
- photos de Gandgolf Haub - Gran Canaria - on Summitpost.org
- The catalogue of volcanic caves from El Hierro island -Vulcanospeleology

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La géomorphologie de Ténérife et son histoire volcanique nous ont montré nombres d'effondrements: formation de caldeira, vallée de Güimar et d'Orotava.


La destruction partielle de l’Edifice Cañadas est le résultat d’un affaissement soudain d’une grande partie de l’ancien édifice volcanique, vers le nord de l’île. Lors de cet évènement, survenu il y a 170.000 ans, plus de 100 km3 de la zone des sommets de l’île disparurent de manière presque instantanée.
Cette théorie d’affaissement massif se confirme en 1995, lorsque des spécialistes découvrent dans les fonds marins du nord de Ténérife, des dépôts de matériaux sous-marins considérables, ou dépôts d’avalanche, provenant de l’Edifice Cañadas original. Ces premiers renseignements furent fournis par le groupe britannique "Watts et Masson". Par la suite, en 1997, le groupe espagnol "Teide Group" confirma cette interprétation des fonds marins du nord de l’île. Le groupe fit des recherches dans ceux du sud, et y trouva des dépôts similaires en relation avec la vallée de Güímar, dont l’origine est analogue à ceux liés à la vallée de La Orotava.

 

En se basant sur l'analyse des dépôts sédimentaires marins on a pu montrer que ces îles volcaniques avaient été le siège d'une douzaines d'effondrements de grande ampleur au cours des derniers millions d'années, le dernier datant de 560.000 ans.

 

Rincon-0241.jpg                        Carte des zones de dépôts d'avalanches (en brun)  sur l'archipel des Canaries.

                               in "Volcanism" de H-U.Schmincke .


Les phénomènes qui sont engendrés par les effondrements dans la mer de flancs de volcan sont parmi les plus spectaculaires que l'on puisse trouver au monde. Il faut dire que les cônes volcaniques peuvent se constituer de différentes façons. Certains sont formés par des écoulements successifs de lave très fluide, qui se solidifie. Les pentes sont alors assez douces et il n'y a pas a priori de risque d'effondrement. Il n'en est pas de même lorsque ces cônes de déjection se forment par rejet de cendres, qui retombent en pluie.

Les risques sont particulièrement importants dans l'océan Atlantique, étant donné le nombre de volcans en activité qui s'y trouvent.

 

La Palma est a examiner dans ce contexte.

Les formations volcaniques de l'île sont axées vaguement N-S. (carte ci-dessous)

- au nord , la caldeira de Taburiente a un diamètre de 7 km., est entourée de pics - les Roques -dont l'altitude dépasse 2400 m. sauf en direction du SO. où elle s'ouvre sur l'océan.

 

Caldera-de-Taburiente---La-PAlma--TR.jpg            Caldeira de Taburiente - La Palma - Photo Th.Reichaert.

 

- au sud, le Cumbre Vieja, a été le site d'éruptions historiques répertoriées depuis le 15° siècle.

- En 1971, une éruption a formé le cône de cendres du Teneguia à la pointe sud de l'île; d'autres éruptions, d'origine fissurales, qui ont produit des coulées de lave atteignant la côte SO., avaient pour origine le cône San Antonio.

 

LA-Palma---VolcanTeneguia---Wesisnay-wiki.jpg

                       Le cinder cone du Teneguia - La Palma sud - Wesisnay / Wiki.

 

 

Le Cumbre Vieja est une structure typique de flanc de volcan instable. Ce volcan culmine à 2000 mètres au dessus du niveau de la mer avec une pente de 15 à 20° en moyenne. Au cours des derniers milliers d'année la distribution des bouches du volcan a créé une structure composée de rifts successifs La dernière éruption de ce volcan date de 1949.

Lorsque les géologues examinèrent cette structure récemment formée, ils constatèrent la présence d'un début de glissement de terrain, avec un retrait atteignant 4 mètres, et ce sur une longueur de 4 kilomètres au voisinage de la partie sommitale du volcan, ce qui n'était pas de très bon augure. L'examen détaillé de cette structure a permis de mettre en évidence une configuration typique de détachement d'une masse très importante, le long d'un plan de glissement déjà constitué.

Bref, ça ne demande qu'à lâcher...


Le suivi de ce volcan de 1994 à 1998 n'a pas permis de mettre en évidence une quelconque activité de cette structure. Mais cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas risque. En effet, entre deux éruptions ou secousses sismiques on a pu constater (Day and al. 1995) des réarrangements internes et des modifications du réseau de fissuration liés à l'action de nappes d'eau souterraines sous pression, emprisonnées dans les flancs du volcan. Ainsi ça n'est pas parce que le volcan n'est pas soumis à des secousses sismique qu'il ne travaille pas, n'évolue pas. Ces réarrangement des sols sont connus des volcanologues et se produisent entre deux éruptions. Ce raisonnement amène les auteurs à conclure que la prochaine éruption du volcan pourrait servir de déclencheur à un glissement très important, débouchant sur une catastrophe. Tout est en place pour cela.

La question est alors d'évaluer la masse qui pourrait être impliquée dans un tels glissement. La largeur de portion émergée de la plaque atteint 15 kilomètres (...). Des relevés effectués au sonar, sur les parties immergées ont permis de mettre en évidence des traces de glissements de plaques antérieurs. L'étude du terrain montre que le glissement pourrait se produire sur une longueur de 10 à 12 km dans la partie du volcan qui est immergée. Il est difficile de situer la profondeur du plan de glissement, ce qui aurait été possible si on avait effectué des enregistrements sismographiques lors de l'éruption de 1949.


tsuCanaryLaPalmaVolErupts.gif

                        Carte topographique de La Palma - situation du Cumbre Vieja au sud de l'île,

                                                     et dates des éruptions historiques.


 

Cumbre-Vieja---La-Palma---Moss---McGuire-GVP.pngSketch map of the Cumbre Vieja rift volcano showing the distribution of benchmarks, vents, and faults associated with the July 1949 eruption at La Palma. Courtesy of J.L. Moss and W.J. McGuire. - Global Volcanism Program


Le dernier effondrement qui s'est produit dans ce chapelet d'îles se réfère à la formation Cumbre Nueva et remonte à 566.000 ans. Ses traces sont parfaitement visibles. L'étude de la structure du volcan Cumbre Vieja indique que les masses impliquées dans un futur glissement représenteraient un volume de 150 à 500 kilomètres cubes. Dans cette hypothèse maximale la plaque ferait 25 km de long, 15 de large et 1400 mètres d'épaisseur. Cette masse mettrait dix minutes à s'étaler en produisant un cône de déjection s'étendant jusqu'à 60 kilomètres en mer en constituant un dépôt sur 3500 kilomètres carrés (...). . La profondeur de l'océan est alors de 4000 mètres. Il faut imaginer ce glissement de terrain comme ce qui se produit lors des nuées ardentes ou des avalanches. Le mouvement serait relativement rapide car la masse glisserait sur un lit de boue, réduisant la friction.


Les auteurs ont ensuite calculé le développement du tsunami qui en résulterait. Deux minutes après la rupture se formerait un dome liquide dont la hauteur atteindrait 900 mètres ( le volcan culmine à 2000 mètres au dessus du niveau de la mer ). Au bout de 50 kilomètres de course la hauteur de la vague atteindrait encore 500 mètres. A 250 km de distance du point zéro sa hauteur serait encore de plusieurs centaines de mètres. Bien évidemment, de telles vagues auraient créé des dégâts considérables sur les îles voisines. Quand la vague atteindrait la côte africaine sa hauteur se situerait entre 50 et 100 m. Le phénomène (voir cartes) est non isotrope et se developperait plus activement vers l'ouest.

 

Canaries2.gifCanaries3                 Simulation du tsunami possible consécutif à un effondrement massif du Cumbre Viejo .

                        Document St.Ward & S.Day - 2001 - réf. de l'article dans les sources.

                Sur chaque vignette, le délai en heures et les hauteurs de vagues selon la simulation.


Au bout de trois heures le tsunami atteint les côtes américaines et s'étend alors sur 180°. Au nord est, l'Espagne et l'Angleterre doivent quand même faire face à des vagues atteignant " seulement" 5 à 7 mètres. Il faut compter 10 mètres pour les vagues atteignant l'Amérique du Nord.


A titre de conclusion, Simon Day, universitaire britannique, co-auteur de l'article a affirmé au London Daily Express : " Toute la côte est américaine serait submergée par une vague haute de 200 pieds, balayant tout sur son passage sur plus de 20 km à l'intérieur des terres. La ville de Boston serait frappée la première, suivie par New York puis par Miami, les Caraïbes et le Brésil. Des millions de personnes pourraient être tuées. Il ne s'agit pas de savoir si le volcan va s'écrouler, mais quand il va s'écrouler ».

Tout cela défie l'imagination et nous montre à quel point nous restons minuscules par rapport aux moindres soubresauts de la Nature. Etant donné le délai de propagation ( 9 heures ) et le fait que le phénomène serait alors immédiatement signalé de très nombreuses personnes pourraient être évacuées. Encore faudrait-il qu'elles puissent trouver refuge sur des reliefs dépassant les vingt cinq mètre de haut. Je crois qu'on imagine mal quels pourraient être les dégats sur les régions côtières, si par chance on arrivait à minimiser les pertes en vies humaines. Les reliefs de la Floride étant peu accusés on peut dire qu'après le passage d'un tel tsunami le pays présenterait un aspect semblable au sud de Sumatra, le lendemain du 26 décembre.

(traduction partielle de l'article en référence).


Il ne faut pas tomber dans le catastrophisme !

Les inquiétudes proviennent de la modélisation du système... ces modèles sont critiqués par d'autres scientifiques : la probabilité de tels tsunamis n'est pas certaine, et les dimensions de l'atlantique laissent supposer une dissipation de l'énergie du tsunami lors du trajet.

Ces hypothèses se basent de plus sur une éruption qui provoquerait un collapsus brusque et total du volcan ... rien ne dit que toutes ces conditions seront réunies et que c'est ce scénario qui se produira.



Sources :

- "Cumbre Vieja volcano - Potential collapse and tsunami, La Palma, Canary islands " par Steven N.Ward - Institut de géophysique de la planète, Université de Californie & Simon Day, département de géologie - University College, London. - 2001

- "Volcano collapse generated megatsunamis : fact or fiction ?" par

Bill Mc Guire, S.Day, C.Kilburn & St.Ward

- "Evaluation of the threat of mega tsunami generation from postulated massive slope failures of island volcanoes on La Palma, and on the island of Hawaii " par G.Pararas- Carayannis - 2002 - lien

- "Volcanism" de H-U.Schmincke

- Global Volcanism Program - La Palma


 


 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Ash Plume from Batu Tara
NASA image satellite Aqua - by Jeff Schmaltz, MODIS Rapid Response Team at NASA GSFC. Caption by Robert Simmon.

Le Batu Tara, île-volcan isolé en mer de Florès à 50 km. au nord de Lembata, présente depuis le 14 mars des signes de nervosité : un panache de cendres et gaz est monté à 2.000 mètres avant de dériver vers le sud-ouset, passant au dessus de l'île de Florès.
Cette activité est confirmée par le VAAC de Darwin et le Modis du satellite Aqua de la Nasa.

Batu Tara Michael Thirnbeck GVP        Photo Michael Thirnbeck on GVP
        Peu de bonnes photos de ce volcan ; celle-ci prise en mars 2007 montre
        un panache blanc de vapeur, accompagné d'un petit nuage de cendres brun.

Le Batu Tara présente des similitudes avec notre Stromboli
-  ressemblance morphologique, il est entaillé sur son flanc Est d'une cicatrice d'avalanche de débris, qui canalise le produit de ses éruptions.
 - activité de tupe strombolien, repérée lors des deux seules éruptions recensées , dont celle de 2007.
Sa première éruption "historique" est datée de 1847- 1852, avec des explosions et coulée de lave.

Sources :
- Nasa Earth Observatory
- VAAC - Volcanic Ash Advisory Center
- Global Volcanism Program - Batu Tara


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Une curiosité ethnologique : les pyramides de Güimar.

Six structures pyramidales, à marches, d'âge non déterminé avec exactitude, de fonction et d'origine inconnues ...

galeria2_3.jpg                           Pyramides de Güimar - photo B.Werner

Des archéologues ont longtemps pensé qu'elles avaient été baties par des agriculteurs; ils auraient entassé ces pierres génantes, trouvées en traçant leurs sillons, à la lisière de leurs champs ... c'est pratique courante dans les îles Canaries.
Un acte de vente datant de 1854 n'en fait pas mention; elles apparaissent par contre sur un acte de division de 1881 ... il est donc probable qu'elle furent construite entre ces dates, et seraient contemporaines d'une mise en exploitation de ces terres pour l'élevage de la cochenille teinturière, en expansion à ces dates.
Il n'en reste que six sur les neuf que comptait Ténérife, les pierres ayant servi à construire d'autres édifices.

En 1991, Thor Heyerdahl, antropologue, amateur d'archéologie et de mythologie, étudia ces pyramides : il remarqua que les pierres situées aux angles portaient des marques faites par l'homme, que le sol avait été surélevé avant leur construction, qu'elles ne provenaient pas des champs environnants mais étaient d'origine volcanique... donc une disposition qui ne doit rien au hasard !

Guimar_BW_5--Berthold-Werner.JPG                         Le site de Güimar - photo Berthold Werner.

Ces pyramides ont de plus une orientation déterminée par les astres; elles possèdent des escaliers permettant d'accéder à une terrasse sommitale, et d'observer ainsi le lever du soleil au solstice d'hiver. Le 21 juin, au solstice d'été, on peut y observer le "double coucher de soleil" : le soleil se couche dans l'alignement des pyramides derrière une crête, la "Caldera de Pedro Gil" et réapparait ensuite à travers une ouverture rocheuse.
Mais par qui ont-elles été construites, quand et pourquoi ? Cela reste un mystère, qu'Heyerdahl a voulu lier aux pyramides Maya et à une traversée pré-Colombienne de l'atlantique.

L'endémisme sur les îles Canaries :


Cette appartenance d'un taxon végétal ou animal à une région bien précise, discutée dans l'article général sur la Macaronésie, trouve sur les Canaries quelques exemples particuliers.

Outre une laurisylve peu étendue, on y rencontre le remarquable dragonnier des Canaries.
800px-Drago_z05---Zyance-W.jpgCette plante arborescente à l'allure d'un grand parasol est une monocotylédone de la famille des Dracaenaceae : Dracaena draco.
Cet espèce a une exceptionnelle longévité :  à Orotava, sur Ténérife, un dragonnier détruit par un ouragan a été daté à près de 5.000 ans; de nos jours, les plus vieux exemplaires sont estimés à 600 ans.
Son port de palmier avec un feuillage dense reposant sur plusieurs troncs est particulier; de même, la résine, qui s'écoule de ses blessures et qui prend en séchant une couleur rouge, lui a valu le nom de "sang dragon". On lui attribuait des vertus magiques  et thérapeutiques; les anciens romains utilisaient sa résine comme colorant utilisés par les gladiateurs avant les combats. Le commerce de ce genre de colorant est prouvé par la découverte au Maroc de dessins rupestres réalisés avec de la résine de dragonnier.

 

528px-Dracaena draco                        Dracaena draco - Tenerife - photo R.Stosskopf
                  Le détail ci-dessus : photo Zyance.

Autre endémique : la Vipérine rouge, "El Tajinaste roja".

Buglosse-de-Tenerife---Tajinaste_rojo---Edub.jpg         Echium wildpretii - Vipérine rouge - flancs du Teide, caldeira Las Canadas - Edub/Wikipedia

Cette boraginacée est une vivace bisannuelle; présente la première année sous forme d'une rosette feuillue dense, l'inflorescence se développe ensuite pour donner cette colonne de fleurs corail pouvant atteindre de 1 à 3 mètres . Une sous-espèce, trichosyphon, est elle endémique de l'île de La Palma, et ses fleurs possède une corolle bleue.
En collaboration avec les abeilles, elle donne un miel clair et doux (AOC aux Canaries).
Une autre exclusive du volcan : la violette du Teide.

800px-Teidefink.jpg                                          Pinson bleu des Canaries - Fringilla teydea . - Bartkauz.

Le pinson bleu est une espèce de fringille endémique aux Canaries.
Deux sous-espèces s'y retrouvent : teydea vit à Ténérife et polatzeki à Gran Canaria.

Un lézard endémique à Ténérife et La Palma, relativement commun est devenu, de par son régime frugivore, une véritable nuisance pour les vergers. Il peut atteindre 40 cm., queue comprise et se repère facilement, grâce à ses ouïes de couleur bleue; son nom : Gallotia galloti.

Gallotia-galloti---lezard-endem.---Aplochromis.jpg
                    Lézard de Ténérife - Wikipedia - Monsieur est plus coloré que Madame.

D'autres endémiques sur "Vida de sol en Tenerife"

Sources :
- le site officiel des pyramides de Güimar
- Parc national des Canaries - lien
- Los lagartos gigantes de la islas canarias - lien
- Vida de sol en Tenerife.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages




Panorama_Teide-Los-Roques.jpg        La caldeira Las Canadas, les dykes et necks de Las Roques de Garcia et le Teide.


Teide-et--caldera-Canada---2002-Nasa.jpg           La caldeira Las Canadas et les volcans Pico Viejo et El Teide
          Image Nasa prise de l'ISS à 383 km. d'altitude.

Sur cette photo, on distingue bien la zone centrale du massif, dont le sommet est occupé par la gigantesque caldeira Las Canadas.
Cette caldeire elliptique, de 16 km. sur 9,
est limitée par une muraille verticale surtout marquée dans sa topographie vers l'est et le sud.
Sur son plancher situé à une altitude comprise entre 2000 et 2250 mètres, se dressent deux stratovolcans dont les sommets dépassent 3.000 m.
Le Pico del Teide, stratovolcan haut de 3718 m., a des pentes très raides (plus de 30°) nappées de coulées épaisses de trachyphonolite et phonolite noires, bien visibles sur la photo aérienne. Un petit cratère, de 70 m. de diamètre seulement pour 45 m. de profondeur le couronne; il émet encore actuellement des fumerolles de température égale à 80-90°C, qui altèrent intensémment les roches du sommet.
Sa dernière éruption remonte au XVIIe siècle ap. JC. La plupart des éruptions préhistoriques et historiques ont eu lieu sur des évents périphériques (Pico Viejo, Roques Blancos, Pico Cabras, Montaña Abejera) ou le long de la rift-zone nord-ouest (Chinyero, Garachico, Reventada, Chio). Lors des 10 derniers milliers d'années, une seule éruption explosive se serait produite dans la caldera (éruption sub-plinienne de Montaña Blanca, 70 av. JC). Cependant, des dépôts phréatomagmatiques ont été identifiés sur les flancs nord-ouest du Teide et autour du cratère du Pico Viejo.
Séparé de deux kilomètres, le sommet du Pico Viejo, haut de 3134 m., possède lui une petite caldeira de 800 m. de diamètre et 150 m. de profondeur, avec un cratère dans sa partie occidentale. Ses pentes sont moins prononcées : 20° environ. Il a émis d'innombrables coulées, pour la plupart de type a'a, qui se sont réparties radialement; les dernières sont sorties d'un cratère sur le flanc SO. en 1798.

pico_viejo---T.Schmitt.jpg           Le Pico Viejo, vu du Teide - Photo Thierry Schmitt.

Teide_and_Caldera_2006---J.Steckert.jpg         La Caldeira Las Canadas et le Pico del Teide - photo J.Steckert

Attention : si vous voulez aller au sommet, sachez que l'accès au 200 derniers mètres est règlementé et limité à 2 h. au sommet !
Il faut obtenir une autorisation préalable (copie document d'identité) auprès de 
Oficina del Parque Nacional
Horario: de 9 a 14 hrs de lunes a viernes (llevar fotocopia del DNI)
C/ Emilio Calzadilla, nº 5 - 4ª planta
Telf. 922 290129 - 922 290183
Fax: 922 244788
Correo electrónico:
teide@oapn.es
Apdo. Correos 1047 -
C.P. 38002 - Santa Cruz de Tenerife
     pour une date et un créneau horaire déterminés ( 9-11/11-13/13-15/15-17, mais dernier téléphérique à 16h.30)

A partir d'El Portillo, la route monte vers la Montana Rajada, centre éruptif qui a émis des coulées d'obsidienne phonolitique épaisses.
Ensuite une zone de sables volcaniques blancs: ce sont les dépôts de la Montana Blanca, appareil fissural qui a émis des ponces et lapilli trachytiques et phonolitiques lors d'éruptions subpliniennes.

Los Roques de Garcia , cette crête déchiquetée est composée de tufs et brèches agglomérées, recoupés de basalte et de phonolite en filons. Sa principale figure est un rocher rouge appelé Roque Cinchado. Ce dyke superérodé et debout encore par miracle est situé dans une zone hyper-protégée par les rangers du parc national; sans leur vigilance, de rares endémiques qui s'accrochent à ce terrain seraient écrasées sous les pieds des touristes.


The-Cinchado-rock-of-Los-Roques-de-Garcia-range.jpg      Le Cinchado - Las Roques de Garcia (dyke) et le volcan Teide coiffé de nuages.-
      Avec l'aimable autorisation de Marco Fulle
      Un clic sur sa photo vous mène à sa page sur Tenerife.

La-Tarta---depots-pyroclastiques.jpg          La Tarta - dépôts pyroclastiques séquentiels à partir de magmas basaltiques et phonolytiques
                                           photo Marco Fulle - Swisseduc.ch

Du parking, l'attaque du sommet se fait à pied ou en téléphérique, moyen d'accès rapide au replat de la Rambletta - 3550 m. - , trace d'un ancien cratère de 900 mètres de diamètre au centre duquel s'est construit le cône terminal.
La montée s'effectue le long d'une coulée de phonolite vitreuse noire.
Du sommet, la vue est spectaculaire vers le Pico Viejo, le dôme-coulée de Los Gemelos et s'étend par beau temps jusqu'aux îles avoisinantes.

Le retour s'effcetue par le même sentier vers le Parador de turismo, où si on a réservé, on peut passer la nuit et voir coucher et lever de soleil.
Los Azulejos est une zone où la roche claire se teinte de bleu et de vert en fonction de l'état de réduction du fer.

L'éruption du Chinyero, il y a juste un peu plus de 100 ans.

Le 18 novembre 1909, la terre tremble et se déchire soudain sur les hauteurs de Santiago. Le ciel rougeoit, puis s'obscurcit... pour les habitants, les anciennes croyances Guanches ressortent : c'est Guayota, l'esprit du feu, qui vient souffler sur les braises, pour rappeller aux habitants qu'ils ne sont "qu'invités" sur l'île, la Montagne de feu, toujours active sous leurs pieds.
Cent ans après, le cône et ses coulées de lave sont devenus Réserve naturelle , et le noir manteau de "picon" (les lapillis) sont habillés de pins endémiques bien verts ou de lichens, plantes pionnières sur les laves ...la vie reprend dans sa forme primitive.

chinyero.png                    Sur une vieille carte postale, le paysan est surpris par l'éruption du volcan.
                                   Centre de la photographie de Tenerife.

Le parc naturel de Corona jouxte le Parc national du Teide :

Tenerife---P.Ncorona-forestal--Alumnado-Modulo.jpg                   Le parc naturel  de Corona - cheminée de fée ou demoiselles coiffées.


Sources :
- Global Volcanism Program - Tenerife
- Swisseduc.ch - Tenerife and Pico de Teide - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu
L'examen de l'écusson qui orne la ceinture de karaté de ma petite-fille, sport qu'elle pratique depuis peu, m'a fait dévier cette fois vers le pays du soleil levant et le volcan Fujiyama.

Cette estampe, réalisée par Katsushika Hokusai, fait partie d'une célèbre série de 46 estampes éditées entre 1831 et 1833.

Elles représentent le Mont Fuji depuis différents lieux, et suivant les saisons. La série témoigne de l'intégration dans les thèmes de la tradition japonaise, la plus anciennes des représentations artistiques du Fuji datant du 11° siècle, des modes de représentations occidentaux et plus spécialement de la perspective que le peintre a découvert grâce à un artiste japonais, Shiba Kokan, qui fréquentait des hollandais, seuls autorisés à amarrer dans le port de Nagasaki.
"Les trente-six vues du Mont Fuji" est une des première série consacrée entièrement au paysage et réalisée en grand format ... ce qui révolutionna la peinture japonaise de l'époque.

Parmi les prelières parues, trois estampes se distinguent et connaissent un succès immédiat : "Le Fuji par temps clair, L'orage sous le sommet et La grande vague de Kanagawa".

Fichier:The Great Wave off Kanagawa.jpg
                           Image retouchée et détenue par le Bibliothèque du Congrès.

Kanagawa-oki nami-ura, la grande vague de Kanagawa :

Le Mont Fuji est l'élément principal, mais ne constitue pas le but essentiel de la série d'estampes  qui est l'illustration du rapport entre l'homme et la nature. Confrontation musclée où les pêcheurs, à bord de trois barques rapides utilisées pour le transport du poisson, doivent affronter d'énormes vagues dans la baie de Tokyo.

Le bleu de Prusse, pigment importé de Hollande seulement depuis 1820, est utilisé ici : cette couleur d'origine synthétique était fort appréciée des artistes japonais, parce qu'elle était plus stable dans le temps que les pigments naturels. Ils l'utilisèrent d'autant plus qu'ils étaient containts par la censure à n'utiliser qu'un nombre restreint de couleurs et qu'ils avaient réalisé les ressources qu'ils pouvaient tirer de ce seul bleu.
Toutes les estampes de la série ne sont pas fondées sur ce pigment, mais une tonalité bleue se dégage de l'ensemble ... "bleu de l'espace, bleu de l'éternité" , avec l'avantage matériel que ce bleu de Prusse gardait effectivement longtemps son intensité au contarire d'autres bleus.
(Kenneth White)

Hokusai lança une édition en "aizuri-e" , les estampes bleues, avant d'éditer une série avec les couleurs complémentaires.

Fichier:Tsunami by hokusai 19th century.jpg
                          Metropolitan Museum of Art - New York.

La composition a toujours été importante pour le peintre Hokusai : dans cette série, les formes géométriques y jouent un rôle essentiel; le triangle du Fuji est compris dans le cercle esquissé par les rouleaux de vagues.
Nelly Delay souligne cet aspect dans son ouvrage "L'estampe japonaise" :
«  Il émane d'elles tant de naturel et de spontanéité que l'on imagine mal qu'elles puissent être l'aboutissement d'un projet déterminé. Or, dès que cette idée vient à l'esprit, l'entrecroisement savant des lignes apparaît clairement. L'accent d'un point focal, d'où rayonne un éventail de directions pour le regard, la force des diagonales, qui divisent la composition en plans, prouvent que ces estampes, au-delà de leur climat poétique, s'adresse à notre sensibilité, tout autant qu'à notre esprit. Cheminer à l'intérieur de ces paysages est dès lors d'un intérêt accru. »


800px-La Grande Vague, Yin et Yang couleur origineLe travail se porte aussi sur la profondeur spatiale, avec le fort contraste entre l'arrière-plan et le premier plan : la violence de la grande vague, avec ses griffes d'écume, s'oppose à la sérénité du fond, vide. Symbôle du Yin et du Yang, l'homme se débatant entre les deux ... cette opposition se traduit au niveau des couleurs : le bleu s'oppose au jaune rosé de l'arrière-plan, qui est sa couleur complémentaire. Formes et couleurs réalisent la symétrie de l'ensemble.

                                                            Fichier:The Great Wave off Kanagawa - wave.jpg
                                                Détail des "griffes d'écume".

Les trente-six vues du Mont Fuji" ont révolutionné la peinture japonaise en imposant le paysage comme sujet à part entière, mais ont été aussi une source d'inspiration pour les peintres occidentaux japonisant du 19° siècle. L'influence d'Hokusai se sent chez Van Gogh, Manet, Degas et Monet, chez qui une huile de 1899, "Le pont sur un étang de nymphéas" s'isnpire de l'architecture orientale des ponts.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Ténérife, l'île principale de l'archipel des Canaries, offre une grande diversité de paysages et de curiosités naturelles : plages de sable blanc ou noir, végétation exubérante et bananeraies, champs de lave dominés par la silhouette du Pico del Teide, forêts de pins et laurisylve ... rien ne semble manquer à ce triangle volcanique paradisiaque, fortement attaché à ses racines Guanches.

Toponymie :

Ténérife est un toponyme d'origine berbère (Amazighe) Tin Irifi, signifiant "l'endroit de la soif".
Les romains l'appelaient Nivaria, dérivé du latin "nieve"- neige, faisant clairement référence à la couverture neigeuse du Teide. D'autres dénominations datent des 14 et 15° siècles et rappellent l'activité volcanique de l'île : Isla del Infierno - île du Diable.
Le volcan est en partie responsable du nom de l'île donné par les natifs du lieu : Tene - montagne et Ife - blanc ... ce qui rejoint la dénomination latine; plus tard l'hispanisation ajouta un "r" pour joindre les deux mots.

Quoi qu'il en soit, toutes ces dénominations illustrent bien l'endroit !

Formation de l'île :


Tenerife_LANDSAT-Canary_Islands-copie.jpg                                               Ténérife - image Landsat modifiée .
 

Les stratovolcans El Teide (prononcez "té-i-dé") et Pico Viejo sont les centres de l 'activité volcanique les plus récents sur Ténérife. Cette île de 2058 km² culmine à 3718 m. et possède une histoire volcanique complexe.
La formation de l'île et le développement du Teide peuvent se résumer en cinq grandes phases.

Teideform2.png
Phase un : sous l'action d'un point chaud intraplaque (*), le magma a percé la plaque africaine et déclenché des éruptions sous-marines à l'origine de la naissance de trois volcans à la fin du Miocène. Formés il y a 7 Ma, ces volcans boucliers forment la "série des anciens basaltes" et portent comme noms : Macizo de Teno, Macizo de Anaga et Macizo de Adeje. (aussi appelé Roque del Conde)
(*) :
La théorique la plus récente met en jeu une vaste anomalie thermique sous une zone qui s'allonge de l'archipel canarien au rif du Maroc septentrionale. L'alignement NE-SO des nombreuses failles et des épicentres sismiques, s'égrenant du Maroc à La Palma, soutiennent cette hypothèse.
Ils ont été construits en moins de 3 Ma; ces structures sont actuellement érodées et gisent sous les extrémités ouest, est et sud de l'île triangulaire.

Etapa 1 Teide Etapa 2 Teide








Situation intermédiaire stade 1 & 2                                        Période de repos.

Phase deux  et trois : Après la période juvénile, suit une ère de relatif repos et d'érosion qui dure 2-3 Ma.
Ensuite l'activité se concentre en deux zones : le massif d'Anaga et le volcan Las Canadas central
qui pourrait avoir atteint des proportions considérables : 40 km. de diamètre et une hauteur de 4.500 mètres.

Phase quatre : Il y a environ 160 à 220.000 ans, le sommet du volcan Las Canadas I s'effondre créant une vaste caldeira Las Canadas.
Deux théories coexistent quant à la formation de cette grande caldeira de 16 km. sur 9. La première, théorie classique de formation caldérienne, se réfère à un collapsus vertical du volcan après vidange de sa chambre magmatique suite à un large volume d'éruptions explosives.
La seconde fait référence aux mécanismes décrit sur Hawaii : la caldeira se serait formée suite à une série d'effondrements latéraux gravitationnels. Cette seconde hypothèse se fonde sur des observations terrestres et des études géologiques marines.
Ensuite, un stratovolcan, Las Canadas II se forme avant de subir un sort identique au premier. Son emplacement serait voisin de Guajara.
Las Canadas III et IV se forment ensuite dans le secteur Diego Hernandez de la caldeira.

Etapa_3_Teide---Societad-geologica-canaria.jpgEtapa_4_Teide.jpg









Phase 3 : Las Canadas                                                                Activité post-effondrement


Phase cinq :
- il y a 1 Ma, la Cordillera dorsal voit le jour suite à une activité fissurale; ses mensurations : 25 km. de long et une hauteur de 1.600 mètres.
- il y a 800.000 ans, deux glissements de terrain gravitationnels se produisent donnant naissance aux actuelles vallées La Orotava et Güimar
- il y a 200.000 ans, des éruptions débutent dans la zone Pico Viejo-Teide, dans la caldeira Las Canadas, au centre de l'île.


Etapa_5_Teide.jpg                         Ces images de synthèse sont fournies par la "Societad Geologica Canaria" et
                    illustrent des étapes "intermédiaires" par rapport au schéma de base.
                    Point de vue sud-ouest.

Le vieux massif d'Anaga :

Il abrite la laurisylve de Ténérife, relique florale préhistorique et les roches volcaniques les plus anciennes. Le vieux massif est constitué d'une superposition de coulées basaltiques alternant avec des pouzzolanes, recoupées d'un réseau dense de dykes de roches basiques.

Tenerife-massif-d-Anaga_2006--jens-steckert.jpg       Le massif d'Anagua - photo Jens Steckert 2006

107-rose-canarie.jpg         Orgues volcaniques "en gerbe ou en rosace" - Planet Terre - P.Thomas

Cette étrange formation nait quand la lave forme une intrusion plus ou moins cylindrique. Le refroidissement par la périphérie du cylindre entraine la formation de prismes perpendiculaires aux parois du cylindre (radiales) et dessine cette "rosace".

Pour suivre : Le Pico del Teide, après le week-end.

Sources :
- Guide des volcans d'Europe et des Canries - M.Krafft et F.D.de Larouzière.
- images de la Societad Geologica Canaria
- Planet terre - rosaces d'orgues - lien
- AVCAN - Actualidad Volcanica de CANarias

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

turrialba boletin tecnico 10marzo2010-8        Incandescence nocturne au Turrialba - photo E.Duarte 07.02.2010.
             les points rouges en haut à gauche : les antennes du volcan Irazu
             à leur droite, lueur du coucher de soleil sur le Pacifique.

Une photo nocturne du cratère ouest du Turrialba montre une incandescence ... ceci cumulé à une augmentation générale de la sismicité, avec une activité continue caractérisée par des tremblements et séismes de type LP, une inflation importante (centimétrique) au niveau de certains cratères, tous ces signes suggèrent une perturbation importante du système hydrothermal du volcan résultant d'une intrusion magmatique.
La couleur du panache indique la présence de dioxyde de soufre en quantité dans celui-ci.
En janvier2010, le Turrialba renouait avec les éruptions phréatiques pour la première fois depuis une centaine d'années ... il pourrait émettre prochainement de la lave, en plus des gaz et des cendres.

Sources :
Ovsicori-Una :
- Color de la pluma de gases y su incandescencia, V.Turrialba - lien
- Reporte sobre la actavivitad reciente en el volcan Turrialba -
   10.03.2010 - lien



http://www.ovsicori.una.ac.cr/# - rapport du 10.03.2010

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