Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Dans un examen volcanologique des Canaries, nous débutons par l'île de Lanzarote, la plus septentrionale.

Lanzarote_Timanfaya-pano-G.Keller.jpg           Lanzarote - parc national de Timanfaya - G.Keller

La morphologie de  Lanzarote est différente de celle des îles occidentales, avec peu de relief, de nombreux cônes de cendres et de scories, et de grandes étendues de lave.
Sa faible altitude est responsable en partie de son climat désertique, les nuages ne s'accrochant pas au relief. Ni source, ni ruisseau sur l'île ...ici il peut ne pas pleuvoir pendant plusieurs années.

Rincon 0243                           Carte géologique - Mitchell-Thomé 1976 in Krafft.
                          1: sables éoliens - 2: carbonates Miocène - 3: basaltes et pyroclastites
                                   série IV - 4 : basaltes et pyroclastites série III - 5 : basaltes... série II
                                   6: Basaltes ...série I - 7: trachytes - 8 : cratères.


La géologie de Lanzarote peut se diviser en 4 périodes:

1. Il y a 12 à 5 Ma (Miocène), les premières activités aériennes consistent en la superposition de couches de basalte et l'apparition de cônes pyroclastiques. Ces "basaltes de plateaux" sont visibles au N. - Famara - et au S. de l'île - Los Ajaches et Papagayo.          Série I.
L'activité devient sporadique ensuite et les éruptions reprennent il y a moins de 2 Ma.
2. Série II : Cônes et coulées basaltiques, maintenant érodés.
3. Série III : depuis10.000 ans, poursuite de l'activité, avec des morphologies bien conservées.
4. Série IV : volcanisme préhistorique et historique.
- au nord de l'île, des appareils volcaniques sont alignés NE-SO. : Quemodo de Orzola, la montana Corola, Los Helchos et la Quemada. Le Malpais (mauvais pays) est constitué par des laves émises par ces volcans; elles couvrent 50 km².
Le volcan Corona présente un cratère égueulé profond de plus de 400 m.; il a émis de nombreuses coulées de basalte à olivine, parmi lesquelles on retrouve le plus grand tunnel de lave, le Jameos.
  • Jameos del Agua : transformation faite par César Manrique d'un Jameo de l'éruption du volcan Corona. Il a su transformer ce jameo en une grotte spectacle. Dans la grotte on peut voir: des cascades, un lac intérieur, de la végétation exotique. Le jameo est formé par 2 grottes : un auditorium, situé dans la petite, y a été aménagé grâce à l'excellente acoustique naturelle de la cavité. Dans ce lac intérieur, c'est développé un crabe endémique albinos, aveugle et brillant, que Manrique a nommé jameíto et il est devenu l'image de cet endroit. Il y a aussi une exposition des flore & faune et des volcans du pays.

  • La Cueva de los Verdes : 7 Km. au travers du tunnel de l'Atlantide. C'est un tunnel construit par une coulée de lave en provenance du Volcan de la Corona il y a 4.000 ans. Il était le refuge des guanches pendant les attaques des corsaires.
_Lanzarote_CuevaDeLosVerdes---G.Keller.jpg                     La Cueva de Los Verdes - l'eau y est limpide et permet cet effet de miroir" - G.Keller

- des éruptions récentes sur les petites îles : Graciosa, Montana Clara, roque del Infierno et Alegranza.
- Les éruptions de 1730-1736 ont dévasté les meilleures terres cultivables de l'époque, recouvertes par des coulées de lave et des dépôts pyroclastiques. un témoignage de Don Lorenzo Curbelo, curé d'Yaiza, décrit le début du cycle d'activité :
" le 1° septembre 1730, entre 9 et 10 h. du soir, le terre s'entrouvit tout à coup près de Timanfaya, à 2 lieux d'Yaiza. Dès la première nuit, une énorme montagne s'est élevée du sein de la terre et, de son sommet, s'échappaient des flammes qui continuèrent à brûler pendant dix-neuf jours {...} Les nuages de fumée étaient fréquemment traversés par de brillants éclairs d'une lueur bleue et rouge, suivis de violents coups de tonnerre comme dans les orages, et ce spectacle était aussi effrayant que nouveau pour les habitants, car on ne connait pas les orages dans ces contrées ..."
- En 1824, les éruptions reprennent à Timanfaya . Une terrible famine s'ensuit et les habitants quittent l'île en masse ... depuis, grâce à des techniques agricoles de culture sur lapillis, le paysage s'est transformé pour retenir l'humidité des alizés et permettre d y faire pousser des vignes.

La_Geria_vines---Yummifruitbat-wiki.jpg                Lanzarote - Vignoble de La Geria - Yummifruitbat / wikipedia.

Lanzarote_LaGeria---G.Keller.jpg         Lanzarote - vignoble de La Geria - autre technique - photo G.Keller.

Le parc national de Timanfaya : sur la route de Yaiza à Tinajo, prendre la route à péage, et se rendre à Islote de Hilario, où seuls des bus vous permettront de visiter la zone, en suivant "la route des volcans" ; ce circuit long de 14 km. permet de voir - de façon "trop surveillée" - un hornito d'une taille impressionnante, le Manto de la Virgen, ensuite le panorama depuis le sommet de Montana Rajada, El Mirador : on peut y observer le tracé de la principale fissure éruptive jalonnée par une succession de cônes pyroclastiques et repérer un tunnel de lave dont le toit s'est effondré. Viennent ensuite la vallée de la Tranquillité (...éternelle pour qui s'y trouvait au 18°s.) et le complexe de la Montana de Timanfaya.

Lanzarote---Phill-Cornish-copie-1.jpg      Lanzarote - Timanfaya - photo G.Keller

Lanzarote_Timanfaya_NationalPark---G.Keller.jpg      Lanzarote - Timanfaya - l'hornito "Manto de la Virgen" - G.Keller

800px-Olivine-Reunion---TH.Caro.JPGBasalte à olivine
collection Th.Caro (La Réunion)

Les roches émises lors de l'éruption de Timanfaya sont des basaltes à augite et olivine; elles sont constellées de nodules de péridotite qui ont été arrachés au manteau supérieur et remontés par la lave ... cette abondance d'enclaves du manteau est un indice en faveur d'une remontée rapide
du magma, depuis sa zone de genèse dans le manteau supérieur jusqu'à la surface (Krafft).

On peut observer l'anomalie thermique qui perdure ici : 250 ans après le cataclysme, des températures de 400°C ont été mesurées à une dizaine de mètres de profondeur et localement les scories sont encore brûlantes. Le restaurant local cuit la viande à la chaleur du volcan, méthode originale à défaut d'être véritablement d'un intérêt gastronomique.

Au Sud-ouest de Timanfaya, un cratère en bord de mer et sa "laguna verde" : El Golfo, on y rencontre des cristaux d'olivine, pierre semi-précieuse utilisée sous le nom de Péridot.

Lanzarote_crater---laguna-of-ElGolfo---G.Keller.jpg      Lanzarote - cratère et laguna El Golfo - G.Keller
Lanzarote---El-Glofo---C.Hansen-photo.net.jpg      Lanzarote - El Golfo - les bords du cratère érodés par la mer - C.Hansen / photo.net

Au nord-ouest de Lanzarote, dans une zone datant de la fin de la seconde période d'activité - 3 à 5.000 ans - de trouve un cratère parfaitement circulaire de 1, 5 km. de diamètre : La Caldera Blanca. Ascencion : 30 minutes AR.

-Lanzarote_CalderaBlanca---G.Keller-W.jpg      Lanzarote - cratère La Caldera Blanca - G.Keller

Lanzarote---Caldera-blanca-google.jpg                        La Caldera Blanca - vue satellite recadrée / Google earth.

Sources :
- Global Volcanism Program - Lanzarote
- "Guide des volcans d'Europe et des Canaries" - M.Krafft et F.D.de Larouzière
- Parques Nationales - Timanfaya
- Olivine sur "webmineral" - lien vers la fiche
             sur Geowiki - fiche

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

CHAP_27-2.jpg
L'archipel canarien est formé de sept îles principales :Lanzarote, Fuerteventura, Grande Canaria, Tenerife, Gomera, La Palma et Hierro
, d'une superficie totale de 7.500 km².

776px-Map_of_the_Canary_Islands.svg.png
Construites sur un substratum où on retrouve de bas en haut :
- une croûte basaltique d'environ 180 Ma.
- une série sédimentaire mixte correspondant à la sédimentation marine dans l'atlantique et à des produits détritiques en provenance de la côte africaine.

Toutes ces îles sont d'origine volcanique. Les premières éruptions furent sous-marines, avec une accumulation de hyaloclastites et de pillow-lavas, avant l'émersion des îles. Les dynamismes furent ensuite variés, depuis des activités effusives jusqu'aux éruptions ignimbritiques.

Géochronologie :

Les roches les plus anciennes proviennent de Fuerteventura : entre 37 et 19 Ma.
Pour Lanzarote, le trachybasalte de la pointe Papagayo est daté de 19 Ma , les coulées basaltiques du nord de 12 à 6 Ma.
Grande Canaria : 18 à 14 Ma
Tenerife :les séries d'Anaga sont datées de 13,7 Ma au N. et 4,65 Ma au S.; la série Las Canadas de 1,54 à 0,6 Ma.
Gomera date pour ses plus vieux complexes de 15Ma; par contre les basaltes qui les surmontent datent de 11,6 à 5 Ma.
Hierro date de moins de 3 Ma.

CHAP_27-22.jpg Document : Volcanic evolution of Gran Canaria de H-U. Schmincke et M.Sumita

Donc, il ressort que les Canaries ont été le siège d'activités volcaniques depuis environ 20 Ma avec deux périodes plus intenses : entre 18 et 10 Ma, et depuis 5 Ma. Plus on se déplace vers l'ouest, plus les îles sont récentes.

Modèles suggérés pour l'origine des îles Canaries :

L'origine de ces îles est un sujet débattu au sein de la communauté scientifique. A ce jour, aucune théorie ne fait l'unanimité. Il est communément admis que le volcanisme océanique intra-plaque est relié à un point chaud. Cependant, la longue période d'activité de l'archipel ne colle pas parfaitement à ce modèle.

Plusieurs hypothèses ont été développées pour expliquer leur origine :
1. La théorie de la fracture propose l'existence d'une très longue fracture connectant les îles Canaries et les montagnes de l'Atlas. Lors d'une période d'extension, le magma emprunterait ce couloir. Les objections principales à cette hypothèse sont le manque d'évidence d'une telle fracture ainsi que l'absence de volcanisme entre l'Atlas et l'archipel espagnol.
2. La théorie du soulèvement de blocs tectoniques est basée sur l'évidence du soulèvement de différentes sections des îles. Un phénomène compressif engendrant un amincissement crustal serait la principale cause du magmatisme et du soulèvement des blocs formant les îles Canaries. D'occasionnelles diminutions des contraintes tectoniques auraient permis la remontée de magma. Ce modèle a été réfuté car il ne propose pas de mécanisme probant pour la genèse des magmas et n'explique pas la répartition spatiale et temporelle du volcanisme.
3. La théorie du rift des îles Canaries propose une structure régionale d'extension active au Cénozoïque. Les objections à cette hypothèse sont que la lithosphère autour des îles est d'âge jurassique et que les directions des dykes sont différentes dans les states sous marins des différentes îles.
4. Le point chaud classique. Un des problèmes soulevés par ce modèle est que la lithosphère océanique sous les îles Canaries est froide, alors qu'elle est habituellement chaude dans une région de point chaud. Le volcanisme sub-aérien montre une progression irrégulière vers l'Ouest. Certaines îles battent des records d'activité volcanique (depuis 39 MA pour Fuerteventura, par exemple) alors que d'autres montrent un arrêt de toute activité depuis des millions d'années. Contrairement au système de point chaud traditionnel, les îles les plus vieilles (les plus occidentales) ne présentent pas de phénomène de subsidence.

5. Un modèle unifié proposé en 2000 se base sur les théories des points 1, 2 et 4. De la théorie des blocs soulevés, il retient que les îles sont dues à l'action de forces tectoniques compressives. De la théorie de la fracture, il retient le rôle de l'existence d'une fracture régionale pour la mise en place du magmatisme. Du modèle du point chaud, il retient que les îles doivent leur origine à une anomalie thermique.
(Eric Reiter - Terre & volcans)

Les études géophysiques ont montré que le Moho était situé à 16 km.sous Ténérife et à 11 km. à l'ouest des îles.
De grandes failles, à jeu vertical important ont été mises en évidence sous les Canaries.

Rincon 0240Document M.Krafft - Guide des volcans d'Europe et des Canaries.

Instabilité des îles volcaniques et risques naturels :

Les îles volcaniques sont caractérisées par un cycle construction-destruction, cette destruction étant liée à des éruptions, des glissements de terrain et autres effondrements.
Dans le cas des canaries, un risque de catastrophe naturelle pèserait sur tout le pourtour de l'océan atlantique du au fait de l'instabilité prévue de l'île de La Palma et de son volcan Cumbre Vieja.
Ce point mérite d'être développé dans un chapitre particulier.

Histoire :

Les canaries étaient sans doute habitées vers 3.000 av.JC; le peuplement se serait fait en deux vagues : des hommes de Cro-Magnon d'abord, des berbères d'afrique du nord ensuite, au cours du 1° millénaire av.JC.
Les îles urent touchées par les phéniciens puis par les égyptiens, à la recherche d'argent, d'étain et de pourpre.
Les romains connaissaient ces îles et Pline l'ancien cite "Canaria", ainsi nommée parce qu'un grand nombre de chiens y vivait.
A partir de la seconde moitié du 13° siècle, des aventuriers génois, portugais ou castillans y firent des rapines au détriment de ceux que l'histoire appellera les Guanches, de gwan chin, "les enfants du grand volcan", habitants de Tenerife.

canarie-gdc-las-palmas-museecanari-venus-guancheDéesse de la fertilité Guanches.

En 1312, les îles sont redécouvertes par le génois Lanceletto Malocello qui aborde à Lanzarote et lui lègue son nom.
En 1402, un conquistador français, Jean de Béthencourt, aborde à son tour ... dès lors, ces terres lointaines allaient lier leur destinée à celle des pays européens. S'en suivent des luttes durant des années entre guanches et Espagnols. En 1495, les guanches sont écrasés et subissent l'anéantissement de leur culture jusqu'à perdre leur langue.
Una anecdote liée à la volcanologie : Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, naturaliste et géographe, intéressé par la botanique et la volcanologie, correspondant de l'Institut de France, publie en 1804, un "Essai sur les îlles fortunées" et "Voyage dans les quatre principales îles des mers d'afrique", où il s'intéresse à Ténérife dans le deuxième chapitre
Texte complet : http://humboldt.mpiwg-berlin.mpg.de/Bory_LiSe/

Sources :
- "Volcanism" de H-U.Schmincke
- "Volcanic evolution of Gran Canaria reconstructed from apron sediment" de H-U.Schmincke & M.Sumita
- "Guide des volcans d'europe et des Canaries" de M.Krafft & F.D.de Larouzière
- "L'archipel des Canaries" par Eric Reiter - Terre & volcans
- "Canaries" - guide Evasion


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Nouvelles brèves du Erta Ale données par Swisseduc.ch :

Rafaël Werndi signale un niveau exceptionnellement éléve du lac de lave, qui se trouve à seulement une vingtaine de mètres sous le bord du pit crater sud. (situation mi-février 2010) Son diamètre est d'environ 100-110 mètres et des débordements occasionnels observés.
Un hornito, fort actif dans le cratère nord, produit des explosions stromboliennes, avec éjection de scories et petites coulées de lave.
L'activité de ce volcan-bouclier semble être en recrudescence.

Photos sur Stromboli on line - Specials.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Bien que vous l'ayez sans doute déjà vu dans d'autres médias, je ne résiste pas au plaisir de vous transmettre cette info :
             une dizaine de villes chiliennes ont bougé vers l'ouest
suite au séisme de 8,8 qui a frappé la zone le 27 février dernier.

chile_eq_zoom1a

 

Cette analyse a été initiée par le projet de mesures GPS utilisé pour quantifier les mouvements de la croûte terrestre au Chili, depuis 1993 à l'initiative de Mike Devis, Ohio.

Des mesures comparatives faites récemment, par l'Université de Hawaii, ont montré que la ville de Concepcion a bougé vers l'ouest de 3,04 mètres, et que Buenos Aires, situé bien loin de l'épicentre, s'est trouvé déplacé de 3,9 cm.

Cette zone de subduction active intéresse particulièrement les géophysiciens, qui comptent ajouter une cinquantaine de stations GPS pour suivre dans les prochaines années les mouvements et déformations de la croûte terrestre.

 


Chile_EQ_SAM

Images: University of Hawaii


Le GFZ de Potsdam a pour sa part étudié la chronologie des évènements du 27 février : durant les 134 premières secondes suivant le séisme majeur, seule la région autour de l'épicentre fut active. Durant la seconde minute, la zone active s'est déplacée vers Santiago situé au Nord.

Ensuite ce fut au tour de la zone située au sud de Concepcion a subir des répliques pendant un court laps de temps. (mesures effectuées par le réseau de mesures GEOFON du GFZ.



Rupture Propagation After Southern Chile’s Maule Earthquake. © GFZ.

Le GFZ , qui étudie la collision entre la plaque Nazca et la plaque sud-américaine depuis 1994, a constitué une banque de données bien fournie ; les derniers séismes mesurés permettront de faire une comparaison entre la tectonique avant et après le 27 février, ce qui n'a jamais été fait jusqu'à présent. J'attend avec impatience de pouvir transmettre une "carte tectonique avant et après".

Sources :
- Université de Hawaii, via Wired Science.

Read More http://www.wired.com/wiredscience/2010/03/chile-earthquake-moved-entire-city-10-feet-to-the-west/#ixzz0hlPlkDgw

- Fire Earth : Chile earthquake, a complicated fracture

http://feww.wordpress.com/2010/03/10/chile-earthquake-broke-earths-crust/

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
280px-Selvagens-copie-1
Les îles Selvagens (en Portugais) appelées aussi Savage islands, îles sauvages portent bien leur nom.
Ces îles arides, où les périodes de sécheresse peuvent dépasser trois ans, n'abritent que des oiseaux marins et une flore endémique abondante.

Selvagens islands
Cet archipel est situé à peu près à mi-distance entre Madère et Les Canaries; il est constitué de
plusieurs îlots et trois îles principales : Selvagem grande, Selvagem Pequina et Fora.
Elles furent découvertes en 1438 par Diego Gomes, un navigateur portugais, lors d'un voyage de la Guinée vers le Portugal. Appartenant à quelques familles portugaises influentes, disputées entre l'Espagne et le Portugal, elles furent attribuée à ce dernier en 1938, qui les transforma en réserve naturelle, inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2002.

Origine :

Comme les autres îles de Macaronésie, ces îles ont une origine volcanique. Sur Selvagem grande, des cônes de volcans éteints furent retrouvés, e.a. Atalaia.
Ces îles sont fortement érodées; elles présentent des falaises et sont entourées de récifs rendant leur abord délicat.

Faune et flore :

Les îles sauvages sont un lieu de nidification de plusieurs espèces d'oiseaux pélagiques de l'ordre des Procellariiformes :

Ils sont appelé de façon générique "Cagarra" par les Portugais.

Cagarra_Selvagem_Pequena---Puffin---Coimbra-68.jpg         Cagarra sur son nid, dans une cavité rocheuse sur
              Selvagem Pequina - Coimbre68.
 

Le seul oiseau terrestre nicheur est le pipit de Berthelot.


Pipit-de-Berthelot.JPG  Pipit de Berthelot - Anthus berthelotii - Selvagen islands

Sources :

- Savage islands - wikipedia
- Selvagen faune & flore - lien

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Enorme masse rocheuse sortie de l'océan, il y a 8 millions d'années seulement, elle a été formée par la coalescence de quatre grands centres éruptifs qui en constituent l'arêt centrale. L'île se divise en deux parties séparées par cette arête, la Ribeira Brava et la Ribeira de Sao Vicente.


pico do ariero           Pico do Arieiro, masse basaltique - Madeira.com

A l'est de cet axe, se trouvent les plus hauts sommets volcaniques : le Pico Ruivo (1861 m.), le Pico das Torres ( 1851 m.) et le Pico do Arieiro (1818 m.) et un grand plateau élevé : Paul da Serra, la dernière éruption y est datée de 4500 av.JC.

madere.gif

Pico-das-Torres-de-P.de-ariero---D.Bartel.jpg   Le  Pico das Torres, photo prise du Pico do Arieiro - D.Bartel.

Le relief général est très abrupt : 65% de sa surface a une pente supérieure à 25% ... ce qui aggrave les dégats des pluies importantes, comme il y a quelques semaines.

Sur la côte sud, la falaise de Cabo Girao est l'une des plus hautes du monde, avec 589 mètres. Une vue à couper le souffle ... et on ne se rend pas compte que sous la falaise, les fonds les plus proches sont à moins 2.000 mètres.


Cabo-girao.jpg              La falaise de Cabo Girao - Madeira live

Mad-Sao-Lourenco-03.jpgLes affaissements des zones centrales ont obstrué les filons d'alimentation. Les réactivations internes ont provoqué des fractures et des fissures dans lesquelles la magma a trouvé son chemin, provoquant des éruptions fissurales, qui donneront naissance à des dykes.

Dyke à la Punta de Sao Lorenço.

2915761018_d5820eb003_o-copie.jpg

Mad-Sao-Lourenco-Pedra.jpg          Dykes et Pedra de Sao Lorenço - Madeira .com

Les Ribeiras, ces gorges profondes, ont été formées par les secousses sismiques et l'érosion éolienne et marine. Ces refuges naturels furent occupés par les populations anciennes qui n'étaient ainsi pas visibles de la mer et des attaquants potentiels. Curral das Frairas, aussi surnommé "la vallée des Nones" illustre bien ces refuges, le village est niché dans un cirque montagneux, peu accessible encore à l'heure actuelle.


Curral-das-Freiras-2.jpg          Curral das Freiras - Madeira.com

D'autres curiosités, tout autant d'origine volcanique : les piscines naturellement creusée par l'érosion marine de Porto Moniz, ou des arcs de lave.

Porto-Moniz.jpg              Porto Moniz - piscines naturelles

-Madere--arc-de-lave-copie.jpg               Arc de lave en bord de mer - Madeira.com

Des orgues basaltiques existent aussi sur l'île, mais exploitées sous forme de carrières.

Une autre spécialité de Madère, non volcanique mais humaine, est liée à une mauvaise répartition naturelle des eaux de précipitations;  pour amener l'eau nécessaire aux cultures et à la vie tout simplement,du nord-ouest arrosé vers le sud-est plus propice à l'habitat et l'agriculture, les hommes ont construit tout un réseau de petits canaux, parfois en surplomb ou en tunnels : les levadas.

  Levada-des-25-fontaines_Madeira.jpg

                 Levada des 25 fontaines - J.Schmalberger.

Les portugais commencèrent à creuser ces canaux d'irrigation au 16° siècle, grâce à la main d'oeuvre fournie par des esclaves et des forçats, puis d'ouvriers salariés. Ces levadas permettent, outre l'irrigation, la production d'électricité; ce réseau, long de 2150 km. et qui nécessite un constant entretien, est emprunté par les randonneurs, mais attention certains tronçons sont très dangeureux d'accès; les risques de chute sont réels et le franchissement de tunnels nécessite le port de frontale et de casque.

Levada.jpg             Une levada parmi les pins et les agapanthes - A.Tarazzi

Source :
Global Volcanism Program - Madeira

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


Neuf jours après le séisme du Chili, une violente secousse a été ressentie cette nuit en Turquie, à 4 h 32 en heure locale. Le séisme s'est produit dans la province d'Elazig, dans la partie est du pays, à 625 kilomètres de la capitale Ankara et 45 km. de Bingol.

La magnitude a atteint 5,9 d'après les services de l'USGS. Une vingtaine de répliques ont ensuite été ressenties. Les dégâts semblent importants. Plusieurs villages auraient été entièrement détruits et le dernier bilan fait état de 57 morts et de l'arrêt des recherches. La région est faiblement peuplée (64 habitants au kilomètre carré contre 94 pour la Turquie et 112 pour la France métropolitaine).

 

Magnitude 5.9
Date-Time
Location 38.852°N, 39.949°E
Depth 10 km (6.2 miles) set by location program
Region EASTERN TURKEY
Distances 45 km (30 miles) W of Bingol, Turkey
65 km (40 miles) ENE of Elazig, Turkey
105 km (65 miles) SSE of Erzincan, Turkey
625 km (390 miles) E of ANKARA, Turkey
Location Uncertainty horizontal +/- 6.2 km (3.9 miles); depth fixed by location program
Parameters NST=197, Nph=197, Dmin=437.2 km, Rmss=1.08 sec, Gp= 40°,
M-type=teleseismic moment magnitude (Mw), Version=9
Source
  • USGS NEIC (WDCS-D)


Géologiquement, cette région est située à proximité du croisement entre la faille nord-Anatolienne et la faille sud-Anatolienne. Cette région est le siège de fréquents séismes.

 

neic_tpac_w.jpg                     Major Tectonic Boundaries: Subduction Zones -purple, Ridges -red and Transform Faults -green

Un séisme de magnitude 6,4 a eu lieu dans la même région, à 15 km. de Bingol, en 2003.

 

http://feww.files.wordpress.com/2010/03/tectonic-map.jpg

 

   Situation du séisme de 2003 faille sud - pratiquement à la même position que celui de 2010 .

                                                                       Document Fire earth - wordpress.

 


extrusion-bloc-anatolie-Egee.gif                      Zones de subduction, grandes failles et direction des mouvements tectoniques

                                                                                 Document CNRS-IPGP

 

 

Sources:

 

- Fire Earth

- USGS Earthquake Hazards Program

- CNRS département tectonique

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


L'archipel de Madère, région autonome du Portugal, est constitué de deux grands groupes d'îles volcaniques.

- le groupe "Madère" : l'île de Madère (727 km²), Porto Santo et qq. îlots (43 km²) et les Desertas (4km²) formés de 3 îlots: Deserta grande, Bugio et Chao.

- le groupe "Selvagens" : Selvagem grande, Selvagem Pequena et Fora. (4 km² en tout)

 

                      Le groupe "Madère" :

690px-Madeira topographic map-fr.svg

Madère, qui constitue 90% des terres de l'archipel, est probablement connue depuis l'antiquité, e.a. par les intrépides navigateurs Phéniciens.

Elle entre dans l'histoire en 1351, avec des documents géographiques arabes et florentins. Des explorateurs portugais, Joao Gonçalves Zarco et Tristao Teixeira, se réfugièrent à Porto Santo, nommé ainsi en reconnaissance de leur sauvetage. La colonisation portugaise démarra l'année suivante. L'archipel devint un point de relâche à l'époque des grandes découvertes ... Christophe Colomb y séjourna et y épousa la fille du gouverneur de Porto Santo, Perestrello, par qui il put connaître des cartes marines qui ont aidé ses découvertes futures.


Géologie et tectonique :

 Comme les autres îles macaronésiennes, elle est d'origine volcanique et surtout basaltique. Elle est formée par la coalescence de quatre grands centres volcaniques qui ont joué un rôle essentiel dans la formation initiale de l'île et constituent l'ossature élevée de sa partie centrale. Le volcanisme de Madère est associé à une fracture océanique et comporte plusieurs épisodes d'activité éruptive, d'abord sous-marine explosive au Miocène supérieur, puis subaérienne au Pliocène et au Quaternaire. S'épanchèrent alors d'abondantes laves basaltiques (basaltes à olivine, hawaïtes, mugéarites, benmoréites et trachytiques en moindre volume), accompagnées de grandes quantités de produits pyroclastiques. L'activité se termine des phonolites trachytiques, des rhyolites et des pantellerites. Les dernières éruptions ne remontent qu'à quelques milliers d'années.

 

La géomorphologie de Madère, avec des falaises au Sud et au Nord, est surprenante pour une île volcanique de « point chaud » que l’on croyait située sur la même dorsale atlantique que l’archipel des Açores. En réalité, son substratum repose sur un plan presque horizontal, rattaché au plancher océanique dans les zones profondes du manteau terrestre, ce qui explique l’uniformité de l’ensemble des falaises et sa stabilité. Aucune secousse sismique importante n’a été enregistrée depuis sa découverte.

 

Des plongées en bathyscaphe au large de Madère ont permis de découvrir par environ 1200 m de profondeur un dispositif morphologique attribuable à un cratère ou une petite caldéra. Entre 900 et 1700 m de profondeur, des formations volcano-sédimentaires interprétées comme des hyaloclastites d'origine explosive ont été observées. Nous sommes conduits à supposer que ces formations ont été déposées initialement à des profondeurs moins importantes et illustrent les phénomènes de subsidence dont a du être le siège l'archipel de Madère par suite de l'importance de l'épaisseur de la série volcano-sédimentaire (plus de 6000 m).

 


Pico-ruivo.jpg   Le Pico Ruivo, second plus haut sommet de l'île.


 Son relief tourmenté, sculpté par l'érosion, est spectaculaire avec des sommets déchiquetés culminant à 1861 mètres au Pico Ruivo. Elle est entaillée de gorges profondes (les ribeiras) qui découpent d'impressionnantes falaises côtières. Les ribeiras et les contreforts montagneux, difficiles d’accès, sont restés sauvages. Les cultures en terrasses s’étagent de la mer jusqu’à 700 mètres d’altitude. De 700 à 1000 mètres, c’est le domaine de la forêt primaire (la laurisylve), et au-dessus, un univers essentiellement minéral de lave et de cendre volcanique.

 

Faune et flore :

 

L'isolement géographique et le peuplement tardif ont favorisé un endémisme important.

L'avifaune dénombre divers endémiques : Roitelet, pétrel, pinson des arbres...de Madère, pigeon Trocaz, sans compter les nombreuses sous-espèces locales : bergeronnette des ruisseaux, moineau soulcie, pipit de Berthelot, faucon crécerelle ... (birds checklist)


Pinson-male-Madere---Fringilla-coelebs-maderensis----Caldei.jpg             Pinson des arbres de Madère 

            Fringilla coelebs madeirensis. - photo Madeira birds.


De par l'humidité atlantique, son relief accidenté, sa latitude subtropicale et l'influence du Gulf stream, Madère possède une flore d'une grande richesse. La Laurisylve, couvre 16% de l'île et 150 km², ce qui en fait la plus grande entité de Macaronésie. Lauriers et bruyères arborescentes côtoient des plantes endémiques telles que l'orchidée, la digitale ou la vipérine de Madère. Amaryllis, agapanthes, fuchsia, hortensias ... toutes ces plantes fleuries se sont échappées des jardins et ont colonisées Madère, lui donnant son surnom "d'île aux fleurs".

 

Orchidees-des-rochers---laurisylve-de-Madere.jpg         Orchidée des rochers - Laurisylve de Madère.

 

Autre particularité de Madère : son vin.

 

Avec des variétés classiques et un goût distinctif dérivé d’un procédé hors du commun, le vin de Madère est devenu célèbre et leader sur le marché mondial.

Le développement du vin de Madère a commencé grâce au riche sol volcanique, au climat propice et à une diversité de cépages importés de nombreux endroits du monde. Le premier étant la vigne Crete Candia Malvasia de Venise, remontant au XIIIe siècle. Ce n’est pas une surprise puisque Venise était le leader en commerce de vin de la Méditerranée avec des opérations menées dans toute l’Europe.


Pipas_de_vinho_Madeira.jpg                 Pipas de vinho Madeira. - Wikipedia.


Le processus de maturation du vin de Madère fut découvert totalement par hasard ; les conditions difficiles d’expédition, la brise maritime et la chaleur des voyages tropicaux ont développé des goûts différents qui ont rendu le vin encore meilleur et plus fort. On dit qu’au XVIe siècle, pour les plus longs voyages, le vin de Madère était renforcé à 20 % d’alcool pour supporter les conditions de navigation. Cependant, le tangage du bateau et le fait de traverser l’équateur faisait accélérer le processus de vieillissement du vin et le faisait chauffer comme dans un sauna. Les longues expéditions étaient de rigueur jusqu’en 1794, période où l’on a commencé à utiliser la science pour le procédé.

Les Madériens, étonnés par la transformation, commencèrent à créer diverses techniques, telles que la méthode de chauffe, estufa “hot sauna”, par laquelle le vin est chauffé jusqu’à une période de 3 mois à une température de 50 °C.  L’autre méthode traditionnelle s’appelle Canteiros, une méthode de vieillissement par laquelle le vin est stocké pendant 20 à 100 ans à la chaleur naturelle. Ces méthodes sont toujours utilisées à l’heure actuelle.

 

Sources :

- Madère, une île volcanique atlantique par G.Kieffer - CNRS.

- Origin and geochemical evolution of the Madeira-Tore Rise (eastern North Atlantic) par J.Geldmacher & al.

 

Origin and geochemical evolution of the Madeira-Tore Rise (eastern North Atlantic)

- Observations en bathyscaphe de formations volcano-sédimentaires aux environs de Madère - par G;Bellaiche et JL.Cheminée - CNRS

- Madeira live - vin de Madère

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu
A la fois pour ne pas quitter le Macaronésie, et parce que le sujet n'a été qu'effleuré, je reviens vers ces dessins, ces peintures que l'on rencontre dans les ports de ces îles sur le chemin des amériques.

Pico-HortaFaial---wiki.jpg La "galerie" du port d'Horta, face au volcan Pico - Wikipedia.
 

Objets spontanés, nés de l'imagination, du coeur des marins au moment de leur angoisse devant les dangers de la mer, ou pour conjurer ceux-ci, ils expriment la relation entre l'homme et la nature, entre l'homme et le ciel.
Parfois maladroites, naïves, ces représentations sont souvent artistiques, toujours documentaires : représentation de navires, de drapeaux, de dieux marins, de sirènes...

lili-2002.jpg "Lili 2002" - port d'Horta - Faial - Açores - photo A.Guir.

Au départ, gestes de dévotion, de reconnaissance, on leur donne le nom d'ex-voto... don votif, objet ou représentation promis à la suite d'un voeu. c'est un "marché" : le marin, à la merci des éléments déchaînés, face à une mort probable, implore le ciel, les dieux, promet un "don", en échange de son salut. Voeux de toutes sortes, dans toutes les religions, de tous temps, les ex-votos revêtent différentes formes: sculptures, maquettes (de bateau), coquillages, inscriptions et graffitis.


On n'examinera ici que cette dernière forme.
Une photographe, peintre de formation, Annie Guir a passé beaucoup de temps à analyser et photographier ces ex-votos propitiatoires sur la jetée de la marina de Horta, sur l'île de Faial aux Açores.
Dans son analyse, elle distingue différents types d'ex-votos:
- gratulatoire : se rapportant à un fait précis, il s'agit d'une action de grâce pour la protection obtenue
- commémoratif : à la fin d'une traversée ou d'une carrière, le marin le remet, comme marque d'une protection constante. Il rappelle le souvenir du péril en mer.
- propitiatoire : avant une grande traversée, on cherche à s'attirer "les bonnes grâces" ... certaines superstitions incitent le navigateur à accomplir ces dessins ..."propices" au bon déroulement d'une aventure : et même si on n'y croit pas, on le fait quand même ..."on ne sait jamais !"

A Horta, à Funchal ou Porto Santo, aux Açores comme à Madère, les navigateurs laissent une trace de leur passage, en écrivant le nom du bateau, la date et souvent les prénoms des coéquipiers ou des passagers.

arctic_antartic_wandering_albatros.jpg "Arctic to antartic 2006" - Horta - Faial - Açores - document A.Guir

Portugal_Acores-PortoSanto14GT.jpg   "Le Petit Prince" - port de Porto Santo - Madère - photo G.Tane

Sources :
- "Mémoire sauvée du vent - Un rite de traversée à Horta, aux Açores" - par Annie Guir
- Galerie de photos d'Annie Guir
- Les ex-votos marins à travers le monde - lien
- "Les ex-votos propitiatoires de l'archipel des Açores et de Madère" - par Georges Tane sur
http://skreo-dz.over-blog.com


Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Ce riche archipel, composé de trois groupes d'îles, révèle encore quelques superbes sites volcaniques dans le groupe le plus proche de l'europe, avec Sao miguel, Santa Maria et les Formigas.

Sao Miguel présente une structure variée : un massif ancien à l'est de l'île, le complexe de Povoçao; trois stratovolcans à caldeira, Sete Cidades, Agua de Pau et Furnas. Ces massifs volcaniques sont reliés entre eux par des alignements récents de cônes de scories : la région des Pics.

Sete Cidades, ce stratovolcan est connu pour sa grande caldeira (5 km. de diamètre et 350 m. de profondeur moyenne) qui abrite deux lacs de cratère, Lagao Verde au sud et Lagoa Azul au nord. Des dômes trachytiques habillent ses flancs.
Cette caldeira se serait formée en trois phases, datées de 36.000, 29.000 et 16.000 ans. Le volcan a connu 22 éruptions post-caldeira, et des éruptions surtseyennes à faible distance des côtes, la dernière datant de 1880.

Sete_cidades_twin_lakes---U.Sverdrug.JPG          Sao Miguel - Caldeira de Sete Cidades - le ciel couvert ne permet pas de différencier les
          couleurs verte et bleu des Lagoa Verde et Azul - photo U.Sverdrug.

Agua de Pau est un stratovolcan central, doté de deux caldeiras imbriquées : l'externe, de 4 km. sur 7, s'est formé il y a 30 à 45.000 ans. Elle abrite une caldeira interne, de 2,5 km. sur 3, formée il y a 15.000 ans et emplie partiellement par un lac de cratère : le Lagoa do Fogo - "le lac de feu". Des dômes post-caldeira habillent les flancs nord et ouest.
Au cours de 5 000 dernières années, sept éruptions très explosives se sont produites dans la zone sommitale, dont la célèbre éruption dite du "Fogo A" datée de 4 640 av. J.-C.  Cette éruption plinienne fut la plus importante connue dans l'archipel des Açores produisit 3,2 km3 de ponces et fut à l'origine de coulées pyroclastiques et de lahars.
La dernière éruption trachytique date de 1563. Quelques sources chaudes sont situées sur le flanc NO. du volcan, témoignant de son potentiel.

Sao-Miguel---Agua-de-Pau-lago-do-fogo---R.wunderman-smith.jpg

                Sao Miguel - Agua de Pau, Lagoa do Fogo  -  photo R.Winderman - Smithsonian inst.

 

 

Lagoa_das_Furnas-_ilha_de_Sao_Miguel-_Arquipelago_dos_Ac.JPG

                                                    Sao Miguel - Lagoa das Furnas  - photo wikipédia.

 

Le volcan Furnas est situé à l'extrémité est de Sao Miguel, ce stratovolcan est actif depuis 100.000 ans. Deux caldeiras caractérisent sa structure actuelle; elles sont emboitées, la plus vaste date de 30.000 ans, et s'est constituée à partir de l'émission d'une nappe d'ignimbrite, dite de Povoaçao.

Les ignimbrites (de ignis, feu et imber, pluie) sont le produit d'éruptions extrêmement violentes, qui s'expriment par l'émission de coulées pyroclastiques (coulées riches en gaz, chargées de particules chaudes, progressant à très vive allure) issues pour la plupart d'édifices volcaniques à base très large qualifiés de strato-volcans.

Les ignimbrites du Furnas sont des ignimbrites fiammées, où des éléments vitreux ont été étirés.

L'autre caldeira date de 12.000 ans environ et abrite le Lagoa das Furnas.

Ce volcan très actif a connu au cours des 5.000 dernières années dix éruptions subplinienne à caractère phréatomagmatique marqué, dont deux lorsque l'île était peuplée. La première s'achevait en 1440, au moment  de l'installation des premiers colons, la dernière provoqua la mort de 200 personnes en 1630. Il est considéré comme dangereux.

Il existe une zone de fumerolles et de mares de boue bouillonnantes à l'extrémité nord du lac. Un secon champ fumerollien est situé dans le village de Furnas auquel il donne un atmosphère particulière... vapeurs, odeurs, bruits, tout participe à rendre ce lieu étrange. Une trentaine de sources,  avec des propriétés et températures propres à chacune d'elles - entre 15 et 60°C -, avoisinent des vasques bouillantes et quelques geysers; les eaux sont riches en bicarbonate sodique, en bore et fluor, et dégazent du gaz carbonique à raison de 50 tonnes par jour.

 

800px-Caldeira_fervendo-_Vale_das_Furnas-_Povoacao-_ilha_.JPG                   Sao Miguel - Vale das Furnas , caldeira fervendo - photo Luis da Silveira.


Ces zones géothermales sont utilisées par les locaux pour cuisiner leur ragoût : le Cozido, servi dans les restaurants. Choux, carottes, pommes de terre et patates douces, boeuf, poulet, boudin noir et chorizo mijotent dans un faitout enveloppé de liges et plongé à 60 cm. de profondeur ... le volcan et le temps font le reste ! Bon appétit !


Santa Maria : morphologiquement, l'île est constituée à l'ouest d'un plateau uniforme, érodé et dénudé dont l'altitude n'excède pas 200 mètres. Sa partie orientale, séparée de la précédente par une chaîne montagneuse - la Serra Verde -, est plus accidentée et relativement boisée ; ce contraste se manifeste par un habitat différent, de type villages-rue à l'ouest et dispersé à l'est.

L'île est d'origine volcanique mais son histoire géologique est complexe: c'est l'île la plus ancienne de l'archipel des Açores et elle a connu plusieurs phases d'édification et d'érosion intense depuis la fin du Miocène. Elle a également connu des phases d'immersion liées à d'importantes transgressions marines. Ce contexte explique la présence de quelques formations sédimentaires intercalées dans des formations volcaniques subaériennes ou sous-marines.

Son volcanisme s'est vraisemblablement exprimé entre 8 et 2 millions d'années et il est considéré comme éteint aujourd'hui. L'île de Santa Maria est épargnée de l'activité sismique intense qui caractérise sa voisine São Miguel ; toutefois elle a connu quelques rares tremblements de terre au cours de son histoire.

 

Formigas_Islets_-_no_watermark.jpg                                 Les Formigas - Wikipédia.

Les îles Formigas, connues aussi sous le nom "banc des Formigas", sont les sommets d'un vaste banc rocheux situé au NE. de Santa Maria. Composés par des coulées basaltiques, ces rochers parsèment une vaste zone de 9.000 m²; seul un phare dépasse des rochers, signalant ce piège parcouru de dangereux courants. Leur intérêt réside dans la riche faune marine que ces rochers abritent.

Prochaine destination : Madère.


Sources :
- Global Volcanism Program - Sete Cidades
                                         - Furnas
                                         - Agua de Pau
- The Formigas bank - WWF - lien

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog