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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

" PAROLE AUX LECTEURS " :

Carole Hardy Brignard m'envoie des photos intéressantes du pit crater Nord du volcan Erta Ale situé dans le triangle Afar en Ethiopie. Ces photos ont été prise dans la deuxième quinzaine de novembre lors d'une expédition réalisée avec "Aventures et Volcan".

Hornito-pit-N---C.Hardy-09.jpg

                               "Spatterrisation"  du hornito -    © Carole Hardy Brignard


P1060371-copie.jpg

                                                                                 © Carole Hardy Brignard


Le puit d'effondrement Nord n'avait plus qu'une activité fumerollienne depuis 1986-87 et sa surface était recouverte d'une épaisse croûte figée et sombre.
En novembre 2009, le pit crater nord présente un hornito fort actif qui projète de la lave par à coups, et produit de petites coulées Pahoehoe, signes que le niveau de la lave se trouve juste sous la surface.
Cet hornito serait apparu en février 2009.
L'activité est confirmé par Tom Pfeiffer, un volcanologue allemand, fondateur et manager de "Volcano Discovery", qui est passé à cet endroit lui aussi en novembre dernier.

erta_ale-11.09-T.Pfeiffer.jpg                                  Le pit crater nord du Erta Ale et ses hornitos dont un actif.
                                            avec l'aimable autorisation de Tom Pfeiffer
                        D'autres photos de son expédition de novembre 2009 sur Volcano Discovery.

Cette activité débouchera-t-elle sur "un deuxième lac de lave actif" au Erta Ale ? ... je le souhaite, mais seul l'avenir nous le dira !

Entretemps, nous pouvons revenir sur "la vie tumultueuse de deux lacs de lave" ( in Carnets de trek - Guy de saint-Cyr) :

04.1972-J.Varet-GVP.png                                           La caldeira du Erta Ale en 1972 - J.Varet , in GVP.

La présence de deux lacs de lave est attestée pour la première fois en 1967 par Haroun Tazieff et une équipe mixte CNRS-NR.
En 1971, des observations aériennes signalent une augmentation importante de l'activité : les 2 lacs de lave sont agités de fontaines et présentent de fortes variations de niveau.
Février-mars 1972 : toute la surface du pit crater N. est occupée par un lac actif et la lave du pit crater S. déborde dans la caldeira. Les débordements des 2 lacs de lave se poursuivent en 1973-1974, avec des coulées recouvrant les flancs sud puis nord du volcan.
En 1976, le pit crater N. ne mesure plus que 100 m. de diamètre.
Entre 1984 et 1986, les lacs sont stables, avec des niveaux variant à une profondeur comprise entre 70 et 110 m.
Des photos satellites attestent de la disparition du lac de lave du pit crater N.en février 1987.

En 1992, le pit crater N. a repris se dimensions initiales - 300 m. de diamètre - avec d'abondantes fumerolles.

099009-copie.jpg
                                    La caldeira du Erta Ale -  le pit nord dégaze fortement.
                                              photo aérienne de Jürg Alean 2002 , in GVP.


ethiopie-2007-192-copie.jpg                                    Le pit crater N dégazant fortement en fevrier 2007 -   © B.Duyck

                      evol.2002-2009-GVP.jpg
          Evolution des deux puits d'effondrements entre 2002 et 2009. - Fitsch et Weber / GVP.

Lexique :
- hornito : cône volcanique, générallement de petite taille, formé par
              l'agglutination de lambeaux de lave chauds retombés
              encore liquides et soudés entre eux.
- spatter cone : petit cône formé par l'accumulation à chaud de
              lambeaux volcaniques.

Sources :
- photos de Carole Hardy Brignard, que je remercie pour son partage
  d'images.
-
Volcano Discorvery : agence de voyage sur les volcans, avec antennes
  en Allemagne et en France.
- Global Volcanism Program - Erta Ale
- Carnets de trek - Guy de Saint-Cyr.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Monte_Etna_San_Gregorio_di_Catania_2001.jpg                                L'Etna enneigé, photographié de San Gregorio di Catania - 2001 - Wikipedia

Un tableau synoptique des tremblements de terre du 19..12.2009 sur l'Etna permet à la fois de repérer leur grand nombre et les deux épisodes majeurs de magnitude 4,3 (5 h36) et 4,6 (9 h01).




15137 1284328357730 1515764014 30748226 8101756 n
Seismograms of the "ESPC" station located at Monte Serra Pizzuto Calvarina on the south flank of Etna, showing the sequence of earthquakes of 19 December 2009 between 04 and 16 h GMT (local time -1). The two major events are clearly visible, but many of the smaller events have magnitudes of 2.5-3. Assembled from http://193.206.223.38/INGV/index.php?option=com_wrapper&view=wrapper&Itemid=207&lang=it
Document Boris Behncke - INGV Catania.

           
Event-Id   Data Ora (UTC) Lat Lon Prof(Km) Mag   Distretto Sismico

Document INGV-Catania - Terremoti recenti 19.12.2009

Sources :
- communication de Boris Behncke, volcanologue INGV-Catania
- Tableaux : INGV-Catania.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Les rapports du Phivolcs, journaliers depuis trois jours, signalent une montée en puissance du volcan.

Nombre de tremblements d'origine volcanique et trémors enregistrés
     - 19.12 : 197
     - 20.12 : 222
Nombre d'évènements de type explosif :
     - 19.12 : 18
     - 20.12 :  1
Panache de cendres:
     - 18.12 : émis jusqu'à 1.000 m.
     - 19.12 : émis jusqu'à 2.000 m.
     - 20.12 : émis jusqu'à 500 m.
Le trémor harmonique est enregistré continuellement par les sismographes durant les deux derniers jours.
Les émissions de dioxyde de soufre (SO2) sont en forte augmentation:
     - 18.12 : 1.065 tonnes/jour
     - 19.12 : 2.031 tonnes/jour
     - 20.12 : 7.034 tonnes/jour.
Les avancées de coulées de lave/chute de blocs ont atteint respectivement le :
     - 18.12 : 3 à 4 km.
     - 19.12 : 4 km.
     - 20.12 : 4,5 km.
Le niveau d'alerte est maintenu à ce jour : niveau 3.

Update phivolcs :
Mayon Volcano Bulletin 7 PDF Print E-mail
December 20, 2009, 2:30 PM

NOTICE OF ALERT LEVEL 4:

This is to notify the public that PHIVOLCS-DOST is now raising the alert status of Mayon Volcano (13.2576 N, 123.6856 E) from ALERT LEVEL 3 to ALERT LEVEL 4.  This means that a hazardous explosive eruption is possible within days, thus, areas expected to be affected by such eruption will be accordingly extended.

To ensure the safety of the public, PHIVOLCS-DOST is recommending an extended danger zone from the summit of 8 km at the southern sector and 7 km at northern sector.

Areas just outside of this Extended Danger Zone (EDZ) should prepare for evacuation in the event   explosive eruptions intensify.



Mayon-15.12.09---E.de-Castro---Reuters.jpg  Mayon - chute de blocs de lave le long des flancs du volcan - photo : E.de Castro - Reuters 15.12.09


Sources :
- Phivolcs - rapports journaliers
- Reuters : photo.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pour terminer cette série sur le volcanisme sous-marin, milieu réservé à quelques spécialistes et qui restera malheureusement inaccessible à la plupart d'entre nous, je vous propose quelques belles photos ...
Pas de brainstorming aujourd'hui, on se laisse aller ... poésie et charme des profondeurs!

undersea-volcano-advancing-flow-sulfur-rks-zoom2.jpg           Le NW Rota -1 émettant des gouttelettes de soufre qui jaunissent le panache gazeux et la lave alentour.
                             Image courtesy of Submarine Ring of Fire 2006 Exploration, NOAA Vents Program


Eifuku-volc-jpg

Eifuku_chimneys_bubbles---Wikip.jpgDans l'arc des Mariannes, des bulles de CO2 liquide s'échappent des cheminées (50 cm. hauteur - température 103°C)   ... "champagne" volcanique ! - Volcan Eifuku .
 Image courtesy of Submarine Ring of Fire 2004 Exploration, NOAA-OE.


Hodgkins_Seamount1.jpg                                                       Hodgkins seamont - NOAA Ocean Explorer 2006 .
                                               La douceur des courbes volcaniques dans " le grand bleu" - Sérénité.


Source :

NOAA - NOAA Ocean Explorer - Submarine ring of fire 2006.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


Etna-18.12.09-BB.jpg                     L'Etna enneigé - photo B.Behncke 18.12.2009, avec son aimable autorisation.

Un jour après avoir transmis une photo de l'Etna enneigé, Boris Behncke, volcanologue auprès de l'INGV- Catania, nous signale deux tremblements de terre le 19.12.2009, dont l'épicentre est situé sur les flancs NO. du volcan à une profondeur de 15 à 18 km.

- à 6.36 h , magnitude : 4,2
- à 10.04 h ,magnitude : 4,6

Outre les deux principales signalées, une dizaine de secousses ont été enregistrées à l'observatoire de Catane, par les sismographes de l'INGV.

Affaire à suivre !

Dernière minute : 16h.
Boris Behncke At least 75 significant (seventy-five) seismic events thus far since this morning at 06.16 h (local time) - most of them below magnitude 3, though, and not felt by the population


ESPC_HHZ_IT.0002----Etna-19.12.09--.gif


Sources :
- Boris Behncke - communication amicale.
- INGV-Catania : rapports divers
, dont des extraits ci-dessous

* "L’evento principale di magnitudo 4.3 si è verificato alle ore 06:36 ed è stato
preceduto e seguito da altri 27 terremoti. Lo sciame è stato localizzato nel medio
versante Nord-occidentale del vulcano Etna a circa 3 km SW da M. Maletto.
Le coordinate ipocentrali dell’evento principale (06:36) sono le seguenti:
latitudine 37. 7.
Longitudine 14.9.
Profondità 16 km."

* "In particolare, a partire dalle 07:04 sono state registrate 21 scosse di cui l’evento principale, di magnitudo 3.7, si è verificato alle ore 09:24 ed è stato localizzato nel medio versante Nord-occidentale del vulcano Etna. Le coordinate ipocentrali dell’evento principale (09:24) sono le seguenti: latitudine 37. 77 Longitudine 14.92 Profondità 19 km. Ulteriori aggiornamenti"

* " In particolare, a partire alle ore 10:01 è stata registrata una scossa di magnitudo 4.6, localizzato nel medio versante Nord-occidentale del vulcano Etna. Le coordinate ipocentrali dell’evento sono le seguenti: latitudine 37. 78 Longitudine 14.94 Profondità 14 km."

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Un bonus : justifié par l'actualité et la région explorée aujourd'hui !        

La zone a été mise en lumière par la communication du NOAA et de  "National Science Foundation" effectuée lors de la récente réunion de l'American Geophysical Union (décembre 2009)
On y a relaté l'expédition du NOAA 2009 et deux spectaculaires reportages HD sur l'éruption sous-marine la plus profonde observée en direct à ce jour.

west_mata5_h.jpgEruption sommitale du West Mata (de la grandeur d'un terrain de foot ) : lave et panache teinté de soufre.               Un clic sur la photo vous conduit vers la vidéo de l'éruption . - doc. NOAA

Nous savons que le plancher océanique est formé par l'émission de lave, mais ce phénomène n'avait jamais été observé directement. "Nous n'avions jamais vu de la lave couler sur les fonds marins. Nous n'avions jamais observé la création de la croûte océani
que" déclarait Joe Resing de l'University of Washington and NOA Pacific Marine Environmental Laboratory.

where-is-lau-580.jpg              Situation géographique du volcan sous-marin West Mata dans l'arc des Tongas - doc. NOAA.

westmata-4web.jpgL'éruption du WEST MATA, en mai 2009, volcan sous-marin situé à proximité des îles Samoa, dans le "Lau Basin" NE. - arc des Tongas, a duré plusieurs mois.
Ce volcan est situé à une profondeur de 1174 m. sous la surface, à 7 km. d'un autre volcan: East Mata; ces deux volcans ont été découverts en novembre 2008 par l'expédition NOAA.
En mai 2009, on a pu documenter une activité explosive et effusive produite par deux évents séparés, l'un situé au sommet du volcan, l'autre sur une zone de rift au SO.

Un type de formation visible sur la vidéo, connue sous le nom de "Boninite lava", compte parmi les émissions les plus chaudes relevées sur terre, et n'avait été vue auparavant que sous forme refroidie, sur des volcans éteints.
La Boninite est une roche extrusive mafique, à haute teneur en Magnesium et silice, formée durant les premiers stades de la subduction, dans un environnement d'arc. Elle tire son nom de sa présence dans l'arc Izu-Bonin au Japon.

Une photo d'un tube de pillow lava en formation a pu être prise.

west_mata7_h.jpg                                                               Doc. NSF / NOAA.

west_mata6_h.jpgExplosion de lave super chaude au contact de l'eau de mer. Les hautes pressions permettent au robot
une approche maximale du lieu de l'éruption. - Doc. NSF / NOAA.

west_mata3_h.jpg                         Un blast éruptif, avec des Pillow lava superchauffées, en bas de la photo -  Doc. NSF / NOAA.

On pourrait croire cet environnement de création crustale, tout neuf et fort acide, peu propice à la vie ... mais il n'en est rien : des crevettes sont visibles près des évents hydrothermaux, et leur nourriture aussi, des bactéries thermophiles.
L'institut océanographique nous apprend que ces crevettes viennent de loin : on rencontre les mêmes espèces à Guam (Mariannes) et à Hawaï, toutes deux éloignées.
Nous assistons en direct à la création d'une croûte océanique,et aux conditions propices à l'apparition des premières formes de vie marine (-> terrestre).


Sources :
- "NOAA - NSF mission adds to understanding of basic earth
  processes" . - 17.12.2009
- "Deep-sea volcano eruption reveals first glimpse of ocean
   crust formation" in "The nature files" .
- National Science Foundation : article du 17.12.2009
- "Mineralogy, chemistry and genesis of the Boninite series volcanics"
   dans Journal of Petrology
   http://petrology.oxfordjournals.org/cgi/content/abstract/35/3/577
- Global Volcanism Program - West Mata
- vidéos sur divers sites :
    http://www.nsf.gov/news/news_videos.jsp?cntn_id=116098&media_id=66091& org=NSF
    http://www.youtube.com/watch?v=ERJ_IjbhjZA&feature=player_embedded

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les sites hydrothermaux des fonds marins peuvent être considérés comme une version sous-marine des sites du parc national du Yellowstone.

L'eau de mer froide située dans des fissures profondes est chauffée par le magma; elle devient bouillante et remonte vers le plancher océanique.
Au lieu de former une source chaude ou un geyser, comme au Yellowstone, les fluides chauffés remontent à la façon d'une montgolfière dans l'océan froid, et se refroidissent en se mélangeant avec l'eau de mer froide jusqu'à dispersion totale.

Les conditions favorables pour avoir des évents hydrothermaux sont rencontrées dans deux types d'environnements marins profonds, où le magma monte pour former une nouvelle croûte :
   - les dorsales océaniques (mid-ocean ridges)
   - les volcans d'arc insulaires (island arc volcanoes)

Les dorsales médio-océaniques sont des structures linéaires parcourant le fond des océans à l'endroit de divergence de deux plaques tectoniques; à ces endroits, une croûte océanique se crée.

Au niveau des arcs insulaires (vus précédemment), suite au phénomène de subduction, de la croûte retourne vers la manteau terrestre pour y être digérée.
fig1_600.jpg  Le cercle de feu sous-marin du Pacifique ( les limites des plaques tectoniques sont indiquées en noir)

Ces deux environnements forment le "cercle de feu sous-marin", entourant l'océan Pacifique.

On retrouve le même phénomène au niveau de la dorsale médio-atlantique.
Une équipe franco-portuguo-américaine a procédé à l'imagerie de la dorsale à l'aplomb du volcan Lucky strike, au sud des açores. Ce volcan sous-marin présente un vaste complexe hydrothermal de 1 km², situé à 1650 m. de profondeur.

Lucy-Strike--IPGP-CNRS.jpg
Segment de la dorsale médio-Atlantique au site Lucky Strike. Le contour fin noir est à 2000 mètres de profondeur, il délimite le volcan au centre de la vallée axiale et l'étoile bleue indique le champ hydrothermal. Les pointillés rouges indiquent les failles qui bordent la vallée axiale et les pointillés noirs celles qui délimitent le fossé central (rift). Le rectangle blanc indique la zone d'étude, les traits noirs les profils de sismique réflexion et les traits rouges l'emplacement de la chambre magmatique. - Document IPGP/ CNRS.

Cette étude a permis d'identifier et délimiter une chambre magmatique de 7 km. sur 4, située à 3 m. sous le volcan, ainsi que des failles atteignant en profondeur la chambre magmatique, ce qui permet les échanges thermiques.



Mid ocean ridge crest
                        Mid ocean ridge crest - Dorsale médio-océanique - Document NOAA.


Contrairement aux évents des arcs volcaniques, localisés bien souvent au sommet des édifices volcaniques, les champs hydrothermaux peuvent se trouver disséminés n'importe où sur la dorsale où il faut repérer un petit panache plutôt que son évent.
Comment trouver et localiser un petit panache dans un gigantesque océan ?

Le bateau de recherche navigue en suivant la dorsale, traînant dans son sillage les appareils de mesure. Ceux-ci sont continuellement descendus et remontés alternativement, créant une figure en dent de scie dans la mer.
dorsale océanique activeL'informatique couplée va créer une image bidimentionelle du panache sous-marin.


  Image courtesy of Submarine Ring of Fire 2002, NOAA/OER.

Une fois le panache détecté et localisé, la tâche est transférée aux engins d'exploration des fonds sous-marins : ils doivent trouver les évents et les communautés biologiques associées. On utilise différents types d'engins : des ROV (Remotely Operated vehicles), des AUV ( Autonomus Underwater Vehicles) ou des submersibles habités comme l'Alvin, dont la mission sera de cartographier les champs d'évents hydrothermaux et  récolter des échantillons chimiques, géologiques et biologiques.rovops_600.jpg


Système ROV relié au navire de surface par fibre optique.
Il peut communiquer avec un labo type ROPOS (Canadien),
commandé depuis le bateau et susceptible lui d'atteindre des
profondeurs allant jusqu'à 5.000 m.
Le ROPOS est équipé de 2 caméras, de 2 bras préhensiles,
d'un aspirateur et de compartiments de stockage d'échantillons.
Toutes les données et images recueuillies sont ensuite
transmises  ou analysées à bord.













chemistry_600.jpg        Une notion de chimie sous-marine au niveau d'une dorsale océanique - Document NOAA.

Le volcanisme au niveau des dorsales a un rôle majeur dans le maintien de la composition chimique des océans. La chaleur du magma génère la convection de l'eau de mer au travers de la croûte terrestre et son enrichissement en minéraux au passage.
Certains métaux voient leur concentration multipliée par un million dans les fluides hydrothermaux par rapport à celle de l'eau de mer "normale".
Des éléments, comme l'hélium primordial (l'isotope stable 3), présent lors de la formation de la Terre, continue à transpirer du manteau grâce aux évents de la dorsale, avant d'entrer dans l'atmosphère avec la remontée des eaux profondes.


Bien que pouvant ne se développer que sur une zone limitée du plancher océanique, l'hydrothermalisme influence la totalité des océans et est le support de communautés biologiques qui constitueraient la niche écologique terrestre primitive. On est surpris de découvrir des évents dans des endroits inattendus, de trouver des composés chimiques non prévus, et de cataloguer de nouvelles espèces.
Cette recherche difficile effectuée en milieu extrême est d'autant plus valorisante qu'elle nous permet de comprendre les mécanismes de base régissant notre planète.

Sources :
- NOAA - Exploring for hydrothermal systems in the deep ocean.
- IPGP/CNRS : Institut de Physique du Globe de Paris
  article sur Futura-Sciences
     http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/geologie-1/d/decouverte-dune-chambre-magmatique-sous-la-dorsale-   medio-atlantique_9551/

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Mayon-17.12.2009---AP.jpg                                                   Photo du Mayon, le 17.12.2009 - AFP.

Le Phivolcs nous gratifie d'un rapport daté du jour  !

Le Mayon a augmenté son niveau d'activité : sur 2 jours, un total de 248 tremblements de terre "volcaniques" et trémors a été recensé. Cinquante de ces évènements étaient de type explosifs, mais seulement 7 furent observés en raison des mauvaises conditions de visibilité.
Ces explosions ont produit des panaches de cendres gris foncé à brun foncé, atteignant 1.000 m. avant de dériver vers le SO.
Du trémor harmonique fut continuellement enregistré.
Les observations nocturnes rendent visible une forte luminescence au niveau du cratère.
Les fragments de lave incandescents en provenance des dômes s'éboulent sur environ 3-4 km. sur les flancs du volcan.
Les niveaux de dioxyde de soufre émis sont de l'ordre de 1.065 tonnes par jour.
Malgré des bruits concernant la surélévation du niveau d'alerte, celui-ci reste fixé au niveau 3.

Source : PHIVOLCS 18.12.2009




 
 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

arc-Kermadec.gif                   L'arc des Kermadec, avec les îles en vert et les volcans sous-marins en jaune -
                                       les sites actifs sont marqués par un point rouge.

L'arc des Kermadec est l'extension sud de l'arc océanique Tonga-Kermadec, situé au NE. de la Nouvelle Zélande.
Nonante quatre volcans existent le long de l'arc Tonga-Kermadec dont 74 sous-marins.

1. L'arc des Kermadec :

L'expédition NZAPlume de 1999 a mis sous surveillance la partie sud et trouvé 7 volcans hydrothermalement actifs sur 13. (en rouge sur la carte).
La majorité des évents sont situés à proximité des sommets des volcans. Le volcan "Brothers" a pour sa part desux champs séparés d'évents.

Brothers volcano est une caldeira volcanique mesurant extérieurement 8 x 5 km. , intérieurement 3 - 3,5 km. Un cône s'est formé à l'intérieur de la caldeira profonde de 1.850 m.

brothers map 600 - Kermadec                     Bathymétrie du volcan Brothers et zone étudiée par le submersible - Doc. NOAA

Des fumeurs noirs (Black smokers) furent découvert le long des parois NO.
Les fumeurs noirs et la vie luxuriante associée ne furent découvert qu'en 1979, grâce au submersible américain "Alvin". Ils constituent un écosystème basé sur une production primaire assurée par des bactéries chimiosynthétiques; les conditions de vie y sont extrêmes, les fumeurs noirs émettant une eau sulfureuse à très haute température (350°C), non dilué par l'eau de mer avant l'émission.
Les micro-organismes capables de supporter ces hautes températures sont  qualifiés d'hyperthermophiles. Les plus fréquentes sont les archaea, et parmi elles les genres Pyrococcus, Sulfolobus - rencontrés au Yellowstone - Thermoplasma Pyrolobus, etc.
Pyrolobus Fumarii détient le record de température : elle ne se reproduit pas en dessous de 90°C et peut le faire jusqu'à 113°C , et toujours sous une pression élevée ! Des virus thermophiles pouvant infecter ces bactéries ont aussi été découverts.

Brothers_blacksmoker_hires.jpg                      Black smoker - Fumeur noir situé dans la caldeira du "Brothers" - Photo NOAA

Différentes plongées ont revélé des cheminées pouvant aller de 6 à 8 m. de haut, et émettant des fluides de température variant entre 65 et plus de 300°C. (mesures par Pisces V). Les conditions de turbulences n'ont pas permis une exploration totale de la caldeira, sur laquelle il sera intéressant de revenir.

chimney_crab_600.jpgLa vie est bien présente malgré le milieu hostile : au centre de la photo, un crabe semble très
 bien se porter. - photo NOAA.

subarcvolc_576.jpg
Schéma de fonctionnement d'un évent situé sur un arc volcanique - Document NOAA.
Les lignes hachurées représente la croûte perméable dans laquelle pénètre l'eau de mer et la circulation hydrothermale avec des fluides ascendants sortant selon la profondeur à une température variant entre 100 et 350°C.
Les bulles jaunes et les flèches-zébrées représente la sortie des fluides magmatiques.
La plupart des substances chimiquessortent par la cheminée en formant un "fumeur noir".

ajout de dernière minute : signalé par USGS earthquake hazards program
Magnitude 5.6 - KERMADEC ISLANDS REGION

2009 December 16 12:36:42 UTC



2. l'arc des Tonga :

La structure des plaques en interaction dans la zone de subduction des Tonga-Kermadec est quelque peu différente de celles des autres zones de convergence de plaques. Les angles de subduction sont plus élevés et, en conséquence, il y a plus de séismes profonds.

Les mesures GPS montrent que l'arc insulaire des Tonga se déplace rapidement vers la Plaque Pacifique (à une vitesse de l'ordre de 20 cm/an; l'endroit où le déplacement des plaques est le plus rapide au monde) avec un léger mouvement de rotation dans le sens des aiguilles d'une montre. En réalité, l'arc des Tonga occupe une microplaque séparée de la Plaque Australienne par des centres d'expansion océanique situés dans le Bassin de Lau (bassin d'arrière-arc). Lorsque le Bassin de Lau s'ouvre (accrétion), l'arc des Tonga se déplace vers l'est en s'écartant de la plaque australienne. Le résultat est une augmentation par addition du taux de convergence du fossé des Tonga. Pendant que l'arc des Tonga se déplace vers l'est, la plaque Pacifique plonge ou pousse l'arc du Tonga produisant de nombreux tremblements de terre durant l'enfoncement de la Plaque Pacifique.


Santo-cadre-structural-fig01.jpg
Rappelez-vous la superbe éruption du 17 au 21 mars 2009 sur Hunga Ha'apai qui a permis de vivre en direct une éruption sous-marine et particulièrement ses manifestations aériennes : superbes volutes "cypressoïdes" caractéristiques des éruptions phréatomagmatiques ou surtseyennes (*)

D.Stephenson---4---18.03.2009.jpg            Double éruption type surtseyen off-shore à gauche et sur l'île Hunga Ha'apai, à droite
                                            photo D.Stephenson 18.03.2009.

Les petites îles de Hunga Tonga et Hunga Ha'apai coiffent un large volcan sous-marin localisé au SSE de l'île Falcon : ces deux îles allongées - s'élevant de 149 et 128 m. au dessus du niveau de la mer -  représentent les restes Ouest et Nord d'une large caldera sous-marine.
La première éruption historiquement répertoriée à cet endroit date de 1912 et a été suivie de nombreuses éruptions sous-marines. (GVP)

D.Stephenson---18.03.2009.jpg                  Retombées de cendres et bombes, avec "base surges"  (*) au raz de la surface océanique.
                                                           photo D.stephenson 18.03.2009.

Douze volcans sur les 18 répertoriés par le Global Volcanism Program dans l'arc des Tongas sont des volcans sous-marins


Glossaire :

- Base surges : Flot turbulent d'un mix de cendres volcaniques, gaz et eau, généré par la rencontre du magma et de l'eau et s'expansant dans toutes les directions à partir de la base de la colonne éruptive.
Le mot "surge" a été utilisé pour la première fois pour décrire l'anneau qui se forme à la base des nuées produites par une explosion nucléaire.
- Phréatomagmatique : qualificatif d'une éruption hydromagmatique subaérienne. La rencontre du magma et de l'eau est caractérisée par des explosions violentes, rythmiques sous forme de gerbes "cypressoïdes" correspondant à l'éjection latérale de blocs depuis la colonne éruptive, riche en vapeur d'eau, à la limite de la saturation. La pulvérisation intense des matériaux produit de grandes quantités de cendres fines et poussières, qui sont entrainées dans un panache dilué en forme de champignon.
- Eruption surtseyenne : le dynamisme surtseyen, mis en évidence en Islande, est caractéristique d'éruptions sous-marines de faible profondeur. Le magma chaud se retrouve au contact de l'eau et libère brutalement ses gaz, lors de violentes explosions. La lave émise est réduite en particules très fines; ces cendres gorgées d'eau sont projetées sous formes de panaches à l'allure de cyprès particulièrement noirs.

Sources :

- Expédition sur l'arc des Kermadec 2005 : NOAA
     http://oceanexplorer.noaa.gov/explorations/05fire/logs/leg2_summary/leg2_summary.html

- les meilleures photos de l'éruption de mars sur les Tongas sur
  boston.com - the best pictures :
    http://www.boston.com/bigpicture/2009/03/undersea_eruptions_near_tonga.html

- GVP - Global Volcanism Program :
  - GVP - Volcans des Tonga
  - GVP - Volcans Néo-Zélandais - Kermadec sud
  - GVP - Volcans de l'arc des Kermadec

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques


Up date à l'article du 9 décembre sur le Yellowstone hot spot:

une nouvelle image symbolisant la chambre magmatique sous une forme de "banane" descendant à plus de 400 miles de profondeur et avec une origine situé à l'ouest de la caldeira du Yellowstone.



yellowstones-magma-body.jpg
In new research, University of Utah geophysicists produced the most detailed image to date of the plume, showing that it plunges much deeper into the Earth than previously thought, at least 400 miles beneath the surface.
Le parc national du Yellowstone en vert, la caldeira du volcan en rouge.

L'illustration montre aussi l'extension vers le SO. , à partir du sommet situé sous la caldeira du Yellowstone, d'une zone composée de "roches chaudes" . Elle représente la "Eastern Snake River Plain" où le point chaud généra nombre de caldeiras rhyolitiques avant de nourrir celles du Yellowstone entre 2,05 et 0,65 Ma (University of Utah).
voir aussi les schémas du 04.09.
, concernant la Snake River Plain, sur ce blog.

La chambre magmatique est surévaluée en taille de 20% par rapport aux dernières estimations , et est constituée de 8 à 15% de roches fondues, tandis que le panache est fait de 1 à 2% de roches fondues (Bob Smith)... ce qui laisse sous-entendre qu'une hypothétique éruption cataclysmique serait beaucoup plus importante que prévue antérieurement.

Sources :
- voir article précédent
- articles de presse :
  * Science Daily : "Yellowstone's plumbing reveals plume of hot and
     molten rock 410 miles deep" - lien
  * SciSeek : "Yellowstone's magma body bigger than previously
     thought" - lien

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