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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Volcan Nevado del Huila : références GVP

                          Nevado del Huila - 02.11.2009 - Ingeominas Popayan.
(image copyright INGEOMINAS, reproduced here for non-commercial purposes in accordance with the terms of use).

Le 3 novembre, un effondrement du nouveau dôme n'a eu que des effets limités au sommet du volcan, avec de petites coulées pyroclastiques.
Le bulletin d'Ingeominas rapporte, pour la semaine précédente, 1.117 séismes dont 1.014 en relation avec la dynamique des fluides  et 71 épisodes de tremor liés à l'émission de gaz et de panaches de cendres, les plus importants relatifs aux panaches de 4 km. (28.10 - 2h.) et de 7 km. (28.10- 2h.50) associé à un bruit perçu par les populations locales.

                        Le nouveau dôme - 30.10.2009 - Ingeominas Popayan.
                                son volume est estimé à 9 millions de m³.

 Volcan Galeras :références :références GVP

                      Galeras - 27.10.2009 - Ingeominas obs. de Pasto.

Le bulletin de l'Observatoire de Pasto du 3.11 rapporte :
Diminution de l'activité sismique tant en nombre de séismes que concernant leur force. Les évènements associés à la fracturation de matériaux crustaux restent localisés au cratère principal. Les émissions de gaz sont basses et sans  dioxyde de soufre ...Ce scénario ressemble à celui observé avant l'épisode éruptif du 30 septembre 2009.

Les autorités estiment que 9.000 personnes sont concernées par "un risque imminent" venant de ces deux volcans. A ce chiffre, doit s'ajouter celui des personnes habitant momantanément la zone et présents dans de nombreuses auberges. Comme d'habitude dans ces zones à hauts risques, les populations rechignent à évacuer leurs terres, la majorité des pentes volcaniques étant occupée par des plantations de café qui bénéficient des minéraux contenus dans les cendres volcaniques... les représentants des industries caféieres de Colombie, troisième producteur mondial,  répètent que les cendres volcaniques ne causent pas de dommage aux plantations, avalisant la réticence des habitants à s'éloigner du volcan.

Sources :
- Global Volcanism Program
- Ingeominas : observatoires de Popayan et de Pasto.
- Volcanismblog/twitter ; article Reuters
   http://www.alertnet.org/thenews/newsdesk/N0449757.htm


 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Pour refermer la boucle, en contournant le craton Tanzanien, retour vers le Kenya et la Tanzanie pour parler un peu des Maasais.

notre guide Maasai sur la plaine de sel du lac Natron - habits, bijoux, coutelas et baton de pasteur traditionnels. - © B.Duyck


Les Maasaï : ce terme définit littéralement "ceux qui parlent Maa" , donc plus une appartenance linguistique et culturelle qu'un attachement à une zone géographique précise.
Cette population d'éleveurs et de guerriers semi-nomades vit pour l'instant dans une vaste zone comprise entre le mont Kenya et le Ngorongoro, à cheval sur le Sud du Kenya et le nord de la Tanzanie.

Un peu d'histoire :
Ils appartiennent au groupe des sociétés nilotiques; la tradition orale et les données archéologiques indiquent qu'ils ont migré depuis la région du lac Turkana vers le 15°siècle, accompagnés de leur bétail domestique.
Une partie importante des terres Maasaï a été conquise par les colons britanniques à la fin du 19°siècle, aidés en cela par la variole et la peste bovine d'abord, par les ethnies africaines dominantes et le gouvernement lors de l'indépendance du Kenya ensuite. Une superficie importante  a également été transformée en réserves et parcs nationaux : Amboseli, Maasaï Mara, Samburu, Nakuru, Manyara, Ngorongoro, Serengeti et Tsavo... ce qui d'autre part les a fait reconnaître par le grand public.
Leur économie est exclusivement pastorale; ils ont su résister aux incitations des gouvernements Kényan et Tanzaniens visant à leur faire adopter un mode de vie sédentaire et une reconversion à l'agriculture. Ils ont acquis ainsi le droit de faire pâturer leurs troupeaux dans de nombreux parcs nationaux; c'est ainsi qu'ils passent allègrement les frontières pour changer de pâturages lors des changements de saison.
Ils maintiennent leurs traditions culturelles tout en prenant part aux forces économiques, sociales et politiques contemporaines dans les deux pays.
Leur résistance et leur conservatisme ont contribués à générer une vision romantique de leur mode de vie en harmonie avec la nature et confirmer l'attrait qu'ils exercent sur le touriste occidental.



                A Engaré Séro, les Maasaï abreuvent leurs troupeaux à la rivière

                           située en contrebas du campement. - © B.Duyck

 

Dans la tradition, leur dieu Engai créa les Maasaï tout d'abord, il leur donna la possession de toutes les vaches du monde et seulement par la suite il créa les autres êtres humains. Les Maasaï calculent la richesse d'un homme par rapport au nombre de vaches qu'il détient: celui qui n'en possède pas, c'est un pauvre. Voilà pourquoi ils appellent "Ndorobo" c'est à dire 'les pauvres' toutes les tribus voisines qui ne sont que des cultivateurs ou des chasseurs cueilleurs.

La vie traditionnelle des Maasaï s'organise autour du bétail, qui constitue leur principale source de nourriture : ils utilisent surtout les laitages et le sang, prélevé sur les jeunes bovins, par une incision au niveau du cou faite par une flèche tirée dans la veine jugulaire. Un bol de sang mélangé au lait constitue l'aliment de base, la viande étant réservée aux occasions spéciales.


Les villages Masaï n'ont pas de constructions permanentes. Chaque groupe de familles élève un "enkang"- un barrage pour le bétail : il s'agit d'une enceinte circulaire de buissons épineux dans laquelle sont bâties de cabanes, une pour chaque famille, positionnées en rond. Dans toute famille, c'est la femme qui construit la cabane avec un mélange d'excrément de vache et de boue. Périodiquement, le groupe abandonne l' enkang et il en construit un autre dans une zone plus riche en eau et en pâturages.


 

                                      Un "Enkang", haie d'épineux - © B.Duyck


                                                               Les femmes, en habits de fête - © B.Duyck

                  A noter : les ombres sur la case, rappel des formes observées dans les sculptures .


   Guerrier Maasai : les moranes tressent leurs cheveux et les teignent d'ocre rouge.- Wikipedia.

Karen Blixen ( rappelez-vous "Out of Africa") , dans son livre "La ferme africaine" a ainsi décrit les Maasaï
:

"Un guerrier Masai est une vision fascinante. Les jeunes possèdent, au degré limite, cette forme spéciale d'intelligence que nous appelons chic; même s'ils paraissent en perpétuelle attitude de défi, irréels et sauvages, ils restent fermement cohérents à leur nature et à un idéal immanent. Leur style n'est ni remaniement ni imitation de perfection étrangère; il a grandi chez eux, et c'est une expression de leur race et de leur histoire ; les armes et l'élégance sont à leur Être ce que les andouillers sont au cerf mâle."

Organisation sociale :

La société Maasaï est patriarcale et sous l'influence des anciens. Le chef spirituel, l'oloiboni, agit comme un intermédiaire entre le dieu Engai et les Maasaï; détenteur des connaissances médicales traditionnelles, il pratique aussi magie et divination.
Les Maasaï sont divisés en classes d'âge : les hommes passent successivement par le statut d'enfant, jeune guerrier, guerrier adulte, jeune aîné puis aîné, par le biais de rites initiatiques. Les anciens communiquent aux enfants des connaissances sur les plantes, les animaux, les usages et l'histoire de leur peuple.
Ils deviennent morane vers 15ans et apprennent le maniement des armes, les chants guerriers et danses traditionnelles.
Le passage à l'âge adulte est marqué entre autre par la cérémonie de la circoncision, après laquelle les jeunes guerriers vivront loin de l'univers féminin dans un village qui leur est réservé, le "manyatta".
Le mariage ne pourra avoir lieu qu'une fois devenus guerrier adulte.
L'accès à la puberté des jeunes filles est marqué par l'excision pratiquée par les femmes âgées. Cette pratique tend à être éradiquée par les ONG et le gouvernement.
Ils se réunissent environ tous les 15 ans pour célébrer le rituel Olng’eherr par lequel ils deviendront des anciens. On leur rase leurslongs cheveux et on leur dit : ‘Vous êtes maintenant des anciens, laissez vos armes et servez-vous plutôt de votre tête et de votre sagesse’.

                 Danses traditionnelles effectuée par les guerriers, coiffés de crinières de lions.

                                                    Photo wikipedia - Maasai Mara .

 

Leur couleur de prédilection est le rouge : rouge, comme le soleil naissant, qui embrase la savane. Rouge, comme la terre qui poudroie à l'horizon, soulevée par les bovins. Rouge, le sang des vaches dont ces pasteurs se nourissent. Rouge enfin, les drapés ou "ilkarash" des guerriers.


Le volcan Ol Doinyo Lengai, considéré comme la demeure du dieu Engai, est sacré pour les Maasaï. Guide et porteurs ne restent pas dans la maison des dieux... ils prennent juste un peu de repos, enroulés dans leur couverture sur le rebord du cratère, avant de redescendre. Ils feront l'aller & retour, plutôt que de rester sur le volcan.


 

                                                                                                          © B.Duyck


Avant de quitter le pays Maasaï, une vue "nature" :

le martin-chasseur à tête grise qui a animé nos repas au campement d'Engare Sero, au pied du Lengai.

 

                                             Halcyon leucocephala - © B.Duyck


Quelques références pour voir et apprendre sur les Maasaïs :

 

http://www.maasai.com/Maasai.asp

http://www.speranzacasillo.com/africa/

http://www.survivalfrance.org/actu/peuples/maasai

http://www.geo.fr/voyages/vos-voyages-de-reve/tanzanie-safari-en-pays-masai

http://www.youtube.com/watch?v=6cFMi17

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Selon le rapport du MVO 23-30.10.2009 :


Diminution de l'activité sismique cette semaine.
Malgré cette diminution, de nombreux flux pyroclastiques sont signalés. La majorité des chutes de roches est concentrée sur le  flanc sud du volcan avec des nuées ardentes dans la Gage valley (O.), le Tuitt's ghault (NE.)


                                         photo MVO - 04.11.2009

Le 29 octobre, une épine de lave est entrevue près du dôme. Ce genre d'épine se forme lorsque la lave est trop épaisse pour couler, émise en faible ratio et lorsque le magma est suffisamment "froid" et dégazé.
Cette colonne de lave a crû juqu'à 40 m. de hauteur avant de disparaitre le même jour.


                                          photo MVO - 29.10.2009

Des changements significatifs dans la région sommitale du dôme de lave  et des flux pyroclastiques en direction de Tuitt's Ghault indiquent une croissance du dôme dans sa région sommitale centrale.
De violentes pluies ont causé de petits lahars dans le Belham valley.
Les niveaux d'alerte sont constants :
                            niveau 3, zone d'exclusion C.


Source :
M.V.O. - Montserrat Volcano Observatory - rapport de P.Cole, directeur du MVO.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le lac Kivu, un des grands lacs Africains, est situé dans la vallée du rift à cheval sur la frontière Rwandaise et Congolaise.
Il couvre une superficie totale de 2.700 km², a une profondeur maximum de 485 m. et comme émissaire la rivière Ruzizi, qui alimente le lac Tanganika.
Le lac Kivu a une origine différente des autres lacs congolais qui sont pour la plupart tectoniques : il a une morphologie de lac de barrage. Ce sont les montagnes du Virunga qui ont barré naturellement l'écoulement du sud vers le nord d'un réseau hydrographique ayant sa source sur le plateau des Bafulero.


Le lac Kivu est potentiellement dangereux :

"L'affaire du lac Nyos" a mis en lumière le phénomène "de lac tueur". En août 1986, le lac Nyos, au NO. du Cameroun, explose, libère un volume de gaz carbonique estimé entre 300.000 m³ à 1 km³et tue 1.800 personnes et de nombreux animaux dans les vallées avoisinant ce volcan éteint.

Il s'agissait d'une éruption limnique, c.à.d. un type d'éruption volcanique caractérisé par le dégazage brutal d'un lac méromictique, relarguant les gaz volcaniques émis en continu par un volcan et accumulés durant des années dans les couches profondes du lac.
Un lac méromictique étant un lac dont les eaux de surface et de profondeur se mélangent moins d'une fois par an  ( à moins d'une fois par décennie ou siècle). C'est le cas de lacs profonds et peu étendus, abrités des vents entre des parois rocheuses.

Le phénomène est illustré par Eric Reiter , que je remercie pour son aimable contribution.


Le gaz carbonique , d'origine mantellique, serait stocké dans les eaux profondes.


Il s'en échapperait par un "renversement du lac" provoqué par un séisme.

Une recherche de cas similaires probables, après la catastrophe du lac Nyos, a permis d'identifier deux cas semblables: le lac Momoun au Cameroun et le lac Kivu en afrique centrale.
On estime que le lac Kivu contient 300 km³ de CO² et 60 km³de méthane...soit près de 300 fois plus qu'au lac Nyos.

L'existence d'anciens volcans situés sur le plancher du lac, en plein dans les couches d'eau chargées en gaz dissous, a été révélée. Une éruption sub-lacustre ou une intrusion magmatique en profondeur déclencherait le dégagement d'une énorme quantité de gaz avec des conséquences catastrophiques pour toute cette région où vivent plusieurs millions de personnes.
L'éruption du Nyiragongo en 2002 a été provoquée par un phénomène de fracture tectonique entre plaques; il est probable que la faille tectonique se prolongeant sous le lac soit
actuellement fragilisée... l'activité sismique apparait d'ailleurs concentrée au sud de Goma, directement sous le lac Kivu.



          Présence d'édifices volcaniques culminants à ~300 m. ds.la zone de concentration gazeuse.
             Société OSAE  - campagne de bathymétrie de 1998 - in M.Halbwachs (réf.ci-dessous)


                                     Failles et épicentres des séismes récents - doc. USGS
                                                             © Dr. JC Komorowski-IPGP

Sans la présence du méthane, le risque d'explosion gazeuse est négligeable. Le méthane, à cause de sa faible solubilité, constitue l'élément susceptible d'amorcer un mécanisme d'exsolution "en avalanche"...il constitue donc le détonateur de la bombe à retardement que représente l'énorme quantité de CO² dissoute. La formation de ce méthane serait le résultat à la fois de la fermentation des sédiments d'origine biogénique (30%) et de la réduction du dioxyde de carbone magmatique par des bactéries (70%).

La sécurisation du lac passe donc par l'extraction du méthane, et sa valorisation dans de nombreux domaines: utilisation directe comme combustible, fabrication d'électricité, source énergétique pour les industries locales (brasserie, cimenterie, usine à thé), carburant routier, etc.

sources :
- Le lac Nyos , par Eric Reiter
  http://ereiter.free.fr/html/nyos.htm
- un commentaire de Frederic Lavachery complète   
  utilement les références sur le lac Nyos :
 "
sur la catastrophe du lac Nyos, il serait convenable de faire également référence aux travaux d'autres scientifiques, notamment Tazieff, Le Guern, Faivre-Pierret et Chevrier, partisans de l'hypothèse phréato-gazeuse. Ce serait d'autant plus utile, que cette controverse se trouve réactivée par de récentes découvertes sur le secteur du Pavin, dans le Puy-de-Dôme. Il serait aussi utile de recommander la lecture de l'ouvrage d'Olivier Leenhardt, "La catastrophe du lac Nyos au Cameroun, Des moeurs scientifiques et sociales", paru chez L'Harmattan en 1995, ouvrage complet et rigoureux. "
- dossier très complet du Prof. Michel Halbwachs
  http://pagesperso-orange.fr/mhalb/kivu/index.htm
  Ce dossier fait référence à une étude européenne :
  "Investigation in lake Kivu after the Nyiragongo éruption of january 2002 -
   Specific study of the impact of the subwater lava inflow on the lake stability"
    par Prof. Halbwachs, Drs.Tietze, Lorke & Mudaheranwa.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


                                         La caldeira du Nyamuragira en 2004 - photo Simon Care, in GVP.

Un des volcans africains parmi les plus actifs, le Nyamuragira est un grand volcan-bouclier basaltique. D'un volume de 500 km³, il a couvert le rift de ses coulées  sur 1.500 km².
Le Nyamuragira - littéralement  "celui qui commande" - a de nombreux synonymes dont le Nyamulagira, le Namlagira, le Girungo-Namlagira.
 
 
 
 

Depiction of the Nyiragongo and Nyamuragira volcanoes, based on data from the Shuttle Radar Topography Mission and Landsat. Vertical scale exaggerated (1.5x). - Modifiée pour indications par mes soins.


Contrastant avec ses voisins, tous strato-volcans bien coniques, la gigantesque masse de ce volcan-bouclier, s'élevant à 3.058 m., a son sommet tronqué par une petite caldeira de 2 sur 2,3 km., entourée de parois haute d'une centaine de mètres.

Schéma N.Zana , in GVP


                      La caldeira sommitale du Nyamuragira - Nasa 2005.
                Les coulées signalées sur le schéma et la fissure du flanc sud y sont bien visibles.

Son activité historique a eu pour théatre cette caldeira, dont la morphologie du plancher a été fréquemment modifiée, et les nombreuses fissures et cônes de scories qui parsèment ses flancs.
(une liste complète de ces cônes se trouve sur le GVP).
Un lac de lave a occupé son pit crater entre 1921 et 1938, date à laquelle il se vidangea lors d'une éruption majeure localisée sur son flanc sud, avec coulées et fontaines de lave.


                                                               Cartes des coulées 2001 et plus anciennes. - GVP


L'activité se poursuit en 2001 (carte des coulées) et 2002. En 2004, un survol du volcan, en mai, permet de voir un lac de lave actif de 300 m. de diamètre, nourri par 4 fortes fontaines de lave. Ce lac sera temporaire;
des fontaines sont actives aussi sur le flanc N-NO. le long d'une fracture, avec construction de 4 cônes.
Après la reprise en octobre 2006 de l'activité sismique, une éruption est localisée en novembre sur le flanc sud, avec des fontaines de lave alignées sur une large zone. Leurs lueurs pouvaient être vues de Goma, à 30 km.
En 2007, de nombreuses anomalies thermiques sont signalées par le MODIS/MODVOLC.
En mars-avril 2009, une intense activité fumerolienne est détectée à la jumelle (elle précéderait de quelques mois une possible éruption ... à suivre)

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Situé sur la branche occidentale du Grand Rift Africain, aussi appelé rift Albert et rift Kivu, le Nyiragongo fait partie du Parc National des Volcans à cheval sur le République démocratique du Congo et le Rwanda.
La chaîne volcanique des Virunga abrite huits volcans ; le Muhavura (4127 m.), le Mgahinga (3474 m.), le Sabinyo (3634 m.), le Vishole (3711 m.), le Mikeno (4437 m.), le Karisimbi (4507 m.), le Nyamuragira (3058 m.) et le Nyiragongo - "celui qui fume" (3470 m.).



                             Situation de la branche occidentale par rapport au Grand Rift Est Africain.
                                                         
                                                             Nyiragongo 2004 - M.Buschowski - Wikipedia



Le Nyiragongo est un des plus grand stratovolcan Africain; il est l'un des rares volcans au monde dont le cratère abrite un lac de lave en fusion pendant plusieurs dizaines d'années - de 1927 à 1977.  Deux anciens stratovolcans, le Baruta et le Shaheru, ont été partiellement recouvert par le Nyiragongo.
Près d'une centaine de cônes sont localisés sur ses flancs, le long de fissures situées dans une zone s'étendant NE-SO jusqu'au lac Kivu.

En 1977, une éruption fissurale vidangea le lac : une lac extrêmement fluide, dont les coulées atteignirent 100 km/h., recouvrit une vaste zonede 20 km², causant la mort d'une centaine de personnes. Suite à cette vidange, un effondrement se produisit dans le cratère; de l'eau d'infiltration rencontra le magma et s'en suivit une violente explosion hydromagmatique. Le panache de vapeur et de cendres atteignit 11 km. de hauteur.

En 1994, l'activité se manifesta à nouveau sans observations directes, les guerres ethniques provoquant l'instabilité dans la région et l'installation de milliers de réfugiés au pied du volcan.

Entre mars et avril 1995, de grandes fontaines de lave apparurent. Un volume de lave estimé à 56 millions de m³ s'accumula entre avril et août.

                                               Schéma du GVP - mountly reports

Janvier 2002 : une forte éruption tua 147 personnes, 60.000 perdirent leur maison et selon les Nations-Unies, environ 250.000 personnes furent déplacées suite à cette éruption.
Deux flots de lave s'avancèrent à des vitesses nettement moindre qu'en 1977 - 2 à 3 m./min, soit 0,2 km/h. - l'un en direction de l'aéroport , l'autre vers Goma, touchant 13% des quartiers de la ville, pour atteindre finalement le lac Kivu. Une série de fractures métriques se forma sur les flancs du volcan et de la lave sortit de ces fractures en plusieurs endroits et différentes altitudes. De nombreus séismes furent associés à l'activité éruptive. Une subsidence allant de 5 à 50 cm. près du lac fut mesurée par J.Durieux, D.Garcin et le UN-OCHA team.




                          Le lac de lave en 2007 - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel ;
                                   un clic sur la photo vous dirige vers son site et ses photos.


                                       Cratère en juillet 2006 - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle.
                 Un clic sur la photo vous dirige vers les siennes, sur Swisseduc.ch (Stromboli on line)




           Le lac de lave en mai 2003, sous un fort dégazage de SO² - GVO - Goma volcano Observatory.


De forts dégagement de SO² entrainent des pluies acides qui brûlent la végétation, la pollution des ressources en eau potable; des prélèvements montre des  taux de fluor de beaucoup supérieurs à la normale.

Tectonique : nouvelles récentes.

Un article de la Rochester University, intitulé "Isotopic and geochimical evidence for a heterogenous mantle plume origin of the virunga volcanics, western Rift, East Africa rift system " suggère l'existence d'une microplaque - la plaque Victoria - entre le Kenya et la branche occidentale du rift, dont le coeur serait le craton Tanzanien âgé de 2,5 à 3 milliards d'années.
Les volcans Nyiragongo et Nyamuragire, proches voisins bien souvent actifs simultanément, avec leurs magmas originaires de profondeurs différentes, suggèrent de ce fait la présence d'un point chaud hétérogène sous le craton Tanzanien.
Les laves du nyiragongo seraient formées à grande profondeur à partir d'un manteau profond, carbonaté, chargé en clinopyroxène et phlogopite, tandis que les laves du Nyamuragira seraient produite par fusion partielle du manteau à moindre profondeur, contaminé par des composants crustaux.
Le point chaud serait à l'origine de provinces volcaniques chimiquement différentes de part et d'autre du craton Tanzanien.
 
Photos : sur différents sites dont références
-
http://www.tboeckel.de/EFSF/efsf_wv/efsf_wv.htm
- http://www.swisseduc.ch/stromboli/perm/nyiragongo/index-en.htm
- http://www.decadevolcano.net/photos/nyiragongo_july06_01.htm


Video : 3,40min . http://www.youtube.com/watch?v=1M7P7X

Sources :
-"Isotopic and geochemical evidence for a heterogeneous mantle plume origin of the Virunga volcanics, Western rift, East African Rift system"
Ramananda Chakrabarti, Asish R. Basu, Alba P. Santo, Dario Tedesco and Orlando Vaselli.


- "Fledgling mantle plume may be cause of african volcano's unique lava" - 13.03.2009 Rochester University. - A.Basu.

 

autre référence pour le même sujet :http://www.geologytimes.com/research   /Fledgling_mantle_plume_may_be_cause_of_African_volcanos_unique_lava.asp


- Global volcanism Program : Nyiragongo.

- Big Pictures : photos sur la région de Goma, dont deux des volcans durant les guerres sur : http://www.boston.com    /bigpicture/2008/11/congos_crisis_worsens.html



à suivre : - le Nyamuragira
               - le lac Kivu et ses menaces

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


Pas question de quitter la Tanzanie sans parler d'une gemme découverte voici seulement 40 ans, et qui devrait, mesdames, vous intéresser fortement :
                        la ZOÏSITE BLEUE ou TANZANITE.

                                                     Tanzanite brute . free-form.ch

C'est Tiffany, le célèbre joailler qui lui donna le nom de Tanzanite, plus commercial, après la découverte de cette gemme transparente en territoire Maasai, à proximité du Kilimandjaro dans les collines de Merelani. On la trouve au sein des îlots montagneux formés d'ardoises métamorphiques, de gneiss et de quartzites.


Ce minéral est remarqu
able étant donné son fort trichoïsme, présentant selon l'orientation du cristal des éclats dans trois couleurs : bleu saphir, violet et rouge bourgogne.
Du pont de vue composition chimique, ce minéral métamorphique, provenant de l'altération hydrothermale de plagioclases calciques, contient fréquemment du vanadium, en plus des composants traditionnels de la zoïsite : albite, séricite et calcite.
formule : 
Ca2Al3(SiO4)3OH
dureté : 6 - 6,5 sur l'échelle de Mohs.
densité : 3,34-3,43.
cristallisation : orthorhombique-dipyramidale.
propriétés optiques : indice de réfraction : 1,69-1,71
                                   polychroïsme : brun-rouge-bleu


La Tanzanite est mille fois plus rare que le diamant; diverses raisons à cela : tout d'abord, on ne la trouve qu'en un seul endroit au monde, la Tanzanie; ensuite, son extraction difficile (baisse des rendements, besoin de creuser toujours plus profondément).
De plus, la spéculation est entretenue par les joailliers américains, alors que les vrais saphirs deviennent difficiles à trouver.
Mais sa beauté a un revert : sa faible dureté en fait une pierre fragile, qui doit être portée avec précautions. Il ne faut jamais la nettoyer aux ultra-sons, et éviter le contact avec des acides.
.
Cette pierre a fait la fortune des Maasai, qui ont placé leur argent dans leurs troupeaux, mais aussi dans des immeubles modernes à Arusha. http://www.lesafriques.com/actualite/quand-lor-des-masai-tourne-au-bleu.html?Itemid=89?articleid=12303



Messieurs, à vos porte-feuilles !
Les prix les plus fantaisistes circulent : entre 500$ pour une pierre de 1,37 carats à 690.000$ pour une de 2 carats-AAA.
Pensez-y lors d'une prochaine visite en Tanzanie.

sources:
- Gemstone .de
- vidéo de france24 sur l'extraction de la Tanzanite.
- faites votre choix sur http://www.lapigems.com/tanzanite.asp



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu



                                       "La forge de Vulcain"  par Diego Velasquez - 1630 - musée du Prado.


L'oeuvre du peintre Velasquez fut peinte lors de sa "période Italienne".
Elle représente Apollon annonçant à un Vulcain stupéfait la nouvelle infidélité de sa compagne Vénus.
Vulcain est dépeint sous les traits d'un forgeron oeuvrant parmi ses assistants, les Cyclopes, dans un décor typiquement espagnol d'une forge Andalouse.
Seul Apollon dénote dans cet ensemble réaliste,afin de rappeler le sujet de la toile. Son attitude hiératique, le doigt indicatif et l'auréole (chrétienne) contribue à lui donner de l'importance. 
La stupéfaction du hideux Vulcain et l'intérêt des assistants, au récit de son infortune, est bien dépeinte. Une attention particulière a été accordée à l'expression des visages, à la musculature des forgerons et à l'aspect metallique de l'armure qu'ils façonnent.

La mythologie :

Vulcain a pour parents Junon et Jupiter. Il nait difforme et sa mère, honteuse d'avoir donné naissance à un tel rejeton, le lance du haut de l'Olympe, afiin de ne le laisser voir à personne.
Il tombe dans la mer et est sauvé par Thétis et Eurynomé, filles d'Océan.
Pendant 9 années, il demeure caché dans une grotte, entouré de leurs soins et développe un grand talent à leur fabriquer des bijoux.
Un jour, lors d'une promenade sur terre, Junon rencontre les deux  nourrices ... les voyant parées des plus beaux bijoux, elle s'enquit de leur provenance. Les filles d'Océan lui répondirent que c'était l'enfant recueilli qui les leur avait fabriqué. Junon décide alors d'aller le voir, et reconnaissant la difformité qui l'avait dégoûtée à la naissance de Vulcain, elle essaye de l'amadouer afin d'obtenir de plus belles parures que celles vues en possession des nourrices.
Vulcain, qui gardait un juste
ressentiment contre cette mère indigne, lui fabrique une chaise d'or muni d'un ressort caché; il lui envoye dans l'Olympe.
Junon, admirative devant cet oeuvre, ne se méfie pas; elle s'assied sur le siège et est prise au piège. Seul Vulcain a le pouvoir de la délivrer !
Il n'y consent qu'à la condition d'obtenir la main de Vénus, et c'est ainsi que ce fait cette union contre nature, entre la déesse de la beauté et l'hideux rejeton. Cette aventure arrivée à "la mère des dieux" suscita l'hilarité des habitants de l'Olympe.
Ndlr : il peut y avoir d'autres variantes à cette histoire mythologique.

Revenons au tableau : Apollon lui annonce l'infidélité de Vénus.
Après avoir appris son infortune, le mari trompé tisse un filet metallique invisible et y enferme Mars et Vénus durant leur sommeil. A leur réveil, les dieux de l'Olympe purent rire des amants pris au piège... mais aussi de Vulcain, le cocu.

Vulcain est considéré comme le dieu du feu, des métaux, de toutes les matières qui brûlent, des forgerons et des volcans ... qui deviennent son domaine.
Sa forge se trouverait selon les uns sous l'Etna, selon d'autres sous Vulcano : c'est là qu'il travaille en compagnie des cyclopes. C'est là qu'il fabrique les bijoux des déesses, qu'il forge les foudres de Jupiter, les armes d'Achille et d'Enée, le sceptre d'Agamemnon...
 

 

Vulcain portant la tunique et le bonnet conique des artisans,est représenté avec une claudication légère - bronze romain du Ier siècle ap. J.-C., musée des Beaux-Arts de Lyon



Vénéré à Rome, il faisait l'objet de fêtes qui se célébraient au mois d'août, durant les ardentes chaleurs estivales. En son honneur et afin de se rendre propice le dieu du feu, le peuple jetait des victimes dans un brasier.
Ces cérémonies duraient huit jours consécutifs.
Vulcain était assimilé à Hephaïstos, son homolgue mythologique grec.

Le peintre :

Diégo Vélasquez est né à Séville, en Espagne en 1599. Fils de Juan Rodriguez de Silva, un aristocrate portuguais  et de Jéronima Velasquez, appartenant à la petite noblesse des Hidalgos. La coutume espagnole autorisait un fils ainé à adopter le nom de sa mère si un important héritage maternel était en jeu ... d'où son nom de peintre.
Ses parents lui donnèrent une éducation chrétienne stricte et des connaissances en langues et en philosophie. Montrant des dispositions artistiques, il fut placé chez Franciso de Herrera, puis chez Francisco Pacheco établi à Séville, dont il épousa la fille.
Remarqué à Madrid, par le comte-duc Olivares, il fit son entrée à la cour de Philippe IV, époque où il rencontre Pierre-Paul Rubens.
Après plusieurs voyages en Italie, il reçu la permission de Philippe IV d'aller y séjourner. Il passa par Venise, puis Rome où il étudia les oeuvres de Raphaël et Michel-Ange. Logé à la Villa Médicis, il fut contraint de retourner à Rome, suite à la contraction d'une fièvre ... c'est à cette époque qu'il peignit "La forge de Vulcain" (1630).

Une de ses oeuvres maitresses fut peinte en 1656: "Las Meninas" (les demoiselles d'honneur) . La composition de cet oeuvre, complexe et enigmatique, crée une relation entre celui qui regarde la toile et les personnages dépeints. Le roi y est représenté comme quelqu'un qui regarderait le tableau sans y figurer directement ... on peut l'apercevoir dans le miroir du fond.
Cette complexité a été source d'analyses et font de cette toile l'une des plus commentées de l'histoire de la Peinture occidentale.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
                                                    from HVO ... and me


                    a bonus pic from the Hawaiian Volcano Observatory send on 31.10.2007.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le cratère du Ngorongoro a été classé au "patrimoine mondial" et est devenu le principal sanctuaire mondial pour le rhinocéros noir.
La configuration de l'endroit, le fait qu'il ne soit pas habité et par contre fort surveillé, a permis au rhinocéros d'échapper à l'appétit des "chasseurs de cornes".

Ces mêmes caractéristiques profitent à un ensemble vaste d'espèces : on y rencontre la plupart des espèces herbivores des plaines du Serengeti : des gnous, des zèbres, des gazelles, des buffles, des cobes, des phacochères.
Des herbivores plus discrets habitent les zones forestières : des élands du Cap, des guibs, des hippopotames et quelques éléphants.
Les prédateurs sont aussi en nombre : lions, hyènes, chacals, servals, otocyons.

                           Gnous et zèbres sur les zones de savane sèche.
- © B.Duyck
 
Alors qu'ils forment d'énormes packs-migratoires dans le Serengeti, les gnous - Connochaetes taurinus- sont sédentaires dans le cratère du Ngorongoro. Viennent même s'y ajouter quelques éléments migrateurs.
Ces antilopes peu gracieuses, d'allure "préhistorique" s'associent aux zèbres, leur façon de brouter se complètant pour bien exploiter le terrain.

                 Zèbres de Burchell - à l'avant-plan, un adulte et un juvénile. -
© B.Duyck

Les zèbres du Ngorongoro ne sont pas non plus migrateurs, le cratère leur offrant tout le nécessaire durant l'année complète. Leur nom en swahili -"âne rayé" - ne fait pas la distinction entre les trois espèces vivantes.
Ici, ce sont les zèbres de Burchell, plus spécifiquement la sous-espèce boehmi soit le zèbre de Grant - Equus burchelli boehmi -, qui sont représentés.
 Le pelage blanc est zébré de larges rayures marron (chez les juvéniles) à noires, bien espacées sur les flancs et s'interrompant sur le ventre.
Au fait, les zèbres sont-ils blancs à rayures noires, ou noirs à rayures blanches ?
 La question n'est pas tranchée ... des observations récentes sur la formation des rayures au cours du développement suggèrent qu'ils "seraient noirs à rayures blanches".

                   La gazelle de Grant (mâle) affectionne les paysages ouverts. -
© B.Duyck

Les gazelles de Grant et les gazelles de Thomson sont toutes deux présentes dans le cratère et forment souvent des troupeaux mixtes, tout au moins lorsque la végétation n'est pas trop sèche. Elles supportent des environnements chauds et déshydratants grâce à la possession de particularités morphologiques (pelage clair, morphologie efflanquée) et physiologiques (régulation de la température corporelle). Elles ont cependant un régime alimentaire différent : le Thomson est strictement herbivore, la gazelle de Grant est phyllophage et se nourrit de feuilles de buisson.

  Gazelles de Thomson, plus colorées, plus trapues, et aux flancs barrés d'une bande noire.

  © B.Duyck


                  Groupe de buffles âgés d'au moins 8 ans (aspect des cornes) - © B.Duyck

Le buffle africain - Syncerus caffer caffer -fait partie de ces "big five" que tout chasseur-photographe se doit d'épingler. Cet animal imposant (jusqu'à 1,7 m .au garrot et pesant entre 500 à 900 kg.) est imprévisible et ses charges dangeureuses.
Leurs formidables cornes attirent non seulement les nemrods de tout poil, mais aussi les sorciers qui les utilisent, réduites en poudre, pour guérir le stérilité féminine. Pour le buffle, ce sont surtout des armes anti-prédateurs : en cas d'attaque, ils forment un cercle, protégeant ainsi les juvéniles et les animaux affaiblis à l'intérieur de celui-ci, et présentent aux assaillants un rempart de cornes infranchissable.

       L'heure de la chasse approche : étape préliminaire, examen des environs.
- © B.Duyck

Malgré une bonne forme apparente, les lions - Panthera leo - du Ngorongoro sont menacés: isolés topographiquement des autres groupes du Sérengéti, ils ont privés également d'un apport génétique nécessaire. La baisse de la variabilité génétique a engendré une baisse de la fécondité et un affaiblissement immunitaire, attribués à la consanguinité.

                                   Une belle famille ! -
© B.Duyck

Réputée lâche et poltronne, l'hyène tachetée - Crocuta crocuta - est en fait un prédateur audacieux et très dangereux dès qu'elle chasse en groupe. Dotée d'un appétit féroce, elle dévore tout ce qu'elle rencontre, proies vivantes ou charognes; elle joue ainsi un rôle essentiel dans le maintien de l'équilibre naturel en éliminant les bêtes affaiblies et en débarassant la savane des cadavres qui, laissés sur place, favoriseraient le développement d'épidémies.

                                      © B.Duyck


Elles chassent surtout la nuit, se reposant de jour, affalées sur le sol ou vautrées dans la boue.

                                     © B.Duyck


Ayant un peau fragile et ne possédant pas de système de thermorégulation efficace, l'hippopotame - Hippopotamus amphibius - s'immerge de jour et passe ses nuits à brouter les prairies à herbe rase la nuit. Il joue un rôle important dans l'équilibre naturel des plans d'eau qu'il fréquente : la dispertion des ses fécès apporte les engrais nécessaires à la vie aquatique.

L'avifaune est très riche et représentée par 250 espèces d'oiseaux : en zones humides, des canards, des cormorans, des pélicans, des flamants nains et nombre de petits échassiers; partout ailleurs, de nombreux rapaces, dont des vautours, des grues couronnées, des rolliers, des martins-pêcheurs, des calaos et beaucoup de passereaux.
Pour illustrer ceci, juste deux photos, parmi quelques dizaines, d'oiseaux particulièrement élégants:

     La grue royale - Balearica regulorum - arpente son domaine, en cherchant sa pitance. -

                                    © B.Duyck

 

              Un groupe d'Ibis sacrés, très fashion, en bordure d'un hippopool. - © B.Duyck

A noter : un comportement déviant, induit par la fréquentation humaine, chez les Milans royaux.
Lors de la halte de midi, et l'habituelle dégustation de sandwiches, les visiteurs se font harceler, pour ne pas dire attaquer par des milans, rapaces au vol acrobatique, qu'ils ont nourris dans un premier temps.
Seulement ceux-ci se sont spécialisés dans la récolte facile, livrée à heure fixe et en abondance, et n'attendent plus qu'on la leur présente mais la vole littéralement des mains des touristes, malgré leur vaine tentative de "manger sous le manteau" !
Après deux bouchées avalées à la sauvette, nous avons du nous replier dans les véhicules pour terminer le repas, avec une main entaillée par les serres d'un milan un peu "moins précis".

               Pasteurs Maasai pénétrant dans le cratère avec leur troupeau. -
© B.Duyck

 Le cratère du Ngorongoro est inclus dans un ensemble beaucoup plus vaste - 8.288 km² - appelé "Ngorongoro Conservation Area" , créée en 1959 pour permettre aux Maasai de coexister avec la faune sauvage. Les règles y sont différentes et les Maasai ont p.ex. le droit d'abreuver leurs troupeaux dans le cratère,mais il est interdit de les faire pâturer.
Ce compromis semble bien fonctionner, si on le compare à ce qui se passe au Kenya,dans certaines réserves.

Espérons que la dénomination "arche de Noé" ne se vérifie pas et que cette faune sauvage si riche continue à se retrouver partout dans le pays et en Afrique en général et ne devienne pas une attraction limitée à quelques zones restreintes.


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