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Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “Chemin fais'art

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Retour dans le Puy de dôme, où la parc Vulcania fête cette année ses dix ans d’existence.

C’est à proximité du site que je vous entraîne, vers un endroit exceptionnel, mariant pierres volcaniques, art et nature … et découvert grâce à un article de Dominique Decobecq dans la revue L.A.V.E.

 

Dans les Combrailles, cet endroit entoure le Puy de Beaufort, un site volcanique à 900 mètres d’altitude qui comporte des vestiges d’occupation gauloise, puis médiévale. Il porte le nom poétique de " Chemin Fais’Art ".

 

Les-pierres-qui-marchent---blog-Arte-TV.jpg                      Le " Chemin Fais'Art " - photo Arte TV / Les pierres qui marchent.

 

Ce sentier de quelques kilomètres est parsemé d’une vingtaine de sculptures monumentales en pierre de Volvic : des cages, des spirales, des demi-sphères sont disséminées dans les pâtures, les clairières, les sous-bois, jusque dans les douves de l’ancien château.

Il faut appréhender le lieu sans se presser, se laisser imprégner par chaque œuvre, accepter de se perdre et de  retrouver sa route grâce à l’une ou l’autre borne en lave, portant un haut-relief de signes énigmatiques.

 

Chemin-fais-art---tourisme-combrailles.jpg               Sur le "Chemin Fais'Art"  ... - photo Tourisme Combrailles


La première sculpture y a été implantée en 1992, et depuis, chaque année, une ou deux créations  y naissent … puis s’y patinent : l’andésite de Volvic, claire à l’origine, prend une couleur gris-noire en étant exposé aux conditions atmosphériques Auvergnates.

 

Chemin Fais'art - BaLaDo                                      Chemin Fais'Art - Nid de dinosaures ? - photo BaLaDo.

 

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         Claustra, ou bibliothèque, ou ... - photo Chemin Fais'Art Chapdes-Beaufort.


Les-pierres-qui-marchent---Auvergne-visite.jpgUn Igloo de l'âge de pierre ? ... ne manquez pas d'examiner la pierre du sommet - photo Auvergne visite.


Cet endroit magique est né de l’imagination d’un sculpteur, Gilles Pérez, et de l’association " Les pierres qui marchent " .

Ce " taiseux " préfère laisser ses œuvres parler pour lui, ou encore évoquer les chantiers de réinsertion qu’il anime depuis 15 ans, avec huit personnes en contrat d’avenir.

Les sculptures résultent selon ses propres mots, d’un esprit bâtisseur, d’une oeuvre collective plus qu’individuelle … elles sont l’aboutissement d’un travail d’équipe sur un an. Les pierres sont données par la Graniterie des Volcans du Petit Chambois, puis sont taillées et assemblées, en même temps que le site est aménagé puis entretenu. Au visiteur ensuite de s’approprier chaque réalisation, indépendamment les unes des autres : selon qu’elle est vue par un géologue, un historien, un enfant, elle va livrer une autre version et vivre différemment.

Comment trouver le « Chemin Fais’Art » ?

chemin-faisart.jpgA partir du centre de Chapdes-Beaufort, suivre la direction de Pulvérières (D575) sur 1,8 km. Le parking est situé 300 m après l'indication Fais'art.

 

Un plan sommaire est disponible à la mairie ou chez Gilles Perez à Chateix (04 73 79 23 37 - Web : http://www.lespierresquimarchent.fr/

 

 

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Sources :

- Revue L.A.V.E - n°147 novembre 2010.

- Divers sites : BaLaDo.fr - Randoplanet / Puy de Dôme - Auvergne visite

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Sombre, mais résistante, la trachyandésite de Volvic a permis l'édification de nombreuses constructions de prestige dans un rayon d'une centaine de kilomètres autour de son site d'extraction.

Façade de la Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption à Clermont-Ferrand - photo Fabien 1309

Façade de la Cathédrale Notre-Dame de l'Assomption à Clermont-Ferrand - photo Fabien 1309

La Cathédrale de Clermont-Ferrand vue de Montjuzet - photo Fabien 1309

La Cathédrale de Clermont-Ferrand vue de Montjuzet - photo Fabien 1309

Exploitée par les moines dès le XII° siècle, c'est après le lancement de la reconstruction de la cathédrale de Clermont que la pierre de Volvic acquiert ses lettres de noblesse. Située au sommet de la butte qui forme le centre ancien, Notre-Dame de l'Assomption se détache par sa sveltesse, mais aussi par sa couleur sombre ... qui lui a valut son surnom de "Cathédrale des charbonniers" par les frères Goncourt.

Clermont-Ferrand abrite encore la Maison Savaron, de 1513 en style gothique flamboyant, et la Fontaine d'Amboise, oeuvre de transition entre le gothique et la Renaissance, toutes deux en pierre de Volvic.

Clermont-Ferrand - Hôtel Savaron. Bas-relief au tympan de la porte de l'escalier, dans la cour intérieure, avec deux sauvages tenant l'écu des Savaron. - photo Basvb

Clermont-Ferrand - Hôtel Savaron. Bas-relief au tympan de la porte de l'escalier, dans la cour intérieure, avec deux sauvages tenant l'écu des Savaron. - photo Basvb

Clermont-Ferrand - La Fontaine d'Amboise - photo Tony Castle

Clermont-Ferrand - La Fontaine d'Amboise - photo Tony Castle

En quelques dizaines d'années, la pierre va parer les villes environnantes de Basse-Auvergne de sa teinte grise qui noircit un peu avec le temps : Volvic, Riom et Clermont-Ferrand.
 

A Riom, le centre ville possède quelques immeubles, qui peuvent sembler austère, mais emblématiques de la pierre de Volvic.

La Tour de l'horloge est un ancien beffroi, reconstruit à la Renaissance sur sa base médiévale. Au sommet, une salamandre , emblème de François 1er rappelle que Riom fut ville royale de 1521 à 1532.

Le Musée Mandet possède une cour et un porche d'entrée aux formes originelles.

Riom - Cour du Musée Mandet - photo Joëm Damase / Office Tourisme de Riom

Riom - Cour du Musée Mandet - photo Joëm Damase / Office Tourisme de Riom

Riom - les arches de la Maison des Consuls - photo France Voyages

Riom - les arches de la Maison des Consuls - photo France Voyages

Le Puy de la Nugère :

La Pierre de Volvic provient des coulées de trachyandésite émises par le Puy de la Nugère.

C'est une pierre de couleur grise avec de nombreuses petites bulles et du feldspath. Elle résiste au gel, aux produits chimiques. Elle présente un faible coefficient de dilatation. Toutes ces caractéristiques en font un matériau intéressant pour la construction.

Puy de la Nugère - photographies aériennes d'Auvergne par www.photo-paramoteur.com

Puy de la Nugère - photographies aériennes d'Auvergne par www.photo-paramoteur.com

Etapes de formation du complexe éruptif de La Nugère - doc. A.Gourgaud et Camus 1984

Etapes de formation du complexe éruptif de La Nugère - doc. A.Gourgaud et Camus 1984

Le complexe éruptif de la Nugère est formé d’un anneau de projections, de cônes stromboliens, d’un lac de lave figé et de plusieurs coulées.

La Grande Nugère s'est édifiée en recouvrant partiellement deux petits cônes existants, dont l'ancienne Nugère.

Plus tard, une éruption explosive a détruit le flanc Est de la grande Nugère et édifié un anneau de tuff, qui s'est rempli par un lac de lave, solidifié aujourd'hui : C'est l'étape Nouvelle Nugère.

Quatre cônes stromboliens, dont le puy de La Louve, générateurs de coulées de trachyandésite, sont nés sur le lac de lave solidifié. Les deux dernières coulées, vieilles de 12.000 ans, ont fourni la pierre de Volvic. Sur le flanc ouest du cône, on remarque les restes partiellement enfouis de 2 appareils stromboliens antérieurs à la Nugère.

La Nugère, en grande partie boisée, fut la première montagne d’Auvergne a être reconnue comme étant un volcan en 1751, par J.E.Guettard.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M.Krafft & de Larouzière - ed. Delachaux et Niestlé / Puy de la Nugère-Volvic p.53-56

Magma mixing at La Nugère Volcano (Chaîne des Puys, Massif Central, France): Role in the trachyandesites genesis – by A.Gourgaud & G.Camus 1984

- Le chemin fais'art – Earth of fire - link

- Thierry Courtadon expose la pierre de Volvic – Earth of fire - link

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Publié le par Bernard Duyck

Dark, but resistant, Volvic's trachyandesite has allowed the construction of numerous prestigious constructions within a radius of a hundred kilometers around its extraction site.

Façade of the Cathedral of Notre-Dame de l'Assomption in Clermont-Ferrand - photo Fabien 1309

Façade of the Cathedral of Notre-Dame de l'Assomption in Clermont-Ferrand - photo Fabien 1309

The Cathedral of Clermont-Ferrand view from Montjuzet - photo Fabien 1309

The Cathedral of Clermont-Ferrand view from Montjuzet - photo Fabien 1309

Exploited by the monks since the 12th century, it is after the launch of the reconstruction of the cathedral of Clermont that the stone of Volvic acquires its letters of nobility.

Situated at the top of the hill which forms the old center, Notre-Dame de l'Assomption stands out for its slimness but also for its dark color ... which earned it its nickname "Cathedral of the charcoal burners" by the brothers Goncourt .
Clermont-Ferrand still houses the Maison Savaron, dating from 1513 in flamboyant Gothic style, and the Fontaine d'Amboise, work of transition between the Gothic and the Renaissance, both of Volvic stone.

 

Clermont-Ferrand - Hotel Savaron. Bas-relief at the tympanum of the door of the staircase, in the inner courtyard, with two savages holding the shield of the Savarons. - photo Basvb

Clermont-Ferrand - Hotel Savaron. Bas-relief at the tympanum of the door of the staircase, in the inner courtyard, with two savages holding the shield of the Savarons. - photo Basvb

Clermont-Ferrand - Fountain of Amboise - photo Tony Castle

Clermont-Ferrand - Fountain of Amboise - photo Tony Castle

In a few decades, the stone will adorn the surrounding towns of Basse-Auvergne with its gray tint which blackens a little with time: Volvic, Riom and Clermont-Ferrand.
 
In Riom, the city center has some buildings, which may seem austere, but emblematic of the Volvic stone.
The Tower of the Clock is an ancient belfry, rebuilt in the Renaissance on its medieval base. At the top, a salamander, the emblem of Francis I recalls that Riom was a royal city from 1521 to 1532.
The Mandet Museum has a courtyard and an entrance porch with original shapes.

Riom - Court of the Mandet Museum - picture Joëm Damase / Office Tourism of Riom

Riom - Court of the Mandet Museum - picture Joëm Damase / Office Tourism of Riom

Riom - the arches of the House of Consuls - photo France

Riom - the arches of the House of Consuls - photo France

The Puy de la Nugère


The Volvic stone comes from the flows of trachyandesite emitted by the Puy de la Nugère.
It is a gray-colored stone with many small bubbles and feldspar. It resists to frost and chemicals. It has a low coefficient of expansion. All these characteristics make it an interesting material for construction.

Puy de la Nugère - aerial photography of Auvergne by www.photo-paramoteur.com

Puy de la Nugère - aerial photography of Auvergne by www.photo-paramoteur.com

Stages of formation of the eruptive complex of La Nugère - doc. A.Gourgaud and Camus 1984

Stages of formation of the eruptive complex of La Nugère - doc. A.Gourgaud and Camus 1984

The eruptive complex of Nugère consists of a pyroclastic ring, strombolian cones, a frozen lava lake and several lava flows.
La Grande Nugère was built by partially covering two small existing cones, including the former Nugère.
Later, an explosive eruption destroyed the eastern flank of the great Nugère and built a tuff ring, which was filled by a lava lake, solidified today: It is the New Nugère stage.
Four strombolian cones, including the Puy de La Louve, generators of trachyandesite flows, were born on the solidified lava lake. The last two flows, 12,000 years old, have supplied the stone of Volvic. On the western flank of the cone are the partially buried remains of two strombolian cones prior to Nugère.
La Nugere, largely wooded, was the first mountain in Auvergne to be recognized as a volcano in 1751 by J.E.Guettard.

Sources :
- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M.Krafft & de Larouzière - ed. Delachaux et Niestlé / Puy de la Nugère-Volvic p.53-56

Magma mixing at La Nugère Volcano (Chaîne des Puys, Massif Central, France): Role in the trachyandesites genesis – by A.Gourgaud & G.Camus
- Le chemin fais'art – Earth of fire - link
- Thierry Courtadon expose la pierre de Volvic – Earth of fire - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Juste pour le plaisir des yeux, je vous propose "une symphonie volcanique en rouge et noir", qui sublime le volcan Equatorien Tungurahua, grâce au partage d'images du Dr. José Luis Espinoza Naranjo, médecin et photographe amoureux de son pays et de ses paysages.

 

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En point d'orgue, grâce au jeu du temps de pose, du diaphragme et d'une vitesse adéquate, un tableau impressionniste de l'éruption du Tungurahua :

 

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Merci à José Luis de nous avoir permis de rêver en "negro y 41675 800854296 9369 nrojo", couleurs qui collent à la peau des volcanophiles.

 

D'autres belles photos de l'Equateur dans un prochain article de "l'art sur les chemins du feu".

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Moytirra vent field -

                       Un évent du champ Moytirra, un fumeur noir - photo Marine Institute.

 

Une expédition scientifique irlandaise, à bord du navire de recherche, le RV Celtic Explorer, vient de découvrir un nouveau champ d'évents hydrothermaux le long de la dorsale médio-Atlantique au nord de l'archipel des Açores.

 

La dorsale médio-Atlantique :

En géologie, une dorsale est une frontière entre deux plaques tectoniques divergentes ; elle forme une chaîne de montagne, immergée le plus souvent.

La dorsale médio-Atlantique marque la séparation entre

- la plaque nord-américaine et la plaque eurasienne, dans l'Atlantique nord

- la plaque sud-américaine et la plaque africaine, dans l'Atlantique sud.

Elle court sur une distance proche de 7.000 km. et culmine à une profondeur de 2.700 m en moyenne, entourée de fonds abyssaux s'enfonçant à plus de 4.000 mètres.

Les plaques tectoniques s'écartent en continu, à la vitesse de 2 à 3 cm. par an dans une direction vaguement est-ouest.

La faille est segmentée de nombreuses failles transformantes, et ponctuée de nombreuses îles qu'elle a créé :

- dans l'hémisphère nord : Jan Mayen, Kolbeinsey, l'Islande, les Açores, les Bermudes et les rochers de St Pierre et St Paul

- dans l'hémisphère sud : Ascension, Tristan da Cunha, et les îles Gough et Bouvet.

 

 

MAR.jpg         La Mid Atlantic ridge - la dorsale médio-atlantique - âge des fonds marins - doc. NOAA.

 

Le champ d'évent Moytirra :

Lors de la première plongée du ROV Holland 1, un groupe de cheminée de sulphides métalliques, de couleurs noires et rousses, fut découvert par 3.030 mètres de fond; elles exhalaient des panaches noirs d'eau super-chaude riches en métaux. D'autres cheminées exibent des traces blanches d'anhydrite.

 

5765794_5ac4dd429e_l.jpg                     Première vision humaine du Moytirra vent field - photo Marine Institute.ie

                   

                                           Coupe d'une cheminée hydrothermale - doc.wikipedia.

N.B. : document générique - les températures indiquées ne correspondent pas nécessairement à ce camp d'évents.

 

Ces eaux, chauffées jusqu'au point d'ébullition par les roches volcaniques de la croûte terrestre, abritent une riche vie marine habituée aux profondeurs et au noir total, qui se développe au dépens de bactéries chimiosynthétiques.

 

 

Ce nouveau champ au nord des Açores, a été baptisé "Moytirra ", du nom d'un champ de bataille de la mythologie irlandaise, dont le nom signifie "plaine des piliers". La plus grande cheminée découverte, haute de plus de dix mètres, porte le nom de "Balor ", celui d'un géant légendaire.

Ce champ hydrothermal est caractérisé par des cheminées "monstrueuses" et leur position inhabituelle au pied d'un à-pic.

 

Cette expédition a été filmée par le National Geographic, dans le cadre d'une série intitulée "Alien deep", à paraître en 2012.

 

Sources :

- Marine Institute - Major scientific discovery on the mid-atlantic ridge - link

- Ifremer - campagne EXOMAR (Extremophiles Of the Mid-Atlantique Ridge)

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Un ancien "chemin blanc" de l'époque Maya - un sacbé - a été récemment découvert dans les fouilles du village de Cerén, au Salvador, par une équipe d'archéologues de l'Université du Colorado à Boulder, conduite par Payson Sheets.

Les restes de ce village étaient enfouis depuis 1400 ans, quand en 1978, un bulldozer ouvrit par hasard une fenêtre sur les restes bien préservés de cette communauté Maya.

 

sacbe_closeup.JPG Le chemin blanc de Cerén - découvert en juillet 2011 - avec son canal de drainage et sur la droite, des céréales préservées sous les cendres de l'éruption du Loma il y a 1400 ans. - Photo Payson sheets - University of Colorado. / Live Science

 

  

Les sacbeob Mayas :

 

Le mot Sacbé - sacbeob au pluriel - dérive de mots mayas : sac signifiant blanc et be signifiant chemin.

 

Sacberoad-cc-minnaert-350                                     Un sacbé bien conservé au Yucatan - photo Minnaert


Ces chemins étaient surélevés d'une cinquantaine de centimètres, entre deux murets remplis de cailloux et revêtus d'un stuc calcaire destiné à les protéger des intempéries.

sacbe---oncetv-ipn.jpgCes chemins blancs avaient une connotation à la fois pratique, politique et spirituelle pour les mayas : ils mettaient en communication les villages, les temples et les places.

Pour en avoir emprunté un en pleine nuit, pour me rendre sur une pyramide de Tikal, et voir le soleil se lever sur la forêt du Peten, je peux confirmer le côté pratique de celui-ci : je pouvais me diriger dans l'obscurité, renforcée par la présence de hauts arbres, sans aucun éclairage et progresser à allure normale sur ce chemin, qui rendait en pleine nuit la luminosité qu'il avait "stocké de jour" ... parcours génial, ponctué par les hurlements des singes. - photo oncetv-ipn / mundo maya.

 

Le sacbé de Cerén :

La particularité de ce chemin est d'avoir été confectionné avec de la cendre volcanique claire, en lieu et place du calcaire. Cette cendre provient d'une précédente éruption ;  elle a été tassée et consolidée le long de ses bords par les résidents autour de l'an 600 (après JC). Il est entouré de ruisseaux.

C'est aussi le seul sacbé retrouvé par les archéologues à avoir été construit sans bords pavés.

 

Il fut découvert, en juillet 2011, de façon inattendue lors du creusement d'un puit d'analyse dans une couche de cendres volcaniques; ce travail visait à analyser l'activité agricole aux alentours de Cerén, considéré comme le village Maya le mieux préservé d'Amérique centrale. Afin de suivre le sacbé, deux fosses-test ont été creusées ensuite vers le nord , ce qui a permis de confirmer sa longueur : un demi-terrain de foot. Il semble relier deux structures cérémonielles découvertes par Sheets et son équipe en 1991.

L'une d'elle semble avoir été utilisée par une femme chamane. On y a retrouvé des os de cerfs, une coiffe portant des bois de cerf peinte en rouge et bleu, et un grand pot en forme de crocodile. De grandes quantités de nourriture et de boissons y avaient été préparées pour une distribution sur la place du village, en vue d'une cérémonie en relation avec la récolte.

Une fête se passait lors de l'éruption qui a enseveli le village ... mais il semble que les villageois en soient partis précipitamment , sans revenir vers leurs maisons pour y ramasser quelques objets de valeur ( toutes les portes des maisons étaient ficelées) . Ils s'en sont encourru en pleine nuit , vraisemblablement grâce au sacbé ... et bien qu'aucun reste humain n'ait été trouvé au village, il est probable, d'après les archéologues, que l'on découvre des corps lors de futures fouilles le long du chemin.

 

Ironie du sort, un chemin construit grâce aux dépôts du volcan a permis aux hommes de fuir une éruption ultérieure de celui-ci !


La datation au radiocarbone permet d'attribuer cette éruption au volcan Loma, un évent situé sur le flanc nord-ouest du San Salvador, distant de 600 m. seulement, qui a eu lieu en l'an 630; d'après Sheets, l'éruption s'est produite en août, et en début de journée : il se base pour cela  sur divers éléments: la maturité des céréales retrouvés dans les cendres, le fait que les nattes de couchage n'aient pas été roulées, le déjeuner servi et les assiettes non encore nettoyées.

 

On a qualifié Cerén de "Pompeï du nouveau-monde" ... mais des différences marquantes les séparent.

Au contraire de Pompeï, cité romaine organisée, aux habitations en dur, aux rues pavées, on est ici en présence d'une modeste comunauté agricole.

A cause du recouvrement des structures au toits de chaumes, des champs et des jardins par une cendre fine, chaude et humide, la conservation des matières organiques est meilleure à Cerén. Ici pas des statues de marbre, mais des marques de doigts sur les bols de céramique, des empreintes de pieds dans les jardins, des moulages de maïs et de manioc, des pots remplis de haricots, deux espèces différentes de fourmis.

 

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            Des restes du village Maya de Joya de Cerén - photos daguerquill / flickr.

                            Sur les parois, on aperçoit des dépôts de surges pyroclastiques.

 

Un résumé par le découvreur :

  

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - San Salvador - eruptive history

- Dailycamera - CU-Boulder ream digs up ancien Mayan road - 05.10.2011,  link 

- Livescience - ancient maya road let villagers flee volcanic death - link

- About.com /archeology - cerén, the lost village of El Salvador - finding El Salvador's Pompeii - link

- Sheets, Payson (editor). 2002. Before the Volcano Erupted: The Ancient Cerén Village in Central America. University of Texas Press, Austin.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après le Mt Vinaigre au NO. du massif, on passe du côté Méditerranée, avec le Cap Roux, en bord de mer, et le Pic de l'Ours, en hauteur dans l'Estérel.




Le Cap Roux - 453 m. :

Situé en bordure de la Corniche d'Or, ce massif rhyolitique ne prend toutes ses couleurs qu'en fin d'après-midi, sous un soleil déclinant.

 Le sommet du Cap Roux au relief accidenté, constitué de rhyolite ignimbritique.

                                                                                                    © B.Duyck


    Le relief et la mer se rencontrent ... pointes escarpées et criques
    se succèdent et relèguent les zones habitées sur les
    rares faux-plats. - © B.Duyck


     Les calanques, favorables à la baignade et au farniente - © B.Duyck

Les calanques sont l'apanage de la méditerranée; elles se présentent sous forme de vallon étroit et profond aux bords escarpés, en partie submergé par la mer. Leur nom vient d'une dénomination occitane "calanca ".
Les calanques de l'Estérel sont accessibles par quelques marches taillées ou des chemins étroits formés de blocs étagés.
Ce paysage magnifique est malheureusement balafré par la nationale 96 et la tranchée du chemin de fer Marseille-Nice. Des  transversales en impasse d'accès à la mer, comme en Corse, auraient permis une meilleure préservation des sites.

Le pic de l'Ours - 492 m.


D'accès plus compliqué : j'ai privilégié la route à partir d'Agay; prendre la direction Fréjus, par la route des golfs et tourner de suite à droite, vers le massif et la maison forestière du Gratadis;
restez sur la droite, en direction de la Sainte-Baume (*), puis passez les cols de l'Evêque et celui des Lentisques jusqu'au parking du pic de l'Ours.
N.B.: route moins stressante qu'au Mont Vinaigre, puisque la portion étroite se fait ici "en sens unique".
A partir de là, privilégiez le chemin cours... sentier raviné, qui ressemble au lit d'un petit torrent à sec, pour cheminer
à flanc de montagne en écartant les branches, et déboucher sous le pilone TV.

          Parking du Pic de l'Ours - départ de la promenade -,

          "les Petites Grues" et la Méditerranée, vus du chemin

          de montée - © B.Duyck

 

              Le sommet et "la dent de l'Ours", au centre - © B.Duyck

 

                                       La dent de l'Ours - © B.Duyck

                                   Close-up rhyolitique - © B.Duyck

 

Dans tout le massif, on rencontre un arbre typique de la région : Quercus suber L.- le chêne-liège.


Le liège produit par l'arbre, appelé "liège mâle", crevassé et de piètre qualité doit être enlevé. Cette opération, appelée "démasclage" se fait dès que la circonférence du tronc atteint 70 cm.


Le nouveau liège, "le liège femelle" se forme et est enlevé tous les 9 à 15 ans, dès l'épaisseur critique atteinte : environ 3 cm., durant juillet-août quand l'arbre est en sève.


Bon isolant thermique et phonique, le liège résiste aussi à l'eau grâce à la subérine qui imprègne ces cellules ... il servira plutôt, dans nos temps de crise climatique, à l'isolation qu'à la fabrication traditionnelle de bouchons.

 

 

 

              Le tronc démasclé du gros spécimen - © B.Duyck

 

(*) : La Sainte Baume : "la sainte grotte" en provencal.

Honorat, qui vécu dans les années 400, appartenait à l'aristocratie gallo-romaine mais se convertit avec son frère aîné Venantius. Pratiquant l'ascèse, dans leur riche demeure, à Trèves, ils offraient l'hospitalité aux pauvres. Leur pratique des préceptes de l'Évangile leur fit une immense renommée. Effrayés par une telle gloire, contraire à leur esprit d'humilité, ils décidèrent de partir, donnant tous leurs biens. Venantius mourut en Grèce et Honorat, de retour en Gaule, a cheminé sur la voie Aurélienne, Nice, Cannes jusqu'au Cap Roux où il dormit dans cette excavation du rocher avant de rallier Fréjus où il resta plusieurs années. Honorat y devint célèbre, les foules accouraient de loin pour entendre sa parole.Il se souvint de la grotte du Cap Roux où il choisit d'y être ermite. Mais il dut fuir à nouveau la notoriété et partit à Lérins. (Vie de St Honorat)

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le Snaefellsjökull - seul grand stratovolcan dans l'ouest de l'Islande

Le Snaefellsjökull - seul grand stratovolcan dans l'ouest de l'Islande

Descendre la côte ouest de la péninsule laisse apercevoir partout ce grand stratovolcan couvert d'un glacier : le Snaefellsjökull.

Le nom du volcan est en réalité Snaefell, "la montagne de neige", mais comme il possède deux homonymes, on l'appelle du nom du glacier qui le recouvre pour le distinguer.

Il s'est édifié au cours des derniers 800.000 ans et on trouve sur la structure les traces d'au moins 20 à 30 épisodes éruptifs, dont seule une partie a été datée à environ 6.000 avant JC. Les cratères des bas flancs ont produit des coulées de lave basaltique, tandis que ceux des flancs supérieurs émettaient des matériaux siliciques à intermédiaires. Son cratère sommital fait 200 mètres de diamètre et est empli de glace. Deux petites excroissances marquent De nombreux cônes pyroclastiques ponctuent ses flancs. Sa dernière éruption date du début de notre ère, en l'an 200+/- 150 ans.

Sommet du Snaefellsjökull - photo Summitpost

Sommet du Snaefellsjökull - photo Summitpost

Nous ne l'avons pas escaladé ... ce n'était pas le but de notre voyage.

Tout un tas d'histoires sont liées au glacier, lieu de rencontre pour les extra-terrestres, ou encore un des sept chakras (centre énergétique) dans le monde ?

"Voyage au centre de la Terre" - roman d'aventure de Jules Verne - couverture et illustration d'Édouard Riou - un clic pour agrandir"Voyage au centre de la Terre" - roman d'aventure de Jules Verne - couverture et illustration d'Édouard Riou - un clic pour agrandir

"Voyage au centre de la Terre" - roman d'aventure de Jules Verne - couverture et illustration d'Édouard Riou - un clic pour agrandir

Il a été mis à l'honneur par Jules Verne dans son "Voyage au centre de la Terre".

Ce roman d'aventure, écrit en 1864, traite de la découverte d'un ancien manuscrit runique par le Professeur Lidenbrock, professeur de minéralogie. Le cryptogramme déchiffré révèle que son auteur a découvert un passage qui l'a mené au centre de la Terre, via un des cratères d'un volcan, le Snaefells.

Jules Verne nous y décrit, en un mélange de données scientifiques (cryptologie, spéléologie, paléontologie, minéralogie et géologie), et de diverses extrapolations, les tribulations de Lidenbrock, de son neveu et des membres de son expédition.

Le thème du livre d'aventure a été repris dans divers films au cours du siècle dernier.

Le livre et son auteur mis à l'honneur sur ce timbre de la Principauté de monaco

Le livre et son auteur mis à l'honneur sur ce timbre de la Principauté de monaco

Le volcan Stapafell - photo © Bernard Duyck 10.2016

Le volcan Stapafell - photo © Bernard Duyck 10.2016

Arnarstapi et le Stapafell :

Le volcan Stapafell, situé au sud du Snaefellsjökull, domine le village et le port d'Arnarstapi.

Haut de 526 mètres et de forme pyramidale fortement érodée, il est constitué de palagonite.

Le village d'Arnarstapi était jadis un comptoir commercial et un port de pêche animé. Son port, entouré de colonnes de basalte, a une configuration propice à l'accueil des bateaux.

Le port d'Arnarstapi, entouré de falaises basaltiques, et le Stapafell - photos © Bernard Duyck 10.2016

Le port d'Arnarstapi, entouré de falaises basaltiques, et le Stapafell - photos © Bernard Duyck 10.2016

Une coulée du Snaefellsjökull plonge dans la mer près du port d'Arnarstapi - en arrière-plan, le Snaefellsjökull - photos © Bernard Duyck 10.2016

Une coulée du Snaefellsjökull plonge dans la mer près du port d'Arnarstapi - en arrière-plan, le Snaefellsjökull - photos © Bernard Duyck 10.2016

Aujourd'hui, il constitue une étape intéressante sur le chemin de randonnée côtier qui le relie à Hellnar.

Ce chemin surplombe des falaises creusées dans une coulée du Snaefellsjökull, érodées par les vents et la mer, et qui forment des criques abritant de petites plages de sable noir, des arches, des promontoires, tous faits d'orgues basaltiques tant horizontales que verticales.

Chemin côtier Arnarstapi - Hellnar - crique, pont de lave - photos © Bernard Duyck 10.2016
Chemin côtier Arnarstapi - Hellnar - crique, pont de lave - photos © Bernard Duyck 10.2016

Chemin côtier Arnarstapi - Hellnar - crique, pont de lave - photos © Bernard Duyck 10.2016

Chemin côtier Arnarstapi - Hellnar - Gatklettur, l'arche volcanique - photo © Bernard Duyck 10.2016

Chemin côtier Arnarstapi - Hellnar - Gatklettur, l'arche volcanique - photo © Bernard Duyck 10.2016

La direction de ces orgues est en général perpendiculaire aux surfaces de refroidissement. Cela donne donc des orgues verticales pour des coulées horizontales, qui se refroidissent par le haut et par le bas, et des orgues horizontales dans les dykes qui se refroidissent par les cotés.

Quand de la lave chemine par un conduit plus ou moins cylindrique, ou forme une "intrusion" plus ou moins cylindrique, le refroidissement par la périphérie du cylindre entraîne la formation d’orgues perpendiculaires aux parois du cylindre, c’est à dire radiales, et dessine une rosace ou une gerbe de prismes. 

Chemin côtier Arnarstapi - Hellnar -  détails sur les orgues basaltiques - photos © Bernard Duyck 10.2016
Chemin côtier Arnarstapi - Hellnar -  détails sur les orgues basaltiques - photos © Bernard Duyck 10.2016

Chemin côtier Arnarstapi - Hellnar - détails sur les orgues basaltiques - photos © Bernard Duyck 10.2016

Hraunlandarif - on quitte les contreforts du Snaefellsjökull sous la pluie et un timide arc-en-ciel - photo © Bernard Duyck 10.2016

Hraunlandarif - on quitte les contreforts du Snaefellsjökull sous la pluie et un timide arc-en-ciel - photo © Bernard Duyck 10.2016

Péninsule du Snaefellsnes - environs de Budir - photo © Bernard Duyck 10.2016

Péninsule du Snaefellsnes - environs de Budir - photo © Bernard Duyck 10.2016

Famille de cygnes chanteurs - photo © Bernard Duyck 10.2016

Famille de cygnes chanteurs - photo © Bernard Duyck 10.2016

Sources :

- Alkalic Rocks in Iceland with Special Reference to the Snaefellsjökull Volcanic System / Björn Sverrir Hardarson

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft et F.D.de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- GVP – Snaefellsjökull  

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

 

 

L'éruption, commencée jeudi soir et qui s'est terminée vendredi en début d'après-midi, n'a pas été le "cadeau de Noël" annoncé.

En à peine quinze heures d'existence, elle risque de faire plus de dégâts que les éruptions des dernières années.

Le magma, qui a jailli sur les pentes NNE. du cône terminal du Piton de La Fournaise, a coupé et recouvert le chemin traditionnel d'accès au cratère. La préfécture a annoncé qu'elle allait voir avec les "services concernés" comment reconfigurer ce sentier et rouvrir l'Enclos au public.

 

Bien que la coulée ne soit pas épaisse, elle mettra du temps à refroidir, surtout que la saison des pluies se fait attendre à La Réunion. Deux solutions sont proposées pour contourner l'obstacle : emprunter l'ancien chemin vers le cratère Bory, ou longer la nouvelle coulée... solution attendue lundi ; il y a urgence, les vacances approchent !

 

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Source : Clicanoo.re

 

Comme les fêtes approchent, une idée de cadeau en rapport avec La Fournaise : "Volcans d'exception" de Pierre Chouckroun, qui s'est fait conseillé par des scientifiques.

Numéro ISBN | 978-2-9529856-0-4

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

 

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             Le chemin côtier, entre mer et cônes volcaniques - ©JM. Mestdagh

 

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              Le "malpais" - mauvais pays - de Timanfaya  -  ©JM. Mestdagh


Puisque le parc national ne permet pas de déambuler dans les laves à sa guise, les amateurs devront se rabattre sur le chemin côtier, qui court de Playa dela Madera jusqu'à El Golfo, sur 13 kilomètres.

Il convient d'être bien équipé, car l'entièreté du parcours se fait sur de la lave et ne présente aucun abri : en cas de temps ensoleillé, les provisions d'eau sont indispensables ... mais c'est la seule portion de Timanfaya explorable sans guide; il est cependant conseillé de ne pas s'écarter trop du sentier.

 

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                                    Colonnes primées basaltiques - ©JM. Mestdagh


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Le spectacle des formations de lave côtières, la vue sur les cônes volcaniques et le bruit incessant du ressac  sont ici sources de satisfaction.

Les roches volcaniques de Lanzarote sont constituées presqu'exclusivement de basaltes, et on peut admirer, en bord de mer, des colonnes prismées.

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Basalte à olivine - ©JM. Mestdagh  

 

"Ce sont des basaltes à augite et olivine (*), constellés de nodules de péridotite (*) qui ont été arrachés au manteau supérieur et remontés par la lave. Cette abondance d'enclaves du manteau est un indice en faveur d'une ascension rapide du magma, depuis sa zone de genèse dans le manteau supérieur jusqu'à la surface. En effet, pour qu'un liquide basaltique à haute température - plus de 1.000°C - puisse remonter des blocs de forte densité, comme des péridotites, il est impératif que sa vitesse ascensionnelle soit grande. En période de crise volcanique, il est probable que quelques heures suffisent au magma pour parcourir la distance manteau-surface "  commente Maurice Krafft.

 

(*) :

Les péridotites sont une série de roches plutoniques constituant la majeure partie du manteau terrestre. Ultramafiques(ou ultrabasiques), de structure grenue, les péridotites sont principalement constituées d'olivine associée à d'autres silicates ferro-magnésiens, essentiellement des pyroxènes. Elles doivent leurs nom aux péridots, les cristaux d'olivine qui les constituent majoritairement et leur confèrent souvent une teinte verte ou jaune-verdâtre.


L' augite est un minéral de la famille des pyroxènes. Il s'agit d'un clinopyroxène ferromagnésien et calcique.


Un article et des photos seront consacrés à l'olivine, sur ce blog.


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               Quelques grosses bombes en bordure du chemin côtier  -  ©JM. Mestdagh


Actu-4-1597.jpgDans un univers de laves "a-a", quelques coulées cordées témoignent d'épisodes différents.

©JM. Mestdagh


Le fait que les laves émises furent principaement de type "a-a" est à mettre en relation avec le très faible nombre de victimes recencées en 1730-1736, leur vitesse lente de progression ayant permis aux autochtones de fuir le danger.

 

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La proximité de la mer, le vent et les hautes températures ont permis une cristallisation de sel dans des trous de roches basaltiques étrangement sculptées  -  ©JM. Mestdagh

 

Sources :

- Guide des volcans d'europe et des Canaries , par M.Krafft et F.de Larouzière.

- Le parc national de Timanfaya - itinéraire du chemin côtier, faune et flore - lien

 


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