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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “fogo cap vert

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Découvert en 1515 par le navigateur espagnol Juan de Bermúdez, qui lui a donné son nom, l’archipel des Bermudes se compose d’une centaines de petites îles, faisant partie des Territoires Britanniques d’Outre-mer.

 

Bermudes---Astwood-park-plages-roses---JG-Howes.jpg       Archipel des Bermudes - les plages de sable coralien rose d'Astwood Park - photo J.G. Howes

 

Ces îles sont situées sur un volcan sous-marin depuis longtemps éteint, localisé à 1000 km de la Caroline dans l’Atlantique nord, et plus particulièrement dans la Mer des Sargasses.

La croûte océanique entourant la base de ce volcan sous-marin s’est formée sur la dorsale médio-Atlantique, il y a 123-124 Ma environ. (voir carte de la fin du Jurassique, avant la fermeture de Téthys)

 

Quatre sommets volcaniques sont situés sur une ligne NE-SO, sur la "Bermuda rise" : la plate-forme des Bermudes, émergeant, et Challenger, Argus et Bowditch, submergés. L’archipel des Bermudes occupe une partie du bord SE du piédestal des Bermudes.

 

Geology-of-Bermuda.jpgCarte bathymétrique de la région des Bermudes - les terres émergées sont en gris foncé - doc. Geology of Bermuda / Smith & Sandwell 1997.

 

bermudes.jpgBermuda-island-and-reef-platform---Bermuda-zoological-socie.jpg

 

Carte de l'archipel des Bermudes et de son plateau coralien -à droite, vue aérienne /
Photo courtesy of Bermuda Zoological Society.


Ces quatre sommets volcaniques résultent d’une activité extensive dates approximativement de 33 Ma - 45 Ma.

Deux théories s’affrontent pour expliquer cette localisation et la datation.

La première lie le volcanisme à la présence d’un point chaud, ou un panache.

La seconde lie l’activité volcanique à une réorganisation mondiale des plaques tectoniques lors de la fermeture de l’océan Téthys, lors de la collision entre la plaque Arabique et la plaque Eurasienne au Cénozoïque, il y a 35 à 40 Ma.

 

late-jurassic---152-Ma.jpgConfiguration des continents à la fin du Jurassique, avant la fermeture de l'océan Téthys, et position de la dorsale médio-atlantique à l'époque - doc. histoire du temps.

 

Coupe---geoogy-of-Bermuda.pngCoupe du plateau coralien et des iles des Bermudes - l'ensemble repose sur le sommet érodé du volcan sous-marin, en vert - doc. Geology of Bermuda

 


Le volcan des Bermudes est estimé avoir eu une hauteur de 1.000 mètres, réduite en 3 à 10 millions d’années par l’érosion au niveau de la mer. Lors de cette érosion marine, des récifs coralliens se sont formés et du calcaire s’est déposé au début du Pleistocène – environ 1,8 Ma – constituant une couche d’épaisseur variable de 15 à 100 mètres qui recouvre les roches volcaniques. Au Pléistocène, une alternance de périodes glaciaires et interglaciaires, accompagnée de variations fortes du niveau marin, résulte en dépôts de séries de couches calcaires composées principalement d’éolanites carbonatées (roches formées par la solidification de particules sédimentaires déposées par le vent), et de calcaires marins, datés de périodes de submersion de la plate-forme, et de paléosols terra-rossa (sols fossiles composés de poussières du Sahara), datés de périodes de bas niveau marin.

 

La seule évidence d'un passé volcanique est la forme esquissée de deux caldeira, qui correspondent à deux grandes baies, Great sound et Castle Harbour.

 

Calderas-Bermuda---Bernews.jpg                   Emplacement de deux caldeira de l'archipel des Bermudes - photo Bernews


La surface des Bermudes est caractérisée par un terrain karstique. Plus de 150 grottes sont connues, certaines très grandes ont des portions peu profondes submergées communiquant avec l’océan en fonction des marées.

 

bermuda-origin-4-Crystal-cave-----Bermuda--Search-for-deep-.jpgArchipel des Bermudes - deux plongeurs évoluent entre les stalagmites de Crystal cave, grotte en eaux profondes - photo NOAA - Bermuda : search for deep water caves 2009.

 

bermuda-origin-5-inland-tidal-cave-pools-----Bermuda--Searc.jpgArchipel des Bermudes - piscine d'eau saumâtre dans une grotte à l'intérieur des terres -
photo NOAA - Bermuda : search for deep water caves 2009.

 


Toutes ces découvertes ont été rendues possible grâce à divers forages (années 1970-1980) et à l'expédition du NOAA Ocean Explorer / Bermuda 2009, dont l'objectif était l'exploration et la caractérisation de la partie supérieure du plateau des Bermudes et des volcans sous-marins adjacents, et la confirmation de l'existence de grottes en eaux profondes (60 à 200 m. de profondeur).

 

Sources :

- NOAA - Bermuda : search for deep water caves 2009 - link

- The geology of Bermuda - link

- Bernews - NOAA on the volcanic origins of Bermuda.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une récente émission de David Attenborough sur les serres tropicales de Kue Gardens, en Angleterre, a mis en lumière des zones géothermales situées au Rwanda.

Quel peut être le point commun entre ces deux endroits fort éloignés ?

 

Le Nymphea thermarum Eb.Fisch. :

Le nénuphar pygmée rwandais (nom usuel, non officiel) - pygmy Rwandan water lily -  est un nénuphar "thermal" poussant autour des sources chaudes de Mashyuza, dans le sud-ouest du Rwanda.

Découverte en 1987 seulement par le botaniste allemand de l’Université de Koblenz-Landau, le professeur Eberhard Fischer, cette endémique a disparu de cette implantation suite à la surexploitation de la source chaude lui fournissant son fragile habitat. L’eau ne pouvant plus atteindre la surface, la petite zone, chaude et humide où il poussait, s’est desséchée et tous les exemplaires ont disparu.

 

Nymphea-Thermarum--Seerosen.jpg                     Nymphea thermarum Eb.Fisch - photo Seerosen.org (~x4)

 

Fort heureusement avant son extinction dans la nature, des exemplaires avaient été cultivés en Allemagne, à Bonn, et à Kew Gardens, en Angleterre. Toutefois, l’espèce s’est révélée extrêmement difficile à multiplier.

carlos-magdalena-foto-kew-gardens-copie-1.jpgL’horticulteur Carlos Magdalena de Kew Gardens (photo) a déchiffré l’énigme de la culture de cette espèce rare de nénuphar africain, considéré comme le plus petit au monde, avec des feuilles n'atteignant parfois que 1 cm de diamètre. Il a rassemblé des informations sur l’habitat naturel de la plante en retournant  à la description originale en allemand de celle-ci : "Il pousse dans la boue humide due au débordement d’une source chaude. L’eau atteint la surface à 50°C, mais la plante colonise un secteur où l’eau a refroidi jusqu’à 25°C ".

Cela signifie qu’au contraire de toutes les autres espèces connues de nénuphars, Nymphea thermarum ne pousse pas submergé dans l’eau profonde des lacs, rivières ou marais. La découverte est que cette espèce de petite taille, extrêmement rare et inhabituelle, pousse en terrain humide au bord d’une source chaude thermale. Avec ces données en main, Carlos Magdalena a procédé à un dernier essai. Il a placé semences et semis dans des pots de terreau à l’intérieur de petits récipients remplis d’eau afin de maintenir l’eau au même niveau que la surface du terreau, à une température de 25°C. Les derniers individus restants de l’espèce ont ainsi pu être exposés à une concentration plus forte de dioxyde de carbone et d’oxygène dans l’air. A sa joie et sa surprise, les plants se sont vite renforcés et après quelques semaines, huit d’entre eux ont commencé à prospérer et ont atteint la maturité avec des feuilles plus épaisses, plus vertes et plus larges.

 

Nymphaea_thermarum-Kew-gardens---CT-Johansson.jpg     Nymphea thermarum Eb.Fisch en conditions de culture - photo C.T. Johansson / Kew Gardens


Ce nénuphar possède des fleurs blanches à étamines jaunes, probablement autopollinisées, qui s’ouvrent le matin pour se refermer en début d’après-midi. Une fois la floraison terminée, le pétiole se courbe pour que le fruit entre en contact avec la boue humide. Après maturation, le fruit libère les semences. La plante ne se reproduit que par semis.

En novembre 2009, la collection de Nymphea thermarum de Kew a fleuri pour la première fois.

Comme cette espèce est aujourd’hui multipliée et cultivée facilement dans les serres, et comme la source chaude continue à couler (mais elle est captée avant d’atteindre la surface), il pourrait y avoir une possibilité de restaurer le site et de réintroduire Nymphaea thermarum au Rwanda.


Le potentiel géothermique du Rift africain :

De nombreuses sources chaudes émergent dans le graben Mashyuza, à une température allant jusqu’à 54,2°C. Elles témoignent d’un potentiel géothermal lié au rift africain, et dans ce cas, à sa branche occidentale.

 

figure2.jpg          Le rift Est africain et ses deux branches, ouest et est, entourant le craton Tanzanien.


La présence de ce petit nénuphar, et son éventuelle réimplantation, remettent à l’ordre du jour une source énergétique disponible et inutilisée, sinon gaspillée, malgré son inventaire dans les années 70-80. L’utilisation de cette source d’énergie pourrait se substituer à terme à l’utilisation du charbon de bois, mettant en danger les écosystèmes.

 

Rwanda-geothermie.jpg                                         Rwanda - en gras, les zones géothermales étudiées 

 

Sources :

- Kew Royal Botanical Gardens - Nymphea thermarum

- Science News - Smallest waterlily in the world brought back from the brink of extinction at Kew Gardens.

- Seerosen - Nymphea thermarum

- Geothermal development in rwanda : an alternative to the energy crisis - Ministry of infrastructure, Kigali, Rwanda.   

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Geochimie-des-volcans-Faial--tectonique.jpg

Situation de l'archipel des Açores et de la micro-plaque des Açores - position de Sao Miguel sur le rift de Terceira - doc. Nunes & al 2006 in Geochemistry of volcanic rocks from the Faial island / A. Machado & al

 

L'archipel des Açores est particulièrement concerné par les éruptions durant la seconde période (1430-1455) du  Petit âge glaciaire.

 

Lagoa das Furnas, ilha de São Miguel, Arquipélago dos Aç    Açores - Sao Miguel - le Lagoa das Furnas, et en haut à gauche, le Pico das Furnas - doc. Iconotec


Le volcan Furnas situé à la pointe est de l’île de Sao Miguel aux Açores, contient deux caldeira, la plus jeune de 6 km. de large et une plus vieille, plus grande mais moins distincte dans la topographie locale.

L’activité volcanique post-caldeira  a été importante au cours des derniers 5000 ans ; au moins 11 couches de ponces trachytiques en témoignent, ainsi que le Pico do Gaspar, un dôme de lave trachytique localisé à l’Est du lac de cratère Lagoa das Furnas. Sa formation succède à plusieurs éruptions plinienne accompagnées de coulées pyroclastiques et de la formation de deux anneaux de ponces nichés ; elles ont été datées respectivement de 840 +/- 100 ans et de 1441. Cette dernière, ayant eu lieu durant le LIA, a émis 100 millions de m³ de tephra ; elle est classée de VEI 4.

 

Furnas - Pico do gaspar nested pumice rings - Rick wunderm

Açores - Sao Miguel - volcan Furnas : le dôme du Pico do Gaspar est ceinturé d'une ligne d'arbres (entre le lac et le sommet du dôme de lave) qui marque le bord de l'anneau de ponces. - photo Rick Wunderman / Smithsonian institute.

 

 

Toujours sur Sao Miguel, un second stratovolcan  illustre cette même période d’activité : le Sete Citades.

Sa caldeira sommitale, large de 5 km., contient deux lacs intracaldériques, et forme un des panorama favori de l’archipel Açorien.

 

Sete_cidades_twin_lakes---U.Sverdrug.JPG

Açores - Sao Miguel - la caldeira de Sete Cidades et ses lacs jumeaux : le lagoa verde (le lac vert) à l'avant-plan, et le lagoa Azul (le lac bleu), vus du bord sud de cette caldeira. - photo U.Sverdrug.

 

La caldeira, profonde de 500 m., s’est formée consécutivement à une éruption datée de 22.000 ans ; elle fut suivie d’au moins 22 éruptions post-caldeira, qui ont laissé entre autre un anneau de six cônes pyroclastiques datant de l’Holocène sur le plancher de la caldeira. Ces cônes ont été la source d’une douzaine de dépôts de ponces trachytiques , émis par leurs éruptions au cours des 5000 ans passés.

Au 15° siècle, selon les écrits entre 1439 et 1444, une éruption explosive se produit au niveau du lac de caldeira de Sete Cidades ; elle est de VEI 4 et produit 270 millions de m³ de téphra : un anneau de ponce de 600 m. de large, profond de 100 mètres, nommé Caldeira Seca, en résulte. Il est localisé côté sud-ouest du plancher de la caldeira.

 

Sete-Cidades---caldeira-Seca-pumice-ring---Rick-Wunderman.jpg

Açores - Sao Miguel - l'anneau de ponces Caldeira Seca (arboré) est localisé dans la parte SO de la caldeira du Sete Cidades - photo Rick Wunderman / Smithsonian institute.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Furnas

- Global Volcanism Program - Sete Cidades.

- Geochemistry of Volcanic Rocks from Faial Island (Azores) - by A. Machado & al. (Centre for Geophysics of the University of Coimbra) - Revista Electrónica de Ciências da Terra - Geosciences On-line Journal -
GEOTIC – Sociedade Geológica de Portugal

- Global volcanism Program - Large holocene eruptions - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

the-beauties-of-Iran.jpg

                         Montagnes iraniennes - photo Beautés de l'Iran/ Elias Pirasteh


La tectonique et le volcanisme de l’actuel Iran est lié aux mouvements de la plaque arabique, à sa séparation d’avec le continent africain et se remontée en direction du nord-est vers l’eurasie … dans le cadre de la fermeture du paléo-océan Téthys. Ce schéma se complique par les déformations dans la zone d’orogenèse active alpine-Himalaya.

 

Fermeture de Téthys - JP. Defert education.fr    Mouvements de la plaque Arabique et fermeture de Téthys - doc. JP. Defert / éducation.fr

 

Différentes plaques et micro-plaques (blocs) sont incriminées : les plaques arabique, indienne et eurasienne, les blocs iranien et turc. L’ensemble du plateau iranien est compressé et soumis à un processus de surrection, d’où naissent de jeunes chaînes de montagnes, comme les monts Zagros, au sud-ouest, et l’Elbourz (Alborz mountains), en bordure de la mer Caspienne au nord. Ces mécanismes tectoniques impliquent de nombreuses failles et une sismicité diffuse et fréquente concentrée au nord et au sud de l’Iran où se retrouvent les failles principales.

 

image001.gif                          Failles de la plaque Arabique et de la micro-plaque Iranienne 

 

650px-Iran_topo-fr.jpg          Topographie de l'Iran - les monts Zagros et Elbourz et les déserts du Lut et Kavir

 

iran-subdivisions--1-.jpg                                Carte géologique de l'Iran - doc. Iran Geological Survey

 

Au sud de la Caspienne, trois grands volcans ressortent du paysage, le Sahand, haut de 3707 m., le Sabalan , atteignant 4811 m. et le Damavand, qui culmine à 5670 m.

 

Sabalan---Arte-tv.jpg                                          Le massif volcan Sabalan - photo Arte Tv

 

Le plateau Iranien inclut le bloc Lut, un désert aride situé dans l’est du pays. Le bloc Lut est bordé au nord par la faille Dourouneh, au sud par la dépression Jazmurian et le prisme d’accrétion du Makran. Il est séparé du reste du plateau par les failles Nehbandan à l’Est et la faille Nayband à l’ouest. Ce bloc est largement recouvert de roches volcaniques du Néogène.

 

Les dunes vertes de Dasht-e Lut - Didier Schürch

  "Les dunes vertes du Dash-e-Lut" - le désert de Lut fait partie du plateau iranien -  photo Didier Schürch

 

irp-14082012-1.jpg                                      Iran / Turquie : zones de hauts risques sismiques

 

Les principaux séismes en Iran depuis quarante ans (source : AFP)

L'Iran a été frappé a de nombreuses reprises par des séismes de grande magnitude, qui ont fait de très nombreuses victimes.

Voici les principaux :

- 1er septembre 1962 : 12.000 morts, 200 villages détruits dans le district de Qazvin (ouest de Téhéran)  
- 31 août 1968 : environ 10.000 morts dans la province de Khorassan (Nord-Est), magnitude 7,4 sur l'échelle de Richter 
- 10 avril 1972 : 5.044 morts, 45 villages détruits dans la région de Ghir (province de Fars - Sud)
- 16 septembre 1978 : 25.000 morts dans l'Est. La ville de Tabass est entièrement détruite par ce séisme de magnitude 7,5 (15 000 morts).  
- 11 juin 1981 : Plus de 1.000 morts et 950 blessés dans la province de Kermann (Sud-Est). La ville de Golbaf est la plus touchée. Le 28 juillet, un nouveau séisme fait 1300 morts dans la même région  
- 21 juin 1990 : 37.000 morts dans les provinces de Ghilan et de Zandjan (Nord-Ouest). Ce tremblement de terre d'une magnitude de 7,7 - le plus meurtrier en Iran à ce jour - a dévasté en quelques secondes 2100 km² comprenant 27 villes et 1871 villages.  
- 28 février 1997 : un millier de morts dans la région d'Ardabil (Nord-Ouest)
1745601 5 94e3 ill-1745601-3091-iran-x1i1 d8c5b9d13155aefdd- 10 mai 1997 : environ 1.600 morts dans la région de Birjand (Est). Magnitude de 7,1 sur l'échelle de Richter.
- décembre 2003 : le séisme le plus meurtrier ces dernières années a tué 31.000 personnes, soit un quart de la population, dans la ville de Bam.
- 11 août 2012 : Le double séisme qui a frappé le nord-ouest de l'Iran a fait au total 306 morts, en majorité des femmes et des enfants, et 3.037 blessés.

08.2012---Ishikhli---Fardiz-Tigehsaz.jpg                       Le village d'Ishikhli détruit en août 2012 - photo Fardiz Tigehsaz

 

Demain, les grands volcans du nord Iranien ...

 

Sources :

- Iran Geological Survey

- Petrochemical Characteristics of Neogene and Quaternary Alkali Olivine Basalts from the Western Margin of the Lut Block, Eastern Iran - by S. Saadat & al.

- Tectonique active du Nord-est de l’Iran et accommodation de la convergence entre l’Arabie et l’Eurasie: contribution des chaînes du Kopeh Dagh et du Binalud - E. Shabanian / thèse Univ. P.Cézanne Aix-Marseille.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Quelques précisions sur la climatologie avant de parler de volcano-climatologie :

 

La climatologie, branche de la géographie physique, est l'étude du climat, c'est-à-dire la succession des conditions météorologiques sur de longues périodes dans le temps … versus la météorologie, qui étudie le climat à court terme.


En règle générale, le climat ne varie pas, ou assez peu, en un endroit donné du globe, sur une durée de l'échelle du siècle. Mais sur des temps géologiques, le climat peut changer considérablement. L'étude des climats passés est la paléoclimatologie. Cette étude en fonction de l'histoire humaine s'appelle climatologie historique.


La climatologie … une science pluridisciplinaire :

 

climat_fonctionnement_coolingfactors-2.jpgFonctionnement du climat - facteurs de refroidissement - doc. Climate and global environmental changes /Pearson education, Harlow, UK 2000


La production de modèles climatiques numériques, nécessaires à la compréhension de la variabilité du climat et l’anticipation de ses changements à moyen et long terme, exige la maîtrise des nombreux paramètres qui influencent le système climatique :

- connaissance de l’atmosphère et de sa structure


atmosphere.jpg

– maîtrise des caractéristiques de la circulation atmosphérique.
– connaissance des interactions entre océan et atmosphère, soit les différents courants marins, l’IOD – Indian Ocean Dipole, l’ENSO – El Nino Southern Oscillation, la NAO - North Atlantic Oscillation..

 

GEOS5_Climat.jpgCe modèle atmosphérique en haute résolution a été créé par le superordinateur Discover du centre de simulation climatique au Goddard Space Flight Center de la NASA, en utilisant le Modèle Goddard du Système d'Observation (climatique) de la Terre, Version 5 (satellites météorologiques GOES-5) et présente ainsi la distribution globale des aérosols.

La poussière (rouge) est soulevée de la surface, le sel marin (bleus) tourbillonne à l'intérieur des cyclones, les fumées (vertes) s'élèvent des feux et des particules de sulfate (blanches) sont relâchées par les volcans et les émissions de combustible fossile.- Image credit: William Putman, NASA/Goddard


 

– l’énergie solaire, ses apports et variations

– l’effet de serre et les implications des activités humaines sur celui-ci.

 

Effet_de_Serre---Greenhouse-effect---Robert-A.-Rohde.png

                            Rayonnement solaire et effet de serre - doc. Robert A. Rohde

 

- les mouvements de la Terre influencent aussi le climat. Interviennent différents paramètres :

- la précession (Modification de la direction de l'axe de rotation d'un corps.) des équinoxes : l’axe incliné de la terre, qui justifie l’existence de différentes saisons, varie au cours du temps pour décrire un cône en 25.868 années

– la précession du périhélie : l’orbite terrestre elliptique effectue une rotation.

– l’obliquité de l’axe terrestre varie entre 21°59’ et 24°50’ sur une période de 41.000 années. Quand l'obliquité atteint 24°50' cela entraîne des hivers rigoureux aux latitudes moyennes. Mais lorsque l'obliquité est moins importante ça favorise les glaciations et inverse lorsqu'elle est plus importante.

– l’influence du soleil et des autres planètes entraîne des variations des paramètres de l’orbite terrestre … et une variation du flux global de rayonnement solaire reçu par notre planète.


La climatologie s'appuie aussi sur des relevés historiques, tant physico-chimiques, et obtenus par l’analyse des carottes glaciaires, que strictement livresques, et nécessitant la compulsion d’archives et le recoupement d’informations de qualité.

 

Varaitions-population-Islande-1740-1820---northernlite.ca.jpgCourbe de population et % de décès et naissance en Islande entre 1740 et 1820 - le pic de décès et de diminution dn nombre d'humains liés à l'éruption de 1783 est marqué - doc. northernlite.ca


La volcano-climatologie :

Sur ces systèmes complexes qui gèrent le climat et son évolution historique, vient se greffer l’impact des volcans et de leurs émissions.

 

4-12-06-eruption.jpg                               Schéma des effets des éruptions volcaniques sur le climat

 

Cette nouvelle branche de la volcanologie sera à fortiori multidisciplinaire, et fort dépendante de l'informatique pour la gestion d'innombrables données tant socio-historique que scientifique.

Un exemple nous est donné par le schéma ci-dessous :

 

volcano_VEI_MLOAT_NINO34_GISS_plot.pngMultigraphe de 2011 / Kelly O'Day - regroupant des anomalies de température -l'effet Nino - l'épaisseur optique des aérosols stratosphériques - index sato - le VEI et quelques grandes éruptions récentes 1960-2010.

 

Demain, l'impact des volcans sur le climat ... et l'impact du climat sur l'activité volcanique.

 

Sources:

- La Climatologie - facteurs climatiques et types de climat.

- Volcanic air pollution and mortality in France 1783–1784 / Pollution atmosphérique volcanique et mortalité en France de 1783–1784 - by John Grattan, Roland Rabartin, Stephen Self , Thorvaldur Thordarson

- Atmospheric impact of the 1783–1784 Laki Eruption: Part II
Climatic effect of sulphate aerosol - by E. J. Highwood and D. S. Stevenson

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

Volcan-Paricutin-desde-mirador-de-Angahuan---J.Valencia-F.jpg

               Le volcan Paricutin depuis le belvédère de Angahua - photo J. Valencia Farias


Le Paricutin a été souvent cité dans la littérature locale comme l’une des sept merveilles naturelles du monde, pour ces diverses raisons :

Il fait partie d’un champ volcanique comptant plus de 1400 évents différents, le champ Michoacán-Guanajuato, qui couvre une vaste région de 200 km. sur 250 au centre-ouest du Mexique. Il comporte, outre les cinder cones prédominants, de petits volcans-bouclier, des dômes de lave, des maars et tuff rings (concentrés dans la vallée de Santiago) et des coulées de lave. Les dernières structures formées sont le Jorullo au 18° siècle, et le Paricutin.

 

le-Champ-volcanique-Michoacan.gif

Carte géologique du  champ volcanique Michoacán et localisation des structures et coulées de lave  - 

Carta geológica (Después de Demant, 1976) que muestra la distribución final de los derrames de lava y el contexto regional de conos cineríticos de un típico vulcanismo monogenético similar al Volcán Parícutin. / Universidad michoacana de San Nicolás de Hidalgo.


Comme beaucoup de cônes de cendres, le Paricutin est un volcan monogénique … c'est-à-dire qu’après son éruption, plus ou moins longue, un volcan monogénique n’entrera plus jamais en éruption à la même place ; toute nouvelle éruption dans un champ volcanique monogénique se fera à un endroit nouveau.

 

San-Juan-Parangricutiro----YAB.jpgDu village de San Juan Parangaricutiro, il ne reste que des ruines de l'église, dont le clocher, le fronton et le coeur ressortent des coulées de lave du Paricutin - photo Yann Arthus Bertrand


C’est l’un des rares volcan observé depuis sa conception, et non seulement par les scientifiques.

Parmi ces derniers : Teodoro Flores del Instituto Geológico de México dans son "Estudio del Paricutin " et Foshag et Gonzalez-Reyna dl’USGS avec le "Birth and development of Paricutin volcano ".

En 1993, les volcanologues du Smithsonian Institute, James Luhr et Tom Simkin, préparent un ultime livre sur le sujet " Paricutin, le volcan né dans un champ de céréales Mexicain ".

 

 

Docteur-Atl-Volcan-Paricutin-01---Nat-Geo.jpg                        Le Paricutin par José Murillo / Dr Atl -


José Gerardo Francisco Murillo ... connu sous le pseudonyme de docteur Atl, signifiant "eau" en Nahuatl, la langue des aztèques,  eau ... la source de vie, a passé sept ans à décrire et peindre le volcan. Il fera de nombreuses œuvres, ErupcionDelParicutinDoctorAtl-GerardoMurillo.pngsur des surfaces rigides (bois ou isorel) en utilisant les " couleurs Atl ", de simples crayons de cire, résine et pigments, qui lui permettent d’obtenir des textures impossibles à rendre avec une peinture à l’huile.

 

Paricutin / Dr Atl


Il écrit aussi une monographie sur le volcan : "Cómo nace y crece un volcán, el Paricutín " - "Comment naît et croît un volcan, le Paricutin".

L’inhalation des gaz du volcan va lui causer des problèmes de santé et en 1949, il devra être amputé de la jambe droite. 


Durant sa phase d’activité, le volcan fait partie du décor vivant dans le film "Captain from Castile " réalisé en 1947, avec Tyrone Power ; il relate l’invasion du Mexique par les troupes de Cortez, vue par un jeune officier espagnol fuyant l’inquisition. Ce film fut l’un des plus coûteux produit à cette date par Hollywood : la production a passé 83 jours sur le terrain, souvent importuné par la faible qualité de l’air et les cendres du volcan.

 

-Captain-From-Castile.jpg8-12-2011-7-49-40-PM.jpg

  Cassette et image tirée du film "Captain from Castile" - 1947 -

 

 

 

 

 

 

 

 

Il a également été le centre d’intérêt de livres tels que " Hill of fire " et "Violent volcanoes ".

 

Divers retables peints reprennent le thème de l'éruption ...

 

Paricutin_retablo_painting-MNH.si.edu.jpgSan Juan Parangaricutiro - une peinture votive dans la cathédrale montre une phase préliminaire de l'éruption avec des champs et pâturages toujours verts, et non recouverts par les cendres - oeuvre anonyme achetée en 43 par le volcanologue Foshag / photo Leslie Hale / NMNH Volcanological Reference Collection

 

paricutin---roadtrip-on-line.jpg                        San Juan Parangaricutiro - le clocher des laves  -photo roadtrip on line

 

Sources :

- Global volcanism Program - Michoacán-Guanajuato

- Smithsonian National museum - Paricutin : the birth of a volcano - link

- UNAM - the experience at Nuevo San Juan Parangaricutiro , Michoacan - by Alejandro Velázquez, Alejandra Larrazabal and Gerardo Bocco


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages





LOWER GEYSER BASIN contient un nombre invraisemblable de structures géothermales, comme en témoigne cette carte.
Nous nous sommes limités au "Fountain group", et aux geysers situés le long de Firehole Lake drive (sens unique pratique pour les arrêts)

GREAT FOUNTAIN GEYSER : Le premier geyser décrit en 1869, il resta sans nom jusqu'en 1872, époque où il fut visité par l'expédition Hayden.
Son cône est constitué de terraces, son cratère ayant un diamètre de 10 pieds. Sa température est de 49°C. et il entre en éruption toutes les 9 à 15 heures....il faut beaucoup de chance ou de persévérance pour le prendre en éruption.


Ses couleurs ne se"développent" pas sous ce ciel plombé.

Cette photo N.& B. a été prise par W.Jackson, le photographe de l'USGS en 1883.



SURPRISE POOL
: peu à en dire, sinon sa couleur très foncée, presque noire, tranchant avec l'environnement blanc-grisâtre.


FIREHOLE SPRINGS
:


Entre deux éruptions, son eau bleue est agitée sans cesse de grosses bulles de gaz se suivant : l'une éclate alors que la suivante se dessine déjà.


"Great springs of the firehole river" par thomas Moran, peintre anglais (1837-1926) considéré comme "le peintre des rocheuses"

de belles peintures sur le Yellowstone et le Grand Teton, sur le site qui lui est consacré ... à découvrir !
www.thomas-moran.org

FOUNTAIN PAINT POTS : Ensemble de pots de boue - "MUD POTS - qui sont en fait des sources chaudes contenant de la boue chaude au lieu d'eau.
La consistance de celle-ci est fonction de la saison : plus liquide au printemps, elle devient grasse et onctueuse en été .
Cette boue est produite par l'acidité forte des eaux contenues dans l'enceinte...qui est capable de dissoudre les roches environnantes pour former cette boue opaque et grisâtre.





Ces deux vues générales permettent de se rendre compte des couleurs fort différentes selon les endroits et les types de roches dissoutes.





les teintes passent de l'ocre, mêlé de vert au rouge tomate, avec des  teintes bleues donnés par les zones d'eau libre.










Formée d'argile et de fines particules de silice brisées par les acides,
la boue bien grasse forme de petites bulles, de gros doigts, des points d'exclamation ...


Toute ces vasques boueuses sont sous le contrôle de
CLEPSYDRA GEYSER.
Il doit son nom au terme grec pour désigner une horloge : il avait des éruptions régulières toutes les trois minutes, jusqu'à ce que le tremblement de terre de 1959 ne vienne troubler ses habitudes ... il travaille maintenant sans arrêt, mais avec moins de vigueur qu'auparavant.


Sur Firehole lake drive, nous arrivons sur WHITE DOME GEYSER au moment où il commence à se manifester : nous avons littéralement plongé hors de la voiture pour réussir "à lui tirer le portrait" et prendre par la même occasion, une douche bien froide !
L'eau chaude émise avec force par les geysers n'arrive pas chaude au sol: son passage aérien et surtout le phénomène endothermique de décompression font baisser sa température.
Ce geyser,au grand cône de geysérite, est irrégulier - entre 15 min. et 3 heures - et ses manifestations sont brutales : après une très courte phase d'émission de vapeur et liquide mélangés qui suit un"splash", il émet brièvement durant 2 à 3minutes jusqu'à une hauteur pouvant atteindre 9 mètres...il fallait donc faire vite !




La fin de l'éruption est aussi courte que son début, seules quelques fumerolles subsistent.




Depuis deux jours, vous voyez fréquemment des "cieux apocalyptiques" !

Ils sont liés à une particularité liée au point chaud du Yellowstone et à la topographie de la Snake River Plain qu'il a modelé. Un couloir a été créé, où s'engouffrent les perturbations en provenance du Pacifique, passant entre la chaine des Cascades et les reliefs de la Sierra Nevada... pour ne rencontrer les premiers obstacles qu'au niveau du plateau du Yellowstone, qui truste ainsi perturbations et orages.

La journée se terminera, toujours sous un ciel orageux, avec Black warrior lake, et son petit cône actif.

 

 Photos : © B.Duyck


sources :
   - NPS : National park services
   - GOSA : the Geyser Observation and Study Association.
   - www.thomas-moran.org : site du peintre des rocheuses Thomas Moran.

Nous avons fait le tour du côté ouest du parc national du Yellowstone; demain, nous aborderons le côté nord-est, plus nature.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une visite familiale dans la région de St Raphaël, sur la Côte d'Azur, m'a permis d'approcher une région volcanique:

                   le massif de l'Estérel.


Situé entre les les massifs des Maures et du Tanneron, le massif de l'Estérel s'aborde tout d'abord par le côté mer : la route du littoral, surnommée "la corniche d'or", présente une palette de grande beauté. Contraste saisissant entre le vert des forêts, l'incandescence des porphyres qui, dans le soleil couchant, donnent l'illusion de coulées de lave flamboyantes, et le bleu intense du ciel et de la mer.

                                  Couleurs de l'Estérel -
© B.Duyck

Pour ne pas se limiter au bord de mer, ni "bronzer idiot", il faut s'attaquer au massif ! Dans ce désert de roches rouges, on retrouve la solitude de la haute montagne, à quelques encablures de Fréjus, St Raphaël et Cannes.
La raison : sur ces hauteurs, il ne pousse rien ! Les romains avaient vite constaté ce fait et nommé l'endroit "sterilis ", d'où a peu être dérivé le nom moderne d'Estérel - à moins que ce ne soit d'une tribu celto-ligure, les Suelteri, qui occupait la région voisine des Maures. Si près des routes et cités engorgées, on y retrouve une nature intacte, le silence seulement troublé par le cri d'un rapace ou le bruit du vent, un soleil omniprésent et une vue portant d'une part sur le massif, d'autre part sur une mer étincelante.

                              Ascension du pic de l'Ours - © B.Duyck


Des routes très étroites, accessibles seulement de jour, mènent vite vers des chemins peu empruntés par les randonneurs, qui permettent d'accéder à ce jardin secret et clos. Clos par la mer et les routes de la corniche et la mythique Nationale 7, par le massif des Maures à l'ouest et les plaines du Var à l'est.

           Du sommet du pic de l'Ours, vue sur la baie de Cannes - © B.Duyck

 

Les reliefs accidentés, paysages déchiquetés et criques abruptes plongeant dans la Méditerranée, témoigne d'une histoire géologique mouvementée.

 

Tout aussi riche , son histoire humaine débute avec la préhistoire (burins de Noailles, sur le site de Gratadis, près d'Agay) Ensuite, toutes les civilisations de la Méditerranée marquèrent de leur empreinte le massif de l'Estérel : celto-ligures, grecs, romains, arabes. au moyen-âge, il servit de refuges aux ermites, dont St Honorat à la Sainte Baume, mais aussi aux forçats évadés du bagne de Toulon. Gaspard de Besse,le brigand au grand coeur, y cacha un trésor toujours à retrouver.

 

Pays de légendes, parmi lesquelles celle de la "fée Esterelle", célèbre au moyen-âge. La Peyro de la Fado est un dolmen de 4 pierres placées à champ, surmontées d'une table pesant plus de 20 tonnes; c'est une sépulture collective datant de la fin du néolithique (2500-2000 av.JC.). L'endroit doit son nom à une légende due à Jean de Nostre-Dame, et reprise par le poète Mistral : une fée aimait se déguiser en bergère. Un jour, elle séduisit un jeune génie, à qui elle offrit sa main à condition que le mariage soit célébré sur une table formée de 3 pierres dont elle fit le croquis. Le jeune homme reconnut les pierres qui avaient dévélé la montagne voisine. Il en dressa deux, mais la troisième résista.

Pendant la nuit, la fée souleva cette lourde pierre d'un geste magique et la déposa sur les deux autres. Quand le génie découvrit le prodige, il comprit qu'il était un bien modeste jeune homme et qu'il était condamné à mourir puiqu'il aimait une fée plus habile que lui. Il décéda et fut pétrifié.

 

à suivre : formation de l'Estérel

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu
Après l'art illustrant les volcans Siciliens, portons le regard sur un autre géant italien : le Vésuve.


La nature volcanique du Vésuve fut reconnue par le géographe grec Strabon dès l'année 7 BC : "le sommet du volcan présente des roches chauffée par un feu intense".


...malgré son identification par Strabon, le Vésuve n'était connu jusque là que comme une "montagne" verte, arborée, et abritant des vignobles. Les tremblements de terre qui ont affecté la baie de Naples en 62-63 ne furent pas mis en relation avec un quelconque activité volcanique.

L'éruption de 79 après JC fut décrite par Pline le jeune dans sa correspondance à Tacite. (texte en référence, dont un extrait :

« Il était difficile de discerner de loin de quelle montagne sortait ce nuage ; l'événement a découvert depuis que c'était du mont de Vésuve. Sa figure approchait de celle d'un arbre, et d'un pin plus que d'aucun autre ; car, après s'être élevé fort haut en forme de tronc, il étendait une espèce de feuillage. Je m'imagine qu'un vent souterrain violent le poussait d'abord avec impétuosité et le soutenait ; mais, soit que l'impulsion diminuât peu à peu, soit que ce nuage fût affaissé par son propre poids, on le voyait se dilater et se répandre ; il paraissait tantôt blanc, tantôt noirâtre, et tantôt de diverses couleurs, selon qu'il était plus chargé ou de cendre ou de terre. »
— Pline le Jeune, Épîtres, livre VI, lettre 16 )

              Fresque de la Casa del Centenario représentant le Vésuve.

La fresque fut découverte dans la Casa del Centenario, dans la partie sud de Pompéï et date donc d'avant 79.
Le volcan y est dépeint comme une grande montagne, aux pentes abruptes et couverte de végétation. Bacchus, dieu du vin, se tient en avant-plan, revêtu d'une grappe géante de raisin et tenant dans sa main droite, un verre dont le contenu est lappé par une panthère. Cet animal fut sa nourrice selon la légende.
Le serpent représente l'esprit de la fertilité habitant les vignobles et les champs.

Les fresques romaines représentant des paysages sont l'expression d'un idéal de beauté et de fertilité, matiné de sacré. Cette image du Vésuve se lit donc selon plusieurs registres :  un paysage naturel, d'une harmonieuse beauté, riche et fertile, doté de plus d'un potentiel supranaturel, célébré par la présence du dieu du vin et de l'esprit de la fertilité.
Le volcan est paisible, ses flancs recouverts de vignes ne faisant pas songer à sa puissance destructrice.

Les coulées pyroclastiques qui ensevelirent Pompéï et Herculanum ont préservé, en même temps qu'elles détruisaient toute vie, cette fresque sereine pour la postérité.

                                                La Casa del Centenario - Pompeï


Données du GVP sur le volcan et son éruption légendaire :

Dating Technique: Historical Records

Volcanic Explosivity Index (VEI):  5?

Tephra Volume:  3.3  ±  0.5  x  109 m3

Area of Activity: (Pompeii eruption)

Eruptive Characteristics:
    Central vent eruption
    Explosive eruption
    Pyroclastic flow(s)
    Fatalities
    Damage (land, property, etc.)
    Mudflow(s) (lahars)
    Tsunami (giant sea waves)
    Caldera collapse
    Evacuation


Sources :

GVP - Global Volcanism Program :
http://www.volcano.si.edu/world/volcano.cfm?vnum=0101-02=

lettres de Pline l'ancien à Tacite :
http://faculty.cua.edu/pennington/pompeii/PlinyLetters.htm#Pliny3

article sur "la casa del Centenario" :
http://www.archart.it/archart/italia/campania/Pompei/Pompei%20-%20Centenario/index.html

article sur la peinture à l'époque Romaine :
http://www.metmuseum.org/toah/hd/ropt/hd_ropt.htm

La semaine prochaine: d'autres tableaux d'éruptions du Vésuve.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La petite île de Corvo est située au nord de Flores dans la partie ouest de l’archipel.

D’une superficie de 17,12 km², elle n’est habitée que par quelques 500 personnes, pour la plupart rassemblées dans la ville de Vila do Corvo, au sud.

Bien qu’isolée, Corvo a été la cible des attaques de pirates et corsaires. En échange de leur protection, l’île leur a permis d’y trouver un endroit de ravitaillement, de soins, et de réparation des vaisseaux. Elle fut malgré cela pillée par les corsaires Anglais en 1587.

Corvo / Açores - le côté sud de l'île avec Vila do Corvo - photo Dreizung

Corvo / Açores - le côté sud de l'île avec Vila do Corvo - photo Dreizung

Ces deux îles émergent du même banc sous-marin, orienté NNE-SSO, ancré sur la plaque tectonique Nord-Américaine à l’ouest de la dorsale médio-atlantique.

Corvo, volcan de type central, a commencé à émerger à partir de 730.000 ans ; le cône central était estimé culminer à 1.000 mètres de hauteur avant son effondrement il y a 430.000 ans.

Sitauation tectonique du groupe Flores-Corvo à l'ouest de la dorsale médio-Atlantique.

Sitauation tectonique du groupe Flores-Corvo à l'ouest de la dorsale médio-Atlantique.

La phase d’activité subaérienne est d’abord marquée par un volcanisme basaltique, avant  de passer à des éruptions trachytiques, plus explosives, dont certaine liée à la formation de la caldeira. Ensuite, l’activité redevient basaltique, avec des éruptions strombolienne et hawaiienne. Les épisodes plus récents forment le cône de scories de Coroinha.

Corvo / Açores - la Caldeirão de Monte Gordo - photo Angrese.

Corvo / Açores - la Caldeirão de Monte Gordo - photo Angrese.

Corvo / Açores - la Caldeirão de Monte Gordo -  les champs cultivés tapissent les parois intérieures de la caldeira - photo José Luís Ávila Silveira-Pedro Noronha e Costa

Corvo / Açores - la Caldeirão de Monte Gordo - les champs cultivés tapissent les parois intérieures de la caldeira - photo José Luís Ávila Silveira-Pedro Noronha e Costa

Le Monte Gordo voit sa bordure ouest tronquée par l’érosion éolienne et marine. Une falaise forme un à-pic de 700 mètres au-dessus de l’océan.

Sa caldeira, la Caldeirão, large de 2.000 mètres, est occupée par des cônes de scories, des intrusions filoniennes, deux lacs permanents et d’autres éphémères.

Corvo / Açores - la Caldeirão - photo Geoparque Azores

Corvo / Açores - la Caldeirão - photo Geoparque Azores

Corvo / Açores - la Caldeirão - photo Siaram

Corvo / Açores - la Caldeirão - photo Siaram

Cartes de Corvo - un clic pour agrandir Cartes de Corvo - un clic pour agrandir

Cartes de Corvo - un clic pour agrandir

Les pentes du volcan sont partiellement conservées à l’est et au sud, où des cônes secondaires sont préservés de l’érosion. Morro da Fonte, Grotão da Castelhana et Coroa do Pico sont responsables de coulées de basalte, qui ont formé la fajã lávica, un delta de lave élevé de 10 à 60 mètres.

 

Corvo / Açores - le delta de lave / la fajã lávica au sud de Corvo abrite la piste d'attérissage et les habitations - photo Geoparque Azores

Corvo / Açores - le delta de lave / la fajã lávica au sud de Corvo abrite la piste d'attérissage et les habitations - photo Geoparque Azores

Au nord-ouest de l’île, de petits ilôts, les ilhéu dos Torrais  et Ilhéu do Torrão, et des récifs submergés rendent périlleuse la navigation proche des côtes.

Corvo / Açores - Ponta do Marco - photo Geoparque Azores

Corvo / Açores - Ponta do Marco - photo Geoparque Azores

Le paysage de Corvo se caractérise par des murets de pierre sombre divisant les propriétés. Des paillers aux murs de basalte, utilisés pour le rangement du fourrage et des outils, renforcent l’aspect sombre et austère du paysage et a valu à Corvo le surnom d’île noire. Le vert des pâturages se conjugue à la teinte des genévriers et des plantations céréalières.  

A Ponta Negra, au sud de Corvo, de petits moulins à vent, au tronc conique, déploient des voiles qui ponctuent l’horizon de blanc. La coupole de bois peut tourner de façon à orienter les ailes en fonction de la direction du vent. Ils servent à moudre les céréales et le maïs.

Corvo / Açores  - les murets de basalte - photo ATA

Corvo / Açores - les murets de basalte - photo ATA

Corvo / Açores  - les moinhos au sud de l'île, avec en fond, l'île de Flores - photo Moinhos açorianos

Corvo / Açores - les moinhos au sud de l'île, avec en fond, l'île de Flores - photo Moinhos açorianos

Sources :

- CVARG / Centro de Vulcanologia e Avaliação de Riscos Geológicos - link

- Geoparque Azores - link

- Global Volcanism Program - Corvo

- DIAS, J. (2001) – Geologia e tectónica da ilha do Corvo (Açores-Portugal): Contributos para o ordenamento do espaço físico. - Tese de Mestrado. Universidade de Coimbra.

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