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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “fogo cap vert

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Actu---3-1783.jpg

          Pierre meulière basaltique commémorative de quatre expositions internationales

                                                                                                                      ©JM. Mestdagh

 

Il semble que l'exploitation "antique" du basalte se soit faite dans des carrières à ciel ouvert.

 

Actu---3 0430         Exploitation au néolithique - Document Vulkanschule / Vulkanpark

 

Dès l'âge de bronze (5.000 à 750 av.JC.), la roche était débitée par un principe de "chaud-froid" : un feu est allumé sur une colonne basaltique et éteint de façon brutale en arrosant avec de l'eau froide; l'éclat extrait était ensuite façonné à l'aide de bifaces.

 

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          Exploitation à la période romaine - Document Vulkanschule / Vulkanpark

 

 La romanisation de la Germanie inférieure a permis une généralisation du moulin à main, puis son perfectionnement jusqu'à la technique de meule tournante.

Ce type de meule, du fait d'une usure rapide, a imposé la sélection des pierres les plus dures, parmi lesquelles le basalte a une place privilégiée.

La "pierre d'Andernach" était aussi utilisée pour les meules verticales des moulins à huile, les tordoirs.

Les romains utilisaient des coins introduits régulièrement en ligne par percussion au maillet, pour faire éclater le basalte en gros blocs, façonnés par après grâce à divers outils.

 

Actu---3-1993.jpg

                                                                                  ©JM. Mestdagh

 

 

roemischehandmuehle             Meule en basalte de l'époque romaine - Document Vulkanschule / Vulkanpark


Les meules basaltiques de l'Eifel furent commercialisées grâce aux fleuves et rivières, en l'occurence le Rhin et la Moselle, via le port fluvial d'Andernach, et aux réseaux d'approvisionnement de l'armée romaine par le réseau de chaussées.

On retrouve des meules de la région de Mendig jusqu'à Londres, en Scandinavie, en France en Lorraine, à Toul, dans le territoire de Belfort à Offemont. La zone de distribution des meules allemandes s'étend au sud jusqu'à une ligne Tours-Autun-Augst (zone rouge); celle des meules Auvergnates voit sa limite nord sur une ligne Boulogne-Reims-Strasbourg (zone verte), avec un chevauchement des deux aires de distribution (zone grise) . L'analyse de la composition minérale (éléments majeurs et éléments traces) a permis de déterminer la provenance précise (pays, région, jusqu'à la carrière) de la pierre meulière.

 

 

 

Mapping-trade-areas--1--1.jpg                     Carte d'après T.Gluhak et W.Hofmeister (réf.ci dessous)

frauen-kinderarbeit.jpgPuis vient la période d'exploitation minière pré-industrielle, dans des conditions toujours pénibles, et où toute la famille était concernée : femmes et enfants creusaient les premiers mètres, dans les dépôts volcaniques, ensuite les hommes s'attaquaient au basalte.


Document Vulkanschule / Vulkanpark

 

Actu---3 0429

Gravure montrant la meulière souterraine de Mendig au 15 et 16°siècle - techniques de levage et de mise en oeuvre des colonnes de basalte pour la confection des meules à grain

Doc. A.Schmickler / Von magma zum mühlstein.

 

 

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                                    Carrière de Niedermendig -  ©JM. Mestdagh

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                             Mendig - musée de plein air "Museumslay" - ©JM. Mestdagh

             Reconstitution d'une entrée de puit de mine - explications de W.Kostka DVG

 

 

 

Sources :

- Explications de terrain fournies par Dominique Thiery (Lave Est)

- Vulkanschule / Vulkanpark : lien

- Vom magma zum mühlstein - Ed.Haarms & Fr.Mangartz

- Alain Belmont et Fritz Mangartz (dir.), Mühlsteinbrüche. Erforschung, Schutz und Inwertsetzung eines kulturerbes europäischer Industrie / Les meulières. Recherche, protection et valorisation d'un patrimoine industriel européen.

- Provenance analysis of roman millstones: mapping of trade areas in roman europe.

Tatjana M. Gluhak, Wolfgang Hofmeister
Johannes Gutenberg-Universität, Institute of Geosciences, 55128 Mainz.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Situées approximativement à  53°S 73°30’E., dans la zone des 50° hurlants, les îles sub-antarctiques Heard et Mc Donald constituent le plus proche voisinage des Kerguelen.

Perdues dans l’océan glacé, elles ne furent aperçues par le vaisseau marchand « Oriental », commandé par le capitaine John Heard qu’en novembre 1853.

Leur situation géographique très au sud dans les eaux froides de l’océan Antarctique, et dans une zone de mauvais temps persistant, conditionne la présence massive de glaciers et leur statut de point chaud biologique, caractérisé par une densité élevée d’oiseaux pélagiques et de mammifères marins … de grandes colonies de pingouins et de pétrels cohabitent avec les harems d’otaries à fourrure et d’éléphants de mer.

 

L'Angleterre a offciellement établi des prétentions sur Heard et Mc Donald en 1910, avant d'en transférer le gouvernement effectif, l'administration et le contrôle en 1947 au gouvernement australien.

Elles sont administrées par l’AAD – Australian Antarctic Division, bien que localisées à plus de 4.000 km au sud-ouest de l’île-continent.

 

Heard-island---Big-Ben-volcano---L.E.Large.jpg                               Heard island : le volcan Big Ben - photo L.E. Large

 

Heard island , longue de 40 km. sur 20, est constituée de deux structures volcaniques émergentes, posées sur le plateau des Kerguelen : la plus grande partie de l’île est constituée par le stratovolcan composite basalto-trachytique du volcan Big Ben, couvert de glaciers. Le Mont Dixon, forme la pénisule de Laurens et est relié par un isthme étroit au nord-ouest de l’île.

 

Heard-isl---GVP.pngCarte géologique de Heard island avec ses deux volcans principaux - Big Ben et Mt. Dixon - et leurs coulées récentes, ainsi que la position des cônes côté nord - doc. Barling 1990 / GVP.

 

L’historique du Big Ben est peu connue, étant donné sa large couverture glaciaire ; il culmine au pic Mawson, à 2.745 mètres, situé dans une caldeira de 5-6 km. de diamètre, ébréchée côté sud-ouest. De petits cônes de scories satellites sont situés sur la côte nord d’Heard.

 

Heard-isl.---Scarlet-hill-scoria-cone---Kata-Kiefer.jpg  Heard island , le cône de scories "Scarlet Hill" - photo Kate Kiefer / Commonwealth of Australia.


L’activité historique, observée de façon sporadique et incomplète, mentionne plusieurs éruptions sous-glaciaires affectant toutes le Mawson peak, dont 8 au 20° siècle ; le 21° siècle compte trois éruptions : de mars 2000 à février 2001, de juin 2003 à juin 2004 et la dernière , de mars 2006 à mars 2008.

 

Heard-isl.---09.11.2000.jpg

Heard island, le sommet du Mawson peak dégazant, le 09.11.2000 - photo Paul Scott / GVP.

 

 

 

Mc-Donald---Samarang-hill--et-Heard----R.Williams.jpgA l'avant-plan, les trois îles Mc Donald, avec Samarang hill fumant sur l'île principale - au loin, la blanche silhouette de Heard, dominée par le Mawson peak - photo Richard Williams / GVP.


Les îles Mc Donald sont située à 75 km. à l’ouest de Heard island. L’île principale est composée d’un plateau de tuff phonolytique en couches, recoupé de dykes phonolytiques et de dômes de laves.

La morphologie des îles a été fortement remaniée par les éruptions historiques ; des panaches de cendres ont été observés en décembre 1996 et janvier 1997. En mars 1997, l’équipage d’un bateau naviguant à proximité rapporte de possibles dépôts pyroclstiques, des coulées de lave et le fort dégazage d’un évent situé côté nord de Mc Donald.

Une image satellite prise en novembre 2001 montre que la surface de l’île a doublé en une année, unissant Mc Donald et Flat island , et que le point culminant du groupe insulaire s’est déplacé vers l’extrémité nord de l’île principale.

 

Mc-Donald-aggrandissement-1980-2001.jpgL'agrandissement de l'île Mc Donald entre 1980 et 2001 : à gauche, une photo prise d'hélicoptère en mars 1980 - à droite, une photo Landsat de novembre 2001, avec le report des contours antérieurs de l'île en vert - Courtesy of Geoscience Australia. 

 

Sources :

- Global volcanism Program - Heard

- Global volcanism Program - Mc Donald islands

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Sakurajima - Japon : toujours très actif, et vraisemblablement auteur de la première explosion de l'année 2012.

 

 

  Etna - 1° paroxysme 2012 : 4 & 5 janvier.

 

Toutes les phases de ce paroxysme dans cette vidéo de Klaus Dorschfeldt / Etna walk : activité strombolienne, fontaine de lave, panache chargé, épisode hydromagmatique et coulée pyroclastique ... L'Etna a sorti le grand jeu, les photographes aussi !     


 

 

Nyamuragira - RDC :

Les seules nouvelles proviennent du satellite EO-1 / ALI de la Nasa qui nous montre une coulée de lave active et un panache chargé en SO2.

Sur l'image en fausses couleurs, la coulée apparait en rouge-orange, vue en lumière IR / ondes courtes.

 

nyamuragira_ali_2012003_swir.jpg

RDC - Event et coulée du Nyamuragira - panache de SO2 bleuté en direction SO. - on aperçoit aussi le sommet du Nyiragongo et le point chaud formé par son lac de lave.

NASA Earth Observatory images by Jesse Allen and Robert Simmon, using ALI data from the EO-1 Team.- 03.01.2012 - Instrument : EO-1 - ALI

 

 

Erebus - Antarctique : le lac de lave le plus au sud de la planète est bien actif et dégaze en ce début d'année.

 

01.12.2012-Mevo---Erebus.jpg                                     Le lac de lave de l'Erebus - photo MEVO 01.01.2012

 

Poas - Costa-Rica :

Depuis la mi-décembre, le dôme du Poas, situé en bordure de la laguna Caliente, exhibe une nouvelle cavité, qui présente de petites éruptions de type geyser et une cascade d'eau, de boue et de débris mélangés.

Ces geysers continus, d'une hauteur de 5 à 6 mètres, injectent dans l'environnement une bruine acide irritante pour la peau et les yeux. Le processus d'expulsion de matériaux retravaillés par le geyser concerne des blocs énormes. Le cycle d'infiltration, le chauffage et l'expulsion de gros volumes de liquide peuvent de plus influer à la baisse le niveau du lac... avec les conséquences néfastes pour l'environnement déjà connues par le passé.

 

InfPoas-16.12.jpg                      Le geyser de boue du Poas en fin décembre - photo E.Duarte / Ovsicori

 

Source : OVSICORI-Una - Géiser y Cascada de Lodo en Nuevo Cráter del Volcán Poás. - (Informe de campo del 16 de diciembre de 2011)

 

El Hierro - Canaries :

En ce début d'année, le volcan sous-marin actif au sud de La Restingua a émis des pyroclastes fins au sein d'une zone de bouillonnement bien définie, brune en son centre. La tache verte s'est étendue vers l'est sous l'effet des courants marins.

Aucune nouvelle de la composition des "restingolitas" nouvellement recueillis, qui devrait logiquement différer de celle des premiers échantillons.


 

02.01.2012---4-Involcan.JPG

El Hierro - la zone d'éruption sous-marine au large de La Restingua - photo Involcan / Guardia Civil - 02.01.2012.

 

Zubair groupe - Mer Rouge / Yémen :

Alors qu'El Hierro ne nous gratifie que d'un changement de couleur des eaux de surface, celui-ci débouche sur une belle éruption surtseyenne, et une ébauche d'île bien visible, sur cette vidéo de fin d'année 2011. Au 1° janvier, il ne présentait plus qu'un panache de vapeur.


 

Lewotolo - Petites îles de la Sonde :

Après un relèvement de son niveau d'alerte, à 3, le 3 janvier suite à du trémor, le Lewotolo a produit un panache de cendres le 04.01, provoquant l'évacuation spontanée de quelques 400 personnes, en direction de Lewoleba.

Des témoignages indique qu'une odeur de soufre est perceptible jusqu'à 7 km. du volcan, dont la végétation est détériorée par les gaz. (Activolcans)

 

Lewotolo----11.2010-Nick-Hughes.jpg       Le Lewotolo fumant légèrement en novembre 2010 - photo Nick Hughes / Gunnung bagging.

 

Situé sur une péninsule connectée par un isthme à l'île de Lembata (Lomblen), ce stratovolcan culmine à 1.423 m.; il possède deux cratères, respectivement de 900 sur 800 m. et de 250 sur 200 m. Ses éruptions historiques ont été de type explosif au départ du cratère sommital, la dernière datant de 1951.

Les laves du Lewotolo sont intéressantes à cause de la présence de la rare zirconolite - CaZrTi2O7 (trouvé aussi dans la région du Laacher See).

 

Global Volcanism Program - Lewotolo

Des photos de ce volcan rarement évoqué sur le site de Pascal Blondé - link

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

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                       Potosi, dominé par le Cerro Rico -  © Antony Van Eeten

 

Dans le département de Potosi, la ville de Potosi est construite au pied du Cerro Rico (la montagne riche) - 4.824 m., d'où on extrait dans des conditions très rudes le minerai d'argent. Son nom vient du quechua Potojsi qui signifie « tonnerre ». Elle se trouve à une altitude de 4 070 m et comptait environ 164 480 habitants en 2007. C'est une des villes les plus hautes du monde.

Potosí est fondée en 1545 pour exploiter la mine proche. Durant près de 60 ans, l'Europe va énormément s'enrichir grâce aux richesses accumulées par l'État espagnol : Potosi_8_reales_1768-1788.jpgl'argent extrait de la montagne dans des quantités colossales alimente les caisses de la couronne espagnole qui le dilapidera à son tour en faste et en dépenses de luxe aux profit des artisans européens au détriment de la production locale. Paradoxalement l'Espagne sortit ruinée des dépenses fastueuses de la monarchie des Habsbourg, tandis que les conditions dans le reste de l'Europe furent propices au développement industriel.

Après 1800, l'argent se fait rare, et l'étain devient la première ressource. La ville entame son déclin économique. Aujourd'hui, bien que déclarées épuisées, les mines sont toujours exploitées artisanalement par les habitants, dans des conditions de sécurité toujours désastreuses pour les mineurs.

 

 

Potosi-2-AVE.jpg                      Potosi - dépécage du Cerro Rico - © Antony Van Eeten

 

La Laguna Colorada est une lagune située dans la Réserve nationale de faune andine Eduardo Abaroa.

 

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    © Antony Van Eeten

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                               Les couleurs de la Laguna Colorada - © Antony Van Eeten

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                                                                                                             © Antony Van Eeten

 

 Située sur l'altiplanobolivien, près de la frontière Chilienne, elle a une superficie de 60 km² et une profondeur moyenne de 35 cm.

 

laguna-colorada---AVE-10-.jpg                      Les eaux rouges de la Laguna Colorada -   © Antony Van Eeten 

 

La coloration de ses eaux, qui varie du marron au rouge intense, est due à des sédiments de couleur rouge et aux pigments de certaines algues  qui y vivent.

 

184882_10150100284411441_645396440_6620977_3624377_n.jpgDes lamas viennent rehausser les couleurs du lieu, en arborant fièrement leurs attributs colorés -   © Antony Van Eeten


Elle contient des îles de borax dans les secteurs NE. et SE.

 

laguna-colorada---AVE-8-.jpg               Les îles de bore émergent de la Laguna Colorada -   © Antony Van Eeten


C'est aussi un lieu de reproduction pour le flamant des Andes et à ce titre un site Ramsar.

 

Laguna-colorada-AVE-18.jpgSieste pour les flamants des andes et érosion éolienne des bancs de bore -   © Antony Van Eeten.

 

Le désert de Siloli et l'Arbol de Piedra :

Dans le cadre majestueux de "la Montanas con muchas colores", rappelant les paysages Islandais, cet arbre de pierre résulte de l'érosion éolienne.

Salvador Dali se serait inspiré de ces paysages pour quelques tableaux ... un des déserts de la réserve nationale de la faune Andine a été renommé "El Decierto rocas del Salvador Dali".


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                                                                                                       © Antony Van Eeten

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                                 Le photogénique "arbre de pierre" - © Antony Van Eeten

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 La Montanas con muchas colores rapelle les paysages de Landmannalaugar en Islande ... les touches vertes en moins - © Antony Van Eeten 

 

Le volcan Ollagüe, aussi connu comme Oyahué,  est un stratovolcan massif andésitique, surmonté d'un dôme de lave dacitique, et haut de 5.868 m..

 

ollague---ATP-volcanes-de-Chile.jpg                                Le volcan Ollagüe - photo ATP Volcanes de Chile


Le produit d'une avalanche de débris en hummock, datant du Pléistocène sépare deux salars à l'est du volcan, les salars de Saint-Martin et de Ollagüe. Trois coulées de lave siliciques ont été produites par des éruptions post-caldeira et un jeune cône de scorie, La Poruñita, est situé sur le bas-flanc OSO. (420 à 680.000 ans).

On peut atteindre par la route des mines de soufre, dont l'activité a cessé il y a 25 ans, et situées sur les flancs supérieurs ouest et sud de l'Ollagüe.

Toujours considéré comme actif, malgré qu'on n'ai pas enregistré d'éruption historique, le volcan présente des périodes d'activité fumerollienne intense; un panache de gaz émane en permanence du côté sud du dôme sommital.

 

volcan-ollague---Marie-Laguiscet-L-internaute-voyager.jpg               L'Ollagüe toujours fumant - photo l'Internaute Voyager / Marie Languiscet.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Ollagüe.

- ATP - Volcanes de Chile.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

La péninsule de Banks est située sur la côte est de South island / Nouvelle Zélande. Sa surface avoisine les 1.150 km² et compte de nombreuses baies et deux grands ports.


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                                                      NZ - la péninsule de Banks sur South Island.

 

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A gauche : La péninsule de Banks et ses deux grandes baies, correspondant aux cratères des volcans éteints, Lyttelton au nord et Akaroa au sud - à droite, maquette de la péninsule de Banks et ses deux volcans -  Bannière du site officiel.

 

christchurch---Banks----Landsat-7-satellite-on-September-25.jpgLa péninsule de Banks, avec l'agglomération de Christchurch au nord et à l'ouest, le lac Ellesmere (Waihora) - photo Nasa Landsat 7 / 09.2001

Selon les volcanologues et  la Nasa, cette péninsule, qui porte le nom du botaniste de l’expédition Cook, est faite de deux volcans éteints qui se recouvrent : le volcan Lyttelton et le volcan Akaroa.


Depuis leur dernière activité, qui date de quelques six millions d’années, ces volcans ont été fortement érodés, et leur hauteur est passée de 1.500 à 500 mètres. Des ruptures dans les parois des cratères ont ouvert la porte, il y a 15.000 ans durant la période post-glaciaire, à des entrées marines et formé des baies abritant les ports de Lyttelton et Akaroa. L’île originelle est devenue une péninsule reliée à la plaine de Canterbury, lorsqu’au cours de son histoire géologique, elle a été rejointe par la croissance de la plaine alluviale.

 

Akaroa-Harbour-was-created-when-the-crater-flooded-as-the-v.jpg             Péninsule de Banks - Akaroa harbour, le cratère du volcan Akaroa  - photo Steephill tv


A environ 10 km sous la plaine de Canterbury, git un grand plateau océanique basaltique, appelé plateau Hikurangi, dont plus de la moitié fut poussée par subduction sous North island et le Chatham Rise ; le plateau Hikurangi fut formé, il y a 122 millions d’années, lors de l’inondation basaltique dite du "Grand Ontong Java".

 

547px-Zealandia-Continent_map_en.svg.pngLe sud du continent Néo-Zélandais - localisation du plateau Hikurangi et des deux îles Néo-Zélandaises principales - doc. Alexander Karnstedt / Te Ara.

 

Christchurch---Landslide-blog-AGU.jpg               Dégâts occasionnés par le séisme de Christchurch - photo Landslide blog / AGU

 

Christ-church-NZ-1---the-Herald.jpgDéformations et liquéfaction consécutives aux séismes - région de Christchurch - photo NZ Herald tribune


L’analyse des ondes sismiques de plus de 11.500 répliques consécutives au séisme de 2010 qui a atteint la région de Christchurch , au nord de la péninsule de Banks, et celles liées aux séismes de 2011, ont permis une cartographie 3D des roches sous-jacentes à la plaine de Canterbury.

Sous la surface brisée par les séismes, les scientifiques ont découvert une région considérablement " plus faible ", suggérant une fissuration étendue (sur 5 km) des grauwackes * autour de la faille. Ceci dénote par rapport à l’étendue habituelle de la fissuration pour des séismes de cette magnitude, qui est de l’ordre de quelques centaines de mètres. (GNS science / Martin Reyners / Nature geosciences 24.11.2013)… et suggère que de tels séismes peut conduire à un affaiblissement généralisé de la croûte terrestre.

 

new-zealand-earthquakes.jpgCarte des séismes de la séquence Canterbury, aux environs de Christchurch NZ - Credit: Reyners, et al., Nature Geoscience.

les étoiles positionnent les évènements les plus importants, et les répliques associées dans la même couleur. - en rouge : séisme du 03.09.2010 M7,1 et répliques - en noir : séisme du 22.02.2011 M6,3 et répliques - en bleu : séisme du 13.06.2011 M6,0 et répliques - en vert : séismes du 23.12.2011 M5,8 & 5,9 et répliques.

Les rectangles jaunes soulignent les plans de failles.

 

Christchurcheqs-600x426.jpg
Carte des séismes de la séquence Canterbury, aux environs de Christchurch NZ - doc. GNS Science


* : Grauwacke :  (n.f. vieux terme de mineur allemand) Roche sédimentaire détritique généralement de teinte sombre, à ciment relativement abondant (env. 20 %). C'est une arénite. Elle est riche en chlorites, en minéraux argileux, avec 30 % ou plus de débris de roches, elle contient également des grains de quartz, de feldspath, un peu de micas.

 

A suivre: les volcans de la péninsule de Banks.


Sources :

- GNS – the geology of New Zealand - link 

- Ower amazing planet - Deadly New Zealand Earthquakes Weakened Earth's Crust – by C .Q .Choi - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le bassin Tyrrhénien forme la partie la plus profonde de la Mer Méditerranée, avec la fosse Tyrrhénienne atteignant une profondeur de 3.800 mètres. Il a pour origine un processus géologique impliquant les plaques tectoniques Eurasiatique et Africaine, débuté il y a 10 millions d’années et contemporain de la formation de la chaîne des Apennins.

 

Volcans-italiens-2----amicidellaterra--690x486-.jpgVolcanisme sous-marin de la Mer Tyrhénienne (en vert) - volcans actifs de l'arc Eolien (en rouge) - doc. amicidelleterra


Outre le volcan sous-marin Marsili, d’autres grands volcans émergent de la plaine centrale Tyrrhénienne : le Vavilov, le Magnaghi, ainsi que nombre de moins connus, dont le Palinuro, le Glaucus, l’Eole, le Sisyphe, et l’Enarete.

Vavilov, Marsili et Magnaghi ont été découverts dans les années 1950 et portent le nom des géologues qui les ont révélés.

 

vulcani_tuttiweb_d0_d0.jpgLes volcans sous-marins de la Mer Tyrhénienne (1 à 9) et du Canal de Sicile (10 à 13) - doc. Protezione Civile – Rischio vulcanico / Volcani sottomarini.


Le Vavilov émerge du plancher marin à 3.600 mètres de profondeur et s’élève jusqu’à atteindre 684 mètres sous le niveau marin. Cet édifice volumineux, de 30 km sur 15 et de 350-400 km³, peut être subdivisé en deux parties, d’après quatre plongées du submersible Cyana :

- De sa base à 1500 m de profondeur, il est constitué d’épaisses couches de coulées basaltiques

- Au-dessus de 1500m de profondeur, de plus petites coulées émises par le volcan central, et d’autres par des évents alignés N-S. Les laves constituant les parties supérieures sont datées de 100.000 à 400.000 ans.

D’autres observations suggèrent une phase de construction terminale subaérienne, suivie d’une subsidence du bassin à plus de 500 m. de profondeur au Quaternaire.

Les laves du Vavilov sont très proches des OIB – Oceanic Island Basalts. Vavilov apparait comme une structure indépendante de la croûte océanique qui le supporte, et ne représente nullement une dorsale liée à l’accrétion océanique.


Le seamount Palinuro émerge de près de 3.000 m de fond jusqu’à 73 m. sous la surface marine, sur un système de failles orientés E-O. Il est surmonté d’une caldeira en fer-à-cheval. Les laves du sommet sont datées du Pléistocène. La pétrochimie est grossièrement identique à celle de l’arc Eolien, et interprétée comme générée par la subduction de l’est de la méditerranée sous l’arc Calabrais.

Une couche de cendres marines, datée au radiocarbone d’il y a 9.990 ans, est similaire chimiquement et stratigraphiquement à deux autres couches de cendres sur terre au sud de l’Italie, et corrélée à l’activité du seamount Palinuro (Siani & al. 2004)

 

piantaTirreno.gifPosition relative des volcans sous-marins de la Mer Tyrhénienne par rapport à l'arc Eolien (en rouge)


Les volcans sous-marins Eole, Enarete et Sisyphe sont alignés NO-SE, à l’ouest de l’arc Eolien, et sont hauts d’un millier de mètres. Eole se distingue des autres par un sommet plat.


Le volcan Alcione et son jumeau, le Lametini, sont situés entre l’alignement Palinuro-Glabro et l’arc Eolien. Ces volcans présentent une forme conique, et dépasse les fonds environnants d’un millier de mètres.

 

Sources:

- Protezione Civile – Rischio vulcanico / Volcani sottomarini - link

- Structural framework of the Tyrrhenian Sea unveiled by seafloor

morphology - Struttura del Mar Tirreno svelata dalla morfologia del fondale - M.P.Marini & F.Gamberi

- Geomagnetism and age study of Tyrhenian seamounts - O.Faggion & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Ce stratovolcan Equatorien fut peint à plusieurs reprises par Church, inspiré lors de ses voyages en Amérique du sud par les montagnes et les volcans Andins.


Frederic Edwin Church (1826-1900) fut un élève de Thomas Cole, considéré comme fondateur de l’Hudson River School, mouvement artistique américain regroupant des peintres paysagistes à la vision esthétique empreinte de romantisme.

 

Inspiré par les œuvres d’Alexander von Humboldt, explorateur et naturaliste allemand qui visita le continent américain de 1799 à 1804, Church partit à la découverte de ces paysages grandioses à deux reprises, en 1853 et 1857.

 

 

Cotopaxi_1855.jpg          Cotopaxi -  par Frederic Edwin Church -  Huile sur toile - 1855 - Museum of Fine Arts / Houston


Le Cotopaxi, décrit par von Humboldt comme le volcan le plus esthétique de la région et un des plus actifs, devint le sujet favori du peintre.

Il en fit une première œuvre en 1855, où il dépeint un cône parfait, recouvert de neige et dominant tranquillement un paysage tropical (ci-dessus). Le volcan fume légèrement, apportant une touche vivante et non agressive au tableau.

 

Frederic_Edwin_Church_-_Cotopaxi_1855---Smithsonian-america.jpg           Cotopaxi -  une autre oeuvre par Frederic Edwin Church -  Huile sur toile - 1855

                                 Smithsonian American Art Museum

 

Son œuvre de 1861-62 a une toute autre atmosphère : le Cotopaxi est en éruption violente. Church prend le volcan comme une démonstration de la puissance de la nature et va intensifier chaque caractéristique pour suggérer un conflit entre les forces des ténèbres et celles de la lumière.

 

Cotopaxi_1862.jpg           Cotopaxi -  par Frederic Edwin Church -  Huile sur toile - 1862 - Detroit Institute of Arts

                                                         Agrandir en suivant ce lien

 

Le volcan rugissant, le soleil bas voilé par les émanations de cendres, la grande chute d’eau plongeant dans un canyon rocheux dont les flancs révèlent une histoire géologique tourmentée … tout met en évidence d’incroyables forces.

Celles-ci sont tempérées par la teinte verte des feuillages à l’avant-plan, par les rayons du soleil pénétrant le nuage volcanique et son reflet sur un lac aux eaux paisibles … signes que cette débauche d’énergie reste sous le contrôle d’une bénéfique providence. Le volcan est source de destruction, mais aussi de création et de renaissance.

Le point de vue élevé, qui met le spectateur en lévitation, accentue ces contrastes.

 

Ce style de peinture paysagiste est aussi classée dans le courant "luministe", considéré comme une émanation de l'Hudson River School (entre 1850 et 1870). Il est caractérisé par une attention particulière aux effets de lumière, par l'utilisation de la perspective aérienne et la dissimulation des cops de pinceau visibles. 

 

2012.03---Coto----JLEN.jpg               Le sommet enneigé du Cotopaxi - photo José Luis Espinosa-Naranjo 03.2012

 

Le Cotopaxi a une histoire volcanique violente, marquée par de fréquentes explosions qui ont généré des coulées pyroclastiques et des lahars.

Entre 1803 et 1895, plus de trente de ces éruptions ont eu lieu, dont la plus importante en 1877, de VEI 4, qui produisit des lahars dévastant les vallées adjacentes, et détruisant une partie de la ville de Latacunga, y faisant de nombreuses victimes, avant d’atteindre le Pacifique, 270 km. à l’est du volcan. Sa dernière manifestation date de 1940.

 

Sources :

- From Alexander von Humboldt to Frederic Edwin Church : voyages of scientific exploration and artistic creativity - By Frank Baron 2005

- The worlds of Frederic Edwin Church - By William Gerdts 2008 - link

- Global Volcanism Program - Cotopaxi

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Parmi toutes les zones comportant des geysers dans le monde, les plus connues sont le Yellowstone, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, le Kamchatka ou encore le Chili.

 

geysermapw4.gif                       Localisation des geysers dans le monde - doc. johnston archives 2010


Le site Wondermondo a rassemblé récemment des informations sur d’autres moins connues situées dans le grand rift est-Africain, et comportant des geysers actifs ou éteints : en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda.

 

African-rift-Geysers.jpg                  Localisation des geysers sur le rift est-africain - doc. Wondermondo / Google

Geysers  - true geysers
Perpetual spouters  - perpetual spouters
Cold water geysers  - cold water geysers
Extinct geysers  - extinct geysers

 

En Ethiopie, en remontant du sud vers le nord, on trouve deux champs de geysers éteints, autour du lac Abaya et au nord du lac Langano. Plus vers le N-NE, dans le triangle Afar, deux champs de geyser actifs sont plus connus : les geysers d’Allalobed et les geysers et sources salées de Dallol.


Au nord du lac Abaya, les sources chaudes Chokore (ou Chakoware) possédaient jusqu’en 1979, des geysers actifs ; le dernier d’entre eux montait à plus d’1,8 mètre.

Aujourd’hui, demeurent une série de sources très chaudes, dont la température atteint 96°C, ainsi qu’une plate-forme de geysérite abritant les cônes des anciens geysers.

 

Le-lac-Abaya-vu-de-Arba-Minch--Ethiopie---Bernard-Gagnon.jpg                         Le lac Abaya, vu d'Arba Minch - photo Bernard Gagnon


Au nord du lac Langano, une baie profonde héberge une île, aux différents noms : Edo Laki, O’a, ou plus simplement " île aux geysers".

Un grand geyser, aujourd’hui disparu, y est né en 1906, à la suite d’un séisme et est demeuré en activité durant plusieurs dizaines d’années, montant à 25-30 m. deux fois par minute. Devenu moins actif avec le temps, il ne montait plus qu’à 1 mètre toutes les demi-heure environ, en 1926. En 1965, le site du geyser s’est transformé en un bassin de deux mètres de diamètre, dont le niveau fluctue de 5 à 10 cm. toutes les 10 minutes. A partir de 1970, ne demeure qu’une source chaude, aux eaux alcalines (pH 8,36) à 96°C.


Les geysers d’Allalobed, " les eaux d’Allah " forment un ensemble d’évents de vapeur, de petits cratères de boue chaude exhalant des gaz, et des bassins d’eaux chaudes profonds aux diverses couleurs, vert foncé, bleu ou jaune, pulsatilles et pouvant bouillir intensément.

 

Alolobed---CHB-2.jpg

                                Ethiopie - Allalobed - photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009


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                        Ethiopie - Allalobed -  photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009


Alolobed---CHB-3.jpg                      Ethiopie - Allalobed -  photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009

 

Alalobeda-hot-spring---Dancalia.jpg                         Ethiopie - Allalobed -  Source chaude jaillissante - photo Dancalia


Un des bassins, appelé Allalobeda spouter, monte souvent à 6 mètres, de temps en temps jusqu’à 30 mètres de hauteur. Ses eaux ont une température de surface de 97°C. Une autre source présente un geyser montant à 30 cm.

Ces sources chaudes forment des dépôts agglomérés qui contiennent des restes fossilisés de plantes et insectes ; les moins chaudes sont utilisés par les Afars, qui y font leur lessive.

 

A suivre : les geysers d'Ethiopie - le site de Dallol.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa - link

- GOSA - Geyser Observation and Study Association - link

- Johnston's archives - geysers ressources - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dallol, bien que repris sur la liste des volcans actifs du G.V.P., n’est pas à proprement parlé un volcan ; Le Global Volcanism Program le classe sous la dénomination de " cratères d’explosion phréatique " .

 

ethiopie-2007-323-copie.jpg                                Dallol à la nuit tombante - photo © Bernard Duyck 2007


Dallol est situé dans la dépression Danakil, au NNE de la chaine volcanique du Erta Ale, à une altitude moyenne de 119 m. sous le niveau marin.

Cette zone désolée est aujourd’hui un désert sec, mais au Miocène, elle a été régulièrement inondée par la mer, formant un golfe profond. Lorsque celui-ci fut séparé de l’océan, il s’assécha en laissant d’épais dépôts salins. Les couches de sel furent intrudée par le magma … et la rencontre des eaux souterraines avec des roches hyper chauffées provoqua des explosions phréatiques, qui laissèrent de nombreux cratères.

 

Aster-060120_168-copie.jpgLe site de Dallol au centre - à sa droite, Horseshoe mts et Flat mt. - au sud, le lac de sel Karoum - photo satellite ASTER / Nasa


Le plus récent d’entre eux, Dallol, fut formé au cours d’une éruption en 1926, à 1,5 km. au sud-ouest du cratère principal. Dallol est le seul  "volcan" à être situé sous le niveau de la mer sans être sous l’eau : son altitude est de 48 mètres sous le niveau marin.

 

ethiopie-2007-483-copie.jpg              Dallol - vasques d'acides ourlées de sel et de soufre - photo © Bernard Duyck 2007

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                                      Dallol - " le lac noir " -  photo © Bernard Duyck 2007

ethiopie-2007-449-copie.jpg Dallol - des gourds oxydés, où se côtoient les couleurs de soufre, du sel et des sels de fer -  photo © Bernard Duyck 2007


De nombreuses sources chaudes et acides, aux teintes sombres ou vert jade, ourlées de margelles de sel, blanc pur ou teintées, voisinent avec des geysers transparents et jaunes depuis peu (coloration due aux oxydes de fer), ou encore un lac aux eaux noires et des gourds salins blanc, teintés de jaune ou de rouille … cette extraordinaire palette de couleurs, combinée à d’étranges formations, forme un paysage changeant au fil des saisons hors du commun : nous sommes sur la planète Dallol.

 

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                           Dallol -  lac de saumure et geysers -  photo © Bernard Duyck 2007

Dallol 02.2008 - M.Rietze

                         Dallol -  lac de saumure et "geyser jaune"  -  photo © Martin Rietze 2008 


Les geysers éphémères crachent une saumure chaude qui s’évapore rapidement dans cette fournaise, où la température ambiante atteint 35-40°C, pour laisser, autour de la bouche, des cônes de dépôts de sel aux couleurs claires au départ (blanc, orangé), qui s’estompent ensuite sous l’action des vapeurs acides et de la pluie et deviennent roux, plus sales.

 

Eth81800.jpg              Dallol - bouche de geyser de sel, jeune (claire) - photo R.Roscoe / photovolcanica 2008

 

ethiopie-2007-396-copie.jpg                            Dallol - bouche de geyser de sel, plus âgé - photo © Bernard Duyck 2007


En janvier 2011, des pluies sévères ont changé le régime hydrologique, par un apport substantiel d’eaux fraiches, et de nouveaux geysers et sources chaudes sont apparus en nombre … momentanément.


La visite du site n’est pas sans risques : outre la nécessité de se faire escorter d’hommes armés, il faut s’aventurer prudemment sur cette fragile croûte de sel, sous laquelle stagne de l’acide, affronter des gaz inodores mais dangereux, tout en ayant en mémoire qu’une explosion phréatique peut survenir inopinément.

Mais ceci fait partie des charmes du Dallol !

 

Pour suivre, les geysers du Kenya.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Dallol

- Photovolcanica - Dallol volcano

- Wondermondo - geysers of Africa - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ca bouge en Californie, à Salton Sea, tant au niveau restauration écologique qu’au niveau découverte scientifique !

 

Salton-sea.jpg                                                  Salton Sea / Californie - photoblog


Au niveau sismique :

Des géophysiciens de l’Université de Californie, Santa Cruz, viennent de démontrer une relation entre l’activité sismique et les opérations effectuées au niveau des centrales géothermiques situées dans le champ de Salton Sea.

 

Geothermal-plan-Salton-Sea---D.McNew.jpg             Salton Sea - centrale géothermique - photo David McNew


Ce lac salé est bordé par une dizaine de centrales géothermiques, de capacité totale d’environ 330 Mw. Elles puisent une eau chauffée sous terre, qui se transforme en vapeur au cours de sa remontée vers la surface, et produit au passage de l’énergie " verte ", pour être ensuite récupérée, et enfin réinjectée en sous-sol.

Ce cycle n’est cependant pas équilibré : les volumes extraits dépassent ceux injectés (depuis 1992, seuls 81% du liquide extrait sont renvoyés sous terre), avec des conséquences sur la sismicité !

 

Il existe une corrélation entre le volume net de fluide extrait et l’augmentation sismique qui caractérise le champ géothermique.


L’étude reprend une période entre 1981 et 2012 ; avant 1986, période de relativement faible production géothermique, la quantité de séismes est restée basse également. Après 2001, les opérations industrielles et la sismicité ont augmenté régulièrement, suivant les changements de volume du liquide dans le sol.


110627095757-large.jpgCette découverte débouche sur une capacité de prédiction des séismes générés par les activités humaines, grâce à une connaissance des volumes d’eau entrants et sortants, et à la suppression des signaux sismiques parasites à l’aide d’outils informatiques performants.

 

Salton Sea - différentes failles (SSAF : San Andreas fault - SJF : San Jacino fault - IF : Imperial fault) et les contours de Salton Sea et du Lac Cahuilla - doc. Scripps Institution of Oceanography, UC San Diego

 

Cette étude aura des débouchés mondiaux dans le domaine géothermique, et localement aussi dans le domaine sismique … au cours des trente dernières années, la région a connu de nombreux séismes, dont un de magnitude 5,1. De plus, le champ géothermique est situé à l’extrémité sud de la faille de San Andreas, et des interactions pourraient se produirent, induites par la sismicité anthropique.

 

Salton-Sea-mud-volcano----SSNat.wildlife-refuge-2010---D.Mc.jpg      Salton Sea mud volcanoes - Salton Sea National Wildlife refuge -  photo David McNew


Restauration de Salton Sea :

Une série de lois sur la qualité et la répartition de l’eau, établies entre plusieurs états américains oblige la Californie à réduire son utilisation des eaux de la Colorado river. Les transferts d’eau auront pour effet de réduire les quantités coulant dans cette mer et par conséquent un impact environnemental négatif.

Si rien n’est fait, Salton Sea va devenir, aux cours des prochaines décades, de plus en plus salée, son rivage va reculer, avec une influence sur la vie sauvage, la qualité de l’air et de l’eau.

L’état Californien doit assumer la responsabilité financière de relativiser cet impact énvironnemental négatif et plus généralement les efforts de restauration de Salton Sea, tant au niveau des habitats sauvages qu’à celui des opportunités récréationnelles.

Plus de détails sur "Restoring Salton Sea".

 

Salton-Sea---Mullet-isl.---D.McNew.jpgSalton Sea - Cormorans et pélicans bruns sur Mullet island, un petit volcan du groupe Salton Buttes - photo David McNew

 

Il est à souhaiter que la surexploitation géothermale n'enclenche pas de catastrophe ... et que les lois et la politique forcent la restauration du biotope si particulier de Salton Sea !

 

Sources :

- Science Daily - Geothermal power facility induces earthquakes, study finds - link

- Science Daily -Flooding of ancient Salton Sea linked to San Andreas earthquakes - link

- Legislative Analyst’s office – Restoring the Salton Sea  - link 

- The ecology of the Salton Sea, Calofornia, in relation to tht sportfishery - link  

- KPBS - Diversion Of Colorado River could lead to so cal megaquake - link 

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