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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “fogo cap vert

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Scandola-2---balades-en-mer.jpg

     Corse - Scandola - falaises de rhyolite inaccessibles par voie terrestre - photo "balades en mer"

 

office-de-tourisme-mer-scandola-20101202143612.jpgScandola - Bleu de la mer, blanc de l'écume qui se frotte aux rochers rouges ... couleurs naturelles rappelant celles du drapeau : nous sommes ici en territoire français. - photo office du tourisme Corse.


Les paysages du golfe de Porto sont parmi les plus spectaculaires de la Méditerranée, où se succèdent les corniches de Scandola , les solitudes du Capu Rossu, le golfe de Girolata et son fortin Génois … marques d’un déluge de feu qui remonte jusqu’au Monte Cinto, 2706 mètres, une caldeira formée il y a 250 Ma , où se mêlent pyroclasites, dépôts de lahars et coulées de laves.

 

Corse---Scandola---geologie---alpesgeo.jpg                                 

                           Géomorphologie des environs de Scandola - doc. Alpesgeo2003

 

Corse---Scandola---rhyolites.jpgScandola - des couches rouges de coulées rhyolitiques alternent avec des coulées de basalte gris.- photo Alpesgeo 2003.

 

Corse---Scandola-lahars.jpg                                 Scandola - dépôts de lahars -

 

Corse---Scandola_Osani----JP-Grandmont.jpgScandola - des orgues de rhyolite bordent une faille qui coupe la falaise - photo Jean-Pol Grandmont.

 

-Corse-04892-reserve_de_Scandola---Pinpin.jpg                        Orgues dans la réserve naturelle de Scandola - photo Pinpin

 

Seul moyen d’atteindre ce bout de monde fantastique, le bateau. Qui n’en possède pas, peut profiter de la visite organisée mais un peu chère, parc national et demande obligent ( de 50 à 55 euros selon le lieu de départ) pour découvrir, dans une explosion de couleurs, les richesses géologiques : falaises et orgues rhyolitiques, tafoni … nom donné aux roches percées suite à l'action des variations de température et de l'humidité couplées aux embruns de la mer Méditerranée, aux vents forts et au ravinement des eaux de pluie..

 

_Calanques_de_Piana---tafoni---JP.Grandmont_JPG.jpg                                Calanche di Piana - tafoni - photo Jean-pol Grandmont

 

Corse - Gargalu - rrhyolite dans coulées ignimbriteLa couleur rouge de l’îlot de Gargalu est due aux blocs de rhyolite pris dans les coulées d’ignimbrite - photo Alpesgeo2003.

 

Créée le 9 décembre 1975, Scandola fut la première Réserve Naturelle de France à double vocation : maritime et terrestre. Sa superficie est de 900 ha sur terre et de 1000 ha pour la partie marine.

Sur les falaises rouges s’accroche la végétation : myrtes, lentisques, euphorbes arborescentes, chênes verts, maquis dense à arbousier, bruyères arborescentes et cistes jusqu’à 500 m d’altitude.

A fleur d’eau se développe une algue calcaire (lithophyllum) qui s’agglomère au fil des ans pour former, dans certains ebdroits, de véritables trottoirs.

 

Corse-scandola-trottoir-d-algues-calcaires.-Corse-sauvage.jpg          Scandola - trottoirs d'algues calcaires lithophullum encroûtantes - photo Corse sauvage.


La transparence et la pureté de l’eau permettent le foisonnement de la vie Balbuzard-pecheur---Pandion-haliaetus---Stephen-Michael-Ba.jpgsous-marine. L’herbier de posidonies, poumon de la Méditerranée, y prospère jusqu’à moins 45 m.

 

Balbuzard pêcheur - Pandion haliaetus - photo Stephen Michael Ba


De nombreuses espèces d’oiseaux rares nichent ou séjournent à Scandola et en font un site d’intérêt ornithologique exceptionnel : balbuzards pêcheurs, cormorans huppés, faucons pèlerins, puffins cendrés, aigles royaux.

 

Corse-scandola-nid-balbuzard---corse-sauvage.jpg                   Réserve naturelle de Scandola - nid de balbuzard - photo Corse sauvage.

 

 

Sources :

- Alpesgeo - Voyage géologique en Corse - link 

- Inventaire national du patrimoine naturel - Scandola - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
   

 

FFLG.jpg

 

 

François Le Guern est né en 1942, à Pontarlier dans le Doubs, d'une famille d'origine bretonne. Passionné de nature, il est reçu à 20 ans, premier au concours de moniteur national de spéléologie. Il ouvre de nouvelles voies d'escalade et devient instructeur de cette discipline, consacrant ses loisirs d'étudiant à la haute montagne.

Parallèlement, il passe à Besançon une licence d'enseignement et une licence de géologie. La voie est déjà tracée : ce sera l'étude du milieu naturel. En 1966, suite à une expédition sur le Stromboli, il rencontre Haroun Tazieff, avec lequel s’engagent une collaboration et une amitié qui ne cesseront jamais. C’est le "petit bonhomme dans sa drôle de combinaison blanche", qu’on voit dans presque tous les films d’Haroun Tazieff, en train de prélever des échantillons ou de faire des mesures, au fond des cratères en éruption. Plus récemment, c'est à lui que Jean-Louis Etienne a fait appel pour guider la mission Antarctica jusqu'au bord du volcan Erébus.

Après un doctorat en géologie, François Le Guern soutient une thèse d’état de chimie en 1988, sur la simulation des milieux réactifs gazeux. Il a mis au point une méthode entièrement originale, permettant l'analyse et la modélisation des gaz à haute température, appliquées aujourd’hui tant en volcanologie que dans l’industrie. Spécialiste de renommée internationale, il est intervenu au cours de ces dernières années comme ingénieur-conseil, pour étudier les gaz d’échappement, la distillation industrielle du soufre, la fusion du verre, l'élimination des déchets radioactifs, l’extinction des puits de pétrole en feu, le détournement des coulées de laves à l’explosif ou la simulation d'éruptions volcaniques.

Président du groupe de travail international sur les gaz volcaniques de 1983 à 1988, il a eu l'idée de réunir ses collègues dans des cratères de volcans actifs afin de comparer "à chaud" les méthodes d'analyse. Invité à présenter ses recherches à l’école internationale de géothermie de Pise, à la Faculté de Médecine de l'Hopital St Antoine, ainsi que dans de nombreuses universités ou centres de recherche aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande ou au Japon, il a à son actif une soixantaine de publications scientifiques.

Particulièrement concerné par les problèmes de sécurité civile des populations proches des volcans, François Le Guern collabore avec des collègues d'autres disciplines, pour étudier les effets des gaz volcaniques sur les plantes et les hommes. Il est souvent appelé afin d'évaluer les risques pour la population, comme ces dernières années, à l'Etna, au Cameroun ou aux îles du Cap Vert, aux Etats Unis et au Japon.

Depuis 1984, il préside l’association ADIS - Association de Diffusion de l'Iconographie Scientifique, dont le but est de faire partager sa passion pour les volcans à des publics très divers, en préservant l'émotion et le contenu scientifique.

En 1999, il a contribué à une superbe exposition en hommage à Haroun Tazieff, qui s'est tenu à l'Abbaye st Gérard de Brogne (en Belgique, province de Namur) ... une des plus intéressantes de ces décennies, selon moi.

Il a récemment participé au film "Robin des volcans" ; une séquence fameuse : la présentation de son prototype de chromatographe de terrain, conçu il y a quarante ans dans sa cave.

 

fanfan-Le-Guern.jpg

Photo de François Le Guern,  extraite du film "Robin des volcans"  - photo Overdub interactive

 

Nos sincères condoléances à son épouse et à sa famille ... une grande figure de la volcanologie moderne nous a quitté.

 

 

 

 

 

 

Source :

- L.A.V.E.- François Le Guern

- CAF - Club Alpin Français du Haut-Doubs - lien

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Fin de l’année, et grand temps de remercier mes amis et complices, autant de fidèles collaborateurs, pour m'avoir transmis régulièrement leurs photos dans le courant 2013, et permis ainsi d'illustrer ce blog avec de bonnes images récentes.

Merci à Carole, Frédéric, Antony, José Luis, Jean-Michel, Pierre, Charles, Aris. 

 

Fogo - 5- CHB                           Cabo Verde - Pico do Fogo -  photo © Carole & Frédéric Hardy

 

2013.06 Katmai nat Park - 37 - AVE                              Alaska - Katmai 06.2013 -  photo © Antony Van Eeten

 

2013.10.08 Tungu - 2 JLEN                  Equateur - Tungurahua - 08.10.2013 -  photo © José Luis Espinosa Naranjo

 

Faial - Capelinhos 2013 - P.Gondolff                     Açores - Faial , Capelinhos mai 2013 - photo © Pierre Gondolff

 

 

RDC - Nyiragongo - vidéo de Charles Balagizi - retour sur le lac de lave les 28-29.11.2013  ... la région est enfin un peu plus sûre !

 

 

 

Alaska 2013 - Denali / Fairbanks / Mc Carthy - Kennicot / survol du Wrangell St Elias Parc / Valdez / Seward - Jean-Michel Mestdagh

 

2013.10.20-Dukono---Aris.jpg

                             Moluques - Dukono - 20.10.2013 -   photo ©  Aris / ndesoadventures

 

Merci aussi à tous ceux dont j'ai consulté le site - trop nombreux pour les énumérer sans risquer d'en oublier un - et qui m'ont aidé dans la rédaction de ce blog.

Merci à vous, lecteurs réguliers ou occasionnels, de rester fidèles à ce blog. Bonne année donc,

         ...et que 2014 soit volcanique !!!

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
L'épisode inondations-glissements de terrain, qui a frappé l'île de Madère la semaine dernière, a mis cette dernière sous les feux de l'actualité.

Madère fait partie des îles de la Macaronésie, un ensemble formé par plusieurs groupes d'îles disséminées au large du continent africain, dans le nord-est de l'Atlantique.
Le nom de Macaronésie signifie "îles fortunées" ... ce nom leur été attribué par les géographes de la Grèce antique, qui désignaient sous ce vocable les îles situées à l'ouest du détroit de Gibraltar.

google-Macaronesie-annote.jpg                            Carte de situation de la Macaronésie - d'après une carte Google.

Cette région comprend les îles Canaries (communauté autonome Espagnole), Madère (région autonome dépendant du Portugal), les îles Selvagems (même statut que Madère), les Açores (région autonome dépendant du Portugal) et les îles du Cap Vert (République indépendante depuis 1975).

Outre leur patronyme ancien, ces îles ont d'autres caractéristiques communes: géologiques, biologiques et climatiques
  1. Geologiquement, ce sont des îles d'origine volcanique, aux reliefs escarpés. De nombreux volcans actifs, éteints, sous-marins sont à la base de leur formation.                                                                                         Macaronésie seamounts     Les Canaries et Madère : îles volcaniques émergées et volcans sous-marins (seamounts).                                                    
  2. Biologiquement : ces îles n'ont jamais été rattachées au continent et présentent un fort taux d'endémisme végétal et animal. La biodiversité de la région est une combinaison des familles biologiques retrouvées en Afrique, en Méditerranée et dans l'atlantique nord.                               madeira_firecrest_PH_2006.jpg                 Le roitelet de Madère - Regulus madeirensis - espèce endémique.                                                
  3. En raison de leur altitude importante, elles présentant de grands contrastes climatiques influencés par les alizés; entre 700 et 1500 mètres, de véritables "mers de nuages" existent l'été, favorables au développement d'une végétation luxuriante et déendante d'une forte humidité. Au dessus de 1500 mètres, le climat est aride, avec des étés chauds et secs et des hivers rigoureux. Une particularité de la Macaronésie réside dans la persistance d'espèces qui se sont éteintes sur les continents proches, telles que celles qui composent la laurisylve.


La laurisylve se compose de forêts qui sont des reliques de la végétation couvrant anciennement une bonne partie du bassin méditerranéen. Lors de l'assèchement, au Pliocène, du bassin méditerranéen, les forêts de lauriers reculèrent progressivement  au profit d'espèces sclérophylles, résistant mieux à la sécheresse, pour disparaitre il y a 10.000 ans.
L'emplacement de la Macaronésie, dans l'atlantique nord, a atténué ces fluctuations climatiques et maintenu un climat humide et doux permettant à ce type de végétation de s'y maintenir jusqu'à nos jours.

Laurisylve-Madere---H.Grobe.jpg                     La laurisylve de Madère est la plus étendue - photo H.Grobe / wikipedia.

Projection climatique :

Le changement du régime des vents, et particulièrement la diminution des alizés du nord-ouest, constatée depuis 30 ans, entraînera un assèchement des côtes des îles exposées. Les laurisylves seront probablement perturbées par un déplacement vers le bas de la « mer de nuages ». La désertification générale des îles favorisera l’invasion d’espèces exotiques, notamment des espèces africaines adaptées aux conditions sèches, au détriment des espèces indigènes.
Plus de 30 espèces d’oiseaux sahariennes ont été récemment observées pour la première fois aux Canaries. De même, des espèces de poissons tropicaux, vivant normalement plus au sud, ont été récemment enregistrées dans les eaux des Açores. Les invasions de criquets pèlerins qui frappent l’ouest de l’Afrique pourraient devenir de plus en plus fréquentes aux Canaries. En 2004, un essaim de plus de 10 millions de criquets pèlerins s’est abattu sur les côtes de l’île de Lanzarote.
Enfin, l’augmentation des températures de l’eau risque de favoriser la prolifération de micro-algues dans les eaux. En 2004, une marée d’algues a été observée dans les eaux de Gran Canaria.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Une petite pause dans notre série sur les tunnels de lave avec l’éruption sous-marine d’El Hierro qui refait parler d’elle…

A une époque, des pierres noires et blanches flottantes ont été émises : appelées "restingolitas " ; ces pierres ont été analysées par diverses universités.

 

restingolitamariavilamcnbdetall.---Maria-Vila---MCNB.jpg

                 El Hierro - "Restingolitas" - photo Maria Vila / MCNB

 

imagen02.jpgEl Hierro - restingolitas sur la mer de Las Calmas, face à la ville de La Restingua - décembre 2011 - photo IGN / Gobierno de Canarias

 

imagen05.jpgEl Hierro - restingolitas sur la mer de Las Calmas en gros plan - décembre 2011 - photo IGN / Gobierno de Canarias


Formées de matériaux mixtes, ces"restingolitas " se composent d’une croûte extérieure noire de composition basanitique, similaire à un basalte, entourant un cœur blanc ponceux, de composition trachytique à rhyolitique.

 

La haute teneur en silice, la présence de restes de cristaux de quartz, de fragments de jaspe et de carbonates ont fait conclure que c’était des xénolithes provenant de roches sédimentaires datant du stade de préformation de l’île, chauffés par le magma ascendant, ce qui a causé une fusion partielle et la vésiculation (microbulles de 50 à 100 microns).

Leur analyse permet de comprendre les interactions entre le magma ascendant et la lithologie crustale de Canaries, comme celle des autres îles volcaniques des Açores et du Cap Vert. (V.R. Troll & al. - Floating sandstones off El Hierro (Canary Islands, Spain): the peculiar case of the October 2011 eruption)

 

eh-car-6.jpgSketch showing the structure of El Hierro Island and the 2011 events. Ascending magma that, according to the distribution of seismic events prior to eruption, moved sub-horizontally from north to south in the oceanic crust, is interacting with the pre-volcanic sedimentary rocks. The floating rocks found at El Hierro during the early days of the eruption are the products of magma– sediment interaction beneath the volcano. These ‘restingolites’ were carried to the ocean floor during eruption and melted and vesiculated while immersed in magma. Once erupted onto the ocean floor, they separated from the erupting lava and floated on the sea surface due to their high vesicularity and low density (from Troll et al., 2011).

 

Une étude récente de l’Université de La Lagune / prof. Antonio Darwich nous rapporte que les analyses chimiques et radiologiques révèlent un rapport spécifique entre le thorium et l’uranium dans les "restingolitas ".

La partie blanche montre des indices d’uranium six fois plus élevés que pour ceux caractérisant les autres roches volcaniques de l’archipel des Canaries, ce qui les classe parmi les roches volcaniques les plus radioactives au monde.

Le rapport uranium/thorium est de 3/1, au lieu d’être de 0,1 à 0,2 fois plus élevé … une exception donc! Ce résultat indique la soumission de ce matériel à un processus hydrothermal.

 

La couche blanche interne des "restingolitas " est un matériau âgé pouvant, selon une hypothèse, provenir de la plate-forme africaine ou de glissements de terrain de l’île proche de Ténérife, y inclus des matériaux éruptifs plus anciens … une nouvelle étude doit s’ouvrir sur ce sujet.

 

Quoiqu’il en soit, Antonio Darwich précise que les "restingolitas " doivent être considérés comme des pierres rares, si pas uniques au monde, en raison de leur teneur en uranium ; Bien que leur distribution, soit par une filière mercantile, soit par des dons sympathiques aux enfants de l’île, soit conséquente, elles ne sont toutefois pas considérées comme dangereuses parce que les quantités d’uranium présentes ne sont pas significatives en valeurs absolues.

 

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El Hierro - La Restigua : petit musée de l'éruption sous-marine 2011-2012 - photo J.Volta / Earthquake Report

 

 

Sources :

- V.R. Troll & al. - Floating sandstones off El Hierro (Canary Islands, Spain): the peculiar case of the October 2011 eruption.

- Diario de avisos - Las piedras de la erupcion herrena, de las mas radioactvas del mundo.

- Eartquake report - The 2011 submarine volcanic eruption in El Hierro (Canary islands), Spain - Eruption overvieuw.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'exploration des fonds sous-marins est relativement récente; elle débute il y a moins de 40 ans avec un programme franco-américain "Famous" , pour se poursuivre ensuite avec les programmes "Sismomar" et "Momar", et des collaborations entre l'Ifremer et l'INSU-CNRS.


En 1972 les chercheurs américains et français décident de s’unir pour lancer un grand programme d’exploration au centre de l’Atlantique, à l’aide des trois engins d’exploration existant, Archimède et Cyana français et le sous-marin américain Alvin.

Ce sera Famous : French American Mid Ocean Undersea Survey.

Le site de plongée se situe à 700 km au sud des Açores , à un endroit où le rift a une profondeur inférieure à 3000 m, accessible aux trois engins.

Sur un secteur réduit, 20 km sur 4 km de large, on trouve rassemblés tous les phénomènes géologiques que l’on souhaite étudier, en particulier l’intersection du rift , large de moins de 3 km, avec une faille perpendiculaire à la dorsale, appelée faille transformante.

L’objet de Famous est d’étudier une portion du rift, et de vérifier, sur un secteur limité, les phénomènes qui se produisent entre deux plaques en voie de formation.

Le projet remonte à 1970 date de l’accord de coopération entre la NOAA américaine ( National Oceanographic and Atmospheric Agency, la NASA de la mer) et le CNEXO français (Centre national pour l’exploitation des océans, devenu, en 1984, l’Ifremer).

Le principal objectif est d’identifier les phénomènes qui se produisent sur la marge d’une plaque en voie de formation, dans le rift médio-atlantique, aux environs de 3000 m de profondeur. Les informations nécessaires pour mettre en évidence ces processus sont impossibles à obtenir de la surface sur la base des connaissances technologiques actuelles, ceci en raison de la profondeur d’eau.

Viens ensuite le programme Momar  - Monotoring the Mid atlantic ridge.

Momar sera le premier observatoire permanent des fonds marins, implanté sur une dorsale lente sur l'atlantique et le premier maillon d'Esonet, un futur réseau d'observatoires marins profonds sur le pourtour européen. Ifremer installe sur un gros volcan sous-marin au sud des Açores, Lucky Strike, des instruments permettant de suivre en direct la sismicité des lieux, les circulations hydrothermales et leurs conséquences sur l'écosystème local, avec une liaison satellite vers ses laboratoires; deux sous-marins ont été utilisés : le Victor 6000 et le Nautile.


 

Dom-Joao-de-Castro-seamount---Acores-1.jpg Le volcan sous-marin Dom J.de Castro, entre Terceira et Sao Miguel - Açores

Les terres émergées sont colorées en vert  - Document Mountains in the sea.

 

Le Dom Joao de Castro est un volcan sous-marin isolé localisé dans l'archipel Açorien, entre les îles de Terceira et Sao Miguel. Les parties les plus superficielles du volcan furent formées en 1720, lorsqu'un cône volcanique sortit de la mer pour s'élever jusqu'à 150 m. de hauteur; Ce cône fut érodé par l'océan atlantique en quelques mois et sa caldeira submergée d'un diamètre de 300-600 m. a son sommet à 13 m. seulement de profondeur.

Ce volcan sous-marin est le seul classé "Natura 2000" dans l'atlantique nord en raison de son activité hydrothermale énergique en eaux peu profondes : gaz et fluides chauds sont émis à partir d'une zone restreinte (100 x 50 m.) , profonde de 16 à 45 m. dans le secteur NO. de la caldeira.

La source des gaz, principalement du CO2, accompagné de faibles quantités d'H2S, d'H2 et de méthane, est une chambre magmatique localisée entre 1 et 5 km. sous le plancher océanique          ( Cardigos & al. - 2005).

La présence de champignons filamenteux et de bactéries métallo-résistantes suggère une adaptation aux eaux enrichies en métaux (Raghukumar & al. - 2008). Toute la zone est importante au niveau pêche.

Le volcan Grand Meteor est un des plus grand volcan sous-marin atlantique : situé au sud des Açores et à l'ouest des îles Canaries, c'est un plateau elliptique de la taille de l'île Gran Canaria - 1500 km², posé à 4.200 m. de profondeur avec son sommet à 270 m. sous le niveau de l'océan. Il est étudié depuis 1967, pour comprendre la circulation des eaux autour de telle structure : un vortex anticyclonique favorise l'accumulation de zooplancton à cet endroit.

 

Les volcans sous-marins situés au nord de Madère et dans l'axe des îles Canaries sont plus âgés que ces îles elles-même, entre 68 Ma et 22 Ma, contemporain de la formation de Fuerteventura, la plus ancienne des îles émergées.


Macaronésie seamounts
Les volcans sous-marins sont signalés par l'abréviation anglaise "Smt" = seamount.

Cinq principaux volcans sous-marins sont situés sur un arc est- sud est- sud par rapport à l'archipel Capverdien.


Cap-Vert-seamounts.jpg
Une étude des fonds marins par une équipe de l'Ifremer rapporte une histoire géologique commune aux archipels des Canaries et du Cap Vert depuis la formation de leur soubassement au Jurassique. Ils présentent de plus une évolution sédimentaire et volcanique synchrones.
Il en ressort que le modèle basé sur l'intervention de deux points chauds distincts n'est pas adapté à la formation de ces structures et qu'il existe au minimum un lien entre ces points chauds. Ces deux régions ne doivent pas être traitées distinctement.


acreti2.jpg Bombement du socle commun aux deux archipels Canarien et Capverdien.

Ceci clot le chapitre sur la Macaronésie.

 Sources :

- "Mountains in the sea - Dom Joao de Castro seamount"

   par By Ricardo S. Santos, Fernando Tempera, Ana Colaço, Frederico Cardigos, and Telmo Morato.

- "Mountain in the sea - Great Meteor seamount" By Christian Mohn

- Projet Momar  - Ifremer : http://www.ifremer.fr/momareto/

- "Linking the Canary and Cape-verde Hot-spots" par M.Patriat & C.Labails - Ifremer .

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyage.s, #Eruptions historiques

Selon Druitt et Friedrich, la zone d'Akrotiri fut le premier exemple de volcanisme sur Santorin et fut formée exclusivement de produits volcaniques dacitiques et andésitiques. Le volcanisme silicique de la fin du Pliocène à 580.000 ans a construit un complexe de dômes, de tabliers de hyaloclatites et de cônes de ponces sur le flanc sous-marin ouest de l'île pré-volcanique.

Les étapes suivantes du développement du complexe furent probablement subaériennes, puis l'ensemble fut soulevé ; ce soulèvement était probablement complet au temps de l'éruption du cinder cône de Mavrorachidi.

Des éruptions stromboliennes entre 520.000 et 350.000 ans ont formé des cinder cones et des spatter cones aux caps Balos, Kokkinopetra et Mavrorachidi. Tous ces cônes surmontent les tufs et laves des premiers cendres rhyodacitiques, mais sont recouverts par les pyroclastes de Thêra.

Santorin - Nea Kameni au centre de la caldeira , vue de la péninsule d'Akrotiri - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - Nea Kameni au centre de la caldeira , vue de la péninsule d'Akrotiri - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - Carte géologique des premiers centres de la péninsule d'Akrotiri, avec les cinder cones en noir, les produits les plus jeunes sont en blancs - Doc. Druitt & al 1999

Santorin - Carte géologique des premiers centres de la péninsule d'Akrotiri, avec les cinder cones en noir, les produits les plus jeunes sont en blancs - Doc. Druitt & al 1999

Santorin -  dépôts de ponces de la péninsule d'Akrotiri - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - dépôts de ponces de la péninsule d'Akrotiri - photo © Bernard Duyck 09.2019

La proximité du site archéologique, son environnement géomorphologique et sa couleur particulière rouge (contenu en fer) sont causes de la célébrité de Red Beach.

Depuis la petite chapelle Agios Nikolaos, un sentier aux roches branlantes et abrasives mène à la plage rouge, longue d'environ 300 mètres et large de 4 à 10 mètres, érodée par la mer et marquée par des éboulements rocheux du cinder cone du cap Mavrorachidi, pouvant être dangereux.

Santorin péninsule d'Akrotiri - à gauche(zone claire), les tufs rhyodacitiques des premiers centres, et le cinder cone du Cap Mavrorachidi - - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin péninsule d'Akrotiri - à gauche(zone claire), les tufs rhyodacitiques des premiers centres, et le cinder cone du Cap Mavrorachidi - - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin, péninsule d'Akrotiri - les falaises de Red Beach, marquée par des zones d'éboulements - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin, péninsule d'Akrotiri - les falaises de Red Beach, marquée par des zones d'éboulements - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin, péninsule d'Akrotiri - Black Beach, entre le Cap Mavros et le cap Vounia - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin, péninsule d'Akrotiri - Black Beach, entre le Cap Mavros et le cap Vounia - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin, péninsule d'Akrotiri - produits éruptifs plus jeunes , vu du phare - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin, péninsule d'Akrotiri - produits éruptifs plus jeunes , vu du phare - photo © Bernard Duyck 09.2019

Sources :

- The morphodynamic evolution of Santorini volcanic complex – 09,2019 – Paraskevi Nomikou, Konstantinos Vouvalidis et Spyros Pavlides

- Geological Society memoir n°19 Santorini volcano – T.H.Druitt & al.1999

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #news, #Volcans et climat, #Minéralogie

2018 is the year of lovers of lava wines. After a first international conference in March in New York, the European trade fairs, Vinisud in France and ProWein in Germany, the wines of volcanic soils were presented in Naples as part of the Congress Cities on Volcanoes 10.

Wine and volcanoes - photo Vino & Style / Cities on volcanoes 10

Wine and volcanoes - photo Vino & Style / Cities on volcanoes 10

Produced on only 1% of the world's surface, they participate to a greater extent in large vineyards.

Potential in relation to the nature of the soils on which they are cultivated, to their relation with the terroir of origin, is added the fact that the volcanic sites have preserved unique native grape varieties, which differentiate them from standards, such as Chardonnay or Cabernet.

To name but a few, the listan negro and the listan prieto (Canary Islands), the nerello mascale and nerello cappucio (Etna), the aglianico ((Vesuvius) the juhfark (Somlo in Hungary), the arinto (Azores) ...

These soils made of ash and pumice are difficult, but characterize these wines, with complex aromas and a marked minerality. They also prevent the vines from being affected by phylloxera, destructive pest of many vineyards in the 19th century.

Canary Islands, Lanzarote - La Geria - photo La Geria vines

Canary Islands, Lanzarote - La Geria - photo La Geria vines

The image of the volcanoes intervenes in the reputation of these wines ... to taste them, it is to plunge in the history of the territories, to revive the great historical or more recent eruptions, while admiring these wild landscapes, if one has the chance to do it in situ.

Santorini, the Azores, Cape Verde, or the "Bel Paese", one of the cradles of Italian oenology with Vesuvius, the Phlegrean Fields and Ischia, where the cyclic eruptive activity constituted the particular terroir.

Cape Verde - evacuation of some barrels during the eruption of the Fogo - photo 01.12.2014 Fogo news

Cape Verde - evacuation of some barrels during the eruption of the Fogo - photo 01.12.2014 Fogo news

A heritage to protect and enhance for the relationship between wine, territory, history and volcano.

 

Sources:

- Vino & Style - Cities on Volcanoes: a Napoli in scena i vini suoli vulcanici

- Bloomberg - Wine - Boom: Volcanic Wines Are Heating Up Around the Globe

- Dunod - Wines of Fire - Ch.Frankel

The Romans cultivated the vine on the slopes of Vesuvius - Pompeii - Casa del Centenario

The Romans cultivated the vine on the slopes of Vesuvius - Pompeii - Casa del Centenario

To salivate some, some bottles ...

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Before leaving the Massif of Piton de La Fournaise, and to the south of it, between Saint Philippe and Saint Joseph, two sites are to be seen: the Cape Méchant and the ravine of the River Langevin.

Cap Méchant - the lava flow and the arch - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - the lava flow and the arch - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - the arch in the basalt flow, result of marine erosion - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - the arch in the basalt flow, result of marine erosion - photo © Bernard Duyck / June 2017

Preceded from a forest of Pandanus utilis (Vacoas seaside) and a soft lawn, the flows of La Fournaise dominate of about fifteen meters the ocean, between Cap Méchant and Cap Sal ​​nearby.
The "seaside" grass, or grass "pique-fesses", this indigenous grass is found in favor of the ambient humidity, on the basalt; This lawn, present on the southern cliffs, is decorated with brown manioc (Scaevola taccada), with fleshy and waxed leaves.

Cap Méchant - Brown manioc and grass "pique-fesses" on the basalt - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - Brown manioc and grass "pique-fesses" on the basalt - photo © Bernard Duyck / June 2017

Eternal battle between the elements, the basalt confronts the waves of the Indian Ocean. The work of sape of the water manages to dig this very hard volcanic material to form the characteristic arch of Cap Méchant ... and olivine sand.

Cap Méchant - erosion gives a coarse sand with olivine crystals - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - erosion gives a coarse sand with olivine crystals - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - a place of strong marine erosion of the basaltic flow - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - a place of strong marine erosion of the basaltic flow - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - the Cap Salt lava flow in line with that of the arch of Cap Méchant - photo © Bernard Duyck / June 2017

Cap Méchant - the Cap Salt lava flow in line with that of the arch of Cap Méchant - photo © Bernard Duyck / June 2017

The Ravine of the River Langevin, strongly encased, takes its source in the Massif of the Piton of the Furnace to more than 2,000 meters of altitude, near Piton Chisny. Of 18 km long, it flows into the heart of the volcanic soil, underground to Grand Galet, and into the ocean to Saint Joseph. It has many small tributaries: Bras des Chevrettes, ravine of the Seven Bras, ravine Ti Bon Dieu, ravine of Grand Coude, ravine Mara.

The ravine of the Langevin River - photo © Bernard Duyck / June 2017

The ravine of the Langevin River - photo © Bernard Duyck / June 2017

The River Langevin offers a succession of basins, fed by waterfalls ... the most famous is the Cascade de Grand Galet, or Cascade Langevin. Situated below a tight hairpin, it is formed by the resurgences of the river and consists of multiple waterfalls spreading over a wide wall, showing beautiful basaltic colonnades. Great mystery: is the basalt coming from the flows of Piton Chisny that have poured into the ravine, or coming from older flows ?

La Cascade Langevin - picture © Bernard Duyck / June 2017

La Cascade Langevin - picture © Bernard Duyck / June 2017

La Cascade Langevin - detail on the wall and its basaltic organs - photo © Bernard Duyck / June 2017

La Cascade Langevin - detail on the wall and its basaltic organs - photo © Bernard Duyck / June 2017

Further down the river, the cascade of the Black Hole is pleasant, and forms a quiet place, except on weekends when many families come to picnic.

Black Hole Waterfall  / Langevin River - photo © Bernard Duyck / June 2017

Black Hole Waterfall  / Langevin River - photo © Bernard Duyck / June 2017

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les îles Juan Fernandez, situées sur la dorsale du même nom, sont d’origine volcanique.

Formées par un panache mantellique au-dessus duquel s’est déplacée la plaque tectonique Nazca, leur âge, déterminé par datation potassium-argon, va grandissant d’ouest en est : pour les îles principales, Santa Clara est la plus vieille, datée de 3,8 - 5,8 Ma (Steussy et al., 1984), ensuite suit l’île Robinson Crusoe, avec 3,8 à 4,2 Ma, et enfin l’île Alejandro Selkirk, datée d’entre 1,0 et 2,4 Ma. 

La Dorsale et l'archipel Juan Fernandez, structures émergées et seamounts - un clic pour agrandirLa Dorsale et l'archipel Juan Fernandez, structures émergées et seamounts - un clic pour agrandir

La Dorsale et l'archipel Juan Fernandez, structures émergées et seamounts - un clic pour agrandir

L'archipel Juan Fernandez - l'île Robinson Crusoe -  photo Serpentus

L'archipel Juan Fernandez - l'île Robinson Crusoe - photo Serpentus

Ile Juan Fernandez - doc. archives Etrangères / Bibliothèque Nationale de France

Ile Juan Fernandez - doc. archives Etrangères / Bibliothèque Nationale de France

Robinson Crusoe est la plus grande avec 93 km², et culmine au pic El Yunque à 916 mètres ; L'île Robinson, ou encore Mas-a-Tierra, est composée de quatre volcans-boucliers basaltiques (olivinifères) qui se chevauchent, avec des caldeiras ouvertes vers le nord-est. Le sud-ouest de l'île est composé de petits cônes altérés. L'activité récente serait marquée par une éruption à El Yunque, en 1743, et une autre éruption, sous-marine cette fois, en 1835, à 1,5 km. au nord de l'île Robinson.

Los Innocentes marque le plus haut point de l’île Selkirk (Mas-a-Fuera) avec 1.319 mètres, tandis que Santa Clara avec ses 2,2 km² n’atteint qu’au maximum 350 mètres.

Une multitude d'îlots périphériques complète l'archipel; les plus importants sont les îlots Juanango, Verdugo, Vinillo et Los Chamelos.

L’île Robinson Crusoe en fin 19° / début 20° siècle, avec le croiseur Esmeralda dans la baie Cumberland – doc. Archives Carpenter fr.&fr.

L’île Robinson Crusoe en fin 19° / début 20° siècle, avec le croiseur Esmeralda dans la baie Cumberland – doc. Archives Carpenter fr.&fr.

Robinson Crusoe - l'éruption 1835 - doc. Sutcliff - Oscar Gonzalez-Ferran  / Univ.of Chile / GVP

Robinson Crusoe - l'éruption 1835 - doc. Sutcliff - Oscar Gonzalez-Ferran / Univ.of Chile / GVP

Histoire et légende s’y confondent :

L’archipel fut découvert en novembre 1574 par le navigateur espagnol Juan Fernandez, naviguant entre le Pérou et Valparaiso, et qui avait dévié de sa route ; Il appela ces îles Más Afuera, Más a Tierra, et Islote de Santa Clara.

Une expédition corsaire dans le Pacifique, en 1703, comprend le navire du Capitaine Thomas Stradling. Il fait escale aux îles Fernandez pour approvisionner le bateau en bois et eau avant son retour en Angleterre.

Le bateau ayant subi de gros dommages au cours des batailles, un officier écossais, du nom d’Alexander Selkrik (ou Selcraig) considère qu’il doit subir un carénage avant de franchir le Cap Horn. Le Capitaine refuse obstinément, et Selkirk refuse alors de poursuivre sa route, exigeant qu’on le laisse sur l’île Mas-a-Tierra. Selkrik vécut seul durant quatre ans et douze jours sur l’île. Il est secouru en 1709 par une expédition menée par le Capitaine Rogers, dont il sauva l’équipage du scorbut, puis participe avec celui-ci à des raids sur les côtes chiliennes et péruviennes. Il rentre finalement en Angleterre en 1711 où son histoire sera publiée dans le journal The Englishman.

Daniel Defoe écrit et publie en 1719 un roman intitulé « La Vie et les aventures étranges et surprenantes de Robinson Crusoé ». L'histoire s'inspire très librement de la vie d'Alexander Selkrik. Écrit à la première personne, l'intrigue principale du roman se déroule sur une île déserte où Robinson survit pendant 28 ans. Pendant son séjour forcé, il fait connaissance d'un indigène qu'il nommera Vendredi et les deux vivront ensemble pendant plusieurs années avant de pouvoir quitter l'île. Ces îles chiliennes furent rebaptisées en 1966 en hommage conjoint à Alexander Selkrik et au roman inspiré de son aventure.

A gauche, première de "Life and adventures of Alexander Selkrik, the real Robinson Crusoe" - à droite, Illustration de 1865 par Alexander Frank Lydon (Groombridge and Sons edition). Robinson Crusoé découvre une grotte refuge. - un clic sur les images pour les ouvrir.A gauche, première de "Life and adventures of Alexander Selkrik, the real Robinson Crusoe" - à droite, Illustration de 1865 par Alexander Frank Lydon (Groombridge and Sons edition). Robinson Crusoé découvre une grotte refuge. - un clic sur les images pour les ouvrir.

A gauche, première de "Life and adventures of Alexander Selkrik, the real Robinson Crusoe" - à droite, Illustration de 1865 par Alexander Frank Lydon (Groombridge and Sons edition). Robinson Crusoé découvre une grotte refuge. - un clic sur les images pour les ouvrir.

Photo Landsat 7 montrant les îles Selkrik et Robinson Crusoe, mises en évidence par une formation nuageuse connue comme ' vortex de von Karman ", causée par l’interaction entre les vents et les reliefs des îles.

Photo Landsat 7 montrant les îles Selkrik et Robinson Crusoe, mises en évidence par une formation nuageuse connue comme ' vortex de von Karman ", causée par l’interaction entre les vents et les reliefs des îles.

Ces îles ont un climat subtropical influencé par le courant froid de Humboldt, coulant en direction du nord le long de la côte sud-américaine, et les vents soufflant du sud-est.

Les températures peuvent fluctuer entre 3 et 34 °C, avec une moyenne de 15,4 °C ; les sommets plus froids peuvent se recouvrir de givre. Les pluies sont plus importantes en hiver, et variables, en fonction de l’exposition et de l’altitude, entre 318 et 1.698 mm par an, dépendent de l’oscillation El Nino-sud .

Du fait de leur isolement et de leur origine volcanique, la faune et la flore de ces îles est relativement pauvre, n’ayant atteint ces terres que par la mer. Cet archipel méconnu est aussi un havre de paix pour de nombreuses espèces de plantes et d'animauxendémiques. La Conaf - administration du Parque Nacional Archipelago -, largement financée par des fonds européens, assure la protection naturelle. La flore est diversifiée et compte 101 variétés endémiques dont un éventail de fougères géantes. Pour le règne animal, c'est le colibri robinson ou Picaflor rojo, Sephanoides fernandensis, qui se distingue : corps rouge brique, bec noir et fin comme une aiguille, ailes vertes et soyeuses. Ses effectifs ont diminué de 798 (1987-88) à 179 (2002) en 15 ans.

Sephanoides fernandensis - le Picaflor de Juan Fernandez se nourrissant sur des fleurs de Cuminia eriantha - photo Hector Gutierez Guzman /  Flickr CC BY 2,0

Sephanoides fernandensis - le Picaflor de Juan Fernandez se nourrissant sur des fleurs de Cuminia eriantha - photo Hector Gutierez Guzman / Flickr CC BY 2,0

Sources :

- Global Volcanism Program - Juan Fernandez

- Architectures des plantes de l'île Robinson Crusoe - par F.Hallé - lien

- Menaces et perspective pour la préservation de la biodiversité de l'archipel Juan Fernandez - ULB - Lien

 

Bonus pour les volcano-philatélistes : timbres Chiliens commémorant le 4° centenaire des ïles juan Fernandez (1574-1974) et représentant respectivement les deux îles les plus grandes, Robinson Crusoe et Selkrik, et la flore et la faune locale.

Timbres Chiliens commémorant le 4° centenaire des îles juan Fernandez (1574-1974) - doc. Delcampe.net

Timbres Chiliens commémorant le 4° centenaire des îles juan Fernandez (1574-1974) - doc. Delcampe.net

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