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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “fogo cap vert

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Si je vous dit : " un lac de cratère situé sur une île volcanique, elle-même dans un lac occupant une partie d’une grande caldeira, localisée sur une île … le tout dans le sud-est asiatique " , à quoi pensez-vous ?


 

Taal_volcano_aerial---M.Gonzalez.jpg                 Volcano island située dans le lac Taal et son lac de cratère - photo M. Gonzalez.

 

Le complexe volcanique du Taal est formé d’une caldeira d’une vingtaine de kilomètres de diamètre, qui s’est mise en place entre 140.000 et 5380 BP.

sur l'île de Luzon, dans l'archipel des Philippines.

Cette caldeira contient le lac Taal, un lac d'eau fraîche d’une superficie de 267 km² ; il a une profondeur maximale de 160 mètres et sa surface est située à 2 mètres au dessus du niveau de la mer. Le rempart sud de cette caldeira surplombe le lac de 700 mètres. Plusieurs évents éruptifs se trouvent au fond de ce lac.

 

Dossier-32-0830.JPGMaquette de la caldeira du volcan Taal, avec volcano island et son lac de cratère - observtoire du Phivolcs

 

Le Taal est situé au niveau tectonique dans le corridor Macolod : cette dépression tectonique se positionne entre l'arc ouest de Luzon, produit par une plongée de la plaque océnique chinoise, et l'arc est de Luzon, produit par le plongée de la plaque océanique Philippines; elle abrite de nombreux dômes de composition basaltique à rhyolitique, dérivants d'un grand système magmatique silicique.

Le Taal est entouré directement d'autres volcans : le Makiling (NE), le Malepunyo (E), le Batulao (W) et le Macolod (SE).

 

Taal---Peter-Mouginis-GVP.jpgCarte du Taal et des environs - la caldeira se trouve à l'intersection de failles majeures -

 Courtesy of NASA Earth Observing System (EOS) Volcanology and their slide set compiled by Peter Mouginis-Mark (University of Hawaii).

 

Volcano island est une île située dans la partie centrale et nord du lac Taal.

Cette île, de 5 km. de diamètre environ, est le résultat de la coalescence ce plusieurs petits stratovolcans , cônes de scories et cônes de tuff, et le siège des éruptions historiques.

Sur l’île on a répertoriés 4 maars et 47 cratères ; le principal cratère, de 1900 mètres de diamètre, abrite un lac acide de type sulfate chlorure profond de 76 mètres au point le plus bas. Sa couleur et sa température varient suivant l’activité des fumerolles. Sa surface est à 4 m. au dessus du niveau marin.


Taal---GVP.jpg  Taal - le lac Taal, Volcano island et en toile de fond, le volcan Macolod - photo F.Landais / GVP

 

Taal_Crater---Vulcan-point.JPG

Taal - le lac acide de Volcano island - le petit îlot qui en émerge s'appelle Vulcan Point. - photo hidariki58, joy mulato.

 

Le cratère de Volcano island a subi des modifications depuis l'éruption de 1911. Avant celle-ci, le plancher du cratère abritait différentes ouvertures séparées, contenant des lacs de différentes couleurs, un vert, un jaune, un rouge et de petits trous fumants remplis d'eau chaude.

Après l'éruption, un grand lac a remplacé ces différentes structures, d'un niveau inférieur à celui du lac Taal. Depuis le niveau du lac de cratère a augmenté jusqu'à son niveau actuel. Il joue un rôle vraisemblable de refroidisseur des matériaux sous-jacents, minimisant les chances d'une explosion ... les éruptions suivantes et l'activité qui a succédé viennent d'un nouveau centre éruptif, le mont Tabaro.

Un rocher, dépassant la surface du lac de cratère  et appelé Vulcan Point, est considéré comme un reste de l'ancien plancher du cratère.

 

 La plupart des laves émises sont des basaltes à olivine et des andésites. Trente trois éruptions historiques ont été répertoriées, la plus récente a eu lieu le 03 octobre 1977.
Si la majorité des épisodes éruptifs sont de types phréatique ou phréatomagmatique, des éruptions stromboliennes (1968, 1969) ou pliniennes (1754) peuvent survenir.

 

Taal---Binintiang-Malaki-cone-pyrocl.1707---K.Frederickson.jpgTaal - Volcano island - le cône pyroclastique Binintiang Malaki de 1707, connecté à volcano island par un isthme - photo K. Frederickson

 

Taal---cinder-cone-1968---K.Frederickson.jpg Taal - Volcano island - le cinder cone de l'éruption de 1968, et sa coulée de lave dans le lac Taal - photo K. Frederickson.

 

La position du cône actif est à l'origine des principaux risques pour les populations riveraines. En effet, les éruptions les plus puissantes sont à même d'engendrer des tsunamis dévastateurs (1330 victimes en 1911).

 

D'un point de vue plus scientifique, le Taal fut le site où, pour la première fois en 1965, fut décrit le phénomène volcanique nommé " déferlante basale ", qui se présente sous la forme d'un nuage annulaire se développant à la base d'un panache phréatomagmatique, et constitué d'un mélange de cendres, lapilli et gaz en suspension dans de la vapeur d'eau.

Les risques en cas d’éruption sont importants et fonction à la fois d’une occupation de l’île, et des berges du lac ; les philippins s’y sont installés en grand nombre, profitant d’un site magnifique proche de la capitale, et de la possibilité de travailler dans les nombreuses fermes d’élevage de tilapias.

 

Sources:

- Global volcanism Program - TaalTaal volcano

- Phivolcs - Taal volcano

- The origin of the silicic domes in the Macolod Corridor, Philippines. - by Flood T.P. & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Flores abrite un autre volcan aux lacs de cratère colorés : l'Inielika.

 

Flores---Inielika-red_lakes---ph.Serenade-GFDL.jpg

                              Les lacs de cratère de l'Inielika - photo Serenade .


L'Inielika se trouve au nord d'un complexe volcanique, la caldeira de Lobobutu, qui s'étire sur une vingtaine de kilomètres de long et 190 km², selon un axe Nord-Ouest/Sud-Est, autour de la ville de Bajawa.

fiches_inielika_carte.jpgL'édifice situé le plus au sud de ce complexe est le volcan Wolo Bobo dont l'activité actuelle se résume à quelques fumerolles. Autour de l'Inielika, on recense 25 cônes volcaniques auxquels il convient d'en rajouter une autre dizaine autour du Wolo Bobo. Toutes ces formations volcaniques sont regroupées au sein d'une zone géographique qui prend approximativement la forme d'un h minuscule légèrement incliné (voir carte de J.Boyer /LAVE).


L'Inielika compte huit cratères fortement imbriqués les uns dans les autres, les principaux étant le Wolo Lega (1 550 m), le Wolo Runu (1 538 m) et le Wolo Inielika, point culminant de ce massif volcanique avec ses 1 559 mètres d'altitude. Ces trois cratères principaux se sont formés, il y a moins de 160.000 ans. Cinq autres cratères se sont ensuite édifiés à l'intérieur de deux de ces cratères préhistoriques lors des éruptions de 1905, date de la première explosion phréatomagmatique historique,  et 2001.

 

inielika-1---Pascal-Blonde.jpgLes lacs de l'Inielika, le 21.04.2001, quelques semaines après l'éruption - avec l'aimable autorisation de Pascal Blondé.

 

Le 11 janvier 2001, débute une seconde éruption qui se terminera au bout de quelques jours, le 16 janvier de cette même année. Elle a réactivé l'un des cratères de 1905 et en a formé trois autres, l'un de 50 mètres de diamètre pour 10 mètres de profondeur et l'autre de 20 mètres de diamètre pour 1,10 mètre de profondeur. Lors de cette éruption, une fissure de 20 mètres de large et de 300 mètres de long est également apparue au Nord-Nord-Ouest de la zone sommitale de l'Inielika. Le troisième cratère, né lors de cette éruption, se trouve dans son prolongement. Il peut être considéré à juste titre, comme étant l'extension située la plus au sud de cette fissure.


Inielika---11.01.2001-VSI---2-.jpg

Deux des lacs sommitaux de l'Inielika le 11.01.2001 - Le lac situé à l'avant-plan présente une teinte verte, celui situé à gauche une teinte brun foncé - un évent laisse échapper un panache peu coloré degaz et vapeur, à droite de la photo - doc. VSI

 

L'activité éruptive fut de nature phréato-magmatique avec émission de panaches de cendres qui s'élevèrent entre 300 et 1 000 mètres au dessus du volcan. La ville de Bajawa, située à 8 kilomètres de là, fut recouverte d'un dépôt de 0,5 mm de cendres. Des tephras, d'un diamètre n'excédant pas les 50 cm, furent également projetés dans un rayon de 500 mètres autour du cratère. Le paroxysme de l'éruption eut lieu le 13 janvier 2001.  (Joël Boyer  - fiches LAVE )
 

inielika-2-P.B-londe-21.04.2001.jpg Inielika - Toute vie a disparu autour des lacs trois mois après l'éruption - photo 21.04.2001, avec l'aimable autorisation de Pascal Blondé.


inielika_005-P.Blonde-2001.jpgInielika - En s'asséchant, le lac ne laisse que mare de boue et arbres morts - photo 21.04.2001, avec l'aimable autorisation de Pascal Blondé.  


inielika_006---P.Blonde-2001.jpgInielika - eaux colorées par l'oxydation - photo 21.04.2001, avec l'aimable autorisation de Pascal Blondé.

 

inielika 011 - P.BLondé 2001

  Inielika - étrange ambiance en deux teintes - photo 21.04.2001, avec l'aimable autorisation de Pascal Blondé.


Aujourd'hui, les cratères de l'Inielika sont remplis par plusieurs petits lacs dont les couleurs varient entre le brun orangé et le rouge sang, caractéristique selon une version de l’oxydation des sels de fer, selon une autre des sels de mercure au contact de l’air. 

Ces lacs ont un niveau fluctuent et disparaissent en laissant des lits de boue et des zones d’arbres morts.

 

Sur le plan pétrographique, les laves émises par l'Inielika sont des andésites calco-alcalines.

 

Détail piquant : plusieurs récits font état d'attaques par des guêpes ou des frelons lors de leur descente dans les cratères ... pensez à vous renseigner auprès des locaux avant l'excursion.

 

Les environs de l'Inielika :

- les sources chaudes de Mengeruda : ces sources sulfureuses ont une température environnant les 30°C ; une partie des sources a été détournée vers une piscine moderne.

 

Sources-chaudes-de-Mengeruda---triokomodo.jpg                      Flores - sources chaudes de Mengeruda - photo triokomodo


- le complexe de cônes Bajawa : une chaîne de cinder cones, datés du Pléistocène, s'étend au sud de l'Inielika en direction de du volcan Ineri, et inclu le Wolo Bobo, haut de 1400 m.

- le volcan Ineri , ou Inierie : ce tratovolcan symétrique est le plus haut point de flores, avec 2245 m.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Inielika

- Global Volcanism Program - Inierie

- L.A.V.E. - fiches Inielika et revue n° 123, article de J.Boyer

- Conceptual models for geothermal systems in the Wolo bobo, Nage and Mataloko fields, Bajawa area, central Flores - by Akasako & al. - link

- Geothermal geology of the Mataloko area, central Flores - by H. Takahashi & al. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Lac-toba-depuis-rive-N---T.Casadevall-USGS.jpg

                   Une partie du bassin nord du lac Toba - photo Tom Casadewall / USGS

 

Toba2                Reconstitution 3D de la caldeira du lac Toba - doc. William bowen 2005.


Le lacToba est connu comme le plus grand lac volcanique au monde, 100 km. de long sur 35 km. de large, 1.108 km² de superficie pour un volume estimé à 256.190 Mm³. La profondeur moyenne est de 228 m. , avec une cote maximum à – 508 mètres.

 

13 Hidrology and morphometry characteristics Lukman08

Batimetri map Danau Toba
(Source: Lukman & Ridwansyah, 2010)

 

Son bassin est physiquement séparé en deux parties par l’ île Samosir.

Le bassin nord est plus important tant par sa surface, 52,15%, que par son volume, 60,8%. On constate une décharge plus importante et plus dynamique dans le bassin sud … ce qui fragilise la situation et le développement du bassin nord (accumulation de nutriments et pollution par les phosphates).

La mise en eau du lac, après l’éruption, s’est faite en un temps relativement court, moins de 1500 ans, suite à un ratio de précipitations dépassant largement celui de l’évaporation.

 

-Lake_Toba-de-Samosir-island--B.Gagnon.jpg                      Le lac Toba, vu des maisons Batak de Samosir island - photo B. Gagnon


Le lac Toba doit son nom au peuple Batak Toba qui vit autour du lac, dans des habitations qui rappellent par leur forme celles rencontrées chez les Torajas de Sulawesi.


femme-batak-1919.jpgPadung-padung---ornements-d-oreilles-Batak.jpg

 

 

 

 

 

Femme Batak - Carte postale de 1919.

Remarquez les ornements d'oreilles, appelés "Padung-Padung".


 

 

Ce n’est qu’en 1949 que le géologue Néerlandais Rein van Bemmelen démontra que ce lac idyllique était en fait une gigantesque caldeira volcanique, cernée d’ignimbrites.

 

 

Cette caldeira, considérée comme la plus grande de l’ère Quaternaire, s’est formée au cours de quatre éruptions ignimbritiques majeures durant le Pléistocène, à partir d’il y a 1,2 millions d’années.


toba_caldeira.jpg

La caldeira du Toba - en pointillés verts, les limites des caldeiras formatrices - les triangles rouges indiquent la position des volcans post-caldeira -  les dômes sont indiqués par des ronds rouges et chamois

 

L’épisode daté de 800.000 ans a produit le OTT – Old Toba tuff, celui daté de 500.000 ans, le MTT – Midddle Toba Tuff … et le dernier en date, il y a 73.000 ans, le YTT – Young Toba Tuff.

Tobavol.jpgC'est la plus récente éruption d'un "supervolcan", estimée de VEI 8 - "méga-colossale", en fait l’éruption ultra-plinienne la plus importante des derniers 28 Ma .

 

Comparaison entre les volumes éruptifs de Toba - YTT et de deux des grandes éruptions du Yellowstone.

 

La Michigan technological university estime que le total des matériaux éruptifs était d'environ 2 800 km³, dont environ 2.000 km³ d'ignimbrite (Young Toba tuff) qui retomba au sol et environ 800 km³ sous forme de cendres qui furent emportées vers l'ouest par le vent. Cette immense éruption dura probablement près de deux semaines, au départ de fractures circulaires qui entourent le présent lac. Très peu de plantes et d'animaux purent survivre en Indonésie, et il est possible que cette éruption ait causé une extinction planétaire du fait de l'émission massive de soufre qui a provoqué, par réaction avec la vapeur d'eau, la formation d'un manteau de nuages d'acide sulfurique tout autour du globe, lequel a provoqué une baisse globale des températures de l'ordre de 6 °C et une glaciation qui a pu durer jusqu'à un millénaire. Par l'analyse des mitochondries, on a pu montrer que l'espèce humaine fut probablement réduite à quelques milliers d'individus. Certains scientifiques pensent que cela est dû à l'éruption du Toba.

 

Toba-caldera-complex---A.jpgFormation de la caldeira Toba (A & B) -  installations post-caldeira des blocs Samosir et Uluan, et position du Pusukbukit sur une fracture circulaire - doc.  Van Bemmelen in the Toba caldera complex , by C. A. Chesner.

 

L’île de Samosir est un dôme de résurgence daté d’après ce cataclysme, ainsi que les blocs de la péninsule Uluan. L’activité s’est ensuite poursuivie avec la mise en place d’une série de dômes de lave, la croissance du Pusukbukit au sud de la caldeira et la formation du Tandukbenua au nord-ouest.


Pusukbukit stratovolcano - Bill Rose MTU

Le stratovolcan post-caldeira Pusukbukit , au sommet ennuagé, s'est construit à l'intérieur de la caldeira Toba, dont on aperçoit le lac dans l'échancrure  - photo Bill rose / MTU

 

L'activité actuelle est marquée par des solfatares le long du lac sur le flanc nord du Pusukbukit, et des sources chaudes et des terrasses recouvertes de dépôts soufrés sur la fracture circulaire à l'ouest de la caldeira et sur l'île de Samosir.

 

Toba---Sipoholon-hot-springs-2----T.Casadevall.jpg

Sipoholon hot springs - sources chaudes et terrasses soufrées sur la rive centre-ouest de la caldeira du Toba - photo Tom Casadewall / USGS.

 

P1070368_resize---photobucketcom.jpg         Ce paysage paisible ne rapelle plus le lieu du cataclysme - photobucket.com

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Toba

- The Toba Caldera Complex - Craig A. Chesner, Department of Geology/Geography, Eastern Illinois University.

- Lake Toba - Research and Monitoring for Basin Management Decisions
By Pasi Lehmusluoto, Jakarta 2000

- Hydrology and morphometry characteristics for consideration on determining lake Toba carrying capacity for cage aquaculture - Lukman,
Research Center for Limnology – LIPI, Kompleks LIPI – Cibinong

 
   

Vulcania_mission_Toba-b09fa.jpg

                                Les nacelles de "Mission Toba" - doc. Vulcania.

 

Vulcania abrite l’animation "Mission Toba", qui invite les visiteurs dans un extraordinaire voyage dans le temps à la rencontre d’un super-volcan… Embarqués dans des nacelles au design futuriste, les visiteurs survolent en escadrille la région de Toba, théâtre il y a 73.000 ans d’une explosion plus que spectaculaire. Pour vivre ce vol et découvrir cette éruption, le public est immergé dans une toute nouvelle salle dotée d’un écran à 180° et enrichie d’une projection au sol qui renforce la sensation d’immersion. Lors de ce vol au dessus de Toba, les visiteurs mesurent la puissance dévastatrice dont sont capables ces monstres que sont les supervolcans. 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ch.-Phl.-R.Scandone-1984-Un.Roma.jpg

                    Les Champs Phlégréens - La Solfatara - photo R. Scandone / Univ. Roma

 

Les Champs Phlégréens sont constitués d’une caldeira de 13 km. large, contenant de nombreux cônes de tuff, d’origine hydrovolcanique, et cônes pyroclastiques.

Les contours des deux caldeiras imbriquées ne sont pas bien définis et 60% de sa surface est immergée sous le Golfe de Pozzuoli.

Des épisodes successifs de subsidence et de soulèvement sont répertoriés depuis l’époque romaine … mais son activité date d’il y a 47.000 ans. La caldeira s’est formée suite à deux grandes explosions :

- il y a 36.000 ans, l’ignimbrite trachytique Campanienne – 100-150 km³

- il y a 15.000 ans, le Tuff jaune Napolitain (NYT – Neapolitan Yellow tuff) – 20-30 km³.

 

Geostrutturale-CF - INGVGéologie et contours des deux caldeiras (en pointillés rouge et noir) - le volcanisme inférieur à 15.000 ans est en couleurs rose et vert foncé. - Doc INGV.



A la suite de celles-ci, de nombreuses éruptions ont pris place au niveau d’évents dispersés sur terre et sous le niveau marin, avec des périodes datées de 15.000-9.500, 8.600-8.200, et 4.000-3.800 avant JC, où de nombreuses bouches se sont ouvertes à l'endroit du lac Averno et au nord-est de Pozzuoli..

 

2009 De Vivo Le Scienze- les risques éruptifs3 copie

Tableau résumant les évènements récents qui ont marqué les Champs Phlégréens de 4.500 avant JC à 1984 - in "Risques éruptifs de la région des champs Phlégréens" par Benedetto De Vivo & al.

a. : derniere éruption importante entre 4500 et 3700 av JC -- b-c-d. : évènements précédents et causateurs de l'éruption du Monte Nuovo -- e-f-g : évènements précédant le soulèvement de 1982-84.

Au cours des temps historiques, deux éruptions principales sont à retenir : en 1158, la formation de la Solfatara (photo ci-dessus) et en 1538, celle du Monte Nuovo. La dernière en date, a débuté le 29 septembre 1538, à une heure du matin, près de Tripergole sur la rive orientale du lac Averno ... en quelques jours, une structure de cendres et de ponces s'est élevée à 130 m.

 

monte nuovo eruption1 copie Xilografia da P. G. Toleto, Ragionamento del terremoto del Monte Nuovo, ……, Napoli, G. Sulztbach - 1539

 

Monte.Nuovo--PN-dei-Campi-flegrei.jpg                                     Le Monte Nuovo - photo P. N. dei Campi Flegrei

 

Les champs Phlégréens ne sont pas stables : la ligne de côte s'est effondrée lentement de 12 mètres entre le 2° siècle avant JC et le 11 ° siècle après JC. Elle s'est ensuite soulevée de 8 mètres entre les 11° et 17° siècles, pour baisser de 5 mètres par après, avant d'atteindre son niveau actuel. Le sol monte et descend en mouvements "bradysismiques". La période actuelle est marquée par des épisodes de déformations rapides, suivant des périodes de subsidence mineures. Entre 1969 et 1984, le soulèvement total est de 3,5 m., avec un ratio excédent un mètre par an entre 1983 et 1984. En 1985, une subsidence rapide est notée  jusqu’en fin 2004.

En Octobre 2004 a débuté une période de soulèvement plutôt lent, qui a atteint une valeur d'environ 11 mm en mai 2005. Dans la période de Mai à Octobre 2005, il y a eu  une stagnation de l'upwelling du sol, tandis que de Novembre 2005 to Mars 2006, un nouveau soulèvement de 13 mm a lieu.

 

Serapeum_-Pozzuoli----Fernandino-Marfella.jpg

Le temple de Sérapis à Pozzuoli : ce sont les marques sombres laissées par des coquillages pétrophages qui témoignent de l'inondation à certaines périodes de cette antique construction et du phénomène de bradyséisme. - photo Fernandino Marfella.

 

Des graphiques de l’INGV – Osservatorio Vesuviano illustrent ces déformations et résument le phénomène. Les mesures ont été effectuées à hauteur de la cible n°25A, sur le Corso Umberto à Pozzuoli.

 

INGV - variations 1968 - 2011 Pozzuoli

Variations des quotes en millimètres de 1968 à 2011 - on remarque les crises bradysismiques de 1970-1972 et de 1982-1984 - Doc. INGV

 

INGV - variations 1985 - 2011 Pozzuoli

                  Variations des quotes en millimètres de 1985 à 2011, en détails - Doc. INGV.

 

Tous ces mouvements laissent deviner " le monstre assoupi dessous et ses respirations ", illustré par une vue d'artiste de Jack Nichols.

 

grey_lbl.jpg Symbôle de la puissance potentielle de la réserve magmatique se trouvant tapie sous les Champs Phlégréens - conception Jack Nichols

 

Bien que rien ne laisse présager pour l'instant une éruption au niveau des Champs Phlégréens, on peut cependant se poser la question de l'opportunité de tels forages dans une zone hyper-peuplée !

Quelles seraient les conséquences d'un accident de forage comme en Islande ? Existe-t-il un risque d'émanations nocives en pleine zone urbanisée ? Qu'en est-il du principe de précaution ?

Espérons que cette "épopée", doublée d'une querelle entre scientifiques, se termine bien pour tous.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Campi Flegrei

- Supervolcano drilling - the CFDDP aproved / the Watchers

- Il rischio eruzione nei Campi Flegrei - Benedetto De Vivo & al.

- 3-D Modelling of Campi Flegrei Ground Deformations : Role of Caldera Boundary Discontinuities - Fr. Beauducel & al.
- Geophysical Exploration of the Campi Flegrei (Southern Italy)
Caldera’ Interiors : Data, Methods and Results by Aldo Zollo & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Mangareva-depuis-Mt-Mokoto---ph-fred.jpg

               Les îles Gambier - Mangareva - point de vue depuis le Mont Mokoto - photo Fred


Les Gambier : un archipel dans un lagon.

 

iles_Gambier_image_satellite.jpg carte gambier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, vue satellite

Landsat 7.

Un pseudo-atoll : un récif corallien entoure un lagon parsemé d'îles, chacune entourée par son propre récif de corail. - A droite, carte des îles et motu émergants.

 

Panorma_Iles_Gambier---Fred.jpg         Le lagon des Gambier  -  Vue sur Aukena, Akamaru et Mangareva depuis Tepapuri - photo Fred

 

Les îles Gambier forment un archipel situé à l'extrémité sud-ouest des Tuamotu , composé de dix îlots à base volcanique sur laquelle se sont développés des madrépores; une ceinture de coraux l'enveloppant tout entier semble indiquer l'ancien pourtour d'un massif, maintenant en partie submergé. 

Les quatre îles principales, les seules habitées, sont Mangareva, Taravaï, Akamarti, Aukena; Des passes permettent l'entrée aux navires pour venir mouiller en sûreté dans le port de Rikitea (île de Mangareva). Un aérodrome existe sur le motu Totegegie.

Les paysages sont majestueux dans les couleurs variantes : dégradés de saphir, indigo et turquoise des lagons contrastant avec le vert intense des cocotiers où parfois on distingue des vestiges, des ruines abandonnées d’anciens édifices religieux.

Contrairement aux précédents archipels, le climat est frais car les îles se trouvent au sud, dont la température peut atteindre les 12°C au mois de juillet.

 

Mangareva-et-le-lagon-des-gambier--ph-fred.JPG                   Mangareva et le lagon des Gambier - photo Fred.


Mangareva est la principale et la plus centrale des îles Gambier mesurant 8 km de long sur 1,5 km dans sa plus grande largeur (15,4 km²). Son chef-lieu ainsi que celui des Gambier est le village de Rikitea. Les points culminants de l'île sont le Mont Duff à 441 m et le Mont Mokoto à 423 m. Mangareva signifie en polynésien "montagne flottante ".

 

PanoMontDuff---ph.Fred.jpg                                            Mangareva - le Mont Duff - photo Fred

 

rikiteavillage.jpg                     Mangareva - le village de Rikitea, vu du lagon - photo Tahiti tourisme.


  Les dix îles volcaniques des Gambier sont formées de basaltes caracterisés par leur variabilité. Les analyses chimique et normative des tholéiites montrent une differenciation entre les micropyroxenes et plagioclases. Leur enrichissement en olivine les transforme en océanites. Les coulées les plus hautes sont des basaltes alcalins avec expression extrusive en dykes. L'analyse volcano-tectonique révèle l'existence du point zéro des iles Gambier, fixe et générateur de magma dans la plaque du pacifique, mais n'ayant plus fonctionné depuis 5 millions d'annees

(REGARDS-CNRS)

 

Taravai-du-mtDuff---Sd-Orgeval-Tara-expe.jpgArchipel des Gambier - Taravai, le seconde grande île, vue depuis le Mt Duff (sur Mangareva) - photo S. d'Orgeval / TARA expédition.

 

Peuplé autour de l’an mille par des Polynésiens, l’archipel est probablement à l’origine d’une migration vers l’île de Rapanui (l’île de Pâques).

Découvertes à la fin du 18° siècle par le missionnaire américain J. Wilson, les îles ne seront visitées qu’en 1826 par le capitaine britannique Sir William Beechey.

Puis le destin des Mangaréviens sera marqué par la théocratie installée par des missionnaires catholiques, les pères Honoré Laval et François d'Assise Caret, accompagnés du frère Colomban Murphy.

Si l’on se réfère aux textes officiels, et notamment ceux de la Congrégation des Sacrés-Cœurs (les frères de Picpus), le père Laval a sauvé le peuple mangarévien de l’ignorance et de la barbarie.

En réalité, une conversion massive imposée, la destruction de la culture traditionnelle, avec l’installation des églises sur les marae, va précipiter l’exode des récalcitrants … A l’arrivée du trio de missionnaires le 7 août 1834, la population de l’archipel est estimée à environ 5 000 âmes. Au départ du père Laval (1871) elle est à peine supérieure à 500 individus et elle continue de chuter, puisqu’en 1887, il ne reste plus que 463 Mangaréviens.

Paradoxalement, la majeure partie des connaissances sur Mangareva leur sont dues ; ils recueillent les histoires, les mythes, les coutumes mangaréviennes et envoient en Europe les dernières sculptures restées intactes après les installations missionnaires dans l’archipel.

 

Une exposition au Musée du quai Branly en 2009, intitulée " Mangareva, MQB-DP-Mangareva-pantheon-de-polynesie-FR01.jpgpanthéon de Polynésie " va mettre en lumière la religion mangarévienne, qui est organisée autour des dieux et des esprits des ancêtres qui résident dans un monde immatériel po, divisé en cinq espaces : Hapai destiné aux divinités bienfaisantes de première classe, Te Matagi, Havaiki, et Pouaru pour les dieux malfaisants et Te Piaoi pour les esprits des morts sans funérailles ou victimes de famine.

Affiche de l'expo.

 D’après la mythologie, les dieux majeurs etua nui, sont Atu motua, Atu moana, Tagaroa-mea, Atea et leurs descendants directs. Tagaroa-mea et Haumea engendrent les principaux dieux invoqués par les Mangaréviens.

Le premier-né est Tu, le dieu de l’arbre à pain. Rogo est le dieu du rega (tumeric), de la pluie et de l’abondance. Le dernier, Te Pari donne naissance à Tiki, qui est considéré comme étant à l’origine des Mangaréviens. En effet, en refusant de retourner dans le Po, le monde des dieux, avec sa femme Hina one qu’il avait modelée avec de la terre, Tiki devient le créateur de l’humanité.

 

Rongo3-c-MCHM-Photo-Nelly-Blaya.jpg800raoquaibranly2.jpg

 

A gauche, figure de divinité Ro"Go -

© Musée Henri Martin de Cahors / Expo du Quai Branly

 

A droite, sculpture antropomorphe du dieu Rao - © musée du quai Branly, photo Hughes Dubois

 

 

 

Sources :

- Tahiti tourisme

- Mangareva, panthéon de Polynésie - Musée du Quai Branly - link

- Géologie et pétrologie des îles Gambier - par R. Brousse et G.Guille - Regards / CNRS.

- Nasa Earth observatory - Mapping the decline of coral reefs - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Les îles volcaniques grandissent par addition en surface et sur les flancs de produits volcaniques, et par expansion intrusive ; elles se modifient ensuite, en aspect et volume, par des processus érosifs et d’effondrement soudain.

Avec le temps, une île volcanique peut croître aussi par accrétion au niveau du tablier volcanique sous-marin. Les dépôts sous-marins proches du cône principal s’accumulent au fur et à mesure de la croissance en hauteur du volcan. Ensuite, viennent pour certains les phénomènes d’effondrement et de subsidence isostatique.

 

hierro_golfo_valley_gr.jpgArchipel des Canaries - Ile d'El Hierro / El Golfo : Cicatrice subaérienne laissée par les avalanches de débris

 

Depuis deux décades, effondrements et avalanches de débris sont deux facteurs reconnus d’évolution sous-marine et subaérienne d’une île volcanique … particulièrement analysée sur l’archipel Hawaïen et celui des Canaries.

Ces deux groupes d’îles ont évolué différemment, en dépit de similarités, telles que la dominance de boucliers basaltiques.


  Conferencia_JCC-Erupcion-.jpg

  Ages de formation des îles des Canaries (entre 20,2 Ma et aujourd'hui)  - doc. JC. Carracedo

 

Volcans-Machine2.jpg      Archipel Hawaïen - Age des îles (étagé entre 5,6 Ma et aujourd'hui) - doc. Volcano-machine

 

Les principales caractéristiques des Canaries par rapport à l’archipel Hawaïen sont développées par H.U.Schmincke :

- Temps de vie plus long pour chaque île prise individuellement

Plusieurs phases post-érosion importantes, interrompue par d’autres magmatiques

Composition plus alcaline des magmas des boucliers

Abondance de dépôts pyroclastiques

Flancs subaérien et sous-marins raides

Taux d’effondrement de flancs élevé

Croissance sur une lithosphère océanique plus vieille (140-170 Ma) , par conséquent plus épaisse, plus froide et plus rigide

Proximité de la lithosphère continentale

Différences entre l’évolution et la composition des différentes îles de l’archipel

Différences entre les ratios d’éruption et de production magmatique.

Stabilité des îles par rapport au niveau marin

 

Plus de développements en détails dans son livre " Volcanism " aux éditions Springer (ISBN 3-540-43650-2)

 

C’est ainsi qu’on remarque des cycles d’évolution volcanique beaucoup plus longs pour l’archipel des Canaries. De plus toutes les îles canariennes ont connu une activité volcanique à l’holocène … le fait que l’activité volcanique dans les îles Canaries, une fois commencée, se poursuive durant des dizaines de millions d’années, ne s’explique que par un mouvement différentiel peu important entre la lithosphère (1,9 cm./an) et la source magmatique d’une part, et d’autre part, le maintien de cheminement libre entre le domaine en fusion et la croûte supérieure.

 

Carracedo199805.jpgComparaison entre les archipels Canarien et Hawaïen : distance par rapport à la terminaison active de la chaine d'îles / échelle de temps du volcanisme subaérien - doc. JC. Carracedo - Hot spot volcanism ...

NB : les vitesses de déplacement relatif du point chaud dans chaque système.

 

Le phénomène d’effondrement marque l’archipel des Canaries durant tout le développement des îles, au contraire de ce qui est remarqué à Hawaï uniquement durant le stade bouclier.

Le taux élevé d’effondrement de flanc est lié au développement de chambres magmatiques proches de la surface, autour desquelles les flancs du volcan sont déstabilisés de façon plus importante par les déformations et l’altération hydrothermale.

 

La carte ci-dessous illustre la position des principaux sites d’avalanches de débris et de coulées de débris sous-marins marquant les îles de Gran Canaria, Ténérife, La Palma et El Hierro, et les cicatrices qu’elles ont laissé en partie aérienne.

 

Dossier-35-0241.jpgDistribution des dépôts d'effondrement, des coulées et avalanches de débris sur le plancher marin des Iles Canaries - cicatrices des glissements en aérien sur les îles (en vert)- in HU. Schmincke / "Volcanism".

 

Avalanches-de-debris---coulees-et-effondrements---M.Canal.jpg                            Vue 3D du même phénomène - doc. M.Canals 2003

 

A suivre : des exemples pour chaque île des Canaries ...

 

Sources :

- Volcanism – Hans-Ulrich Schmincke – éd. Springer

- Volcanic evolution of Gan Canaria reconstructed from apron sediments -
Hans-Ulrich Schmincke and Mari Sumita

- Hotspot volcanism close to a passive continental margin:
the Canary Islands - by J. C. Carracedo & al.

- The Canary Islands: an example of structural control on the growth
of large oceanic-island volcanoes -  by J.C. Carracedo

- The most recent megalandslides of the Canary Islands: El Golfo debris avalanche and Canary debris flow, west El Hierro Island - by Roger Urgeles & al.

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Publié le par Bernard Duyck
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Inclus dans les champs volcaniques du bassin de Pannonie (*) en Europe centrale, des champs monogéniques caractérisent l’ouest de l’actuelle Hongrie.

 

Badacsony_Region-JPGHongrie - Le lac Balaton et une partie du champ volcanique des hauteurs de Bakony-Balaton, avec la mesa du Mont Badacsony sur la droite.


Durant une période étalée sur six millions d’années, le volcanisme intra-continental a été responsable de la formation de champs volcaniques tels que le BBHVF – Bakony-Balaton Highland volcanic field  et le LHPVF – Little Hungarian Plain volcanic field, caractérisés par un flux magmatique faible largement contrôlé tectoniquement.

 

Monogenic-VF-of-western-Pannonian-basin03.jpgSituation des champs volcaniques monogéniques datant du Miocène/Pléistocène du bassin de Pannonie - et   les grandes unités géologiques de la région carpatho-pannonienne. (unités cénozoïques ; nappes de flysch des Carpates externes ; affleurements de roches mésozoïques ou plus anciennes.)  

 1 – BBHVF : Bakony-Balaton Highland Volcanic Field; 2 - LHPVF : Little Hungarian Plain Volcanic Field;

3 – Burgenland; 4 - Styria Basin; 5 - Northern Slovenian Volcanic Field; 6 – Nógrád – Gemer Volcanic Field;

7- Persanyi Mts; and 8 - Bánát. - doc. by Károly Németh (réf. en sources).

 

La reconstitution du paysage, en tenant compte de l’érosion, permet de fixer le volume de produits volcaniques émis à un peu moins de 5 km³, pour les champs volcaniques Hongrois pour la période du Miocène au Pléistocène.


Les champs volcaniques monogéniques du bassin Pannonian ouest sont constitués de restes érosionnels formant des buttes et des mesas (**), généralement composés de roches pyroclastiques recouvertes de laves.

Les parties centrales des buttes volcaniques sont composées de tuff bréchique riche en fragments lithiques du sous-bassement. La majorité des roches pyroclastiques est constituée de tuff à lapilli, riche en échardes de verre volcanique.

Ces champs monogéniques peuvent être considérés comme des champs typiquement phréatomagmatiques, révélant une interaction entre l’eau (sables fluvio-lacustres saturés en eau) et le magma au moins au niveau des périodes initiales de l’éruption.

Avec la poursuite des éruptions, les cratères ont eu une croissance tant verticale que latérale ; les blasts phréatomagmatiques successifs ont fracturé le substrat en profondeur et permit un contact entre les nappes phréatiques et le magma basaltique montant.

L’abondance de roches locales dans les successions pyroclastiques est signe que la fragmentation du magma a eu lieu en sub-surface ;

en résultent un volume significatif de roches du sous-bassement excavé, la formation d’un déficit de masse menant à un effondrement graduel, et la formation de diatrème, conduit volcanique rempli de débris.

 

G15-formation-de-Maar072-3.jpgSchéma de maar-diatrème - différentes parties à gauhe - à droite : diamètre de l'anneau de tuff formé en fonction de la profondeur du diatrème. - doc. Volker Lorenz

 

On y retrouve les restes érosionnels de maar-diatrèmes, des anneaux de tuff, des cônes de scories, des volcans-boucliers et des champs de lave. (Nemeth & al. 1999)


Monogenic-VF-of-western-Pannonian-basin04.jpg                                     Les champs volcaniques de l'ouest de la Hongrie

BBHVF – Bakony-Balaton Highland Volcanic Field, et LHPVF - Little Hungarian Plain Volcanic Field.

Les zones de roches volcaniques sont en couleur vert foncé - les références en marge tous les 10 km

doc. by Károly Németh (réf. en sources) 

 

Le lac Balaton, au sud de ces deux champs volcaniques, est le plus grand lac d'eau douce d'europe centrale; cette "mer intérieure" est fort apprécié des allemands durant la période estivale.

Ce lac est d'origine tectonique, liée à une faible subsidence : c'est un fossé d'effondrement très léger dû au jeu de nombreuses failles. La présence de reliefs volcaniques (le mont Badacsony, le Szent György et la presqu'île de Tihany, présentant des phénomènes hydrothermaux) témoigne d'anciennes remontées de lave à la faveur des failles.

 

Balaton_Hungary_Landscape---txd-flickr.jpg                                Hongrie - paysage du lac Balaton - photo tdx / Flickr

 

Lexique :

(*) La Pannonie (en latin Pannonia) est une ancienne région de l'Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l'Autriche et de la Slovaquie.

(**) Une mesa (mot espagnol et portugais pour table) désigne en géomorphologie une élévation de terre dont le dessus est plat et les côtés constitués de versants. 

 

Sources :

- An Overview of the Monogenetic Volcanic Fields of the Western Pannonian Basin: Their Field Characteristics and Outlook for Future Research from a Global Perspective - by Károly Németh (Massey University New Zealand)

- Maar-Diatreme Volcanoes, their Formation, and their Setting in Hard-rock or Soft-rock Environments - by Volker Lorenz, Institut für Geologie, Universität Würzburg, Pleicherwall 1, D-97070 Würzburg, Germany.

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Le massif volcanique de Zemplén – Tokaj , situé au confins nord-est de la Hongrie se confond avec une grande région vinicole : Tokaj-hegyalja.


 Suite de montagnes basses (altitude moyenne, 500 m), la Dorsale hongroise traverse la Hongrie de part en part, de la région du lac Balaton, au sud-ouest, à la frontière russe, au nord-ouest ; elle sépare de ce fait la plaine Pannonique en deux parties, Kisalföld au nord-ouest et Nagyalföld au sud-est. Le Danube, en prenant la direction du sud dans la région de Budapest, décrit le "coude du Danube", divisant la Dorsale en deux ensembles : la Dorsale de Transdanubie et la Dorsale septentrionale.

La Dorsale de Transdanubie est une succession de horsts calcaires et dolomitiques, bien individualisés par de larges fossés tectoniques. Le massif mésozoïque s'est fracturé lors du soulèvement des Carpates, mais il doit son allure actuelle aux mouvements répétés (Pliocène, Quaternaire) du grand accident tectonique qui limite l'affaissement de la plaine Pannonique. Les fossés tectoniques de Mor et de Tata séparent le massif en trois unités : Bakony (704 m), Vértes et l'ensemble Budai-Pilis-Gerecse.

La Dorsale septentrionale fait partie de la ceinture volcanique interne des Carpates. Elle comporte des restes des stratovolcans tertiaires et des blocs mésozoïques soulevés par les mouvements affectant le socle.

 

furmint---Tokaj.jpg                        Hongrie nord-est - le massif volcanique Zemplén-Tokaj

 

Tokaj_-_Hegyalja---Civertan.jpg           Le mont Tokaj, un ancien volcan aux flancs couverts de vignobles - photo civertan

 


Tokaj : "le vin des Rois et le roi des vins"

La minéralité du sol volcanique, couplée à des cépages inconnus ailleurs, le Furmint et le Harslevelü, vont permettre de créer un vin d’exception.

 Les vignobles habillent les pentes sud et ouest du massif volcanique Zemplén et les pentes du volcan Tokaj. Les côteaux longent les zones humides des rivières Tisza et Bodrog, d’où s’élève dès l’automne un brouillard épais qui noie l’horizon.


-Botrytis_riesling---T.O.M-jpg                    Grains de raisin touchés par le Botrytis cinerea, la "pourriture noble".


Ce brouillard est à l’origine du Botrytis cinerea, un fin duvet gris cendré, une "pourriture noble" dont la présence concentre les sucres des grains de raisin. Le chaleur venue des plaines aride au sud, la Puszta, crée un microclimat favorable à une seconde concentration, appelée passerillage, qui va confire les grains, et exhaler des arômes de chocolat, de pruneaux et de champignons … Cette combinaison providentielle de pourriture et de sécheresse donnent ainsi naissance au grain aszú.

Gorgé de sucre et de parfums, il est la matière première du grand vin liquoreux hongrois : le Tokaji Aszú !

Les grains aszú sont tellement secs et recroquevillés qu’on ne peut les presser tels quels. On les porte donc d’abord dans des cuves dont le fond est percé de trous munis de robinets. Au fil des heures, un jus s’exprime alors lentement, par le seul poids du raisin. Cette quintessence de grains nobles n’est autre que l’Eszencia, tellement riche en sucre (jusqu’à 900 grammes par litre !) que la fermentation alcoolique ne se fait pas.

Cette pâte de grains aszú est ajoutée au moût de raisins Furmint, Harslevelü et Muscat en quantité variable, selon le nombre de hottes, ou puttonyos, utilisées. Après fermentation et filtrage , l’assemblage va vieillir durant tokaj-caves---gonomad.jpgminimum trois ans en fûts de chênes dans des caves creusées dans le tuff ou le roc, où règne une température constante de l’ordre de 10°C.


Entrées de caves - région viticole du Tokaj / photo gonomad


L’air y est recyclé naturellement par des prises d’air nommées trous de l’âme. Le présence d’une moisissure qui tapisse les parois, le cladosporium cellare, joue un rôle de filtre. Ces caves sont mentionnées dans des documents du 12° siècle.

 

Ce n’est qu’à l’époque Ottomane que le Tokaji Aszú fut produit pour la première fois … selon la légende, la crainte des raids turcs retarda la récolte. Les raisins flétrirent et la pourriture noble s’installa ; le vin fut néanmoins produit et présenté aux seigneurs du domaine. La méthode de fabrication a été décrite en 1571. Ce vin fit ensuite la conquête de l’europe, grâce au prince Rákóczi, qui fut son ambassadeur auprès des cours royales et impériales. Louis XIV l’a baptisé " le vin des rois et le roi des vins ".

 

Vignobles-de-Tokaj---Joris-Hoefnagel-16-.jpg                         Le vignoble de Tokaj - gravure de Joris Hoefnagel / 16° siècle


Tokay-essence-1811-bottled-1940.pngCe nectar était tellement convoité, qu’au 19e siècle, les tsars de Russie le faisaient escorter jusqu’à Saint-Pétersbourg par un régiment de Cosaques !

François-Marie Arouet, dit Voltaire, en parle en ces termes : " L'aszü de Tokaj est un breuvage ambré aux couleurs éclatantes qui tisse les fils d'or de l'esprit et fait scintiller les mots les plus spirituels. "

 

Tokay Essence 1811

"Bottled about 1840. Formerly the property of the Princely Family of Bretzenheim, which became extinct in 1863" - Sold by Berry Bros in the 1920's. The nec plus ultra of Tokaji, and one of the greatest of all 19th century wines. - photo Tokaji on line.

 

Les guerres mondiales, suivies d’une collectivisation synonyme de perte de qualité, ont coupé son essort.

Il a fallu ensuite attendre la chute du mur et les années 1990 pour assister à la renaissance du Tokaj-hegyalja.

Tokaj-hegyalja, mot à mot Tokaj-piémont, désigne la région d'Appellation d'Origine Contrôlée, d'une surface encépée de 6500 ha à ce jour.

 

Ce vignoble se présente sous la forme d'un triangle au sud duquel se trouve le village de Tokaj, où est situé le Domaine Impérial Hétszölö.


-Several_bottles_of_Tokaji---takato-marui.jpg" Tokay Renaissance ", des bouteilles primées aux Vinalies internationales de Paris. - photo Takato Marui 

   

oremus-1972-etiquette.jpg

disznoko---1992-etiquette.jpg

 

Etiquettes de Tokaji Aszu

Oremus de 1972 / 6 puttonyos

et Disznokö 1992 / 5 puttonyos

photo Tokaji on line.

 

Le vin a une robe opale, des parfums d’abricot, de miel et d’épices, une texture soyeuse, qui le font considérer comme le plus grand vin liquoreux du monde … Tout ce qui entre dans la composition du Tokaji  hongrois est original et particulier : sols, raisins, vinification, caves, jusqu’à la forme de la bouteille !  


Sources :

- Le paysage culturel viticole de la région de Tokaj (Hongrie) - par Zsuzsa Cros Kárpáti, architecte paysagiste - Chercheur associé, UMR LADYSS CNRS, France
- Tokaji on line - link

            " Les régions et pays viticoles sont toujours idylliques " - Hamvas Béla

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amia_versest5.jpeg

                       Toscane - le complexe volcanique Amiata  -  photo MonteAmiata.com

 

Le complexe volcanique acide Amiata couvre  85 km²; il est situé au sud de la Toscane, à 20 km au nord-ouest du lac Bolsena.

 

Monte-Amiata---Space-shuttle.jpgAmiata lava-dome complex (just right of the center of this image), is located about 20 km NW of Lake Bolsena (left-center) in the southern Tuscany region of Italy. Viscous lava flows can be seen descending the flanks of the complex in this NASA Space Shuttle image (with north to the lower right). The largest of the domes is 1738-m-high Monte Amiata (La Vetta). NASA Space Station image ISS008-E-7007, 2003

 

Ce volcan fissural mixte s'est mis en place au cours du quaternaire, le long de l'arc pré-Apennin toscan, sur un bombement volcano-tectonique disloqué en compartiments et recouvert d'ignimbrites et de rhéo-ignimbrites (ignimbrites dont la texture a été modifiée par fluage après dépôt).

Ce bombement a été provoqué par l'intrusion d'une apophyse de chambre magmatique acide (trachyte et dacite)

En sus des couvertures ignimbritiques étendues, épaisses en moyenne de 200 mètres, et couvrant 55 km², huit dômes trachydacitiques, et les coulées de lave associées, se sont mis en place le long de fissures de direction SO-NE et NNO-SSE.

 

Dossier-30-0586.jpgCarte volcanologique du Monte Amiata - d'après Ferrari & al. 1996 / Volcans d'Europe - Krafft & de Larouzière.

Dossier-30-0586---2-copie.jpg1. ignimbrites et rhéo-ignimbrites basales - 2. idem unité supérieure - 3. dômes et coulées rhyolitiques stade I - 4. dômes et coulées stade II - 5. dômes et coulées terminales - 6. coulées de latite à olivine - 7. niveaux volcano-détritiques - 8. failles - 9. zone effondrée - 10. faille supposée - 11. direction de coulée - 12. mine de cinabre.


 

Monte-Amiata--2---ph.Zyance.jpg                                                 Le Monte Amiata - photo Zyance


Le plus grand dôme est le Monte Amiata, culminant à 1.738 m. ; une coulée de trachyte associée s'étend vers l'est.

Une coulée massive de trachydacite occupe 5 km sur 4, depuis la base sud du dôme Corno de Bellaria.

 

L'activité majeure du complexe Amiata est datée de 300.000 ans; par contre aucune activité éruptive n'a été répertoriée à l'Holocène.


Un champ géothermique est situé au sud-ouest du complexe de dômes, près de la ville de Bagnore. La vapeur y a une température de 140°C et une pression de fermeture de 6 atmosphères.

A Piacastagnaio, la température de vapeur est de 160°C pour une pression de 20 atmosphères.

Comme pour Larderello, la présence d'une intrusion magmatique , d'un fort gradient géothermique ( 10°C par 100 mètres en moyenne, allant jusqu'à 50°C par 100 mètres aux environs de Bagnore et Piancastagnaio) et d'une couverture imperméable, sont constatés.

La zone d'exploitation de Larderello / Monte Amiata constitue le plus grand ensemble géothermique au monde.

 

Le complexe volcanique était entouré de nombreux lacs, où pullulaient des diatomées friandes d'eau siliceuses, et qui ont formé de grands dépôts de diatomites.

Ces étendues étaient aussi riches en algues Crenotryx, qui ont donné par accumulation l'ocre jaune de la région, plus connu sous le nom de "Terre de Sienne.

 

Bagni San Filippo est situé en bordure du champ géothermique de Monte Amiata. Les eaux d'une petite source chaude contiennent de grande quantité de calcium et de dioxyde de carbone responsables de la formation de superbes dépôts de travertin, qui ne sont pas sans rappeler les paysages de Mammoth hot springs au Yellowstone, ou de Pammukale en Turquie.

 

bagni_san_filippo---Balema-bianca---SOL.jpgDépôts de travertin, surnommé la "Balena bianca" à Bagni San Filippo - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle / lien vers d'autres photos sur Stromboli on line.

( l'échelle est donnée par les personnages sous les traces vertes dues aux cyanobactéries)

 

Des phénomènes éruptifs pneumatolytiques (*) et hydrothermaux ont entraîné la formation de pyrite (FeS2 - sulfure de fer) et de cinabre (HgS - sulfure de mercure).

(*) : Se dit de gîtes minéraux périgranitiques dont on pense qu'ils résultent de dépôts dans des fractures à partir de vapeurs (de pneuma, souffle), lors de la phase finale de cristallisation d'un magma.


Le cinabre a été activement exploité au sein du massif, entre autre à Abbadia San Salvatore par la "Società delle Miniere de Mercurio du Monte Amiata".

L'exploitation d'Abbadia date de 1846, mais les Etrusques extrayaient déjà le cinabre plusieurs millénaires avant JC.

Zinnober - HgS - Staatliches museum für naturkunde KarlsruLe cinabre est connu et utilisé depuis la plus haute antiquité comme pigment et en médecine (Pline l'ancien en parle dans son Histoire naturelle, où il le déconseille et le considère comme un poison) 

Il a également été utilisé au 19°siècle, pour le traitement de la syphilis, et on le prescrivait encore récemment sous forme de pommade dans le traitement de maladies cutanées. 

Il est connu en homéopathie sous le nom latin de Cinnabaris.

 

Ancien récipient pharmaceutique en verre contenant du cinabre - photo Staatliches Museum für Naturkunde / Karlsruhe / H. Zell.


En 1929, l'extraction du mercure a atteint 2.000 tonnes, soit 36% de la production mondiale.

D'autres mines sont situées à Castell'Azzara et Piancastagnaio.

 

Parco-nazionale-museo-delle-miniere-dell-Amiata.jpg                                Mine de cinabre - photo Museo delle miniere del Monte Amiata.

Geologia1_img.jpg                                                              Exploitation du cinabre - photo d'archives / Monte Amiata.

Le cinabre se présente en fines imprégnations, ou plus rarement en nodules et cristaux au sein d'une masse chaotique de calcaires et argiles du tertiaire, recouverts de produits volcaniques du Monte Amiata.

 

-Cinnabar_on_Dolomite---JJ-Harrisson.jpg                          Cinabre sur dolomite - photo J.J. Harrisson

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Amiata

- Museo delle miniere di mercurio de Monte Amiata - link

  - Storia delle miniere dell'Amiata  - link

- Geowiki - formation et gisements de minéraux - pneumatolyse - link

- vidéo sur les mines de cinabre 

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Publié le par Bernard Duyck
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Cette semaine, l'actualité volcanique révèle divers changements sur les volcans indonésiens :

Explosion au Lokon-Empung, changements de niveaux d'alerte aux Gunung Gallungung et Kawah Ijen.

 

Le niveau d'alerte du Galunggung a été relevé le 12 février à 2 - waspada en raison de modifications visibles au niveau du lac de cratère : depuis septembre 2011, la teinte du lac s'est modifiée passant au jaune puis au brun en début 2012. Une soudaine augmentation de température a été remarquée : de 27°C le 5 février, elle est passée à 40°C le 8 du même mois, et une activité fumerollienne légère est observée en certains points autour du lac. En parallèle, le pH est devenu plus basique, une valeur de 8 est notée en janvier.

 

galunggung--Travelling-tourism.jpg Galunggung - le lac de cratère, dans sa belle teinte verte originelle, et son cône de scories en 2008 - photo Travelling tourism


Le changement de niveau d'alerte est lié à une recommandation de rester à au moins 500 m. du bord du lac, en raison d'un risque possible d'éruption de type phréatique.

 

Par contre, le niveau du Kawah Ijen a été rabaissé de 3 à 2 , en raison d'une baisse générale de la sismicité et d'une diminution de la température du lac acide, qui est passé de 42°C le 20 janvier à 37°C le 2 février.

Le travail des mineurs et les visites sont à nouveau autorisées.

 

Sources : PVMBG - Activolcans - Global Volcanism Program

 

sommets du Lokon-Empung - VSILokon-Empung : Le cratère Tompaluan, situé dans l'ensellement entre les sommets du Lokon et de l'Empung, a été le siège d'explosion les 10 et 11 février, avec émissions de panaches de cendres respectivement à une altitude de 2.000 et 2.500 mètres au dessus du cratère. ( plus de 3.000 m. selon le VAAC Darwin) . Le suivi par satellite est impossible en raison de la couverture nuageuse.

 

Situation du cratère Tompaluan, occupé épisodiquement par un lac de cratère, dans l'ensellement entre le Lokon et l'Empung

Doc. VSI / in GVP.

 

Topaluan-crater---11-revue-blogspot.jpgLokon-Empung : le cratère Tompaluan occupé par un lac et présentant des matériaux incandescents en bordure de celui-ci, en juillet 2011 - photo 11reviews.blogspot.com. 

 

Sources : CNN et Antara news - Global Volcanism Program

 

Tableau partiel du PVMBG avec les niveau 3 - et niveau 2 (changements depuis début 2012) :

 

Nama Gunung Terhitung Tanggal
led_yellow Semeru 2 Februari 2012
led_yellowKarangetang 8 Agustus 2011
led_red Lokon 24 Juli 2011
led_yellow Galunggung 12 Februari 2012
led_yellow Ijen 8 Februari 2012
led_yellow Papandayan 31 Januari 2012
led_yellow Krakatau 26 Januari 2012
led_orange Ile Lewotolo 25 Januari 2012
led_orange Gamalama 24 Januari 2012
led_green Rokatenda 19 Januari 2012

 

Archipel des Salomons (au nord du Vanuatu) - Tinakula :

Une activité suggérée depuis le 13.02 sur cette ile-volcan à allure strombolienne est confirmée par la Nasa, avec une photo du 14.02  : un panache gazeux blanc assez dense est accompagné d'un autre plus léger et bleuté.

 

tinakula_ali_2012045.jpg 

NASA images by Jesse Allen and Robert Simmon (Earth Observatory), using EO-1 ALI data (top), and Jeff Schmaltz MODIS Rapid Response Team, NASA-GSFC (lower). Caption by Robert Simmon. - Instrument:  EO-1 - ALI / 14.02.2012

 

Iles Aléoutiennes - le dôme de lave sommital du Cleveland grossit et atteint un diamètre de 50 mètres, selon une observation par satellite du 10 février.

Entre les 8 et 14.02, aucune observation concernant des éventuelles émissions de cendres, ou élévation de températures, n'a été possible en raison des conditions d'ennuagement. Le Cleveland ne possède pas de "réseau sismique en temps réel". Le niveau d'alerte aviation est maintenu à orange.

 

Cleveland-dome-10.02.2012---AVO.jpgImage radar du Cleveland  par le détecteur Terra SAR-X (distortion topographique liée à la technique employée) - le diamètre du cratère: 200 m. , celui du dôme : 50 m. - photo Lu Zhong / 10.02.02012 / AVO - USGS.

 

Equateur - Reventador :

De l'activité est rapportée entre le 10 et le 13 février par l'IGEPN :

- le 10.02, des images satellites montre une anomalie thermique, et une observation d'un pilote d'avion rapporte un panache montant à 5.200 m.

- le 11.02, des émissions de vapeurs et de cendres dérivent vers le NO.

De l'incandescence est observée dans le cratère entre le 10 et le 13 février, et une coulée de lave est émise sur le flanc NE du cône intracaldérique, le 13.

 

Reventador-2005---Patricia-ramon.jpg     Reventador - caldeira et cône intracaldérique fumant - photo Patricia Ramon / IGEPN 2005

 

Sicile - Etna :

Après le second paroxysme des 8 - 9 février 2012, Le nouveau cratère sud-est a été le siège le 16.02 dès l'aube, de petites explosions se produisant avec un intervalle de quelques minutes, et d'émissions faibles de cendres s'élevant à quelques dizaines de mètres au dessus du cratère. L'établissement d'une chronologie des émissions n'a pas été rendu possible à cause d'une couverture nuageuse intermittente de la zone sommitale.

Quelques belles photos ont été prises à l'aube par Marco di Marco / Etna Walk.

Les explosions de cendres étaient toujours visibles en après-midi.


16.02.2012---etna.jpg

                                           Webcam Radiostudio7 16.02.2012 - 17h26

 

Iles Canaries - El Hierro : article détaillé demain

 

Pour les autres éruptions en cours :

L'activité se maintient au Nyamuragira, Nabro, Sakura-jima, Cordon-Caulle et trois volcans du Kamchatka : le Karymsky, le Kizimen et le Shiveluch.


Au Kilauea, l'activité générale se maintient à un niveau élevé. Le 15.02, le niveau du lac de lave sommital a commencé à baisser. Au cratère du Pu'u O'o, de l'incandescence est visible au niveau d'un cône effondré côté NE et d'un petit cône côté SE. du cratère. Les coulées de surface au sud-est du Pu'u O'o sont visibles depuis la plaine costale, qu'elles n'atteignent pas.

Les émissions gazeuses restent importantes. (HVO)

 

Sources générales : Global Volcanism Program et Activolcans.

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