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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “fogo cap vert

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Ch.-Phl.-R.Scandone-1984-Un.Roma.jpg

                    Les Champs Phlégréens - La Solfatara - photo R. Scandone / Univ. Roma

 

Les Champs Phlégréens sont constitués d’une caldeira de 13 km. large, contenant de nombreux cônes de tuff, d’origine hydrovolcanique, et cônes pyroclastiques.

Les contours des deux caldeiras imbriquées ne sont pas bien définis et 60% de sa surface est immergée sous le Golfe de Pozzuoli.

Des épisodes successifs de subsidence et de soulèvement sont répertoriés depuis l’époque romaine … mais son activité date d’il y a 47.000 ans. La caldeira s’est formée suite à deux grandes explosions :

- il y a 36.000 ans, l’ignimbrite trachytique Campanienne – 100-150 km³

- il y a 15.000 ans, le Tuff jaune Napolitain (NYT – Neapolitan Yellow tuff) – 20-30 km³.

 

Geostrutturale-CF - INGVGéologie et contours des deux caldeiras (en pointillés rouge et noir) - le volcanisme inférieur à 15.000 ans est en couleurs rose et vert foncé. - Doc INGV.



A la suite de celles-ci, de nombreuses éruptions ont pris place au niveau d’évents dispersés sur terre et sous le niveau marin, avec des périodes datées de 15.000-9.500, 8.600-8.200, et 4.000-3.800 avant JC, où de nombreuses bouches se sont ouvertes à l'endroit du lac Averno et au nord-est de Pozzuoli..

 

2009 De Vivo Le Scienze- les risques éruptifs3 copie

Tableau résumant les évènements récents qui ont marqué les Champs Phlégréens de 4.500 avant JC à 1984 - in "Risques éruptifs de la région des champs Phlégréens" par Benedetto De Vivo & al.

a. : derniere éruption importante entre 4500 et 3700 av JC -- b-c-d. : évènements précédents et causateurs de l'éruption du Monte Nuovo -- e-f-g : évènements précédant le soulèvement de 1982-84.

Au cours des temps historiques, deux éruptions principales sont à retenir : en 1158, la formation de la Solfatara (photo ci-dessus) et en 1538, celle du Monte Nuovo. La dernière en date, a débuté le 29 septembre 1538, à une heure du matin, près de Tripergole sur la rive orientale du lac Averno ... en quelques jours, une structure de cendres et de ponces s'est élevée à 130 m.

 

monte nuovo eruption1 copie Xilografia da P. G. Toleto, Ragionamento del terremoto del Monte Nuovo, ……, Napoli, G. Sulztbach - 1539

 

Monte.Nuovo--PN-dei-Campi-flegrei.jpg                                     Le Monte Nuovo - photo P. N. dei Campi Flegrei

 

Les champs Phlégréens ne sont pas stables : la ligne de côte s'est effondrée lentement de 12 mètres entre le 2° siècle avant JC et le 11 ° siècle après JC. Elle s'est ensuite soulevée de 8 mètres entre les 11° et 17° siècles, pour baisser de 5 mètres par après, avant d'atteindre son niveau actuel. Le sol monte et descend en mouvements "bradysismiques". La période actuelle est marquée par des épisodes de déformations rapides, suivant des périodes de subsidence mineures. Entre 1969 et 1984, le soulèvement total est de 3,5 m., avec un ratio excédent un mètre par an entre 1983 et 1984. En 1985, une subsidence rapide est notée  jusqu’en fin 2004.

En Octobre 2004 a débuté une période de soulèvement plutôt lent, qui a atteint une valeur d'environ 11 mm en mai 2005. Dans la période de Mai à Octobre 2005, il y a eu  une stagnation de l'upwelling du sol, tandis que de Novembre 2005 to Mars 2006, un nouveau soulèvement de 13 mm a lieu.

 

Serapeum_-Pozzuoli----Fernandino-Marfella.jpg

Le temple de Sérapis à Pozzuoli : ce sont les marques sombres laissées par des coquillages pétrophages qui témoignent de l'inondation à certaines périodes de cette antique construction et du phénomène de bradyséisme. - photo Fernandino Marfella.

 

Des graphiques de l’INGV – Osservatorio Vesuviano illustrent ces déformations et résument le phénomène. Les mesures ont été effectuées à hauteur de la cible n°25A, sur le Corso Umberto à Pozzuoli.

 

INGV - variations 1968 - 2011 Pozzuoli

Variations des quotes en millimètres de 1968 à 2011 - on remarque les crises bradysismiques de 1970-1972 et de 1982-1984 - Doc. INGV

 

INGV - variations 1985 - 2011 Pozzuoli

                  Variations des quotes en millimètres de 1985 à 2011, en détails - Doc. INGV.

 

Tous ces mouvements laissent deviner " le monstre assoupi dessous et ses respirations ", illustré par une vue d'artiste de Jack Nichols.

 

grey_lbl.jpg Symbôle de la puissance potentielle de la réserve magmatique se trouvant tapie sous les Champs Phlégréens - conception Jack Nichols

 

Bien que rien ne laisse présager pour l'instant une éruption au niveau des Champs Phlégréens, on peut cependant se poser la question de l'opportunité de tels forages dans une zone hyper-peuplée !

Quelles seraient les conséquences d'un accident de forage comme en Islande ? Existe-t-il un risque d'émanations nocives en pleine zone urbanisée ? Qu'en est-il du principe de précaution ?

Espérons que cette "épopée", doublée d'une querelle entre scientifiques, se termine bien pour tous.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Campi Flegrei

- Supervolcano drilling - the CFDDP aproved / the Watchers

- Il rischio eruzione nei Campi Flegrei - Benedetto De Vivo & al.

- 3-D Modelling of Campi Flegrei Ground Deformations : Role of Caldera Boundary Discontinuities - Fr. Beauducel & al.
- Geophysical Exploration of the Campi Flegrei (Southern Italy)
Caldera’ Interiors : Data, Methods and Results by Aldo Zollo & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Mangareva-depuis-Mt-Mokoto---ph-fred.jpg

               Les îles Gambier - Mangareva - point de vue depuis le Mont Mokoto - photo Fred


Les Gambier : un archipel dans un lagon.

 

iles_Gambier_image_satellite.jpg carte gambier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche, vue satellite

Landsat 7.

Un pseudo-atoll : un récif corallien entoure un lagon parsemé d'îles, chacune entourée par son propre récif de corail. - A droite, carte des îles et motu émergants.

 

Panorma_Iles_Gambier---Fred.jpg         Le lagon des Gambier  -  Vue sur Aukena, Akamaru et Mangareva depuis Tepapuri - photo Fred

 

Les îles Gambier forment un archipel situé à l'extrémité sud-ouest des Tuamotu , composé de dix îlots à base volcanique sur laquelle se sont développés des madrépores; une ceinture de coraux l'enveloppant tout entier semble indiquer l'ancien pourtour d'un massif, maintenant en partie submergé. 

Les quatre îles principales, les seules habitées, sont Mangareva, Taravaï, Akamarti, Aukena; Des passes permettent l'entrée aux navires pour venir mouiller en sûreté dans le port de Rikitea (île de Mangareva). Un aérodrome existe sur le motu Totegegie.

Les paysages sont majestueux dans les couleurs variantes : dégradés de saphir, indigo et turquoise des lagons contrastant avec le vert intense des cocotiers où parfois on distingue des vestiges, des ruines abandonnées d’anciens édifices religieux.

Contrairement aux précédents archipels, le climat est frais car les îles se trouvent au sud, dont la température peut atteindre les 12°C au mois de juillet.

 

Mangareva-et-le-lagon-des-gambier--ph-fred.JPG                   Mangareva et le lagon des Gambier - photo Fred.


Mangareva est la principale et la plus centrale des îles Gambier mesurant 8 km de long sur 1,5 km dans sa plus grande largeur (15,4 km²). Son chef-lieu ainsi que celui des Gambier est le village de Rikitea. Les points culminants de l'île sont le Mont Duff à 441 m et le Mont Mokoto à 423 m. Mangareva signifie en polynésien "montagne flottante ".

 

PanoMontDuff---ph.Fred.jpg                                            Mangareva - le Mont Duff - photo Fred

 

rikiteavillage.jpg                     Mangareva - le village de Rikitea, vu du lagon - photo Tahiti tourisme.


  Les dix îles volcaniques des Gambier sont formées de basaltes caracterisés par leur variabilité. Les analyses chimique et normative des tholéiites montrent une differenciation entre les micropyroxenes et plagioclases. Leur enrichissement en olivine les transforme en océanites. Les coulées les plus hautes sont des basaltes alcalins avec expression extrusive en dykes. L'analyse volcano-tectonique révèle l'existence du point zéro des iles Gambier, fixe et générateur de magma dans la plaque du pacifique, mais n'ayant plus fonctionné depuis 5 millions d'annees

(REGARDS-CNRS)

 

Taravai-du-mtDuff---Sd-Orgeval-Tara-expe.jpgArchipel des Gambier - Taravai, le seconde grande île, vue depuis le Mt Duff (sur Mangareva) - photo S. d'Orgeval / TARA expédition.

 

Peuplé autour de l’an mille par des Polynésiens, l’archipel est probablement à l’origine d’une migration vers l’île de Rapanui (l’île de Pâques).

Découvertes à la fin du 18° siècle par le missionnaire américain J. Wilson, les îles ne seront visitées qu’en 1826 par le capitaine britannique Sir William Beechey.

Puis le destin des Mangaréviens sera marqué par la théocratie installée par des missionnaires catholiques, les pères Honoré Laval et François d'Assise Caret, accompagnés du frère Colomban Murphy.

Si l’on se réfère aux textes officiels, et notamment ceux de la Congrégation des Sacrés-Cœurs (les frères de Picpus), le père Laval a sauvé le peuple mangarévien de l’ignorance et de la barbarie.

En réalité, une conversion massive imposée, la destruction de la culture traditionnelle, avec l’installation des églises sur les marae, va précipiter l’exode des récalcitrants … A l’arrivée du trio de missionnaires le 7 août 1834, la population de l’archipel est estimée à environ 5 000 âmes. Au départ du père Laval (1871) elle est à peine supérieure à 500 individus et elle continue de chuter, puisqu’en 1887, il ne reste plus que 463 Mangaréviens.

Paradoxalement, la majeure partie des connaissances sur Mangareva leur sont dues ; ils recueillent les histoires, les mythes, les coutumes mangaréviennes et envoient en Europe les dernières sculptures restées intactes après les installations missionnaires dans l’archipel.

 

Une exposition au Musée du quai Branly en 2009, intitulée " Mangareva, MQB-DP-Mangareva-pantheon-de-polynesie-FR01.jpgpanthéon de Polynésie " va mettre en lumière la religion mangarévienne, qui est organisée autour des dieux et des esprits des ancêtres qui résident dans un monde immatériel po, divisé en cinq espaces : Hapai destiné aux divinités bienfaisantes de première classe, Te Matagi, Havaiki, et Pouaru pour les dieux malfaisants et Te Piaoi pour les esprits des morts sans funérailles ou victimes de famine.

Affiche de l'expo.

 D’après la mythologie, les dieux majeurs etua nui, sont Atu motua, Atu moana, Tagaroa-mea, Atea et leurs descendants directs. Tagaroa-mea et Haumea engendrent les principaux dieux invoqués par les Mangaréviens.

Le premier-né est Tu, le dieu de l’arbre à pain. Rogo est le dieu du rega (tumeric), de la pluie et de l’abondance. Le dernier, Te Pari donne naissance à Tiki, qui est considéré comme étant à l’origine des Mangaréviens. En effet, en refusant de retourner dans le Po, le monde des dieux, avec sa femme Hina one qu’il avait modelée avec de la terre, Tiki devient le créateur de l’humanité.

 

Rongo3-c-MCHM-Photo-Nelly-Blaya.jpg800raoquaibranly2.jpg

 

A gauche, figure de divinité Ro"Go -

© Musée Henri Martin de Cahors / Expo du Quai Branly

 

A droite, sculpture antropomorphe du dieu Rao - © musée du quai Branly, photo Hughes Dubois

 

 

 

Sources :

- Tahiti tourisme

- Mangareva, panthéon de Polynésie - Musée du Quai Branly - link

- Géologie et pétrologie des îles Gambier - par R. Brousse et G.Guille - Regards / CNRS.

- Nasa Earth observatory - Mapping the decline of coral reefs - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les îles volcaniques grandissent par addition en surface et sur les flancs de produits volcaniques, et par expansion intrusive ; elles se modifient ensuite, en aspect et volume, par des processus érosifs et d’effondrement soudain.

Avec le temps, une île volcanique peut croître aussi par accrétion au niveau du tablier volcanique sous-marin. Les dépôts sous-marins proches du cône principal s’accumulent au fur et à mesure de la croissance en hauteur du volcan. Ensuite, viennent pour certains les phénomènes d’effondrement et de subsidence isostatique.

 

hierro_golfo_valley_gr.jpgArchipel des Canaries - Ile d'El Hierro / El Golfo : Cicatrice subaérienne laissée par les avalanches de débris

 

Depuis deux décades, effondrements et avalanches de débris sont deux facteurs reconnus d’évolution sous-marine et subaérienne d’une île volcanique … particulièrement analysée sur l’archipel Hawaïen et celui des Canaries.

Ces deux groupes d’îles ont évolué différemment, en dépit de similarités, telles que la dominance de boucliers basaltiques.


  Conferencia_JCC-Erupcion-.jpg

  Ages de formation des îles des Canaries (entre 20,2 Ma et aujourd'hui)  - doc. JC. Carracedo

 

Volcans-Machine2.jpg      Archipel Hawaïen - Age des îles (étagé entre 5,6 Ma et aujourd'hui) - doc. Volcano-machine

 

Les principales caractéristiques des Canaries par rapport à l’archipel Hawaïen sont développées par H.U.Schmincke :

- Temps de vie plus long pour chaque île prise individuellement

Plusieurs phases post-érosion importantes, interrompue par d’autres magmatiques

Composition plus alcaline des magmas des boucliers

Abondance de dépôts pyroclastiques

Flancs subaérien et sous-marins raides

Taux d’effondrement de flancs élevé

Croissance sur une lithosphère océanique plus vieille (140-170 Ma) , par conséquent plus épaisse, plus froide et plus rigide

Proximité de la lithosphère continentale

Différences entre l’évolution et la composition des différentes îles de l’archipel

Différences entre les ratios d’éruption et de production magmatique.

Stabilité des îles par rapport au niveau marin

 

Plus de développements en détails dans son livre " Volcanism " aux éditions Springer (ISBN 3-540-43650-2)

 

C’est ainsi qu’on remarque des cycles d’évolution volcanique beaucoup plus longs pour l’archipel des Canaries. De plus toutes les îles canariennes ont connu une activité volcanique à l’holocène … le fait que l’activité volcanique dans les îles Canaries, une fois commencée, se poursuive durant des dizaines de millions d’années, ne s’explique que par un mouvement différentiel peu important entre la lithosphère (1,9 cm./an) et la source magmatique d’une part, et d’autre part, le maintien de cheminement libre entre le domaine en fusion et la croûte supérieure.

 

Carracedo199805.jpgComparaison entre les archipels Canarien et Hawaïen : distance par rapport à la terminaison active de la chaine d'îles / échelle de temps du volcanisme subaérien - doc. JC. Carracedo - Hot spot volcanism ...

NB : les vitesses de déplacement relatif du point chaud dans chaque système.

 

Le phénomène d’effondrement marque l’archipel des Canaries durant tout le développement des îles, au contraire de ce qui est remarqué à Hawaï uniquement durant le stade bouclier.

Le taux élevé d’effondrement de flanc est lié au développement de chambres magmatiques proches de la surface, autour desquelles les flancs du volcan sont déstabilisés de façon plus importante par les déformations et l’altération hydrothermale.

 

La carte ci-dessous illustre la position des principaux sites d’avalanches de débris et de coulées de débris sous-marins marquant les îles de Gran Canaria, Ténérife, La Palma et El Hierro, et les cicatrices qu’elles ont laissé en partie aérienne.

 

Dossier-35-0241.jpgDistribution des dépôts d'effondrement, des coulées et avalanches de débris sur le plancher marin des Iles Canaries - cicatrices des glissements en aérien sur les îles (en vert)- in HU. Schmincke / "Volcanism".

 

Avalanches-de-debris---coulees-et-effondrements---M.Canal.jpg                            Vue 3D du même phénomène - doc. M.Canals 2003

 

A suivre : des exemples pour chaque île des Canaries ...

 

Sources :

- Volcanism – Hans-Ulrich Schmincke – éd. Springer

- Volcanic evolution of Gan Canaria reconstructed from apron sediments -
Hans-Ulrich Schmincke and Mari Sumita

- Hotspot volcanism close to a passive continental margin:
the Canary Islands - by J. C. Carracedo & al.

- The Canary Islands: an example of structural control on the growth
of large oceanic-island volcanoes -  by J.C. Carracedo

- The most recent megalandslides of the Canary Islands: El Golfo debris avalanche and Canary debris flow, west El Hierro Island - by Roger Urgeles & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Inclus dans les champs volcaniques du bassin de Pannonie (*) en Europe centrale, des champs monogéniques caractérisent l’ouest de l’actuelle Hongrie.

 

Badacsony_Region-JPGHongrie - Le lac Balaton et une partie du champ volcanique des hauteurs de Bakony-Balaton, avec la mesa du Mont Badacsony sur la droite.


Durant une période étalée sur six millions d’années, le volcanisme intra-continental a été responsable de la formation de champs volcaniques tels que le BBHVF – Bakony-Balaton Highland volcanic field  et le LHPVF – Little Hungarian Plain volcanic field, caractérisés par un flux magmatique faible largement contrôlé tectoniquement.

 

Monogenic-VF-of-western-Pannonian-basin03.jpgSituation des champs volcaniques monogéniques datant du Miocène/Pléistocène du bassin de Pannonie - et   les grandes unités géologiques de la région carpatho-pannonienne. (unités cénozoïques ; nappes de flysch des Carpates externes ; affleurements de roches mésozoïques ou plus anciennes.)  

 1 – BBHVF : Bakony-Balaton Highland Volcanic Field; 2 - LHPVF : Little Hungarian Plain Volcanic Field;

3 – Burgenland; 4 - Styria Basin; 5 - Northern Slovenian Volcanic Field; 6 – Nógrád – Gemer Volcanic Field;

7- Persanyi Mts; and 8 - Bánát. - doc. by Károly Németh (réf. en sources).

 

La reconstitution du paysage, en tenant compte de l’érosion, permet de fixer le volume de produits volcaniques émis à un peu moins de 5 km³, pour les champs volcaniques Hongrois pour la période du Miocène au Pléistocène.


Les champs volcaniques monogéniques du bassin Pannonian ouest sont constitués de restes érosionnels formant des buttes et des mesas (**), généralement composés de roches pyroclastiques recouvertes de laves.

Les parties centrales des buttes volcaniques sont composées de tuff bréchique riche en fragments lithiques du sous-bassement. La majorité des roches pyroclastiques est constituée de tuff à lapilli, riche en échardes de verre volcanique.

Ces champs monogéniques peuvent être considérés comme des champs typiquement phréatomagmatiques, révélant une interaction entre l’eau (sables fluvio-lacustres saturés en eau) et le magma au moins au niveau des périodes initiales de l’éruption.

Avec la poursuite des éruptions, les cratères ont eu une croissance tant verticale que latérale ; les blasts phréatomagmatiques successifs ont fracturé le substrat en profondeur et permit un contact entre les nappes phréatiques et le magma basaltique montant.

L’abondance de roches locales dans les successions pyroclastiques est signe que la fragmentation du magma a eu lieu en sub-surface ;

en résultent un volume significatif de roches du sous-bassement excavé, la formation d’un déficit de masse menant à un effondrement graduel, et la formation de diatrème, conduit volcanique rempli de débris.

 

G15-formation-de-Maar072-3.jpgSchéma de maar-diatrème - différentes parties à gauhe - à droite : diamètre de l'anneau de tuff formé en fonction de la profondeur du diatrème. - doc. Volker Lorenz

 

On y retrouve les restes érosionnels de maar-diatrèmes, des anneaux de tuff, des cônes de scories, des volcans-boucliers et des champs de lave. (Nemeth & al. 1999)


Monogenic-VF-of-western-Pannonian-basin04.jpg                                     Les champs volcaniques de l'ouest de la Hongrie

BBHVF – Bakony-Balaton Highland Volcanic Field, et LHPVF - Little Hungarian Plain Volcanic Field.

Les zones de roches volcaniques sont en couleur vert foncé - les références en marge tous les 10 km

doc. by Károly Németh (réf. en sources) 

 

Le lac Balaton, au sud de ces deux champs volcaniques, est le plus grand lac d'eau douce d'europe centrale; cette "mer intérieure" est fort apprécié des allemands durant la période estivale.

Ce lac est d'origine tectonique, liée à une faible subsidence : c'est un fossé d'effondrement très léger dû au jeu de nombreuses failles. La présence de reliefs volcaniques (le mont Badacsony, le Szent György et la presqu'île de Tihany, présentant des phénomènes hydrothermaux) témoigne d'anciennes remontées de lave à la faveur des failles.

 

Balaton_Hungary_Landscape---txd-flickr.jpg                                Hongrie - paysage du lac Balaton - photo tdx / Flickr

 

Lexique :

(*) La Pannonie (en latin Pannonia) est une ancienne région de l'Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l'Autriche et de la Slovaquie.

(**) Une mesa (mot espagnol et portugais pour table) désigne en géomorphologie une élévation de terre dont le dessus est plat et les côtés constitués de versants. 

 

Sources :

- An Overview of the Monogenetic Volcanic Fields of the Western Pannonian Basin: Their Field Characteristics and Outlook for Future Research from a Global Perspective - by Károly Németh (Massey University New Zealand)

- Maar-Diatreme Volcanoes, their Formation, and their Setting in Hard-rock or Soft-rock Environments - by Volker Lorenz, Institut für Geologie, Universität Würzburg, Pleicherwall 1, D-97070 Würzburg, Germany.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le massif volcanique de Zemplén – Tokaj , situé au confins nord-est de la Hongrie se confond avec une grande région vinicole : Tokaj-hegyalja.


 Suite de montagnes basses (altitude moyenne, 500 m), la Dorsale hongroise traverse la Hongrie de part en part, de la région du lac Balaton, au sud-ouest, à la frontière russe, au nord-ouest ; elle sépare de ce fait la plaine Pannonique en deux parties, Kisalföld au nord-ouest et Nagyalföld au sud-est. Le Danube, en prenant la direction du sud dans la région de Budapest, décrit le "coude du Danube", divisant la Dorsale en deux ensembles : la Dorsale de Transdanubie et la Dorsale septentrionale.

La Dorsale de Transdanubie est une succession de horsts calcaires et dolomitiques, bien individualisés par de larges fossés tectoniques. Le massif mésozoïque s'est fracturé lors du soulèvement des Carpates, mais il doit son allure actuelle aux mouvements répétés (Pliocène, Quaternaire) du grand accident tectonique qui limite l'affaissement de la plaine Pannonique. Les fossés tectoniques de Mor et de Tata séparent le massif en trois unités : Bakony (704 m), Vértes et l'ensemble Budai-Pilis-Gerecse.

La Dorsale septentrionale fait partie de la ceinture volcanique interne des Carpates. Elle comporte des restes des stratovolcans tertiaires et des blocs mésozoïques soulevés par les mouvements affectant le socle.

 

furmint---Tokaj.jpg                        Hongrie nord-est - le massif volcanique Zemplén-Tokaj

 

Tokaj_-_Hegyalja---Civertan.jpg           Le mont Tokaj, un ancien volcan aux flancs couverts de vignobles - photo civertan

 


Tokaj : "le vin des Rois et le roi des vins"

La minéralité du sol volcanique, couplée à des cépages inconnus ailleurs, le Furmint et le Harslevelü, vont permettre de créer un vin d’exception.

 Les vignobles habillent les pentes sud et ouest du massif volcanique Zemplén et les pentes du volcan Tokaj. Les côteaux longent les zones humides des rivières Tisza et Bodrog, d’où s’élève dès l’automne un brouillard épais qui noie l’horizon.


-Botrytis_riesling---T.O.M-jpg                    Grains de raisin touchés par le Botrytis cinerea, la "pourriture noble".


Ce brouillard est à l’origine du Botrytis cinerea, un fin duvet gris cendré, une "pourriture noble" dont la présence concentre les sucres des grains de raisin. Le chaleur venue des plaines aride au sud, la Puszta, crée un microclimat favorable à une seconde concentration, appelée passerillage, qui va confire les grains, et exhaler des arômes de chocolat, de pruneaux et de champignons … Cette combinaison providentielle de pourriture et de sécheresse donnent ainsi naissance au grain aszú.

Gorgé de sucre et de parfums, il est la matière première du grand vin liquoreux hongrois : le Tokaji Aszú !

Les grains aszú sont tellement secs et recroquevillés qu’on ne peut les presser tels quels. On les porte donc d’abord dans des cuves dont le fond est percé de trous munis de robinets. Au fil des heures, un jus s’exprime alors lentement, par le seul poids du raisin. Cette quintessence de grains nobles n’est autre que l’Eszencia, tellement riche en sucre (jusqu’à 900 grammes par litre !) que la fermentation alcoolique ne se fait pas.

Cette pâte de grains aszú est ajoutée au moût de raisins Furmint, Harslevelü et Muscat en quantité variable, selon le nombre de hottes, ou puttonyos, utilisées. Après fermentation et filtrage , l’assemblage va vieillir durant tokaj-caves---gonomad.jpgminimum trois ans en fûts de chênes dans des caves creusées dans le tuff ou le roc, où règne une température constante de l’ordre de 10°C.


Entrées de caves - région viticole du Tokaj / photo gonomad


L’air y est recyclé naturellement par des prises d’air nommées trous de l’âme. Le présence d’une moisissure qui tapisse les parois, le cladosporium cellare, joue un rôle de filtre. Ces caves sont mentionnées dans des documents du 12° siècle.

 

Ce n’est qu’à l’époque Ottomane que le Tokaji Aszú fut produit pour la première fois … selon la légende, la crainte des raids turcs retarda la récolte. Les raisins flétrirent et la pourriture noble s’installa ; le vin fut néanmoins produit et présenté aux seigneurs du domaine. La méthode de fabrication a été décrite en 1571. Ce vin fit ensuite la conquête de l’europe, grâce au prince Rákóczi, qui fut son ambassadeur auprès des cours royales et impériales. Louis XIV l’a baptisé " le vin des rois et le roi des vins ".

 

Vignobles-de-Tokaj---Joris-Hoefnagel-16-.jpg                         Le vignoble de Tokaj - gravure de Joris Hoefnagel / 16° siècle


Tokay-essence-1811-bottled-1940.pngCe nectar était tellement convoité, qu’au 19e siècle, les tsars de Russie le faisaient escorter jusqu’à Saint-Pétersbourg par un régiment de Cosaques !

François-Marie Arouet, dit Voltaire, en parle en ces termes : " L'aszü de Tokaj est un breuvage ambré aux couleurs éclatantes qui tisse les fils d'or de l'esprit et fait scintiller les mots les plus spirituels. "

 

Tokay Essence 1811

"Bottled about 1840. Formerly the property of the Princely Family of Bretzenheim, which became extinct in 1863" - Sold by Berry Bros in the 1920's. The nec plus ultra of Tokaji, and one of the greatest of all 19th century wines. - photo Tokaji on line.

 

Les guerres mondiales, suivies d’une collectivisation synonyme de perte de qualité, ont coupé son essort.

Il a fallu ensuite attendre la chute du mur et les années 1990 pour assister à la renaissance du Tokaj-hegyalja.

Tokaj-hegyalja, mot à mot Tokaj-piémont, désigne la région d'Appellation d'Origine Contrôlée, d'une surface encépée de 6500 ha à ce jour.

 

Ce vignoble se présente sous la forme d'un triangle au sud duquel se trouve le village de Tokaj, où est situé le Domaine Impérial Hétszölö.


-Several_bottles_of_Tokaji---takato-marui.jpg" Tokay Renaissance ", des bouteilles primées aux Vinalies internationales de Paris. - photo Takato Marui 

   

oremus-1972-etiquette.jpg

disznoko---1992-etiquette.jpg

 

Etiquettes de Tokaji Aszu

Oremus de 1972 / 6 puttonyos

et Disznokö 1992 / 5 puttonyos

photo Tokaji on line.

 

Le vin a une robe opale, des parfums d’abricot, de miel et d’épices, une texture soyeuse, qui le font considérer comme le plus grand vin liquoreux du monde … Tout ce qui entre dans la composition du Tokaji  hongrois est original et particulier : sols, raisins, vinification, caves, jusqu’à la forme de la bouteille !  


Sources :

- Le paysage culturel viticole de la région de Tokaj (Hongrie) - par Zsuzsa Cros Kárpáti, architecte paysagiste - Chercheur associé, UMR LADYSS CNRS, France
- Tokaji on line - link

            " Les régions et pays viticoles sont toujours idylliques " - Hamvas Béla

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Publié le par Bernard Duyck
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                       Toscane - le complexe volcanique Amiata  -  photo MonteAmiata.com

 

Le complexe volcanique acide Amiata couvre  85 km²; il est situé au sud de la Toscane, à 20 km au nord-ouest du lac Bolsena.

 

Monte-Amiata---Space-shuttle.jpgAmiata lava-dome complex (just right of the center of this image), is located about 20 km NW of Lake Bolsena (left-center) in the southern Tuscany region of Italy. Viscous lava flows can be seen descending the flanks of the complex in this NASA Space Shuttle image (with north to the lower right). The largest of the domes is 1738-m-high Monte Amiata (La Vetta). NASA Space Station image ISS008-E-7007, 2003

 

Ce volcan fissural mixte s'est mis en place au cours du quaternaire, le long de l'arc pré-Apennin toscan, sur un bombement volcano-tectonique disloqué en compartiments et recouvert d'ignimbrites et de rhéo-ignimbrites (ignimbrites dont la texture a été modifiée par fluage après dépôt).

Ce bombement a été provoqué par l'intrusion d'une apophyse de chambre magmatique acide (trachyte et dacite)

En sus des couvertures ignimbritiques étendues, épaisses en moyenne de 200 mètres, et couvrant 55 km², huit dômes trachydacitiques, et les coulées de lave associées, se sont mis en place le long de fissures de direction SO-NE et NNO-SSE.

 

Dossier-30-0586.jpgCarte volcanologique du Monte Amiata - d'après Ferrari & al. 1996 / Volcans d'Europe - Krafft & de Larouzière.

Dossier-30-0586---2-copie.jpg1. ignimbrites et rhéo-ignimbrites basales - 2. idem unité supérieure - 3. dômes et coulées rhyolitiques stade I - 4. dômes et coulées stade II - 5. dômes et coulées terminales - 6. coulées de latite à olivine - 7. niveaux volcano-détritiques - 8. failles - 9. zone effondrée - 10. faille supposée - 11. direction de coulée - 12. mine de cinabre.


 

Monte-Amiata--2---ph.Zyance.jpg                                                 Le Monte Amiata - photo Zyance


Le plus grand dôme est le Monte Amiata, culminant à 1.738 m. ; une coulée de trachyte associée s'étend vers l'est.

Une coulée massive de trachydacite occupe 5 km sur 4, depuis la base sud du dôme Corno de Bellaria.

 

L'activité majeure du complexe Amiata est datée de 300.000 ans; par contre aucune activité éruptive n'a été répertoriée à l'Holocène.


Un champ géothermique est situé au sud-ouest du complexe de dômes, près de la ville de Bagnore. La vapeur y a une température de 140°C et une pression de fermeture de 6 atmosphères.

A Piacastagnaio, la température de vapeur est de 160°C pour une pression de 20 atmosphères.

Comme pour Larderello, la présence d'une intrusion magmatique , d'un fort gradient géothermique ( 10°C par 100 mètres en moyenne, allant jusqu'à 50°C par 100 mètres aux environs de Bagnore et Piancastagnaio) et d'une couverture imperméable, sont constatés.

La zone d'exploitation de Larderello / Monte Amiata constitue le plus grand ensemble géothermique au monde.

 

Le complexe volcanique était entouré de nombreux lacs, où pullulaient des diatomées friandes d'eau siliceuses, et qui ont formé de grands dépôts de diatomites.

Ces étendues étaient aussi riches en algues Crenotryx, qui ont donné par accumulation l'ocre jaune de la région, plus connu sous le nom de "Terre de Sienne.

 

Bagni San Filippo est situé en bordure du champ géothermique de Monte Amiata. Les eaux d'une petite source chaude contiennent de grande quantité de calcium et de dioxyde de carbone responsables de la formation de superbes dépôts de travertin, qui ne sont pas sans rappeler les paysages de Mammoth hot springs au Yellowstone, ou de Pammukale en Turquie.

 

bagni_san_filippo---Balema-bianca---SOL.jpgDépôts de travertin, surnommé la "Balena bianca" à Bagni San Filippo - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle / lien vers d'autres photos sur Stromboli on line.

( l'échelle est donnée par les personnages sous les traces vertes dues aux cyanobactéries)

 

Des phénomènes éruptifs pneumatolytiques (*) et hydrothermaux ont entraîné la formation de pyrite (FeS2 - sulfure de fer) et de cinabre (HgS - sulfure de mercure).

(*) : Se dit de gîtes minéraux périgranitiques dont on pense qu'ils résultent de dépôts dans des fractures à partir de vapeurs (de pneuma, souffle), lors de la phase finale de cristallisation d'un magma.


Le cinabre a été activement exploité au sein du massif, entre autre à Abbadia San Salvatore par la "Società delle Miniere de Mercurio du Monte Amiata".

L'exploitation d'Abbadia date de 1846, mais les Etrusques extrayaient déjà le cinabre plusieurs millénaires avant JC.

Zinnober - HgS - Staatliches museum für naturkunde KarlsruLe cinabre est connu et utilisé depuis la plus haute antiquité comme pigment et en médecine (Pline l'ancien en parle dans son Histoire naturelle, où il le déconseille et le considère comme un poison) 

Il a également été utilisé au 19°siècle, pour le traitement de la syphilis, et on le prescrivait encore récemment sous forme de pommade dans le traitement de maladies cutanées. 

Il est connu en homéopathie sous le nom latin de Cinnabaris.

 

Ancien récipient pharmaceutique en verre contenant du cinabre - photo Staatliches Museum für Naturkunde / Karlsruhe / H. Zell.


En 1929, l'extraction du mercure a atteint 2.000 tonnes, soit 36% de la production mondiale.

D'autres mines sont situées à Castell'Azzara et Piancastagnaio.

 

Parco-nazionale-museo-delle-miniere-dell-Amiata.jpg                                Mine de cinabre - photo Museo delle miniere del Monte Amiata.

Geologia1_img.jpg                                                              Exploitation du cinabre - photo d'archives / Monte Amiata.

Le cinabre se présente en fines imprégnations, ou plus rarement en nodules et cristaux au sein d'une masse chaotique de calcaires et argiles du tertiaire, recouverts de produits volcaniques du Monte Amiata.

 

-Cinnabar_on_Dolomite---JJ-Harrisson.jpg                          Cinabre sur dolomite - photo J.J. Harrisson

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Amiata

- Museo delle miniere di mercurio de Monte Amiata - link

  - Storia delle miniere dell'Amiata  - link

- Geowiki - formation et gisements de minéraux - pneumatolyse - link

- vidéo sur les mines de cinabre 

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Publié le par Bernard Duyck
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Cette semaine, l'actualité volcanique révèle divers changements sur les volcans indonésiens :

Explosion au Lokon-Empung, changements de niveaux d'alerte aux Gunung Gallungung et Kawah Ijen.

 

Le niveau d'alerte du Galunggung a été relevé le 12 février à 2 - waspada en raison de modifications visibles au niveau du lac de cratère : depuis septembre 2011, la teinte du lac s'est modifiée passant au jaune puis au brun en début 2012. Une soudaine augmentation de température a été remarquée : de 27°C le 5 février, elle est passée à 40°C le 8 du même mois, et une activité fumerollienne légère est observée en certains points autour du lac. En parallèle, le pH est devenu plus basique, une valeur de 8 est notée en janvier.

 

galunggung--Travelling-tourism.jpg Galunggung - le lac de cratère, dans sa belle teinte verte originelle, et son cône de scories en 2008 - photo Travelling tourism


Le changement de niveau d'alerte est lié à une recommandation de rester à au moins 500 m. du bord du lac, en raison d'un risque possible d'éruption de type phréatique.

 

Par contre, le niveau du Kawah Ijen a été rabaissé de 3 à 2 , en raison d'une baisse générale de la sismicité et d'une diminution de la température du lac acide, qui est passé de 42°C le 20 janvier à 37°C le 2 février.

Le travail des mineurs et les visites sont à nouveau autorisées.

 

Sources : PVMBG - Activolcans - Global Volcanism Program

 

sommets du Lokon-Empung - VSILokon-Empung : Le cratère Tompaluan, situé dans l'ensellement entre les sommets du Lokon et de l'Empung, a été le siège d'explosion les 10 et 11 février, avec émissions de panaches de cendres respectivement à une altitude de 2.000 et 2.500 mètres au dessus du cratère. ( plus de 3.000 m. selon le VAAC Darwin) . Le suivi par satellite est impossible en raison de la couverture nuageuse.

 

Situation du cratère Tompaluan, occupé épisodiquement par un lac de cratère, dans l'ensellement entre le Lokon et l'Empung

Doc. VSI / in GVP.

 

Topaluan-crater---11-revue-blogspot.jpgLokon-Empung : le cratère Tompaluan occupé par un lac et présentant des matériaux incandescents en bordure de celui-ci, en juillet 2011 - photo 11reviews.blogspot.com. 

 

Sources : CNN et Antara news - Global Volcanism Program

 

Tableau partiel du PVMBG avec les niveau 3 - et niveau 2 (changements depuis début 2012) :

 

Nama Gunung Terhitung Tanggal
led_yellow Semeru 2 Februari 2012
led_yellowKarangetang 8 Agustus 2011
led_red Lokon 24 Juli 2011
led_yellow Galunggung 12 Februari 2012
led_yellow Ijen 8 Februari 2012
led_yellow Papandayan 31 Januari 2012
led_yellow Krakatau 26 Januari 2012
led_orange Ile Lewotolo 25 Januari 2012
led_orange Gamalama 24 Januari 2012
led_green Rokatenda 19 Januari 2012

 

Archipel des Salomons (au nord du Vanuatu) - Tinakula :

Une activité suggérée depuis le 13.02 sur cette ile-volcan à allure strombolienne est confirmée par la Nasa, avec une photo du 14.02  : un panache gazeux blanc assez dense est accompagné d'un autre plus léger et bleuté.

 

tinakula_ali_2012045.jpg 

NASA images by Jesse Allen and Robert Simmon (Earth Observatory), using EO-1 ALI data (top), and Jeff Schmaltz MODIS Rapid Response Team, NASA-GSFC (lower). Caption by Robert Simmon. - Instrument:  EO-1 - ALI / 14.02.2012

 

Iles Aléoutiennes - le dôme de lave sommital du Cleveland grossit et atteint un diamètre de 50 mètres, selon une observation par satellite du 10 février.

Entre les 8 et 14.02, aucune observation concernant des éventuelles émissions de cendres, ou élévation de températures, n'a été possible en raison des conditions d'ennuagement. Le Cleveland ne possède pas de "réseau sismique en temps réel". Le niveau d'alerte aviation est maintenu à orange.

 

Cleveland-dome-10.02.2012---AVO.jpgImage radar du Cleveland  par le détecteur Terra SAR-X (distortion topographique liée à la technique employée) - le diamètre du cratère: 200 m. , celui du dôme : 50 m. - photo Lu Zhong / 10.02.02012 / AVO - USGS.

 

Equateur - Reventador :

De l'activité est rapportée entre le 10 et le 13 février par l'IGEPN :

- le 10.02, des images satellites montre une anomalie thermique, et une observation d'un pilote d'avion rapporte un panache montant à 5.200 m.

- le 11.02, des émissions de vapeurs et de cendres dérivent vers le NO.

De l'incandescence est observée dans le cratère entre le 10 et le 13 février, et une coulée de lave est émise sur le flanc NE du cône intracaldérique, le 13.

 

Reventador-2005---Patricia-ramon.jpg     Reventador - caldeira et cône intracaldérique fumant - photo Patricia Ramon / IGEPN 2005

 

Sicile - Etna :

Après le second paroxysme des 8 - 9 février 2012, Le nouveau cratère sud-est a été le siège le 16.02 dès l'aube, de petites explosions se produisant avec un intervalle de quelques minutes, et d'émissions faibles de cendres s'élevant à quelques dizaines de mètres au dessus du cratère. L'établissement d'une chronologie des émissions n'a pas été rendu possible à cause d'une couverture nuageuse intermittente de la zone sommitale.

Quelques belles photos ont été prises à l'aube par Marco di Marco / Etna Walk.

Les explosions de cendres étaient toujours visibles en après-midi.


16.02.2012---etna.jpg

                                           Webcam Radiostudio7 16.02.2012 - 17h26

 

Iles Canaries - El Hierro : article détaillé demain

 

Pour les autres éruptions en cours :

L'activité se maintient au Nyamuragira, Nabro, Sakura-jima, Cordon-Caulle et trois volcans du Kamchatka : le Karymsky, le Kizimen et le Shiveluch.


Au Kilauea, l'activité générale se maintient à un niveau élevé. Le 15.02, le niveau du lac de lave sommital a commencé à baisser. Au cratère du Pu'u O'o, de l'incandescence est visible au niveau d'un cône effondré côté NE et d'un petit cône côté SE. du cratère. Les coulées de surface au sud-est du Pu'u O'o sont visibles depuis la plaine costale, qu'elles n'atteignent pas.

Les émissions gazeuses restent importantes. (HVO)

 

Sources générales : Global Volcanism Program et Activolcans.

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Publié le par Bernard Duyck
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Etna : 

Depuis le 2 octobre au soir, les webcams laisse voir une incandescence 03.10.12 01h37 Etnanocturne, associée à une reprise de l’activité strombolienne intracratérique, et à une hausse légère du trémor. Cette activité est semblable à celle qui a marqué la Bocca Nuova en juillet et début août.


Webcam etna Radiostudio7  du 03.10.12 - 01h37

D’autre part, le préfet de Catane a prolongé l’interdiction d’accès aux cratères sommitaux jusqu’au 31 octobre 2012. Voici plus de deux ans que la zone sommitale est interdite aux guides, amateurs et touristes … pour que l’Etna ne devienne pas un volcan interdit, une pétition vient d’être lancée : " Etna libera " - Petizioni on line
Petition.jpg             Photo accompagnant le formulaire de signature de la pétition - photo Etna Walk.
Elle a pour but de regrouper tous ceux qui souhaitent une réouverture des sommets … à chacun de prendre ses responsabilités et de rejoindre ou non les signataires !
Bromo / Java : Le VSI a élevé le niveau d’alerte du Bromo à 2- waspada (sur une échelle de 4), le 03.10.12, suite à une hausse du trémor. L’activité n’a pas changé de façon visible, seul un panache blanc d’une cinquantaine de mètres continue à être émis par le volcan.

Associeted Press signale une nouvelle éruption du Soputan / Sulawesi, le 02.10.12 après-midi, avec émission d’un panache de cendres de 1500 m. de hauteur. Aucune évacuation n’est prévue pour le moment.

  Iles Sandwich du sud - Michael
Le Modvolc a signalé une anomalie thermique , le 02.10.12, sur le volcan Michael . Ce volcan domine l’île Sanders, couverte de glaces. Une précédente anomalie avait été signalée le 30 juin dernier.

 

Sanders-Michael--2006-GVP.jpg

Sanders island - volcan Michael - image ASTER utilisant les longueurs d'ondes du visible proche de l'infra-rouge - 28.10.2006  - Courtesy of Matt Patrick / GVP.

 

Il est à noter qu’en 2006, des images Aster du cratère rarement dégagé laissaient apercevoir de la lave au fond de celui-ci. Deux anomalies thermiques relevées le 28.10.2006 suggérait de très hautes températures, traduisant la présence de lave. Ce cratère avait abrité un lac de lave entre 1995 et 2002.

 

 Aoga-shima, une île volcanique japonaise, située sur l’axe Izu –Mariannes,  présentait en août des tâches colorées situées en mer côté sud ; d’autres petites tâches se sont produites à proximité des côtes sud-est et nord, signalées par le JMA début octobre . Aucun autre paramètre ne permet de croire en la possibilité d’une activité éruptive sur l'île même. La dernière éruption date de 1785.

 

aogashima.jpg

                          La photogénique île d'Aoga-shima - photo Our Beautiful world

 

Guatemala – Fuego et Santiaguito.
Fuego : les 26 et 27 septembre , des explosions ont projeté des tephra incandescents à une centaine de metre et produit des panaches montant à 500 -800 m. au dessus du cratère. Entre le 29 septembre et le 2 octobre, les matériaux expulsés sont montés à 200 m. et les panaches entre 500 et 1.100 m. Les ondes de choc ont été détectées dans un rayon de 12-15 km. Un lahar de remobilisation a affecté la ravine Ceniza suite aux fortes pluies.

 

29.09.12-5h40-fuego---Insivumeh.jpg                                Fuego - 29.09.2012 / 5h40 - photo Insivumeh


Au Santiaguito, l’activité reste principalement extrusive avec uelques explosions responsables de petits panaches de quelques centaines de metres. Les épaisses coulées toujours alimentées produisent au front de coulée des avalanches de blocs.


30.09.12-Santiaguito.jpg

                                    Santiaguito - 30.09.2012 / 6h23 - photo Insivumeh


Une petite revue des photos satellites de la Nasa nous offrent de belles vues du groupe Three Sisters dans la chaîne des Cascads en Oregon et des volcans actifs du Kamchatka dans leur environnement automnal.

 

Three-sisters-_ast_2012263.jpgLe groupe volcanique Three Sisters  - image en fausses couleurs prises par Aster 19.09.12 lors d'un incendie dans le Deschutes National Forest (fumée à droite), mise en ligne 01.10.12

NASA Earth Observatory Image by Jesse Allen and Robert Simmon, using data from the NASA/GSFC/METI/ERSDAC/JAROS, and U.S./Japan ASTER Science Team. Caption Adam Voiland. Instrument:  Terra - ASTER

 

usa-1702-copie.jpg                              Les Three Sisters en 2010 - photo J-M. Mestdagh

 

bezymianny_ali_2012.09.20.jpgKamchatka - Bezymianny 20.09.12 - le dôme fumant et les dépôts de coulées pyroclastiques récents, non recouverts de neige. -  NASA Earth Observatory image by Jesse Allen and Robert Simmon, using EO-1 ALI data from the NASA EO-1 team. Caption by Robert Simmon.

 

kamchatka_2012.09.20.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La zone des volcans-vedette de la péninsule du Kamchatka ( Bezymianny - Klyuchevskoy et Shiveluch) et les modifications de teinte lors d'une brusque baisse de température entre le 20.09 (photo du haut) et le 01.10.2012 (photo du bas) :  en 11 jours, les forêts de bouleaux, pins et mélèzes ont viré du vert au brun.

NASA Earth Observatory image by Robert Simmon, courtesy of the LANCE/EOSDIS MODIS Rapid Response Team, GSFC. Caption by Adam Voiland.  Instrument: Aqua -MODIS

kamchatka 2012.10.01

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources :

- Global volcanism Program weekly report / Activolcans / Volcanodiscovery news

- Les différents observatoires volcanologiques en charge.

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Publié le par Bernard Duyck
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L’aire d’activité hydrothermale, qui témoigne de l’activité du centre volcanique Lassen, est située au sud et au sud-est du Lassen Peak.

Elle comprend diverses zones séparées, aux noms évocateurs : Bumpass Hell, Little Hot Springs Valley, Pilot Pinnacle, Sulphur Works, Devils Kitchen, Boiling Springs Lake, et Terminal Geyser.

 

lassen-volcanic-park---californiablogging.jpeg                 Lassen Volcanic N.P. - l'aire géothermale de Bumpass Hell - photo Californiablogging

 

Le schéma de fonctionnement du système hydrothermal :

Les eaux de pluie et de fonte des neiges pénètrent le sol au travers de roches perméables ou par les fractures et failles rocheuses. Elles sont chauffées en profondeur, par conduction, par un  corps magmatique ou de roches solides mais très chaudes, localisé  8 - 10 km. sous le Lassen Peak.

C’est là qu’elles se chargent en acide chlorhydrique, gaz sulfureux et autres volatiles émis par le magma ou les roche chaudes.

En montant, cette eau acide va réagir avec les roches qui l’environnent et s’enrichir en silice et métaux. Elle va saturer les roches perméables et s’accumuler dans un réservoir profond appelé  la zone dominée par la phase liquide (liquid-dominated zone) ; la température devrait y avoisiner les 240°C.

Les eaux entrent en ébullition lorsque la pression diminue à une profondeur d’environ 1 km. La vapeur entraîne la masse aqueuse, et les gaz dissous, CO2, H2S, hydrogène, azote et hélium, vers la surface … la zone en subsurface,où prédominent gaz et vapeur est nommée la zone dominée par la phase vapeur (vapor-dominated zone)

 

Lassen-hydrothermal-system.jpgLe système hydrothermal Lassen - les différentes zones - doc. U.S. Geological Survey Fact Sheet 101-02

Dans l'encart, Morgan hot springs, une source chaude.


 

L’arrivée de la vapeur en surface se fait

- soit directement par des conduits et donne des fumerolles ; la température de la plus chaude, dans la zone Big Boiler, atteint 161°C.

- soit en se condensant et chauffant l'aquifère proche de la surface. Ceci va se traduire par des zones où le sol fume, des mares de boue bouillantes, ou des bassins d’eau claire et bouillante.

 

Les eaux peuvent être sulfatées ( l’H2S est oxydé pour donné du soufre élémentaire et de l’acide sulfurique) ou bicarbonatées, surtout en marge des zones chauffées ( le CO2 va émerger dans des eaux peu oxygénées et déposer du travertin, du carbonate de calcium, au niveau des sources chaudes)

 

Hors du Parc volcanique, à Growler et Morgan Hot Springs, les eaux arrivent par un flux latéral ; elles sont de pH neutre, chargées en chlorures et pauvres en gaz. Leur température est de l’ordre de 52 à 97°C.

 

thermap.gif       Situation des zones géothermales du Lassen Volcanic National Park et environs - carte USS.

 

Quelques hot spots et leurs spécificités :

 

Sulphur Works et Little Hot Springs Valley :

Ces zones ont été altérées chimiquement par les acides soufrés qui ont délité les laves andésitiques gris-vert en  argiles colorées en rouge, brun, et jaune par les oxydes de fer. Il y règne une atmosphère d’œufs pourris à proximité des évents. Sulphur works est considéré comme le centre volcanique de l’ancestral Mont Téhama.

 

Sulpher_Works_in_Lassen_VNP--Daniel-Mayer.JPG                           Lassen volcanic N.P. - Sulphur Works - photo Daniel Mayer.

 

Little Hot Springs valley Boiling mudpot - SkepticalRaptor

  Lassen volcanic N.P. - une mare de boue bouillonnante dans Little Hot springs valley  - photo SkepticalRaptor

 

Bumpass Hell est une des zone thermale où l’on retrouve le plus de structures différentes : sources chaudes, fumerolles et mud pots. Cette zone doit son nom à un cowboy qui y travaillait dans les années 1860, Kendall Vanhook Bumpass : il fut gravement ébouillanté lorsque sa jambe passa au travers d’une mince croûte recouvrant une mare de boue. Il en parla autour de lui, en décrivant cette zone comme " un enfer ". Un journaliste, intéressé par cette histoire, le convainc de l’emmener sur place … ce que fit Bumpass, mais il repassa au travers d’une croûte couvrant un mud pot et du cette fois être amputé.

 

Bumpass-Hell---John-Poimiroo-Lassen-Park-foundation.jpg  Lassen volcanic N.P. - Bumpass Hell - les panneaux de mise en garde ne sont pas superflus - photo John Poimiroo / Lassen Park Foundation   -- vue générale : photo du haut.

 

Cold Boiling lake

Comme son nom l'indique, cette source n'est pas chaude, mais, située en périphérie du système thermal, animée de bulles de dégazage ... CO2.

 

Cold-boiling-lake---Sandra-Ochs---NPS.jpg                      Lassen Volcanic N.P. - Cold Boiling lake - photo Sandra Ochs

 

Devils Kitchen

Les sources chaudes y sont tellement acides qu’elles ont creusé dans le lit rocheux des trous et des puits, faisant penser à une cuisine du diable.

 

Boiling Springs Lake

Ce n’est pas qu’un grand lac d’eaux chaudes ... des sources chaudes, des mudpots et des fumerolles sont présentes sur sa berge ouest. Cette zone un peu à l’écart n’a pas été développée avec des boardwalks et panneaux indicatifs … et permet de voir les structures thermales dans leur beauté naturelle.

 

Lassen-Peak-hydroth.area---boiling-spring-laka.jpg                      Lassen Volcanic N.P. - Boiling Springs lake - photo Russell Virgilio - NPS

 

Terminal Geyser n’en est pas un à proprement parlé ; il résulte d’un flux froid passant au dessus d’un évent de vapeur.

 

Lassen-peak---Terminal-geyser---Russell-Virgilio-NPS.JPG                  Lassen volcanic N.P. - Terminal Geyser - photo Russell Virgilio / NPS

 

 Les eaux chaudes et acides ne sont pas dépourvues de vie … des algues colorées et des bactéries sont présentes dans les partie les moins chaudes et dans les drainages. Des thermophiles , micro-organismes unicellulaires de type Archea, survivent au sein du système hydrothermal et sous la surface, à des températures de 80°C. Ces organismes puisent leur énergie en métabolisant les composés sulfureux ou le méthane , et ne sont pas dépendant de la lumière solaire.

 

Alg-and-bacterial-mats---USGS.jpg          Lassen Volcanic N.P. -  Sources chaudes tapissée d'algues et bactéries - photo NPS

 

Pour ne pas affecter ce système hydrothermal exceptionnel, une zone tampon a été créée au sud du parc volcanique, où l’exploitation géothermale reste interdite.

 

Sources :

- USGS / CVO - Hydrothermal activity - link

- USGS - "Hot water" in Lassen Volcanic Nationa Park - by M.Clynne & al.

- National Park Service - Lassen Volcanic National Park - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Les recherches de l’USGS au cours des dernières décades montrent que le Mt Baker est un des plus jeunes volcans de la chaîne des Cascades … cependant l’activité volcanique a débuté dans la région depuis des millions d’années, mais la plupart des laves et dépôts de tephra ont été enlevés par l’érosion glaciaire.

Au nord-est du Mt Baker, des roches de couleurs pâles marquent l’emplacement d’une ancienne caldeira, qui s’est effondrée suite à une éruption ignimbritique, il y a 1,15 Ma. : la caldeira Kulshan.

 

2010_NWGS_Fall_Trip_Baker_Guide34.jpgBord sud de la caldeira Kulshan, vu de Artist Point - Le dôme Ptarmigan, un dôme rhyodacitique post-caldeira, au centre droit, domine les ignimbrites claires intracaldériques  - photo Northwest Geological Society.

 

La caldeira Kulshan :

c’est une caldeira cylindroïde à parois abruptes de 4,5 km. sur 8, emplie d’ignimbrite rhyodacitique et de laves émises post-caldeira, située au pied nord-est du Mt Baker.

Une faille circulaire quasi-verticale dans le sous-basement rocheux des Cascades renferme 30 km² d’ignimbrites, mélangées à des brèches d’effondrement, d’une épaisseur de plus de 1.000 mètres.

lipman 97 bv06Au stade actuel, il est impossible de définir si l’effondrement s’est fait "au coup par coup" ou par "effet piston".

 

Schéma de formation de caldeira - doc. P.W. Lipman


Tout effondrement formateur de caldeira est lié à une dispersion de poussières volcaniques ordinairement correspondant à 20% du volume total érupté (> 50 km³).

On n’en trouve aucune trace dans le nord des Cascades, suite à l’érosion glaciaire ; seule trace au sud, à 200 km. de la source, une couche de cendres épaisse de 30 cm., nommée Lake Tapps tephra, dans le Puget lowland.

L’examen des dépôts cendreux distaux et du tuff intracaldeira suggère un épisode phréatomagmatique important durant une éruption qui pourrait avoir démarré sous la glace.

 

1-s2.0-S0377027303002907-gr3.jpg            Carte géologique simplifiée de la caldeira Kulshan - Doc. Wes Hildreth & al. 2003.

en rose : les ignimbrites intra-caldeira - en rouge : coulées et dykes rhyodacitiques - en orange : les sédiments stratifiés et riches en cendres post-caldeira - en bleu, vert et pourpre : les laves andésito-dacitiques post-caldeira -en jaune :  les dépôts d'avalanches de l'holocène. - - AP : Artist Point - CP : Coleman Pinacle - HM : Heather Meadows - KR : Kulshan ridge - PR : Ptarmigan ridge.

 

 

Kulshan-caldera-coupe-SO-NE.gif                            Coupe SO-NE de la caldeira Kulshan - Doc. Wes Hildreth & al.

 

Bien que la caldeira ne soit pas structurellement résurgente, plusieurs intrusions de laves rhyodacitiques intracaldériques reposent directement sur la couche d’ignimbrite ou sur les sédiments lacustres remaniés par les produits éruptifs. Principalement présentes plus au sud, les laves rhyodacitiques couvrent plus de 12 km².

 

Kulshan

  

 

Caldeira Kulshan - laves rhyodacitique en intrusion ou couverture de l'ignimbrite intra-caldérique. - photos Wes Hildreth & al. 2003.

 

(A) :  trois dômes de lave érodés surmontent les ignimbrites claires de la caldeira Oreamnos (rod), Corax (rcx), and Ptarmigan (rpd).

Coleman Pinnacle (acp) et  Lasiocarpa Ridge (alr)sont des restes andésitiques datés du milieu du Pléistocène.

 

 

(B) : Oreamnos lava dome, face SE :

A l'avant-plan, des sédiments stratifiés riches en cendres.

Une intrusion par un sill d'andésite foncé à gauche et à droite, un dyke d'andésite pratiquement vertical

 

 

(C) Le dôme Ptarmigan  - à droite, la silhouette de Coleman Pinacle se détache sur les neiges du Mt Baker.

 

 

Des laves andésitiques post-caldeira, andésite à olivine, pyroxène et hornblende, forment plus d’une cinquantaine de dykes, qui recoupent les ignimbrites, les sédiments et les laves rhyodacitiques.

 

Kulshan cald. - Table Mountain - Lee Siebert

La caldeira Kulshan - Table Mountain, au centre gauche, formée de coulées andésitiques - en fond, à gauche, Icy Peak dominant North fork Nooksack drainage - à droite, le Mt Shuksan couvert de glaciers. - photo Lee Siebert / Smithsonian Inst.

 

Une coulée dacitique particulièrement épaisse est présente à Table Mountains ; les géologues pensent qu’elle a été émise dans un canyon, qui a restreint son écoulement latéral, et où la coulée pourrait avoir formé un lac de lave. Après remplissage de la vallée par les coulées de lave, et solidification, l’œuvre des glaciers a forgé un toit plat, en inversion topographique.


Les caldeiras du quaternaire :

les caldeiras datées du quaternaire sont rares dans la Chaîne des Cascades, où on n’en retrouve que trois pour plus de 1.800 volcans : La caldeira de Crater Lake (éruption du Mazama), de Rockland, et la caldeira Kulshan.

Pourquoi sont-elles si rares ? Diverses hypothèses tentent de l’expliquer : - une croûte plus épaisse au niveau des Cascades - une convergence plus lente des plaques.

 

1-s2.0-S0377027303002907-gr1Localisation du champ volcanique Mont Baker (MBVF) - les villes sont symbolysées par des lettres :
 Bellingham (B), Vancouver (V), et Victoria (VC). Dans  southern Puget Lowland, sont situés Seattle (S), Tacoma (T), Olympia (O), et Hoodsport (H).

Dans l'insert, les principaux foyers magmatiques : Hannegan caldera (HC), Lake Ann stock (LA), Kulshan caldera (KC), Chowder Ridge focus (CR),  et les volcans récents Black Buttes and Mount Baker  (Hildreth et al., 2003) - Doc. Wes Hildreth & al. 2003.


Migration du magmatisme :

Au cours des derniers quatre millions d’années, on constate la migration du magmatisme vers le sud-ouest, avec un ratio de 5-6 mm./an.: depuis la caldeira Hannegan (HC) à 4 Ma, vers Lake Ann (LA) à 2,7 Ma, puis vers la caldeira Kulshan (KC) à 1,15 Ma et pour finit à Black Buttes/MtBaker il y a 500.000 ans. (voir insert ci-dessus).


Sources :

- GSA - Kulshan caldera: A Quaternary subglacial caldera in the North Cascades, Washington - By Wes Hildreth  

- Rhyodacites of Kulshan caldera, North Cascades of Washington: Postcaldera lavas that span the JaramilloWes Hildreth, Marvin A. Lanphere, Duane E. Champion, Judy Fierstein

-  Geology of the North Cascades: A mountain mosaic - by R. Tabor and R. Haugerud / USGS.

- Subsidence of ash-flow calderas: relation to caldera size and
magma-chamber geometry - P.W. Lipman

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