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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “fogo cap vert

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le volcan Unzen  … une dénomination qui englobe un complexe de plusieurs structures volcaniques d’un volume total de 35 km³, et qui caractérise géologiquement la pénisule Shimabara, située à l’ouest de l’île de Kyushu. Un graben tectonique actif recoupe ces structures volcaniques. 


Unzen---UN.volcanic-geopark.jpg                              Le volcan Unzen - photo Unzen Volcanic Geopark

A l'avant-plan, le Mayu-yama arboré, avec sa cicatrice d'avalanche de 1792 - au second plan, le Fugen-dake et les traces plus claires des dépôts éruptifs de 1990-95.

 

unzen-fugendake-eruption-executive-summary-1990-199501.jpgL'Unzen  rarement vu sous cet angle -  d'avant en arrière-plan : le Fugen-dake, son sommet et le dôme Heisei, le Mayu-yama (vert foncé) et l'agglomération de Shimabara en bordure de la baie - sur la droite, le système SABO - photo IVSC.

Formation de ce complexe volcanique :

shimabara-peninsula-geology---Kyushu-univ.-museum.gif              Carte géologique simplifiée de la péninsule Shimabara - doc. Kyushu University museum

 

1-s2.0-S0377027398001188-gr2.gif                Les principales failles qui marquent la péninsule Shimabara - doc. Tokyo Univ.

 

 - Période Hayasaki : Il y a 4 Ma, l’activité volcanique débute avec des émissions basaltiques au sud de la péninsule Shimabara.

- Période Minami-Shimabara : 2 Ma – 0,5 Ma . Des sédiments marins – formation Kushinotsu - se déposent dans un bassin formé par la subsidence consécutive à l’action des failles sous une tension nord-sud.
- Période Unzen : 500.000 ans – actuellement.
Le volcan Unzen commence à se développer sur des andésites, du le période pré-Unzen (800.000 – 500.000 ans). La période Unzen se subdivise en trois épisodes : Unzen ancien stade précoce, Unzen ancien stade tardif, et Jeune Unzen.


Section-of-Unzen-volcano.jpgCoupe simplifiée du Volcan Unzen - L'orientation de la coupe et les couleurs sont indépendantes de celles de la carte ci-dessus - doc. H. Hoshizumi.

Le stade précoce Unzen ancien, de 500.000 à 300.000 ans, consiste en coulées pyroclastiques riches en ponces, en coulées de blocs et de cendres, associées à des coulées de débris volcanoclastiques et d’épaisses coulées de lave. Le volcan a eu une croissance rapide au cours des 200.000 premières années de son histoire et a formé un cône volcanique.
Le stade tardif  Unzen ancien , de 300.000 à 150.000 ans, est lié à une activité intra-graben, avec d’épaisses coulées de lave côté ouest interne du graben. Entre 300.000 et 200.000 ans, une subsidence rapide du graben a conduit à une interaction, entre le magma et les eaux souterraines, et à des explosions hydromagmatiques.
Le Jeune Unzen se compose de quatre édiices : Le No-dake, le Myoken-dake, Le Fugen-dake et le Mayu-yama, tous localisés côté Est du volcan. Ce flanc Est est marqué par des dépôts de cendres, de blocs et de débris.


vol_08c2.jpg                                   Les différentes composantes du Jeune Unzen - doc.GSJ.


Bien que le Mayu-yama soit le structure la plus récente, vieille de seulement 4.000 ans, c’est le Fugen-dake qui a été le centre de la plupart des épisodes volcaniques au cours des derniers 20.000 ans, y inclus les épisodes effusifs de 1663, l’avalanche de débris de 1792, et l’éruption de 1990-1995.  

 

 

Le graben de l’Unzen, compris entre la faille Chiujiwa au nord et la faille Futsu au sud, est toujours en subsidence de quelques millimètres par an.  

 

Unzen-1792-landslide-Mayu-yama---map-Shimabara-city-Honko-t.jpg  Carte ancienne de l'avalanche de débris du Mayu-yama de 1792 - doc. Shimabara city honko temple.

 

L’éruption Heisei de 1990-95 :

Dès mi-avril, l’activité se déplace de l’évent Byobu-iwa à l’évent Jigoku-ato, accompagnée d’une sismicité élevée à l’ouest du pic Fugen-dake.

Un dôme de lave s’est mis en place dans le cratère … de petites émissions de cendres en émanent et des fissures laissent entrevoir l’intérieur incandescent.

 

Unzen---03.06.91---N.Ozeki.JPG                Unzen - Fugen-dake -  coulée pyroclastique du 03.06.1991 - photo N. Oseki


Le 3 juin, une explosion audible et un trémor enregistré durant 6 minutes signale l’effondrement d’une partie du dôme … une importante coulée pyroclastique se forme près du sommet et dévale le flanc est du volcan à plus de 100 km/h., atteignant la périphérie de Kita-Kamikoba, à 3,2 km. du dôme du 20 mai. Elle détruit une cinquantaine de maisons et emporte au passage 43 personnes dans la zone interdite, dont de nombreux secouristes, des journalistes et trois volcanologues, Harry Glicken, Katia et Maurice Krafft. Un surge cendreux se détache de la nuée ardente et parcourt 800 m. de plus, renversant des arbres, brûlant des maisons et laissant un dépôt épais de plus de 30 cm. Le volume total des dépôts est estimé à 73.000 m³.

La lave continue à sortir, produisant une langue de 100 m de long sur 70-80 m de large le 5 juin. Des explosions produisent de petits panaches hauts d’une centaine de mètres. Le 7 juin, la zone d’évacuation est agrandie, portant le nombres d’évacués à un total de 7.200.

Une nouvelle nuée ardente se développe le 8 juin, détruisant 73 maisons de plus à Shimabara et Fukae, sans faire de victimes … l’extrusion du dôme et les coulées pyroclastiques se poursuivent ensuite.

(N.B.: les chiffres du GVP et de l'USGS diffèrent un peu, sans incidence sur l'explication du déroulement des évènements.)

 

1991--03---08.06.pngAire de distribution des coulées pyroclastiques des 3 et 8 juin 1991 - From Nakada and Kobayashi (1991).

 

Unzen-dome-10.1991---USGS-Tom-Casadevall.jpg                     Unzen - le dôme de lave en octobre 1991 -  photo Tom Casadevall / USGS


Unzen-23.06.1993---Setsuya-Nakaa-Kyushu-un-jpg

   Unzen - Fugen-dake :  la coulée pyroclastique du 23.06.1993  - photo Setsuya Nakaa / Université de Kyushu.

 

Unzen---Fugendake-lava-dome-du-NE---T.Soya-94.JPG                                               Unzen - le dôme de lave en 1994 - photo T. Soya

 

L’éruption se termine en février 1995.

Suite à cet épisode éruptif, le système d'avalanches SABO fut augmenté et parfait.

 

depots-coulees-pyro-11.09-92-Unzen----Takash-Yamada.jpg

 

 

 

L'Unzen et les zones de dépôts en septembre 1992 - photo Takash Yamada

 

 

Ci dessous, Les modifications apportées ultérieurement au système SABO et le rehaussement du Triangle Anaka, en bordure de mer - doc. IVSC - International Volcanic SABO center

 

unzen---IVSC-International-volcanicSABO-center.jpg

 

Une photo 2012, attestant du temps variable sur les sommets japonais ...

 

unzen - 2 - AVE

                   Unzen - le sommet du Heisei Shinzan dans les nuages - © Antony Van Eeten 2012

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Unzen

- USGS / CVO - Unzen volcano

- The Smithsonian - Nasa Astrophysics data system : Growth history of Unzen volcano, Kyushu, Japan  - results of two flank drillings of Unzen scientific drilling project - by Hoshizumi & al.

- SABO international project / Unzen-Fugendake eruption executive summary 1990-1995 - published in 1997 - link

 

Remember :

 

 

Montage vidéo sur base d'un document du National Geographic / You Tube.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 31516_1484996726264_1274264879_1390035_25448_n-1--RGoad.jpg

                El Chichon et les collines environnantes - photo René Goad / Volcanoplanet.

 

El Chichon , appelé aussi El Chichonal, est un petit cône de tuff trachyandésitique et un complexe de dômes de lave, situé dans une région isolée du Chiapas, à distance du champ volcanique trans-mexicain.

 

F1.large.jpgEl Chichon fait partie du (Modern) Chiapanecan Volcanic Arc - (M)CVA - positionné de façon intermédiaire entre le Trans Mexican Volcanic Arc  - TMVB - et le CAVA - Central American Volcanic Arc

 

L'initiation d'une subduction "plate" au milieu du Miocène dans le centre du Mexique pourrait avoir généré une entrée de manteau chaud en coin, depuis le NO vers le SE, avec la création de l'arc volcanique du Chiapas. La position et le volcanisme alcalin-potassique du Chichon serait liés à l'arrivée de la dorsale hautement serpentinisée Tehuantepec sous l'arc volcanique du Chiapas ... la déserpentinisation de la dorsale Tehuantepec aurait relâché des quantités importantes d'eau dans le manteau superposé, favorisant par conséquent une fusion de l'intrusion mantellique et probablement de la plaque.

 

El-Chichin-1981---Rene-Canul-GVP.jpg

El Chichon en 1981 - la photo n'est pas très bonne, mais documente bien la topographie locale avant l'éruption  - photo René Canul / GVP.

 

Avant 1982, ce volcan était relativement peu connu des habitants et même des volcanologues ; il était densément couvert de forêts et pas beaucoup plus haut que les collines voisines d’origine non volcanique. Un large dôme, formant le sommet du volcan, s’est construit dans le cratère sommital large de 2 km. sur 1,6, il y a 220.000 ans. Deux autres cratères sont situés respectivement sur ses flancs SO et SE. , le SE rempli par un dôme. Un autre dôme est localisé sur son flanc NO.  L’activité explosive a marqué le milieu de l’Holocène.

 

L'éruption de 1982 :

En fin 1981, les indiens Zoque vivant dans la région commencent à ressentir des séismes , à entendre des grondements souterrains et à percevoir une odeur d’œufs pourris. L’eau des rivières se réchauffe.

En mars 1982, on compte 10 à 25 séismes de magnitude 4 par jour , localisés à 5 km. de profondeur. Le 27 mars, c’est soixante séismes par heure , et à 2 km. seulement sous la surface.

Le dimanche 28 mars, les séismes s’arrêtent vers 21 h.30 … mais à 23h.32, une colossale explosion fait sauter un quart du dôme sommital et ouvre une bouche d’où fusent gaz et cendres durant six heures ; le panache atteint, en 40 minutes, une hauteur de 17 km. et un diamètre de 40 km. L’énorme onde de choc est perçue au Texas, en Alaska et jusqu’en Antarctique. C’est la panique … puis le volcan semble se calmer.

Le 3 avril, deux explosions agrandissent le conduit éruptif du dôme. Et Le 4 avril, entre 1h35 et 5h30, c’est le paroxysme ! Le reste du dôme est pulvérisé ; un panache monte à 24 km. de hauteur et sous l’effet du souffle, tout est balayé dans un zone allant jusqu’à 8.000 mètres du cratère. Les surges pyroclastiques ont sauté des crêtes de 300 m. de hauteur.

Une deuxième vague paroxysmale commence vers 11 h10, et le volcan crache pendant 7 heures un panache, qui va monter à 18 km. et recouvrir de cendres 50.000 km² à l’est du volcan.


 

14chi03f.png

Distribution des dépôts de coulées et surges pyroclastiques de mars-avril 1982 - Les surges S-1 et S-2 sont associés à la première explosion du 4 avril ; le surge S-3 à la seconde explosion du 4 avril - From Sigurdsson, Carey, and Fisher (1987).


Les dépôts pyroclastiques vont former un barrage naturel sur la rivière Magdalena-Ostuacán, à 4-5 km.du cratère et la formation consécutive d’un lac provisoire de 5 km. de long. Les millions de m³ d’eau accumulées vont brutalement se déverser dans la vallée à la rupture du barrage le 26 mai, 7 semaines après la fin de l’éruption, et causer un lahar meurtrier (la température de l’eau est mesurée à 82°C)

 

El-Chichon-Pyrocl.-flows-and-surges-1982----Bill-Rose.jpgZone dévastée par les surges et coulées pyroclastiques en mars-avril 1982 - une forte érosion des dépôts au cours de la saison des pluies se remarque sur cette photo aérienne de janvier 1983 - photo Bill Rose/MTU

 

Quand s’arrête le cataclysme, le volcan a perdu une hauteur de 260 mètres, et à la place du dôme, s’ouvre un cratère de 1.000 m. de diamètre, profond de 230m. Près d’un milliards de tonnes de produits volcanique ont été crachés par El Chichon.

La première observation du cratère, le 25 avril, laisse voir trois petits lacs qui occupent le fond de celui-ci. Ils vont fusionner en un seul lac, qui atteindra la profondeur de 120 mètre, et qui sous l’effet des gaz qui le traversent, va devenir acide. En janvier 1983, sa température est mesurée à 52-58°C et le pH à 0,5 – En octobre, la température a chutée à 42°C et le ph est remonté à 1,8. (MTU).

 

El-Chichon-06.1982---W.Duffield-USGS.jpgEl Chichon - Aspect du cratère en juin 1982 , avec de petits lacs séparés et une intense activité fumerollienne - photo W.Duffield / USGS.


L’éruption a fait au total 2500 morts, victimes surtout des surges et coulées pyroclastiques.

En 2000, on a enregistré une hausse de la température du lac … présage d’un regain d’activité du volcan ?  (d'après M.Krafft)

 

el-chichon---explorevolcanoesnow-copie-1.jpg   Configuration actuelle de la région sommitale du Chichon - photo Explorevolcanoesnow.

 

31516_1485025246977_1274264879_1390055_6686668_n-RGoad.jpgEl Chichon - le chemin d'accès au sommet emprunte les drainages naturels - photo René Goad / Volcanoplanet.


31516_1485014006696_1274264879_1390042_7675715_n-RGoad.jpg

La couleur orange de l'eau est un dépôt de fer du au passage de l'eau au travers des dépôts de coulées pyroclastiques - photo René Goad.

 

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La caldeira du Chichon et son lac acide en 2010 - On peut voir les glissements de terrain dans la caldeira - photo René Goad.

 

31516_1485076048247_1274264879_1390242_2914260_n.jpg

Il reste encore des fumerolles sur le plancher de la caldeira, trente ans après l'éruption - la couleur bleu-vert de l'eau acide est due en partie à une haute concentration en minéraux dissous, en partie aux sediments légèrement colorés continuellement remués par les zones où l'eau est en ébullition. - photo René Goad

 

Influences à plus grande échelle :

Cette éruption, à haute teneur en soufre, a injecté dans la haute atmosphère une masse de poussières volcaniques mêlée à des gouttelettes d’acide sulfurique estimée à 20 millions de tonnes. Ce nuage est entrainé vers l’ouest par les vents d’altitude et fait un premier tour du globe en 21 jours, s’étalant sur une bande de 2.000 km. de large. Il va, durant trois ans, arrêter, par réflexion, 25% du rayonnement solaire en haute altitude et faire baisser ainsi la température annuelle globale de presque un degré.

 

Mauna_Loa_atmospheric_transmission---El-Chichon.pngDiminution de la radiation solaire due aux éruptions du Chichon  (76% transmis contre 90-92 habituellement) et du Pinatubo (82% transmis) - doc. HVO

 

volcantemp.jpg

Diminution en corollaire de la température de la troposphère comprise entre 0,2 à 0,4°C entre les années 1982 et 1987 - doc. NOAA / Intellicast.


el-chichon-ghcn_giss_hr2sst_1200km_anom0112_1983_1984_1980_.gifAnomalie de température au niveau mondial pour les années 1983-84 comparées à la décade - zone blanche prédominante , comprise entre + 2°C et - 2°C.


Ce manque d’énergie solaire va expliquer les records de froid enregistrés en 83-84 dans l’est des Etats-Unis et en 84-85 en Europe. Je me rappelle personnellement d’un mois de janvier 1985, où la température est descendu jusque moins 18°C, faisant paraffiner le mazout entre la cuve et la chaudière, et grillant 50% des rosiers du jardin. Des températures allant jusqu’à -30°C ont été relevées chez nous et on a constaté en France une surmortalité de 13%, due principalement aux maladies cardiaques et aux pneumonies cet hiver là.

 

Meteo-Belge-01.1985.gifCarte des températures le 15.01.1985 - une "goutte bleue" indique les basses températures (moins 15-16°C) sur les Pays-Bas, la Belgique et une bande centrale allant du nord de la France aux Pyrénées - doc. Météo Belge.

 

Addendum : un rapport scientifique concernant les écarts de température et la mortalité en France réalisé par Magali Barbieri, chercheur à l'INED, vient de m'être fourni par Michel Lecouteur / L.A.V.E. ; celui-ci me communique pour janvier 1985, un écart de -3,3°C et pour février 1986, un écart de -6,1°C, par rapport à des données mensuelles sur 300 ans (d'après une conférence du Dr. Rousseau - météo France).

Ces renseignements complètent utilement les graphiques et données précédentes.


 

El-Chichon-Inded.JPG         Graphique réalisé par Michel Lecouteur, que je remercie, d'après M.Barbieri / Ined.

 

 Des études ultérieures à l’éruption ont prouvé que le Chichon avait enregistré dix éruptions explosives de puissance similaire au cours des 3.700 dernières années … certaines de ses activités peuvent avoir eu une influence déterminante sur le développement de la civilisation Maya, dans la mesure où les principales cités du Chiapas étaient situées sous les vents par rapport au volcan et exposées à des retombées de cendres massives.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - El Chichon.

-  "Les plus beaux volcans " par Katia et Maurice Krafft

Editions Solar, Paris, 1985 - Collection : Autour du Monde

- Volcanoplanet - by René Goad - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

En faisant l'examen du volcanisme islandais , en suivant la dorsale médio-Atlantique, on débute par le sud-ouest et "Reykjanes".

Reykjanes est un “qualificatif” appliqué à la dorsale et à la péninsule … il convient de bien distinguer les deux structures.

 

La dorsale de Reykjanes , part de la dorsale médio-Atlantique :

 

L’Islande est un domaine émergé de la dorsale médio-atlantique, longue de 15 000 km, appartenant au vaste système de chaînes volcaniques sous-marines où se forme la croûte océanique.

 

A-GIceland-2.jpg

Image bathimétrique de l'Atlantique Nord-


La partie nord de la dorsale médio-Atlantique marque la limite d'écartement des plaques Eurasie/Amérique du Nord à environ 1-2 cm/an dans la direction E-W.

Haute, en moyenne de 1500m, reposant sur des fonds de moins 4000m, la dorsale reste normalement sous-marine.

 
01b---CNRS.jpgIcelandNAtl - People.usd.edu

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  La dorsale médio-Atlantique sépare les plaques tectoniques Nord-américaine et Eurasienne.

à gauche, la partie au sud-ouest de l'Islande est appelée dorsale de Reykjanes - doc. people.usd.edu. - doc. de droite, CNRS.


En Islande comme aux Açores ou à Sainte-Hélène, l’axe de la dorsale coïncide avec un panache mantellique, remontée de roches chaudes provenant de la base du manteau inférieur. Ce "point chaud" augmente considérablement la production de magma. Il y a environ 20 Ma, l’accumulation de roches volcaniques a fait émerger l’île et permet aujourd’hui d’observer à terre des processus d’extension classiquement sous-marins.

 

La tomographie sismique révèle une anomalie de vitesse jusqu’à 400 km. puis 2.800 km. de profondeur ( 1999). Cette anomalie de vitesse est interprétée comme la remontée d’un panache profond à l’origine du point chaud islandais, qui provoque un bombement de la lithosphère observé en surface sur plus de 1.000 km. de diamètre.  

 

 

islande-fig04.jpgIslande tomographie pt.chaud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Images de tomographie sismique du panache islandais et reconstitution en 3D de celui-ci -

Doc. ENS Lyon - à gauche : Source : H.Bijwaard et W.Spackman EPSL, vol. 166 pp. 121-26, 1999.  -  à droite : Source : Nature, vol. 385, pp. 245-247, 1997.


Elle indique de plus que le manteau, source des laves islandaises, peut comporter une composante très profonde – la couche « D » - qui est de composition différente de l’asthénosphère, celle-ci étant à l’origine des MORB – Middle Oceanic Ridge Basalt  (*)  - de la dorsale médio-Atlantique. Au cours des temps géologiques, la couche « D » accumulerait des composants de la croûte recyclés dans le manteau via le processus de subduction … la couche « D » acquiert ainsi une signature isotopique différente de celle de l’asthénosphère : elle est plus radiogénique en strontium (rapport 87Sr/86Sr élevé) et moins radiogénique en néodyme (rapport 143Nd/144Nd faible) que l’asthénosphère.

 

islande-fig05.gif

Diagramme isotopique et carte de localisation des études géochimiques sur la dorsale médio-atlantique. - doc. ENS Lyon / Hervé Bertrand / R.N.Taylor & al.

Les résultats concernant l'Islande en orange, ceux de la dorsale de Reykjanes en points verts.

 

Ainsi sur un diagramme isotopique Nd-Sr, on constate que les laves de la dorsale, celles d’Islande et celles des Açores (un autre point chaud de l’Atlantique) occupent des champs différents. Ceci s’explique par un mélange, en proportions variables, entre un manteau source radiogénique en Nd et peu radiogénique en Sr (en haut à gauche du diagramme : c’est l’asthénosphère) et un manteau source radiogénique en Sr et peu radiogénique en Nd (en bas à droite du diagramme, hors cadre : c’est le panache). La composante asthénosphérique est prépondérante sous la dorsale (MORB Atlantique). L’influence du composant panache est la plus nette sous les Açores (excentrées par rapport à la dorsale).


La composition isotopique intermédiaire des basaltes islandais suggère donc une dilution du panache par l’asthénosphère qui s’explique par la position de l’Islande à l’aplomb de la dorsale. Cette dilution augmente progressivement le long de la dorsale de Reykjanes, lorsqu'on s’éloigne du point chaud islandais.

 

 

La dorsale de Reykjanes – ou zone de rift de Reykjanes – est active et a connu au cours de la dernière décennie plusieurs épisodes de rifting, accompagnés de nombreux séismes, mais sans épisode éruptif ; les plus violents séismes remontent à 1789.

 

La péninsule de Reykjanes :


Elle n’a plus connu d’éruption volcanique depuis le Moyen-Age, la plus récente datant de 1240 après JC., avec la création du champ de lave de Illahraun.

 

F1.large-copie-1.jpgLes quatre systèmes volcaniques de la péninsule de Reykjanes et les zones géothermiques - doc. ISOR


Quatre systèmes volcaniques caractérisent la péninsule, couverte par des laves datées de l’Holocène :

- Les zones géothermiques de Gunnuhver et de Svartsengi, avec le Blue Lagoon.

- Krysuvik et le volcan Trölladyngja

- Le cône de palagonite du Keilir.

- Brenninsteinsfjöll

 

Gunnuhver est une aire géothermique à haute temperature (plus de 300°C) et une exception islandaise : les eaux souterraines du réservoir sont à 100% constituées d'eau de mer, riche en chlorures et chargée en silice, pouvant constituer des cônes de geysérite. La péninsule est soumise à des essaims sismiques qui ont causé un glissement sur une fissure passant par Gunnuhver, il y a une quarantaine d’années ; ces mouvements de terrain ont ravivé le champ fumerollien et permis un échapattoire sous forme de geysers : les bouches de deux anciens geysers sont visibles à Kisilholl ( Silica hill) .

Son nom est lié à celui de Guðrún, un spectre qui a causé de nombreux incidents, jusqu’à l’intervention d’un prêtre, Eirikur Magnusson, qui la piégea et la fit tomber dans une source.

 

-Gunnuhver-zone-geotherm.---Christian-Bickel-2.jpg                         La zone géothermique de Gunnuhver - photo Christian Bickel

-Gunnuhver 22.05.2006 - Hans Ueli KrapfIslande, née du feu de la Terre - Zone géothermique de Gunnuhver - photo Hans Ueli Krapf.


Svartsengi qualifie une zone géothermique et sa centrale, la première au monde à utiliser une géothermie de haute température pour la cogénération. Elle produit l’énergie thermique pour le chauffage et de l’électricité ; après avoir servie, l’eau est refroidie vers 40°C et relâchée ensuite dans le célèbre Blue Lagoon. Cette eau fortement minéralisée a des propriétés dermothérapeutiques, e.a pour les soins du psoriasis.


 

 

 

Blue-lagoon----AVE-15.jpg

                                    Svartsengi - Blue Lagoon - © Antony Van Eeten

 

Blue-lagoon----AVE-14.jpg

Blue lagoon, la zone de baignade surveillée et au loin, la centrale géothermique - © Antony Van Eeten

 

(*) : MORB signifie : middle océanic ridge basalt. 

Ce sont les roches les plus abondantes à la surface de la planète. Elles se forment à l'aplomb des dorsales médio-océaniques en contexte extensif, en zone d'accrétion. A la limite de deux plaques divergentes, une nouvelle croûte océanique se forme suite à des remontées de matériaux mantelliques ; sous la pression exercée par la colonne d’eau, les laves émises restent effusives et forment des pillow lava.

 

Sources :

- Woods Hole Oceanographic Institution - Mid atlantic ridge volcanic processes - link

-Planet-Terre / ENS Lyon - L'Islande, une interaction point chaud - dorsale - par Hervé Bertrand - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Canyon-de-Colca-AVE-3-.JPG

          Le canyon de Colca découpe les massifs verdoyants environnants - © Antony Van Eeten

 

 

Le canyon de Colca, creusé par la rivière du même nom, est localisé à 160 km. au nord-ouest d'Arequipa. Plus profond que le Grand Canyon nord-américain, c'est le plus profond canyon au monde, bien que ses parois soient moins verticales que son homologue plus nordique. Il est aussi plus vert et habité par les peuplades Collaguas et Cabanas, qui ont continué à cultiver les terrasses pré-Inca.

 

Canyon-de-Colca-AVE-2-.JPG        Canyon de Colca - les sculpturales terrasses pré-Incas - © Antony Van Eeten

 


Le canyon de Colca est exploité par le condor des Andes - Vultur gryphus - charognard et éboueur (il nettoie les montagnes des carcasses de camélidés), qui profite des courants aériens ascendants pour prospecter son territoire; il peut atteindre occasionnellement une altitude de 5.000 mètres, grâce à sa surface alaire importante (envergure : 3,20 m.).

 

Condor-des-andes---Colca-canyon---AVE2010.jpg                 Le plané majestueux du seigneur des andes - © Antony Van Eeten 

 

Le condor des Andes était un oiseau mythique et vénéré pour les peuples Incas. Les Nazcas ont créé un géoglyphe représentant un condor dans le désert de Nazca. Dans les Andes centrales, le temple du Condor situé dans l'ancienne llaqta (cité) inca Machu Picchu est un lieu voué à la symbolique du condor. En ce lieu, les Incas ont composé par un mélange complexe de roches naturelles et de roches taillées, les ailes déployées d'un condor en vol. À l'étage du temple se trouve un rocher sculpté en forme de tête de condor avec sa collerette de plumes de son cou. Les historiens pensent que la tête du condor a été utilisé comme un autel sacrificiel  . D'ailleurs le plan entier du Machu Picchu laisse penser à la forme d'un condor. Les Incas, en effet, donnaient à leurs cités la forme de leurs animaux sacrés.

 

185712_10150105287371441_645396440_6669971_3977290_n.jpgPour la beauté du site, et pour remercier Antony de son généreux partage photo ... Machu Picchu émergeant des nuages ...une merveille - © Antony Van Eeten 


 C haque année en juillet au Pérou , se déroule la fête du Yawar.  Organisée dans la localité très reculée de  Ccollurqui, un condor, symbole des Indiens andins, livre un combat contre un taureau qui symbolise quant à lui l'espagnol et le conquistador. Dans une arène, un condor est attaché au dos d'un taureau qui va être excité par les ponchos des espontaneados. Le grand oiseau tente de se libérer en assénant au taureau des violents coups de bec. Dans la plupart du temps le taureau sera vaincu et la victoire du condor qu'on libère, donnera l'occasion de poursuivre les festivités. Ce combat qui se transforme en un véritable rituel représente la revanche des Indiens sur les conquistadores.

 

Condor_flying_over_the_Colca_canyon_in_Peru--2.JPGSur cette photo d'Abehm-de, on distingue les caractéristiques du grand voilier : larges et longues ailes aux extrémités digitées, queue en éventail directrice, tête et cou sans plumes communes aux charognards, crête chez le mâle.

 

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Au sud du canyon de Colca, se situe le complexe volcanique du Sabancaya :  composé de trois hauts volcans, le Nevado Ampato - 6.288 m. -, de l'Hualca Hualca - 6.025 m. -, et ensellé entre les deux, le Nevado Sabancaya - 5.976 m. , le seul actif au cours de la période historique.

 

Sabancaya-complex---Ampato-G--Sabancaya--Hualca-Hualca-D.jpgDe gauche à droite, l'Ampato, le Sabancaya et le Hualca hualca - doc. Norm Banks /USGS

 

Le Nevado Ampato est un volcan endormi, haut de 6.288 mètres; il doit son nom à sa forme générale, un crapaud ... en quechua, Janp'atu .

Un volcan ne lâche pas que de la lave et des bombes... il livre aussi des momies !

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photo Terra Andina.

 

En septembre 1995, l'éruption du Sabancaya, qui lui est accolé, a provoqué la fonte d'une partie du glacier de l'Ampato, permettant à l'archéologue américain Johan Reinhard de découvrir une momie dont la conservation était presque parfaite, en raison des grands froids sévissant à cette altitude. baptisée Juanita, elle est conservée au Museo Santuarios Andinos d'Arequipa.

Les Incas crapahutaient sur les glaciers à plus de 6000 m pour vénérer les montagnes comme des divinités pourvoyeuses d’eau et de fertilité, et leur faire offrandes et sacrifices. Nombreux sont les vestiges de cérémonies retrouvés sur les hauts sommets andins comme le cerro El Plomo au Chili, le Licancabur ou le Sajama en Bolivie, le Salcantay au Pérou. Alpinistes avant l’heure, les Incas montaient là-haut pour rencontrer leurs Dieux. Les vrais explorateurs de la Cordillère des Andes ne sont pas les Occidentaux mais bien les Quechuas et les Aymaras, descendants des Incas et gardiens des traditions et des croyances liés à ces sommets.

Le cadavre de la fillette était recouvert de fines étoffes incaïques. Ses tissus et liquides organiques étant pratiquement intacts, les bactéries et les virus qu’ils contenaient permirent de livrer des indications sur l’état sanitaire des populations indiennes de l’époque et le contenu de son estomac donna un aperçu de l’alimentation d’alors. À ses côtés, ils retrouvèrent également un petit sac rempli de feuilles de coca et plusieurs types d'offrandes : vases à chicha (bière de maïs), lamas en argent, figurines couvertes de tissu.

 

Hualca hualca du Sabancaya - Summitpost - Tim                       Le Hualca Hualca, vu du Sabancaya - photo Tim / Summitpost.

 

Le Nevado Hualca Hualca , haut de 60.25 m., est lui aussi considéré comme éteint. Le sommet est formé d'un grand plateau irrégulier d'où émergent de nombreux pics.

Bien que fréquentés depuis très longtemps par les descendants des incas qui voulaient ainsi se rapprocher des dieux, on ne rapporte que les premières ascensions " modernes" du massif en 1966.

 

Hualca hualca sommet - Summitpost                    Le sommet accidenté du Hualca Hualca - photo Summitpost.

 

Le Nevado Sabancaya, ensellé entre ses voisins, est un stratovolcan actif ... son nom en quechua signifie "langue de feu" !

Avec une altitude de 5.976 m., c'est le septième plus haut volcan actif au monde, après le Nevado Ojos del Salado (6.864 m.), le Sajama (6.542 m.), l'Antofolla (6.409 m.), el Condor (6.373 m.), le Guallatiri (6.060 m) et le San Pedro chilien (6.039 m.).

 

Sabancaya--AVE-2010.jpg                         L'Ampato et le Sabancaya - 2010 - © Antony Van Eeten 


Son activité historique est reportée depuis 1750.

Durant l’Holocène, son activité a alterné les phases pliniennes violentes et l’émission de lentes mais volumineuses coulées de lave andésitiques et dacitiques.

 

Sabancaya-ISS024-E-008396---15.07.2010.jpg

Les importantes coulées andésitiques et dacitiques du Sabancaya s'étendent au NO et au SE, entre les volcans voisins - Astronaut photograph ISS024-E-8396 was acquired on July 15, 2010 - Nasa.

 

Après une interruption de plus de deux siècles (de 1784 à 1986), il est entré de nouveau en activité en décembre 1986 (émission de fumerolles) puis en éruption le 19 mai 1990. Une phase d'explosions et d'émissions de cendres est allée en s'accentuant jusqu'à fin juin pour décroître jusqu'au mois de novembre.

Un dôme de lave visqueuse croît plus ou moins régulièrement au sommet, avec des phases de destruction partielle par des explosions de type vulcanien.

 

Sabancaya ér.vulcanienne 15.04.1991 - Pierre Vets-copie-1                   Sabancaya - éruption vulcanienne du 15.04.1991 - photo Pierre Vetsch.


En novembre et décembre 1991, plusieurs éruptions eurent lieu qui dégagèrent des panaches de cendres atteignant 5 à 8 kilomètres de haut. L'activité a continué avec des coulées de boue et des tremblements de terre associés. En février 1992, les localités voisines du volcan ont dû être évacuées à cause des pluies de cendres. Le 5 mars 1994, une nouvelle explosion s'est produite dégageant une colonne de cendres d'une hauteur de 2,5 kilomètres formant un panache gris-foncé. Une autre éruption a eu lieu le 7 mars. Des éruptions se sont produites les années suivantes de 1995 à 1998.

Il s'est encore manifesté en 2000 et 2003, année où des cendres récentes ont été aperçues au sommet.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Sabancaya

- Terra Cordillera - Juanita, princesse des glaces - récit sur le volcan Ampato

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Uyuni Ave 5

                       Le Salar d'Uyuni - © Antony Van Eeten 2010-2011.


Uyuni est un endroit vraiment spécial ... ce nom qualifie une ville modeste et son décor. Située sur l'altiplano, Uyuni a  ses rues qui débouchent sur un décor surnaturel : une mer de sel blanche, aveuglante, plus grande que la Corse : le salar d'Uyuni.

Ce salar couvre 12.100 km² , soit le double du grand lac salé des Etats-Unis (le great salt lake, près de Salt Lake City).

A la différence du Salar d'Atacama, il est recouvert en été par les pluies, à un point tel que sa traversée en 4x4 devient impossible. En hiver, on peut s'y aventurer en véhicule et accéder à l'Isla de Los Pescadores et au volcan Tunupa. Cette inondation périodique est responsable de la planéité de sa surface.


Uyuni-Ave-17-copie-1.jpg Lorsque les eaux le recouvrent, le salar devient un immense miroir - © Antony Van Eeten

 

Uyuni-Ave-18.jpg A cette période de l'année, de grandes zones sont déjà sous eau - © Antony Van Eeten

 

Son origine est un ancien et très grand lac préhistorique, le lac Minchin, daté au radiocarbone entre 30.000 et 42.000 ans. Ce lac fut pris au piège par le soulèvement andin et s'est élevé à 3.760 m.

 

Contexte géomorphologique et paléoclimatique de l'altiplano central, il y a 17-15.000 ans. La paléoligne de rivage du lac Tauca en bleu clair - la limite du bassin versant Titicaca-Tauca en orange - Doc. CRPG (INSU-CNRS)

ib3654-a-localisation-altiplano-b-contextes-geomorphologiqu.jpgCe lac s'est transformé en un paléolac nommé Tauca, profond de 140 mètres, entre 13-18.000 ans (ou 15.000-26.000 ans selon d'autres sources).

La formation la plus jeune est le lac Coipasa, daté de 11.500-13.400 ans.

En s'asséchant, le lac Coipasa se sépara en deux entités modernes, les lacs Poopo et Uru Uru, et deux salars, le salar de Coipasa et le salar d'Uyuni.

Le lac Poopo est proche du lac Titicaca, et reçoit son excédent avant de le relarguer dans les deux salars.

 

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Sous la surface du salar, on détecte la présence d'un lac de saumure profond de 2 à 20 mètres; la composition de la saumure est une solution sursaturée de chlorure de soude, de chlorure de lithium et de magnésium.

La croûte solide qui le recouvre varie entre une dizaine de centimètres et quelques mètres; elle est caractérisée par de multiples hexagones, dont les côtés sont formés de cristaux d'halite de 3 à 5 cm. d'épaisseur.

 

Au centre du salar, se dressent quelques "îles", en réalité des vestiges du sommet d'anciens volcans submergés durant la période de vie du lac Minchin. On y retrouve des structures fragiles ressemblant à du corail, constituées d'algues et de fossiles.

 

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  Salar d'Uyuni -  L'Isla de Los Pescadores et ses Echinopsis, et autre Trichoerus- © Antony Van Eeten

 

Uyuni-Ave-2.jpg    Miracle de la vie : de splendides fleurs de cactus dans ce désert de sel - © Antony Van Eeten

 


L'Isla de Los Pescadores, ou île d'Incahuasi (maison de l'Inca), est une pseudo-île : la colline entourée par le salar, se transforme en île lorsque l'eau recouvre le désert salé, empêchant son accès pédestre.

L'île est couverte de stromatolites, colonies bactériennes fossilisées, premières traces de vie sur terre.

Preuve que la vie est tenace, dans cet univers salé et soumis à un climat rigoureux, dès qu'un substrat le permet, elle s'installe ... des centaines de cactus habillent les pentes de l'île et certains atteignent quatre mètres de haut !

A vos calculettes : sachant que la croissance de cette espèce de cactus est d'environ 1 cm. par an, quel est l'âge d'un spécimen de 4 mètres ? (*)

 

A Colchani, des hôtels construits en briques de sel peuvent vous accueillir pour "une nuit insolite". ( Hotel de Sal Playa blanca - hotel Luna Salada )


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                                   L'hôtel de Sal Playa Blanca - © Antony Van Eeten

 

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Ici tout est en sel : les murs, les tables, les sièges, les lits. Notre ami Antony n'attend plus que son apéritif, suivi de son curry de lama ... espérons que la note ne soit pas "salée" ! -  © Antony Van Eeten

 

 

L'exploitation du sel, le tourisme et l'administration sont les trois moyens de subsistance de la population d'Uyuni.

 

Piles_of_Salt_Salar_de_Uyuni_Bolivia_Luca_Galuzzi_2006.jpg                        Salar d'Uyuni - Pyramides de sel - photo Luca Galuzzi 2006.

 

Le site, et son sel riche en lithium, a déjà attiré l’attention des grandes entreprises de fabrication de batteries (Mitsubishi, Bolloré), mais le président bolivien entend bien garder la production du lithium sous contrôle étatique et s’appuyer sur cette ressource pour permettre le développement du pays. Le marché mondial est immense : il  représente la moitié du revenu annuel de la Bolivie, le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud. Les espoirs sont tels qu’avec le déclin prévisible de l’extraction pétrolière dans le monde, la Bolivie est parfois qualifiée de future Arabie Saoudite.

La question environnementale se pose plus particulièrement pour l’extraction et le traitement des déchets. Car la production de lithium nécessite de grandes quantités de mercure, un métal hautement polluant. Cette question reste entière rappelant ainsi les problèmes récurrents de pollution grave à proximité de nombreux autres sites miniers de Bolivie.

Enfin, dans un autre registre, l’exploitation du salar d’Uyuni condamnera sans doute le tourisme vert (80 000 touristes en 2008) qui s’est développé ces dernières années autour de cette curiosité naturelle. Une sanctuarisation par le biais d’une appellation mondiale ou nationale (réserve mondiale, patrimoine de l’humanité, parc national…) ralentirait certes considérablement le projet d’exploitation, mais on peut douter d’une volonté politique nationale d’aller dans ce sens.Les intérêts ne convergent donc pas. D’un côté, le recours massif aux outils de la mobilité et la généralisation des véhicules électriques ou hybrides ne sont plus des vues de l’esprit. D’un autre, l’exploitation des salars restera économiquement profitable aux pays dans lesquels ils sont situés, même s’il s’agit de ressources fossiles et même si leur exploitation aura un certain coût environnemental. Le salar d’Uyuni en est l’archétype. (Loïc Grasland - UMR Espace Université d'Avignon)

 

Uyuni-Ave-12.jpg                   Un cimetière de trains témoigne de l'activité passée - © Antony Van Eeten

 

Les îles, et en pariculier l'île d'Incahuasi, abritent une colonie de viscaches.

Ce bizarre mammifère rongeur mesure 60 cm, plus 20 cm de queue... il a des oreilles de lapin, la queue d'un écureuil et les pattes d'une gerboise, et est cousin du chinchilla. Il fait de nombreuses galeries où il se réfugie le jour ... si vous passez près de l'une d'elle, bouchez vous le nez, car l'animal a l'habitude d'entasser ses déjections à l'entrée.

Autre particularité, la queue de la viscache peut se détacher du corps ... aide précieuse pour échapper à un prédateur.

 

Uyuni-Ave---Viscache-2-.jpg               La viscache fait sa sieste à l'ombre d'un cactus -  © Antony Van Eeten

                        Il s'agit de la viscache de montagne - Lagidium viscacia

 

Le volcan Tunupa :

Peu de renseignements sur ce volcan éteint qui possède une caldeira complexe et colorée.

 

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          Le volcan Tunupa borde le Salar d'Uyuni - photo Miguel Navaza / Fotopedia

Tunupa-caldeira---Jessie-Rieder.jpgLa caldeira du Tunupa - le sommet (5.400 m.) est réservé aux alpinistes - photo Jessie Rieder /Fotopedia

 

ib3656-d-modelisation-numerique-paleoglaciers-tunupa-qui-pe.jpgLa modélisation des paléoglaciers du Tunupa a permis de reconstituer les conditions paléoclimatiques régnant sur l'altiplano entre 17.000 et 15.000 avant JC. Elle a été réalisée par mesure de l'He3 cosmogénique contenu dans les pyroxènes prélevés sur les moraines glaciaires.

On a conclu que les glaciers de l'altiplano ont persisté dans leur position maximale en même temps que la lac Tauca atteignait son maximum d'extension, 50.000 km². Les glaciers ont brutalement reculé , en phase avec la disparition du lac Tauca (étude et doc. du CNRS)

 

 

 

Uyuni-Ave-16.jpg             Un dernier coup d'oeil à cet endroit magique - © Antony Van Eeten

 

 

 

(*) : Solution de la devinette : 400 ans. - le plus grand cactus mesure 12 mètres et serait donc âgé de 1.200 ans.

 

Sources :

- Le Salar d'Uyuni - M@ppemonde - lien

- Dont Lick the walls of the salt hotel - Tripcrazed

- Paléoclimat des Andes, quand lacs et glaciers étaient connectés - CNRS 01.2010

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Volcans et climat

L’éruption mystère du volcan Samalas, voisin de l’actuel Rinjani, sur lîle de Lombok en Indonésie, a été déjà évoquée dans un article de 2012, avant la parution de l’article de Lavigne & Komorovski. L’article, intitulé " Fosse commune et éruption mystère : 1258 ", évoquait l’une des conséquence démographique de cette grande éruption. 


L’éruption ultra-plinienne du Samalas a expulsé un minimum de 40 km³de magma, accompagné d’un panache de cendres montant jusqu’à 43 km.

Elle a relâché d’énormes quantités de poussières et gaz volcaniques dans l’atmosphère, ce qui a plongé la terre dans un hiver volcanique. La trace de cette éruption a été constatée dans les carottages effectués dans les glaces des deux pôles.

 

unnamed.jpgArticle de Science et Vie : Samalas, ci-gît le volcan qui dévasta le monde il y a 800 ans " - doc. Michel Lecouteur.

 

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Reconstitution 3D du Mont Samalas (en noir, au dessus de la caldeira) et de l'actuelle topographie du Rinjani, sur la droite de l'image - doc. Lavigne and others (2013)

L’ampleur du matériel déplacé est perceptible au travers des traits noirs verticaux qui relient la surface de la Terre solide actuelle à la surface pré-explosion du volcan.

 

10.000-rupias---Rinjani.jpgBillet de banque Indonésien de 10.000 rupiah représentant le volcan Rinjani sur Lombok - Doc. Michel Lecouteur.


Quels ont été les conséquences climatiques et démographiques d’un tel cataclysme ?


On peut s’en faire une petite idée en consultant les chroniques et écrits de l’époque médiévale.

En Indonésie, le poème historique " Babad Lombok ", écrit en ancien Javanais, suggère une éruption catastrophique qui ensevelit la capitale du royaume de Lombok, Pamatan, avant le fin du 13° siècle.


En Angleterre, le Frère Matthew Paris, vivant à l’Abbaye St Albans dans l’Hertfordshire, a décrit dans son journal, " Historia Anglorum " : " un froid insupportable … qui affligea cruellement les pauvres, suspendu toute cultures, et tué le jeune bétail. "

 

anomalie thermique 1258 - Mann & alAnomalies de température moyenne en degré Celsius au cours des siècles - l'anomalie très forte de 1258 est a rapporter à l'éruption du Samalas - doc. Mann & al.


Illustration-from-London--British-Library--MS-Royal-14-C-VI.jpgIl rapporte qu’en juin, rien n’avait poussé, et en automne, rien ne ressemblait à une récolte. Le Peuple commença à mourir par milliers, en commençant par les plus pauvres.


Illustration from London, British Library, MS Royal 14 C VII, folio 6r, self-portrait of Matthew Paris.

 

" … les cadavres furent retrouvés partout, gonflés et livides, gisant par groupe de cinq à six … lorsque plusieurs corps étaient retrouvés, de grandes fosses étaient creusées dans les cimetières et un grand nombre de corps y furent déposés ".

Apparemment, l’une de ces grandes fosses était située dans le cimetière de Spitalfields à Londres, le plus grand site d’ensevelissement des temps modernes. La population de Londres est passée de 50.000 à 15.000 personnes, ce qui a bouleversé la capitale.

 

1258---3---archeology-.co.uk.jpg       L'ostéologue Walker examinant les os du cimetière de Spitalfields - doc. archeology.co.uk


L’ostéologue du MOLA, Don Walker, qui a daté au radiocarbone les ossements découverts, n’a pas pu relier cet évènement à une catastrophe connue de l’époque médiévale ; il s’est alors tourné vers des sources documentaires, dans lesquelles il est fait mention de " fortes pluies, qui ont causé des pertes dans les récoltes ; suite à l’échec de celles-ci, une famine survint … et plusieurs milliers de personnes périrent. "

Selon lui, " webcover spital bioarchc’est la première preuve archéologique de l’éruption volcanique de 1258 et elle constitue un excellent exemple de la complexité des connaissances pouvant être obtenues  au départ d’une preuve archéologique. Il est incroyable de penser qu’une telle catastrophe naturelle mondiale puisse être identifiée dans une petite zone de l’est  Londonien. "

Ses découvertes sont reprises dans une monographie du MOLA : " A bioarchaeological study of medieval burials on the site of St Mary Spital: excavations at Spitalfields Market, London E1, 1991–2007 ".


Bill McGuire, professeur de géophysique et des risques climatiques à l’University College of London, ajoute : "  ce fut certainement un évènement volcanique prodigieux, l’un des plus important des derniers millénaires. Par conséquent, ce n’est pas vraiment surprenant que l’une de ses conséquences fut une sérieuse augmentation de la mortalité à Londres. De par leur influence sur le climat, des grandes explosions volcaniques peuvent affecter n’importe quelle ville sur la planète, et une éruption aussi distante qu’en Indonésie attendre sans aucun doute la capitale anglaise et y faire des victimes ".

Le volcanologue John Eichelberger, de l’Université d’Alaska à Fairbanks, ajoute que les effets des éruptions volcaniques sur le climat sont bien documentés. Outre les cendres éjectées dans la stratosphère, " le grand coupable est le dioxyde de soufre, qui forme des gouttelettes d’acide sulfurique, non réflectives et ne laissant pas passer suffisamment de radiations solaires vers la surface terrestre. Il n’en faut pas plus pour perturber une saison et causer une catastrophe ". Une chute d’un à deux degrés Celcius peut raccourcir la longueur de la saison de croissance … avec ses conséquences sur les récoltes.


Un père Augustin, Henry Knighton, chroniqueur du 14° siècle a repris les écrits de M.Paris. Il note, pour l’année 1258, une perte massive de récolte, la famine et la peste touchant durement la ville de Londres.

  "Les vents du nord ont prévalus durant plusieurs mois, et lorsque le mois d’avril, de mai et une bonne part de juin furent passés,  seules apparurent une rare fleur ou un germe, avec un espoir incertain de récolte. De plus, la nourriture vint à manquer (la récolte de l’année précédente avait échoué), et une innombrable multitude de personnes pauvres décéda, et leurs corps furent retrouvés gonflés par la disette, livides, par groupe de cinq ou six, dans des porcheries, des ruelles boueuses et sur les fumiers. Ceux qui avaient des habitations hésitaient à abriter malades et mourants de peur de l’infection. "


En France, Richer (ou Richerus), un moine Bénédictin et chroniqueur Chronique frère Richer livre V chapitre VLorrain vivant à Senones, connu par dix manuscrits, a décrit l’horrible année 1258 " sans été ": des épizooties déciment le bétail dès le printemps, les blés pourrissent suite à l’été humide, les productions arboricoles sont réduites à néant.

 

Chroniques du Frère Richer - Livre V/ chapitre V


Traduit du vieux français : " Que dirai-je des fruits de cette année, vu que l'indisposition du temps était si grande qu'à peine l'ardeur du soleil pouvait rayonner sur la terre (...). Car au long de cet été les nues et brouillards pluvieux furent si fréquents qu'on l'eût plutôt estimé être un automne qu'un été. En premier lieu, le foin ne put être séché à cause des pluies incessamment tombées de l'air ; la moisson semblablement fut si abattue de pluies et d'humidité qu'elle fut retardée jusques en septembre. En sorte que dedans les épis, les grains germaient et qui pis est, comme la plus grande partie des grains fut mise aux greniers, elle se putréfia." (...) "Mais que pourrais-je dire de la vendange odieuse de ceste année, vu que personne n'en put tirer aucun profit ou émolument, et que telle chose ne se trouve par écrit être jamais advenue ? Quelle chose pourrait être plus misérable à dire, sinon qu'en tout cet été ne se put jamais trouver un seul grain de raisin propre à manger, même aux alentours de la Saint Rémi, (1°octobre) auquel temps naturellement mûrit le fruit de la vigne. Les raisins étaient si durs qu'il semblait qu'ils eussent imité la dureté des cailloux. … Mais de malheur un jour de la troisième semaine d'octobre, le vent septentrional usant de ses violences,, amena une si grande gelée que toute la vendange fut réduite en glace. Et ce non seulement advint en ce pays, mais aussi aux régions plus lointaines. "


Un autre Bénédictin, Guillaume de Nangis, de St Denis rapporte lui-aussi : "Au mois de septembre, il y eut en plusieurs endroits de tels déluges de pluie, que les moissons germèrent dans les champs et dans les granges, et que les grappes de raisin ne purent parvenir à leur maturité nécessaire. Ensuite les vins furent tellement verts, qu’on ne les pouvait boire qu’avec déplaisance et en faisant la grimace."


Le brouillard sec stratosphérique fut aussi remarqué, décrit comme un aspect brumeux persistant du ciel, et un noircissement total de l’éclipse de Lune en mai 1258, relaté par le chroniqueur et moine Bénédictin Anglais John de Taxter.

La couleur normale de la Lune en éclipse est rouge… mais en raison de la présence d’abondants aérosols volcaniques dans la stratosphère, la lumière incidente n’a pu être réfractéeet diffusée dans le cône d’ombre, la Lune apparaissant noire de ce fait. La transparence de l’atmosphère est altérée par plusieurs facteurs comme la présence de nuages, d’aérosols mais aussi par les molécules de l’atmosphère elles-mêmes...L'épaisseur optique d’aérosols ou AOT décrit plus spécifiquement à quel point les aérosols affectent le passage de la lumière à travers l'atmosphère, pour une longueur d'onde donnée.Pour que la Lune disparaisse effectivement, la profondeur optique des aérosols doit être de 0,1 ou plus. (Link 1963)

 

Sources :

- Extraits de chroniques fournis par Michel Lecouteur

- Chronique de Richer – 13° siècle- link

- MOLA :  A bioarchaeological study of medieval burials on the site of St Mary Spital: excavations at Spitalfields Market, London E1, 1991–2007

- Climatic and demographic consequences of the massive volcanic eruption of 1258 - R.B.Stothers

- Quantification volumétrique de l'explosion caldérique majeure de l'holocène : le volcan Samalas en 1257 (Lavigne & al. 2013)

- CNES - Mesure de l’épaisseur optique - link
- Current archeology - London's volcanic winter  / Août 2012 - link

- Current archeology - Reading the bones: Spitalfields' human remains - août 2012 - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

arc-Kermadec.gif                   L'arc des Kermadec, avec les îles en vert et les volcans sous-marins en jaune -
                                       les sites actifs sont marqués par un point rouge.

L'arc des Kermadec est l'extension sud de l'arc océanique Tonga-Kermadec, situé au NE. de la Nouvelle Zélande.
Nonante quatre volcans existent le long de l'arc Tonga-Kermadec dont 74 sous-marins.

1. L'arc des Kermadec :

L'expédition NZAPlume de 1999 a mis sous surveillance la partie sud et trouvé 7 volcans hydrothermalement actifs sur 13. (en rouge sur la carte).
La majorité des évents sont situés à proximité des sommets des volcans. Le volcan "Brothers" a pour sa part desux champs séparés d'évents.

Brothers volcano est une caldeira volcanique mesurant extérieurement 8 x 5 km. , intérieurement 3 - 3,5 km. Un cône s'est formé à l'intérieur de la caldeira profonde de 1.850 m.

brothers map 600 - Kermadec                     Bathymétrie du volcan Brothers et zone étudiée par le submersible - Doc. NOAA

Des fumeurs noirs (Black smokers) furent découvert le long des parois NO.
Les fumeurs noirs et la vie luxuriante associée ne furent découvert qu'en 1979, grâce au submersible américain "Alvin". Ils constituent un écosystème basé sur une production primaire assurée par des bactéries chimiosynthétiques; les conditions de vie y sont extrêmes, les fumeurs noirs émettant une eau sulfureuse à très haute température (350°C), non dilué par l'eau de mer avant l'émission.
Les micro-organismes capables de supporter ces hautes températures sont  qualifiés d'hyperthermophiles. Les plus fréquentes sont les archaea, et parmi elles les genres Pyrococcus, Sulfolobus - rencontrés au Yellowstone - Thermoplasma Pyrolobus, etc.
Pyrolobus Fumarii détient le record de température : elle ne se reproduit pas en dessous de 90°C et peut le faire jusqu'à 113°C , et toujours sous une pression élevée ! Des virus thermophiles pouvant infecter ces bactéries ont aussi été découverts.

Brothers_blacksmoker_hires.jpg                      Black smoker - Fumeur noir situé dans la caldeira du "Brothers" - Photo NOAA

Différentes plongées ont revélé des cheminées pouvant aller de 6 à 8 m. de haut, et émettant des fluides de température variant entre 65 et plus de 300°C. (mesures par Pisces V). Les conditions de turbulences n'ont pas permis une exploration totale de la caldeira, sur laquelle il sera intéressant de revenir.

chimney_crab_600.jpgLa vie est bien présente malgré le milieu hostile : au centre de la photo, un crabe semble très
 bien se porter. - photo NOAA.

subarcvolc_576.jpg
Schéma de fonctionnement d'un évent situé sur un arc volcanique - Document NOAA.
Les lignes hachurées représente la croûte perméable dans laquelle pénètre l'eau de mer et la circulation hydrothermale avec des fluides ascendants sortant selon la profondeur à une température variant entre 100 et 350°C.
Les bulles jaunes et les flèches-zébrées représente la sortie des fluides magmatiques.
La plupart des substances chimiquessortent par la cheminée en formant un "fumeur noir".

ajout de dernière minute : signalé par USGS earthquake hazards program
Magnitude 5.6 - KERMADEC ISLANDS REGION

2009 December 16 12:36:42 UTC



2. l'arc des Tonga :

La structure des plaques en interaction dans la zone de subduction des Tonga-Kermadec est quelque peu différente de celles des autres zones de convergence de plaques. Les angles de subduction sont plus élevés et, en conséquence, il y a plus de séismes profonds.

Les mesures GPS montrent que l'arc insulaire des Tonga se déplace rapidement vers la Plaque Pacifique (à une vitesse de l'ordre de 20 cm/an; l'endroit où le déplacement des plaques est le plus rapide au monde) avec un léger mouvement de rotation dans le sens des aiguilles d'une montre. En réalité, l'arc des Tonga occupe une microplaque séparée de la Plaque Australienne par des centres d'expansion océanique situés dans le Bassin de Lau (bassin d'arrière-arc). Lorsque le Bassin de Lau s'ouvre (accrétion), l'arc des Tonga se déplace vers l'est en s'écartant de la plaque australienne. Le résultat est une augmentation par addition du taux de convergence du fossé des Tonga. Pendant que l'arc des Tonga se déplace vers l'est, la plaque Pacifique plonge ou pousse l'arc du Tonga produisant de nombreux tremblements de terre durant l'enfoncement de la Plaque Pacifique.


Santo-cadre-structural-fig01.jpg
Rappelez-vous la superbe éruption du 17 au 21 mars 2009 sur Hunga Ha'apai qui a permis de vivre en direct une éruption sous-marine et particulièrement ses manifestations aériennes : superbes volutes "cypressoïdes" caractéristiques des éruptions phréatomagmatiques ou surtseyennes (*)

D.Stephenson---4---18.03.2009.jpg            Double éruption type surtseyen off-shore à gauche et sur l'île Hunga Ha'apai, à droite
                                            photo D.Stephenson 18.03.2009.

Les petites îles de Hunga Tonga et Hunga Ha'apai coiffent un large volcan sous-marin localisé au SSE de l'île Falcon : ces deux îles allongées - s'élevant de 149 et 128 m. au dessus du niveau de la mer -  représentent les restes Ouest et Nord d'une large caldera sous-marine.
La première éruption historiquement répertoriée à cet endroit date de 1912 et a été suivie de nombreuses éruptions sous-marines. (GVP)

D.Stephenson---18.03.2009.jpg                  Retombées de cendres et bombes, avec "base surges"  (*) au raz de la surface océanique.
                                                           photo D.stephenson 18.03.2009.

Douze volcans sur les 18 répertoriés par le Global Volcanism Program dans l'arc des Tongas sont des volcans sous-marins


Glossaire :

- Base surges : Flot turbulent d'un mix de cendres volcaniques, gaz et eau, généré par la rencontre du magma et de l'eau et s'expansant dans toutes les directions à partir de la base de la colonne éruptive.
Le mot "surge" a été utilisé pour la première fois pour décrire l'anneau qui se forme à la base des nuées produites par une explosion nucléaire.
- Phréatomagmatique : qualificatif d'une éruption hydromagmatique subaérienne. La rencontre du magma et de l'eau est caractérisée par des explosions violentes, rythmiques sous forme de gerbes "cypressoïdes" correspondant à l'éjection latérale de blocs depuis la colonne éruptive, riche en vapeur d'eau, à la limite de la saturation. La pulvérisation intense des matériaux produit de grandes quantités de cendres fines et poussières, qui sont entrainées dans un panache dilué en forme de champignon.
- Eruption surtseyenne : le dynamisme surtseyen, mis en évidence en Islande, est caractéristique d'éruptions sous-marines de faible profondeur. Le magma chaud se retrouve au contact de l'eau et libère brutalement ses gaz, lors de violentes explosions. La lave émise est réduite en particules très fines; ces cendres gorgées d'eau sont projetées sous formes de panaches à l'allure de cyprès particulièrement noirs.

Sources :

- Expédition sur l'arc des Kermadec 2005 : NOAA
     http://oceanexplorer.noaa.gov/explorations/05fire/logs/leg2_summary/leg2_summary.html

- les meilleures photos de l'éruption de mars sur les Tongas sur
  boston.com - the best pictures :
    http://www.boston.com/bigpicture/2009/03/undersea_eruptions_near_tonga.html

- GVP - Global Volcanism Program :
  - GVP - Volcans des Tonga
  - GVP - Volcans Néo-Zélandais - Kermadec sud
  - GVP - Volcans de l'arc des Kermadec

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Un point chaud sous l'Antarctique ! :

La séparation de la Nouvelle-Zélande de l'Antarctique s'est produite lors de la propagation du centre d'extension Pacifique-Phoenix au sein du continent Antarctique.

Situation des continents australien et antarctique il y a 65 Ma. (Geopedia)

Paleocene-65Ma.jpgL'extension du plancher océanique dans la région d'action du panache mantellique peut avoir été causé par un déchaînement du volcanisme le long de la dorsale extensive, générant un plateau océanique, aujourd'hui représenté par le plateau Hikurangi, épais de 10 à 15 km. et situé le long de la hausse Chatham (Chatham Rise).

 

547px-Zealandia-Continent_map_en.svg.pngSituation actuelle du plateau Hikurangi et du Chatham Rise - Karnstedt Alexander 2008.


Ce plateau de basalte tholeiitique d'âge Crétacé possède une composition identique aux dykes de Marie Bird Land.

Le panache mantellique est situé actuellement sous la mer de Ross, centré sur le Mont Erebus; il est responsable de la présence et de l'activité du groupe volcanique intraplaque alcalin McMurdo.

Un second panache mantellique situé sous Marie Bird Land a formé la province volcanique alcaline Cénozoïque.

 

west-antarctic-rift.jpg

 

L'île de Ross et ses volcans : Bird, Terra Nova, Terror et Erebus :

Cette île d'origine volcanique abrite quatre volcans datant de la fin du Cénozoïque. Elle fut découverte en 1841, par Sir James Ross, qui a donné à deux de ses volcans, le nom des navires de l'expédition, l'HMS Erebus et l'HMS Terror.

Erèbe, dans la mythologie grecque, est une divinité infernale, née de Chaos, et personnifiant les ténèbres, l'obscurité des enfers.

 

RossArea.jpgL'île de Ross et ses 4 sommets - la position des bases scientifiques Américaine McMurdo et Néo-Zélandaise Scott (points verts) au pird du volcan Erebus.

 

Erebus-plume.jpgCoupe dans la croûte et le manteau supérieur sous l'île de Ross montrant schématiquement le panache mantellique de l'Erebus - notez la vitesse de remontée : 6 cm. par an -  doc. MEVO- Mount erebus Volcano Observatory.

 

EREBUSPANORAMA---US-Antarctic-program.JPG              Erebus 2003 - Photograph by: Michael Hoffman - National Science Foundation

 

L'Erebus fait partie du groupe volcanique Mc Murdo, composé de volcans intraplaques, datés de la fin du Cénozoïque.

Une datation précise de ses laves par la technique Ar40/Ar39 par Ph.Kyle, C.Harpel et R.Esser à partir de 1993, a permis de retracer l'évolution du volcan.

evol11. de 1,3 Ma à 700.000 ans : naissance d'un volcan-bouclier, le proto-Erebus et phase de construction du cône par de la basanite-téphrite* (entre 1,3 Ma et 1,05 Ma) , puis par de la phonotéphrite* (1,05 Ma - 0,7 Ma)

evol22. de 700.000 à 350.000 ans : l'affaissement du sommet du proto-Erebus produit l'escarpement de Fang Ridge. L'activité se poursuit sur le flanc avec production de phonotéphrite* et téphriphonolite*.

evol33. de 350.000 à 250.000 ans : changement de type d'activité et passage de la téphriphonolite du proto-Erebus à la téphriphonolite anorthoclasephyrique de l'Erebus moderne.

evol4.jpg4. de 250.000 à 90.000 ans : construction de l'excroissance de l'Erebus moderne.


evol5.jpg5. de 90.000 à 70.000 ans : deuxième épisode d'effondrement et production de la caldeira actuelle.

 

 

evol6.jpg6. de 70.000 ans à la période présente : l'activité, tant sommitale que de flanc, continue de produire des téphrites anorthoclase et des phonolites.

L'actuel cône pyroclastique s'est édifié au cours du dernier millénaire.

 

Erebus---Fang-ridge-et-derr.-Terror---Bill-Rose-Michigan-te.jpgSur cette photo, on peut détailler la topographie du volcan Erebus : Le volcan moderne avec sa caldeira de deuxième génération , surmontée du cône pyroclastique. La zone foncée et exempte de neige est l'escarpement de Fang Ridge; derrière celui-ci, le volcan Terror au loin.

 

La topographie du volcan :

un plateau sommital, situé à une altitude de 3.200 mètres, définit les contiurs de la caldeira la plus récente. Le cône sommital pyroclastique est surmonté d'un cratère de 500 mètres sur 600 (main crater) et profond de 110 mètres. Celui-ci abrite un lac de lave actif dans un cratère-puit interne de 250 m. de large et 100 m. de profondeur (inner crater).

 

19ere01f.png                           Sommet de l'Erebus - After Lyon and Giggenbach, 1974. - GVP.

 

Erabus-crateres---Bill-Rose-Michigan-technological-un-jpgErebus : main crater et inner crater fumant - photo Bill Rose / Michigan technological University. - Notez que photo et schéma ont des orientations différentes.

 

Mount_Erebus_in_2009---usap.gov.JPG       Erebus - Main crater fumant et en arrière et à droite, side crater -  photo usap.gov

 

Un volcan "en or" !

Particularité des laves de L'Erebus : une teneur en or supérieure à la normale ... le volcan émet jusqu'à 80 grammes d'or par jour !

Cet or est projeté dans l'atmosphère sous forme de fines particules métalliques, d'une taille comprise entre 0,1 et 20 microns dans les gaz échappés du volcan et de 60 microns dans la neige aux alentours de celui-ci. Cette particularité est rendue possible par la présence d'un lac de lave au fond du cratère, où l'or a le temps de cristalliser à la surface du magma en fusion avant d'être expulsé par les panaches de gaz.

 

 

Le lac de lave de l'Erebus :

L'Erebus est un des rares volcans sur la planète a posséder un lac de lave quasi permanent, avec le Nyiragongo (RDC), l'Erta Ale (Ethiopie), et le Kilauea (Hawaii). Les laves de ces lacs ont une composition basaltique, à l'exception notable de celles de l'Erebus, de composition phonolitique.

La dernière phase éruptive de l'Erebus a débuté en 1972 et est toujours en cours; l'activité du lac de lave est fluctuente, mais le dégazage est persistant; le convection des fluides au niveau du lac peut s'avérer "vigoureuse" lors de périodes de plus forte activité, avec pulvérisations des parois du cratère par des lambeaux de lave.

(voir la vidéo en infra-rouge versus les photos)

Les températures relevées : pour le magma, environ 1.000°C; pour la surface du lac, elles sont variables entre 400 et 500°C, selon son activité.


Erebus-Main-lavalake----MEVO.jpg

               Erebus : dégazage permanent et croûte rougeoiante  - photo MEVO.

 

Erebus Mainn 12.2005 - Clive Oppenheimer MEO

                         Erebus - le lac de lave en décembre 2005 - photo Clive Oppenheimer / MEVO.

 

 

Erebus - activité du lac de lave en 2007.

 

Erebus-12.2010---MEVO.jpg

              Erebus - Fontaines de lave et dégazage le 25 décembre 2010  - photo MEVO.

 

 

Le volcan Terror, voisin de l'Erebus :

Ce grand volcan-bouclier, et les nombreux dômes et cinder cones situés sur ses flancs, sont couverts de glace et de neige.

Une analyse des roches situées à sa base ont permis une datation du volcan et de ses dernières activités entre 820.000 ans et 1,75 Ma ... depuis, celui-ci n'inspire plus la terreur.

 

Erebus-G---Terror-D---NOAA-copie.jpg        Le volcan Terror à l'avant-plan - à gauche et fumant, l'Erebus. -  photo NOAA.

 

* : Roches magmatiques volcaniques de la série Hyper-alcaline

TAS.gif

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Erebus

- Seismic imaging of the upper mantle under the Erebus hotspot in Antarctica- by S.Gupta, D.Zhao and S.S.Rai / Nat. Geophysical Research inst.Huderabad India - Dpt. Geophysics Tohoku un. Japan

- Journal of Petrology - Petrologic evolution of anorthoclase phonolite lavas at Mt.Erebus, Ross island, Antarctica - by P.R. Kyle, J.A. Moore, M.F. Tirlwal.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques, #Sismologie
Piton de La Fournaise - 04.04.2020 / 9h47  - caméra panoramique HD  / OVPF / IRT

Piton de La Fournaise - 04.04.2020 / 9h47 - caméra panoramique HD / OVPF / IRT

Au Piton de La Fournaise, l’éruption qui a débuté le 02.04.2020 sur le flanc est du Piton de la Fournaise, aux alentours de 12h20 heure locale, se poursuit. L’intensité du trémor volcanique (indicateur de l’intensité de l’éruption) est relativement stable sur les dernières 12 heures.

Le 3 avril, à 06h25, le front de coulée a pu être estimé à environ 1.000 m d’altitude dans le haut des Grandes Pentes, et à 3,8 km de la route nationale, d’après les retours visuels de la webcam de l’OVPF/IPGP située à Piton Cascades.

L’éruption s’est stabilisée sur la partie centrale de la fissure éruptive. Le nombre de fontaines se réduit donc petit à petit et bientôt l’éruption ne sera plus active que sur une ou deux bouches, En attendant, les lambeaux de lave projetés retombent et construisent un spatter-rempart qui a déjà bien grandit.

Le 3 avril à 22h15, l'anomalie thermique relevée par Mirova est de VRP 2607 MW (sans doute sous l'effet d'une éclaircie)

A noter que lors de l’intrusion latérale de magma vers le site éruptif le 02 avril, entre 08h50 et 12h20, et suite à la crise sismique (08h15-08h51), les déformations et la sismicité ont été extrêmement faibles. La propagation latérale s’est faite ainsi de manière assez "passive" dans un milieu déjà ouvert et extrêmement fragilisé par les éruptions de 2019 et l’éruption du 10-16 février 2020 qui ont eu lieu dans ce secteur.

Piton de La Fournaise - Spatter-rempart en construction - photo rb / ImazPress  Réunion 03.04.2020

Piton de La Fournaise - Spatter-rempart en construction - photo rb / ImazPress Réunion 03.04.2020

Piton de La Fournaise - Evolution du RSAM (indicateur du trémor volcanique et de l’intensité de l’éruption) depuis le 02/04/2020 00h heure TU (04h heure locale) sur la station sismologique DSO située au sommet du volcan. (© OVPF/IPGP).

Piton de La Fournaise - Evolution du RSAM (indicateur du trémor volcanique et de l’intensité de l’éruption) depuis le 02/04/2020 00h heure TU (04h heure locale) sur la station sismologique DSO située au sommet du volcan. (© OVPF/IPGP).

Les flux de CO2 dans le sol en champ lointain (secteurs Plaine des Cafres / Plaine des Palmistes) ont chuté entre le 28/3 et le 01/4 avant de ré-augmenter. Ceci pourrait correspondre à une expulsion de magma superficiel (réservoir superficiel) par une remontée de magma plus profond.

Les flux de SO2 dans l’air ont baissé depuis la journée de hier. Cette baisse est en accord avec les retours visuels du site éruptif qui montrent une activité plus faible ce jour.

Les débits de surface estimés, à partir des données satellites via la plateforme HOTVOLC (OPGC - université d'Auvergne) sont fortement perturbés par la couverture nuageuse autour du Piton de la Fournaise. Les estimations effectuées depuis le début de l’éruption fluctuent entre 2 et 45 m³/s avec une moyenne autour de 7-10 m³/s.

 

Source : OVPF

 

Retrouvez l’ensemble des informations relatives à l’activité du Piton de la Fournaise sur les différents médias de l'OVPF-IPGP:
- le site internet (
http://www.ipgp.fr/fr/ovpf/actualites-ovpf),
- le compte Twitter (
https://twitter.com/obsfournaise?lang=fr),
- et le compte facebook (
https://www.facebook.com/ObsVolcanoPitonFournaise/)

Piton de La Fournaire - mesure de la masse de SO2 par Sentinel-5P Tropomi le 03.04.2020 : 6.15 kt  - Doc. Tropomi / DLR / BIRA / ESA

Piton de La Fournaire - mesure de la masse de SO2 par Sentinel-5P Tropomi le 03.04.2020 : 6.15 kt - Doc. Tropomi / DLR / BIRA / ESA

Piton de La Fournaise - 03.04.2020 / 17h05 TU - OVPF webcam Piton de Bert

Piton de La Fournaise - 03.04.2020 / 17h05 TU - OVPF webcam Piton de Bert

Ce vendredi 03 avril à 04.17 heure locale, un tremblement de terre de magnitude locale 2,8 situé à 3,2 km de profondeur a été enregistré sous le sommet du volcan Chaitén. Le Service national de la géologie et des mines a fait savoir que ce séisme est associé la fracturation de roches et à la dynamique des fluides internes (séisme hybride). L'alerte technique volcanique reste à " verde ".

La dernière période d'activité du Chaiten s'est produite entre le 2 mai 2008 et le 31 mai 2011 (GVP). Cette première éruption historique a produit une activité explosive majeure rhyolitique, de nombreuses coulées pyroclastiques et lahars, et fut suivie de l'installation d'un complexe de dôme qui a rempli une grande partie de la caldeira.

 

Sources : Sernageomin & Global Volcanism Program

Le panache éruptif du volcan Chaitén  - photo Patricia Santini M / 10.05.2008

Le panache éruptif du volcan Chaitén - photo Patricia Santini M / 10.05.2008

Les mesures GPS, ainsi que l'analyse détaillée et les calculs de modèle des données disponibles, témoignent désormais d'un nouveau gisement de magma à l'ouest de la péninsule de Reykjanes sous Rauðhólar et Sýrfell.

La carte montre l'emplacement des dépôts magmatiques qui se seraient produits au cours de l'année sur la péninsule de Reykjanes. Ce sont des résultats préliminaires et les modèles sont simplifiés, mais seront mis à jour au fur et à mesure de la réception des données. La carte indique quand les intrusions ont été formées-  1. en orange : janvier 2020 – 2.en rouge : février-mars 2020 – 3. en vert : mars-avril 2020. - Doc. IMO

La carte montre l'emplacement des dépôts magmatiques qui se seraient produits au cours de l'année sur la péninsule de Reykjanes. Ce sont des résultats préliminaires et les modèles sont simplifiés, mais seront mis à jour au fur et à mesure de la réception des données. La carte indique quand les intrusions ont été formées- 1. en orange : janvier 2020 – 2.en rouge : février-mars 2020 – 3. en vert : mars-avril 2020. - Doc. IMO

Cela confirme les données qui ont été collectées en collaboration avec l'Institut des sciences de la Terre, ÍSORs, HS Energy et l'Office météorologique islandais après le début des activités à Thorbjörn. 

"Les données que nous avons traitées indiquent que l'intrusion de magma a eu lieu de la mi-février à la première semaine de mars. Cette image a été mieux expliquée lorsque nous avons reçu des données des mesures GPS de l'Université, qui ne sont pas directement liées à notre système de surveillance, ce qui signifie que nous ne les détectons pas jusqu'à présent ", explique Kristín Jónsdóttir, directeur de groupe de la conservation de la nature à l'Office météorologique islandais. 

Un modèle place l'intrusion magmatique à environ 8-13 km de profondeur, ce qui est probablement profondément dans la croûte terrestre à une profondeur considérablement plus élevée que les deux dépôts de magma à Thorbjörn. 

"Ce gisement de magma sous Sýrfell est le troisième gisement de magma que nous signalons sur la péninsule de Reykjanes depuis le début de l'année. La présence de cet insert magmatique montre qu'il est nécessaire d'examiner l'activité dans la péninsule de Reykjanes de manière globale, et pas seulement de l'activité locale autour de Svartsengi et Reykjanes ", a déclaré Kristín Jónsdóttir . Elle réitère qu'il est trop tôt à ce stade pour tirer des conclusions solides et souligne la nécessité d'examiner l'activité actuelle dans un contexte historique avec d'autres événements connus dans la péninsule de Reykjanes.

Rauðhólar (icelandic Red hills) - photo Roman Z / wikipedia

Rauðhólar (icelandic Red hills) - photo Roman Z / wikipedia

Rauðhólar (les collines rouges islandaises) :

Vestiges d'un groupe de pseudocraters dans les champs de lave d'Elliðaárhraun à la périphérie sud-est de Reykjavik, Islande. L'âge de Rauðhólar est d'environ 5200 ans. À l'origine, il y avait plus de 80 cratères, mais leur gravier a été pris et utilisé dans les constructions. La majeure partie du matériel a été emportée pendant la Seconde Guerre mondiale pour des constructions telles que l'aéroport de Reykjavík et la construction de routes.

 

Source : IMO 

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Publié le par Bernard Duyck
La Palma / Cumbre Vieja  - 01.10.2021 - coulées de lave matinales  - photo InVolcan

La Palma / Cumbre Vieja - 01.10.2021 - coulées de lave matinales - photo InVolcan

Au Cumbre Vieja, la morphologie du cône au-dessus de la fissure éruptive d'origine montre des signes d'instabilité croissante, avec l'ouverture de plusieurs nouveaux évents effusifs au cours des 12 dernières heures environ.
À 10 h 15, heure locale ce 1°octobre 2021, des observateurs sur place ont signalé avoir vu du nouveau gaz et des cendres émerger de ce qui est probablement un autre évent se formant à la base nord-ouest du cône.

Une nouvelle coulée de lave suit un autre cours, et pourrait endommager une zone légèrement au nord des coulées plus anciennes (région de Paraiso).

La Palma / Cumbre Vieja  - coulées de lave au 30.09.2021 - Doc.Copernicus EMSR / Airbus Space Pléiades VHR image

La Palma / Cumbre Vieja - coulées de lave au 30.09.2021 - Doc.Copernicus EMSR / Airbus Space Pléiades VHR image

Selon le dernier relevé de l'EMRS / Copernicus du 30 septembre, la zone couverte de lave fait 258 ha, et le nombre de maisons détruites atteint 870 ( données provisoires : 1005 d'après RTVC au 1°octobre).


Le delta de lave à l'entrée de l'océan sur la côte ouest de La Palma connait une croissance étonnamment rapide. Cette carte bathymétrique (@UdriGeo) précise la situation.
Une fois que le delta s'étendra plus à l'ouest, il reposera sur des pentes sous-marines plus abruptes et le risque d'effondrement gravitationnel augmentera. Des effondrements de ce type sont très dangereux car ils déclenchent généralement de fortes explosions, de grands panaches de vapeurs acides et pourraient même être responsables de petits tsunamis locaux.

 La Palma / Cumbre Vieja - avancée de la coulée dela et bathymétrie de la côte - Doc. @UdriGeo - géologue 30.09.2021

La Palma / Cumbre Vieja - avancée de la coulée dela et bathymétrie de la côte - Doc. @UdriGeo - géologue 30.09.2021

Création d'un delta de lave et son effondrement - schémas via USGS- HVO /  Johnson, Jenda. Public domain - un clic pour agrandirCréation d'un delta de lave et son effondrement - schémas via USGS- HVO /  Johnson, Jenda. Public domain - un clic pour agrandir

Création d'un delta de lave et son effondrement - schémas via USGS- HVO / Johnson, Jenda. Public domain - un clic pour agrandir

 La Palma / Cumbre Vieja - travail des volcanologues sur le terrain - doc. IGNes

La Palma / Cumbre Vieja - travail des volcanologues sur le terrain - doc. IGNes

Au cours des dernières 24 heures, 12 séismes ont été localisés dans la zone sud de La Palma, à proximité de l'éruption volcanique en cours. Comme les jours précédents, les hypocentres sont situés entre 10 et 14 km de profondeur dans la même zone où la réactivation a commencé le 11 septembre.

L'amplitude moyenne du tremor volcanique est restée stable hier matin dans une fourchette de valeurs moyennes pour cette éruption. A partir de 18 UTC hier, il a commencé à augmenter progressivement jusqu'à atteindre des valeurs similaires à celles qu'il a atteintes au cours des deux premiers jours de l'éruption (19-20 septembre).

Le réseau de stations GNSS permanentes de l'île montre un retour à la stabilité en déformation.

 

Premiers résultats pétrographiques des échantillons du début de l'éruption de La Palma, analysés par le Groupe de Vulcanismo@unicomplutense@urjc , en collaboration avec @IGME1849 : la roche est une téphrite pyroxène amphibole.

 

Sources : IGNes, Copernicus EMSR, RTVC, UdriGeo, USGS (lava entering ocean), Facultad de Ciencias Geologicas.  

La Palma - 1°octobre 2021 - Observation par drone d'une vue du trajet des coulées de lave actives et le détail de l'avancée de la nouvelle coulée - Doc. Instituto Geológico y Minero de España

L'INGV a constaté un changement important lié à l'activité hydrothermale qui alimente les fumerolles du cratère de la Fossa, sur l'île de Vulcano dans les Eoliennes.

L ' activité fumerollienne a considérablement varié, notamment la température des gaz émis par ces fumerolles a augmenté constamment au fil du temps. À cela, il faut ajouter une augmentation de la microsismicité, c'est-à-dire de petits tremblements de terre locaux et une augmentation de l'émission d'Anhydride Carbonique et d'Anydride sulfureux, à savoir les deux gaz principaux émis par les systèmes volcaniques après la vapeur d'eau.

L'observatoire Etneo a installé de nouvelles stations sismiques pour compléter celles existantes sur l'île, préparant également l'installation d'une caméra thermique qui encadre la zone fumerolienne du cratère. De plus, depuis environ deux mois, la section Palerme de l'INGV a activé 4 nouvelles stations dans la ville de Vulcano Porto pour mesurer le flux de CO2 du sol et la concentration de CO2 dans l'air.

Suite à une réunion entre la protection civile et la Commission des risques majeurs, le niveau d'alerte volcanique est passé de vert (Base) à jaune (Attention).
L ' accès au cratère sommital de la Fosse a été totalement interdit au public.

 

Source : INGV OE

 Vulcano, depuis Lipari - photo Marco Pistolesi 30.09.2021

Vulcano, depuis Lipari - photo Marco Pistolesi 30.09.2021

 Vulcano - fumerolles dans le cratère de La Fossa - photo Marco Anzidei 30.09.2021

Vulcano - fumerolles dans le cratère de La Fossa - photo Marco Anzidei 30.09.2021

Au cours des dernières semaines, Whakaari / White Island a traversé une phase active, avec une augmentation des émissions de gaz et des tremblements de terre volcaniques mineurs. Le magma s'est déplacé vers des niveaux moins profonds, qui s'est depuis dégazé, alimentant des gaz à haute énergie et des évents riches en vapeur. Ces évents ont produit par intermittence des quantités mineures de cendres volcaniques.

Les cendres que nous voyons actuellement à Whakaari / White Island sont le résultat d'un processus volcanique appelé altération hydrothermale : un moment où la roche est ramollie par la percolation de gaz acides et d'eau. Cela se produit au niveau de l'évent actif, où des émissions énergétiques élevées de gaz chauds

sont observées, qui érodent lentement les parois de l'évent. Ce matériau rocheux érodé (petits volumes de cendres) est transporté dans le panache de vapeur et de gaz du cratère actif. Ainsi, ces grains de cendres sont des matériaux lentement retravaillés, et non des parties fragmentées du magma provenant des profondeurs ou des roches environnantes.

 

Le niveau d'alerte volcanique est à 2 / Troubles volcaniques modérés à accrus ; et le code aviation est Yellow.

 

Source : GNS

White Island- "ashing story" - photo 2021 / GNS

White Island- "ashing story" - photo 2021 / GNS

Un nouvel essaim sismique touche la Péninsule de Reykjanes au nord-est du site de Fagradalsfjall, où aucune activité n'eat plus notée.

Un séisme de magnitude 3,7 a secoué la région à sept heures hier soir. La source se trouve à 1,2 kilomètre au sud-ouest de Keilir, mais des tremblements de terre de même ampleur ces derniers jours ont leur source là-bas. Il n'y a aucun signe d'agitation.

Un total de sept séismes de magnitude 3,0 et plus ont été détectés depuis le début de l'éruption au sud-ouest de Keilir le 27 septembre. Au cours des dernières 24 heures, environ seize cents tremblements de terre ont été détectés, selon Bjarki Kaldalón Friis, spécialiste de la conservation de la nature au Bureau météorologique islandais, mais près d'une centaine depuis minuit. 

Vers dix heures dix du soir, un séisme de magnitude 3,2 a secoué le sud-ouest de Keilir. Avant deux heures aujourd'hui, un séisme de magnitude 3,5 a été mesuré et juste avant les deux dernières nuits, un séisme de magnitude 3,7 a été mesuré.

Péninsule de Reykjanes - Localisation des zones sensibles : Fagradalsfjall et Keilir

Péninsule de Reykjanes - Localisation des zones sensibles : Fagradalsfjall et Keilir

Péninsule de Reykjanes - essaim sismique au "2021.10.01_05h30  Péninsule de Reykjanes - Sismicité au  01.10.2021 / 05h30  - IMO
Péninsule de Reykjanes - essaim sismique au "2021.10.01_05h30  Péninsule de Reykjanes - Sismicité au  01.10.2021 / 05h30  - IMO
Péninsule de Reykjanes - essaim sismique au "2021.10.01_05h30  Péninsule de Reykjanes - Sismicité au  01.10.2021 / 05h30  - IMO

Péninsule de Reykjanes - essaim sismique au "2021.10.01_05h30 Péninsule de Reykjanes - Sismicité au 01.10.2021 / 05h30 - IMO

Kristín Jónsdóttir, directrice de la géologie au Bureau météorologique islandais, dit qu'elle pense que l'explication la plus probable de ces séismes soit que le magma cherche de nouvelles voies.

De la vapeur monte du sol à Höskuldarvellir, une zone géothermique sur le côté nord de Keilir.  Þorvaldur Þórðarson, professeur de volcanologie et de géologie, a déclaré lors d'une conversation avec Fréttablaðið ce soir que la vapeur pourrait indiquer que le magma est suffisamment peu profond pour chauffer les eaux souterraines.

 La Défense civile a publié aujourd'hui un communiqué de presse recommandant au public de ne pas accéder à la zone de Kelir.

 

Sources : IMO , RUV

Zone de Keilir  - localisation des séismes et carte prévisionnelle d'une possible extension des coulées de lave en cas d'éruption à Keilir - Doc. IMO / RUV 01.10.2021 - un clic pour agrandir

Zone de Keilir - localisation des séismes et carte prévisionnelle d'une possible extension des coulées de lave en cas d'éruption à Keilir - Doc. IMO / RUV 01.10.2021 - un clic pour agrandir

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