Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “fogo cap vert

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Volcans et climat

L’éruption mystère du volcan Samalas, voisin de l’actuel Rinjani, sur lîle de Lombok en Indonésie, a été déjà évoquée dans un article de 2012, avant la parution de l’article de Lavigne & Komorovski. L’article, intitulé " Fosse commune et éruption mystère : 1258 ", évoquait l’une des conséquence démographique de cette grande éruption. 


L’éruption ultra-plinienne du Samalas a expulsé un minimum de 40 km³de magma, accompagné d’un panache de cendres montant jusqu’à 43 km.

Elle a relâché d’énormes quantités de poussières et gaz volcaniques dans l’atmosphère, ce qui a plongé la terre dans un hiver volcanique. La trace de cette éruption a été constatée dans les carottages effectués dans les glaces des deux pôles.

 

unnamed.jpgArticle de Science et Vie : Samalas, ci-gît le volcan qui dévasta le monde il y a 800 ans " - doc. Michel Lecouteur.

 

recons_samalas.jpg

Reconstitution 3D du Mont Samalas (en noir, au dessus de la caldeira) et de l'actuelle topographie du Rinjani, sur la droite de l'image - doc. Lavigne and others (2013)

L’ampleur du matériel déplacé est perceptible au travers des traits noirs verticaux qui relient la surface de la Terre solide actuelle à la surface pré-explosion du volcan.

 

10.000-rupias---Rinjani.jpgBillet de banque Indonésien de 10.000 rupiah représentant le volcan Rinjani sur Lombok - Doc. Michel Lecouteur.


Quels ont été les conséquences climatiques et démographiques d’un tel cataclysme ?


On peut s’en faire une petite idée en consultant les chroniques et écrits de l’époque médiévale.

En Indonésie, le poème historique " Babad Lombok ", écrit en ancien Javanais, suggère une éruption catastrophique qui ensevelit la capitale du royaume de Lombok, Pamatan, avant le fin du 13° siècle.


En Angleterre, le Frère Matthew Paris, vivant à l’Abbaye St Albans dans l’Hertfordshire, a décrit dans son journal, " Historia Anglorum " : " un froid insupportable … qui affligea cruellement les pauvres, suspendu toute cultures, et tué le jeune bétail. "

 

anomalie thermique 1258 - Mann & alAnomalies de température moyenne en degré Celsius au cours des siècles - l'anomalie très forte de 1258 est a rapporter à l'éruption du Samalas - doc. Mann & al.


Illustration-from-London--British-Library--MS-Royal-14-C-VI.jpgIl rapporte qu’en juin, rien n’avait poussé, et en automne, rien ne ressemblait à une récolte. Le Peuple commença à mourir par milliers, en commençant par les plus pauvres.


Illustration from London, British Library, MS Royal 14 C VII, folio 6r, self-portrait of Matthew Paris.

 

" … les cadavres furent retrouvés partout, gonflés et livides, gisant par groupe de cinq à six … lorsque plusieurs corps étaient retrouvés, de grandes fosses étaient creusées dans les cimetières et un grand nombre de corps y furent déposés ".

Apparemment, l’une de ces grandes fosses était située dans le cimetière de Spitalfields à Londres, le plus grand site d’ensevelissement des temps modernes. La population de Londres est passée de 50.000 à 15.000 personnes, ce qui a bouleversé la capitale.

 

1258---3---archeology-.co.uk.jpg       L'ostéologue Walker examinant les os du cimetière de Spitalfields - doc. archeology.co.uk


L’ostéologue du MOLA, Don Walker, qui a daté au radiocarbone les ossements découverts, n’a pas pu relier cet évènement à une catastrophe connue de l’époque médiévale ; il s’est alors tourné vers des sources documentaires, dans lesquelles il est fait mention de " fortes pluies, qui ont causé des pertes dans les récoltes ; suite à l’échec de celles-ci, une famine survint … et plusieurs milliers de personnes périrent. "

Selon lui, " webcover spital bioarchc’est la première preuve archéologique de l’éruption volcanique de 1258 et elle constitue un excellent exemple de la complexité des connaissances pouvant être obtenues  au départ d’une preuve archéologique. Il est incroyable de penser qu’une telle catastrophe naturelle mondiale puisse être identifiée dans une petite zone de l’est  Londonien. "

Ses découvertes sont reprises dans une monographie du MOLA : " A bioarchaeological study of medieval burials on the site of St Mary Spital: excavations at Spitalfields Market, London E1, 1991–2007 ".


Bill McGuire, professeur de géophysique et des risques climatiques à l’University College of London, ajoute : "  ce fut certainement un évènement volcanique prodigieux, l’un des plus important des derniers millénaires. Par conséquent, ce n’est pas vraiment surprenant que l’une de ses conséquences fut une sérieuse augmentation de la mortalité à Londres. De par leur influence sur le climat, des grandes explosions volcaniques peuvent affecter n’importe quelle ville sur la planète, et une éruption aussi distante qu’en Indonésie attendre sans aucun doute la capitale anglaise et y faire des victimes ".

Le volcanologue John Eichelberger, de l’Université d’Alaska à Fairbanks, ajoute que les effets des éruptions volcaniques sur le climat sont bien documentés. Outre les cendres éjectées dans la stratosphère, " le grand coupable est le dioxyde de soufre, qui forme des gouttelettes d’acide sulfurique, non réflectives et ne laissant pas passer suffisamment de radiations solaires vers la surface terrestre. Il n’en faut pas plus pour perturber une saison et causer une catastrophe ". Une chute d’un à deux degrés Celcius peut raccourcir la longueur de la saison de croissance … avec ses conséquences sur les récoltes.


Un père Augustin, Henry Knighton, chroniqueur du 14° siècle a repris les écrits de M.Paris. Il note, pour l’année 1258, une perte massive de récolte, la famine et la peste touchant durement la ville de Londres.

  "Les vents du nord ont prévalus durant plusieurs mois, et lorsque le mois d’avril, de mai et une bonne part de juin furent passés,  seules apparurent une rare fleur ou un germe, avec un espoir incertain de récolte. De plus, la nourriture vint à manquer (la récolte de l’année précédente avait échoué), et une innombrable multitude de personnes pauvres décéda, et leurs corps furent retrouvés gonflés par la disette, livides, par groupe de cinq ou six, dans des porcheries, des ruelles boueuses et sur les fumiers. Ceux qui avaient des habitations hésitaient à abriter malades et mourants de peur de l’infection. "


En France, Richer (ou Richerus), un moine Bénédictin et chroniqueur Chronique frère Richer livre V chapitre VLorrain vivant à Senones, connu par dix manuscrits, a décrit l’horrible année 1258 " sans été ": des épizooties déciment le bétail dès le printemps, les blés pourrissent suite à l’été humide, les productions arboricoles sont réduites à néant.

 

Chroniques du Frère Richer - Livre V/ chapitre V


Traduit du vieux français : " Que dirai-je des fruits de cette année, vu que l'indisposition du temps était si grande qu'à peine l'ardeur du soleil pouvait rayonner sur la terre (...). Car au long de cet été les nues et brouillards pluvieux furent si fréquents qu'on l'eût plutôt estimé être un automne qu'un été. En premier lieu, le foin ne put être séché à cause des pluies incessamment tombées de l'air ; la moisson semblablement fut si abattue de pluies et d'humidité qu'elle fut retardée jusques en septembre. En sorte que dedans les épis, les grains germaient et qui pis est, comme la plus grande partie des grains fut mise aux greniers, elle se putréfia." (...) "Mais que pourrais-je dire de la vendange odieuse de ceste année, vu que personne n'en put tirer aucun profit ou émolument, et que telle chose ne se trouve par écrit être jamais advenue ? Quelle chose pourrait être plus misérable à dire, sinon qu'en tout cet été ne se put jamais trouver un seul grain de raisin propre à manger, même aux alentours de la Saint Rémi, (1°octobre) auquel temps naturellement mûrit le fruit de la vigne. Les raisins étaient si durs qu'il semblait qu'ils eussent imité la dureté des cailloux. … Mais de malheur un jour de la troisième semaine d'octobre, le vent septentrional usant de ses violences,, amena une si grande gelée que toute la vendange fut réduite en glace. Et ce non seulement advint en ce pays, mais aussi aux régions plus lointaines. "


Un autre Bénédictin, Guillaume de Nangis, de St Denis rapporte lui-aussi : "Au mois de septembre, il y eut en plusieurs endroits de tels déluges de pluie, que les moissons germèrent dans les champs et dans les granges, et que les grappes de raisin ne purent parvenir à leur maturité nécessaire. Ensuite les vins furent tellement verts, qu’on ne les pouvait boire qu’avec déplaisance et en faisant la grimace."


Le brouillard sec stratosphérique fut aussi remarqué, décrit comme un aspect brumeux persistant du ciel, et un noircissement total de l’éclipse de Lune en mai 1258, relaté par le chroniqueur et moine Bénédictin Anglais John de Taxter.

La couleur normale de la Lune en éclipse est rouge… mais en raison de la présence d’abondants aérosols volcaniques dans la stratosphère, la lumière incidente n’a pu être réfractéeet diffusée dans le cône d’ombre, la Lune apparaissant noire de ce fait. La transparence de l’atmosphère est altérée par plusieurs facteurs comme la présence de nuages, d’aérosols mais aussi par les molécules de l’atmosphère elles-mêmes...L'épaisseur optique d’aérosols ou AOT décrit plus spécifiquement à quel point les aérosols affectent le passage de la lumière à travers l'atmosphère, pour une longueur d'onde donnée.Pour que la Lune disparaisse effectivement, la profondeur optique des aérosols doit être de 0,1 ou plus. (Link 1963)

 

Sources :

- Extraits de chroniques fournis par Michel Lecouteur

- Chronique de Richer – 13° siècle- link

- MOLA :  A bioarchaeological study of medieval burials on the site of St Mary Spital: excavations at Spitalfields Market, London E1, 1991–2007

- Climatic and demographic consequences of the massive volcanic eruption of 1258 - R.B.Stothers

- Quantification volumétrique de l'explosion caldérique majeure de l'holocène : le volcan Samalas en 1257 (Lavigne & al. 2013)

- CNES - Mesure de l’épaisseur optique - link
- Current archeology - London's volcanic winter  / Août 2012 - link

- Current archeology - Reading the bones: Spitalfields' human remains - août 2012 - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 31516_1484996726264_1274264879_1390035_25448_n-1--RGoad.jpg

                El Chichon et les collines environnantes - photo René Goad / Volcanoplanet.

 

El Chichon , appelé aussi El Chichonal, est un petit cône de tuff trachyandésitique et un complexe de dômes de lave, situé dans une région isolée du Chiapas, à distance du champ volcanique trans-mexicain.

 

F1.large.jpgEl Chichon fait partie du (Modern) Chiapanecan Volcanic Arc - (M)CVA - positionné de façon intermédiaire entre le Trans Mexican Volcanic Arc  - TMVB - et le CAVA - Central American Volcanic Arc

 

L'initiation d'une subduction "plate" au milieu du Miocène dans le centre du Mexique pourrait avoir généré une entrée de manteau chaud en coin, depuis le NO vers le SE, avec la création de l'arc volcanique du Chiapas. La position et le volcanisme alcalin-potassique du Chichon serait liés à l'arrivée de la dorsale hautement serpentinisée Tehuantepec sous l'arc volcanique du Chiapas ... la déserpentinisation de la dorsale Tehuantepec aurait relâché des quantités importantes d'eau dans le manteau superposé, favorisant par conséquent une fusion de l'intrusion mantellique et probablement de la plaque.

 

El-Chichin-1981---Rene-Canul-GVP.jpg

El Chichon en 1981 - la photo n'est pas très bonne, mais documente bien la topographie locale avant l'éruption  - photo René Canul / GVP.

 

Avant 1982, ce volcan était relativement peu connu des habitants et même des volcanologues ; il était densément couvert de forêts et pas beaucoup plus haut que les collines voisines d’origine non volcanique. Un large dôme, formant le sommet du volcan, s’est construit dans le cratère sommital large de 2 km. sur 1,6, il y a 220.000 ans. Deux autres cratères sont situés respectivement sur ses flancs SO et SE. , le SE rempli par un dôme. Un autre dôme est localisé sur son flanc NO.  L’activité explosive a marqué le milieu de l’Holocène.

 

L'éruption de 1982 :

En fin 1981, les indiens Zoque vivant dans la région commencent à ressentir des séismes , à entendre des grondements souterrains et à percevoir une odeur d’œufs pourris. L’eau des rivières se réchauffe.

En mars 1982, on compte 10 à 25 séismes de magnitude 4 par jour , localisés à 5 km. de profondeur. Le 27 mars, c’est soixante séismes par heure , et à 2 km. seulement sous la surface.

Le dimanche 28 mars, les séismes s’arrêtent vers 21 h.30 … mais à 23h.32, une colossale explosion fait sauter un quart du dôme sommital et ouvre une bouche d’où fusent gaz et cendres durant six heures ; le panache atteint, en 40 minutes, une hauteur de 17 km. et un diamètre de 40 km. L’énorme onde de choc est perçue au Texas, en Alaska et jusqu’en Antarctique. C’est la panique … puis le volcan semble se calmer.

Le 3 avril, deux explosions agrandissent le conduit éruptif du dôme. Et Le 4 avril, entre 1h35 et 5h30, c’est le paroxysme ! Le reste du dôme est pulvérisé ; un panache monte à 24 km. de hauteur et sous l’effet du souffle, tout est balayé dans un zone allant jusqu’à 8.000 mètres du cratère. Les surges pyroclastiques ont sauté des crêtes de 300 m. de hauteur.

Une deuxième vague paroxysmale commence vers 11 h10, et le volcan crache pendant 7 heures un panache, qui va monter à 18 km. et recouvrir de cendres 50.000 km² à l’est du volcan.


 

14chi03f.png

Distribution des dépôts de coulées et surges pyroclastiques de mars-avril 1982 - Les surges S-1 et S-2 sont associés à la première explosion du 4 avril ; le surge S-3 à la seconde explosion du 4 avril - From Sigurdsson, Carey, and Fisher (1987).


Les dépôts pyroclastiques vont former un barrage naturel sur la rivière Magdalena-Ostuacán, à 4-5 km.du cratère et la formation consécutive d’un lac provisoire de 5 km. de long. Les millions de m³ d’eau accumulées vont brutalement se déverser dans la vallée à la rupture du barrage le 26 mai, 7 semaines après la fin de l’éruption, et causer un lahar meurtrier (la température de l’eau est mesurée à 82°C)

 

El-Chichon-Pyrocl.-flows-and-surges-1982----Bill-Rose.jpgZone dévastée par les surges et coulées pyroclastiques en mars-avril 1982 - une forte érosion des dépôts au cours de la saison des pluies se remarque sur cette photo aérienne de janvier 1983 - photo Bill Rose/MTU

 

Quand s’arrête le cataclysme, le volcan a perdu une hauteur de 260 mètres, et à la place du dôme, s’ouvre un cratère de 1.000 m. de diamètre, profond de 230m. Près d’un milliards de tonnes de produits volcanique ont été crachés par El Chichon.

La première observation du cratère, le 25 avril, laisse voir trois petits lacs qui occupent le fond de celui-ci. Ils vont fusionner en un seul lac, qui atteindra la profondeur de 120 mètre, et qui sous l’effet des gaz qui le traversent, va devenir acide. En janvier 1983, sa température est mesurée à 52-58°C et le pH à 0,5 – En octobre, la température a chutée à 42°C et le ph est remonté à 1,8. (MTU).

 

El-Chichon-06.1982---W.Duffield-USGS.jpgEl Chichon - Aspect du cratère en juin 1982 , avec de petits lacs séparés et une intense activité fumerollienne - photo W.Duffield / USGS.


L’éruption a fait au total 2500 morts, victimes surtout des surges et coulées pyroclastiques.

En 2000, on a enregistré une hausse de la température du lac … présage d’un regain d’activité du volcan ?  (d'après M.Krafft)

 

el-chichon---explorevolcanoesnow-copie-1.jpg   Configuration actuelle de la région sommitale du Chichon - photo Explorevolcanoesnow.

 

31516_1485025246977_1274264879_1390055_6686668_n-RGoad.jpgEl Chichon - le chemin d'accès au sommet emprunte les drainages naturels - photo René Goad / Volcanoplanet.


31516_1485014006696_1274264879_1390042_7675715_n-RGoad.jpg

La couleur orange de l'eau est un dépôt de fer du au passage de l'eau au travers des dépôts de coulées pyroclastiques - photo René Goad.

 

31516_1485075928244_1274264879_1390241_6068266_n---RGoad.jpg

La caldeira du Chichon et son lac acide en 2010 - On peut voir les glissements de terrain dans la caldeira - photo René Goad.

 

31516_1485076048247_1274264879_1390242_2914260_n.jpg

Il reste encore des fumerolles sur le plancher de la caldeira, trente ans après l'éruption - la couleur bleu-vert de l'eau acide est due en partie à une haute concentration en minéraux dissous, en partie aux sediments légèrement colorés continuellement remués par les zones où l'eau est en ébullition. - photo René Goad

 

Influences à plus grande échelle :

Cette éruption, à haute teneur en soufre, a injecté dans la haute atmosphère une masse de poussières volcaniques mêlée à des gouttelettes d’acide sulfurique estimée à 20 millions de tonnes. Ce nuage est entrainé vers l’ouest par les vents d’altitude et fait un premier tour du globe en 21 jours, s’étalant sur une bande de 2.000 km. de large. Il va, durant trois ans, arrêter, par réflexion, 25% du rayonnement solaire en haute altitude et faire baisser ainsi la température annuelle globale de presque un degré.

 

Mauna_Loa_atmospheric_transmission---El-Chichon.pngDiminution de la radiation solaire due aux éruptions du Chichon  (76% transmis contre 90-92 habituellement) et du Pinatubo (82% transmis) - doc. HVO

 

volcantemp.jpg

Diminution en corollaire de la température de la troposphère comprise entre 0,2 à 0,4°C entre les années 1982 et 1987 - doc. NOAA / Intellicast.


el-chichon-ghcn_giss_hr2sst_1200km_anom0112_1983_1984_1980_.gifAnomalie de température au niveau mondial pour les années 1983-84 comparées à la décade - zone blanche prédominante , comprise entre + 2°C et - 2°C.


Ce manque d’énergie solaire va expliquer les records de froid enregistrés en 83-84 dans l’est des Etats-Unis et en 84-85 en Europe. Je me rappelle personnellement d’un mois de janvier 1985, où la température est descendu jusque moins 18°C, faisant paraffiner le mazout entre la cuve et la chaudière, et grillant 50% des rosiers du jardin. Des températures allant jusqu’à -30°C ont été relevées chez nous et on a constaté en France une surmortalité de 13%, due principalement aux maladies cardiaques et aux pneumonies cet hiver là.

 

Meteo-Belge-01.1985.gifCarte des températures le 15.01.1985 - une "goutte bleue" indique les basses températures (moins 15-16°C) sur les Pays-Bas, la Belgique et une bande centrale allant du nord de la France aux Pyrénées - doc. Météo Belge.

 

Addendum : un rapport scientifique concernant les écarts de température et la mortalité en France réalisé par Magali Barbieri, chercheur à l'INED, vient de m'être fourni par Michel Lecouteur / L.A.V.E. ; celui-ci me communique pour janvier 1985, un écart de -3,3°C et pour février 1986, un écart de -6,1°C, par rapport à des données mensuelles sur 300 ans (d'après une conférence du Dr. Rousseau - météo France).

Ces renseignements complètent utilement les graphiques et données précédentes.


 

El-Chichon-Inded.JPG         Graphique réalisé par Michel Lecouteur, que je remercie, d'après M.Barbieri / Ined.

 

 Des études ultérieures à l’éruption ont prouvé que le Chichon avait enregistré dix éruptions explosives de puissance similaire au cours des 3.700 dernières années … certaines de ses activités peuvent avoir eu une influence déterminante sur le développement de la civilisation Maya, dans la mesure où les principales cités du Chiapas étaient situées sous les vents par rapport au volcan et exposées à des retombées de cendres massives.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - El Chichon.

-  "Les plus beaux volcans " par Katia et Maurice Krafft

Editions Solar, Paris, 1985 - Collection : Autour du Monde

- Volcanoplanet - by René Goad - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Petite "mise en bouche" ...

 

 

 

Philippe Audra, docteur en géographie au laboratoire de géo-écologie alpine et méditerranéenne de l’Université de Nice-Sophia Antipolis, est l’auteur d’un "inventaire préliminaire des cavernes de l’île de la Réunion". Il a recensé environ 80 structures volcaniques associées aux coulées basaltiques, dont 18 tunnels de plus de 100 mètres , le plus important atteignant près de deux kilomètres, pour des dénivelés compris entre 50 et 100 mètres.

 

Tunnel_de_lave---ph.-RV.JPG                  La Réunion - petits tunnels de lave de taille décimétrique - photo RV.

 

Reunion_PitonChisny_LavaTube---B.Navez.JPGLa Réunion - massif de La Fournaise - un tunnel un peu plus grand dans une coulée du Piton Chisny - photo B. Navez


A La Réunion, ces tunnels portent des noms exotiques : cavernes Bateau, trou de la Plaine-des-Palmistes, caverne des Fées, caverne du Brûlé de Citrons-Galets, grotte des Salanganes, grotte du Bernica, Le Trou d’Eau, Caverne de la ravine Fleurimont, trou du sentier de Piton Textor, caverne de la ravine Saint-François, caverne aval du Pylône, caverne des Quatre-Voies, caverne du Butor, cavernes de la Rivière-des-Remparts, caverne nord du chemin Bruniquel, caverne du Nez-de-Bœuf, grotte du Guano, caverne du Vieux Fusil et caverne sud du Chemin Bruniquel.


tunnel_lave-effondrement-routier---BRGM.jpgLa plupart des tunnels de lave du Piton de La Fournaise ont été découverts lors des chantiers de terrassement réalisés dans le cadre de travaux de construction. Ils sont causes d'effondrements répétés de la route côtière RN 2.

 

Tunnel de lave et effondrement routier - Doc. BRGM / La Réunion.


Parmi ceux-ci, quelques mots sur les structures majeures associées à des coulées d’âges divers : la Caverne de Citrons-Galets dans la coulée de 1800, la caverne Bateau, et le tunnel de la coulée de 2004.


Le tunnel de Citron-Galets (ou caverne du Brûlé de Citrons-Galets) :

L’éruption de Citron-Galets qui s’est produite entre le 2 et le 8 novembre 1800, nous est révélée par Bory de saint-Vincent et Alfred Lacroix, sur base des notes de Joseph-Henri Hubert, agriculteur à Saint-Benoit et guide de Bory, en son temps :

L’éruption qui s’est fait une issue au dehors de l’enclos, à peu près vers les sources des ravines des Citrons-Galets et du Tremblet, a eu lieu le 2 novembre 1800 et est parvenue à la mer, le 8 du même mois, à 9 heures du soir. La lave, en arrivant à la mer, tombait en cascades dans le lit de la ravine des Citrons-Galets, à soixante gaulettes - La gaulette était une ancienne unité de mesure de Bourbon et correspondait à 15 pieds de Roi, soit 4,875 mètres -  environ de celle du Tremblet par où la lave a aussi coulé, mais goutte-à-goutte et sans aller plus loin. (…) Il est impossible de décrire la cascade de lave de la ravine des Citrons-Galets ; cette cascade était un des spectacles majestueux et terribles qu’on ne peut rendre dans aucune langue. La lave tombait à plomb de 80 à 100 pieds de hauteur ; elle était divisée en trois courants de feu : celui du milieu d’un volume considérable, était aussi fluide que de l’eau. Les autres coulaient à peu près comme aurait fait le miel. "

 

citon-Galets---Tremblet---JP-Goursaud-Randopitons.jpg            La Réunion - tunnel des Citrons-Galets - photo JP. Gourseaud / Randopitons


circuit3.jpgL’éruption de Citron-Galets s’est faite par fentes excentriques sur les pentes extérieures du cône interne du volcan, à l’extérieur des remparts de Bois blanc et du Tremblet.

 

Carte de prospection du BRGM 2005.

 

Ce tunnel mesure 680 mètres de long pour une dénivellation de 94 mètres ; il présente par endroits un diamètre allant jusqu’à 4 mètres. S’y succèdent stalactites de lave, figures de flux, plancher en gratons.

 

tunnel_citron.jpg                    La Réunion - tunnel de Citron-Galets: entrée et structures - doc. BRGM

 

Citron-Galets-tube-imbrique-et-banquette---Speleologie.f.jpg            La Réunion - Tunnel de lave de Citron-Galet : tubes imbriqués et banquette de lave -

                                    photo Spéléologie.free.fr

 

tunnel-de-Citron-galets---BRGM.jpg

 

Il fait l’objet, comme la caverne Bateau, de projets d’aménagement en vue d’une ouverture au public … qui n’en finissent pas d’aboutir.

La polémique sur l’équipement des tunnels de La Réunion pose le problème de leur dangerosité : outre les risques d’effondrements, le manque d’aération est à l’origine des fortes teneurs en gaz toxiques dans l’air. Il pose aussi celui de leur préservation : ces structures magnifiques mais fragiles ne peuvent supporter un tourisme de masse. Eternel conflit entre sécurité et moyens de l’assurer … sans confiscation du site !


Pour l'anecdote : le citron galet - Citrus aurantifolia -  est un agrume épineux de la famille des Rutacées, originaire d’Inde, de petite taille, produisant un petit citron consommé vert.
Très juteux et parfumé, il est utilisé dans le punch et dans le rougail, où mélangé au piment, il accompagne la cuisine Réunionnaise.

 

Dossier-36-9737.jpgCarte simplifiée des structures du massif de LA Fournaise - par A. Demaison dans le livre de Krafft, réf. en sources.

 

La Caverne Bateau est le plus grand tunnel répertorié de l’île. Sous la Plaine des Cafres, son réseau atteint 1900 mètres. Elle est actuellement interdite d’accès !

Une carte et une description précises ont été faites en 1999, par Diego Coppola, étudiant de l’Université de Turin, en stage à l’Observatoire Volcanologique du Piton de La Fournaise … stalactites de lave, banquettes et tubes superposés s’y rencontrent au gré de la progression, parfois difficile.

 

Caverne-Bateau---Imazpress.jpg                                      La Réunion - Caverne Bateau - photo IMAZPress

 

Les hirondelles des Mascareignes, les salanganes, y ont établi quatre colonies pour un total de plus de cent nids, qui au vu des monticules de guano, ne datent pas d’hier … selon les ornithologues : " Le maintien des colonies de salanganes qui nichent dans les tunnels de lave du coteau de Brèdes représente un enjeu majeur de protection sur le site. Le caractère endémique de l’espèce, la spécificité de la population de la caverne Bateau par rapport aux autres colonies connues de la Réunion  - période de reproduction différée - justifient une protection forte et une vigilance particulière dans la définition des aménagements futurs et de la gestion mise en œuvre. Cependant, l’ouverture au public d’une partie des galeries n’est pas incompatible avec la tranquillité nécessaire à la reproduction de cette espèce. Des suivis réguliers devront être mis en place pour attester de cette compatibilité et le cas échéant prendre toutes mesures nécessaires à la conservation des colonies ".

 

Le décor minéral de la galerie n’en reste pas moins impressionnant. Au bout de quelques mètres, le tube de lave prend une forme régulière. La voûte s’arrondit, le sol est un chenal plat recouvert de lave cordée. À main gauche, s’ouvre une étrange banquette. La lave liquide qui a coulé 7000 ans plus tôt dans le tunnel s’est refroidie sur les côtés, laissant derrière elle ces étagères insolites. Plusieurs amoncellements de roche rappellent que la voûte s’effondre de temps en temps. À 150 mètres de l’entrée, la voûte est traversée par quelques rais de lumière.  Il faut ensuite jouer des coudes pour progresser. Le plafond d’un des couloirs est hérissé de stalactites. (description IMAZPress)

 

Le tunnel de la coulée 2004 :

Le tunnel de lave de la coulée d’août 2004 n’a fait pour l’instant l’objet d’aucun véritable relevé topographique. Mais les premières évaluations effectuées à l’aide d’un GPS en révèlent les dimensions : c'est le tunnel des superlatifs ! Il est le plus long connu à ce jour à La Réunion, avec un développement de 2.300 – 2.650 mètres, se prolongeant vraisemblablement en amont dans Les Grandes Pentes ; c’est aussi celui qui présente le plus grand dénivelé : 300-350 m. et le plus long tronçon aveugle, avec 1.400 mètres sans accès au jour.

 

Tunnel---serge-Gelabert---Mediatheque-orange-Reunion-tou.jpgLa Réunion - tunnel de lave 2004 : " le salon rouge" - photo Serge Gélabert / médiathèque Orange Réunion Tourisme

 

La-Reunion-coulee-2004---Gaetan-H.--citoyennedestpierre.jpg  La Réunion - tunnel de lave 2004 - photo Gaetan H. / Société citoyenne de St Philippe SCSP

 

Entre la terre et la lune … La Réunion .

Avec la conquête spatiale, les tunnels de lave sont considérés comme de potentiels abris pour les cosmonautes voulant s’établir sur La Lune ou Mars.

 

Dans ce cadre et pendant sept semaines, trois Cadets de l'Ecole de l'Air de Salon de Provence ont fait au SALM Sainte-Rose un stage pour la conception d'un " LTRF " (Lunar Tube Research Facility), une "cellule" de 7 m. de long et 2 m.50 de large, soit 17,5 m², un habitat - laboratoire à implanter temporairement dans un tunnel de lave de la coulée 2004 pour y simuler des conditions analogues à une future exploration souterraine lunaire voire martienne.... Un robot sera aussi utilisé pour reproduire la recherche et l’extraction d’éléments géologiques. Quand à nos astronautes chercheurs, ils seront en permanence en liaison avec l’extérieur, avec un moyen des plus classique, la 3G. Le but, y tenir un journal de bord, mais aussi rendre des comptes sur ce qui va, mais surtout ce qui ne va pas. La notion de sécurité a vraiment été mise en avant : une "sortie de secours" est intégré à la future cellule, ainsi que plusieurs interrupteurs pour mettre l’ensemble des équipements hors tension en cas de danger, mais l’extraction demeure le soucis principal, seule une brigade de pompiers est autorisée à intervenir dans les cavités des coulées de lave à La Réunion.

 

Un des derniers tunnels en date :

 

Grand-Brule---10.2007-Ph-M.Moreira-IPGP.jpgLa Réunion - prises de mesures par les équipes de l'IPGP sur un tunnel du Grand Brûlé  - photo M. Moreira 10.2007

 

Sources :

Des photos à voir sur :

- Ricaric - Canyoning et Tunnels de lave - link

- Face aux feux du volcan - photos de Christian Holveck - link

- Volcans Passion - le blog de Sylvie et Daniel Chereau - Tunnels de lave La Réunion - avec photos du Salon rouge / coulée 2004 de Thierry Sluys - link

 

- Au coeur de La Fournaise" par R. Bénard & M. Krafft - éd. Nourault & Bénard.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Sismologie

  Un drame en trois actes ...

 

Avant le drame :


San Francisco, en 1906, était une des villes les plus importantes de la côte Pacifique, le centre financier de l’ouest et la neuvième plus grande cité des Etats-Unis.  

La ruée vers l'or de 1849 y avait attiré des milliers d’émigrants et la famine en Asie avait poussé de nombreux Chinois à s’y installer.

Elle accueillait le plus gros port de la côte occidentale et était considérée comme la "porte du Pacifique", par laquelle transitait la grandissante puissance économique et militaire américaine vers l'Asie et l'océan Pacifique. L’entrée d’Hawaï dans l’union et la guerre contre l’Espagne en 1898 donnent à San Francisco un rôle important. Pas moins de 42 banques étaient installées dans la ville.

La vie culturelle était dynamique grâce aux cinq quotidiens, aux restaurants français, aux théâtres et à l’opéra situé sur Mission Street. L’Orpheum O’Farrell pouvait accueillir 3.500 personnes. D’un point de vue architectural, la ville était la plus belle de l’ouest américain. Les magnats du chemin de fer et des mines s’y firent construire de magnifiques demeures.

Même si la sismologie en était à ses débuts, les experts savaient que San Francisco était située sur une ligne de faille : les séismes les plus importants dans la baie de San Francisco furent relevés en 1836, 1868, 1892 et en 1905. Certains secteurs de la faille de San Andreas furent identifiés et reconnus comme potentiellement dangereux dès 1893.

 

Le séisme du 18 avril 1906 :

 

Un séisme de magnitude 8,2 toucha San Francisco le 18 avril 1906, à 5h12 ; son épicentre se situait à 12 km. à l’ouest de San Francisco, le long de la faille San Andreas. La zone de rupture s'étendit sur 477 km.

Les secousses furent ressenties de l’Oregon à Los Angeles sur la côte, et à l’intérieur des terres, jusqu’au Nevada.

 

San_Francisco_in_ruin---Library-of-congress.jpg                     San Francisco en ruines ... archives Library of Congress.


Les bâtiments en briques, tels que l'hôtel de ville, ne résistèrent pas aux secousses. Le tremblement de terre réduisit à néant le réseau téléphonique, le cable-car et les systèmes de communication. Dans la région de la baie, l'université Stanford fut en partie endommagée. Les villes de San Jose, Hollister, Bolinas et Santa Rosa furent également touchées.

 

SF-earthq.---AP-Bancroft-library.jpg                          San Francisco séisme de 1906 - photo archives AP / Bancroft Library

 

san-francisco-earthquake - old picture of the daySan Francisco - le gigantesque incendie consécutif au séisme de 1906 - photo "Old picture of the day"


Outre les énormes dégâts causé aux immeubles et infrastructures, le pire restait à venir : la rupture des canalisations de gaz a provoqué de gigantesques incendies dans le centre-ville, où 25.000 immeubles s’embrasent. Les incendies durent trois jours, encore aggravés par d’autres feux intentionnels, causés par des propriétaires informés que leur police d’assurance ne couvrirait pas les seuls dégâts du séisme.

Incendies et pillages réduisent à néant, en quelques heures, le quartier commercial de la cité de l’or.

 

san francisco 1906 usgs

 

 

 

 

 

San Francisco séisme de 1906 - carte de ressenti reconstituée par l'USGS.

(échelle de Mercali)

 

CalNeva_big-copie.jpg

 

san fran earthquake                                       La Une du jour du Oakland Tribune - 18.04.1906


On dénombre au moins 3.000 morts, la plupart dans la ville elle-même. Entre 225.000 et 300.000 personnes (sur les 400.000 habitants de la ville) se retrouvent sans toit, et doivent se réfugier de l’autre côté de la baie d’Oakland, qui se couvre de villages de tentes.


Le tremblement de terre de 1906 provoqua une prise de conscience du danger sismique en Californie. Un programme de recherche sur les séismes fut lancé, et une équipe de scientifiques, dirigée par le géologue Andrew C. Lawson, de l’université de Berkeley, étudia et cartographia la faille de San Andreas.


Malgré une reconstruction rapide, la vie économique se délocalisa vers le sud, à Los Angeles.

Ce désastre et les déplacements de capitaux vers l’ouest précipitèrent la crise financière de 1907.

SF - Lloyd's insuranceLes rues des collines de San Francisco après le séisme de 1906 - photo archives Lloydd Insurances.

 

Le futur attendu : « le big one »

 

Depuis le séisme de 1906, d’autres secousses importantes se sont passées en Californie:

17 octobre 1989 : Le séisme de Loma Prieta de M 6,9, proche de Santa Cruz a causé 63 morts

le 28 septembre 2004, le séisme de Parkfield de M 6,0 fut ressenti dans tout l’état.

 

WS Fig 3-lrg                   Séismes de la région de San Francisco - historique et prévisions - doc. USGS


Pour l'Institut de géophysique américain, la probabilité de voir un tremblement de terre de magnitude supérieure à 7,5 dans les 30 prochaines années a été établie à 46%, et " un tel séisme est davantage susceptible de se produire dans la partie sud de l'Etat de Californie ", où se trouvent Los Angeles et son agglomération, plus de 16 millions d'habitants. " La probabilité de voir un tremblement de terre de magnitude 6.7 ou plus frapper la région de Los Angeles dans les 30 ans est de 67%, et dans la région de la Baie de San Francisco de 63% ", précise l'USGS qui conclue : " De tels tremblements de terre peuvent être meurtriers, comme l'a prouvé le séisme de 1989 de Loma Prieta, près de San Francisco, de magnitude 6.9 ou celui de 1994 à Northridge, proche de Los Angeles, de magnitude 6,7. "

 

NASA_Radar_3-D_View_of_San_Andreas_Fault.jpgImage radar 3D en fausses couleurs de la faille San Andreas au niveau du Crystal springs Reservoir - les zones urbanisées sont en rose et vert : San Mateo et Burlingam aux rues en angles, et Foster City, en haut à droite, aux rues en courbes. - doc. Nasa

 

1906map---USGS-tsunami.gifRéinterprétation du tracé de la faille san andreas au large du Golden Gate / San Francisco par Zoback & al. (1999) - Elle se serait déplacée d'un km. au sud de Bolinas et de 3 km. au nord du lac Merced (ligne rouge) - doc. USGS Pacific coastal and marine science center / Tsunami

  En parallèle à toutes ces prévisions, des chercheurs de l'université de l'Oregon indiquent dans le journal " Geology " que trois plaques tectoniques, - Explorer, San Juan de Fuca et Gorda - situées près de la côte nord-ouest américaine sont actuellement en train de se réordonner, et que leur triple jonction se déplace en direction du sud-est. Aussi selon le directeur d'étude, le séisme tant redouté " Big One ", pourrait être bien moins cataclysmique que prévu. Cette réorganisation de plaques aurait pour effets que la subduction de la plaque Juan de Fuca, sous la plaque Nord-Américaine pourrait ralentir.

 

Mais ... en sismologie, comme en volcanologie, prévisions ne sont pas réalité ... il nous faut donc attendre le " Big One ", puis en faire l'histoire à rebours.

 

Sources :

- USGS Earthquake hazard Program

    - the great 1906 San Frnacisco earthquake - link

    - the Parkfield, california, earthquake experiment - link

- National Archives - San Francisco earthquake 1906

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques, #Sismologie
Piton de La Fournaise - 04.04.2020 / 9h47  - caméra panoramique HD  / OVPF / IRT

Piton de La Fournaise - 04.04.2020 / 9h47 - caméra panoramique HD / OVPF / IRT

Au Piton de La Fournaise, l’éruption qui a débuté le 02.04.2020 sur le flanc est du Piton de la Fournaise, aux alentours de 12h20 heure locale, se poursuit. L’intensité du trémor volcanique (indicateur de l’intensité de l’éruption) est relativement stable sur les dernières 12 heures.

Le 3 avril, à 06h25, le front de coulée a pu être estimé à environ 1.000 m d’altitude dans le haut des Grandes Pentes, et à 3,8 km de la route nationale, d’après les retours visuels de la webcam de l’OVPF/IPGP située à Piton Cascades.

L’éruption s’est stabilisée sur la partie centrale de la fissure éruptive. Le nombre de fontaines se réduit donc petit à petit et bientôt l’éruption ne sera plus active que sur une ou deux bouches, En attendant, les lambeaux de lave projetés retombent et construisent un spatter-rempart qui a déjà bien grandit.

Le 3 avril à 22h15, l'anomalie thermique relevée par Mirova est de VRP 2607 MW (sans doute sous l'effet d'une éclaircie)

A noter que lors de l’intrusion latérale de magma vers le site éruptif le 02 avril, entre 08h50 et 12h20, et suite à la crise sismique (08h15-08h51), les déformations et la sismicité ont été extrêmement faibles. La propagation latérale s’est faite ainsi de manière assez "passive" dans un milieu déjà ouvert et extrêmement fragilisé par les éruptions de 2019 et l’éruption du 10-16 février 2020 qui ont eu lieu dans ce secteur.

Piton de La Fournaise - Spatter-rempart en construction - photo rb / ImazPress  Réunion 03.04.2020

Piton de La Fournaise - Spatter-rempart en construction - photo rb / ImazPress Réunion 03.04.2020

Piton de La Fournaise - Evolution du RSAM (indicateur du trémor volcanique et de l’intensité de l’éruption) depuis le 02/04/2020 00h heure TU (04h heure locale) sur la station sismologique DSO située au sommet du volcan. (© OVPF/IPGP).

Piton de La Fournaise - Evolution du RSAM (indicateur du trémor volcanique et de l’intensité de l’éruption) depuis le 02/04/2020 00h heure TU (04h heure locale) sur la station sismologique DSO située au sommet du volcan. (© OVPF/IPGP).

Les flux de CO2 dans le sol en champ lointain (secteurs Plaine des Cafres / Plaine des Palmistes) ont chuté entre le 28/3 et le 01/4 avant de ré-augmenter. Ceci pourrait correspondre à une expulsion de magma superficiel (réservoir superficiel) par une remontée de magma plus profond.

Les flux de SO2 dans l’air ont baissé depuis la journée de hier. Cette baisse est en accord avec les retours visuels du site éruptif qui montrent une activité plus faible ce jour.

Les débits de surface estimés, à partir des données satellites via la plateforme HOTVOLC (OPGC - université d'Auvergne) sont fortement perturbés par la couverture nuageuse autour du Piton de la Fournaise. Les estimations effectuées depuis le début de l’éruption fluctuent entre 2 et 45 m³/s avec une moyenne autour de 7-10 m³/s.

 

Source : OVPF

 

Retrouvez l’ensemble des informations relatives à l’activité du Piton de la Fournaise sur les différents médias de l'OVPF-IPGP:
- le site internet (
http://www.ipgp.fr/fr/ovpf/actualites-ovpf),
- le compte Twitter (
https://twitter.com/obsfournaise?lang=fr),
- et le compte facebook (
https://www.facebook.com/ObsVolcanoPitonFournaise/)

Piton de La Fournaire - mesure de la masse de SO2 par Sentinel-5P Tropomi le 03.04.2020 : 6.15 kt  - Doc. Tropomi / DLR / BIRA / ESA

Piton de La Fournaire - mesure de la masse de SO2 par Sentinel-5P Tropomi le 03.04.2020 : 6.15 kt - Doc. Tropomi / DLR / BIRA / ESA

Piton de La Fournaise - 03.04.2020 / 17h05 TU - OVPF webcam Piton de Bert

Piton de La Fournaise - 03.04.2020 / 17h05 TU - OVPF webcam Piton de Bert

Ce vendredi 03 avril à 04.17 heure locale, un tremblement de terre de magnitude locale 2,8 situé à 3,2 km de profondeur a été enregistré sous le sommet du volcan Chaitén. Le Service national de la géologie et des mines a fait savoir que ce séisme est associé la fracturation de roches et à la dynamique des fluides internes (séisme hybride). L'alerte technique volcanique reste à " verde ".

La dernière période d'activité du Chaiten s'est produite entre le 2 mai 2008 et le 31 mai 2011 (GVP). Cette première éruption historique a produit une activité explosive majeure rhyolitique, de nombreuses coulées pyroclastiques et lahars, et fut suivie de l'installation d'un complexe de dôme qui a rempli une grande partie de la caldeira.

 

Sources : Sernageomin & Global Volcanism Program

Le panache éruptif du volcan Chaitén  - photo Patricia Santini M / 10.05.2008

Le panache éruptif du volcan Chaitén - photo Patricia Santini M / 10.05.2008

Les mesures GPS, ainsi que l'analyse détaillée et les calculs de modèle des données disponibles, témoignent désormais d'un nouveau gisement de magma à l'ouest de la péninsule de Reykjanes sous Rauðhólar et Sýrfell.

La carte montre l'emplacement des dépôts magmatiques qui se seraient produits au cours de l'année sur la péninsule de Reykjanes. Ce sont des résultats préliminaires et les modèles sont simplifiés, mais seront mis à jour au fur et à mesure de la réception des données. La carte indique quand les intrusions ont été formées-  1. en orange : janvier 2020 – 2.en rouge : février-mars 2020 – 3. en vert : mars-avril 2020. - Doc. IMO

La carte montre l'emplacement des dépôts magmatiques qui se seraient produits au cours de l'année sur la péninsule de Reykjanes. Ce sont des résultats préliminaires et les modèles sont simplifiés, mais seront mis à jour au fur et à mesure de la réception des données. La carte indique quand les intrusions ont été formées- 1. en orange : janvier 2020 – 2.en rouge : février-mars 2020 – 3. en vert : mars-avril 2020. - Doc. IMO

Cela confirme les données qui ont été collectées en collaboration avec l'Institut des sciences de la Terre, ÍSORs, HS Energy et l'Office météorologique islandais après le début des activités à Thorbjörn. 

"Les données que nous avons traitées indiquent que l'intrusion de magma a eu lieu de la mi-février à la première semaine de mars. Cette image a été mieux expliquée lorsque nous avons reçu des données des mesures GPS de l'Université, qui ne sont pas directement liées à notre système de surveillance, ce qui signifie que nous ne les détectons pas jusqu'à présent ", explique Kristín Jónsdóttir, directeur de groupe de la conservation de la nature à l'Office météorologique islandais. 

Un modèle place l'intrusion magmatique à environ 8-13 km de profondeur, ce qui est probablement profondément dans la croûte terrestre à une profondeur considérablement plus élevée que les deux dépôts de magma à Thorbjörn. 

"Ce gisement de magma sous Sýrfell est le troisième gisement de magma que nous signalons sur la péninsule de Reykjanes depuis le début de l'année. La présence de cet insert magmatique montre qu'il est nécessaire d'examiner l'activité dans la péninsule de Reykjanes de manière globale, et pas seulement de l'activité locale autour de Svartsengi et Reykjanes ", a déclaré Kristín Jónsdóttir . Elle réitère qu'il est trop tôt à ce stade pour tirer des conclusions solides et souligne la nécessité d'examiner l'activité actuelle dans un contexte historique avec d'autres événements connus dans la péninsule de Reykjanes.

Rauðhólar (icelandic Red hills) - photo Roman Z / wikipedia

Rauðhólar (icelandic Red hills) - photo Roman Z / wikipedia

Rauðhólar (les collines rouges islandaises) :

Vestiges d'un groupe de pseudocraters dans les champs de lave d'Elliðaárhraun à la périphérie sud-est de Reykjavik, Islande. L'âge de Rauðhólar est d'environ 5200 ans. À l'origine, il y avait plus de 80 cratères, mais leur gravier a été pris et utilisé dans les constructions. La majeure partie du matériel a été emportée pendant la Seconde Guerre mondiale pour des constructions telles que l'aéroport de Reykjavík et la construction de routes.

 

Source : IMO 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Le cône composite du mont Edgecumbe - Photo AVO 2004 / D.Marriott

Le cône composite du mont Edgecumbe - Photo AVO 2004 / D.Marriott

Un essaim de tremblements de terre a été détecté à proximité du volcan Mount Edgecumbe, à partir d'environ 2 heures du matin AKDT le lundi 11 avril 2022. Il y a eu des centaines de petits tremblements de terre dans l'essaim, bien que la grande majorité soit trop petite pour être localisée.

Le Centre national d'information sur les tremblements de terre a signalé que l'un des plus grands tremblements de terre de l'essaim s'est produit à 11 h 04 AKDT le 11 avril, avec une magnitude de 2,8 à 10 km de profondeur. L'Alaska Earthquake Center a rapporté qu'un autre tremblement de terre s'est produit à 15h44 AKDT le 11 avril, avec une magnitude de 2,1 et une profondeur de 4 km. Depuis ce matin, l'essaim continue, bien que le taux de tremblements de terre ait diminué au cours des dernières 24 heures.
La cause de cet essaim de tremblements de terre est actuellement inconnue. Cet essaim peut être associé à des processus volcaniques, à une activité tectonique régionale ou à une combinaison de sources. AVO ne dispose pas d'instruments sismiques locaux dans la région, et la station la plus proche se trouve à Sitka, à 24 km (15 miles) à l'est du volcan.

Le niveau d'alerte volcan actuel et le code couleur aviation restent "Non assigné".

A suivre ...

Edgecumbe volcano - au SE de l'Alaska - carte  AVO / D.Marriott 2004

Edgecumbe volcano - au SE de l'Alaska - carte AVO / D.Marriott 2004

Le champ volcanique d'Edgecumbe dans le sud de l'île de Kruzof se trouve sur la plaque nord-américaine à 10-15 km à l'intérieur de la faille de transformation Queen Charlotte-Fairweather. Le champ volcanique d'Edgecumbe est dominé par le stratovolcan symétrique du mont Edgecumbe et les dômes et le cratère du cratère adjacent. Ridge. Le mont Edgecumbe a été nommé par le capitaine James Cook en 1778. Le bouclier basal comprend environ 35 km3 et se compose de basalte, d'andésite basaltique et de coulées de lave et de brèches d'andésite. Le cône composite du mont Edgecumbe est principalement composé d'andésite et a une volume d'environ 3,5 km3. Les dômes de rhyolite à faible teneur en silice de Crater Ridge contiennent également environ 3,5 km3 de magma.

Source : AVO

 Puracé  - photo  Federmán Escobar Chávez, 2005 /  GVP-11786

Puracé - photo Federmán Escobar Chávez, 2005 / GVP-11786

Après l'ouverture de deux fractures au Puracé le 29 mars 2022, et des observations de gaz et cendres, son niveau d'alerte a été relevé à 2 / jaune le 30 mars. (voir http://www.earth-of-fire.com/2022/03/actualite-du-purace-du-taal-de-nishinoshima-et-du-ruapehu.html)

La sismicité a continué d'être élevée jusqu'au 4 avril. Les séismes étaient de faible magnitude, et localisés à environ 800 m au SE de Puracé et sous Curiquinga, à des profondeurs de 2 km en moyenne. Le nombre d'événements signifiant un mouvement de fluides en augmentation. Le réseau géodésique GNSS (Global Navigation Satellite System) et DInSAR (Differential Interferometry by Synthetic Aperture Radar) ont montré une inflation à l'échelle millimétrique. Les émissions de dioxyde de soufre et de dioxyde de carbone ont augmenté, sur la base des données d'échantillonnage par satellite et au sol, et une fumerolle sur le flanc N de Puracé s'est intensifiée et a produit une forte odeur de soufre.

Des troubles importants se sont poursuivis du 5 au 11 avril. Le réseau sismique a enregistré un total de 2.077 tremblements de terre, composés de 248 événements VT, 1.759 événements LP, 37 événements TR à basse énergie et 31 événements hybrides. L'inflation à l'échelle millimétrique a persisté et les émissions de dioxyde de soufre ont atteint en moyenne 1 800 tonnes par jour.

 

Sources : SGC, via Global Volcanism Program

Stromboli - 12.04.2022 - image Sentinel-2 bands 12,11,8A (via Mounts project) - et vue 3Dface à la sciara del Fuoco (via Copernicus) - un clic pour agrandir
Stromboli - 12.04.2022 - image Sentinel-2 bands 12,11,8A (via Mounts project) - et vue 3Dface à la sciara del Fuoco (via Copernicus) - un clic pour agrandir

Stromboli - 12.04.2022 - image Sentinel-2 bands 12,11,8A (via Mounts project) - et vue 3Dface à la sciara del Fuoco (via Copernicus) - un clic pour agrandir

Au cours de la semaine du 04 au 10.04.2022, une activité explosive normale de type strombolienne a été observée, principalement produite par cinq évents éruptifs situés dans la zone du cratère Nord et deux évents éruptifs situés dans la zone du cratère Centre-Sud. Toutes les bouches sont placées à l'intérieur de la dépression qui occupe la terrasse cratèrique du Stromboli.
La fréquence horaire totale des explosions a fluctué entre des valeurs moyennes (15 événements/h) et des valeurs moyennes-élevées (19 événements/h). L'intensité des explosions était principalement moyenne et faible à la fois dans la zone du cratère Nord et dans la zone du cratère Centre-Sud.
Les paramètres sismologiques suivis ne présentent pas de variations significatives.
Au cours de la dernière semaine, aucun signal sismique associé à des glissements de terrain n'a été enregistré.
Les réseaux de surveillance des déformations des sols de l'île n'ont pas montré de variation significative.
Le flux de SO2 à un niveau moyen
Les flux de CO2 dans la zone du cratère restent à des valeurs moyennes à élevées.
Valeurs élevées du rapport isotopique de l'He dissous dans les puits thermiques.

L'activité thermique observée par satellite était à un niveau bas.

 

Source : INGV OE

Fréquence horaire moyenne par jour et par semaine par zone de cratère et au total de l'activité explosive du Stromboli (trait fin et gras, respectivement). Les conditions d'observation des données sont indiquées en haut du graphique et les niveaux d'activité à droite ; la barre verte indique le niveau moyen typique de l'activité explosive de Stromboli - Doc. INGV OE

Fréquence horaire moyenne par jour et par semaine par zone de cratère et au total de l'activité explosive du Stromboli (trait fin et gras, respectivement). Les conditions d'observation des données sont indiquées en haut du graphique et les niveaux d'activité à droite ; la barre verte indique le niveau moyen typique de l'activité explosive de Stromboli - Doc. INGV OE

À la lumière des données de surveillance de La Fossa de Vulcano, les données des températures enregistrées sur le rebord du cratère montrent des valeurs stables sur des niveaux élevés.
Le flux de CO2 dans la zone du cratère attestent de valeurs élevées 12281 g m-2 j-1.

Le flux de CO2 à la base du cône de La Fossa et dans la zone de Vulcano Porto ( sites C. Sicilia et P4max) continuent d'afficher une légère tendance à la baisse, mais restent sur des valeurs
moyen-élevé; dans le site de Faraglione, il y a des valeurs proches de l'arrière-plan.
Le flux de SO2 dans la zone du cratère est à un niveau moyen-élevé et en augmentation modérée
Géochimie des gaz fumeroliens : Le dernier prélèvement a confirmé la tendance à la baisse des espèces magmatiques dans les gaz fumeroliens.
Géochimie des aquifères thermiques : La température mesurée dans le puits Camping Sicilia se situe à des valeurs élevées et stables. La conductivité électrique affiche des valeurs faibles.
Les valeurs de niveau mesurées dans le puits Bambara montrent une petite fluctuation. Les valeurs de conductivité restent constantes à des niveaux moyens-élevés.
La sismicité locale est caractérisée par un faible taux d'occurrence d'événements.
Sismicité de fracturation modérée associée aux séismes avec Ml > = 1,0.
Les réseaux de stations GNSS permanentes et clinométriques n'ont pas enregistré de changements significatifs.

 

Source : INGV OE

Vulcano - 13.04.2022 / 14h39 - webcam INGV OE Vlv0293

Vulcano - 13.04.2022 / 14h39 - webcam INGV OE Vlv0293

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Selon l'I.G.Peru, l'activité du Sabancaya s'est maintenue à des niveaux modérés durant la période du 21 au 27 février 2022.

Une moyenne de 35 explosions journalières, accompagnées de panaches de gaz et cendres, atteignant jusqu'à 2.500 mètres au dessus du sommet, sont mentionnés.

L'I.G. a comptabilisé 210 séismes d'origine volcanique, associés à la circulation de fluides magmatiques internes, et des séismes de type VT, en lien avec la fracturation de roches, principalement au nord-ouest du volcan.

Pas d'anomalies significatives de déformation. Trois anomalies thermiques, d'une valeur max de 20 MW, sont rapportées, en lien avec la présence d'un corps de lave superficiel dans le cratère.

Le niveau d'alerte volcanique reste à naranja, assorti d'une zone non accessible de 12 km de rayon atour du cratère.

 

Source : I.G.Peru

Sabancaya - activité entre le 21 et le 27 février - Doc. I.G.Peru

Sabancaya - activité entre le 21 et le 27 février - Doc. I.G.Peru

Un mois de février 2022 relativement calme au Piton de la Fournaise. La sismicité, l’inflation de l’édifice et les teneurs en CO2 dans le sol sont restées à des taux / teneurs relativement stables par rapport à janvier.

Au cours de février, l’OVPF a enregistré au niveau du massif du Piton de la Fournaise au total :

58 séismes volcano-tectoniques superficiels (0 à 2,5 km au-dessus du niveau de la mer) sous les cratères sommitaux ;

1 séisme profond (en dessous du niveau de la mer) ;

401 effondrements (dans le Cratère Dolomieu, les remparts de l’Enclos Fouqué et du Piton de Crac, et de la Rivière de l’Est).

Piton de La Fournaise: Illustration de la déformation sur les six derniers mois (les périodes éruptives et intrusives sont respectivement en rouge et vert). Sont ici représentées les variations de distance entre deux récepteurs GPS traversant l'édifice du Piton de la Fournaise, au sommet , à la base du cône terminal  et en champ lointain. Une hausse est synonyme d'élongation et donc de gonflement du volcan ; inversement une diminution est synonyme de contraction et donc de dégonflement du volcan (© OVPF IPGP).

Piton de La Fournaise: Illustration de la déformation sur les six derniers mois (les périodes éruptives et intrusives sont respectivement en rouge et vert). Sont ici représentées les variations de distance entre deux récepteurs GPS traversant l'édifice du Piton de la Fournaise, au sommet , à la base du cône terminal et en champ lointain. Une hausse est synonyme d'élongation et donc de gonflement du volcan ; inversement une diminution est synonyme de contraction et donc de dégonflement du volcan (© OVPF IPGP).

La sismicité sous le Piton de la Fournaise au cours du mois de février 2022 est restée faible avec en moyenne deux séismes volcano-tectoniques superficiels par jour. Une légère augmentation est à noter depuis le 26 février avec une moyenne de 8 séismes volcano-tectoniques superficiels par jour sur les trois derniers jours du mois.

Le mois de février aura été marqué également par de nombreux éboulements (dans le Cratère Dolomieu, les remparts de l’Enclos Fouqué et du Piton de Crac, et de la Rivière de l’Est) suite au passage des cyclones Batsirai et Emnati au plus près de la Réunion, respectivement les 2-4 février et 20-21 février.

 

Source : Bulletin mensuel OVPF

 Etna SEC - paroxysme du 21.02.2022 - photo © Gio Giusa

Etna SEC - paroxysme du 21.02.2022 - photo © Gio Giusa

Entre le 21 et le 27 février, l'INGV rapporte pour l'Etna :

Une activité strombolienne et des fontaine de lave du Cratère de
sud-est; du dégazage au cratère de la Bocca Nuova et du cratère Voragine ; le dégazage et des émissions de cendres du cratère nord-est.

L'activité sismique de fracturation est faible ; l'amplitude moyenne du trémor volcanique reste généralement sur des niveaux bas et moyens, à l'exception de la fontaine de lave le 21 février, où
des valeurs très élevées ont été atteintes.
Faible activité infrasonore, à l'exception de la fontaine de lave du 21 février, à l'occasion de laquelle les signaux infrasonores ont atteint des valeurs très élevées.

Le flux de SO2 à un niveau moyen-bas et en augmentation modérée.
Le flux de CO2 du sol montre des valeurs moyennes avec une tendance à la hausse enregistrée au cours des dernières trois jours.
La pression partielle de CO2 dissous dans l'aquifère montre des valeurs dans la variabilité saisonnière.

Carte de la zone sommitale de l'Etna sur un modèle ombré du terrain, des écoulements et de la caractérisation morphologique du bord du cratère du SEC. La carte a été établie en intégrant l'analyse des images satellites Sentinel-2 et PlanetScope, respectivement des 23 et 24 février, et la trace GPS acquise par le personnel de l'INGV le 24 février 2022.

Carte de la zone sommitale de l'Etna sur un modèle ombré du terrain, des écoulements et de la caractérisation morphologique du bord du cratère du SEC. La carte a été établie en intégrant l'analyse des images satellites Sentinel-2 et PlanetScope, respectivement des 23 et 24 février, et la trace GPS acquise par le personnel de l'INGV le 24 février 2022.

Dans le détail, le 21 février la SEC s'est caractérisée par la reprise de l'activité strombolienne aux premières heures de la matinée qui ont produit des émissions de cendres discrètes qui se sont dispersées aux abords de la zone du sommet. L'activité strombolienne s'est intensifiée à partir d'environ 10h40 UTC, alimentant un nuage volcanique qui s'est dispersée dans une direction sud-est .

En moins d'une demi-heure, l'activité strombolienne a évolué en une fontaine de lave qui, en s'intensifiant, a produit une colonne éruptive à 11h20 UTC, qui a atteint une hauteur de 10 km au-dessus du niveau de la mer, s'étendant toujours dans une direction sud-est .

De plus, à partir de 11h05 UTC, on a observé la formation d'un débordement de lave qui depuis le versant sud de la
SEC, propagé dans une direction sud-ouest .

Vers 12h40 UTC, l'épisode de la fontaine était terminé, après avoir produit un nuage volcanique qui avait atteint une hauteur maximale estimée à environ 12 km au-dessus du niveau de la mer L'activité strombolienne, qui persistait encore, a progressivement cessé vers 12h50 UTC.
En ce qui concerne l'activité effusive, à 13:00 UTC, la coulée de lave qui s'est propagée dans la direction Sud-Ouest était toujours sous tension, alors qu'à partir de 14h00 UTC, les caméras de surveillance et le personnel de l'INGV-OEsur le terrain ont signalé une autre coulée de lave mal alimentée qui s'est propagée le long de la pente à l'est du SEC, dont le front se situait à une altitude estimée à environ 2900 m.

À 18h00 UTC, les deux coulées de lave semblaient mal alimentées. Le 22 février, en raison d'événements indésirables
conditions météorologiques, l'observation de l'état d'activité n'a été possible qu'à partir de 18h00 UTC environ. D'après les images des caméras, il a été observé qu'une faible activité persistait encore
strombolien intra-cratèrique au SEC et aussi la présence d'une coulée de lave qui s'est propagée le long du côté est du cratère.
Par la suite, dans les journées du 23 au 25 février, la faible activité strombolienne produisit des émissions de cendres sporadiques et occasionnelles qui se sont rapidement dispersées à proximité de la zone sommitale. En ce qui concerne l'entreprise effusive, le 23 au matin, la coulée de lave de la veille au soir se refroidissait déjà. Enfin, lors de la semaine, suite à l'épisode de la fontaine de lave du 21 au matin, plusieurs effondrements modestes ont été observés
dans la brèche sud du SEC et sur le versant supérieur est, ce qui a entraîné des bouffées de cendres très diluées.

 

Source : INGV OE Bulletin émis le 01.03.2022

 Etna NEC - Photo © Pippo scarpinati 24.02.2022 / 13h48

Etna NEC - Photo © Pippo scarpinati 24.02.2022 / 13h48

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Après une longue période de gros temps où le brouillard et les nuages ​​bas ont empêché la photographie aérienne au-dessus des sites d'éruption de Fagradalsfjall, de nouvelles mesures ont finalement été obtenues le 9 septembre (transmis le 13 septembre). Les mesures montrent que la coulée de lave moyenne sur les 32 derniers jours est de 8,5 m³ / s. L' éruption assez puissante était active environ la moitié du temps. Le débit moyen au moment de l'éruption aurait donc pu être environ deux fois plus important.

La lave émise a un volume de 143 millions de mètres cubes et la superficie couverte de 4,6 kilomètres carrés. Au cours du mois qui a suivi la dernière enquête, de la lave a coulé dans la partie ouest de Meradalur, Syðri Meradalur et la partie nord de Geldingadalur et Nátthaga. La zone a très peu augmenté, car la lave coule principalement à la surface, et n'a pas atteint le bord du champ préexistant.

 Fagradalsfjall - paramètres au 09.09.2021 (mis en ligne le 13.09) -  Doc.Jardvis

Fagradalsfjall - paramètres au 09.09.2021 (mis en ligne le 13.09) - Doc.Jardvis

Fagradalsfjall -  évolution du trémor du 06.09 au 14.09.2021 - Doc. Hraun.vedur.is - un clic pour agrandir
Fagradalsfjall -  évolution du trémor du 06.09 au 14.09.2021 - Doc. Hraun.vedur.is - un clic pour agrandir

Fagradalsfjall - évolution du trémor du 06.09 au 14.09.2021 - Doc. Hraun.vedur.is - un clic pour agrandir

Ces résultats devront être réévalués, car de bonnes indications existent pour dire que l'éruption ne s'est pas arrêtée pendant cette pause de 8,5 jours. Cependant, il est évident que le canal d'éruption jusqu'au cratère #5 s'est obstrué et ce barrage a empêché le magma de s'y écouler. Cela a également empêché la formation et l'écoulement de grosses bulles de gaz et, par conséquent, les perturbations visuelles étaient similaires.

Mais de faibles impulsions de turbulence, un écoulement constant de gaz du cratère, un magma rougeoyant dans le ciel au-dessus des canaux internes de la lave et aux bords de la lave à Geldingadalur montrent que le magma remontait à travers le canal d'éruption jusqu'à la surface pendant cette rupture d'activité de surface.

Les "sources chaudes de magma" se sont formées à plusieurs endroits dans le champ de lave à l'ouest de Geldingadalur (photos sur ce lien). Cette éruption de lave n'est évidemment pas le résultat de l'activité de surface qui se trouvait dans le cratère à cette époque, car les champs de lave sont séparés et une partie de la lave qui s'est formée autour de cette "source chaude de magma" s'est écoulée à l'est.

Du magma a coulé et s'est accumulé à Geldingadalur au cours des 8 à 9 derniers jours. Hier, la pression interne dans cet étang était suffisamment élevée pour se frayer un chemin à travers la croûte de lave, pour former les "sources chaudes de magma"

 

Sources : Jardvis & icelandmonitor.mbl.is

 Askja - trémor au 14.09.2021 - Doc. Hraun.vedur.is

Askja - trémor au 14.09.2021 - Doc. Hraun.vedur.is

Þorvaldur Þórðarson, un volcanologue, dit qu'il est assez clair qu'Askja s'est progressivement préparé à l'éruption ces dernières années. Dans ce contexte, il mentionne que la glace sur Öskjuvatn a fondu en 2012 en raison de l'augmentation de l'activité thermique au fond du lac. Une augmentation du flux de chaleur a été observée dans la plomberie sous-jacente, ce qui signifie que le magma peut se déplacer dans le système. Le glissement de terrain de 2014 qui est tombé de Suðurbotnar jusqu'à Öskjuvatn et a provoqué un grand raz de marée fait également partie de cette montée en puissance.

"Il y a donc des signes dans l'air depuis près de neuf ans que quelque chose va se passer à Askja", dit-il.Lorsqu'on lui a demandé comment une éruption pouvait être attendue à Askja, Þorvaldur mentionne une éruption explosive comme possibilité. De telles éruptions se produisent lorsque le magma chaud entre en contact avec de l'eau ; le refroidissement le transforme en cendres avant qu'il ne s'élève du sol. Si les cendres remontent à la surface, elles peuvent parcourir de longues distances, comme cela s'est produit lors de l'éruption d'Askja en 1875, mais les cendres se sont ensuite propagées à Fljótsdalshérað et Austfjörður, de Borgarfjörður au sud jusqu'à Fáskrúðsfjörður.

 

Source : Frettabladid.is

Sabancaya - rapport de l'IGPeru pour la semaine du 6 au 12.09.2021

Sabancaya - rapport de l'IGPeru pour la semaine du 6 au 12.09.2021

Au cours de la semaine du 6 au 12 septembre, l'activité éruptive du Sabancaya s'est maintenue à un niveau modéré, avec une moyenne de 31 explosions par jour,accompagnées de panaches de gaz et cendres jusqu'à 4.000 mètres au dessus du sommet.

L'IGP a comptabilisé et analysé 1.326 séismes d'origine volcanique, associés à la circulation de fluides magmatiques internes. Les séismes VT se sont produits principalement au nord et nord*est du volcan , de magnitude entre M2,5 et M3,5.

La déformation ne montre pas d'anomalies significatives. Six anomalies thermiques ont été détectées par Mirova, d'une valeur max. de 56 MW, associées à la présence d'un corps de lave à la superficie du cratère .

L'alerte volcanique reste à Naranja, avec une zone inaccessible de 12 km de rayon autour du cratère

 

Source : IGP

 La Palma - la massif de la Cumbre Vieja est à l'avant-plan - photo archives Sergio Socorro 10.2017  via InVolcan

La Palma - la massif de la Cumbre Vieja est à l'avant-plan - photo archives Sergio Socorro 10.2017 via InVolcan

Ces dernières années, le volcan Cumbre Vieja / La Palma - archipel des Canaries- a connu 10 essaims sismiques : 1 en 2017, 1 en 2018, 5 en 2020 et 3 en 2021, dont celui qui a débuté samedi dernier 11 septembre.

Ce dernier essaim qui a débuté à 04h18 (heure des Canaries) le 11 septembre 2021, compte actuellement plus de 400 séismes situés sous Cumbre Vieja à des profondeurs d'environ 12 km (selon l'I.G.N., les hypocentres sont situés entre 8 et 11 km de profondeur). La profondeur des essaims sismiques précédents oscillait entre 20 et 30 km.

La magnitude des tremblements de terre a augmenté au cours des dernières heures avec 10 tremblements de terre de magnitude 3 mbLg ou plus, la magnitude la plus élevée étant de 3,4 mbLg qui a été enregistré à 23:46:55 UTC le 12 septembre avec l'épicentre au nord de Fuencaliente.

Le programme de surveillance géochimique pour la surveillance volcanique sur La Palma nous a permis de détecter en 2020 (16/09/2020), la valeur d'émission d'hélium-3 la plus élevée observée sur La Palma au cours des 30 dernières années, et postérieurement à cette détection, l'observatoire a enregistré le plus grand nombre d'essaims sismiques à La Palma depuis 2017 (7 sur un total de 10).

 LaPalma  - Essaim sismique au 13.09.2021 - Doc. IGN

LaPalma - Essaim sismique au 13.09.2021 - Doc. IGN

 La Palma - sismogramme du 13.09.2021 / 06h07 - Doc. IGN

La Palma - sismogramme du 13.09.2021 / 06h07 - Doc. IGN

Sans aucun doute, l'essaim sismique actuel représente un changement significatif dans l'activité du volcan Cumbre Vieja et est lié à un processus d'intrusion magmatique dans la croûte intérieure de l'île de La Palma.

La direction du PEVOLCA recommande de faire passer la Cumbre Vieja du vert au JAUNE, et n'exclue pas une intensification de la sismicité ressentie dans les jours prochains, en fonction de l'évolution de l'activité

 

Sources : Instituto Volcanológico de Canarias & I.G.N.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
 Stromboli - explosion d'intensité majeure le 13.05.2022 / 14h43 -  webcam INGV  - un clic pour agrandir

Stromboli - explosion d'intensité majeure le 13.05.2022 / 14h43 - webcam INGV - un clic pour agrandir

Stromboli - Comparaison entre les amplitudes sismiques (UD) et l'inclinaison. Les déformations du sol indiquent que l'événement (étoile) du 13 mai 2022 entre dans le champ des explosions majeures – Doc. LGS

Stromboli - Comparaison entre les amplitudes sismiques (UD) et l'inclinaison. Les déformations du sol indiquent que l'événement (étoile) du 13 mai 2022 entre dans le champ des explosions majeures – Doc. LGS

Les réseaux de surveillance du Stromboli ont enregistré une anomalie thermique à partir des caméras de surveillance à 16h43 (14h43 UTC). et une séquence d'explosions d'une plus grande intensité que d'habitude à partir de différentes bouches de la zone centre-sud de la terrasse du cratère.

L'activité a produit une émission importante de matériaux pyroclastiques grossiers qui ont abondamment recouvert la terrasse du cratère et ont également atteint le Pizzo ; le nuage de cendres produit s'est dirigé vers les quadrants sud.

A 18h35 (16h35 UTC), les paramètres reviennent à une activité normale.

 Stromboli - séquence webcam therm. 13.05.2022  - Doc. LGS - un clic pour agrandir

Stromboli - séquence webcam therm. 13.05.2022 - Doc. LGS - un clic pour agrandir

Stromboli - 13.05.2022 / 14h43 - Doc. Volcano Time-Lapse

Les images des caméras du système de vidéosurveillance ont montré que la séquence explosive précédemment communiquée de plus forte intensité a commencé à partir de l'une des bouches du secteur CS1 de la zone du cratère centre-sud et a été suivie d'au moins cinq autres explosions également du CS1 secteur, de moindre intensité en raison de la hauteur et de la dispersion des produits grossiers. Ces derniers couvraient la terrasse du cratère, ils tombaient également sur Pizzo, et seulement dans une moindre mesure sur la Sciara del Fuoco. Le matériau fin produit au cours de la séquence a été dispersé dans la direction SE.
Du point de vue sismique, la séquence explosive, qui n'était pas anticipée par des variations significatives des valeurs d'amplitude du tremor volcanique et de l'amplitude et de la fréquence d'occurrence des événements VLP, était visible à toutes les stations sismiques de Stromboli avec une succession de nombreux transitoires sismiques à basse fréquence. Le premier événement, d'amplitude modérée, enregistré à 14h42 UTC, a été suivi dans les trois minutes suivantes par une dizaine d'autres événements, dont le plus énergique à 14h43 UTC.

Une série d'ondes de pression infrasonores a été générée, avec des valeurs maximales de 500 Pa toutes situées dans le secteur du cratère SW.
Après la séquence des événements, pendant environ 10 minutes, l'amplitude du trémor volcanique est restée supérieure aux valeurs enregistrées avant l'activité explosive. Actuellement, l'amplitude moyenne du tremor volcanique, l'amplitude et le taux d'occurrence des événements VLP ont des valeurs normales.

 Stromboli - chute de matériaux pyroclastiques sur le sommet et la Sciara del Fuoco - Webcam LGS 13.05.2022 / 14h45 - un clic pour agrandir

Stromboli - chute de matériaux pyroclastiques sur le sommet et la Sciara del Fuoco - Webcam LGS 13.05.2022 / 14h45 - un clic pour agrandir

L'analyse du signal clinométrique de la station Timpone del Fuoco montre un transitoire d'environ 0,2 microradians pendant la séquence explosive, et est précédé d'un changement progressif de tendance de la composante N-S d'environ 0,2 microradians, qui tend à rentrer dans le phase explosive plus tard.  Le réseau GNSS n'a pas enregistré de changements significatifs à l'occasion de l'activité explosive. Cependant, il faut noter qu'à partir de 11h30 UTC les stations de Punta Lena et Timpone del Fuoco enregistrent un décalage vers S-SW d'environ 2 cm qui revient vers 13h30 UTC.
Une fois le phénomène terminé, les paramètres sont revenus à des niveaux ordinaires.

 

Sources : INGV OE / 3 communications du 13,05,2022, et LGS

Le 2022-05-14, TROPOMI a détecté un signal SO2 amélioré de 3,77 DU à une distance de 23,4 km de Mutnovsky. Autres sources proches : Avachinsky & Karymsky. - Doc. Sentinelle-5P Tropomi / DLR / BIRA / ESA

Le 2022-05-14, TROPOMI a détecté un signal SO2 amélioré de 3,77 DU à une distance de 23,4 km de Mutnovsky. Autres sources proches : Avachinsky & Karymsky. - Doc. Sentinelle-5P Tropomi / DLR / BIRA / ESA

Une activité éruptive modérée du volcan Karymsky se poursuit. Les explosions ont envoyé des cendres jusqu'à 5.500-5.700 m. amsl., le panache de cendres s'étend sur 28 km au nord-est du volcan.

Sentinel-5P Tropomi a détecté un signal de dioxyde de soufre de 3,77 DU à une distance de 23,4 km du Mutnovsky.

Une activité explosive modérée du volcan se poursuit. Explosions de cendres jusqu'à 12 km (39 400 pieds) a.s.l. pourrait survenir à tout moment. L'activité en cours pourrait affecter les aéronefs internationaux et volant à basse altitude.

Le code aviation reste à l'orange

 

Sources : KVERT & Tropomi

 Katmai  éruption de 1912- Doc. M.Mohner / Alaska state photo library

Katmai éruption de 1912- Doc. M.Mohner / Alaska state photo library

Des vents forts du nord-ouest dans les environs de Katmai et de la vallée des dix mille fumées ont ramassé des cendres volcaniques libres qui ont éclaté lors de l'éruption de Novarupta-Katmai en 1912 et les ont transportées vers le sud-est vers l'île de Kodiak ce 13 mai 2022. Le Service météorologique national a émis un SIGMET pour cet événement à basse altitude et suggère que la hauteur maximale des nuages est de 6 000 pieds au-dessus du niveau de la mer.

Ce phénomène n'est pas le résultat d'une activité volcanique récente et se produit de façon saisonnière au printemps et à l'automne pendant les périodes de vents violents et de conditions sèches sans neige dans la région de Katmai et d'autres jeunes régions volcaniques de l'Alaska. Tous les volcans de la région de Katmai (Snowy, Griggs, Katmai, Novarupta, Trident, Mageik, Martin) restent au code couleur VERT.

Les cendres volcaniques remises en suspension doivent être considérées comme dangereuses et pourraient être nocives pour les aéronefs et la santé.

 

Source : AVO / 13.05.2022 / 21h11 UTC

Piton de La Fournaise -Coulée 2007 dans le Grand Brûlé 2007 - un clic pour agrandir

Piton de La Fournaise -Coulée 2007 dans le Grand Brûlé 2007 - un clic pour agrandir

Un article intéressant vient de paraître dans Nature Communications : "22 ans d'imagerie satellitaire révèlent une importante structure de déstabilisation au Piton de la Fournaise", par Quentin Dumont, Valérie Cayol, Jean-Luc Froger & Aline Peltier .

Voici l'extrait ; pour le texte complet , voir en Source.

" L'activité volcanique peut induire une rupture de flanc, générant parfois de grands tremblements de terre et des tsunamis. Cependant, les structures de défaillance n'ont jamais été complètement caractérisées et le mécanisme de défaillance est encore débattu. L'activité magmatique est un déclencheur possible, soit par un glissement de faille, qui pourrait être induit par des intrusions de dykes, soit par des intrusions de sills, qui pourraient subir des déplacements et des glissements normaux contemporains.

Structure intrusive principale et mécanisme de déplacement du flanc est. - Doc. 22 ans d'imagerie satellitaire révèlent une importante structure de déstabilisation au Piton de la Fournaise. Nat Commun 13, 2649 (2022). - détails en source.  - un clic pour agrandir

Structure intrusive principale et mécanisme de déplacement du flanc est. - Doc. 22 ans d'imagerie satellitaire révèlent une importante structure de déstabilisation au Piton de la Fournaise. Nat Commun 13, 2649 (2022). - détails en source. - un clic pour agrandir

Au niveau du volcan Piton de la Fournaise, l'imagerie satellitaire combinée à la modélisation inverse met en évidence les trajectoires de 57 intrusions magmatiques qui ont eu lieu entre 1998 et 2020. Nous montrons qu'une zone d'intrusion majeure de dyke arqué est reliée en profondeur à une zone d'intrusion sill, qui devient une zone de faille vers la mer, formant une structure en forme de cuillère. Certains sills sont affectés par le déplacement normal contemporain et le glissement vers la mer.
Dans l'ensemble, la structure est caractérisée par un continuum de déplacement allant de l'absence de glissement, aux appuis cisaillés et enfin au glissement pur. Des intrusions répétées dans cette structure en forme de cuillère pourraient déclencher des effondrements catastrophiques.

 

Source : Dumont, Q., Cayol, V., Froger, JL. et coll. - 22 ans d'imagerie satellitaire révèlent une importante structure de déstabilisation au Piton de la Fournaise. - Nature Communications 13, 2649 (2022). https://doi.org/10.1038/s41467-022-30109-w

This article is licensed under a Creative Commons Attribution 4.0 International License  - http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/.

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
 Kavachi - l'éruption se poursuit image Sentinel-2 au 05.05.2022 - Copernicus via "Un geólogo en apuros" - - un clic pour agrandir

Kavachi - l'éruption se poursuit image Sentinel-2 au 05.05.2022 - Copernicus via "Un geólogo en apuros" - - un clic pour agrandir

La dernière image du satellite Sentinel 2 / Copernicus en datedu 5 mai 2022 qui couvre la zone où se trouve le volcan Kavachi dans les îles Salomon, semble montrer que l'éruption sous-marine se poursuit toujours à en juger par le ton clair de les eaux et la définition de la tache.

 

Source : Copernicus / Sentinel-2

 Laguna del Maule  - photo Álvaro Amigo / 19.06.2020 - un clic pour agrandir

Laguna del Maule - photo Álvaro Amigo / 19.06.2020 - un clic pour agrandir

Les stations de surveillance du Sernageomin, situées à proximité du Complexe Volcanique Laguna del Maule, ont enregistré ce samedi 05/07 à 22h34, un essaim sismique de 650 événements volcano-tectoniques (VT) associés à la fracturation des roches.

L'alerte verte est maintenue.

 

Source : Sernageomin

Wolf -  Localisation des alertes thremiques actualisées au 5 avril 2022 - Doc. IGEPN - un clic pour agrandir

Wolf - Localisation des alertes thremiques actualisées au 5 avril 2022 - Doc. IGEPN - un clic pour agrandir

Le volcan Wolf (altitude : 1 710 m) situé dans la partie nord de l'île Isabela dans l'archipel des Galapagos, a commencé une nouvelle période éruptive à 23h20 le 6 janvier 2022, heure des Galapagos (00h20 le 7 janvier 2022 ).

L'évolution de cette éruption a été suivie par des stations sismiques et différents systèmes satellitaires, grâce auxquels il a été possible de vérifier principalement l'émission et la progression des coulées de lave, ainsi que les émissions de gaz volcaniques.
Les coulées de lave ont été émises à partir d'une fissure radiale d'environ 8 km avec au moins 5 évents situés sur le flanc sud-est du volcan. Les laves ont coulé atteignant une distance approximative maximale de 18,5 km, sans atteindre la marge côtière et ont couvert une surface approximative de plus de 30 km2.

 Wolf - Carte préliminaire des coulées de lave émises lors de l'éruption du volcan Wolf qui a débuté en janvier 2022 (îles Galapagos). La carte a été réalisée à partir d'images satellites de PlanetScope / au 22.04.2022  - carte IGEPN / F.J. Vasconez - un clic pour agrandir

Wolf - Carte préliminaire des coulées de lave émises lors de l'éruption du volcan Wolf qui a débuté en janvier 2022 (îles Galapagos). La carte a été réalisée à partir d'images satellites de PlanetScope / au 22.04.2022 - carte IGEPN / F.J. Vasconez - un clic pour agrandir

Wolf - Images Sentinel 2, bandes 8-4-3 / IR, montrant l'évolution des coulées de lave du volcan Wolf. -  A) le 11 janvier, B) le 16 janvier et C) le 1er mai. - doc. IGEPN via Mounts project - un clic pour agrandir

Wolf - Images Sentinel 2, bandes 8-4-3 / IR, montrant l'évolution des coulées de lave du volcan Wolf. - A) le 11 janvier, B) le 16 janvier et C) le 1er mai. - doc. IGEPN via Mounts project - un clic pour agrandir

Les alertes thermiques ont progressivement diminué ces derniers jours au point d'être quasiment absentes, ce qui est interprété comme une diminution du taux d'émission des coulées de lave, et un refroidissement important de celles-ci. De même, le dégazage du dioxyde de soufre (SO2) montre une tendance à la baisse, de sorte qu'à la date de ce rapport, un mois s'est écoulé sans rapport d'émissions de SO2.

Les paramètres de suivi permettant d'évaluer l'évolution de l'éruption sont : l'activité sismique, le dégazage, la déformation, les alertes thermiques, les émissions de cendres. Ces paramètres ont atteint leur pic maximum début janvier 2022, après quoi ils ont décliné jusqu'à revenir à des valeurs de base (non éruptives). Actuellement, grâce aux images satellites, aucune avancée des fronts de lave n'est observée, qui semblent s'être arrêtées à 150-200 mètres du littoral et se sont progressivement refroidies.
Sur la base des critères techniques énoncés ci-dessus, il est considéré que cette période éruptive est terminée.

 

Sources : IGEPN, Mounts project.

Péninsule de Reykjanes - localisation et magnitude des séismes au 008.05.2022 - Doc. IMO
Péninsule de Reykjanes - localisation et magnitude des séismes au 008.05.2022 - Doc. IMO
Péninsule de Reykjanes - localisation et magnitude des séismes au 008.05.2022 - Doc. IMO

Péninsule de Reykjanes - localisation et magnitude des séismes au 008.05.2022 - Doc. IMO

Un tremblement de terre de magnitude 3,3 a été ressenti dans la région du Grand Reykjavík à 10h46 le 07 mai 2022.

Un second de M environ 3,5 a suivi.

La source du tremblement de terre se trouvait dans la partie nord de Kleifarvatn, où un tremblement de terre assez vif se déroule depuis quelques heures.
C'est la deuxième fois en quelques jours que des tremblements de terre provenant de Kleifarvatn sont découverts dans la région du Grand Reykjavík.

Fagradalsfjall éruption -  Des émissions excessives de dioxyde de carbone peuvent déclencher des éruptions. - photo mbl.is / Kristinn Magnússon

Fagradalsfjall éruption - Des émissions excessives de dioxyde de carbone peuvent déclencher des éruptions. - photo mbl.is / Kristinn Magnússon

Un article scientifique publié le 2 mai dans Nature Geoscience par Ólafur G. Flóvenz, géophysicien, en collaboration avec des experts de l'ÍSOR et du GFZ, attribue très probablement les glissements de terrain qui se sont produits à Svartsengi en janvier, mars et mai 2020, à des gaz à haute pression (dioxyde de carbone) qui ont pénétré dans une couche conductrice d'eau à une profondeur d'environ quatre kilomètres sous le système géothermique. Cela s'est répété sous le système géothermique central de Krýsuvík en août 2020. La pression du gaz était suffisante à chaque fois pour provoquer un glissement de terrain.

Ces événements étaient un signe avant-coureur de l'éruption qui a commencé à Fagradalsfjall le 19 mars 2021. En plus de la montée et du recul des terres dans les zones à haute température, ils sont également apparus dans une grande activité sismique à Svartsengi et dans les changements de la gravité terrestre avec le glissement de terrain.

 

Fagradalsfjall - les gaz moteur des glissements de terrain - Doc. Nature geoscience

 

Þorvaldur Þórðarson, professeur de volcanologie à l'Université d'Islande, a réagi à propos d'un article d'Ólafur G. Flóvenz et d'autres qui a été rapporté hier dans Morgunblaðið. Il a été déclaré, entre autres, que le gaz magmatique à haute pression avait probablement provoqué des éruptions terrestres trois fois à Svartsengi et une fois à Krýsuvík 2020, et que c'était un signe avant-coureur de l'éruption à Geldingadalur.
Þorvaldur dit que " le gaz qui a provoqué le glissement de terrain en 2020 a été libéré du magma à une profondeur de 10-14 km, encore plus profonde, ce qui montre que le magma avait déjà atteint Fagradalsfjall. Lorsque le trémor a commencé en 2021, la partie supérieure de la croûte terrestre s'est ouverte et le magma est remonté .Quand on regarde à quel point le dégazage a été lors de l'éruption, le dioxyde de carbone a toujours été stable et est toujours venu quel que soit le comportement de l'éruption. Cependant, les gaz soufrés sont sortis en masse. C'est comme si ces deux gaz ne provenaient pas du même endroit. Les gaz soufrés accompagnaient le magma, mais le dioxyde de carbone était comme un flux de fond plus régulier."

Les résultats de l'étude, qui fait l'objet de l'article, aident les gens à comprendre comment le magma part de l'endroit où il se forme par fusion partielle du manteau, se dépose à une certaine profondeur et se développe jusqu'à ce qu'il trouve son chemin vers la surface. .
"Si cela est correct, alors une impulsion de gaz qui provoque une déformation de la surface ou une émission anormalement importante de dioxyde de carbone peut être un prédicteur assez puissant d'une éruption", explique Þorvaldur.

 

Sources : IMO, Nature Geoscience, Morgunblaðið

Lire la suite

<< < 10 20 30 40 50 60 61 > >>

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog