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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “fogo cap vert

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyage.s, #Eruptions historiques
Santorin - distribution actuelle des laves de Skaros et du complexe de dômes de Therasia - Doc. Druitt & al. 1999

Santorin - distribution actuelle des laves de Skaros et du complexe de dômes de Therasia - Doc. Druitt & al. 1999

Un petit saut vers le nord de Santorin, vers le bouclier Skaros et le complexe de dômes de Therasia.
 

Le bouclier Skaros s'est édifié à l'intérieur de la caldeira générée par les éruptions Middle tuff (70.000 – 54.000 ans) et l'a recouverte. Les restes du bouclier peuvent s'observer au Cap Tourlos (sur Thêra) et sur l'île de Therasia.

Les restes au Cap Tourlos consistent en un complexe basal de dômes et coulées dacitiques, surmonté d'uns séquence de 300 mètres d'épaisseur de basaltes et andésites, et coiffé par un agglomérat de spatter soudés de l'Upper Scoriae 2, résultant du point d'orgue du développement du bouclier Skaros et d'une éruption explosive andésitique.
 

Le Cap Tourlos, vu de la caldeira - on peut y distinguer la successsion de coulées dacitique, de l'épaisseur des basaltes et andésites, coiffé par un agglomérat de spatter soudés de l'Upper Scoriae 2 - - photo © Bernard Duyck 09.2019

Le Cap Tourlos, vu de la caldeira - on peut y distinguer la successsion de coulées dacitique, de l'épaisseur des basaltes et andésites, coiffé par un agglomérat de spatter soudés de l'Upper Scoriae 2 - - photo © Bernard Duyck 09.2019

Le Cap Tourlos, formé des restes du bouclier Skaros, vus du village d'Imerovigli sur Thêra - La partie supérieure est constituée d'un agglomérat de spatter soudés de l'Upper Scoriae 2 - photo © Bernard Duyck 09.2019
Le Cap Tourlos, formé des restes du bouclier Skaros, vus du village d'Imerovigli sur Thêra - La partie supérieure est constituée d'un agglomérat de spatter soudés de l'Upper Scoriae 2 - photo © Bernard Duyck 09.2019

Le Cap Tourlos, formé des restes du bouclier Skaros, vus du village d'Imerovigli sur Thêra - La partie supérieure est constituée d'un agglomérat de spatter soudés de l'Upper Scoriae 2 - photo © Bernard Duyck 09.2019

A la suite de l'épisode Upper Scoriae 2, l'extrusion de rhyodacites au départ de nombreux évents a construit le complexe de dômes de lave sur le flanc ouest de Skaros. Les restes dominent les parois de la caldeira actuelle à Therasia, en une succession de plus de 200 mètres d'épaisseur.

De minces écoulements d'andésite faiblement phyrique à Oia (andésites d'Oia, etc.) occupent le même niveau stratigraphique et ont probablement été éruptés par des bouches sur le flanc du bouclier de Skaros.

Santorin - Therasia, vue de Nea Kameini au centre de la caldeira - - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - Therasia, vue de Nea Kameini au centre de la caldeira - - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - Therasia -  rhyodacites surmontant l'ancien flanc ouest du bouclier Skaros - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - Therasia - rhyodacites surmontant l'ancien flanc ouest du bouclier Skaros - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - Therasia, les laves de la pointe nord - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - Therasia, les laves de la pointe nord - photo © Bernard Duyck 09.2019

L'éruption Dite Cape Riva s'est produite il y a 21.000 – 18.000 ans ; Ses produits sont largement dacitique ou rhyodacitique, et ressemblent chimiquement aux laves du complexe de dôme Therasia.

La phase initiale fut plinienne, avec des chutes et dépôts de ponces ont préservé une grande partie des murailles de la caldeira nord.

L'effondrement de la colonne plinienne s'est produite en fin d'éruption, et a produit une ingnimbrite soudée rouge-brun distinctive. L'éruption s'est ensuite faite plus violente avec décharge de coulées pyroclastiques et d'ignimbrite non soudée. Elle s'est terminée par la mise en place d'une seconde ignimbrite soudée sur le nord de Thêra.

Une distribution distale des tephra sur l'est de la Méditerranée, en direction de Lesbos et de la mer de Marmara, est reconnue en tant que y-2 lit de cendres marin.

Evolution morphologique de Santorin entre 70 et 21 ka - d'après Druitt & al. 1999 / via Evi Nomikou

Evolution morphologique de Santorin entre 70 et 21 ka - d'après Druitt & al. 1999 / via Evi Nomikou

Santorin - les parois de la caldeira sous Oia - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - les parois de la caldeira sous Oia - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - les ignimbrites rouge de l'éruption Cape Riva - photo © Bernard Duyck 09.2019

Santorin - les ignimbrites rouge de l'éruption Cape Riva - photo © Bernard Duyck 09.2019

Revenons au Cap Tourlos, qui a été habité depuis 1207, après l'intégration de l'île dans le Duché Vénitien de la Mer Egée. La forteresse rocheuse naturelle a été choisie comme siège de la capitale, et des nombreux édifices seigneuriaux et religieux y ont été construits. En 1480, l'île fit remise à Pizanias Domenico, fils du Duc de Crête en guise de dot pour son mariage avec le Princesse Fiorentza, fille du Duc de Naxos. Cent ans plus tard, le Duché de la mer Egée est passé aux mains de l'Empire Ottoman.

Thomas Hope décrit la colonie, dans son livre "Images du 18° siècle", comme une forteresse pour se défendre des raids pirates ; Une facade continue de maisons avec quelques petites ouvertures protégeait le village du seul accès possible vers l'est, et des portes accessibles par un pont en bois mobile, pouvaient se fermer en cas d'invasion hostile.

Un tremblement de terre en 1650 causa de terribles dommages, à la suite duquel les habitants abandonnèrent cet environnement étroit et difficile à vivre pour Fira. Le déménagement ne fut définitif qu'au cours des dernières décennies du 18° siècle, en raison des raids pirates qui se poursuivaient.

Santorin - Cap Tourlos - le dessin de la collection Thomas Hope (Benaki Museum) et son interprétation - la photo actuelle du site se trouve plus haut dans l'article - Doc. Santorini.net

Santorin - Cap Tourlos - le dessin de la collection Thomas Hope (Benaki Museum) et son interprétation - la photo actuelle du site se trouve plus haut dans l'article - Doc. Santorini.net

Sources :

- The morphodynamic evolution of Santorini volcanic complex – 09,2019 – Paraskevi Nomikou, Konstantinos Vouvalidis et Spyros Pavlides

- Geological Society memoir n°19 Santorini volcano – T.H.Druitt & al.1999

- Santorini.net – Skaros, la capitale de Thêra sous l'occupation Vénitienne – par Clairy Palyvou, architecte, professeur émérite de l'Aristotle University of Thessaloniki

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Une petite grimpette nous mène sur le dessus du plateau; le paysage change : dans les zones exondées, des "tartelettes" nous font rêver à toutes sortes de gâteries impossibles à trouver dans cet univers minéral.

On y accède par un "chemin pavé", reste d'un ruisseau qui s'est accéché en formant ces figures régulières.





                                                © B.Duyck


L'arrivée dans une zone en eau nous fait découvrir d'autres merveilles : des terrasses délicatement sculptées et chargées de minéraux - soufre, oxydes de fer, sel pur - retiennent des nappes de saumure acide dans un camaïeu de vert irréel : vert bronze, vert olive, vert émeraude, vert pomme ... les qualificatifs manquent tant est grande la variété des teintes.

                     © B.Duyck


et ça gargouille, ça glougloute, ça crachotte dans tous les coins ; les photographes s'en donnent à coeur joie jusq'à en oublier toute prudence et à mettre un pied dans cette eau acide et chaude.
Les gaz présents ici nous oblige à porter le masque et bien souvent, il faut respirer un bon coup, avant de l'enlever, le temps de prendre une photo en apnée.
Tout est en perpétuel remaniement.... les évents éliminent la vapeur  comme ils le peuvent et de lourdes fumées grises descendent des gours oxydés.

                                 © B.Duyck


"Parfois les eaux sont si chaudes, si abondantes, que la vapeur ne peut être évacuée par les évents et qu'une violente explosion se produit. La dernière date des années 20et a laissé un impressionnant cratère de cent mètres de large." (Tazieff - L'odeur du soufre)

                                 © B.Duyck


Ces ensembles ne sont pas très haut - quelques mètres tout au plus - mais on se laisse captiver par les détails : fines dentelles de sel, margelles teintées du jaune du soufre, rouille des gours plus élevés.



                                  © B.Duyck


On tombe en arrêt sur un escalier de fées : les fines séparations de sel retiennent des marches aquatiques d'un vert délicat ! Il faut apprécier le moment... tout cela est très éphémère, trop éphémère !

Ailleurs, une solution concentrée de saumure frémit doucement, laissant passer des gaz non identifiés.

© B.Duyck


L'éloignement de ce volcan, la zone peu sûre, et un financement qui ne suis pas n'ont pas permis jusqu'à présent une étude approfondie du Dallol ... encore moins l'établissement de pontons et zones protégées, qui empêcheraient le destruction de ces délicates formations : chaque pas fait détruit ces cristallisations aussi fines que de la dentelle; et inlassablement, le volcan reconstruit différemment.

                                  © B.Duyck


                                   © B.Duyck


En examinant ces merveilles, on se laisse bercer par une vieille mélopée Afar, chantée à capella par notre guide... seule la beauté du chant, et une poignée de main cordiale nous font partager ce moment, sa langue maternelle nous étant inaccessible.









© B.Duyck


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Retour au Cap Blanc Nez, pour reparler de la couche de craie du Cénomanien, dite de la " craie bleue ".

La falaise du Cap Blanc Nez à marée haute, vue du petit Blanc Nez - photo Matthieu Debailleul

La falaise du Cap Blanc Nez à marée haute, vue du petit Blanc Nez - photo Matthieu Debailleul

C’est dans cette couche de craie que le tunnel sous le détroit de La Manche a été foré, à une profondeur comprise entre 40 mètres et plus de 100 mètres sous le fond marin.

Profil géologique des terrains dans lesquels a été creusé le tunnel sous la Manche - d'après Image Channel Tunnel geological profile / Commander Keane.

Profil géologique des terrains dans lesquels a été creusé le tunnel sous la Manche - d'après Image Channel Tunnel geological profile / Commander Keane.

Ce détroit appelé Pas de Calais, ou Strait of Dover par nos amis Anglais, marque la limite entre la Mer du Nord et la Manche / the English Channel, et sépare ou uni, selon les points de vue, l’Europe continentale à la Grande-Bretagne.

Les falaises de craie qui habille les côtes des deux côtés du détroit nous rappellent qu’il s’est ouvert et refermé plusieurs fois au cours de son histoire … à une époque où la Grande-Bretagne était joignable à pied.

En haut, Réseau de paléovallées durant la dernière glaciation, il y a 25.000 à 20.000 ans - en bas, le Fleuve Manche à la même période - doc. Le fleuve Manche, au cours du Dernier Maximum Glaciaire (-25à-20 ka), tiré de Toucanne (2007), modifié de Elhers et Gibbard (2004)
En haut, Réseau de paléovallées durant la dernière glaciation, il y a 25.000 à 20.000 ans - en bas, le Fleuve Manche à la même période - doc. Le fleuve Manche, au cours du Dernier Maximum Glaciaire (-25à-20 ka), tiré de Toucanne (2007), modifié de Elhers et Gibbard (2004)

En haut, Réseau de paléovallées durant la dernière glaciation, il y a 25.000 à 20.000 ans - en bas, le Fleuve Manche à la même période - doc. Le fleuve Manche, au cours du Dernier Maximum Glaciaire (-25à-20 ka), tiré de Toucanne (2007), modifié de Elhers et Gibbard (2004)

Le paléo-fleuve Manche / la Channel river y coulait. Son histoire est complexe et sous le contrôle de la tectonique et de l’extension des glaciers du Pléistocène.

Auparavant, la Manche occidentale a fonctionné au Pliocène comme un golfe, avec une embouchure / ligne de rivage évoluant selon les variations du niveau de la mer.

L’établissement de vastes calottes glaciaires de plusieurs kilomètres d’épaisseur au Pliocène moyen lui a donné sa plus grande importance … dans cette configuration maximale, le fleuve Manche récoltait les eaux des fleuves contemporains : Orne, Seine, Somme, Tamise, Rhin, Meuse, Weser, Ems, Elbe ainsi que les eaux de fonte des calottes glaciaires britannique, scandinave et alpine (via le Rhin). La taille de son bassin versant est alors estimée à 1,2 million de kilomètres carrés.

Le lac glaciaire Elstérien il y a 450.000 ans - à gauche, doc. Gupta & al. - à droite, doc. Cohen, Gibbard et Busschers, 2005. - un clic pour agrandirLe lac glaciaire Elstérien il y a 450.000 ans - à gauche, doc. Gupta & al. - à droite, doc. Cohen, Gibbard et Busschers, 2005. - un clic pour agrandir

Le lac glaciaire Elstérien il y a 450.000 ans - à gauche, doc. Gupta & al. - à droite, doc. Cohen, Gibbard et Busschers, 2005. - un clic pour agrandir

Au cours du Pléistocène, un barrage glaciaire a empêché l’écoulement de la Tamise et du Rhin / Meuse dans la Mer du Nord, et formé un lac glaciaire au nord-est de l’anticlinal Weald-Artois ; au sud-ouest de celui-ci, une paléo-vallée plus basse reliait l’actuelle Grande-Bretagne au continent.

Deux débordements gigantesques vont couper cette connexion.  Le premier se produit il y a environ 425.000 ans, et l’eau qui cascade en force, plus d’un million de mètres-cubes par seconde, va creuser et agrandir le pas de Calais et inonder ces basses terres, en laissant des îles en forme de diamant retrouvées lors des explorations au sonar dans l’actuelle Manche.

La seconde inondation, plus importante que la première, se produit il y a environ 225.000 ans ; elle va couper en deux la mince péninsule restante.

Une étude de 2007conclue que la Manche / English Channel a été créée par érosion du pont terrestre unissant le Weald en Grande-Bretagne et le Boulonnais en France. Des portions plus résistantes de craie ont laissé de part et d’autre les falaises blanches de Douvres (White Cliffs of Dover) et le Cap Blanc Nez.

Localisation de l'anticlinal Weald - Artois  - doc. Wikipedia

Localisation de l'anticlinal Weald - Artois - doc. Wikipedia

Les falaises de craie du Blanc Nez et les White cliffs of Dover.Les falaises de craie du Blanc Nez et les White cliffs of Dover.

Les falaises de craie du Blanc Nez et les White cliffs of Dover.

 Les falaises de craie de Douvres / White cliffs of Dover - photo Immanuel Giel

Les falaises de craie de Douvres / White cliffs of Dover - photo Immanuel Giel

A moins que ce ne soit un phénomène de rifting, un effondrement brutal entre deux failles, qui ne soit la cause de l’envahissement de la paléo-vallée par les eaux, les falaises de Douvres et du Blanc Nez marquant les bords de la cassure.

Le fleuve Manche devrait voir à nouveau le jour lors de la prochaine période glaciaire … dans une "autre vie" !

 

L’érosion permanente des falaises des deux côtés de la Manche les fait reculer toujours plus … modifiant le pied de celles-ci, et aussi le tracé des chemins qui les dominent.

Deux exemples :

- sur le Blanc Nez, où un blockhaus s’est cassé en laissant des restes de béton sur la plage,

- ou encore sur les falaises de Douvres, où en 2011, une zone de la grandeur d’un terrain de foot s’est effondrée, laissant une cicatrice bien blanche et un delta de craie en bordure du Channel.

Ceci rend ces endroits dangereux, mais intéressants pour les chercheurs de fossiles … qui se renouvellent au pied des éboulis sous cette action naturelle destructrice.

Cap Blanc Nez - blockhaus éventré au sommet de la falaise du Petit Blanc Nez et vestiges sur la plage - photo Bernard Duyck 2015

Cap Blanc Nez - blockhaus éventré au sommet de la falaise du Petit Blanc Nez et vestiges sur la plage - photo Bernard Duyck 2015

Sources :

- Geologie info- Un aperçu de la géologie du Boulonnais – par André Holbecq - link

- Le GR du littoral, de Bray-Dunes à Berck – par Pierre Leflon – link

- Falaises de craie - link

- Falaises de craie - le Cap Blanc Nez - link

- Geology of Dorset: The Cretaceous rocks - link

- Daily Mail - The crumbling cliffs of Dover: Now France is even further away as thousands of tons of chalk crash into sea after frost and drought - link


 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

Actu-4 1552 bis

 

                                                                                               ©JM. Mestdagh

 

Une olivine  - (Mg,Fe)2 SiO4 - est un minéral du groupe des silicates, sous-groupe des nésosilicates. Elle n'a pas le statut d'espèce reconnue par l'Association internationale de minéralogie, c'est le terme médian dans la série fayalite-forstérite.

La forstérite - Mg2SiO4 - est le terme de cette série qui ne contient pas de fer; la fayalite - Fe2SiO4 - est l'autre limite sans magnésium.

Elle cristallise dans le système cristallin orthorhombique. Elle possède un fort relief à l'observation au microscope polarisant, ainsi qu'une forte biréfringence, teintes vives du 2e au 3e ordre au microscope polarisant en lumière analysée.


L'olivine est le minéral dominant des péridotites, roches constituant le manteau. 

 

Actu-4-1790.jpg

                   Timanfaya  - Inclusion de péridotite dans du basalte  -  ©JM. Mestdagh


 

L'olivine est le premier minéral à cristalliser lorsqu'un magma refroidit. C'est pourquoi il est souvent présent dans les basaltes. Il peut cristalliser à une température d'environ 1 000°. C'est le premier minéral de la suite réactionnelle :

Olivine (Mg) -->; Olivine (Fe,Mg) -->; Pyroxène (Mg) -->; Pyroxène (Fe,Mg) -->; Amphiboles -->; Biotite (des hautes températures vers les basses températures).


Caractéristiques physiques et optiques :

  • Système cristallin : orthorhombique
  • Composition chimique : (Mg, Fe)2SiO4
  • Couleur : vert jaunâtre, vert olive
  • Dureté  : 6,5 - 7,0 sur l'échelle de Mohs.
  • Gravité spécifique : 3,32 - 3,35
  • Indice de réfraction: 1,65 - 1,69
  • Dispersion  : 0,020
  • Pléochroïsme  : incolore, vert jaunâtre, vert


 

250px-Diagramme basalte.svgModèle basaltique:       plan de saturation de la silice

  • opx:orthopyroxène
  • cpx : clinopyroxène
  • ab : albite
  • Ne : néphéline
  • Qz : quartz
  • ol : olivine

 

 

 

 

 

 

 

 Étant formées à haute température et en absence d’eau, les olivines sont très sensibles aux agents atmosphériques, à l’altération hydrothermale, au métamorphisme de bas degré impliquant l’hydratation, l’oxydation, la silicification ou la carbonatation. Elles s’altèrent en serpentine, chlorite, amphibole, oxydes de fer, talc. Les olivines répondent parfaitement à la loi de Goldich : « les minéraux sont d’autant plus vulnérables que leurs conditions de genèse diffèrent plus de celles qui règnent à la surface ».

 

Le péridot : nom donné à l'olivine lorsqu'elle est utilisée en joaillerie, comme "pierre fine". Son autre nom est chrysolithe, "pierre dorée" en grec.


C’est une pierre ancienne mais très populaire. Elle est si connue, et depuis tant d’années, qu’on en trouve même sur la joaillerie égyptienne, du début du second siècle avant notre ère.
Les pierres que l’on utilisait à cette époque, venaient d’une région située sur une petite île volcanique de la mer Rouge, à environ 70 kilomètres au large d’Assouan. Elle a été redécouverte vers les années 1900 et le gisement est, maintenant, constamment exploité.
Les anciens Romains en étaient déjà férus et ils en convoitaient l’éclat vert et brillant, qui est insensible aux variations de la lumière, même s’il s’agit de lumière artificielle. Ils l’appelaient "l'émeraude vespérale ».
On trouve des péridots en maintes églises européennes, où ils décorent des trésors divers. A la cathédrale de Cologne, par exemple, à l’époque de l’art baroque, le péridot, avec son vert profond, connut une époque florissante mais brève, avant de tomber dans l’oubli.

Le péridot est pourtant une pierre très moderne. Dans les années 1990, un gisement a été mis à jour dans la région du Cachemire. Les pierres qui en proviennent sont, en ce qui concerne leur couleur et leur transparence, d’une beauté unique. Ainsi, l’image de la pierre, qui s’était quelque peu estompée au cours des âges, a été remise "au goût du jour".

 

Pour convaincre la gent féminine, voici un exemple de réalisation moderne ... "avec sa couleur légèrement dorée, d’un vert chatoyant, le péridot est la pierre idéale pour être le complément d’une tenue estivale légère ", dixit un spécialiste.

 

2064R-bague-peridot--jewels-for-me.jpg                          Bague péridot / diamant - or blanc , réalisation "Jewel for me".

 


Sources :

- Péridot-Olivine , par R.Warin

- Roches magmatiques, par Dom.Decobecq

- Peridot, the gorgeous green gemstone - lien

- Joaillerie : site de "Jewel for me " / péridot - lien

   dix pages d'idées !

 

 

Ceci clôture la semaine sur Lanzarote . Encore un grand merci à mon ami Jean-Michel Mestdagh pour son partage d'images.

Un dernier clin d'oeil à César Manrique, avec son logo de Lanzarote, île-volcan, île-soleil.

 

Actu-4-2482-copie.jpg

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

On ne peut quitter la Colombie sans parler de " La esmeralda " ... une merveille verte et rare.

 

Emeraude_sur_gangue---Parent-Gery.jpg                                     Emeraude, cristal sur gangue - photo Géry Parent.

Emeraude_Musso---Didier-Descouens.jpg

               Cristal d'émeraude (2 cm.) - Mine de Muzo - photo Didier Descouens 2009.

 

Evoquée dans la bible, elle ornait aussi les bijoux retrouvés dans les pyramides d’Egypte, ainsi qu’à Pompeï et à Heraculanum. On rapporte que Néron utilisait une lame d'émeraude à la fois pour corriger sa presbytie et protéger ses yeux du soleil, lorsqu'il regardait les combats de gladiateurs.
Pierre favorite des souverains depuis les temps les plus reculés, elle paraît de nombreuses couronnes royales et objets de cultes.

 

Saint-Louis_sertie---jean-Lossel-museum-nat.-hist.naturelle.gif

"La pierre de saint-Louis" , sertie - au Museum national d'histoire naturelle / photo Jean Lossel.

 

L’émeraude doit son nom au grec smaragdos signifiant pierre verte.
Longtemps toutes les pierres vertes (tourmalines, turquoises, malachites,...) furent désignées sous le même nom, ce n’est qu’au XVIe siècle que l’on sépara les différentes pierres et que le terme émeraude s’imposa pour désigner la famille des béryls.

 

La formation des émeraudes nécessite des conditions géologiques exceptionnelles : leurs composants sont liés au volcanisme.

Le béryllium, composant principal, se trouve dans le magma de la croûte terrestre; chrome, vanadium et fer, responsables de la transformation du béryl en émeraude, sont situés dans le manteau terrestre.

 

En Colombie, il y a 65 millions d'années, des mouvements tectoniques ont amené des minéraux à 300°C au contact d'une couche sédimentaire datant du début du crétacé (135 Ma) contenant des fossiles. Les coquilles constituées de calcaire se sont dissoutes , et ont offert des cavités dans lequel des cristaux ont pu se former.

 

Emeraude_18_-Colombie----gery-Parent.jpg                                                 Emeraude brute - phot Géry Parent.

 

Les caractéristiques de l'émeraude :

Groupe : Béryl

Composition chimique : Silicate d'aluminium et de beryllium, auquel s'ajoute du chrome, du vanadium et du fer. - Be3(Al,M)2(SiO3)6   dans lequel (M = Cr, Fe, V)
Couleur : Vert
Dureté : 7,5 à 8 sur l'échelle de Mohs.
Densité : 2,67 à 2,78 
Dispersion : 0,014
Pléochroïsme : net, du vert ou vert – bleu au vert - jaune
Indice de réfraction : 1,56 – 1,59
Biréfringence : 0,004 – 0,01
Système cristallin : Hexagonal  

Transparence : Transparent à opaque
Principaux gisements : Colombie, Brésil

 

pays_producteur_emeraude-copie.jpg

 

La Colombie est un des principal producteur d'émeraude, avec 60% de la production et 6 millions de carats (chiffres de 1995); les mines sont situées à Chivor, Muzo, Penas Blancas et Coscuez.

Le second producteur est le Brésil avec les mines du Minas gerais, avec 12%.

Suivent Madagascar, puis la Russie, avec 3 et 4%.


 

emeraudes---la-taillerie.jpg                                        Emeraudes taillées - photo La Taillerie.


En joaillerie, l'émeraude est une des pierres les plus chères.

On les taille en "émeraude", (rectangles à pans coupés), ou en "ovale", en "poire", en "cabochon".

La présence très fréquente d'inclusions et de fentes, appelées poétiquement "givres " ou "jardin ", n'est pas un handicap ... elle confère au contraire son identité à une émeraude naturelle.

Certaines originalités cristallographiques sont recherchées : on parle de gemme trapiche, mot espagnol désignant une roue dentée utilisée dans le broyage du minerai. Une émeraude trapiche se présente comme constituée d'un noyau central entouré de six rayons (nous sommes dans le système cristallin hexagonal) développés dans parallèlement aux faces du prisme; les interstices sont remplis d'un mélange de couleur crème, accentuant le contraste. Ce n'est pas un macle, mais bien un monocristal.


3875_emeraudetrapiche01.jpg On distingue au centre un cristal parfaitement héxagonal, et autour 6 cristaux, qui sont venus se lier au centre, grâce à un ciment semi-cristallin, composé de métaux de couleur sombre, généralement des fluo-carbonates.

photo Frediani.fr

Pour d'autres photos, voyez le site de R.Warin.

 

L'identification des pierres, pour établir le lien avec le gisement ou identifier l'origine des pierres anciennes, se fait par spectrométrie de masse, et mesure des isotopes d'oxygène : le rapport 18O / 16O varie de 7 à 25 selon les gisements.

 

Un moment de rêve, mesdames ...

 

bague-emeraude---art-curial.jpg             Bague en or blanc / émeraude 22 carats (estimation 30-40.000 €) - ArtCurial

 

Chevaliere-or-decor-filete-emeraude-cabochon----artcuri.jpgChevallière or jaune à décor filleté / émeraude en cabochon 10,2 carats (estimation 4.500 €) ArtCurial / Alain Truong Canalblog.

 


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Gruta do Carvão est le plus long tunnel de lave de l’ile de São Miguel et s’étend sur 1912 m. Ce tunnel est divisé en trois sections ; la partie nord (Section de « Paim ») avec une longueur de 880.2 m, la partie sud (Section de « João do Rego ») d’une longueur de 300m et une section intermédiaire (Section du  « Séchoir de Tabac » ou de  « La rue de Lisbonne ») d’une longueur de 701.8 m. Cependant, selon quelques documents et dossiers anciens, il semblerait que sa longueur soit plus importante que celle répertoriée aujourd’hui. Elle est supposée être supérieure à 5km, allant de la ligne de côte jusqu’à proximité de la Serra Gorda dans la ville de Arrifes.  

Parmi les particularités de ce tunnel, la qualité de ses stalactites et stalagmites, certaines de ces dernières atteignant plus de 25 cm. de long, est à remarquer, ainsi que de longues sections de tunnels superposés, comprenant des dolines.

 

Gruta-do-Carvao---Acores----Por-Atalhos.JPG                   Açores - São Miguel - Gruta do Carvão -  photo Por Atalhos

 

Gruta-do-Carvao---Acores----Facebook-2---.jpg                   Açores - São Miguel - Gruta do Carvão -  photo page Faceook Gruta do Carvão


Située aux abords du « Complexe Volcanique des Pics » dans la région de São Miguel, cette région de volcanisme fissurale compte plus de 250 cônes de scories et de coulées de laves basaltiques, recouvrant grossièrement la zone entre Capelas et Ribeira Grande (Côte Nord) et entre Ponta Delgada et Lagoa (Côte Sud)). La grotte s’étend à l’intérieur même d’une longue coulée basaltique orientée N-S rejoignant la mer dans la partie Ouest de la ville de Ponta Delgada. La zone d’éruption principale est située dans la zone axiale du « Complexe Volcanique des Pics ».

 

Sao-Miguel-caves.jpg       São Miguel - localisation des tunnels de lave - en gris bleu, le Complexe volcanique des Pics

 

L’âge de ce tunnel est compris entre 5000 et 12000 ans selon la datation au Carbone 14 et selon l’analyse des dépôts de matières pyroclastiques (cendre et lapilli), probablement émis par le volcan de Sete Cidades ou celui de Fogo et recouvrant cette grotte.

 

Gruta-do-Carvao---Acores---azoresphotos.blogspot.be.JPG            Açores - São Miguel - Gruta do Carvão : stalactites oxydés - photo Azoresphoto.blogspot

 

Gruta-do-Carvao---Acores----Facebook-3---.jpg                      Açores - São Miguel - Gruta do Carvão - photo page Faceook Gruta do Carvão

 

Sur Terceira, quatre grands volcans sont situés sur une zone fissurale basaltique coupant l’île du NO au SE. : le Pico Alto, le Santa barbara, le Cinco Picos et le Guilherme Moniz. Associé directement à ce dernier volcan, l’Algar de Carvão.

Algar qualifie, en Portugais, une cavité naturelle d’orientation verticale, comme un puits … Algar do Carvão, traduit littéralement, signifie le puits de charbon, en rapport avec la couleur des roches foncées et non en fonction de sa composition.

 

Algar do carvao, gruta - Luis Silveira                              Açores - Terceira - Algar do Carvão : l'évent - photo Luis Silvera

 

volcan_algar_carvao_esquema.jpgvolcan_algar_carvao_esquema_1.jpg

 

 

 

 

 

 

Coupes de l'Algar do Carvão -doc. Os Montanheiros.

  terceira_algar_carvao.jpg                         Açores - Terceira - Algar do Carvão - photo du site officiel.


Au fond du puits, un petit lac d’eau claire comme du cristal, a longtemps retardé son exploration : la première descente dans ce trou sombre et vertical ne s’est faite qu’en 1893 ; la seconde en 1934 nous a fourni une sorte de carte de l’intérieur, un dessin basé sur des observations uniquement visuelles. En août 1963, on a descendu une plate-forme suspendue à des fils de nylon. Le site est aujourd’hui ouvert au public, de mai à septembre et uniquement en semaine (!), sous réservation auprès des Moutanheiros, l’organisation gérant l’Algar.

 

Terceira---gruta-das-agulhas---geocaching.jpg

                             Açores - Terceira -  La Gruta das Agulhas - photo Geocaching


Terceira---gruta-das-agulhas-2----geocaching.jpg                            Açores - Terceira -  La Gruta das Agulhas - photo Geocaching

 

La Gruta das Agulhas – la grotte des aiguilles – est localisée à Ponta dis Coelhos. Sa situation est particulière le long de la côte ; une coulée de lave fluide d’une éruption de l’Algar do Carvão s’est dirigée vers la mer , a atteint la côte, en y laissant une zone de roches noircies. Le tunnel possède de nombreuses ramifications formées par différents niveaux de différentes coulées de lave. Son nom provient de la présence d’une série de formations sédimentaires siliceuses, en forme d’aiguilles, recouvrant les parois et le toit du tunnel.

Une autre caractéristique est sa faune spécifique, parmi laquelle on compte un mille-pattes endémique des Açores, le Lithobius melanops, un acarien endémique, le Phthiracarus falciformis, un pseudo-scorpion, le Pseudoblothrus vulcanus, des puces de mer et des collemboles endémiques eux aussi. De vastes tapis de bactéries couvrent aussi les parois et le plancher.

 

Sources :

- Amigos dos Açores - associaçoa ecologica -link

-  Gruta do Carvão - Paim - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Fernandina - 05.09.2017 / 19h50 loc Fernandina - photo Galapagos Naciente / Twitter

Fernandina - 05.09.2017 / 19h50 loc Fernandina - photo Galapagos Naciente / Twitter

On Fernandina / Galapagos, the thermal anomaly remains very high on September 6, with 1,359 MW, but has dropped substantially since the eruption began, when Mirova reported 19,697 MW.
According to the Galapagos National Park Directory, a radial fissure on the southwest side of the volcano would be responsible for at least two main lava flows moving towards the ocean.


Sources: Mirova & Galapagos N.P.

Fernandina - Thermal anomaly remains high - 06.09.2017 / 4h loc. - Doc. Mirova Modis

Fernandina - Thermal anomaly remains high - 06.09.2017 / 4h loc. - Doc. Mirova Modis

Pacaya - photo Conred / 13.08.2017

Pacaya - photo Conred / 13.08.2017

 

Seismogram of the Pacaya - doc. Insivumeh - Special Bulletin of 04.09.2017 / 13h local


 
The activity of the Pacaya, which has been on the rise for a few days, is characterized by seismicity associated with the rise of the magma in the conduits and moderate strombolic explosions, which reach 40 to 80 meters above the Mackeney cone. A degassing column is observed at times, not exceeding 100 meters above the crater.


Source: Insivumeh - Special Bulletin of 04.09.2017 / 13h local.

Cauldron in the Vatnajökull Ice Cap - Screenshot from RÚV.

Cauldron in the Vatnajökull Ice Cap - Screenshot from RÚV.

Large holes, more than 400 meters wide, were formed in the Vatnajökull ice cap near the Bárðabunga area. The picture was taken by Ómar Ragnarsson on the Köldukvíslarjökull, a glacier emissary to the NW of the Vatnajökull.
Three years ago, seismic swarms under the Bárðabunga preceded the eruption at Holuhraun.
According to Magnús Tumi Guðmundsson, geologist, the whole landscape of the Bárðabunga changed after the eruption: an increase in geothermal heat melted the ice over a hundred meters and formed these cauldrons. It is the first time in hundreds of years that the ground can be seen under the glacier, and these formations could announce a possible jökulhlaup (a glacial debacle) following an accumulation of meltwater under the ice cap.


Sources:
- RÚV - Gat í gegnum jökulinn
- Iceland Review - Geothermal heat forms giant holes in glacier.

The fissure eruption in Holuhraun in September 2014 - photo Ragnar Og Ásdís

The fissure eruption in Holuhraun in September 2014 - photo Ragnar Og Ásdís

A beautiful winter photo of the Copahue, seen from Caviahue at the border Chilio-Argentina, this morning September 5.


Source: Valecaviahue / Twitter.

Copahue, seen from Caviahue - photo Valecaviahue / Twitter 05.09.2017 - a click to enlarge

Copahue, seen from Caviahue - photo Valecaviahue / Twitter 05.09.2017 - a click to enlarge

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Après de nombreuses répliques sur Haïti, l'épisode de séismes s'était calmé.
Hier, un séisme de magnitude 5,8 touchait les îles Caymans et il y a 1 heure, une nouvelle forte réplique a frappé de nouveau Haïti : magnitude 6,1 !

intensity.jpgSource : USGS earthquake hazards program

Magnitude 6.1
Date-Time
Location 18.428°N, 72.875°W
Depth 9.9 km (6.2 miles) (poorly constrained)
Region HAITI REGION
Distances 60 km (35 miles) WSW of PORT-AU-PRINCE, Haiti
95 km (60 miles) ENE of Les Cayes, Haiti
160 km (100 miles) SSW of Cap-Haitien, Haiti
1110 km (690 miles) SE of Miami, Florida
Location Uncertainty horizontal +/- 6.5 km (4.0 miles); depth +/- 25.7 km (16.0 miles)

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La présence de rhyolite dans le Massif de l’Estérel, au sud de la France, et en Corse au Cap Scandola, a intrigué les géologues. Pour expliquer cela, il faut se rappeler que Corse et Sardaigne n’ont pas toujours été des îles et reconsidérer l’histoire géologique de la Méditerranée occidentale.

 

 Dossier-31-9835-copie.jpg

              France - Massif de l'Estérel : les rhyolites rouges du Cap Roux -  © Bernard Duyck

 

Corse-04917-reserve_de_Scandola---Pinpin.jpg                             Corse - les rhyolites de la presqu'île de Scandola - photo Pinpin

 

Au crétacé (120 à 60 Ma) , l’Eurasie se déplace vers le sud-est tandis que l’Afrique poursuit sa remontée vers le nord … le super-océan Téthys commence sa fermeture à l’est comme à l’ouest.

 

Il y a 45 Ma, Téthys se trouve coincée entre les deux blocs Eurasie et Afrique et commence à subducter sous le continent eurasiatique, au moins jusqu’au sud-est de la France … à partir de ce point, c’est l’Europe qui passe sous la plaque Apulienne. Ce dernier phénomène de subduction va s’arrêter rapidement : l’Eurasie et l’Apulie étant des plaques d’égale densité, la subduction se transforme en collision et c’est la surrection des Alpes.

Plusieurs blocs vont se détacher du continent européen et dériver vers le sud, "aspirés" par le retrait de la zone de subduction ;  Ce sont le bloc Corso-Sarde (Co et S), le bloc Baléares (B), le bloc Alboran (Al), le bloc Kabylie-Monts Péloritains (K et Pe) et le bloc Calabrais (CA)

 

mediterranee-histoire-geologique-45-Ma-.jpgDirection de la subduction il y a 45 Ma  et la position des différents blocs. - doc. Histoire géologique de la Méditerranée - "modifié, d'après Séranne 1999"


 

Vers 30 Ma, tandis que l’orogenèse alpine atteint son maximum, le bassin d’arrière-arc de la subduction va s’ouvrir : le bassin algéro-provencal (ou bassin ligure dans sa partie nord). Le bloc Corso-Sarde dérive vers le sud-est, Alboran vers le sud-ouest et le bloc Baléares ne se déplace pas beaucoup, bloqué par une faille.

 

mediterranee-histoire-geologique-30-Ma.jpgSituation il y a 30 Ma - ouverture du bassin liguro-provençal et déplacement de la ligne de subduction - doc. Histoire géologique de la Méditerranée -  "modifié, d'après Séranne 1999"

 

De nouveaux résultats paléomagnétiques sur des formations volcaniques permiennes confirment les rotations de la Corse (30°) et de la Sardaigne (60° ). L'emboîtement des talus continentaux s'accorde avec de telles rotations. Ces différentes données permettent de replacer les deux îles dans leur position ancienne, la Sardaigne du Nord étant alors située face à la Provence. Les formations géologiques du socle provençal et de la Sardaigne du Nord se raccordent: la lithologie, les zones et le type de métamorphisme, la granitologie, les directions de plissements sont semblables et parallèles. Des analogies peuvent aussi être établies pour le volcanisme permien et les formations sédimentaires de la fin du Paléozoïque et du Mésozoïque. Ces domaines ont eu probablement une évolution géologique semblable jusqu'au début du Tertiaire. (M. Westphal, J. Orsini, P. Vellutini)

 

p8.jpg Basculement et ouverture en ciseaux  "anti-horaire" du bloc Corso-Sarde - trace du volcanisme rhyolitique en rouge. - doc. Alpesgeo 2003 J.Debelmas

 

Durant les 30 Ma suivants, la zone de subduction parcourt encore 775 km. (vit. moyenne de 2,5cm/an) ; Le bloc Corso-Sarde a atteint sa position actuelle. Le rifting, suivi du processus d’océanisation , entre 21 et 15 Ma, a donné un statut insulaire à la Corse et la Sardaigne.

Elles vont reperdre ce statut il y a 6 Ma (au Messinien) suite à un assèchement de la Méditerranée : la remontée de la plaque africaine vers le nord rompt la communication avec l'atlantique ... l'apport fluvial étant trop peu important pour compenser l'évaporation, la Méditerranée va s'assécher comme l'atteste un important dépôt de sel daté de cette période. Corse et Sardaigne sont atteignable "à pieds secs" par des êtres vivants en provenance du continent, durant une période courte d'un millions d'années, avant la réouverture du détroit de Gibraltar.

 

Le bloc Kabylie-Monts Péloritains va se séparer au niveau d’une faille : la Kabylie va s’échouer sur la côte africaine tandis que les monts Péloritains vont continuer leur migration, aspirés par la subduction, pour s’échouer à la place de l’actuelle Sicile.

Durant cette même période, l’arc volcanique Eolien se met en place, et un second bassin s’ouvre arrêtant la progression du bloc Corso-Sarde  … la mer Tyrrhénienne se forme (7 à 8 Ma).

 

mediterranee-histoire-geologique-28.jpgEntre 30 et 5 Ma, ouverture de mer Tyrhénienne, formation de l'arc volcanique Eolien et cassure du bloc Kabylie-Monts Péloritains - - doc. Histoire géologique de la Méditerranée - "modifié, d'après Séranne 1999" 

 

Actuellement, une petite zone de subduction est active au sud de la Sicile, se prolongeant vers la botte italienne et le Vésuve.

Selon certains géologues, une subduction du bassin algéro-provençal sous l’afrique aurait débutée ?

 

Tectonique-mediterranee.jpgSituation tectonique actuelle du bloc Corso-Sarde et de la Sicile, de la zone de subduction - doc. Alpes geo 2003.

 

Dossier-31-9992-copie.jpgFrance - Massif de l'Estérel - orgues rhyolitiques du "Lion de mer et de terre" à St Raphaël - © Bernard Duyck.

 

Demain, les richesses géologiques du Cap Scandola

 

Sources :

- Academia Corsa - et la Corse devint une île - J.B. Orsini Univ.St Etienne - link

- Géologie alpine - la dérive Cénozoïque de la Corse et de la Sardaigne - J.B. Orsini & al. - link

- Alpesgeo2003 - histoire géologique de la Méditerranée - link - link 2

- L'ouverture du Golfe du Lion et géodynamique de la Méditerranée occidentale - Université deMontpellier - link

Séranne, M., 1999, The Gulf of Lion continental margin (NW Mediterranean) revisited by IBS: an overview, in Durand, B., Jolivet, L., Horváth, F., and Séranne, M., eds., The Mediterranean Basins : Tertiary extension within the Alpine Orogen, Volume Special Publication 156: London, The Geological Society, p. 15-36.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Petit rappel : le massif de l'Estérel, apparu pendant l'intense phase de volcanisme au Permien, a été ensuite érodé durant l'ère secondaire (150 Ma). Le soulèvement des Alpes, à l'ère tertiaire, fait basculer le socle et provoque un effondrement d'une partie de celui-ci en mer.
Ces mouvements tectoniques vont fracturer le socle et faire le lit d'une nouvelle phase volcanique : vers 60 Ma, un volcanisme "avorté" se manifeste, non pas par de nouveaux volcans, mais par l'intrusion de lave sous forme de sills épais en quelques endroits du massif des Maures et de l'Estérel, en particulier vers le Dramont.

De gauche à droite, la plage du Dramont (décharge des déchets de carrière) et les carrières du Dramont, vues du sémaphore du Cap Dramont - © B.Duyck


Carrière d'estérellite du Dramont, reconvertie en base nautique - © B.Duyck


L'estérellite est une microdiorite quarztique, renfermant des phénocristaux de plagioclases zonés d'amphiboles et de biotites; on rencontre parfois des phénocristaux de quartz et de feldspath. Les minéraux accessoires sont la magnétite, l'apatite et le zircon.

 Estérellite de la carrière du Dramont, faciès à amphiboles et pyroxène - © B.Duyck



La composition chimique est celle d'andésites et dacites subalcalines; les teneurs en éléments traces sont caractéristiques de laves de lignées calco-alcalines, propres aux zones de subduction.


Exploitée depuis l'époque romaine, l'estérellite a été extraite de nombreuses carrières des environs de StRaphaël; surtout utilisée pour le pavement des routes, on en retrouve sur des portions de la "Voie Aurélienne" à Fréjus. Sa forte résistance - 5 tonnes au cm²- en a fait un matériau de construction de routes au moyen-âge : les pavés ne se cassaient pas sous les roues cerclées des chariots de l'époque.
La carrière du Dramont connut un regain d'activité entre 1850 et 1959, avec une sortie de 2 à 300 tonnes de roches par jour.
L'estérellite est actuellement extraite de la carrière des "Petits Caous", située au NO. de celle du Dramont.

La plage du Dramont avec ses gros galets gris-bleu était en fait une aire de stockage des déchets de la carrière du même nom. La mer, avec ses flux et reflux, les tempêtes ont façonné ces pierres jusqu'à les rendre lisses et douces, donnant un cachet spécial à cette plage bordée de pins.

   La plage du Dramont et ses célèbres galets d'estérellite,

   en face de l'île d'Or - © B.Duyck


Cette plage a été choisie par les Américains pour le débarquement de Provence... parce qu'une plage de galets ne se mine pas et permet aux engins d'accoster plus facilement.

            Le débarquement sur la plage du Drammont en août 1944 - en fond, l'île d'Or .
                                                     archives provençales.

  L'île d'Or, constituée de rhyolite amarante, vue du sémaphore du Cap Dramont - © B.Duyck


Outre son attrait photogénique, l'île d'Or en a un autre pour les nombreux"Tintinophiles" : Hergé s'en est inspiré pour son album "L'île Noire", dont l'action se passe par contre en Ecosse.
http://lemondedetintin.skynetblogs.be/

Petite histoire de l'île d'Or:
Au départ, ignorée encore des hommes, cette île sauvage et rude n'était qu'une courte halte sans intérêt car si proche du rivage.
Elle appartenait à cette époque à un certain monsieur Sergent qui l'avait acheté aux enchères à l'état, pour 280 francs en 1897 et qui la perdit au cours d'une partie de carte (bien arrosée...)au profil d'un médecin.
C'est ainsi qu'entra en scène l'original monsieur Auguste Lutaud.
C'était sans doute un homme passionné et un peu fou comme il y en avait tant au cours de cette période d'avant guerre ou les rêves les plus fous pouvait encore avoir le gout de la réalité.
C'est ainsi que monsieur Lutaud décida de construire une tour sur son île et quelle tour! : si belle du haut de ces quatre étages et crénelée comme un donjon imprenable, elle devint le fief du petit royaume de l'île d'or. Monsieur Lutaud s'auto-proclama roi sous le nom d'Auguste 1° : « Roi des Roches battues par les flots », à la fin de la construction de la tour qui alors devint le lieu de fêtes fastueuses jusqu'en 1914.

Et puis la guerre arriva et rapidement, le royaume tomba dans l'oublie alors que monsieur Lutaud disparaissait et avec lui un peu de l'âme de cette île.
Mais il est toujours là : ces cendres reposant sous un rocher de l'île. (Pendant la guerre, la tour fut pillée et incendiée).
C'est son petit fils : Olivier Lutaud qui la vendit à un officier de marine : François Bureau en 1962. Ce dernier lui rendit un peu de ses couleurs d'antan en particulier par la création d'un jardin méditerranéen.
Monsieur Bureau était donc un homme très apprécié qui avait pour habitude de faire tous les jour le tour de son ile à la nage. Il fit d'ailleurs une dernière fois, un jour, le tour de son île qu'il ne put terminer :c'était le 16 août 1994.
50 ans presque jour pour jour après le débarquement des soldats français et américains sur la plage du Dramont.
L'île appartient toujours à la famille Bureau. Vous ne pourrez pas pique niquer sur l'île puisque c'est une propriété privée mais vous pourrez simplement accoster et en faire le tour, comme avec le chemin douanier.   (in http://www.ilerouge.fr/ )



Panorama (5 photos) pris du sommet du sémaphore du Cap Dramont :

 de G. à D., Boulouris, la plage et les carrières du Dramont,
la rade d'Agay avec le Rastel d'agay, le Cap Roux et
la pointe de La Baumette.

Sources : documents lithothèque PACA.
- carte géologique : http://www.lithotheque.ac-aix-marseille.fr/Affleurements_PACA/83_esterellite/carte_geologique_esterellite.htm

- http://www.lithotheque.ac-aix-marseille.fr/Affleurements_PACA/83_esterellite/83_esterellite_index.htm



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