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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “l'art mosaïque

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

La toute récente éruption du volcan Concepcion au Nicaragua m'a remis en mémoire une peinture naïve que j'avais pu observer au petit musée du Masaya.

Elle représente de façon synthétique ce pays pauvre, actuellement sous statut politique de "république parlementaire" et dirigé par l'ancien révolutionnaire sandiniste Daniel Ortégua.


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                           Tableau du musée du Masaya, Nicaragua  -  © B.Duyck



Autour de ces lacs, des rivières qui les alimentent et des fleuves qui les traversent et le long de la côte Pacifique vit la majorité de la population, dans des vallées humides, sur les flancs de montagnes et sur les plaines sèches de brousse. La partie est du pays, exposée aux fortes précipitations, ouragans et cyclones qui traversent régulièrement la mer des Caraïbes, est très peu peuplée, sauf sur quelques ports de la côte atlantique et sur les îles de la mer des Caraïbes.
Le Nicaragua, peuplé en majorité de métis, a une économie essentiellement agricole. Le tourisme se développe, et sera peut-être exploité écologiquement à la manière de son voisin le Costa Rica ... le potentiel nature, faune et flore, est présent en tous cas !
La proximité des animaux et des hommes représentée sur ce condensé naïf veut donner une image de vie paisible, simple, heureuse et en relation proche avec la nature.
De nombreux volcans, faisant partie de la "ceinture de feu du Pacifique" ponctuent le paysage marqué par deux grands lacs, le lac Nicaragua et le lac de Managua.
Ce peuple méso-américain reste, comme ses ancêtres Mayas, attentif aux astres et à leur course : ceci symbolisé ici par l'oiseau mythique Quetzal (*), qui semble unir le soleil et le quartier de lune dans une courbe gracieuse de ses plumes caudales, renforcée par celle de la queue de comète. Ce passage du jour à la nuit est souligné par la courbure des branches de l'arbre fruitier d'une part, et d'autre part par l'arrondi des berges du lac.

2.jpg                        Quetzal resplendissant - Pharomachrus mocinno - photo Oiseaux.net

(*) le Quetzal :

Le nom de Quetzal (ou Couroucou royal) désigne 5 espèces d'oiseaux de la zone néotropicale appartenant au genre Pharomachrus et à la famille des trogonidés.

Son nom est présent dans celui du dieu Quetzalcoatl, qui signifie « serpent à plumes » ou « serpent quetzal », dont il est une des formes. Chaque année, à la fin de la nidification (construction du nid), l'oiseau perd ses plumes qui repousseront l'année suivante. Pour les Mayas et les Aztèques, le quetzal était un oiseau sacré, dont les plumes étaient très prisées. La femelle n'a ni longue queue ni poitrine rouge.

Le quetzal vit difficilement en captivité : c'est pourquoi il est symbole de liberté.

Pour ceux qui veulent se retremper dans les volcans du Nicaragua, consultez les articles du 24.11 au 01.12, sur ce blog.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Olot, chef-lieu de la Garrotxa, "la ville des volcans", est située dans une plaine traversée par le fleuve Fluvià et la rivière Riudaura et entourée par les chaînes montagneuses de Sant Valentí, Aiguanegra, le plateau de Batet, Marboleny et Sant Valentí de la Pinya.

Cette région est régulièrement agitée par de petits séismes ; on en compte une vingtaine en trente ans. En 1427 et 1428, Olot fut entièrement détruite par des séismes successifs, et reconstruite à un autre endroit. Le séisme du 2 février 1428 est le deuxième plus important  jamais ressenti au niveau européen ... il est connu comme "le séisme de la Chandeleur" et fut perçu de l'autre côté des Pyrénées.

Olot est une ville spécialement connue pour son intérêt naturel et parce qu'elle fait partie du Parc Naturel de la Zone Volcanique de la Garrotxa.

 

Vol-de-coloms---Garrotxa---25-Olot--volca-del-Montsacopa--.jpg

  Olot et deux de ses volcans :  Montsacopa, à droite et Garrinada, à gauche  - photo Luis Codina Vila

 

Sur le territoire de la commune on recense quatre volcans : le Montsacopa, le Montolivet, tous deux visitables, la Garrinada et le Bisaroques, tous alignés sur une fracture.


Montsacopa est une structure aux attraits multiples : c’est un cône strombolien, avec un petit cratère de 120 mètres de diamètre, recouvert de buissons ;  la dernière éruption de ce volcan est datée d’environ 100.000 ans. Au sommet, se dressent deux tours de défense du 19° siècle et un ermitage dédié à St François.

Son flanc est entamé par une « gredera », une carrière d’extraction de lapilli et pouzzolanes, matériaux qui ont servis dans la construction de la cité. On peut y voir les phases de l'éruption : une première, effusive, a produit une coulée de lave atteignant le ruisseau Riudaura. La suivante, explosive avec des séquences phréatomagmatiques, est responsable de la forme circulaire du cratère.

 

montsacopa---Garrotxa-turistica.jpg                        Le Volcan Montsacopa et son cratère circulaire -photo Garrotxa Turistica.

 

-Volca_Montsacopa-Grederes-Olot--ph.-puigalder.jpg                    Le volcan Montsacopa et l'ermitage St François - photo puigalder

 

Le volcan Garrinada est le plus ancien des quatre volcans, daté d’environ 130.000 ans. Le sommet aligne exceptionnellement trois cratères ; ils se sont formés à des stades différents de l’éruption : les deux cratères les plus au sud sont isuus d’éruptions explosives de type phréatomagmatique.

 

garrinada---garrtoxa-turistica.jpg                  Le Garrinada, et ses trois cratères - photo Garrotxa Turistica


Le volcan de Bisaroques est jeune, et probablement formé par l'éruption la moins explosive, comme en témoignent ses roches pyroclastiques, de très grande taille. La coulée de lave sortie du cratère en fer à cheval s’est prolongée au-delà  de Mas Bernat.

 

biseroques---Garrotxa-turistica.jpg                                 Le volcan Bisaroques - photo Garrotxa Turistica

 

montolivet---Garrotxa-turistica.jpg                         Le Montolivet , ouvert en fer-à-cheval - photo Garrotxa Turistica.


Montolivet est lui aussi un cône de scories strombolien, ébréché en fer-à cheval.

(Laurent Planagumà-Géologue)

 

Le parc Nou, un ancien jardin seigneurial transformé en parc botanique, abrite le "Museu dels Volcans",dans un édifice de facture Art Nouveau, la villa Castany.


Les alentours d'Olot conservent également un riche patrimoine naturel avec les marécages de la Moixina et le volcan du Croscat. A voir dès demain !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

volcan-las-navajas--610x250.jpg

                                                 Volcan Las Navajas - photo Inah 


Une étude interuniversitaire entre l’INAH – Institut National d’Anthropologie et d’Histoire -  et l’Université du Missouri/St Louis, a permis l’analyse d’échantillons d’obsidienne provenant du volcan Las Navajas, sur le haut-plateau Nayarit.


Ceboruco---Las-Navajas02-copie---Nelson---Carmichael.jpgLe TMVB - le champ volcanique trans-mexicain et le volcan Las Navajas (en 8.) -doc. S.A. Nelson


Ce volcan est situé à 18 km. à l’est de Tépic, dans le champ volcanique trans-mexicain (voir carte). Son nom dérive de la concentration de déchets de taille (lascas y navajas) retrouvés sur les flancs du volcan. Les affleurements d’obsidienne , aussi connus sous le nom de San Luis de Lozada, sont étendus et distribués de la base, située à une altitude moyenne de 900 m., et la bouche du cratère.

 

Depot-obsidienne-Las-navajas---Agencia-de-noticias-El-Uni.JPG                Dépôts d'obsidienne - - volcan Las Navajas - photo Agencia de noticias El Universal


Cette obsidienne se caractérise par sa couleur verte opaque et son aspect Obsidienne Las Navajasvisqueux, avec des bords tranchants légèrement translucide en épaisseurs fines.

 

Les analyses par fluorescence des rayons X et activation neutronique par le Dr. Michael Glascock / MUUR ont permis de prendre une empreinte géologique et minéralogique distincte de ce champ d’obsidienne.

La composition a permis d’établir des corrélations significatives culturellement entre les divers artefacts en provenance des sites archéologiques des états de Sinaloa, Nayarit, Jalisco, Durango, Zacatecas et Colima, et la source géologique de production. Par la suite, il a été possible de reconstruire les modèles préhistoriques de production, distribution et de consommation de cette matière première dans la région et de comprendre les pratiques commerciales entre les populations de l’époque.


Le volcan de Las Navajas constitue une importante source d’obsidienne pour l’ouest du Mexique et la culture Chinesca ( 100 avant JC à 250 après JC - * ), implantée dans les vallées entre les montagnes des hautes terres de Nayarit.

 

Chinesca_Nayarit---National-museum-anthropology-Mexico---An.jpg(* )

Chinesca - photo Salvin / National museum of anthropology Mexico

 

Des figurines Chinesca, ou chinesco, retrouvées dans des tombes, ont été nommées ainsi par les marchands d'art d’après leur inspiration chinoise supposée. Un premier type, Chinesca est identifié à Nayarit et jusqu'à cinq sous-groupes principaux ont été identifiés, bien qu'il y ait de nombreux chevauchements possibles. Les figurines de type A dites de style Chinesca classique, sont des reproductions réalistes. Un conservateur éminent, Michael Kan, constate que leur calme extérieur subtil suggère plutôt qu’il ne montre l'émotion. Ces figurines de type A sont si semblables les unes aux autres est qu'il a été suggéré qu'ils étaient la production d'une seule école. Les statuettes de types B à E sont plus abstraites, caractérisées par leur bouffissure, des yeux en forme de fente étroite se confondant avec le visage, et une large tête rectangulaire ou triangulaire. Ces figurines sont souvent représentées en position assise ou couchée, avec des jambes courtes en forme de bulbe s'effilant rapidement en pointe. (wikipedia)

 

L’obsidienne utilisée par les populations côtières au NO de Nayarit provient pour 85% de cette source, exploitée intensivement au cours de la période classique, entre 200 et 900 après JC.

 

Sources :

- INAH -  Yacimiento de obsidiana revela patrones prehispánicos - link

- Geologia del volcan Ceboruco, Nayarit ... - by Stephen A. Nelson

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Lanzarote, une des îles de l'archipel volcanique des Canaries, abrite une célèbre "volcano house" ... celle du peintre et sculpteur César Manrique.

 

cesar_manrique_lanzarote_urlaub_ferienwohnung.jpg                                                      Manrique signant ... une voiture -

 

César Manrique est né en 1919 à Arrecife sur Lanzarote. Gradué en ingénierie civile de l'université La Laguna de Ténérife, il rejoint l'académie des Beaux-arts de Madrid , puis les Etas-Unis , où il est sponsorisé par Nelson Rockfeller.


Il rentre ensuite aux Canaries et en 1970, lors d'une excursion à Tahiche, il découvre un figuier qui pointe une extrémité verte d'une coulée de lave noire figée ... il décide de construire sa maison en cet endroit précis. 

Les propriétaires de cette terre ne veulent pas êtres payés car ils estiment qu'elle est sans valeur, et ils proposent même à César Manrique de prendre tout le terrain dont il a besoin.

Lanzarote a en effet été le siège d'une des plus longue éruption au monde ; débutant en 1730 à Timanfaya, elle a duré six ans et recouvert de ses laves un quart de la surface de l'ïle.

L'artiste découvre lors de la construction cinq "bulles de lave" qu'il transforme en différentes pièces à vivre.

 

Ceasr-Manrique---house2.jpg                      Volcano house de César Manrique : Le patio d'entrée - photo Spot cool stuff.

 

On y pénètre par une double porte dans un patio, où l'on trouve un palmier qui sort d'une "bulle volcanique"... avant des descendre un escalier en pierres volcaniques menant aux cinq chambres volcaniques. Chaque pièce de vie possède ses caractéristiques.

La chambre blanche rend hommage à des amis artistes comme Georgia O'Keeffe et Barbara Hepworth.

 

Cesar-Manrique---house3.jpg                     Maison de César Manrique - la chambre blanche - photo Spot cool stuff.


A un autre endroit, la maison laisse entrer une coulée par une baie ouverte sur un cône volcanique.

 

casa-cesar-manrique-lanzarote---ph.Chalo84-Flickr.jpg                                La nature y entre de plein pied - photo chalo84/Flickr.


Dans la chambre rouge, trône une sculpture en bois de Manrique : "l'homme et son ombre".

 

Cesar-Manrique---house1---Spot-cool-stuff.jpg                           Maison de César Manrique - la chambre rouge  - photo Spot cool stuff.

 

Cesar-Manrique---house4-.jpg                              Maison de César Manrique - Salle à manger - photo Spot cool stuff.

 

Cesar-Manrique---house5-.jpg              Maison de César Manrique - le piscine et sa fontaine - photo Spot cool stuff.

 

Sa façon de concevoir écologiquement sa propre maison a fortement influencé les habitants et l'avenir même de Lanzarote. Elle aurait pu être envahie par les tours des hôtels à touristes ... mais elle a su préservé ses paysages désolés et laisser place à une nature brute.

Manrique a d'ailleurs incorporer les textures et les couleurs fortes de Lanzarote à ses oeuvres.

 

Dossier-22-0539-copie.jpg      La nature de Lanzarote et l'homme,  synthétisés par César Manrique - photo JM. Mestdagh

 

La maison de Manrique n'est pas la seule attraction de l'île; Le Mirador del Rio, construit dans la roche volcanique, domine la côte nord. Et Jameos del Agua, un tunnel de lave, a été aménagé en théatre, en piscine et en night-club.

 

jameos4.jpg                            Jameos del Agua - tunnel de lave aménagé. - photo islanzarote.com

 

 

Il va quitter cette maison en 1988, pour emménager dans une maison paysanne à Haria.

A sa mort en 1992, sa maison de Tahiche devient le quartier général de sa fondation artistique .... vous ne pourrez pas y résider, mais bien y rêver car elle est ouverte au public.

 

Sources:

- Turismo Lanzarote - link

- César Manrique - le site - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu
A la fois pour ne pas quitter le Macaronésie, et parce que le sujet n'a été qu'effleuré, je reviens vers ces dessins, ces peintures que l'on rencontre dans les ports de ces îles sur le chemin des amériques.

Pico-HortaFaial---wiki.jpg La "galerie" du port d'Horta, face au volcan Pico - Wikipedia.
 

Objets spontanés, nés de l'imagination, du coeur des marins au moment de leur angoisse devant les dangers de la mer, ou pour conjurer ceux-ci, ils expriment la relation entre l'homme et la nature, entre l'homme et le ciel.
Parfois maladroites, naïves, ces représentations sont souvent artistiques, toujours documentaires : représentation de navires, de drapeaux, de dieux marins, de sirènes...

lili-2002.jpg "Lili 2002" - port d'Horta - Faial - Açores - photo A.Guir.

Au départ, gestes de dévotion, de reconnaissance, on leur donne le nom d'ex-voto... don votif, objet ou représentation promis à la suite d'un voeu. c'est un "marché" : le marin, à la merci des éléments déchaînés, face à une mort probable, implore le ciel, les dieux, promet un "don", en échange de son salut. Voeux de toutes sortes, dans toutes les religions, de tous temps, les ex-votos revêtent différentes formes: sculptures, maquettes (de bateau), coquillages, inscriptions et graffitis.


On n'examinera ici que cette dernière forme.
Une photographe, peintre de formation, Annie Guir a passé beaucoup de temps à analyser et photographier ces ex-votos propitiatoires sur la jetée de la marina de Horta, sur l'île de Faial aux Açores.
Dans son analyse, elle distingue différents types d'ex-votos:
- gratulatoire : se rapportant à un fait précis, il s'agit d'une action de grâce pour la protection obtenue
- commémoratif : à la fin d'une traversée ou d'une carrière, le marin le remet, comme marque d'une protection constante. Il rappelle le souvenir du péril en mer.
- propitiatoire : avant une grande traversée, on cherche à s'attirer "les bonnes grâces" ... certaines superstitions incitent le navigateur à accomplir ces dessins ..."propices" au bon déroulement d'une aventure : et même si on n'y croit pas, on le fait quand même ..."on ne sait jamais !"

A Horta, à Funchal ou Porto Santo, aux Açores comme à Madère, les navigateurs laissent une trace de leur passage, en écrivant le nom du bateau, la date et souvent les prénoms des coéquipiers ou des passagers.

arctic_antartic_wandering_albatros.jpg "Arctic to antartic 2006" - Horta - Faial - Açores - document A.Guir

Portugal_Acores-PortoSanto14GT.jpg   "Le Petit Prince" - port de Porto Santo - Madère - photo G.Tane

Sources :
- "Mémoire sauvée du vent - Un rite de traversée à Horta, aux Açores" - par Annie Guir
- Galerie de photos d'Annie Guir
- Les ex-votos marins à travers le monde - lien
- "Les ex-votos propitiatoires de l'archipel des Açores et de Madère" - par Georges Tane sur
http://skreo-dz.over-blog.com


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Minéralogie

















 
Bloc d'obsidienne d'arménie, d'où a été tirée cette lame de couteau, lors d'un stage archéologique à Guédelon. Le manche est en corne de cerf.


L’histoire de l’obsidienne se confond avec l’histoire des premiers hommes.

 

En Europe, l’obsidienne d’Arménie est née sur les flancs du Mont Ararat, l’endroit même où d’après La Genèse, Noé s’échoua à la fin du Déluge.

 

Les îles Lipari et Salina, dans les Eoliennes, furent occupées de façon permanente vers la fin du 5° millénaire av. JC ; attirés par cette extraordinaire ressource, les hommes du néolithique moyen exploitèrent le verre noir érupté par le Monte Pilato et le cratère de la Pirrera.

Ici se succédèrent grecs,romains, phéniciens, romands, et de Lipari, l’obsidienne fut exportée au travers de la Méditerranée, d’abord vers la Sicile et l’Italie méridionale, ensuite vers la Ligurie, la Provence et la Dalmatie.


En Afrique, l'utilisation semble limitée à l'Egypte et aux pourtours de la Mer Rouge.

Le Metropolitan museum of art de New York dispose dans ses collections de vases en obsidienne cerclé d’or datés des12° à la 18° dynasties, entre 1990 et 1293 av. JC. Elle fut utilisée pour réaliser les yeux de beaucoup de statues ; la réalisation la plus marquante est le masque funéraire de Toutânkhamon – 1323 av. JC.

 

masque_funeraire_toutankhamon_musee_caire.gif
La coiffure du masque est le traditionnel némès, noué en arrière en forme de catogan. Il est strié de bandes de verre bleu imitant le lapis-lazuli. L'uraeus et la tête de vautour en or qui ornent le front sont incrustés de pierres semi-précieuses et de verres colorés. Les yeux en obsidienne et en quartz sont rehaussés de rouge dans les coins. Les lignes de fard et les paupières sont en verre bleu incrustés tandis que la barbe divine, tressée et recourbée, est en or incrusté de verres. Les trous qui apparaissent au niveau de chacune des oreilles devaient supportés des bijoux. Le gorgerin est formé de rangées de lapis-lazuli, de quartz, d'amazonite et de verres colorés. Une tête de faucon orné d'obsidienne apparaît sur chacune des épaules.

 

Les prêtres égyptiens utilisaient des couteaux en obsidienne pour éloigner les énergies néfastes lors des cérémonies d’embaumement.

 L’obsidienne serait le témoin d’échanges commerciaux depuis le néolithique, entre les deux rives de la Mer Rouge, entre le Yemen et l’Afrique.

 

 

Peu de traces de l'utilisation de l'obsidienne en Asie ; seuls quelques rares objets et des bijoux témoignent de celle-ci.


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                     Umeke - Museul für Völkerkunde - Vienne

Ce type de petit bol devait servir à des fins culinaires, Le petit personnage servant de poignée a les yeux faits d'obsidienne et de nacre. - collecté lors du troisième voyage de James Cook en Polynésie.

 

 

Sources :

- L'obsidienne: un témoignage d'échanges en Méditerranée préhistorique - par Laurent Jacques Costa

- festival de Grangousier - taille de l'obsidienne.

  http://www.benevoleguedelon.com/article-31039003.html


Tout document, ou référence à l'obsidienne et à son usage en asie est le bienvenu pour compléter cet article.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Au temps des balbutiements de la volcanologie, et bien avant l’invention de la photographie, les volcans et de leurs phénomènes n’étaient illustrés qu’au moyen des dessins, lavis ou eaux-fortes.

 

tumblr_lenfmmpy6Z1qe866ho1_1280.jpg                Mundus Subterraneus de A.Kircher 1665 - détail sur le feu du centre de la terre

                                                ( image complète en fin d'article)


Au 17° siècle, le Père Athanasius Kircher (1601-1680), un jésuite, publie parmi les trente-neuf livres qu’il écrit une œuvre illustrée qui marque son époque, " Mundus subterraneus ".

 

Kircher-1665-v1-000-fp.jpg                           Page de garde du Mundus Sunterraneus - Athanasius Kircher 1665


Athanasius_Kircher.pngNé en Allemagne, dans la province de Thuringe, le jeune Kircher fit ses études au collège Jésuite de Fulda, puis dans diverses universités avant d’être ordonné prêtre en 1628.

Fuyant la guerre de Trente ans, il se réfugie à Avignon, où il construit un observatoire. Le Cardinal Barberini le fait nommer professeur au "Collège Romain" de Rome en 1635, où il restera attaché sa vie durant, tout en effectuant de nombreux voyages.

C’est ainsi qu’il observe des éruptions à l’Etna et au Vésuve, qu’il étudie ces volcans ainsi que les tremblements de Terre. Il est libéré de sa tâche d’enseignant en 1646, pour se consacrer entièrement à la recherche et l’écriture.

 

Dans le domaine de la géologie, il écrit un traité en 1665, son Mundus subterraneus.

Il nous y transmet sa vision d’une terre caverneuse contenant des chambres appelée geophylacia, de trois types emprisonnant l’air, l’eau et le feu, nommée respectivement aerophylacia, hydrophylacia (les aquifères modernes) et pyrophylacia (les chambres magmatiques).

 

vesuv2.gifLe Vésuve - Typus Montis - une coupe du Vésuve, jugée aujourd'hui fantaisiste, mais premier essai de démonstration de la présence d'un réservoir magmatique dans les entrailles d'un volcan (1638). - A.Kircher in Mundus Subterraneus


Il embauche un guide local pour monter au Vésuve, encore fumant,  pour s’y faire descendre dans le cratère suspendu à un harnais afin d’y prendre des mesures de température … il fera du Vésuve son " typus Montis ".

Il visite les Champs Phlégréens, où le Monte Nuovo, formé en 1538, lui apporte une belle démonstration du pouvoir du feu sous-terrain.

 

mundussubterrane02kirc_0252.jpg                         La vision des Champs Phlégréens de Kirchner / Mundus Subterraneus


Sa vision du monde sous-terrain est influencée par son ministère et la philosophie de son ordre religieux, à une époque où Galilée vient d’être condamné par le Saint office (juin 1633) …

le grand pyrophylacium au centre de la terre (A) est l’enfer, le point le plus éloigné du ciel et la prison des pécheurs dans le cosmos géocentrique de Kircher. Ses purgatoires sont plus proches de la surface (B) … comme il le raconte, des moines vivant dans un monastère dans les environs sulfureux des Champs Phlégréeens y ont entendu les gémissements de ceux qui souffrent au Purgatoire.

 

Kircher-volcans.jpgCoupe de la terre dépeignant la circulation sous-terraine du feu au travers des diverses chambres de la pyrophylacia. La Terre est montrée comme une fournaise active; les panaches volcaniques (dessinés à échelle exagérée) démontrent les effets du feu interne - in Mundus Subterraneus d'A.Kircher.

 

Sources :

- Université de Strasbourg , SCD - Mundus Subterraneus tome I & II - link

- OU History of Science Collections : Athanasius Kircher, Mundus Sunterraneus 1665 - link

- The Galileo project - Athanasius Kircher - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

En rapport avec le séisme de San Francisco de 1906, voici une huile du peintre de marine W.A. Coulter, intitulée " San Francisco fire, 1906 ".

 

Ce journaliste et peintre, reconnu pour ses interprétations authentiques de voiliers et de la vie journalière portuaire de la Baie de San Francisco autour des années 1900.

Sa représentation vivante de l’incendie qui ravagea la ville durant trois jours a été esquissée lors de déplacements répétés sur le Ferry de Sausalito, lors de l’évacuation de la ville. Coulter compléta ensuite sa peinture sur une toile de store d’un mètre cinquante sur trois mètres, sauvée durant l’incendie.

L'oeil coulisse des grands voiliers qui se détachent sur la fumée sombre qui occulte le ciel, pour passer vers le centre du tableau et le Hall of Justice, et Chinatown, puis le Call Building, avant d'arriver, sur la droite, aux incendies qui marquent Nob Hill.

Cette toile orna les murs du Club de commerce de San Fransico durant de nombreuses années, avant d'être vendue par les galeries Maxwell, Ltd.

 

 

San-Francisco-fire---W.A.Coulter---Kahn-foundation.jpg               "San Francisco fire, 1906" - huile sur toile de W.A. Coulter (1849-1936)

                               photo  Paul and Linda Kahn Foundation.

 

San-Francisco-fire---W.A.jpgZoom sur le partie cetral du tableau - "San Francisco fire, 1906" - huile sur toile de W.A. Coulter (1849-1936)


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Le Call building en flammes - San Francisco 1906 - Doc. PD-US / Magnus Manske - on aperçoit cette tour au centre du zoom sur le tableau, ci-dessus.

 

Willian coulter est né en Irlande en mars 1849, à Glenariff, où son père officiait en temps que capitaine des Coast guards. A 13 ans, il est devenu apprenti-marin, et après sept ans de navigation, s’est installé à San Francisco.

Fin des années 1870, il parcourt l’Europe pour y étudier en compagnie d’artistes de marine dont Wilhelm Melbye, François Etienne Musin et J.C. Jacobsen. Il rejoint en 1896 le staff artistique du San Francisco Call newspaper, où il publie des dessins à la plume journaliers.


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                                    "With all sails set",  Une marine, signée W.A. Coulter


Entre 1909 et 1920, il effectue de grandes peintures murales pour la salle de l’assemblée des Merchants Exchange Building, le centre commercial maritime de la côte ouest.

Coulter résida dans sa maison de Sausalito jusqu’à son décès, à l’âge de 87 ans. Tout au long de sa vie, ses peintures retracent la navigation et son histoire dans les baies de San Francisco et San Pablo.

 

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A gauche, la Station de Ferry de Sausalito

à droite, un timbre-poste de 20 cents, du Golden Gate, d'après un tableau de W.A. Coulter. ( 1923 - United states Postage)

 

Bien que nombre de ses œuvres soient présentes dans des institutions et foyers à travers le monde, beaucoup d’entre elles furent détruites par le séisme et le grand incendie de 1906 .

Le San Francisco Maritime National historical Park recherche toutes les œuvres de Coulter dispersées dans le monde.

 

Sources :

- The virtual museum of the city of San Francisco

- The maritime heritage project - William A. Coulter  

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Until now it was thought that the oldest human testimony concerning a volcanic eruption was the mural of Çatalhöyük, referring to the eruption of Hasan Dag in central Turkey and dated of 8.97 ± 0.64  ka.
 

Example of a spray-shape sign from Chauvet-Pont d’Arc cave compared to the oldest known depictions of volcanic eruptions. (A) Map of the Chauvet-Pont d’Arc cave. (B) General view of the Megaloceros panel. The green dot marks the location of the 14C AMS date [8] (picture credit D. Genty). (C) Detail of the Megaloceros panel chronological succession [8] (pictures credit V. Feruglio-D. Baffier). doi:10.1371/journal.pone.0146621.g003

Example of a spray-shape sign from Chauvet-Pont d’Arc cave compared to the oldest known depictions of volcanic eruptions. (A) Map of the Chauvet-Pont d’Arc cave. (B) General view of the Megaloceros panel. The green dot marks the location of the 14C AMS date [8] (picture credit D. Genty). (C) Detail of the Megaloceros panel chronological succession [8] (pictures credit V. Feruglio-D. Baffier). doi:10.1371/journal.pone.0146621.g003

Among the paintings found in the cave of Chauvet-Pont d'Arc, in Ardèche discovery in December 1994, and considered as one of the first artistic manifestations of prehistoric art - between 37,000 and 34,000 years ago -, there is a bestiary of dangerous animals, lions, rhinoceros, mammoth, other more common animals, horses, bison, Megaloceros (a giant deer),  some human figures ... and some abstract signs, engraved or painted, hitherto unexplained.

The Chauvet-Pont d’Arc cave and the Bas-Vivarais volcanic field. (A) Digital elevation model of France (Courtesy NASA/JPL-Caltech) showing the MIS 2–3 active volcanoes and the Chauvet-Pont d’Arc cave; C.P: Chaîne de Puys; B.V: Bas-Vivarais. (B) Digital elevation model of the Bas-Vivarais and Ardèche (Courtesy NASA/JPL-Caltech). The volcanic centers investigated are highlighted in bold italic fonts. (C) Detail of the spray-shape sign engraving from the Megaloceros panel. (D) View from the plateau above the Chauvet-Pont d’Arc cave showing several strombolian cones located 35 km Northwest (Courtesy NASA/JPL-Caltech). doi:10.1371/journal.pone.0146621.g001

The Chauvet-Pont d’Arc cave and the Bas-Vivarais volcanic field. (A) Digital elevation model of France (Courtesy NASA/JPL-Caltech) showing the MIS 2–3 active volcanoes and the Chauvet-Pont d’Arc cave; C.P: Chaîne de Puys; B.V: Bas-Vivarais. (B) Digital elevation model of the Bas-Vivarais and Ardèche (Courtesy NASA/JPL-Caltech). The volcanic centers investigated are highlighted in bold italic fonts. (C) Detail of the spray-shape sign engraving from the Megaloceros panel. (D) View from the plateau above the Chauvet-Pont d’Arc cave showing several strombolian cones located 35 km Northwest (Courtesy NASA/JPL-Caltech). doi:10.1371/journal.pone.0146621.g001

A new dating of Strombolian volcanoes of the Lower Vivarais, based on samples taken to the Suc de Bauzon, the Aizac Cup and the  Ray-Pic maar , by the 40Ar / 39Ar method,  isotopes of argon , traces their activities around 36,000 years, a period compatible with the first occupation of the cave to the Aurignacian.

Some drawings in wreath, made of curved lines in two different directions, were found in the galleries so-called of the Megaloceros or the Belvedere, and near the entrance to the room Brunel (see map above).

They are sandwiched between other drawings with charcoal, which allowed them dating with carbon 14. Paleoclimatologists and volcanologists were able to cross their information and connect the drawings spray to the lava fountains of Vivarais, 35 km northwest and visible from the hills overlooking the Chauvet cave.

Volcanic centers 40Ar/39Ar ages and spray-shape sign TL and 14C AMS dates. In red: 40Ar/39Ar ages of the three volcanic centers studied; blue: TL age on reddened limestone in the Megaloceros Gallery [26]; 14C AMS dates correspond to the first occupation of the Megaloceros Gallery in the Chauvet-Pont d’Arc cave [5]. The 14C AMS in green corresponds to the date obtained for the sample taken from the rump of the Megaloceros [8]. Uncertainties are reported at the 2σ level excluding TL age where uncertainty is an estimated standard deviation [26]. doi:10.1371/journal.pone.0146621.g004

Volcanic centers 40Ar/39Ar ages and spray-shape sign TL and 14C AMS dates. In red: 40Ar/39Ar ages of the three volcanic centers studied; blue: TL age on reddened limestone in the Megaloceros Gallery [26]; 14C AMS dates correspond to the first occupation of the Megaloceros Gallery in the Chauvet-Pont d’Arc cave [5]. The 14C AMS in green corresponds to the date obtained for the sample taken from the rump of the Megaloceros [8]. Uncertainties are reported at the 2σ level excluding TL age where uncertainty is an estimated standard deviation [26]. doi:10.1371/journal.pone.0146621.g004

There are no other representations of natural landscape in prehistoric art, and the strength of the image of the eruption left on the artists of the Aurignacian could have inspired these designs in  wreath.

The cave of Chauvet-Pont d'Arc is a cave of art exceptions in terms of technique, themes, composition and visual innovations for the relevant time period. It would not be surprising to find the first representation of a volcanic eruption in human history.

 

Volcanic organs of the Cascade du Ray-Pic - photo our little planet

Volcanic organs of the Cascade du Ray-Pic - photo our little planet

The volcanic field of Bas-Vivarais, in the southeastern end of the French Massif Central, consists of 17 eruptive centers scattered over 500km²; its volcanism is characterized by phreatomagmatic eruptions, maar type, preceded or followed by a strombolian activity, associated with the emission of lava flows that filled the pre-existing valleys.

Volcanism of the Bas-Vivarais - Doc. www.sithere.fr-destination-heritage-and-geology volcanism

Volcanism of the Bas-Vivarais - Doc. www.sithere.fr-destination-heritage-and-geology volcanism

Sources:

-Article Source: A 36,000-Year-Old Volcanic Eruption Depicted in the Chauvet-Pont d'Arc Cave (Ardèche, France)?
Nomad S, D Genty, Sasco R Scao V Feruglio V, et al. (2016) A 36,000-Year-Old Volcanic Eruption Depicted in the Chauvet-Pont d'Arc Cave (Ardèche, France)? PLoS ONE 11 (1): e0146621. doi: 10.1371 / journal.pone.0146621
- Research gate - Volcanic Province of Lower Pleistocene Vivarais (Ardèche, France): spread of slots crustal levels? - P; Rochette et al.
- Discover the Ardèche - Our little planet
- Prehistoric Wildlife - Megaloceros

- Additional documents:

The Aurignacian Culture - (-35.000~ - 26.000) - doc culture_map-fr.svg / Wikipedia

The Aurignacian Culture - (-35.000~ - 26.000) - doc culture_map-fr.svg / Wikipedia

"Searches on the extinct volcanoes of Vivarais and Velay, with a speech on the burning volcanoes, analytical memoirs on schorls, zeolite, Basalt, the Pouzzolane, lavas and the different substances that are committed to, etc. . " - First edition of one of the first books on volcanology, establishing for the first time the original eruptive basalts. This work is considered important in the work of Faujas de Saint-Fond (1741-1819) who is among the founders of geology and science of volcanoes.

"Searches on the extinct volcanoes of Vivarais and Velay, with a speech on the burning volcanoes, analytical memoirs on schorls, zeolite, Basalt, the Pouzzolane, lavas and the different substances that are committed to, etc. . " - First edition of one of the first books on volcanology, establishing for the first time the original eruptive basalts. This work is considered important in the work of Faujas de Saint-Fond (1741-1819) who is among the founders of geology and science of volcanoes.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

 

"Le volcan de la Révolution" :


Cette lithographie a été publiée en 1833, par Auguste Desperret (1804-1865) dans l'hebdomadaire satyrique républicain "La Caricature". Cet hebdo éphémère - novembre 1830 à août 1835 - a vu le jour durant la période de suspension de la censure apportée par la révolution de juillet 1830.

L'oeuvre porte comme titre : "Troisième éruption du volcan de 1789, qui doit avoir lieu avant la fin du monde, qui fera trembler tous les trônes, et renversera une foule de monarchie" .

La première éruption dont il est question est la Révolution française en 1789, la seconde la Révolution de juillet 1830.

Dans son allégorie, Desperret prévient qu'une troisième éruption menace : la monarchie autoritaire de Charles X  sera remplacée, après son exil, par la "Monarchie de juillet" de Louis-Philippe, elle-même balayée par la révolution de 1848.

 

Ag.Desperret--3-eruption-du-volcan-de-1789.jpg

 

Le volcan vomit la "liberté" dans les laves de son éruption. Sur ses flancs, des villes ou des états marqués chacuns par un drapeau national, le Français étant le plus proche du cratère et le plus en danger. La lave encercle et met en danger ces fragiles états.

Le ciel est obscurcit par les cendres et des blocs de roche sont expulsés ... sur chacun d'eux, une inscription, peu visible ici, "juillet", en référence à juillet 1830.

A l'avant-plan, un château en ruines, sur lequel figure une date : 1789 ... ceci symbolise la ruine de l'ancien régime, détruit par la Révolution française, la première éruption du volcan liberté. Les roches parsemées aux alentours portent des noms, idées ou concepts jetés à bas par le processus révolutionnaire : "Féodalité, dîmes, droit divin, droit d'aînesse", tous termes liés aux acquis de la noblesse héréditaire. Les personnages qui fuient de terreur l'éruption sont,d'après leurs vêtements des aristos ou des soldats, composantes du régime décadent.

Les forces sous-terraines de la révolution populaire se libèrent et apportent la destruction de l'ordre précédemment établi.

 

Pourquoi un volcan dans cette allégorie ?

 

Il fait référence à l'éruption Islandaise du volcan fissural Laki (1783-1784) , à moins que ce ne soit à celle du Grimsvötn (1783-1785) et à leur impact météorologique.

 

Laki_fissure_-2----wiki.jpgLa fissure éruptive couronnée de 135 cratères  qui s'est ouverte lors de l'éruption du Laki en 1783 - 25 km. de long avec des coulées de 60km. Doc Wikipedia.


L'éruption du Laki est considérée comme un des facteurs déclenchant de la Révolution française : La France a été confrontée durant cette décade à divers évènements liés au climat. L'hiver 1783-84 sera très sévère, le sol restera gelé jusqu'au début de l'été; pour suivre, une série de mauvais hivers et étés, un brouillard permanent sur l'Europe et une terrible averse de grêles qui a détruit les moissons en 1788, tous ces évènements ont accru la pauvreté et amené la famine ; ils furent relatés par Benjamin Franklyn, qui avait compris alors que les gaz émis par une telle éruption peuvent créer un voile atmosphérique à l'origine d'un refroidissement climatique catastrophique.

Cette énorme effusion basaltique avec ses 12 km³, a émis plus de 500 millions de tonnes de gaz nocifs, tué des centaines de milliers de têtes de bétails à cause de la contamination fluorée des eaux et pâturages, mené la population islandaise à une famine, qui fera périr 10.500 personnes.

En France, un récit illustre ces phénomènes : " Au début de 1783, l’absence de vent immobilisa les moulins pendant plus de deux mois, puis la gelée bloqua les moulins à eau et les bateaux sur la Seine et les autres rivières, en même temps qu’elle rendait les routes impraticables. On manqua de blé, de farine et de bois. Il faut se souvenir que c’est le manque de farine et de pain qui est à l’origine de la révolution de 1789 et des journées d’octobre, quand les parisiens insurgés ramenèrent de Versailles à Paris "le boulanger, la boulangère et le petit mitron".

 

Ndlr : Ceci n'a rien à voir avec l'éruption en cours, ni avec le nuage de cendres qui crée des perturbations dans le trafic aérien ... l'occasion d'en parler dans cette rubrique régulière n'est liée qu'à l'Islande et au phénomène éruptif en général.

 

Sources :

- Les feux de la Terre - histoires de volcans - M.Krafft

- Des volcans pour une révolution - par J.Sintès in Futura-Sciences

 


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