Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “l'art mosaïque

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Une lettre, envoyée par le frère Jésuite Antoine Léal à un certain Monsieur Dop, et datée du 18 mars 1636, et qui s'accompagne d'une carte à l'encre et aquarelle sépia, décrit l'éruption de l'Etna en 1635.

Ces documents font partie des manuscrits conservés à la Bibliothèque Nationale de France.(page 172 et suiv.)

Antoine Léal a visité la Sicile, et fait une excursion à l'Etna le 8 décembre 1635.

Il va décrire l'éruption en cours depuis 1634 dans une carte monochromatique: elle dépeint le sommet du volcan, avec le site de Torre del Filosofo et sa fissure éruptive, le panache sommital de l'éruption en cours, la coulée de lave qui se divise en deux bras au niveau du Salto del Cane.

Carte monochromatique à l'encre et aquarelle sépia de A. Léal conservée à la Bibliothèque Nationale de France. – 47,3 x 33,2 cm – illustrant l'éruption de l'Etna lors de son excursion le 8 décembre 1635, et jointe à sa correspondance. - un clic pour agrandir

Carte monochromatique à l'encre et aquarelle sépia de A. Léal conservée à la Bibliothèque Nationale de France. – 47,3 x 33,2 cm – illustrant l'éruption de l'Etna lors de son excursion le 8 décembre 1635, et jointe à sa correspondance. - un clic pour agrandir

Carte monochromatique de A.Léal / 1635 - détail sur la séparation en 2 branches de la coulée près du Serra Pizzato et du Mt. Salto del Cane

Carte monochromatique de A.Léal / 1635 - détail sur la séparation en 2 branches de la coulée près du Serra Pizzato et du Mt. Salto del Cane

Il décrit fidèlement le champ de lave, après un an d'activité, et l'avancée des coulées de lave ; la branche sud a atteint sa longueur maximale en arrivant au Monte Difeso. La branche Est a son front de coulée hors du champ du dessin, sur la droite. Les petites coulées secondaires, qui se sont développées près du Mont Gorna et du Mont Ilice, sont signalées.

Il décrit de plus les cratères inactifs, et 27 villages, ainsi que la cérémonie religieuse illustrant l'impact humain de l'éruption sur la population du temps.

A noter que Catane est représentée avec le puissant clocher de la Cathédrale, détruit par le tremblement de terre de 1693.

Carte monochromatique de A.Léal / 1635 -  détail sur le sommet avec le Piano del Sacrificio / Torre del Filosofo

Carte monochromatique de A.Léal / 1635 - détail sur le sommet avec le Piano del Sacrificio / Torre del Filosofo

Carte monochromatique de A.Léal / 1635 -  détail sur la cérémonie religieuse en présence des habitants et les petites coulées secondaires près du Mt. Gorna

Carte monochromatique de A.Léal / 1635 - détail sur la cérémonie religieuse en présence des habitants et les petites coulées secondaires près du Mt. Gorna

Carte monochromatique de A.Léal / 1635 -  détail sur Catania Catania  représentée avec le puissant clocher de la Cathédrale, détruit par le tremblement de terre de 1693.

Carte monochromatique de A.Léal / 1635 - détail sur Catania Catania représentée avec le puissant clocher de la Cathédrale, détruit par le tremblement de terre de 1693.

Etna - coulées de 1634-1636 - sur cette carte de Stefano Branca

Etna - coulées de 1634-1636 - sur cette carte de Stefano Branca

La narration de son observation, en vieux Français, dont voici une traduction accessible : {...} " De là, je suis monté sur le Monte Gibello pour voir le feu effrayant et cette bouche nouvelle de l''enfer qui dégorge un fleuve embrasé d'une largeur d'au moins 500 pas. Cette nouvelle bouche s'ouvrit le 19 décembre 1634 et le feu n'a cessé de courir que le 8 décembre, jour de la Conception de la vierge, en 1635 " ( à noter la patte de l'écclésiastique).

Extrait de la correspondance accompagnant la carte de l'éruption - A. Léal / Bibliothèque Nationale de France

Extrait de la correspondance accompagnant la carte de l'éruption - A. Léal / Bibliothèque Nationale de France

{...} " La matière qui coule est comme le métal liquéfié qui coule de la fournaise pour faire une pièce de fonte, fort rouge et fort ardente – laquelle peu à peu se durcit à mesure qu'elle s'éloigne de son origine. C'est un mélange de fer, de plomb, de terre, de sel et de soufre ".

Extrait de la correspondance accompagnant la carte de l'éruption - A. Léal / Bibliothèque Nationale de France

Extrait de la correspondance accompagnant la carte de l'éruption - A. Léal / Bibliothèque Nationale de France

Sources :

- Il Vulcano - Eruzione del 1634. Lettera e illustrazione di Antoine Léal sul nuovo cratere del Mongibello - Santo Scalia

- Gallica - Bibliothèque Nationale de France - link

- The Most Ancient Maps of Erupting Mount Etna -Emanuela Guidoboni

- Current knowledge of Etna's flank eruptions (Italy) occurring over the past 2500 years. From the iconographies of the XVII century to modern geological cartography Stefano Branca, Tiziana Abate

- Global Volcanism Program - Etna eruptive history / 19.12.1634 (?) - 27.04.1638

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Ces photographes qui nous enchantent

Ses préférences vont "au reportage, principalement les volcans et les peuples indigènes, vivant dans des conditions extrêmes et qui ont un autre regard que nous sur la vie et la mort " , comme elle le dit dans une interview.
C’est une exception dans le monde fermé des journalistes-photographes illustrant les volcans, et rarement ouvert aux femmes : Ulla Lohmann.

 

Ulla-Lohmann.JPG

Ulla Lohmann, et son légendaire sourire - photo de Pierre-Emmanuël Rastoin / artikel in German DB mobil. - Avec l'aimable autorisation d'Ulla Lohmann / Facebook.

 

Cette jeune allemande a su, en quelques années, s’imposer dans le milieu et collabore avec des magazines prestigieux et des chaines de TV , pour n’en citer que quelques uns : National Geographic, GEO, Stern view, Science, la BBC.

Née en 1977, elle remporte dès 1996 le concours concours "Jugend Forscht" destiné aux jeunes scientifiques, en reconstruisant un fossile d'amphibien.
Diplômée en Géographie et journalisme à Mainz en 99, elle travaille en tant qu'assistante-caméra pour le National Geographic au Vanuatu.
En 2001, elle est diplômée de photo-journalisme et management de ressources naturelles à l’Université Australienne James Cook.
Elle devient membre de l’association photo FREELENS et rejoint l’agence LOOK un an plus tard.

Entretemps, elle parcourt les îles du Pacifique en voilier, et de nombreux endroits en Australie, participant à une expédition scientifique sur l’art rupestre ou plongeant sur le grande barrière.
En 2001, le Tarvurvur est en éruption, et Ulla parcourt la région en solo … " the country the most dangerous outside a war zone ”. Puis ce sera la Papouasie-Nouvelle Guinée : au cours de trois voyages successifs, elle s’intéresse aux momies et aux rites funéraires, photographie plantes et animaux nouvellement découverts.

 

ulla_lohmann.jpg  Momies de Nouvelle-Guinée -  dans GEO Germany mai 2010 - avec l'aimable autorisation d'Ulla Lohmann.

 

Son récent film, produit par National Geographic et John Rubin, «Lost Momies of New Guineas" a remporté un Emmy Award.
De janvier à juillet 2007, elle parcourt l’Afrique avec un team de Citroën – old timer. En 2008, c’est un reportage pour une expédition dans les Andes avec BMW Motorrad.

 

08_BMW_5903-Andes.jpg                    Dans les Andes en janvier 2008 - photo Olivier Rupert / Ulla Lohmann site.

 

De plus, deux fois par an, elle conduit pour VolcanoDiscovery et Terra discovery tours des expéditions à la découverte des volcans et des peuples du Pacifique … elle avoue d’ailleurs un faible pour le Vanuatu : " Vanuatu is like a large adventure playground. There is so much to do, so much to discover- and the people are incredibly peaceful and friendly ".

 

30127_409921131440_645396440_4658689_7035315_n.jpg  Vanuatu mai 2010 - sur fond d'explosion du Yasur - photographiée par mon ami Antony Van Eeten.

 

ulla---ph.jpg      Sous les cendres du Vanuatu - photo Benoit Demarle / avec l'aimable autorisation d'Ulla Lohmann / Facebook.

 

Difficile de la suivre ... elle pratique la plongée sous-marine, l'alpinisme, parle couramment six langues, en plus des dialectes des peuples isolés qu'elle apprend au fur et à mesure de ses rencontres. Comme le dit Paperblog, "son regard, franc et humain, est celui d'un ethnologue, et sa photographie, celle d'un grand reporter

 

Ses projets pour 2012 :
- Workshop Expedition-Photography: Easter 2012 (04.04.- 08.04.2012) and Summer 2012 (24.06.- 28.06.2011)
- Expedition Papua New Guinea: 06.08.- 01.09.2012 in cooperation with VolcanoDiscovery and TerraDiscovery
- Expedition Vanuatu: 3.-16.9.2012 in cooperation with VolcanoDiscovery and TerraDiscovery

 

Quelques superbes réalisations, à voir sur son site :

- " Ash City, Papua New Guinea " : 15 ans de poussières, une histoire de survie, d'espoir et d'obstination. - link

- " American gods, cargo cult in vanuatu" : les dieux doivent être américains - link

- " Mummies in Papua New Guinea " : des momies sauvées de l'oubli - link

 

 

Ulla  se raconte :


 

Sources :

- Ulla Lohmann , Expedition Photography & Film - link

- Arte reportages - "un volcan dans le viseur" 2010 - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Malgré des siècles d’influence européenne, les habitants de Samoa ont maintenu leurs coutumes, leurs systèmes sociaux et politiques ainsi que leur langage.

 

3-Samoan-girls-1902---book-Samoa--bismarckarchipel-und-Neug.jpg"Trois filles des Samoa" - photo E.von Hesse-Wartegg 1902 / du livre : "Samoa, Bismarckarchipel und Neuguinea, drei deutsche kolonien in der Südsee".

 

Awa-ceromony---Tavita-Togia-NPS.jpg Samoa - cérémonie de l'Ava - deux samoans entourent la reine de la fête- photo Tavia Togia NPS.

 

Les habitudes culturelles telles que la cérémonie Samoa’ava restent des Tapa-2--des-Samoa.jpgrituels liés aux évènements importants ; les habits " tapa " (ou simplement le tapa) est un tissu d’écorce caractéristique de ces îles du Pacifique, depuis la Nouvelle-Guinée jusqu’à Hawaii (où on l’appelle kapa).

 

La culture samoane est centrée sur le principe du Vafealoa’i, les relations entre les gens, basées sur le respect.

Certains Samoans vivent selon un mode de vie communautaire et participent collectivement aux activités. Le Fale, maison traditionnelle des Samoa, en témoigne : ce sont des habitations ouvertes, sans parois, qui utilisent des stores de feuilles de palmiers pour occulter la nuit ou en cas de mauvais temps.

 

doc2.jpgAncienne carte postale des colonies allemandes - le travail du copra devant le fale traditionnel.

 

Le processus de Fa’aaloaloga , ou présentation formelle de cadeaux, reste pratiqué lors des grandes occasions : mariages, installations de chefs, funérailles, inauguration de bâtiments, d’églises, etc.

 

La mythologie Samoane honore de nombreux dieux ; les légendes parlent de Tagaloa et la déesse de la guerre Nafanua, fille de Saveasi’uleo, maître du royaume spirituel Pulotu.

 

Après l’introduction du christianisme, et la conversion de la plus grande part de la population, les Samoans ont réussi à adapter la religion dominante avec les croyances anciennes, surtout les rites traditionnels de fa’a Samoa.

 

Comme dans d’autres cultures polynésiennes, à Hawaii, Tahiti et chez les Traditional_Samoan_Tattoo_-_back.jpgmaoris, les tatouages sont importants et uniques.


Dans l’archipel, les deux sexes ont des tatouages spécifiques : pour les hommes, il est appelé Pe’a, et se compose de motifs géométriques complexes couvrant les zones depuis les genoux jusqu’aux côtés, "en culotte".

Le tatouage féminin, le malu, est plus léger, et comporte moins de motifs géométriques ; il habille les jambes, de l’aine aux genoux, mais aussi les mains et la partie du ventre allant du mont de Vénus au nombril.

 

 

Pe'a - tatau Samoa masculin - photo CloudSurfer


 

Les principaux sports pratiqués sont le rugby, la lutte ou catch, le football américain , le volley et le soccer.

 

Umaga-catcheur-des-Samoa.jpg                     Edward Smith "Eki" Fatu, alias  "Umaga" , un catcheur poids (très) lourd des Samoa.

 

Mais la vie n'est pas que paradisiaque dans ces archipels du Pacifique sud, ils sont soumis à de nombreux séismes, qui engendrent parfois des tsunamis dévastateurs.

 

Le 29 septembre 2009, le séisme le plus important de l'année, d'une magnitude 8,1 frappe la région des Samoa, localisé le long de la zone de subduction Kermadec-Tonga. Il est suivi de fortes répliques dont deux de M 7,8.

Le centre d'alerte au tsunami du Pacifique enregistre une hausse du niveau marin de 76 mm. près de l'épicentre ... les plus hautes vagues qui vont atteindre la côte des Samoa mesureront 14 mètres, et quatre vagues vont parcourir jusqu'à 1,5 km. dans l'intérieur des terres !

Sur l'archipel des Samoa et sur Niuatoputapu (une île corallienne plate aux Tonga), on relève 189 décès, pour la plupart des enfants, et ceci malgré l'évacuation d'Apia, capitale de l'île d'Upolu.

 

samoaquake--29.09.2009-tsunami.jpg                            Epicentre (en gras) du séisme du 29.09.2009 - doc. Nasa

 

News : pas de 30 décembre pour les Samoa occidentales.

Alors qu'ils sont placés à proximité de la ligne de changement de jour, les Samoa occidentales ont décidé de se placer à l'ouest de la ligne internationale, qui effectue des zig-zags en suivant cahin-caha le 180° méridien au travers de l'océan Pacifique ... selon le premier ministre local, cette décision devrait permettre à l'archipel de commercer plus facilement avec ses voisins australiens et néo-zélandais.

Apia ne sera plus la dernière capitale sur terre à voir le coucher de soleil chaque soir...Mais elle deviendra en revanche l'une des premières à voir son lever à chaque aube.

 

 

 

Sources :

- Samoan sensation - music & culture - link

- Skin story - the art and culture of polynesian tattoo - link

- USGS Earthquake Hazard Program - 29.09.2009 Samoa islands

- Physorg - Triple whammy triggered Samoa tsunami

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Vivre à Stromboli au début du 20° siècle n'était pas aisé: pas d'électricité, de l'eau collectée dans des citernes. Pas facile non plus d'élever sa famille, avec une économie basée sur une pêche artisanale et aléatoire : elle se pratiquait en barque, à la rame, et était fort dépendante des conditions de mer et de la saison. Thon, espadon , poulpes étaient destinés à être revendus en Sicile. En complément, un peu d'agriculture et de petit élevage : quelques pieds de vigne et d'oliviers, deux, trois chèvres.

 

rowing_hard--200dpi.jpgRamer se faisait "debout" à l'époque - photo archives 1952-53 sur le site de Stromboli on line, avec l'aimable autorisation de Marco Fulle


En 1900, Stromboli comptait 3.000 âmes ...50 ans plus tard, ils étaient moins de 600 habitants.

Les conditions de vie se sont détériorées suite aux problèmes économiques dus à l'unification italienne, la répétition des éruptions et des tremblements de terre et enfin au mildiou, qui dans les années trente détruisit la majorité des vignes.

Beaucoup de familles ont considéré, devant ces difficultés , l'immigration comme seule "planche de salut". Destination l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, l'Argentine ... ou l'Italie toute proche.

 

affiche-italienne-du-film.jpg                   L'affiche italienne du film "Stromboli" - document Bernard Philippe.


L'île sera mise en lumière par le film de Roberto Rossellini : "Stromboli, terra di Dio".

Tourné sur place en 1949, avec comme vedettes Ingrid Bergman et Mario Vitale, ce film doit une partie de sa popularité à une éruption du volcan durant le tournage... et aussi à l'idylle entre l'actrice vedette et le réalisateur. Ce film dépeint bien les conditions de vie sur l'île de Stromboli au début des années 50.

L'histoire du film a été évoquée sur ce blog dans la rubrique "L'art sur les chemins du feu".

 

-ruption-durant-le-tournage-du-film.jpgLes images de l'évacuation en barque de lîle pendant le tournage, suite à une éruption, contribua au succès du film - Document Bernard Philippe.

 

Le succès du film lança le tourisme. Le flux touristique, qui constitue actuellement la principale ressource économique de l'île du Stromboli, fut jusqu'à la fin des années 1970, surtout représenté par des personnes à la recherche d'un environnement particulier, encore naturel et intègre, bien que privé des commodités. Dans les décennies suivantes, le manque de confort a commencé à se réduire et le tourisme a beaucoup augmenté, même s'il est globalement resté limité à la saison estivale. L'île est recherchée par ceux qui désirent la tranquillité , et sera avec Panarea la destination des V.I.P. durant quelques temps.

Les films de Tazieff et de Holzer contribuèrent à populariser le volcan et à développer des activités qui y sont liées, et qui amènent sur l'île des visiteurs qui se comptent chaque année par milliers ... l'été, l'île compte de 3 à 5.000 personnes, pour 500 résidents à demeure.

 

Ces résidents et des immigrants qui reviennent en visite sont attachés à l'île et à son volcan, qu'ils appellent "Idu" - "Lui" en sicilien - ... personnification du volcan avec qui ils vivent selon ses humeurs.

 

P1000123-copie.jpg  Maisons blanches à toit plat, plage de sable noir, et le volcan omniprésent... Stromboli.

 

                                                     © Frédéric & Carole Hardy


De nos jours le principal village habité, Stromboli, au nord-est de l'île, est formé par les quartiers de San Vincenzo (anciennement bourg des agriculteurs), Scari, San Bartolo, Ficogrande (anciennement bourg des armateurs) et Piscità près de la plage.

Au sud-ouest, il y a le village Ginostra seulement rejoingnable par un difficile sentier depuis le sommet, ou par la mer ; l'hiver il n'y réside qu'une dizaine d'habitants. Ginostra s'enorgueillit du titre de porto piu piccolo d'Italia (plus petit port d'Italie), les bateaux de ligne réalisent à chaque voyage un exploit pour y accoster et les marchandises étaient encore récemment transportées à terre à dos d'âne.

 

big_ginostra-IMG_0127.JPG          Ginostra et son minuscule port, rempli avec 2-3 barques - photo sunsicily.com


Sources :

- Le blog de Bernard Philippe sur le film "Stromboli".

      http://stromboli-film.skyrock.com 
- Des photos d'archives, sur "Stromboli on line" confirment les dures conditions de vie de l'époque ... pas d'aliscaphe pour rejoindre l'île, mais une barque et des rames maniés par des costaux aux visages burinés !

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Un sujet plus léger, bien que soumis à controverse, en ce dimanche ... mais tout en restant en Turquie, et en guise d'introduction aux volcans de Cappadoce.


20085catalhuyukthesouthshelter_1.jpg

           Catalhöjük - fouilles, abri sud : les maisons contigues - doc. Turkishclass.com


Catalhöyük est appelée "la plus ancienne cité connue au monde".

Elle est situé au sud de la Turquie, à proximité de la rivière Carsamba, elle-même alimentée par le lac Beysehir.

Cette ville du néolithique, âgée d'environ 8.000 à 10.000 ans BC, a été mise au jour en 1960 par James Mellaert; celui-ci a décrit la ville comme un ensemble de maisons accolées sans véritable rues, autour de cours. On accédait aux maisons par le toit ... à l'intérieur des pièces de 6 mètres sur 4, au sol tapissé d'argile et recouvert de nattes de jonc, aux parois trouées de niches, de four ou recouvertes de peintures. De nombreux objets et décorations à base de crânes d'animaux y ont été trouvés.

 

T1_N110_A5_CatalHoyukMap.jpgCatalhöyük - la plus vieille représentation de volcan en éruption sur une peinture murale retrouvée dans la plus ancienne cité au monde.

 

20082catalhuyukreconstructiondrawing_1.jpgCatalhöyük - reconstitution d'un intérieur néolithique, avec l'escalier d'accès à partir du toit, les petites pièces avec des niches, la décoration à base de têtes de taureau et les peintures murales  -  document Turkishclass.com

 

mere.JPGCatalhöjük  -  Statuette de terre cuite, hauteur 20 cm., représentant la déesse-mère en train d'accoucher, assise sur un trône flanqué de deux léopards sacrés ( 5.750 av.JC.) - Ankara, musée des civilisations anatoliennes.


Une de ces peintures a été interprétée par Mellaert dans son livre "A neolithic town in Anatolia" - 1967 : la partie basse représente le plan de la ville de Catalhöyük, la forme orangée dans la partie supérieure étant attribuée au volcan Hasan Dagi, caractérisé par deux sommets, dont le plus élevé est en éruption.

Ce volcan est situé à 140 km. de la ville et est resté actif jusqu'en 7.500 avant JC.

 

catalhoyuk2.jpg

Des objets sont projetés hors du cratère, des "nuages" surmontent l'édifice et des points, interprétés comme étant les bombes volcaniques, sont dessinés en pluie à droite et sur les flancs jusqu'en bas du volcan; près de la base de la forme orange, des "langues noires" pourraient symboliser des coulées de lave.

 

Cette interprétation a été validée par l'archéologue S.L.Harris dans "Encyclopedia of volcanoes" - 1999, où il est noté que "le volcan apparait en activité strombolienne douce ".

Le volcanologue islandais H.Sigurdsson écrit dans le même ouvrage : "c'est la première interprétation visuelle d'une éruption volcanique ... il est vraisemblable que cette ancienne peinture représente une éruption de l'Hasan Dagi ".

L'oeuvre est citée comme un exemple de l'importance socio-culturelle des volcans dans l'histoire humaine ("Variable effects of cinder-cone eruptions on prehistoric agrarian human populations in the american southwest" - Journal of volcanology and geothermal research 2008)

 

Cette explication est battue en brèche par l'archéologue St. Meece, de Cambridge; elle y voit une peau de léopard et ses taches, surmontant un dessin en damiers. Elle se base sur le fait que les motifs de léopards et de leurs peaux, ainsi que les damiers, sont des motifs décoratifs communément rencontrés dans d'autres sites néolithiques en Anatolie... et que ce fut l'interprétation première de Mellaert.

 

musee-de-civil.-anatolienne-Ankara.JPGCatalhöjük - peinture sur enduit représentant un léopard. - Ankara, musée des civilisations anatoliennes.

 

Je suis pour ma part enclin à privilégier la première hypothèse ... question d'affinités et de reconnaissance des qualités artistiques intrisèques qu'on peut attribuer aux peuples du néolithique.

 

Sources :

- Great ancient civilization of asia minor - first civilization in Anatolia - lien

- Catalhöjük - the south shelter - lien

- Ankara - Musée des civilisations anatoliennes - le paléolithique et le néolithique. - lien

- lien vers des photos du site de Catalhöjük sur Flickr

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La Toscane, ou étymologiquement l'Etrurie - la terre des Etrusques - est une région italienne connue pour les civilisations diverses qui s'y sont suucédées depuis le 8° siècle avant JC., pour ses paysages valonnés ponctués d'ifs gigantesques, et de villes d'art médiévales, Pise, Florence, Sienne, pour ne citer que les plus connues.

 

Dossier-30-4197.jpg           Monterotondo Maritimo, sur un avant-plan de champs géothermiques - ©Jean-Michel Mestdagh 

 

"Toscane " dérive de l'antique "Tuscia ", dénomination de l'Etrurie dès le 3° siècle. Les Etrusques ont utilisé l'acide borique déposé par les vapeurs et les eaux chaudes de la zone, de nature volcanique, pour la fabrication d'émaux.

Les Romains annexèrent l'Etrurie en 351 avant JC. et apprécièrent à leur tour les bienfaits thermaux et les propriétés médicinales des sources chaudes et des soufrières.

Des documents de l'an 1000 mentionnent les eaux chaudes de Val di Comia, et l'apparaition du "Lago Sulfureo " consécutivement à  un séisme.

D'aucuns ont supposé que Dante pensait aux lagoni en écrivant ce passage de "La Divine comédie" :

« Versan le rene le fumifere acque
Per li vapor che la terra ha nel ventre
Che d'abisso le tira suso in alto »
(Les eaux fumifères épanchent leur rein
Par les vapeurs que la terre a dans le ventre
Qui des abîmes les tirent vers le haut)

 

sassopisano---thermes-etrusques---fototoscana.jpg                      Les thermes etruques de Sassopisano - photo fotostoscana.

 

Mais les champs géothermiques toscans ne furent vraiment découverts qu'au 18° siècle.

En 1777, Uberto Francesco Hoefler, directeur des pharmacies du Grand Duc de Toscane Pietro Leopoldo di Lorena, identifie l'acide borique, dénommé à l'époque "sel sédatif", dans les eaux sulfureuses de Monterotondo.

 

L'industrie de l'acide borique :

En 1812 débute la production industrielle d'acide borique. Après quelques balbutiements, le comte François de Larderel, un français, développe l'idée de création de lacs artificiels autour des sources de vapeur, et utilise les calories de la vapeur pour faire évaporer l'eau enrichie en acide borique.

Entre 1818 et 1846, il crée huit usines et en 1846, une ville, fondée pour accueillir les ouvriers, est baptisée Larderello, en hommage à l'action de l'industriel.

Larderel fut promu comte de Montecerboli, lieu-dit qui fait référence à erbère, le chien de la mythologie gardien des enfers.

La production de dérivés boriques et ammoniacaux prospère jusqu'à la fin du 19° siècle.

 

Larderello_1868.jpg            Gravure de 1868 illustrant les "lacs boracifères" de Larderello - doc. wikipédia

 

Dossier-30-4200.jpg                      ©Jean-Michel Mestdagh

Dossier-30-4223.jpg

                        ©Jean-Michel Mestdagh

 

Dossier-30-4236-copie.jpg          "Lagone Cerchiaio" - anciens bassins de rétention -  ©Jean-Michel Mestdagh

 

-Hoefer---Lagone-Cerchiaio---ph.aerospike.jpg Une plaque commémorative placée en bordure d'un bassin d'évaporation au lieu dit " Lagone Cerchiaio" - ce  nom dérive d'une tradition datant du moyen-âge, constituant à utiliser les eaux chaudes pour courber les branches de noisetiers entourant les tonneaux - photo Aerospike

 

 

De l'industrie du bore à la production géothermique d'électricité :

 A la mort de Larderel en 1904, le prince Ginori Conti prend sa succession. larderello 1°centrale géothermique au monde 1911Suite à des ennuis, dès 1905, avec la sociéte produisant localement l'électricité, l'entreprise décide de produire elle-même l'énergie nécessaire à l'éclairage des usines et des habitations de Larderello.

La création d'une turbine actionnée par la vapeur constitue une "première mondiale" de production électrique par la géothermie. - photo de 1911.

 

Après la seconde guerre mondiale, la société est rachetée par les chemins de fer de l'Etat Italien, qui vont utiliser cette énergie pour l'électrification des voies ferrées.

La production, sous l'actuelle direction de l'ENEL, va ne faire que croître pour arriver à une puissance de 390 mégawatts.

 

Larderello années 50 - US National archives

Les tours de la centrale géothermique de Larderello dans les années 50 - doc. U.S. Nationa archives.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Larderello

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft & de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

- Le champ géothermique de Larderello (Toscane, Italie) : situation géologique, utilisations industrielles, rôle de la famille de Larderel
par Michel Durand-Delga, Enrico Pandeli et Giovanni Bertini.

- Le Biancane, the geothermal path of Monterotondo Maritimo - "From the middle of the earth to the sky - doc. syndicat d'initiative local.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

Eduardo Chillida, Moñtana Tindaya Project, Fuerteventura,

                   Fuerteventura - La Montaña de Tindaya  -  photo Virtual sacred places


La plus ancienne île des Canaries et la plus proche de la côte Africaine, Fuerteventura, date d’environ 20 millions d’années, formée par le point chaud des Canaries. La majorité de l’île fut créée il y a 5 millions d’années, et depuis l’érosion éolienne et marine fait son œuvre.

 

Fuerteventura---Montana-de-Tindaya---Mundo-Guanche.jpg                              Fuerteventura - La Montaña de Tindaya - doc.Mundo Guanche


Le massif de Betancuria s’est ainsi vu érodé, laissant apparaitre un des paysages emblématiques de Fuerteventura : le Mont Tindaya, formé de trachyte (*) plus résistant.

 

  Fuerteventura---Montana-de-Tindaya---2---fotos-aeras-de-Ca.jpg                             Fuerteventura - La Montaña de Tindaya - foto aereas de canarias


Ce mont a impressionné les premiers habitants de l’archipel, les Guanches. Ce peuple est d’origine paléoberbère et devrait y avoir migré entre le 5° et 3° millénaire.


Le Mont Tindaya a été considéré par ceux-ci comme un endroit sacré dont les limites vont bien au-delà de l’île, et réservé aux sacrifices.

Les aborigènes ont choisi cet endroit , non seulement parce que c’était une montagne, mais en raison de nombreuses spécificités : sa relation avec la Lune, la fertilité de son sol sur une île pratiquement désertique, la composition de la roche, le trachyte, qui ne se rencontre qu’à Tindaya.


On y trouve de très anciens pétroglyphes, connus sous la dénomination de podomorphes (en forme de pied, d'empreinte de pied). Ils sont réalisés uniquement sur trachyte, au détriment du basalte, qui est délaissé. Ces étranges gravures aborigènes, au nombre de 312, ne furent découvertes qu’en 1978, au sommet du promontoire culminant à 401 mètres.

 

Tindaya---Grabados-de-Tindaya-de-noche.-Publicada-por-iac.e.jpg   Tindaya -  pétroglyphes podomorphes - doc. Grabados de Tindaya de noche. Publicada por iac.es


Il a été déterminé qu’elles furent sculptées suivant un modèle d’orientation non-aléatoire, qui pourrait cacher une justification archéoastronomique – l'orientation par rapport au solstice d’hiver et autres phénomènes associés – et archéotopographique – l’orientation par rapport au Teide / Ténérife et l’île de Gran Canaria (Perera & al. 1996 – Belmonte & al. 2001)

 

Diagramme-d-orientation-des-podomorphes-de-Tindaya---Inst-d.jpgDiagramme d'orientation des gravures podomorphes - doc. IAC - Instituto de Astrofisica de Canarias

 

Tindaya--Klingon-Megalithic-portal.jpg                           Tindaya- pétroglyphe podomorphe - photo Klingon / Megalithic portal


Ces gravures seraient en relation avec un culte astral.

Selon l’Institut d’Astrophysique des Canaries, 80% des podomorphes sont orientés, dans le même quadrant, entre le Pico de Las Nieves sur Gran Canaria et le Teide sur Ténérife.

La théorie qui considère Tindaya comme un symbôle aborigène d’union entre la terre et la mer est soutenue par la découverte de sépultures aux quatre points cardinaux à la base de la montagne, et la relation avec un lieu sacrificiel est la découverte de dents humaines au sommet.


Le site se dégrade à grande vitesse, faute d’un statut de protection défini. Un projet de vulgarisation par conférences et expositions, baptisé El lugar escondido (la cachette) sur les trésors archéologiques des Canaries est organisé par le Cercle des Beaux-arts et la direction générale de la Coopération et du Patrimoine culturel des Canaries.

 

(*)

 

Le Trachyte, du grec τραχύς / rugueux ... à la cassure, est une roche magmatique effusive, leucocrate (blanchâtre, grise, verdâtre), microlithique et fluidale (structure trachytique), pas ou peu porphyrique, souvent légère car un peu poreuse.

 

 

Sources :

- BienMeSabe. org - Tindaya, con 312 grabados podomorfos, fue un lugar sagrado que trancendio Fuerteventura

- IAC - Instituto de Astrofisica de Canarias - Orientación astronómica de los grabados podomorfos de Tindaya

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

 

Comme beaucoup de belges, mon enfance a été marquée par la bande dessinée : les magazines hebdomadaires et les albums ont occupé les planches de ma bibliothèque bien avant les livres de volcanologie.

Mais le sujet avait passionné les observateurs que sont les auteurs de BD, et beaucoup ont illustré l’une de leurs histoires de fiction de dessins de volcans, bien souvent imaginaires.

 

"Le journal de Tintin", appelé ensuite simplement "Tintin", et son alter ego, "le Journal de Spirou", ont tous deux publié des séries comme Alix, Michel Vaillant, Yoko Tsuno en plus des aventures de leurs héros titulaires : Tintin et Spirou, dans lesquelles ont en retrouve trace.

 

Vol-714-pour-Sidney.jpgDans Vol 714 pour Sydney / © Hergé : Eruption du volcan de l'île  Pulau Pulau Bompa (ne cherchez pas dans un atlas !)

 

Hergé, figure emblématique de la BD belge et internationale, s’est laissé inspirer par les volcans.

Dans Vol 714 pour Sydney , le volcan est un personnage à part entière. Tintin, Haddock et Tournesol se rendent à Sydney pour un congrès d'astronautique. A l'escale de Djakarta, ils rencontrent le milliardaire Lazlo Carreidas (personnage inpiré par Marcel Dassault) qui se propose de les emmener à Sydney à bord de son nouveau business-jet supersonique le Carreidas 160. L'avion est détourné sur un îlot volcanique par la bande de l'escroc international Rastapopoulos qui souhaite faire main basse sur la fortune de Carreidas. Sauvés de l'éruption du volcan par un vaisseau extraterrestre et définitivement débarrassés de Rastapopoulos et d'Allan, Tintin et ses amis reprennent la direction de Sydney.

 

Vol-714-pour-sidney---le-Carreidas-160.jpg     Dans Vol 714 pour Sydney / © Hergé : le Carreidas 160 en approche de Pulau Pulau Bompa


Bien avant cette aventure tintinesque, Hergé  en avait fait un acteur de L’éruption du Karamako, une aventure des jeunes Jo et Zette, parue en 1952.

 

L-eruption-du-karamako.jpg                                                                        © Hergé

 

Jacques Martin, auteur Suisse mais qui a collaboré à Tintin, crée son personnage Alix, dont les aventures, extrêmement documentées, se déroulent dans l’antiquité romaine.

Dans son album Les proies du volcan , il raconte l’histoire d’une jeune fille poursuivie par les hommes de sa tribu et recueillie par Alix et son compagnon Enak. Elle échappera à un sort funeste : être jetée vivante dans le cœur d’un volcan pour en apaiser les velléités. Prétexte inventé par le sorcier du village, suite à un pacte avec des pirates phéniciens, pour soustraire des habitants à la vie de leur village et les vendre comme esclaves.

 

9782203312142.jpg                      Couverture de l'album - ©Editions Casterman / J. Martin

 

Dans un contexte plus moderne, Jean Graton fait évoluer son héros Michel Vaillant sur l’île de La Réunion dans Rallye sur un volcan ; le rallye auquel il participe sur une Ford évolue dans la Plaine des Sables, et l’éruption fortuite d’un cône adventif va lui permettre d’échapper aux intrigues du méchant de l’histoire.

 

ford05.jpg                                     Couverture de l'album - ©J. Graton / Graton Editeur

 

Roger Leloup, Verviétois de naissance, fait évoluer son héroïne, Yoko Tsuno, une jolie japonaise, tantôt dans notre monde, tantôt dans des Spirou---La-forge-de-Vulcain.jpgaventures mi-terrestre, mi-Vinéenne (une planète inexplorée).


Exemplaire du Journal de Spirou avec en couverture une planche de La Forge de Vulcain.


La Forge de Vulcain est ainsi le théatre d’une rencontre avec les Vinéens : Au large de la Martinique, sur une plate-forme de forage, les trépans d'une compagnie pétrolière ont heurté une matière mystérieuse, inconnue des scientifiques.
Yoko Tsuno s'alarme aussitôt. Devinant sous cet événement d'apparence anodine la présence de ses amis vinéens, elle rallie aussitôt Saint-Pierre en compagnie de Vic et Pol. L'intrépide trio, conduit au centre de la terre afin d'éviter un cataclysme tellurique qui causerait la perte de milliers de vies, plonge au cœur d'un paysage hallucinant de laves incandescentes et de gaz d'hydrocarbures, de filtres rougeoyants et de vannes gigantesques.

 

La-Forge-de-Vulcain---1973-Yoko-Tsuno-Roger-Leloup.jpg                                                  Couverture de l'album - © R. Leloup / Editions Dupuis

 

... En espérant que cela vous donne envie de relire l'une ou l'autre bande dessinée ... sur les volcans bien sûr !

 

Source : BD-thèque personnelle.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Un peu de poésie, en compagnie d’Antoine de Saint-Exupéry et du Petit Prince : je vous propose de relire ces quelques extraits et de refaire connaissance avec sa planète et ses volcans.

 

petit-prince-et-son-asteroide-b-612_i-G-58-5864-PEUSG00Z.jpg      "Le petit prince sur l'astéroïde B 612" - Dessin d'Antoine de Saint Exupéry / Le Petit Prince.

 

 " " J'avais ainsi appris une seconde chose très importante: C'est que sa planète d'origine était à peine plus grande qu'une maison !

Ça ne pouvait pas m'étonner beaucoup. Je savais bien qu'en dehors des grosses planètes comme la Terre, Jupiter, Mars, Vénus, auxquelles on a donné des noms, il y en a des centaines d'autres qui sont quelques fois si petites qu'on a beaucoup de mal à les apercevoir au télescope. Quand un astronome découvre l'une d'elles, il lui donne pour nom un numéro. Il l'appelle par exemple: "l'astéroïde 3251."

J'ai de sérieuses raisons de croire que la planète d'où venait le petit prince est l'astéroïde B 612. Cet astéroïde n'a été aperçu qu'une fois au télescope, en 1909, par un astronome turc.

Il avait fait alors une grande démonstration de sa découverte à un Congrès International d'Astronomie. Mais personne ne l'avait cru à cause de son costume. Les grandes personnes sont comme ça.

Heureusement pour la réputation de l'astéroïde B 612 un dictateur turc imposa à son peuple, sous peine de mort, de s'habiller à l'Européenne. L'astronome refit sa démonstration en 1920, dans un habit très élégant. Et cette fois-ci tout le monde fut de son avis.

Si je vous ai raconté ces détails sur l'astéroïde B 612 et si je vous ai confié son numéro, c'est à cause des grandes personnes. Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d'un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l'essentiel. Elles ne vous disent jamais: "Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu'il préfère ? Est-ce qu'il collectionne les papillons ?" Elles vous demandent: "Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ?" Alors seulement elles croient le connaître. Si vous dites aux grandes personnes: "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit..." elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire: "J'ai vu une maison de cent mille francs." Alors elles s'écrient: "Comme c'est joli !" 

 

cropwm.jpg" Il ramona soigneusement ses volcans en activité" - Dessin d'Antoine de Saint Exupéry / Le Petit Prince.


Je crois qu'il profita, pour son évasion, d'une migration d'oiseaux sauvages. Au matin du départ il mit sa planète bien en ordre. Il ramona soigneusement ses volcans en activité. Il possédait deux volcans en activité. Et c'était bien commode pour faire chauffer le petit déjeuner du matin. Il possédait aussi un volcan éteint. Mais, comme il disait, "On ne sait jamais !" Il ramona donc également le volcan éteint. S'ils sont bien ramonés, les volcans brûlent doucement et régulièrement, sans éruptions. Les éruptions volcaniques sont comme des feux de cheminée. Évidemment sur notre terre nous sommes beaucoup trop petits pour ramoner nos volcans. C'est pourquoi ils nous causent des tas d'ennuis. " "

 

The_B_612_Asteroid-_Hakone-_Japan---arnaud-Malon.jpgLe Petit Prince sur son astéroïde B 612 -  Musée du Petit Prince à Hakone au Japon  - photo Arnaud Malon.
   

Où fiction et réalité se rejoignent :


La fondation B 612, qui porte le nom de l’astéroïde du Petit Prince, a annoncé en juin 2012 le développement du premier plan privé de mission spatiale consistant à mettre en orbite (en 2017-18) un satellite, baptisé Sentinelle, équipé d’un téléscope infra-rouge capable de repérer et cartographier les astéroïdes du système solaire, et de calculer leurs orbites sur les cent prochaines années, avec comme but, celui de reconnaître un objet céleste dangereux susceptible de rencontrer notre planète.

 

Sat-Sentinelle.jpg     Présentation de la maquette du satellite "Sentinel" par l'astronaute Ed Lu à la fondation B 612.


La Fondation B 612 sans but lucratif a été formée par un groupe de scientifiques et astronautes parmi lesquels on compte entre autres Scott Hubbard, professeur à Stanford et chef des missions martiennes de la Nasa - Rusty Schweickart, astronaute à bord d’Apollo 9 - Ed Lu, astronaute à bord de l’ISS.

 

 

 

Sources :
- Le Petit Prince - oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry - Bibliothèque de La Pléiade
- Universe Today - Schweickart : private asteroid mission is for the benefit of humanity - link
- B 612 Foundation - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Ce dessin de la ville de Jaujac et de son environnement Ardéchois fut réalisé par George Poulett Scrope , un géologue et économiste britannique et publié en 1827 dans  ses " Memoir on the geology of central France; including the volcanic formations of Auvergne, the Velay, and the Vivarais. " / Linda Hall Library of Science, Engineering & Technology.

 

Memoir-on-the-geology---red.jpg
George Poulett Scrope (1797-1876) Dessin publié dans la première édition de " Memoir on the Geology of Central France "en 1827.

 

Memoir-on-the-geology---partie-D.jpg Close up sur la partie droite du dessin de George Poulett Scrope, avec la ville de Jaujac, et la Coupe de Jaujac. - Dessin publié dans la première édition de " Memoir on the Geology of Central France "en 1827.

 

De ce point de vue, le géologue nous fait découvrir la rivière Le Lignon, coupant une coulée basaltique sur laquelle s’est édifiée la bourgade de Jaujac, et le pont qui relie les deux rives. Sur la gauche du dessin, on voit nettement une structure volcanique : le cône strombolien éteint de "la Coupe de Jaujac".

 

C’est une première description détaillée du basalte en temps que roche volcanique, et non sédimentaire, de la relation entre un volcan et sa coulée, de l’érosion de celle-ci par la rivière

Ce volcan fut actif il y a 16.000 ans. Il doit son nom de coupe à sa forme régulière, bien qu’égueulée.

Brousse et Berger le décrive comme ; " … l’un des volcans les plus réguliers de France, le plus parfait même " …" Arrivé à Jaujac, on voit sur la gauche une belle montagne qui offre une ouverture sur sa sommité ; c’est un magnifique cratère d’où ont découlé toutes les laves qui ont formé cette suite de chaussées qui règnent tout au long de la rivière de Lignon. …/… On y voit une déchirure que les laves ont produit en s’écoulant de ce vaste creuset. …/… on ne peut entrer commodément dans ce cratère que par une ouverture, les laves poreuses rouges et noires qui s’y sont entassées, empêchant qu’on puisse bien distinguer le ruisseau de lave qui descend par ondulation depuis la bouche du cratère, jusque dans le bas de la plaine où on le voit paraître, et on peut le suivre de distance en distance jusqu’au bord du Lignon, rivière qui coule au pied de Jaujac où sont d’immenses chaussées de basalte, les plus élevées de tout le Vivarais. …/…"


Coupe de Jaujac - Ardèche - 2La Coupe de Jaujac, volcan d'Ardèche - panneau informatif : en bas de gauche à droite, formation du cône strombolien, formation d'un lac de lave, écoulement de la coulée basaltique.

 

Ce cône strombolien est essentiellement constitué de projections, et de coulées à un degré moindre. Au cours de son édification, il a été rempli à un moment par un lac de lave.

Sa coulée basaltique est puissante et courte ; elle atteint une cinquantaine de mètres d’épaisseur pour une longueur qui n’excède pas 3.500 mètres, bloquée probablement par la coulée de Souilhol, émise antérieurement.

 

Gorges-de-la-Lignon---orgues-basaltiques---Stacher.ch.jpg                   Coulée et orgues basaltiques de la vallée de La Lignon - photo Stacher.ch

 

Memoir-on-the-geology--.-Vivarais---George-Poulett-Scrope-.jpgClose up sur la partie gauche du dessin de George Poulett Scrope, dévoilant la valle de La Lignon qui a entaillé la coulée basaltique.- Dessin publié dans la première édition de " Memoir on the Geology of Central France "en 1827.


On distingue de bas en haut :
- le lit actuel qui court sur le gneiss du socle en dégageant la base de la coulée
- le lit ancien plus ou moins fossilisé
- la colonnade d'orgues de basalte
- l'entablement avec ses colonnades dont les prismes ont toujours des directions aléatoires
- tout en haut la fausse colonnade.
Sous la coulée, on aperçoit le lit fossilisé de la rivière, avant la coulée de lave.

 

Plus loin, le ruissau de Rieuclar coupe le basalte pour former une mini-chaussée de géants, en érodant les prismes basaltiques de la coulée.

 

A Vals-les-Bains, une source intermittente jaillit au milieu d’un pavé basaltique ; toutes les six heures, un geyser propulse 775 litres d’eau jusqu’à six mètres de hauteur.

 

Source_intermittanteVals-les-Bains---Veronimot.JPG       Vals-les-Bains - la source intermittente qui jaillit de son pavé de basalte -  photo Veronimot

 

 

 

Sources :

- Memoir on the geology of central France; including the volcanic formations of Auvergne, the Velay, and the Vivarais. - George Poulett Scrope / à la : Linda Hall Library of Science, Engineering & Technology.

- Stages de Géologie sur « Les jeunes volcans d’Ardèche ». – mai 2011- Thierry de Gouvenain - link

Lire la suite

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 > >>

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog