Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “l'art mosaïque

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Shimabara_Mayuyama---Burt-Lum.jpg

                     Le Mont Mayu-yama, dominant la ville de Shimabara - photo Burt Lum.


Le groupe volcanique Unzen est formé de plusieurs stratovolcans actifs qui se recouvrent, le Kinugasa au nord, le Fugen-dake et le Mayu-yama au centre-est, le Kusenbu au sud, situés sur l’île de Kyushu au Japon.

Ce complexe basaltique à andésitique occupe une grande part de le péninsule de Shimabara , ses volcans étant alignés dans un graben E-O de 30-40 km. de long.

Les volcans Fugen-dake et Mayu-yama ont été actif durant l'holocène.

 

Unzen-map.JPGLe graben Unzen abritant le groupe volcanique du même nom  - carte Geological survey of Japan.

 

Unzen-map-2--K.Nakajima.JPGLe complexe Unzen - Au centre, le dôme Heisei Shinzan (1483m) mis en place durant l'éruption de  1991-95, avec les dépôts pyroclastiques (P) et dépôts de débris (D) - sur la droite, les dômes du Mayu-yama (en orange) et les dépôts de l'avalanche de débris de 1792 (M) - Carte Geological Survey of Japan / Nakajima.

 

ShimabaraPeninsulaJpLandsat---SRTM.jpgLa péninsule de Shimabara, avec le complexe Unzen (traces de l'éruption 1991-95 et de ses dépôts en rouille) et le Mt. Mayu-yama au NE - doc. Landsat / SRTM.

 

 

Le complexe de dôme de lave Mayu-yama s'est formé voici 4.000 ans et fut la cause de l'éruption de 1792. Le sommet du volcan fut secoué par une série d'explosions phréatiques, avec des coulées de lave dacitique de 3,5 km. sur les flancs. L’éruption, de VEI 2, rejettera au total 26 Mm³ de lave.


Un mois après la fin de l’éruption, l'écroulement du dôme de lave Tenguyama, lié à deux séismes de magnitude supérieure à 6, engendra une avalanche de débris qui engloutit 9.531 personnes sur son passage vers la mer; la majeure partie de l'avalanche déclencha, en entrant brutalement dans la mer, un tsunami qui tua 5.094 autres personnes ... un total de près de 15.000 morts !

La hauteur des vagues du tsunami a atteint 10-20 mètres, le classant parmi les méga-tsunami. La vague la plus haute est notée à 57 mètres, à Osaki-bana point près de Futsu, et est due à la topographie du fond marin.

 

MayuyamaSlide - 1792 - USGS                Le Mt. Mayu-yama et les traces de l'avalanche de 1792 - d'après une photo USGS.

 

Mayu-yama-tsunami-hauteur-vague---iahr.gif               Carte de hauteur ponctuelle des vagues du tsunami 1792 / Mayu-yama - doc. Iahr


L’avalanche de débris a laissé une cicatrice en amphithéâtre toujours visible, et sa terminaison en hummock dans la baie en face de Shimabara serait, selon une hypothèse, responsable de la formation de petites îles.


unzen---Takashi-Yamada-2-.jpg

Le Mt. Mayu-yama surplombe la ville de Shimabara - on distingue  au centre la cicatrice laissée par l'avalanche de débris et dans la baie, la terminaison en hummocks - les coulées grises derrière le Mt Mayu-yama sont dues à l'éruption de 1991-95 et témoigne de la protection de la ville par celui-ci - photo Takashi Yamada

 

Unzen---T.Soya-25.10.94.JPG

Photo plus récente - 25.10.1994 - avec au centre le dôme  Heisei Shinzan fumant, les dépôts pyroclastiques et de lahars de l'éruption 1991-95, les ouvrages d'art destinés à canaliser ceux-ci  - à droite, le Mt. Mayu-yama et la cicatrice de l'avalanche de 1792 - photo T.Soya.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Unzen

- Geology and eruptive history of Unzen volcano, Shimabara peninsula, Kyushu, SW Japan - by H.Hoshizumi, K.Uto, K.Watanabe 1999.

- Study of the Mayu-yama tsunami disaster in 1792 - by MasanoriMichiue & al. / Tottori Univ. - link

- Photovolcanica - Unzen / Fugen-dake 90-95 - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Nishinoshima, vu de l'ouest le 16.08.2021 / 16h13 lors du survol de reconnaissance par le JMA - Doc. 1.kaiho.mlit.go.jp

Nishinoshima, vu de l'ouest le 16.08.2021 / 16h13 lors du survol de reconnaissance par le JMA - Doc. 1.kaiho.mlit.go.jp

Nishinoshima, vu de l'est le 16.08.2021 / 16h02  lors du survol de reconnaissance par le JMA - Doc. 1.kaiho.mlit.go.jp

Nishinoshima, vu de l'est le 16.08.2021 / 16h02 lors du survol de reconnaissance par le JMA - Doc. 1.kaiho.mlit.go.jp

L' Agence Météo Japonaise /JMA a signalé que des panaches de cendres de Nishinoshima, dans les îles Ogasawara, étaient visibles sur des images satellites le 14 août, s'élevant d'environ 1.900 mètres et dérivant vers le nord. Les garde-côtes japonais ont effectué un survol le lendemain et n'ont observé aucune activité éruptive ou de nouveaux dépôts la veille.

Le cratère central est bien ouvert et occupe une grande partie de l'île.

Le VAAC de Tokyo a noté qu'une période d'émissions continues de cendres était visible dans les données satellitaires le 15 août.

 

Sources : JMA & VAAC Tokyo

Nishinoshima, le cratère le 16.08.2021 / 16h15  lors du survol de reconnaissance par le JMA - Doc. 1.kaiho.mlit.go.jp

Nishinoshima, le cratère le 16.08.2021 / 16h15 lors du survol de reconnaissance par le JMA - Doc. 1.kaiho.mlit.go.jp

Un épisode éruptif fort s'est produit à Suwanosejima (cratère Mitake), dans l'arc des Ryukyu, à 01h37 le 19 août, et le panache de l'éruption s'est élevée à 3.000 m au-dessus du bord du cratère, parcouru d'éclairs.
Des cendres volcaniques ont été observées au nord-est du cratère et à 08 heures le 19, il y avait une assez grande quantité de cendres dans le village de Toshima
Elles devraient atteindre la ville de Nishinoomote, préfecture de Kojima.
Quantité légèrement importante Préfecture de Kagoshima : Village de Toshima
Petite quantité Préfecture de Kagoshima : Ville de Yakushima, Ville de Nishinoomote, Ville de Nakatane

 

Source : JMA

 Suwanosejima - épisode éruptif du 19.08.2021 / 01h40 - webcams JMA

Suwanosejima - épisode éruptif du 19.08.2021 / 01h40 - webcams JMA

Un nouvel évent, qui s'est ouvert dans Geldingadalur le 9 août, n'a été confirmé comme étant séparé de l'évent principal voisin qu'environ une semaine plus tard. Le nouveau cône s'est rapidement développé à cause des éclaboussures intenses et, le 17 août, il était à peu près à la même hauteur que le cratère principal. Les éclaboussures du nouvel évent étaient parfois éjectées plus haut que les éclaboussures de l'évent principal.

Le code de couleur de l'aviation est resté à Orange pour Fagradalsfjall en raison du manque d'émissions de cendres et de téphra, bien que l'IMO ait mis en garde contre le potentiel de retombées de lapilli et de scories dans un rayon de 650 m de l'évent actif. Les autorités ont également mis en garde contre les dangers des émissions de gaz.

Sources : mbls, Iceland Review, Almannavarnir, IMO

 Fagradalsfjall éruption - image Sentinel-2 bands 12,11,8A du 17.08.2021

Fagradalsfjall éruption - image Sentinel-2 bands 12,11,8A du 17.08.2021

 Fagradalsfjall - zone active le 18.08.2021 / 11h10 - webcam Almananavarnir

Fagradalsfjall - zone active le 18.08.2021 / 11h10 - webcam Almananavarnir

 Fagradalsfjall - trémor au 19.08.2021 - Doc. Hraun.vedur

Fagradalsfjall - trémor au 19.08.2021 - Doc. Hraun.vedur

Avis de la Police du Suðurnes :

Nous avons besoin de votre aide pour protéger la lave unique de Geldingardalir 

Veuillez ne pas :
- marcher sur la lave
- jeter des pierres ou des ordures sur la lave
- faire des inscriptions dessus
Même lorsqu'aucune activité n'est visible dans le cratère, l'éruption est toujours active. Sous la couche supérieure durcie de lave, de la lave brûlante peut couler. La couche supérieure peut facilement se briser lorsqu'on marche dessus, causant des risques pour les personnes et des dommages aux monuments géologiques.


La lave de Geldingadalir est un monument géologique unique que nous devons respecter et protéger. Il est important que les visiteurs ne laissent aucune trace comme jeter des pierres sur la lave ou faire des inscriptions dessus. Les laves sont sous protection spéciale selon l'art. 61 de la loi sur la protection de la nature.

(Lögreglan à Suðurnesjum)

Rappel des règles à respecter sur les laves en Islande - Doc. Lögreglan à Suðurnesjum - un clic pour agrandurRappel des règles à respecter sur les laves en Islande - Doc. Lögreglan à Suðurnesjum - un clic pour agrandur
Rappel des règles à respecter sur les laves en Islande - Doc. Lögreglan à Suðurnesjum - un clic pour agrandurRappel des règles à respecter sur les laves en Islande - Doc. Lögreglan à Suðurnesjum - un clic pour agrandur

Rappel des règles à respecter sur les laves en Islande - Doc. Lögreglan à Suðurnesjum - un clic pour agrandur

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Art on the way of fire

A chance encounter: director Sara Dosa was looking for footage of erupting Icelandic volcanoes, and she stumbles upon the spectacular photos and films of Maurice and Katia Krafft.

She immersed herself with her producer, Ina Fichman, in the archives of volcanologists who died at Unzen, kept at Images'Est in Nancy.

The focus was on the material left by the Krafft spouses

Through our research and our conversations, we understood that they were living the life they dreamed of living, a life full of meaning and love. They knew that they could die at any moment doing this type of work. It's not that they wanted to die, but they had made peace with this idea. It's not about celebrating their death, but celebrating their life," Sara told La Presse/Canada.

" Fire of Love "   -  movie poster

" Fire of Love " - movie poster

A trio of lovers - image from the film

A trio of lovers - image from the film

" It was when we really learned who they were as people, and the fact that they were not only married but also in love with volcanoes, that we were like, 'OK, we want to make a movie about these people." , said Sara Dosa to AFP.

Volcanoes, " that's what brought them together in the first place, and it was the engine, the fuel of their relationship ".

 

" Fire of love ", this documentary from National Geographic and the prestigious independent distributor Neon is the subject of rave reviews and first awards. It was also screened in a limited number of US theaters.

In the original English version, the director chose not to dub Katia and Maurice Krafft, who speak mainly French, and opted for subtitles.

The French version also uses subtitles rather than dubbing for narration, performed by filmmaker Miranda July.

 

Sources:

- media: La Presse.ca, Le Figaro Culture, Imazpress, RTBf

- Overblog / Earth of fire: These photographers who enchant us ... Katia and Maurice Krafft - link

-  " Femmes d’alsace - De Sainte Odile à Katia Krafft … portraits de femmes rebelles "

Katia and Maurice Krafft - doc. Fournaise. info

Katia and Maurice Krafft - doc. Fournaise. info

" Fire of Love " Trailer / National Geographic - Watch in full screen https://youtu.be/oMArx64RBO4

"Fire of love" Now playing - current releases in America.

"Fire of love" Now playing - current releases in America.

Cinema Paradiso Louvre Festival - screening of "Fire of love" - ​​Doc.Musée du Louvre

Cinema Paradiso Louvre Festival - screening of "Fire of love" - ​​Doc.Musée du Louvre

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Uapou---les-piliers-du-ciel----ph-tahiti-guide.jpg

                 Iles Marquises - Uapou - "les piliers du ciel"  - photo Tahiti guide.


 

Situées entre 7°50 / 10°35 S et 138°25 / 140°50 O, l’archipel des map-marquesas.jpgMarquises étend ses terres émergées sur 350 km. au nord des Tuamotou.

Le cinquième archipel de la Polynésie Française tire son nom de l'espagnol "marquesas " et fut ainsi nommé par Alvaro de Mendana de Neira qui l'approcha en 1595, et leur donna ce nom en l'honneur de son protecteur le marquis de Canete.

 

Toutes les îles des Marquises sont d’origine volcanique à l’exception de Motu One. Robert Brousse propose un modèle de point chaud responsable de l'alignement des îles, où   les îles septentrionales ont été construites entre 5,80 et 4,70 Ma; les îles centrales (4.80 à 1.40 Ma) sont remarquables par la durée de leur activité (Va Huka :1,50 Ma; Nuku Hiva : 2,70 Ma); les îles méridionales (2,80 à 1,30 Ma) voient le volcanisme aérien des édifices principaux s'exercer au minimum durant 1,15 Ma. L'activité la plus récente attribuée au point chaud se situe dans la zone de fracture des Marquises, au sud-est de l'archipel. Une décroissance générale des âges moyens du volcanisme aérien est constatée du NW au SE de l'alignement, mais les progressions des âges d'initiation et de cessation de l'activité aérienne en fonction de la distance ne sont pas linéaires.

La grande jeunesse des îles explique la puissance du relief et l'étrangeté du paysage. Pas de plaines côtières, ni vraiment de récifs coralliens, donc pas de lagons : les houles venues de tout le Pacifique viennent briser directement sur les falaises et les plages de galets.
Les sommets peuvent atteindre les 1.100 mètres d’altitude. Les falaises plongent dans la mer jusque dans les fonds marins. Les côtes ont l’aspect d’une muraille coupée de profondes crevasses et de quelques plages. Quelques vallées encaissées et isolées barrent les chaînes de montagnes.

Ces paysages volcaniques sont à l’origine de nombreux noms de lieux : Hiva Oa, La Grande Crête ; Nuku Hiva, La Crête des Falaises ; Fatu Hiva, Les Neuf Roches ou la Neuvième Ile ; Fatu Huku, Morceau de Pierre ; Ua Pou, les Deux Piliers, sans oublier la surprenante " Baie des Verges " que les missionnaires changèrent en " Baie des Vierges ".


aranui_french01.jpg

 

 

 

 

Ces îles éloignées sont reliées au monde extérieur par des petits avions ou grâce au cargo-mixte " Aranui 3 " , véritable cordon ombilical de ces îles, où les visiteurs sont peu nombreux. C’est par ce moyen qu’on peut le mieux apprécier la beauté sauvage de ces îles volcaniques.


 

 L’île d’Uapou est caractérisée par la présence de quatre grandes colonnes basaltiques qui dominent toutes les quatre les montagnes alentour. Robert Stevenson les décrit en 1888 comme "des flèches volcaniques semblables à des clochers d’églises ". Le mont Oave culmine à 1 230 m et est le point le plus élevé de l’archipel. D’une superficie de 106 km², l’île se trouve juste au nord-ouest de la petite île de Motu ’Oa.

 

marquesas-ua-pou-peak---Moana-sailing.jpg               Iles Marquises - Uapou - "les piliers du ciel"  - photo Moana sailing

 

Uapou ne présente pas de caldeira en son centre, à la différence d'autres îles des Marquises. Elle est caractérisée par une crête centrale N-S.et des crêtes secondaires qui séparent les vallées, au sommet desquelles percent des necks phonolitiques. Les laves affleurantes au centre sont principalement constituées de trachyte et phonolite, le périphérie est basaltique.

 

fatu-hiva-fatu-hiva---ph.whotracker.jpg                     Fatu Iva - l'Aranui 3  et les "tikis" - photo Whotracker.


Fatu Iva est constituée de la moitié orientale de deux volcans imbriqués l'un dans l'autre. La première caldeira, d'un diamètre d'environ huit -Fatu-Iva_topographic_map-fr.svg---Semhur.pngkilomètres, montre un rebord très découpé, formé par une suite hémi-circulaire de crêtes en à-pic culminant à plus de 1000 mètres.

Topographie de Fatu Iva - doc.Sémhur.

Il est composé principalement de basalte, d'océanite et d'hawaiite. Son âge est daté entre 2,46 et 1,81 million d'années. La seconde caldeira, située à l'intérieur de la première, a un diamètre de trois à quatre kilomètres. Elle est née d'une puissante éruption, comme en témoigne l'existence des impressionnantes colonnes basaltiques, les " statues " des Vierges, dans la baie de Hanavave, dues à des lahars. Elle date d'entre 1,68 et 1,33 million d'années. L'explosion principale semble dater d'il y a 1,40 Ma. Les vallées des deux villages de l'île se trouvent à chaque extrémité de l'espace séparant les deux caldeiras.


La baie de Nuku Hiva est un amphithéâtre volcanique dominé par de hautes falaises striées de chutes d’eau.

 

Marquises---ht-plateau-Nuku-Iva---ph.-Y.Picq.jpg                       Nuku Hiva - le haut-plateau bordé de falaises vertigineuses - photo Yves Picq.

 

On peut distinguer deux volcans emboités présentant chacun une caldeira, dont les parties sud se sont effondrées et ont disparues ; le volcan externe et le plus ancien résulte d'une activité effusive (basaltes et hawaiites), avec une caldeira d'un diamètre supposé entre 12 et 15 km. Le volcan interne aurait une caldeira de 6 km. de diamètre et possède des laves allant du basalte à la trachyte. (Brousse & Guille 1978) Le plateau de Tovii, situé netre ces deux entités est interprété comme une unité volcanique autonome (Brown 1935)


 

Murailles-basalt.-Nuku-Hiva--reve-vertical---S.Fautre.jpg                              Nuku Hiva, falaises de basalte - photo "Rêve vertical" de S. Fautré.


Quant à Hiva Oa, elle est connue surtout par ses deux grands hommes : Paul Gaugin et Jacques Brel.

 

hiva-oa_--Geo.fr.jpg                                  Hiva Oa - une île difficile "à aborder" - photo Geo.fr


La plus grande île de l'alignement - 315 km² - résulte d'une construction en plusieurs phases :

- à l'ouest, l'unité d'Atuona : elle est considérée par Brousse comme un "super-volcan" constitué par des centres d'émission successifs et coalescents; par contre Gonzales-Marabal la voit comme un volcan ancien à large caldeira, au sein de laquelle se sont édifiés des édifices postérieurs. Des dykes différenciés recoupent cette unité.

- au centre, la chaîne d'Ootua-Tapeata, avec des intrusions de trachyte qui recoupent un encaissant essentiellement pyroclastique.

- à l'est, le volcan de Puamau présente une caldeira de 5 km. de diamètre, occupée par un dense réseau filonien.

 

 

 

 

C'est parce qu'il aspirait à retrouver la pureté originelle de l'humanité que Paul Gauguin s'est installé en Polynésie. Avant de partir, il écrit à Daniel de Monfreid: « Je vais aller à Tahiti et j'espère y finir mon existence. Je jure que mon art que vous aimez n'est qu'en germe et j'espère là-bas le cultiver pour moi-même à l'état primitif et sauvage. Qu'importe la gloire pour les autres ! Gauguin est fini pour ici. "

À Tahiti, il fait la connaissance de Téha'amana (appelée aussi Tehura), jeune fille native de Rarotonga dans les îles Cook. Celle-ci, âgée de treize ans, devient son modèle et sa compagne. Il est très inspiré et peint soixante-dix toiles en quelques mois. Mais après quelques années de bonheur, des soucis administratifs et plus personnels (mort de sa fille Aline, la préférée de ses cinq enfants) le minent. Il a également des problèmes de santé : une blessure à la jambe qui ne guérit pas depuis 1894, une crise de syphilis, si bien qu'il déprime et tente de se suicider.

Il décide alors de partir pour les Marquises afin de retrouver l'inspiration. En 1901, le voici donc à Atuona , sur l'île de Hiva Oa. Il lui semble être au paradis, où il construit une maison qu’il baptise " Maison du jouir ". Il va vite déchanter en se rendant compte des abus des autorités et en essayant de se battre pour les indigènes. Malgré ce fait, il laisse sur place une amertume des habitants et reste peu apprécié des Polynésiens en général et des Marquisiens en particulier, qui ont l'impression d'avoir eu affaire à un homme qui s'est servi des Polynésiens, surtout des femmes, comme si cela lui était dû. Affaibli, fatigué de lutter, il meurt le 8 mai 1903. Il est enterré dans le cimetière d'Atuona.


P.Gaugin---Reo-Ma--ohi-huile-s.toile-1897-Musee-d-Orsay-P.jpg"Réo Mà'ohi" : huile sur toile de 1897, aussi dénommée "Vairumati" - Paul Gauguin (1848-1903) Peintre post-impressionniste français, chef de file de l'école de Pont-Aven, considéré comme un artiste majeur du 19° siècle.

 

En 1974, Jacques Brel , chanteur-compositeur belge, abandonne le spectacle et part en voilier (l'Askoy) avec Maddly Bamy qu'il a rencontrée lors du tournage du film L'Aventure c'est l'aventure de Claude Lelouch. Mais il est Atuona_-_Espace_Jacques_Brel_-_Jojo---Remi-Jouan.JPGdéjà malade. On l'opère d'un cancer au poumon. Il décide de se retirer aux Marquises. Pilote privé et utilisateur d'un bimoteur Beechcraft baptisé Jojo, en souvenir de son vieil ami disparu, il y fait l'avion-taxi pour rendre service aux habitants en les transportant entre Hiva Oa et Tahiti sur un trajet maritime de mille quatre cent trente kilomètres, soit un vol de quatre heures trente à cinq heures.

Atuona -  espace Jacques Brel - "Jojo" photographié par Remi Jouan.

 

En 1977, malgré la maladie, il revient à Paris pour enregistrer son dernier 33 tours. La chanson Les Marquises clôt l'album.

Quelques vers : "Les femmes sont lascives au soleil redouté

                              et s'il n'y a pas d'hiver, cela n'est pas l'été,

                                 et par manque de brise,

                             le temps s'immobilise aux Marquises "

 … la chanson s’achève sur ces paroles : " Veux-tu que je te dise ...

                                                                     Gémir n'est pas de mise ...

                                                                     Aux Marquises ".

Il retourne aux Marquises après cet enregistrement, avant que, en juillet 1978, son cancer du poumon ne s'aggrave.


Brel et Gaugin sont enterrés tous deux au cimetière d’Atuona.

 

Le tiki reste l'objet le plus sculpté, une véritable signature de l'artisanat Marquisien ; il représente l'effigie de Tiki, le lointain ancêtre humain demi-dieu. Les tikis sont presque tous masculins, massifs et trapus; ils ont les bras reliés au corps et ramenés à l'horizontale vers l'avant, les jambes fléchies, la tête large et sans cou, les yeux  circulaires et immenses, la bouche, marquée de plusieurs reliefs, traversant le visage.

   

Artisanat_marquisien---Verodemortillet.JPG                        Oeuvres artisanales des Marquises - photo Verodemortillet.

 

Sources :

- IRD - Les Marquises : volcanologie, géochronologie, discussion d'un modèle de point chaud - par R. Brousse & al. - link

- Art et artisanat aux Marquises - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le village traditionnel de Yakel :

apprécié par beaucoup, décriés comme artificiel par certains, il donne une idée de la vie des autochtones "qui n'aurait pas changée depuis des siècles".

 

30077_410454586440_645396440_4671391_1467142_n.jpg     Maisons du village de Yakel, sur l'île de Tanna - © Antony Van Eeten

 


L'accueil au village est marqué par l'appel du tambour fendu, tambour en bois creusé, planté en terre, qui orne la place de danse; il était utilisé pour transmettre des messages et rythmer chants et danses lors des cérémonies.

 

30077_410454436440_645396440_4671371_236056_n.jpg

                                                               © Antony Van Eeten


 

Vêtus uniquement de leur namba, l'étui pénien, ou de jupes d'herbes sèches parfois colorées, hommes et femmes partagent, dans le plus simple appareil, été comme hiver, des danses ou une tasse de kawa.

  30077 410456646440 645396440 4671454 5813795 n

 

30077_410456801440_645396440_4671474_6489614_n.jpg

 

© Antony Van Eeten


Les danses se résument en mouvements rudimentaires, peu chorégraphiques : les hommes dansent au centre, les femmes restent à l'extérieur de ce cercle, qu'elles entourent parfois dans une sarabande, les bras croisés pudiquement sur leur poitrine. Le prix de ces exhibitions est substantiel, en relation avec une perte d'authenticité ... (ce phénomène est généralisé chez les "peuples premiers" : les Maasai le pratique également en Tanzanie).
Chez les "cannibales" ? :

30127 409762371440 645396440 4654590 5852869 n                                                      © Antony Van Eeten
30127 409762521440 645396440 4654609 5686026 nLe visage noirci pour faire ressortir le blanc des yeux et des dents, ile miment des attitudes guerrieres. - © Antony Van Eeten

Une hutte en hauteur dans un banyan sert pour différentes cérémonies, e.a. la circoncision; les ni-Vanuatu se regroupent à son pied, le soir, pour boire et danser.

Yakel-tree-house---whl.travel.jpgYakel - rassemblement des garçons sur l'échelle d'accès à la maison suspendue dans un banyan - photo whl.travel

30127_409469616440_645396440_4646163_1049572_n.jpg

                                                                © Antony Van Eeten

Les tambours-fendus font l'objet d'une mise en valeur au récent musée du quai Branly, aussi appelé musée des arts premiers, à Paris.
Musee_du_quai_Branly_IMG_1824---Deror-Avi.JPG    Tambours fendus du Vanuatu - Musée du quai Branly / Paris - photo Deror Avi.
Les tambours de gauche semblent jumeaux de celui qu'a photographié Antony van Eeten.

Le village de "John Frum":
Dans certains villages de Tanna, se perpétue le culte de John Frum, prophète d'un "culte cargo"; le centre du mouvement se trouve à Sulphur Bay, proche du volcan Yasur.

J.Frum-village-3----AVE.jpg
Sulphur Bay : 300 personnes qui vivent et travaillent en collaboration, sans intervention d'argent, et pratiquent le culte de John Frum.
30127_409921131440_645396440_4658689_7035315_n.jpg
Le village de John Frum, à Sulphur Bay - sous le panache du Yasur, Ulla Lohmann, guide Volcanodiscovery, fait les présentations  - © Antony Van Eeten

30127_409921141440_645396440_4658691_3095743_n-copie.jpg
                     Superbe portrait de ni-vanuatu par © Antony Van Eeten

Sur l'île de Tanna, un dieu du nom de "Kerapenmun", associé à une montagne, le Mont Tukosmeru, est vénéré. Un indigène du nom de Mancheri, sous le pseudonyme de John Frum, se fit passer pour ce dieu et fut à l'origine d'un culte en apparaissant à certaines personnes et en promettant «  maisons, vêtements, nourriture et transports ». Dans la mémoire de Tanna, cet homme apparaît en 1939; il annonce la guerre du Pacifique et l'arrivée des troupes américaines plus d'un an avant qu'elles ne débarquent aux Nouvelles-Hébrides. En 1941, sa « vision » se réalise.

Et les églises traditionnelles se vident de leurs fidèles : dès lors, John Frum sera considéré comme un prophète. Le culte de John Frum prône surtout le retour aux anciennes coutumes. Il fait figure d'esprit incarné pour lutter contre la colonisation franco-britannique et le pouvoir des missionnaires. Car la colonisation ne s'est pas déroulée sans heurts. Le culte de John Frum a été interdit par les missionnaires jusqu'à l'indépendance du Vanuatu en 1980 mais, malgré cela, il est toujours actif aujourd'hui à Sulphur Bay, sur l'île de Tanna, où vit une communauté de 300 personnes, vivant selon les principes établis par le culte. Ainsi, aucun argent ne circule, chaque personne travaille pour la communauté et a des tâches particulières à effectuer, celles-ci devant être effectuées sans attendre quelque chose en retour, comme le recommande le culte de John Frum. Chaque vendredi soir, les habitants du village et des alentours se réunissent pour chanter la gloire de John Frum à la manière d'une messe. Ses adeptes croient que John Frum sera de retour un 15 février (surnommé "jour de John Frum" à Vanuatu).

Les man Tanna (Tannais) ont durement subi le joug des missionnaires presbytériens. À la fin du XIXe siècle, ceux-ci ont imposé la « Tanna Law ». La société mourait physiquement, spirituellement et socialement. Elle a dû se remettre totalement en cause pour survivre. Paradoxalement, cette transformation ne passe pas par un rejet total des Occidentaux. Au contraire, les Tannais sont impressionnés par l'armée américaine, fraîchement débarquée dans leur archipel. Certains se laissent même enrôler dans les troupes pour participer à de menus travaux. Ils en reviennent avec le goût des défilés et des cérémonies ...

Ce nom de "John Frum" a comme possible origine les paroles de GI's lors de la seconde guerre mondiale, qui se seraient présentés aux indigènes comme "John from ...America" (John d'Amérique). Pour les man Tanna, "John" désigne communément et commodément l'homme blanc.

Les lieux de culte de John Frum sont matérialisés par des grandes croix peintes en rouge et entourées d'une clôture de bois, ces croix renvoyant à celles présentes sur les ambulances américaines que les adeptes ont vues lors de la venue de l'armée américaine lors de la Seconde Guerre mondiale. D'autre part, John Frum étant arrivé dans un grand bateau, ses adeptes affichent dans leurs maisons des photos de bateaux et de yachts.

(extrait de wikipédia)

 

Autre tradition : "le sandroing" : inscrit en 2008 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l'Unesco.

En bichelamar, pidgin de base anglaise, sandroing (sand drawing) désigne le dessin sur sable, cendre volcanique ou boue.

 

00228-BIG.jpg                                   Sandroing - doc. Unesco culture.

  

Mais plus qu’une expression artistique indigène, cette « écriture » multifonction intervient dans de nombreux contextes : rituels, contemplation et communication.

Les dessins sont exécutés directement sur le sol, dans le sable, la cendre volcanique ou l’argile. À l’aide d’un doigt, le dessinateur trace une ligne continue qui se profile en arabesques selon un canevas imaginaire pour produire une composition harmonieuse, souvent symétrique, de motifs géométriques. Cette tradition graphique, riche et dynamique, est devenue un moyen de communication entre les membres des quelque 80 groupes linguistiques différents qui vivent dans les îles du centre et du nord de l’archipel. Les dessins font aussi office de moyens mnémotechniques pour transmettre les rituels, les connaissances mythologiques et d’innombrables informations orales sur l’histoire locale, les cosmologies, les systèmes de parenté, les cycles de chant, les techniques agricoles, l’architecture, l’artisanat ou les styles chorégraphiques. La plupart des dessins sur le sable ont plusieurs fonctions et niveaux de signification : ils peuvent être « lus » comme œuvres artistiques, sources d’information, illustrations de récits, signatures ou simples messages et objets de contemplation. Ce ne sont pas de simples « images », mais une combinaison de connaissances, de chants et de récits empreints de significations sacrées ou profanes. Un maître dans l’art du dessin de sable doit par conséquent non seulement connaître parfaitement les motifs, mais aussi comprendre leur signification. De même, il doit être capable d’interpréter les dessins pour les spectateurs.

Sources :
- Musée du Quai Branly - Vanuatu
- Université de Nantes - A propos du Vanuatu

- Countries and their cultures : ni-Vanuatu

- Sandroing - intangible cultural heritage of Vanuatu

- Voyage Vanuatu.fr - le John Frum de Tanna, un "cargo cult" particulier

- John Frum - wikipedia

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’histoire de l’obsidienne se confond avec l’histoire des premiers hommes. Ce verre volcanique a compté parmi les matières premières privilégiées dès le Paléolithique, à la fois pour ses qualités techniques pour la réalisation d’outils efficaces, que pour ses qualités esthétiques. Il va se diffuser très localement d’abord, puis va accompagner la colonisation de nouveaux territoires, et la création de nouvelles routes commerciales.

Les propriétés physico-chimiques de l’obsidienne ont permis une identification des sources et une traçabilité par les préhistoriens des mouvements humains, de leurs échanges de biens matériels et de savoir-faire.

Carte de distribution des gisements d'obsidienne à la préhistoire - zones d'influence et routes commerciales à la préhistoire - doc. glassway.

Carte de distribution des gisements d'obsidienne à la préhistoire - zones d'influence et routes commerciales à la préhistoire - doc. glassway.

Le berceau de notre civilisation européenne est le bassin méditerranéen.

L'aire d'influence d'Anatolie :

Les plus anciennes traces d’utilisation de l’obsidienne sur le pourtour Méditerranéen date du Paléolithique supérieur, et retrouvées dans des grottes sur les côtes sud-ouest de l’Anatolie. Les principales sources identifiées sont la Cappadoce, avec le Göllü Dag, le Nenezi Dag et le Nemrut Dag. On la retrouve dans des sites du Néolithique, comme Catalhöyük. L’obsidienne des volcans Anatoliens va voyager au sud jusqu’en Palestine, et à l’ouest jusqu’en Crête.

Position des gisements d'Anatolie et du Caucase - carte obsidatabase.

Position des gisements d'Anatolie et du Caucase - carte obsidatabase.

Les obsidiennes des îles orientales proviennent de Mélos, avec deux sources proches des rivages, Dhemenegaki et Sta Nychia, exploitées depuis le 11° millénaire avant notre ère. Cette obsidienne de Mélos va circuler en Mer Egée entre les 11° et 8° millénaire, attestant d’échanges maritimes entre des communautés pré-néolithiques. Puis elle se retrouve en divers endroits de la Grèce continentale et à Knossos en Crête.

L’obsidienne de Giali moins favorable à la fabrication d’outils n’apparait qu’au 8° millénaire, avant d’être utilisée comme matière semi-précieuse au 2° millénaire par les Minoéens de Crête.

En Méditerranée occidentale, l’obsidienne est retrouvée dans des milliers de gisements préhistoriques, le long d’un arc allant du Maghreb oriental , à l’Italie, au sud de la France et l’est de la Catalogne, ainsi que dans les grandes îles, Sicile, Sardaigne, Corse, et l’archipel Eolien. Les échanges se limitent aux zones côtières, et exceptionnellement à plus de 200 km. du rivage.

Les principales sources sont en Sardaigne, le complexe volcanique du Monte Arci, et sur trois sites îliens, Pantelleria, Lipari dans les Eoliennes et Palmarola, dans les îles Pontines.

Sur Pantelleria, les sources principales sont Balata dei Turchi, au sud de l’île, et Lagio di Venere, au nord-est. A Lipari, l’obsidienne est localisée dans la coulée de Gabellotto, tandis qu’à Palmarola, elle provient du Monte Tramontana et de Punta Vardella.

Obsidienne de Monte Arci / Sardaigne - photo Quatermara blogspot

Obsidienne de Monte Arci / Sardaigne - photo Quatermara blogspot

Coulée d'obsidienne de Lipari - photo Geologically

Coulée d'obsidienne de Lipari - photo Geologically

L’obsidienne de Lipari va se diffuser au Néolithique vers la Sicile et la Calabre, puis vers les Pouilles et l’Adriatique, jusque plus au nord, au Frioul et le sud de la France. L’obsidienne de Palmarolla va voyager vers les Apennins, l’Italie du centre, la Ligurie et le midi de la France. Au départ de la Sardaigne, elle va se retrouver en Corse et en Toscane. L’obsidienne de Pantelleria se diffusera plus au sud, vers les îles voisines et les côtes du Maghreb oriental. (voir carte ci-dessus)

Ces zones vont progressivement s’étaler au cours du temps, pour s’étioler brutalement, avec l’avènement de l’âge des métaux, âge de bronze et de fer, et la diversification des traditions culturelles qui l’accompagne.

Peuplement du pourtour Méditerranéen par les grecs et les phéniciens.- carte Docs en plus.

Peuplement du pourtour Méditerranéen par les grecs et les phéniciens.- carte Docs en plus.

Les régions balkaniques seront approvisionnées au départ des gisements des Carpates, en Hongrie et Slovaquie.

Obsidienne - site Hongrois - photo Univie.ac.at

Obsidienne - site Hongrois - photo Univie.ac.at

Au sud-est de la Méditerranée, une aire de circulation s’installe de part et d’autre de la Mer Rouge, au départ des gisements Ethiopiens.

Les prêtres de l’Egypte ancienne utilisaient des couteaux en obsidienne lors de cérémonies d’embaumement. En absence de textes égyptiens dans ce domaine, les écrits d’Hérodote (5° siècle avJC) relatent " une lame tranchante en pierre d'Ethiopie " dans les techniques de momification qui apparaissent au Moyen –Empire vers 2700 av JC.

Le Metropolitan Museum of Art de New York dispose dans ses collections de vases en obsidienne cerclé d’or datés des 12° à la 18° dynasties, entre 1990 et 1293 av. JC. Elle fut utilisée pour réaliser les yeux de beaucoup de statues ; la réalisation la plus marquante est le masque funéraire de Toutânkhamon – 1323 av. JC.

Toutankhamon - un de ses masques funéraires - iris des yeux en Obsidienne - photo Bernard Duyck

Toutankhamon - un de ses masques funéraires - iris des yeux en Obsidienne - photo Bernard Duyck

Sources :

- Circulation et origine de l'obsidienne préhistorique en Méditerranée, un bilan de cinquante années de recherche - par Gérard Poupea & al.

- La circulation de l'obsidienne dans le sud de la France au Néolithique - par Didier Binder & al.

- University of London - The Obsidian Evidence for the Scale of Social Life during
the Palaeolithic - by Theodora Moutsiou

 

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les sources d’obsidienne en Mésoamérique, bien que correspondant en répartition avec les zones d’existence de volcans, sont limitées en nombre.

Elles restent confinées au TMVB – le champ volcanique trans-mexicain, avec les sites majeurs du Cerro de las Navajas, d’Otumba et de Pachuca, et aux sites Guatémaltèques, dont El Chayal et  Ixtepeque.

Les mines sont exploitées de façon intensive, soit à ciel ouvert, soit par des puits profonds et des galeries souterraines.

Les différentes sources d'obsidienne en Méso-amérique (étoiles blanches) - doc. English wikipedia

Les différentes sources d'obsidienne en Méso-amérique (étoiles blanches) - doc. English wikipedia

L’obsidienne est omniprésente dans tous les ensembles archéologiques, quelle que soit la culture ou la période … c’était un matériau de première importance dans ces civilisations, en l’absence d’outils métalliques, lié à l’économie et à la vie symbolique au cours de quelques 3.000 ans, et qui a joué un rôle important dans la pratique de la chasse et de l’agriculture, et surtout en tant qu’arme et lame de sacrifice.

A gauche, Guerriers Aztèques avec leur Macuahuitl : épée-massue pour les combats rituels, dotées de lames en obsidienne - doc. Codex Florentin IX - à droite, Pointes de lance en obsidienne, retrouvéess dans une offrande de la cité maya de Palenque (Musée de l'Amérique, Madrid). - Un clic sur les photos pour les agrandir.A gauche, Guerriers Aztèques avec leur Macuahuitl : épée-massue pour les combats rituels, dotées de lames en obsidienne - doc. Codex Florentin IX - à droite, Pointes de lance en obsidienne, retrouvéess dans une offrande de la cité maya de Palenque (Musée de l'Amérique, Madrid). - Un clic sur les photos pour les agrandir.

A gauche, Guerriers Aztèques avec leur Macuahuitl : épée-massue pour les combats rituels, dotées de lames en obsidienne - doc. Codex Florentin IX - à droite, Pointes de lance en obsidienne, retrouvéess dans une offrande de la cité maya de Palenque (Musée de l'Amérique, Madrid). - Un clic sur les photos pour les agrandir.

Les premiers signes d’occupation humaine au Guatemala sont datés de 10.000 avant JC … et ce par des outils et des armes d’obsidienne.

Les routes Mayas :

Les routes utilisées par les Mayas, pour le transport de l’obsidienne ( et du jade) entre les trois sources majeures localisées dans les hautes Terres et les basses terres, le Petén et le Yucatan, se répartissent entre la route Motagua – Caraïbes, soit par la rivière Motagua, via ses affluents, puis les rio Azul et la rivière Mopan, et enfin le contour de la péninsule du Yucatan, grâce à des canoës, ou par la route terrestre par l’Alta Verapaz. Les facteurs historiques et socio-politiques régissant les sociétés Mayas ont impliqué une certaine instabilité de ces systèmes commerciaux, ne fut-ce que par la présence de deux routes en compétition.

Le commerce concernait deux produits majeurs aisément transportables, les lames prismatiques et les gros nucleus / cœurs. Un grand atelier de transformation était situé à El Baúl Cotzumalguapa, sur le piémont côté Pacifique ; on y transformait les cœurs d’obsidienne en macro lames, et celles-ci en couteaux ou pointes de projectiles. Cette production centralisée fournissait une demande locale et régionale en outils coupants, armes de jet, et instruments divers de grattage, polissage et perforation.

Routes commerciales au temps des Mayas - carte Authentic Maya.

Routes commerciales au temps des Mayas - carte Authentic Maya.

A gauche, Un fragment de lame prismatique en obsidienne provenant du site maya de Chunchucmil - photo P.C.Hixhon  - à droite, Poignard sacrificiel à manche serpentiforme en obsidienne arc-en-ciel du Mexique (26,5 x 4 cm)  - doc.CrearcheoA gauche, Un fragment de lame prismatique en obsidienne provenant du site maya de Chunchucmil - photo P.C.Hixhon  - à droite, Poignard sacrificiel à manche serpentiforme en obsidienne arc-en-ciel du Mexique (26,5 x 4 cm)  - doc.Crearcheo

A gauche, Un fragment de lame prismatique en obsidienne provenant du site maya de Chunchucmil - photo P.C.Hixhon - à droite, Poignard sacrificiel à manche serpentiforme en obsidienne arc-en-ciel du Mexique (26,5 x 4 cm) - doc.Crearcheo

L’obsidienne a joué un rôle symbolique important dans la vie des Mayas, répartis entre le Guatemala et le Chiapas, au Mexique. Quelques exemples d’utilisation :

Elle est utilisée dans les rituels d’auto-sacrifice par prélèvements sanguins …l’obsidienne est considérée comme "le sang de la terre", et revêt par analogie un caractère symbolique.

Lors de cérémonies sacrificielles, on ôtait  le cœur des prisonniers, pour l’offrir encore palpitant aux dieux du haut des pyramides, à l’aide de couteaux d’obsidienne.

A la mort d’un prince Maya, des milliers d’éclats d’obsidienne étaient déversés à l’entrée de la sépulture : bien que ce rite ne soit pas encore interprété, la symbolique du matériau est importante.

Obsidienne d'El Chayal / Guatémala - photo sfu.museum

Obsidienne d'El Chayal / Guatémala - photo sfu.museum

Les routes Mexicaines :

Les différentes peuplades amérindiennes du Mexique ont utilisé dans un premier temps les routes d’approvisionnement des Mayas, pour les prolonger ensuite jusqu’à leur divers centres religieux.

L’obsidienne utilisée au Mexique provenait, non seulement des divers centres d’extraction proches, Cerro de Las Navajas, Pachuca, mais de centres plus éloignés, transportée le long des routes commerciales côtières, la principale étant celle contournant la péninsule du Yucatan.

Un brassage important de l’obsidienne a existé : pour exemple, de l’obsidienne de Pachuca, sous contrôle de Teotihuacan, a été mise au jour dans la zone Maya, alors que leur source d’El Chayal était plus proche. Cette source guatémaltèque était par contre utilisée par les Olmèques de la côte du Golfe.

Eclats d'obsidienne de Las Navajas - photo Trotamexico

Eclats d'obsidienne de Las Navajas - photo Trotamexico

Quelques sources au Mexique :

Les sources d’obsidienne sous le contrôle de Teotihuacan, métropole multiculturelle de la période Classique ancienne, comprennent e.a. le site d’Itzépetl, le colline d’obsidienne en nahuatl, aussi connue par les espagnols comme le Cerro de Las Navajas, à l’ouest du TMVB. On y retrouve de l’obsidienne de plusieurs couleurs : noir, vert jade et rougeâtre.

L’obsidienne du centre volcanique Sierra de Pachuca, au nord du TMVB, est renommée pour sa couleur verte translucide et sa pureté. D’autres variétés coexistent dans la région, avec des obsidiennes brunes à grises, démontrant qu’une seule région volcanique peut inclure diverses coulées d’obsidienne, chacune caractérisée par des propriétés optiques et chimiques propres et différentes.

La zone de Tulancingo posséde aussi de l’obsidienne verte, mais distinguable de celle de Pachuca par son opacité interne, ce qui la rend plus sombre et laiteuse.

 

Sources :

- Authentic Maya - Guatemala, the cradle of tle Mayan civilization - link

- Authentic Maya - Obsidian in the Maya World - link

- Tulancigo cultural - Cerro de Las Navajas - link

- Créarchéo - L'art Maya et les excentriques - link

- Les mines-ateliers d'obsidienne de la région de Zinaparo Prieto, Michoacan, Mexique - link

Ni cet aperçu des routes de l'obsidienne en Méso-amérique, ni ces sources ne se veulent exhaustives !

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques
Bathymétrie du volcan sous-marin de Mayotte et ses coulées  - Doc SHOM 07.2019

Bathymétrie du volcan sous-marin de Mayotte et ses coulées - Doc SHOM 07.2019

D'après le bulletin #9 - 16 au 30.11.2019 -  du REVOSIMA, le nouveau site éruptif sous-marin de Mayotte a produit au moins 5,1 km3 de lave depuis le début de son édification.

Sur une période de 11 mois (de juillet 2018 - début des déformations de surface enregistrées à Mayotte - à juin 2019), le flux éruptif de lave est d’environ 150-200 m3 /s.

Depuis la découverte de l’édifice volcanique, trois nouveaux points de sortie distants ont été identifiés et ont produit :

- au sud environ 0,2 km3 de lave en 28 jours (18 mai-17 juin 2019) pour un flux minimum moyen de l’ordre de 83 m3 /s ;

- à l’ouest environ 0,3 km3 de lave en 44 jours (entre le 17 juin et le 30 juillet 2019) pour un flux minimum moyen de 79 m3 /s ;

- au nord environ 0,08 km3 de lave en 20 jours (entre le 31 juillet et le 20 août 2019) pour un flux minimum moyen de l’ordre de 44 m3 /s.

Ces flux éruptifs restes élevés. Ces volumes et flux éruptifs, notamment au début de la crise, sont exceptionnels et sont, compte tenu des incertitudes, globalement les plus élevés observés sur un volcan effusif depuis l’éruption du Laki (Islande) en 1783 dont le flux moyen éruptif avait été estimé à 694 m3 /s sur 245 jours d’éruption.

Mayotte : Déplacements du sol enregistrés sur les stations GPS de Mayotte au cours des 3 derniers mois du 1-09-2019 au 30-11-2019. Les déplacements horizontaux sont représentés sous forme vectorielle et les déplacements verticaux sont indiqués par les valeurs chiffrées en couleur. Post-traitement de ces données réalisé par l’IPGP (©OVPF-IPGP / REVOSIMA).

Mayotte : Déplacements du sol enregistrés sur les stations GPS de Mayotte au cours des 3 derniers mois du 1-09-2019 au 30-11-2019. Les déplacements horizontaux sont représentés sous forme vectorielle et les déplacements verticaux sont indiqués par les valeurs chiffrées en couleur. Post-traitement de ces données réalisé par l’IPGP (©OVPF-IPGP / REVOSIMA).

Depuis le mois d’août 2019, les vecteurs de déplacements horizontaux pointent plus au nord, avec pour conséquence un déplacement relatif de la source de pression simple isotrope, pouvant expliquer ces déplacements, environ 20-25 km plus au nord-ouest par rapport au début d’année.

Plusieurs hypothèses sont formulées :

Ainsi pour les 3 derniers mois, le meilleur modèle simple (modèle à une source, milieu isotrope et élastique) pouvant rendre compte de ces déplacements serait une source en déflation localisée entre 26 et 73 km à l’est Mayotte et à une profondeur comprise entre 45 et 75 km à 95% de probabilité. Sur les derniers quinze jours les débits associés aux meilleurs modèles seraient compris entre -30 à -80 m3 /s . A noter que s’agissant d’une source en déflation, les évolutions de position de la source vers des profondeurs plus superficielles ne traduisent pas une migration de source mais pourraient être liées à l’effet de la fermeture d’un conduit (se faisant progressivement depuis le bas vers le haut).

Des modèles plus complexes, en cours d’évaluation, suggèrent que plusieurs sources de pression (en déflation et en inflation), de géométrie et de volume variable, localisées à différentes profondeurs, pourraient également expliquer les déformations observées sur différentes périodes de temps.

Néanmoins la source dominante reste une source en déflation. Quelques soient les modèles, ces déformations confirment que des transferts de fluides magmatiques se poursuivent toujours en profondeur, et qu’en l’état de l’art actuel ces fluides semblent circuler entre 20 et 60 km de profondeur sans que l’on puisse élaborer de scénarios plus affinés sur l’évolution à terme de cette activité.

 

Source : BRGM / REVOSIMA -  https://brgm.fr/content/volcan-seismes-mayotte-suivi-activite-sismo-volcanique-revosima

 Mt Michael - hot spots sur le Mawson peak le 02.12.2019 - Sentinel-2A L1C - customscript / Annamaria Luongo / Copernicus

Mt Michael - hot spots sur le Mawson peak le 02.12.2019 - Sentinel-2A L1C - customscript / Annamaria Luongo / Copernicus

Une belle image du Mt.Michael sur l'île Saunders / South Sandwich a été mise en ligne par Annamaria Luongo : on peut y détailler trois points chauds rapprochés au Mawson Peak le 2 décembre 2019. 

Les dernières observations périodiques de ce volcan réculé (GVP) par satellite, entre janvier et juillet, montrent des panaches volcaniques. La dernière anomalie thermique date du 3 avril 2018.

 

Sources : Annamaria Luongo / Sentinel-2A – Mirova - Global Volcanism Program.

 Sakurajima - image Sentinel-2 L1C bands 12,11,4 du 03.12.2019

Sakurajima - image Sentinel-2 L1C bands 12,11,4 du 03.12.2019

 Sakurajima - zoom dans l'image Sentinel-2 L1C bands 12,11,4 du 03.12.2019

Sakurajima - zoom dans l'image Sentinel-2 L1C bands 12,11,4 du 03.12.2019

Le 3 mars à 17 h 59, une éruption s'est produite à Sakurajima (cratère au sommet du mont Minamidake) et a atteint 2300 m au-dessus du bord du cratère.

Les cendres volcaniques se dispersent vers le sud et affectent Ibusuki et Kagoshima .

Une chute de Tephra est prévue dans la ville de Tarumi, dans la préfecture de Kagoshima.

Des cendres sont attendues avant 00 h le 04 dans les municipalités suivantes : .

Préfecture de Miyazaki: Ville de Miyakonojo, Ville de Nichinan, Ville de Kushima

Préfecture de Kagoshima: Ville de Kagoshima, Ville de Kanoya, Ville de Tarumi, Ville de Suo, Ville de Shibushi, Ville d’Osaki, Ville de Higashi Kushira, Ville de Kinko, Minamiosumi-cho, Kitsuki-cho.

 

Ces émissions de cendres se poursuivent ce 4 décembre.

 

Sources : JMA & VAAC Tokyo

Sakurajima - activité du 04.12.2019 / 15h42 locale - webcam JMA

Sakurajima - activité du 04.12.2019 / 15h42 locale - webcam JMA

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 DarwinShuttle

  Vus du Space shuttle, le volcan Darwin et ses deux tuff cone côtiers - doc. Nasa

Darwin - àG Ecuador -à D Wolf - P.Ramon 2003 IGEPN

La caldeira du Darwin, avec sa terrasse sud-ouest; à droite, le volcan-bouclier Wolf et à gauche, une portion de l'Ecuador - photo Patricio Ramon / IGEPN

 

Le volcan Darwin, baptisé du nom du célèbre naturaliste, est un volcan-bouclier coiffé d’une caldeira de 5 km. de diamètre et 200 mètres de profondeur, couverte de jeunes coulées de lave.

Une terrasse occupe une partie sud-ouest de la caldeira.

L’activité sommitale la plus récente a produit des coulées de lave intra-caldeira à partir des évents situés côté est de la caldeira et sur les rives nord-est et sud-est.

Les flancs du volcan sont couverts de laves « aa » ; de nombreuses coulées débutent sous forme « pahoehoe » pour se convertir en laves « aa »  lorqu’elles descendent des pentes raides …et caractérisent ainsi les pentes raides des volcans de l’ouest de l’archipel.

Des fissures radiales descendent les flancs du volcan ; l’une d’entre elle atteint sa base au sud-ouest et coupe le cône de tuf Tagus. Sur la fissure, s’est établie une chaine de petits cônes de scories et de spatter cones.

 

Darwin spatter cones - Lee SiebertSpatter cones établis sur la fissure de flanc du Darwin - photo Lee Siebert / Smithsonian


Deux cônes de tuf littoraux, appelés Tagus et Beagle cone, furent formés lors d’éruption phréatomagmatiques qui ont produit, lors de ces processus extrêmement explosifs, de la palagonite dont ces structures sont composées. Le cône de tuf Tagus abrite quatre cratères nichés, le plus récent d’entre eux étant occupé par un petit lac salé.

Les deux cônes sont entourés de coulées de lave produites au niveau de fissures de flancs du Darwin.

Ces deux cônes sont ouvert vers la mer et furent fréquentés tant par l’expédition Darwin, que par les baleiniers qui venaient y faire provision de vivres, et y tuèrent de nombreuses tortues.

 

darwin volcano ecuador photo us air force

Les deux tuff cones côtiers : le Tagus et ses cratères nichés, à gauche - à droite, le Beagle, qui porte le nom du navire qui emmena Darwin aux îles Galapagos (2°expédition du Beagle de 1831 à 1836).


Darwin - Tagus cone

Tagus tuff  cone - le plus petit des cratères du Tagus est occupé par un lac salé - au loin, la silhouette du Cerro Azul, situé à l'extrême sud de l'île d'Isabela.

 

L'Alcedo est le plus petit volcan d'Isabela. Il est bien végétalisé tant sur ses flancs qu'au niveau de sa caldeira; seuls de jeunes coulées de lave ressortent au niveau de sa jonction avec le Darwin voisin. Des failles récentes ont creusé un fossé autour d'une partie de la caldeira.

 

Alcedo---au-fond-Darwin---Wolf---P.Ramon-2005-IGEPN.jpgLa caldeira et les flancs végétalisés de l'Alcedo, où l'on distingue le fossé et les fumerolles - au loin, les volcans Darwin et Wolf situés plus au nord - photo Patricio Ramon / IGEPN.


 

C'est le seul volcan connu des Galapagos à avoir produit des laves tant rhyolitiques que basaltiques : à la fin du Pléistocène (100.000 ans environ), il a érupté un kilomètre-cube de téphra rhyolitique et des coulées de lave aux dépens de plusieurs évents, avant de retourner vers un dynamisme basaltique.

La production rhyolitique a été favorisée par une diminution de l'apport en magma basaltique quand le volcan Alcedo ne fut plus au foucus du point chaud des Galapagos. (Denis Geist - Journal of Petrology).

L'activité fumerollienne est sous le contrôle d'une faille en bordure de caldeira, contenant pas moins de sept cratère d'explosion hydrothermale, et par un évent rhyolitique intra-caldeira; la température de décharge est de 97°C, les gaz sulfureux sont dominés par la présence d'H2S. On estime la température du réservoir à 260-320°C, et le temps de stationnement des eaux, météoriques, dans ce réservoir à 400 ans.

 
     

Volcan-Alcedo---Galapagos---P.Oxford.jpgDes tortues géantes fréquentent le cratère de l'Alcedo, abritant diverses fumerolles - photo Pete Oxford.

 

En descendant toujours plus au sud de l'île d'Isabela, Punta Moreno est un endroit où les forces de la nature se sont jointes pour créer de l’art brut : des rochers en bord de mer abritent des colonies d’oiseaux pélagiques et de pingouins des Galapagos. Plus loin, ce sont des champs de lave ponctués de mares végétalisées, entourées de zones de mangroves où nichent les pélicans bruns, où se nourrissent des flamants roses, des hérons bleus, ou quelques tortues vertes.

 

 

03puntamoreno-laves-cordees.jpg

Punta Moreno - une coulée pahoehoe cordée colonisée par la végétation - photo OceansArt.US

12puntamoreno cactus pioniers

Punta Moreno - des cactus pionniers se sont installés sur les coulées de lave - photo OceansArt.US

Punta Morano fous pieds bleus Rochers et coulées sont blanchis par le guano d'une colonie de fous à pieds bleus - photo OceansArt.US


Au pied du volcan Alcedo, au sud du cône de tuf Tagus, Urbina Bay fut le siège d’un brutal soulèvement en 1954 : une intrusion de matériaux fondus sous la surface releva environ 1.200 m² de plancher marin de plus de 4 mètres, fit apparaître un récif corallien au-dessus du niveau des eaux et agrandit d’autant la surface de l’île. On retrouva des squelettes de requins, de tortues marines et de crustacés incapables de regagner la mer suite à cet évènement brutal.

On y observe quantité d’iguanes terrestres et marins, qui ont fait surnommer la zone : « iguana land ».

 

Iguane-terrestre---Urbina-bay.jpgUrbina Bay - Iguane terrestre - photo Roubicek/Mark Rowland.

 

Fat_Marine_Iguana_opens_wide----Eric-Chan.jpg                 Un iguane marin manifeste sa réprobation - photo Eric Chan

 

Suite des articles sur les Galapagos dès le 2 janvier ...

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Darwin

- Global Volcanism Program - Alcedo

- Contrasting hydrothermal activity at Sierre Negra and Alcedo volcanoes, Galapagos archipelago - by Goff Fraser & al.

- The generation of oceanic rhyolites by crystal fractionation : the basalt-rhyolite associationat volcan Alcedo - by Dennis Geist & al. - Journal of Petrology.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

In the Thirty-six Views of Mount Fuji, the Japanese painter Hokusai shows the volcano in multiple points of view, atmospheres and changing lights, in a staging that described the men and their activities.

These prints are marked by contrasts between the foreground and the background, between the static and the dynamic and combine oriental craftsmanship to the western perspective leading to a perception of a depth of field up Here unknown.

Hokusai attaches a great importance to the geometric composition of his prints ... and it is this perspective which we will attach ourselves with some examples, where dominated the Prussian blue, color recently introduced in Japan at the time.

"Ushibori in the province of Hitachi" - prints of Hokusai / The thirty-six views of Mount Fuji - Doc. National Library of France - Department of Prints and Photography.

"Ushibori in the province of Hitachi" - prints of Hokusai / The thirty-six views of Mount Fuji - Doc. National Library of France - Department of Prints and Photography.

In the 20° view, "Ushibori in the province of Hitachi" , a diagonal cut the engraving, materialized by a large junk, which are reproduced with detail rigging, the loading, and the quiet life on the boat.

The diagonal is underlined by two wading birds that fly above the reeds.

The perfect cone of Fuji is taken by the facades in triangles of the small houses at the foot of the volcano.

The mist, cool colors and the sacred volcano covered in snow ... all contribute to framing a winter day.

"The Mishima pass in Kai Province" - prints of Hokusai / The thirty-six views of Mount Fuji - Doc. National Library of France - Department of Prints and Photography.

"The Mishima pass in Kai Province" - prints of Hokusai / The thirty-six views of Mount Fuji - Doc. National Library of France - Department of Prints and Photography.

The 16° view, "the Mishima pass in Kai Province", the print is cut in two by a vertical, the trunk of a huge cedar bar the foreground, which gathers around him the various activities Farmers.

On the left, a man sits smoking a pipe, while on the right, passers borrow a sloping path. In the center, three travelers, their luggage placed nearby, seem measure the circumference of the tree encircling their arms, unless this is a ritual worship of the forces of nature.

This grouping gives way in the background to the perfect figure of Mount Fuji.

"The water wheel to Onden" - prints of Hokusai / The thirty-six views of Mount Fuji - Doc. National Library of France - Department of Prints and Photography.

"The water wheel to Onden" - prints of Hokusai / The thirty-six views of Mount Fuji - Doc. National Library of France - Department of Prints and Photography.

"The water wheel Onden", 26 ° views of Mount Fuji, opposes the left and right sides of the print : on one side, the triangle of the majestic volcano in the distance, on the other, the semicircle of the impeller, which extends to the right of the weir, allows the eye to escape to the landscape.

Human activities, in this case the cleaning of the rice, are opposed to the tranquility of the environment. A dual brand men's work, dating back bags of rice paddy to the mill, and that of the women who wash the rice in foreground. The hard work of adult contrasts with the peaceful occupation of a child holding a turtle on a leash, at the foot of the wheel to the left of the print.


Sources:
- National Library of France - Department of Prints and Photography.
- The advent of landscape prints in the 19th century by Jocelyn Bouquillard

Lire la suite

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 > >>

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog