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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “l'art mosaïque

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

Après avoir admiré les oeuvres de Pietro Fabris, examinons la dernière éruption du Vésuve à la fin de la dernière guerre mondiale, en 1944.

 

Vesuve-eruption-1944---Geologically.jpg

                     Vésuve - éruption de 1944 - une des rares photos couleurs - doc. Geologically


Cette éruption est considérée comme la fin d'une période éruptive qui a débuté le 5 juillet 1913. L'activité strombolienne a commencé à partir de ce moment-là pour former un cône de scories à l'intérieur du cratère qui avait atteint en mars 44, une hauteur de 100 m., portant celle du volcan à 1260 m.

L'éruption est précédée par des signes annonciateurs évidents à partir du 13 mars, quand il y avait un effondrement du cône de scories à l'intérieur du cratère.

 

vesuve-en-mars-1944.jpg                        L'éruption du Vésuve en mars 1944 - photo U.S. Air Force

These B-25s from the 447th Squadron of the 321st Bombardment Group passed very near the erupting volcano on their way to bomb targets.

L'éruption commence le 18 mars avec une augmentation de l’activité strombolienne et de petites coulées de lave très fluides sur les rives est et sud.

Peu après, une coulée de lave se déverse dans l'Atrio del Cavallo, descend la vallée étroite entre la colline de l'observatoire et l'extrémité funiculaire1.jpgouest de La Somma,  et s’arrête à 1,2 km de Cercola, après avoir envahi et partiellement détruit les villes de Massa di Somma et San Sebastiano. Sa vitesse est de 100 mètres par heure, sa viscosité de 9 x 104 poises.

Une petite coulée  engloutit le téléphérique et passe sur les rails de l'ancien chemin de fer à crémaillère.

 

Le Funiculaire du Vésuve, détruit par l'éruption de 1944. 

 

Norman Lewis, un agent de l'intelligence service britannique, témoin de l'éruption, fournit une description intéressante de la progression du front de lave dans la ville de San Sebastiano, dans son livre "Naples 44 " (paru en 1978).:
La lave s'est introduite tranquillement le long de la rue principale, et à une cinquantaine de mètres du bord de la montagne de scories qui progressait lentement, une foule de plusieurs centaines de personnes, pour la plupart vêtus de noir, priait à genoux . [...] La lave se déplace à la vitesse de quelques mètres par heure, et a déjà recouvert la moitié de la ville sous une épaisseur d'environ 10 mètres. Le dôme d'une église, émergeant intact alors que l'édifice est submergé, est venu vers nous en rebondissant sur son lit de cendres. L'ensemble du processus était étrangement calme. La colline noire de scorie, ébranlée, tremble un peu et des blocs coulent sur ses pentes.

Une maison, d'abord complètement entouré et submergée, disparaît, intacte, de notre vue. Un bruit de machine, faible et lointain, indique que la lave a commencé à se contracter. J'ai vu un grand bâtiment avec plusieurs appartements faire face à la pression de la lave en mouvement. Il a réussi à tenir pendant quinze ou vingt minutes, puis les spasmes de la lave semblant se transmettre à la structure, il a également commencé à trembler, jusqu'à ce que ses parois se bombent puis s'écroulent. ..."

 

San-Sebastiano-1944---flickr.jpgSan Sebastiano en 1944 - photo Shaffer, Melvin C. /  World War II photographs, Medical Museum and Arts Service / Flickr.

HudlowVesuvius01.jpg                                             Vésuve - éruption de 1944 - avancée des coulées de lave
                  Photo from Francis Hudlow, Photographer of the 65th Fighter Squadron, 57th Fighter Group.
                    The 57th Fighter Group was based at Cercola, Italy at the time of the eruption.

 

Dans l’après-midi du 21 mars, commence la deuxième phase de l'éruption caractérisée par des fontaines de lave ... les coulées ne sont plus alimentées et s'arrêtent.

 

A partir de midi, le 22 mars, il y a eu un changement significatif dans le style éruptif :

Le 22 mars à 17 heures, la cheminée s'effondre, mais trois heures plus tard elle est de nouveau dégagée par de fortes explosions.

 

vesuve-en-mars-1944---23----ph.-Nara.jpg                                                  Le Vésuve en éruption le 23 mars 1944
                  Photographs from the National Archives and Records Administration (NARA) in College Park


Le 23 mars, des tremblements de terre sont accompagnés de puissantes explosions de cendres. Les panaches en forme de choux-fleurs, qui Vesuve---archives-1944-eclairs.JPGmontent jusqu'à 5.000 mètres, sont sillonnés d'éclairs.

 

Eruption du Vésuve en 1944 - le panache parcouru par des éclairs électrostatiques - doc. archives

 

L'accumulation de cendres est tellement importante sur les flancs que les pluies provoquent des fleuves de boue. A Terzigno, 5 kilomètres à l'est du cratère, il y a 80 centimètres de poussières volcaniques. A 28 kilomètres, à Cava dei Tirreni, il y en a encore 30. Les cendres retombent jusqu'en Albanie.

Des avalanches de blocs chauds et de petites coulées pyroclastiques marquent les flancs du cône.

 

De plus on constate une intense activité sismique jusqu'au matin du 23, période au cours de laquelle l'activité éruptive se réduit à la seule émission de cendres. L'émission de cendres du 24 mars marque la fin de l'activité éruptive ; elles blanchissent le Grand cône comme après une chute de neige. Les explosions se réduisent progressivement jusqu’à disparition le 29. Ne subsistent alors que des nuages de poussière, causés par des glissements de terrain en bordure du cratère.

 

printemps-1944---US-Navy.jpg                                  Le cône du Vésuve au printemps 1944 - Photo U.S. Air Force

 

Cette éruption parsème tout le versant méridional de cendres. Les villages les plus touchés par les dépôts pyroclastiques sont Terzigno, Pompei, Scafati, Angri, Nocera, Poggiomarino et Cava. Les habitants de San Sebastieno, de Massa et Cercola, quelque 12.000 personnes, doivent être évacués. Naples est épargnée par des vents favorables, qui écartent cendres et lapilli loin de l’agglomération.

La fin de l'éruption se produit enfin le 4 Avril 1944 .

 

On évalue à 250 millions de mètres cubes le volume des coulées de lave, et à 60 millions de mètres cube celui des téphra éjectés durant l'éruption. Le cratère a changé ; il a dorénavant un diamètre de 500 mètres et une profondeur de 300 mètres, son volume est trois fois moindre qu'en 1906.

Les chercheurs de l'observatoire du Vésuve ont calculé l'énergie libérée par l'éruption de 1944: elle fut supérieure à 6 x 1012 joules.

 

Actuel---depots-superieurs-de-er.-1944---R.Scandone.jpgVésuve - Les dépôts de tephra de l'éruption de 1944 recouvrent une couche plus claire formée par une coulée de lave de date antérieure - photo Roberto Scandone, 1989 (University of Rome).

 

L'éruption de 1944 fut la dernière éruption historique du Vésuve, et marque une transition entre l'état actif caractérisé par des conditions de conduit éruptif ouvert vers l’état de conduit éruptif obstrué.

 

Les dommages causés par l'éruption furent :
- 26 personnes tuées dans la zone touchée par les retombées de cendres dû à l'effondrement des toits des maisons;
- 2 villes partiellement détruites par des coulées de lave;
- 3 ans de perte de récolte dans les zones touchées par les retombées de cendres.

 

Vesuve---194-jpg                   Une jeep soulève les cendres du Vésuve en éruption - photo U.S.Army

 

L' éruption de 1944 a été rendue célèbre dans les actualités en raison de la présence des troupes anglo-américaines occupant Naples à cette époque. Plusieurs dizaines de bombardiers B-25 de l'Air Force sont gravement endommagés.

 

D'après des informations locales , un avion américain aurait été abattu durant l'éruption par des projections de lave et d'autres débris volcanique car il se serait trop approché de la colonne de fumée ainsi que du cratère .
Une petite base américaine à l'est du Vésuve à quant-à-elle été recouverte de cendres de même que 15 avions de chasse et plusieurs jeeps . Lorsqu'on a parlé de les dégager , un officier américain à dit : " Inutile . Laissons-les pour permettre aux archéologues qui feront des fouilles dans quelques centaines d'années , d'avoir la joie de découvrir et de s'extasier devant les "Cars" étranges et grossiers qu'employaient les armées du
XXème siècle ."
Sur un autre terrain d'aviation au pied du Vésuve , 31 avions ont été criblés de projections de lave solidifiée, ce qui les a mis hors d'usage .

 

B-25-apree-er.-23.03.44.jpgUn bombardier B-25 du 310° groupe de bombardement , troué et recouvert des cendres de l'éruption en mars 1944 - Photo from the National Archives and Records Administration (NARA) in College Park

 

 

Précisions de Boris Behncke / INGV : "  dans ce vidéo, ils ont mélangé des images de l'éruption 1944 et de quelques années  auparavant, quand la lave couvrait le fond du cratère, souvent en forme de pahoehoe .
(par example à 1:51-1:57 mn et encore à 2:10-2:12 mn). 

 

 

Sources :

- INGV - Osservatorio Vesuviano - Eruzione del Vesuvio del 1944 - link

- Nara - National archives and records administration / College Park - http://www.warwingsart.com

- Nara - The  489th bombardment squadron on Corsica.

- Flickr - SMU Central University Libraries

- Global Volcanism Program - Vesuvius

- Guide des volcans d'europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

In his series "The great volcanologists," our friend Jocelyn Lardy give us the scoop on his latest canvas ...

"Surtsey, virgin land, forbidden world"

"Surtsey, virgin land, forbidden world" - © work of Jocelyn Lardy, 2015.

"Surtsey, virgin land, forbidden world" - © work of Jocelyn Lardy, 2015.

As usual, he gives us the various stages of its completion, from the sketch to the finished work.

His inspiration comes, he tells us, from the first chapter "of water and fire ... the last wave" of the book of Guy De Saint Cyr, "From a volcano to another ... the adventures of a lava hunter ".

"I shared the canvas in a low third, two thirds up, very classic. In the bottom third, I want a somewhat turbulent sea, subject always exciting to paint. In the upper part, I want a very impressive volcanic cloud covering most of the top. My two main elements will be on each side, the boat and the island, in which I will insert a column of lava as described Guy de Saint Cyr. Then I will join the two elements with a scene where members of the trawler try to bring on board two people in a dinghy ... "

"Surtsey, virgin land, forbidden world": The work to his beginning in May 2015 - a click to enlarge - Photo © Jocelyn Lardy "Surtsey, virgin land, forbidden world": The work to his beginning in May 2015 - a click to enlarge - Photo © Jocelyn Lardy

"Surtsey, virgin land, forbidden world": The work to his beginning in May 2015 - a click to enlarge - Photo © Jocelyn Lardy

His idea takes a few words from Guy: "... the trawler rears rises, sinks ... a huge cloud ... slowly rises above the crater ... with terrifying majesty. ..this is the first time a trawler is approaching also near the volcano .... a titanic fluid basalt vertical cylinder ... fuse to dizzying heights as a huge range of fire. "

"Surtsey, virgin land, forbidden world": growth of the canvas in late May - click to enlarge - Photo © Jocelyn Lardy "Surtsey, virgin land, forbidden world": growth of the canvas in late May - click to enlarge - Photo © Jocelyn Lardy

"Surtsey, virgin land, forbidden world": growth of the canvas in late May - click to enlarge - Photo © Jocelyn Lardy

The viewer's eye goes, in a Dantesque atmosphere, from the boat buffeted in a rough seas to the volcano spewing his guts ... before seeing the little yellow boat and the drama that is being played.

Guy and Monique, his young wife, are on the verge of drowning, so they had to contemplate this volcanic eruption for two days. "... A rope is connected to the orange canoe, Monique can not swim, dramatic moments, I grab the rope ... Monique clinging to me, the dinghy, deforms (after puncture) ... we have water up to size ".

They were finally recovered just in time by the crew of the trawler.

"Surtsey, virgin land, forbidden world" ... an entry in the canvas to experience this dramatic episode - Photo © Jocelyn Lardy

"Surtsey, virgin land, forbidden world" ... an entry in the canvas to experience this dramatic episode - Photo © Jocelyn Lardy

"Surtsey, virgin land, forbidden world" ... an entry in the canvas: "... a rope is connected to the orange canoe" - Photo © Jocelyn Lardy

"Surtsey, virgin land, forbidden world" ... an entry in the canvas: "... a rope is connected to the orange canoe" - Photo © Jocelyn Lardy

"Surtsey, virgin land, forbidden world" ... an entry in the canvas : "Monique clinging to me, the dinghy, deforms ... we have water up to the waist" .- Photo © Jocelyn Lardy

"Surtsey, virgin land, forbidden world" ... an entry in the canvas : "Monique clinging to me, the dinghy, deforms ... we have water up to the waist" .- Photo © Jocelyn Lardy

The impression of what happened to the couple Saint-Cyr traveled extensively, with various phases of the eruption, and acrobatic recovery of the  protagonists ... this canvas do not want to be a photo, it revives "an impossible epic" as the author says.

Written with four hands, by Jocelyn and Bernard.

 


The distribution of this canvas agrees with the news of the island of Surtsey:

Scientists measured a temperature rise of the soil of the island of 10 ° C compared to previous measurements made there are two or three years ago. They think Surtsey temperature began to rise after an earthquake occurred in the spring 2015. This temperature rise indicates that magma is moving in the volcanic system of Westman Islands ... of course too early to predict an eruption in thefollowing years.

At this time, there is nothing to suggest an eruption, volcanoes often warm in surface before cooling again. The biggest risk for the case of Surtsey would be the occurrence of a steam explosion ... incurred only by the birds and plants that live there in the summer.

Aerial photo of Surtsey and craters in August 2002 - The Surtsey Research Society / http://www.surtsey.is/pp_ens/photo_map_3.htm

Aerial photo of Surtsey and craters in August 2002 - The Surtsey Research Society / http://www.surtsey.is/pp_ens/photo_map_3.htm

Sources :

  • Find the works of Jocelyn Lardy on its website::http://sjlardy.free.fr/ 
  • A big thank you to Jocelyn Lardy for his confidence, his document sharing, and all the happiness he gives us to admire the volcanic canvas.
  • " D’un volcan à l’autre "– par Guy de Saint-Cyr aux éditions de La Martinière

Actualité :

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le volcan sous-marin Kick'em Jenny est situé dans la partie sud des îles Grenadines, elles-mêmes dans la partie sud de l'arc insulaire des petites
Antilles.
kej_3-copie-1.gif



kej_4.gif












Au nord de l'île de Grenade (Grenada), un groupe de rochers appelés "The Sisters" est situé 3 km. à l'ouest del'île de Ronde ... le volcan est situé 3 km. à l'ouest des "Sisters".

La présence du volcan fut revélée par une éruption, le 23-24 juillet 1939. Rapportée par un historien local, elle dura 24 heures; le colonne éruptive atteint 300 m. de hauteur et une série de vagues hautes de 2 m. fut remarquée aun nord de l'ile de Grenade et sur le sud des Grenadines. Depuis 1939, pas moins de 12 éruptions ont eu lieu, détectées par les sismographes. La dernière eu lieu en décembre 2001.

  Résumé de l'activité récente :

Date

Description

Evidence for eruption

24 July 1939

Eruption cloud up to 270m above sea level: local felt earthquakes; large sea waves generated (1m in open water); largest known historical eruption

Witnessed

5 Oct. 1943

Submarine eruption; local felt earthquakes.

T-phase recorded in Martinique.

30 Oct. 1953

Submarine eruption; earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean.

24 Oct. 1965

Submarine eruption; earthquakes of intensity V felt on Isle de Ronde

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean (and traced to KeJ)

5-7 May 1966

Submarine eruptions; earthquakes in north Grenada

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean (and traced to KeJ)

3-6 Aug. 1966

Submarine eruption, 168 free T-phase recorded, shocks with intensities less than or equal to IV felt in Grenada

T-phase

5 July 1972

Submarine eruption about 5 hours long

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

6 Sept. 1974

Material ejected into the air; sea above the volcano bubbling turbulently and spouting steam

Witnessed; T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

14 Jan. 1977

Submarine eruption.

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

29-30 Dec. 1988

Submarine eruption; turbulent discoloured water; earthquakes felt in north Grenada

T-phase

26 March to 5 April 1990

Earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean

4 Dec. 2001

Submarine eruption, earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean (and traced to KeJ). More than 600 volcanic earthquakes recorded on proximal stations.

 

Le volcan est en alerte "jaune" de façon courante et une zone d'exclusion de 1,5 km. autour du volcan est à respecter ! (voir la cause plus loin).

L'image du volcan a été prise par le NOAA en mars 2003; on peut observer un cratère parfaitement circulaire, d'un diamètre de 350 m., au sommet d'un cône symétrique. Le point culminant est situé à 180 m. sous le niveau de la mer. Le cratère est profond de 80 m.

Entre 1976 et 1978, un dôme a cru jusqu'à remplir le cratère, avant de disparaitre complètement. Le cratère s'est ouvert vers le NE. et contient un nouveau cratère de 30 m. de profondeur. Le sommet est compris dans une dépression en fer à cheval s'étendant 20 km. vers l'est, qui comprend des dépôts de coulées. L'interprétation totale des relévés n'est pas terminée.

 


Kick-em-Jenny----Jack-volcanoes-NOAA.jpg

 

 

SeaBeam image of Kick 'em Jenny showing new craters and domes (March, 2003). During a research cruise in March 2003 scientists discovered three craters (C1, C2 and Kick 'em Jack) and two domes (D1 and D2) near Kick 'em Jenny. Further investigations are needed to confirm whether these are separate 'live' volcanoes. - Photo NOAA.

 

Kick'em Jenny illustre bien comment les îles volcaniques de la région se sont formées : à chaque éruption sous-marine, des dépôts de matériel volcanique se sont accumulés autour du sommet faisant croitre peu à peu le volcan jusqu'à former une île. La formation de l'île de Surtsey, en Islande, confirme le mécanisme de formation.


Islearc.gif

 

 

Les risques liés au volcan :

La tragédie de l'Island Queen :

Le 5 août 1944, le navire "Island Queen", avec 60 personnes à bord, disparait entre Grenade et St Vincent. Dans un premier temps, on a cru que le navire avait été torpillé par un sous-marin allemand ... mais on n'a pu expliquer l'absence de débris après sa disparition.
En réalité, elle a été causée indirectement par le volcan sous-marin.
Le Kick'em Jenny est entré en éruption l'année précédent le drame et il est fort probable que le volcan dégazait toujours activement en 1944, bien qu'aucun signe ne soit visible en surface.

kejhazard_2-copie-1.gif
Ce dégazage peut diminuer la densité de l'eau de mer au dessus du sommet, ce qui rend la navigation dangereuse ... lorsqu'un bateau pénètre dans une telle zone de faible densité, il perd sa flotabilité et peut sombrer.


Le risque de tsunami :

Bien qu'une éruption importante ou un glissement de terrain puisse générer un tsunami, le risque de tsunami dans la région est largement exagéré : toute éruption ne génère pas un tsunami, et chaque tsunami n'est pas important.
Des vagues d'une amplitude de 10 mètres, à distance de 10 km. du l'évent, ne peuvent être engendrée  que si le volcan entre en éruption dans des hauteurs d'eau inférieures à 130 mètres.
Pour l'instant, la profondeur des évents est située à 268 m. Si le volcan continue de grandir vers cette altitude critique
- et seulement dans ce cas - , les éruptions risquent de devenir explosives avec la probabilité de provoquer un tsunami comme corollaire.


Kick-em-Jenny-volcano-2--univ.west-indies-seismic-reearch-c.jpg


 

 

Sources :


- GVP Global volcanism Program

- NOAA  - National Oceanic and Atmospheric Administration.

   diverses missions "Ocean explorer".

- The University of West Indies : Grenada - Kick'em Jenny hazards

 

  Pause dominicale - L'art sur les chemins du feu - avant de reprendre le circuit des Petites Antilles

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 "Augustonemetum ", capitale gallo-romaine des Arvernes sur laquelle a été bâtie la ville de Clermont-Ferrand, n'est pas née à cet endroit par hasard.

Le bassin de Clermont-Ferrand est situé à l'intersection de plusieurs entités géographiques : la chaîne des Dômes à l'ouest et l'escarpement de faille ouvrant sur la plaine de Limagne, délimitée, à l'est des contreforts du Livradois, par le val d'Allier.

Clermont-Ferrand s'est développée au pied de la chaîne des Dômes dans un petit bassin sédimentaire protégé. Cet espace riche en sources thermominérales est composé de zones marécageuses et de nombreuses buttes volcaniques. « Clermont-Ferrand est né de la rencontre de l’eau et du feu de la terre ».

 

Clermont_vu_de_Montjuzet---Fabien1309.JPGUne partie de l'agglomération de Clermont-Ferrand, et sa cathédrale, vues depuis Montjuzet - photo Fabien1309.

 

Limagne---Limites-du-temps.png               Clermont-Ferrand et son environnement tectonique et volcanique - doc. BRGM


Le Fond de Jaude et la Butte de Clermont :

La butte centrale de Clermont-Ferrand est constitué par un « conglomérat » stratifié reposant sur des sables alluviaux. Ce conglomérat a été successivement interprété comme moraines, produit d’un volcanisme pépéritique, cône de déjections torrentielles ou dépôts de pentes périglaciaires, avant que des travaux de terrassement effectués pour la construction de grands immeubles ne livrent d’excellentes coupes atteignant 10 mètres de hauteur. On a pu ainsi observer tous les caractères, sans exception, qui font de cette butte un dépôt de maar. Le magma frais y est représenté par des lapilli et des bombes en choux-fleurs ; les éléments du substratum appartiennent à la série sédimentaire de Limagne.
De nombreux sondages carottés nécessités par les études géotechniques ont apporté la preuve de l’existence dans le substratum, au pied de la butte, d’une fosse composite à parois raides, dont le fond n’aurait été atteint que par un forage ayant traversé auparavant 76 mètres de sédiments lacustres. (Geowiki)

 Le voisinage de ces deux unités (fosse et butte) nous conduit à interpréter la dépression du  "Fond de Jaude", située au-dessus de cette fosse, comme le témoin apparent du maar de Clermont (nommé aussi "maar du Fond de Jaude" ou "maar des Salins").
Ce maar datant d’il y a 150.000 ans environ, est né de la rencontre entre le magma et l’eau de la Tiretaine, et d’éruption phréatomagmatique qui a laissé un cratère de 1500 m. de diamètre

 

Les projections échappées du cratère se sont accumulées en croissant sur son rebord oriental, constituant une épaisseur de tuf de 25 mètres, sur lequel s’est créée la butte de Clermont. Cette roche s’est avérée assez résistante pour supporter des constructions et suffisamment tendre pour y creuser jusqu’à quatre étages de caves.

 

souterrain-ds.-tuf-Clermont-ferrand--L.Falchero.jpg                 Clermont-Ferrand - galerie souterraine dans le tuf - photo L.Fachero


C’est à l’époque gallo-romaine que l’on a vu apparaître les premiers travaux souterrains, liés à l’eau essentiellement : puits et aqueducs. Plus tard, diverses galeries ont été creusées pour servir de refuge, de garde-manger ou de parcs à bestiaux à la population, quelque peu à l’étroit dans son enceinte fortifiée. À la fin du Moyen Âge, la ville a commencé à s’édifier et de belles demeures en pierre se sont construites. Les rez-de-chaussée, particulièrement soignés, longeaient les rues en pentes fortes. Ensuite, des comblements successifs ont adouci le relief afin de faciliter la circulation des voitures… tant et si bien que la partie inférieure des constructions s’est retrouvée en sous-sol. Cela explique les trésors d’architecture trouvés aujourd’hui dans certaines caves : chapiteaux sculptés, piliers en pierre de taille, petites fenêtres trilobées, portes au chambranle mouluré… La conservation du vin fut ensuite la grande affaire des caves clermontoises. Les propriétaires de vignes y ont stocké leur production jusqu’aux attaques du phylloxéra et l’abandon du vignoble vers les années trente. De nombreuses caves furent alors reprises pour le fromage. Achetés sur les marchés, les fromages « à blanc » étaient transportés dans les sous-sols, déposés sur la paille de seigle et affinés à une température idéale de 11° toute l’année. Les caves ont aussi servi de refuge. Ainsi, pendant la Seconde Guerre mondiale, pour protéger les populations contre les bombardements, les services municipaux ont aménagé des abris. Le 6 mai 1943, cinq cent vingt-sept caves furent recensées dans soixante-dix-sept rues, pour abriter 17.096 personnes. Aujourd’hui, de nouvelles activités apparaissent, redonnant une certaine jeunesse à ce patrimoine. Restaurants, salles de réception privées, galeries d’art, salles de musique fleurissent et mettent en valeur ce cadre original.

 

Facade_cathedrale_clermont-ferrand.jpg                                         La cathédrale de Clermont en "pierre de Volvic".

 

La cathédrale gothique de Clermont-Ferrand, commencée en 1248, est construite en " pierre de Volvic" . Cette pierre de couleur grise, caractérisée par la présence de nombreuses bulles et de feldspath, est résistante au gel, aux produits chimiques et possède un faible coefficient de dilatation … et donc intéressante comme matériau de construction, pour les monuments funéraires et autres bacs pour l’industrie chimique

C’est une benmoréite (trachyandésite) provenant des coulées du Puy de la Nugère, datées de plus de 10.000 ans ; elles correspondent à un épisode strombolien effusif qui a marqué l’histoire complexe de la Nugère, situé 20 km. au nord-ouest de la ville..

 

Puy-de-la-Nugere---Volvic.jpg                         Puy de la Nugère - photo Impluvium de Volvic / Soc. Volvic

 

volvic.jpg                                           Coulées de la Nugère et captage des eaux de Volvic.

 

Volvic est connue pour ses eaux qui ont un intérêt diététique : elle favorise l’élimination des déchets métaboliques. En usages externes, elle est utilisée pour les soins journaliers de la peau, les soins esthétiques.

 

Sa composition :     
63.158.jpgCalcium : 11,5 mg/L
Sodium : 11,6 mg/L
Magnésium : 8 mg/L
Potassium : 6,2 mg/L
Bicarbonates : 71 mg/L
Chlorures : 13,5 mg/L
Sulfates : 8,1 mg/L
Nitrates : 6,3 mg/L
Silice : 31,7 mg/L                                  Etiquette des "Eaux de Volvic à Volvic"
Fluor : 0,22 mg/L


Brève historique des eaux de Volvic :

Entrepreneur, sculpteur et carrier volvicois, M. Legay Chevalier découvrit le premier ce trésor, au lieu-dit "la Vallée du Goulet". Malgré des efforts Docteur_Moity---ph.Matthieu-Perona.JPGconstamment renouvelés et les nombreuses difficultés tant techniques que financières, il ne put réaliser son incroyable projet : sa mort, en 1915, laissa en suspens l'idée généreuse d'adduction en eau potable pour la commune et l'installation d'un éclairage public. Quelques années plus tard, au cours des années 1920, le Docteur Moity, maire de Volvic reprit les études de Legay Chevalier en 1922.

1927 : Découverte de la ressource en eau du bassin de Volvic à l’initiative du docteur Moity : le Captage du Goulot.

Pierre commémorative au Docteur Moity - photo Matthieu Perona.

1938 : Première mises en bouteilles par une société locale (eau de sources).

1955 : Production annuelle : 200.000 litres

1958 : Création de la Société des Eaux de Volvic par le groupe Sellier Leblanc.

1965 : Classement « Eau Minéral Naturelle » par le Ministère de la santé de la Sources Claivic mise à jour par la Société des Eaux de Volvic. Mise en bouteilles de 1 litre verre à l’usine du Goulet.

 

limagne_gravenoire--svt-ac-dijon.jpg                                                                  Doc. SVT - ac Lyon.


Le volcan de Gravenoire : 

Il est situé sur la faille qui limite du côté ouest la Limagne. Ses périodes d’activité ont été entrecoupées de périodes d’assoupissement… avec des coulées vers le nord-est et Royat, ou vers le sud-est vers Beaumont.

Les scories du puy de Gravenoire ont été exploitées pour fournir de la pouzzolane rouge ou noire. Cette activité est désormais arrêtée mais a entaillé les flancs du puy, notamment à l'ouest et à l'est. L’accès à la carrière est interdit.

 

-Puy_de_Gravenoire---ph.-Kostia-9.JPG                        Puy de Gravenoire - les scories rouges et noires - photo Kostia9

 

Sources :

- Eduscol - Découvrir et comprendre le rift de la Limagne- link

- Geowiki - les maars du Puy de dôme - link

- Volvic - société des eaux de Volvic.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Palmerston-Aerial-aerial-pictures-of-the-cook-isl-jpg

                       Iles Cook du sud - Palmerston - photo Aerial vieuws of Cook islands.

 

 

Selon la tradition orale, les îles Cook auraient été peuplées à partir du 8°ou 9° siècle par vagues successives en provenance des Samoa, des îles de la Société, des Tuamotu et sans doute également des îles Marquises et des îles Australes. Aucune trace archéologique probante antérieure à cette date n’a jusqu'en 2008 été mise à jour. Néanmoins, selon l'archéologue Patrick V. Kirch, certaines modifications environnementales observées sur les île de Mangaia et d'Aitutaki et datant d'il y a 2000 à 2500 ans pourraient être d’origine humaine. Les îles Cook furent également l'une des bases de départ des migrations polynésiennes vers la Nouvelle-Zélande.

 

p1migmap.gif      Carte des migrations des ancêtres polynésiens (en orange) entre 5000 avant JC et 300 après JC.


Des navigateurs espagnols et portugais atteignirent les îles du sous-groupe nord à la fin du XVI° siècle. Plus tard, les Britanniques explorèrent également la région et nommèrent l’île de Pukapuka Danger Island (1664). Au cours deson second tour du monde, James Cook visita les îles de Manuae (septembre 1773) et Palmerston (Juin 1774) puis, au cours de son troisième voyage, Mangaia et Atiu (mars 1777). En 1804, le nom d'Îles Cook fut employé pour la première fois par le navigateur Johann Adam von Krusenstern. Ce n'est qu'avec le protectorat britannique que l'archipel dans son ensemble fut officiellement baptisé ainsi après avoir porté un temps le nom d'îles Hervey.

Les îles Cook furent officiellement annexées le 7 octobre 1900 par la Nouvelle-Zélande. En 1946, les habitants des îles Cook purent élire leur propre Conseil législatif et participer davantage à l’administration de leur archipel. Au cours des années 1960, le mouvement de décolonisation qui balayait le monde atteignit aussi l'Océanie, ce qui incita le gouvernement à accorder aux îles Cook un statut d'indépendance associée ("self government") en instaurant une nouvelle constitution.

Les îles Cook conservent depuis cette date d'étroits liens politiques et économiques avec la Nouvelle-Zélande. Ce statut particulier leur permet ainsi de recevoir une aide financière annuelle, alors que les insulaires sont automatiquement citoyens néo-zélandais.

 

 

Rarotonga---sculpture-de-basalte.jpg                            Rarotonga - sculpture de basalte -photo Rarotonga cultural center

 

La sculpture sur bois est une forme d'art courante aux îles Cook. Chaque 220px-British_Museum_-_Wooden_carving_from_Rarotonga_18th-1.jpgîle garde cependant une spécialisation ... c'est ainsi que Rarotonga est connue pour ses statues de dieu des pêcheurs et leurs aidants, et Atiu est célèbre pour ses sièges en bois. La plupart des oeuvres originales furent cependant escamotées par les premiers visiteurs européens, ou brûlées par les missionnaires.

 

Statuette en bois du dieu des pêcheurs ayant échappée à l'émasculation - Origine Rarotonga 18°-19° - conservée au British Museum.


La sculpture sur pierre est plus rare, bien qu'il subsiste d'excellentes oeuvres de Mike Taveoni.


Mitiaro Nukoroa 3.1

L'expression culturelle se manifeste aussi aux îles Cook, sous forme de chants et danses, au cours de festivals; chaque île possède ses propres dances, pratiquées depuis la prime enfance.

Festival Te Maeva Nui 2005 - photo L. Bailey / Ministry of cultural development.

 

La chaine volcanique Cook-Austral :


Bien que grossièrement orienté dans la direction de déplacement actuel de la plaque Pacifique, caractérisée par un ratio de 11 cm/an et une direction 115°N., le modèle formé par les volcans émergés et sous-marins est complexe.

 

CookFig1a_700---mantle-plume.gif                   La chaîne volcanique COOK-AUSTRAL - doc. Mantle plume by A. Bonneville.


La morphologie et la géométrie des groupes d’îles suggère l’existence de deux alignements volcaniques, dans le contexte de la Cook-Austral volcanic chain.

Un alignement nord, le groupe d’îles Aitutaki-Mauke, avec Rimatara, Rurutu, Tubuai, Raivavae, President Thiers bank. La branche sud est constituée de Rarotonga, Mangaia, Neilson bank, Rapa, Marotiri et du seul volcan actif, le seamount Mc Donald.


Les îles Cook :

 

_841414_orig.jpg                 Présentation pour les volcano-philatélistes - doc. Cook islands philatelic bureau.

 

cw-map.gif                 Les îles Cook - les deux branches de l'archipel - doc. The World Factbook / CIA


Les îles Cook, divisées géographiquement en deux branches, sont le résultat de l’activité volcanique et corallienne dans le Pacifique sud.


Les îles de Rarotonga, Mangaia, Atiu, Mauke, Mitiaro et Aitutaki sont constitués des sommets émergents de volcans éteints ; Manuae, Palmerston, Penrhyn, Manihiki, Rakahanga,  Pukapuka, et Suwarrow sont des atolls, des récifs coralliens entourant un lagon , qui surmontent le sommet submergé d’un volcan.

A noter des formations intermédiaires : Aitutaki est pour part volcanique, pour part un atoll. Takutea est un presqu’atoll et Nassau est un banc de sable sur une base de récif corallien.

 

atoll.jpg

Les atolls du groupe nord, à l’exception de Penrhyn, s’élève depuis la périphérie d’une grande plate-forme  peu profonde nommée le plateau Manihiki. Ce plateau est situé à une profondeur de 2500-3000 m. et couvre une superficie de 600.000 km², soulevé probablement durant le crétacé, entre 135 et 65 Ma. 

Penrhyn est située entre le plateau Manihiki et les îles Line ; elle constitue la plus haute montagne volcanique des îles cook, avec un relief à plus de 4876 m.

L’activité des volcans situés sur 4 îles du nord, Mangaia, Atiu, Mauke et Mitiaro, fut suivie d’une subsidence : les sommets disparurent sous le niveau marin et une barrière récifale commença à croître ; par après l’ensemble remonta lentement vers la surface, à moins que ce ne soit le niveau marin qui baissa , laissant réapparaitre sommets et récifs. Cette barrière soulevée est appelée " makatea " … et ces 4 îles sont qualifiées de " type-makatea ". Une nouvelle barrière de corail commence alors à croître sous le niveau de la mer.  

 

cooks_islands_arialview.jpg        Iles Cook du sud - Rarotonga - photo aerial views of Cook Islands

 

Aitutaki3.jpg                           Iles Cook du sud - Aitutaki - photo Cook islands


Datation des évènements :


La phase éruptive des îles Cook, à l’exception de Rarotonga, est datée du Paléocène, entre 65 et 60 Ma. A cette époque, l’altitude des volcans du groupe nord dépasse le niveau marin. Leur subsidende s’opère durant l’eocène, entre 60 et 38 Ma.

Mangaia est plus jeune : on retrouve, dans son récif surélevé,des fossiles datés entre 38 et 7 Ma. Penrhyn, Manihiki-Rakahanga et Suwarrow reposent sur des calcaires du Miocène, vieux de 22 à 14 Ma.

Le makatea de Mangaia, Ngatangiia, Roratonga sont datés de 110-90.000 ans, à plus de deux mètres, tandis que les formations principales de récifs sur rarotonga et Aitutaki se constituèrent il y a 15.000 ans, avant le dernierâge glaciaire.

Les récifs coralliens ont débuté leur croissance à Atiu, il y a 7 Ma, tandis que les formations de Suwarrow, Rakahanga, Pukapuka et Manihiki dateraient de 2 Ma ou moins.

 

Rarotonga_TeManga_Cook_Islands.jpg         Iles Cook du sud -  le pic Te Manga, point culminant de Rarotonga - photo Marcus Gleinig

 

Deux "cartes postales" des îles Cook ...

 

Cook_Islands-1.jpgcook-islands-dancers-beach

 

 

 

 

 

 

 

 

 

... sur un "rythme" différent, mais toujours enchanteur !

 

 

 

 

 

Sources :

- NZETC - Geological history of the Cook islands - link

- Culture of the Cook Islands - Lords of the dance - link 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Volcans et climat

 

On parle beaucoup ces jours-ci de l’influence du volcanisme sur le climat, et particulièrement de son implication au niveau du Petit age Glaciaire  - LIA , Little Ice Age.

 

lia-pic2

 

lia-pic3Variations dans le temps des températures - situation du Little Ice Age par rapport à la période Holocène et suivant l'Optimum climatique médiéval. - doc. atmos. Washington.edu.


Un article dans le Geophysical research letters, cosigné par Gifford H. Miller (INSTAAR and Department of Geological Sciences, University of Colorado at Boulder, Boulder, Colorado, USA / Institute of Earth Sciences, University of Iceland, Reykjavík, Iceland) et nombre d’autres scientifiques, principalement des climatologues, va dans ce sens. Il s’intitule  : "Abrupt onset of the Little Ice Age triggered by volcanism and sustained by sea-ice/ocean feedbacks", et pointe un début brutal du LIA en deux paliers, une possible explication par des décades d’activité volcanique explosive, et un relais / soutien du refroidissement par le couple océan – calotte glaciaire.  


Le petit âge glaciaire : sa nature, sa période d’existence, ses causes possibles :


Le Petit âge glaciaire est défini comme une période de refroidissement suivant la période chaude médiévale (l’optimum climatique médiéval).

Bien que ne caractérisant pas une véritable période glaciaire, ce terme fut introduit dans la littérature scientifique en 1939 par François  E. Matthes ; il définit par convention une période non uniforme s’étendant depuis le 16° jusqu’au 19° siècle. (1550 à 1850, selon la Nasa).

Son importance a été relativisée … le LIA doit être considéré comme un refroidissement de l’hémisphère nord de moins de 1°C par rapport aux niveaux moyen de température de la fin du 20° siècle (GRID 2001).

 

1000 Year Temperature Comparison

The reconstructions used, in order from oldest to most recent publication are:

  1. (dark blue 1000-1991): The Holocene.
  2. (blue 1000-1980): Geophysical Research Letters.
  3. (light blue 1000-1965): Ambio. Modified as published in Science.
  4. (lightest blue 1402-1960): J. Geophys. Res..
  5. (light green 831-1992): Science.
  6. (yellow 200-1980): Geophysical Research Letters. 
  7. (orange 200-1995): Reviews of Geophysics. 
  8. (red-orange 1500-1980): Geophys. Res Lett.. 
  9. (red 1-1979): Nature. 
  10. (dark red 1600-1990): Science. 

The original version of this figure was prepared by Robert A. Rohde from publicly available data and is incorporated into the Global Warming Art project

 

Diverses causes ont été proposées : des baisses cycliques de la radiation solaire, une activité volcanique soutenue, des variations de l'albedo et de la circulation des eaux océaniques, une variabilité inhérente au climat, et même une diminution de la population humaine (en relation avec une reforestation et un boom de CO2).

Les causes réelles sont multifactorielles, mais quelle est la part prise par les éruptions volcaniques explosives ?


Les températures estivales de l’hémisphère nord au cours des derniers 8.000 ans ont été rythmées par une lente diminution de l’insolation résultant de la précession des équinoxes (La précession est le nom donné au changement graduel d'orientation de l'axe de rotation d'un objet ou, de façon plus générale, d'un vecteur sous l'action de l'environnement, par exemple, quand un couple lui est appliqué … la précession des équinoxes est le lent changement de direction de l'axe de rotation de la Terre).

On débat cependant toujours sur les causes des anomalies thermiques estivales, principalement durant les années les plus froides du Petit âge glaciaire, à cause de la faiblesse des interventions en provenance de phénomènes naturels et de la courte action dans le temps de l’effet des éruptions volcaniques.

 

L’étude de Miller & al. relève deux périodes de croissance de la couverture glaciaire arctique du Canada et de l’Islande, en relation avec des étés froids :

- la première entre 1275 et 1300 , période où l’on répertorie les éruptions du Quilotoa (Equateur) en 1280 / VEI 6, du Cayambe (Equateur) en 1290 / VEI 4, et de l’Hekla (Islande) en 1300 / VEI 4. On peut y ajouter celle du Katla (Islande) en 1262 / VEI 5.

- la seconde entre 1430 et 1455, période d’éruptions du Shiveluch (Kamchatka) en 1430 / VEI 4, de la Soufrière de la Guadeloupe en 1440 / VEI P, du Katla (Islande) en 1440 / VEI 4, du Furnas et du Sete Citades (Açores) respectivement en 1441 et 1444 / VEI 4, du Pinatubo (Philippines) en 1450 / VEI 5.

 

Stratospheric-volcanic-sulfate-aerosol---Gao-geophysical-re.jpg

Injection annuelle d'aérosol sulfatés dans la stratosphère de l'hémisphère nord (au dessus), de l'hémisphère sud (au milieu) , et globalement (en bas)  au cours des derniers 1500 ans, sur base d'analyse de carottes glaciaires - doc. Gao & al. 2008

 

 Un modèle climatique montre que le volcanisme de type explosif puissant peut induire un refroidissement des étés, et que les étés froids peuvent se maintenir longtemps après que l’effet des aérosols volcaniques ait cessé, grâce à l’action combinée suivante de la calotte glaciaire et des océans.

L’étude met en évidence la concordance du "démarrage" du LIA et d’une période de grandes éruptions explosives et d’émissions fortes de gaz soufrés sur un laps de temps de 50 ans, chaque éruption avec un ratio de charge en sulfate supérieur à 60 Tg. La rétroaction du couple calotte glaciaire–océan s’explique par la persistance d’étés froids, liés à une insolation hémisphérique estivale minimum, sans intervention nécessaire de changements de la radiance solaire.

 

Examinons quelques fortes éruptions qui ont constellées cette période :

 

Eruption du Quilotoa en 1280 :

img01-02Le Quilotoa est un stratovolcan dacitique au sommet tronqué d'une petite caldeira large de 3 km., situé à 80 km. au SSO de Quito - Equateur. Enchassée dans des parois atteignant une hauteur de 400 m, elle est occupée par un lac profond de 240 m.

Au cours des derniers 200.000 ans, le Quilotoa a produit au moins huit épisodes éruptifs explosifs, à un intervalle de 10.000-14.000 ans.

 

Le Quilotoa est le volcan andin "le plus à l'ouest" .

 

Panorama_quilotoa_crater_lake_ecuador---Annom---2.jpg                           La caldeira et le lac du Quilotoa - photo Annom

 

L'une des plus importantes éruptions du dernier millénaire est datée au radiocarbone de 1280. En quatre phases, 11 km³ de magma furent émis

; la première phase a produit l'un des plus gros dépôt de ponces et cendres  des Andes du nord, avec 2,1 . 1010 m³ de tephra émis, ce qui la classe en VEI 6 . Les phases suivantes sont caractérisées par de grandes coulées pyroclastiques et des lahars qui ont atteint les côtes du Pacifique.

Cette éruption s'est produite après une période de dormance de 14.000 années; elle fut suivie par la formation de l'actuelle caldeira et la mise en place d'un petit dôme de lave.

 

 

Pour suivre, d'autres éruptions datées du Petit âge glaciaire.

 

Sources :

- Abrupt onset of the Little Ice Age triggered by volcanism and sustained by sea-ice/ocean feedbacks  - by Gifford H. Miller (INSTAAR and Department of Geological Sciences, University of Colorado at Boulder, Boulder, Colorado, USA / Institute of Earth Sciences, University of Iceland, Reykjavík, Iceland) & al. - link

- Wired Science / Eruptions - Volcanoes and the Little Ice Age : not the smoking gun ? - link

- Global volcanism Program - Large holocene eruptions - link

- "The plinian fallout associated with Quilotoa's 800 yr BP eruption, Ecuadorian Andes", Journal of Volcanology and Geothermal Research - by Patricia A. Mothes, Minard L. Hall (2008)

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le deuxième observatoire dépendant de l’I.N.G.V.,  l’Osservatorio Etneo :


Situé à Catania, le siège de l’Osservatorio Etneo a en charge comme son nom l’indique le plus actif des volcans européens, l’Etna, mais aussi Ferdinandea, Pantelleria, et tous les volcans des îles Eoliennes, dont le toujours turbulent Stromboli.


Etna.-Osservatori-e-Rifugi.-Osservatorio-Etneo---Taffara-Lu.jpg

                   Etna Torre del Filosofo - Osservatorio / rifugio Etneo - phot Taffara Luigi 1929

 

L’Osservatorio était installé sur l’Etna à la Torre del Filosofo jusqu’à sa destruction par une éruption en avril 1971.

Haroun Tazieff, sur l’Etna à ce moment, relate cette destruction dans son phrasé typique :

"...  Dès le début de cette éruption, en mars, ses premières coulées avaient buté contre le puissant édifice qu’était l’observatoire. Il avait sereinement supporté cette attaque et nous avions continué à l’habiter, malgré les bouches éruptives qui sifflaient, grommelaient, éructaient ou hurlaient à cent mètres de là. L’habitude aidant, nous n’éprouvions guère d’inquiétudes. Sauf, par moments, François Le Guern, jeune encore en ce métier. (…)

Il sortit voir et rentra aussitôt, la voix pleine d’alerte. Le temps de nous rechausser, d’attraper nos sacs à dos, de nous précipiter au dehors, d’aller nous jucher sur un bloc haut de trois mètres, et nous eûmes le privilège de contempler la large coulée, que Fanfan avait vue venir de l’amont, embrasser la base du bâtiment, l’encercler et ensuite poursuivre, imperturbable, son chemin vers l’aval à la vitesse, modeste sans doute mais rétrospectivement effrayante, d’un homme qui marche. (…) Peu après une nouvelle coulée vint de l’amont, identique à la première qu’elle recouvrait comme une monstrueuse chenille pourpre. Une troisième, puis une quatrième, puis une cinquième… notre refuge familier disparaissait à mesure que ces coulées s’empilaient autour de lui. En quelques heures cet empilement atteignit le toit. Ce toit disparut et, finalement, la coupole astronomique qui le surmontait.

Les coulées continuèrent à se superposer et désormais l’observatoire se trouve enfoui sous dix mètres de roche basaltique. Tout comme la gare terminale du téléphérique, abomination de béton et ferrailles qui se dressait à une centaine de mètres en aval. La disparition du télé consola mon cœur, qu’avait attristé celle du vieil observatoire. "

 

1971.04.24_Scarpinati-giuseppe---INGV.jpg              24.04.1971 - L'observatoire est entouré par la lave  - photo Giuseppe Scarpinati / INGV


Osservatorio_Etneo_top_nowrite.jpgDepuis son siège est à Catania, avec des antennes à Vulcano et Stromboli, dans les îles Eoliennes, et des relais à d’innombrables stations sur les flancs des volcans.

 

Les nouvelles installations de l'INGV Catania - photo INGV

 

53-2157.JPG                 INGV Catania - les écrans de la salle des opérations - photo INGV


L’analyse des dernières éruptions des deux volcans en activité permanente, Stromboli et Etna, étant faite dans les articles journaliers, nous ne reprenons brièvement que celles qui ont eu lieu au 19° siècle sur Ferdinandea, Pantelleria et Vulcano.

 


Ferdinandea, l'île à éclipse, est située dans le détroit séparant les côtes Sicilienne et Tunisienne .

Cette zone volcanique, formant les Champs Phlégréens de la Mer de Sicile,  incluse dans une dépression à 1.000 mètres de profondeur, est composée de 13 volcans dont le plus célèbre est Empédocle, qui a émergé pour la dernière fois en 1863 en donnant naissance à l'île temporaire de Ferdinandea, située pour l'instant à huit mètres sous le niveau de la mer.


           Ferdinandea - Document collection M.Kraff, publié par Simkin et Siebert - 1994 - GVP.

Ce document n'est pas, à proprement parler, un oeuvre d'art, mais reste un témoignage important à une époque où n'existait pas la photographie.
Il relate l'éruption du volcan : le 13 juillet 1831, lorsque le volcan surgit, des fontaines de lave jaillissent le long d'une fissure; au contact de l'eau, la lave explose, crachant des "nuées cypressoïdes" de cendres noires.


Pantelleria, avec les îles de Lampedusa, Linosa, et Lampione, forme l'archipel italien des Pélagies, un groupe d'îles volcaniques qui doit son existence à la présence d'un rift continental au centre du canal de Sicile.
Le fond du Canal de Sicile remonte sur les épaulements de ces fossés d'effondrement, et émerge pour former les îles plates de Lampedusa et de Malte. Le plancher du rift correspond à une croûte amincie dont l'épaisseur atteint une vingtaine de kilomètres, alors que l'épaisseur de la croûte est d'une quarantaine de kilomètres sous la Sicile ou la Tunisie. La structure de Pantelleria est déterminée par des failles orientées suivant la direction des failles bordières des fossés (NNO/SSE).

 

Laghetto-delle-ondine---G.Roncaglia.jpg                         Pantelleria - Le Laghetto delle Ondine - photo Gino Roncaglia

 

L'île de Pantelleria est la partie émergée d'un volcan de 40x30 km et 2150 mètres de hauteur. L'île qui couvre 83 km², et est longue d'environ 13 km et large de 8 km au maximum.

L'édifice volcanique aurait émergé il y a 500.000 ans, et a continué de croître de façon intermittente jusqu'à l'époque actuelle, la dernière éruption, marine, ayant eu lieu en 1891.

 

Pantelleria la côte 2 - G.Roncaglia

 Pantelleria - la stratification des terrains formant cette île volcanique, vue de la mer - photo G.Roncaglia

 

La morphologie de l'île est marquée par l'existence de deux caldeiras emboîtées dans la partie centrale :

- la caldera de la Vecchia (114.000 ans)

- et la caldera Monastero, ou Cinque Denti (45.000 ans), largement comblées par les produits d'éruptions postérieures . Elle contient les volcans-boucliers post-caldeira Monte Grande et Monte Gibele. Les éruptions datées de l’holocène ont construit des cônes de ponce, des dômes de lave et des coulées de laves en blocs.

Confirmant cette activité, une éruption sous-marine a eu lieu en 1891, aux dépens d’un évent situé au large de la côte NO de Pantelleria.

 

Vulcano, située au nord de la Sicile dans l'arc volcanique des Eoliennes, s'est établie au cours des derniers 136.000 ans. L'île, de 3 x 7 km, est principalement caractérisée par deux caldeiras qui se recouvrent : au SE, la caldeira del Piano (100.000 ans) et au NO, la caldeira della Fossa (24.000 - 15.000 ans) . Vulcanello, et ses trois cônes pyroclastiques, a été connecté avec Vulcano en 1550. 


Sicile-08-930-copie.jpg Vue aérienne de l'île de Vulcano - à l'avant-plan, Vulcanello, ensuite l'isthme séparant Porto di levante et Porto di ponante, le cône de La Fossa au centre et sur la gauche, il Piano - photo B.Duyck, d'après une carte postale.


z-Vulcano-pano--copie.jpg

                  Vulcano, le cratère de La Fossa  et ses fumerolles  - photo © Bernard Duyck

 

La dernière éruption de La Fossa de Vulcano a lieu de 1888 à 1890. Cette dernière éruption a permis à Giuseppe Mercalli de définir le type "vulcanien".

 

Vulcano_-Mercalli1889-14.02.jpg         Vulcano - éruption de 1889 - photo G.Mercalli / à noter les belles bombes émises par le volcan.

  Giuseppe Mercalli, abbé, sismologue et volcanologue  (1850-1914),enseigna la géologie et la minéralogie à l'Université de Catane, puis la volcanologie et la sismologie à celle de Naples. En 1911, il a pris la direction de l'Osservatorio Vésuviano. Il a crée une échelle, subjective, de mesure de l'intensité des séismes sur base des effets produits, et classifié les types d'éruptions volcaniques.

 

z-IMG 6216 copie 2         Vulcano - champ fumerollien de la lèvre du cratère La Fossa II - photo © Bernard Duyck

 

 

Sources :

- INGV - Catania - Osservatorio Etneo

- INGV - Aprile-giugno 1971: l'eruzione che segnò l'inizio di una nuova fase di attività del vulcano - link   

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Ferdinandea sur ce blog - link

- L'île volcanique de Pantelleria - Gilles Brocart & Désiré Corneloup

- Trapani Sicilia - Pantelleria

- Global Volcanism Program - Vulcano

- INGV - Vulcano, isole Eolie

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Reykjavík, porte d’entrée en Islande, est aussi la capitale du pays et la capitale la plus septentrionale du monde, étant donné sa situation à proximité du cercle polaire.

Reykjavík est située sur la marge sud-ouest de l'Islande, dans la baie de Faxaflói. Le secteur côtier de Reykjavík se caractérise par la présence de nombreuses péninsules, criques, détroits et petites îles. La plus grande partie de la ville de Reykjavík est située sur la péninsule Seltjarnarnes, mais les faubourgs sont étendus au sud de cette péninsule.

 

35355 425507991440 645396440 5083758 4520066 n(1) copieVue sur Reykjavik et sa baie, du sommet de la tour de Hallgrimskirkja - © Antony Van Eeten

 

 

En islandais, Reykjavík signifie « baie des fumées ». Elle est située à l’endroit où s’installèrent les premiers colons en 874, conduits par Ingólfur Arnarson, qui la baptisa ainsi à la vue des vapeurs provenant des  sources chaudes.

 

Il y a une atmosphère particulière à Reykjavík, qui est un peu à mi-chemin entre une ville et un village. Bien que la population totale de la région étendue de Reykjavík dépasse à peine les 200.000 habitants, les Islandais conçoivent les choses à une plus grande échelle et ça se voit dans les réalisations architecturales modernes qui côtoient les maisons de bois et leurs toits de tôle colorés.

Reykjavík est un centre vivant commercial, politique, industriel et culturel où sont concentrés les institutions politiques, les bibliothèques, les musées, les universités, les bureaux centraux de communication (radio, télévision et presse écrite), les théâtres et les orchestres, les cours de justice, les piscines découvertes et les stades de sport, les infrastructures maritimes, aériennes et les compagnies de transport collectif, les usines dont les conserveries de poissons. Et c’est lié à son histoire : c’est ici que se groupèrent les premiers commerçants et entrepreneurs de l’île au 18°siècle. En 1752, le roi du Danemark donne le domaine de Reykjavík aux corporations Innréttingar (corporations d’entrepreneurs) qui regroupaient des métiers aussi divers que pêcheurs, exploitants du soufre, industriels de la laine et constructeurs de bateaux.

La date de fondation de la ville est fixée à 1786, data à laquelle la couronne danoise a supprimé son monopole commerçant. Dans les décennies suivantes, les affaires augmentent  toujours sous la domination des commerçants danois. L’influence des négociants islandais n’augmenta qu’après l’installation du libre échange en 1880.

 

38995 425502471440 645396440 5083505 1581226 n copie38995 425502476440 645396440 5083506 4641780 n(1) copie L'architecture "organique" de Hallgrimskirkja et de son clocher - © Antony Van Eeten


Dominant la ville, la superbe église protestante Hallgrimskirkja, construite sur une colline, pointe fièrement sa flèche haute de 75 mètres. Cet édifice de béton fut construit entre 1945 et 1986, sur des plans de l’architecte d’état Guðjón Samúelsson, qui s’est inspiré des orgues basaltiques rencontrés dans le paysage islandais pour le dessin de la façade et du clocher.

Erigée à la mémoire du révérend Hallgrimur Peturson, elle présente à l’instar de beaucoup d’églises protestantes, un intérieur sobre et lumineux ; son seul luxe est un immense orgue qui surplombe l’entrée de la nef, et répond, avec ses 5.200 tuyaux, aux orgues de bétons extérieurs.

 

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L'orgue de l'allemand Johannes Klais : 15 mètres de haut, pesant 25 tonnes et terminé en 1992 - © Antony Van Eeten

 

38192 425508176440 645396440 5083778 4039355 n(1) copieLa statue altière du viking  Leifur Eiríksson, au pied d'Hallgrimskirkja - © Antony Van Eeten


La statue au pied de l'église représente un fier viking : Leifur Eiríksson, fils d'Erik le Rouge, qui a découvert l'Amérique vers l’an 1000, soit cinq siècles avant Christophe Colomb. La statue fut offerte au peuple islandais par les américains en 1930, à l’occasion du millénaire de l’Althing, premier parlement démocratique mondial.

 

 

37559 425507721440 645396440 5083735 2740194 n(3) copieLe vaisseau du soleil, brillant malgré un ciel plombé typiquement islandais - © Antony Van Eeten


Les origines scandinaves du peuple islandais sont aussi célébrées sur les quais de Saebraut, par le « vaisseau du soleil » - Sölfarid – sculpture de l’artiste Jón Gunnar Árnason.

Ce drakkar stylisé et épuré, réalisé en aluminium, est posé sur un sol de marbre luisant … brillant sous le soleil, ou magnifié par le ciel islandais, il peut s’embraser sous le soleil couchant, ou pétiller sous les feus d’artifice de la Culture Night au mois d’août … simplement magique !

 

shift diy reykjavik - Bustler.net                        Le DYK Reykjavik pavilion by Shift - doc. Bustler/ Shift.

 

L’aluminium est employé également pour le pavillon " DYK Reykjavik " : un millier de triangles d’alu, chacun de taille, forme et configuration différente, conçus par ordinateur, coupés au laser et rivetés à la main.

 

shift_diy_reykjavik_04.jpg                          Le DYK Reykjavik pavilion by Shift - détail - doc. Bustler/ Shift.


Suite à la paralysie du secteur de la construction consécutive au récent effondrement  économique de l’islande, la firme Shift a tenté d’explorer le potentiel et les limites de la nouvelle économie islandaise. De nombreux secteurs d’activité se sont  investis dans le projet, du fournisseur de matériaux aux ingénieurs. L’aluminium fut choisi délibérément , eu égard à son abondance et à ses facilités de recyclage, mais aussi comme initiateur d’un débat concernant son usage dans le futur : il nécessite, pour sa production, beaucoup d’énergie et est source de controverse quant  aux dégâts paysagers causés par les installations géothermiques et les barrages nécessités pour la produire. Cette démarche montre en tous cas la pro-activité des islandais, bien décidés à prendre cette situation difficile « à bras le corps ».

 

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           Le "Perlan" sur Öskjuhlid - Dôme de verre sur six pieds - © Antony Van Eeten


Autre visite immanquable, "la Perle ou Perlan" situé sur la colline Öskjuhlid un peu à l'écart du centre. On peut y aller à pied à partir de l'église Hallgrimskirkja. Repérable de loin, il s'agit d'un dôme de verre construit au dessus des 6 anciens réservoirs d'eau chaude de la ville. Le dôme entièrement vitré surmonte les citernes et forme un puits de lumière qui éclaire les 5 étages. Au sous-sol, un jet d'eau jaillit jusqu'au 4e étage toutes les 5 minutes pour imiter Strokkur, le fameux geyser islandais. Au rez-de-chaussée se trouve le Saga Museum – muée sur l’histoire viking et la découverte de l’Islande - et des expositions temporaires d'art. Au 4e étage, un accès libre à la plate forme extérieure offre un panorama à 360° sur la ville, la baie, la péninsule et l'aéroport domestique de Reykjavik. Le dôme lui-même est un restaurant panoramique hors de prix qui effectue une rotation complète en 2 heures.

 

 

L’aéroport de Kéflavik  est orné, en extérieur,  d’une sculpture de Magnus Tomasson, intitulée le "Jet nest". un énorme œuf d’acier poli est percé par le bec (ou l’aile) d’un avion à réaction … je penche pour le « nez » du Concorde, et posé symboliquement sur une pile de rocs islandais au milieu d’une pièce d’eau, où il se mire par beau temps.

 

Jet-nest---Richardcjones.jpg                 Le "Jet nest" , à l'aéroport de Kéflavik - photo richardcjones / Flickr

 

Sources :

- Bustler – Shift builds "DIY Reykjavik" pavilion in Iceland. - link

- Saga museum - Perlan, Reykjavik - link

- Perlan - The Pearl - link


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Paricutin---ph.-Sparksmex.jpg

Vue partielle du champ volcanique Michoacán-Guanajuato et de ses nombreux cinder cones, dont le Paricutin à gauche  - photo Sparksmex.

Le champ volcanique Michoacan-Guanajuato, connu aussi sous le nom de Malpais, couvre une surface étendue de 200 km. sur 250, sur la Meseta Tarasca, et abrite 1.400 évents, dont les cinder cones actifs au cours des temps historiques, le Jorullo et le Paricutin.

Les cônes de cendres forment la forme volcanique prédominante, mais le volcanisme a formé ici des petits volcans-boucliers, pour la plupart datés du Pléistocène, des dômes de lave, des maars et des anneaux de tuff (dans la vallée de Santiago).

Le cône du Jorullo s’est formé au cours du 18°siècle et le Paricutin entre 1943 et 1952.

 

El Jorullo est né le 29 septembre 1759; après une série de séismes, le cône s'est développé jusqu'à atteindre 250 mètres au cours des six premières semaines d'activité principalement phréatique à phréatomagmatique au début, qui a couvert la région de coulées de boue, inondations et retombées de cendres. La suite de l'éruption fut magmatique. Elle se poursuivit durant 15 ans, ce qui est un record pour ce type de cône.

Le GVP l'a classée de VEI 4 - vol. de laves émis : 500 Mm³ - vol. tephra émis : 1.300 Mm³.

 

Jorullo-et-coulee-1759-74---Jim-Luhr-Smithso-jpgLe cône du Jorullo, à droite - à l'avant-plan, des coulées de lave émises entre 1759 et 1774 - photo Jim Luhr / Smithsonian Institute.

 

L’éruption du Paricutin a marqué les annales de la volcanologie, comme la première à être observée durant son cycle complet par les scientifiques. Outre les notes et peintures du Dr. Atl, la description la plus récente de cette éruption désormais classique figure dans le livre de Jim Luhr et Tom simkin (Smithsonian institution) « Paricutin, the volcano born in a Mexican cornfield » . Ce cône de scories figure parmi les volcans les plus récents de la planète, avec le Surtsey (né en 1963) et l’Ardoukoba (né en 1978).

 

Paricutin-1946---Dr-Atl-Modern-art-museum-INBA.jpg

Dr. Atl , Gerardo Murillo - Paricutín, 1946 (Atlcolor over masonite) - Collection of the Modern Art Museum , INBA


Trois semaines avant l’éruption, la population locale a été marquée par des grondements ressemblant au tonnerre, alors que le ciel était clair … bruits associés au séismes en profondeur sous le futur Paricutin.

Dionisio_pulido.jpgLe 20 février 1943, Dionisio Pulido et sa femme Paula, des fermiers, sont occupés à brûler des branches d’arbustes sur leurs champs, lorsqu’ils aperçoivent une fissure profonde de 50 cm, large de 5 cm. sur plus de cinquante mètres de longueur.

Il le raconte ainsi : " vers 16 heures,je suis occupé à mettre le feu aux branchages, lorsque je ressens un coup de tonnerre, les arbres tremblent et je me retourne pour parler à ma femme ; c’est alors que je vois, dans le trou, la terre se bomber et être projetée à une hauteur de 2 à 2,5 mètres, et une sorte de fumée ou de poussière grise, comme de la cendre, sortir d’une partie de la crevasse que je n’avais pas aperçu jusque là…. De suite plus de fumée commence à sortir, accompagnée d’un sifflement, bruant et continu, et d’une odeur de soufre ".

Après un premier instant de panique, comme il le dit : " je ne vois plus ma femme, ni mon fils, ni mes animaux … je regarde dans la fissure d’où sort la fumée et ma peur disparaît pour la première fois. Je cours pour essayer de sauver ma famille, mes compagnons et mes bœufs, mais je ne vois personne et je pense qu’ils doivent avoir amené les bêtes à la source. Mais je ne vois plus d’eau dans celle-ci … et je pense que l’eau doit être partie à cause de la fissure. Je suis vraiment effrayé, et j’enfourche mon cheval pour galoper  vers Paricutin, où je retrouve ma femme, mon fils et mes amis qui m’attendent. Ils ont craint ma mort et pensé qu’il ne me verrait plus jamais ".

 

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               Paricutin - activité strombolienne du 01.08.1943 - photo Carl Fries / USGS.


L’activité strombolienne produit en 24 heures un cône de scories haut de 50 mètres ; en une semaine, il a atteint 100 mètres sous l’accumulation de bombes et lapilli, et de fines poussières retombent sur le village de Paricutin. En mars, l’éruption gagne en puissance, générant un panache de plusieurs kilomètres de hauteur. Occasionnellement, l’activité devient vulcanienne, avec des explosions en « coup de canon » séparées par de courtes périodes de silence. Le 12 juin, une langue de lave s’avance en direction du village de Paricutin et la population évacue le jour suivant. Le village de San Juan Parangaricutiro est évacué quelques mois plus tard.

 

Paricutin-1943--2----archives-NOAA.jpg                          Paricutin - activité vulcanienne en 1943 - photo archives NOAA.

 

 

Paricutin 1943 - US Nat. archives Arno Brehme

Des indiens Tarascan observent l'éruption en mars 1944 depuis le Cerro de Equijuata - on peut voir le cône parasite Sapichu à la base du Paricutin (sur la gauche) et la coulée de lave de juin 1943 (au centre) - photo Arno Brehme / U.S.National Archives.

 

Paricutin---Taqui-lava-flow-44-45---Ken-Segerstrom-USGS.jpg                Paricutin - la coulée Taqui (1944-45) - photo Ken Segerstrom / USGS.


La coulée de lave Taqui commence le 8 janvier 1944, à la base sud-ouest du volcan, au niveau de la bouche latérale Nueva Juatita.. En avril, des langues de lave menacent San juan et l’envahissent le 17 juin … en juillet, l’église est entourée par la lave. En début août 1944, lorsque cesse la coulée, elle a atteint une longueur de 10 km. et seules les tours de l’église de San Juan dépasse d’une mer de lave « aa ».

 

ParangaricutiroParicutin.jpgparicutin-church.jpg

 

 

 

 

 

 

 

L'église de San Juan Parangaricutiro avant et après son ensevelissement - doc. archives

 

san-juan-parangaricutrio.5989.large_slideshow.jpg              San Juan Parangaricutiro dans son cocon de lave  - photo James A. Garner


A la fin de cette première phase qui a duré environ un an, le volcan a atteint la hauteur de 336 mètres. L’éruption du Paricutin a été particulièrement longue pour une éruption strombolienne monogénique, avec plusieurs phases éruptives couvrant au total une période de neuf années. La phase pyroclastique a duré deux ans, avant de passer à une phase plus effusive caractérisée par la sortie de la lave à la base du cône.

L’activité volcanique décline doucement,  jusque dans les derniers six mois, marqués par des explosions violentes. Elle cesse en 1952, après avoir couvert de lave 25 km². Le cône culmine maintenant à 424 mètres au dessus des champs de céréales.

 

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Profil séquentiel montrant la croissance progressive du Paricutin - en rouge, les profils de la première année d'activité - les pointillés montre le profil avant l'effondrement du 09.06.1943- Notez la position du cône parasite Sapichu sur la gauche - doc. Luhr et Simkin 1993.

 

Paricu22-2--11.jpgSituation des évents du Paricutin, des villages recouverts et des coulées de lave avec dates - d'après doc. Pedro Corona Chavez

 

Paricutin---Jim-Luhr-1997-Smithso-jpg

Le cône du Paricutin et à l'avant-plan, le cône parasite Nuevo Juatita dont le sommet est blanchi par les sublimés fumerolliens ; le Nuevo Juatita est la principale source des coulées de lave entre 1944 et 1952.

 

La lave émise par le Paricutín est typique du volcanisme calco-alcalin d'un arc volcanique continental avec contamination crustale granitique donnant des laves basaltiques à andésitiques.

L’éruption du Paricutin est classifiée de VEI 4 par le GVP, qui mentionne un volume de laves émises de 700 Mm³ et de tephra de 1300 Mm³.

 

Paricu22-2--22-copie.jpg                      Schéma de la "plomberie" du  Paricutin - doc. Pedro Corona Chavez

 

 

 Sources :

- Global Volcanism Program - Michoacán-Guanajuato

- Liste des structures volcaniques du champ volcanique Michoacan-Guanajuato - link 

- El Paricutin - Una de las Doce Maravillas Naturales del Mundo by Pedro Corona Chávez , Universidad michoacana de San Nicolás de Hidalgo Instituto de Investigaciones Metalúrgicas, Departamento de Geología.

 

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