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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Résultat pour “l'art mosaïque

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

 

 Petit break "artistique" avant de poursuivre sur les volcans de l'Equateur et de la Bolivie .

 

Peinture_Cotopaxi1-CHB.JPG

                              Art naïf équatorien -  © Carole et Frédéric Hardy

 

Sur les hauts-plateaux andins, les hommes exercent, durant l’hiver et l’abandon saisonnier des activités rurales, un artisanat typique : la peinture sur peau de moutons.

Traditionnellement, cette peinture était pratiquée pour la décoration de tambours et de masques utilisés lors des cérémonies et fêtes locales ; elle représentait souvent des scènes bibliques où se mélaient les croyances incas et chrétiennes imposées par les conqustadores espagnols.

 

Julio-Toaquiza.jpg"Le festival de la laine " de Julio Toaquiza - 1970 - acrylique sur peau 30 x 40 cm. - cadree en bois. / Site web G.I.N.A.

 



A partir de 1970, Julio Toaquiza, chef de la communauté juliopainting.jpgvillageoise de Tigua, commença à peindre sur de la peau de mouton tendue sur un cadre en bois d’Aliso. Une technique curieuse et efficace est utilisée pour décoller les poils: sur le verso on verse du ciment mouillé, ensuite on peut décoller facilement la peau.

Julio Toaquiza intervieuwé dans son "atelier".

 Ces tableaux d’art primitif très colorés, décrivent  traditions et légendes andines, vie rurale et festivités locales.

Cette forme d’art naïf exploite sur un support traditionnel les couleurs vives de l’acrylique moderne.

 

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                            Peinture de l'école de Tigua - auteur non identifié.


Depuis, de nombreux artisans s'en sont inspiré et l'art Tigua est une source importante de l'économie locale et même nationale.

 

dia-5-art-de-tigua.jpgmasques-tigua--Little-big-adventure.jpg

 

 

 

 

 

 

 


Les marchés de Tigua et des alentours présentent de nombreux étals de peintures et de masques colorés.

Photo Little Big Adventure.


Après trente années à peindre ces scènes de la vie quotidienne, Julio Toaquiza s’est attelé à faire revivre le passé : il peint maintenant « l’esclavagisme et le travail dans les plantations » ; c’est l’histoire du soulèvement contre le travail forcé à Tigua et sa violente répression. Il raconte aussi la façon dont la vie a changé dans son village.

 

juliofamilyDes peintures rupestres à nos jours, l’art naïf a traversé les millénaires. Personnalisé en France par le douanier Rousseau, il a comme caractéristique une palette joyeuse, une perspective enfantine, la simplicité des scènes, une vision personnifiée et en prise directe avec la réalité. - La famille de Julio Toaquiza dans son intérieur.

 

 

Cet art naïf utilise aussi comme support les murs des habitations, où se retrouvent reproduit, avec moins de détails cette fois, les mêmes sujets : paysages campagnards, animaux domestiques et sauvages … et les volcans, les condors et les lamas omniprésents.

 

Peinture_Equateur--Cotopaxi-CHB.-3-JPG.JPGVolcan, condor et lama ... trilogie symbolique de "l'Avenue des volcans" - © Carole et Frédéric Hardy

 

Peinture_Equateur--Cotopaxi-CHB.-2-JPG-copie-1.JPG                             © Carole et Frédéric Hardy

 

 

La symbolique du "volcan" est particulièrement forte : le volcan représente la vie, la fertilité, la force. Toutes choses lui sont liées.

 

Sources :

- G.I.N.A. - Gallery of International Naïve Art

-  Exploring Ecuador - Tigua painters

- Photos de Carole et Frédéric Hardy.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu
Il n'y a pas que les "grands peintres" qui s'y intéressent ! L'Etna fait partie intégrante du paysage et de la vie des Siciliens...et il influence aussi l'art populaire, l'art naïf.

Destinées à transporter le matériel des paysans se rendant aux champs, les charrettes font partie de la culture et de la tradition Sicilienne. Elles étaient toujours placées sous la protection d'un saint, représenté sur l'un des montants avec le nom du propriétaire.
Par la suite, ces charrettes vont devenir de véritables oeuvres d'art populaire, avec des scènes empruntées à la Chanson de Roland ou à la vie de personnages célèbres comme Garibaldi. Des motifs illustrés de guirlandes reliaient entre eux les différents panneaux; La richesse et la finesse de la décoration indiquaient aussi la position sociale du propriétaire.

                                Charrette traditionnelle - Conservée dans un hall d'hotel à Erice.

Des panneaux décoratifs du type de ceux qui ornent les flancs des charrettes traditionnelles ont servi d'alibi à un artiste naïf exposant à Taormine, non loin de l'Etna.


La première oeuvre reprend le thème des luttes entre "chrétiens et païens" , et illustre les guerres entre arabes et normands entre 600 et 1.061, année du débarquement en Sicile... les Normands mettront encore une trentaine d'années pour chasser les envahisseurs de l'ile.
Pour augmenter le caractère dramatique de ces épisodes guerriers, l'artiste a peint en guise de fond, une éruption de l'Etna et coloré son ciel de teintes sanguines.


Un autre épisode guerrier, avec l'entremise d'un saint homme essayant de calmer la joute, a pour toile de fond le volcan émettant un fort panache de cendres.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu
Pierre et verre ... "sculpture " de Todo.

Pierre et verre ... "sculpture " de Todo.

Né à Tokyo, Ramon Todo crée ces sculptures inattendues en juxtaposant des pierres, et autres solides, trouvés au hasard de ses promenades dans la nature ou dans la ville, à du verre.

Il insère très finement dans des roches volcaniques, des fragments du mur de Berlin, ou encore des couvertures de livres, des fragments de verre polis, sertis avec minutie.

Pierre et verre ... "sculpture " de Todo.

Pierre et verre ... "sculpture " de Todo.

Des segments de pierre sont remplacés par cette surface surprenante, réfléchissante, aux teintes bleu-vert, comme s’il avait emprisonné un morceau de ciel ou de mer entre deux morceaux de terre.

Le contraste, le choc des matières et des textures interpelle … l’artiste a redéfini les matériaux.

Un mélange de sentiments opposés s’en exprime : fragilité, translucidité, miroité du verre, matité, rugosité et brutalité de la pierre, des concepts contradictoires.

Fossile et verre - "sculpture" de Todo.

Fossile et verre - "sculpture" de Todo.

Né au Japon en 1969, il obtient un Master of Fine Art à la Tama Art University en 1997. Il vient ensuite en Allemagne, où il étudie et travaille à Dusseldorf à partir de 1999. Il y fréquente l’Academy of Fine Art et la Meisterschueler du professeur Daniel Buren.

Il a simplifié son nom, passant de Raamon Todo à TODO. Il expose principalement en Allemagne, en Hollande et au Japon.

 

Livres - oeuvres de Todo.

Livres - oeuvres de Todo.

Sources :

- My Modern Met - Unique Natural Sculptures Blend Layers of Stone with Glass - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

Juste pour le plaisir des yeux, je vous propose "une symphonie volcanique en rouge et noir", qui sublime le volcan Equatorien Tungurahua, grâce au partage d'images du Dr. José Luis Espinoza Naranjo, médecin et photographe amoureux de son pays et de ses paysages.

 

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En point d'orgue, grâce au jeu du temps de pose, du diaphragme et d'une vitesse adéquate, un tableau impressionniste de l'éruption du Tungurahua :

 

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Merci à José Luis de nous avoir permis de rêver en "negro y 41675 800854296 9369 nrojo", couleurs qui collent à la peau des volcanophiles.

 

D'autres belles photos de l'Equateur dans un prochain article de "l'art sur les chemins du feu".

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #L'art sur les chemins du feu

 

        "Voyage au centre de la terre, de la roche à la céramique"…


C’est ainsi que Marie-Lucie Trinquand a présenté son travail de céramiste lors des portes ouvertes de son atelier du 6 au 19 juillet. Vous pourrez revoir ces réalisations lors de l’après-midi de conférences organisées par la Section L.A.V.E. – Ile de France, aux Lilas, le samedi 21 septembre. Une série de boites - paysages volcaniques  y sera exposée. 

 

« Voyage au centre de la terre, de la roche à la céramiq

Elle définit sa démarche : " J’ai d’abord un projet, créer des familles d’objets pour exprimer une thématique donnée (genèse et géologie, jardin habités, généalogies familiales…), j’imagine des moyens plastiques, je dessine des formes et je réfléchis à un type d’objet, une fonction qui me semblent les plus appropriés pour donner corps à mes idées. Je navigue d’un thème à l’autre, d’un objet à l’autre, sans rupture ".


« Voyage au centre de la terre, de la roche à la-copie-1Objets sculpturaux, ces boites possèdent un couvercle évoquant des paysages volcaniques imaginaires, ou anciennement parcourus.

 

La matière elle-même y fait référence : Marie-Lucie Trinquand utilise des roches collectées en sites naturels, dont le granite (rhyolite) du Morvan, la pouzzolane et les ponces du Puy de Dôme, le basalte de l’Ardèche ; ces matières premières brutes contiennent tous les minéraux qui entrent dans la composition des argiles et des émaux, et seront broyées et mélangées avant d’être fondues à 1300°C. Les œuvres sont cuites dans un four à bois, et transformées " en paysages céramiques, en coulées d’émail sur les pots ", comme elle le décrit.

Ces paysages volcaniques illustrent bien la rubrique "L'art sur les chemins du feu" !

 

« Voyage au centre de la terre, de la roche à la-copie-2« Voyage au centre de la terre, de la roche à la-copie-3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutes les photos proviennent du site web de l'artiste, Marie-Lucie Trinquand.

 

L'artiste a suivi une formation de créateur céramique à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Art Olivier de Serres à Paris XVe., pour se spécialiser ensuite dans différentes écoles en France et en Allemagne. Elle obtient en 1966 le Capet d’arts appliqués, et enseigne depuis 1998 à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués Duperré dans le département céramique, création et réalisation.

Membre de l’Association des Potiers Créateurs de Puisaye (APCP) depuis 2008, elle expose son travail essentiellement en Bourgogne (Le Couvent à Treigny, Expolain) et à Paris (galerie XXI et à la  galerie Quincampoix (Paris 3ème).

 

Sources :

- le site de Jean-Michel Doix & Marie-Lucie Trinquand - link

- APCP - Association des Potiers Créateurs de Puisaye - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

arco-delelefante-pantelleria-island-sicily-italy.jpg

                             Pantelleria - l'arche de l'éléphant - photo sicily italie


Pantelleria d'hier :

L’île a été fréquentée depuis le néolithique, 5.000 ans avant JC, pour son obsidienne, une lave noire vitrifiée et brillante, tranchante, considérée comme très précieuse à l’âge de la pierre.

Les premiers témoignages d’une communauté stable remontent à 2.000 avant JC : des vestiges de cabanes rondes équipées de meules et de bassins pour récolter les eaux ont été retrouvés dans le village de Mursia. Ce village, naturellement protégé par le surplombement de la mer, était entouré côté terre, par un puissant mur. La population de l’époque y a construit aussi une nécropole, où l’on retrouve des monuments funéraires appelés Sesi. Communes dans le bassin méditerranéen, ce sont des constructions circulaires, ici en pantellérite, pleines à l’intérieur et avec des cavités sur les côtés utilisées pour les rites funéraires.

 

800px-PantelleriaPantelleria---Sese-grande---Gino-Roncaglia.jpg                                 Pantelleria - "Sese grande" - photo Gino Roncaglia


A partir de l’an 700, ce sont les phéniciens qui y débarquent ; ils nomment l’île Yranim, et par la suite Cossyra. L'âge d'or de l'île commence : ce peuple industrieux cultive la vigne, érige des fortifications à San Marco, frappe des monnaies à l'effigie de la déesse Tanit, aménage des réservoirs d'eau, bâtisse un temple près du lac "Specchio di Venere », miroir de Vénus, et construit le premier port dont il reste quelques vestiges.

 

Scauri-vestiges-romains---turismo-trapani.jpg                 Pantelleria -  vestiges romains à Scauri - photo turismo Trapani


Ensuite les Romains en prennent possession et restaurent toutes les fortifications de l'île. On a retrouvé trois portraits d’époque romaine, les deux premiers, dans une citerne, représentent Jules César et une figure féminine de noble origine, le troisième est un portrait de l’empereur Titus.

On a aussi localisé une villa datant du IV-V siècle ap. J.C. : une structure habitable avec de grandes citernes en annexe. Les citernes sont marquées par des éléments architecturaux de qualité et des fragments de mosaïque.

Vers le 8° siècle, les Arabes s’installent pendant près de 500 ans. Leur culture exerce sur Pantelleria une influence si forte qu'elle est encore présente aujourd’hui. Ils la baptisent "Bent el Rion ", fille du vent. Ils édifient les "dammusi ", maisons typiques construites en pierres de lave dont les murs, légèrement inclinés et très épais, supportent un toit blanchi en forme de coupole destiné à recueillir l'eau de pluie, conduite dans une petite citerne.

 

PANT_00_DAMMUSOP_001--turismo-trapani.jpg                               Pantelleria - "dammusi" typiques - photo turismo Trapani


Les Arabes perfectionnent la culture de la vigne, de l'olivier et du cotonnier. Ils bâtissent la ville fortifiée de Pantelleria, malheureusement presque totalement détruite pendant la deuxième guerre mondiale. Par ordre chronologique, Pantelleria est ensuite conquise par les Normands, à qui on attribue la forteresse, les Souabes, les Angevins, les Aragonais et les Bourbons. En 1860, le Royaume d'Italie annexe l'île lui faisant désormais partager ses vicissitudes historiques. Curieusement, et malgré son histoire mouvementée, Pantelleria reste un paradis naturel, une île où le temps semble s’être arrêté. 

 

Pantelleria-chateau-en-pierres-de-laves---turismo-trapani.jpg        Pantelleria- le château construit en pierres de lave par les Normands - photo turismo Trapani.


Pantelleria d'aujourd’hui :  
L'agriculture et le tourisme sont les principales activités d'une île qui a conservé un aspect sauvage, épargné par l'industrialisation. Pantelleria est notamment réputée pour sa production de câpres et de vin (Passito et Moscato).

 

Pantelleria_Scogli_del_Formaggio---Luca-conti.jpg  Des Faraglioni parsèment les rivages de Pantelleria - dont le Scogli del Formaggio - photo Luca Conti.


L'activité touristique, quant à elle, comprend une clientèle venue chercher la bienfaisance des saunas naturels de l'île appelés Bagno asciutto (Bain sec). L'activité volcanique émet en effet des vapeurs qui, à l'intérieur des grottes, reproduisent les effets du sauna.

 

Grotta-di-Benikula---turismo-trapani.jpg                                  Pantlleria - Grotta di Benikula - photo turismo Trapani


De nombreux artistes ont rapporté dans leurs œuvres leur enchantement de l'île de Pantelleria :

Alphonse de Lamartine trouve  " ...l'île de Pantelleria, ancienne île de Calypso, délicieuse encore par sa végétation africaine et la fraîcheur de ses vallées et de ses eaux ". Giuseppe Bertolucci la vantait ainsi : " C'est la première île au monde qui ne provoque pas en moi anxiété et désir de fuite, mais seulement calme et volupté ".

Ces dernières années, la rusticité de Pantelleria a attiré une clientèle haut de gamme. Des stars de la musique et du cinéma y effectuent des séjours réguliers. Sting disait récemment : " A Pantelleria, les paroles étaient dans le vent, j'ai simplement dû allonger la main et les recueillir. "

 

Laghetto-delle-ondine---G.Roncaglia.jpg                         Pantelleria - Le Laghetto delle Ondine - photo Gino Roncaglia


Outre ses merveilles naturelles, Pantelleria offre également une gastronomie intéressante qui évoque les différents peuples qui s’y sont succédés. Comme spécialité locales, on retiendra  les délicats raviolis à la "ricotta " et à la menthe, et l’aromatique "pesto pantesco ", sauce composée d’huile d’olives, de tomates, d’ail, de basilic et de piments, qui accompagne avec le même bonheur les spaghetti, le poisson ou la viande. On garnit la plupart des plats cuisinés avec les célèbres câpres et l’origan, tous deux cultivés sur place, ce qui donne à la cuisine locale sa saveur bien particulière.

L’Afrique toute proche se manifeste par le couscous aux poissons, toujours garni d’une variété de légumes. La "sciakisciuka ", ragoût de légumes bien épicé, et la "cuccurummà ", plat à base de courgettes, ont pour origine la Sicile. La mer fournit du poisson si fin et savoureux qu’il est à déguster simplement, soit grillé, soit cuit au four …

L’orient est aussi présent avec le traditionnel Cannateddro. Les "mustazzola ", biscuits secs de tradition arabe, séduisent les yeux avant le palais, à déguster à tout prix avec un verre de "passito ". 

 

Sources :

- Turismo Trapani

- Trapani Sicilia - Pantelleria.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le parc National de La Réunion, un site classé en 2010 au Patrimoine Mondial de l'Unesco :

La zone centrale du Parc Naturel de La Réunion, qui couvre plus de 100.000 hectares, soit 40% du territoire, a été classée au patrimoine, en raison de la diversité et la spécificité de ses paysages spectaculaires; S'y succèdent des forêts ombrophiles subtropicales, des forêts de brouillard, des landes, des falaises bordées par l'océan, le tout formant une mosaïque d'écosystèmes aux caractéristiques paysagères remarquables.

Les deux massifs volcaniques présentent en effet une grande variété d'escarpements, de gorges et de bassins boisés, qui servent d'habitat naturel à des plantes et animaux présentant un taux élevé d'endémisme.

 

trou-de-fer.jpg             Le fameux "Trou de fer" , vertigineux et inaccessible . Doc Réunion info.

 

Ce patrimoine vient d'être récemment menacé par les incendies sévissant au Maïdo ; le 15 octobre, on recensait près de 500 hectares de végétations endémiques brûlés.

 

mafate-maido2                                     Le site de Maïdo - cirque de Mafate

 

La Réunion est marquée par un fort taux d'endémisme :

L'endémisme caractérise la présence naturelle d'un groupe biologique exclusivement dans une région géographique délimitée. Ce concept concerne aussi bien les végétaux que les animaux.

Le "processus de spéciation", c'est à dire l'apparition de nouvelles espèces, est lié à l'isolement géographique qui favorise l'apparition de caractéristiques génétiques et/ou morphologiques. En général, on remarque que plus une île, ou une île écologique, est ancienne, plus son taux d'endémisme est élevé ; quelques exemples : Madagascar, la Nouvelle-Calédonie, les Galapagos.

 Selon la Liste rouge des espèces menacées en France de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) : « Les taux d’endémisme atteignaient 83 % pour la Réunion. Cette richesse fut en partie détruite dès les débuts de la colonisation humaine, et se sont près de 60 % des espèces réunionnaises qui ont disparu ».


Endémisme végétal surtout :

Il y aurait 160 plantes à fleurs endémiques à La Réunion, soit un taux cinq fois supérieur à celui caractérisant les Galapagos. Il serait fastidieux de les énumérer et les analyser toutes; seuls quelques exemples, caractérisés par des noms vernaculaires imagés.

 

Boehmeria_penduliflora---Bois-chapelet.JPGBoehmeria penduliflora - Le bois chapelet , une espèce pionnière. - doc. Flore de La Réunion

 

Acacia_heterophylla_--Tamarin-des-hauts.JPGAcacia heterophylla - Tamarin des Hauts - il s'épanouit dans des endroits dégagés, en raison de son besoin de lumière, entre 1200 et 2200 m. d'altitude. - Photo B.Navez.

 

fougeres-arborescentes.jpgLe groupe Cyathea , appelé localement "Fanjan", est illustré par trois espèces : Cyathea borbonica, Cyathea glauca et Cyathea Excelsa.

 

Endémisme animal :

Parmi les vertébrés, les reptiles constituent l'un des groupes le plus menacé d'extinction : sur 17 espèces de reptiles terrestres, seules trois espèces sont indigènes et endémiques; la plus menacée est le Gecko de Manapany.

 

 

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Phelsuma inexpectata - lézard vert ou gecko de Manapany, diurne et arboricole - 10 cm. - photo B.Navez.

 

 

L'avifaune comprend 8 espèces endémiques. Selon l'UICN, le quart des espèces d'oiseaux de l'île a déjà disparu, soit 13 espèces sur les 55 présentes à l'arrivée des hommes, et parmi elles onze étaient endémiques.

 

Papangue---P.Crozet.jpgCircus maillardi - Busard de Maillard, Busard de La Réunion - nom vernaculaire : Papangue. C'est le seul rapace nicheur de l'île ! - photo P.Crozet

 

TectecM.jpg              Saxicola tectes - Tarier de La Réunion - nom vernaculaire : Tec-tec.

Il a la "mauvaise" habitude de faire son nid très bas, souvent à même le sol; cette habitude, acquise avant l'arrivée de l'homme et autres prédateurs sur l'île, lui est préjudiciable. Une mesure de protection est de lui donner des nichoirs bas, sur petits piquets. Peu craintif, c'est un amateur de miettes de casse-croûte.

 

Zosterops_borbonicus_borbonicus_p1180876.jpg

Zosterops borbonicus - Zostérops des Mascareignes - noms vernaculaires : oiseau-lunettes gris, zoizo blanc. - photo D.Monniaux.

 

Les espèces invasives, qualifiées aussi de "pestes", vont de pair avec la protection des endémiques et elles nécessitent des techniques d'éradication drastiques !

Sont considérées comme telles des espèces introduites par l’homme et qui, par leur prolifération, constituent un danger pour la flore indigène ; et entrent donc tout à fait dans cette appellation, le raisin marron (rubus alceifolus), le bringellier (solanum mauritianum) ou encore le galabert (lantana camara), pour ne citer que les plus connus parmi 23 espèces répertoriées.

 

bringellier---tabac-marron---flore-La-Reunion.JPG            Solanum auriculatum - Bringellier - nom vernaculaire : Tabac marron.

 

Particularité de l'île, sans rapport avec l'endémisme ... le chikungunya.

C'est malgré tout La Réunion qui l'a mis en avant, il y a quelques années : Aedes albopictus, le moustique tigre, vecteur de la dengue et/ou du virus du chikungunya.

Le chikungunya est appelé aussi la « maladie de l'homme courbé » car elle occasionne de très fortes douleurs articulaires associées à une raideur, ce qui donne aux patients infectés une attitude courbée très caractéristique.

La transmission du virus d'un humain malade à un moustique se fait par le sang aspiré lors de la piqûre. La contamination d'un homme sain est réalisée par la salive de moustiques qui ont été infectés quelques jours ou quelques semaines auparavant.

La maladie se déclare généralement par une très forte fièvre, parfois au-delà des 40 °C, durant environ 3 jours, faisant penser à une crise de paludisme. Cette fièvre est suivie d'un érythème (éruption de boutons) et de vives douleurs des articulations clouant le malade au lit. Des complications diverses sont possibles ... et aucun traitement contre le virus n'est disponible.

 

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          Moustique tigre - doc.the Centers for Disease Control and Prevention

 

Sources :

- Cirad - Recherche Agronomique pour le développement - liste des arbres et arbustes de la forêt Réunionnaise

- Reconnaitre les fougères arborescentes de La Réunion - lien

- IUCN red list of threatened species - lien

- DIREN Réunion - Patrimoine naturel et biodiversité - lien

- Des espèces exotiques envahissantes - lien.

- Ministère de la Santé - Chikungunya

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

El Hierro et les îles volcaniques de l’archipel des Canaries ont été à la une cette année … mais une autre forme de dynamisme marque le territoire espagnol.

Deux autres zones volcaniques sont localisées en Espagne "continentale" : la Garrotxa, en Catalogne, et Campo de Calatrava , en Castille dans le centre du pays. Ces volcans sont contemporains de la formation de la chaîne des Puys en France.

 

 

800px-Tectonic_map_Mediterranean_EN.svg-copie.png        Contexte tectonique tertiaire de la Méditerranée avecles bassins d'extension bordant l'Espagne


Les premières éruptions datent probablement du miocène, mais n’ont laissé que de faibles traces. Les manifestations volcaniques en Catalogne prennent place dans un contexte géodynamique plus large qui affecte une grande partie de l'Europe occidentale au Néogène et au quaternaire. Au miocène supérieur, à la fin du tertiaire, s'amorce un processus d'extension dans la partie occidentale de la plaque eurasienne, durant l’orogenèse alpine, et en cours aujourd'hui encore.

 

MargeGolfeLion---30Ma-.jpgTectonique de l'ouest de la Méditerranée, il y a 30 Ma - en vert, les bassins de rift - lignes bleu : lignes de subduction - Lignes rouges : zones dynamiques -


Sur ce rift européen, se concentrent diverses zones d’âge différents : des volcans de la Garrotxa au NO. de l’Espagne , en passant par ceux du Massif central français, le Kaisersthül, l’Eifel en Alllemagne.

En Catalogne, on distingue trois zones volcaniques : l'activité magmatique aurait commencé dans le secteur de l'Empordà puis se serait déplacée vers le sud à la Selva pour se concentrer finalement dans la Garrotxa.

La grande période éruptive se situe durant la période glaciaire de Riss - étendue entre -300 000 à -120 000 ans environ - et comprend une première phase brutale, suivie d’une phase plus tranquille au cours de laquelle se sont mises en place les coulées. Une période posthume, post-Würm, de -115.000 à -8.000 ans , brutale elle aussi, au cours de laquelle se sont formés les cratères et mis en place les produits pyroclastiques.


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Les roches sont des basaltes et des basanites à leucite ou à analcime. On y observe des phénocristaux d’augite, d’olivine, des microlites de labrador fréquemment maclés avec de l’albite, quelques paillettes de biotite, des plages de leucite, des carbonates intersticiels et des minéraux opaques. Les basaltes présentent fréquemment un feldspath alcalin assez abondant, - sanidine -. On observe parfois des enclaves grenues basiques et ultrabasiques contenant les minéraux suivants : enstatite, bronzite, diopside, spinelle, hornblende, magnétite, apatite.

 

Cette zone volcanique a achevé sa formation il y a environ 10.000 ans, date de la dernière éruption du Turó de la Pomareda. Depuis lors, les volcans se sont endormis mais ils ne sont pas totalement éteints.

 

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C’est à un peu plus de 50 kilomètres de la ville de Gérone que s'élève une trentaine de cônes volcaniques, accompagnés de cratères, de hêtraies sur des champs de lave et de spectaculaires ravins aux parois basaltiques, résultant d'explosions millénaires.

 

Situation géographique de La Garrotxa, entre Barcelone et la frontière Française.

 

Castellfollit_de-la-roca---ph.-braid44.jpg                    Castellfollit de la Roca sur ses coulées basaltiques - photo braid44.

 

le Parc naturel de la Zone volcanique de la Garrotxa abrite un spectaculaire village perché : Castellfollit de la Roca ; il est bâti sur une falaise basaltique, dénommé la cinglera de Castellfollit. Celle-ci fait plus de 50 m de haut et s'étale sur environ un kilomètre de longueur. Cet ensemble basaltique est la conséquence de l'action érosive, depuis plusieurs milliers d'années, du fleuve Fluvià et de la rivière Turonell .

 

Castellfollit_de_la_Roca---Ferran-Cerdans-Serra.jpg               Les orgues basaltiques de "la cinglera de Castellfollit" - photo Ferran Cerdans Serra.


Le rocher escarpé résulte de la superposition de deux coulées de lave : la Coupe-ds-basaltes-de-Castellfollit---jokergil.jpgpremière, ancienne de 217.000 ans, provient de Batet de la Serra (Olot). Elle a transité par la vallée de la Fluvia. Elle est constituée de dalles.

La seconde, d'environ 192.000 ans, est issue des volcans de Begudà (Sant Joan les Fonts) elle a recouvert la première en transitant par la vallée de Turonell. Elle est composée de formes prismatiques.

Entre les deux couches de basalte est intercalé un petit paléosol, formé d'argile et de pyroclastes, constitué dans la période de repos entre les deux éruptions.

 

Coupe dans la falaise de Castellfollit de la Roca - doc. jokergil

A : coulée supérieure prismée - 192.000 ans

B : paléosol

C : coulée basaltique inférieure en dalles - 217.000 ans

D : terrasse fluviale antérieure aux coulées.


Castellfollit de la Roca

                    Le village-rue de Castellfollit de la Roca - photo site officiel de la ville

 

Cette véritable épine dorsale abrite un village-rue médiéval aux ruelles étroites et sombres. A l’extrémité de la falaise, depuis la place-mirador Josep Pla, la vue est superbe sur une mosaïque de jardins potagers.

Il y a deux versions sur l'origine du nom Castellfollit de la Roca :

- La première est basée sur l'existence d'un château local. Ainsi, le village est cité, dès 1906, avec le nom de "Kastro Follit ". Dans d'autres documents, apparaissent les noms de "Castro-Follito" et de "Castello-Follito". La référence au mot "follit " peut trouver son origine dans le type de construction laminée, à savoir, faite avec des ardoises. Comme on ne trouve pas ce genre de roche dans la région, on pense que le nom est dû à la similitude avec le basalte.

- La seconde écarte toute idée de construction militaire pour le mot castell, mais s'appuie sur la silhouette de la paroi basaltique, similaire à une forteresse. Le mot "follit ", quant à lui, proviendrait de la forme de la paroi avec l'apparence de feuilles allongées.

 

 

Presentació de la Zona volcànica de la Garrotxa.

Autor: Arxiu del Parc Natural de la Zona Volcànica de la Garrotxa

 

 

Sources :

- Quera - Revista de geologia de la Garrotxa - 2009

- Les Pyrénées Catalanes - link

- Ajuntament de Castellfollit de la Roca

- Geocaching - Basalt cliff of Castellfollit de la Roca


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Ce confetti situé dans la plaque Nazca a vu sa naissance ponctuée par trois grands épisodes volcaniques et l’apparition successive des volcans Poike, Rano Kau et enfin Terevaka.

 

carte-le-geologue.gifCarte de l'île de Pâques - reprise de Volcanes de Chile / Oscar Gonzalez Ferran / Instituto Geographico Militar Chile.


La naissance de l’île de Pâques a commencé il y a environ 3 millions d’années avec l’éruption du Poike ; ce stratovolcan basaltique est constitué d’un empilement de coulées…on peut en dénombrer une trentaine sur la falaise la plus haute. Son sommet culmine à 370 mètres et est creusé par un petit cratère d’explosion de 120 m. de diamètre, recouvert actuellement d’eucalyptus formant un « pompon » caractérisant cette extrémité de l’île.

Trois petits dômes trachitiques adjacents sont alignés sur son flanc nord, restes d’une activité explosive de type péléen. Les couches superficielles oxydées du volcan, qui ont pris une teinte orangée, sont fragiles et interdites aux véhicules depuis 2006.

 

Paques---Poike----O.Gonzalez-Ferran-univ-Chile.jpg                           Volcan Poike - photo Oscar Gonzalez Ferran

 

2705889868_1.jpg                Volcan Poike et extrémité est de l'île de Pâques - photo explora.com

 

Rano-Kao---Camilloda-voyage-bons-plans.jpg                          Volcan Rano Kau - photo Camilloda / Voyages Bons plans.


Un deuxième épisode est lié à l’apparition d’un deuxième stratovolcan, il y a 2 millions d’années : le Rano Kau. Ce volcan a connu un effondrement, il y a 200.000 ans, qui a donné naissance à une caldeira d’un diamètre de 1.400 m. et profonde de 200 m. ; la caldeira est limitée par des failles qui lui donnent un pourtour polygonal. Un lac, profond de 11 mètres,  occupe son fond. Il a longtemps été la principale source d’eau douce de l’île. Il est partiellement recouvert de joncs qui en se décomposant, ont formé une mosaïque d’eau et de masses instables. Les laves rhyolitiques de la partie sud-ouest de l’île de Pâques affleurent au M.Orito, au cône de Te Mamavai, situé au nord de la caldeira, et sur trois îlots : les motus Kao Kao, Iti et Nui, restes de cheminées volcaniques parasites. Elles sont principalement constituées de laves blanchâtres et d’obsidiennes noires. Ces affleurements d’obsidienne ont été recherchés par les pascuans, qui les ont taillés en outils … c’est ainsi que des éclats se retrouvent partout sur l’île. Sur M.Orito, un croissant fait d’une succession de petits ateliers, installés sur des terrasses d’une dizaine de mètres de long sur 2 à 3 de large, témoigne de cette activité.

 

Rano-Kau---berphi.jpgVue aérienne du Rano Kau - photo Yan Arthus Bertrand - photo issue de http://berphi.skyrock.com avec l'autorisation de Bernard PHILIPPE.

 

Dernier volcan à apparaître, il y a environ 250.000 ans, un volcan-bouclier, le Terevaka qui a relié les deux stratovolcans précédents pour former une seule île … sans lui, on ne pourrait pas parler d’île de Pâques , mais bien d’archipel de Pâques.

Ce grand volcan-bouclier a recouvert de ses laves « aa » 80% de la surface actuelle de l’île ; il culmine à 506 mètres. Quelques 104 cônes parasites habillent ses flancs et sont le résultat d’une activité de type strombolien. La dernière éruption sur l’île y est datée de 11.000 ans environ.

 

pano_rano_raraku_volcano---paris-photo.net.jpg                        Le Rano Raraku - photo Paris-photo.net

 

Rano Raraku constitue le plus beau site du volcan Terevaka ; il est situé côté est, proche du volcan Poike. C’est aussi la carrière d’où les sculpteurs pascuans ont tiré la quasi-totalité des moais. Ce site est un anneau de tuf créé par une éruption de type phréatomagmatique, d’un diamètre externe de 1.000 mètres et interne de 600 mètres. Né en bord de mer, il en a été isolé ensuite par des coulées de laves postérieures … ce que justifie l’existence d’une falaise de 80 mètres créée par l’érosion marine avant que l’anneau de tuf ne soit séparé de l’océan. Ce maar est occupé par un lac.

Ce tuf homogène a constitué un matériel de choix pour les autochtones : suffisamment tendre pour être façonné grâce aux outils d’obsidienne, suffisamment « léger » pour être transporté ensuite.

 

Ahu_Tahai---ph.Zantastik.jpg                                    Moai "coiffé" - Ahu Tahai - photo Zantastik.

                                             Les yeux sont fait de corail blanc.

C’est dans un autre cratère secondaire du Terevaka, le Puna Pau, que les pascuans ont découvert des scories rouges, qui leur ont permis de sculpter les pukao, ces coiffes rouges ornant les têtes des colosses.

 

Rano-Raraku-Quarry---Easter-island-m1_vp1.jpg                   Rano Raraku - moais dans la carrière - photo Paris-photo.net

 

Le Rano Raraku dévoile les secrets de fabrication du millier de statues qui parsèment l’île : 400 d’entre eux, en cours d’achèvement, se trouvent encore dans la carrière. On y retrouve chaque étape : de l’ébauche à la statue quasi terminée n’attendant plus que son transfert.

 

L'île de Pâques est un véritable miracle perdu dans l'immensité du Pacifique et qui doit son existence à l'apparition de deux stratovolcans séparés de la distance optimale pour être comblée par un troisième volcan, bouclier celui-là, qui va les réunir pour former "Rapa Nui".

 

Ahu tongariki - easter island .+m1 hp5L'Ahu Tongariki et la place sacrée, broutée maintenant par des cheveaux omniprésents sur l'île de Pâques  -  photo Easter Island.

 

Ile-de-Paques-Carte-.png          Carte simplifiée - position des trois volcans et des "Ahu" , plate-formes avec Moais.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Easter island

- Rapa Nui, l'île de Pâques -Natalie et Olivier Brunner-Patthey.

- Blog de Bernard Philippe consacré à l'île de Pâques -
http://berphi.skyrock.com

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Actualités volcaniques

 

Les îles Galapagos constituent l’un des archipels de la planète d’importance primordiale dans le domaine des Sciences de la nature. Elles possèdent une mosaïque d’écosystèmes remarquables, mais aussi des caractéristiques géologiques intéressantes au plan volcanologique et tectonique.

Darwin, lors de son passage aux Galapagos, avait noté l’alignement des volcans présents sur ces îles et pressenti sa relation avec des lignes de fractures de l’écorce terrestre.

 

Géologiquement parlant, les Galapagos constituent, comme d’autres archipels tels que les Acores, la partie émergée d’un système volcanique sous-marin étendu. Celui-ci doit son existence  à sa situation à la limite de confrontation de trois plaques océaniques : la plaque Cocos au nord, la plaque Pacifique à l’ouest, et la plaque Nazca au sud.

 

galap_plates.jpg                Position de l'archipel des Galapagos par rapport aux plaques tectoniques.


Les plaques Cocos et Nazca sont constitués de fragments de la plaque lithosphérique océanique « fossile » Farallon, au même titre que la plaque Juan de Fuca au large de l’Amérique du nord.

La plaque Farallon, située dans ce qui allait devenir l’océan Pacfique, a commencé à disparaître par subduction sous la côte ouest du continent américain au cours du Jurassique. Il y a 90 à 80 millions d’années, une dorsale océanique orientée est-ouest, la dorsale de Kula, a séparé en deux entités la plaque Farallon. Une partie de la plaque Farallon est encore détectable dans le manteau sous la côte est de l’Amérique du nord.

                       plaqies-plongeantes-et-panaches-dans-le-manteau-inferieur-.jpgg.  : situation de la plaque Farallon  (FA) (en jaune) entre 48-56 Ma - f. : position des plaques Nazca (NA) et Cocos (Co) il y a 10 à 25 Ma. 'en jaune)

 

La dorsale du pacifique-est borde ces plaques ; elle est coupée de différentes zones de failles. La vitesse d’extension rapide qui la caractérise – actuellement 6 à 16 cm. par an – ne lui donne pas l’aspect d’une vallée de rift, mais celui d’un sommet volcanique lissé et parcouru par une crevasse qui cours le long du sommet. Une dorsale « rapide » comme la East Pacific Rise, est, comparée à la dorsale Médio-Atlantique, relativement plus « chaude », ceci signifiant que plus de magma est présent sous l’axe de la dorsale, et que plus d’éruptions volcaniques la caractérisent, et que l’extension se passe de manière « plus fluide » .

 

              2008_age_of_oceans_plates---part1-copie.jpg2008_age_of_oceans_plates---part-2.jpgAge de la lithosphère océanique en millions d'années et position de deux dorsales océaniques principales - d'après un doc. NOAA

 

Le NOAA Ocean Explorer a analysé la zone appelée "Galapagos gal_gr9_12_l2-3---------Noaa-.jpgspreading center", au nord-ouest de l'archipel, en 2002 et 2005, établissant les cartes bathymétriques, assurant un relevé par sonar et visuel des structures volcaniques et de la faune présente dans les zones géothermales/fumeurs noirs.

                                                                                                doc. NOAA

 

mission_plan_map_600.jpg

               Image courtesy of Haymon et al., NOAA-OE, WHOI.

Galapagos-spreading-center---hot-spot---Haymon---al.-NOAA-O.jpgDiagram of the eastern equatorial Pacific showing the location of the Galapagos Spreading Center and Galapagos Islands. Deeper regions (>3500 m deep) are blue on this map. The Galapagos Spreading Center is an east-west ridge that rises above the surrounding seafloor, and is most shallow (depth ~1600 m) north of the Galapagos Islands. Image courtesy of Haymon et al., NOAA-OE, WHOI.

 

Pillow-lava---Galapagos-ocean-ridge--GM---NOAA-2005.jpg

Superbe photo de "lave en coussins" - pillow lavas - produites par des éruptions sous-marines sur la dorsale océanique, entourée de bivalves.

Submarine eruptions at mid-ocean ridges produce fresh lava flows like these "pillow" lavas, which form as lava slowly oozes out of a fissure on the sea floor. - Doc. NOAA Ocean Explorer 2005.

 

epr_relief_image_600.jpg

Image bathymétrique de l'"East Pacific Rise" - NOAA Ocean Explorer 2005

Bathymetric image of the East Pacific Rise. Image courtesy of Haymon et al., NOAA-OE, WHOI.


 

F8.mediumSchéma de l'évolution du point triple entre 23 Ma et la situation présente - la trace du point chaud est représentée par un petit cercle. - Tectonic reconstruction modified from Meschede & Barckhausen (2000) / Doc. The Cocos and Carnegie aseismic ridges .

 

 

Le début de la formation de l'archipel des Galapagos, situé sur la plaque Nazca dans sa zone de jonction avec la plaque Cocos, remonte à une dizaine de milliers d'années.

Des laves se sont répandue sur le plancher océanique pour former la plate-forme des Galapagos, puis ont formé des volcans sous-marins, qui ont émergé il y a environ 5 millions d'années dans la partie orientale de l'archipel. Dans cette partie, le phénomène de subsidence a marqué les îles premièrement formées qui se sont effondrées et constituent des cônes volcaniques sous-marins éteints.

 

 

F1.large-copie-1.jpg 

 

Position des îles et du plateau des Galapagos - vitesses de déplacement relatif des plaques en cm./an - les terres émergés en gris foncé - les plateaux et dorsales immergées en blanc.

Doc. The Cocos and Carnegie aseismic ridges .

 

 

Galapagos_IS_Topo_---Ken-Mc-Donald---using-geomapapp-coutes.jpgVue partielle de la plate-forme des Galapagos et de son archipel : les principaux volcans actifs sont situées sur Isabela et Fernandina - d'après une carte topographique de Ken McDonald (using geomapapp / courtesy of Lamont Doherty earth Observatory)

 

Sources :

- NOAA Ocean Explorer - explorations 2005

- NOAA Ocean Explorer - explorations 2002

- An updated digital model of plate boundaries - by Peter Bird
Department of Earth and Space Sciences, University of California, Los Angeles, California 90095, USA

- The Cocos and Carnegie aseismic ridges : a trace element record of long-term plum-spreading center interaction - by Karen S.Harpp & al.

- Galapagos geology - lien

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