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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

"parole aux lecteurs"

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #"Parole aux lecteurs"

 

472px-Solola_market.jpg

                   Marché de Solola - Vêtements et commerce traditionnels. Doc. wikipedia

 

La civilisation Maya est apparue environ 1.000 ans avant l'ère chrétienne et s'est développée dans presque tout le Guatemala actuel, au Belize, au Honduras et dans l'actuel Chiapas mexicain, avant d'être brutalement soumise par Pedro de Avarado et ses conquistadors espagnols entre 1523 et 1527.

Mais c'est dans les environs du lac Atitlan qu'elle reste de nos jours la plus "visible".

Une fois quitté Panajachel, alias "Gringotenango" - ceux qui sont passé par là comprendront ! - , on accède en quelques heures de bateau aux petits villages qui bordent le lac, dans lesquels la civilisation Maya est toujours bien vivante.

Deux principales ethnies sont ici représentées : les Tzutuhils et les Cakchiquels.

 

600px-Idiomasmap.svg.png   Les principaux dialectes et ethnies du Guatemala - Tzutuhils et Cakchiquels entourent le lac Atitlan en bas à gauche de la carte.


Santiago Atitlan, ancienne capitale du royaume Tzutuhil à l'époque précolombienne, reste le village le plus important de ce groupe ethnique. Les femmes tissent et portent toujours le huipil, blouse brodée de fleurs colorées ou de volées d'oiseaux, ainsi que le tocoyal, Satitlanwoman.jpgun intriguant couvre-chef, étoffe rouge enroulée très serré autour de la tête et terminée d'un bout brodé aux couleurs de l'arc-en-ciel. Le costume masculin ne passe pas non plus inaperçu; chemise blanche ou colorée et bermuda ample à larges bandes blanches et fines bandes bleu ou pourpres, avec dans le bas, des oiseaux ou des fleurs brodées, tenu par une large ceinture.

L'accueil y est sympathique ... à condition d'échanger quelques pièces contre des bananes ou des ocarinas de terre cuite, vendus par les enfants qui vous attendent au débarcadère.

A l'époque, nous étions accompagné d'un guide, archéologue parlant un français acceptable et féru de culture Maya, qui nous a longuement expliqué les subtilités des rites religieux qui n'ont pas disparu malgré la pression hispano-chrétienne. Nous avons ainsi visité l'église, ou le long des murs, nous attendaient des bataillons de saintes statues habillées par les villageoises de foulards Hermès et autres étoffes précieuses. Ils nous a fait connaître également le culte local de Maximon (prononcez Machimonne) : divinité locale, issue d'un amalgame entre anciens dieux mayas, Saint Simon, Pedro de Alvarado, le conquistador et Judas Iscariote.


"Au fond d'une petite maison, au cœur de Santiago de Atitlán, résonnent des incantations. Au centre de toutes les attentions, un étrange personnage. Maximón est là, figure emblématique de la culture guatémaltèque. Noyé dans les fumées d'encens, de tabac et les vapeurs d'alcool, il trône au milieu des offrandes. Enveloppé de foulards multicolores, vêtu d'un pantalon indien typique, il est coiffé de deux chapeaux superposés. Son visage est suggéré par un masque de bois sculpté. Au creux de ses lèvres, une cigarette se consume" . (d'après G.Véron - journal du CNRS)
 

atilan_maximon.jpg  Maximon, couvert de foulards et entouré de membres de la maison qui l'accueille, différente chaque année. Remarquez la tenue traditionnelle des hommes présents à la cérémonie.

 

Après m'être retrouvé seul en fin d'après-midi dans le marché local en train de remballer - moment intimidant - la nuit s'est calmement passée dans le petit village de Santa Catarina Palopo, où nous avons pu admirer les tenues et les ouvrages traditionnels Cackchiquel : splendide camaïeu de bleu et vert, teintes qui donnent à mon avis les plus beaux huipils.

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                  Vêtements traditionnels de Santa Catarina Palopo. - doc. Wikipedia.

 

Les couleurs, qui ont inspirés les Cackchiquels, viendraient des couleurs constamment changeantes du lac Atitlan, qui peuvent passer du lapis lazuli, au vert émeraude puis au bleu azur.

 

Santa_Catarina_Palopo_---Simon-Burchell.jpg Santa Catarina Palopo : la calle, menant à l'hôtel (à gauche) et au lac Atitlan - photo Simon Burchell.

 

Le syncrétisme religieux, où religions et rites mayas et chrétiens se côtoient, trouve ses limites en maints endroits : ainsi à Chichicastenango, en pays Quiché, l'église de Santo Tomas, d'ailleurs bâtie en 1540 sur un lieu de culte Maya, sacrifie plus aux rituels mayas que chrétien ... le curé catholique a failli se faire étriper le jour où il a voulu interdire ces rites indiens; depuis il n'est que supporté parce qu'il soigne les locaux dans un dispensaire jouxtant l'église. Nous avons pu assister à une cérémonie, où dans un nuage d'encens et dans l'église au sol jonché de branches de pin, d'épis de maïs et d'une myriade de fines bougies, officient des chefs de prière appelés "chuhkajaus" - qui se traduit par "mère-père" - en scandant des paroles magiques. Les bougies et les offrandes diverses sont placées là, en souvenir des ancêtres, dont beaucoup sont enterrés sous les dalles de l'église.

 

Ces mêmes chefs de prière officient aussi en pleine nature au lieu-dit "Pascual abaj" , la pierre du sacrifice, un oratoire situé sur une colline et dédié au dieu maya de la terre, Huyup Tak 'ah. Flagellation avec des plantes mouillées, aspersions diverses avec de mystérieux liquides (alcools recrachés) suivis d'impositions des mains, se passent sur la colline proche du cimetière, entre des foyers rituels et de nombreuses bougies allumées.

 

Je pourrais raconter encore bien d'autres anecdotes, mais l'Agua nous attend ... dès demain.

 

 

Sources :

- Arte Maya Tzutuhil - Maya artists from the highla,ds of Guatemala - lien

- Authentic Maya - Cradle of the Mayan civilization - lien

- Maximon, dieu aux mille visages - le journal du CNRS - lien

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Publié le par Bernard Duyck
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Le lac Atitlan, carte postale bien connue des hauteurs Guatémaltèques, emplit une partie nord du complexe Caldérique Atitlan. Il mesure 128 km² et sa profondeur moyenne est estimée à 340-360 m. (non sondé). C'est un lac endoréïque sujet à la pollution (article à ce sujet).

 

         Le lac Atitlan ,vu de Santa Catarina Palopo - doc. wikipedia

         De gauche à droite, les volcans Atitlan, Toliman et San Pedro.

Atitlan_Lake.jpg

La caldeira Atitlan (à ne pas confondre avec le volcan du même nom):

elle s'est formée en trois phases :

- Atitlan I : il y a 11 millions d'années

- Atitlan II :  il y a 8 millions d'années

- Atitlan III : il y a 84.000 ans; cette éruption plinienne a émis 250 km³ de magma rhyolitique. Les dépôts d'ignimbrites "Los Chocoyos" sont estimés à 600 km³, de quoi recouvrir la France sous plus d'un mètre de ponces.

 

Ponce-rhyolitique-Los-Chocoyos---Carr-Juan-Ostuncalco.jpgLes dépôts de ponces rhyolitiques sont exploités dans la carrière Juan Ostuncalco, dans la région de Quetzaltenango ; la couche est épaisse de plus de 200 mètres.

Photo bill Rose - GVP.


Depuis, la caldeira Atitlan a produit au moins quatre séquences explosives rhyolitiques, de nombreux tephras andésitiques et construit trois stratovolcans : l'Atitlan, le Toliman et le San Pedro.

Les principaux dépôts éruptifs, "San Pablo" et "Las Canoas", furent respectivement composés de dépôts pliniens avec des lapilli accrétionnés, compris entre des couches de fines poussières, pour le San Pablo; le Las Canoas est composé lui de dépôts phréatomagmatiques, pliniens et pyroclastiques.

Atitlan_map.gif

 

 

 

Les volcans San Pedro et Toliman se sont édifiés sur le bord sud de la seconde caldeira, et le volcan Atitlan sur le bord de la troisième.

 

Nasa-landsat-2000---L.Siebert-Akton-Univ-jpg               Vue satellitaire Landsat/ Nasa - 2000 - L.Siebert Akton University

 

Atitlan--Toliman--San-Pedro----T.Pfeiffer-Volcanodi-jpgDe gauche à droite, l'Atitlan, le Toliman chapeauté de nuages, le cône Cerro de Oro, et la San Pedro - photo Tom Pfeiffer / Volcanodiscovery , avec son aimable autorisation.

 

Le Toliman est un grand stratovolcan andésitique, haut de 3.158 m., recouvert, à la différence de ses voisins, de coulées de lave.

Aucune éruption historique n'a été relevée; cependant une coulée de lave provenant d'un dôme de lave parasite situé sur son flanc nord, le Cerro de Oro, et qui a pénétré le lac Atitlan, a été datée d'un millier d'années seulement (Newhall -1987)

 

P1070676 CHB   Le Toliman se reflète dans la lac Atitlan; à l'arrière-plan, le volcan Atitlan, à l'avant-plan, le Cerro de Oro  -  © Frédéric & Carole Hardy 2010.


Le San Pedro est un stratovolcan élevé de 3.020 m. Le volcan est peu documenté.

 

Le volcan Atitlan, stratovolcan élevé de 3.535 m., est le plus haut des trois volcans post-caldeira. Il est plus jeune que le Toliman et en contraste avec celui-ci, couvert d'une épaisse couche de dépôts pyroclastiques végétalisés côté nord, mais dénudé côté sud.

Les principales éruptions historiques datent du 15° siècle; la dernière manifestation récente, de VEI 3, date de mai 1853.

 

L'ascencion des trois structures volcaniques est considérée comme "difficile".

 

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   Le lac Atitlan, au pied des volcans Atitlan et Toliman - © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

P1070623 CH

                      Tout le charme du lac Atitlan - © Frédéric & Carole Hardy

 

Le lac Atitlan est cerné de nombreux villages, peuplés en majorité par des indiens Mayas, Tzutujil et Caqchikel. La culture maya est vivace et les habits traditionnels toujours portés.

Noue en parlerons demain.

 

 

 

Sources :

- Volcanism during the past 84.000 years at Atitlan caldera - ADS

  The Smithsonian/ Nasa astrophysics data system - lien

- Global Volcanism Program - Toliman

-                                           - Atitlan

- USGS  - Guatemala volcanoes and volcanics.

- Volcanodiscovery - Guatemala

 

 

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               Carte topographique des volcans jumeaux Acatenango et Fuego - doc. GVP

 

Les volcans jumeaux Acatenango et Fuego sont situés à côté de l'ancienne capitale "La Antigua Guatemala"; la construction de l'Acatenango était complète avant la formation du Fuego, leurs activités respectives sont responsables du chevauchement des cônes.

 

L'Acatenango :

La formation du stratovolcan s'est déroulée en trois périodes éruptives principales, datées grossièrement de 85.000 ans, d'après les tephras "Los Chocoyos" provenant de la caldeira Atitlan.

Un Acatenango ancestral s'écroula vers le sud, il y a plus de 43.000 ans, formant les dépôts de débris d'avalanches "La Democracia" qui couvrent une grande part de la plaine côtière Pacifique.

La construction du sommet nord, Yepocapa (3.880 m.), fut terminée il y a 20.000 ans, précédant le formation du sommet sud, le plus élevé, appelé Pico Mayor (3.976 m.)

 

 

v6_hp11-Fuego-et-Acatenango.jpg          L'Acatenango et le Fuego, vus d'Antigua Guatemala City - auteur inconnu.

         Le groupe formé par les trois sommets est connu sous le nom des "Tres Hermanas".

 

Une note de 1690, décrit une éruption de 1661 : "le volcan a ouvert une bouche fumante, mais sans émettre de bruits".

Les éruptions historiques documentées datent de 1924-1925 (VEI 3 - Pico Central), de 1926- 1927 (Pico Central - VEI 2), la dernière de 1972 (VEI 1 - Pico Central, col du Yepocapa).

 

Le Fuego ("feu" en espagnol) :

La construction du volcan Meseta, dont on aperçoit un escarpement entre le Fuego et l'Acatenango, date de 230.000 ans et continua jusqu'à la fin du Pléistocène et au début de l'Holocène.

Son effondrement engendra il y a 8.500 ans l'énorme dépôt de débris d'avalanche Escuintla qui s'étend sur 50 km. par dessus la plaine côtière.

L'édification du Fuego moderne a suivi cet effondrement, en induisant la migration vers le sud de l'activité volcanique débutée à l'Acatenango. D'andésitiques à l'Acatenango, les éruptions du Fuego sont devenues de plus en plus basaltiques au cours des siècles.

De fréquentes et violentes éruptions ont été rapportées depuis le début de la colonisation espagnole en 1524, générant d'importantes chutes de cendres ( 1973-74 , 1978) , accompagnées occasionnellement de coulées de lave et coulées pyroclastiques (1971) . L'activité est "toujours en cours" !

Détails sur le site du GVP - Fuego eruptive history

 

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       Belle explosion, accompagnée de quelques bombes - © Frédéric & Carole Hardy 2010

 

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     Le volcan est sous la surveillance de l'Insivumeh et de sa mascotte - © Frédéric & Carole Hardy Fuego 2010.

 

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        "Un volcan, ça trompe ...énormément !"  - © Frédéric & Carole Hardy - Fuego 2010.         

 

2007---ThB.jpg       Eruption nocturne en 2007 - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel.

                        Un clic sur la photo pour accéder à son site.


Sources :

- Global Volcanism Program - Fuego

-                                           - Acatenango

- USGS - Guatemala volcanoes and volcanics

- Volcanoes of central america - Fuego - par Thorsten Boeckel

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Publié le par Bernard Duyck
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Le Santa Maria et le complexe Santiaguito, au NO, vu de la station spatiale internationale le 13.01.2008 - Doc. Nasa Earth Observatory.

 

Un impresionnant stratovolcan se dresse au sud de Quetzaltenango, la deuxième ville du Guatémala, dominant la plaine côtière : le Santa Maria.

On estime que  les éruptions, petites mais fréquentes, qui ont construit cet édifice ont débuté voici 30.000 ans. Suivant la période d'édification du cône, de longues périodes de repos furent entrecoupées d'émission de coulées de lave sur ses flancs, lui donnant un volume avoisinant les 10 km³, constitué d'un mélande de basalte et d'andésite.

Haut de 3.772 mètres, ce volcan a une forme parfaite vu depuis le nord, mais au sud, sa morphologie est différente : un cratère d'1,5 km. de large coupe le flanc sud-ouest.

 

L'éruption catastrophique du 24 octobre 1902, l'une des plus puissantes du 20° siècle, déstabilisa le flanc sud, provoquant une avalanche de débris. Un panache plinien s'éleva à près de 29 km., tuant près de 6.000 personnes.

L'éruption se prolongea moins intensément jusqu'en 1913. Dès 1922, l'activité revint dans le cratère en fer à  cheval, avec des phases explosives intenses entrecoupées par l'émission de lave visqueuse sous forme de dômes, créant le "complexe du Santiaguito".

 

14mar21f.png                                                     Carte M.Conway - GVP.


Le complexe du Santiaguito:

Ce complexe de dômes en comporte quatre dans la dépression : El Brujo, El Monje, La Mitad et El Caliente, le plus récent et aujourd'hui très actif.

 

Domes-Santiaguito---Lee-Siebert-smiths-jpgVue du complexe Santiaguito, du haut du Santa Maria, qui le domine de 1.300 mètres.

De gauche à droite : El Caliente, partiellement visible, La Mitad, El Monje et El Brujo. - photo Lee Siebert / Smithsonian 1993

 

Le complexe de dômes dacitiques s'étend sur 3 km. direction est-ouest. Depuis sa naissance en 1922, l'activité a fluctué, avec des périodes plus intenses de 3 à 5 ans, espacées d'intervalles de 10 à 12 ans. Elle se manifeste par des explosions vulcaniennes, des coulées pyroclastiques ou de lave épaisse, parfois des lahars, qui empruntent les drainages en direction du sud de l'édifice.

 

Un récent épisode envoya un panache de cendres entre 7 et 8,5 km.

 

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 Le complexe Santiaguito et le Caliente, fumant, en mars 2010 - © Frédéric & Carole Hardy


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                            Explosion au Caliente - © Frédéric & Carole Hardy

 

 

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                         Panache mixte vapeur et cendres  -  © Frédéric & Carole Hardy

 

Actu-4-6724_n2---ThB-12.2007.jpg Activité nocturne en décembre 2007 - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel.

Un clic sur la photo vous mène vers sa page - Volcanoes of central America.

 

Sources :

- Merci à Carole et Frédéric Hardy pour leur partage de photos.

- Global Volcanism Program - Santa Maria

- A.L.P.E. - le site de Martin Rietze - Santa Maria 12.2008-01.2009

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Après avoir visité le Guatemala en 1998, à l’époque « argentique », par conséquent peu compatible avec la transmission des images par ordinateur, une aimable proposition de photos de la part de Frédéric et Carole Hardy me donne envie d’y retourner… et comme d’habitude, de commencer par un aperçu volcano-tectonique.

 

schemas-008-copie.jpg            Tectonique de l'amérique centrale - Doc. Volcanism de H-U.Schmincke.

   

Le contexte tectonique général du Guatémala, situé dans la ceinture de feu du Pacifique, est lié à la subduction de la plaque Cocos sous la plaque Caraïbe. Ce canevas est compliqué par la présence de nombreuses failles ; au sud des failles Jocotan et Motagua, une tectonique d’extension est accompagnée de rotation de la plaque Caraïbe.

La géologie du complexe volcano-tectonique situé au sud de ces principales failles s’explique par l’interaction et la rotation de blocs crustaux dans la plaque Caraïbe chevauchant une zone de production magmatique, située le long de la plaque Cocos en subduction.

La faille Japalteque, aussi nommé « Pacific marginal fault zone », semble faire partie d’un régime d’extension en tant que zone de faille transformante.

 

burkart self extension rotation block central america volca   Principales failles observées en méso-amérique - doc. Burkart & Self (réf. ci-dessous)
 
Burke Burkart et Stephen Self, de l’Université d’Arlington au Texas, découpent la zone en quatre grands blocs :

- Le premier bloc est peu affecté par la tectonique d’extension.

- Le second est une zone d’extension moyenne, au sud d’une faille productrice d’un grand volume de matériaux volcaniques : des centres volcaniques siliciques à andésitiques sont établis sur une épaisse intrusion datée du milieu du Miocène. En son centre, le complexe de la caldeira Atitlan, toujours actif, est daté de 12 millions d’années. (schéma ci-dessous)

 

P1070662.JPG

 

              Le lac Atitlan et les volcans post-caldeira  -  © Frédéric & Carole Hardy

 

- A la séparation des zones II et III, la faille Mixto constitue la frontière ouest du graben Guatémaltèque (G), qui contient, comme centre éruptif, la caldeira d’Amatitlan. De 14 km. sur 16, cette caldeira fait suite à un cycle éruptif qui a couru sur 300.000 ans et s’est terminé il y a 23.000 ans, ayant éjecté plus de 70 km³ de magma. Cette troisième zone possède une structure « horst et graben » ( aussi appelée « basin and range »).

Le graben Ipala, du nom du stratovolcan qui s’y trouve, est situé à l’est du graben Guatémaltèque.

 

burkart_self_extension_rotation_block_central_amer-copie-1.jpg                         Les zones déterminées par l'étude de Burkart et Self.


- La quatrième zone concerne El Salvador et le Nicaragua, avec des déplacements orientés vers le nord-est.

 

Map_guatemala_volcanoes.gif

 

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Volcanoes of Guatemala

- USGS - Guatemala volcanoes and volcanics

- Extension and relation of crustal blocks in northern central America and effect on the volcanic arc - Bruke Burkart & Stephen Self - Geology 1985.

- Volcanism , de H-U.Schmincke

- Guatemala's volcanoes - lien

- Geology of Metapan volcanic field NW El Salvador - lien

 

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Au sud de Timanfaya, la vallée de la Geria et ses vignobles.


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Les vignobles et leurs murets en demi-lune couvrent la vallée de La Geria et les contreforts volcaniques  -  ©JM. Mestdagh

 

Le climat désertique et l’absence totale de source et de rivière sur Lanzarote rendent toute pratique agricole difficile. Cependant, en raison de son origine volcanique, l’île bénéficie d’un sol noir fertile constitué de cendres et de lapilli, sur un sous-sol argileux peu perméable. S’adaptant parfaitement à ces conditions naturelles originales, une technique viticole singulière a été adoptée : les ceps de vigne sont plantés individuellement au milieu d’entonnoirs creusés dans les lapilli, afin d’y puiser l’humidité nocturne recueillie, et sont protégés des vents secs du nord-est et du Sahara par des murets de pierre édifiés en demi-cercle.

 

Les murets sont constitués d'empilements de pierres sur un seul rang; les pierres sont placées de telle façon que le parement intérieur du demi-cercle soit aussi lisse que possible, de façon à faciliter le travail de la vigne dans les dépressions.

Une technique un peu différente consiste à creuser un large fossé, long de plusieurs dizaines de mètres, bordé de chaque côté par un muret et compartimenté par des murets tranversaux.

 

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Technique alternative : un grand fossé et des murets transversaux  -  ©JM. Mestdagh

 

Le vignoble de Geria produit un vin rouge et doux : le vin de Malvoisie.

Malvoisie est en réalité le nom grec donné à un groupe de cépages d'origine méditerranéenne. Dans l'ancienne terminologie du commerce Vénitien des vins, l'appellation "Malvasia" correspondait à la fois au cépage d'origine et à toute une série de vins grecs.

 

Accessible par la route, ou par le chemin côtier de Timanfaya, le site de El Golfo offre une vue surprenante.

 

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Le cratère d'El Golfo et la plage de sable noir  - ©JM. Mestdagh

 

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       Les effets de l'érosion sont spectaculaires  -  ©JM. Mestdagh

 

Un majestueux volcan d'origine sous-marine a été fortement érodé par la mer, donnant l'impression d'avoir été coupé en deux. Les roches errodées offrent une palette qui va du gris, au brun, à l'ocre jusqu'au rouge, contrastant avec la mer bleue, la plage de sable volcanique noir et un petit lagon vert bronze : le Charco de los Clicos... un arc-en ciel minéral !

Ce lagon est alimenté par des remontées d'eaux souterraines; sa couleur est liée à la présence d'algues microscopiques (Ruppia maritima).

 

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       Le cratère d'El Golfo et le Charco de los Clicos  -  ©JM. Mestdagh

 

Toujours plus au sud-ouest, Los Hervideros, "les eaux bouillonnantes" : des labyrhintes ont été creusé par la mer dans un flot de lave basaltique.

Les eaux de l'Atlantique se ruent dans les tunnels de lave, y créant des arches, des cheminées, où elles semblent bouillir avec des projections bruyantes hautes de plusieurs mètres.

 

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.Los Hervideros - "the boiling springs" - avec en arrière-plan  la Montana Bermeja, cône très coloré, à droite -  ©JM. Mestdagh

 


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                                                                                               ©JM. Mestdagh


Sources :

- Les murets de pierre sèche semi-circulaires du vignoble de Lanzarote - C. Lassure

- Landscapes of Lanzarote - Sunflower countryside guide.

 

   

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             Le chemin côtier, entre mer et cônes volcaniques - ©JM. Mestdagh

 

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              Le "malpais" - mauvais pays - de Timanfaya  -  ©JM. Mestdagh


Puisque le parc national ne permet pas de déambuler dans les laves à sa guise, les amateurs devront se rabattre sur le chemin côtier, qui court de Playa dela Madera jusqu'à El Golfo, sur 13 kilomètres.

Il convient d'être bien équipé, car l'entièreté du parcours se fait sur de la lave et ne présente aucun abri : en cas de temps ensoleillé, les provisions d'eau sont indispensables ... mais c'est la seule portion de Timanfaya explorable sans guide; il est cependant conseillé de ne pas s'écarter trop du sentier.

 

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                                    Colonnes primées basaltiques - ©JM. Mestdagh


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Le spectacle des formations de lave côtières, la vue sur les cônes volcaniques et le bruit incessant du ressac  sont ici sources de satisfaction.

Les roches volcaniques de Lanzarote sont constituées presqu'exclusivement de basaltes, et on peut admirer, en bord de mer, des colonnes prismées.

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Basalte à olivine - ©JM. Mestdagh  

 

"Ce sont des basaltes à augite et olivine (*), constellés de nodules de péridotite (*) qui ont été arrachés au manteau supérieur et remontés par la lave. Cette abondance d'enclaves du manteau est un indice en faveur d'une ascension rapide du magma, depuis sa zone de genèse dans le manteau supérieur jusqu'à la surface. En effet, pour qu'un liquide basaltique à haute température - plus de 1.000°C - puisse remonter des blocs de forte densité, comme des péridotites, il est impératif que sa vitesse ascensionnelle soit grande. En période de crise volcanique, il est probable que quelques heures suffisent au magma pour parcourir la distance manteau-surface "  commente Maurice Krafft.

 

(*) :

Les péridotites sont une série de roches plutoniques constituant la majeure partie du manteau terrestre. Ultramafiques(ou ultrabasiques), de structure grenue, les péridotites sont principalement constituées d'olivine associée à d'autres silicates ferro-magnésiens, essentiellement des pyroxènes. Elles doivent leurs nom aux péridots, les cristaux d'olivine qui les constituent majoritairement et leur confèrent souvent une teinte verte ou jaune-verdâtre.


L' augite est un minéral de la famille des pyroxènes. Il s'agit d'un clinopyroxène ferromagnésien et calcique.


Un article et des photos seront consacrés à l'olivine, sur ce blog.


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               Quelques grosses bombes en bordure du chemin côtier  -  ©JM. Mestdagh


Actu-4-1597.jpgDans un univers de laves "a-a", quelques coulées cordées témoignent d'épisodes différents.

©JM. Mestdagh


Le fait que les laves émises furent principaement de type "a-a" est à mettre en relation avec le très faible nombre de victimes recencées en 1730-1736, leur vitesse lente de progression ayant permis aux autochtones de fuir le danger.

 

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La proximité de la mer, le vent et les hautes températures ont permis une cristallisation de sel dans des trous de roches basaltiques étrangement sculptées  -  ©JM. Mestdagh

 

Sources :

- Guide des volcans d'europe et des Canaries , par M.Krafft et F.de Larouzière.

- Le parc national de Timanfaya - itinéraire du chemin côtier, faune et flore - lien

 


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Timanfaya - Alignement des cônes sur la fissure éruptive et flots de basalte parallèles sur champ de scories  -  ©JM. Mestdagh

 

 

Dans son livre "Les feux de la terre - histoires de volcans", chapitre "Le clergé, chroniqueur de l'enfer" , Maurice Krafft parle des hommes d'église qui ont été, jusqu'au milieu du 19° siècle, de grands observateurs d'éruptions. On leur doit la description de la plupart des épisodes actifs du Vésuve et de l'Etna, mais aussi de la majorité des grands cataclysmes volcaniques à travers le monde. 


Le curé de la commune de Yaiza, Don Andres Lorenzo Curbelo, nous fait revivre le cataclysme :

 

 

«  Le 1° septembre 1730, entre neuf heures et dix heures du soir, la terre s’entrouvrit tout à coup auprès de Timanfaya, à deux lieues de Yaiza.

Dès la première nuit, une énorme montagne s’était élevée du sein de la terre et de son sommet s’échappait des flammes qui continuèrent à brûler pendant dix-neuf jours (…), un torrent de lave se précipita sur Timanfaya, sur Rodeo et sur une partie de Mancha Blanca. La lave s’écoula sur les villages vers le nord, d’abord avec autant de rapidité que l’eau, mais bientôt sa vitesse se ralentit et elle ne coula plus que comme le miel (…)


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                      Timanfaya - coulées basaltiques  -  ©JM. Mestdagh


Le 11 septembre, l’éruption se renouvela avec force et la lave recommença à couler. De Santa Catalina, elle se précipita sur Maso, incendia et recouvrit tout ce village et poursuivit son chemin jusqu’à la mer ; elle coula pendant six jours de suite avec un bruit effroyable et en formant de véritables cataractes. Une grande quantité de poissons morts surnageaient à la surface des eaux de la mer (…)

Bientôt tout se calma. Mais le 18 octobre,trois nouvelles ouvertures se formèrent au-dessus de Santa Catalina qui brûlait encore et de ses orifices s’échappèrent des masses d’une fumée épaisse qui s’étendit sur toute l’île. (…)

Les coups de tonnerre et les explosions qui accompagnèrent ces phénomènes, l’obscurité produite par la masse de cendres et de fumées qui recouvrait l’île, forcèrent plus d’une fois les habitants de Yaiza et des lieux voisins, à prendre la fuite. (…)

Le 28 octobre, l’action volcanique s’était exercée de cette manière pendant 10 jours entiers, lorsque tout à coup le bétail tomba mort, asphyxié dans toute la contrée, par un dégagement de vapeurs pestilentielles, qui se condensèrent et tombèrent sous forme de gouttelettes. Le 30 octobre tout redevint tranquille. (…)

Mais le 1° novembre, les fumées et les cendres recommencèrent à paraître (…)

Le 27, une autre coulée se précipita avec une incroyable vitesse vers les bords de la mer; elle atteignit le rivage le 1° décembre, et forma au milieu des eaux une petite île, tout autour de laquelle on trouva beaucoup de poissons morts. (…)

Le 16décembre, la lave atteignit Chupadero qui bientôt ne fut plus qu’un vaste incendie. Elle ravagea ensuite la fertile Vega de Ugo. (…)

 

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                                                                                                         ©JM. Mestdagh


Le 7 janvier 1731, de nouvelles  éruptions vinrent bouleverser les précédentes. Des courants incandescents, accompagnés de fumées très épaisses, sortirent par deux ouvertures formées dans la montagne. Les nuages de fumée étaient fréquemment traversés par de brillants éclairs d’une lueur bleue et rouge, suivis de violents coups de tonnerre, comme dans les orages, et ce spectacle était aussi effrayant que nouveau pour les habitants, car on ne connaît pas les orages dans ces contrées. (…)

 

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        Timanfaya -  édifices volcaniques imbriqués, sur fond de coulées - ©JM. Mestdagh

 

Chaque fois que les hommes croyaient que leur malheur s’achevait, de nouvelles fissures s’ouvraient, de nouveaux cônes s’érigeaient. Il y eu même des éruptions sous-marines (… )   »

 

 

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       Timanfaya - Cônes alignés sur la fissure et flots de lave  -  ©JM. Mestdagh

 

C’en était trop, les habitants abandonnant tout espoir, partirent définitivement avec le curé de Yaiza pour se réfugier sur l’île de la Grande Canarie. La terre continua à vomir son basalte incandescent jusqu’au 16 avril 1736, noyant une surface de 200 kilomètres carrés, recouvrant champs et villages, détruisant 400 maisons et construisant plus de trente cônes tous alignés sur une gigantesque fissure. La quart ouest de Lanzarote, si fertile, si florissant, était anéanti !

 

Sources :

- Récit de Don Curbelo

 Rvdo. D. Andrés Lorenzo Curbelo, Párroco de Yaiza cuando ocurrieron las erupciones volcánicas de los años 1730 al 1736. - lien
D. Andrés fue el cronista de aquellas importantes erupciones.

- Les feux de la terre - histoires de volcans - par Maurice Krafft

  Découvertes Gallimard /Sciences et techniques.

 

 

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Timanfaya - Google 2

          Vue satellite du "Campo volcanico de Timanfaya" - d'après Google 2010.

 

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                             Timanfaya - Valle de la Tranquilidad  -  ©JM. Mestdagh


Le parc national de Timanfaya est situé dans le sud-ouest de l'île et compte une superficie de 51,07 km². Il s'étend de la limite de la commune de Yaiza jusqu'à la montagne Montaña Timanfaya. A l'ouest il est limité par la côte. Cet endroit a vu la naissance de 32 cônes volcaniques. Du haut de la montagne Montaña Rajada (350 m d'altitude) on a un bel aperçu du parc.


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                         Timanfaya - Paysage lunaire ...une autre planète   -  Photo G.Keller.

 

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                                                                                                                ©JM. Mestdagh

 

Avant les éruptions volcaniques, cette immense étendue recouverte aujourd'hui par une mer de lave figurait parmi les terres les plus fertiles de Lanzarote. Après la catastrophe, ces terres furent recouvertes par des millions de mètres cube de lave et 420 maisons furent ensevelies. Les villages détruits furentTimanfaya, Los Rodeos, Mancha Blanca, Santa Catalina, Mazo, Jarretas, Tingafa, Peña Palomas, Testeina, La Geria, Macintafe, Mozaga, Guagaro, Masdache et Iguadén ainsi que les terres agricoles de Maretas et Chupaderos.

Les volcans qui composent le parc national de Timanfaya sont du type hawaïen. Ceux-ci forment de grandes colonnes de cendre lors de l'éruption et les lapilli, poussés par le vent, ont recouvert de vastes étendues et les pentes de cratères plus anciens.

 

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                                                                                                     ©JM. Mestdagh

 Cette étendue recouverte par les pluies de cendre est appelée Valle de la Tranquilidad (vallée de la tranquillité). Le centre de l'éruption était situé au Maciso del Fuego (le massif du feu) haut de 525 m. Ce volcan est aujourd'hui recouvert par les cendres et les scories des éruptions du XVIIIe s., mais on a constaté que le flanc arrière du volcan, qui rayonne encore énormément de chaleur, est composé de lave très ancienne. Les nombreuses rangées de petites cheminées (Hornitos) et les volcans "parasites" (nommés ainsi car ils se sont formés au pied du colosse central) sont intéressant à observer.


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                                                                                                         ©JM. Mestdagh


L'imposant cratère Corazoncillo, le plus grand cratère d'explosion de Lanzarote, possède une caldeira d'une profondeur de 100m. C'est la lave de ce volcan qui a enseveli le village de Timanfaya.

Au regard des quantités de lave rejetées et de la durée des éruptions, elles figurent parmi les plus importantes de l'histoire du volcanisme. Selon le Global Volcanism Program : 

 

Start Date: 1730  Sep 1  Stop Date: 1736 Apr 16 

Dating Technique: Historical Records

Volcanic Explosivity Index (VEI):  3

Lava Volume:  4.0±1.0  x  109 m3

Area of Activity: Montañas del Fuego

Eruptive Characteristics:
    Flank (excentric) vent
    Regional fissure eruption
    Submarine eruption
    Explosive eruption
    Lava flow(s)
    Fatalities  (?)
    Damage (land, property, etc.)
    Evacuation

 

Spectacle envoûtant, vision figée de la furie volcanique, images de genèse de la terre ... seul bémol, le vulcanophile ne peut ici poser un seul pied par terre et les seuls déplacements permis le sont, soit à dos de dromadaires, soit en guagua (autobus aux vitres hermétiquement fermées !) sur la "Ruta de los volcanes", itinéraire long de 14 km. dessiné par Jesus Soto.

 

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                                          La ruta de los volcanes  -  ©JM. Mestdagh


En détail, quelques "spots intéressants" :

- le hornito du "Manto de la Virgen" de taille impressionnante.


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                                                                                 ©JM. Mestdagh


- Depuis "El Mirador", au sommet de la Montaña Rajada, la vue se perd jusqu'à la mer... à l'infini, de la lave.

On peut voir un tunnel de lave partiellement effondré et repérer la fissure éruptive , jalonnée de cônes pyroclastiques.

 

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                          Fissure éruptive et cônes alignés  -  ©JM. Mestdagh

 

Des tunnels de lave effondrés sur une longue distance créent un "sinuous rille" - un sillon sinueux, au sein des coulées émises par le s éruptions de 1730-1736. Sur une vue satellite, on peut voir des portions non effondrées (flèches blanches) montrant qu'il s'agit d'un tunnel, et non d'une coulée surbaissée et enserrée entre deux levées - Document Planet Terre, Pierre Thomas, ci-dessous.

 

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Certains cônes, nommés ici islote, sont entièrement cernés par les coulées.

 

De retour à Islote de Hilario, on peut découvrir l'anomalie thermique qui perdure en cet endroit, grâce à quelques manipulations faites par les guides: des températures voisines de 400 °C ont été mesurées à une dizaine de mètres de profondeur.

Les scories sont brûlantes par endroit, et des branches d'aulaga, une papilionacée locale, s'enflamment spontanément dès qu'elles sont enfoncées dans un trou.

Actu-4-2334.jpgAilleurs, un tube d'acier planté de quelques mètres dans le sol permet de produire à volonté un geyser artificiel : un seau d'eau versé dans le tube de forage, ressort vaporisé quelques secondes après, en rugissant en une colonne d'une dizaine de mètres de hauteur.

Le restaurant "El Diablo", encore une réalisation de Cesar Manrique, construit en pierre volcanique et parfaitement intégré à son milieu, utilise la chaleur du volcan pour ses barbecues.

 

Les dernières éruptions volcaniques sur l'île eurent lieu en 1824. Le 31 juillet de cette année là, le volcan Clérigo Duarte est entré en éruption. La coulée de lave s'étendait sur plus de 14 km et, près de Punte del Cochino, elle s'est écoulée dans la mer. Les 10 années qui précédaient l'éruption furent ponctuées par de nombreux séismes. La particularité de cette éruption était la grande fluidité de la lave ainsi que les énormes colonnes d'eau salée bouillante qui furent éjectées du cratère et qui inondèrent les alentours. La dernière coulée de lave menaçait le village de Mancha Blanca. Dans leur détresse le habitants de ce village empruntèrent la statue de la vierge Virgen de los Dolores au village de Tinajo et formèrent une procession pour aller à l'encontre de la lave en fusion. Le miracle se produisit et la lave se figea juste avant d'atteindre la première maison du village. Aujourd'hui une croix en bois s'élève à cet endroit. En 1781, les habitants ont érigé une petite chapelle (Nuestra Señora de los Volcanes) et de nos jours encore une procession est organisée tous les ans à la date anniversaire de cet évènement.

 

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                                                                                                                 ©JM. Mestdagh


Demain, nous verrons le récit de ces éruptions terribles échelonnées de 1730 à 1736, grâce au récit du curé de Yiaza.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft et F.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé.

-Montanas del Fuego - doc. Parque National de Timanfaya.

- Planet terre - tunnels de lave effondrés - P.Thomas

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Actu-4-0539.jpg                          Oeuvre de Manrique - Jardin de cactus - ©JM. Mestdagh

                                         " L'intégration de l'homme à la nature ".


 

Dans le tunnel de lave généré par le volcan La Corona, nous avons vu hier La Cueva de los Verdes ... il existe dans le même tunnel, une "grotte" aménagée par César Manrique : le Jameos del Agua.

Jameos est un mot issu du dialecte local signifiant grotte ou bulle.

Les infiltrations d'eau ont engendré un lac  naturel qui sert de tanière à une espèce unique au monde : un crabe albinos et aveugle, appelé familièrement "jameitos", le Munidopsis polymorpha.

Les rayons du soleil pénétrant par les ouvertures du plafond illuminent ce lac : le Jameo grande.

 

Jameos-del-Agua.jpg                     Jameo grande - le lac au crabes albinos - doc. wiki.

 

Rapprochement de l'art et de la nature, voulu par César Marique, peintre, designer, architecte, sculpteur et surtout grand défenseur de la nature de Lanzarote.

Né en 1919 à Arrecife, il a toujours vécu sur l'île et a eu la chance, contrairement à beaucoup d'artistes, d'être reconnu "de son vivant". Manrique est partout sur Lanzarote : il a conçu le Mirador del Rio, observatoire intégré à la nature, créé le jardin de cactus, et sa résidence privée devenue la Fondation Cesar Manrique; c'est aussi lui qui a pensé et dessiné le sympathique petit diable , mascotte du parc de Timanfaya.

 

Un jardin qui ne manque pas de piquant, à Guatiza.

Il constitue un bel exemple d'intervention architectonique intégrée au paysage : en pleine démarche d'intégration des ouvrages au paysage insulaire, il s'est intéressé à l'ancienne carrière de Guatiza, a fait restaurer le moulin à gofio (farine de maïs) qui couronne l'enceinte.

 

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            Une partie du jardin de cactus et le moulin à golfio. - ©JM. Mestdagh


 

L'intérieur circulaire est une métaphore des cratères de l'île; des murs en terrasses descendantes dévoilent les différentes variétés de cactus, avec au centre des monolithes de gravier compacté qui témoignent de l'activité carrière passée.

 

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                                                                                                        ©JM. Mestdagh

 

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                                                                                                                ©JM. Mestdagh

 

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  Intégration de la carrière de Guatiza au paysage volcanique environnant - ©JM. Mestdagh

 

Ce jardin de cactus, où se mêlent plantes, sculptures, architecture, se situe dans un environnement agricole de figuiers de barbarie, support d'un insecte, la cochenille - Dactylopius Coccus - à la base de la production d'un colorant naturel : la carmin de cochenille.

 

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        "Sculpture du vent", jouet des alizées - oeuvre de César Manrique - ©JM. Mestdagh

 

Taro de Tahiche : c'est ici que Manrique a construit sa spectaculaire demeure, sur une coulée de lave produite par l'éruption de 1730-1736.

   En 1970, lors d'une excursion à Tahiche, il découvre un figuier dont l'extrémité verte pointe d'une coulée de lave noire figée. Il décide alors de construire sa maison à cet endroit. Les propriétaires de cette terre ne veulent pas êtres payés car ils estiment qu'elle est sans valeur, et ils proposent même à César Manrique de prendre tout le terrain dont il a besoin. L'artiste y bâti sa maison sur deux  niveaux et intègre cinq bulles volcaniques découvertes lors de la construction, les aménageant en salon, piscine, atelier...

 

Taro_Tahiche_2.JPGUne bulle de lave aménagée en salon - meubles modernes intégrés aux pierres volcaniques

photo Wollex - Wikipedia.

 

En 1988, il quitte l'endroit pour emménager dans une maison paysanne; sa demeure deviendra un musée et le siège de sa fondation, qui a pour rôle de promouvoir et développer les activités artistiques.

 

2008-12-16_Lanzarote_FundacionCesarManrique.jpgLe jardin de la fondation et la fresque de mosaïque conçue par Manrique - photo G.Keller.

 

Sur la zone d'El Jable, une frange de terrain calcaro-siliceux d'origine marine propice aux cultures abrite un monument  de Manrique.


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  "Fécondité", hommage sculptural gigantesque aux agriculteurs de Lanzarote, situé à côté de    la Casa del Campesino  -  ©JM. Mestdagh

 

Manrique se définit lui-même en premier lieu comme peintre; On lui attribue un rôle de pionnier dans le mouvement espagnol d'art abstrait et il passe pour être un précurseur du surréalisme. Le fil rouge de son oeuvre et de sa vie est la mise en avant de la symbiose entre l'homme et la nature; il laisse la nature intacte et essaie de donner un cadre artistique à sa beauté pour en révéler sa valeur et le faire partager.

Son projet de transformer son île natale en l'un des plus beaux endroits du monde a convaincu Pepin Ramirez, un ami devenu président du gouvernement des Canaries; il prévoit de n'autoriser que des constructions traditionnelles, de renoncer aux bâtiments de plus de deux étages et de supprimer les panneaux publicitaires !

Si on pouvait s'inspirer de cette ligne directrice un peu partout !

 

Sources :

- Le jardin de cactus - Centros de arte, cultura y turismo.

- Jameos del Agua - islanzarote.com


 

 

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