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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

On ne peut résumer en quelques mots mille ans d'histoire, ni une période troublée par les rivalités locales, les guerres en Occident, les diverses épidémies, dont les pestes, ... mais en raccourci :

 

 " Le Moyen-âge néglige les volcans " !

 

Traditionnellement, on fait débuter la période moyen-âgeuse à la déposition du dernier empereur romain d’Occident en 476, et on la fait se terminer vers 1500 , date autour de laquelle on relève les débuts de l’imprimerie et les grandes découvertes.

 

En Europe, le savoir se cantonne auprès de quelques érudits et dans les monastères.


Maurice Krafft relève quelques descriptions et remarques :

L’historien byzantin Procope de Césarée indique, vers 580, " qu’après que le Vésuve eut craché ses cendres, les récoltes des campagnes avoisinantes furent abondantes ".


Toujours au 6°siècle, dans un poème relatant le voyage de St. Bredan en islande, le moine Benedeit décrit une éruption, probablement de l’Hekla :  " Une terre brumeuse toute enfumée et plus puante que charogne (…) jette feu et flamme, poutres ardentes et ferrailles, poix et soufre jusqu’aux nues, puis tout retombe dans le gouffre ".

 

Historia-de-gentibus-septettronalibus---Olus-Magnus-1555---.jpgPour illustrer cette description, un document extrait de Histora de gentibus septentrionalibus, par Olus Magnus / 1555.   "On strange properties of some mountains"  : Hekla, Kreusberg (?) and Helgafjell. Below three hot sources.

 

 

 

Au 12° siècle, le naturaliste anglais Alexander Neckam (1157-1227) utilise le terme volcan pour décrire les endroits où brûle le feu de la Terre.

 

A la fin du Moyen-âge, des universités et académies sont créées ; on y redécouvre les théories des anciens. L’invention de l’imprimerie au 15° siècle va permettre la diffusion des connaissances au travers de l’Europe … mais l’église impose sa censure à toute œuvre publiée. Les écrits doivent être conformes aux Saintes Ecritures et respecter les notions d’enfer et de déluge ...

 

Le 28 septembre 1538, un volcan surgit sous les maisons de Tripergole, dans les camps phlégréens en Italie. Pietro Giacomo de Toledo y assiste et le relate dans un écrit : " Ragionamento del terremoto, del Nvovo monte, del aprimento di terra in Pozvolo nel anno 1538 : e dela significatione d'essi (1539) ".

Les érudits s’en émeuvent et citeront la création du Monte Nuovo comme preuve de la formation rapide des montagnes et des couches géologiques de la terre.

 

ragionamentodelt-----Monte-Nuovo-1538.jpg      Naissance du Monte Nuovo dans les Champs Phlégréens en 1538 - Pietro giacomo de Toledo.

 

Monte.Nuovo--PN-dei-Campi-flegrei.jpg                       Champs phlégréens  - le Monte Nuovo - photo Parc National Campi Flegrei.

 

Avec les premières découvertes, des volcans sont décrits aux Antilles, dans le Pacifique et l'océan indien. Mais ces écrits, pourtant relatés avec minutie, sont passés inaperçus des scientifiques de l'époque.

On y parle du lac de lave du Masaya, qui bouillonna au fond du cratère durant une décennie. Aux Açores, en 1580, des témoins parlent pour la première fois de "ardente nuvem", des nuées ardentes émise lors d'une éruption fissurale sur São Jorge.

 

_ilha_de_Sao_Jorge-_Acores---Jose-Luis-Avila-Silveira---.jpg         Ilha de São Jorge, Açores, Portugal - photo José Luis Avila Silveira / Pedro Noronha e Costa.

 

Rares sont aussi les scientifiques qui s'attellent à des recherches de terrain  ... Pierre Severinus (Peder Sørensen), un physicien Danois, s'insurgera contre cette situation en 1571 : " Brûlez vos livres, prenez vos souliers, gravissez des montagnes, explorez des déserts pour vous faire une idée sur les choses de la nature par vous-mêmes. Achetez du charbon, faites des fours, observez et tentez des expériences sans jamais vous lasser. " ... Tazieff et Krafft prônaient toujours le terrain au 20° siècle ?!

 

Un allemand, Georg Pawer  - 1494-1555 - (ou Bauer), mieux connu sous le nom de Georgius Agricola, "le père de la minéralogie", remet au goût du jour le terme de basalte, "inventé" par Pline l'ancien pour décrire une roche d'Ethiopie.

 

A suivre : le combat des Neptunistes et des Plutonistes.


 

Sources :

- Les feux de la Terre, Histoire de volcans - par Maurice Krafft. - éd. Découvertes Gallimard / sciences et Techniques.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Influencés par les écrits des Grecs, mais moins portés sur la pure spéculation, les Romains cherchent des explications rationnelles aux phénomènes de l’univers.


Lucrèce (70 – 19 avant JC.) clame que l’Etna est totalement creux et qu’il y circule un vent violent qui s’engouffre sous terre en bord de mer. Les flammes produites sortent en surface par des "fissures rectilignes ".


Le poète Ovide (43 av – 17 ap. JC) pense que l’Etna évolue en "modifiant ses voies respiratoires ", fermant une caverne, pour en ouvrir une autre. Il précise que l’activité volcanique s’arrête  quand "la terre ne donne plus de nourriture, ni de gras aliments à la flamme ; alors la nature vorace ne supportant pas la faim, le feu abandonne les lieux ".


Marcus Vitruvius Pollio, dit Vitruve (90 – 20 av. JC ??) , un architecte, explique que trois éléments "alimentent l’ardeur en profondeur des grands feux : le soufre, l’alun et le bitume " .

Il reconnaît le Vésuve comme un volcan et décrit les ponces et pouzzolanes, et leur utilité dans la fabrication de ciments.


Fresque de la Casa del Centenario représentant le Vésuve avant 79, constitué d'un seul sommet, le Monte Somma, avec à son pied, le dieu Bacchus.


Senèque (4 av. – 65 ap. JC) , précepteur de Néron, décrit le violent séisme Vesuve---seisme-de-62--ap-JC---Robert-Decker---oregonstate.jpgdu 5 février 62 qui secoue la Campanie, et détruit de nombreux monuments de Pompéi, 17 ans avant l’éruption du Vésuve.


Bas-relief d'une maison de Pompéi illustrant les effets du séisme de 62- photo R.Decker / Oregonstate univ.


Il énonce de nouveaux concepts encore vrais aujourd’hui :

- l’importance des gaz et vapeurs comme moteur des éruptions :  "les incendies souterrains excitent, tendant les ressorts du souffle … jusqu’à l’éclatement "

- le réservoir magmatique : chaque volcan est alimenté par un foyer local, sorte de réservoir situé sous l’édifice.

 

Pline l’ancien (23 – 79 ap. JC), militaire, écrivain et naturaliste, dresse une liste des volcans actifs connus, dans sa volumineuse Historia Naturalis. Selon lui, l’air est extrêmement calme et la mer assoupie, avant que la terre ne tremble et que les éruptions se déclenchent, car les vents se sont déjà engouffrés dans la terre et se préparent à en ressortir. 

Le 24 août 79, lors de l'éruption du Vésuve qui ensevelit Pompéi et Herculanum, il se trouvait à Misène. Voulant observer le phénomène au plus près et désirant porter secours à quelques uns de ses amis en difficulté sur les plages de la baie de Naples, il partit avec ses galères, traversant la baie jusqu'à Stabies où il mourut, probablement étouffé, à 56 ans.

 

Pompeii_the_last_day_1---CryptoDerk.jpgPompéï, the last day - image d'une fiction de la BBC datant de 2003 sur l'éruption du Vésuve en 79



 Son neveu, Pline le Jeune (62 – 114 ap. JC), n'ayant pu accompagner son oncle, fait une description précise de l'éruption dont le type portera le nom des deux hommes : éruption plinienne. Cependant, cette description détaillée ne constitue pas une tentative d'explication scientifique du phénomène.

 

Quelques extraits significatifs de ses lettres:

"Mon oncle était à Misène où il commandait la flotte. Le 24 octobre vers midi, ma mère l'avertit qu'il paraissait un nuage d'une grandeur et d'une figure extraordinaire ... il était difficile de discerner de quelle montagne ce nuage sortait. Sa figure approchait celle d'un arbre et d'un pin (parasol) plus que d'aucune autre. On le voyait se dilater et se répandre. Il paraissait tantôt blanc, tantôt noirâtre et tantôt de diverses couleurs ... en même temps, la cendre commençait à retomber sur nous." - description du panache plinien -

"Je tourne la tête et j'aperçois une épaisse fumée qui nous suivait en se répandant sur la terre comme un torrent.  - description d'une coulée pyroclastique - Quittons la route, dis-je à ma mère, tant que nous voyons encore, de peur d'être renversés et écrasés dans les ténèbres par la foule de nos compagnons. A peine étions-nous écartés, qu'elles augmentèrent de telle sorte qu'on eut cru être, non pas dans une de ces nuits noires et sans lune, mais dans une chambre dont toutes les lumières auraient été éteintes... Bientôt parut une lueur qui nous annonçait, non pas le retour du jour, mais l'approche du feu qui nous menaçait. Il s'arrêta pourtant loin de nous. L'obscurité revint et la cendre se remit à tomber plus épaisse et plus lourde..."

 

 

Sources :

- Les feux de la Terre, histoires de volcans - par M. Krafft / Découvertes Gallimard

- Extraits des lettres de Pline le jeune - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

La volcanologie, en tant que description d’un phénomène volcanique, est née au néolithique : la fresque d’un volcan à deux sommets en éruption, probablement le Hassan Dag , datée de 6.000 avant JC. a été découverte à Catal Hüyük en Turquie.

 

 

T1_N110_A5_CatalHoyukMap.jpg Catal Hüyük - la plus vieille représentation de volcan en éruption sur une peinture murale retrouvée dans la plus ancienne cité au monde.


Les premières civilisations méditerranéennes ont associé les volcans et leurs éruptions à des  manifestations divines.


Une première interprétation du volcanisme nous vient de Thalès, un mathématicien grec du 6° siècle av. JC. ( vraisemblablement, les Babyloniens, les Phéniciens et les Hébreux avaient tenté une explication … mais aucune trace n’en a été trouvée) : il imagine que les convulsions terrestres sont provoquées par l’eau. La terre serait un disque flottant sur un océan, qui, à chaque tempête, déclenche des séismes.


Eschyle (525-456 av. JC),le père de la tragédie grecque, fait allusion à l’éruption de l’Etna en 479 av. JC.


Pindare (518-438 av.JC) décrit l’activité du volcan sicilien : " du mont sortent, vomis par ses abîmes, les sources les plus pures du feu insondable … ".


Au 5° siècle avant JC, le philosophe grec Empédocle d’Agrigente (490-435 ?? av. JC) considère que le monde est régi par quatre éléments " racines de toute chose " : le feu souterrain, l’eau, la terre et l’air.

Il se serait installé au bord de l’Etna pour y percer ses secrets et y méditer. Il décrit ses coulées : " des masses de feu s’avancent ; devant, elles roulent pêle-mêle d’informes quartiers de roches, des nuées de sables noirs s’envolent avec fracas … un fleuve tranquille laisse s’écouler ses flots … rien n’arrête la houle ignée, nulle digue ne la contient .

Ne trouvant pas réponse à ses interrogations, il se serait jeté de désespoir dans le cratère du volcan, en laissant sur le bord une de ses sandales.

 

La-mort-d-Empedocle---Salvatore-Rosa-2--1660-65.jpg                         "La mort d'empédocle" - tableau de Salvatore Rosa - 1600-1665.


Pour Platon (428-348 av. JC), l’univers est fait de sept sphères ou hémisphères concentriques liées, comme par des cordages, par des rayons de lumière dont l’isotropie assure au globe équilibre et immobilité.

C’est un texte poétique qui met l’homme au centre du monde, mais qui surtout définit notre planète comme une sphère, alors que la plupart des Grecs (dont Homère) la croyaient plate. Et cette sphéricité est nécessaire pour comprendre l’organisation géographique et éthique des trois terres concentriques. La Terre supérieure, soit la plus grande partie de sa surface, est ignorée des hommes. Elle n’est pas enveloppée par l’air atmosphérique mais par l’éther sidéral, intermédiaire entre feu et air. La Terre intermédiaire est celle de l’air, des mers et des hommes situés dans des cavités de la surface supérieure : ainsi les hommes vivent sous la surface de la terre, souterrainement en quelque sorte, mais ils l’ignorent. L'inférieure, l’Hadès n’est pas de feu, comme l’enfer des chrétiens ou le magma des géologues. Il est d’eau, de marais, de lacs et surtout de fleuves " intarissables, d’une grandeur immense" toujours en mouvement comme le sont les âmes des hommes. Ils sont quatre, selon Platon : l’Océan, le plus grand et le plus extérieur ; l’Achéron, qui aboutit au lac Achérousias, le plus souterrain de tous ; le Phlégéthon ou Pyriphlégéthon, aux eaux brûlantes, rougeoyantes, flamboyantes, parfois même de feu ; le Cocyte, aux eaux bleues glacées ou boueuses, qui aboutit au lac appelé Styx, souvent confondu avec le fleuve lui-même, avant de descendre sous terre.

 

Platos_Academy_mosaic_T_Siminius_Stephanus_Pompeii-1024x102.jpg

                 "L'académie de Platon" - Mosaïque de la villa de T.Siminius à Pompéï - 1° siècle.

 

Platon décrit en spéléologue la circulation des eaux souterraines dans les régions calcaires : " Or toutes les régions souterraines communiquent entre elles, en une foule d’endroits, par des trous d’un diamètre plus étroit ou plus large, et elles possèdent en outre des voies de passage (...) par où une eau abondante s’écoule des unes dans les autres ainsi qu’en de grands vases ".

En profondeur, un énorme fleuve de feu sinueux, le Périphlégéton, alimente les bouches volcaniques. Platon décrit pour la première fois la genèse des laves : " parfois, lorsque la terre a fondu sous l’action du feu, puis s’est refroidie, il se forme une pierre dotée d’une couleur noire ".

 

Carte_Enfers_Phedon12.jpg                  "La vraie Terre" dans le Mythe de Phédon, de Platon - doc. O. Baruck


Une des légendes les plus tenaces est liée au volcanisme … Platon relate dans Critias et dans Timée la disparition soudaine d’un continent, l’Atlantide, et de ses habitants, les Atlantes. Raffinés, ceux-ci aimaient les arts vénéraient les taureaux, construisaient de somptueux palais et prônaient la justice sociale. Leur civilisation était prospère … lorsque tout bascula.

Les travaux archéologiques montrent que si l’Atlantide a existé, c’est à Santorin qu’il faut la chercher : une des plus catastrophique éruption des trois derniers millénaires, accompagnée d’un tsunami colossal qui balaya les côtes de la Crête et de la Méditerranée orientale.

 

Akrotiri---la-dame-aux-payrus---culture-minoenne.jpg                         Santorin - site d'Akrotiri : "La dame aux papyrus" - culture minoenne.


Dans un autre récit, quand les Argonautes s’apprêtent à mouiller en rade, Thalos leur lance des blocs de rochers, mais Médée vient à bout du monstre de bronze, " dont le sang se met à couler comme du plomb fondu , et qui tombe dans un terrible craquement ". Les argonautes quittent lîle, vainqueurs, quand un voile obscurcit la mer  … sont-ce les retombées de cendres de Santorin ?


Le Géographe grec Strabon (58 av.-21 ap. JC) décrit le Vésuve alors endormi et couvert de végétation jusqu’au sommet comme un volcan : " il possède des cratères de feu, lesquels se sont éteints faute d’aliments ". Il décrit l’éruption de 126 av JC au large de Panarea, dans les îles eoliennes, et celle d’Ischia, au large de Naples, accompagnée d’un raz-de-marée : " la mer,après s’être retirée, revint au bout de peu de temps. Le flux submergea l’île et le feu (du volcan) qui s’y trouvait s’éteignit ". il parle aussi de Lipari, de " ses eaux chaudes et ses souffles de feu ", de Vulcano, " l’enflammée ", de Strongyle (la ronde … Stromboli), " inférieure pour la violence de sa flamme, mais supérieure pour l’éclat ".


A suivre : les volcans sous Rome.

 

Sources :

- Les feux de la Terre - histoires de volcans - par M. Krafft

 - Catalhöjük - the south shelter - lien

- Electrum mag - Plato's circle in the mosaic of Pompeii.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Les necks sont des intrusions magmatiques caractérisées par une prismation radiaire, résultant d'anciennes cheminées volcaniques comblées, et mises au jour par l'érosion.

L'érosion entraîne les matériaux friables, entourant la lave présente dans les conduits et les dykes, plus résistante. Après un certain temps, le "bouchon" dur finit par saillir du paysage pour former un relief aux flancs escarpés.

 

Selon une habitude humaine mystifiant les choses incompréhensibles pour l'époque, ces necks sont souvent reliés à des croyances religieuses, ceci dans diverses civilisations : en Birmanie, le Taung Kalat - au Sri Lanka, le rocher du Lion de Sigiriya - en France, l'église St Michel d'Aiguille au Puy-en-Velay.


D'autres sont en relation avec des légendes , comme le Strombolicchio dans les îles Eoliennes, indissociables de la mythologie grecque et de ses dieux, des écrits d'Homère et de l'Odyssée d'Ulysse. .

 

 

Strombolicchio_-ITA--wiki-man-77.jpg       L'échelle du Strombolicchio est donnée par le bateau, à droite - Photo Man77 / wiki.

 

Au Nouveau-Mexique / USA, "Shiprock" est un neck, ainsi nommé par les anglophones pour sa ressemblance avec un clipper, vers 1870.

Shiprock est composé de brèche volcanique fracturée et de dykes de roches ignées appelées "minette".

Minette: terme désignant une roche magmatique de faciès lamprophyrique, essentiellement constituée d'orthose et de biotite (M. VOLTZ, 1828).

Le terme "minette" est ambigu et peut aussi qualifier un minerai de fer sédimentaire, oolithique du Jurassique moyen de Lorraine (E. de BEAUMONT, 1822)


Shiprock.----blogspot.jpg

                                         "Shiprock" - neck volcanique - photo blogspot.


C'est le vestige d'une cheminée volcanique qui s'est bouchée et solidifiée il y a 27 millions d'années ... cette structure fait partie de le zone nord-est du "Navajo volcanic field". des millions d'années d'érosion ont déchaussé cette cheminée et les dykes l'entourant, supprimant le cône volcanique lui-même, plus friable.

Les indiens Navajo le nomme  "Tsé Bitʼaʼí ", "le rocher ailé ", en référence à la légende du grand oiseau qui les a amené du nord sur leurs terres actuelles. Ce pic est mentionné dans de nombreuses légendes ; dans l'une d'entre elle, des oiseaux monstrueux habitaient le pic, et se nourrissaient de chair humaine ... deux guerriers jumeaux furent mandatés par les Navajos pour les débarrasser de ces oiseaux monstrueux.

 

Ship-Rock----The-land-and-the-mineral-word.jpgShiprock / Navajo volcanic field - USA : le neck est entouré de dykes rayonnants dans diverses directions  - photo "the land and the mineral world".

 

Structure-mise-en-place-des-corps-ignes---ULB41-copie.jpgNavajo volcanic field - Shiprock - Williams

 

 

 

 

 

A gauche :

neck et dykes radiaires

doc. d'après : ULB mise en place de corps ignés

 

A droite : En pointillé, la structure volcanique avat son érosion - en gris, "Shiprock" et en noir, le tracé des différents dykes ... toutes ces structures sont visibles sur la photo ci-dessus. -

 

768px-Shiprock_from_ASTER.jpgLe schéma fut confirmé par une image ASTER / satellite Terra de la Nasa prise le 02.06.2006.

NASA image created by Jesse Allen, Earth Observatory, using data provided courtesy of NASA/GSFC/METI/ERSDAC/JAROS, and U.S./Japan ASTER Science Team. Thanks to Robert Johnson of the Navajo Nation Museum for information on the mythology of  Tsé Bitʼaʼí.

 

volcanic-neck.jpgAgathla, aussi appelé "El Capitan", est un autre neck volcanique du Navajo volcanic field, formé il y a 20-30 millions d'années.

 

Coupe du neck volcanique Agathla. (doc. Williams / Oregonstate un.)

 

Le corps principal du neck, constitué de brèches de tuff, est entrecoupé de dykes de minette. A l'origine, le conduit volcanique était celui d'un maar.

 

 

Agathla---ph.-Geographer.jpg

            Le neck volcanique Agathla - Navajo volcanic field - 457 mètres - photo Geographer.

 

Sources :

- Volcanologie - par J-M. Bardintzeff - éd. Dunod.

- Navajo volcanic field - Oregonstate University - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Parmi les plutons "mineurs", on relève des formations qui résultent de remplissage de fractures qui sont donc plus jeunes que l'encaissant : les dykes et les sills.

 

Un dyke (ou dike), mot d'origine celte signifiant "mur ", prend après son dégagement la forme de petits murs, à prismation horizontale mimant une construction. Ils résultent du remplissage par la lave de fractures verticales, radiaires ou concentriques à l'édifice.

Contrairement au sill, un dyke recoupe les différentes couches présentes antérieurement.

 

Etna-valle-del-bove-dykes.jpgEtna - dans la Valle del Bove, quelques 363 dykes ont été mis à jour par son effondrement - doc. photovolcanica.


L'épaisseur d'un dyke peut varier de quelques centimètres à quelques dizaines de mètres tandis que son extension horizontale, à l'affleurement, peut atteindre plusieurs kilomètres. L'épaisseur du filon est généralement plus petite que les deux autres dimensions.

Les dykes peuvent apparaître en essaim, jusqu'à plusieurs centaines, mis en place quasi simultanément lors d'un même événement intrusif. Souvent sources d'éruptions fissurales car constituant des réseaux par lesquels le magma se déplace sur de grandes distances. La vitesse de mise en place peut atteindre un mètre par seconde. Cette rapidité de déplacement permet à la lave de ne passe solidifier trop rapidement au contact des roches plus froides qu'elle traverse. Dans un dyke de 2 m de large, avec un magma avançant à 1m/s, la température ne chute que de 20°C en 10 km.

On peut distinguer, selon leur géométrie, des dykes radiaux,coniques,annulaires,obliques, de manteau.

 

 

2915761018_d5820eb003_o-copie.jpg

Madère - une île volcanique comme en attestent les nombreux dykes de la côte nord-ouest -  © Bernard Duyck

 

Laacher-See-096-copie.jpg

Allemagne - Eifel - carrière du Wingertsberg - portions de dyke annulaire (gris bleuté), malheureusement disparues aujourd'hui suite à l'exploitation carrière  ... le personnage compris entre deux portions donne l'échelle -  © Bernard Duyck

 

Dossier-27-9227-copie---dyke-Mt-Moran-TetonNP.jpg

USA - Grand Teton national park - un dyke vertical érodé au sommet du mont Moran, formé plus bas mais remonté suite au soulèvement de la chaîne montagneuse du Grand Teton. - © Bernard Duyck

 

Baranof-island---dyke---Alaska---enc.britannica.jpg       Alaska - Baranof island - dykes d'épaisseurs différents et bien contrastés - doc. Enc. Britannica.

 

Un sill est un "filon-couche", une intrusion entre des couches sédimentaires plus anciennes, ou des coulées de lave, du tuff déjà en place, respectant la stratigraphie générale. Un sill ne croise donc pas les roches préexistantes.

Ils ont habituellement une orientation horizontale, mais peuvent être redressés jusqu'à la verticale par des processus tectoniques. Pour la différenciation, on observera l'évidence d'une surchauffe sur les surfaces supérieures et inférieures, au contact des roches environnantes.

 

Edinburgh_Salisbury_Crags--photo-Klaus-with-K.jpg

     Ecosse - région d'Edinburgh - Salisbury Crags seen from Calton Hill * photo Klaus with K. 

 

the-great-whin-sill---hadrian-s-wall---ph-Michael-Hanselman.jpg

Angleterre - Northumberland - the Great Whinn sill, surmonté par la muraille d'Hadrien - photo Michael Hanselmann.

 

Le grand sill basaltique de Whin / Northumberland a une épaisseur WhinDiag v2xtrawidemoyenne de 70 mètres , avec des pentes légères en direction sud, sous la couche de roches sédimentaires sus-jacente. Ce sill est surmonté par la muraille d'Hadrien, construite par les romains vers l'an 120. Schéma The Geological society.

 

great-whin-sill---Alnmouth-NRTHUMBERLAND---Antonia.jpg

Northumberland -  la surface de "The Great Whin sill " légèrement prismée (voir schéma ci-dessus)
© Copyright Antonia and licensed for reuse under this Creative Commons License.

 

Sources :

- Volcanologie - par J-M. Bardintzeff - éd. Dunod

- Guide des volcans - par M.Rosi & al. - éd. Delachaux & Niestlé.

- Observations on the geology of northumberland nd Durham - N.J.Winch

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Le laccolite (laccolithe) - du grec lakos, cavité et lithos, roche - est une laccolitemasse de roches intrusives, bombée à la partie supérieure, qui s’insinue dans une série sédimentaire. La masse en fusion n’arrive pas à atteindre la surface ou s’arrête dans la lithosphère pour s’étendre latéralement entre des couches parallèles.

 

 


 

Plutonismus.gif


Un lopolite - du grec lopas, plat creux et lithos, roche - est un massif lopolite.gifplutonique, beaucoup plus étendu que le laccolite, de plusieurs kilomètres de diamètre, qui forme une cuvette et concorde avec l'encaissant.

 

 

 

Un exemple en France, avec le laccolite du Drammont, près de St-Raphël dans le Var.


L'estérellite est intrusive dans les arkoses roses datées du Permien et y forme un laccolite orienté NW-SE.; elle affleure dans la région d'Agay et au Cap Drammont.

Elle a été datée à -31.9 ± 0.7 Ma soit de la période Oligocène (Ivaldi et al., 2003). L'intrusion de ces roches magmatiques a entraîné l'apparition d'un métamorphisme de contact sur les roches permiennes.

 

carte_geol_drammont.jpg Carte géologique du Drammont - BRGM - l'estérellite (Tertiaire) est en bleu clair, la rhyolite (Permien) en rouge.

 


De gauche à droite, la plage du Drammont et les carrières du Drammont, vues du sémaphore du Cap Drammont  - La plage du Drammont avec ses gros galets gris-bleu était en fait une aire de stockage des déchets de la carrière du même nom. La mer, avec ses flux et reflux, et les tempêtes ont façonné ces pierres jusqu'à les rendre lisses et douces, donnant un cachet spécial à cette plage bordée de pins.- © Bernard Duyck


               Carrière d'estérellite du Drammont, reconvertie en base nautique - © Bernard Duyck


L'estérellite est une microdiorite quarztique, renfermant des phénocristaux de plagioclases zonés d'amphiboles et de biotites; on rencontre parfois des phénocristaux de quartz et de feldspath. Les minéraux accessoires sont la magnétite, l'apatite et le zircon.

 

83_esterellite_drammont_LPA.jpg              Estérellite au microscope - doc. BRGM / Magmatisme tertiaire de l'Estérel / M.Corsini


                Estérellite de la carrière du Dramont, faciès à amphiboles et pyroxène - © B.Duyck

 

 Elle est caractéristique des contextes de subduction. La genèse de l'estérellite est à placer dans le contexte de l’orogenèse alpine.

 
Sur la plage d’Aiguebonne, le contact entre l'estérellite et les roches encaissantes (grès et pélites d'âge Permien) peut être observé . Les grès présentent des stratifications obliques alors qu'une prismation plus ou moins bien développée affecte la roche magmatique (refroidissement du magma).

 

83_esterellite_aiguebonne1.jpgEstérellite sur la plage d'Aiguebonne - photo N.Romeoeuf / BRGM / Magmatisme tertiaire de l'Estérel .

 

Un autre exemple avec le Parc National de Torres del Paine dans les Andes de Patagonie chilienne, grâce à ses vertigineuses parois verticales créées par l'érosion glaciaire, permet de voir un tel laccolite sur toute sont épaisseur. Cette intrusion granitique mesure environ 20 km d'Est en Ouest, 10 km du Nord au Sud pour 1 à 2 km d'épaisseur seulement.

Il s'agit d'un laccolite de granite clair, d'âge miocène (12 à 13 Ma), intrusif dans des sédiments du Crétacé supérieur (Albien, 110 Ma, à Santonien, 85 Ma) beaucoup plus sombres. Pétrographiquement, ce "granite" de Torres del Paine est intermédiaire entre une granodiorite claire et un granite au sens strict.

 

Cuernos del Paine from Lake Pehoé - ph. Miguel.v.

Laccolite de Torres del Paine, en gris clair, dégagé par l'érosion  - Torres del Paine National Park, Chili - photo Miguel.v..

 

"Devil tower", situé dans les black Hills au nord-est du Wyoming, est considéré, selon une théorie, comme les restes d'un laccolite érodé datant de 65 millions d'années ... voir sur ce blog dans la rubrique "Mythes et légendes"

 

Sources :

- BRGM - Lithothèque PACA - magmatisme tertiaire de l'Estérel - link

- Planet Terre - l'intrusion granitique de Torres del Paine - link

- Structure des corps ignés - ULB - link

- Les roches ignées - Bourque - link

- Reocities - College Park - Etude des roches ignées - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Dossiers

Le sujet de ce blog est le volcanisme et ses manifestations diverses.


Les régions affectées par le magmatisme voient celui-ci exprimé par  des structures ignées extrusives : stratovolcans, volcans-boucliers, cônes de scories, maars et dômes, etc, leur type d’activité et leurs produits.

L’expression en surface est minime en volume par rapport au magma sous-jacent qui lui donne naissance et formera de grands corps intrusifs.

Différents corps intrusifs peuvent être mis au jour par l’érosion ; les roches ignées étant plus résistantes à l’érosion que l’encaissant, formé de roches sédimentaires, vont former des reliefs positifs.

 

2_005.jpg                          doc. Ulaval.ca / Bourque.

 

Parmi les structures ignées intrusives, on distingue

- les objets non tabulaires : batholite, stock, protrusion, lopolithe, laccolithe, neck,

– des objets tabulaires : sill et dyke.

 

Structure-mise-en-place-des-corps-ignes---ULB40.jpgSchéma récapitulatif des différentes structures ignées extrusives et intrusives - doc. Structure des corps ignés / ULB - Université Libre de Bruxelles.

 

Batholite et stock :

Etymologiquement , le terme batholite (ou batholithe) dérive du grec βάθος - bathos - profond et λίθος - líthos - pierre.

Un batholite désigne une masse granitique, ou granodioritique d’au moins 100 km², dont le contour en affleurement est irrégulier et dont les racines se perdent dans les profondeurs de l’écorce terrestre, généralement discordante dans l’encaissant.

Un stock désigne l’extension sommitale d’un batholite et a une surface inférieure à 100 km²

 

Formation d’un batholite :

Bien qu'ils semblent à première vue assez homogènes, les batholites sont en réalité des structures dont l'histoire et la composition sont relativement complexes. Ils sont constitués de masses multiples, ou plutons (originellement du magma provenant d'une zone de fusion partielle à la base de la croûte terrestre) qui se sont rapprochées de la surface. Lorsqu'ils sont encore en déplacement, on appellera ces plutons de magma assez léger des diapirs plutoniques. Grâce à leur température élevée et leur consistance visqueuse, ces diapirs vont s'élever en se frayant une voie à travers la roche environnante qu'ils contribuent à faire fondre au passage. La majorité des diapirs ne parvient pas à la surface sous forme de volcan, mais voient leur progression se ralentir au fur et à mesure que leur température baisse et qu'ils se solidifient, généralement à une profondeur de 5 à 30 km, pour former des plutons (en référence à Pluton, Dieu romain des enfers souterrains).

On parlera de batholite lorsqu'un certain nombre de plutons auront fini par fusionner pour former une masse suffisamment importante de roche plutonique.

 

Yosemite-Half-Dome-California---Le-peit-journal.jpg

"Half dome" dans le parc National du Yosemitece monolithe de granite fait partie du batholite de la Sierra Nevada. - photo Jon Sullivan.

 

Certains batholites sont de taille gigantesque, s'étendant le long de zones de subductions passées ou présentes ou d'autres sources de chaleur de la croûte continentale sur des centaines de kilomètres.

Par exemple en Amérique du nord, le batholite de la Sierra Nevada : c'est une formation granitique continue qui constitue la majeure partie de cette chaîne de montagnes en Californie.

Un batholite encore plus gigantesque, dont la plus grande partie forme les montagnes de la côte ouest du Canada, s'étend jusqu'au sud-est de l'Alaska sur 1800 kilomètres.

 

Trenemene_-_Scilly_-_geograph.org.uk---Richard-Knights.jpg        Trenemene - Iles Scilly - rochers granitiques - photo Richard Knights / www.geograph.org.uk


-Cornubian_batholith---Mikenorton.pngEn Europe, le batholite des Cornouailles est formé d'un groupe d'intrusions granitiques associées, dont certaines masses sont visibles dans les îles Scilly, à Dartmoor, Bodmin Moor, Carnmenellis e.a.

Batholite des Cornouailles -  doc. Mikenorton.

 

Un autre exemple en Afrique : le batholite granitique du Jebel Uweinat en Lybie.

 

Lybie-Jebel_Uwaynat.jpg          Lybie - le Jebel Uweinat - doc. Nasa /The gataway to astronaut photograhy of earth.

 

Cette liste de batholite n'est pas limitative.

 

Sources :

- Structure des corps ignés - ULB - link

- Les roches ignées - Bourque - link

- Reocities - College Park - Etude des roches ignées - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Deux éruptions de VEI 8 , correspondantes à la qualification de supervolcan / méga-éruption, ont marqué North Island, l'île nord de la Nouvelle-Zélande, et plus particulièrement la Taupo Volcanic Zone :


- l'éruption Whakamaru : avec l'émission de l'ignimbrite Whakamaru / Mont Curl tephra, correspondant à un volume de 1.200 à 2.000 km³, et datée d'il y a 254.000 ans,


- l'éruption Oruanui, avec émission d'un volume de 1.170 km³ et datée de 26.500 ans.

 

Précisons la Taupo volcanic zone  - TVZ :


La Taupo Volcanic Zone, active depuis deux millions d'années, a émise plus de 10.000 km³ de magma à dominante rhyolitique au cours du dernier million d'années.

Le volcanisme est concentré dans une aire allongée de 125 km. sur 60 km. formant la TVZ et concerne six grandes caldeiras : Roturoa, Okataina, Manganiko, Maroa, Tongariro et Taupo.

 

1Roturoa-2-Okataina-3Maroa-4-Taupo-5-Tongariro-6Mangakino.jpg    Rhyolite centers de la TVZ: 1. Rotorua, 2. Okataina, 3. Maroa, 4. Taupo, 5. Tongariro, 6. Mangakino.

                                                   D'après Coole 1990 / Oregonstate Univ.


Ces centres ont eu une activité répartie entre 150.000 et 600.000 ans , et ont érupté chacun au moins 300 à 1.000 km³ de magma. Tous, excepté Roturoa, ont eu une histoire complexe avec de multiples effondrements de caldeira, qui se sont produits aux côtés de l'effondrement général du sous-sol au sein de la TVZ.

 

L'ignimbrite et la caldeira Whakamaru :

Cette éruption est datée de 254.000 ans d'après les téphras retrouvés sur le Mont Curl et aussi dans les couches de cendres des carottes marines lors de forages dans le Pacifique sud et en sub-antarctique.

Les téphras des retombées aériennes ont couvert au moins 10 millions de km² , avec un volume minimum de 700 km³; la phase ignimbritique renferme au moins 500 à 1.000 km³ ... ce qui fait un total combiné d'au moins 1.200 km³  à 1.700 km³, ce qui en fait la plus importante éruption de la fin du quaternaire pour l'hémisphère sud.

 

L'éruption Oruanoui :

Cette éruption a créé la caldeira actuelle, il y a 26.500 ans, générant 1.170 km³ de téphras, (répartis en 430 km³ de dépôts pyroclastiques, 320 km³ de dépôts de coulées pyroclastiques et 420 km³ de matériaux de la caldeira primordiale), équivalent à 530 km³ de magma (Wilson 2001).

 

 

Taupo-lake---eruption--Ornanui-28.03.08-Nasa.pngReconstitution de la phase initiale de l'éruption Oruanui, telle qu'elle aurait pu être vue de l'espace - Doc. de synthèse sur base Nasa/wikipedia.


L'éruption, qui aurait durée plusieurs mois, fut spasmodique et incluait une dizaine de phases,d'après la stratigraphie des dépôts retrouvés. Cette grosse éruption fut suivie de 26 éruptions plus petites, qui ont formés des dômes de lave et pulvérisé des poussières et des ponces sur les environs.

Les téphras ont recouvert le centre de North Island sous une couche estimée à plus de 200 mètres d'épaisseur; on retrouva 18 cm. de cendres sur Chatham island, distante de 1.000 km. L'érosion et la sédimentation ultérieures ont eu des effets à long terme sur la paysage, causant entre autre le changement du cours de la rivière Waikato, en direction de la mer de Tasmanie.

 

F3.large.jpgL'éruption Oruanui, sa caldeira et les éruptions post-caldeira, par rapport au lac Taupo actuel - doc. C.J.N.Wilson & al / Journal of Petrology. - réf.en sources.


 

F20.large.jpgSituation du réservoir magmatique alimentant l'éruption Oruanui - doc. C.J.N.Wilson & al / Journal of Petrology. - réf.en sources.

 

Coupe-depots-pyroclst.---B.Houghton-Wairakei-research-cen.jpg

Les volcanologues Wilson et Bellance examinent une coupe : au niveau basal, dépôt pyroclastiques de l'éruption Oruanui (22.600 ans - 1° caldeira) - les dépôts de ponces clairs, au dessus à droite, datent de l'éruption Taupo il y a 1800 ans (2° caldeira) - les dépôts intercalés datent d'éruptions intermédiaires. - photo B.Houghton/Wairakei research center.

 

Ces deux méga-éruptions furent suivies en l'an 230+/- 16 ans, par l'éruption Taupo/Hatepe , qui fut la plus importante des 5.000 dernières années : VEI 6-7 ? - vol. de téphras émis : 45.000 Mm³.

Elle eu lieu en plusieurs phases:

- une éruption mineure dans l'ancestral lac Taupo

- suivie par un épisode produisant une énorme colonne depuis un second évent et des dépôts de ponce généralisés à l'est du volcan.

Taupo-eruption---Wilson---Walker-1985.jpg                          Les isopaques de retombées sont en cm. - doc. Wilson & Walker 1985

 - suite à l'interaction entre eau et magma au niveau du premier évent, un épisode phréatomagmatique avec des retombées de cendres et ponces

- suivi de dépôt d'ignimbrites

- puis vint le paroxysme : avec le collapsus d'une partie de l'évent, l'émission de 30 km³ de matériaux volcaniques au cours de coulées pyroclastiques, qui dévastèrent 20.000 km² et remplirent les vallées de dépôts.

 

Lake-Taupo-28761-lge.jpg                               Le lac Taupo dans sa configuration actuelle -  photo GNS.

 

L'actuel lac Taupo occupe la majeure partie de la caldeira; il couvre 616 km², et est profond de maximum 186 mètres, pour un périmètre de 193 km. Le plus grand lac de Nouvelle-Zélande doit son nom aux Maori et à leur mythologie; "Taupo-nui-a-Tia " signifiant "le grand cloaque de Tia " en référence à un ancêtre qui découvrit le lac et a vécu sur ses rives.

 

Sources :

- Caldera Volcanoes of the Taupo Volcanic Zone, New Zealand -C. J. N. Wilson -  Geology Department, Auckland University, New Zealand

 - Global Volcanism Program - Taupo

- GNS - New-Zealand volcanoes - Taupo

- The 26,5 ka Oruanui eruption, Taupo volcano, New Zealand : development, characteristics and evacuation of a large rhyolitic magma body - by C.J.N.Wilson, S.Blake,B.L.A.Charlier, A.N.Sutton / Journal of Petrology.

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Publié le par Bernard Duyck
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Deux des trois caldeiras du Yellowstone méritent le nom de méga-caldeiras et le volcan mérite au moins deux fois ce titre !

 

Le point chaud du Yellowstone : le moteur des éruptions.

Le point chaud responsable de la caldeira du Yellowstone est entrée en éruption des dizaines de fois lors des derniers 18 millions d'années. Le point chaud étant fixe, et la plaque nord-américaine défilant par dessus en direction du sud-ouest, un chapelet de caldeiras "fantômes" - car peu visible à l'heure actuelle - s'est aligné dans la Snake River Plain ( ESRP pour Eastern Snake River Plain).

 

calderas.jpgLa progression de la plaque nord-américaine au dessus du point chaud du Yellowstone a déterminé un chapelet de caldeiras rhyolitiques échelonnées dans la Snake River Plain (de 14 à 4Ma ) - la position actuelle du Hot spot est sous le plateau volcanique du Yellowstone.

 

Les études sismiques ont permis de découvrir que la chambre magmatique est alimentée par un panache mantellique de roche chaude ; il s'élève depuis le manteau supérieur avec une inclinaison de 60° vers le N-O., sa base se situant à environ 650 km. sous la surface.

 

yellowstones-magma-body 

 

Image du panache mantellique du Yellowstone établie par Tomographie sismique - Doc. University of Utah.

 

Le pana che mantellique, large de 72 km., s'élève à travers le manteau ; il s'aplatit sous la croûte à environ 80 km. sous le Yellowstone sous forme d'une "crêpe" de 480 km. de large. Il comprend plusieurs zones de plus grande largeur à 560, 498 et 425 km. de profondeur.

Entre 80 et 16 km. de profondeur, certaines poches de roches fondues partiellement peuvent s'en échapper pour monter alimenter le réservoir magmatique situé sous la caldeira : ce réservoir de 6 km. de large environ et situé à une profondeur de 16 km., a une texture "en éponge" où  8 à 15% de roches se trouvent fondues.

 

Activité du Yellowstone en bref :

- de moins 55 à moins 40 Ma : une intense activité volcanique recouvrant la région de laves.

- de moins 4 Ma à moins 2 Ma : des changements climatiques qui assèchent et réchauffent la région.

- de moins 2,1 Ma à moins 600.000 ans : trois cycles d'activité volcanique paroxysmale modélent le paysage ...

   * production du Huckleberry Ridge tuff , daté de moins (-) 2,1 millions 

      d'années, émission de 2.450 km³ de matériaux 

      et formation d'une caldeira de 75-90 km. sur 40-60.

   * production du Mesa Falls tuff , daté de moins (-) 1,3 Ma, émission de 

      280 km³ de matériaux et caldeira de 16 km. de damètre.

   * production du Lava Creek tuff, daté de moins (-) 640.000 ans, avec

      émission de 1000 km³ de matériaux et formation d'une caldeira

      de 85 sur 45 km.

- de moins 640.000 ans à -8.500 ans : glaciations successives qui remodèlent le paysage, et éruptions mineures rhyolitiques post-caldeira.

Les dernières grandes manifestations sont les résurgences de deux dômes intra-caldeira : le Sour Creek dome et le Mallard Lake dome , qui a commencé sa croissance, il y a seulement 150.000 ans.

 

yellowstone_super.gifLes larges zones couvertes par les émissions des trois éruptions du plateau volcanique du Yellowstone (en rouge)


 

huckleberrey-ridge-tuff.jpg

Huckleberry ridge tuff, formé de couches superposées. - photo prise le long de la Gardner river près de Osprey falls - Geology anf life in Yellowstone.

 

Le Huckleberry ridge tuff  a été émis par l'éruption de -2,1 Ma , qui a formé la caldeira d' Island Park, de 75-90 km. sur 40-60 km. L'émission de 2.450 km³ de matériaux volcaniques a recouvert une grande part des Etats-Unis.

 

19671016-rc-evertspaleo_large.jpg Huckleberry ridge tuff et Lava Creek tuff se mélangent dans ce paysage  ... explication du paysage ci-dessous - Photograph by Robert L. Christiansen / USGS

 

19671016-rc-evertspaleo med2

 

Les pentes du mont Everts découvrent cette structure mixte : une petite vallée recouverte par le Huckleberry tuff (2,1 Ma) fut érodée par les eaux, avant la mise en place du Lava Creek tuff (0,6Ma), qui l'a rempli à nouveau.

 

 

Le Lava Creek tuff est daté de -640.000 ans avec une émission de 1.000 km³ de matériaux et formation d'une caldeira de 85 sur 45 km., actuelle caldeira du Yellowstone.

Les couches de tuff, épaisses de 180 à 200 mètres, et de teintes variant entre le gris légér et le rouge pâle, ont été érodées ensuite par diverses rivières, dont la Gibbon river.

 

Ce n'est que dans les années 1960 que l'on commença à se rendre compte qu'une formation géologique particulière se trouvait dans le parc national du Yellowstone ; la caldeira fut identifiée lors de fouilles dirigées par Bob Christiansen et son équipe de l'USGS.

 

743px-Yellowstone_Caldera_map2.jpgCarte du parc du Yellowstone (limites en bleu) avec les frontières de caldeiras : la caldeira d'Island Park ( en vert, pointillé et continu) - la caldeira du Yellowstone (en violet) 

Les roches volcaniques émises post-caldeira sont indiquées par diverses autres couleurs (voir encadré) - Document USGS.

 

 

Yellowstone_River_in_Hayden_Valley---Seattle-skier.jpg

       Il n'est pas évident de penser qu'on se trouve dans une caldeira en admirant ce paysage ouvert !

La Yellowstone river serpente calmement dans Hayden valley ... au loin, les limites nord-est de la caldeira. - photo Seattle skier.

 

Dossier-23-8434-copie.jpgDans le Canyon du Yellowstone, la rivière entaille le flot de rhyolite datant de 484.000 ans, émission postérieure à la formation de la dernière caldeira ; l'activité hydrothermale a altéré et coloré la rhyolite en teinte allant du jaune au rose. - © Bernard Duyck 

 

Geysers_8681-copie.jpgLes geysers de Norris , témoins comme d'autres, de l'activité volcanique du Yellowstone - © Bernard Duyck 

 

 

Sources :

- Christiansen, R. L., 2001, The Quaternary and Pliocene Yellowstone Plateau volcanic field of Wyoming, Idaho, and Montana, U.S. Geological Survey

- Windows into the earth - the geological story of Yellowstone and Grand Teton N.P. , by Robert B.Smith and Lee Siegel.

- The Track of the Yellowstone Hot Spot: Multi-disciplinary Perspectives on the Origin of the Yellowstone-Snake River Plain Volcanic Province, Morgan, Lisa A., Cathey, Hennrietta E., and Pierce, Kenneth L. (editors), 2009

- Science Daily -Yellowstone's plumbing reveals plume of hot and molten rock 410 miles deep

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Publié le par Bernard Duyck
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Deux grandes éruptions et deux méga-caldeiras marquent le continent sud-Américain : La Pacana et Cerro Galan.

 

LaPacanadips_---OSU.JPG                                 Dans la caldeira La Pacana - photo Oregon State University

 

Le complexe La Pacana est un grand complexe de caldeiras, couvrant 17.000 km², situé à cheval sur le nord du Chili, le sud-ouest de la Bolivie, et le nord-ouest de l'Argentine.

Ce complexe abrite trois centres émetteurs d'ignimbrites, qui se recouvrent spatialement, structurellement et temporellement , et de nombreuses sources chaudes.

 

Le plus important d'entre eux est la Caldeira La Pacana,une dépression de 70 km. sur 35. d'une altitude moyenne de 4.000 mètres.

Elle s'est formée il y a 4 millions d'années lors de l'éruption qui a émis l'ignimbrite rhyodacitique Atana, estimé à un volume de 2.500 km³ (Gardeweg & Ramirez 1987 - Lindsay & al. 2001)


D'autres séquences d'ignimbrites ont été identifiées :

- Lower & upper Tara Ignimbrite, émise respectivement à 5,6 Ma et 3,8 Ma

- l'ignimbrite rhyolitique Toconao, émise entre 4et 5 Ma .

 

 

Toconao---Atana-ignimbrites---Lindsay-2001.jpg

                 Coupe dans les dépôts d'ignimbrites La Pacana caldera - doc. Lindsay & al. 2001 / OSU

 

LindsayFigures-caldera-La-Pacana.jpgSituation de la caldeira La Pacana et étendue des dépôts d'ignimbrites - Doc Linsay & al. 2001 / OSU


Après l'effondrement de la caldeira, une importante épaisseur d'ignimbrite s'est accumulée dans celle-ci; ensuite l'activité s'est traduite par la production d'un bloc de résurgence, le Cerros de La Pacana, un bloc de résurgence allongé de 50 km. sur 12, culminant à 4.905 mètres.

Le volcanisme post-caldeira s'est poursuivi jusqu'il y a 1,6 Ma. avec une production  de strato-cônes andésitiques et dacitiques, ainsi que d'une série de dômes silicique à la frontière du bloc de résurgence dans la caldeira. Ces dômes sont constitués de dacite riche en cristaux, de composition similaire à l'ignimbrite Atana.

Quelques sources chaudes situées dans des salars intracaldériques apparaissent comme des vestiges du système géothermique de la caldeira.

 

Cerro-Galan.jpgPhoto satellite infrarouge du Cerro Galan - les volcans et cônes, plus chauds, ressortent du paysage, témoins d'une activité toujours possible de l'endroit. - la Laguna Diamante se situe au centre gauche. - La résurgence est centrée, en teinte bleue. - doc. Viajeros

 

Située dans une partie reculée de la province de Catamarca, au nord-ouest de l'Argentine, la caldeira Cerro Galan est la composante la plus récente d'un vaste système silicique qui s'est développé entre deux failles axées nord-sud et distantes de 20 km.

Le volcanisme de la région date de 15 Ma; il a débuté avec l'éruption de plusieurs volcans andésitiques et dacitiques.

L'activité a été ensuite essentiellement explosive, et au moins neuf éruptions ignimbritiques se sont produites entre il y a 7 et 4 millions d'années.

L'éruption qui nous intéresse date de 2,2 Ma : l'émission de plus de 1.000 km³ de magma dacitique, homogène et riche en cristaux, a formé l'ignimbrite Cerro Galan et la caldeira du même nom, avec une dispersion dans un rayon de 100 km autour de celle-ci.

 

Cerro Galan - laguna Diamante                                      Cerro Galan - la Laguna Diamante - photo Viajeros

 

La formation de la caldeira fut suivie d'une résurgence en partie centrale, s'élevant actuellement à 6.100 mètres. La Laguna Diamante, un petit lac situé au sud-ouest de la caldeira, est une relique du grand lac de cratère, occupant le plancher de la caldeira avant le début du processus de résurgence.

L'activité suivante fut l'éruption de laves dacitiques à partir d'évents situés sur des fractures circulaires dans la caldeira, il y a 2,1 Ma.

De petits cônes de scories monogéniques et des coulées de lave dans la vallée de Antofagastade la Sierra ont suivi la formation de la caldeira ; le plus récent d'entre eux est daté de moins de 10.000 ans.

 

Cerro-Galan-map---OSU.gif                                Carte de la caldeira Cerro Galan - doc. Oregon State University

 

 

bouches-erup.-Salar-de-antofalla.jpg

 Cerro Galan caldera - Nombreuses bouches éruptives dans le secteur du Salar d'Antofalla. - doc. Viajeros

 

 

 

Sources :

La Pacana :

- Oregon state University - La Pacana caldera - link

- La Pacana caldera and the Atana ignimbrite - a major ash-flow and resurgent caldera complex in the Andes of northern Chile , by Gardeweg and Ramirez

- Magmatic evolution of the La Pacana caldera system : compositional variation of 2 cogenetic, large-volume felsic ignimbrites, by J.M.Lindsay & al. - link

 

Cerro Galan :

- Oregon state Universiy - Cerro Galan caldera - link

- Viajeros - Gran caldera del volcan Galan - link

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