Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Article de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Articles avec #eruptions historiques catégorie

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques
White terraces - Photo C. Spencer, 1880.

White terraces - Photo C. Spencer, 1880.

Before the eruption of Tarawera:

The Okataina volcanic center, with a rhyolitic dominance, is surrounded by extensive ignimbrite and layers of pyroclastic materials produced in multiple eruptions formative calderas. Many craters and lava domes form a northeast / southwest line belonging to volcanic complex Haroharo and Tarawera.

The caldera Haroharo, 16km of 26, gradually formed between 300,000 years ago and 50,000 years. Lava domes occupy a part of the caldera.

The complex Tarawera, south of the center Okataina, consists of 11 domes of rhyolitic lava and flows associated. Their dating ranges between 15,000 and there are 800 years.

The volcanic center Okataina and Tarawera eruption fissure of 1886 - a click to enlarge - Doc. http://users.skynet.be/etna/NZ/Tarawera.htmThe volcanic center Okataina and Tarawera eruption fissure of 1886 - a click to enlarge - Doc. http://users.skynet.be/etna/NZ/Tarawera.htm
The volcanic center Okataina and Tarawera eruption fissure of 1886 - a click to enlarge - Doc. http://users.skynet.be/etna/NZ/Tarawera.htm

The volcanic center Okataina and Tarawera eruption fissure of 1886 - a click to enlarge - Doc. http://users.skynet.be/etna/NZ/Tarawera.htm

White terraces ... before the destruction - photo NZ holiday homes

White terraces ... before the destruction - photo NZ holiday homes

The eruption of Tarawera in 1886:

Since the year 1310, when occurred the Kaharoa eruption of VEI 5, Mount Tarawera was "calm" ...

On 1 June 1886, the waters of Lake Rotomahana are troubled by strange waves. A local Maori priest interpreted the phenomenon as the appearance of a spirit -canoë representing the harbinger of a terrible future event ... legendary interpretation conveyed by tourists of the time.

At 0:30 on June 10, local residents were awakened by violent tremors marking the start of the eruption.

The initial phase is phreatomagmatic type, resulting from the rise of a basaltic magma -  different from the other eruptions with rhyolitic magma - and he met the groundwater at a depth of 300 meters below surface.

At 1:30, the side of Wahanga dome explodes, opening a crack. The opening step by step and the expansion of the eruptive fissure resulting in a series of 13 craters through the Tarawera dome complex.
 

The eruption of Tarawera June 10, 1886 - doc.Waimangu.co.nz

The eruption of Tarawera June 10, 1886 - doc.Waimangu.co.nz

The main Plinian phase Plinian generates an eruptive column about 30 kilometers high, according to the analysis of deposits, and could have stopped after four hours. A study of deposits nearby the crack corroborates the testimonies of several smaller eruption columns feeding the main Plinian column. We now think that vents 4 craters, located in an area between the tuff cone Ruawahia and the southwest portion of the Tarawera Dome, contributed to the establishment of the Plinian column. During the Plinian phase, lower vents in a section northeast of the crack had a strombolian activity.

At the end of the Plinian phase, a brief phreatomagmatic phase took place, perhaps as a result of a further collapse of the summit of the magma column in the groundwater.

This eruption, described by the GVP of VEI 5, opened a rift 17 km long across the top of the mountain, through the Lake Rotomahana and into the Waimangu Valley. A mixture of steam and finely pulverized
rock, known as the "Mud of Roromahana" formed by the phreatic / phreatomagmatic massive eruptions, has spread as a base surge over 4-6 km, causing destruction and death. Although some deaths are directly caused by this surge, most were attributed to the collapse of roofs caused by the accumulation of wet ash. Villages were destroyed and instead the site of Pink and White terraces, a crater deep more 100 meters open.

Steam eruptions continued for several months in this crater, but in fifteen years, a new Rotomahana lake was formed, larger than the previous. The chain of craters in the Waimangu area became the seat of new geothermal structures, and the largest hot spring in New Zealand, Frying Pan Lake.

 

The eruptive fissure of the Tarawera - photo C.Lindberg

The eruptive fissure of the Tarawera - photo C.Lindberg

Mount Tarawera - photo Gerald ViaBloga

Mount Tarawera - photo Gerald ViaBloga

Waimangu - active fumaroles in the  geothermal area - photo Antony Van Eeten

Waimangu - active fumaroles in the geothermal area - photo Antony Van Eeten

Sources :

- GNS - Okataina Volcanic Centre/ Mt Tarawera Volcano

- Te Ara – Historic volcanic activity – Tarawera

- Global Volcanism Program – Okataina

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques
White terraces - photo C. Spencer, 1880.

White terraces - photo C. Spencer, 1880.

Avant l’éruption du Tarawera :

Le centre volcanique Okataina, à dominance rhyolitique, est entouré d’ignimbrites extensives et de couches de matériaux pyroclastiques produits au cours de multiples éruptions formatrices de caldeira. De nombreux dômes de laves et cratères forment une ligne nord-est / sud-ouest appartenant aux complexes volcaniques Haroharo et Tarawera.

La caldeira Haroharo, de 16 km sur 26, s’est progressivement formée entre il y a 300.000 ans et 50.000 ans. Les dômes de lave occupent une partie de cette caldeira.

Le complexe Tarawera, au sud du centre Okataina, est constitué de 11 dômes de lave rhyolitique et des coulées associées. Leur datation s’échelonne entre il y a 15.000 et 800 ans.

Le Centre volcanique Okataina et la fissure éruptive du Tarawera 1886 - un clic pour agrandir - doc. http://users.skynet.be/etna/NZ/Tarawera.htmLe Centre volcanique Okataina et la fissure éruptive du Tarawera 1886 - un clic pour agrandir - doc. http://users.skynet.be/etna/NZ/Tarawera.htm
Le Centre volcanique Okataina et la fissure éruptive du Tarawera 1886 - un clic pour agrandir - doc. http://users.skynet.be/etna/NZ/Tarawera.htm

Le Centre volcanique Okataina et la fissure éruptive du Tarawera 1886 - un clic pour agrandir - doc. http://users.skynet.be/etna/NZ/Tarawera.htm

White terraces ... avant leur destruction - photo NZ holiday homes

White terraces ... avant leur destruction - photo NZ holiday homes

L’éruption du Tarawera en 1886 :

Depuis l’an 1310, époque à laquelle s’est produite l’éruption Kaharoa de VEI 5, le Mont Tarawera était " calme " …

Le 1° juin 1886, les eaux du lac Rotomahana sont troublées d’étranges vagues. Le prêtre Maori local a interprété le phénomène comme l’apparition d’un esprit -canoë représentant le présage d’un futur horrible évènement … interprétation légendaire véhiculée par les touristes de l’époque.

A 0h30 le 10 juin, les habitants locaux sont réveillés par de violents tremblements marquant le début de l’éruption. La phase initiale  est de type phréatomagmatique, résultante de la montée d’un magma basaltique – et différent du magma rhyolitique d’autres éruptions – et de sa rencontre avec les eaux souterraines à une profondeur de 300 mètres sous la surface. A 1h30, le flanc du dôme Wahanga explose, ouvrant une fissure. L’ouverture par étapes et l’élargissement de la fissure éruptive résultent en une série de 13 cratères au travers du complexe de dômes Tarawera.

L'éruption du Tarawera du 10 juin 1886 - doc.Waimangu.co.nz

L'éruption du Tarawera du 10 juin 1886 - doc.Waimangu.co.nz

La phase principale plinienne génère une colonne éruptive d’environ 30 kilomètres de haut, d’après l’analyse des dépôts, et pourrait avoir cessé au bout de quatre heures. Une étude des dépôts proches de la fissure corrobore les témoignages faisant état de de plusieurs colonnes éruptives plus petites alimentant la colonne plinienne principale. On pense aujourd’hui  que les évents de 4 cratères , situés dans une zone comprise entre le cône de tuff Ruawahia et la portion sud-ouest du dôme Tarawera, ont contribué à l’établissement de la colonne plinienne. Au cours de cette phase plinienne, des évents plus faibles situés dans la section nord-est de la fissure ont eu une activité  strombolienne.

A la fin de la phase plinienne, une brève phase phréatomagmatique  a pris place, peut-être à la suite d’un nouvel effondrement du sommet de la colonne magmatique dans les eaux souterraines.

Cette éruption, qualifiée par le GVP de VEI 5, a ouvert un rift de 17 km de long à travers le sommet de la montagne, au travers du lac Rotomahana et jusque dans la vallée de Waimangu. Un mélange de vapeur et de roche finement fragmentée, connue sous le nom de " Boue de Roromahana ", formé par les éruptions phréatiques / phréatomagmatiques massives , s’est propagé comme un base surge sur 4 à 6 km, causant destruction et morts. Bien que certains décès soient causés directement par ce surge, la plupart fut attribué à l’effondrement des toits sous l’accumulation de cendres humides. Des villages furent détruits et à la place du site des Pink & White terraces, un cratère profond de plus de 100 mètres s’est ouvert.

Des éruptions de vapeur continuèrent durant plusieurs mois dans ce cratère, mais en quinze années, un nouveau lac Rotomahana s’est formé, plus grand que le précédent. La chaîne de cratères dans la zone de Waimangu est devenu le siège de nouvelles structures géothermales, et de la source chaude la plus importante de Nouvelle-Zélande, Frying Pan lake.

La fissure éruptive du Tarawera - photo C.Lindberg

La fissure éruptive du Tarawera - photo C.Lindberg

Le Mont Tarawera - photo Gerald Viabloga

Le Mont Tarawera - photo Gerald Viabloga

Waimangu - fumerolles actives dans la zone géothermale - photo Antony Van Eeten

Waimangu - fumerolles actives dans la zone géothermale - photo Antony Van Eeten

Sources :

- GNS - Okataina Volcanic Centre/ Mt Tarawera Volcano

- Te Ara – Historic volcanic activity – Tarawera

- Global Volcanism Program – Okataina

http://volcano.si.edu/volcano.cfm?vn=241050

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

Voici sept ans, débutait une éruption soudaine et puissante, qualifiée de VEI 4, dans la caldeira du volcan Okmok , dans le centre de l’arc des Aléoutiennes.

Le 12 juillet 2008, l’activité éruptive commence, seulement quelques heures après une subtile augmentation de la sismicité, suivie d’une courte séquence d’essaim sismique, le tour remarqué rétrospectivement.

Les premières explosions ont emporté une partie du cône intracaldérique D, dans le secteur centre-est de la caldeira large de 10 km. La phase le plus énergétique a lieu au cours des dix premières heures d’activité. Les données du satellite GOES et la comparaison avec le modèle de dispersion des cendres Puff indiquent une hauteur de la colonne éruptive initiale de 16 km environ.

Okmok éruption et panache du 12 juillet 2008 - doc. AVO

Okmok éruption et panache du 12 juillet 2008 - doc. AVO

Okmok - émissions du dioxyde de soufre cumulées du 12 au 20.07.2008 - doc. NILU /  Nasa Earth Observatory

Okmok - émissions du dioxyde de soufre cumulées du 12 au 20.07.2008 - doc. NILU / Nasa Earth Observatory

Au cours des cinq semaines suivantes, plusieurs centaines de millions de mètres-cubes de téphras et de dépôts de lahars vont recouvrir une grande partie du nord-est de l’île Umnak. Au sein de la caldeira, des explosions hydrovolcaniques presque en continu vont accumuler plusieurs dizaines de mètres de téphras humide et à grains fins. L’activité explosive va complètement perturber la nappe phréatique et les eaux stagnantes dans la caldeira ; un nouveau cône de téphra va s’édifier, atteignant au final 200 mètres de haut. Cette éruption est le premier évènement volcanique à dominance phéatomagmatique marquant les Etats-Unis depuis l’éruption du maar Ukinrek (au nord de l’arc des Aléoutiennes) en 1977.

Le 23 juillet, de nombreux lahars sont remarqués par un fermier ; leur formation n’est pas identifiée avec certitude : remobilisation des cendres par la pluie,  condensation de vapeur d’eau syn-éruptive, perte d’eau lors de chutes de cendres humides, fonte des neiges, ou combinaison de plusieurs facteurs ?

Le panache éruptif , vu le 3 août 2008 d’un avion d’Alaska Airlines volant à une altitude de 10,7 km – photo Burke Mees

Le panache éruptif , vu le 3 août 2008 d’un avion d’Alaska Airlines volant à une altitude de 10,7 km – photo Burke Mees

Les 2 et 3 août, le panache éruptif augmente en hauteur, en force et en charge de cendres ; ceci coïncide avec une hausse de l’amplitude du trémor. Ce rehaussement d’activité fait élever le niveau d’alerte aviation au Rouge par l’AVO. Durant les deux premières semaines d’août, l’intensité de l’éruption et la hauteur du panache diminuent, et les émissions de cendres cessent le 19 août. Un survol laisse voir un unique évent contenu dans un cône de téphra aux parois abruptes.

Des observations de terrain en septembre, combinées à l’analyse des photos vont cependant indiquer que l’éruption s’est produite au départ d’une série d’évents, qui se sont ouverts au cours des deux premières semaines, et disposés sur une ligne de 2 km dans la caldeira. Un cône de téphra s’est édifié au-dessus de l’évent 2008 actif le plus longtemps. L’explosion et l’effondrement des cratères à l’ouest du cône D ont formé une dépression qui s’est rempli d’eau et formé un lac de 0,6 km².

Plus de détails sur le site de l’AVO.

Caldeira de l'Okmok - le cône et le lac nouvellement formés - doc. AVO

Caldeira de l'Okmok - le cône et le lac nouvellement formés - doc. AVO

Sources :

- AVO / Alaska Volcano Observatory - link

- Global Volcanism Program - Okmok

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

The year 2015 marks the centenary of the explosive eruption of Lassen Peak, located in the south of the Cascades volcanic Range. From a volume of 2 cubic kilometers and dominant the environmeny of around 600 meters, the Lassen Peak is the largest dacite lava dome on earth. It is established, there are about 27,000 years, on the northeast side of a now extinct stratovolcano, Mount Tehama.


On 22 May 1915 the Lassen Peak explodes, devastating the nearby areas and dropped a rain of ashes up to 300 km east of the volcano. This eruption has changed forever the landscape and led to the creation of the National Park of the same name.

The eruptive plume Lassen Peak, viewed from Red Bluff May 22, 1915 - Archive F.R.Eldredge wordpress

The eruptive plume Lassen Peak, viewed from Red Bluff May 22, 1915 - Archive F.R.Eldredge wordpress

The eruption of Lassen Peak 1914-1917:


The explosion of May 22 is the strongest of a series of eruptions that characterize the episode of 1914-1947; this series is the latest to have rocked the Cascades Range before the eruption of St. Helens in 1980.
The eruptive episode begins on May 30, 1914, with a phreatic explosion from the summit of Lassen Peak. During the following years, 180 steam explosions dug a 300 meters wide crater at the top.

Lassen Peak in 1914, before the explosive eruption - photo of the Devastated area by BFLoomis / USGS

Lassen Peak in 1914, before the explosive eruption - photo of the Devastated area by BFLoomis / USGS

Lassen Peak - Steam Explosion and blast of June 14, 1914 at 9:45 am - photo BFLoomis of Manzanita Lake, 10 km from Lassen Peak / via Shasta County

Lassen Peak - Steam Explosion and blast of June 14, 1914 at 9:45 am - photo BFLoomis of Manzanita Lake, 10 km from Lassen Peak / via Shasta County

Lassen Peak - the summit crater, October 12, 1914, blown by the steam explosions in May - photo BFLoomis / via USGS

Lassen Peak - the summit crater, October 12, 1914, blown by the steam explosions in May - photo BFLoomis / via USGS

From mid-May 1915, the eruption changes of character, with the extrusion of a lava dome in the summit crater. This dome will expand to the west and the east extending beyond the walls of the crater. On May 19, a large explosion sprayed the dacitic dome, creating a new summit crater. Incandescent blocks fall on the top and the upper slopes of Lassen Peak, covered with a thick layer of snow. An avalanche of snow and lava blocks will travel 6,500 meters and spend Emigrant Pass, a pass used by the pioneers. The large rock, dubbed "Hot rock" by Loomis, is a piece of the lava dome carted away by the avalanche (see map below).

On May 22, an explosive eruption is accompanied by a pyroclastic flow that devastates an area which extends up to 6 km northeast of the crater. It is called from “the Devastated Area of ​​Lassen Volcanic Park” (8 km²); this area have still little tree, following the low in nutrients and an high soil porosity.

Lassen Peak - the Devastated area "Before & after" 1915/1984 - Doc. USGS archive

Lassen Peak - the Devastated area "Before & after" 1915/1984 - Doc. USGS archive

Lassen Peak - Devastated area created by the explosion of 19.05 - the "Hot Rock", still a hot boulder at the photo taken by BF Loomis between 19 and 05.22.1915 - Archive VI-PH-C1. 63 / Lassen NPS / Flickr

Lassen Peak - Devastated area created by the explosion of 19.05 - the "Hot Rock", still a hot boulder at the photo taken by BF Loomis between 19 and 05.22.1915 - Archive VI-PH-C1. 63 / Lassen NPS / Flickr

Deposits of eruptions and lahars of Lassen Peak 1915-1917 - Doc. USGS

Deposits of eruptions and lahars of Lassen Peak 1915-1917 - Doc. USGS

The eruptive column rises vertically to more than 9,500 meters above the crater and deposited a lobe of pumice tephra  over 30 km to ENE. Fine ash is found to Winnemucca, Nevada, more than 325 km. east of Lassen Peak.

These events are causing more snow melt, that feeds mudflows / lahars and flooding of Lost Creek and Hat Creek valley on more than 20 kilometers.

Lassen peak - the eruptive plume 05/22/1915 - photo RE Stinson - Archive VI-PH-C1.192 - Lassen NPS / Flickr

Lassen peak - the eruptive plume 05/22/1915 - photo RE Stinson - Archive VI-PH-C1.192 - Lassen NPS / Flickr

Lassen Peak from the west, shortly after the eruptive climax of 22 May 1915. The hot pumice fallout on the snow covered flanks of the volcano generated low-volume lahars more viscous and not reaching the base of Lassen Peak, unlike the lahars pf 19-20.05.15  - photo BF Loomis - Archive VI-PH-C1.27 Lassen NPS / Flickr

Lassen Peak from the west, shortly after the eruptive climax of 22 May 1915. The hot pumice fallout on the snow covered flanks of the volcano generated low-volume lahars more viscous and not reaching the base of Lassen Peak, unlike the lahars pf 19-20.05.15 - photo BF Loomis - Archive VI-PH-C1.27 Lassen NPS / Flickr

Intermittent eruptions will succeed until mid 1917 ... the percolation of snow meltwater engendered steam explosions, indicating the heat below the surface. In May 1917, a very strong steam explosion blew the northernmost crater. Steam vents could still be at the top into the 50s, but are difficult to detect today.
The total volume of 1915 eruptions is relatively low, about 0.03 cubic kilometers, compared to the well-known St Helens eruption  in 1980, of the order of 1 cubic km.
Today, the Lassen Peak is dormant, but steam vents, hot springs and bubbling mud pools still exist in the Lassen Volcanic National Park.

The Lassen Peak in 2012 - photo Fotopedia

The Lassen Peak in 2012 - photo Fotopedia

A collector : the poster of Lassen Volcanic National Park - published in 1938 by the National Park Service

A collector : the poster of Lassen Volcanic National Park - published in 1938 by the National Park Service

Sources :

- USGS - A Sight “Fearfully Grand”—Eruptions of Lassen Peak, California, 1914 to 1917 - By Michael A. Clynne, Robert L. Christiansen, Peter H. Stauffer, James W. Hendley II, and Heather Bleick - link

- Photos d'archives : Lassen NPS on Flickr / https://www.flickr.com/photos/lassennps  / creative commons.org/licenses/by/2.0/

- Flickr Lassen peak eruption - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

L’année 2015 marque le centième anniversaire de l’éruption explosive du Lassen Peak, situé dans le sud de la Chaîne volcanique des Cascades.

D’un volume de 2 km³ et dominant les environs de 600 mètres, le Lassen Peak constitue le plus grand dôme de lave dacitique sur terre. Il s’est établi, il y a environ 27.000 ans, sur le flanc nord-est d’un stratovolcan disparu aujourd’hui, le Mont Tehama.

Le 22 mai 1915, le Lassen Peak explose, dévaste les zones proches et fait tomber une pluie de cendres jusqu’à 300 km à l’est du volcan. Cette éruption a changé pour toujours le paysage et a conduit à la création du Parc National du même nom.

Le panache éruptif du Lassen Peak, vu de Red Bluff  le 22 mai 1915 - archives F.R.Eldredge wordpress

Le panache éruptif du Lassen Peak, vu de Red Bluff le 22 mai 1915 - archives F.R.Eldredge wordpress

L’éruption du Lassen Peak 1914-1917 :

L’explosion du 22 mai est la plus forte d’une série d’éruptions caractérisant l’épisode de 1914-1917 ; cette série est la dernière à avoir secoué la Chaîne des Cascades avant l’éruption du St Helens en 1980.

L’épisode éruptif débute le 30 mai 1914, avec une explosion phréatique du sommet de Lassen Peak. Au cours de l’année suivante, 180 explosions de vapeur ont creusé un cratère de 300 mètres de large au sommet.

Lassen Peak en 1914, avant l’éruption explosive – photo de la Devastated area par B.F.Loomis / USGS

Lassen Peak en 1914, avant l’éruption explosive – photo de la Devastated area par B.F.Loomis / USGS

Lassen Peak - Explosion de vapeur et blast du 14 juin 1914 à 9h45 – photo B.F.Loomis du Manzanita lake, à 10 km de Lassen Peak  / via  Shasta County

Lassen Peak - Explosion de vapeur et blast du 14 juin 1914 à 9h45 – photo B.F.Loomis du Manzanita lake, à 10 km de Lassen Peak / via Shasta County

Lassen Peak - le cratère sommital, le 12 octobre 1914, soufflé par les explosions de vapeur de mai - photo B.F.Loomis / via USGS

Lassen Peak - le cratère sommital, le 12 octobre 1914, soufflé par les explosions de vapeur de mai - photo B.F.Loomis / via USGS

A partir de la mi-mai 1915, l’éruption change de caractère, avec l’extrusion d’un dôme de lave dans le cratère sommital. Ce dôme va s’étendre vers l’ouest et l’est débordant les parois du cratère.

La seconde photo ci-dessous, prise le 22 mai 1915, montre les destructions dues aux avalanche et lahar des 19 et 20 mai . Le 19 mai, une importante explosion pulvérise le dôme de dacite, créant un nouveau cratère sommital. Les blocs incandescents retombent sur le sommet et les flancs supérieurs du Lassen Peak, recouverts d’une épaisse couche de neige. Une avalanche de neige et blocs de lave va parcourir 6.500 mètres et passer Emigrant Pass, un col emprunté par les pionniers. Le gros rocher, baptisé " Hot rock " par Loomis, est un morceau du dôme de lave charrié à distance par l’avalanche (voir carte ci-dessous).

Le 22 mai, une éruption explosive s’accompagne d’une coulée pyroclastique qui dévaste une zone qui s’étend jusqu’à 6 km au nord-est du cratère. Elle est appelée depuis la "Devastated Area du Lassen volcanic Park" (8 km²) ; cette zone est toujours peu arborée, suite au faible niveau en nutriments et la haute porosité du sol.

Lassen Peak - la Devastated area "Before & after"  1915 / 1984 - doc. archives USGS

Lassen Peak - la Devastated area "Before & after" 1915 / 1984 - doc. archives USGS

Lassen Peak -  Devastated area créée par l'explosion du 19.05 -  le "Hot rock", un bloc de roche toujours chaud au moment de la photo prise par B.F. Loomis entre le 19 et la 22.05.1915  - Archive VI-PH-C1.63 / Lassen NPS / Flickr

Lassen Peak - Devastated area créée par l'explosion du 19.05 - le "Hot rock", un bloc de roche toujours chaud au moment de la photo prise par B.F. Loomis entre le 19 et la 22.05.1915 - Archive VI-PH-C1.63 / Lassen NPS / Flickr

Dépôts des éruptions et lahars du Lassen Peal 1915-1917 - doc. USGS

Dépôts des éruptions et lahars du Lassen Peal 1915-1917 - doc. USGS

La colonne éruptive monte verticalement à plus de 9.500 mètres au-dessus du cratère et dépose un lobe de tephra ponceux sur 30 km vers l’ENE. Des cendres fines sont retrouvées jusqu’à Winnemucca, au Nevada, à plus de 325 km. à l’est du Lassen Peak.

Les évènements de mai causent une fonte des neiges qui alimente des coulées de boue/ lahars, et l’inondation des drainages de Lost Creek et Hat Creek valley, sur plus de 20 kilomètres.

Lassen peak – le panache éruptif du 22.05.1915 – photo R.E. Stinson - Archive VI-PH-C1.192 - Lassen NPS / Flickr

Lassen peak – le panache éruptif du 22.05.1915 – photo R.E. Stinson - Archive VI-PH-C1.192 - Lassen NPS / Flickr

Lassen Peak de l’ouest peu après le climax éruptif du 22 mai 1915. Les retombées de ponces chaudes sur les flancs couverts de neige du volcan ont généré des lahars de faible volume et plus visqueux n’atteignant que la base de Lassen Peak, contrairement aux lahars des 19-20.05.15  - photo B.F. Loomis -  Archive VI-PH-C1.27 Lassen NPS / Flickr

Lassen Peak de l’ouest peu après le climax éruptif du 22 mai 1915. Les retombées de ponces chaudes sur les flancs couverts de neige du volcan ont généré des lahars de faible volume et plus visqueux n’atteignant que la base de Lassen Peak, contrairement aux lahars des 19-20.05.15 - photo B.F. Loomis - Archive VI-PH-C1.27 Lassen NPS / Flickr

Des éruptions intermittentes vont se succéder jusqu’en milieu 1917… la percolation des eaux de fonte neigeuse engendrèrent des explosions de vapeur, indication de la chaleur présente sous la surface. En mai 1917, une explosion de vapeur très vigoureuse fait sauter le cratère le plus au nord. Des évents de vapeur pouvaient encore se trouver au sommet jusque dans les années 50, mais sont difficilement détectables aujourd’hui.

Le volume total des éruptions de 1915 est relativement faible, environ 0,03 km³, comparée à celle bien connue du St Helens en 1980, de l’ordre de 1 km³.

Aujourd’hui, le Lassen Peak est en dormance, mais des évents de vapeur, des sources chaudes et des mares de boue bouillonnantes existent toujours dans le Lassen Volcanic National Park.

Le Lassen Peak en 2012 - photo Fotopedia

Le Lassen Peak en 2012 - photo Fotopedia

un collector : le poster du Lassen Volcanic National Park - éditée en 1938 par le National Park Service

un collector : le poster du Lassen Volcanic National Park - éditée en 1938 par le National Park Service

Sources :

- USGS - A Sight “Fearfully Grand”—Eruptions of Lassen Peak, California, 1914 to 1917 - By Michael A. Clynne, Robert L. Christiansen, Peter H. Stauffer, James W. Hendley II, and Heather Bleick - link

- Photos d'archives : Lassen NPS on Flickr / https://www.flickr.com/photos/lassennps  / creative commons.org/licenses/by/2.0/

- Flickr Lassen peak eruption - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

L'éruption du Tambora n'a pas laissé que des victimes ... Les émanations volcaniques ont des répercussions sur le climat, et sont également responsables de phénomènes optiques : ce voile d'aérosols, principalement de dioxyde de soufre/ acide sulfurique, peut changer les couleurs du ciel au couchant.

"Chichester Canal"  par J. M. W. Turner (vers 1828)

"Chichester Canal" par J. M. W. Turner (vers 1828)

Le Professeur Zerefos a donné une clef de ce changement, dans un article dans le Journal of the EuropeanGeosciences Union : " Dans la coloration des couchers de soleil, c'est la façon dont le cerveau perçoit les verts et les rouges qui renferme des informations importantes sur l'environnement ".

Les peintres du 19° siècle ont reproduit ces couleurs spécifiques sans en comprendre la cause. Cette éruption a aussi permis l'évolution artistique de William Turner, qui est passé d'une peinture convenue à la magnification de la couleur; son attirance pour la représentation des atmosphères le place comme un des précurseurs de "l'impressionnisme". Il ira même plus loin, en supprimant le côté descriptif et se limitant à la juxtaposition colorée, comme dans son "coucher de soleil" de 1840 ... selon certains, "les prémices de l'abstraction lyrique", un autre mouvement de la peinture moderne.

"Coucher de soleil " – par W.Turner (1840)

"Coucher de soleil " – par W.Turner (1840)

Les effets climatiques touchants la Suisse vont influencer la littérature de l’époque.

Cette année-là, une villa, proche du lac Léman en Suisse, abrite Lord Byron. Durant l’été, il reçoit la visite de Mary Shelley et de sa famille proche ; retenus à l’intérieur à cause de la pluie incessante, Byron propose à ses hôtes d’écrire chacun une histoire de fantôme.

Byron écrit un scénario fragmentaire qui permit à un ami de s’en inspirer pour écrire " Dracula ".

Mary Shelley, inspirée par la lecture des Fantasmagoriana et sous l’influence de l’opium, fait un cauchemar où elle a une vision " d’un étudiant pâle penché sur la chose qu’il avait animé ". Elle achève d’écrire " Frankestein " au printemps 1817. " Frankestein, ou le Prométhée moderne ", est considéré comme le roman précurseur de la science-fiction.

John William Polidori va quant à lui écrire " The Vampire ".

A gauche, Frontispice de l'édition de 1831de Frankenstein - à droite, Lord Byron - portrait de 1824 par Thomas Phillips (1770-1845) / UK Government Art Collection - un clic pour visualiserA gauche, Frontispice de l'édition de 1831de Frankenstein - à droite, Lord Byron - portrait de 1824 par Thomas Phillips (1770-1845) / UK Government Art Collection - un clic pour visualiser

A gauche, Frontispice de l'édition de 1831de Frankenstein - à droite, Lord Byron - portrait de 1824 par Thomas Phillips (1770-1845) / UK Government Art Collection - un clic pour visualiser

Cette période coïncide  avec la publication du poème de lord Byron : " Darkness ", dont voici les premiers vers :

I had a dream, which was not all a dream.
The bright sun was extinguish’d, and the stars
Did wander darkling in the eternal space,
Rayless, and pathless, and the icy earth
Swung blind and blackening in the moonless air;
Morn came and went – and came, and brought no day

 

Brillantes couleurs et noires pensées ... inspirées par l'éruption du Tambora et ses effets atmosphériques.

 

Sources :

- Darkness, poème de Lord Byron - link

- European Geosciences Union - Famous paintings help study the Earth’s past atmosphere - 25.03.2014 - link

- Further evidence of important environmental information content in red-to-green ratios as depicted in paintings by great masters - C. S. Zerefos & al. - link

- Zerefos, C. S., Gerogiannis, V. T., Balis, D., Zerefos, S. C., and Kazantzidis, A.: Atmospheric effects of volcanic eruptions as seen by famous artists and depicted in their paintings, Atmos. Chem. Phys., 7, 4027-4042, doi:10.5194/acp-7-4027-2007, 2007.

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

Les effets furent globaux …  "une année sans été" :

L’éruption a relâché un énorme volume d’aérosols soufrés, estimé à 175 trillion de kilos {soit 175.1018 – Source E.Klemetti – Un trillion est égal à un million à la puissance trois c.à.d. un million de millions de millions (106x106x106), d'où le terme.} générant une baisse de température atmosphérique.

Elle a aussi perturbé la route du Jet stream au-dessus de l’Atlantique, ce qui a modifié durant quatre années le climat de l’hémisphère nord.

Baisses relatives des températures en degrés centigrades liées aux éruptions – doc. Berkeley

Baisses relatives des températures en degrés centigrades liées aux éruptions – doc. Berkeley

Concentrations en sulfates relevées dans des carottages effectués au Groenland – Celles des années 1815 et suivantes sont liées à l’éruption du Tambora - doc. Dai, J.; Mosley-Thompson, E.; Thompson, L. G. (1991). "Ice core evidence for an explosive tropical volcanic eruption six years preceding Tambora". Journal of Geophysical Research (Atmospheres) 96 (D9): 17361–17366.

Concentrations en sulfates relevées dans des carottages effectués au Groenland – Celles des années 1815 et suivantes sont liées à l’éruption du Tambora - doc. Dai, J.; Mosley-Thompson, E.; Thompson, L. G. (1991). "Ice core evidence for an explosive tropical volcanic eruption six years preceding Tambora". Journal of Geophysical Research (Atmospheres) 96 (D9): 17361–17366.

Au printemps et à l’été 1815, un brouillard sec et persistant est observé dans le NE. des Etats-Unis. Le brouillard rougit et affaiblit la lumière solaire, au point qu’on peut en observer les contours à l’œil nu.

L’été 1816 est marqué dans l’hémisphère nord par des conditions extrêmes, au point qu’on qualifie 1816 « d’année sans été » - « The year without a summer ». Les températures baissent globalement de 0,7°C- 3°C, suffisamment pour causer des problèmes à l’agriculture mondiale durant plusieurs années. En juin, des gelées sont rapportées dans le Connecticut et de la neige dans les états de New-York et du Maine. Ces conditions durent les trois mois suivants ce qui réduit la période de croissance des végétaux et aboutit à des récoltes désastreuses. 

Nombre d'historiens américains parlent de l'« Année sans été » comme d'une motivation essentielle pour le mouvement vers l'Ouest et le peuplement rapide de ce qui est maintenant l'Ouest et le centre de l'État de New York et du Middle-West américain. En Nouvelle-Angleterre, un grand nombre d'habitants furent victimes de l’année 1816, surnommée « Eighteen hundred and froze to death », autrement dit « L’année 1800 où il a gelé à en mourir » et ce sont des dizaines de milliers de fermiers qui partirent pour le Middle-West septentrional (qui constituait alors les Territoires du Nord-Ouest), où ils espéraient trouver un sol plus riche et de meilleures conditions de croissance pour la végétation.

L’Asie fut touchée : en Chine, des températures exceptionnellement basses conjuguées à des trombes d’eau firent chuter la production de riz dans le Yunnan, avec une famine à la clef. Dans d’autres provinces, les champs furent ravagés par le gel ou la neige d’été. Taïwan, pourtant caractérisé par un climat tropical, connu le gel et la neige.

L’Europe a vécu cet "hiver volcanique" : temps froid et pluvieux, hivers neigeux … suivis de la crue des grands fleuves et d’inondations, récoltes perdues, famine, épidémie de typhus … Le continent, non encore rétabli des guerres Napoléoniennes connut des émeutes de subsistance, avec pillage des magasins de grains.

Eté 1816 - anomalies de température enregistrées en Europe  - doc.CNCEP

Eté 1816 - anomalies de température enregistrées en Europe - doc.CNCEP

BRESSAN  Prix de diverses denrées alimentaires – développement des augmentation de prix dans les années 1816-17 en Europe - Tambora foodprices -  Development of costs in the years 1816-17 of important articles of food in Europe.

BRESSAN Prix de diverses denrées alimentaires – développement des augmentation de prix dans les années 1816-17 en Europe - Tambora foodprices - Development of costs in the years 1816-17 of important articles of food in Europe.

Cette baisse atteint 1 à 1,5°C sous la normale dans les îles Britanniques. (Oppenheimer 2003), où l’été est froid et humide – la pluie et la neige sont tombées sans cesse en juillet 1816 - menant à un manque de récoltes et la famine. Le typhus frappe de nombreux villages en Angleterre et en Ecosse. En Irlande, près de 800.000 personnes sont infectées par l'épidémie et 4.300 périssent des ravages réunis de la famine, de la dysenterie et de fièvres.

En Hongrie, et en Italie, on rapporte des épisodes de neige rouge-marron tout au long de l’année … la cause serait la cendre volcanique présente dans l’atmosphère.

La Suisse, privée d’accès à la mer et d’approvisionnement, connu une famine et une violence consécutive telle que le gouvernement du déclarer l’état d’urgence. On estime que les taux de mortalité en 1816 étaient deux fois supérieurs à la moyenne, avec un total de 200.000 morts.

La situation est pareille en France, dans toutes les provinces. Divers témoignages viennent l’illustrer.

Sur le mur d'une maison à Heiligenstein, en Alsace, on peut lire :

Im Jahr 1817 ist diese Hütte gebauet worden, in welchem Jahr man für ein Furtel Waißen bezahlte 120 fr für ein Sack Erdapfel 24 fr für ein Ohmen Wein 100 fr. Jacob Stiedel.

(En l'année 1817 cette chaumière a été construite ; cette année-là on payait 120 francs pour une mesure de froment, 24 francs pour un sac de pommes de terre, 100 francs pour un Ohmen (50 litres) de vin. Jacob Stiedel.)

Le Hungersjohr à Heiligenstein - Gustave Graetzlin

Le Hungersjohr à Heiligenstein - Gustave Graetzlin

Léonard Nebinger (né en 1794), qui en fut le maire, raconte dans ses mémoires cette année épouvantable :

"1817 fut une année d'une invraisemblable cherté. Le quart de blé valait 150 francs. Il y eut peu de vin et il était aigre. Huit jours avant les vendanges la neige tomba jusqu'à la hauteur d'une moitié de chaussure, si bien qu'en grand nombre les ceps se brisèrent et que de nombreux arbres sur le ban de la commune et dans la forêt rompirent sous la neige. Cette année-là on ne put travailler le sol des vignes tant il avait plu. Dans ce trimestre de disette un ohm de Klevener (un vin blanc Alacien) de 1811 valait 80 francs, un quarteau de blé 150 francs, un sac de pommes de terre 24 francs, une mesure de haricots de 15 à 16 sous. Les paysans sur le marché n'arrivaient plus à savoir ce qu'ils devaient demander, si bien que plus d'une fois, quand ils avaient exagéré, les gens renversaient ce qu'ils avaient sur leur étalage et les pauvres, qui se tenaient derrière eux le leur volaient, imités souvent par les gradés allemands qui étaient encore dans la région4. Les pauvres allaient en forêt, dans les coupes, cueillaient des herbes, les faisaient cuire, les hachaient comme du chou et les mangeaient. Mais tout ce qu'on arrivait à manger cette année-là ne nourrissait pas, si bien que les gens avaient encore faim une heure après. Bien des gens périrent d'inanition dans les environs de Strasbourg et l'on trouva deux enfants morts dans un champ de trèfles où ils avaient mangé de jeunes pousses."

L’Alsace est marquée en 1817 par une vague d’émigration sans précédent, avec 5191 émigrants en six mois, attribuée à la disette et à l’occupation par les soldats alliés et leurs cheveaux,  bouches supplémentaires à nourrir . (Emigration alsacienne aux Etats-Unis, 1815-1870)

 

Michel Lecouteur, qui a étudié les suites de l’éruption du Tambora dans sa région, rapporte dans un article intitulé " Eruption en Indonésie, famine en Normandie " :

«  Après un printemps médiocre, l’été 1816 pluvieux et humide contribua à réduire le rendement des cultures, amenant une hausse du prix des céréales, aggravée par la spéculation des fermiers qui disposaient de granges assez vastes pour abriter leurs récoltes et de réserves financières leur permettant de ne pas se presser pour proposer leurs grains au marché, des meuniers, des boulangers, des blattiers vendeurs de grains au détail, et d’autres intermédiaires.

A l’automne 1816, la hausse du prix du blé des est générale, mais variable selon qu’on demeure à Neufchâtel  ou à Forges. Si elle reste modérée un moment à Rouen, elle culmine bientôt à Doudeville et Yvetot.

Les manifestations de mécontentement populaire se multiplient, d’autant que les fabriques débauchent, que la production de laine diminue, amenant la misère. Sur le littoral, on constate que le hareng semble déserter les côtes normandes. La pêche ressource essentielle de beaucoup de villages du littoral n’est pas bonne. « Le peuple souffre » affirme un rapport de police dès le mois de novembre 1816. Le sous-préfet lance un appel à la charité, relevant « l’intempérie des saisons, la stagnation du commerce et le défaut de pêche » Même misère autour de Saint-Valéry, tandis qu’au Havre on souligne « la gravité de la situation, la mauvais récolte et le marasme des autres formes d’activités ».

{…} Il faudra attendre le premier trimestre 1818 pour que l’approvisionnement en denrées soit sensible. Les prix restaient élevés mais la confiance était revenue, et des mesures de police affirmaient leur efficacité. A Rouen, à partir du 16 janvier, le prix du pain qui était jusque-là de 5 sous la livre baisse à 3 sous 3 centimes. Cependant, si la situation s’est améliorée, en mars, le Procureur Général souligne : « Un grand nombre d’ouvriers sont occupés, mais leurs salaires sont tombés si bas qu’il n’ont pas de quoi se nourrir, eux et leurs familles…. »

 

La santé des Normands s’en ressent : le docteur Artus Barthélémy Vingtrinier, Médecin des Epidémies, relève qu’en 1817 et 1818 se manifesta au Havre une affection épidémique que fit des ravages. Les symptômes en étaient : « douleurs dans les membres, perte de force, anxiété précordiale, borborygmes, nausées, éructations, vomissements de matières bilieuses verdâtres ou diarrhée  liquide abondante ; soif vive, bouche sèche, amères urines rares, brûlantes ; le plus souvent, terminaison heureuse, mais convalescence longues ; les membres reprennent difficilement leur vigueur. ». Selon lui la cause la plus probable réside dans les alternatives brusques et fréquentes de la température qui eurent leu ces deux années.

Un autre médecin, le docteur Lemercier, a étudié lui l’épidémie de péripneumonie qui s’est abattue en avril 1816 sur Lignières-la-Doucelle, bourg proche Carrouge. « La maladie, note le docteur Lemercier dans un rapport daté du 1er juin 1816, commença à se montrer dans la commune de Lignères  vers le 15 avril. Pendant ce mois l’air a été alternativement humide et sec, des vents violents ont soufflé, les rigueurs de l’hiver ont reparu dans la dernière quinzaine. Le contraste du soleil chaud et de l’atmosphère humide et froide a occasionné des fluxions de poitrine,  pleurésies, catarrhes, rhumatismes, apoplexies….

Le 27 avril, lorsque j’arrivai dans la commune, il y avait 40 individus de morts ou mourants. Il Y eut en tout 101 personnes de malades, 42 ont succombé. Il n’a pas été possible de faire l’ouverture des corps des morts ».

 

Dans un récit caractéristique, un épistolier qui traversa la Bourgogne en 1817 notait : « Les mendiants, très nombreux hier, plus nombreux encore aujourd'hui. À chaque relais, une troupe de femmes, d'enfants et de vieillards se rassemblaient autour de la voiture. » Un autre observateur, venu des îles Britanniques, remarquait, toujours à propos de la Bourgogne, que le nombre des miséreux « quoique important, n'atteint d'aucune manière celui de ceux qui assiègent le voyageur en Irlande ».

Sources :

  • Global Volcanism Program – Tambora
  • Eruption blog / Eric Klemetti : 194 years since the great Tambora eruption
  • Michel Lecouteur - Eruption en Indonésie, famine en Normandie - Communication personnelle.
  • Grand Québec : 1816, l’année sans été / la disette de 1816 - link
  • La Gazette de Montréal -  An Indonesian volcano made Montreal's summer of 1816 miserable – link 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

Les effets "directs" de l’éruption de 1815 :

On estime que des milliers de personnes moururent des effets directs dans les quatre mois suivant l’éruption.

Les importantes coulées pyroclastiques, les nuées de gaz toxiques, et les tsunamis ont fait les premières victimes sur Sumbawa, environ 10.000 personnes.

Avec la pulvérisation du sommet du volcan lors de l’éruption, le volume érupté au cours du premier jour avoisine les 150 km³ de cendres, et 25 km³ d’ignimbrites. Les cendres sont retombées jusqu’à 1.300 km du Tambora, ensevelissant la végétation des îles environnantes, et polluant les eaux potables. Les pluies acides causées par les émanations gazeuses vont tuer le peu de végétaux restant et empoisonner les sols pour des années. Bien que ce soit difficilement quantifiable, on pense que la famine consécutive à la perte des récoltes va causer la perte de plus de 80.000 vies. (d’après les sources de Zollinger et Raffles)

Isopaques des retombées de cendres du Tambora, couvrant le sud de Sulawesi, Bali, Lombok, l'est de Java et le sud de Bornéo. - The base map was taken from NASA picture and the isopach maps were traced from Oppenheimer (2003).

Isopaques des retombées de cendres du Tambora, couvrant le sud de Sulawesi, Bali, Lombok, l'est de Java et le sud de Bornéo. - The base map was taken from NASA picture and the isopach maps were traced from Oppenheimer (2003).

Des écrits de l’époque en témoignent :

«  On my trip towards the western part of the island, I passed through nearly the whole of Dompo and a considerable part of Bima. The extreme misery to which the inhabitants have been reduced is shocking to behold. There were still on the road side the remains of several corpses, and the marks of where many others had been interred: the villages almost entirely deserted and the houses fallen down, the surviving inhabitants having dispersed in search of food ...
Since the eruption, a violent diarrhoea has prevailed in Bima, Dompo, and Sang'ir, which has carried off a great number of people. It is supposed by the natives to have been caused by drinking water which has been impregnated with ashes; and horses have also died, in great numbers, from a similar complaint.
 »

( Lt. Philips, ordered by Sir Stamford Raffles to go to Sumbawa./ cité par Oppenheimer 2003)

Caldeira du Tambora – des gaz soufrés montent de la caldeira - 1988

Caldeira du Tambora – des gaz soufrés montent de la caldeira - 1988

Le " Royaume perdu de Tambora ".

Deux scientifiques de l’Université de Rhode Island s’y sont intéressés depuis 1986 : Haraldur Sigurðsson et Steve Carey. En 1988 lors d’une exploration de la caldeira, un de leurs guides leur parle de fragments de poteries et de pièces de bronze trouvées dans la jungle à 25 km à l’ouest de la caldeira.

2004.08 - Excavation du Tambora - doc.Siggurdsson -  Lewis Abrams  -  Univesity of Rhode Island via AP

2004.08 - Excavation du Tambora - doc.Siggurdsson - Lewis Abrams - Univesity of Rhode Island via AP

Les scientifiques vont utiliser un radar à pénétration de sol pour examiner les dépôts volcaniques de 1815. Les fouilles, réalisées en association avec l’Institut indonésien de volcanologie en 2004, s’avèrent de suite prometteuses : dans une ravine, sous 3 mètres de cendres, les traces d’une habitation et des plats de bronze, des pots de céramique sont retrouvés intacts, ainsi qu’une femme carbonisée et enveloppée de lave au moment où elle s’apprêtait à saisir une bouteille en verre, qui a fondu sous l’effet de la chaleur. Les objets présentent une parenté avec ceux circulant à cette époque au Vietnam et au Cambodge et témoignent d’un certain niveau de vie. Un autre cadavre est retrouvé figé devant sa porte.

Fouilles du Tambora – zone délimitée par les équipes de l’Université de Rhode Island et résultat de fouilles. - un clic pour afficher -– photos URI news Fouilles du Tambora – zone délimitée par les équipes de l’Université de Rhode Island et résultat de fouilles. - un clic pour afficher -– photos URI news

Fouilles du Tambora – zone délimitée par les équipes de l’Université de Rhode Island et résultat de fouilles. - un clic pour afficher -– photos URI news

Ce village, situé à cinq kilomètres dans les terres, était à l’abri des pirates qui contrôlaient le trafic maritime … et il est plus que probable que ses habitants furent ensevelis et carbonisés par une coulée pyroclastique.

Les trouvailles archéologiques suggèrent une culture propre à Sumbawa, balayée brutalement et complètement par l’éruption de 1815. Les habitants de Tambora étaient connus comme marchands dans les Indes orientales ; Du miel, des chevaux, du bois de Sappan pour produire un colorant rouge, du bois de santal pour l’encens et les médicaments, faisaient l’objet de ce commerce. Les décors retrouvés sur les objets usuels laissent penser à un langage en relation avec celui des groupes Mon-Khmer, et différents des parlers indonésiens. La civilisation de Sumbawa avait d'ailleurs intrigué les explorateurs Hollandais et Britanniques au début des années 1800 ; ils furent surpris d’y entendre un langage parlé nulle part ailleurs en Indonésie.

Cette découverte ouvre en fait une fenêtre sur une culture que Sigurdsson n’hésite pas à appeler : " La Pompéï de l’Est ".

Squelettes d’habitants de Tambora pris dans une coulée pyroclastique - un clic pour agrandir - Images Rik StoetmanSquelettes d’habitants de Tambora pris dans une coulée pyroclastique - un clic pour agrandir - Images Rik Stoetman

Squelettes d’habitants de Tambora pris dans une coulée pyroclastique - un clic pour agrandir - Images Rik Stoetman

Rouleau de cordes retrouvés dans les restes d’une habitation carbonisée – photo Rik Stoetman

Rouleau de cordes retrouvés dans les restes d’une habitation carbonisée – photo Rik Stoetman

Sources :

  • Global Volcanism Program – Tambora
  • Scientific American  - April 10, 1815: The Eruption that Shook the World
  • "Plinian and co-ignimbrite tephra fall from the 1815 eruption of Tambora volcano". Bulletin of Volcanology 51 / Sigurdsson, H.; Carey, S. (1983)
  • Nat Geo  - "Lost Kingdom" Discovered on Volcanic Island in Indonesia - link
  • Past Horizons, adventures in archeologia – Lost Kingdom of Tambora - By Rik Stoetman and Dan McLerran. - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques
L’éruption du Tambora … il y a deux cent ans -1 - le déroulement de l'éruption

Il y a deux cents ans, Sumbawa, une île située dans le groupe des petites îles de la Sonde dans l’archipel Indonésien, était secoué par une des plus fortes éruptions des temps modernes… Le Tambora, ce grand stratovolcan qui forme la péninsule de Sanggar, entrait en éruption, après une période de calme qui durait depuis le 8° siècle.

La caldeira du Gunung Tambora – photo de gauche : Bognairadek – photo de droite, 03.06.2009 par le satellite EO-1 de la Nasa - un clic pour agrandir La caldeira du Gunung Tambora – photo de gauche : Bognairadek – photo de droite, 03.06.2009 par le satellite EO-1 de la Nasa - un clic pour agrandir

La caldeira du Gunung Tambora – photo de gauche : Bognairadek – photo de droite, 03.06.2009 par le satellite EO-1 de la Nasa - un clic pour agrandir

Cette éruption va décapiter le volcan : sa hauteur passe de 4.300 mètres avant le cataclysme à 2.851 mètres et former une caldeira d’un diamètre de 6 km., profonde de 1250 mètres. Qualifiée d’un index d’explosivité volcanique rare de 7, elle sera environ six fois plus puissante que celle du Pinatubo en 1991, ou quatre fois celle du Krakatoa en 1883. Considéré comme l’éruption la plus mortelle des 10.000 dernières années, elle aura des conséquences locales et mondiales sur le climat.

L’éruption du Tambora … il y a deux cent ans -1 - le déroulement de l'éruption

Avant d’en examiner les conséquences, voyons le déroulement de cette éruption hors du commun.

Le volcan ne s’est pas réveillé sans prévenir … l’activité commence par se manifester par des séismes ressentis, un an avant l’éruption, jusqu’en Australie (Self & al. 1989)

Le soir du 5 avril 1815, une courte éruption plinienne, accompagnée de détonations entendues jusqu’à Makassar, sur lîle de Sulawesi, et Batavia (aujourd’hui Jakarta) sur Java, dure deux heures. Elle propulse un panache de cendres à 33.000 mètres de hauteur. Le 6 avril, des explosions plus nombreuses sont enregistrées et des chutes de cendres rapportées sur Java-Est.

Après quelques jours de calme relatif, la seconde phase de l’éruption débute le 10 avril vers 19 heures … beaucoup plus puissante. Trois colonnes de feu s’élèvent et fusionnent vers 20-21 heures (trois évents  qui fusionnent pour n’en former qu’un seul) puis c’est la montagne entière qui s’embrase ! Des ponces pleuvent, certaines atteignant jusqu’à 20 cm de diamètre, puis la cendre prend le relais. Cette phase plinienne paroxystique très énergétique va durer peu de temps, et produire une colonne éruptive de 30-43 km., selon les différentes sources. Vers 22-23 heures, des vents violents sont rapportés, pouvant coïncider avec l’effondrement de la colonne plinienne. Des coulées et des surges pyroclastiques se succèdent qui recouvrent la péninsule de Sanggar et détruisent le village de Tambora. Un tsunami de un à quatre mètres touche la plupart des îles indonésiennes.

Le 11 avril, de fortes explosions sont entendues à plus de 2.500 km. Les cendres tombent sur Java-Ouest et les Célèbes. Un second tsunami, plus faible, est perçu sur Madura, au nord de Java.

Les explosions cèssent le 15 avril, mais des nuages de cendres continuent à entourer le volcan jusqu’au 23 avril.

Isopaques des retombées de cendres du Tambora, couvrant le sud de Sulawesi, Bali, Lombok, l'est de Java et le sud de Bornéo. - The base map was taken from NASA picture and the isopach maps were traced from Oppenheimer (2003).

Isopaques des retombées de cendres du Tambora, couvrant le sud de Sulawesi, Bali, Lombok, l'est de Java et le sud de Bornéo. - The base map was taken from NASA picture and the isopach maps were traced from Oppenheimer (2003).

Stratigraphie des dépôts de l’éruption de 1815 du Tambora – doc.Sigurdsson « Lost Kingdom of Tambora » / Armstrong Sompotan.

Stratigraphie des dépôts de l’éruption de 1815 du Tambora – doc.Sigurdsson « Lost Kingdom of Tambora » / Armstrong Sompotan.

Pendant 2 à 3 jours l’obscurité est totale dans un rayon de 600 km. accompagnée, sous le nuage troposphérique, d’une poche d’air chaud au début, puis extrêmement froid , comme rapporté de Banjuwangi, à 400 km. du volcan. Ces températures froides furent enregistrées en Inde, deux semaines plus tard.

On estime le volume éjecté à 160 km³ de matériaux pyroclastiques trachy-andésitiques. Pour mieux se rendre compte du volume, les cendres relevés à Makassar /Sulawesi  avait une densité de 636 kg/m². Près du volcan, l’épaisseur des dépôts atteint une trentaine de mètres.

Les cendres recouvrent d’au moins 1 cm. une superficie de 500.000 km², et leur extension est fonction des vents de mousson souflant alors d’est en ouest ( 550 km. Vers l’ouest, 400 vers e nord et 100 vers l’est).

En mer, des radeaux de ponces et cendres agglomérées, atteignent jusqu’à 1 m. d’épaisseur sur plusieurs kilomètres de large et vont gêner durant plusieurs années la navigation.

Cendres et gaz ont atteint la stratosphère : les particules de cendres les plus grossières commencent à retomber dans un délai de 1 à 2 semaines, mais les plus fines resteront plusieurs mois à plusieurs années dans l’atmosphère à une altitude comprise entre 10 et 30 km.

Le nombre de victimes dépend des sources : outre 10.000 victime directes des nuées ardentes, on estime que sur Sumbawa, 38.000 personnes sont mortes de privation et 10.000 sur Lombok.(Zollinger 1855) ; une autre source donne 48.000 et 44.000 morts respectivement pour Sumbawa et Lombok (Petreschevsky 1949) . Des victimes additionnelles se comptent sur Bali et Java-est à cause de la famine. Oppenheimer modifie le nombre total de victimes en 2003 : au moins 71.000 !

Portrait de Sir Thomas Stamford et couverture de son livre "The history of Java" - un clic pour ouvrirPortrait de Sir Thomas Stamford et couverture de son livre "The history of Java" - un clic pour ouvrir

Portrait de Sir Thomas Stamford et couverture de son livre "The history of Java" - un clic pour ouvrir

Un récit historique :

Seulement une bonne année après l’éruption, un rapport détaillé de la catastrophe est publié par Sir Thomas Stamford, naturaliste et gouverneur anglais de l’Indonésie, dans son « History of Java » (1817). Il sera incorporé aux « Principles of Geology » de Lyell en 1850.

 

Island of Sumbawa, 1815. – In April, 1815, one of the most frightful eruptions recorded in history occurred in the province of Tomboro, in the island of Sumbawa, about 200 miles from the eastern extremity of Java.
In the April of the year preceding the volcano had been observed in a state of considerable activity, ashes having fallen upon the decks of vessels which sailed past the coast. The eruption of 1815 began on the 5th of April, but was most violent on the 11th and 12th, and did not entirely cease till July.
The sound of the explosions was heard in Sumatra, at the distance of 970 geographical miles in a direct line; and at Ternate, in an opposite direction, at the distance of 720 miles. Out of a population of 12,000, in the province of Tomboro, only twenty-six individuals survived.
Violent whirlwinds carried up men, horses, cattle, and whatever else came within their influence, into the air; tore up the largest trees by the roots, and covered the whole sea with floating timber. Great tracts of land were covered by lava, several streams of which, issuing from the crater of the Tomboro mountain, reached the sea.
So heavy was the fall of ashes, that they broke into the Resident’s house at Bima, forty miles east of the volcano, and rendered it, as well as many other dwellings in the town, uninhabitable. On the side of Java the ashes were carried to the distance of 300 miles, and 217 towards Celebes, in sufficient quantity to darken the air. The floating cinders to the westward of Sumatra formed, on the 12th of April, a mass two feet thick, and several miles in extent, through which ships with difficulty forced their way.
The darkness occasioned in the daytime by the ashes in Java was so profound, that nothing equal to it was ever witnessed in the darkest night. Although this volcanic dust when it fell was an impalpable powder, it was of considerable weight when compressed, a pint of it weighing twelve ounces and three quarters.

L’éruption du Tambora … il y a deux cent ans -1 - le déroulement de l'éruption

“Some of the finest particles,” says Mr. Crawfurd, “were transported to the islands of Amboyna and Banda, which last is about 800 miles east from the site of the volcano, although the south-east monsoon was then at its height.” They must have been projected, therefore, into the upper regions of the atmosphere, where a counter current prevailed.
Along the sea-coast of Sumbawa, and the adjacent isles, the sea rose suddenly to the height of from two to twelve feet, a great wave rushing up the estuaries, and then suddenly subsiding. Although the wind at Bima was still during the whole time, the sea rolled in upon the shore, and filled the lower parts of the houses with water a foot deep. Every prow and boat was forced from the anchorage, and driven on shore.
The town called Tomboro, on the west side of Sumbawa, was overflowed by the sea, which encroached upon the shore so that the water remained permanently eighteen feet deep in places where there was land before. Here we may observe, that the amount of subsidence of land was apparent, in spite of the ashes, which would naturally have caused the limits of the coast to be extended.
The area over which tremulous noises and other volcanic effects extended, was 1000 English miles in circumference, including the whole of the Molucca Islands, Java, a considerable portion of Celebes, Sumatra, and Borneo. In the island of Amboyna, in the same month and year, the ground opened, threw out water, and then closed again.
In conclusion, I may remind the reader, that but for the accidental presence of Sir Stamford Raffles, then governor of Java, we should scarcely have heard in Europe of this tremendous catastrophe. He required all the residents in the various districts under his authority to send in a statement of the circumstances which occurred within their own knowledge; but, valuable as were their communications, they are often calculated to excite rather than to satisfy the curiosity of the geologist. They mention, that similar effects, though in a less degree, had, about seven years before, accompanied an eruption of Carang Assam, a volcano in the island of Bali, west of Sumatra; but no particulars of that great catastrophe are recorded.

Sources :

  • Global Volcanism Program – Tambora
  • Scientific American  - April 10, 1815: The Eruption that Shook the World
  • Eruption blog / Eric Klemetti : 194 years since the great Tambora eruption
  • "Plinian and co-ignimbrite tephra fall from the 1815 eruption of Tambora volcano". Bulletin of Volcanology 51 / Sigurdsson, H.; Carey, S. (1983)
  • Self, S. et al., 1984, Volcanological study of the great Tambora eruption of 1815,Geology; v. 12, no. 11, p. 659-663
  • World Drizzles - "The History of Java" –Thomas Stamford Raffles

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Eruptions historiques

L’éruption de 2013-2014 (en cours).

Sur base d’images satellite, le VAAC Tokyo signale le 20 novembre 2013 / 7h17 UTC une éruption surtseyenne démarre (d’une profondeur estimée à -50 mètres), alimentant un panache d’une hauteur de 600 mètres, émergeant à environ 500 mètres au sud de Nishino-shima.

Le 21 novembre, le Japan Coast Guards / JCG et le Japan Meteorological Agency / JMA note que la " nouvelle île " fait 200 mètres de diamètre. Des photos montrent le panache et les cendres et rocs expulsés avec force du cratère.

Panache cypressoïde et vapeurs d'eau au large de Nishino-shima le 20.11.2013 - phase hydromagmatique de l'éruption surtseyenne - photoGetty images

Panache cypressoïde et vapeurs d'eau au large de Nishino-shima le 20.11.2013 - phase hydromagmatique de l'éruption surtseyenne - photoGetty images

Nishino-shima et le site de l'éruption le 20 novembre 2013 - photo Japan Coast Guards

Nishino-shima et le site de l'éruption le 20 novembre 2013 - photo Japan Coast Guards

Nishino-shima, le 21.11.2013 - formation d'un cône de tuff /scories - projections de bombes et panache de gaz et vapeur - photo Japan Coast Guards via Japan Daily Press

Nishino-shima, le 21.11.2013 - formation d'un cône de tuff /scories - projections de bombes et panache de gaz et vapeur - photo Japan Coast Guards via Japan Daily Press

Dès le 24 novembre, les garde-côtes signalent que de la lave sort du cratère.

L’île continue à s’édifier en décembre au point que le 24.12, seul un petit chenal sépare le nouvelle Niijima de Nishino-shima, empli d’une eau décolorée en orange. Sur la carte d’expansion des JCG, on peut voir comment l’île a progressé entre le 13 et 24 décembre 2013.

Nishino-shima - Le 24.11.2013, phase aérienne de l'éruption : l'activité explosive strombolienne, accompagnée d'un panache de cendres et de coulée de lave - photo Japan Coast Guards

Nishino-shima - Le 24.11.2013, phase aérienne de l'éruption : l'activité explosive strombolienne, accompagnée d'un panache de cendres et de coulée de lave - photo Japan Coast Guards

Vues 3D de Nishino-shima - la partie émergée du volcan est en vert bronze - doc MLIT - un clic pour agrandirVues 3D de Nishino-shima - la partie émergée du volcan est en vert bronze - doc MLIT - un clic pour agrandir

Vues 3D de Nishino-shima - la partie émergée du volcan est en vert bronze - doc MLIT - un clic pour agrandir

Progression de l'île nouvelle entre novembre et le 21.12.2013 - photo Kyodo / AP

Progression de l'île nouvelle entre novembre et le 21.12.2013 - photo Kyodo / AP

Nishino-shima, à gauche, séparée de Niijima, à droite, par un étroit chenal - La fusion territoriale est proche, et l'appelation "volcan" pourrait bien être changée en "cône adventif" - 24.12.2013 / JCG.

Nishino-shima, à gauche, séparée de Niijima, à droite, par un étroit chenal - La fusion territoriale est proche, et l'appelation "volcan" pourrait bien être changée en "cône adventif" - 24.12.2013 / JCG.

Carte de la progression des coulées de lave et l'extension de la nouvelle île entre le 20 novembre et le 26 décembre 2013 - doc JCG

Carte de la progression des coulées de lave et l'extension de la nouvelle île entre le 20 novembre et le 26 décembre 2013 - doc JCG

Le 26 décembre 2013, le Japan Coast Guards confirme que les deux îles se sont rejointes. La fermeture par coalescence des coulées a laissé un petit lac, d’existence temporaire, qui disparaitra à terme par évaporation. Comme la nouvelle île a fusionné avec l’ancienne, elle portera de nouveau  le nom de Nishinoshima.

Le 26 décembre 2013, Niijima a rejoint Nishino-shima - photo JCG

Le 26 décembre 2013, Niijima a rejoint Nishino-shima - photo JCG

Une inspection aérienne par le Geological Survey of Japan le 28 février 2014 montre des émissions de gaz et vapeur au niveau des deux cônes de la dernière éruption (voir vidéo). Des coulées en tous sens atteignent la mer à l’est, au sud-sud-est et à l’ouest-nord-ouest.

Situation au 16 février 2014, et écoulement des coulées de lave en tous sens - doc. Japan Coast Guards

Situation au 16 février 2014, et écoulement des coulées de lave en tous sens - doc. Japan Coast Guards

Nishino-shima : Inspection le 28.02.2014 par le Geological Survey of Japan

Nishino-shima : Inspection le 28.02.2014 par le Geological Survey of Japan

Nishino-shima : Inspection le 28.02.2014 par le Geological Survey of Japan - les deux cônes dégazent et un petit lac emprisonné par la jonction des coulées est en cours d'évaporation.

Nishino-shima : Inspection le 28.02.2014 par le Geological Survey of Japan - les deux cônes dégazent et un petit lac emprisonné par la jonction des coulées est en cours d'évaporation.

Après une période d’écoulement de la lave en tous sens, les cratères actifs, au nombre de trois en août, continue de cracher la lave au rythme de 200.000 m³ chaque jour … et la lave s’accumule essentiellement vers l’est.

Nishino-shima le 03.06.2014 - photo JCG / AIST

Nishino-shima le 03.06.2014 - photo JCG / AIST

Evolution entre le 4 décembre 2013 et le 4 juillet 2014 - Doc Arukazan.jp

Evolution entre le 4 décembre 2013 et le 4 juillet 2014 - Doc Arukazan.jp

Nishino-shima le 26.08.2014 - photo JCG

Nishino-shima le 26.08.2014 - photo JCG

Carte de l'extension des coulées entre le 22 novembre 2013 et le 12 août 2014 - doc. JCG

Carte de l'extension des coulées entre le 22 novembre 2013 et le 12 août 2014 - doc. JCG

Des incertitudes sont émises par les scientifiques quant à la stabilité de l’édifice, et le risque d’effondrement de flanc, courant sur les îles volcaniques est craint.

Nishinoshima - évolution et répartition des coulées de lave - la coupe permet de voir une accumulation des coulées vers l'est (côté droit du schéma) - doc eri.u-tokyo

Nishinoshima - évolution et répartition des coulées de lave - la coupe permet de voir une accumulation des coulées vers l'est (côté droit du schéma) - doc eri.u-tokyo

Les coulées vont s’orienter ensuite vers le nord-est, puis en septembre vers le nord et l’ouest … phagocytant l’ancienne île dont il ne reste qu’une mince parcelle.

Les garde-côtes ont mesuré (sur des photos aériennes) la surface de l’île, qui atteignait 1,89 km² le 16 octobre dernier, soit près de neuf fois la taille qu’avait le volcan la première fois qu’il a été vu.

Pour le professeur Setsuya Nakada, vulcanologue auprès de l’Institut de Recherches Sismiques de l’Université de Tōkyō, " l’éruption devrait durer encore quelques années ".
 

Nishino-shima : le 16.10.2014, les coulées ont presqu'entièrement recouvert l'ancienne île -

Nishino-shima : le 16.10.2014, les coulées ont presqu'entièrement recouvert l'ancienne île -

Nishino-shima : le reste de l'ancienne île et le cône actif, le 15.11.2014 - photo Mainichi

Nishino-shima : le reste de l'ancienne île et le cône actif, le 15.11.2014 - photo Mainichi

Sources :

- Japan Coast Guards

- Geological Survey of Japan

- Médias japonais

Lire la suite

1 2 3 4 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog