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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

Articles avec #excursions et voyages catégorie

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le sommet nord du MEZENC, vu du sud - photo Alain BELLON /  altituderando

Le sommet nord du MEZENC, vu du sud - photo Alain BELLON / altituderando

Le Mont Mézenc est un dôme de phonolite datant de 7,6 millions d’années; il est constitué de deux sommets séparés et distants de 500 mètres. Le sommet sud est le plus élevé: 1.753 m. et situé dans le département de l’Ardèche. Le sommet nord, surmonté d’une croix, culmine à 1.744 m., et constitue le point le plus haut du département de Haute-Loire... spécificité toute Française.

L'appellation Mézenc proviendrait de deux radicaux celtes "mez" et "enc" dont l'un signifie espace et l'autre feu.

Une autre explication provient du fait que le massif du Mézenc séparait les Vellaves et les Helviens, deux peuples gaulois ... et dériverait du mot pré-latin "mège", désignant une frontière.

LEs deux sommets du Mont Mézenc - photo PRA

LEs deux sommets du Mont Mézenc - photo PRA

Les sommets sont accessibles en 1h de marche, ce qui explique en partie l'érosion étendue, et un phénomène de surpâturage. Ils offrent une vue sur la vallée du Rhône et la chaîne des Alpes d'une part, et d'autre part sur les Cévennes et la chaîne des Puys.

Le Mont Mézenc constitue un site botanique exceptionnel ; 80 espèces rares y sont recensées, dont de nombreuses alpines et rupestres fleurissant parmi les dalles de lauze : citons le Rosier des alpes, l'arnica de montagne et la Joubarbe "toile d'araignée".

De nombreuses espèce d'oiseaux de montagne s'y observent : le traquet motteux, le bruant fou, le merle de roche, le merle à plastron, le pipit spioncelle.

Sempervivum arachnoideum  / Joubarbe "toile d'araignée" - photo J.F.Gaffard

Sempervivum arachnoideum / Joubarbe "toile d'araignée" - photo J.F.Gaffard

Monticola saxatilis - Monticule Merle de roche mâle - Par Pierre Dalous / Travail personnel, CC BY-SA 3.0, commons.wikimedia.org (2)

Monticola saxatilis - Monticule Merle de roche mâle - Par Pierre Dalous / Travail personnel, CC BY-SA 3.0, commons.wikimedia.org (2)

A proximité, le Suc de Sara : un système annulaire d'intrusions (ring-dykes) constitué de microsyénite à néphéline, roche de semi-profondeur, visible en suivant la rive droite de l'Eysse, qui contourne le suc. Elle est traversée par des filonnets millimétriques vert foncé d'aegyrine, tranchant sur la néphéline brun violacé. (Krafft)

Versant sud du Suc de Sara - photo Altituderando

Versant sud du Suc de Sara - photo Altituderando

L'explication proposée pour la formation du suc serait une succession de quatre étapes :

1. montée lente du magma basaltique le long de failles dans le socle granitique hercynien. Cette lenteur a entraîné une « différenciation magmatique » : le basalte s'est transformé en une phonolite plus riche en feldspathoïdes, ou phonolite à néphéline ;

2. suite à une vidange au moins partielle, effondrement du toit du réservoir magmatique, entraînant la disparition du compartiment central du socle granitique ;

3. remontée magmatique par des failles donnant une structure approximativement annulaire. Cette remontée de basalte n'a probablement pas atteint la surface ;

4. érosion de la surface faisant apparaître un relief en forme de croissant d'un diamètre de 2 500 m, de 150 m d'épaisseur, un dyke annulaire (ring-dyke). L'érosion due à l'Eysse qui coule au nord a fait apparaître la structure du volcanisme et les roches ayant un faciès particulier de phonolite, la tinguaïte. Ce type de roche est une microsyénite néphélinique, roche hypovolcanique microgrenue de bordure de filon ayant subi le refroidissement lent de l'hypovolcan.

(Saga – Ph. Berger-Sabatel)

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé

- Saga – La Commission de volcanisme dans le Velay – link

- Ardèche – le volcanisme du Velay – C.Nicollet - link

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages
     The northern summit of the MEZENC, seen from the south - picture Alain BELLON / altituderando

    The northern summit of the MEZENC, seen from the south - picture Alain BELLON / altituderando

    Mount Mézenc is a dome of phonolite dating back 7.6 million years; it consists of two separate summits and 500 meters apart.

    The southern summit is the highest: 1,753 m. and is located in the department of Ardèche. The northern summit, surmounted by a cross, culminates at 1,744 m., and constitutes the highest point of the department of Haute-Loire ... specificity "all French".


    The Mézenc appellation comes from two Celtic radicals "mez" and "enc", one of which means space and the other fire.
    Another explanation comes from the fact that the Mezenc massif separated the Vellaves and the Helvians, two Gaulish peoples ... and would derive from the pre-Latin word "mege", designating a frontier.

    The two summits of Mont Mézenc - photo PRA

    The two summits of Mont Mézenc - photo PRA

    The summits are accessible within 1 hour of walking, which explains in part the extensive erosion, and a phenomenon of overgrazing. They offer a view of the valley of the Rhone and the chain of the Alps on the one hand, and on the other hand on the Cevennes and the chain of the Puys.


    The Mont Mézenc constitutes an exceptional botanical site; 80 rare species are listed, including many alpine and rupestrian blooms amongst the lauze slabs: the Rosier des alpes, the mountain arnica and the "spider web" houseleek.
    Numerous species of mountain birds are observed here: the wheatgrass, the crawling sparrow, the common rock thrush, the ring ouzel, and the spikelet pipit.



    Monticola saxatilis - male of common rock thrush - By Pierre Dalous / Personal work, CC BY-SA 3.0, commons.wikimedia.org (2)

    Sempervivum arachnoideum / Houseleek "spider web" - picture J.F.Gaffard

    Sempervivum arachnoideum / Houseleek "spider web" - picture J.F.Gaffard

    Monticola saxatilis - male of common rock thrush - By Pierre Dalous / Personal work, CC BY-SA 3.0, commons.wikimedia.org (2)

    Monticola saxatilis - male of common rock thrush - By Pierre Dalous / Personal work, CC BY-SA 3.0, commons.wikimedia.org (2)

    Nearby, the Suc de Sara: an annular system of ring-dykes consisting of microsyenite with nepheline, semi-deep rock, visible along the right bank of the Eysse river, which bypasses the suc. It is traversed by dark green millimeter filaments of aegyrine, edged on purplish brown nepheline. (Krafft)

    South side of the Suc of Sara - photo Altituderando

    South side of the Suc of Sara - photo Altituderando

    The proposed explanation for the formation of these "suc" would be a succession of four stages:
    1. slow rise of basaltic magma along faults in the Hercynian granitic basement. This slowness resulted in a "magmatic differentiation": the basalt was transformed into a phonolite richer in feldspathoids, or phonolite to nepheline;
    2. after at least partial draining, collapse of the roof of the magmatic reservoir, causing the central compartment of the granitic base to disappear;
    3. magmatic rise by faults giving an approximately annular structure. This rise of basalt probably did not reach the surface;
    4. surface erosion showing a crescent-shaped relief with a diameter of 2,500 m, a thickness of 150 m, a ring-dyke. The erosion due to the Eysse river which flows to the north has revealed the structure of volcanism and the rocks with a particular phonolite facies,  a tinguaite. This type of rock is a nepheline microsyenite, a microgiven hypovolcanic root of the vein edge that has undergone the slow cooling of the hypovolcan.
    (Saga - Ph. Berger-Sabatel)


    Sources:
    - Guide to volcanoes in Europe and the Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - ed. Delachaux and Niestlé
    - Saga - Commission of volcanism in the Velay - link
    - Ardèche - the Velay volcano - C.Nicollet - link

     

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages

    To the east of the Devès Plateau, there is a very rugged volcanic set, whose volcanic activity is almost totally dated from the Miocene, between 14 and 6 Ma.

    Panorama of the Massif du Mézenc - photo P.Suzzarini - click to enlarge - 1: Mont d'Alambre 1691m - 2: The Rock of the Pradoux 1440m - 3: The Rocks of Cuzet - 4: The Mézenc 1753m - Suc of Touron 1381m - 6: Mount Signon 1455m - 7: The Suc of Sara 1521m - 8: The Rocks of Borée 1318m - 9: Borée 1150m.

    Panorama of the Massif du Mézenc - photo P.Suzzarini - click to enlarge - 1: Mont d'Alambre 1691m - 2: The Rock of the Pradoux 1440m - 3: The Rocks of Cuzet - 4: The Mézenc 1753m - Suc of Touron 1381m - 6: Mount Signon 1455m - 7: The Suc of Sara 1521m - 8: The Rocks of Borée 1318m - 9: Borée 1150m.

    The eastern Velay and the Haut-Vivarais: The Mézenc-Meygal, country of "sucs et lauzes" 

    Originally there are 14-13 Ma, a few flows of porphyry basalt and domes of trachyte and phonolite are set up in the basin of the Emblavès (3, on the map).
    Towards 12-11 Ma, mainly phonolytic volcanism extends to the region of Lizieux-Meygal (north of the eastern Velay - 2 on the map).
    Between 10 and 8 Ma, the plateau of Mézenc is built: flowing flows spread out and stack "like pancakes", composition evolving from basalts to trachandesites.
    The activity ends between 7.5 and 6 Ma by the construction of some domes of trachyte and the installation of about fifty "sucs" and domes-flow of phonolite, illustrated by the best known, Mézenc and Gerbier-de-Jonc.

    Le Rocher des Pradoux, on the left, and Suc de Sara in the center  - photo Mossot - Personal work, CC BY-SA 4.0, httpscommons.wikimedia.orgwindex.phpcurid = 48902971

    Le Rocher des Pradoux, on the left, and Suc de Sara in the center - photo Mossot - Personal work, CC BY-SA 4.0, httpscommons.wikimedia.orgwindex.phpcurid = 48902971

    In local dialect, "a suc" defines a rocky and acute summit, volcanic or not.
    In the case of "a volcanic suc", one speaks of pelean volcanism; the viscous and very thick lavas are very rapidly frozen when they reach the surface and give, in cooling, the characteristic forms which are observed today. They characterize the landscape of the Ardéchoise mountain and constitute a set of unique volcanic formations.
    Very different from the volcanoes with explosive craters of Auvergne, these phonolithic (*) sucs exhibit a remarkable state of preservation. Their presence is linked to the alpine uprising. Indeed, the backlash of the formation of the Alps has led to a significant rise in this area of ​​the Massif Central whose granite base has fractured. The magma then infiltrated by the fractures of the base and its rise was made in several stages and small magmatic chambers.
    The emitted lavas, most often of very viscous consistency, have thus formed true domes.

    Le Gerbier-de-Jonc - photo Marion Casse-Cailloux

    Le Gerbier-de-Jonc - photo Marion Casse-Cailloux

    The Mount Gerbier de Jonc is famous for various reasons: its original shape and height, 1551 meters, make it stand out from the landscape.
    The rich and wild nature in the vicinity justifies its protection, because it shelters, besides a fauna and a flora of great interest, the sources of the longest French river, the Loire.
    Its strange name is in no way linked to a bundle of rushes ... it must be linked to a pre-Celtic etymology: gerbier corresponds to gar, meaning rock (root found in Gers), and rush to jugum, corresponding to mountain.
    This protuberance is dated from 8 million years ago, and is due to an extrusion of phonolite with nepheline, containing conspicuous crystals of sanidine and augite needles.
    Its upper part is roughly prismed, while the base is hidden by screes accumulated during a glaciation. A basaltic lava flow rests on the crystalline basement.
     
    To follow: Mont Mezenc.

    The sources of the Loire, with the Gerbier de Jonc in the background - photo Hiking in the Ardèche countryside.

    The sources of the Loire, with the Gerbier de Jonc in the background - photo Hiking in the Ardèche countryside.

    Sources:
    - Guide to volcanoes in Europe and the Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - ed. Delachaux and Niestlé
    - BRGM - The volcanoes of the Massif Central - by P. Nehlig & al.
    - Massif du Mezenc Gerbier, and surrounding areas - by Alexandre Aubry

     

    (*) Phonolite is a scanty volcanic rock, encountered mainly in the form of flows or intrusions forming domes. Its silica content is variable but generally between 51 and 61% by weight. ; its alkali content (Na2O + K2O) is high, often greater than 10% wt.
    It takes its name from the high-pitched sound that is produced when hitting a piece with a hammer. It consists mainly of alkaline felspar and feldspathoids, with phenocrysts e.a. of clonopyroxene and amphibole, never quartz.
    It is cut into slabs, called lauzes in the region. These flat stones have an important surface in relation to the thickness, and require a very solid framework, to which they are hung by a hole to wooden pegs. All the lauzes are not in phonolites, but also in schist, limestone, gneiss or basalt.

    Fields of chemical composition of phonolite / Geowiki - Roof of phonolite slates / photo Serge Gaily, a craftsman.
    Fields of chemical composition of phonolite / Geowiki - Roof of phonolite slates / photo Serge Gaily, a craftsman.

    Fields of chemical composition of phonolite / Geowiki - Roof of phonolite slates / photo Serge Gaily, a craftsman.

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages

    A l'est du plateau du Devès, on a un ensemble volcanique très accidenté, dont l'activité volcanique est pratiquement totalement datée du Miocène, entre 14 et 6 Ma.

      Panorama du massif du Mézenc - photo P.Suzzarini - un clic pour agrandir - 1 : le Mont d'Alambre 1691m - 2 : Le Rocher des Pradoux 1440m - 3 : Les Roches de Cuzet - 4 : Le Mézenc 1753m - 5 : Le Suc de Touron 1381m - 6 : Le Mont Signon 1455m - 7 : Le Suc de Sara 1521m - 8 : Les Roches de Borée 1318m - 9 : Borée 1150m.

    Panorama du massif du Mézenc - photo P.Suzzarini - un clic pour agrandir - 1 : le Mont d'Alambre 1691m - 2 : Le Rocher des Pradoux 1440m - 3 : Les Roches de Cuzet - 4 : Le Mézenc 1753m - 5 : Le Suc de Touron 1381m - 6 : Le Mont Signon 1455m - 7 : Le Suc de Sara 1521m - 8 : Les Roches de Borée 1318m - 9 : Borée 1150m.

    Le Velay oriental et le Haut-Vivarais : Le Mézenc-Meygal, pays de sucs et lauzes.

    A l'origine, il y a 14-13 Ma, quelques coulées de basalte porphyrique et des dômes de trachyte et phonolite se mettent en place dans le bassin de l'Emblavès (3, sur la carte).

    Vers 12-11 Ma, le volcanisme procipalement phonolytique s'étend à la région de Lizieux-Meygal (au nord du Velay oriental – 2 sur la carte).

    Entre 10 et 8 Ma, le plateau du Mézenc s'édifie : des coulées fluides s'étalent et s'empilent "comme des crêpes" , de composition évoluant de bas en haut des basaltes aux trachandésites.

    L'activité se termine entre 7,5 et 6 Ma par l'édification de quelques dômes de trachyte et la mise en place d'une cinquantaine de sucs et dômes-coulées de phonolite,illustrés par les plus connus, le Mézenc et le Gerbier-de-Jonc.

    Le rocher des Pradoux, à gauche, et le Suc de Sara - photo  Mossot - Travail personnel, CC BY-SA 4.0, httpscommons.wikimedia.orgwindex.phpcurid=48902971

    Le rocher des Pradoux, à gauche, et le Suc de Sara - photo Mossot - Travail personnel, CC BY-SA 4.0, httpscommons.wikimedia.orgwindex.phpcurid=48902971

    En dialecte local, "suc " définit un sommet rocheux et aigu, volcanique ou non .

    Dans le cas de "suc volcanique", on parle de volcanisme "peléen" ; les laves visqueuses et très épaisses figent très rapidement en arrivant en surface et donnent en refroidissant les formes caractéristiques que l'on observe aujourd'hui. Ils caractérisent le paysage de la montagne Ardéchoise et constituent un ensemble de formations volcaniques uniques.

    Très différents des volcans à cratères d'explosion de l'Auvergne, ces sucs phonolithiques (*) présentent un état de conservation tout à fait remarquable. Leur présence est liée au soulèvement alpin. En effet, le contrecoup de la formation des Alpes a entraîné une importante élévation de cette zone du Massif Central dont le socle granitique s'est fracturé. Le magma s'est alors infiltré par les fractures du socle et sa montée s’est faite en plusieurs paliers et petites chambres magmatiques.

    Les laves émises, le plus souvent de consistance très visqueuse, ont formé ainsi de véritables dômes.

    Le Gerbier-de-Jonc - photo Marion Casse-Cailloux

    Le Gerbier-de-Jonc - photo Marion Casse-Cailloux

    Le mont Gerbier de Jonc est célèbre pour diverses raisons : sa forme originale et sa hauteur, 1551 mètres, le font ressortir du paysage.

    La nature riche et sauvage aux alentours justifie sa protection, car il abrite, outre une faune et une flore de grand intérêt, les sources du plus long fleuve Français.

    Son nom étrange n’est nullement lié à un faisceau de joncs … il faut le relier à une étymologie pré-celtique: gerbier correspond à gar, signifiant rocher ( racine retrouvée dans Gers), et jonc à jugum, correspondant à montagne.

    Cette protubérance est datée de 8 millions d’années, et due à une extrusion de phonolite à néphéline, renfermant des cristaux de sanidine bien visibles et des aiguilles d’augite.

    Sa partie supérieure est grossièrement prismée , alors que la base est cachée par des éboulis accumulés durant une glaciation. Une coulée basaltique repose sur le socle cristallin.

     

    A suivre : Le Mont Mézenc.

    Les sources de la Loire, avec le Gerbier de Jonc en arrière-plan  - photo Randonnées dans la campagne Ardéchoise.

    Les sources de la Loire, avec le Gerbier de Jonc en arrière-plan - photo Randonnées dans la campagne Ardéchoise.

    Sources :

    - Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé

    - BRGM - Les volcans du Massif Central - par P. Nehlig & al.

    - Massif du Mezenc Gerbier, et régions environnantes - par Alexandre Aubry

     

    (*) La phonolite est une roche volcanique peu abondante, rencontrée principalement sous forme de coulées ou d’intrusions formant des dômes. Sa teneur en silice est variable mais généralement comprise entre 51 et 61%  pds. ; sa teneur en alcalin (Na2O + K2O) est forte, souvent supérieure à 10% pds.

    Elle tire son nom du son aigu qui est produit lorsqu’on en frappe un morceau avec un marteau. Elle se compose principalement de felsdspath alcalin et feldspathoïdes, avec des phénocristaux e.a. de clonopyroxène et d’amphibole, jamais de quartz.

    Elle se débite en dalles, appelées lauzes dans la région. Ces pierres plate ont une surface importante par rapport à l’épaisseur, et nécessitent une charpente très solide, à laquelle elles sont accrochées par un trou à des chevilles de bois . Toutes les lauzes ne sont pas en phonolites, il en existe en schiste, calcaire, gneiss ou basalte.

    Champs de composition chimique de la phonolite / Geowiki -   Toit de lauzes de phonolite / photo Serge Gaily, artisan.
    Champs de composition chimique de la phonolite / Geowiki -   Toit de lauzes de phonolite / photo Serge Gaily, artisan.

    Champs de composition chimique de la phonolite / Geowiki - Toit de lauzes de phonolite / photo Serge Gaily, artisan.

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages
    Le maar du Bouchet - photo Delphine roux / license CC

    Le maar du Bouchet - photo Delphine roux / license CC

    The numerous Maars of Devès are basaltic maars. They are located in the south-east / north-west axis of the volcanic plateau, in two main groups separated in the center by large basalt layers, coming from cones.
    These craters of explosions, of consequent diameter, are either occupied by a lake, called "gour", or have evolved towards the more or less marshy stage by filling, called "narse".
    These craters, formed by phreatomagmatic explosions, punch out the pre-existing substratum, the fragments of which constitute an important part of the products thrown out of the crater. These projections are stratified, depending on the rhythm of the explosions varying from one hour to half a day, and intersected by phenomena of collapse according to curved fractures which participate in the widening of the crater.

    Schematic structure of a maar - Geomorphology review

    Schematic structure of a maar - Geomorphology review

    Some of the materials are ejected at great heights and drop in a parabolic trajectory; the other part is transported horizontally by basal surges, which generate beads concentric to the crater (antidunes, dissymmetry opposite to that of the wind dunes with a steeper slope on the side of the vent).
    The filling of the chimney by rocks resulting from the explosion forms the diatreme, composed of debris from the base and volcanic products.

    Geological map of the Velay - large units: plateau of Devès in n ° 5 - after Goër de Herve 1971

    Geological map of the Velay - large units: plateau of Devès in n ° 5 - after Goër de Herve 1971

    In the southeastern group, Lac du Bouchet is an explosion maar dating back 600,000 years; it measures 800 meters in diameter, for an initial depth of a hundred meters, brought down to 28 meters by sedimentary deposits.

    The lake is not fed by any river, but its limpid waters show an incessant renewal. It is an excellent natural laboratory for the study of the recent Quaternary climates, for 120,000 years, and for the refinement of the paleomagnetic scale.
    Eruptive debris can be observed in rings around the crater.


    The Maar of Costaros, 30 meters deep, with a diameter of 800 meters, has been cut in the basaltic table.

    Maar de Costaros - photo Tourism in Ht. Loire

    Maar de Costaros - photo Tourism in Ht. Loire

    In the commune of Landos-Sauvetat, three maars are present: the maar of Praclaux, or Curve of Praclaux (diameter 600 m and depth 20 m); the narse of Landos (1,000 m in diameter and a depth of 30 m) and the narse of La Sauvetat.


    The Narse of La Sauvetat forms a depression of 1,500 meters in diameter and a depth of 80 meters. Containing a lake originally, it evolved into peatland, whose exploitation in the 1970s modified the site. Close to the village, on the edge of the depression, quarries exploit the breaches of explosion and structures typical of the deposits of maars are visible: stratification of deposits, where vitreous basalt (quenching with water) appears, fragments and blocks more or less important, blocks impact patterns, basaltic and granite sands, curved faults due to the sliding of the breccia panels in the crater.
    This wetland has been rehabilitated and equipped with observation and discovery elements, including a 500 m loop. with a label Tourism and Handicap, accessible to four disabilities.

    Career of Landos-La Sauvetat - Section in the projections - An open quarry in the pyroclastic ring of the maar shows the rhythmic character of the explosions, the typically black color of the deposits, the abundance of material sprayed: vitreous basalt (quenching with water) , fragments and blocks (sometimes enormous) of the base (granitic rocks), basaltic and granitic sands. - photo Geowiki

    Career of Landos-La Sauvetat - Section in the projections - An open quarry in the pyroclastic ring of the maar shows the rhythmic character of the explosions, the typically black color of the deposits, the abundance of material sprayed: vitreous basalt (quenching with water) , fragments and blocks (sometimes enormous) of the base (granitic rocks), basaltic and granitic sands. - photo Geowiki

    Career of Landos-La Sauvetat - Close-up on the projections. We can observe the fragments and blocks (sometimes enormous) of the base (granitic rocks) mixed with the basaltic and granite sands - photo Geowiki

    Career of Landos-La Sauvetat - Close-up on the projections. We can observe the fragments and blocks (sometimes enormous) of the base (granitic rocks) mixed with the basaltic and granite sands - photo Geowiki

    In the north-west group, the Maars of the egg, of Beyssac, of Laimagne, of Lespitallet, of Vazeilles, and of Chantuzier are less well documented.
     
    Sources:
    - Guide to volcanoes in Europe and the Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - ed. Delachaux and Niestlé
    - BRGM - The volcanoes of the Massif Central - by P. Nehlig & al.
    - Massif du Mezenc Gerbier, and surrounding areas - by Alexandre Aubry
    - Note on the Landos-La-Sauvetat marshes (Canton of Pradelles, Haute-Loire) - R.Bouzigues, JC.Favrot, L.Argeles

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages
    Le maar du Bouchet - photo Delphine roux / license CC

    Le maar du Bouchet - photo Delphine roux / license CC

    Les nombreux maars du Devès sont des maars basaltiques. Ils sont situés dans l'axe sud-est / nord-ouest du plateau volcanique, en deux groupes principaux séparés au centre par de grandes nappes de basalte, issus de cônes.

    Ces cratères d'explosions, de diamètre conséquent, sont soit occupé par un lac, on parle alors de "gour", soit ont évolué vers le stade plus ou moins marécageux par comblement, appelés "narse".

    Ces cratères, formés par des explosions phréatomagmatiques, entaillent à l'emporte-pièce le substratum préexistant, dont les fragments constituent une importante part des produits projetés hors du cratère. Ces projection sont stratifiées, fonction du rythme des explosions variant d'une heure à une demi-journée, et entrecoupées de phénomènes d'effondrements selon des fractures courbes qui participent à l'élargissement du cratère.

    Structure schématique d'un maar - revue de Géomorphologie

    Structure schématique d'un maar - revue de Géomorphologie

    Une partie des matériaux est éjectée à de grandes hauteurs et retombent selon une trajectoire parabolique ; l'autre partie est transportée à l'horizontale par des déferlantes basales (base surges) qui engendrent des bourrelets concentriques au cratère (des antidunes, de dissymétrie inverse à celle des dunes éoliennes avec pente plus forte du côté de l'évent).

    Le comblement de la cheminée par des roches issues de l'explosion forme le diatrème, composé de débris du socle et de produits volcaniques.

    Carte géologique du Velay - grandes unités : plateau du Devès en n°5 - d'après Goër de Herve 1971

    Carte géologique du Velay - grandes unités : plateau du Devès en n°5 - d'après Goër de Herve 1971

    Dans le groupe du sud-est , le lac du Bouchet est un maar d'explosion daté de 600.000 ans ; il mesure 800 mètres de diamètre, pour une profondeur initiale d'une centaine de mètres, ramenée à 28 mètres par les dépôts sédimentaires. Le lac n'est alimenté par aucune rivière, mais ses eaux limpides montrent un renouvellement incessant. C'est un excellent laboratoire naturel pour l'étude des climats du Quaternaire récent, depuis 120.000 ans, et pour l'affinage de l'échelle paléomagnétique.

    Les débris éruptifs peuvent s'observer en anneaux autour du cratère.

    Le Maar de Costaros, profond de 30 mètres, et d'un diamètre de 800 mètres, a été taillé dans la nappe basaltique.

    Maar de Costaros  - photo Tourisme en Ht. Loire

    Maar de Costaros - photo Tourisme en Ht. Loire

    Sur la commune de Landos-Sauvetat, trois maars sont présents : le maar de Praclaux, ou Courbe de Praclaux (diamètre 600 m. et profondeur 20 m) ; le narse de Landos (1.000 m de diamètre et une profondeur de 30 m) et le narse de La Sauvetat.

    Le Narse de La Sauvetat forme une dépression de 1.500 mètres de diamètre et une profondeur de 80 mètres. Contenant un lac à l'origine, il a évolué en tourbière, dont l'exploitation dans les années 70 ont modifié le site. Près du village, en bord de la dépression, des carrières exploitent les brèches d'explosion et des structures typiques des dépôts de maars sont visibles : stratification des dépôts, où apparaît du basalte vitreux (trempe avec l'eau) des fragments et blocs plus ou moins importants, des figures d'impacts de blocs, des sables basaltiques et granitiques des failles courbes dues au glissement des panneaux de brèches dans le cratère.

    Cette zone humide a été réhabilitée et équipée d'éléments d'observation et de découverte, dont une boucle de 500 m. labélisée Tourisme et Handicap, accessible à quatre déficiences.

    Carrière de Landos-La Sauvetat - Coupe dans les projections - Une carrière ouverte dans l'anneau pyroclastique du maar montre le caractère rythmique des explosions, la couleur typiquement noire desdépôts, l'abondance de matérielpulvérisé : basalte vitreux (trempe avec l'eau), fragments et blocs (parfois énormes) du socle (roches granitiques),sables basaltiques et granitiques.  - photo Geowiki

    Carrière de Landos-La Sauvetat - Coupe dans les projections - Une carrière ouverte dans l'anneau pyroclastique du maar montre le caractère rythmique des explosions, la couleur typiquement noire desdépôts, l'abondance de matérielpulvérisé : basalte vitreux (trempe avec l'eau), fragments et blocs (parfois énormes) du socle (roches granitiques),sables basaltiques et granitiques. - photo Geowiki

    Carrière de Landos-La Sauvetat  - Gros plan des projections. On observe bien les fragments et blocs (parfois énormes) du socle (roches granitiques) mélangés aux sables basaltiques et granitiques - photo Geowiki

    Carrière de Landos-La Sauvetat - Gros plan des projections. On observe bien les fragments et blocs (parfois énormes) du socle (roches granitiques) mélangés aux sables basaltiques et granitiques - photo Geowiki

    Dans le groupe du nord-ouest, figurent les maars de l'Oeuf, de Beyssac, de Laimagne, de Lespitallet, de Vazeilles, et de Chantuzier, moins documentés.

     

    Sources :

    Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé

    - BRGM - Les volcans du Massif Central - par P. Nehlig & al.

    - Massif du Mezenc Gerbier, et régions environnantes - par Alexandre Aubry

    - Note sur les marais de Landos-La-Sauvetat (Canton de Pradelles, Haute-Loire) - R.Bouzigues, JC.Favrot, L.Argeles

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages

    Arlempdes (pronounced Arlandes), commune of the Haute-Loire, in the Auvergne region / France, is known mainly for its eponymous castle seated on a volcanic dyke ... its village is classified among the prettiest villages of France, cashed at the bottom of the valley of the Loire, about thirty kilometers from its sources, under the Mount Gerbier de Jonc.
    The landscape is dominated by basaltic flows, sometimes ornamented with organs, which earned its name: in Celtic, the region is called "valley of the scree", presumably in reference to these collapsed volcanic organs, and fractured in hundreds of pieces.

    Arlempdes - prismed formations - click on the picture to enlarge it - picture © Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - prismed formations - click on the picture to enlarge it - picture © Michel Lecouteur / 2017

     Arlempdes - on the left, overlooking the basaltic wall, the ruins of the castle; on the right, the chapel of Saint-Jacques, in red tuff - photo © Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - on the left, overlooking the basaltic wall, the ruins of the castle; on the right, the chapel of Saint-Jacques, in red tuff - photo © Michel Lecouteur / 2017

    Dyke-producing volcanism should be related to that of the Puy basin and to the basaltic volcanoes of Devès, which affected the area between the Loire and the Allier, from the upper Pliocene (around 3 Ma) to the beginning of the Middle Pleistocene , 6 Ma).

    Age in Ma of the main volcanic complexes of the French Massif Central - Modified after Maury and Varet, 1980

    Age in Ma of the main volcanic complexes of the French Massif Central - Modified after Maury and Varet, 1980

    Plio-quaternary evolution of the Puy basin - the location of Arlempdes: red star. - according to A. de Goër

    Plio-quaternary evolution of the Puy basin - the location of Arlempdes: red star. - according to A. de Goër

    Cross section of the Devès - sketch in "The volcanism in Auvergne" - Ed Chamina

    Cross section of the Devès - sketch in "The volcanism in Auvergne" - Ed Chamina

    The basaltic plateau of Devès covers 600 square kilometers. Volcanism is basically fissural and strombolian, with more than 230 slag cones, or remains of former eruptive mouths called "guards" in the region, and 58 maars, craters of phreatomagmatic explosions. The slag cones are formed of olivine basalt and ankaramite with numerous spinel lherzolite nodules, torn from the upper mantle, 40-50 kilometers deep.
    The northeastern margin of this plateau covers the sedimentary filling of the Puy-en-Velay graben; filling which consists of two very different sequences: a lower sequence, sandstone then marno-limestone, paleogene and a higher sequence, fluvio-lacustre, villafranchienne. The latter recorded the beginning of the basaltic eruptions of Devès.
    The spreading of the castings forming the plateau hides the structuring of the substrate; nevertheless, the alignments formed by the slag cones, the orientations of the dykes (N140 to N160) and the evidences of eruptive cracks, show the synchronous distension and fracturing of volcanism. The numerous geochronological datations on the whole plateau show statistically two net eruptive paroxysms at 1 and 2 Ma; the duration of the eruptive events in this set does not exceed 3 Ma.
    (Volcanoes of the Massif Central, Pierre NEHLIG et al., August 2003)

    Arlempdes - the castle - photos © Michel Lecouteur / 2017
    Arlempdes - the castle - photos © Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - the castle - photos © Michel Lecouteur / 2017

    The site dominates a loop of the Loire and serves as a "lock" between several valleys. This is what has earned it its choice, since antiquity, as a military and religious site.
    The Romans set up a camp on a nearby hill in the time of the Gaulish War, in the 1st century BC : le Camp d'Antoune, partially bordered by basaltic cliffs.
    In the Middle Ages, the Arlempdes dyke is inhabited. The chapel of Saint-Jacques, built in red tuff, dates from the 12th century, but was built on an older building. The castle is built from the 13th to the 16th century, with many modifications, adapting to the morphology of the dyke; its ramparts are naturally extended by the volcanic rock, and its ascent is almost impossible.
    Until the 16th century, it was possessed by various local lords, including the family of Monlaur, powerful in the south of Auvergne. He passed through marriage to Diane de Poitiers, who had the seigniorial dwelling built. The fortress then served as a garrison for the royal troops, under the direction of local lords, among whom are found in the 18th century the family Goÿs de Mézeyrac.

    Arlempdes - Wall made up of pieces of prismatic basaltic columns - photo © Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - Wall made up of pieces of prismatic basaltic columns - photo © Michel Lecouteur / 2017

    Lost its strategic interest, it is abandoned, falls into ruins and serves as a career to the locals.
    In 1963, an association, gathering descendants of Goÿs de Mézeyrac and enthusiasts, redeemed the ruin and began to restore it.
     


    Sources:
    - Thanks to Michel Lecouteur for sharing his recent photos.
    - The Plio-Quaternary evolution of the Puy basin (Massif Central, France) morphosedimentary rhythms and volcanism - by E. Defive, A. Gauthier and JF. Pastre.
    - Guide to volcanoes in Europe and the Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - ed. Delachaux and Niestlé
    - BRGM - The volcanoes of the Massif Central - by P. Nehlig & al.
    - Massif du Mezenc Gerbier, and surrounding areas - by Alexandre Aubry

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages

    Arlempdes (prononcez Arlandes),commune de la Haute-Loire, dans la région auvergnate, est connue surtout pour son château éponyme assis sur un dyke volcanique … son bourg est classé parmi les plus jolis villages de France, encaissé au fond de la vallée de la Loire, à une trentaine de kilomètres de ses sources, sous le Mont Gerbier de Jonc.

    Le paysage est dominé par des coulées basaltiques, parfois agrémentées d’orgues, qui lui ont valu son nom: en Celte, la région s’appelle "la vallée des éboulis", vraisemblablement en référence à ces orgues volcaniques effondrées, et fracturées en centaines de morceaux.

    Arlempdes - formations prismées - un clic sur la photo pour l'agrandir  - photo ©  Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - formations prismées - un clic sur la photo pour l'agrandir - photo © Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - à gauche, surmontant la paroi basaltique, les ruines du château; à droite, la chapelle Saint-Jacques, en tuff rouge  - photo ©  Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - à gauche, surmontant la paroi basaltique, les ruines du château; à droite, la chapelle Saint-Jacques, en tuff rouge - photo © Michel Lecouteur / 2017

    Le volcanisme producteur de dykes serait à rattacher à celui du bassin du Puy et au volcanisme basaltique du Devès, qui a affecté la zone entre La Loire et l'Allier, du Pliocène supérieur (vers 3 Ma) au début du Pléistocène moyen (vers 0,6 Ma).

    Age en Ma des principaux ensembles volcaniques du Massif central Français - Modifié d’après Maury et Varet, 1980

    Age en Ma des principaux ensembles volcaniques du Massif central Français - Modifié d’après Maury et Varet, 1980

    Evolution Plio-quaternaire du bassin du Puy - la localisation d'Arlempdes : étoile rouge. - d'après A. de Goër

    Evolution Plio-quaternaire du bassin du Puy - la localisation d'Arlempdes : étoile rouge. - d'après A. de Goër

    Coupe du Devès - croquis in " Le volcanisme en Auvergne" -  Ed Chamina

    Coupe du Devès - croquis in " Le volcanisme en Auvergne" - Ed Chamina

    Le plateau basaltique du Devès, couvre 600 kilomètres carrés Le volcanisme y est fondamentalement de type fissural et strombolien, on a pu y dénombrer plus de 230 cônes de scories, ou reste d'anciennes bouches éruptives appelées "gardes" dans la région, et de 58 maars, des cratères d'explosions phréatomagmatiques. Les cônes de scories sont formés de basalte à olivine et d'ankaramite avec de nombreux nodules de lherzolites à spinelle, arrachés au manteau supérieur, à 40-50 kilomètres de profondeur.

    La marge nord-est de ce plateau couvre le comblement sédimentaire du graben du Puy-en-Velay; comblement qui est composé de deux séquences bien différentes : une séquence inférieure, gréseuse puis marno-calcaire, paléogène et une séquence supérieure, fluvio-lacustre, villafranchienne. Cette dernière a enregistré le début des éruptions basaltiques du Devès.

    L’étalement des coulées formant le plateau masque la structuration du substratum; néanmoins, les alignements constitués par les cônes de scories, les orientations des dykes (N140 à N160) et les évidences de fissures éruptives, témoignent de la distension et de la fracturation synchrones du volcanisme. Les nombreuses datations géochronologiques sur l'ensemble du plateau montrent statistiquement deux paroxysmes éruptifs nets à 1 et 2 Ma; la durée des évènements éruptifs dans cet ensemble ne dépasse pas 3 Ma.

    (Les volcans du Massif Central, Pierre NEHLIG et al., août 2003)

    Arlempdes - le château - photos ©  Michel Lecouteur / 2017
    Arlempdes - le château - photos ©  Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - le château - photos © Michel Lecouteur / 2017

    Le site domine une boucle de la Loire et sert de "verrou" entre plusieurs vallées. C’est ce qui lui a valu d’être choisi, depuis l’antiquité, comme site militaire et religieux.

    Les Romains installèrent un camp sur une colline avoisinante au temps de la Guerre des Gaules, au 1° siècle avant JC : le camp d’Antoune, partiellement bordé de falaises basaltiques.

    Au haut Moyen-âge, le dyke d’Arlempdes est habité. La chapelle Saint-Jacques, construite en tuff rouge, date dans sa configuration actuelle du 12° siècle, mais a été construite sur un édifice plus ancien. Le château est construit du 13° au 16° siècle, avec de nombreux remaniements, en s’adaptant à la morphologie du dyke; ses remparts sont naturellement prolongés par la roche volcanique, et son ascension est quasi impossible.

    Jusqu’au 16° siècle, il sera possédé par divers seigneurs locaux, dont la famille de Monlaur, puissante dans le sud de l’Auvergne. Il passera,par le biais de mariage à Diane de Poitiers, qui fit construire le logis seigneurial. La forteresse servit ensuite de garnison aux troupes royales, sous la direction de seigneurs locaux, parmi lesquels on trouve au 18° siècle, la famille de Goÿs de Mézeyrac.

    Arlempdes - Mur constitués de morceaux de colonnes basaltiques prismées - photo ©  Michel Lecouteur / 2017

    Arlempdes - Mur constitués de morceaux de colonnes basaltiques prismées - photo © Michel Lecouteur / 2017

    Perdant son intérêt stratégique, il est abandonné, tombe en ruines et sert de carrière aux habitants du coin.

    En 1963, une association, regroupant des descendants de Goÿs de Mézeyrac et des passionnés, rachète la ruine et entreprend de la restaurer.

     

    Sources :

    - Merci à Michel Lecouteur pour le partage de ses récentes photos.

    - L'évolution Plio-Quaternaire du bassin du Puy (Massif Central, France) rythmes morphosédimentaires et volcanisme -  par E. Defive, A. Gauthier et JF. Pastre.

    - Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & F.D.de Larouzière - éd. Delachaux et Niestlé

    - BRGM - Les volcans du Massif Central - par P. Nehlig & al.

    - Massif du Mezenc Gerbier, et régions environnantes - par Alexandre Aubry

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages

    Before leaving the Massif of Piton de La Fournaise, and to the south of it, between Saint Philippe and Saint Joseph, two sites are to be seen: the Cape Méchant and the ravine of the River Langevin.

    Cap Méchant - the lava flow and the arch - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - the lava flow and the arch - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - the arch in the basalt flow, result of marine erosion - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - the arch in the basalt flow, result of marine erosion - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Preceded from a forest of Pandanus utilis (Vacoas seaside) and a soft lawn, the flows of La Fournaise dominate of about fifteen meters the ocean, between Cap Méchant and Cap Sal ​​nearby.
    The "seaside" grass, or grass "pique-fesses", this indigenous grass is found in favor of the ambient humidity, on the basalt; This lawn, present on the southern cliffs, is decorated with brown manioc (Scaevola taccada), with fleshy and waxed leaves.

    Cap Méchant - Brown manioc and grass "pique-fesses" on the basalt - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - Brown manioc and grass "pique-fesses" on the basalt - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Eternal battle between the elements, the basalt confronts the waves of the Indian Ocean. The work of sape of the water manages to dig this very hard volcanic material to form the characteristic arch of Cap Méchant ... and olivine sand.

    Cap Méchant - erosion gives a coarse sand with olivine crystals - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - erosion gives a coarse sand with olivine crystals - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - a place of strong marine erosion of the basaltic flow - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - a place of strong marine erosion of the basaltic flow - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - the Cap Salt lava flow in line with that of the arch of Cap Méchant - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Cap Méchant - the Cap Salt lava flow in line with that of the arch of Cap Méchant - photo © Bernard Duyck / June 2017

    The Ravine of the River Langevin, strongly encased, takes its source in the Massif of the Piton of the Furnace to more than 2,000 meters of altitude, near Piton Chisny. Of 18 km long, it flows into the heart of the volcanic soil, underground to Grand Galet, and into the ocean to Saint Joseph. It has many small tributaries: Bras des Chevrettes, ravine of the Seven Bras, ravine Ti Bon Dieu, ravine of Grand Coude, ravine Mara.

    The ravine of the Langevin River - photo © Bernard Duyck / June 2017

    The ravine of the Langevin River - photo © Bernard Duyck / June 2017

    The River Langevin offers a succession of basins, fed by waterfalls ... the most famous is the Cascade de Grand Galet, or Cascade Langevin. Situated below a tight hairpin, it is formed by the resurgences of the river and consists of multiple waterfalls spreading over a wide wall, showing beautiful basaltic colonnades. Great mystery: is the basalt coming from the flows of Piton Chisny that have poured into the ravine, or coming from older flows ?

    La Cascade Langevin - picture © Bernard Duyck / June 2017

    La Cascade Langevin - picture © Bernard Duyck / June 2017

    La Cascade Langevin - detail on the wall and its basaltic organs - photo © Bernard Duyck / June 2017

    La Cascade Langevin - detail on the wall and its basaltic organs - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Further down the river, the cascade of the Black Hole is pleasant, and forms a quiet place, except on weekends when many families come to picnic.

    Black Hole Waterfall  / Langevin River - photo © Bernard Duyck / June 2017

    Black Hole Waterfall  / Langevin River - photo © Bernard Duyck / June 2017

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    Publié le par Bernard Duyck
    Publié dans : #Excursions et voyages

    Avant de quitter le Massif du Piton de La Fournaise, et au sud de celui-ci entre Saint Philippe et Saint Joseph, deux sites sont à voir : Le Cap méchant et la ravine de la Rivière Langevin.

    Le Cap Méchant - la coulée et l'arche -  photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Le Cap Méchant - la coulée et l'arche - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Le Cap Méchant - l'arche dans la coulée de basalte, résultat de l'érosion marine -  photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Le Cap Méchant - l'arche dans la coulée de basalte, résultat de l'érosion marine - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Précédé d'une forêt de Pandanus utilis (Vacoas bord de mer) et d'une pelouse moelleuse, les coulées de La Fournaise dominent d'une quinzaine de mètres l'océan, entre le Cap Méchant et le Cap Sel tout proche.

    Le gazon "bord de mer", ou herbe pique-fesses, cette graminée indigène s'encre à la faveur de l'humidité ambiante, sur le basalte ; cette pelouse, présente sur les falaises du sud, est agrémentée de manioc marron (Scaevola taccada), aux feuilles charnues et cirées.

    Cap Méchant - Manioc marron et herbe pique-fesses sur le basalte - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Cap Méchant - Manioc marron et herbe pique-fesses sur le basalte - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Eternel combat entre les éléments, le basalte affronte les lames de l'océan indien. Le travail de sape de l'eau parvient à creuser ce matériau volcanique très dur pour y former l'arche caractéristique du Cap Méchant ... et du sable à olivine.

    Cap Méchant - l'érosion donne un sable grossier m^élé de cristaux d'olivine -  photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Cap Méchant - l'érosion donne un sable grossier m^élé de cristaux d'olivine - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Cap Méchant - un lieu de forte érosion marine de la coulée basaltique - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Cap Méchant - un lieu de forte érosion marine de la coulée basaltique - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Cap Méchant - la coulée du Cap Sel fait pendant à celle de l'arche du Cap Méchant -  photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Cap Méchant - la coulée du Cap Sel fait pendant à celle de l'arche du Cap Méchant - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    La Ravine de la Rivière Langevin, fortement encaissée, prend sa source dans le Massif du Piton de La Fournaise à plus de 2.000 mètres d'altitude, près du Piton Chisny. Longue de 18 km, elle s'écoule au cœur du sol volcanique, souterraine jusqu'à Grand Galet, pour se jeter dans l'océan à saint Joseph. Elle a de nombreux petits affluents : Bras des Chevrettes, ravine des Sept Bras, ravine Ti Bon Dieu, ravine de Grand Coude, ravine Mara.

    La ravine de la Rivière Langevin - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    La ravine de la Rivière Langevin - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    La Rivière Langevin offre une succession de bassins, alimentés par des cascades ... la plus célèbre est la Cascade de Grand Galet, ou Cascade Langevin. Située en contrebas d'une épingle à cheveu serrée, elle est formée par les résurgences de la rivière et se compose de multiples chutes d'eau qui s'étale sur un large mur, qui laisse voir de belles colonnades basaltiques. Grand mystère : le basalte est-il issu des coulées du Piton Chisny qui se sont déversées dans la ravine, ou issus de coulées plus anciennes ?

    La Cascade Langevin - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    La Cascade Langevin - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    La Cascade Langevin - détail sur la paroi et ses orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    La Cascade Langevin - détail sur la paroi et ses orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    Plus bas sur la rivière, la cascade du Trou noir est plaisante, et forme un endroit tranquille, sauf les week-ends où de nombreuses familles viennent y pique-niquer.

    La Cascade du Trou noir / rivière  Langevin - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

    La Cascade du Trou noir / rivière Langevin - photo © Bernard Duyck / Juin 2017

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