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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Un article de "BBC news" a récemment remis cette vieille "rock star" en lumière : un projet de visitor's center, ainsi qu'un plan de dynamisation touristique de la région devrait se finaliser en 2012. Des guides, de nouveaux trails... et peut-être la renaissance de l'antique tramway sont au programme.

800px-Causeway-code_poet-4.jpg               Giant's causeway - "the honeycombs" - Ireland - Wikipedia

Quarante mille colonnes basaltiques prismées, érodées par la mer, évoquent un pavage, débutant près de la falaise pour disparaître dans l'eau. Ces "orgues basaltiques" sont aussi visibles dans la falaise haute de 28 mètres, qui constitue la bordure du plateau d'Antrim.
Pendant le Paléogène - début du Cénozoïque - la région d'Antrim a connu une intense activité géologique liée à l'ouverture du nord de l'océan atlantique. des laves basaltiques ont forcé le passage à travers de couches calcaires pré-existantes et datées du Mésozoïque, pour former un plateau basaltique : un trapp, où on peut distinguer trois séries d'épanchements volcaniques, "Lower, Middle et Upper basaltic flows"
; elles sont entrecoupées de périodes de calme caractérisée par des couches rouge-brun riches en argile, oxydes de fer et d'aluminium provenant de la désagrégation du basalte.
La chaussée des Géants fut formée durant le début de l'ère tertiaire, il y a 62 à 65 millions d'années et appartient à la série des basaltes moyens.

Ces structures ont été formées en climat chaud et humide (tropical) et ont subi une "latérisation", caractérisée dans la couche rouge décamétrique située entre les basaltes inférieurs et moyens ... la dérive des continents les a amené à cette localisation après un voyage de plusieurs millions d'années.

giants-causeway-c2a9ntpl-joe-cornish-copie.jpg    Lower, Middle et Upper basaltic flows ; la couche de latérite et les prismations.
                                       d'après une photo de Joe Cornish.

Costa-Rica-2101-balades-irlandaises.JPG                            Vue opposée, offerte par "Ballades Irlandaises".

La contraction thermique rapide de la lave lors de son refroidissement a créé la fracturation hexagonale en colonnes, perpendiculairement à la surface du sol où la coulée s'est épanchée (comme cette surface n'était pas rigoureusement plane, certaines colonnes sont légèrement obliques).

Par la suite, les côtés des prismes ont servi de surface de refroidissement, et une fracturation transversale, horizontale, est apparue. C'est cette dernière qui a été mise à profit par l'érosion marine pour aplanir les orgues basaltiques.


photo03-3.jpg
Giant-s_Causeway_2006_08-Man-Vyi---wiki.jpg
                               Prismations  - photo Man Vyi, Wikipedia.


La légende :

La "découverte" du site fut annoncée à la "Royal Society" en 1693; à cette époque, un furieux débat fit rage : la chaussée des Géants avait-elle été construite par des hommes, par la nature, ou par les efforts d'un géant légendaire ?

Selon la légende, deux géants ennemis vivaient de chaque côté de la mer, l'un en Écosse et l'autre en Irlande. Le géant écossais, Benandonner,traitait son rival irlandais de froussard jusqu'au jour où celui-ci, piqué au vif, dit à l'écossais de venir se battre pour lui prouver qu'il était le plus fort ! Mais comment franchir la mer ? L'Irlandais, Finn McCool,jeta des pierres dans l'eau pour construire un chemin praticable, une "chaussée" entre l'Écosse et l'Irlande. Mais quand il vit approcher son adversaire, l'Irlandais fut pris de panique car il était beaucoup plus petit que son adversaire ! Il courut demander conseil à sa femme, Oonagh, qui eut juste le temps de le déguiser en bébé avant l'arrivée du géant écossais. A ce dernier, elle présenta son "fils", qui n'était autre que son mari déguisé. Le géant écossais, voyant la taille de ce "bébé", prit peur. Affolé à l'idée de la taille du père et par conséquent de sa puissance, il prit ses jambes à son cou et s'en retourna dans ses terres d'Écosse en prenant soin de démonter la chaussée pour que l'Irlandais ne risque pas de rejoindre son île.


Giants_Causeway_cellules_polygonales.JPG                                    Photo Wikipedia - Patrice 78500.

Ce site fait partie, depuis 1986, du "Patrimoine mondial de l'Unesco" et est devenu réserve naturelle l'année suivante.
Son nom irlandais, Clochan na bhFomharach, signifie "le petit tas de pierres de Fomoires"... nul n'est prophète en son pays !


Sources :
- The new giant causeway visitor's center - BBC news
- The Causewey coastal route - lien
- Giant's causeway visitor center - lien


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le premier danger auquel on pense sur une île volcanique est l’activité volcanique, quelque soit le contexte géodynamique dans lequel elles se trouvent, point chaud ou arc insulaire.

Bien que moins fréquents et dangereux par rapport à l’activité volcanique, les tsunamis peuvent être catastrophiques sur des îles habitées principalement sur leurs côtes.

 

Qu’est-ce qui peut générer ces tsunamis ?

 

Des séismes sous-marins, accompagnés ou non de glissements de terrains.

Des éruptions sous-marines à faible profondeur, avec un effondrement partiel de l’édifice volcanique.

Des glissements de terrain non-volcaniques.

Une entrée en mer, soudaine et massive, de matériaux causée par des coulées pyroclastiques associées à l’activité volcanique ou des avalanches résultant de la déstabilisation des flancs du volcan.

 

Dans les petites Antilles, on a relevé plusieurs tsunamis dépendant de séismes. Le plus important s’est produit au large de la Guadeloupe en  novembre 2004, lié à un séisme de magnitude 6,3 et dont l’épicentre était situé entre La Dominique et le sud de la Guadeloupe.

 

Les tsunamis liés à une déstabilisation de flancs  sont souvent dévastateurs ; malgré une faible probabilité d’occurrence, ils sont à l’origine de catastrophes importantes. Les plus récents sont ceux liés à l’éruption du Krakatau, en 1883, qui fit 36.000 victimes en Indonésie, ou celui du volcan Unzen au Japon, avec 15.000 victimes en 1792.

tsunami30.12.2002 estimation gEn fin décembre 2002, un petit glissement de terrain (20 M m³) au niveau de la Sciara del fuoco sur l’île de Stromboli a généré un tsunami localisé qui a détruit des maisons, heureusement évacuées et situées jusqu’à 2 m. au dessus du niveau de la mer.

 

Dans l’arc antillais, divers exemples de petits tsunamis liés à l’entrée brutale de produits volcaniques dans la mer ont été observés :

à la Montagne Pelée (Martinique) en 1902 , à Montserrat, en 1997, 2003 & 2006, où l’écroulement d’une partie du dôme en croissance de Soufrière Hills est impliqué.

Des investigations ont déterminé une quarantaines d’évènements de déstabilisations de flancs, impliquant des volumes allant de 0,1 à plusieurs dizaines de km³ ( Campagne Aguadomar - Le Friant 2002-2004, Boudon 2003)

 

Quelles en sont les causes ?

                      Pour les îles bordant le bassin de Grenade, les déstabilisations de flanc des édifices volcaniques sont de grande ampleur et toutes dirigées vers l'ouest, les avalanches de débris s'épanchant dans le bassin de Grenade.


Destabilisation-CNRS.jpg                             Document CNRS - Dépôts d'avalanches de débris.


il exist   Il existe en effet une importante dissymétrie est-ouest de l’arc. Les flancs ouest, aériens et sous-marins, des édifices volcaniques ont des pentes beaucoup plus fortes que les flancs est. C’est à la fois une conséquence puis une cause de l'instabilité de ces édifices volcaniques.

             Sur les îles du nord de l’arc, pour lesquelles les déstabilisations sont de plus faible volume et affectent principalement la zone sommitale de d’édifice, l’importante hydrothermalisation et fracturation de l’édifice semble être la cause principale de l’instabilité.

             D’autres facteurs ont été relevés : variation de niveau de la mer, facteurs tectoniques …


volcTsuCaribMontserrat-2003-MVO.jpg

Ee                                  Entrée en mer de coulée pyroclastique - MVO 2003.

 e

             Les déstabilisations de flanc jouent un rôle majeur dans l'évolution des édifices volcaniques.

             C’est dans une nouvelle structure que se formera le cône suivant … il y a déplacement de la zone d’émission et une orientation parfois différente des coulées pyroclatiques qui seront générées par un effondrement du dôme.

             Des différences de pressions exercées sur le réservoir magmatique peut modifier en quantité cette production magmatique et permettre une remontée de magmas différents vers la surface.

Sources

              Sources :

 

- « Tsunami en contexte volcanique insulaire » par Anne Le Friant – IPGP/CNRS.
- "Instabilité des volcans des petites antilles - les déstabilisations de flanc : causes et conséquences par A.Le Friant & al. - IPGP.
- " L'île de La Dominique, à l'origine des avalanches de débris les plus volumineuses dse petites antilles " par A.Le Friant et al., C.R.Geoscience 334 (202) 235-2-43
- "Tsunami of volcanic origin in the lesser antilles islands of the Caribbean" par G.Pararas-Carayannis
  http://www.drgeorgepc.com/TsunamiVolcanicOrigin.html
- "Tsunami generation mechanisms from volcanic sources" du même auteur :
http://www.drgeorgepc.com/TsunamiVolcanicMechanisms.html

Demain : prévisions sur Haïti et sa région.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

St-Lucie-s-soufriere-bay---Pt---gros-Pitons----L.Siebert-9.jpg     St Lucie's Soufriere Bay - photo Lee Siebert 1991 - Smithsonian inst.

Géologie de l'île :

St Lucie est entièrement constituée de roches volcaniques. Elle a commencée sa vie par une série de volcans sous-marins; suite à une série d'éruptions réparties sur des millions d'années, ces volcans ont bati une structure qui a fini par sortir de l'eau.
Newman divise les centres volcaniques en 3 grands groupes basés sur leur âge et distribution géographique :
1. Basaltes érrodés et centres andésitiques. (série nord de Newman ) Ces roches, les plus anciennes de St Lucie, sont situées dans la plupart des zones N & S. de l'île, ce qui peut prêter à confusion; datés de 18 à 5 millions d'années dans le nord, de 10,1 à 5,2 Ma dans le sud, ces centres volcaniques sont considérés comme éteints.
2. Série centrale andésitique - Dissected andesitic centre - datée de 10,4 Ma (Dennery) à 2,8 Ma (Derriere Dos)
3. Le centre volcanique de la Soufrière (série sud de
Newman)

stlucia_2.gif
Le centre volcanique Soufrière - Caldeira qualibou :

Siège le plus récent de l'activité volcanique sur St Lucie,  il comprend différents évents volcaniques et un vaste champ géothermal, localisés dans la dépression Qualibou, formée il y a 300.000 ans suite à un glissement catastrophique.
Les roches les plus vieilles, basaltiques, sont datées de 5 à 6 Ma; il y a 2 Ma, une phase volcanique est à l'origine de la formation du Mont Gimie et des montagnes voisines.
Les pitons sont des restes de deux dômes de lave dacitique formés depuis 200 à 300.000 ans.

stlucia---Soufriere-volcan-center-UWI.gif                   Schéma de l'University of the West Indies - UWI.

St-Lucie---Gros-et-petit-pitons---Qualibou-cald.---L.Sieber.jpg  La caldeira Qualidou, les Gros et Petit pitons - Photo Lee Siebert 1991
                    prise à 180° de la précédente - Smithsonian inst.

Terre-blanche-lava-dome-in-Qualibou-caldera---L.Siebert-199.jpg       Le dôme de lave Terre Blanche dans la Caldeira Qualibou.
                                photo Lee Siebert  - Smithsonian inst.

Entre 40 et 20.000 ans, une violente phase d'activité volcanique a secoué le centre de la Soufrière, produisant de nombreuses coulées pyroclastiques dacitiqueset des surges.
Les dépôts générés par ces éruptions sont divisés en 2 groupes : Les dépôts ponceux Choiseul et Belfond.
Après cette phase explosive, ce sont formés une série de petits dômes de lave (Terre Blanche, Belfond) et de cratères d'explosion (La Dauphine).
La présence de cratères et dômes de lave relativement jeunes - moins de 20.000 ans -, d'essaims de tremblements de terre superficiels et d'un champ géothermal actif - Sulphur Springs - indique que ce "centre Soufrière" est potentiellement actif et susceptible d'éruption future; l'hypothèse privilégiée est celle d'une éruption de type phréatique plus ou moins importante au niveau de Sulphur Springs.

St-Lucie--3-Sulphur-Springs.jpg                   La température des eaux est de 70-90°C,
                                 celle des fumerolles supérieure à 170°C.               
                Les fortes émanations d' H2S éloignent moustiques et serpents
                          à Sulphur Springs - photo sfvincent.free.fr.

Les premiers amérindiens présents sur Sulphur Springs ont contribué à sa mythologie : les Arawaks croyaient que, Yokaku, leur dieu du feu, était assoupi dans les sources bouillonnantes; les Caraïbes, qui les ont suivi dans l'occupation de l'île, faisaient des sacrifices de jeunes vierges pour apaiser la colère des dieux, durant les périodes de forte activité géothermale.

On y trouve une pierre particulière : la Jarosite, un sulfate basique hydraté de fer et potasse.
Pour mémoire : basalte - dacite.

RockClassif-A.gif


Sources :
- Global Volcanism Program - Qualibou
- The University of the West Indies, seismic
   research center - islands profiles : St Lucia


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages



L'intérieur de l'île est constituée de montagnes d'origine volcanique et couvertes d'une épaisse végétation.
L'importance des précipitations explique l'humidité intense qui baigne sur l'île et son étonnant trop-plein végétal. Les précipitations, présentes toute l'année, atteignent un maximum entre juin et octobre; elles varient entre 5.000 et 9.000 mm. sur les reliefs les plus exposés.

Géologiquement, la Dominique appartient à l'arc volcanique des petites Antilles. Une dorsale montagneuse centrale coupe le pays selon un axe orienté NO-SE., avec d'importantes pentes et de profondes vallées d'altitudes variant entre 300 m. et 1.400 m. au desuus du niveau de la mer.
Les sommets les plus élevés sont le Morne Diablotins, avec ses 1447 m., suivi du Morne Trois Pitons, plus au sud et d'une hauteur de 1423m.
Les formations rocheuses sont composées principalement d'andésite et rhyolite, témoins d'un volcanisme de subduction explosif.

La-Dominique---boiling-lake-04-vallee-desolation.jpg   Image Google 3D - les zones affectées par des fumerolles sonr en beige clair,
                              La zone de boiling lake est en bleu ciel, à 10 h.

 Le volcanisme est toujours légèrement actif, comme en témoigne la présence d'un lac en ébullition et la présence d'une "Vallée de la Désolation" dominicaine.

Boiling Lake, le lac "en ébullition" (le second du monde par sa taille) se trouve au fond d'un cratère et est alimenté par une chute d'eau, l'ébullition y étant provoquée par la chaleur d'une chambre magmatique souterraine.
Le lac n'est pas vraiment en ébullition : les bulles et la fumée observées correspondent en fait aux émanations des gaz volcaniques qui s'échappent. On notera tout de même que la température de l'eau est proche de 100°C.
Son niveau peut fortement varier et le lac presque s'assécher par moment. Lien vers un article relatant ses variations de couleur et niveaux.
Les trails pour cette zone sont trouvables sur :
www.avirtualdominica.com%2Fgeology.cfm&anno=2.

boiling-lake-07-bouillonnement.jpg                                   photo N.Seprez-L.Wilhem , sur Eduscol.

"La vallée de la Désolation" est une vallée où les vapeurs sulfureuses empestent l'atmosphère. De nombreuses sources chaudes alimentent cette vallée empêchant le développement de toute vie végétale à proximité, ce qui contraste nettement avec la végétation tropicale luxuriante environnante.

La-Dominique---boiling-lake-05-vallee-desolation.jpg
              La vallée de La Désolation, avec au fond les fumées du Boiling Lake .           
                                   photo N.Seprez-L.Wilhem , sur Eduscol.

Les fumerolles résultent de la sortie de gaz volcaniques, qui sont principalement constitués de vapeur d'eau, avec un faible pourcentage de CO2, de SO2 à l'odeur piquante et irritante et d'H2S à l'origine de l'odeur d'œuf pourri que l'on sent dans la vallée.

L'eau des fumerolles est principalement de l'eau de pluie (eau météorique) qui s'infiltre dans le sous-sol. Dans ces régions à fort gradient géothermique, cette eau se réchauffe rapidement et peut dépasser la température d‘ébullition ; un circuit convectif s'établit alors, qui fait remonter ces eaux et/ou vapeurs chaudes. Le CO2 et les gaz soufrés sont, eux, principalement issus du magma (ou directement du manteau).

 

Au sud-ouest de l'île, sur la côte, se trouvent les vestiges d'une grande caldeira sous-marine dont la partie Est forme la presqu'île de Scott.

 

Sources :

- Planet Terre - Eduscol : Vallée de la Désolation et Boiling

  lake sur l'île de La Dominique

- Boiling lake : présentation et vie

   http://www.natureisland.com/BoilingLake.html

- photos sur : flickr boiling Lake group.

 


 

 




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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le volcan sous-marin Kick'em Jenny est situé dans la partie sud des îles Grenadines, elles-mêmes dans la partie sud de l'arc insulaire des petites
Antilles.
kej_3-copie-1.gif



kej_4.gif












Au nord de l'île de Grenade (Grenada), un groupe de rochers appelés "The Sisters" est situé 3 km. à l'ouest del'île de Ronde ... le volcan est situé 3 km. à l'ouest des "Sisters".

La présence du volcan fut revélée par une éruption, le 23-24 juillet 1939. Rapportée par un historien local, elle dura 24 heures; le colonne éruptive atteint 300 m. de hauteur et une série de vagues hautes de 2 m. fut remarquée aun nord de l'ile de Grenade et sur le sud des Grenadines. Depuis 1939, pas moins de 12 éruptions ont eu lieu, détectées par les sismographes. La dernière eu lieu en décembre 2001.

  Résumé de l'activité récente :

Date

Description

Evidence for eruption

24 July 1939

Eruption cloud up to 270m above sea level: local felt earthquakes; large sea waves generated (1m in open water); largest known historical eruption

Witnessed

5 Oct. 1943

Submarine eruption; local felt earthquakes.

T-phase recorded in Martinique.

30 Oct. 1953

Submarine eruption; earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean.

24 Oct. 1965

Submarine eruption; earthquakes of intensity V felt on Isle de Ronde

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean (and traced to KeJ)

5-7 May 1966

Submarine eruptions; earthquakes in north Grenada

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean (and traced to KeJ)

3-6 Aug. 1966

Submarine eruption, 168 free T-phase recorded, shocks with intensities less than or equal to IV felt in Grenada

T-phase

5 July 1972

Submarine eruption about 5 hours long

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

6 Sept. 1974

Material ejected into the air; sea above the volcano bubbling turbulently and spouting steam

Witnessed; T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

14 Jan. 1977

Submarine eruption.

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

29-30 Dec. 1988

Submarine eruption; turbulent discoloured water; earthquakes felt in north Grenada

T-phase

26 March to 5 April 1990

Earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean

4 Dec. 2001

Submarine eruption, earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean (and traced to KeJ). More than 600 volcanic earthquakes recorded on proximal stations.

 

Le volcan est en alerte "jaune" de façon courante et une zone d'exclusion de 1,5 km. autour du volcan est à respecter ! (voir la cause plus loin).

L'image du volcan a été prise par le NOAA en mars 2003; on peut observer un cratère parfaitement circulaire, d'un diamètre de 350 m., au sommet d'un cône symétrique. Le point culminant est situé à 180 m. sous le niveau de la mer. Le cratère est profond de 80 m.

Entre 1976 et 1978, un dôme a cru jusqu'à remplir le cratère, avant de disparaitre complètement. Le cratère s'est ouvert vers le NE. et contient un nouveau cratère de 30 m. de profondeur. Le sommet est compris dans une dépression en fer à cheval s'étendant 20 km. vers l'est, qui comprend des dépôts de coulées. L'interprétation totale des relévés n'est pas terminée.

 


Kick-em-Jenny----Jack-volcanoes-NOAA.jpg

 

 

SeaBeam image of Kick 'em Jenny showing new craters and domes (March, 2003). During a research cruise in March 2003 scientists discovered three craters (C1, C2 and Kick 'em Jack) and two domes (D1 and D2) near Kick 'em Jenny. Further investigations are needed to confirm whether these are separate 'live' volcanoes. - Photo NOAA.

 

Kick'em Jenny illustre bien comment les îles volcaniques de la région se sont formées : à chaque éruption sous-marine, des dépôts de matériel volcanique se sont accumulés autour du sommet faisant croitre peu à peu le volcan jusqu'à former une île. La formation de l'île de Surtsey, en Islande, confirme le mécanisme de formation.


Islearc.gif

 

 

Les risques liés au volcan :

La tragédie de l'Island Queen :

Le 5 août 1944, le navire "Island Queen", avec 60 personnes à bord, disparait entre Grenade et St Vincent. Dans un premier temps, on a cru que le navire avait été torpillé par un sous-marin allemand ... mais on n'a pu expliquer l'absence de débris après sa disparition.
En réalité, elle a été causée indirectement par le volcan sous-marin.
Le Kick'em Jenny est entré en éruption l'année précédent le drame et il est fort probable que le volcan dégazait toujours activement en 1944, bien qu'aucun signe ne soit visible en surface.

kejhazard_2-copie-1.gif
Ce dégazage peut diminuer la densité de l'eau de mer au dessus du sommet, ce qui rend la navigation dangereuse ... lorsqu'un bateau pénètre dans une telle zone de faible densité, il perd sa flotabilité et peut sombrer.


Le risque de tsunami :

Bien qu'une éruption importante ou un glissement de terrain puisse générer un tsunami, le risque de tsunami dans la région est largement exagéré : toute éruption ne génère pas un tsunami, et chaque tsunami n'est pas important.
Des vagues d'une amplitude de 10 mètres, à distance de 10 km. du l'évent, ne peuvent être engendrée  que si le volcan entre en éruption dans des hauteurs d'eau inférieures à 130 mètres.
Pour l'instant, la profondeur des évents est située à 268 m. Si le volcan continue de grandir vers cette altitude critique
- et seulement dans ce cas - , les éruptions risquent de devenir explosives avec la probabilité de provoquer un tsunami comme corollaire.


Kick-em-Jenny-volcano-2--univ.west-indies-seismic-reearch-c.jpg


 

 

Sources :


- GVP Global volcanism Program

- NOAA  - National Oceanic and Atmospheric Administration.

   diverses missions "Ocean explorer".

- The University of West Indies : Grenada - Kick'em Jenny hazards

 

  Pause dominicale - L'art sur les chemins du feu - avant de reprendre le circuit des Petites Antilles

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Soufrière 09.1976 - 1 R.Fiske Smithson.              La Soufrière de Guadeloupe - photo R.Fiske      - Smithsonian inst.
643                                       Légende photographique - IPGP.

L’île volcanique de la Basse-Terre est constituée de sept complexes volcaniques principaux qui sont, du plus vieux au plus jeune, le Complexe Basal, la Chaîne du Nord, la Chaîne Axiale, la Chaîne de Bouillante, les Monts des Caraïbes, le complexe de Trois-Rivières-Madeleine, et le massif actif de la Grande Découverte-Soufrière. Chacun de ces complexes volcaniques est constitué de nombreux centres éruptifs qui forment un chaîne volcanique longue de 55 km, large de 25 km, qui est orientée nord nord-ouest et culmine à une altitude de 1467 m pour le dôme de la Soufrière. (en orange sur la carte)

589
Le complexe volcanique de la Grande Découverte-Soufrière
est constitué de plusieurs édifices volcaniques: Grande Découverte, Carmichaël, Amic, Soufrière, Echelle et Citerne. L'activité magmatique la plus récente a engendré la formation du dôme de la Soufrière il y environ 465 ans (1440 AD). Le volcan de la Soufrière est le seul volcan actif de la Guadeloupe.


Topographie :

Y---F.Beauducel.jpg           Le cône sommital de La Soufrière - F.Beauducel - IPGP.

Son dôme a la forme d'un cône tronqué de 900 m. de diamètre à la base. Il n'y a pas de véritable cratère, mais plusieurs bouches éruptives, parfois profondément entaillées, d'où s'échappent des vapeurs sulfureuses.
                           vc096                    Le gouffre Tarissan, à gauche et à droite, le cratère Dupuy .
                     Photo M.Fulle - avec son aimable autorisation.
        Un clic sur la photo vous mène à une excursion virtuelle, sur "Stromboli on line".

Le gouffre Tarissan est une ouverture située au centre du plateau sommital de dôme de la Soufrière. Le gouffre apparaît comme un étroit conduit d’environ 15 mètres sur 8 dont l’entrée forme un entonnoir aux pentes très raides et d’environ 1500 mètres carrés.
Sommet_de_la_souffriere.jpgLe gouffre Tarissan joue un rôle particulier dans l’histoire de la Soufrière car il a été actif à chaque éruption phréatique connue depuis la formation du dôme de lave au milieu du XVième siècle. La dernière activité a eu lieu lors de la crise éruptive de 1976-1977 lorsque le gouffre a émis de grandes quantités de vapeur, de cendres et de rochers de taille métrique. Après cette dernière phase très active, le gouffre est redevenu inactif sans émanations visibles. Cette période a d’ailleurs permis aux spéléologues français Jean-Claude Sallot et Vincent Silve de descendre dans le gouffre en 1991. Jean-Claude Sallot, qui est descendu le plus bas, est parvenu à un petit lac situé 90 mètres sous l’entrée du gouffre. Il a estimé que la température de l’eau était alors d’environ 50°C.

L’activité du gouffre s’est à nouveau accrue à partir de 1999 avec l’apparition de faibles émanations de vapeurs qui se sont progressivement amplifiées au point d’être actuellement un chaud et dense panache continu.

Le gouffre Tarissan tient son nom d’un vétérinaire du XIXième siècle dont l’intrépide curiosité l’aurait fait chuter dans l’abîme.



Le passé éruptif du volcan se décline en trois grandes phases:
674 b
1. Phase "Grande Découverte" - 200.000 ans - 42.000 ans.
Elle correspond à la construction du strato-volcan primordial.
Celui-ci s'est effondré en formant la caldeira de la Grande Découverte, dont seul le rempart N. est encore visible.

2. Phase "Carmichaël" - 42.000 à 11.500 ans.
Une alternande de phase effusive, de formation de dôme et d'éruption avec nuée pyroclastique forme un nouveau volcan dans la caldeira.

3. Phase "Soufrière" - 8.500 ans à nos jours.
Il y a 8.500 ans,débute une phase de déstabilisation avec formation d'un cratère en fer-à-cheval où se construira le nouvel édifice. La succession de séquences construction-déstabilisation se répète plusieurs fois, avec, il y a 3.100 ans, une explosion magmatique dirigée latéralement: un blast qui a détruit environ 100 km² au S/SO. du massif. Le dôme Amic s'est formé dans le cratère.
Les cônes de scories Echelle et Citerne, édifices monogéniques, se sont construits sur les flancs du complexe volcanique, il y a 2.000 ans.

L'histoire récente du volcan:

On établit la dernière éruption magmatique explosive de la Soufrière vers 1440, plus ou moins 100 ans.

En 1797, une éruption phréatique d’importance eut lieu. Il ne peut être exclu que cette éruption-là ait été elle aussi celle d’une nappe captive et non d’une nappe phréatique, c’est-à-dire mise à la pression atmosphérique.


1976-09-22_MF_eruption-1.jpg                        L'éruption phréatique de 1976 - M.Feuillard - IPGP.


La dernière éruption de la Soufrière date de 1976. Elle a conduit à l’évacuation de la partie sud de la Basse-Terre ainsi que de la préfecture, soit environ 76 000 personnes. Aucun mort n'a été déploré.
Une polémique très médiatisée éclata entre Claude Allègre et le volcanologue Haroun Tazieff sur la nécessité de l’évacuation. Allègre préconisa l’évacuation de la population, affirmant catégoriquement que l’éruption serait grave, alors qu'Haroun Tazieff soutint que l’éruption était sans danger, toutes les analyses d’échantillons prélevés sur le volcan établissant qu’il n’y avait pas de montée de magma frais. Le préfet décida l’évacuation quand-même mais l’éruption ne fit d’autres dommages que matériels. Cet épisode médiatique a fortement ému la communauté volcanophile ... sans prendre position, étant donné que le principal interlocuteur est décédé, je joins un lien vers une analyse chronologique des évènements.

1976-07-15_FranceAntilles.jpg                         France-Antilles du 15.07.1976.

Avenir de la Soufrière :

Sur les derniers 10.000 ans d'activité, les éruptions les plus fréquentes ont été de 3 types : éruption phréatique, éruption avec édification d'un dôme de lave, et éruption avec écroulement de flanc.
En cas de réactivation, différents types d'activité pourront se succéder et il est important de définir des scénarios prenant en compte ces différents types d'activité.


Crat.sud---Y---F.Beauducel.jpg                     La Soufrière mérite bien son nom - Photo Y. & F.Beauducel

Sources :
- Global volcanism Program - Soufrière Guadeloupe
- CNRS - Numerical volcano
- IPGP - Institut de Physique du Globe de Paris - Obserrvatoire
  de la Guadeloupe - OVSG
- Polémique sur la Soufrière entre Tazieff et Allègre.
- Stromboli on line : Guadeloupe
 

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souf-StVincent-1980-R.Fiske.jpg             La Soufrière de St Vincent - photo R.Fiske 1980 - Smithsonian inst.

La Soufrière Saint Vincent est le plus jeune volcan de l'île St Vincent; il occupe la partie nord de l'île.

Topographie :

Trois cratères à son sommet : le plus ancien, "la Somma", a un diamètre de 2.200 m. Son rempart nord, le point culminant du massif avec 1.220 m., en est la seule trace restante.
Le "vieux cratère" de 1.600 m. de diamètre, a été actif en 1718 et 1902, 1979, et a été souvent occupé par un lac.
L'éruption de 1812 a créé, au NE du vieux cratère, un "nouveau cratère, plus petit - 450 m. de diamètre et 60 m. de profondeur -, inactif depuis.


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Les éruptions anciennes alternent nuées ardentes et extrusions de lave:

Dans un premier temps, se forme un strato-volcan culminant à 900 m. Un second cône aurait atteint 1.500 m. avant que des explosions ne le détruise pour former "La Somma", il y a 4.000 ans. Ce cratère fut comblé par des pyroclastites, des coulées de lave et des intrusions (dykes).
Après un repos relativement long, l'activité pyroclastique reprend, il y a 1.300 ans, et se poursuit jusqu'à nos jours.
La première éruption historique aurait duré 3 jours, produisant en 1718 le "vieux cratère" ... seuls témoins, les indiens Caraïbes habitant l'île.
En 1812, l'éruption fut précédée d'une période de séismes de 11 mois; elle produisit une nuée ardente qui tua 56 personnes et déposa plus de 20 m. de matériaux dans les vallées. En résulta le "nouveau cratère", tandis que le vieux cratère était occupé par un lac.

L'éruption de 1902
, contemporaine de l'éruption de la Montagne Pelée, produisit une nuée ardente paroxysmale qui tua 1.565 personnes. De VEI égale à 4, elle émis un volume de tephras supérieur à 380 millions de m³, suite à l'effondrement d'une colonne éruptive de plus de 9 m. (sous-estimée ...)
Ces nuées ardentes caractéristiques, émises à partir d'un cratère ouvert, accompagnées d'une colonne éruptive verticale atteignant plusieurs km. de hauteur avant de s'effondrer dans plusieurs directions, ont été prises comme référence : le type soufrière de St Vincent. (Lacroix 1904).

La crise d'avril-mai 1979 : Cet épisode a été analysé en détail par Bardintzeff (Volcanologie - ch.13 - "Autopsie d'une éruption ...")

soufr.St-Vincent-04.1979-R.Fiske.jpg                  La colonne éruptive en avril 1979 - R.Fiske - Smithsonian inst.

Pour faire court, le 17 avril, une éruption paroxysmale se déclenche à 16 h.57; le panache atteint 18,7 km. de haut, pour un diamètre de 140 km. à son sommet. Le magma arrive en surface dès le début de l'éruption. Onze évènements éruptifs se succèderont en 15 jours, suivis d'une phase de surrection d'un dôme de "croissance interne" - adjonction de lave en profondeur, sans qu'elle n'arrive à la surface - qui durera 5 mois.

soufr.St-Vincent-15.05.1979-W.H.Hunt--Nasa-.jpgLe sommet, le 15 mai 1979, durant les premièrs temps de la formation du dôme -
Photo W.H.Hunt - Nasa.

Ces nuées apparaissent typiques de St Vincent. Cette éruption n'a pas fait de victimes, le préfet ayant ordonné l'évacuation de 22.000 personnes, dont la majeure partie put regagner les habitations à partir du 14 mai.
Fin octobre, l'éruption était terminée.

L'analyse de Bardintzeff met en lumière une alternance explosion/extrusion, une alternance nuée ardente /dôme sur une période de 300 ans. Le temps séparant l'émission d'une nuée ardente et l'extrusion du dôme suivant est remarquablement constant : 62 à 69 ans pour les 3 derniers cycles; il pourrait correspondre au temps nécessaire à un nouveau remplissage du réservoir magmatique, vidangé en tout ou partie par les nuées ardentes.
 Le cycle de 1979 différe des précédents car, pour la première fois, la phase extrusive suit immédiatement la phase explosive; de plus en 1979, dôme et nuée proviennent du même magma, à la différence des 3 autres cycles, où les dômes ne seraient pas constitués du même magma que les nuées. Le volume total émis - 37,5 millions de m³ de tephras et 47,3 millions de m³ de dôme - reste inférieur à celui supposé du réservoir magmatique et prouve que celui-ci ne s'est vidé qu'en partie.

Sources :
- "Volcanologie" de J-M.Bardintzeff - Ed.Dunod
- Global volcanism Program - Soufrière Saint Vincent
  avec lien vers les photos de 1979.

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Le volcan doit son nom à l'aspect désolé de ses flancs couverts de cendres suite à une éruption qui eut lieu avant l'arrivée des premiers colons, vers 1635.
La Montagne Pelée domine le nord de l'île de sa masse importante qui culmine à 1.397 mètres.

Mt-Pelee---R.Fiske-1977-Smits.inst.jpg               La Montagne Pelée - photo R.Fiske 1977 - Smithsonian institution.

Trois phases importantes ont rythmé son évolution
:

phases_mpelee00e.gif1. phase Paléo Pelée : +/- 350.000 ans: durant cette phase initiale, la Montagne Pelée est un stratovolcan "ordinaire"; son cône est formé de couches de lave et de débris volcaniques fragmentés. Les restes de cette structure sont visibles sur les flancs N. et O. de l'édifice moderne. Cette phase fut suivie d'une longue période de repos durant laquelle se creusent de profondes vallées..

phases_mpelee01e.gif2. une phase intermédiaire débute vers 100.000 ans pour se terminer vers 20.000 ans. Durant cette phase, de nombreuses nuées ardentes, résultant de l'écroulement de colonnes éruptives, empruntent les vallées creusées en première phase.
C'est durant cette période que se formera une caldeira dont ne subsiste que le rempart N : Morne Macouba.

3. La phase "récente" débute, il y a 13.500 ans, après une relative période de calme. Durant les derniers 5.000 ans, plus de 20 éruptions majeures s'y sont déroulées, avec une alternance d'émission de ponces et de nuées pyroclastiques de type péléen, associées à la mise en place de dômes andésitiques..
Une éruption péléenne est une éruption caractérisée par l'émission d'une lave visqueuse formant difficilement des coulées; la lave s'accumule au point de sortie en un dôme ou une aiguille de lave, qui peuvent exploser ou s'effondrer en formant des nuées ardentes (écoulements pyroclastiques) accompagnées d'un panache se développant en altitude.

 

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                      Les deux dômes de la caldeira sommitale, l'Etang sec -

                                photo W.Melson - Smithsonian institution.


Le cratère sommital - "l'étang sec" - est rempli par deux dômes qui se sont mis en place durant les dernières fortes éruptions, en 1902 et 1929.

Au 18° siècle, quatre éruptions ont répertoriées : 1792, 1851 (éruptions phréatiques ou phréatomagmatiques) , 1902 et 1929 (éruptions magmatiques)

phases mpelee05e
phases_mpelee06e.gif












Schémas : MountPelee.com

L'éruption de 1902, étudiée par le professeur Alfred Lacroix :

Après divers signes précurseurs depuis février 1902, l'éruption est entrée dans une phase magmatique à partir du 6 mai, alors qu'elle n'avait avant qu'un caractère phréatique. (S.Chretien & Brousse 1988)

"Au matin du 8 mai, les cloches sonnent le jour de l'Ascension dans un ciel clair, mais à 8 h.01 se déchaîne la colère du volcan. Une nuée ardente descend la vallée de la Rivière Blanche à 500 km/h. (140 m/sec.) et anéantit Saint-Pierre. Une onde de choc l'a précédée, en atteignant une vitesse supersonique et provoquant un écart de pression de 36 mm. de mercure en quelques millisecondes. Vingt huit mille personnes y trouvent une mort instantanée et seuls deux miraculéss survivent, le cordonnier Léandre et le prisonnier Cyparis. La nuée ardente a dévasté 58 km². D'autres nuées suivent, de moins en moins intenses et de plus en plus éloignées dans le temps les unes des autres: le 20 et 26 mai, le 6 juin et le 9 juillet.
La nuée ardente majeure du 30 août 1902 dépasse cependant en intensité celle du 8 mai. elle dévaste une superficie deux fois plus importante et tue encore 1.000 personnes à Morne Rouge. L'éruption continue durant plus d'une année. ..." (Volcanologie - J.M.Bardintzeff)

Des mélanges de magma sont considérés comme facteur possible de déclenchement d'une éruption explosive, par induction de brusques variations des conditions thermodynamiques, et à l'origine des nuées de 1902 et de 1929.
Donnée du GVP : VEI = 4 - vol. de lave émis : 140 millions de m³ - vol. de tephras émis : 200 millions de m³

Mt.Pelee---St.Pierre-1902-.jpg                      StPierre dévasté en 1902 - Archives Swisseduc.ch
               un clic sur la photo pour arriver aux photos d'archives de l'éruption.

La dernière éruption connue date de 1932. De la sismicité a été relatée en 1986.

51RD8FW12NL._SS500_.jpgA lire :

CHRETIEN S. (s.d.) - Identification et analyse des phénomènes précédant l'éruption du 8 mai 1902 de la Montagne Pelée (Martinique) d'après les documents de l'époque . - Pais : CNRS ; Institut National d'Astronomie et de Géophysique. - Thèse de Sciences Physiques. 243p.

CHRETIEN S. ; BROUSSE R. (1988) - La montagne Pelée se réveille : Comment se prépare une éruption cataclysmique . - Paris : Société Nouvelle des Editions Boubée. 243p.


Sources:
- Global Volcanism Program - Pelée
- "Volcanologie", de J-M.Bardintzeff (Ed.Dunod)
- Lave-vocans.com - suivre : Fiches - fiches scientifiques - B3
   La Montagne Pelée par S.Chrétien
- "La Montagne Pelée", par Eric Reiter, dont la chronologie détaillée  de l'éruption de 1902.
- Swisseduc.ch: "The 1902 éruption and geological background"
- "All about Mount Pelée volcano" - MountPelee.com
-  IPGP - link Observatoire de La Martinique

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Publié le par Bernard Duyck
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Caribbean Plate map-fr
Le volcanisme de la plaque Caraïbe ne se manifeste qu'aux endroits de subduction (en bleu marine) :
- au sud-ouest, les volcans d'Amérique centrale : au Guatemala, Salvador, Nicaragua et Costa Rica , vus par ailleurs
- à l'est, les volcans de l'arc des petites Antilles.

kej 3La frontière orientale de la plaque contient 17 volcans actifs.
Les plus connus sont :
- Soufrière Hills, sur Montserrat
- La montagne Pelée, sur La Martinique
- La grande Soufrière, sur La Guadeloupe
- La Soufrière de St Vincent, sur l'île du même nom
- le volcan sous-marin Kick'em Jenny, près de La Grenade.

La plaque de l'atlantique sud s'enfonce à raison de 2 à 4 cm par an sous la plaque Caraïbe; cette subduction produit le long de cette bordure une série d'îles volcaniques formant un arc interne, et un arc externe d'accrétion.
An niveau des petites Antilles, nous avons deux arcs volcaniques :
- le plus ancien, à l'est, est issu d'un premier épisode volcanique, datant de 55 millions d'années. Les îles produites ont été érodées et recouvertes de calcaire corallien.
C'est la cas d'Antigua, de StMartin, de la Grande-Terre et de la Barbade.
- le second arc, plus à l'ouest, date de moins de 5 millions d'années et présente lui un volcanisme toujours actif.
Il s'agit de Montserrat, de la Basse-Terre, de La Dominique et de SteLucie.

volcano1_h1.jpgUne autre perspective sur l'arc antillais montre la ligne de subduction, et à gauche de la photo, la légère divergence des deux arcs volcaniques.
En haut de la photo, l'arc volcanique méso-américain. - Document Nasa.


Sources :
- Global Volcanism Program : Volcanoes of the West Indies
- IPGP - Institut de Physique du Globe de Paris
  observatoires de La Guadeloupe et de La Martinique.
- The University of the West Indies

Demain, analyse des volcans actifs et de leur éruptions historiques.

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La catastrophe haïtienne a mis en lumière la plaque Caraïbe ... c'est ce qui m'incite à analyser en détails le volcanisme et la géologie de cette région.

Extraits de "Tectonic reconstructions of the Caribbean Regions" de James Pindell 1994.


Il y a 200 millions d'années, l'Amérique du nord, l'amérique du sud et l'Afrique sont relativement "proches". Beaucoup d'incertitudes demeurent concernant les directions exactes des grands blocs... avec une émergence timide du bloc Yucatan.


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130 millions d'années : le Yucatan se dessine, et un échange de faune N-S. / S-N. s'effectuerait à cette époque.





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   Carib100-Ma.gif                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           
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Entre 120 et 75 millions d'années, formation progressive de la plaque Caraïbe, avec au NE. dégagement de l'arc Caraïbe et au SO. dégagement des futurs costa rica et Panama, tandis que la subduction est active avec du volcanisme au niveau de la cordillère sud-américaine.

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Mise en place de la plaque Caraïbe, qui se glisse entre les deux plaques Américaines.

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Début de fermeture de l'isthme de Panama, avec au sud, la plaque Cocos subductée sous un angle plus important.

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Une théorie alternative à celle présentée et intitulée "Global wrench Tectonics", qu'on peut traduire par "Tectonique globale de torsion" nous explique une représentation nouvelle, sans recourir à l'hypothèse de la "tectonique des plaques" ...
Pour ceux qui seraient intéressé par la contradiction, je joins la référence dans les "sources".

Situation actuelle communément admise:

Tectonic_plates_Caribbean.png


Sources :
-"Tectonic reconstructions of the Caribbean Region" :
 
Pindell, J.L., 1994, Evolution of the Gulf of Mexico and the Caribbean: in Donovan S.K. and Jackson,   T. A. (eds.) Caribbean Geology: an introduction, University of the West Indies Publishers Association/University of the West Indies Press, Kingston, Jamaica, p. 13-39.
- "Caribbean évolution - a new account": théorie contradictoire 
 
de  K.Storedvedt.- 2009
   http://www.geolsoc.org.uk/gsl/site/GSL/lang/en/page6816.html

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