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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

Mars, la planète rouge, est aussi captivante par son aspect que par sa morphologie.

 

 mars-3.jpg

                         La planète rouge - MARS -  25.02.2004  photo du télescope Hubble.

 

Plusieurs traits saillants ressortent au premier coup d’œil : la distribution disparate des terres à sa surface, et la chaîne de volcans géants, situés près de son équateur, connue sous le nom de « Tharsis rise ».

Comme la planète Mars ne possède pas de tectonique des plaques, comment se sont formées ces structures uniques ?

 

Des scientifiques de la Nasa ont tracé une carte du magnétisme martien et découvert que la planète a été affectée dans son histoire par une activité tectonique .

C’est grâce aux informations de l’Orbiter de Mars global Surveyor  donnée sur 4 ans d’orbite constante autour de la planète rouge qu’une carte haute résolution du champ magnétique martien a pu être dressée : on y observe des alternances similaires inscrites dans la continuité du champ magnétique fossile terrien.

Chaque fois que la tectonique des plaques force celles-ci à se compresser, elles se redressent sous la pression des roches en fusion remontant du manteau ; après refroidissement de la nouvelle formation rocheuse, celle-ci se magnétise selon l’orientation du champ magnétique local et de l’époque. Alors que les strates se superposent progressivement, l’orientation du champ magnétique correspondant à ces épisodes spécifiques s’y inscrit.

La carte magnétique permet de voir les régions martiennes là où une nouvelle croûte a été formée à partir de matériaux amenés par le manteau remontant et se répendant en surface suite à une activité tectonique 

(Remy Decourt – Flashspace).


Une autre hypothèse osée a été émise récemment:  au lieu de plaques différentes glissant à la surface de la planète rouge, c’est l’ensemble de la croûte qui se déplace … une seule « coquille » mouvante autour de la planète.

La surface terrestre se compose de nombreuses plaques tectoniques et leur mouvement a produit une dichotomie au niveau de la croûte facilement reconnaissable : la plupart des terres émergées sont situées dans l’hémisphère nord.

 Mars, en l’absence de plaques séparées, possède sa propre dichotomie : les basses terres prédominent dans l’hémisphère nord et les hauts-plateaux sont concentrés dans l’hémisphère sud.

 

Deux théories s’affrontent au sujet de l’asymétrie existant entre les masses de terres dans les deux hémisphères : la première serait liée à un impact géant dans l’hémisphère nord, avec des éjectats dans l’hémisphère opposé. La deuxième privilégie des processus internes à la planète. Les partisans de cette théorie endogène suggèrent que la croûte de terres martiennes tourne autour d’un « noyau intérieur ».

Shijie Zhong, de l’université du Colorado, a démontré que la « rotation différentielle » d’une seule plaque est possible si deux conditions sont remplies : une convection « à un niveau », qui implique une remontée dans un seul hémisphère – l’autre hémisphère est dépourvu par conséquence de toute activité volcanique – ET un écartement latéral, facilité par la présence de matériaux en fusion.


MONTS-MARSIENS.jpg


marstypevolcan.jpg


Les volcans alignés  sont ARSIA, PAVONIS et ASCRAEUS.

Le volcan en haut à gauche : le géant OLYMPUS, la plus grande structure volcanique du système solaire.

 

Le « Tharsis rise » présente un autre mystère que la tectonique ne peut expliquer : elle contient 4 des plus grands volcans du système solaire, et trois d’entre eux sont alignés : Arsia mons, Pavonis mons et Ascraeus mons.

Leur alignements fait penser à une formation de type hawaiien, en raison d’un panache mantellique.

Ce qui serait explicable également par une remontée massive  et unique dans un hémisphère.

Bien que le « Tharsis rise » se soit formé rapidement et tôt dans l’histoire Martienne (3,8 billion d’années), Zhong pense que ce panache (cette remontée magmatique) n’est pas éteint, mais moins actif qu’au début … ce qui laisse supposer un autre épisode actif dans le futur.

 

D’autres volcans – Elysium mons - sont situés dans l’hémisphère opposé. Formés plus tardivement, ils l’auraient été à un moment où la planète avait moins d’eau à disposition. Quand la planète s’est « déshydratée », beaucoup de systèmes de remontée magmatique furent créés dans d’autres parties de la planète.

 

 

La région de THARSIS :

 

La région de Tharsis est un vaste plateau de 5.500 km. de diamètre et d'une hauteur de 6 à 10 kilomètres, qui porte sur son dos les édifices volcaniques les plus importants de la planète Mars. Cet énorme renflement de la surface martienne comprimerait la croûte sous 400 bars de pression. L'activité volcanique du dôme de Tharsis pourrait avoir commencé il y a 3 milliards d'années et s'être prolongée dans le temps pour s'achever finalement vers 800 millions d'années, très récemment donc d'un point de vue géologique.

 

Les principaux édifices du dôme de Tharsis sont des volcans boucliers. Caractérisés par une pente faiblement inclinée (moins de 5°), ils sont formés de la superposition d'un grand nombre de coulées. En cela, ils sont semblables aux volcans des îles Hawaï, au Piton de la Fournaise de l'île de la Réunion, aux volcans des îles Galápagos, ou encore ceux d'Afrique ou d'Islande. Leur sommet est également marqué par une caldeira, gigantesque affaissement circulaire formé généralement lors du retrait brutal du magma de la cheminée, à la suite d'une éruption importante ou de l'ouverture de fissures latérales qui vont provoquer la vidange de la chambre magmatique. Dans le cas de volcans caractérisés par des éruptions explosives, le sommet de l'édifice peut être proprement décapité, l'explosion laissant derrière elle une dépression que l'on peut aussi qualifier de caldeira. 

                                                          Pavonis Mons - 17.000 m. - diam 400 km.

pavonis.jpgLe dôme de Tharsis est surmonté par trois énormes volcans boucliers alignés le long d'une fracture de la croûte superficielle de direction nord-est sud-ouest et séparé de 700 km les uns des autres : Ascraeus Mons (18 200 mètres de haut), Pavonis Mons(14 120 mètres de haut) et Arsia Mons (17 400 mètres de haut).

Cette direction est essentielle pour comprendre les événements qui ont affecté la région de Tharsis. Les coulées de lave elles-mêmes se sont progressivement concentrées le long de fractures orientées dans la direction nord-est sud-ouest.

Si les boucliers martiens ressemblent fortement aux volcans terrestres, ils s'en distinguent toutefois par une caractéristique majeure : leur taille ! 

Arsia, Pavonis ou Ascraeus Mons sont en effet des édifices gigantesques, d'une taille démesurée ! Ils mesurent chacun 400 km de diamètre environ et s'élève à 20 km de hauteur. De la même manière, leur caldeira sont affectées du même gigantisme. La caldeira d'Arsia Mons a un diamètre de 110 km, alors que celle du volcan Mauna Loa dans les îles Hawaii ne mesure que 2,7 km de diamètre. La profondeur de ces dépressions sommitales atteint par endroit 3 à 4 kilomètres.

Les trois volcans géants du dôme de Tharsis battent déjà pas mal de record, mais avec Olympus Mons, on atteint le sommet ! Le plus célèbre des volcans martiens est situé sur la bordure nord-ouest du dôme de Tharsis, à 1600 km des trois volcans précédents.

 

Demain : Olympus Mons.

 

Sources :

- Futura Sciences : http://orbitmars.futura-sciences.com/mars7.php

- Photos Galerie martienne :

  http://orbitmars.futura-sciences.com/galerie_missions/index.php

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

En ces périodes de fêtes, nous allons prendre de la hauteur, et nous intéresser au merveilleux, à ce que nous ne pourrons jamais aller voir nous-mêmes :

 

                      Le Volcanisme planétaire.


 

Goursac-Mars9.jpg

                Le géant martien, Olympus Mons - photo Nasa in "Visions de Mars" Ed. La Martinière.

 

 

Ce volcanisme extra-terrestre, abondant et varié, existe sur différentes planètes du système solaire, maintenant prospecté par diverses sondes spatiales depuis les années 80.

 

Où trouvez du volcanisme dans notre système solaire et quelles sont les conditions qui régissent son existence ?

 

On peut faire un premier tri en éliminant les plus grandes planètes, les planètes gazeuses, qui ne sont le siège d’aucun volcanisme. On s’intéressera donc uniquement aux planètes et satellites telluriques, principalement constitués de roches et de fer : Mercure, Vénus, Mars, Terre, Lune et Io principalement.

 

Un autre critère est la relation entre tectonique et volcanisme pour les différentes planètes et satellites. Ces deux phénomènes sont liés.

Leurs intensités respectives augmentent avec le diamètre de la planète … c’est ainsi que le volcanisme est plus intense sur Vénus et sur Terre que sur Mercure et Mars.

La distance au corps central de rotation relativement au rayon de celui-ci joue un rôle primordial : une distance faible vis-à-vis d’un corps de grande taille induit un volcanisme important ! ; Pour la Terre, il s’agit de la distance par rapport au soleil ; pour Io (un satellite), de la distance par rapport à Jupiter.

 Ijen---Kendeng 0220

Volcanisme et tectonique des corps planétaires du système solaire - in Volcanologie - Bardintzeff.

Le volcanisme est indiqué par les traits horizontaux, la tectonique par les traits verticaux, selon le

principe : 0 trait = abscence, 3 traits = intense.


On constatera que les planètes présentant du volcanisme se concentrent, dans le diagramme ci-dessous, à une distance optimale relative au corps planétaire et la nécessité pour celui-ci d’avoir un certain rayon.  (Basilevsky – 1990)

 

Il y a de plus une relation entre la taille de la planète hôte et la durée du volcanisme sur celle-ci. On peut considérer, à un instant donné, que Vénus et la Terre sont des « corps chauds », que Mars est un « corps tiède », et que la Lune et Mercure sont des « corps froids ».

Pourquoi cette différence, alors que, d’après les mesures de surface, ces cinq corps célestes possèdent la même radioactivité intrinsèque, fournissant la même quantité de chaleur par unité de volume ?

Supposons ces cinq corps en équilibre thermique : la chaleur produite à l’intérieur étant égale aux pertes calorifiques dues au flux géothermique. La chaleur est produite dans un volume, et donc proportionnelle au cube du rayon. La perte de chaleur, se faisant par la surface, est elle proportionnelle au carré du rayon.

La température dépend donc du rapport volume / surface, c.à.d. du rayon du corps céleste.

En conséquence, plus une planète est grosse, plus elle est « chaude » et donc volcaniquement active.

 

D’autres facteurs interviennent encore :

D’après ce qui précède, Io, de taille, masse et densité légèrement supérieure à notre Lune, devrait être volcaniquement inactif. Les missions Voyager et Galiléo ont révélé l’inverse : Io est le corps céleste le plus actif et le plus volcanique, avec des centaines de volcans de toutes morphologies.

Plus de 10 volcans montrent en permanence leur panache s’élevant à plus de 200 km. de hauteur. Entre 1979 et 1997, dates des survols, plusieurs milliers de km² de nouvelles coulées de lave ont été émises.

Les mesures infra-rouges montrent des températures superficielles et localisées supérieures à 1.300°C.

 

Ioactiveplume                            Le satellite Io présentant des panaches (en agrandissements) - Nasa .


La cause de cette débauche d’énergie ?    Les marées.

Io est très proche de la planète géante Jupiter, ce qui engendre des marées sur ce satellite : une déformation permanente sous forme d’un bourrelet moyen permanent de 7 km.

L’orbite d’ Io est sous l’influence d’autres satellites, Europe, Ganymède et Callisto, et voit son orbite périodiquement déformée, sa vitesse de révolution modifiée et la dimension du bourrelet osciller de plus ou moins 100 mètres.

Toutes ces modifications sont sources de fortes frictions, donc sources de chaleur, qui est à l’origine du volcanisme observé.

 

Sources :

- "Volcanologie" de Jacques-Marie Bardintzeff - Ed. Dunod

- "Le volcanisme dans le système solaire" - Planète Terre.

- "Orbitmars" in Futura Sciences.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pour terminer cette série sur le volcanisme sous-marin, milieu réservé à quelques spécialistes et qui restera malheureusement inaccessible à la plupart d'entre nous, je vous propose quelques belles photos ...
Pas de brainstorming aujourd'hui, on se laisse aller ... poésie et charme des profondeurs!

undersea-volcano-advancing-flow-sulfur-rks-zoom2.jpg           Le NW Rota -1 émettant des gouttelettes de soufre qui jaunissent le panache gazeux et la lave alentour.
                             Image courtesy of Submarine Ring of Fire 2006 Exploration, NOAA Vents Program


Eifuku-volc-jpg

Eifuku_chimneys_bubbles---Wikip.jpgDans l'arc des Mariannes, des bulles de CO2 liquide s'échappent des cheminées (50 cm. hauteur - température 103°C)   ... "champagne" volcanique ! - Volcan Eifuku .
 Image courtesy of Submarine Ring of Fire 2004 Exploration, NOAA-OE.


Hodgkins_Seamount1.jpg                                                       Hodgkins seamont - NOAA Ocean Explorer 2006 .
                                               La douceur des courbes volcaniques dans " le grand bleu" - Sérénité.


Source :

NOAA - NOAA Ocean Explorer - Submarine ring of fire 2006.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les sites hydrothermaux des fonds marins peuvent être considérés comme une version sous-marine des sites du parc national du Yellowstone.

L'eau de mer froide située dans des fissures profondes est chauffée par le magma; elle devient bouillante et remonte vers le plancher océanique.
Au lieu de former une source chaude ou un geyser, comme au Yellowstone, les fluides chauffés remontent à la façon d'une montgolfière dans l'océan froid, et se refroidissent en se mélangeant avec l'eau de mer froide jusqu'à dispersion totale.

Les conditions favorables pour avoir des évents hydrothermaux sont rencontrées dans deux types d'environnements marins profonds, où le magma monte pour former une nouvelle croûte :
   - les dorsales océaniques (mid-ocean ridges)
   - les volcans d'arc insulaires (island arc volcanoes)

Les dorsales médio-océaniques sont des structures linéaires parcourant le fond des océans à l'endroit de divergence de deux plaques tectoniques; à ces endroits, une croûte océanique se crée.

Au niveau des arcs insulaires (vus précédemment), suite au phénomène de subduction, de la croûte retourne vers la manteau terrestre pour y être digérée.
fig1_600.jpg  Le cercle de feu sous-marin du Pacifique ( les limites des plaques tectoniques sont indiquées en noir)

Ces deux environnements forment le "cercle de feu sous-marin", entourant l'océan Pacifique.

On retrouve le même phénomène au niveau de la dorsale médio-atlantique.
Une équipe franco-portuguo-américaine a procédé à l'imagerie de la dorsale à l'aplomb du volcan Lucky strike, au sud des açores. Ce volcan sous-marin présente un vaste complexe hydrothermal de 1 km², situé à 1650 m. de profondeur.

Lucy-Strike--IPGP-CNRS.jpg
Segment de la dorsale médio-Atlantique au site Lucky Strike. Le contour fin noir est à 2000 mètres de profondeur, il délimite le volcan au centre de la vallée axiale et l'étoile bleue indique le champ hydrothermal. Les pointillés rouges indiquent les failles qui bordent la vallée axiale et les pointillés noirs celles qui délimitent le fossé central (rift). Le rectangle blanc indique la zone d'étude, les traits noirs les profils de sismique réflexion et les traits rouges l'emplacement de la chambre magmatique. - Document IPGP/ CNRS.

Cette étude a permis d'identifier et délimiter une chambre magmatique de 7 km. sur 4, située à 3 m. sous le volcan, ainsi que des failles atteignant en profondeur la chambre magmatique, ce qui permet les échanges thermiques.



Mid ocean ridge crest
                        Mid ocean ridge crest - Dorsale médio-océanique - Document NOAA.


Contrairement aux évents des arcs volcaniques, localisés bien souvent au sommet des édifices volcaniques, les champs hydrothermaux peuvent se trouver disséminés n'importe où sur la dorsale où il faut repérer un petit panache plutôt que son évent.
Comment trouver et localiser un petit panache dans un gigantesque océan ?

Le bateau de recherche navigue en suivant la dorsale, traînant dans son sillage les appareils de mesure. Ceux-ci sont continuellement descendus et remontés alternativement, créant une figure en dent de scie dans la mer.
dorsale océanique activeL'informatique couplée va créer une image bidimentionelle du panache sous-marin.


  Image courtesy of Submarine Ring of Fire 2002, NOAA/OER.

Une fois le panache détecté et localisé, la tâche est transférée aux engins d'exploration des fonds sous-marins : ils doivent trouver les évents et les communautés biologiques associées. On utilise différents types d'engins : des ROV (Remotely Operated vehicles), des AUV ( Autonomus Underwater Vehicles) ou des submersibles habités comme l'Alvin, dont la mission sera de cartographier les champs d'évents hydrothermaux et  récolter des échantillons chimiques, géologiques et biologiques.rovops_600.jpg


Système ROV relié au navire de surface par fibre optique.
Il peut communiquer avec un labo type ROPOS (Canadien),
commandé depuis le bateau et susceptible lui d'atteindre des
profondeurs allant jusqu'à 5.000 m.
Le ROPOS est équipé de 2 caméras, de 2 bras préhensiles,
d'un aspirateur et de compartiments de stockage d'échantillons.
Toutes les données et images recueuillies sont ensuite
transmises  ou analysées à bord.













chemistry_600.jpg        Une notion de chimie sous-marine au niveau d'une dorsale océanique - Document NOAA.

Le volcanisme au niveau des dorsales a un rôle majeur dans le maintien de la composition chimique des océans. La chaleur du magma génère la convection de l'eau de mer au travers de la croûte terrestre et son enrichissement en minéraux au passage.
Certains métaux voient leur concentration multipliée par un million dans les fluides hydrothermaux par rapport à celle de l'eau de mer "normale".
Des éléments, comme l'hélium primordial (l'isotope stable 3), présent lors de la formation de la Terre, continue à transpirer du manteau grâce aux évents de la dorsale, avant d'entrer dans l'atmosphère avec la remontée des eaux profondes.


Bien que pouvant ne se développer que sur une zone limitée du plancher océanique, l'hydrothermalisme influence la totalité des océans et est le support de communautés biologiques qui constitueraient la niche écologique terrestre primitive. On est surpris de découvrir des évents dans des endroits inattendus, de trouver des composés chimiques non prévus, et de cataloguer de nouvelles espèces.
Cette recherche difficile effectuée en milieu extrême est d'autant plus valorisante qu'elle nous permet de comprendre les mécanismes de base régissant notre planète.

Sources :
- NOAA - Exploring for hydrothermal systems in the deep ocean.
- IPGP/CNRS : Institut de Physique du Globe de Paris
  article sur Futura-Sciences
     http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/geologie-1/d/decouverte-dune-chambre-magmatique-sous-la-dorsale-   medio-atlantique_9551/

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

arc-Kermadec.gif                   L'arc des Kermadec, avec les îles en vert et les volcans sous-marins en jaune -
                                       les sites actifs sont marqués par un point rouge.

L'arc des Kermadec est l'extension sud de l'arc océanique Tonga-Kermadec, situé au NE. de la Nouvelle Zélande.
Nonante quatre volcans existent le long de l'arc Tonga-Kermadec dont 74 sous-marins.

1. L'arc des Kermadec :

L'expédition NZAPlume de 1999 a mis sous surveillance la partie sud et trouvé 7 volcans hydrothermalement actifs sur 13. (en rouge sur la carte).
La majorité des évents sont situés à proximité des sommets des volcans. Le volcan "Brothers" a pour sa part desux champs séparés d'évents.

Brothers volcano est une caldeira volcanique mesurant extérieurement 8 x 5 km. , intérieurement 3 - 3,5 km. Un cône s'est formé à l'intérieur de la caldeira profonde de 1.850 m.

brothers map 600 - Kermadec                     Bathymétrie du volcan Brothers et zone étudiée par le submersible - Doc. NOAA

Des fumeurs noirs (Black smokers) furent découvert le long des parois NO.
Les fumeurs noirs et la vie luxuriante associée ne furent découvert qu'en 1979, grâce au submersible américain "Alvin". Ils constituent un écosystème basé sur une production primaire assurée par des bactéries chimiosynthétiques; les conditions de vie y sont extrêmes, les fumeurs noirs émettant une eau sulfureuse à très haute température (350°C), non dilué par l'eau de mer avant l'émission.
Les micro-organismes capables de supporter ces hautes températures sont  qualifiés d'hyperthermophiles. Les plus fréquentes sont les archaea, et parmi elles les genres Pyrococcus, Sulfolobus - rencontrés au Yellowstone - Thermoplasma Pyrolobus, etc.
Pyrolobus Fumarii détient le record de température : elle ne se reproduit pas en dessous de 90°C et peut le faire jusqu'à 113°C , et toujours sous une pression élevée ! Des virus thermophiles pouvant infecter ces bactéries ont aussi été découverts.

Brothers_blacksmoker_hires.jpg                      Black smoker - Fumeur noir situé dans la caldeira du "Brothers" - Photo NOAA

Différentes plongées ont revélé des cheminées pouvant aller de 6 à 8 m. de haut, et émettant des fluides de température variant entre 65 et plus de 300°C. (mesures par Pisces V). Les conditions de turbulences n'ont pas permis une exploration totale de la caldeira, sur laquelle il sera intéressant de revenir.

chimney_crab_600.jpgLa vie est bien présente malgré le milieu hostile : au centre de la photo, un crabe semble très
 bien se porter. - photo NOAA.

subarcvolc_576.jpg
Schéma de fonctionnement d'un évent situé sur un arc volcanique - Document NOAA.
Les lignes hachurées représente la croûte perméable dans laquelle pénètre l'eau de mer et la circulation hydrothermale avec des fluides ascendants sortant selon la profondeur à une température variant entre 100 et 350°C.
Les bulles jaunes et les flèches-zébrées représente la sortie des fluides magmatiques.
La plupart des substances chimiquessortent par la cheminée en formant un "fumeur noir".

ajout de dernière minute : signalé par USGS earthquake hazards program
Magnitude 5.6 - KERMADEC ISLANDS REGION

2009 December 16 12:36:42 UTC



2. l'arc des Tonga :

La structure des plaques en interaction dans la zone de subduction des Tonga-Kermadec est quelque peu différente de celles des autres zones de convergence de plaques. Les angles de subduction sont plus élevés et, en conséquence, il y a plus de séismes profonds.

Les mesures GPS montrent que l'arc insulaire des Tonga se déplace rapidement vers la Plaque Pacifique (à une vitesse de l'ordre de 20 cm/an; l'endroit où le déplacement des plaques est le plus rapide au monde) avec un léger mouvement de rotation dans le sens des aiguilles d'une montre. En réalité, l'arc des Tonga occupe une microplaque séparée de la Plaque Australienne par des centres d'expansion océanique situés dans le Bassin de Lau (bassin d'arrière-arc). Lorsque le Bassin de Lau s'ouvre (accrétion), l'arc des Tonga se déplace vers l'est en s'écartant de la plaque australienne. Le résultat est une augmentation par addition du taux de convergence du fossé des Tonga. Pendant que l'arc des Tonga se déplace vers l'est, la plaque Pacifique plonge ou pousse l'arc du Tonga produisant de nombreux tremblements de terre durant l'enfoncement de la Plaque Pacifique.


Santo-cadre-structural-fig01.jpg
Rappelez-vous la superbe éruption du 17 au 21 mars 2009 sur Hunga Ha'apai qui a permis de vivre en direct une éruption sous-marine et particulièrement ses manifestations aériennes : superbes volutes "cypressoïdes" caractéristiques des éruptions phréatomagmatiques ou surtseyennes (*)

D.Stephenson---4---18.03.2009.jpg            Double éruption type surtseyen off-shore à gauche et sur l'île Hunga Ha'apai, à droite
                                            photo D.Stephenson 18.03.2009.

Les petites îles de Hunga Tonga et Hunga Ha'apai coiffent un large volcan sous-marin localisé au SSE de l'île Falcon : ces deux îles allongées - s'élevant de 149 et 128 m. au dessus du niveau de la mer -  représentent les restes Ouest et Nord d'une large caldera sous-marine.
La première éruption historiquement répertoriée à cet endroit date de 1912 et a été suivie de nombreuses éruptions sous-marines. (GVP)

D.Stephenson---18.03.2009.jpg                  Retombées de cendres et bombes, avec "base surges"  (*) au raz de la surface océanique.
                                                           photo D.stephenson 18.03.2009.

Douze volcans sur les 18 répertoriés par le Global Volcanism Program dans l'arc des Tongas sont des volcans sous-marins


Glossaire :

- Base surges : Flot turbulent d'un mix de cendres volcaniques, gaz et eau, généré par la rencontre du magma et de l'eau et s'expansant dans toutes les directions à partir de la base de la colonne éruptive.
Le mot "surge" a été utilisé pour la première fois pour décrire l'anneau qui se forme à la base des nuées produites par une explosion nucléaire.
- Phréatomagmatique : qualificatif d'une éruption hydromagmatique subaérienne. La rencontre du magma et de l'eau est caractérisée par des explosions violentes, rythmiques sous forme de gerbes "cypressoïdes" correspondant à l'éjection latérale de blocs depuis la colonne éruptive, riche en vapeur d'eau, à la limite de la saturation. La pulvérisation intense des matériaux produit de grandes quantités de cendres fines et poussières, qui sont entrainées dans un panache dilué en forme de champignon.
- Eruption surtseyenne : le dynamisme surtseyen, mis en évidence en Islande, est caractéristique d'éruptions sous-marines de faible profondeur. Le magma chaud se retrouve au contact de l'eau et libère brutalement ses gaz, lors de violentes explosions. La lave émise est réduite en particules très fines; ces cendres gorgées d'eau sont projetées sous formes de panaches à l'allure de cyprès particulièrement noirs.

Sources :

- Expédition sur l'arc des Kermadec 2005 : NOAA
     http://oceanexplorer.noaa.gov/explorations/05fire/logs/leg2_summary/leg2_summary.html

- les meilleures photos de l'éruption de mars sur les Tongas sur
  boston.com - the best pictures :
    http://www.boston.com/bigpicture/2009/03/undersea_eruptions_near_tonga.html

- GVP - Global Volcanism Program :
  - GVP - Volcans des Tonga
  - GVP - Volcans Néo-Zélandais - Kermadec sud
  - GVP - Volcans de l'arc des Kermadec

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

NW-Rota-1-Brimstone-pit-2006-2.jpg             NW Rota 1 - Arc des Mariannes - Brimstone pit 2006 -              photo NOAA Ocean explorer.
    Dans le panache, poussières volcaniques, morceaux de roches et gouttes de soufre liquide se mèlent aux gaz.

Découvert en 2003 lors d'une mission de surveillance de l'arc des Mariannes (au sud du Japon) de part son activité hydrothermale, ce volcan fut baptisé "NW Rota-1".

En 2004, une équipe du NOAA envoie un sous-marin pour rechercher des volcans sous-marins sur la chaîne des Mariannes ... et ils trouvent un volcan en éruption, à 560 m. sous la surface de l'océan Pacifique.

  IBM-Locality.JPG

Contexte tectonique de subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Philippines , couplée à un bassin d'arrière-arc en extension.


 

srof06 south dives 600                                      L'arc des Mariannes - section sud - Doc.NOAA

                                            les parties émergées sont en vert.


En 2005, un autre véhicule est mis à l'eau et il peut s'approcher à moins de trois mètres du volcan en éruption. Une collecte d'échantillons d'eau et de sédiments est effectuée.

Il semble d'ailleurs que NW Rota-1 soit en activité permanente depuis 5 ans au moins. Pour preuve : au cours des trois dernières années, les émissions de cendres, de roches et de soufre ont édifié un cône de 40 mètres de haut et 300 mètres de large à la base !


 

volcan-sous marin-2 NW Rota 1                                                              Le cône du NW Rota -1 . Doc. NOAA.

                            des gouttelettes de soufre liquide colore en jaune le nuage de bulles



Rota-1----04.2006.jpgRota-1 - éruption 04.2006 -
Every visit to Brimstone Pit with Jason was more incredible than the last, until finally we saw glowing red lava jetting out of the vent on our last dive! That sight was simply beyond belief! Image courtesy of Submarine Ring of Fire 2006 Exploration, NOAA Vents Program.


nwrota_redrock_600.jpgLe NW Rota-1 est un volcan basaltique à andésito-basaltique, et est étonnamment en perpétuelle activité, comme le confirme les explorations annuelles. Un sonogramme a été réalisé cette année par Jason, le submersible utilisé sur zone par le NOAA.




NW-Rota-1-bathymetrie-.jpg
       Bathymétrie du volcan, échelle exagérée verticalement 2 x et s'étalant de moins 525 m.
                                   à moins 3.100 m.   -   Document NOAA.

Andesite-lava-vesicules-soufre---rota-breamstone-pit.jpgNewly formed near Brimstone Pit, this piece of andesite lava is about 4 in across. It shows elemental sulfur infilling the vesicles in the lava. A close-up of the sulfur (shown in the inset), which would have been liquid as it fills the cavities, has an origin in the magmatic gases sulfur dioxide (SO2) and/or hydrogen sulfide (H2S). Image courtesy of Submarine Ring of Fire 2006 Exploration, NOAA Vents Program

L'expédition du NOAA, baptisée "Submarine ring of fire 2006" a pu constater l'émission de cette andésite : "elle avance comme un robot, lentement, par à coup; en avançant, la langue de lave dégaze vigoureusement. Les gaz sont riches en soufre - SO2 et H2S - qui se mêlent à l'eau de mer pour former un acide fort et précipite du soufre élément". Ce soufre liquide, à l'émission, emplit les cavité de la lave fortement vésiculée.

Parallèlement, on a constaté que les populations animales prospéraient autour des bouches hydrothermales.

Y aurait-il un lien entre le regain d'activité du volcan et cette explosion biologique ? Sans doute. NW Rota-1, qui émet des gaz soufrés et du dioxyde de carbone, offre un environnement terriblement acide, toxique pour la plupart des espèces.  W.Chadwick, de l'Université de l'Oregon l'explique : "le dioxyde de soufre est l'un des principaux gaz émis par les volcans sous-marins. Quand il se combine à l'eau, il produit de l'acide sulfurique et forme des gouttelettes de soufre. Cela rend les éjections particulièrement acides" . Mais crevettes, crabes et patelles s'y sont bien adaptés, tirant leur nourriture des émissions hydrothermales qui alimentent des filaments bactériens recouvrant les roches. Au final, plus l'activité volcanique est intense, plus les bactéries abondent et plus la vie animale est dense et variée. Les chercheurs se sont notamment intéressés à une nouvelle espèce de crevette qui, en grandissant, se dote de pinces et passe ainsi du statut de proie à celui de prédateur. Le NW Rota-1 constitue ainsi un laboratoire naturel sans équivalent sur Terre.


shrimpmugshot-450.jpg

 

Les expéditions devraient se poursuivre encore durant quelques années sur ce site exceptionnel : c'est en effet rare de pouvoir approcher à quelques mètres  d'une éruption en cours ... ceci grâce à la pression de l'eau qui réduit fortement dans l'espace les projections de la bouche volcanique.

 

Sources :

- NOAA - National Oceanic and Atmospheric Administration

- Expédition "Submarine ring of fire 2006"

-Sonogramme de l'éruption du NW Rota-1

 


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Volcans-Machine2.jpg                              Les îles émergées de l'arc volcanique Hawaïen, avec l'âge respectif des formations.

volcano.gifPassage de la plaque au dessus du point chaud, alimentant les réservoirs magmatiques du Loihi et des volcans d'Hawaï.

Le Loihi, le plus jeune volcan de la chaine hawaïenne, est situé à 35 km. de la côte SE. de l'île d'Hawaï. Ce volcan, qui a atteint une hauteur de 3.000 m., est encore à 1.000 m. sous la surface océanique.
Le nom "Loihi" signifie "long", et lui a été donné à cause de sa forme allongée et dominée par deux zones de rift au N. et au S. du sommet.
La région sommitale abrite une caldeira de 3 km. sur 4,  et de nombreux cônes de lave, le plus haut culminant à 975 m. sous la surface.
La sismicité indique un système d'alimentation magmatique distinct du Kilauea.
En 1966, un nouveau cratère d'effondrement (pit crater) est apparu au sommet : le Pele's pit de 600 m. de diamètre. Une continuation de l'activité volcanique devrait amener à la construction d'une nouvelle île ... dans un laps de temps compris entre 10.000 et 100.000 ans, battement faible en termes géologiques.

Loihi---GVP-copie-1.jpgBathymetry of Loihi seamount indicating the locations of Pele's Pit (the pit crater formed during the 1996 earthquake swarm) and Pisces Peak. To the N and NE of Pele's Pit are two older pit craters, West Pit and East Pit. Contour interval is 100 m; illumination is from the NE. -  From Caplan-Auerbach and Duennebier (2001).  -  in GVP.


LoihiSeamountTopography.jpg                               Image bathymétrique du volcan Loihi - A.Malahoff , in  NOAA Ocean Explorer. 1997.


L'analyse de ce volcan sous-marin n'a vraiment débutée qu'après l'éruption de 1966. Une équipe de scientifique de l'université d'Hawaï a entamé des études bathymétriques et réalisé des prélèvements grâce à un submersible (All Cruises noted below conducted on the R/V Ka'imikai-o-Kanaloa using the Pisces V manned submersible. Both are managed by the Hawaii Undersea Research Laboratory.)
L
'étude des laves récemment émises a défini leur nature tholéitique, avec un pourcentage de 1 à 2 % en vol. de phénocristaux de clinopyroxène (rare dans les tholeiites hawaïennes) et deux populations chimiquement différentes d'olivine, ce qui indique un mélange de magma juste avant ou pendant l'éruption elle-même.

loihichem.gif
Glass compositions of samples from the Event Response expedition. The freshest lavas are plotted in red, whereas the older looking lavas are plotted in coral. All of these samples are classified as Tholeiitic in composition. For comparison, the pale-yellow field represents the range of published glass compositions at Loihi (including both it's summit and flanks)  -  http://www.soest.hawaii.edu/GG/HCV/loihirockchem.html

Les laves observées à proximité du cratère, en surface pentée, sont qualifiées de "pillow lavas" - lave en boules, en oreillers -: ce sont des laves fluides, apparentées au type pahoehoe, émises sous une certaine pression d'eau, à la façon de pâte dentifrice sortant de son tube ; elle se refroidit rapidement en surface au contact de l'eau, alors que l'intérieur du "tube émis" reste mou et continue à couler, allongeant celui-ci.

Pillow-lava----Loihi---Hawai-undersea-research-laboratory.jpg

Submarine extrusion of magma produces a characteristic "pillow lava" morphology, as seen here on Loihi seamount SE of the island of Hawaii. Thin streams of molten lava are extruded in a form that resembles toothpaste squeezed out of a tube. The outer surface of the molten lava is quickly chilled by the water and solidifies, while the interior remains molten and continues to flow, lengthening the tubes. Lava flows with similar textures on land can be recognized as being uplifted submarine (or sublacustral) lavas.  -  Photo by the Hawaii Undersea Research Laboratory (University of Hawaii).



Sources :

- Hawaï center for volcanology - Loihi volcano

    SOEST - School of Ocean and Earth Science and Technology.
    http://www.soest.hawaii.edu/GG/HCV/loihi.html 

    http://www.soest.hawaii.edu/GG/HCV/loihirocks.html
    http://www.soest.hawaii.edu/GG/HCV/loihirockchem.html
- Global Volcanism Program  - Loihi
- USGS/ H.V.O. - Hawaiian Volcano Observatory

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Le volcan sous-marin Kick'em Jenny est situé dans la partie sud des îles Grenadines, elles-mêmes dans la partie sud de l'arc insulaire des petites
Antilles.
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Au nord de l'île de Grenade (Grenada), un groupe de rochers appelés "the sisters" est situé 3 km. à l'ouest del'île de Ronde ... le volcan est situé 3 km. à l'ouest des "Sisters".

La présence du volcan fut revélée par une éruption, le 23-24 juillet 1939. Rapportée par un historien local, elle dura 24 heures; le colonne éruptive atteint 300 m. de hauteur et une série de vagues hautes de 2 m. fut remarquée aun nord de l'ile de Grenade et sur le sud des Grenadines. Depuis 1939, pas moins de 12 éruptions ont eu lieu, détectées par les sismographes. La dernière eu lieu en décembre 2001.

  Résumé de l'activité récente :

Date

Description

Evidence for eruption

24 July 1939

Eruption cloud up to 270m above sea level: local felt earthquakes; large sea waves generated (1m in open water); largest known historical eruption

Witnessed

5 Oct. 1943

Submarine eruption; local felt earthquakes.

T-phase recorded in Martinique.

30 Oct. 1953

Submarine eruption; earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean.

24 Oct. 1965

Submarine eruption; earthquakes of intensity V felt on Isle de Ronde

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean (and traced to KeJ)

5-7 May 1966

Submarine eruptions; earthquakes in north Grenada

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean (and traced to KeJ)

3-6 Aug. 1966

Submarine eruption, 168 free T-phase recorded, shocks with intensities less than or equal to IV felt in Grenada

T-phase

5 July 1972

Submarine eruption about 5 hours long

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

6 Sept. 1974

Material ejected into the air; sea above the volcano bubbling turbulently and spouting steam

Witnessed; T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

14 Jan. 1977

Submarine eruption.

T-phase recorded throughout the Eastern Caribbean

29-30 Dec. 1988

Submarine eruption; turbulent discoloured water; earthquakes felt in north Grenada

T-phase

26 March to 5 April 1990

Earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean

4 Dec. 2001

Submarine eruption, earthquakes felt in north Grenada

T-phase recorded throughout Eastern Caribbean (and traced to KeJ). More than 600 volcanic earthquakes recorded on proximal stations.

 

Le volcan est en alerte "jaune" de façon courante et une zone d'exclusion de 1,5 km. autour du volcan est à respecter ! (voir la cause plus loin).

L'image du volcan a été prise par le NOAA en mars 2003; on peut observer un cratère parfaitement circulaire, d'un diamètre de 350 m., au sommet d'un cône symétrique. Le point culminant est situé à 180 m. sous le niveau de la mer. Le cratère est profond de 80 m.

Entre 1976 et 1978, un dôme a cru jusqu'à remplir le cratère, avant de disparaitre complètement. Le cratère s'est ouvert vers le NE. et contient un nouveau cratère de 30 m. de profondeur. Le sommet est compris dans une dépression en fer à cheval s'étendant 20 km. vers l'est, qui comprend des dépôts de coulées. L'interprétation totale des relévés n'est pas terminée.

 


Kick-em-Jenny----Jack-volcanoes-NOAA.jpg

 

 

SeaBeam image of Kick 'em Jenny showing new craters and domes (March, 2003). During a research cruise in March 2003 scientists discovered three craters (C1, C2 and Kick 'em Jack) and two domes (D1 and D2) near Kick 'em Jenny. Further investigations are needed to confirm whether these are separate 'live' volcanoes. - Photo NOAA.

 

Kick'em Jenny illustre bien comment les îles volcaniques de la région se sont formées : à chaque éruption sous-marine, des dépôts de matériel volcanique se sont accumulés autour du sommet faisant croitre peu à peu le volcan jusqu'à former une île. La formation de l'île de Surtsey, en Islande, confirme le mécanisme de formation.


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Les risques liés au volcan :

La tragédie de l'Island Queen :

Le 5 août 1944, le navire "Island Queen", avec 60 personnes à bord, disparait entre Grenade et St Vincent. Dans un premier temps, on a cru que le navire avait été torpillé par un sous-marin allemand ... mais on n'a pu expliquer l'absence de débris après sa disparition.
En réalité, elle a été causée indirectement par le volcan sous-marin.
Le Kick'em Jenny est entré en éruption l'année précédent le drame et il est fort probable que le volcan dégazait toujours activement en 1944, bien qu'aucun signe ne soit visible en surface.

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Ce dégazage peut diminuer la densité de l'eau de mer au dessus du sommet, ce qui rend la navigation dangereuse ... lorsqu'un bateau pénètre dans une telle zone de faible densité, il perd sa flotabilité et peut sombrer.


Le risque de tsunami :

Bien qu'une éruption importante ou un glissement de terrain puisse générer un tsunami, le risque de tsunami dans la région est largement exagéré : toute éruption ne génère pas un tsunami, et chaque tsunami n'est pas important.
Des vagues d'une amplitude de 10 mètres, à distance de 10 km. du l'évent, ne peuvent être engendrée  que si le volcan entre en éruption dans des hauteurs d'eau inférieures à 130 mètres.
Pour l'instant, la profondeur des évents est située à 268 m. Si le volcan continue de grandir vers cette altitude critique
- et seulement dans ce cas - , les éruptions risquent de devenir explosives avec la probabilité de provoquer un tsunami comme corollaire.


Kick-em-Jenny-volcano-2--univ.west-indies-seismic-reearch-c.jpg


 

 

Sources :


- GVP Global volcanism Program

- NOAA  - National Oceanic and Atmospheric Administration.

   diverses missions "Ocean explorer".

- The University of West Indies : Grenada - Kick'em Jenny hazards

 

 

 

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L'examen des volcans des Cyclades et en particulier du volcan sous-marin Kolumbo (Columbo) ont aiguillé mon intérêt vers le volcanisme sous-marin.

Dans un premier temps, le bassin Méditerranéen avec d'autres formations sous-marines : Empédocle, Marsili et ses collatéraux Palinuro, Vavilev et Magnaghi.
Ensuite le Kick'em Jenny dans l'arc des Caraïbes.
Le Loihi à Hawaï et le NW Rota-1 dans l'arc des Mariannes.

Commençons par le bassin Méditerranéen .

1. Empédocle et ses voisins :

sicilia-copie-3.jpg 
C'est en effectuant des repérages aux environs de l'île engloutie de Ferdinandea, entre Pantelleria et Lampedusa, que Giovanni Lanzafame et son équipe de l'INGV ont remarqué la présence de longues colonnes de bulles sous-marines. En les suivant, ils ont découvert des sources de fumée appartenant à une structure volcanique en fer à cheval de 30 km. sur 25.
Le volcan fut nommé Empédocle du nom du philosophe grec qui serait mort en se jetant dans l'Etna. A peine baptisé, Empédocle est déjà devenu le plus grand volcan sous-marin d'Italie.
Empédocle fait partie des "Champs Phlégréens de la Mer de Sicile" dont les éruptions sont sous-marines, à l'exception de celles d'Empédocle ayant donné naissance à trois reprises à l'île de Ferdinandea (1701, 1831, 1863) qui se trouve pour le moment à 8 m. sous le niveau de la mer.
Treize volcans sont inclus dans une dépression profonde de 1.000 mètres : Anfitrite, Cimotoe, Empédocle, Galatea, Madrepore, Banc Narita, Banc de Pantelleria, Pinne, Banc Smyt I & II, Banc Terrible et Tetide.
Quatre éruptions de Pinne sont connues : 253 av. JC, 1846, 1867, et peut-être 1911.

2. Le bassin Tyrrhénien :

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Le bassinTyrrhénien - en rouge, les formations émergées - les formations immergées en noir.
                                                             Document ING

Les volcans sous-marins situés au sud du Vésuve, Palinuro, Vavilev, Marsili et Magnaghi, endormis ou éteints, portent les noms des géologues qui les ont révélés (dans les années 1950, pour les trois derniers).
Actuellement, on débat sur l'état d'activité du Marsili, énorme formation de 65 km. sur 40 km., haute de 3.000 mètres et dont le sommet se trouve à 500 m. sous la surface.
Dans les années 2000, l'INGV - Istituto Nazionale di Geifisica e Vulcanologia - a largué l'observatoire Geostar (GEophysical and Oceanographic STation for Abyssal Research) à 3300 mètres de profondeur dans la mer Tyrrhénienne au large du volcan Marsili. Pendant 17 mois, ce labo permanent et autonome a transmis des mesures sismiques, géophysiques et océanographiques.
Des cônes satellites d'origine récente ont été détectés. L'hypothèse d'une accrétion récente sous le bassin central de la mer Tyrrhénienne est en accord avec les données reçues : sur une coupe faite au niveau de latitude nord 40°, entre les marges Sarde et Apenninique, la profondeur du Moho passe rapidement de 27 km. à 11 km. sous la partie centrale du bassin.
La "couche granitique" de vitesse 6,0 klm s-1 sous la marge Sarde disparait à l'Est de la faille centrale pour réapparaitre au pied de la marge Apennine.

Une curieuse découverte au large du Marsili révèle une pollution au plomb:

L'eau de mer chauffée dans les évents hydrothermaux extrait naturellement les métaux des roches volcaniques à mesure qu'elle s'écoule en dessous de la surface océanique. Les sédiments des évents sont ainsi habituellement chargés de zinc, de fer, de plomb, de cuivre et d'autres métaux. La surprise ne vient pas du plomb en lui- même, mais de l'origine de ce plomb. À l'analyse il se trouve que nous sommes face à un plomb venu d'une mine située à Broken Hill, en Australie. Comment ce plomb est-il arrivé en méditerranée ? L'explication la plus vraisemblable est que ce plomb, importé en Europe, a été ajouté à l'essence utilisée dans les moteurs des voitures et rejeté à l'air libre. De là, il a regagné la mer via la pluie et les cours d'eau où il a cheminé jusqu'au Marsili Seamount pour réémerger via les évents hydrothermaux.

Pour les géologues, cette histoire singulière constitue le premier exemple flagrant d'une pollution des dépôts hydrothermaux due à l'activité humaine.

 

L'activité volcanique sosu-marine se manifeste aussi à Panarea, où des fumerolles sous-marines, connues depuis des lustres, ont repris vigueur en novembre 2002, data à laquelle des émanations gazeuses, odorantes pour certaines, furent observées à proximité d'ilots contigus, générés sans doute par une explosion phréatique mineure. Elles ont ensuite diminué d'intensité pour se renforcer de nouveau en 2004.


Panarea-2002.jpg                     Les émanations gazeuses au large de Panaréa en 2002 - INGV in GVP.

2003_64_27-PAnarea-B.Behncke.jpg
                                 Panarea 2003 - avec l'aimable autorisation de Boris Behncke.


.Glossaire :
MOHO :

La discontinuité de Mohorovičić, abrégée Moho, est la limite entre la croûte terrestre et le manteau supérieur de la terre. Entre la croûte continentale, ayant une épaisseur moyenne de 35 kilomètres (allant jusqu'à 75 km sous les chaînes montagneuses récentes) et la croûte océanique une épaisseur moyenne de 6 kilomètres, le Moho est en moyenne situé à 43 kilomètres de profondeur, avec d'importantes variations.

Cette discontinuité a été détectée pour la première fois en Croatie en 1909 par Andrija Mohorocicic, qui lui donna son nom. Elle est mise en évidence par une accélération brutale des ondes sismiques, les ondes primaires passant de 7 à 8 km/s. Cette accélération s'explique par un changement du milieu de propagation (en particulier la densité et la minéralogie changent), qui implique une réfraction, la croûte étant constituée majoritairement de basaltes si elle est océanique ou de granites si elle est continentale, alors que le manteau est fait de péridotite. C'est donc une discontinuité physico-chimique.

 

TOMOGRAPHIE SISMIQUE : La tomographie sismique est un outil géophysique utilisant les vitesses des ondes sismiques pour étudier les variations des températures à l’intérieur du globe terrestre. Son utilisation essentielle est la réalisation de la cartographie des hétérogénéités du manteau terrestre, très utile pour établir des liens entre la tectonique lithosphérique et la convection mantellique.



Sources :

- Global volcanism Program : Campi Phlegrei Mar Sicilia
- Science Direct :
Amincissement de la croute et accretion au centre du bassin tyrrhenien d'après la réfraction sismique. par :
Maurice Recq, Jean-pierre Rehault, Leon Steinmetz and A. Fabbri
- "Italy's volcanoes: the cradle of Volcanology " - le site du Dr. Boris Behncke (INGV) sur les volcans italiens
- Panarea : http://boris.vulcanoetna.it/PANAREA.html

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Dans le contexte de subduction de la plaque Africaine sous l'européenne, et du volcanisme d'arrière-arc, nous avons examiné le groupe Nisyros, ensuite Théra et le volcan sous-marin Kolumbo ... reste un groupe d'îles volcaniques :  MILOS.

Célèbre pour une statue grècque retrouvée près d'un théatre antique (120-80 av.JC) par un paysan, Yorgos Kentrotas, près d'un théatre antique, acquise ensuite par l'ambassadeur de France auprès du gouvernement Turc, offerte au roi Louis XVIII, conservée actyellement au Musée du Louvre :
       
                   Aphrodite,
             ou La Vénus de Milo.


La statue est constituée de deux blocs de marbre de Paros qui se rejoignent au milieu du bourrelet de l'himation, raccordés par des goujons metalliques situés aux hanches et scellés par du plomb.
Les quelques imperfections de la pierre, dues à l'âge, n'entame en rien la beauté et la perfection de la statue.







Musée du Louvre
Salle du Parthénon.






L'archipel, constitué par Milos et les petites îles adjacentes, a son origine dans un volcanisme sous-marin et subaérien. Les plus anciennes roches volcaniques, dépôts pyroclastiques rhyolitiques sous-marins, recouvrent une base sédimentaire et métamorphique.
L'activité à la fin du Pleistocène a été concentrée dans la partie est de l'ile, avec formation de dômes de lave et de cratères d'explosions phréatiques, et sur l'île d'Antimilos, au NO., avec l'édification d'un volcan composite. Les éruptions magmatiques les plus récentes datent de 90.000 ans; elles furent suivies d'explosions phréatiques, avec des cratères dépassant rarement le diamètre de 1 km.
Un lahar suivant une petite explosion phréatique, a enseveli un port romain, dans le SE de Milos, à l'est du tuff ring de Fyriplaka.


                                             Carte géologique 2005 - J.Naden - British Geological Survey

La plupart des roches volcaniques de Milos a été fortement altérée hydrothermalement et l'île est ainsi devenue une source importante de minerais tels que baryte, argent, perlite, kaolin, bentonite et peut-être bientôt l'or avec une exploitation de gisement aurifère (Hontrovuono).

Des études montrent la présence d'un système hydrothermal de haute température - supérieure à 310°C - dans le sous-sol de l'île, responsable d'abondantes fumerolles actives, e.a. dans la région de Kalamos. Ce réservoir, en relation avec une chambre magmatique active, prouve, si besoin était, qu'une future activité volcanique n'est pas à exclure sur l'archipel.


                   Dômes volcaniques sur le côté ouest de l'île de Milos - photo I.Moriya , in GVP.

                   Orgues basaltiques à Filako - photo travel-to-Milos.

                            Erosion sur les falaises de Kleftiko - http://www.bergoiata.org

Outre les structures volcaniques - Profitis Ilias, cratères de Fyriplaka - Trachyla, des carrières de silex sont à découvrir à Nyhia, des mines de fer et manganèse à Vani, des grottes et ravines marines à Papafragas, des paysages érodés à Kleftiko et Sarakiniko, sans compter les sites à activité géothermale.

Milos - Vani beach - galets colorés - photo Tom Pfeiffer Volcano Discovery


De quoi passer une semaine géologiquement chargée (rensignements sur VolcanoDiscovery)



                                               Papafragas - piscines naturelles chaudes


Sources :
- VolcanoDiscovery :
    * voyage sur Milos : http://www.volcanodiscovery.com/fr/voyages/grece/
    * photos de l'île et des minerais:
       http://www.volcanodiscovery.com/fr/photo/greece/milos/milos_photo_gallery.html
- "Correlation of neotectonic structures with the geodynamic activity in     milos during the earthquakes in march 1992"  de Papanikolaou.
- "Active geothermal system ..." de J.Naden & al - British geological survey
- Musée du Louvre.

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