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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le volcan sous-marin Kolumbo (Columbo)
est localisé au NE. du volcan Théra (Santorin)

Sa construction initiale impliqua l'éruption de 2 km³ de magma dacitique à andésitique.
Une éruption datée de 1649-1650 a produit une caldeira sous-marine elliptique de 3 km. de diamètre, profonde de 500 m.
Un km³ de magma rhyodacitique à andésitique riche en gaz à provoqué une éruption phréatomagmatique : le brutal relâchement des gaz dissous et l'interaction entre l'eau de mer et la magma ont généré une grande explosion.
Le volcan émergea brièvement au dessus de la surface, par accumulation de matériaux éruptifs autour de la bouche, pour disparaître ensuite avec l'effondrement durant la formation de la caldeira. Cet effondrement généra un tsunami qui causa des dommages aux îles environnantes dans un rayon de 150 km.
La décharge de gaz éruptifs causa en outre la mort de 70 personnes et d'un millier d'animaux sur l'île voisine de Théra.

Voilà tout l’état de nos connaissances … jusqu’en avril 2006, « date de l’expédition Théra ».

Celle-ci a montré que le plancher du cratère est situé à 505 m. sous le niveau de la mer, mais aussi que le point le plus élevé du bord du cratère, situé au sud-ouest, est seulement à 18 mètres sous la surface !

 

Le point le plus élevé : - 18 m. est coloré en blanc ; le plus profond en bleu foncé : aux environ de - 500 m.

 

Map of the Kolumbo submarine crater and other submarine cones on the north-east trending Kolumbo volcano-tectonic rift. Figure courtesy of Haraldur Sigurdsson, Steven Carey, Matina Alexandir and Katy Croff. - NOAA Ocean Explorer.


Une exploration en profondeur, par le ROV Hercules, constata la présence d’une communauté biologique inhabituelle à l’intérieur du cratère. A mi-chemin de la descente, vers 300 m. de profondeur, au lieu de la clarté normale des eaux méditerranéennes, la sonde fut confronté à « une neige sous-marine » composée d’un grand nombre de filaments bactériens .

En touchant le fond du cratère, la sonde remarqua que le plancher du cratère était recouvert d’une couche de matériel orangé, indication de la présence proche d’un évent hydrothermal. Une investigation plus poussée mis en évidence un champ d’évents hydrothermaux dans la partie nord du plancher du cratère.

 

Décharge gazeuse au niveau d'un évent hydrothermal, entouré de bactéries thermophiles orangées.

 

A high-temperature hydrothermal vent in the Kolumbo submarine crater, discharging gases. Image courtesy of the Institute for Exploration, the University of Rhode Island (URI) Graduate School of Oceanography (GSO), and the URI Institute for Archaeological Oceanography. - NOAA Ocean Explorer.

autres photos sur http://oceanexplorer.noaa.gov/explorations/06blacksea/background/plan/media/slideshow/slideshow2.html


Certains évents déchargeaient gaz et fluides à une température supérieure à 224 °C. Le dépôt de minéraux dans plusieurs évents a mené à la construction de cheminées s’élevant jusqu’à 4 mètres de hauteur, édifiées durant les 356 ans suivant la dernière éruption. L’analyse d’un prélèvement détermina la composition de ce dépôt minéral : complexe polymétallique sulfide/sulfate. Les minéraux dominants dans ce complexe sont : pyrite, sphalérite (*), galène et baryte. Les métaux abondants sont : fer, zinc, plomb, cuivre et argent.

 

Microphotographie (échelle 50 micromètres !) d'une particule provenant du dépôt polymétallique du Kolumbo.

 

SEM microphotograph of a particle from the Kolumbo polymetallic massive sulfide/sulfate deposit, with crystals of galena, pyrite and sphalerite that have precipitated out of hydrothermal solutions at about 220oC in the vent chimneys. Figure courtesy of Steven Carey and Haraldur Sigurdsson. NOAA Ocean Explorer


Ces dépôts polymétalliques sulide/sulfate  trouvés ici sont apparentés aux dépôts minéraux de type Koruko, exploités sur terre en diverses régions, et e.a. au Japon ; ces dépôts Koruko-type sont trouvés en environnement de subduction. Les dépôts du Kolumbo constituent un exemple rare de formation actuelle de dépôt de type Koruko et son étude est importante pour la compréhension de la formation des dépôts de minerais aujourd’hui exploités sur terre.

 

Source :

NOAA Ocean Explorer - Aegean and Blacksea 2006

 


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Publié le par Bernard Duyck
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Histoire éruptive :


Le volcanisme de la région du Santorin a débuté il y a 2 millions d'années, avec l'émission de laves dacitiques à partir d'évents situés dans la présente péninsule d'Akrotiri (Friedrich 1994).
Durant les derniers 200.000 ans, l'activité se caractérise par une construction cyclique de volcans-boucliers, interrompue par de grandes explosions ou évènements destructeurs.

D'après Druitt & al. (1989) on peut diviser l'évolution volcanique de Santorin en six grandes périodes :
1. les premiers centres de la péninsule d'Akrotiri.
2. les Cinder cones (cônes de scories) de la péninsule d'Akrotiri
3. le volcan Peristeria, un stratovolcan se forme au N. de la présente
   caldeira (530.000 à 430.000 ans) . Vers 350.000 à 250.000 ans,
   un volcan bouclier, le Thera, croit au centre de l'actuelle caldeira.
4. Les produits du premier cycle éruptif : 360.000 à 180.000 ans
   Deux cycles de grandes éruptions explosives avec une transition
   chimique des laves de mafique à silicique.

5. Les produits du second cycle éruptif : 180.000 à 1.600 av.JC
   Le second cycle comprend au moins sept grandes éruptions :
   "Cape Thera, Middle Pumice, Vourvoulos, Upper Scoriae 1,
   Upper Scoriae 2, Cape Riva, The Minoan eruption ".
   Trois effondrements avec formation de caldeiras et destruction de
    larges parts des complexes de champs de lave existants,
    caractérisent ce cycle.

6. Les Kameni : 197 av.JCc à aujourd'hui.
   la formation des îles post-Minoenne Kameni est rapportée par des
   documents historiques basé sur de l'observation.
   l'écrivain Strabon a décrit l'émergence d'une île durant l'an 197 BC.
   La dernière éruption date de 1950 .

                   Eruption de 1950 - NOAA Ocean Explorer , Thera expedition.
                   http://www.uri.edu/endeavor/thera/images/content/c-fig-3.jpg


Plus de détails concernant l'historique de Théra et des îles Kameini
sur
Decade volcano.

Revenons sur l'éruption Minoenne :

Elle eu lieu aux environs de 1645 av.JC, à la fin de l'âge de bronze.
Considérée comme la plus importante éruption plinienne, avec une émission de 30 à 40 km³ de magma rhyolitique (réévaluée à 99 km³), elle fut suivie d'un effondrement de la chambre magmatique et d'un élargissement de la caldeira existante.
Le GVP note le VEI (Volcanic Explosivity Index) à "7 ? ".
La hauteur de la colonne plinienne est estimée à 36-39 km. (Pyle -1990).

                   Retombées de cendres exprimées en cm. - Pyle 1989 - Noaa Ocean Explorer

Les tephras furent dispersés sur l'est de la Méditerranée, suivant la direction d
es vents dominants au moment de l'éruption. Le nuage fit ensuite obstacle au rayonnement solaire en faisant le tour de la planète, et affecta globalement le climat. Les dépôts sur Santorin même dépassairent les 50 mètres de poussières et ponces.

                            Une couche de ponces sculptée par l'érosion- Photo Stromboli on line -
                            avec l'aimable autorisation de Marco Fulle. (autres photos sur le lien)


This spectacular outcrop shows light-colored deposits from the 3500-year-old Minoan eruption of Santorini volcano filling a valley cut in darker, bedded ashfall layers of Pleistocene age. The lower, beige-colored unit filling the ancient valley is a pumice-fall deposit from vertical explosions early in the eruption. It is overlain by laminated pyroclastic-surge deposits produced when water gained access to the magma reservoir as the volcano collapsed into the sea. The upper whitish layer truncating both these deposits is a pyroclastic-flow deposit.

Photo by Lee Siebert, 1994 (Smithsonian Institution).


Cette éruption fut la cause de la destruction de la civilisation Minoenne sur cette île, et peut-être aussi en Crête : on découvrit, à partir de 1969, près d'Akrotiri, au sud de l'île, les traces d'une ville importante bien préservée sous les dépôts du volcan. Akrotiri est surnommée à juste titre "La Pompeï de la mer Egée".


Akrotiri - reconstitution d'un extérieur et d'un intérieur richement décoré : fresques
des boxeurs et aux antilopes - Ministère Héllenique de la Culture.

Détail des séquences éruptives sur "Thera expedition - The Minoan eruption".

Sources :

- Stromboli on line - Santorin
- Santorini Decade Volcano -
lien
- NOAA Ocean Explorer - Thera expedition 2006
- Institute for the study and monitoring of the Santorini volcano
  Ismosav.
- GVP : Santorini eruptive history


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Publié le par Bernard Duyck
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                                                                    Les îles grecques

Situons tout d'abord les îles du Dodécanèse parmi le millier d'îles et d'îlots que compte le territoire grec. Trois grosses entités : à l'ouest, les îles Ioniennes; au centre, les Cyclades avec Santorin, Kolumbo et Milos; à l'est, le Dodécanèse avec Nisyros.

Le nom du groupe d'îles provient du grec ancien : dodeka (douze) - nesos (îles) ; l'archipel compte effectivement douze îles principales, pour un total de plus de 160 îles et îlots, situés en périphérie de l'Egée-méridionale. Par ordre alphabétique, nous avons : Astypalea, Kalymnos, Karpathos, Kassos, Kastellorizo, Kos, Leros, Nisyros, Patmos, Rhodes, Symi et Tylos.

              Situation de Nisyros et Yali parmi les îles du dodécanèse.

  Subduction de la plaque Africaine sous la plaque Egéenne - Arc volcanique Egéen
                  et situation des volcans. - d'après Friedrich 1994.

Le volcan le plus à l'est de  l'arc Egéen forme l'île de Nisyros (Nissiros). L'île représente la portion émergée d'un stratovolcan dont le sommet est tronqué par une caldeira de 4 km. de diamètre résultant d'une activité éruptive d'un âge inférieur à 24.000 ans (Rosi)

Cette île fut construite durant les 150.000 ans passés, par une activité éruptive andésitique explosive et effusive, et une activité dacitique et rhyolitique effusive et extrusive. Cinqs dômes de lave post-caldeira occupent la partie ouet de la caldeira, dont le Boriatiko et le Karaviotis.
Des éruptions phréatiques concernèrent les cratères intra-caldeiras entre 1422 et 1888. Une intense activité hydrothermale est toujours présente sous forme de fumerolles sur la plancher de la caldeira et des sources chaudes situées le long de la côte.

Carte de Gilbert Mahoux sur le site de Dominique Decobecq (Lave)


Nisyros et Yali seraient localisées près de l'intersection de deux lignes de failles. (Davis 1968).

Davis (1968) asserts that Nisyros and Yali Island are located near the intersection of two regional fault lines: The first runs from Episcopi to Patmos, and the second through Soussaki, the Gulf of Saronic, Milos, Santorini, and Dodecanese.  - Doc.USGS


                   Nisyros - cratère Stephanos - cratère phréatique.
 l'échelle est donnée par les personnages, au centre. -photos "holidaycheck.de"


         Nisyros - évent fumerollien et dépôts de soufre. photo "holidauchecck.de"

                    Nisyros - marmite de boue - photo "holidaycheck.de".

Nisyros est entourée de quatre îlots d'origine volcanique: sur l'un d'entre eux, Yali, on extrait intensivement depuis 50 ans la pierre ponce, dans une carrière qui couvre un tiers de sa surface et située dans la partie SO. Le segment N. est constitué principalement par un dôme d'obsidienne rhyolitique; les deux parties de l'île sont reliées par un isthme formé de sédiments, le tout mesurant à peine 6 km. de longueur pour 0,5 à 4 km. de largeur.

Yali est localisée à la place présumée d'une large caldeira sous-marine associée à l'éruption du volumineux K.P.T. - Kos Plateau Tuff, datant de 160.000 ans environ. Cette éruption a produit des ignimbrites recouvrant la moitié ouest de l'île de Kos et une caldeira de dimensions incertaines, qui pourrait s'étendre de la baie de Kephalos aux îles de Kos et Nisyros.
(Keller 1982).

L'île de Kos contient des centres volcaniques datant du Miocène au Pleistocène. La caldeira Kamari date du milieu du Pleistocène et contient un dôme de lave post-caldeira, le Zini, vieux de 1 à 0,55 Ma.
De l'activité géothermale l'a fait classé parmi le Catalogue des volcans actifs en 1962; elle consiste en émission d'hydrogène sulfuré, dépôts de soufre et deux sources chaudes.

            Dépôts d'ignimbrites sur le plateau central de Kos - I.Moriya - in GVP.


Sources :
- Global volcanism Program : fiche signalétique.
- USGS - Greeces volcanoes and volcanics
- Guide des volcans - M.Rosi & al. - ed.Delachaux et Niestlé.
- Holidaycheck.de - photos de Nisyros

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Publié le par Bernard Duyck
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Jade et plaques tectoniques :

Le jade est un terme "culturel" pour désigner deux types de roches métamorphiques connues sous le nom de jadéitite et celui de néphrite, toutes deux extrêmement dures et utilisées par le monde pour fabriquer des outils, des bijoux et des talismans. La région de Motagua contient un des plus grand gisement de jadéite mondial, source du jade archéologique Mésoaméricain, employé sous les Mayas, Toltèques et Aztèques.

                      Pectoral de Jadéite - période Maya classique - Wikipedia .

La jadéitite ( ou jadeite jade) peut être considéree comme une sorte de tissu de cicatrisation des blessures faites suite à la collision entre les plaques tectoniques terrestres.
Lorsque la croûte océanique est poussée sous un autre bloc, ou soumise au phénomène de subduction, la pression s'accroit avec seulement une petite augmentation de la température, avec comme résultante une compression et un assèchement des roches sans arriver au stade de fusion. Le jade précipite alors depuis les fluides s'écoulant dans le lit de subduction et dans le dessus du manteau refroidi pour devenir de la serpentinite.

L'assemblage de serpentinite, contenant du jade, est de faible densité et peut être relevé, soulevé durant les phénomènes de collisions intraplaques et se trouver extrudé à la zone frontière de collision. Ce phénomène se rencontre dans les Alpes, en Californie, en Russie et bien d'autres endroits de par le monde.

Jade et histoire géologique du Guatémala :


Situation de la faille transformante de Motagua, traversant le Guatémala
par rapport aux plaques tectoniques en présence (en haut , à gauche de l'image)
Document USGS.


Position de la faille de Motagua par rapport à la zone de subduction de la plaque
Cocos sous la plaque Caraïbe et à l'arc volcanique méso-américain.

Une analyse nouvelle du jade trouvé le long de la faille de Motagua laisse sous-entendre que l'histoire géologique guatémaltèque est plus complexe que prévue.
Comme on retrouve le jade et d'autres roches métamorphiques associées, de part et d'autre de la faille, et que celui retrouvé au nord de la faille est plus jeune de 60 millions d'années, une équipe de géologues a émis l'hypothèse selon laquelle la plaque nord-américaine et la plaque Caraïbes ont fait bien plus que se "frotter" une fois ... elles sont entrées en collision deux fois !
Dans une précédente étude, l'équipe de géologues a mis en évidence la double collision par datation du mica trouvé dans les roches provenant de la collision (et incluant le jade) : le côté nord-américain a été daté à 70 millions d'années tandis que le côté sud (plaque Caraïbe) est plus vieux : 120 à 130 millions d'années.
Cette fois, ils se sont tourné vers l'éclogite, une roche métamorphique formée dans le lit de subduction à partir du plancher océanique basaltique. La datation est identique des deux côtés de la faille transformante : 130 millions d'années.

Le scénario explicatif est le suivant : une collision datée à 130 millions d'années a généré un lit de serpentinite qui fut découpé et dévié entre plusieurs segments.
Dans un deuxième temps, après que le mouvement de la plaque eut changé de direction il y a 100 millions d'années environ, une collision entre l'un des segment formé lors de la première collision et la plaque nord-américaine a transformé le mica en jadéitite (trouvée il y a 70 millions d'années du côté nord de la faille).
Finalement, les mouvements de la plaque au cours des derniers 70 millions d'années a fait se juxtaposer les serpentinites sud et les serpentinites du nord de la faille (qu'on a retrouvé dans des déchets de collision de part et d'autre de la faille).
On aurait donc, selon Harlow - curator in the division of earth and planetary science at the american museum of natural history - deux épisodes de collision :
- un épisode impliquant le côté sud
- deux épisodes impliquant le côté nord.
Toute la serpentinite se serait formée en même temps le long de la faille, mais l'assemblage-nord aurait été "re-métamorphosé" au bout de 70 millions d'années.
Un excellent schéma illustre ce mécanisme, visible seulement sur Geology.com, étant donné le copyright.


Sources :
- article publié dans "Earth and Planetary Science letters" :
This research was published in Earth and Planetary Science Letters. In addition to Brueckner and Harlow, authors on this research paper include Hans Lallemant of Rice University in Houston, Texas; Virginia Sisson of the University of Houston in Texas; Sidney Hemming of Columbia University's Lamont-Doherty Earth Observatory, New York; Uwe Martens of Stanford University, California; Tatsuki Tsujimori of Okayama University in Japan, and Sorena Sorensen of the National Museum of Natural History in Washington, D.C. The National Science Foundation funded the research.

- "Jade sheds lights on Guatemala's geologic history" :
   article original de l'American Museum of Natural History
   http://www.amnh.org/science/papers/jade_guatemala.php
   repris dans :
  
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2009-07/amon-jsl072709.php
- "l'origine du Jade - Jadeite" :
                        research.amnh.org/users/gharlow/L'origineDeJade-Sum.pdf
- INSIVUMEH : Instituto Nacional de SIsmologia, VUlcanologia, MEteorologia
   e Hydrologia.
    http://www.insivumeh.gob.gt/

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Le massif du Masaya se trouve à une vingtaine de kilomètres à l'est de Managua.
Il est inhabituel à plusieurs titres:
- C'est une caldeira située và l'intérieur d'un volcan-bouclier datant du Pleistocène (Las Sierras), alors que la majorité des volcans du Nicaragua sont des stratovolcans.
- Bien que se dressant dans un environnement géodynamique dominé par la subduction de la plaque Cocos sous la plaque Caraïbes et la production d'un magma calco-alcalin, l'activité du Masaya est caractérisée par un magma basaltique tholéiitique.
- Son activité explosive s'accompagne de colonnes pliniennes et de coulées pyroclastiques, comme ce fut le cas lors de l'éruption de 4550 av. JC. Ce type d'activité coexiste avec des éruptions effusives plus caractéristiques des magmas basaltiques.

La caldeira, de 12 kilomètres sur 6, abrite de nombreux cônes volcaniques dont les principaux sont le San Pedro, le Nindiri, le San Fernando, le Masaya et l'actuel cône actif, le Santiago.
Les volcans jumeaux Masaya et Nindiri, sources des éruptions historiques, furent construits à l'extrémité sud d'un système de fractures. Une base de tephras basaltiques, émis il y a 6500 ans, a été recouverte dans la partie nord par les flots de lave del'éruption de 1670.



          

Les cratères du Masaya - photo aérienne Ineter - carte http://volcano.si.edu/volcanoes/region14/nicarag/masaya/14mas02f.png .


En 2001, le 23 avril, le Santiago explosa durant 2 minutes, éjectant jusqu'à 500 mètres du bord du cratère des bombes atteignant 60 cm. de diamètre, sans dommages physiques pour les touristes présents à ce moment aux abords du cratère. Certaines bombes causèrent de sérieux dommages aux véhicules et mirent le feu à la végétation sèche entourant le cratère. Une nouvelle cheminée de 10 m. de diamètre s'ouvrit 30 mètres au sud de la précédente. (Ineter report)

                         Photos in GVP - haut crédit J.Barron - bas Crédit P.Tores

Le 4 août 2006, deux petites explosions phréatomagmatiques furent suivies d'émission de poussières, avec perception d'incandescence dans le cratère et bruit de "jet".
En octobre de la même année, une nouvelle cheminée s'est ouverte donnant naissance à un petit lac de lave avec fort dégazage. Des lacs de lave sont présents de façon intermittente dans la cratère du Santiago.
2007 & 2008 furent caractérisés par des panaches de cendres émis à différentes reprises entre 2 et 6,1 km d'altitude.

Aperçu de la configuration de la chambre magmatique du Santiago : peu de certitudes sur la structure profonde .



             Le cratère du Santiago (rive ouest & sud) et la Cruz de Bombadilla, installée
              par les envahisseurs Espagnols pour éradiquer les pratiques sacrificielles
              des peuplades indiennes qui précipitaient des personnes dans le cratère
              pour s'attirer les bonnes grâces de leurs dieux.
- © B.Duyck 12.2008

         Le fort dégazage bleuté (SO²) du cratère du Santiago - © B.Duyck 12.2008

           La rive nord du cratère, par temps clair et dégazage faible - Wikipedia.

                  Incandescence dans le cratère du Santiago.
  - © B.Duyck

Un autre cratère inactif recouvert de végétation :   

                                 © B.Duyck 12.2008


Sources:
-GVP - Global Volcanism Program - link
-Ineter

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Momotombo est un jeune stratovolcan, situé à proximité immédiate du lac Managua. Du haut de ses 1297 m., il fait face à la capitale et son aéroport.

         Le Momotombo en bordure du lac Managua - photo P.Gondolff - Lave-est.


Le volcan est né il y a environ 4.500 ans à l'extrémité SE. du Marrabios range; ce cône symétrique est surmonté d'un cratère de 150 sur 250 m, égueulé au NE.. Les coulées de lave provenant du Momotombo sont majoritairement localisées sur ses flancs NO. dans la caldeira Monte Galan, large de 4 km.
Sa dernière éruption a eu lieu en 1905, avec des coulées de lave en direction de sa base NE.

         Le Momotombo avec le lac Managua - à noter : le panache blanc, les flots de lave
               de 1905 sur son flanc E., formant des kipukas  -  photo Ineter , in GVP.


Malgré son calme apparent, de nombreuses fumerolles de hautes températures sont présentes dans le cratère et une usine géothermique de 35 mégawatts est placé au S. du volcan, sur les rives du lac.
Schéma du cratère - Ineter.


Son "petit frère", le Momotombito est un stratovolcan plus petit - 391 m. - de formes similaires; il forme une île dans le lac Managua.

                      Survol du lac Nicaragua avant l'atterrissage à Managua.

            Au fond, à gauche : le Momotombo et le Momotombito, respectivement

                            en bordure et dans le lac Managua - © B.Duyck

 

Sautons le volcan Masaya, situé aux portes de la capitale pour passer au lac Nicaragua, dont l'île d'Omotepe est doublement coiffée par les volcans Concepcion et Maderas.

 

 

 

                   Le Concepcion, au NO. de l'île habitée d'Omotepe - J.Iner - GVP


 

Le volcan Concepcion est un stratovolcan basaltique à dacitique symétrique, formant la moitié NO. de l'île d'Omotepe. Son cratère sommital, à la rive Ouest surélevée, est profond de 250 m.

Des fractures, alignées N-S. sur ses flancs, ont produit une chaîne de spatter cones, de cinder cones, de dômes et maars.

Ce volcan s'est édifié sur une base de sédiments lacustres et son cône actuel a grandi sur une caldeira, dont un vestige est visible et forme une cassure sur la pente nord de celui-ci.

Schéma de van Wyk de Vries - 1993 - in GVP.

De fréquentes explosions durant les cinquante dernières années ont surélevé le sommet dépourvu de toute végétation.

 

Le Maderas est un strato-volcan de même nature que son voisin, auquel il est rattaché par un petit isthme: basaltique à dacitique, vaguement conique mais coupé de nombreuses failles et fossés, le plus large coupant le sommet.

Un petit lac, "la laguna de Maderas", occupe le cratère sommital large de 800 m.. De nombreux cônes pyroclastiques habillent le flanc NE. du volcan jusqu'au niveau du lac Nicaragua.

La dernière période de croissance massive du volcan date de 3.000 ans; aucune éruption n'est connue  avec certitude... il a quand même tué 6 personnes en 1996, par l'entremise d'un lahar qui a détruit le village d'El Corozal (250 habitants touchés) situé à 3 km. du volcan.

 

                           Le Maderas, vu du volcan Concepcion - A.Creuset-Eon , in GVP.

 

Sources :

-GVP - Global Volcanism Program - lien

- Ineter

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

 

 

Las Pilas volcanic complex includes a cluster of cones, of which Las Pilas (El Hoyo), in the center background, is the largest. A N-S fracture system cutting across the cone has produced numerous well-preserved flank vents, including maars. Cerro Asososca is the prominent conical volcano in the right foreground of this photo from the SW. Cerro Grande is the peak at the upper left.                          Photo by Jaime Incer, 1981  in GVP

 

 

 

                                  Carte de situation - Bice, Univ.of California, Berkeley 1980 - in GVP


Le puit d'effondrement (150 m. de profondeur) a été produit vraisemblablement par une activité éruptive de type Hawaïen. Contrastant avec ce dynamisme, Las Pilas, Asososca et le Cerro Negro sont principalement des cônes de scories produits par des éruptions de type strombolien.

 

Le complexe volcanique Las Pilas se compose de différents cônes répartis autour du volcan Las Pilas.

Un système de fractures, vaguement orienté N-S. coupe le volcan Las Pilas et est jalonnée d'évents latéraux bien préservés et de maars. A part une possible éruption dans le courant du 16° siècle, la seule éruption historique certaine du Las Pilas a eu lieu dans les années 1950, au départ d'une fissure coupant le flanc est. ( GVP) - photo H.Williams - NOAA - émission de vapeurs à partir de fissure.

 

La caldeira "El Picacho" : cette structure hemicirculaire, d'un diamètre de 1,5 km., correspond  aux restes d'un paléovolcan qui s'est effondré. La caldeira  a été recouverte par une série de coulées de lave provenant  de l'ancien volcan ayant formé sa structure et qui se pépartissent en deux grandes zones différenciées. Une zone plus plate et boisée correspond à des dépôts fluviolacustres de différentes origines ( volcan Paléo-Hoyo, volcan El Hoyo et matériel érosif).

 

Le volcan Paléo-Hoyo : d'un diamètre de 4 km., avec une pente uniforme de 14°, cette antique structure est couverte des cendres émises par l'actuel volcan El Hoyo.

 

Le volcan Cerro Ojo de Agaua : cette entité englobe le Ojo de agua (813 m. - cratère de 200 m. de diamètre, profond de 80 m.) et un petit cône situé à l'ouest (haut de 720 m. - cratère de 100 m. de diamètre).

 

Le volcan El Hoyo ("le trou")

 

 

                        Pit crater sommital de l'El Hoyo, 400 m. de diamètre - photo worldnomads.

 

Ce volcan circulaire, de 2 km. de diamètre basal et d'une hauteur de 1.088 mètres, a des pentes uniformes de 20° et a été formé par une succession de coulées de lave et de flux pyroclastiques intercalés.

Trois cratères d'effondrement (pit crater) aux parois abruptes et de diamètres respectifs de 400, 200 et 80 mètres parsèment le sommet, le plus grand lui ayant donné son nom : "El Hoyo". Les coulées de lave émises par le cratère sommital, les tunnels de lave et les surfaces de lave Pahoehoe seraient caractéristiques d'un dynamisme de type Hawaïen (van Wyk de Vries - London 1993).


                      Le volcan ASOSOSCA et la lagune (maar) - photo worldnomads.


Sources :


- FOTOGEOLOGÍA DE LOS COMPLEJOS ESTRATOVOLCÁNICOS EL HOYO Y ASOSOSCA (NICARAGUA)

Elena Badilla, Ignacio Chaves, Lepolt Linkimer, Héctor Zúñiga y Guillermo E. Alvarado, Escuela Centroamericana de Geología, Universidad de Costa Rica

                  http://www.cenapred.unam.mx/cgi-bin/popo/reportes/consulta.cgi

- Ineter - Instituto Nicaragüense de estudios territoriales :
                                         www.ineter.gob.ni/geofisica/.../hoyo/info.html

- GVP - Las Pilas link

- articlesur les énergies renouvelables, dont la géothermie, par
   l'université libre de Bruxelles (ULB) :
        http://www.ulb.ac.be/sciences/dste/sediment/pages_perso/Preat_fichiers/LECON%2010-2007.pdf

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Publié le par Bernard Duyck
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                    Le site du Cerro Negro en 1995 - photo B.Hill in GVP.

Le Cerro Negro est le plus jeune volcan d'Amérique centrale.  C'est en réalité un groupe de quatre jeunes cônes de cendres (cinder cones) construits selon un axe NNO-SSE. à 5 km. du volcan Las Pilas.

                                     Carte de situation - in GVP.

Des éruptions strombolienne à subplinienne, à partir d'avril 1850, échelonnées d'une paire d'années à plusieurs décades, ont construit un cône basaltique haut de 250 m. Le cône et la morphologie du cratère ont beaucoup variés durant l'histoire éruptive du Cerro Negro.
Sa morphologie fut mesurée par méthode GPS en 1999 :

              La station de mesure de l'Ineter est marquée par un carré noir.

                      Le cratère du Cerro Negro - vue aérienne Ineter.

Les dernières éruptions recencées par le GVP datent de 1995 et 1999. (détails sur GVP weekly reports) et sur la référence citée dans les sources.


    photo La Prensa / Ineter - 1999.

             Le Cerro Negro au printemps 2009 -
© P.Gondolff - Lave-est.  
    

Sources :
- GVP - Cerro Negro - lien
- Ineter - Cerro Negro - lien
- Michigan technological university - éruption de 1999

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Publié le par Bernard Duyck
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                   De gauche à droite, le Casita, le San Cristobal et l'El Chonco.
                                A l'avant-plan, le Moyotepe - photo INETER

Le complexe volcanique du San Cristobal, situé à 100 km. de la capitale Managua, est formé de cinq édifices, à la pointe NO. du Marrabios Range.
- Le San Cristobal, connu aussi sous le nom d'El Viejo, est le cône le plus récent; haut de 1745 m., il est surmonté d'un cratère de 500 sur 600 m.
- El Chonco, flanqué de plusieurs dômes de lave, est situé à
4 km. à l'ouest du San Cristobal. Ce cône andésito-dacitique est haut de 800 m.
- Le Moyotepe, situé au NE du San Cristobal, date, comme El Chonco, du Pleistocène.
- Le volcan Casita, à l'E., présente un cratère sommital allongé. IL fut le site d'un glissement de terrain catastrophique et de lahars en 1998. L'incident du 30 octobre 98 tua entre 1560 et 1680 personnes, en déplaça des milliers d'autres, enterra les villes d'El Porvenir et Rolando Rodriguez sous 3 mètres de roches et de boues et coupa la route Pan Américaine en plusieurs tronçons. L'ouragan "Mitch", qui sévissait à ce moment, fut la cause principale du désastre, ses pluies torrentielles ayant rempli le cratère et provoqué l'écroulement d'une de ses parois.
- La caldeira La Pelona est localisée à l'extrême E. du complexe.

         L'énorme cratère du San Cristobal dégazant de façon aggressive
                                        photo Topdépart.

Le complexe volcanique a tendance à produire des quantités significatives de magma dacitique, à la différence du magma andésito-basaltique des volcans proches tels que le Telica, et le Cerro Negro.
Ses dernières manifestations :
En octobre-novembre 1977 et novembre 1987, le complexe produisit de petites éruptions de cendres et de gaz.
En 1997 et le 20 novembre 1999, d'autres éruptions similaires eurent lieu.
Actuellement, un dégazage intensif affecte la population et la végétation environnantes.

Sources :
- Ineter - volcan San Cristobal
- GVP - volcan San Cristobal
- USGS - Nicaragua volcanoes and volcanics.


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Publié le par Bernard Duyck
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Le Nicaragua, terre de lacs et de volcans, est aussi "une terre entre deux eaux", l'océan pacifique et la mer des Caraïbes, que sépare une échine montagneuse traversée de puissantes forces tectoniques à l'origine d'éruptions et de séismes réguliers. Sur les 42 volcans actifs d'Amérique centrale, le Nicaragua en compte 7 sur 24 au total.


Cinq plaques lithosphériques interagissent dans cette zone : la plaque Nord-américaine, la plaque Sud-américaine, les plaques Cocos, Caraïbes et Nazca.
La plaque Cocos s'enfonce sous la plaque Caraïbe, à une vitesse moyenne de 9 cm. par an ; la chaîne volcanique quaternaire se trouve en bordure méridionale de la plaque Caraïbes, limitée par la fosse d'Amérique centrale au sud, et par un système de failles à l'ouest et au centre du Guatémala. Ce système de failles correspond à une zone de cisaillement, avec déplacement horizontal. La prolongation de ces failles à l'ouest, vers le point triple - Plaques Nord-américaine, Cocos et Caraïbes - est relativement mal compris .

                 Carte tectonique de l'amérique centrale - in "Volcanism"
                                     de H-U.Schmincke. Ed.Springer.

Le volcanisme d'Amérique centrale résulte d'un mécanisme de subduction avec formation de volcans de marge continentale, la plaque Cocos - relativement "jeune", maximum 65 Ma - s'enfonçant sous la plaque Caraïbes.


Les volcans sont placés sur une ligne NO-SE, qui passe par les deux grands lacs du Nicaragua, le lac de Managua et le lac Nicaragua, au sein duquel on en retrouve d'ailleurs deux. Cette chaine volcanique débute au Guatemala, passe par le Nicaragua et se termine au Costa Rica.

                       Volcans actifs & volcans éteints - carte INETER.

Sources:
- INETER - Instituto Nicaragüense de Estudios TERritoriales.
- "Volcanism" de Hans-Ulrich Schmincke, secrétaire général
  de l'association internationale de volcanologie (IAVCEI)
- Global Volcanism Program - volcans du Nicaragua.

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