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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Qu'est-ce qu'une lithophyse ?


Littéralement, une bulle de pierre, du grec lithos, pierre et phusa, bulle.
Les lithophyses sont une des formes de la silice, qui se rencontre communément sous divers aspects : quartz, agate, opale, silex, calcédoine.
Elles se rencontrent en France dans l'Estérel, plus particulièrement dans les coulées de rhyolite datant du Permien.
D'aspect extérieur non engageant, et ayant une surface irrégulière, pustuleuse, de teinte terne (brunâtre, grisâtre, verdâtre, rosâtre, blanchâtre), ce sont des géodes de formes sphérique à ellipsoïdale de diamètre variant de quelques centimètres à plus de 20 cm., exceptionnellement plus.

                                                                                         in Geoforum / Geowiki.

Ces structures, une fois coupées et polies, révèlent alors leur magnificence: chatoiement des couleurs, variété des formes dessinées par la nature, richesse des incrustations.
Une merveille dans la diversité !

               Lithophyse de l'Estérel  Poids : 167 gr. - taille : 63/69 mm.          photo : agates.nl

Formation des lithophyses :

Les coulées de lave contiennent des vacuoles de gaz, de plus ou moins grandes tailles. C'est à l'intérieur de celles-ci que la silice se dépose en leur donnant dureté et inaltérabilité.
Lorsque la rhyolite se désagrège, ou s'altère avec le temps et les conditions, les lithophyses s'en trouvent dégagées.
La cavité formée au départ - l'ancienne bulle de gaz - se retrouve pleine d'une "eau chaude" intersticielle qui s'est chargée de minéraux par diffusion en passant dans les roches, soit au moment de l'éruption, soit plus tard. Dans cette eau, un gel colloïdal de silice précipite en remplissant plus ou moins la cavité ... il se transformera en calcédoine par le suite.
Ensuite, dans des conditions devenues favorables, les autres minéraux se déposent.
Lorsqu'il reste de l'espace, du quartz (silice cristalline) peut migrer de l'extérieur vers l'intérieur de la cavité et former des cristaux orientés vers son centre. En plus du quartz, d'autres minéraux peuvent venir remplir les lithophyses : l'améthiste, la calcite, la fluorite, la chlorite, l'hématite, etc...
Cet "objet pétrographique" , en rapport avec le volcanisme, n'est ni une formation métamorphique, ni magmatique, mais hydrothermale (cristallisation à partir de substances dissoutes dans l'eau chaude)

Coupe schématique :


Variété :

Les lithophyses présentent une grande variété d'aspect et de "contenu" : cela s'explique en fonction de la taille de la "bulle gazeuse" de départ, de l'importance du dépôt de calcédoine et du remplissage de la cavité, des oxydes présents dans le liquide nourricier et de la quantité résiduelle de silice, après dépôt de calcédoine, qui cristallisera en occupant plus ou moins l'espace encore libre.

photo du dessus : taille 87/71 mm. - poids 235 gr.
photo du dessous : taille 52/51 mm. - poids 72 gr.   in agates.nl




                                          superbe lithophyse de l'Estérel - wikipedia
                                                On pourrait l'appeler : "le mont Fuji" .

                                              Lithophyse emplie de calcédoine - 7 cm. L

Sources :


- Géodes et hydrothermalisme , par P.Thomas

      http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/objets/img_sem/XML/db/planetterre/metadata   /LOM-Img61-2003-11-24.xml
- Géoforum - Géowiki.
- Quelques belles photos sur Géoforum :
en pages 1-2- 13
  http://www.geoforum.fr/index.php?showtopic=3675&st=240


Ici devrait suivre le volcan de Maure Vieille ... n'ayant pas eu le temps de le visiter, je vous renvoie à une photo et au dossier de M.Moine, en attendant les miennes, l'an prochain.

               Un clic sur la photo pour le dossier géologie de l'Estérel - page 5.3
                                                  de M.Moine & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


                           Le Lion de terre, à St Raphaël - photo BRGM

    Le port de Santa Lucia et le chantier naval, face au "Lion de terre"

    et le départ du sentier des douaniers.


Le volcan de la Batterie des Lions est situé en pleine ville de St Raphaël : on y accède par le port de Santa Lucia, sur la route de Boulouris. Il faut aller au bout du quai, jusqu'au chantier naval et prendre le "sentier des douaniers" face aux ilôts du Lion de terre et du Lion de mer.

  Prismes de trachyte entre le sentier des douaniers et la mer - © B.Duyck


L'affleurement correspond à des coulées de trachyte quartzifère prismées, de couleur rouge orangée. Ces coulées se sont mises en place sous forme de dômes trachytiques d'extension réduite - moins de 2 km.-  et témoignent de l'activité de l'ancien massif volcanique qui a disparu après son effondrement en mer à l'aire tertiaire, consécutivement à l'orogenèse alpine. C'est dans cette phase que se sont séparées Provence et Corse-Sardaigne.

La prismation des trachytes:

                              Prismes de trachyte - © B.Duyck



Cette prismation est la conséquence du refroidissement de la lave : elle est émise à plus de 1.000°C, et un faible refroidissement de l'ordre d'une centaine de degrés suffit à amorcer une prismation au niveau de la surface de refroidissement. Les prismes se forment perpendiculairement à la surface de refroidissement.

Si la surface est celle de la coulée, les prismes se forment verticalement. Le pendage des prismes étant faible, on peut en conclure que l'écoulement était quasi vertical et qu'on se trouve près de la zone d'émission de la lave.

                            Près de la bouche de sortie - © B.Duyck


Si la surface est celle des épontes du filon (les parois du filon), les prismes se forment plus horizontalement.

  Eternité de la prismation versus mobilité incessante de l'eau - © B.Duyck

                                                Schéma de M.Moine  - Cours de géologie

La prismation est d'autant plus marquée que le refroidissement est rapide ... la matière a moins de temps pour se réorganiser. La prismation gagnant peu à peu l'intérieur de la coulée, on trouve les prismes de plus gros diamètre à la base des coulées (endroit où le refroidissement est plus lent).

                                                                                                   © B.Duyck


Sources :
 - http://www.lithotheque.ac-aix-marseille.fr/Affleurements_PACA/Permien_Saint_Raphael/PERMIEN_BATTERIE_DES_LIONS.htm

 - http://membres.lycos.fr/amisenmarche/Geologie20.htm

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Petit rappel : le massif de l'Estérel, apparu pendant l'intense phase de volcanisme au Permien, a été ensuite érodé durant l'ère secondaire (150 Ma). Le soulèvement des Alpes, à l'ère tertiaire, fait basculer le socle et provoque un effondrement d'une partie de celui-ci en mer.
Ces mouvements tectoniques vont fracturer le socle et faire le lit d'une nouvelle phase volcanique : vers 60 Ma, un volcanisme "avorté" se manifeste, non pas par de nouveaux volcans, mais par l'intrusion de lave sous forme de sills épais en quelques endroits du massif des Maures et de l'Estérel, en particulier vers le Dramont.

De gauche à droite, la plage du Dramont (décharge des déchets de carrière) et les carrières du Dramont, vues du sémaphore du Cap Dramont - © B.Duyck


Carrière d'estérellite du Dramont, reconvertie en base nautique - © B.Duyck


L'estérellite est une microdiorite quarztique, renfermant des phénocristaux de plagioclases zonés d'amphiboles et de biotites; on rencontre parfois des phénocristaux de quartz et de feldspath. Les minéraux accessoires sont la magnétite, l'apatite et le zircon.

 Estérellite de la carrière du Dramont, faciès à amphiboles et pyroxène - © B.Duyck



La composition chimique est celle d'andésites et dacites subalcalines; les teneurs en éléments traces sont caractéristiques de laves de lignées calco-alcalines, propres aux zones de subduction.


Exploitée depuis l'époque romaine, l'estérellite a été extraite de nombreuses carrières des environs de StRaphaël; surtout utilisée pour le pavement des routes, on en retrouve sur des portions de la "Voie Aurélienne" à Fréjus. Sa forte résistance - 5 tonnes au cm²- en a fait un matériau de construction de routes au moyen-âge : les pavés ne se cassaient pas sous les roues cerclées des chariots de l'époque.
La carrière du Dramont connut un regain d'activité entre 1850 et 1959, avec une sortie de 2 à 300 tonnes de roches par jour.
L'estérellite est actuellement extraite de la carrière des "Petits Caous", située au NO. de celle du Dramont.

La plage du Dramont avec ses gros galets gris-bleu était en fait une aire de stockage des déchets de la carrière du même nom. La mer, avec ses flux et reflux, les tempêtes ont façonné ces pierres jusqu'à les rendre lisses et douces, donnant un cachet spécial à cette plage bordée de pins.

   La plage du Dramont et ses célèbres galets d'estérellite,

   en face de l'île d'Or - © B.Duyck


Cette plage a été choisie par les Américains pour le débarquement de Provence... parce qu'une plage de galets ne se mine pas et permet aux engins d'accoster plus facilement.

            Le débarquement sur la plage du Drammont en août 1944 - en fond, l'île d'Or .
                                                     archives provençales.

  L'île d'Or, constituée de rhyolite amarante, vue du sémaphore du Cap Dramont - © B.Duyck


Outre son attrait photogénique, l'île d'Or en a un autre pour les nombreux"Tintinophiles" : Hergé s'en est inspiré pour son album "L'île Noire", dont l'action se passe par contre en Ecosse.
http://lemondedetintin.skynetblogs.be/

Petite histoire de l'île d'Or:
Au départ, ignorée encore des hommes, cette île sauvage et rude n'était qu'une courte halte sans intérêt car si proche du rivage.
Elle appartenait à cette époque à un certain monsieur Sergent qui l'avait acheté aux enchères à l'état, pour 280 francs en 1897 et qui la perdit au cours d'une partie de carte (bien arrosée...)au profil d'un médecin.
C'est ainsi qu'entra en scène l'original monsieur Auguste Lutaud.
C'était sans doute un homme passionné et un peu fou comme il y en avait tant au cours de cette période d'avant guerre ou les rêves les plus fous pouvait encore avoir le gout de la réalité.
C'est ainsi que monsieur Lutaud décida de construire une tour sur son île et quelle tour! : si belle du haut de ces quatre étages et crénelée comme un donjon imprenable, elle devint le fief du petit royaume de l'île d'or. Monsieur Lutaud s'auto-proclama roi sous le nom d'Auguste 1° : « Roi des Roches battues par les flots », à la fin de la construction de la tour qui alors devint le lieu de fêtes fastueuses jusqu'en 1914.

Et puis la guerre arriva et rapidement, le royaume tomba dans l'oublie alors que monsieur Lutaud disparaissait et avec lui un peu de l'âme de cette île.
Mais il est toujours là : ces cendres reposant sous un rocher de l'île. (Pendant la guerre, la tour fut pillée et incendiée).
C'est son petit fils : Olivier Lutaud qui la vendit à un officier de marine : François Bureau en 1962. Ce dernier lui rendit un peu de ses couleurs d'antan en particulier par la création d'un jardin méditerranéen.
Monsieur Bureau était donc un homme très apprécié qui avait pour habitude de faire tous les jour le tour de son ile à la nage. Il fit d'ailleurs une dernière fois, un jour, le tour de son île qu'il ne put terminer :c'était le 16 août 1994.
50 ans presque jour pour jour après le débarquement des soldats français et américains sur la plage du Dramont.
L'île appartient toujours à la famille Bureau. Vous ne pourrez pas pique niquer sur l'île puisque c'est une propriété privée mais vous pourrez simplement accoster et en faire le tour, comme avec le chemin douanier.   (in http://www.ilerouge.fr/ )



Panorama (5 photos) pris du sommet du sémaphore du Cap Dramont :

 de G. à D., Boulouris, la plage et les carrières du Dramont,
la rade d'Agay avec le Rastel d'agay, le Cap Roux et
la pointe de La Baumette.

Sources : documents lithothèque PACA.
- carte géologique : http://www.lithotheque.ac-aix-marseille.fr/Affleurements_PACA/83_esterellite/carte_geologique_esterellite.htm

- http://www.lithotheque.ac-aix-marseille.fr/Affleurements_PACA/83_esterellite/83_esterellite_index.htm



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après le Mt Vinaigre au NO. du massif, on passe du côté Méditerranée, avec le Cap Roux, en bord de mer, et le Pic de l'Ours, en hauteur dans l'Estérel.




Le Cap Roux - 453 m. :

Situé en bordure de la Corniche d'Or, ce massif rhyolitique ne prend toutes ses couleurs qu'en fin d'après-midi, sous un soleil déclinant.

 Le sommet du Cap Roux au relief accidenté, constitué de rhyolite ignimbritique.

                                                                                                    © B.Duyck


    Le relief et la mer se rencontrent ... pointes escarpées et criques
    se succèdent et relèguent les zones habitées sur les
    rares faux-plats. - © B.Duyck


     Les calanques, favorables à la baignade et au farniente - © B.Duyck

Les calanques sont l'apanage de la méditerranée; elles se présentent sous forme de vallon étroit et profond aux bords escarpés, en partie submergé par la mer. Leur nom vient d'une dénomination occitane "calanca ".
Les calanques de l'Estérel sont accessibles par quelques marches taillées ou des chemins étroits formés de blocs étagés.
Ce paysage magnifique est malheureusement balafré par la nationale 96 et la tranchée du chemin de fer Marseille-Nice. Des  transversales en impasse d'accès à la mer, comme en Corse, auraient permis une meilleure préservation des sites.

Le pic de l'Ours - 492 m.


D'accès plus compliqué : j'ai privilégié la route à partir d'Agay; prendre la direction Fréjus, par la route des golfs et tourner de suite à droite, vers le massif et la maison forestière du Gratadis;
restez sur la droite, en direction de la Sainte-Baume (*), puis passez les cols de l'Evêque et celui des Lentisques jusqu'au parking du pic de l'Ours.
N.B.: route moins stressante qu'au Mont Vinaigre, puisque la portion étroite se fait ici "en sens unique".
A partir de là, privilégiez le chemin cours... sentier raviné, qui ressemble au lit d'un petit torrent à sec, pour cheminer
à flanc de montagne en écartant les branches, et déboucher sous le pilone TV.

          Parking du Pic de l'Ours - départ de la promenade -,

          "les Petites Grues" et la Méditerranée, vus du chemin

          de montée - © B.Duyck

 

              Le sommet et "la dent de l'Ours", au centre - © B.Duyck

 

                                       La dent de l'Ours - © B.Duyck

                                   Close-up rhyolitique - © B.Duyck

 

Dans tout le massif, on rencontre un arbre typique de la région : Quercus suber L.- le chêne-liège.


Le liège produit par l'arbre, appelé "liège mâle", crevassé et de piètre qualité doit être enlevé. Cette opération, appelée "démasclage" se fait dès que la circonférence du tronc atteint 70 cm.


Le nouveau liège, "le liège femelle" se forme et est enlevé tous les 9 à 15 ans, dès l'épaisseur critique atteinte : environ 3 cm., durant juillet-août quand l'arbre est en sève.


Bon isolant thermique et phonique, le liège résiste aussi à l'eau grâce à la subérine qui imprègne ces cellules ... il servira plutôt, dans nos temps de crise climatique, à l'isolation qu'à la fabrication traditionnelle de bouchons.

 

 

 

              Le tronc démasclé du gros spécimen - © B.Duyck

 

(*) : La Sainte Baume : "la sainte grotte" en provencal.

Honorat, qui vécu dans les années 400, appartenait à l'aristocratie gallo-romaine mais se convertit avec son frère aîné Venantius. Pratiquant l'ascèse, dans leur riche demeure, à Trèves, ils offraient l'hospitalité aux pauvres. Leur pratique des préceptes de l'Évangile leur fit une immense renommée. Effrayés par une telle gloire, contraire à leur esprit d'humilité, ils décidèrent de partir, donnant tous leurs biens. Venantius mourut en Grèce et Honorat, de retour en Gaule, a cheminé sur la voie Aurélienne, Nice, Cannes jusqu'au Cap Roux où il dormit dans cette excavation du rocher avant de rallier Fréjus où il resta plusieurs années. Honorat y devint célèbre, les foules accouraient de loin pour entendre sa parole.Il se souvint de la grotte du Cap Roux où il choisit d'y être ermite. Mais il dut fuir à nouveau la notoriété et partit à Lérins. (Vie de St Honorat)

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Itinéraire :

Carte topographique IGN Top 25 - 3544 ET .
Au départ de Fréjus, emprunter l'ancienne Nationale 7 en direction de Cannes. Au col du Testanier, bifurquer à droite sur la route forestière en direction de la Maison forestière du Malpey. Devant la maison, prendre la route à gauche pour atteindre le parking en cul de sac ... suivre à pied le balisage rouge et blanc vers le sommet.

                     La route forestière vers le Mont Vinaigre - © B.Duyck

Dénomination : pourquoi "vinaigre" ?

trois versions s'opposent:
- ce serait un dérivé du mot "vent", le mistral soufflant 
  beaucoup dans la région.
- de part sa géologie - Estérel signifiant lieu stérile -
  la vigne s'y développerait mal, donnant un mauvais vin   
  (vinaigre)
- hypothèse la plus probable : son nom dériverait d'une
  plante appelée "vinaigrier" que l'on trouve sur les flancs
  du mont.

Cette route fut longtemps la seule permettant la communication avec Nice et l'Italie; menacée par les brigands, elle était peu sure ... ne disait-on pas "passer le pas de l'Estérel".  Les diligences passaient devant la maison du Malpey, signifiant en vieux français "mauvais pas".
Aux 17 et 18° siècles, la région devint le refuge des forçats évadés qui y trouvèrent de quoi satisfaire leurs besoins.

Le volcan expliqué par Maurice Moine :

Deux excellents schémas tirés de l'article de Maurice Moine sur le volcanisme Permien du Mont Vinaigre expliquent sa topographie.

                                                                                         © M.Moine

  Coulées ignimbritiques A5 et A7 (270 Ma) , A10 - phases explosives

  Dôme constitué de lave dégazée pyromidale A11 (248 Ma).

  Les différentes coulées de laves acides sont séparées d'environ 20 Ma.


N'étant pas géologue, ni accompagné d'un spécialiste, je vous renvoie à son article et ne vous parle que du sommet, zone plus facilement déchiffrable.

                                                                                                 © B.Duyck


Entre le parking et le sommet, une coulée ignimbritique
( A10 - explosive) située du côté ouest.

Au sommet :

                                                                                       © B.Duyck


Brèches volcaniques de projection, correspondant au dégazage du volcan; il s'agit dans ce cas de morceaux de lave projetés par l'explosion et soudés entre eux par la chaleur.

                                                                                                © B.Duyck


                                                                                              © B.Duyck


La tour de surveillance incendies : on y surveille d'éventuels départs de feux.
A noter que la zone peut être fermée en été, par forte chaleur pour éviter tout risque d'incendie. Pour connaître la situation journalière, consulter avant de partir :
04.98.10.55.41 ou http://ddaf.cdig-83.org/fermeture.htm.

                                                                                                 © B.Duyck


En descendant le Mont Vinaigre, on aperçoit d'étranges affleurements de tufs volcaniques colorés en vert pâle.
explication de M.Moine :
"
En ce qui concerne l’affleurement en cause, il s’agit de la formation rBa  ( formation de Bayonne du nom du lieu dit ) et  composée de : « ensemble de grés rosâtres à taches vertes de décoloration, tufs volcaniques, cinérite et gouttes de cendres pisolithique »  ( d’après la carte géol ).

Là on est dans les tufs volcaniques.

La couleur verte provenant généralement de l’oxydation du fer en milieu aqueux et réducteur.

Ces formations sont généralement relativement tendres et non pas la dureté de la rhyolite. "


Source :
à voir et revoir :
"La planète du géologue randonneur" de M.Moine & al.
http://geologierandonneurs.fr/index.php?p=sommaire - point 5.3

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


                             Formation du massif de l'Estérel.



           Situation générale du massif de l'Estérel  - avec l'aimable autorisation de M.Moine
                      dont références complètes ci-dessous.


Le socle des Maures et de l'Estérel :

Les formations géologiques les plus anciennes de la Provence affleurent dans les massifs des Maures, de Tanneron et de l'Estérel. Elles forment le socle ancien (terrains antérieurs à 300 Ma) qui ailleurs est recouvert par une couverture sédimentaire.
La Provence cristalline des Maures ou Provence varisque est composée des massifs métamorphiques et granitiques des Maures et de Tanneron, et des bassins permiens bordiers à remplissage sédimentaire et localement volcanique dans le massif de l'Estérel.
Allongée sur une centaine de kilomètres depuis le Cap Sicié à l'Ouest de Toulon, jusqu'à Vallauris à l'est de Cannes, la " Provence cristalline " offre quatre ensembles géomorphologiques et géologiques principaux :
- le massif des Maures auquel se rattachent les massifs du sud de Toulon et les îles d'Hyères (Porquerolles, Port-Cros et île du levant) ;
- la dépression permienne, qui borde les Maures à l'Ouest et au Nord ;
- le massif volcanique permien de l'Estérel qui prolonge vers l'Est la dépression permienne ;
- le massif de Tanneron, qui constitue le prolongement oriental des Maures.

Ces quatre ensembles sont séparés par des accidents (failles) de direction générale N-S qui ont joué (été actifs) à différentes périodes et dont certains ont contrôlé (guidé) l'installation de bassins houillers au Carbonifère. Des accidents E-W, décrochants (mouvement horizontal de faille) ont également contribué à la compartimentation de ces entités rocheuses. Actifs pendant le Permien, ils ont contrôlé l'individualisation et l'évolution sédimentaire et volcanique de certains grabens (fossés);
Maures et Tanneron sont constitués de terrains métamorphisés et plissés à l'hercynien (orogenèse varisque, -400 -300 Ma), traversés par des granites d'âge primaire (Carbonifère).
Ces terrains sont intensément érodés, plus ou moins pénéplanés avant le début du Secondaire (-245 Ma environ).


               Chronologie des volcanismes et phases de fonctionnement - M.Moine

Au Permien, un volcanisme alcalin acide et basique accompagne l'individualisation des grabens E-W. Essentiellement fissural, il se met en place à la faveur des grandes failles bordières, mais aussi par l'intermédiaire d'appareils isolés. C'est un volcanisme de rift continental.


Trois types de volcanismes se manifestent dans l'Esterel :
1-Un volcanisme acide important en volume, à rhyolites et ignimbrites, en coulées importantes superposées ;
2-Un volcanisme basique à hawaïtes, mugéarites et basaltes doléritiques, en coulées réduites, en filons stratiformes ou en sils ;
3-Un volcanisme intermédiaire à trachytes quartzifères, en coulées réduites.



Rhyolite  amarante.

 

 

 

 

 

 

 

                                                 Esterellite bleue.



Deux magmas sont à l'origine du volcanisme permien de l'Esterel :
1°/ un magma rhyolitique potassique à composition de granite alcalin ;
2°/ un magma basaltique moyennement alcalin qui se différencie avec le temps, passant d'un pôle basique vers un pôle intermédiaire puis acide.

Les laves acides issues du magma rhyolitique ont une différenciation au cours du temps en relation avec leur mode de mise en place et en particulier un dégazage et un refroidissement progressifs du magma. Le dynamisme volcanique évolue de l'explosif à l'effusif dans un régime général distensif. Les ignimbrites correspondent à une vidange très importante de la chambre magmatique dont le toit s'effondre par la suite. Appartenant à la série alcaline, les laves acides pourraient dériver de magmas basaltiques par cristallisation fractionnée. Ces laves font suite à la première séquence basique de l'Avelan.

 

La trachyte de la Batterie des lions, à St Raphaël, est le témoin de l'ancien massif volcanique qui a disparu en mer, à l'ère tertiaire, suite à un effondrement. De ce basculement, conséquence du soulèvement alpin, restent l'Estérel et des roches similaires situées dans le NO. de la Corse.


 

 

                Batterie des Lions - "le Lion de terre" - Lithothèque PACA - BRGM

 

Un volcanisme "avorté" a produit, à l'Oligocène, une roche caractéristique de la région : de l'Estérellite, roche intrusive formant un laccolite (sill épais) orienté NO-SE..

Un sill est une intrusion de lave sous forme de "filons-couches" plus ou moins horizontaux, respectant la stratigraphie générale du volcan (Volcanologie - Bardintzeff)

L'Estérellite est une roche magmatique appartenant à la lignée calco-alcaline, caractéristique des contextes de subduction; sa genèse est à placer dans le contexte de l'orogenèse alpine.



sources :

 

- "Initiation à la géologie à l'usage des randonneurs"

   par Maurice Moine et al. -  http://www.geologierandonneurs.fr/

- http://www.ac-nice.fr/svt/sorties/argens/compl%E9ments.htm

- http://www.lithotheque.ac-aix-marseille.fr/index.htm


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une visite familiale dans la région de St Raphaël, sur la Côte d'Azur, m'a permis d'approcher une région volcanique:

                   le massif de l'Estérel.


Situé entre les les massifs des Maures et du Tanneron, le massif de l'Estérel s'aborde tout d'abord par le côté mer : la route du littoral, surnommée "la corniche d'or", présente une palette de grande beauté. Contraste saisissant entre le vert des forêts, l'incandescence des porphyres qui, dans le soleil couchant, donnent l'illusion de coulées de lave flamboyantes, et le bleu intense du ciel et de la mer.

                                  Couleurs de l'Estérel -
© B.Duyck

Pour ne pas se limiter au bord de mer, ni "bronzer idiot", il faut s'attaquer au massif ! Dans ce désert de roches rouges, on retrouve la solitude de la haute montagne, à quelques encablures de Fréjus, St Raphaël et Cannes.
La raison : sur ces hauteurs, il ne pousse rien ! Les romains avaient vite constaté ce fait et nommé l'endroit "sterilis ", d'où a peu être dérivé le nom moderne d'Estérel - à moins que ce ne soit d'une tribu celto-ligure, les Suelteri, qui occupait la région voisine des Maures. Si près des routes et cités engorgées, on y retrouve une nature intacte, le silence seulement troublé par le cri d'un rapace ou le bruit du vent, un soleil omniprésent et une vue portant d'une part sur le massif, d'autre part sur une mer étincelante.

                              Ascension du pic de l'Ours - © B.Duyck


Des routes très étroites, accessibles seulement de jour, mènent vite vers des chemins peu empruntés par les randonneurs, qui permettent d'accéder à ce jardin secret et clos. Clos par la mer et les routes de la corniche et la mythique Nationale 7, par le massif des Maures à l'ouest et les plaines du Var à l'est.

           Du sommet du pic de l'Ours, vue sur la baie de Cannes - © B.Duyck

 

Les reliefs accidentés, paysages déchiquetés et criques abruptes plongeant dans la Méditerranée, témoigne d'une histoire géologique mouvementée.

 

Tout aussi riche , son histoire humaine débute avec la préhistoire (burins de Noailles, sur le site de Gratadis, près d'Agay) Ensuite, toutes les civilisations de la Méditerranée marquèrent de leur empreinte le massif de l'Estérel : celto-ligures, grecs, romains, arabes. au moyen-âge, il servit de refuges aux ermites, dont St Honorat à la Sainte Baume, mais aussi aux forçats évadés du bagne de Toulon. Gaspard de Besse,le brigand au grand coeur, y cacha un trésor toujours à retrouver.

 

Pays de légendes, parmi lesquelles celle de la "fée Esterelle", célèbre au moyen-âge. La Peyro de la Fado est un dolmen de 4 pierres placées à champ, surmontées d'une table pesant plus de 20 tonnes; c'est une sépulture collective datant de la fin du néolithique (2500-2000 av.JC.). L'endroit doit son nom à une légende due à Jean de Nostre-Dame, et reprise par le poète Mistral : une fée aimait se déguiser en bergère. Un jour, elle séduisit un jeune génie, à qui elle offrit sa main à condition que le mariage soit célébré sur une table formée de 3 pierres dont elle fit le croquis. Le jeune homme reconnut les pierres qui avaient dévélé la montagne voisine. Il en dressa deux, mais la troisième résista.

Pendant la nuit, la fée souleva cette lourde pierre d'un geste magique et la déposa sur les deux autres. Quand le génie découvrit le prodige, il comprit qu'il était un bien modeste jeune homme et qu'il était condamné à mourir puiqu'il aimait une fée plus habile que lui. Il décéda et fut pétrifié.

 

à suivre : formation de l'Estérel

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Publié le par Bernard Duyck
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Une équipe conjointe des universités de Miami, El Paso et Rochester ont utilisé l'interférométrie radar satellitaire pour étudier, sur une décade, l'activité des volcans du Rift Est-Africain.
Cette étude, publiée en novembre 2009, dans la revue "Geology", a détecté des signes d'activité au niveau de 4 des 11 volcans Kényans : Suswa, Menengai, Longonot et Paka.
De faibles déplacements en surface, invisibles à l'oeil nu, ont été perçus par une technique basée sur le radar placé à bord des satellites Envisat et ERS de l'agence spatiale européenne.


De 1997 à 2000, les volcans Suswa et Menengai ont subi une subsidence de 2-5 cm. et entre 2004 et 2006, le Longonot s'est soulevé de ~9 cm.

Paka - photo M.Smith 1993 BGS

L'épisode le plus marquant fut le soulèvement du Paka : 21 cm. en 9 mois sur la période 2006-2007. Ces évènements épisodiques et limités dans le temps sont associés à des flux magmatiques dans le système d'alimentation   sous-terrain des volcans.

Cette étude met en évidence d'une part les risques pour les populations entourant ces volcans, région fort peuplée autour de Nairobi, mais aussi souligne son potentiel géothermique.
"Elle démontre aussi l'intérêt d'utilisation de ce système de mesure pour la surveillance du rifting Est-Africain" déclare J.Biggs, qui démarre un projet de deux ans avec l'Université d'Oxford et l'agence spatiale européenne, visant à catographier les volcans, les dykes intrusifs et les failles actives du rift.

Source :
 - http://twitter.com/volcanismblog/statuses/5432017286
 - http://www.eurekalert.org


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Publié le par Bernard Duyck
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Pour refermer la boucle, en contournant le craton Tanzanien, retour vers le Kenya et la Tanzanie pour parler un peu des Maasais.

notre guide Maasai sur la plaine de sel du lac Natron - habits, bijoux, coutelas et baton de pasteur traditionnels. - © B.Duyck


Les Maasaï : ce terme définit littéralement "ceux qui parlent Maa" , donc plus une appartenance linguistique et culturelle qu'un attachement à une zone géographique précise.
Cette population d'éleveurs et de guerriers semi-nomades vit pour l'instant dans une vaste zone comprise entre le mont Kenya et le Ngorongoro, à cheval sur le Sud du Kenya et le nord de la Tanzanie.

Un peu d'histoire :
Ils appartiennent au groupe des sociétés nilotiques; la tradition orale et les données archéologiques indiquent qu'ils ont migré depuis la région du lac Turkana vers le 15°siècle, accompagnés de leur bétail domestique.
Une partie importante des terres Maasaï a été conquise par les colons britanniques à la fin du 19°siècle, aidés en cela par la variole et la peste bovine d'abord, par les ethnies africaines dominantes et le gouvernement lors de l'indépendance du Kenya ensuite. Une superficie importante  a également été transformée en réserves et parcs nationaux : Amboseli, Maasaï Mara, Samburu, Nakuru, Manyara, Ngorongoro, Serengeti et Tsavo... ce qui d'autre part les a fait reconnaître par le grand public.
Leur économie est exclusivement pastorale; ils ont su résister aux incitations des gouvernements Kényan et Tanzaniens visant à leur faire adopter un mode de vie sédentaire et une reconversion à l'agriculture. Ils ont acquis ainsi le droit de faire pâturer leurs troupeaux dans de nombreux parcs nationaux; c'est ainsi qu'ils passent allègrement les frontières pour changer de pâturages lors des changements de saison.
Ils maintiennent leurs traditions culturelles tout en prenant part aux forces économiques, sociales et politiques contemporaines dans les deux pays.
Leur résistance et leur conservatisme ont contribués à générer une vision romantique de leur mode de vie en harmonie avec la nature et confirmer l'attrait qu'ils exercent sur le touriste occidental.



                A Engaré Séro, les Maasaï abreuvent leurs troupeaux à la rivière

                           située en contrebas du campement. - © B.Duyck

 

Dans la tradition, leur dieu Engai créa les Maasaï tout d'abord, il leur donna la possession de toutes les vaches du monde et seulement par la suite il créa les autres êtres humains. Les Maasaï calculent la richesse d'un homme par rapport au nombre de vaches qu'il détient: celui qui n'en possède pas, c'est un pauvre. Voilà pourquoi ils appellent "Ndorobo" c'est à dire 'les pauvres' toutes les tribus voisines qui ne sont que des cultivateurs ou des chasseurs cueilleurs.

La vie traditionnelle des Maasaï s'organise autour du bétail, qui constitue leur principale source de nourriture : ils utilisent surtout les laitages et le sang, prélevé sur les jeunes bovins, par une incision au niveau du cou faite par une flèche tirée dans la veine jugulaire. Un bol de sang mélangé au lait constitue l'aliment de base, la viande étant réservée aux occasions spéciales.


Les villages Masaï n'ont pas de constructions permanentes. Chaque groupe de familles élève un "enkang"- un barrage pour le bétail : il s'agit d'une enceinte circulaire de buissons épineux dans laquelle sont bâties de cabanes, une pour chaque famille, positionnées en rond. Dans toute famille, c'est la femme qui construit la cabane avec un mélange d'excrément de vache et de boue. Périodiquement, le groupe abandonne l' enkang et il en construit un autre dans une zone plus riche en eau et en pâturages.


 

                                      Un "Enkang", haie d'épineux - © B.Duyck


                                                               Les femmes, en habits de fête - © B.Duyck

                  A noter : les ombres sur la case, rappel des formes observées dans les sculptures .


   Guerrier Maasai : les moranes tressent leurs cheveux et les teignent d'ocre rouge.- Wikipedia.

Karen Blixen ( rappelez-vous "Out of Africa") , dans son livre "La ferme africaine" a ainsi décrit les Maasaï
:

"Un guerrier Masai est une vision fascinante. Les jeunes possèdent, au degré limite, cette forme spéciale d'intelligence que nous appelons chic; même s'ils paraissent en perpétuelle attitude de défi, irréels et sauvages, ils restent fermement cohérents à leur nature et à un idéal immanent. Leur style n'est ni remaniement ni imitation de perfection étrangère; il a grandi chez eux, et c'est une expression de leur race et de leur histoire ; les armes et l'élégance sont à leur Être ce que les andouillers sont au cerf mâle."

Organisation sociale :

La société Maasaï est patriarcale et sous l'influence des anciens. Le chef spirituel, l'oloiboni, agit comme un intermédiaire entre le dieu Engai et les Maasaï; détenteur des connaissances médicales traditionnelles, il pratique aussi magie et divination.
Les Maasaï sont divisés en classes d'âge : les hommes passent successivement par le statut d'enfant, jeune guerrier, guerrier adulte, jeune aîné puis aîné, par le biais de rites initiatiques. Les anciens communiquent aux enfants des connaissances sur les plantes, les animaux, les usages et l'histoire de leur peuple.
Ils deviennent morane vers 15ans et apprennent le maniement des armes, les chants guerriers et danses traditionnelles.
Le passage à l'âge adulte est marqué entre autre par la cérémonie de la circoncision, après laquelle les jeunes guerriers vivront loin de l'univers féminin dans un village qui leur est réservé, le "manyatta".
Le mariage ne pourra avoir lieu qu'une fois devenus guerrier adulte.
L'accès à la puberté des jeunes filles est marqué par l'excision pratiquée par les femmes âgées. Cette pratique tend à être éradiquée par les ONG et le gouvernement.
Ils se réunissent environ tous les 15 ans pour célébrer le rituel Olng’eherr par lequel ils deviendront des anciens. On leur rase leurslongs cheveux et on leur dit : ‘Vous êtes maintenant des anciens, laissez vos armes et servez-vous plutôt de votre tête et de votre sagesse’.

                 Danses traditionnelles effectuée par les guerriers, coiffés de crinières de lions.

                                                    Photo wikipedia - Maasai Mara .

 

Leur couleur de prédilection est le rouge : rouge, comme le soleil naissant, qui embrase la savane. Rouge, comme la terre qui poudroie à l'horizon, soulevée par les bovins. Rouge, le sang des vaches dont ces pasteurs se nourissent. Rouge enfin, les drapés ou "ilkarash" des guerriers.


Le volcan Ol Doinyo Lengai, considéré comme la demeure du dieu Engai, est sacré pour les Maasaï. Guide et porteurs ne restent pas dans la maison des dieux... ils prennent juste un peu de repos, enroulés dans leur couverture sur le rebord du cratère, avant de redescendre. Ils feront l'aller & retour, plutôt que de rester sur le volcan.


 

                                                                                                          © B.Duyck


Avant de quitter le pays Maasaï, une vue "nature" :

le martin-chasseur à tête grise qui a animé nos repas au campement d'Engare Sero, au pied du Lengai.

 

                                             Halcyon leucocephala - © B.Duyck


Quelques références pour voir et apprendre sur les Maasaïs :

 

http://www.maasai.com/Maasai.asp

http://www.speranzacasillo.com/africa/

http://www.survivalfrance.org/actu/peuples/maasai

http://www.geo.fr/voyages/vos-voyages-de-reve/tanzanie-safari-en-pays-masai

http://www.youtube.com/watch?v=6cFMi17

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Publié le par Bernard Duyck
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Le lac Kivu, un des grands lacs Africains, est situé dans la vallée du rift à cheval sur la frontière Rwandaise et Congolaise.
Il couvre une superficie totale de 2.700 km², a une profondeur maximum de 485 m. et comme émissaire la rivière Ruzizi, qui alimente le lac Tanganika.
Le lac Kivu a une origine différente des autres lacs congolais qui sont pour la plupart tectoniques : il a une morphologie de lac de barrage. Ce sont les montagnes du Virunga qui ont barré naturellement l'écoulement du sud vers le nord d'un réseau hydrographique ayant sa source sur le plateau des Bafulero.


Le lac Kivu est potentiellement dangereux :

"L'affaire du lac Nyos" a mis en lumière le phénomène "de lac tueur". En août 1986, le lac Nyos, au NO. du Cameroun, explose, libère un volume de gaz carbonique estimé entre 300.000 m³ à 1 km³et tue 1.800 personnes et de nombreux animaux dans les vallées avoisinant ce volcan éteint.

Il s'agissait d'une éruption limnique, c.à.d. un type d'éruption volcanique caractérisé par le dégazage brutal d'un lac méromictique, relarguant les gaz volcaniques émis en continu par un volcan et accumulés durant des années dans les couches profondes du lac.
Un lac méromictique étant un lac dont les eaux de surface et de profondeur se mélangent moins d'une fois par an  ( à moins d'une fois par décennie ou siècle). C'est le cas de lacs profonds et peu étendus, abrités des vents entre des parois rocheuses.

Le phénomène est illustré par Eric Reiter , que je remercie pour son aimable contribution.


Le gaz carbonique , d'origine mantellique, serait stocké dans les eaux profondes.


Il s'en échapperait par un "renversement du lac" provoqué par un séisme.

Une recherche de cas similaires probables, après la catastrophe du lac Nyos, a permis d'identifier deux cas semblables: le lac Momoun au Cameroun et le lac Kivu en afrique centrale.
On estime que le lac Kivu contient 300 km³ de CO² et 60 km³de méthane...soit près de 300 fois plus qu'au lac Nyos.

L'existence d'anciens volcans situés sur le plancher du lac, en plein dans les couches d'eau chargées en gaz dissous, a été révélée. Une éruption sub-lacustre ou une intrusion magmatique en profondeur déclencherait le dégagement d'une énorme quantité de gaz avec des conséquences catastrophiques pour toute cette région où vivent plusieurs millions de personnes.
L'éruption du Nyiragongo en 2002 a été provoquée par un phénomène de fracture tectonique entre plaques; il est probable que la faille tectonique se prolongeant sous le lac soit
actuellement fragilisée... l'activité sismique apparait d'ailleurs concentrée au sud de Goma, directement sous le lac Kivu.



          Présence d'édifices volcaniques culminants à ~300 m. ds.la zone de concentration gazeuse.
             Société OSAE  - campagne de bathymétrie de 1998 - in M.Halbwachs (réf.ci-dessous)


                                     Failles et épicentres des séismes récents - doc. USGS
                                                             © Dr. JC Komorowski-IPGP

Sans la présence du méthane, le risque d'explosion gazeuse est négligeable. Le méthane, à cause de sa faible solubilité, constitue l'élément susceptible d'amorcer un mécanisme d'exsolution "en avalanche"...il constitue donc le détonateur de la bombe à retardement que représente l'énorme quantité de CO² dissoute. La formation de ce méthane serait le résultat à la fois de la fermentation des sédiments d'origine biogénique (30%) et de la réduction du dioxyde de carbone magmatique par des bactéries (70%).

La sécurisation du lac passe donc par l'extraction du méthane, et sa valorisation dans de nombreux domaines: utilisation directe comme combustible, fabrication d'électricité, source énergétique pour les industries locales (brasserie, cimenterie, usine à thé), carburant routier, etc.

sources :
- Le lac Nyos , par Eric Reiter
  http://ereiter.free.fr/html/nyos.htm
- un commentaire de Frederic Lavachery complète   
  utilement les références sur le lac Nyos :
 "
sur la catastrophe du lac Nyos, il serait convenable de faire également référence aux travaux d'autres scientifiques, notamment Tazieff, Le Guern, Faivre-Pierret et Chevrier, partisans de l'hypothèse phréato-gazeuse. Ce serait d'autant plus utile, que cette controverse se trouve réactivée par de récentes découvertes sur le secteur du Pavin, dans le Puy-de-Dôme. Il serait aussi utile de recommander la lecture de l'ouvrage d'Olivier Leenhardt, "La catastrophe du lac Nyos au Cameroun, Des moeurs scientifiques et sociales", paru chez L'Harmattan en 1995, ouvrage complet et rigoureux. "
- dossier très complet du Prof. Michel Halbwachs
  http://pagesperso-orange.fr/mhalb/kivu/index.htm
  Ce dossier fait référence à une étude européenne :
  "Investigation in lake Kivu after the Nyiragongo éruption of january 2002 -
   Specific study of the impact of the subwater lava inflow on the lake stability"
    par Prof. Halbwachs, Drs.Tietze, Lorke & Mudaheranwa.


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