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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


                                         La caldeira du Nyamuragira en 2004 - photo Simon Care, in GVP.

Un des volcans africains parmi les plus actifs, le Nyamuragira est un grand volcan-bouclier basaltique. D'un volume de 500 km³, il a couvert le rift de ses coulées  sur 1.500 km².
Le Nyamuragira - littéralement  "celui qui commande" - a de nombreux synonymes dont le Nyamulagira, le Namlagira, le Girungo-Namlagira.
 
 
 
 

Depiction of the Nyiragongo and Nyamuragira volcanoes, based on data from the Shuttle Radar Topography Mission and Landsat. Vertical scale exaggerated (1.5x). - Modifiée pour indications par mes soins.


Contrastant avec ses voisins, tous strato-volcans bien coniques, la gigantesque masse de ce volcan-bouclier, s'élevant à 3.058 m., a son sommet tronqué par une petite caldeira de 2 sur 2,3 km., entourée de parois haute d'une centaine de mètres.

Schéma N.Zana , in GVP


                      La caldeira sommitale du Nyamuragira - Nasa 2005.
                Les coulées signalées sur le schéma et la fissure du flanc sud y sont bien visibles.

Son activité historique a eu pour théatre cette caldeira, dont la morphologie du plancher a été fréquemment modifiée, et les nombreuses fissures et cônes de scories qui parsèment ses flancs.
(une liste complète de ces cônes se trouve sur le GVP).
Un lac de lave a occupé son pit crater entre 1921 et 1938, date à laquelle il se vidangea lors d'une éruption majeure localisée sur son flanc sud, avec coulées et fontaines de lave.


                                                               Cartes des coulées 2001 et plus anciennes. - GVP


L'activité se poursuit en 2001 (carte des coulées) et 2002. En 2004, un survol du volcan, en mai, permet de voir un lac de lave actif de 300 m. de diamètre, nourri par 4 fortes fontaines de lave. Ce lac sera temporaire;
des fontaines sont actives aussi sur le flanc N-NO. le long d'une fracture, avec construction de 4 cônes.
Après la reprise en octobre 2006 de l'activité sismique, une éruption est localisée en novembre sur le flanc sud, avec des fontaines de lave alignées sur une large zone. Leurs lueurs pouvaient être vues de Goma, à 30 km.
En 2007, de nombreuses anomalies thermiques sont signalées par le MODIS/MODVOLC.
En mars-avril 2009, une intense activité fumerolienne est détectée à la jumelle (elle précéderait de quelques mois une possible éruption ... à suivre)

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Situé sur la branche occidentale du Grand Rift Africain, aussi appelé rift Albert et rift Kivu, le Nyiragongo fait partie du Parc National des Volcans à cheval sur le République démocratique du Congo et le Rwanda.
La chaîne volcanique des Virunga abrite huits volcans ; le Muhavura (4127 m.), le Mgahinga (3474 m.), le Sabinyo (3634 m.), le Vishole (3711 m.), le Mikeno (4437 m.), le Karisimbi (4507 m.), le Nyamuragira (3058 m.) et le Nyiragongo - "celui qui fume" (3470 m.).



                             Situation de la branche occidentale par rapport au Grand Rift Est Africain.
                                                         
                                                             Nyiragongo 2004 - M.Buschowski - Wikipedia



Le Nyiragongo est un des plus grand stratovolcan Africain; il est l'un des rares volcans au monde dont le cratère abrite un lac de lave en fusion pendant plusieurs dizaines d'années - de 1927 à 1977.  Deux anciens stratovolcans, le Baruta et le Shaheru, ont été partiellement recouvert par le Nyiragongo.
Près d'une centaine de cônes sont localisés sur ses flancs, le long de fissures situées dans une zone s'étendant NE-SO jusqu'au lac Kivu.

En 1977, une éruption fissurale vidangea le lac : une lac extrêmement fluide, dont les coulées atteignirent 100 km/h., recouvrit une vaste zonede 20 km², causant la mort d'une centaine de personnes. Suite à cette vidange, un effondrement se produisit dans le cratère; de l'eau d'infiltration rencontra le magma et s'en suivit une violente explosion hydromagmatique. Le panache de vapeur et de cendres atteignit 11 km. de hauteur.

En 1994, l'activité se manifesta à nouveau sans observations directes, les guerres ethniques provoquant l'instabilité dans la région et l'installation de milliers de réfugiés au pied du volcan.

Entre mars et avril 1995, de grandes fontaines de lave apparurent. Un volume de lave estimé à 56 millions de m³ s'accumula entre avril et août.

                                               Schéma du GVP - mountly reports

Janvier 2002 : une forte éruption tua 147 personnes, 60.000 perdirent leur maison et selon les Nations-Unies, environ 250.000 personnes furent déplacées suite à cette éruption.
Deux flots de lave s'avancèrent à des vitesses nettement moindre qu'en 1977 - 2 à 3 m./min, soit 0,2 km/h. - l'un en direction de l'aéroport , l'autre vers Goma, touchant 13% des quartiers de la ville, pour atteindre finalement le lac Kivu. Une série de fractures métriques se forma sur les flancs du volcan et de la lave sortit de ces fractures en plusieurs endroits et différentes altitudes. De nombreus séismes furent associés à l'activité éruptive. Une subsidence allant de 5 à 50 cm. près du lac fut mesurée par J.Durieux, D.Garcin et le UN-OCHA team.




                          Le lac de lave en 2007 - avec l'aimable autorisation de Thorsten Boeckel ;
                                   un clic sur la photo vous dirige vers son site et ses photos.


                                       Cratère en juillet 2006 - avec l'aimable autorisation de Marco Fulle.
                 Un clic sur la photo vous dirige vers les siennes, sur Swisseduc.ch (Stromboli on line)




           Le lac de lave en mai 2003, sous un fort dégazage de SO² - GVO - Goma volcano Observatory.


De forts dégagement de SO² entrainent des pluies acides qui brûlent la végétation, la pollution des ressources en eau potable; des prélèvements montre des  taux de fluor de beaucoup supérieurs à la normale.

Tectonique : nouvelles récentes.

Un article de la Rochester University, intitulé "Isotopic and geochimical evidence for a heterogenous mantle plume origin of the virunga volcanics, western Rift, East Africa rift system " suggère l'existence d'une microplaque - la plaque Victoria - entre le Kenya et la branche occidentale du rift, dont le coeur serait le craton Tanzanien âgé de 2,5 à 3 milliards d'années.
Les volcans Nyiragongo et Nyamuragire, proches voisins bien souvent actifs simultanément, avec leurs magmas originaires de profondeurs différentes, suggèrent de ce fait la présence d'un point chaud hétérogène sous le craton Tanzanien.
Les laves du nyiragongo seraient formées à grande profondeur à partir d'un manteau profond, carbonaté, chargé en clinopyroxène et phlogopite, tandis que les laves du Nyamuragira seraient produite par fusion partielle du manteau à moindre profondeur, contaminé par des composants crustaux.
Le point chaud serait à l'origine de provinces volcaniques chimiquement différentes de part et d'autre du craton Tanzanien.
 
Photos : sur différents sites dont références
-
http://www.tboeckel.de/EFSF/efsf_wv/efsf_wv.htm
- http://www.swisseduc.ch/stromboli/perm/nyiragongo/index-en.htm
- http://www.decadevolcano.net/photos/nyiragongo_july06_01.htm


Video : 3,40min . http://www.youtube.com/watch?v=1M7P7X

Sources :
-"Isotopic and geochemical evidence for a heterogeneous mantle plume origin of the Virunga volcanics, Western rift, East African Rift system"
Ramananda Chakrabarti, Asish R. Basu, Alba P. Santo, Dario Tedesco and Orlando Vaselli.


- "Fledgling mantle plume may be cause of african volcano's unique lava" - 13.03.2009 Rochester University. - A.Basu.

 

autre référence pour le même sujet :http://www.geologytimes.com/research   /Fledgling_mantle_plume_may_be_cause_of_African_volcanos_unique_lava.asp


- Global volcanism Program : Nyiragongo.

- Big Pictures : photos sur la région de Goma, dont deux des volcans durant les guerres sur : http://www.boston.com    /bigpicture/2008/11/congos_crisis_worsens.html



à suivre : - le Nyamuragira
               - le lac Kivu et ses menaces

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


Pas question de quitter la Tanzanie sans parler d'une gemme découverte voici seulement 40 ans, et qui devrait, mesdames, vous intéresser fortement :
                        la ZOÏSITE BLEUE ou TANZANITE.

                                                     Tanzanite brute . free-form.ch

C'est Tiffany, le célèbre joailler qui lui donna le nom de Tanzanite, plus commercial, après la découverte de cette gemme transparente en territoire Maasai, à proximité du Kilimandjaro dans les collines de Merelani. On la trouve au sein des îlots montagneux formés d'ardoises métamorphiques, de gneiss et de quartzites.


Ce minéral est remarqu
able étant donné son fort trichoïsme, présentant selon l'orientation du cristal des éclats dans trois couleurs : bleu saphir, violet et rouge bourgogne.
Du pont de vue composition chimique, ce minéral métamorphique, provenant de l'altération hydrothermale de plagioclases calciques, contient fréquemment du vanadium, en plus des composants traditionnels de la zoïsite : albite, séricite et calcite.
formule : 
Ca2Al3(SiO4)3OH
dureté : 6 - 6,5 sur l'échelle de Mohs.
densité : 3,34-3,43.
cristallisation : orthorhombique-dipyramidale.
propriétés optiques : indice de réfraction : 1,69-1,71
                                   polychroïsme : brun-rouge-bleu


La Tanzanite est mille fois plus rare que le diamant; diverses raisons à cela : tout d'abord, on ne la trouve qu'en un seul endroit au monde, la Tanzanie; ensuite, son extraction difficile (baisse des rendements, besoin de creuser toujours plus profondément).
De plus, la spéculation est entretenue par les joailliers américains, alors que les vrais saphirs deviennent difficiles à trouver.
Mais sa beauté a un revert : sa faible dureté en fait une pierre fragile, qui doit être portée avec précautions. Il ne faut jamais la nettoyer aux ultra-sons, et éviter le contact avec des acides.
.
Cette pierre a fait la fortune des Maasai, qui ont placé leur argent dans leurs troupeaux, mais aussi dans des immeubles modernes à Arusha. http://www.lesafriques.com/actualite/quand-lor-des-masai-tourne-au-bleu.html?Itemid=89?articleid=12303



Messieurs, à vos porte-feuilles !
Les prix les plus fantaisistes circulent : entre 500$ pour une pierre de 1,37 carats à 690.000$ pour une de 2 carats-AAA.
Pensez-y lors d'une prochaine visite en Tanzanie.

sources:
- Gemstone .de
- vidéo de france24 sur l'extraction de la Tanzanite.
- faites votre choix sur http://www.lapigems.com/tanzanite.asp



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le cratère du Ngorongoro a été classé au "patrimoine mondial" et est devenu le principal sanctuaire mondial pour le rhinocéros noir.
La configuration de l'endroit, le fait qu'il ne soit pas habité et par contre fort surveillé, a permis au rhinocéros d'échapper à l'appétit des "chasseurs de cornes".

Ces mêmes caractéristiques profitent à un ensemble vaste d'espèces : on y rencontre la plupart des espèces herbivores des plaines du Serengeti : des gnous, des zèbres, des gazelles, des buffles, des cobes, des phacochères.
Des herbivores plus discrets habitent les zones forestières : des élands du Cap, des guibs, des hippopotames et quelques éléphants.
Les prédateurs sont aussi en nombre : lions, hyènes, chacals, servals, otocyons.

                           Gnous et zèbres sur les zones de savane sèche.
- © B.Duyck
 
Alors qu'ils forment d'énormes packs-migratoires dans le Serengeti, les gnous - Connochaetes taurinus- sont sédentaires dans le cratère du Ngorongoro. Viennent même s'y ajouter quelques éléments migrateurs.
Ces antilopes peu gracieuses, d'allure "préhistorique" s'associent aux zèbres, leur façon de brouter se complètant pour bien exploiter le terrain.

                 Zèbres de Burchell - à l'avant-plan, un adulte et un juvénile. -
© B.Duyck

Les zèbres du Ngorongoro ne sont pas non plus migrateurs, le cratère leur offrant tout le nécessaire durant l'année complète. Leur nom en swahili -"âne rayé" - ne fait pas la distinction entre les trois espèces vivantes.
Ici, ce sont les zèbres de Burchell, plus spécifiquement la sous-espèce boehmi soit le zèbre de Grant - Equus burchelli boehmi -, qui sont représentés.
 Le pelage blanc est zébré de larges rayures marron (chez les juvéniles) à noires, bien espacées sur les flancs et s'interrompant sur le ventre.
Au fait, les zèbres sont-ils blancs à rayures noires, ou noirs à rayures blanches ?
 La question n'est pas tranchée ... des observations récentes sur la formation des rayures au cours du développement suggèrent qu'ils "seraient noirs à rayures blanches".

                   La gazelle de Grant (mâle) affectionne les paysages ouverts. -
© B.Duyck

Les gazelles de Grant et les gazelles de Thomson sont toutes deux présentes dans le cratère et forment souvent des troupeaux mixtes, tout au moins lorsque la végétation n'est pas trop sèche. Elles supportent des environnements chauds et déshydratants grâce à la possession de particularités morphologiques (pelage clair, morphologie efflanquée) et physiologiques (régulation de la température corporelle). Elles ont cependant un régime alimentaire différent : le Thomson est strictement herbivore, la gazelle de Grant est phyllophage et se nourrit de feuilles de buisson.

  Gazelles de Thomson, plus colorées, plus trapues, et aux flancs barrés d'une bande noire.

  © B.Duyck


                  Groupe de buffles âgés d'au moins 8 ans (aspect des cornes) - © B.Duyck

Le buffle africain - Syncerus caffer caffer -fait partie de ces "big five" que tout chasseur-photographe se doit d'épingler. Cet animal imposant (jusqu'à 1,7 m .au garrot et pesant entre 500 à 900 kg.) est imprévisible et ses charges dangeureuses.
Leurs formidables cornes attirent non seulement les nemrods de tout poil, mais aussi les sorciers qui les utilisent, réduites en poudre, pour guérir le stérilité féminine. Pour le buffle, ce sont surtout des armes anti-prédateurs : en cas d'attaque, ils forment un cercle, protégeant ainsi les juvéniles et les animaux affaiblis à l'intérieur de celui-ci, et présentent aux assaillants un rempart de cornes infranchissable.

       L'heure de la chasse approche : étape préliminaire, examen des environs.
- © B.Duyck

Malgré une bonne forme apparente, les lions - Panthera leo - du Ngorongoro sont menacés: isolés topographiquement des autres groupes du Sérengéti, ils ont privés également d'un apport génétique nécessaire. La baisse de la variabilité génétique a engendré une baisse de la fécondité et un affaiblissement immunitaire, attribués à la consanguinité.

                                   Une belle famille ! -
© B.Duyck

Réputée lâche et poltronne, l'hyène tachetée - Crocuta crocuta - est en fait un prédateur audacieux et très dangereux dès qu'elle chasse en groupe. Dotée d'un appétit féroce, elle dévore tout ce qu'elle rencontre, proies vivantes ou charognes; elle joue ainsi un rôle essentiel dans le maintien de l'équilibre naturel en éliminant les bêtes affaiblies et en débarassant la savane des cadavres qui, laissés sur place, favoriseraient le développement d'épidémies.

                                      © B.Duyck


Elles chassent surtout la nuit, se reposant de jour, affalées sur le sol ou vautrées dans la boue.

                                     © B.Duyck


Ayant un peau fragile et ne possédant pas de système de thermorégulation efficace, l'hippopotame - Hippopotamus amphibius - s'immerge de jour et passe ses nuits à brouter les prairies à herbe rase la nuit. Il joue un rôle important dans l'équilibre naturel des plans d'eau qu'il fréquente : la dispertion des ses fécès apporte les engrais nécessaires à la vie aquatique.

L'avifaune est très riche et représentée par 250 espèces d'oiseaux : en zones humides, des canards, des cormorans, des pélicans, des flamants nains et nombre de petits échassiers; partout ailleurs, de nombreux rapaces, dont des vautours, des grues couronnées, des rolliers, des martins-pêcheurs, des calaos et beaucoup de passereaux.
Pour illustrer ceci, juste deux photos, parmi quelques dizaines, d'oiseaux particulièrement élégants:

     La grue royale - Balearica regulorum - arpente son domaine, en cherchant sa pitance. -

                                    © B.Duyck

 

              Un groupe d'Ibis sacrés, très fashion, en bordure d'un hippopool. - © B.Duyck

A noter : un comportement déviant, induit par la fréquentation humaine, chez les Milans royaux.
Lors de la halte de midi, et l'habituelle dégustation de sandwiches, les visiteurs se font harceler, pour ne pas dire attaquer par des milans, rapaces au vol acrobatique, qu'ils ont nourris dans un premier temps.
Seulement ceux-ci se sont spécialisés dans la récolte facile, livrée à heure fixe et en abondance, et n'attendent plus qu'on la leur présente mais la vole littéralement des mains des touristes, malgré leur vaine tentative de "manger sous le manteau" !
Après deux bouchées avalées à la sauvette, nous avons du nous replier dans les véhicules pour terminer le repas, avec une main entaillée par les serres d'un milan un peu "moins précis".

               Pasteurs Maasai pénétrant dans le cratère avec leur troupeau. -
© B.Duyck

 Le cratère du Ngorongoro est inclus dans un ensemble beaucoup plus vaste - 8.288 km² - appelé "Ngorongoro Conservation Area" , créée en 1959 pour permettre aux Maasai de coexister avec la faune sauvage. Les règles y sont différentes et les Maasai ont p.ex. le droit d'abreuver leurs troupeaux dans le cratère,mais il est interdit de les faire pâturer.
Ce compromis semble bien fonctionner, si on le compare à ce qui se passe au Kenya,dans certaines réserves.

Espérons que la dénomination "arche de Noé" ne se vérifie pas et que cette faune sauvage si riche continue à se retrouver partout dans le pays et en Afrique en général et ne devienne pas une attraction limitée à quelques zones restreintes.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le NGORONGORO

Ce volcan-bouclier est surtout renommé pour sa caldeira : le plus grande caldeira entière au monde.

      Une partie de la caldeira - le lac salé Magadi en saison sèche : septembre 2006 -
© B.Duyck

D'une hauteur actuelle de 2.380 mètres, le Ngorongoro à un diamètre total de 35 km.
Sa caldeira, de 19 sur 22 km., a son plancher à 1.700 m asl. et il faut donc descendre entre 400 et 600 m. le long des parois du cratère pour y accéder.

                                    La piste de descente dans la caldeira -
© B.Duyck

Avant son effondrement, la hauteur du volcan était comprise entre 4.500 et 5.000 mètres.

Sa formation date du Pliocène.
Un schéma intéressant de Pickering , dans les Annales de Géographie, nous explique la tectonique de la région du Ngorongoro.



A. à la fin du Miocène : formation d'une proto-Eyasi rift valley et du massif montagneux de Doinyogol.
B. au Pliocène : formation du Ngorongoro et des volcans environnants,
avec émission primaire de basalte, puis passage à une phase plus explosive avec production de tuffs et brèches. Apparition du lac Eyasi.
C. Fin du PLiocène-début du Pleistocène : formation du rift de Manyara/ Gregory rift et effondrement / formation de la caldeira du Ngorongoro.
D. Au Pleistocène supérieur : activité volcanique dans la caldeira du Ngorongoro et au NE. du massif, avec les volcans Kerimasi et Lengai.
Apparition du lac Manyara.

L'hydrologie du Ngorongoro est complexe : sur le plancher du cratère et à la base des parois, sourdent des sources d'eau fraîche.
Le lac Magadi est un lac saisonnier alcalin, nourri partiellement par les eaux de la Munge river descendant du volcan Olmoti, situé au nord de la caldeira. (datation : 24.000 ans BP)

                Des zones de forêts avoisinent la savane entrecoupée de zones humides. -
© B.Duyck

La composition des terrains : basalte à olivine, trachybasalte et trachyte.
Des cônes de scories parsèment la caldeira dont Engitati Hills, de composition basaltique et d'une texture suggérant sa formation lors d'une éruption subaquatique.


Cette caldeira, de par sa grandeur -370 km²- et ses parois qui l'entourent complètement offre un biotope protégé à une faune diversifiée et riche.
Demain : l'arche de Noé Africaine.

Sources :
- Persee.fr : Annales de Géographie n°438 - L'évolution de la Rift
  valley du Kenya ... - R.Battistini
    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1971_num_80_438_15294

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après avoir parcouru le nord et l'est de la carte ci-dessous, reste à voir la zone ouest qualifiée par Dawson de :
                         CRATER HIGHLANDS.




On retrouve dans cette zone principalement des volcans-boucliers basaltiques alignés sur un axe NE-SO, à partir du semi-graben d'Eyasi.
Beaucoup de ces volcans ont de larges cratères : l'Empakai, l'Olmoti et le Ngorongoro. D'autres, comme le Loolmalosi, le plus haut volcan du groupe, n'ont pas de cratère sommital.

Le plateau de lave, entrecoupé de failles, qui recouvre le plancher de la Rift Valley entre les lacs Natron et Manyara, est constitué d'écoulements en provenance des Craters Highlands et de volcans plus distants, dont le Ketumbeine et le Gelai.

        Montage effectué à partir d'une photo de la Nasa et d'un schéma de Dawson.

En partant du nord, voyons d'abord le volcan EMPAKAI (aussi Embagai, Elanairobi):
              volcan-bouclier
              altitude : 3.235 m. - dont dénivellé : 2.000 m.
              diamètre : 30 km.
              cratère : 6,3/7,8 km.
              datant du Pliocène
              composition : limburgite, trachybasalte,
                          néphélinite, peralkaline phonolite.

                  Le cratère de l'Empakai, avec à gauche l'Ol Doinyo Lengai
                                                       photo "African road safari".

Le cratère elliptique mesure 6,3 km sur 7,8 et a une profondeur maximale de 980 mètres. Sa partie Est est occupée par un lac circulaire de 3,5 km. de diamètre dont le niveau est à 2209 m. asl.
Les trachybasaltes forment les parties basses des parois du cratère, avec des flots de limburgite à la base, et la phonolite, les parties hautes.
De petits cônes, situés sur le plancher du cratère, l'ont recouvert de tuff trachybasaltique.

Sur les parties basses des pentes situées au nord du volcan, des tuffs trachybasaltiques surmontent des flots de basalte, néphélinite et olivine dans la gorge d'Engare Sero.

Plus au sud, nous trouvons l'OLMOTI.

                                           Le cratère de l'Olmoti -
© TommyImages.com
            Un clic sur la photo pour accéder au site et à son blog contenant
                   des astuces photographiques intéressantes ... à consulter.

              volcan-bouclier
              altitude
: 3101 m . - dont dénivellé : 1580 m.
              diamètre : 30 km.
              cratère : diamètre 6,5 km.
              datant du Pliocène
              composition : trachybasalte, trachyte,
                                  trachyphonolite.

L'Olmoti est un large dôme, dont les flancs sud et est sont couverts de forêts.
  Le cratère présente un petit "bouchon central" haut de 130 mètres.  Son sommet est constitué de trachyte.
Le reste du cratère est couvert de sédiments lacustres épais de +/- 50 m.

Le LOOLMALOSI
: moins connu, cette "montagne", la plus haute des Craters Highlands, est un volcan.
            volcan-bouclier
            altitude : 3.648 m. - dont dénivellé : 2.600 m.
            diamètre : 25 km. - sans cratère
            datant du Pliocène
            composition : basanite, basalte, trachyte.
     

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les lacs salés sont une particularité du Rift est-africain :

EN ETHIOPIE, pour n'en citer que quelques-uns : le lac Karoum avec le Dallol, le lac Abbe, le las Assal.

Le lac Karoum et son exploitation de sel, près du volcan Dallol, ont été étudiés précédemment.

Le lac Abbe, situé à la frontière de l'Ethiopie et de djibouti, est un lac endoréique nourri par les eaux de l'Awash.
D'origine tectonique, il se situe dans un graben encadré de deux horsts, et se situe à proximité d'un volcan endormi, le DAMA ALI.
Des cheminées ruiniformes surgissent du fond du lac et lachent des fumerolles soufrées, ce qui confirme le terrain volcanique.
De profondeur variant entre 8,6 et 31 m., son volume atteint 3 millions de mètres cubes, sa surface étant de 320 km².
Ses berges abritent une colonie de flamants roses.

                                               Le lac Abbe (11,10N-41,47E) - photo Nasa.

Le lac Assal est situé dans le triangle Afar; inscrit dans un graben entouré de deux horsts, il est séparé du Ghoubbet-el-Kharab - prolongement du golfe d'Aden via le golfe de Tadjourah - par le volcan Ardoukoba.
A moins 153 m. sous le niveau de la mer, c'est le point le plus bas du continent africain.
          Le lac Assal, au centre, séparé par l'Ardoukoba, du Ghoubbet-el-Kharab, en bas à droite.
                                                    11,41N - 42,25E - photo Nasa.

Les apports en eau sont irréguliers et proviennent d'oueds véhiculant les eaux des précipitations orageuses et d'infiltrations d'eau de mer, via e.a. une source de faible débit. Son évaporation est due à la sécheresse, la force du vent et la température élevée régnants dans cette région.

                                    Les rivages du lac Assal, avec la plaine de sel - Wikipedia.

Les conditions de cristallisation, jointe à la forte teneur en minéraux, permettent de découvrir de très gros cristaux d'halite (jusqu'à 1 cm. de côté) et de gypse cristallisé en rosace ou "en fer de lance", dont l'accumulation peut former des buttes de plusieurs dizaine de mètres.



AU KENYA, on en compte cinq. Du nord au sud, ce sont les lacs Magadi, Elementeita, Nakuru, Bogoria et Turkana.



Le lac Magadi est le lac le plus "salé"; il est alimenté par une série de sources chaudes dont la température monte à 45°C, les principales sources jaillissent au sud-ouest du lac, là où se forme sa seule nappe d'eau claire et où se concentre les oiseaux.
La forte concentration en sel constitue un danger pour les poussins de flamants ; lorsqu'il ne pleut pas suffisamment, l'eau se transforme en une gelée épaisse qui se cristallise autour du bas des pattes... empêchant les poussins de suivre les adultes, de se nourrir convenablement, et ils finissent par en mourir.

                             Image satellite du lac Turkana - Wikipedia.

Le lac Turkana est le plus grand des lacs de la Rift Valley : avec 250 km. de long sur 50 km. de large., il couvre 7.500 km² .
Ce lac fut appelé "lac Rodolphe", en l'honneur du premier homme blanc arrivé sur ses rives, l'archiduc Rodolphe d'Autriche.
Les teintes vertes dues aux algues, lui ont valu la surnom de "mer de jade".

Il fait référence au "berceau de l'humanité" à la suite de la découverte en 1967 de fossiles par le Dr. Richard Leakey. En 2007, on a trouvé une machoire supérieure d'homo habilis et un crâne d'homo erectus vieux de 1,55 millions d'années proches l'un de l'autre ... impliquant que ces deux espèces différentes se seraient côtoyées pendant plusieurs centaines de milliers d'années.
Des traces de pieds datant de 1, millions d'années attestent de la bipédie à cette époque.

Le lac Turkana est une halte importante pour les oiseaux migrateurs; c'est aussi un lieu de reproduction pour les hippopotames.
Des crocodiles habitent l'île centrale du lac; leurs oeufs fournissent un bonus alimentaire apprécié des pêcheurs locaux.

                  L'ile centrale du lac Turkana - Yann Arthus-Bertrand - fond d'écran
                                                   téléchargeable.                         


Le lac Bogoria présente de nombreuses sources chaudes et fumerolles. Deux zones géothermales  différentes ont été identifiées; la première est alimentée par des sources d'eau bouillante localisées aux rives ouest du lac et en rapport avec un aquifère superficiel. La seconde, situé au sud, est liée à un réservoir géothermal profond et plus chaud.
Il présente sur ses rives quelques beaux cônes volcaniques, dont le photogénique Nabuyatom.
Ce lac est peuplé lui aussi de troupes de flamants.

Le lac Nakuru, désigné comme site Ramsar, est sous contrôle depuis 1951 et 1953, années où il s'assécha. Il subit la pollution agricole (pesticides, engrais) et humaine de la ville de nakuru proche et peuplée de plus de 210.000 habitants. Le parc naturel adjoint est reconnu comme sanctuaire pour les rhinocéros noirs (45individus) et blancs(30 individus), et pour la girafe de Rothschild.
Trois cent espèces d'oiseaux en font un site ornithologique majeur.

                                                Les oiseaux du lac Nakuru - wikipedia.


EN TANZANIE, les lacs salés sont le lac Natron, le lac Manyara et le lac Magadi.

Le lac Magadi, dans l'enceinte du Ngorongoro, n'est pas à confondre avec son homologue Kényan ... "magadi " signifiant "salé" en swahili.

Le lac Natron vient d'être analysé.

                                    Le lac Manyara, en bordure du rift.
- © B.Duyck

Le lac Manyara, de taille limitée - 230 km² sur les 330 du parc -, est entouré de paysages variés : savane arborée à l'est, forêt sèche au sud-ouest et forêt tropicale au nord-ouest.
Son nom vient d'un terme Maa, emanyara, désignant une euphorbe, utilisée par les Maasai pour constriure les clôtures des enclos à bétail.
Selon Hemingway, le lac Manyara était le plus beau lac d'Afrique.


Il est alimenté e.a. par des hot springs suffisamment chaude pour "ébouillanter" un mabouya, lézard local.


 Un imprudent mabouya y a laissé sa peau.

© B.Duyck



Sa faune est extraordinairement riche : outre les big fives, c'est un paradis pour les ornithologues, qui y retrouvent, en plus des colonies de flamants, des pélicans, des jabirus, des cormorans pour les espèces aquatiques, divers rapaces, des calaos terrestres, des pintades, espèces de savane.

Un attroupement de cormorans et pélicans, infime partie des oiseaux rencontrés sur et le long du lac Manyara. -
  © B.Duyck

Dans ce parc, les lions ont pris l'habitude de faire leur sieste en hauteur dans les arbres ... particularité locale !

D'autres lacs, dont l'Eyasi, le Tanganika, le Victoria, l'Albert, le Kivu sont localisés dans la Rift Valley, mais ne sont pas considérés comme "salés".


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Situé au nord de la Tanzanie, au nord de l'Ol Doinyo Lengai et au nord-ouest du Gelai, le lac Natron est logé dans une dépression allongée, délimitée par deux horsts.
Fiche signalétique :
  - superficie selon les saisons : 600 à 1.40 km²
  - volume : 350.000 m³ en moyenne.
  - profondeur max : 3 mètres
  - bassin versant : 932 km².

Le côté sud du lac Natron, désséché en septembre, avec en toile de fond les escarpements du rift Grégory et le Lengai.
  -  © B.Duyck

Les flamants nains sont peu nombreux en septembre, après leur période de nidification. -
© B.Duyck

Un milieu très particulier :

Peu profond et alimenté par les seules précipitations et les eaux des hauteurs environnantes, e.a. quelques cours d'eau dont la rivière Ewaso Ng'iro, ce lac est qualifié d'endoréique.
Un lac endoréique est caractéristique des régions où l'écoulement des eaux (superficielles ou non) n'atteint pas la mer et se perd dans les dépressions fermées. Toute pluie ou autre forme de précipitation qui tombe sur un bassin endoréique ne peut le quitter qu'en s'évaporant.

Sa superficie, son volume et sa profondeur varient en fonction des saisons sèche et humide; à la saison des pluies, le lac atteint sa taille maximale et peut franchir la frontière Kenyanne au nord.
Autrefois rempli d'eau douce, le lac Natron s'est transformé au fil des siècles, et à cause d'une évaporation importante en une saline naturelle peu profonde. Ses eaux sont très alcalines - pH entre 9 et 10,5 - et chargées en sels dont du bicarbonate de soude qui donne un aspect visqueux à l'eau.

En saison sèche et avec une température qui peut atteindre les 50°C, l'évaporation est maximale. La concentration des minéraux est telle qu'elle dépasse le point de saturation et qu'ils précipitent formant des croûtes et plateformes blanches à rosées.
Cette coloration est dûe à la présence de micro-organismes aquatiques qui y prospèrent : cyanobactéries et spirulines.

photo du satellite Nasa - Aster
ref 2003067.



Ce milieu particulier est lié aux terrains volcaniques environnants, les volcans Lengai et Gelai alimentant en minéraux alcalins les eaux de précipitation et ensuite les rivières formées. Il conditionne ainsi toute la chaine alimentaire et est un milieu indispensable à la survie de certaines espèces.
Pour n'en citer que deux : un poisson, le Tilapia alcalin (Oreochromis alcalica), vit dans ce milieu hostile (chaleur, eaux basiques et chargées en sels).

                                 Image courtesy of J.Warwick.co.uk / birdlife international
                                     Lesser Flamingo - Flamant nain - Phoenicopterus minor.

Le lac Natron est aussi LE lieu de nidification et de reproduction des flamants nains (Phoenicopterus minor) en Afrique de l'Est. Les concentrations aviaires peuvent atteindre les 2,5 millions d'individus en période favorable : c'est à dire quand les eaux se sont suffisamment évaporées pour obtenir une concentration en spirulines et diatomées, dont les flamants nains se nourrissent. Le flamant y retrouve, outre une nourriture abondante, la présence de substrat pour la construction de son nid, l'absence de perturbations humaines et de la part de prédateurs... cette paix est nécessaire à une espèce peu prolifique ( un oeuf unique tous les 5 à 6 ans) "sur liste rouge" de l'union internationale pour le Conservation de la nature.

La couleur du plumage des flamants est liée aux pigments rouges, les caroténoïdes, contenus dans leur alimentation et qui colorent les eaux et dépôts salins en saison sèche (voir photo satellite ci-dessus).

Le lac Natron est aussi un lieu de vie temporaire ou permanent pour une centaine de milliers d'oiseaux aquatiques soit migrateurs, soit sédentaires.

Menaces sur le Natron :

Ce biotope particulier est fragile; la salinité des eaux est mise en péril par la déforestation au Kenya ( 70.000 hectares de la Mau Forest), par le projet de construction d'une usine hydro-électrique sur la rivière Ewaso Ng'iro en Tanzanie, qui risquent de faire baisser la concentration en sels minéraux.
Un projet d'exploitation de ceux-ci par Tata chemicals est pour l'instant le péril le plus grave : non content de modifier irréversiblement l'équilibre du lac Natron, il introduirait un cortège de nuissances vis à vis des oiseaux qui en dépendent et perturberait le calme de la région et la vie des nomades Maasai qui y vivent. (voir articles prédédents sur ce blog).
Toutes ces menaces sont toujours d'actualité malgré que la Tanzanie ait signée le classement du site en 2001 en "zone Ramsar", en raison de son environnement et de sa faune unique.
A toutes ces interventions humaines, viennentt s'ajouter les effets pernicieux du réchauffement climatique jouant lui aussi sur le régime des eaux et de l'évaporation de celles-ci.

Dernière minute : Article de birdlife sur le Natron


Quelques infos sur le volcan Gelai qui borde le lac Natron :

                               Le Gelai et le Natron - Wikipedia Clem23

C'est un volcan-bouclier, datant du Pliocène, et haut de 2.942 m.
Ses mensurations sont de 20 sur 36 km. Il ne présente pas de cratère sommital visible et voit ses flancs couverts de petits cônes de scories de cônes de tuff.
Composition : trachybasaltes alcalins.


Sources:

- Birdlife international
- Lakenet - lake Natron
- "The Gregory Rift Valley and    
  Neogene-recent volcanoes of
  Northern Tanzania "
  - J.B.Dawson -
  The Geological Society.









à suivre : les lacs salés du Rift.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Il y a (ou il y avait ?) de la vie au Lengai !

© P.Gondolff



Outre la respiration du volcan, des animaux animent ses pentes et le sommet. Une antilope, non identifiée avec certitude, cavale sur les pentes; un daman du Cap, charmant petit ongulé, vit dans les éboulis du sommet et notre éboueur local, le corbeau à cou blanc, qui nous a gratifié d'un vol
en "Saint-Esprit" (sur place) à 3.000 m. d'altitude ... une merveille de maitrise aérienne !






D'autres bestiaux, moins sympathiques, ont hanté les nuits d'autres explorateurs : un jaguar habite également le sommet et plusieurs espèces de cobras.

                      Corbeau à cou blanc - Corvus albicollis - 56 cm.

Après une nuit froide et éprouvante, le réveil matinal est à la hauteur ... raide d'avoir dormi à même le sol, il faut quitter le frêle abri qui nous protège un peu du froid et des brumes.
Mais quel spectacle !


           L'ombre du volcan prend possession du rift ... la montagne du dieu Engai salue les Maasai.

                                        © P.Gondolff


Le jour se lève tandis que nous prenons un copieux petit-déjeuner préparé par notre cuisinier, qui a fait, comme d'habitude, des merveilles "à partir de trois fois rien". Il faut plier bagages et redescendre ... par la même voie qu'à l'aller. Pas à pas, mais debout, nous progressons sur cette pierre friable qui tapisse le sommet; le faux pas n'est pas de mise ... 2.000 mètres de dénivelé et rien pour nous arrêter.

                                                                           © B.Duyck


          Malgré la pente, les réflexes perdurent et on n'a pas résisté à "fixer l'instant" !
                                             Impressionnant souvenir.
© P.Gondolff

Plus bas, dans la cendre, c'est beaucoup plus facile : en inclinant comme il faut la plante des pieds, on part "en bear foot" ...il suffit de donner un coup de baton de temps en temps pour se guider entre les rochers. Et ça va de plus en plus vite, jusqu'au moment de rencontre avec une grosse pierre. Résultat : un gros "bleu" au bide !

                                                                                                           © B.Duyck


Un dernier coup d'oeil à la "montagne des dieux" : vue d'en-bas, elle ne parait pas si terrible, et on la regrette déjà !

                                                                                                            © B.Duyck


Solarisation : ce procédé permet de bien rendre l'atmosphère dramatique du lieu. Le T49 B se découpe bien sur le train de nuages menaçants.

Prochaine étape: le NATRON.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Caractéristiques de la lave effusive de l'Ol Doinyo Lengai :


Les carbonatites sont des roches plutoniques peu communes, pour la plupart intrusives (dykes, portions de cônes). La plupart des carbonatites sont des carbonatites calciques, composées principalement de calcite (qui est du carbonate de calcium).

Au Lengai, nous avons affaire à d'autres spécificités:
- c'est une carbonatite extrusive (expulsée hors du sol) . Les rares carbonatites extrusives se produisent dans des environnements de rift : comme au Kerimasi, Mosonik ou Shombole, voisins du Lengai ou au Kaiserstuhl , dans le rift Rhénan.
- c'est une natrocarbonatite, c'est à dire une carbonatite composée majoritairement de carbonate de sodium et potassium ... cas beaucoup plus rare encore.

Les minéraux qui prédominent dans les laves du Lengai sont:
- la nyerereite (baptisée du nom de Jules Nyerere, premier président de la Tanzanie indépendante) :
Na2Ca(CO3)2.
- la gregoryite (du nom de .W.Gregory, un des premier géologue à étudier le rift africain) : (Na2,K2,Ca)CO3.
                           photo en lame mince sur :http://www.mindat.org/photo-104685.html

Ces carbonates sont des minéraux anhydres, qui réagissent rapidement au contact de l'humidité atmosphérique.
La lave noire et fluide qui est émise se transforme ainsi rapidement en lave gris brun, voire blanche en quelques heures ou mois. En même temps, la texture de la roche change : de dure, elle devient douce et friable.

                                                                                     © B.Duyck

Le fait que les laves du Lengai contiennent peu de silice conditionne les propriétés physiques, rhéologiques de celle-ci : cette lave est très fluide (elle coule comme de l'eau), noire à son émission et reste liquide à des températures extrêmement basses de l'ordre de 490 à 540°C (Krafft 1989 - Nyamweru 2001), contrairement aux laves basaltiques fluides à ~1.100°C.
Bien que la natrocarbonatite soit liquide à basse température, elle ne présente pas d'incandescence. La nuit, la lave rougeoit "rouge-foncé" et ce rougeoiement disparait de jour.

                               Superbe photo prise en juillet 2004 par Martin Rietze .
                                                 (lien en cliquant sur la photo)
                          La lave "fraiche" (rouge) surmonte une coulée récente et encore noire.
              A VOIR sur le site de Thorsten Boeckel, que je remercie pour son aimable autorisation.
                         http://tboeckel.de/EFSF/efsf_wv/lengai_04/lengai_04_III_e.htm

On peut ainsi facilement les observer, les prélever et les photographier sans protection spéciale.

"Le mystère des carbonatites en partie dévoilé" :

Un article de Lave-Belgique, signé Alain Melchior (07.05.2009), nous parle des origines de la natrocarbonatite.

" " Dans un article publié dans la revue Nature, une équipe internationale (France-USA-Tanzanie)* rapporte les résultats d'une mission d'échantillonnage des gaz volcaniques au cratère du volcan tanzanien, Oldoinyo Lengai (la montagne des dieux en langue Masaï), connu pour émettre des carbonatites, laves rarissimes exemptes de silice et très riches en CO2. La chimie et la composition isotopique des gaz montrent que le CO2 provient directement du manteau sous- jacent au rift Est Africain, semblable à celui qui alimente en magma les rides médio-océaniques. Ces résultats révèlent ainsi l'uniformité du manteau supérieur sous les océans comme sous les continents. L'abondance du CO2 est liée au processus de fusion et non à la composition du manteau. L'expédition dirigée par Pete Burnard et Bernard Marty, géochimistes au CRPG de Nancy (INSU-CNRS) était soutenue par l'Institut National des Sciences de l'Univers (CNRS) et la National Science Fondation.

L'équipe est arrivée au sommet du volcan (2960 m dans l'axe central du rift) au début d'une nouvelle phase éruptive, à un moment où le volcan était sous la pression de l'arrivée de magma frais. Elle a pu prélever des gaz d'une qualité exceptionnelle. Les gaz éruptifs échantillonnés sont issus du manteau et permettent de déterminer la concentration en carbone du manteau source des laves de l'Oldinyo Lengai à moins de 300 ppm (parties par million) de carbone. Cette concentration est identique à celle estimée pour le manteau sous les rides médio-océaniques. Le manteau situé sous le rift tanzanien n'a donc pas de particularité. C'est le processus de fusion qui conduit à la formation des laves qui lui, est exceptionnel.

Ces laves très particulières (carbonatites) proviennent d'un magma parent (nommé néphélinite) très pauvre en SIO2 qui se forme par fusion partielle caractérisé par un très faible un taux de fusion  (moins de 0,3 %) d'un manteau supérieur typique. Le liquide issu de cette fusion magmatique produit alors, sans doute à faible profondeur, c'est-à-dire à basse pression, l'immiscibilité des carbonates et des silicates, un peu comme de l'eau et des gouttes d'huiles. (Des études précédentes avaient suggéré que des teneurs en CO2 plus importantes, jusqu'à plusieurs %, étaient nécessaires pour produire des néphélinites et des carbonatites)." "


" " Dans un langage compréhensible pour tout un chacun, on peut dire qu'un liquide immiscible riche en carbonates (disons de l'huile) issu d’un liquide parental silicaté (disons de l'eau) à haute température se refroidira en précipitant uniquement des silicates, jusqu'à ce qu'il atteigne une frontière de cristallisation silicates-carbonates, où il est capable de précipiter des minéraux carbonatés, qui peuvent alors former des cumulats de carbonatite.  Le long de cette frontière de cristallisation , la coprécipitation de calcite conduit le liquide magmatique résiduel vers des compositions riches en alcalin (Na20 & K20); conduisant à la fameuse natrocarbonatite du Lengai.

Le modèle détaillé expliquant la petrogenèse des natrocarbonatites de l'Oldoinyo Lengai implique une différenciation (évolution pétrochimique) par cristallisation fractionnée (séparation des phases minérales au fur et à mesure de la cristallisation, le plus souvent par gravité) étendue d'un magma basaltique alcalin riche en carbonates suivi par une séparation immiscible de natrocarbonatite à basses pressions (c.a.d. celles régnant à des profondeurs superficielles des réservoirs magmatiques)." "


   

Voir aussi un article du géologue Frank Möckel, en allemand, sur la Pétrogenèse et Pétrologie des laves du Lengai, en cliquant sur le figure ci-dessous :

 


                        Schéma sur la pétrogenèse des carbonatites par :

                          Petibon, Kjarsgaard, Jenner & Jackson (1998)

                         in Journal of Petrology vol.39  11-12.

 

 

Stalactites, stalagmites et autres bizarreries :

 

Quelques merveilles, malheureusement pulvérisées lors de l'éruption vulcanienne de 2007.


 Un "doigt" de carbonatite (9 à 10 cm. de hauteur) pointe vers le ciel .

Ceci nous montre en miniature le mode de formation d'un hornito ... et démontre que de la lave peut sortir à tout moment, sous nos pas, ou pire sous nos tentes. © B.Duyck

 

                                                                                              © B.Duyck


Ces stalactites de carbonatite ne sont pas de la lave projetée sur les parois; leur mécanisme de formation est tout autre : la vapeur des fumerolles se condense sur les parois de même nature; l'humidité dissoud  ces sels et la percolation engendre des stalactites et des stalagmites de la même façon que dans les grottes calcaires.

 

Dans une "grotte" sous l'hornito T37B, de magnifiques stalactites de natrocarbonatite, bien blanche, dentelle minérale éphémère.

 

 

                              Stalagmite de natrocarbonatite (7 cm. diamètre / 5 cm. hauteur) - © B.Duyck

 

Sources et photos à consulter sur :

 

- "Ol Doinyo Lengai, the mountain of God"

   http://frank.mtsu.edu/~fbelton/lengai.html

- article du géologue Frank Möckel - 12.2005.

     http://tboeckel.de/EFSF/efsf_wv/lengai_moe/erforsch.htm

- site de Thorsten Boeckel - expédition 2004.

       http://tboeckel.de/EFSF/efsf_wv/lengai_04/lengai_04_I_e.htm

- "Phase Relationships of a Silicate-bearing Natrocarbonatite    from Oldoinyo Lengai at 20 and 100 MPa" :

C. M. Petibon1,*, B. A. Kjarsgaard2, G. A. Jenner1 and S. E. Jackson1

1 Department of Earth Sciences, Memorial University of Newfoundland St John's, NFLD, Canada, A1B 3X5
2 Geological Survey of Canada 601 Booth Street, Ottawa, Ont., Canada, K1A 0E8

- "Temperature measurements in carbonatite lava lakes and flows from Ol Doinyo Lengai, Tanzania":
Maurice Krafft  & Jörg Keller, in Sciences 1989
 http://www.sciencemag.org/cgi/content/abstract/245/4914/168

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