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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une forte éruption s'est produite entre le 29 mars et le 3 avril 2006. Un lac de lave s'est formé, puis s'est écoulé en inondant la partie sud du cratère, pour finalement s'en échapper vers l'ouest et couler jusqu'à la base du volcan. Bien que peu médiatisée, ce fut la plus importante coulée observée au Lengai depuis 1983.
Un relevé effectué par Matthieu Kervyn, un jeune volcanologue de l'université belge de Gent, lors de son passage sur le Lengai en mai 2006, permettra de bien situer mes photos prises en septembre de la même année.


   Avec l'aimable permission de l'auteur, Matthieu Kervyn - UGent - Belgium.
                                           Relevé GPS du cratère effectué le 25.05.2006


L'éruption de mars 2006 fut accompagnée d'un effondrement concernant les hornitos (*) T56B, T57B, T58B et T58C; l'hornito géant T49B fut sapé sur sa base côté S.E.


  Le T49B surplombe le cratère d'effondrement qui a sapé sa base côté sud-est.
  © B.Duyck



La lave contenue dans ce cratère d'effondrement s'en est échappée par un chenal, érodé thermiquement par les flots de lave émis lors de l'éruption de début d'année. © B.Duyck



Le T49B a vu une partie de sa base sapée par l'effondrement, ses bords désormais en porte-à-faux sont dangereux car ils peuvent d'effondrer à tout instant.
© B.Duyck



L'effondrement vu en direction du sud, avec en fond d'image, la séparation entre les deux cratères du volcan. © B.Duyck



Le cratère d'effondrement (CP1) montre un empilement en assiettes des différentes coulées ayant formé le plancher du cratère nord du Lengai; il est parcouru de nombreuses failles, ce qui rend son accès problématique. © B.Duyck


  L'overflow ouest donnant sur le rift Gregory - dénivellé :~2.000 m. © B.Duyck

                                                                                      © B.Duyck



Le volcan semble calme, pas de coulées de lave ... seules quelques fumerolles près des bords du cratère ou sortant des hornitos situés au sud-est, un grondement de temps en temps, par deux fois un gros craquement suivi d'un éboulement au niveau du T49B.
Le plus inquiétant a été vécu de nuit : comme nous avions "oublié" les matelas, notre duvet était posé à même le sol ... durant la nuit, une main sortie du duvet rencontra la surface du sol et aussitôt réveillé par sa chaleur, j'ai perçu des gargouillis. En écoutant bien, des bruits de liquide qui coule devenaient perceptibles... et j'ai plongé sans attendre au dehors, persuadé que de la lave coulait dans le cratère ! Mais rien qu'un grand calme et un froid mordant sous une lune qui éclairait de façon inquiétante les hornitos les plus proches; je n'ai pas trainé dehors, étant donné la basse température nocturne ... mais je dois avouer que je n'ai plus fermé l'oeil de la nuit, à l'affut du moindre bruit et prêt à détaller si besoin s'en faisait sentir.
Matthieu m'a dit, par après, que c'était sans doute un niveau de lave assez proche du plancher du cratère qui était responsable des bruits et de la chaleur perçus ! Rassurant !!! Les nuits au Lengai sont rarement calmes : pour lui, c'était la présence nocturne du jaguar qui le préoccupait.
On ne trouble pas impunément la demeure du dieu Engaï !

Différents types de coulées se rencontrent sur le plancher du cratère :


Tête de coulée pahoehoe

© B.Duyck





Coulée fluide et peu épaisse figée
par son refroidissement.

© B.Duyck









Coulée type a-a sur l'overflow est.

© B.Duyck







                                                                                     © B.Duyck
                                 Palette de carbonatites d'âges différents
                     sur les hornitos T45, T37B & T37 (de G. à D.)© B.Duyck


(*) Hornito : spatter cone, généralement de faible dimension, formé par l'émission, à travers la croûte solidifiée, d'une coulée d'un peu de lave sous pression et qui s'accumule autour de l'ouverture.

Sources :
- site de Matthieu Kervyn :
  
http://users.ugent.be/~mkervynd/lengaifr.htm
- "Voluminous lava flows at Oldoinyo Lengai in 2006: chronology of
   events and insights into the shallow magmatic system"
   Springer 02.2008
  Matthieu Kervyn & Gerald G. J. Ernst & Jurgis Klaudius & Jörg Keller & François Kervyn &
   Hannes B. Mattsson & Frederic Belton & Evelyne Mbede & Patric Jacobs.

à suivre : la lave "Natrocarbonatite"



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  La silhouette du Lengai, vue du lac Natron - période calme : 09.2006 - © B.Duyck


Situation :


    Situation du Lengai dans la Gregory Rift Valley - Tanzanie -
        d'après "Guide des volcans"  M.Rosi & al.


Situé dans la plaine, au sein de la Gregory Rift Valley, ce stratovolcan la surplombe du haut de ses 2.962 mètres.
Le Lengai est situé à proximité d'une des grandes failles, probablement formée il y a environ 1,2 millions d'années (Dawson 1992) ; l'activité volcanique dans cette région a précédé et suivi l'apparition de la faille. Les plus anciens volcans sont e.a. le Ngorongoro, le Gelai, le Kerimasi.
L'Ol Doinyo Lengai est âgé de 370.000 ans seulement et est le grand volcan le plus jeune dans cette partie de la rift valley. (C.Nyamweru)

C'est le seul volcan connu pour avoir éjecté des tephras et les laves de type natrocarbonatites dans les temps historiques. (voir article suivant sur les carbonatites)

Brève histoire éruptive :


L’activité du volcan a débuté dans le cratère Sud du volcan,
aujourd’hui éteint.
Elle s’est déplacée depuis quelques centaines d’années dans le cratère Nord. On connaît, à l’Oldoinyo Lengaï, huit éruptions majeures depuis 1800. En 1883, G.A. Fisher est le premier à faire une description scientifique du Lengaï, où il nota l’émission de « fumée » en provenance du sommet du volcan, et où il recueillit des témoignages de grondements en provenance de celui-ci.

L'activité historique du Lengai est rythmée par une alternance de périodes effusives longues de quelques mois à plusieurs années et des phases explosives de type Vulcanien, brèves de quelques semaines ou mois.

De Janvier à Juin 1917 eu lieu une éruption explosive majeure durant laquelle des cendres furent déposées jusqu’à 30 km aux alentours du volcan. Lors de cet épisode, le grand lac de lave qui existait en haut du volcan fut remplacé par un cratère sommital profond.
C’est entre juin et décembre 1940 qu’une éruption fut étudiée en détails pour la première fois par J. Richard. Trois phases principales ont été différenciées.
Tout d’abord il a pu être observé de petites explosions projetant le vieux matériel du volcan
, puis de violentes explosions projetant du matériel relativement lourd comme des blocs et des bombes, se terminant par l’émission d’une grande quantité de gaz. Pour finir beaucoup de cendres furent éjectées. Après cette éruption, le cratère n’était plus alors qu’un énorme trou, et le paysage était recouvert de cendres blanches jusqu’à 100km aux alentours.
Une autre éruption majeure eu lieu en 1966-67 de type Vulcanien puis Plinien qui créa une caldera longue de 500m, large de 350m et de 100m de profondeur.
Ce cratère s’est par la suite rempli de lave lors de l’éruption suivante en 1983 en atteignant presque les rebords du cratère.
C’est en 1998 qu’une éruption a complètement rempli le cratère et que la lave s’est mise à déborder
de celui-ci. Entre les grands évènements, le volcan reste actif avecdes brèves émissions de laves formant de petits cônes et la présence de fumeroles, sauf entre 1968 et 1983 où aucune activité n’a été enregistrée.

Le cratère en 2006 - notre camp de base  : les points bleus au N.O., près de l'overflow - le lac Natron au N.E.  -  © B.Duyck 2006.


 La dernière éruption importante s’est produite le 19 juillet 2007.

Voyage 2006 - avant la dernière éruption:


Voyage effectué avec "Aventure et volcans", dans des conditions qui furent difficiles pour moi car je me suis retrouvé, à Kili airport, sans bagages, avec comme seul matériel mon appareil photo.
Ne voulant pas pénaliser notre petite équipe, j'ai acheté quelques t-shirts et sous-vêtements au marché dArusha, loué sac de couchage et batons grâce au chauffeur ... et léger comme l'air, en route vers la montagne sacrée des Maasai.
Après une mise en jambe dans les gorges de Engare Sero, une courte nuit précède notre ascension. Réveil à minuit, un petit déjeuner vite avalé, une heure de 4x4, et nous voilà à pied d'oeuvre : à peine la montée entamée, je suis largué par mes trois compagnons de voyage, plus jeunes, et me retrouve seul avec Edgard, notre guide. A la lueur de ma frontale, dans du sable volcanique qui se dérobe sous les pieds, j'ai l'impression de grimper des dunes sans fin ... mais avec un ravin que je devine parfois à moins d'un mètre.
A la faveur d'une brève halte, je peux observer, en mangeant une barre énergétique, le superbe ciel étoilé. Dans un silence pesant, j'ai soudain l'impression d'être observé. Je me retourne : l'imposante masse noire du volcan me surplombe et là, en équilibre sur la pente, je prends conscience de la formidable "puissance" du Lengai.
La muraille se redresse au fur et à mesure de la progression. J'ai l'impression que mes jambes ne répondent plus et il m'arrive de faire 3 à 4 pas, sans bouger d'un pouce dans cette poussière volcanique impalpable.
Il me faut puiser les forces dans une volonté farouche d'y parvenir pour continuer et marcher, marcher ... sans notion du temps qui passe ni de la distance qui reste à parcourir.
Les 400 derniers mètres sont les plus durs : je m'aide des bras et des mains, et poussant, tirant, m'agrippant à la roche friable, je me hisse, mètre après mètre, en assurant chaque prise, collé au volcan, vers ce sommet tant convoité.
Le sommet est atteint au moment où le soleil se lève derrière le grand hornito qui domine le cratère : cinq heures et demi d'efforts pour une récompense méritée !

         Le soleil se lève derrière le T49B, "le gratte-ciel du Lengai" - © B.Duyck


      Le T47 (à gauche) et le sommet sortent de la brume matinale -© B.Duyck

Ce récit est subjectif ! D'autres vivront cette ascension différemment en fonction de leur condition physique et de leur âge ... mais seule "la volonté d'y parvenir" est le moteur qui permet de la réaliser.

Quelques références incontournables concernant le Lengai :

- "Ol Doinyo Lengai, the mountain of God " - tout ce que
  vous désirez savoir sur l'excellent site de Fred Belton,
  LE spécialiste du Lengai.
- "Ol Doinyo Lengai, a unique volcano" - site de Celia
  Nyamweru.
- Le site de "Stromboli on line" - photos et videos sur
  l'activité au Lengai.
- Le site de Thorsten Boeckel - superbes photos du Lengai.
  Expédition 2003 avec F.Belton, T.Pfeiffer, M.Fulle,
  S.Granier, M.Rietze. - et Expédition 2004.
- "Carbonatites" par Franck Möckel , supporté par le site de
  Th.Boeckel.

ceci est loin d'être exhaustif ... pour en savoir plus: voir les "liens" sur le site de Fred Belton.


à suivre ...

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Avant d'attaquer mon volcan fétiche, "la montagne des dieux", nous remontons pour un bref instant vers le nord du Kilimandjaro ...

Le mont Kenya, point culminant du Kenya et deuxième plus haut sommet d'Afrique, est situé au nord  nord-est de Nairobi, la capitale.

                La pointe Batian (au centre gauche), la pointe Melion (au centre droit)
                             et la pointe Slade à l'avant plan . Wikipedia.

Le mont Kenya, comme le Kilimandjaro, est situé à l'intersection de la branche continentale du rift et du linéament d'Assoua (*), zone de fracturation importante.
Né , il y a environ 3 millions d'années (3,1 à 2,6 Ma), il n'a pas l'apparence habituelle d'un stratovolcan !
Ceci est du à sa couverture durant des millénaires par une importante calotte glaciaire qui a fortement érodé ses pentes et lui a donné ce relief particulier, avec de nombreuses vallées qui descendent du sommet. il reste aujourd'hui une douzaine de petits glaciers, en retrait rapide.

                                                                                                                  Wikipedia

Les plus hautes cimes culminent à 5.199 m. à la pointe Batian, 5.188 m. à la pointe Nelion ; la pointe Lenana est mesurée à 4.985 m.
Les deux pointes les plus élevées seraient parties prenantes du bouchon de l'ancien cratère. Ils sont composés de nepheline-syenite (*).
Les roches des pentes situées plus bas sont faites d'agglomérats et de différentes laves.

Le mont Kenya fut découvert par les européens en 1849, avec Johann Ludwig Krapf. Comme dans le cas du Kilimandjaro, la communauté scientifique resta circonspecte sur la véracité de cette découverte et l'existence de neiges éternelles sous ces latitudes. La confirmation n'arriva qu'en 1883 et la première exploration en 1887; le sommet fut vaincu en 1889 par l'équipe de H.J.Mackinder.
Aujourd'hui de nombreux itinéraires et refuges permettent aux bons marcheurs d'accéder au volcan en 4 - 5 jours, mais pour atteindre les 2 pointes précitées, il faut des compétences d'alpinistes confirmés.


Flore :
Le mont Kenya présente les mêmes zonations régionales que celles décrites pour le Kilimandjaro avec une particularité : une forte extension d'une zone de bambous, située entre 2200 et 3200 m., entre les étages montagnard et subalpin. Cette zone naturelle est peuplée de Yushania alpina, espèce de bambou dépendante des précipitations et dont les sujets peuvent atteindre 9 à 15 mètres.

De nombreuses endémiques parsèment ses flancs dont le très grand Lobelia telekii qui peut mesurer 3 mètres.
(photo de gauche)

D'autres plantes nous sont plus communes car nous pouvons les trouver dans les catalogues : e.a. des graminées et Kniphofolia thomsonii  (photo de droite) qui pousse à la limite de l'étage subalpin.

Faune :
Les zones forestières sont riches en mammifères de toutes sortes; les espèces les plus rares sont le suni, le bongo et l'hylochère.
La zone de bambous est par contre pauvre en faune, mais traversée par de nombreuses pistes pratiquées par les buffles et les éléphants.
L'étage afro-alpin est dominé par 3 espèces de mammifères: le Daman du cap, l'Otomys oreste (un rongeur) et le Céphalope de Grimm un sylvicapre. Ils occupent des niches écologiques non concurrentes, hors période de disète.

(*) :
 - néphéline-syénite  - lien vers la fiche USGS très complète.
 - linéament d'Assoua :  carte du CNRS d'après Chorowicz    

 





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Publié le par Bernard Duyck
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                  Carte du parc d'Arusha : cratère du Ngurdoto, les lacs de Momela et le mont Méru.


Le cratère du NGURDOTO est une caldeira large de 3 km. et profonde de 100 mètres.  Formée il y a 15 Ma, cette caldeira est constituée des restes combinés de deux volcans jumeaux s'étant effondrés en une structure unique.
Ses bords sont habillés d'épaisses forêts; Accessible uniquement par des chemins crées par le passage des animaux, le plancher de la caldeira est occupé par des plaines et marécages, dans lesquels se complaisent les buffles; on peut aussi y trouver des hippopotames. Ce cratère est parfois appelé le "mini-Ngorongoro" en raison de sa caldeira complète et de sa richesse animalière.

                                                                                                                         © B.Duyck


Les lacs de MOMELA :
Situés au nord-est du parc, ces lacs séparés sont alcalins. Alimentés par un ensemble de ruisseaux souterrains, ils ont été formés dans des dépressions boueuses laissées par l'activité volcanique.

                                                                                                                         © B.Duyck


La composition minérale différente et la présence d'algues font la particularité esthétique de chaque endroit, qui apparait de couleur différente sous le soleil.

Ces lacs font le bonheur d'une riche avifaune sédentaire et migratrice : flamants roses et nains, pélicans, grèbes, oies d'Egypte s'y côtoient.

Flamants nains - Phoenicopterus minor -

© B.Duyck



Les routes qui parcourent les rives de ces lacs permettent l'observation de différentes antilopes d'eau, de girafes, d'éléphants.

Girafe Maasai - Giraffa camelopardalis
tippelskirchi -
© B.Duyck



Le reste du parc réserve quelques belles observations : hormis un léopard entrevu sur le chemin du retour, des colobes guérézas, singes noirs et blancs à la longue queue en panache et des calaos à joue argentée animent les régions boisées.
                    Colobes guérézas arboricoles.

                                       Calaos à joues argentées - Bycanistes brevis - © B.Duyck


         Dernier coup d'oeil vespéral au Mont Méru depuis le parc d'Arusha - © B.Duyck




sources :
"Kenya -Tanzanie : le guide du safari " Guides du voyageur, M.Breuil - ed. Marcus.    guide de détermination de mammifères, oiseaux et reptiles.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


             Le Mont Méru, sa caldeira et le Ash cone datant d'une des dernières éruptions - Wikipedia.

Le mont Méru est situé dans le vallée du grand rift africain, à 70 km. au sud-ouest du Kilimandjaro. Il surplombe la petite ville d'Arusha et Kili-airport du haut de ses 4.565 mètres.

Topographie :
Ce stratovolcan surplombe le parc d'Arusha de plus de 3.000 mètres de dénivellé; ses pentes nord, ouest et sud sont régulières; le centre du volcan et le versant-est forment une caldeira en fer à cheval, entourée de parois atteignant 1.500 m. de hauteur.
Un cône de cendres (ash cone), entouré de coulées de lave occupe une aire excentrique de la caldeira de 5 km. de large.

                                photo NASA - PIA03356 - en fausses couleurs selon les altitudes.
                                            le cratère à droite est celui du Ngurdoto.


Sur les flancs, des antécimes au nom évocateur : Little Méru (3.795 m.) et Rhino Point (3.800 m), situé sur le chemin de l'ascension, qui doit son nom aux restes d'ossements de rhinocéros qui s'y trouvent.
De nombreux cônes volcaniques parsèment les flancs et la base du volcan.


Historique :

Le mont Méru avait une forme conique régulière et typique d'un stratovolcan avant la formation de la caldeira, il y a 7.800 ans.
Lors de ce collapsus, des avalanches de blocs et des lahars ont atteint les flancs ouest du Kilimandjaro à 70 km.
Son histoire éruptive, vraisemblablement variée, n'est vraiment connue que depuis 1878, date à laquelle une éruption engendre explosions et coulées de lave émise depuis le cône de cendre situé dans la caldeira. Des coulées de lave sont notées en 1886; sa dernière éruption date de fin 1910, avec une activité explosive au niveau du cône.
Sans autre éruption depuis, il est néanmoins considéré comme "actif".

Ascension :

Faisable en quatre jours, dont 3 d'ascension, il constitue une "mise en jambe idéale" pour tenter un futur trek au Kilimandjaro. Les nuits sont abritées, en refuges : Mirakamba Hut à 2500 m. et Saddle Hut à 3600 m.


http://www.summits-africa.com/Mt%20Meru/climb-Mt-Meru.htm

Le mont Méru, bien arrosé, est un ilot naturel luxuriant et le refuge de nombreux animaux sauvages ; il est nécessaire de se faire accompagner d'un ranger armé afin de prévenir d'éventuelles attaques d'animaux (léopards, buffles) ... guides et porteurs sont conseillés.
On passe de clairières habitées par la faune sauvage vers 2.000 m., à une forêt dense et humide vers 3.000 m. pour arriver ensuite dans l'univers rocailleux et volcanique.

                                                                                               Wikipedia - Stebu 2007


sources:
- Global Volcanism program : Méru
                                  http://www.volcano.si.edu/world/volcano.cfm?vnum=0202-16=
- Montagnes en chaines : http://www.montagnes-en-chaines.org/

Demain : le parc naturel d'Arusha et le Ngurdoto.























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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Itinéraires : 

Il faut compter entre 6 et 10 jours pour l'aller-retour.

La voie Rongai  (trait bleu sur la carte) est peu fréquentée et demande 5 à 6 jours d'ascension pour 45 km. de marche. Les 3 premiers jours sont effectués exclusivement en camping, la seconde partie est équipée de refuges.
C'est cette voie que suivent les voyages "Aventure et Volcans".

La voie Marangu  (trait vert sur la carte) est la plus ancienne... la moins spectaculaire et la plus fréquentée. Par contre, 6 jours suffisent pour parcourir les 36 km. et il est possible de passer les nuits en refuge (réservation obligatoire) ... peu d'expérience ed de matériel sont nécessaires.


La voie Machame  (trait brun sur la carte)  est la plus spectaculaire, mais longue - 40 km. -, difficile et elle offre peu d'abris. La partie intermédiaire, plus plate, est par contre favorable à l'acclimatation.



                      Carte des itinéraires, refuges et portes (points de départ) des différentes voies.

De nombreux randonneurs (20.000 chaque année) veulent entreprendre cette ascension;
Il faut savoir, avant de se lancer dans cette aventure, qu'une excellente condition physique est nécessaire ... et si possible, un entrainement ou un séjour préalable en altitude. Si les risques sont faibles, seuls 40% des ascensions sont couronnées de succès et certains n'en reviennent pas indemnes.
Lien renseignant sur "le mal de montagne".
La meilleure période se situe de juillet à octobre, ou en janvier-février afin d'éviter les saisons des pluies.
Comme il s'agit d'un parc national et en raison du taux élevé de fréquentation, des règles strictes sont à observer: un droit d'entrée est demandé; il faut suivre les sentiers de randonnée et se cantonner aux zones autorisées pour le camping; il faut être accompagné d'un guide homologué; des porteurs et un cuisinier sont recommandés; et l'équipement adapté aux conditions extrêmes régnant au sommet.

Faune et flore du massif du Kilimandjaro :

                                  rencontrées et o = portes de départ des voies empruntées - Wikipedia.


1. Forêt pluviale :
Cette zone subit une forte pression démographique, surtout au sud et de nombreuses plantations et zones de sylviculture non respectueuse de l'environnement y sont intégrées. Des coupe à blanc y sont encore pratiquées !
Quelques exemples de sa flore initiale :
On y trouve le Genévrier d'Afrique (Juniperus procera), Olea europaea subsp. cuspidata, Olea welwitschii, Albizia schimperiana, Terminalia brownii, Ilex mitis, Ocotea usambarensis, Euclea divinorum, Prunus africana, le Bois de rempart (Agauria salicifolia), Croton macrostachyus, Croton megalocarpus, Macaranga kilimandscharica, Impatiens kilimanjari, Viola eminii, Impatiens pseudoviola ainsi que des espèces des genres Combretum, Pittosporum, Tabernaemontana ou encore Rauvolfia.


2. Forêt de brouillard et de nuage :

La forêt de brouillard est présente au sud entre 2300 et 2500 m. d'altitude; l'eau est apportée majoritairement par évaporation dela forêt pluviale, située en contrebas ... et en danger.
Elle est caractérisée par la présence de Podocarpus milanjanus et celle de plantes épiphytes qui recouvrent 80% des arbres.
La saison sèche y est courte.

La forêt de nuage est présente à l'ouest, nord et nord-est, entre 2500 et 2700 m. d'altitude.
Elle diffère de la forêt de brouillard par une longue saison sèche et son alimentation en eau par précipitations.
On y retrouve le Genévrier d'Afrique mais également Afrocarpus gracilior, Hagenia abyssinica, la Bruyère arborescente (Erica arborea, principalement dans son stade de développement jeune) et quelques mousses et lichens (Usnea fibrissima, Usnea articulata).


3. Landes et maquis :
Entre 2800 et 4000 m., cette zone est occupée par des bruyères, plantes colonisant les zones incendiées et occupées auparavant par la forêt de nuage.
On trouve aussi des protées dont une endémique.
La protection de cette zone est nécessaire, car il faut y conserver des zones où les feux sont "contrôlés", car nécessaires à la survie de certaines espèces.
De nombreux espèces de nectariniidés aux couleurs vives peuplent la limite supérieure de la forêt : Souimanga du Kilimandjaro (Nectarinia mediocris), Souimanga olivâtre (Nectarinia olivacea), Souimanga à tête verte (Nectarinia verticalis), Souimanga à gorge verte (Nectarinia rubescens), Souimanga améthyste (Nectarinia amethystina), Souimanga à poitrine rouge (Nectarinia senegalensis), Souimanga malachite (Nectarinia famosa), Souimanga de Fraser (Anthreptes fraseri), Souimanga bronzé (Nectarinia kilimensis), Souimanga tacazze (Nectarinia tacazze) et Souimanga à ailes dorées (Nectarinia reichenowi). Il en est de même pour l'Aigle huppard (Lophaetus occipitalis)[52]. Rhabdomys pumilio, aussi bien présente dans la savane, constitue une de ses proies, tout comme Lophuromys (Lophuromys) aquilus, Dendromus melanotis et le Rat-taupe nu (Heterocephalus glaber). Par ailleurs, des buffles, des lions, des léopards, des éléphants, des élands, des céphalophes et des hyènes transitent parfois à cette altitude pour relier un point à un autre de la plaine[50].


                        Souimanga malachite femelle sur une fleur de Protea caffra kilimandscharica.

4. L'étage Afro-alpin :
Ses limites sont situées entre 4.000 et 5.000 m. ; il est caractérisé par une atmosphère sèche, peu de précipitations mais d'importants écarts de température.
Les espèces qui y vivent sont adaptées à ce climat rigoureux. Certaines sont endémiques : e.a. le Lobelia deckenii, le Dendrosenecio kilimanjarii (Sénecon géant), l'immortelle du Kilimandjaro.













Lobelia deckenii, endémique de l'étage afro-alpin
du Kilimandjaro - Wikipedia








5. L'étage nival :


                          Versant occidental du Kibo avec ses glaciers et sa double caldeira centrale.
                                                  vol Kili airport vers Addis Abeba.

                          Aspect acéré caractéristique de la glace au Kilimandjaro - 08.2003 - Yosemite

La partie la plus dure du trek: marche de nuit, altitude et ses inconvénients : oxygène raréfié, froid intense (-15°C), fatigue accumulée ... pour ne stationner au sommet que quelques minutes, étant donné les conditions extrêmes, mais pour un instant sublime et la satisfaction de l'exploit accompli.

                                       Uhuru peak - 5895 m. - le sommet .   Wikipedia.

A lire :
- un récit d'ascension par la voie Machame, avec Terre
d'aventures sur :
http://www.didier-kilimandjaro.com/
- un autre, par la voie Rongai, avec Atalante sur :http://www.kilimandjaro-fr.com/dossiers/dossier_36_kilimandjaro+voie+rongai.html
- le portail sur le Kilimandjaro : http://www.kilimandjaro-fr.com/



Demain, d'autres volcans du grand rift africain.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Spécialement pour mes compagnons de voyage au Lengai - 2006.

Sa silhouette arrondie couronnée de neiges éternelles domine la plaine africaine et sert de toile de fond à sa faune : le Kilimandjaro, s'élève dans le nord-est de la Tanzanie, à 5.891,8 mètres (mesures 2008 GPS /gravimétrie). Son altitude en fait le point culminant de l'Afrique, et la montagne isolée la plus haute du monde.

                      Le Kibo, en décembre 2006 - Photo Wikipedia.

Toponymie :

Appelé Ol Doinyo Olibor en maa, langue des Maasai, soit "montagne blanche", son nom, adopté en 1860, viendrait du swahili Kilima Ndjaro (kilima : petite montagne, ndjaro : blancheur,éclat), soit "montagne étincelante".

Topographie :

Ce complexe volcanique de forme ovale : 70 km. (N.O. - S.E.) par 50 km. (N.E. - S.O.), couvre 388.500 hectares.
Ce stratovolcan est composé de trois sommets principaux, qui sont tous des volcans éteints : le Shira, à l'ouest (3962 m.), le Kibo, au centre (5892 m.) et le Mawenzi à l'est (5149 m.)
Le Kibo est couronné d'une caldeira elliptique - 2,4/3,6 km. - renfermant un cratère de 900 m. de diamètre, le Reusch crater, au milieu duquel s'élève un cône de cendre de 200 m. de diamètre, nommé Ash pit. Le pic principal, situé sur le bord méridional de son cratère externe, s'appele Pic Uhuru ("liberté" en swahili); au S.O. du sommet, un glissement de terrain a donné naissance, il y a 100.000 ans, à Western Breach qui domine la Baranco Valley.
 
                Montage Wikipedia (04.2008), d'après photo Nasa - Landsat 7



Géologie :

Le volcanisme du Kilimandjaro débute au cours du Pliocène et la construction de cet édifice se fait en 4 grandes phases, qui ont émis un total de 5.000 km³ de roches volcaniques. Les trois dernières ont formé les stratovolcans imbriqués : Shira, Kibo et Mawenzi. Le rift qui les traverse a donné naissance à de nombreux cônes satellites.

1. Le paléo-volcan KILEMA :
Cette phase est probablement antérieure à 2,5 Ma, mais reste mal connue en raison du faible nombre de datations effectuées sur le volcan et de l'enfouissement des coulées par d'autres plus récentes.
Au total, le volume émis par ce paléo-volcan représenterait près des 2/3 du volume actuel.


2.Le SHIRA :
La naissance du Shira remonte à 2,5- 2 Ma et se caractérise par des émissions volcaniques à la jonction et le long des dorsales d'Ol Molog et de Kibongoto, orientées en gros N/S.
Un volcan bouclier basaltique allongé se met en place à partir de pyroclastites, de tufs et de laves.
Le Shira présente une caldeira ouverte vers le N-E., avec des remparts marqués à l'ouest et au sud. Une centaine de dykes, témoins d'une ultime activité, s'élèvent en son centre.
L'érosion, principalement glaciaire, puis les émissions du Kibo ont modifié son relief.

3. Le MAWENZI :
La naissance du Mawenzi remonte à 1,1 - 0,7 Ma, résultant de la migration de l'activité volcanique vers l'est, au niveau de l'ancienne dorsale du Kilema.
- dans un premier temps, le Mawenzi connait des intrusions basaltiques (Neumann tower) et des extrusions de trachy-basaltes et de trachy-andésites, formant des cônes et des necks (*) érodés (South Peak, Pinnacle Col et Purtscheller Peak).
L'érosion post-volcanique est maximum sur ces matériaux fins et le relief prend un aspect chaotique, laissant émerger des sills (*).
- dans un second temps, vers 600 - 500.000 ans, des nuées ardentes éventrent le rebord N-E. de la caldeira du Mawenzi. Un volcanisme de type Peléen se met en place avec émission de pyroclastites (*) et des lahars.
S'en suit une seconde phase érosive du à la glaciation des sommets.


4. LE KIBO:
La naissance du Kibo remonte à 600 - 500.000 ans et se fait en cinq étapes.
- 1°étape : jusqu'à 400.000 ans, un stratovolcan conique se forme, au dessus de la dorsale de Kibongoto; les éruptions irrégulières favorisent une érosion et des dépôts morainiques engendrés par une première période de glaciation. Elles se concluent par un évènement explosif (le Weru Weru) et les premières irruptions de cônes secondaires dans la zone d'Ol Molog.
- 2°étape : entre 400.000 et 250.000 ans, un dôme de trachytes et phonolites se forme, qui émet des coulées de lave à porphyre suivies de l'effondrement de l'édifice. Une deuxième période de glaciation provoque une nouvelle érosion.
Un lac se forme, comme en atteste la présence de Pillow lavas (*).
- 3°étape : entre 250.000 et 100.000 ans avant notre ère, des explosions de type plinien se succèdent.
Une érosion causée par une 3° période de glaciation entraîne un effondrement partiel et la vidange de la caldeira, notamment par des lahars et des nuées ardentes.
- 4°étape : entre 100.000 et 18.000 ans, la caldeira et le dôme actuels se forment à l'intérieur des restes de la précédente. Des traces d'éruptions phréatiques et d'érosion valident l'existence des 4° et 5° glaciations, entrecoupées d'épisodes plus humides.
- 5°étape : entre 18.000 et 5.000 ans, le Kibo accueille un lac de lave; sa vidange crée le Pit carter, en couvrant le sommet de scories et le versant nord de coulées de lave.

Alors que la dernière éruption sommitale remonte à plus de 500 ans, et qu'il est aujourd'hui considéré comme éteint, le Kilimandjaro connait des secousses sismiques et émet des fumerolles (CO²,SO², HCl) au fonnd du cratère Reusch, dont la température en surface atteint 78°C. Des scientifiques ont conclu en 2003 que du magma était présent à 400 m. de profondeur sous le sommet.

Les dernières éruptions se sont déroulées le long de la dorsale de Rombo et au maar du lac Chala, au S-E. du volcan; elles sont de différents types : strombolien, vulcanien ou hawaïen... ceci montre la complexité des cycles d'ouverture du rift, de migration de l'activité au niveau des dorsales du volcan et de la différenciation du magma.


Les neiges du Kilimandjaro :

Connues depuis Ptolémée, qui le décrit comme une "grande  montagne enneigée", rendues célèbre mondialement par Ernest Hemingway dans "les neiges du Kilimandjaro", les neiges de la calotte du volcan n'en diminuent pas moins depuis 1850 environ, en raison d'une baisse naturelle des précipitations qui s'est sensiblement accélérée au cours du 20° siècle.

Régression des neiges et glaciers au sommet du Kilmandjaro, entre 02.1993 et 02.2000 - Wikipedia

Le réchauffement climatique, tout d'abord incriminé dans ce rapide retrait des neiges et glaciers, a été remis en cause en 2003 par G.Kaser et Ph.Mote : la forte régression serait due à la baisse des précipitations, qui pourrait être liée à son tour à une évolution locale provoquée par la déforestation ... et en cascade diminution de l'humidité atmosphérique, la forêt jouant un triple rôle de réservoir ( dans le sol, dans la biomasse et dans l'air) .En raison de la forme des glaces, on apu déterminer que le rayonnement solaire et l'absorption de chaleur au niveau de la roche volcanique sombre, ensuite diffusée à la base des glaciers, entrent aussi en ligne de compte.
La pression anthropique se manifeste par la déforestation et par le détournement de l'eau au profit de la consommation en eau potable  et de l'irrigation des cultures.

Les grands "consommateurs" sont les Wachagga , cultivateurs, situés au sud et à l'est du massif...
au contraire des Maasai, pasteurs au NO.


Lexique : (*)
- neck : piton rocheux formé par une colonne de lave solidifiée
             dans une ancienne cheminée volcanique
             et ultérieurement mis en relief par l'érosion.
- sill : "filons-couches", plus ou moins horizontaux, respectant
            la stratigraphie générale du volcan
- pillow lava : boules semblables à des oreillers, formées par de
             la lave fluide, émise sous une certaine pression d'eau
             et se refroidissant rapidement au contact de celle-ci.
- pyroclastites : matériaux "cassés par le feu", projetés à
             grande vitesse, à des altitudes et distances
             considérables.

Sources :
 - "Guide des volcans" de Rosi & al.
 - "Volcanologie" de J.M.Bardintzeff
 - articles divers du web : e.a. http://fr.wikipedia.org/wiki/Kilimandjaro

Demain : les voies d'accès au volcan et la nature rencontrée.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Je vous emmène en Afrique de l'est à la rencontre de ses plus hauts sommets et de volcans intéressants : Le Kilimandjaro, le mont Kenya, le mont Méru, le mythique Ol Doinyo Lengaï, l'Empakaï, le Ngorongoro, le Niyragongo et le Nyamuragira pour ne citer que les plus connus.

Le rifting Africain est une des merveilles géologiques de notre monde, un endroit où les forces tectoniques créent de nouvelles plaques aux dépens d'anciennes. Le processus concerne plusieurs pays : l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie, et plusieurs plaques tectoniques : la plaque Arabique, la plaque Nubienne (ou Africaine) et la plaque Somalienne, se rencontrant à un point de triple jonction, dans l'Afar.


             Colored Digital Elevation Model showing tectonic plate boundaries,outlines of the elevation
             highs demonstrating the thermal bulges and large lakes of East Africa.
             The basemap is a Space Shuttle radartopography image by NASA.


Le rift Ethiopien, au nord, se poursuit par une série d'autres rifts :
la branche Ouest, connu sous la dénomination de "Albertine rift", contient les grands lacs africains de l'ouest; la branche Est coupe le Kenya du nord au sud. Des parts de cette branche Est sont dénommées "Rift Kenyan" ou "Gregory rift" du nom du géologue qui l'a cartographié au début du 20° siècle.
L'ensemble s'étend sur plus de 1.000 km.

                   Rift segment names for the East African Rift System. Smaller segments are sometimes
                    given their own names, and the names given to the main rift segments change depending
                    on the source. The basemap is a Space Shuttle radar topography image by NASA.

               Les escarpements du rift Gregory vus du sommet de l'Ol Doinyo Lengai - © B.Duyck


Comment se sont formés ces rifts ?

Le modèle le plus communément admis à l'heure actuelle, est la présence d'anomalie thermique, remontée de l'asthénosphère avec un volcanisme fissural en Afar et au centre du Kenya (les dômes Ethiopiens et Kenyans - voir carte du dessus). La poursuite du "bombement" continue ensuite associé à un effondrement, créant un rift et formant la structure caractéristique "horst et graben" .





Ces zones où la croûte terrestre est amincie, sont constituées d'un mélange de roches continentales et basaltiques... si les phénomènes d'étirement perdurent, ils peuvent mener à la naissance d'un futur océan et à la séparation de la plaque somalienne du continent.



Le rifting de l'Afrique de l'Est est compliqué par le fait du développement de deux branches. Le grand lac Victoria est situé entre ces deux branches. Il est admis que les rifts ont suivi les anciennes cicatrices entre les masses continentales qui sont entrées en collisions, il y a des milliards d'années en formant le craton (*) africain ... les rifts est et ouest se séparent autour du lac Victoria à cause de la présence de ce "coeur" de roches métamorphiques anciennes - le craton Tanzanien.


* CRATON : Les boucliers continentaux sont apparus par remontées de matériaux profonds du manteau le long de panaches convectifs. Des sédiments se sont ensuite accumulés tout autour pour former des plaques quasiment indéformables : les cratons qui forment aujourd'hui les continents.

Sources :
- "East Africa's Great Rift Valley : a complex rift system" par
   James Wood & Alex Guth  - Michigan Technological University.
- "Volcanologie" - chapitre sur Dorsale et ouverture océanique -
  de J.M.Bardintzeff - Dunod.

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Publié le par Bernard Duyck
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                Première rencontre dans le désert, avec des enfants curieux ...et "muets" - © B.Duyck

Partagé entre trois pays, le peuple Afar est aujourd'hui un peuple semi-nomade.
Coupés du monde, isolés sur des terres desséchées où les points d'eau sont quasi inexistants, ils survivent avec obstination.

                             Gilé et dromadaire ... les attributs masculins.

                         Palabres avec le chef du village, kalachnikov à l'épaule.
- © B.Duyck

Une grande fierté étincelle dans leur regard. Gilé (ce grand poignard à lame courbée) porté anciennement sur la hanche, aujourd'hui kalachnikov négligemment portée sur l'épaule, ces hommes de légende, dont le seul nom évoque aventure et violence, sont restés indépendants et libres, toujours prompts à sauter les frontières qu'ils ignorent.
La meilleure preuve que pouvait donner un afar de ses droits au respect et à l'honneur était d'avoir massacré un étranger, qui aurait pu leur disputer le peu de nourriture que produit le pays. nul Danakil n'était considéré comme suffisamment sérieux pour les responsabilités du mariage s'il ne pouvait pas se vanter d'au moins un assassinat, et faire parade des organes sexuels de sa victime, qui se portaient comme un ornement autour du cou.


Les guerriers, morts au combat, avaient le droit à une sépulture "spéciale" :ils étaient enterrés debout, avec leurs armes, leur corps entourés de pierres formant d'étranges tours dans le paysage.



La légendaire hostilité des Afars doit être placée dans un contexte culturel : ils ne sont pas plus hostiles envers l'étranger qui traverse leurs terres que nous ne le serions envers un inconnu qui passerait le portail de notre propriété pour traverser le jardin sans autorisation !
Ces moeurs appartiennent au passé...mais on comprend mieux dans un tel contexte, qu'il faille demander - à plusieurs niveaux - des autorisations de passage. Pour faciliter ces démarches, les autorités délèguent des gardes armés avec les groupes s'aventurant dans ces terres reculées.
Cette agressivité "naturelle" est d'ailleurs encore palpable chez les enfants qui nous font le "signe de nous trancher la gorge" ... en gage de bienvenue !

Eleveurs de chèvres, ils assuraient autrefois le transport caravanier du sel et des esclaves... seul reste le transport du sel et quelques activités de brigandage.
S'ils respectent les cinq prières quotidiennes, ils ont réussi un mélange de conceptions païennes et islamiques, où se mèlent puissance divine et croyances surnaturelles.
Leur société, toujours soumise à des structures sultaniques, est construite sur la "tradition" et une hiérarchie tribale, avec un conseil des anciens pour régler litiges et problèmes.
L'hospitalité - une fois admis - est une règle morale dont le manquement est sanctionné par les lois coutumières. Respect et réserve font qu'ils gardent toujours une distance  envers les étrangers.


                  Le toukoul, habitation nomade, et les femmes en habits traditionnels.
                           En fond, à gauche, le volcan Dalafilla.
- © B.Duyck

Dans le désert, ils vivent dans des huttes nomades réalisées avec des armatures de branchages couvertes de nattes, et facilement démontables : les "toukouls". Il y régne la journée une obscurité et une chaleur difficilement supportables.
Les rôles sont aussi répartis selon la tradition : aux hommes, la conduite des troupeaux et caravanes; aux femmes,et aux fillettes, la corvée d'eau et les tâches ménagères.

             Corvée d'eau au dernier puit avant le désert de sel du lac Karoum -  ©JM. Mestdagh


Les femmes sont vêtues d'une jupe ample, et d'un châle qui leur couvre les épaules et la tête; les hommes portent la même jupe et une chemise, remplacée aujourd'hui par un T-shirt.

                                  Plaque funéraire rédigée en amharique - © B.Duyck


Les langues couchitiques (environ 25 millions de locuteurs) sont surtout utilisées dans la région d'Addis-Abeba, dans le Centre, le Sud et tout l'Ouest; ces langues occupent des frontières communes avec l'Érythrée, Djibouti et la Somalie. Les langues couchitiques sont les suivantes: l'afar, l'agaw (awngi), l'alaba, l'arbore, le baiso, le bussa, le daasanach, le dirasha, le gawwada, le gedeo, le haaiyya, le kambatta, le komso, le libido, l'oromo (plus de 17 millions de locuteurs), le saho, le sidamo (près de deux millions de locuteurs), le somali (plus de trois millions de locuteurs), le tsamai et le xamtanga.


Même si l'amharique est une langue minoritaire (30 %), il constitue la langue officielle et administrative du pays. Le gouvernement fédéral l'utilise comme langue de travail. L'amharique sert également de langue véhiculaire entre les différentes ethnies du centre du pays. On estime que l'amharique est parlé par autant de locuteurs comme langue seconde, ce qui fait que 60 % de la population peut s'exprimer d'une manière ou d'une autre dans cette langue.Jetez un oeil à la plaque funéraire ci-dessus et vous aurez compris qu'il est inutile de s'essayer à déchiffrer ce langage.

Sites sur l'ethiopie :

http://www.dear-ethiopia.com/
http://www.toiquiviensdethiopie.com  - suivre : région Afar et photos.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Origine du nom :

Afar, c'est ainsi que ce peuple se nomme lui-même, alors que paradoxalement, cet
te dénomination ethnique n'apparait pour la première fois qu'en 1967, avec la création du "Territoire français des Afars et des Issas" (devenu en 1997 le République de Djibouti).

Nul ne sait ce que cette appellation "Afar" signifie. On peut rapprocher cet ethnonyme de la tribu Al Afar, vivant dans l'Emirat d'Oman et dont l'ancêtre serait une femme dénommée Afra. Cette tribu Omanaise était totalement enclavée, sans accès à la mer, ce qui explique une émigration partielle et l'installation dans cette région des Afars primitifs.

Danakil est la dénomination sous laquelle les tribus arabes du Yémen connaissent les Afars; il s'agit d'une généralisation du nom de la tribu Danakil, vivant au nord d'Assab et pratiquant la navigation et la pêche..

Adal ou Oda'Ali : les Afars sont connus dans leur ensemble sous l'appellation Adal par les Somali.

Situation géographique :


Les Afars habitent aujourd'hui trois pays : Djibouti, l'Erythrée et l'Ethiopie, sur un vaste territoire couvrant 150.000 km².
Pour des raisons tant techniques que politiques, leur nombre ne peut être déterminé avec exactitude ... on le dit supérieur à deux millions.
Du fait aussi de la "batardisation" des cultures en périphérie de leur territoire, ils ont été assimilés par d'autres peuples.


Structure :

Les Afars se subdivisent en deux groupes: les Asahymara (littéralement ceux qui disent c'est Rouge) et les Adohymara (ceux qui disent c'est Blanc), sans que l'on sache exactement ce que cette différenciation recouvre.

Plusieurs hypothèses s'affrontent:

La première fait référence à la symbolique des couleurs; considérant que le blanc représente la sagesse et le droit, tandis que le rouge évoque la force et la guerre, il se pourrait que cette différenciation renvoie au renversement de l'ordre politico-religieux qu'a connu cette ethnie, avec la chute de la dynastie Ankala consécutivement à l'implantation de l'Islam.

La seconde se base sur la géologie des terres occupées par les tribus; les Rouges vivant sur les terres rouges de l'intérieur, tandis que les Blancs se retrouvent sur les plaines côtières. cette répartition est surtout valable en république de Djibouti.

La troisième interprétation serait d'ordre généalogique. Les Rouges descendraient
ncêtre commun Haral Mâhis, tandis que les Blancs se subdivisent en Suget ("ceux qui étaient là", c'est à dire le noyau originel Afar) et en Abûsamara (tribus nées d'un mariage mixte, soit entre Suget et Rouges, soit d'un apport extérieur).

Pour Chedeville, un des meilleurs connaisseurs de ce peuple, cette opposition Rouges-Blancs serait essentiellement politiquo-commerciale et consécutive à la guerre pour le contrôle des pistes caravanières qui opposa, au 18° siècle, le sultanat d'Awsa à celui de Tadjourah. Ceci semble plausible, ce conflit étant la seule guerre fratricide dont se souvient la mémoire collective de ce peuple.


Un peu d'histoire:

                                 Australopithecus afarensis (Musée archéologique d'Addis Abeba)

                                     Lucy, notre ancêtre (Musée archéologique d'Addis Abeba

Préhistoire: même si les plus vieux ossements humains (Lucy, l’Australopithécus Afarensis puis Ramidus) ont été découverts
dans des régions éthiopiennes actuellement habitées par des Afars, rien ne permet d’en inférer une telle ancienneté de ce peuple.
En fait, un bon connaisseur de la langue afar trouverait facilement, dans la définition de l’humanité et de l’animalité,une référence plus que psychanalytique aux deux tabous constitutifs de la civilisation :
celui de l ’anthropophagie et celui de l’inceste.
De même, notons pour l’anecdote que l’être humain se dit ici « celui à deux pattes » ! Tout comme le doigt se dit « celle qui grimpe ».
S’il n’est pas établi que ce peuple ait à un moment de son histoire vécu dans les arbres, le fait que le même verbe désigne à la fois monter et sortir semble indiquer (comme le prouvent d’ailleurs les grottes dans la
région de Bôri) que les Afars auraie
nt très bien pu être les « Troglodytes» (habitants des cavernes) dont parlait, dans les premières années
de l’ère chrétienne, l’Histoire Universelle de Diodore de Sicile.
Antiquité : la première parenté qui vient à l’esprit, ne serait qu’en raison de la funeste pratique de l’excision et de l’infibulation, c’est celle avec le monde pharaonique. Quoique souffrant souvent d ’une extrapolation abusive, beaucoup de recherches ont été entreprises ici dans ce domaine au niveau djiboutien, dans la lignée des travaux égyptologiques entrepris par Cheik Anta Diop et son école de IFAN (Institut Fondamental de l’Afrique Noire).
Diodore de Sicile avait déjà fait état des liens historiques et culturels ayant existé entre les Egyptiens du temps des pharaons et les habitants de Pount « Terre des Dieux ». De plus, il avait rapporté que les habitants de Pount avaient de tout temps vécu sur cette terre.
Caractère indigène que ne possèdent pas les autres peuples sémites de la région, Amhara (Habasha) et Tigré venus pour leur part de l’Arabie Heureuse.
Même si l ’Histoire contemporaine régionale, produite pour et par des idéologies d’Etat en mal de passé glorieux, a donné lieu à des récupérations de Pount, un consensus académique semble s’établir quant à sa localisation sur les rivages de la Mer Rouge.
Il convient à cet égard de lever un amalgame : lorsqu’il était question d’Ethiopiens dans l’Antiquité, il s’agissait de tous les peuples de cette région ainsi nommés en raison de la couleur de leur peau: en grec, Aetiops signifie « visage brûlé ».
Pour ce qui est de ses habitants, dont les Egyptiens eux mêmes se disaient être les descendants, de nombreux faits linguistiques et culturels semblent les rattacher aux actuels Afars.
Tout comme l ’importance du vocabulaire commun à l’afar, au latin et au grec ne peut s ’expliquer que par les échanges culturels entre ces peuples durant la haute Antiquité, ce que prouverait les récits des Grecs eux mêmes et le caractère éthiopien qu’ils reconnaissaient par exemple à Cassiopée.

Ensuite, leur histoire se mêle à celle de l'Ethiopie:

De 1000 à 500 av J-C, la civilisation sabéenne, venue d'Arabie, s'est développée à Yeha (près d'Axoum).

De 100 à 330 empire axoumite et avènement du christianisme

Le VIIe siècle voit la pénétration de l'Islam par les premiers musulmans qui, persécutés par les Arabes, ont trouvé refuge en Ethiopie.

XIIe-XIIIe siècles règne du roi Lalibela. Roha est la capitale.

En 1635, sous le règne de l'empereur Fasilidas, Gondar devient la capitale du pays, elle le restera jusqu'en 1892.

En 1889, Ménélik II se proclame empereur. Ankober devient Capitale. Ménélik signe le traité de Wichalé avec les Italiens installés en Erythrée. Mauvaise traduction ? mauvaise interprétation ? ce traité aboutit à des querelles qui se terminent par la victoire de l'Ethiopie sur les troupes italiennes. C'était à Adwa le 1er mars 1896. En 1892, Addis-Abeba devient la Capitale du pays.

En 1930, le ras Tafari, fils du ras Makonen, gouverneur d'Harar et cousin de Ménélik, est couronné Négus (empereur). Il prend le nom de Hailié Sélassié. Il restera au pouvoir jusqu'en 1974.

1936, les Italiens occupent l'Ethiopie. Ils y resteront jusqu'au 5 mai 1941.

1974 le Derg, dictature militaire conduite par Mengistu renverse le Négus. Les années noires commencent. Le pays est mis à feu et à sang. Guerres, répressions farouches, famine... De nombreux chars rouillés gisant au bord des routes, dans le Nord notamment, témoignent de cette période meurtrière qui va durer jusqu'en 1991.

Depuis 1991 l'Ethiopie est un état fédéral régi par un régime républicain. Cependant le calme n'est pas établi, des conflits éclatent encore comme avec l'Erythrée de 1998 à 2000. La paix est fragile, les tensions sont fortes avec l'Erythrée et depuis quelques mois avec la Somalie.


A suivre: rencontre avec les Afars.



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