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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


                                                                                                                © B.Duyck - 2007



Une équipe du CNRS, dirigée par Haroun Tazieff, constate la présence en 1967 de deux lacs de lave au Erta Ale.

A cette date, les lacs actifs étaient logés dans leurs deux pit craters à 160 m. de profondeur. Dès lors, le niveau et l'activité de ces deux lacs n'a cessé de fluctuer.
En 1971, leurs surfaces situées à environ 30 mètres par rapport aux lèvres des puits sont agitées de fontaines jaillissant à une quinzaine de mètres de hauteur.
Fevrier- mars 1972 : toute la surface interne du pit crater nord est occupée par un lac de lave actif, soit 300 x 200 m.
A partir de 1973, les deux lacs de lave débordent de manière épisodique et ce, pendant deux ans. Une montée synchrone des lacs laisse supposer que, bien qu'il n'y ait pas de communication directe et superficielle entre eux, il y aurait une interconnection profonde sans doute par un réservoir commun, qui aurait reçu un apport de magma frais en provenance du manteau.
En 1976, le pit crater nord ne mesure plus que 100 m. de diamètre.
Entre 1984 et 1986, les niveaux des lacs semble stable et oscille entre 70 et 110 m. de profondeur.
En février 1987, des photos-satellite attestent de la disparition du lac de lave dans le pit crater nord.
En septembre 1992, le pit crater nord a repris ses dimensions initiales : +/- 300 m. de diamètre. Il fume très fort, mais pas de présence de lave !

                                                                                                           © B.Duyck


La progression en direction du nord s'effectue sur le fond de la caldeira, recouverte des coulées de débordement des années septante.
Il faut gravir des coulées imposantes, contourner l'un ou l'autre hornito(*) fumant, eviter les trous révélant des tunnels de lave sous-jacent au plancher bien plat à cet endroit... ils témoignent d'un des mode de dispersion de cette lave très fluide lors des débordements.

                                                                                                                 © B.Duyck


                                                                                                                © B.Duyck


                                                                                                                © B.Duyck


Le pit crater nord fume abondamment, nous obligeant au port du masque, spécialement sur sa rive ouest, en contournant ses bords fissurés et instables. Les gaz soufrés jaunissent les blocs de lave et sont agressifs pour nos poumons, notre peau et nos vêtements... mes cheveux sont passés du gris argenté à une teinte vaguement jaunâtre - pas très appétissante - et le short de mon compagnon de tente, du gris souris au violet.
Pour mes cheveux, ça s'est arrangé avec un shampooing lorsque nous avons retrouvé la civilisation; le short, lui, est resté de la même teinte !

                                                                                                                          © B.Duyck

                                                                                                                 © B.Duyck

 


                                      "Smog and blocks"    -  © B.Duyck

           Des "oeufs" laissent échapper une douce odeur d'hydrogène sulfuré... et il faut respirer

           un bon coup dans le masque, avant de l'enlever, le temps de faire une macro. - © B.Duyck


(*) Hornito : petit cone de qq. mètres de haut, prenant naissance à la surface de la coulée; ils sont construits par l'émission, à travers la croûte solidifiée de la coulée, d'un peu de lave sous pression.
(J.M.Bardintzeff in Volcanologie - Dunod )

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le PIT CRATER SUD est occupé par un lac de lave, présent depuis qu'il est connu.

H.Tazieff fait une distinction entre "lac de magma" et "lac de lave" : le lac de magma est alimenté par sa base en liquide sursaturé en gaz, et est le siège de mouvements de convection,  avec dégazage partiel produisant des fontaines de lave (cas de l'Erta Ale); le lac de lave résulte de l'accumulation de coulées très fluides déversées dans un bassin de l'édifice volcanique.

 

 

                                                                                                                 © B.Duyck

Un lac de lave est un "miracle permanent", tant les facteurs de survie d'un tel appareil sont complexes : il faut, pour que le lac perdure, un équilibre parfait entre l'alimentation et la vidange de la lave d'une part, entre l'apport  et la perte de calories d'autre part.

Si l'apport calorifique est trop faible, le lac se fige...la croûte qui le recouvre s'épaissit, durcit : c'est ce qui est arrivé au niveau du pit crater nord.

Si au contraire, l'apport de chaleur dépasse les pertes, le phénomène va s'emballer ...la lave va bouilonner, monter et finir par déborder du cratère, et le volcan "entre en éruption" : c'est arrivé en 1972, avec le premier débordement observé dans le cratère de l'Erta Ale.

Le fait que le niveau du lac sud ( débordant) soit à ce moment plus élevé que celui du nord (à 30 m. de profondeur) semble indiquer qu'il n'existe pas de communication directe entre les sources d'alimentation des deux puits d'effondrement, même si la lave est de composition similaire. ( G.de Saint-Cyr - carnets de trek).


Ces conditions d'équillibre sont rarement rencontrées : hormis celui-ci, le Niyragongo (branche ouest du rift Africain), l'Erebus (Antarctique) sont actifs depuis plusieurs décénnies; d'autres endroits en présentent, avec une durée de vie plus courte : la caldeira d'Ambrym (Vanuatu), le Kilauea (Hawaï), le Masaya (Nicaragua).

 

 

                                                                                                               © B.Duyck

Une peau noire et souple recouvre le lac de lave, percé par des fontaines de lave, et agité par des mouvements convectifs, responsables des déchirures. Le ressac de la lave sape les parois de la terrasse. A noter, le dégazage bleuté de dioxyde de soufre à gauche de la photo.


Des mouvements de convection et un dégazage intensif produisant des fontaines de lave font bouger cette croûte de la même manière que les mouvements de convection de l'asthénosphère font bouger les plaques tectoniques ... Leçon de tectonique en miniature et vitesse accélérée !

(J.M.Bardintzeff, in Futura Sciences)

 

        Un mini-point chaud et une ride d'accrétion (phénomène de rifting) se côtoient ici en un
       saisissant raccourci.
- © B.Duyck

        Ci-dessous, quelques belle fontaines. Pour les photographes, ces photos ont été prises en
        argentique et rescannées ensuite ... ce qui donne des couleurs de lave plus fidèles. -
© B.Duyck





      La lave des fontaines refroidit assez vite, en passant par toutes les nuances, allant de l'orangé au
      rouge cerise, framboise puis passant au gris  et enfin au noir, teinte de cette peau épaisse qui
      recouvre le reste du lac...un camaïeu difficile à reproduire en peinture. -
© B.Duyck


La terre vit ! Nulle part ailleurs sur la planète, on ne ressent cela comme sur ce volcan : à moins de 100 mètres sous nos pieds, elle naît, se détruit, pour se refaire aussitôt au rythme des vagues qui animent la surface du lac. De fulgurants jets de gaz projettent des fontaines dorées de lave très fluide, des bulles géantes éclatent et la projète aux alentours : vision cauchemardesque sur les entrailles en fusion de notre terre.
Ailleurs, une croûte partiellement solidifiée se morcelle en plaques qui glissent, s'écartent ou se chevauchent, basculent avant de disparaitre, englouties dans un bruit de succion par l'énorme masse de magma qui les digère.
Portés par le souffle chaud qui monte en permanence du puit, et nous oblige parfois à reculer tant c'est intense, des écheveaux de longues et frêles aiguilles de lave, verre volcanique étiré jusqu'à en devenir fin comme un cheveu, s'élèvent à quelques mètres au dessus du cratère pour s'éloigner et venir s'accrocher au relief de la caldeira... les "cheveux de Pelée" sont ici particulièrement longs.



                     Cette photo, en numérique, mérite quand même une place... eu égard à son titre :
                                                "le chaudron du diable".
- © B.Duyck

La nuit, le spectacle est encore plus grandiose : la scène est éclairée par le seul embrasement du lac; tout d'abord, on se bouscule un peu, au bord du gouffre, chacun cherchant le meilleur angle de prise de vue sur ce brasier toujours changeant... puis calmé, le visage brûlé et le dos glacé, comme devant un "feu de camp", on se laisse hypnotiser par les mouvements de la lave, abasourdi par les grondements du volcan et le chuintement des gaz. Il faut se raisonner pour quitter ce spectacle et retourner sur le bivouac, où la brève nuit sera entrecoupée de rêves volcaniques.

                                                                                                                  © B.Duyck




        Petit boulot avant de dormir : nous avons établi une barrière de pierres autour de notre
            bivouac, afin d'éviter au maximum vent et poussières (bien visibles sur le photo)
       Qui dira encore que les belges n'ont pas "une brique dans le ventre" ?!
- ©JM. Mestdagh


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Né d'un point chaud, il y a 12.000 ans (Holocène), l'ERTA ALE est un volcan-bouclier basaltique, culminant à 613 mètres sur une dorsale océanique émergée (*).
Sa caldeira elliptique mesure 700 m. sur 1.600 m. De caractère effusif, on lui connait un lac de lave quasi permanent.

                             photo aérienne de Jürg Alean 2002 , in GVP

Situé dans un massif volcanique, il a cinq collatéraux :
  - le GADA ALE .
  - l'ALU - DALAFILLA .
  - le BORALE ALE .
  - l'HAYLI GUBBI .
  - l'ALE BAGU .

Les références soulignées en rouge donnent accès, par un simple clic, aux  fiches signalétiques du Global volcanism Program.

        image infra-rouge Aster - sat. Nasa - tout ce qui est "chaud" est représenté en teintes claires .
                            on peut voir un point blanc correspondant au lac de lave du Erta Ale.

Un peu d'histoire :
en raisons des conditions climatiques extrêmes et des problèmes politiques en Afar, l'Erta Ale, qui compte parmi les volcans les plus inaccessibles de la planète, n'a été visité qu'épisodiquement et par très peu de scientifiques.

Au milieu du 19°siècle, une expédition conduite par le capitaine Julietti fut massacrée par les guerriers Afars.
En 1967, une équipe du CNRS, dirigée par Haroun Tazieff, constata la présence de deux lacs de lave dans les puits d'effondrements nord et sud.
C'est Tazieff qui conduira par après les principales expéditions scientifiques à l'Erta Ale.


En 1972, la lave a atteint les bords du pit crater et s'épanche dans la caldeira. Les coulées vont déborder de la caldeira en 1974 pour recouvrir les flancs du volcan.
(à noter les limites du cratère sud dans les années 1970)

04.1972 - J.Varet , in GVP

En 1987, le lac de lave du cratère nord a disparu ...
une croûte solide a remplacé l'habituelle incandescence.







En 2003, on constate une baisse d'activité dans le cratère sud; sa surface se fige peu à peu, un hornito abritant un étang de lave de 30 m. de diamètre.

                     Cross section de 2003 - par
                     Bardintzeff & Pothé, in GVP.


Le 21.02.2004, seuls trois hornitos rougeoient.
En octobre 2005, la lave occupe à nouveau la superficie totale du pit crater sud.




Le lendemain, les dromadaires sont arrivés et on peut heureusement poursuivre le programme initialement prévu, ayant reçu eau et vivres.

Pour accéder à LA CALDEIRA, il faut descendre le long d'une paroi raide, haute de 60 mètres, sur un chemin étroit fait de blocs instables .


Notre bivouac est en contrebas de l'avant-plan; d'ici, on voit à peine le départ du chemin de descente.  Le brouillard bleuté vient du dégazement fort de dioxyde de soufre du pit crater sud... port du masque obligatoire !


Puis progresser sur les laves émises lors des débordements des années 70, et y rencontrer toutes les formes que peut prendre une coulée de lave fluide.




              Partout, sur la caldeira, de longs filaments de verre volcanique très urticants :
                                                            les "cheveux de Pelée.
(*)

                            Près du pit crater sud, une forme antropomorphique  rend hommage
                                                     à la déesse des volcans, Pelée. (*)

Demain, le pit crater-sud, et le LAC DE LAVE :


* Liens concernant :
- "dorsale océanique émergée" : article du CNRS.
   http://www.cnrs.fr/cnrs-images/sciencesdelaterreaulycee/contenu/dyn_int2-2.htm
- Déesse Pelée : la déesse des volcans.
   http://temple-deesse.racinespaiennes.org/DeessesCultures/pele.html
- les "cheveux de Pelée" :
  http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/objets/img_sem/XML/db/planetterre/metadata/LOM-Img68-2004-01-26.xml

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le passage par Afdera est indispensable: il faut y faire viser les autorisations de circuler, et embarquer des militaires armés. Le groupe s'étoffe ; chauffeurs, cuisinier, guides, policiers ou militaires ... tous casés dans les cinq véhicules 4x4 de l'expédition.



Etant donné la logistique et pour des raisons de sécurité, il est impensable de vouloir pénétrer seul ce territoire; cette expédition a été organisée par "Aventure et Volcans" et minutieusement préparée par plusieurs voyages de Guy de Saint-Cyr, relatée dans ses "Carnets de trek".


Durant ces formalités, nous visitons les salines, où le travail se fait encore manuellement.

                                                                                                                © B.Duyck


                                                                                         © B.Duyck


A partir d'ici, nous sommes "en autonomie totale" : carburant, vivres, eau ...tout doit avoir été prévu et emmené pour tenir huit jours dans ce désert.

                                                                                                                © B.Duyck


                                                                                                             © B.Duyck


Le paysage se fait de plus en plus minéral; plus de pistes, sauf quelques traces laissées par les caravanes chamelières ... nous comptons sur nos chauffeurs et le GPS, pour rejoindre Kursewad, lieu de regroupement de plusieurs campements nomades autour du dernier point d'eau, pas toujours alimenté. Il faudra y rencontrer le chef du village, palabrer un peu et ressortir les autorisations, avant de s'enfoncer dans un terrain vraiment difficile ... direction nord-est vers le massif de l'Erta Ale.

                                              Le massif du Erta Ale et ses volcans collatéraux.

Durant cette journée, balottés de rocher en rocher dans des véhicules avançant au pas, abrutis par le bruit des moteurs et la chaleur, il faut absolument se forcer à boire suffisamment de cette eau chaude et fadasse ... pour ne pas avoir de problèmes de déshydratation en fin de soirée;

                                Au loin, le Erta Ale - "la montagne qui fume" en afar. -
© B.Duyck

Cette journée sera très longue, car une fois atteint le stop-véhicules et attendu la tombée de la nuit pour nous mettre en route, il nous restera à marcher 4 bonnes heures, à la lueur des frontales, sur un terrain peu incliné et "facile". (pas pour moi, car je déteste ces marches de nuit)
Nous arriverons vers minuit sur les bords de la caldeira; certains courageux descendront voir le lac de lave, les autres rechercheront un trou où s'abriter et essayer de dormir un peu, masque sur le nez et couchés à même le sol...les dromadaires qui portent nos sacs n'étant pas arrivés.

 Deux petits conseils de "bourlingueur" : boire "énormémént", car une déshydratation même minime diminue de beaucoup les capacités physiques et augmente les risques de cystite - affection courante dans ces conditions - ; emporter une polaire et une veste coupe-vent, car la nuit est relativement frâiche ( 20°C de différence avec la température diurne) et pouvoir ainsi récupérer en somnolant, au chaud, quelques heures.

Je suis réveillé par les courageux qui sont allés au bord du lac... et qui discutent beaucoup; mais leur exaltation retombe vite : fatigués - ils ont eu de plus du mal à retrouver le petit chemin de remontée - et mal équipés, ils se refroidissent... en naissent engueulades, reproches et plans divers pour le lendemain.
Au matin, le moral n'y est pas : les dromadaires ne sont toujours pas là ! Sans eau, ni vivres, va-t-on pouvoir réaliser le programme prévu ?
Décision est prise d'aller voir le lac de lave - on est venu pour cela - et de redescendre ...

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Après avoir vu, il y a quelques semaines, le site de Dallol, je reviens sur zone pour vous parler du Triangle Afar, du complexe volcanique de l'Erta Ale et du peuple Afar.

                              Le triangle Afar - situation générale et massif du Erta Ale et Dallol

                                           montage d'après photo sat. Nasa - © B.Duyck



Au départ d'Addis Abeba, deux jours sont nécessaires pour vraiment arriver dans le triangle et pénétrer le brûlant désert du Danakil, ou plus exactement la dépression Danakil, qui n'est autre que la partie la plus basse de la Rift valley, la grande faille Africaine.

Effondrée à 130 mètres au-dessous du niveau de la mer, enclavée entre les énormes empilements basaltiques des hauts-plateaux Ethyopiens et Somaliens, plusieurs fois envahie par la mer qui y a entassé des dépôts de sel de plusieurs milliers de mètres d'épaisseur, cette étendue désetique est une étuve : 50 à 55°C, les vents torrides du Khamsim.
Ici la terre est en perpétuelle construction : séismes fréquents, cônes volcaniques percés de cratères occupés par des lacs de lave, failles et crevasses.


Les plaques arabique, nubienne et somalienne se rencontrent en un "point de jonction triple"; le régime extensif poursuit la séparation des plaques africaine et arabique, avecl'activité permanente du point chaud situé en Afar.
Dans quelques millions d'années, l'Arabie sera définitivement séparée de l'Afrique, et un océan prendra place en Afar.

Ndlr : tous les volcans soulignés ont un lien direct avec le GVP.

Les derniers preuves de cette activité :
 - en 1978, l'ARDOUKOBA, un nouveau volcan voit le jour. Actif durant une semaine, il éjectera 43 mégatonnes de basalte et 6 milliards de m³ de gaz.

     Eruption de l'Ardoukoba - Al.Cros


 - Septembre 2005, un violent séisme  est suivi de l'éruption du DABBAHU.

 - Le volcan JEBEL AT TAIR, situé en Mer rouge, se réveille à son tour, en 2007, causant des pertes humaines.

 
 Image Nato - Street / 30.09.07


 - Le 4 novembre 2008, nouvelle éruption en afar : le DALAFILLA éjecte de la lave sur 300 km², recouvrant partiellement le volcan ALU, et émettant un nuage de dioxyde de soufre qui ira jusqu'en Thaïlande, à plus de 6.000 km. (0201-07=)

 - Les 29-30 juin 2009, c'est au tour du MANDA HARRARO de se manifester, après une éruption fissurale en 2007.






**

En quittant Addis abeba, nous rencontrons notre premier volcan Ethiopien, le FANTA ALE ( 0201-19=  ; 8,97N - 39,93E ; alt. 2.007 m), un stratovolcan dont la dernière éruption remonte à 1820. La caldeira elliptique de 2,5 x 4,5 km. est orientée perpendiculairement au rift Ethiopien; elle est entourée d'une muraille haute de 500 m. photo T.Pfeiffer, in GVP.

                                                      Le Fanta Ale ( ou Fentale) - © B.Duyck


La route se taille dans des étendues désertiques, mélange de sable, de roches et coulées volcaniques...univers minéral d'où émergent des volcans sans noms et quelques habitations traditionnelles des nomades Afars: les toukouls.

                                                                                                              © B.Duyck


                                                                                                              © B.Duyck


Lors d'un arrêt - ici, du à la perte du pot d'échappement - venus d'on ne sait où, quelques jeunes enfants Afars apparaissent ; on ne peut échanger avec eux que quelques babioles qu'ils acceptent sans manifester aucun sentiment.

                                                   © B.Duyck


                        Filon d'obsidienne, échantillon à belle cassure conchoïdale - © B.Duyck


C'est lors d'un arrêt "technique", au milieu de nulle part, que nous découvrons un filon d'obsidienne... des champs d'obsidienne étaient exploités en Ethiopie depuis le néolithique, et redistribué, durant le royaume de Saba, dans toute la Méditerranée.

 

Nous roulons toute la journée sur une piste relativement bonne pour arriver à la tombée du jour au lac Afdera, situé à moins 114 m.
Des salines, des sources chaudes témoignentde son occupation antérieure par la mer; le lac estbordé par les volcans HAYLI GUBBI
 ( 0201-091 - alt.521 m. ) et BORAWLI (alt. 821 m. - 0201-107), ce dernier sur les photos.

                                                Le lac Afdera et le Borawli - © B.Duyck


                                     Lac Afdera - salines, le lac et le Borawli - © B.Duyck

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Brève prospective sur l'avenir du super- volcan :
SEULE CERTITUDE, IL ENTRERA EN ERUPTION !
mais   QUAND   et   COMMENT ?



Robert Christiansen, dans son étude très complète parue en 2000 - "The quaternary and pliocène plateau volcanic field of Wyoming, Idaho, and Montana" - prévoit trois scénarii possibles.

1. le plateau du Yellowstone représente le stade final d'un cycle de résurgence du chaudron infernal... avec possibilité d'un volcanisme de type rhyolitique déclinant dans la caldeira et à proximité de celle-ci.

2. du volcanisme basaltique peut accompagner ou succéder à la fermeture du cycle rhyolitique actuel, tout d'abord hors de la caldeira  et finalement au sein de la caldeira.

3. après 160.000 ans, un autre cycle rhyolitique s'amorce avec un nouveau remplissage de la chambre magmatique et une nouvelle éruption paroxysmale, digne d'un super-volcan.
Dans ce cas, l'ensemble des etats-Unis risque d'être touché par les effets directs de l'éruption, par les retombées de cendres ensuite et toutes les perturbations sur la santé humaine et animale, sur les activités commerciales diverses ... et à terme un "hiver volcanique" dommageable pour la planète entière.

Des études plus récentes n'ont pas conclus différemment... malgré le battage médiatique sur les super-volcans depuis 2 ans, et l'annonce de catastrophes dans la mythologie des peuples d'Amérique centrale prévue pour 2012.

Situation actuelle de la chambre magmatique d'après :
"Volcanism" de H.U.Schmincke :


Smith & Chang - Utah university :



qui constatent une chambre magmatique double, ou à double lobes, respectivement sous les dômes de résurgences Mallar Lake et Sour Creek.

De toute façon, l'avancée de la plaque américaine, au dessus du point chaud statique, va lui faire rencontrer des terrains beaucoup plus "costaux" que dans la Snake River Plain ... les Rocky Mountains !
Et ceci pourrait modifier son comportement cyclique... mais ceci est une autre histoire, étant donné les connaissances actuelles en volcanologie.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

                                      Le sahara au centre des Etats-Unis. -
© B.Duyck

Les dunes de sable de St.Anthony couvrent une surface de 453 km²., surface immense et mouvante.

Les dunes anciennes - "historiques" - , maintenant stabilisées par des plantations, couvrent les environs du site actuel. Elles sont appelées "Barclan dunes", car leur forme va croissante et finit par une paire de cornes, dans la même direction que le sable en mouvement.
Les collines au nord du champ dunaire et Juniper Butte sont des volcans éteints.

                                                                                                           © B.Duyck


Il y a 10.000 ans, lorsque le temps de l'Idaho était plus froid et humide qu'aujourd'hui, la végétation luxuriante était broutée par des mammouths, des grands bisons et des cheveaux de la taille d'un poney.
Ces animaux se sont sans doute abreuvés sur les bords sableux de Mud Lake et Market Lake, situé au SO. du site actuel.
Bien qu'existant toujours, ces formations ont considérablement retrécies avec le réchauffement climatique à la fin de l'âge glaciaire.
Quand le rivage sableux s'assécha, du sable, en provenance des dépôts dela snake river, de la Teton river et autres affluents, a été chassé par les vents à l'actuel emplacement.

                                       Sous le sable, des terrains volcaniques...
- © B.Duyck

                                                                                                                © B.Duyck


                                           Un peu de douceur dans ce monde minéral - © B.Duyck

Mud Lake -actuel - abrite de nombreux oiseaux, qui ont fait mon bonheur d'ornithologue.


                   Des Ibis à face blanche ( Plegadis chihi) ci-dessus, et des bernaches du Canada
                   (Branta canadensis) ci-dessous, parmi la dizaine d'espèces aperçues au passage.

                                                                                                                         © B.Duyck



En direction du plateau du Yellowstone, deux stops intéressants:
"Columnar jointing": des orgues basaltiques se sont formés au refroidissement du flot de lave. Après cristallisation sous forme hexagonale, encore accentuée par les périodes successives de gel et dégel, elles furent percées par la Snake River.

                                                                                                         © B.Duyck


"Mesa Falls" : Upper et Lower Mesa falls constituent le seul site "non domestiqué" pour cause d'irrigation ou production électrique en Idaho.
Elles chutent de respectivement 33,5 et 26 m. de haut.

                                                                           Upper Mesa Falls
- © B.Duyck

                                                                                                          © B.Duyck


Un merle d'amérique - American Robin - s'apprête à nourrir ses jeunes.
Ses couleurs sont un gage des merveilleuses nuances que nous offrira le Yellowstone ... nous sommes à la porte du parc.

Ndlr : pour ceux qui prendraient le train en marche, le site du Yellowstone a été décrit précédemment ... cliquez sur le lien pour y arriver rapidement.

sources:
  - " Mafic volcanism and environmental geology of the ESRP"
     par S.Hughes.
  - la détermination des oiseaux vus au Yellowstone, grand Teton
     et Snake River Plain s'est faite grâce au " Fielf guide to the
     birds of Western north America " de D.Sibley -éd. Helm.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Pour mériter pareil dénomination, il doit s'être passé des drames à cet endroit !
Massacres ethniques et Bouleversements géologiques seront les fils conducteurs de cette page.

                                                                                                           © B.Duyck


"Gate of Death" et "Devil's Gate pass", voilà deux autres noms qui caractérisaient l'endroit resserré par où devaient passer les caravanes de colons. Ici se confondaient trois grands chemins : Lander road, the main Oregon trail et the California trail.
Ce couloir étroit, reste d'un ancien volcan, était le lieu de toutes les embuscades menées par les indiens défendant l'accès à leur territoire.
Les Shoshones de l'ouest étaient un peuple de cueilleurs et chasseurs de petit gibier, habitant de légers abris de branchages, faciles à déplacer afin d'exploiter au mieux les rares ressources de leur milieu de vie.
En 1859, des gisements d'argent furent découvert sur la zone occupée par les Paiutes et les Shoshones de l'ouest. Conduits par leur chef "Bear hunter", les Shoshones harcelèrent les colons envahissant leur territoire, s'attaquant aux campements de mineurs, aux lignes du télégraphe et aux convois d'immigrants vers la Californie sur la piste de l'Oregon.
Les 9 et 10 août 1862, à l'est de Devil's Gate, une série d'escarmouches eu lieu entre indiens et colons...plus de 10 pionniers et un nombre indéterminé d'autochtones y furent tués. Cet épisode donna le nom de "Massacre rocks" à l'endroit.

Non loin de là, "Register rock" était un site prisé par les voyageurs sur l'Oregon trail . Il laissairent, sur un gros rocher, une trace de leur passage... graffitis de l'époque à la manière des tags actuels. Beaucoup de ces témoignages datés furent effacés par l'érosion; seuls demeurent sur le rocher, quelques noms et dates, maintenant protégés par un toit et des grilles des assauts du temps et des dépradations.

                                   ©JM. Mestdagh


Outre un lieu de batailles, ce fut d'abord ici celui de la fureur de la nature.

Coupe géologique du Massacre volcanic complex - Luessen 1987.

Il y a 6,5 millions d'années, de violentes éruptions phréatomagmatiques eurent lieu ici, lors de la rencontre du magma et de l'aquifère de l'antique Snake river, formant un cône de tuff.
Ce volcan fut balayé par le Bonneville flood : lorsqu'il y a 15.000 ans, le barrage naturel de Red Rock pass céda, les eaux de l'ancien lac de Bonneville, qui couvraient la plus grande part de l'Utah et du Nevada, se déversèrent dans la Snake river et en modifièrent la topographie.
En plus de détruire le cône de tuff, ce gigantesque déversement entraina des rochers arraché aux montagnes, les roulants et les polissants. Ces "boulders" échouèrent en hauteur par rapprt à l'actuelle Snake River.


© B.Duyck


                        Un des "Boulders" , posé en hauteur par le Bonneville Flood - © B.Duyck


Des restes de l'antique cône de tuff se retrouve sur les parois érodées de l'actuelle rivière.

                                                                                                               © B.Duyck


"Lake channel outlet" est l'emplacement de l'ancienne chute d'eau d'un des nombreux canaux de déversement creusé par le Bonneville Flood;
durant quelques mois, un flot, au débit quatre fois supérieur à celui de de l'Amazone, déferla par ces cascades.

                                                                                                           © B.Duyck

 

Sources:

  - "Mafic volcanism and environmental geology of ESRP"

     par S.Hughes.

  - Doc.web sur "Massacre Rocks"

 


N.B. : je vous quitte quelque temps pour examiner les rhyolites du
massif de l'Estérel ... mais le blog continue, à une fréquence de vacances !


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

          North Menan Butte, à gauche - South Menan Butte, à droite.

                                                                                                                     © B.Duyck



Les cônes jumeaux de Menan Buttes font partie d'un groupe de six cratères alignés le long d'une fissure orientée NO., qui forment un complexe composés de tuff cones (cônes de tuff) basaltiques et de tuff rings (anneau de tuff) plus petits.








Ces formations trouvent leur origine dans la rencontre entre le magma véhiculé dans un dyke basaltique et les sédiments alluviaux gorgés d'eau ... en résulte une éruption phréatomagmatique; celles -ci sont hautement explosives !
Lorque le magma en fusion rencontra les eaux froides de la Snake River qui coulait à cet endroit, il refroidit si rapidement qu'il n'y eu aucune formation de cristaux, mais formation de Tachylite, verre volcanique basaltique. La transformation instantanée de l'eau en vapeur pulvérisa le verre en fragments minuscules qui se soudèrent entre eux quand les cendres chaudes retombèrent sur le sol.
Il n'y a pas de traces de coulées à Menan Buttes, indiquant une interaction permanente entre l'eau et le magma ... au contraire de la plupart des cônes de tuff, où la première phase est phréatomagmatique, avec ensuite une coupure vis à vis de l'aquifère qui permet à des flots de lave de prendre le relais. (J.Sing - in Volcanoes of North America)



  South Menan Butte est de forme allongée dans un axe SO.-NO., étant donné les vents soufflants au moment de l'éruption.Dans des conditions climatiques plus clémentes, les cônes de tuff sont circulaires.

Les Menan Buttes sont uniques, car elles représentent le seul cas d"éruption volcanique survenant dans des eaux froides aux Etats-Unis.



                                                           Vue aérienne : USGS



             Le début de la montée est facile, mais ensuite la pente atteint 30°.
- © B.Duyck

            De la rive sud de North Menan Butte: vue sur South Menan privatisée.
- © B.Duyck

                      Tuffs palagonitisés -bords sud du cratère.
- © B.Duyck





Les dépôts des tuff cones sont monotones... égayés par quelques plantes pionnières.


                                           © B.Duyck



Les Tuff rings appelés North and South Little Buttes, situés au sud des Menan Buttes, sont plus petits, ont des pentes moindres et des dépôts cycliques reflétant des phases stromboliennes (décharge "sèche") et surtseyennes (décharge "humide") successives.

Sources:
   - "Menan volcanic complex" , in Guidebook to the Geology of
      Eastern Idaho par B.Hackett.
   - "Volcanoes of North America" - Menan Buttes, par J.S.Sing
   - Schémas : "Guide des volcans" par M.Rosi.
   - "Volcanologie" par J-M.Bardintzeff.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Continuons notre exploration de la Snake River Plain en direction du nord-est : sur la route entre Arco et Blackfoot, nous traversons un paysage plat où règnent les buissons de Sagebrush et dominé par les "Buttes".
Ce sont des domes rhyolitiques, datant du Pleistocène, qui tranchent franchement sur la plaine basaltique nivelée.


Une vue aérienne des trois buttes : à l'avant-plan, Big Southern butte, puis vers la gauche, Middle butte et East Butte.

BIG SOUTHERN BUTTE est la plus grande formation de la SRP; cette butte dépasse de 800 mètres la surface de la SRP et s'enfonce de 1.000 mètres sous celle-ci;  elle est formé par deux lobes endogéniques coalescents datés respectivement de 294.000 et 309.000 ans (datation K-Ar - Kuntz & al. 1994), bien visibles sur la photo aérienne. Ce genre de formation est aussi appelée "cumulodome".
Placard explicitant la formation de Big Butte.

Sur son flanc nord, un énorme bloc de basalte, ferrolatites et sédiments : la présence de ferrolatites implique l'existence d'un centre volcanique à proximité... une source possible pour cette lave serait le centre éruptif de Cedar Butte, situé à 8 km. à l'est.
Cedar butte, daté de 400.000 ans est un assemblage complexe de laves, de composition intermédiaire mais contenant une coulée de lave rhyolitique.

                  Big Southern Butte, vu de la centrale EBR-1.
Les petits écritaux, placés un peu partout sur le plaine, rappelle que le terrain est interdit d'accès, ..."zone radio-active" , déchets enterrés !

MIDDLE BUTTE est une formation élevée composée d'une vingtaine de coulées de lave basaltique, apparemment soulevée, comme par un piston, par un cryptodome silicique souterrain d'âge non déterminé.

EAST BUTTE est un dôme rhyolitique endogénique, daté de 600.000 ans.
Séparant Middle et East Butte, un petit dôme rhyolitique, lui aussi, date de 1,2 Ma, classé sous le nom d'Unnamed Dome.

                    Middle Butte, à gauche et East Butte, surmontée d'un groupe d'antennes.

LA zone axiale est considérée comme "une zone de transition", à cause de sa proximité avec le plateau du Yellowstone et Crater of the Moon.
Plus on se rapproche du Yellowstone et plus les structures rhyolitiques deviennent communes, au contraire des structures basaltiques.
voir schéma développé antérieurement.

sources :
  - "Mafic volcanism and environmental geology of the ERSP"
  - "Cedar butte and cogenetic quaternary rhyolite domes of the ES
RP" -   

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