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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

             Hell's Half Acre et East Butte, et Middle Butte, au loin.
                            photo L.Siebert - 2002 - Smithsonian inst.

HELL'S HALF ACRE LAVA FIELD :
Ce champ de lave couvre 400 km² et est le deuxième en grandeur de la Snake River Plain.
Les laves qui forment ce volcan-bouclier bas, sont de type pahoehoe sorties d'un cratère long de 3 km. situé au NO. du champ lavique, il y a 5.200 ans.
La zone sommitale contient une dépression irrégulière de 800 sur 300 m. qui fut le site d'un lac de lave, qui alimenta les derniers flots de lave. Ce lac de lave est percé d'une dizaine de cratères d'effondrement (pit craters) et 2 grands tunnels de lave.
Le champ de lave abrite aussi un grand kipuka.

A Hawaiian term for an "island" of land completely surrounded by one or more younger lava flows. A kipuka forms when lava encircles a hill or a slight rise in the ground as it moves downslope or across relatively flat ground. Because they are surrounded by more recent flows, kipukas are often covered with mature vegetation. http://volcanoes.usgs.gov/images/pglossary.php


                                                                                                                            © B.Duyck




                                    Failles importantes dans la champ de lave -  © B.Duyck





                                                  Opuntia polyacantha -  © B.Duyck



Sur ce terrain, plus ancien que Crater of the Moon, la vie a repris de la vigueur... tout en restant une flore désertique.
La plaine est habillée de Sagebrush - Artemisia tridentata ; cette plante était fort utilisée par les indiens et pour diverses raisons : bois de chauffe, pharmacopée (tisanes, boissons), confection de lits et coloration de vêtements à partir des lamelles d'écorce.

Big sagebrush was commonly used by many Native Americans. The wood was burned for fuel or used in construction of dwellings. The leaves and the seeds were eaten. The leaves, which contain camphor, were also used medicinally for coughs, colds, headaches, stomach aches, fevers and to relieve pain during child birthing. Poultices of wet leaves were applied to bruises to reduce swelling. Navajo weavers boiled the leaves and flowers to create a yellow-gold color, used to dye wool. Ute Indians wove the shredded bark into wicks for candles, and they made sacks of woven bark and lined them with the grass.



Sources:
  - Global Volcanism Program
  - "Mafic volcanism and environmental geology of ESRP" par S.Hughes.
   -

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Faute d'avoir prévu un véhicule 4x4, et d'avoir eu la chance d'en trouver un sur place pour effectuer l'excursion, nous n'avons pu visiter ces deux sites, mais je ne peux les passer sous silence tant ils sont importants pour la compréhension de la "suite volcanique" de la Snake river Plain.

                               Situation des champs de lave et du Grand Rift - Truitt thesis

WAPI LAVA FIELD, situé au SO. de Crater of the Moon, est un volcan-bouclier bas (1.604 m) , étendu sur 325 km² et formé, il y a 2.250 ans. Il a produit quelques 6 km³ de flots de laves pahoehoe fluides.
L'aire de sortie, couvrant 0,5 km, est située sur le Grand Rift de Crater of the Moon et consiste en 5 évents majeurs et 6 évents mineurs; Pillar butte forme le point haut du champ de lave.

                      cliquez sur la photo  - réf ci-dessous - S.Hughes et al.

KING'S BOWL, situé à proximité N. de Wapi, est beaucoup plus intéressant : contemporain des deux précédents (2.130 ans), il a été formé le long d'une fissure éruptive centrale flanquée de part et d'autre de fissures parallèles non-éruptives.
Cette éruption produisit une explosion phréatique créant un cratère d'explosion de 80 m. de long, 30 m de large et de profondeur.


               Schéma d'alimentation par feeder-dike et rift avec les deux types de fissures. - *


                    la situation du cratère d'explosion dans le champ de lave de King's Bowl - photo GVP

                                         Le cratère de King's Bowl - document NPS, in Wikipedia.

Pour descendre dans le puits, prendre du matériel d'escalade ... mais vision dans les "tripes" du grand Rift assurée !


                    L'intérieur du Grand Rift vu du puit -Idaho geological surve


Sources :
  - * = "Mafic volcanism and environmental geology of ESRP"
        par S.Hughes et al.
  - "Tectonic and volcanic processes of Crater of the Moon"
      par K.Truitt 2007 - Oregon State University
  - Idaho Geological Survey
  - "Topography, geochemistry and volcanology of SRP
      basaltic shields" par S.Hughes et al.
  - Documents GVP - Global Volcanism Program.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Deux mille ans après la dernière éruption, plantes et animaux cherchent toujours à prendre pied sur ce champ de lave.
La plupart des plantes existant dans le monde ne pourrait pas vivre ici. Le stress environemental crée par le sol balayé par les vents et l'humidité minimale due aux cendres particulièrement poreuses et incapable de retenir l'eau près de la surface rendent la vie impossible aux plantes et animaux.
Le peu de précipitations pluvieuses et neigeuses disparaissent rapidement hors d'atteinte pour les plantes qui croisssent sur les cinder cones. La chaleur estivale et les vents secs ont tôt fait de faire disparaître toute trace d'humidité. La température du sol sur les flancs d'un cinder cone peut dépasser les 55°C, certains jours d'été !

                  Sagebrushs sur fond de coulée a'a et de cinder cone.
© B.Duyck

Le manque de SOL est le premier
handicap ; les lichens sont les pionniers de la vie dans ces conditions; formés de 2 plantes en une, algue et champignon vivant en symbiose, les lichens vont aider à briser les roches en matière minérale, base d'un "primo-sol".

                   Dans ces pierres habillées de lichens, cherchez l'intrus !
                           : une marmotte à ventre jaune au pelage mimétique.
© B.Duyck

Le secret de la vie à cet endroit est l'ADAPTATION.
Les organismes vivants ont développer des stratégies leur permettant de survivre dans ces conditions extrêmes.

Trois stratégies principales ont été découvertes:
1. tolérer la sécheresse : solution typique des zones désertiques, certaines plantes peuvent extraire de l'eau de sols très secs, comme les sagebrush (ci-dessus) et les bitterbrush.

2. éviter la sécheresse : en diminuant la surface foliaire; en réduisant la surface d'évaporation grâce à des poils, qui empêchent les flux d'air et diminuent les effets du soleil, comme les scorpionweed; en stockant l'eau, comme le font     cactus et succulentes.
                     Champ de buck wheat, succulente sur les cendres et détail ci-dessous.

                                                                                                            © B.Duyck

                                            Scorpionweed, plante poilue.   ©JM. Mestdagh
          Diminution de la taille des feuilles (<5 cm) et floraison abondante. ©JM. Mestdagh

                                                                                                            © B.Duyck


Les limber pines sont les pionniers parmi les arbres; beaucoup d'animaux en dépendent pour leur nourriture...les cônes restenet verts et résineux durant toute leur première année de vie.

3. se mettre à l'abri : se trouver une place en croissant près des zones de rétention d'eau (tunnels - crevasses - replis de lave - vieille souche) ou encore réduire la durée du cycle vital aux seules périodes d'humidité, passant le reste de l'année sous forme de graine, comme la Dwarf monkeyflower.

                                            Une crevasse bien habitée -
©JM. Mestdagh
     Vie éphémère de la Dwarf monkeyflower, haute seulement de quelques centimètres.

                                                                                                                     © B.Duyck


      Mousses et Sagebrush profitent de l'humidité conservée dans ce bois pourrissant.

                                                                                                          © B.Duyck


     "Devil's garden" où se côtoient morceaux de cratères, arbres morts et sagebrushs.

                                                                                                                    © B.Duyck



                                                                                                                           © B.Duyck


          "tout ce qui vit, ou a vécu ici, soufre ou à été torturé !"

Demain, d'autres sites volcaniques dans la Snake River Plain.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages



Il y a 2.100 ans, des nappes de lave bien rouge et très chaude s'écoulèrent de fissures, à l'endroit où se trouvent maintenant les spatter cones.
Par place, cette lave présente un chatoiement bleu. Limbert, un des premiers explorateurs (en 1924) de la zone l'a surnommé " THE BLUE DRAGON FLOW "parce que la surface craquelée de la lave et sa couleur lui faisaient penser à la peau de ce reptile mythique.
Les zones "abimées" en surface présentent une couleur brune.


Cette couleur inhabituelle est due à des amas de petits cristaux de magnétite- titane, dispersés dans la masse de la couche externe constituée de verre colorée en brun, qui réfléchissent la lumière bleue. 

Une analyse microscopique montre que la couche externe de la lave est constituée de microphénocristaux ( <300µm ) de plagioclase, d'olivine et de magnétite-titane dispersés dans une matrice vitreuse brun clair. Près de la surface, la couche vitreuse de basalte apparait bleu foncé, en lumière réfléchie, sur une épaisseur allant jusqu'à 3 mm.
Les photos donnent d'ailleurs directement, sans retouches, une couleur plus bleue que celle perçue à l'oeil nu...réflection accentuée par les lentilles de l'objectif ?

Cette couche bleue superficielle change progressivement de couleur avec la profondeur pour devenir un basalte vitreux brun et finalement un basalte totalement opaque.
En poussant plus loin, on remarque que la surface de la lave est couverte par un très fin film - <5µm - de couleur variant du bleu azur au bleu profond. De fines sections de cette matice vitreuse claire apparaissent de couleur brune en lumière directe.

Le fait que la zone externe soit bleue en lumière réfléchie et brune en lumière directe est une caractéristique propre au basalte "Blue dragon".

Une explication de l'origine de cette couleur est donnée par G.Faye & R.Miller dans un article paru en 1973 dans la revue "American Mineralogist" : la nuance bleue provient de la réflection de la lumière sur la surface externe de la lave qui contient de particules de magnétite partiellement oxydée; la couleur bleue résulte de transfert électronique Fe2+ -> Fe3+,  seul ou en corrélation avec un tranfert d'électrons Fe2+ -> Ti4+.
Confirmation de l'origine de la teinte bleue nous est donnée par la teneur inhabituellement élevée en titane (~14%) des particules de magnétite (analyse microscopique) et de la fenêtre d'absorption entre 500 et 700 nm en spectre réfléchi (correspondant à une forte absorption des lumières jaune à rouge et à une réflection en surface de lumière bleue).



sources :
- "Blue dragon" basalt from CRMO : origin of color
   par G.Faye & R.Miller, in American Mineralogist vol.58 1048-1051.
- "Geology of Crater of the Moon" par E.Owen

Demain, nous examinerons "les adaptations de la vie à ce paysage vocanique"

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Une des caractéristique du site de Crater of the Moon est le présence de nombreux et très grands TUNNELS DE LAVE (CAVES).


La formation de ces tunnels est un processus complexe dépendant de facteurs multiples : la date de l'éruption, la topographie, les compositions chimique et physique de la lave. Bien souvent, plutôt que de couler en grandes nappes, la lave le fait dans des canaux plus retrécis, qui se forment le long d'anciens canaux, de lits de coulées et autres dépressions.
Une fois le chenal stabilisé, un toit peut se former, croûte de refroidissement en surface du flot, sous lequel la lave continue à couler.
Une fois que la source de lave se tarit, le niveau de lave dans le tunnel baisse progressivement et laisse un "tube" ... avec des portions de toit qui s'effondrent durant l'activité du réseau en formant des "skylights", ou après le refroidissement, en collapsus plus important qui encombrent le fond du tunnel formé.



C'est le cas pour INDIAN TUNNEL
, un des plus grand tunnel de la zone, qui ressemble à une grotte.
Mensurations : plus de 9 m. de hauteur, pour une largeur de 15 m. et une longueur de +/- 250 m., avec de nombreux bras latéraux.


Des stalactites de lave se forment, provenant de roches du toit fondues par la chaleur de la lave qui parcourt le tunnel, ou des éclaboussures au plafond. Etant donné les mensurations des tunnels, ici aucun danger de s'y frotter le crâne, comme dans certains tunnels à Hawaï.


Des dépôts minéraux, surtout des sulfates, sont formés au plafond soit par les émanations des gaz, soit par évaporation de matières provenant des roches surplombantes.


A un endroit, une belle banquette (ou terrasse) s'est formée, le schéma ci-contre est explicatif.







Pour plus de renseignement, voir : http://www.goodearthgraphics.com/virtual_tube/virtube.html

Un autre tunnel de dimensions "accessibles" plus modestes, BEAUTY CAVE, nécessite une lampe frontale. Il y fait si noir, que malgré l'équipement, on est forcé d'avancer pas à pas, en tatant du pied. Arrrivés très vite à une impasse - à cause des effondrements possibles, la plus grande partie du tunnel est fermée - , une surprise nous attend : une superbe plaque de verglas ! Il gèle à quelques dizaines de mètres de l'entrée, où la température frise les 40°C ! Autrement dit, on ne s'y attarde pas.

Le BROKEN TOP Trail permet de voir une autre caractéristique des tunnels de lave, les "PRESSURE RIDGES" , ce qu'on peut traduire par fissures de pression : elles  se forment par injection d'un nouveau flot de lave sous la croûte d'un ancien flot non encore entièrement consolidée.





TREE MOLDS AREA
: on y trouve de nombreux trous, formés par la disparition des arbres, brûlés par les flots de lave qui les ont submergés et emportés ... reste la trace des parties enterrées.


D'énormes monolithes, sur le North crater flow trail, sont en fait des fragments de bords de cratère, emportés par les flots de lave - à la façon des icebergs par la mer - lors de la dernière éruption.


sources :
  - "Volcanoes of north America" - chapitre de R.Greeley sur
     Crater of the moon
  - Official National Park Handbook
  - "Geology of Crater of the Moon" par D.E.Owen.

Demain, le mystère de la lave "Blue Dragon" :


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


   Carte des zones ouvertes au public - A noter que la zone au NO. de la route n°20 n'est plus visitable.


                               Flot de lave Pahoehoe -
© B.Duyck©

Crater of the Moon, champ lavique couvrant 1.600 km², est composé de formations typiques du volcanisme basaltique : cinder cones, spatter cones, tunnels de lave, champs de laves abritant des blocs de lave, de la lave a'a, de la lave Pahoehoe, des coulées uniques nommées "Blue Dragon lava", différents types de bombes.

                          Coulée de lave a'a sur fond de cinder cone.
- © B.Duyck

          photo Nasa en fausses couleurs - chaque teinte caractérise une période d'émission différente.

En huit grandes périodes éruptives, datées entre 15.000 et 2.100 ans, et séparées de périodes de calme allant de quelques centaines d'années jusqu'à 3.000 ans, pas moins de soixante flots de lave se sont échappés de fissures et volcans, pour composer ce paysage, d'une désolation "lunaire".


Des légendes locales, datant de la fin du 18° siècle, considéraient que cette surface ressemblait à celle de la Lune, bien qu'à cette période personne n'y avait posé le bout du pied. Le géologue H.Stearns utilisa ce nom lorsqu'il suggéra, en 1923, ai National Park Service, de constituer ici "un monument national". Une équipe d'astronautes de la Nasa s'entraina à l'étude des roches et à l'exploration d'un environnement inhabituel, rude et impitoyable avant d'embarquer pour leur expédition extraterrestre.

La cartographie et l'évaluation de l'âge des coulées - paléomagnétisme et datation radiocarbone - ont permis aux scientifiques de l'USGS de déterminer un ratio de sortie de magma constant, et estimé à 1,5 km³/1.000 ans durant la période 15.000 à 7.000 ans, augmentant ensuite à 2,8 km³/1.000 ans depuis 7.000 ans jusqu'à la dernière émission.
Le système primaire de fissures, appelé "Grand rift", traverse le site selon un axe orienté NW - 35° et se présente, en échelons, dans une zone large de plus de 3 km.
Les recherches récentes et l'observation d'éruptions hawaïenne et islandaise suggèrent un mécanisme éruptif similaire pour ces trois zones. Une lave très fluide en début de période éruptive est émise en une ligne de fontaines. Après la fermeture de certaines fissures, le phénomène se ralentit et les éruptions, plus localisées, diminuent en ampleur; des cendres émises autour d'évents séparés forment des cônes de scories = CINDER CONES.


                                                     Inferno cone (Cinder cone)
- © B.Duyck

Des vents forts, soufflant durant la formation des Cinder cone, peuvent lui donner une forme allongée - dans le sens des vents dominants - plutôt que circulaire... Grassy, Sunset et Inferno cones sont dans ce cas.

                                            Big craters cinder cone complex.
- ©JM. Mestdagh

Avec une réduction ultérieure du contenu gazeux du magma, l'activité volcanique se modifie encore ... pour former des flots de lave émis durant des périodes pouvant aller de quelques mois à plusieurs années.
De la lave pateuse en "boule" ou en "caillot" sort des cratères; ces éclaboussures (spatter) se soudent en SPATTER CONES.

                                                     Spatter cone : structure fragile. -
© B.Duyck

                         "Crater of the Moon contient une des chaînes de spatter-cone parmi
                            les plus parfaites au monde." (NP Handbook) - photo
© B.Duyck



                                      Quelques belles laves. -
© B.Duyck

         Un bombe "en fuseau" , cassée malheureusement suite à des manipulations non respectueuses !
                                      ... "Quand on ne connait pas, on ne touche pas ! " -
© B.Duyck

Crater of the Moon est une aire volcanique dormante , mais non éteinte !
Il n'y a aucune raison de ne pas attendre une nouvelle éruption volcanique à brève échéance - en terme géologiques ! - , c.à.d. endéans le  prochain millénaire.

Après avoir vu les zones 8A et 8B, demain les tunnels (8C) et la zone sud (Broken top).

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Une coupe le long de l'axe de la Snake river, depuis Twin falls (près de Shoshone falls) jusqu'au plateau du Yellowstone, nous montre que les dépôts rhyolitiques sont de plus en plus jeunes en allant vers le Yellowstone d'une part, d'autre part que les flots basaltiques qui recouvrent la rhyolite sont présents dans toute la Snake river Plain - est.
La source magmatique serait située vers 40 km. de profondeur, au niveau du manteau supérieur, avec une chambre magmatique sous le Yellowstone située entre 10 et 20 km. de profondeur.
Ces résultats sont basés sur des études de vélocité des ondes sismiques (Smith & Braile 1993) , les valeurs les caractérisant sont exprimés en km. par seconde.

                                    Basalte en noir, rhyolite en gris                                 
                                                 B.Duyck, d'après Smith et Braile -1993


Typiques des plaines volcaniques, la plupart des coulées de la SRP se sont accumulées en volcans-boucliers bas (Low shield volcano), en coulées fissurales, alimentées par des dykes et /ou en tunnels de lave largement alimentés.
Les coulées fissurales s sont associées aux zones de rift et émises par des orifices linéaires (feeder dike).
Les coulées provenant de tunnels de lave ont joué un rôle important dans le maintien d'une surface plane au niveau de la plaine basaltique en remplissant les espaces compris entre les volcans-boucliers.

                                         schéma illustarnt le volcanisme basaltique de la SRP
                                                     in "Volcanism" de H-U.Schmincke.

Les différentes zones de rift sont alignées parallèlement aux structures montagneuses de la zone "Basin and Range" (horst et graben) - en brun sur le schéma - coupée par la Snake River Plain.


On y retrouve les différents champs laviques colorés en gris; voir également schéma ci-dessous.


              COM = Crater of the Moon; KB = King's Bowl; W = Wapi lava field;
                                                 HHA = Hell's half acre.

sources :
  - "Volcanism" de H-U.Schminke - éd.Springer
  - "Mafic volcanism and environmental geology of the Eastern SRP
      par R.Smith et al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Eh oui ! il faut y passer pour bien comprendre ce qu'on va voir par après !
 
Un champ volcanique bimodal, rhyolitique (*)  puis basaltique (*), large de 80 km. coupe le sud-estde l'Idaho.
La Snake River Plain ( SRP ) est l'aire volcanique la plus dynamique d'Amérique du Nord, et ceci à cause de son déplacement rapide. Elle se déplace en direction du nord-est à la vitesse moyenne de 3,5 cm./an... et devrait se retrouver à la frontière Canadienne dans environ 20 Ma.
 
La SRP n'a pas seulement recouvert le terrain de roches volcaniques, mais aussi surélevé le sol de 6 km. , puis a été chamboulée par le transit du magma au travers de failles et la formation de chambres magmatiques...
C'est un véritable "motoculteur géologique" !.

PARTIE "NON VISIBLE":

Selon la datation radiométrique de Armstrong (1975), l'activité de la Snake River Plain a débutée avec le volcanisme de l'Idaho, il y a 15 millions d'années. Une série de caldeiras rhyolitiques (*) se sont formées, avec l'avancée de la plaque nord-américaine au dessus du point chaud; les caldeiras du Yellowstone sont les manifestations les plus récentes de ce volcanisme.


Montage sur base d'un document Unavco , et données de R.Christiansen,
C.Wood, R.Greeley, NPS, et al.   -                 
Légende colorée dans le coin inférieur droit.
La zone suivie reprend les champs et caldeiras volcaniques datées de 11 Ma
 à 0,6 Ma., constituant "l'Eastern Snake river Plain".

Toutes les manifestations de ce volcanisme rhyolitique ne sont pas (ou très peu) visibles !!!
et forment la couche basale de la SRP. (voir coupe ci-dessous)

PARTIE "VISIBLE" :

La prédominance des coulées basaltiques (*) caractérise la surface actuelle de la Snake River Plain, dont la topographie a été préservée en majeure partie, malgré le revêtement par une couche de loess et de sable amené par les vents.

             Diagramme schématique de la SRP  avec les différentes structures à analyser.
                                                           - D'après Greeley (1977).


                    Photo satellite Nasa  montrant la ESRP coupant la structure Basin and Range
                                                et buttant sur les caldeiras du Yellowstone .

                                     photo du satellite ASTER, en "fausses couleurs"
                                      montrant les mêmes structures que la précédente .

Toutes les structures, toutes les zones que nous allons analyser à tour de rôle, sont ici représentées : Crater of the Moon, la zone axiale avec les Buttes, Hell's half acre (zone sombre entre Snake river et Menan), Massacre Rocks et Menan Buttes.

* = différence entre rhyolite et basalte (basée e.a. sur les différences de teneur en silice)



sources :
  - Guidebook to the Geology of Eastern Idaho, par S.Hughes et al.
  - Geology of Craters of the Moon, de D.Owen
  - Volcanoes of North America , de C.A.Wood.
  - Tectonic and volcanic processes of Craters of the Moon
     de K.E.Truitt
  - The quaternary and pliocène Yellowstone plateau volcanic
     field, de R.L.Christiansen / USGS

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

En quittant le Great salt Lake, direction Nord, nous changeons d'état...
première différence, dès la frontière du nouvel état, les casinos fleurissent !
Dans l'état "Mormon", pas question de baguatelle ! Par contre au Nevada, chaque bourgade, ou presque, possède un ou plusieurs établissements .Nous traversons même une bourgade dénommée "Jackpot".
Nous remontons par des routes toutes droites et un paysage plat vers Arco, bourgade qui doit nous servir de base pour la visite de "Crater of the Moon".

Petite cité typique de l'ouest américain, où il n'y a que des fermiers et des ranchs, ARCO a cependant une spécificité : celle d'avoir été la première ville connecté à l'électricité produite par une centrale nucléaire.

Arco en 1949 - photo Life


                                                                                                                                                       © B.Duyck


Après le guerre 40-45, l'Idaho et ses zones peu peuplées furent choisis par le gouvernement américain pour être le lieu "d'expériences sur réacteurs potentiellement dangereuses" ... autrement dit, on y a fait n'importe quoi dans n'importe quelles conditions !
Le 20.12.1951, EBR-1 - Experimental Breeder Reactor n°1 - débuta sa production électrique avec un score de 2000 kilowatts.
Entre 53 et 63, cinq réacteurs nucléaires furent construits dans cette zone. Dès juillet 1955, de l'électricité produite par un réacteur utilisant comme combustible de l'Uranium, "Borax 3", fournit Arco en énergie... qui devint ainsi "la première cité au monde relevant de l'électricité produite par l'énergie atomique".
Panneaux et affiches ventent partout cette particularité, qui a cependant du laisser quelques traces, à en croire certains petits écritaux.


Un projet de réacteur nucléaire pour bombardier atomique y a été mis en oeuvre, sous J.F.Kennedy... il a avorté, vraisemblablement pour le bien de la terre entière; n'en restent que des prototypes un peu rouillés, mais quand on voit le "bidouillage" réalisé, on peut légitimement se demander comment cela n'a pas mal fini !

                                                                                                                                                 © B.Duyck


                                                                                                                                                    © B.Duyck



Quittons Arco avec une vue sur "Number hill", sa seule attraction. Elle résulte d'une blague de "potache" qui a été inscrire les deux derniers chiffres de son année scolaire en grands chiffres sur la colline surplombant la cité ... les plus méritants sont ceux de la promotion 2.000, qui ont été condamné à inscrire 4 chiffres!


                                     "Number hill" , et son grill typique.
- © B.Duyck

Après ces terres "atomiques", en route pour des terres "volcaniques" et
la SNAKE RIVER, au site de SHOSHONE FALLS, que nous avons visité avant d'arriver à Arco.
La Snake river y découpe le plateau basaltique, annoncant la couleur des jours suivants.


Le Milner Dam, barrage, a réduit le flux de la rivière à 10% de son ancien volume.

Carte postale ancienne
W.thompson , Hailey, Idaho 1905.











       

                             Les photogéniques Shoshones Falls découpent le plateau basaltique.  - © B.Duyck


                                                   La lave mise à nue par l'érosion. 
© B.Duyck

Dès demain, nous examinerons le contexte tectonique de l'EASTERN SNAKE RIVER PLAIN.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le BONNEVILLE SALT LAKE a existé de 32.000 à 14.000 ans, couvrant 32.250 km²à l'ouest de l'Utah. - 523 km. de long, 220 km.de large et 30 m. de profondeur maximale -; il contenait de nombreuses iles qui sont connue à présent comme les chaines de montagne de l'ouest de l'Utah.
Ses eaux fraiches venaient des précipitations, des rivières et des eaux de fonte des glaciers.
La raison de la haute concentration de minéraux dissous dans le grand lac est due au fait que c'est un lac endoréique - ou lac de bassin terminal (1) - : toute l'eau entrante ne peut en sortir que par évaporation, ce qui amène une concentration des éléments minéraux.
Pendant des centaines d'années, son niveau est demeuré constant.


Le BONNEVILLE FLOOD eu lieu, il y a 15.000 ans, lorsque le niveau du lac Bonneville dépassa celui de Red Rock Pass, causant un déversement de 1.600 km³ sur une brève période d'une paire de semaines.

Red Rock Pass est situé sur la ligne de séparation des eaux, et le site de Massacre Rocks, près de Pocatello, sur la Snake River.
                            Red Rock Pass est située sur la ligne de séparation des eaux et le site de
                             Massacre Rocks, près de Pocatello, sur la Snake River.


Le BONNEVILLE LAKE ICE AGE, il y a 14.500 ans a recouvert près de 33.000km²; le niveau du lac baissa de 120 mètres lorsqu'une part de la Red Rock Pass, qui retenait ses eaux, céda soudain sous l'effet de l'érosion. Les flots rejoignirent la Snake River puis de la Columbia River, augmentant de 20 fois leurs débits - un flot de 100 m. de hauteur défilant à près de 110 km/h. - et emportant des blocs de la taille d'une maison pour les déposer à plusieurs kilomètres...ils furent nommés "melon gravel", à cause de leur ressemblance avec de gros melons d'eau.
Nous en reparlerons dans l'article sur "Massacre rocks" .

                                                                                                                                                  © B.Duyck


                                           © JM. Mestdagh


                                                                                                                                                     © B.Duyck


Le GREAT SALT LAKE fut découvert par des missionnaires espagnols en 1776.
Sa  composition chimique est semblable à celle d'un océan conventionnel.
Il affecte la météo régionale : durant l'hiver, sa surface est plus chaude que l'air qui la surmonte; ceci augmente le taux d'humidité de l'air, causant de l'instabilité. Les zones entourant le lac recoivent, en hiver,plus de précipitations neigeuses qu'ailleurs ... on y a reçu les jeux olympiques d'hiver en      .
Le lac présente parfois une odeur d'oeufs pourris, qui provient de la décomposition de plantes et animaux morts restants dans les zones de basses eaux, e.a. Farmington Bay. Avec les vents dominants venant du NO., les habitants de Salt Lake City en profitent.

Le BONNEVILLE SALT FLATS localisé près de Wendover, à l'ouest du lac est la zone la plus plate au monde. C'est en fait le lit du lac, recouvert de sel et formé durant la phase terminale de l'évaporation du lac de Bonneville.

© B.Duyck


Le BONNEVILLE SPEEDWAY est la piste de vitesse installée sur les Salt Flats. En 1970, Gary Galdich, pilotant le "Blue flame", y atteint la vitesse de 1001,45 km/h. , record de vitesse sur terre qui a tenu jusqu'en 1995. Depuis, le sol de cette piste se dégrade empêchant la chasse aux records.


L'Utah et la zone au sud du lac salé  sont des zones de chute de météorites .





La Grunloch meteorite est originaire de la ceinture d'astéroïdes située entre Mars et Jupiter.
Documents Utah Geological Survey.



 

 

 

 

 

 

 

 

                            Antelope Island, sur le Great Salt Lake, est un lieu de refuge pour beaucoup de laridés

                                                                            et de limicoles . © B.Duyck

 

(1) : L’endoréisme est un terme d'hydrologie qui caractérise des régions où l'écoulement des eaux (superficielles ou non) n'atteint pas la mer et se perd dans les dépressions fermées. Toute pluie ou autre forme de précipitation qui tombe sur un bassin endoréique ne peut le quitter qu'en s'évaporant.

Le terme vient du grec ancien : « endo », « dans », et « rhein », « couler ».


Sources :
  - Utah geologiacl survey, www.geology.utah.gov
  - USGS - Lake bonneville and Bonneville Floods.
  - www.vulcan.wr.usgs.gov/Volcanoes/Idaho
  - Field guide to Pléistocène Lakes Hatcher and Bonneville and The
    Bonneville Floods.


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