Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pourquoi parler d'une mine de cuivre, dans un blog volcanique ?

Pour deux raisons: la première est que notre voyage aux States débute par Salt Lake City, capitale de l'Utah, et qu'à proximité de la ville, se trouve la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde... dommage de rater ça !
La deuxième concerne l'origine de ce minerai ... qui est volcanique.

      Photo effectuée de la station spatiale internationale, avec un Kodak 760C , objectif 800 mm.


                                                 
Vue panoramique du puit minier © B.Duyck

                                                     

                                                               © B.Duyck   -    Quelques terrasses du puit de mine.


A la fin du Paléozoïque - entre 260 et 320 millions d'années - de grands bouleversements géologiques ont lieu dans les Oquirrh Mountains.
Il y a 30 à 40 millions d'années, des roches en fusion contenant des métaux commence leur ascencion vers la surface; des volcans entre en éruption et déversent leur lave sur les gisements de minerai qui se sont développés - Monzonite (1) contenant 0,5% de pyrite, chalcopyrite (2), bromite, molybdénite (sulfides), et qui contiennent du cuivre, de l'argent, de l'or et du molybdène.
Du cuivre et des sulfides de fer sont dispersés dans les "roches hôtes", enrichissant les gisements.


Schematic cross-sections of the Bingham system.

 (a) Minette and shoshonitic magma supply above-average concentrations of SO2, H2O,
Cu, and other chalcophile metals (and probably some H2S and CO2) to the sub-volcanic magma chamber. Some fluxed, insoluble SO2 is reduced
to form magmatic sulfides by interaction with cooler, wetter latitic magma. Magmatic sulfides sequester Cu, Au, Ag and some Mo, Pb, and Zn.
(b) Crystallization along the walls of the magma chamber provides some water-rich fluid. Magma pressure decrease associated with stock
emplacement or volatile loss causes oxidation and resorption of sulfides and releases chalcophile metals and sulfurous gases to the ore fluid. (c)
After emplacement of the last silicic porphyry dikes, minette dikes penetrate the batholith and are emplaced along the sides of porphyry dikes.
Both types of dikes are only weakly fractured and mineralized, and contain half the mineralization of adjacent porphyry. Meteoric and magmatic
fluids mix and do not readily penetrate into the volcanic rocks. Fluids are channeled through faulted and fractured intrusive rocks and Paleozoic rocks forming late Au–As mineralization.
                           Avec l'aimable autorisation du Journal Of Petrology
                       Keith, J. D. et al. J. Petrology 1997 38:1679-1690;

                                          Du cuivre "natif", rarement trouvé à l'état naturel.

L'histoire de cette mine débute en 1848 avec les frères Thomas et Sanford Bingham, fermiers sans aucune expérience dans le domaine minier. En 1893, deux ingénieurs s'intéressent au dépôt minier et développent une technique d'exploitation à ciel ouvert, méthode révolutionnaire pour l'époque.
Appartenant maintenant au groupe "Rio Tinto Ltd.", multinationale leader mondial dans le domaine minier, la Kennecott's Bingham Canyon mine est la plus grande excavation d'origine humaine sur terre - 4 kilomètres da large et 1,2 km. de profondeur, actuellement -. et est visible de l'espace. Avec une production supérieure à toute autre mine depuis sa création, de 18,1 millions de tonnes de cuivre pur à 96%, elle n'est pourtant plus à ce jour en première place.
Chaque année, sortent d'ici : 300.000 tonnes de cuivre, 115.000 kg d'argent, 14.000 kg d'or, 850.000 kg de molybdène et 1 millions de tonnes d'acide sulfurique.


Le tonnage des déchets s'élève à 120 millions de tonnes, transportés par des énormes camions chariant à chaque voyage 255 à 320 tonnes de matériaux.


                                                                                                      © B.Duyck




Un camion vaut 3,5 millions de dollars , chaque pneu Michelin qui équipe une des six roues coûtant 25.000 $.

Diamètre du pneu supérieur à 2 fois la taille d'un homme.






                    © B.Duyck  -  Les déchets forment d'immenses collines, aux parois ravinées et aux couleurs irréelles.


(1)Une monzonite est une roche magmatique plutonique à structure grenue composée d'orthose, de feldspath plagioclase, d'hornblende, d'augite et de biotite.

La roche volcanique équivalente est la trachyandésite.


(2) Chalcopyrite (pronounced /ˌkælkɵˈpaɪraɪt/ KAL-co-PYE-ryet) is a copper iron sulfide mineral that crystallizes in the tetragonal system. It has the chemical composition CuFeS2.

It has a brassy to golden yellow color and a hardness of 3.5 to 4 on the Mohs scale. Its streak is diagnostic as green tinged black.

On exposure to air, chalcopyrite oxidises to a variety of oxides, hydroxides and sulfates. Associated copper minerals include the sulfides bornite (Cu5FeS4), chalcocite (Cu2S), covellite (CuS), digenite (Cu9S5); carbonates such as malachite and azurite, and rarely oxides such as cuprite (Cu2O).


Sources :
  - Journal de Petrology :The Role of Magmatic Sulfides and Mafic
    Alkaline Magmas in the Bingham and Tintic
    Mining Districts, Utah

                                                 J. D. KEITH1*, J. A. WHITNEY2, K.HATTORI3, G.H. BALLANTYNE4,
                                                 E. H. CHRISTIANSEN1, D. L. BARR1†, T. M. CANNAN2 AND C. J. HOOK2

        autorisation de copier les schémas accordée.
   - www.kennecott.com
  - www.riotinto.com & Pocket guide de la mine.

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
A Soda Springs - Idaho, deux phénomènes naturels - un geyser et une coulée de scories - sont reconstitués de façon artificielle par des actions humaines.
Débutons par le plus sympathique :
                  LE SEUL GEYSER ARTIFICIEL AU MONDE !


                                                                                                                                                      © B.Duyck



                                                                                                                                                       © B.Duyck


Cette petite cité est connue depuis des siècles pour ses nombreuses sources d'eau bicarbonatée, répertoriées d'ailleurs par l'USGS en 1878..

Ces sources étaient connues par les "américains natifs" - les indiens - et les pionniers, car situées sur l'Oregon trail, route de migration humaine fréquentée lors de la conquête de l'Ouest. A cette époque, Soda Springs était un marché reconnu.


Un forage fut fait en 1937, pour atteindre une source chaude souterraine, destiné à alimenter une piscine d'eau thermale. Le 30 novembre 1937, le forage atteint 315 pieds et l'éruption d'un puissant geyser se produit.
L'extrême pression etait et est causée par le dioxyde de carbone mélangé à l'eau dans une chambre souterraine.
Ce geyser est maintenant "domestiqué" : contrôlé par une minuterie, il fait irruption toutes les heures, à l'heure pile !, pour monter à 100 pieds de hauteur. 

© JM. Mestdagh


Entre deux éruptions, la surpression est évacuée par un petit bassin, situé juste devant l'orifice de sortie du geyser, qui gycle gentiment.

On a constitution ici de dépôts similaires à ceux rencontrés sur le site de Mammoth Hot Springs au Yellowstone national park. Le geyserite est colorée par des oxydes de fer et colonisée par des thermophiles.
 

                                                                                     © B.Duyck








Cette eau fut utilisée dès le début du siècle par des "curistes" qui venaient la puiser en famille à même le sol. Une photo d'époque en témoigne !


Elle a un goût un peu "spécial" - pour ceux qui l'ont testée, semblable à celle de Bad Tönnistein, dans l'Eifel... pour ma part, quelles que soient les vertus de cette eau ferrugineuse, je lui préfère d'autres breuvages !
(Composition ci-dessous)

                                           
  © B.Duyck




Le second phénomène, moins sympathique, est lié à une industrie locale:
                     DES FLOTS DE "LAVE" REGULIERS.

En arrivant dans la cité, impossible de rater l'usine locale : terrils, grosses machines, haute cheminée émettant une colonne de flamme, le tout entouré de clôtures barbelées ... MONSANTO CHEMICAL COMPANY, ou plutôt une des tentacules de l'hydre, fabriquant ici des phosphates destinés aux soft drinks,feux d'artifices et surtout aux engrais et pesticides.


Plusieurs fois par heure et 24 h. sur 24, 7 jours sur 7, l'usine déverse, du haut d'une colline noire formée de dépôts refroidis, des flots de roches fondues, laitier composé de silicate de calcium ...et d'un tas d'autres choses. La lueur et la chaleur de ces liquides à mille degrés dévalant la colline sont perçus à plusieurs centaines de mètres ... et ressemblent à des coulées de lave.

                                                               photo : CLUI # ID3127.

L'E.P.A. ( U.S.Environmental Protection Agency) a mis le site sous surveillance depuis 1990 : la nappe phréatique, sous le site et dans ses environs, est contaminée par du cadmium, du sélénium, du fluor et des nitrates. Des risques existent pour les personnes qui utiliseraient l'eau de cette provenance ... par contre, d'apès l'EPA, les eaux buvables des sources naturelles ne seraient pas atteintes par la pollution.
Depuis, Monsanto a apporté des améliorations à ses installations, mais reste sous surveillance, tout en distribuant des millions de dollars en taxes diverses... vous aurez conclu !

sources :
     - document de "Soda Springs Chamber of Commerce : Historic
       Oregon trail oasis"
     - documents web de l'E.P.A.
     - photo : CLUI réf # ID3127.
 
             


























Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

          Le Mont Moran et son dyke, au centre, vu de la Snake River.

Situé dans le parc National du Grand Teton (prononcez : "Graan Titonne"
), le Mont Moran, tout comme le Middle Teton, tout proche, présente une intrusion basaltique connue sous le nom de
 "BLACK DIKE" ( le Dyke noir - (1)

Comment ce dyke peut-il se retrouver perdu en haut de cette montagne haute de 3842 m. ?

Il faut comprendre l'histoire de la formation du TETON RANGE
:


il y a 3 milliards d'année, au Précambrien, des dépôts sédimentaires - sable, calcaire, limon, argile, au fond d'une mer sont entrecoupés de dépôts d'origine volcanique. Par lithification, ces sédiments se sont transformés en roches : grès, schiste, roches calcaires.
Il y a 1,3 milliards d'années, du magma a percé les roches les plus anciennes ... des dykes de roches noires - DIABASE (2) - allant jusqu'à 60 mètres d'épaisseur se sont formées.
Puis il y eu la formation du Teton Range, les roches anciennes furent soulevées puis soumises à l'érosion.
La zone resta plate jusqu'à la fin du Crétacé, il y a 80 millions d'années. Ensuite, les montagnes Rocheuses commencèrent à se former ; cette période dura environ 50 millions d'années, créant des massifs montagneux, séparés par des bassins sédimentaires : la région de l'actuel Parc National
est à ce moment un bassin plat.
Lorsque l'orogénèse s'achève - +/- 30 millions d'années, la zone subit des phénomènes volcaniques :  elle est située à proximité du point chaud qui permet à la lave de surélever les roches.
Ce qui a pour conséquence de briser le plateau du Wyoming en deux : d'un côté, le vallée de Jackson Hole va s'enfoncer et de l'autre, le massif du Teton Range commence à s'élever. Tout ceci subira encore les effets d'une aire glaciaire qui forma le relief et les lacs de la région.


Ce raccourci comporte certainement des manques ... l'important est de retenir que le Teton Range, l'une des chaine de montagne la plus jeune des Etats-Unis, porte à l'un de ces sommet des roches vieilles de 1,3 milliards d'années.

                                   Le Black Dike surmonte les restes du Skillet glacier.



                           Le Mont Moran vu du Jackson lake.


(1) Un dyke est une lame de roche magmatique qui s'est infiltrée dans une fissure de l'encaissant. Son épaisseur peut varier de quelques centimètres à quelques dizaines de mètres, et son extension horizontale  atteindre des kilomètres.
Avec l'érosion, un dyke peut se retrouver isolé de son encaissant et former un mur.


(2) Le diabase est une roche ignée mafique, holocristalline, analogue au basalte volcanique ou au gabbro plutonique, modifiée par un métamorphisme de faible degré. Les textes américains utilisent le mot diabase pour la dolérite.

Le diabase possède généralement une texture fine, mais nettement visible de cristaux euédriques de plagioclase en forme de bâtonnets incrustés dans une pâte plus fine de pyroxène (généralement de l'augite), ainsi que des traces d'olivine et de magnétite.

Parmi les minéraux secondaires ou métamorphiques, on trouve la hornblende, la biotite, l'apatite, la pyrrhotite, la chalcopyrite, la serpentine, la chlorite, et la calcite.

On parle d'une texture ophitique typique des diabases. Le feldspath possède une teneur élevée en anorthite (opposée à l'albite), l'élément calcique situé à l'extrémité de la chaîne Anorthite-Albite des solutions solides de plagioclases, généralement sous forme de labradorite. On trouve la diabase dans des petits corps intrusifs peu épais, tels que les dykes et les sills. Les dykes de diabase sont présents dans les régions d'expansion de la croûte terrestre, et font souvent partie de systèmes comportant des centaines de dykes individuels rayonnant à partir d'un centre volcanique unique.   (source: wikipedia)

 

 

 

sources :

Géologie du Grand Teton in wikipedia.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Située sur la route reliant Canyon village au Yellowstone Lake, la "MUD VOLCANO AREA", située à l'intérieur de l'actuelle caldeira active présente un paysage étrange : sources turbulentes et chaudes, eaux boueuses, collines avec des arbres cuits par les vapeurs, odeur pestilentielle ... c'est auusi dans cette zone qu'est situé SULPHUR CALDRON, l'une des structure les plus acides du parc.


Son nom provient de la composition de ses eaux, riches en soufre et au pH voisin de 1 à 2, soit l'acidité des fluides stomacaux ou d'une batterie de voiture. De l'hydrogène sulfuré est présent sous et dans la terre des "volcans" de boue; de plus, certains micro-organismes utilisent ce gaz commme source énergétique et aident à convertir ce gaz en acide sulfurique, qui va "bouffer" la roche jusqu'à la transformer en une boue argileuse bien grasse.

Voici pour le principe, venons-en à l'esthétique particulière du lieu : une eau blanche-verdâtre bouillonne dans de grandes vasques fumantes au doux fumet d'oeufs pourris, ou fait exploser des bulles onctueuses dans d'autres bacs emplis de boue, et aux bords colorés en jaune par le soufre, ou en gris et noir par les sulfides.




A peu près en face de Sulphur Caldron, une autre zone, MUD VOLCANO, composée de plusieurs structures et desservie par un trail d'un km. abrite beaucoup de bisons; ceux-ci semblent s'y plaire, broutant, ruminant, ou faisant le sieste parmi les vapeurs ... pourtant, ils y abrègent leur durée de vie: toute cette nature, est saupoudrée de silice, qui va user leur dentition de façon prématurée et les faire mourir d'inanition beaucoup plus tôt que prévu !


COOKING HILLSIDE est un site où apparaissent de temps en temps des manifestations hydrothermales, comme en 1979, suite à un tremblement de terre. La température du sol peut monter jusqu'à 90°C, et on n'y rencontre plus de verdure, mais des vapeurs.

MUD VOLCANO est un cône de 9 m. de haut sur autant de large, fumant allègrement et aux parois éclaboussées de boue grise.


DRAGON'S MOUTH SPRING, appelée autrefois Gothic grotto,
ou Blowing cavern,
a toujours frappé l'imagination des visiteurs.
Les indiens Crow disaient que le bruit des vapeurs ressemblait aux reniflements d'un bison mâle en colère!

En 1999, la température monta subitement de 10°C, ce qui fit passer la couleur du vert au blanc.
Ses bords sont habillés de thermophiles.










       La gueule du dragon et son haleine fétide !
 
En descendant toujours vers le sud, nous arrivons à
 YELLOWSTONE LAKE  mensurations : - superficie : 341 km²
                                                          - profondeur : 42 à 125 m.
                                                          - pourtour : 227 km.

 

Bordé à l'est par les reliefs d'Absaroka Range, le lac peut être considéré comme le coeur du Yellowstone : ses eaux sont "le sang" d'un large réseau de communautés végétales et animales. Il fournit la nourriture à une grande variété d'oiseaux piscivores : pélican, cormoran à aigrette, pygargue à tête blanche, balbuzard pêcheur; Cygnes trompettes, bernaches du Canada et autres garrots à oeil d'or y trouvent aussi leur pitance. De nombreuses espèces de poissons, dont des truites profitent du zooplancton vivant dans ces eaux fraiches.
Malgré le déversement de plus de 10.000 litres par jour d'eaux surchauffées, venant directement du bassin de geysers et l'apport d'eaux souterraines chaudes elles aussi, sa température estivale moyenne ne tourne qu'autour de 7°C.
Une partie importante du lac fait partie de la  caldeira du Yellowstone.

La large baie circulaire de WEST THUMB est un bon exemple de caldeira; elle fut formée par une puissante explosion volcanique, il y a 180.000 ans. Cette dépression se remplit d'eau pour devenir une large baie.

La caldeira de West Thumb se trouve située dans une autre,beaucoup plus grande, résultante de la dernière éruption cataclysmique du volcan (640.000 ans)

                    Une vue générale du bassin central sur fond d'Absaroka Range.

 Le mot "dynamique" caractérise tout bassin de geysers, mais particulièrement celui-ci. Ces sources et geysers sont actives et changent en fonction des saisons, et même de mois en mois.
On a observé une relation entre certaines d'entre elles : lorsque durant l'hiver 1991-1992, Abyss pool commenca ses éruptions - entre 9 et 24 m. de hauteur -, on vit l'eau refroidir dans Blue Funnel et Ephedra springs et dans Perforated pool, adjacents. Abyss pool cessa ses manifestations en fin d'hiver, ce qui redonna une cure de jouvence aux trois autres ... un échange énergétique en somme !


ABYSS POOL, (ci-dessus), une des plus profonde du parc avec ses 16 m., varie du bleu turquoise au vert émeraude, voire au brun. Décrite en 1883, comme "un grand, pur et étincellant saphir, ondoyant de chaleur", elle est maintenant redevenue calme.

                  Une source chaude dont la couleur laiteuse tranche sur le gris-bleu du ciel d'orage.

Des pêcheurs parlaient d'un geyser le long d'un lac alpin, dans lequel on pouvait prendre un poisson, et sans l'enlever de la ligne, le plonger dans la source bouillante et le faire cuire ! ... Tout le monde connait aussi "ces fabuleuses histoires de pêche".
Cet exploit "cooking-on-the-hook" fut décrit par un membre de la très sérieuse expédition Washburn en 1870 et pratiqué par de nombreux visiteurs, jusqu'à son interdiction pour ne pas endommager le cône de geyserite.

Carte postale ancienne / Wikipedia


FISHING CONE
peut se retrouver sous eau, au printemps et en début d'été, quand le niveau du lac monte suite à la fonte des neiges.
Quand il est exposé, la température del'eau dans le cône atteint 93°C., qui est la température proche de l'ébullition à cette altitude.





                  Des cônes de boue jumelés, entourés de graminées aux panaches rosés.

Le site de West Thumb clôt notre récit sur le parc national du Yellowstone et son activité géothermale intense.
Bien d'autres péripéties suivront dans les prochains jours : un dyke volcanique en haut d'une montagne située dans une chaîne non-volcanique, un geyser artificiel présentant des éruptions sur mesure, avant de parler de la Snake river Plain, début de notre voyage mais que je postpose volontairement !

Photos : © B.Duyck


A bientôt pour ... de nouvelles aventures !


Qu'on ne se méprenne pas, "ceci n'est pas un apéro ! ", mais une scéance de travail de membres de Lave-Belgique ... après une chaude après-midi.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Il convient de consacrer un minimum de temps à ce site, de façon à le voir sous différents éclairages, de différents points de vue ... et si c'était possible à différentes saisons.
De ce côté, nous avons été servis : la journée a débuté sous un temps gris, qui ne révèle pas les belles couleurs des parois du canyon; par contre, l'après-midi, un franc soleil illumina magnifiquement la scène. La journée se clôtura par de fortes bourrasques de vent et un ciel plombé... et l'orage nous surpris à mi-chemin de "south rim" : nous finirent trempés et glacés !

Nathaniel Langford, un des premiers explorateur, nous laisse ses impressions en 1870 : "... face à cette scène, je réalise mon infériorité, mon impuissance,mon incapacité à comprendre l'architecture grandiose de la nature ..."


Un autre témoignage nous vient de Thomas Moran, le peintre des Rocheuses, qui réussit à rendre palpable l'atmosphère du lieu dans
 ses superbes couleurs. (1871)

  Tableau de Th.Moran - vue sur Lower falls in
    Wikipedia.








Contrairement à la croyance populaire, Yellowstone ne doit pas son nom à la couleur jaune des parois de son canyon. En effet, ce nom fut cité en 1805 par des indiens qui faisaient référence à des pierres jaunes trouvées sur les berges de la Yellowstone river dans l'est du Montana, à des centaines de kilomètres de l'actuel parc national.

Une fois le mythe démoli, penchons nous sur des faits:
  - longueur du canyon : 32 km.
  - profondeur : 305 m.
  - largeur : 450 à 1.200m.
  - Hauteur des chutes : Upper falls 33 m.; Lower falls 93 m.
  - âge du canyon : entre 484.000 et 13.000 ans.
  - type de roches ; rhyolite et rhyolite altérée.

Le flot de rhyolite qui a recouvert la zone occupée par l'actuel canyon date approximativement de 484.000 ans, date postérieure à celle de la dernière grande éruptions qui forma la caldeira, il y a 640.000 ans.
L'activité hydrothermale a altéré et ramolli la lave rhyolitique.
 L'érosion des eaux fit son oeuvre, créant le lit de la rivière.


On perçoit la force des eaux de la rivière juste avant la chute d'Upper falls.


Upper falls - 33 m. - et Lower falls - 93 m. - furent formées à des points de contact entre les laves altérées et non altérées.
Plus tard, des glaciers recouvrant toute la région, il y a 13 à 14.000 ans, ont participé au développement du canyon, par l'apport massif d'eaux de fonte qui ont entrainé préférentiellement les zones altérées. La vallée est en effet en "V" , caractéristique d'un phénomène d'érosion ( les vallées d'origine glaciaire sont en forme de "U").
Des structures hydrothermales, l'eau, le vent et les tremblements de terre continuent de sculpter le canyon.

                                                             Upper falls, la plus petite.



Sur le début du trail nord, on traverse des étendues boisées entrecoupées de prairies, habitat du wapiti. Ces grands mâles ne sont pas farouches, à condition de ne pas dépasser "la limite de fuite" assez courte ici.
Sur cette photo, le douze cors a les narines bien dilatées et se tient raide, sans bouger ...signes de stress : le recul s'imposait !

                                     Lower falls, vue de la rive nord, à Red rock point.

Le débit au sommet de Lower falls atteint 240 mètres-cube par seconde.
Une belle eau verte défile sous nos yeux dans un bruit assourdissant... spectacle envoutant, hypnotisant même !

Sa couleur n'a pu être expliquée avec certitude par les rangers : réflection lumineuse sur des particules en suspension, proximité des arbres - qu'on ne retrouve pas dans le fond du canyon - , présence d'ions cuivre dans l'eau ?



                                                  vue de Grand vieuw point, sur la rive nord.



Les roches multicolores du canyon doivent leur couleur à la rhyolite altérée hydrothermalement et aux sédiments. Jaune, orange, rose se côtoient, dessinant avec le vert émeraude de la rivière un tableau "surréaliste".
Ces teintes proviennent du fer, plus ou moins oxydé, présent dans les roches.

Un dernier coup d'oeil au canyon ... il pleut déjà au loin, et le vent sort; il faut se dépêcher, plus d'un kilomètre nous sépare du parking d'Artist point.

                                  "Stormy Yellowstone".

trails :
  - le matin : depuis le parking d'Upper falls vieuwpoint - on y arrive, en quittant grand loop road et traversant Chittenden bridge -, un premier coup d'oeil à la chute, puis direction Uncle tom's trail, malheureusement fermé en partie pour cause de réfection, puis suivre South rim trail jusqu'à Artist point.
  - après-midi : prendre la one-way road en direction de Lower falls, et en quelques sauts de puce, d'aires de parking en aire de parking, voir successivement Lower falls par le dessus, puis Red rock point, Lookout point, Grand vieuw et enfin Inspiration point.
Après ce circuit mixte, sur le rive nord, nous sommes retournés par le route sur la rive sud jusqu'à Artist point et repris le trail jusqu'à Sublime point... ce qui nous a permis de voir la canyon en ambiance orageuse.
Carte de l'itinéraire :


sources :
  - "Windows into the earth" de Robert B.Smith
  - Canyon trail guide - Yellowstone national park
  - www.thomas-moran.org

demain: les Mud pots et le lac, avec West thumb.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


Au nord-est du parc, s'étend une zone beaucoup plus verdoyante, particulièrement dans la LAMAR VALLEY, vallée plus ouverte et propice à l'observation des gros mammifères ... à condition de se lever tôt et d'y arriver avec le lever du soleil. Un conseil : habillez-vous chaudement, les petits matins sont frisquets à cette altitude !


Dans le brouillard matinal, nous avons trouvé une espèce assez bien représentée : "Bipedus monoculariensis", gentils observateurs prompts à partager leurs oculaires et trouvailles, en l'occurence un grizzly et deux loups cavalant à un bon kilomètre à vol d'oiseau.
Quand on a la chance de voir courir un grizzly, on mesure bien la nécessité d'en rester éloigné ! Les loups, un noir et un plus clair, montaient au trot soutenu une petite colline... parcourant leur territoire de chasse.


Un "Mule deer" - Odocoileus hemionus - broutant l'herbe tendre; il est reconnaissable à ses grandes oreilles et sa queue blanche à pointe noire.


Un "Elk" - Cervus elaphus - que nous nommons "wapiti" : son habitat estival est composé de forêts et prairies d'altitude, qui migre avec l'arrivée du temps froid vers des vallées plus basses.


Une partie d'un beau troupeau de bi
sons ... et ce n'est en rien comparable à ceux qui constituaient la base de l'économie indienne et qui avoisinaient 60 millions de têtes. Pour ma part, ce jour-là, je me suis arrêté de compter à 400 individus, répartis en trois grands paquets et quelques individuels... le reste ? du bonus !




Le mammifère le plus rapide de l'ouest, le "Pronghorn", habitué des espaces ouverts - prairies et plaines à sagebrush -, se caractérise par des tâches blanches à la gorge, aux flancs et à l'arrière-train; Les cornes sont incurvées vers l'arrière et portent, chez le mâle, une petite "dent".


Un prédateur répandu dans toutes les parties boisées d'Amérique du nord et relativement commun: l'ours noir - Ursus americanus - , a comme son nom l'indique, une robe habituellement noire; elle peut virer au brun-canelle et même au blanc dans d'autres contrées.


Aire de distribution de l'ours noir, en
Amérique du Nord.







De nombreux mammifères, dont l'ours, se font tués en traversant les routes du parc national, d'où la nécessité de ne pas dépasser les limites imposées et de rester vigilant.




La matinée avançant, et les animaux se faiisant moins visibles, nous sommes revenus à nos préoccupations habituelles, avec un arrêt à SODA BUTTE.
Ce cône de travertin date d'un siècle et a été émis par une source chaude, toujours active. Les forts dégagements d'hydrogène sulfuré témoignent de son activité; ils ne semblent pad déranger les chiens de prairies, nombreux sur ses bords.


Près de Tower Junction, un rescapé : un ARBRE PETRIFIE !
Bien protégé des prédateurs humains par de hautes grilles, dont je vous fais grâce, il dresse fièrement ses quelques mètres depuis près de 55 millions d'années.


Il y a environ 55 Ma, une phase volcanique active enterra les arbres sous une couche de cendres, flots de boue et brèches, dans les parages de l'Absaroka Range. Avec le refroidissement des maréraux volcaniques, des fractures se formèrent, permettant la pénétration de l'eau; cette eau reprit de la silice aux roches environnantes pour la déposer dans chaque cellule des arbres morts. en milieu anaérobie, la silice finit par "pétrifier" les arbres. Beaucoup plus tard, des glaciers excavèrent certains spécimens lors de la formation de la Lamar valley.

Sur le retour vers Canyon village, nous rencontrons des flots basaltiques "coupés" par la Yellowstone river. De part et d'autre de la route longeant la rivière, on observe des colonnes basaltiques prises en sandwich et  placées en hauteur.



OVERHANGING CLIFF est un flot basaltique qui surmonte des graviers d'origine fluviale, et recouvert de dépôts glaciaires.





                     Un endroit où il ne faut s'attarder que le temps de la photo !

Du côté du Mont washburn, de grande zones qui ont brûlées et qui commencent à régénérer.
Les incendies, bien souvent causé par la foudre, sont courants dans le parc et ne sont pas systématiquement éteints: ils participent à une gestion naturelle. Ils dégagent de vastes zones, pour former soit des prairies favorables aux mammifères brouteurs et qui sont vite fleuries, soit d'autres pinèdes nouvelles et spontanées - le feu faisant exploser les pommes de pin pour libérér les graines - ; de toute façon, ces zones habitées d'arbres calcinés sur pied constituent un "coupe-feu" naturel... on a l'habitude de dire qu'une partie de forêt brûlée ne subira pas le même sort avant 50 ans !

                             zone brûlée avec un réensemencement naturel de Lodgepole pine.

                         zone de prairie fleurie d'Heliantella uniflora jaunes.

Demain : le grand canyon du Yellowstone

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Personne n'a réagi !
Pourtant il manque encore le bassin de tout les superlatifs :
 NORRIS GEYSER BASIN !


       Porcelain basin overlook, avec dans l'axe le "Black growler steam vent",à sa droite, le "Ledge
               geyser", plus loin, sur la gauche "Sunday geyser", "Whirligig et Constant geysers".


Norris contient beaucoup de geysers acides, rares dans le reste du monde.
C'est une des zones les plus chaudes et dynamiques  du Yellowstone : beaucoup de sources chaudes et fumerolles ont des températures supérieures au point d'ébullition. Les fluctuations du niveau d'eau et l'activité sismique provoquent de fréquents changements.

La cause : une faille majeure court depuis Mammoth Hot springs jusqu'à Norris; elle croise une autre faille s'étendant vers l'est depuis Hedgen lake jusque Norris. Ces deux failles coupent de nombreuses fractures provenant des bords de la caldera du volcan.

Chaque année, de nouveaux geysers, de nouvelles sources chaudes apparaissent ici, d'autres s'endorment. Le moindre tremblement de terre peut modifier le comportement géothermal pour des temps plus ou moins longs. Des structures deviennent imprévisibles : certaines explosent, des sources chaudes bien claires deviennent boueuses ou se mettent à bouillir violemment, ou encore se transforment en geysers.

PORCELAIN BASIN :



Dans le domaine des teintes, c'est l'inverse : que de la douceur, des teintes pastels allant du bleu ciel au vert pomme. De nombreux bassins ont des couleurs laiteuses dues à la présence de particules de silice dans leurs eaux. Les zones colorées en orange le sont soit par des thermophiles, soit par la présence de minéraux : fer et arsenic.


Un changement dans la clarté des eaux de SUNDAY GEYSER peut indiquer  "a thermal disturbance" - terme utilisé pour qualifier tout changement en cours ou à venir ... commode !.



                                                                                Hurricane vent (sous réserve)

                                  Cracking lake, avec ses "bobby sock trees" , aux pieds habillés de silice blanche.



EMERALD SPRING - ne pas confondre avec Emerald pool, sur Black Sand Basin - doit ses magnifiques couleurs à la réflection lumineuse -bleue - combinée avec le jaune des dépôts soufrés qui tapissent l'intérieur de l'orifice. La source est si chaude, proche de la température d'ébullition, que seuls les hyperthermophiles peuvent y survivre.






Dans les hot springs riches en soufre,comme celle-ci, certains micro-organismes utilisent le soufre comme source énergétique.
Les produits annexes libérés par ces réactions chimiques sont utilisés par d'autres microbes, dans un "mécanisme de recyclage".












BLACK GROWLER STEAM VENT : une colonne de vapeur surchauffée - 93 à 138°C - bien droite et "hurlante" ... de rage, de douleur, de forces soudainement libérées ?


Les environs de Porcelain Basin sont constitués d'eaux chaudes et acides, favorables aux Zygogonium, des algues noires en surface mais d'un vert brillant à l'intérieur, vivantes à des pH voisins de 3 et des températures de
20 à 37 °C.




ECHINUS GEYSER , ainsi nommé à cause de ses dépôts ressemblant aux piquants des échinodermes (oursins e.a.) , à ses bords entourés de rouille, due à la présence d'oxydes de fer; son pH est acide, 3-4 , semblable à celui du vinaigre.

STEAMBOAT GEYSER : le geyser le plus actif du monde ... quand il le veut bien. Plus habituellement, l'eau est éjecté à 40 pieds de hauteur, au lieu des 300 pieds référés dans ses périodes de forme.


BLUE MUD STEAM VENT peut être sec et boueux, ou boueux et débordant. Seule sa couleur est fiable.


PORKCHOP GEYSER, une petite source chaude, commenca à se manifester de façon courante en 1985. En 1989, elle explosa brutalement, éjectant des rochers à 66 mètres. Elle devint ensuite une source chaude plus "calme".


PEARL GEYSER est toujours belle, en pleine eau ou non, et d'un bleu opalescent.



Un peu d'histoire :




La zone géothermale la plus active porte le nom de Philetus WalterNorris, superintendant du parc national du Yellowstone de 1877 à 1882. Il décrivit cette zone en détail et supervisa la construction de la plupart des premières routes du parc, certaines suivant les chemins empruntés par les indiens, appelés maintenant bien tardivement "native american".


Document Yellowstone National Park/Wikipedia.





L'YVO - Yellowstone Volcanic Observatory, sous l'actuelle direction de Jake Lowerstern, a sous sa responsabilité la surveillance du super-volcan du Yellowstone. Des mesures sont fréquemment effectuées par leurs équipes e.a. à Norris, où des photos aériennes sont effectuées grâce à des ballons-sondes.
L'YVO, travaille en collaboration avec l'USGS, l'université de l'Utah et les équipes du Parc National.







Photo aérienne de Porcelain Basin prise par le ballon de l'YVO.
Documents YVO.

 

 


photos : © B.Duyck

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Changement de programme : je me suis aperçu d'un oubli !

BLACK SAND BASIN a beau n'être qu'un petit bassin, il comporte de jolies et intéressantes structures.

Appelé d'abord "Emerald group", il perdit son nom au début du siècle précédent, débaptisé par les premiers touristes qui lui préférèrent celui de "Black Sand basin" : ils faisaient référence à la présence de petits fragments d'obsidienne noires dans certaines portions du bassin. Celle-ci provient de la dernière éruption - 640.000 ans, une paille en termes géologiques.

OPALESCENT POOL était autrefois une source chaude et bouillonnante, entourée de petites structures. Au début des années 1950, ce n'est plus qu'une petite piscine asséchée, dans laquelle le run-off de Spouter geyser s'écoula. L'inondation, qui en résulta, inonda les environs et tua les Lodgepole pine. De la silice précipitée forma des chaussettes blanches (white socks) au pied des arbres morts; elle imprègne peu à peu les troncs et pourrait aboutir à la pétrification des arbres en milieu anaérobie.



CLIFF GEYSER : son nom provient de son rebord de geyserite en saillie et de sa localisation en bordure d'Iron Spring Creek.
Il est tout à fait irrégulier, passant d'une à deux éruptions en période active, à des périodes de repos s'étalant de 18 heures à des semaines, voire des années !
Lorsque le cratère se remplit d'eau bouillante, c'est le signe avant-coureur d'une éruption, qui peut monter jusqu'à 40 pieds. Température : 192°F.


SUNSET LAKE n'est plus qu'une source chaude superficielle qui se décharge dans Iron Spring Creek, avec de jolis couleurs .
Température : 180°F.



                                 avec une petite touche de thermophiles ... collection automnale !

Enfin, le joyau des lieux, EMERALD SPRING :
Elle présente de nombreuses similitudes avec "Morning Glory pool" : aspect coloré similaire - en gros - , température similaire (Emerald : 78°C - Morning Glory : 77,8°C ) , phénomène de pollution par décharge obstructive identique !


L'eau claire du pool - sa transparence est visible sur les bords - reflète le bleu, tout en absorbant les autres couleurs du spectre. La combinaison de ce bleu avec la couleur jaune en bordure, due aux algues et aux caroténoïdes contenus en période estivale, produit la couleur vert émeraude.

                      Les couleurs et la transparence des eaux d'Emerald pool.

Si sa température continue de chuter, Emerald Spring risque de perdre sa superbe couleur émeraude. encore une similitude avec Morning Glory !

                                    $            $ $           $

Mes yeux souffrant d'une overdose d'écran, je vais faire comme l'hirondelle et quitter mon trou pour le week-end ... cela vous permettra aussi de digérer tous les thermophiles de la semaine.



             Tree swallow- Tachycineta bicolor - nichant sur Lower geyser basin, dans un trou de pic.


Bon week-end, je vous retrouve dès lundi pour Yellowstone-est.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages





LOWER GEYSER BASIN contient un nombre invraisemblable de structures géothermales, comme en témoigne cette carte.
Nous nous sommes limités au "Fountain group", et aux geysers situés le long de Firehole Lake drive (sens unique pratique pour les arrêts)

GREAT FOUNTAIN GEYSER : Le premier geyser décrit en 1869, il resta sans nom jusqu'en 1872, époque où il fut visité par l'expédition Hayden.
Son cône est constitué de terraces, son cratère ayant un diamètre de 10 pieds. Sa température est de 49°C. et il entre en éruption toutes les 9 à 15 heures....il faut beaucoup de chance ou de persévérance pour le prendre en éruption.


Ses couleurs ne se"développent" pas sous ce ciel plombé.

Cette photo N.& B. a été prise par W.Jackson, le photographe de l'USGS en 1883.



SURPRISE POOL
: peu à en dire, sinon sa couleur très foncée, presque noire, tranchant avec l'environnement blanc-grisâtre.


FIREHOLE SPRINGS
:


Entre deux éruptions, son eau bleue est agitée sans cesse de grosses bulles de gaz se suivant : l'une éclate alors que la suivante se dessine déjà.


"Great springs of the firehole river" par thomas Moran, peintre anglais (1837-1926) considéré comme "le peintre des rocheuses"

de belles peintures sur le Yellowstone et le Grand Teton, sur le site qui lui est consacré ... à découvrir !
www.thomas-moran.org

FOUNTAIN PAINT POTS : Ensemble de pots de boue - "MUD POTS - qui sont en fait des sources chaudes contenant de la boue chaude au lieu d'eau.
La consistance de celle-ci est fonction de la saison : plus liquide au printemps, elle devient grasse et onctueuse en été .
Cette boue est produite par l'acidité forte des eaux contenues dans l'enceinte...qui est capable de dissoudre les roches environnantes pour former cette boue opaque et grisâtre.





Ces deux vues générales permettent de se rendre compte des couleurs fort différentes selon les endroits et les types de roches dissoutes.





les teintes passent de l'ocre, mêlé de vert au rouge tomate, avec des  teintes bleues donnés par les zones d'eau libre.










Formée d'argile et de fines particules de silice brisées par les acides,
la boue bien grasse forme de petites bulles, de gros doigts, des points d'exclamation ...


Toute ces vasques boueuses sont sous le contrôle de
CLEPSYDRA GEYSER.
Il doit son nom au terme grec pour désigner une horloge : il avait des éruptions régulières toutes les trois minutes, jusqu'à ce que le tremblement de terre de 1959 ne vienne troubler ses habitudes ... il travaille maintenant sans arrêt, mais avec moins de vigueur qu'auparavant.


Sur Firehole lake drive, nous arrivons sur WHITE DOME GEYSER au moment où il commence à se manifester : nous avons littéralement plongé hors de la voiture pour réussir "à lui tirer le portrait" et prendre par la même occasion, une douche bien froide !
L'eau chaude émise avec force par les geysers n'arrive pas chaude au sol: son passage aérien et surtout le phénomène endothermique de décompression font baisser sa température.
Ce geyser,au grand cône de geysérite, est irrégulier - entre 15 min. et 3 heures - et ses manifestations sont brutales : après une très courte phase d'émission de vapeur et liquide mélangés qui suit un"splash", il émet brièvement durant 2 à 3minutes jusqu'à une hauteur pouvant atteindre 9 mètres...il fallait donc faire vite !




La fin de l'éruption est aussi courte que son début, seules quelques fumerolles subsistent.




Depuis deux jours, vous voyez fréquemment des "cieux apocalyptiques" !

Ils sont liés à une particularité liée au point chaud du Yellowstone et à la topographie de la Snake River Plain qu'il a modelé. Un couloir a été créé, où s'engouffrent les perturbations en provenance du Pacifique, passant entre la chaine des Cascades et les reliefs de la Sierra Nevada... pour ne rencontrer les premiers obstacles qu'au niveau du plateau du Yellowstone, qui truste ainsi perturbations et orages.

La journée se terminera, toujours sous un ciel orageux, avec Black warrior lake, et son petit cône actif.

 

 Photos : © B.Duyck


sources :
   - NPS : National park services
   - GOSA : the Geyser Observation and Study Association.
   - www.thomas-moran.org : site du peintre des rocheuses Thomas Moran.

Nous avons fait le tour du côté ouest du parc national du Yellowstone; demain, nous aborderons le côté nord-est, plus nature.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
MIDWAY GEYSER BASIN est plus petit que les autres bassins de geysers rencontrés le long de la Firehole river.
En dépit de sa taille réduite, il contient deux sites majeurs, pour leur beauté et leurs caractéristiques hors normes.

                                         photo prise par le satellite Ikonos de la Nasa le 17.08.2001
                    Le Grand Prismatic est situé au sud, Excelsior à l'est, avec Turquoise à sa gauche.

EXCELSIOR GEYSER , hautement productif, déverse 15.000 litres d'eaux riches en soufre par minute dans la Firehole river, à une température de 95°C ... ce qui n'est pas sans créer de variations notables sur la température moyenne dela rivière et sur son écosystème.


Sa dernière éruption majeure remonte à 1880, avec une émission à plus de 300 pieds. En 1985, une éruption moins importante dura 2 jours... depuis, il n'a plus qu'une activité de source thermale.




L'autre vedette, mondialement renommée, et connue comme étant la source chaude la plus grande de Yellowstone (la troisième au monde par sa taille) est le GRAND PRISMATIC.

                                  Le grand prismatic et son run-off, dans leurs beaux atours.

        Toute la magnificence des couleurs du Prismatic, sous un rayon de soleil
        (photo prise par le haut, ce qui justifie les différences de teintes avec la précédente.)


Il doit son nom à ses couleurs reprenant toutes les couleurs du prisme.
D'un diamètre de plus ou moins 80 mètres, ses eaux riches en soufre et oxydes de fer, ont une température de 60 à 85°C.

Ceci influe sur les thermophiles et les algues qui peuplent ses bords et son déversoir; comme signalé dans l'article sur les thermophiles, les algues contiennent, en été, des caroténoïdes ... les couleurs estivales sont donc dominées par l'orange et le rouille.




Sa décharge, moins importante que celle d'Excelsior geyser, est de 2.000 litres par minute.
Sa profondeur reste sujette à discussion : certains chiffres annoncent 37 m., d'autres 50 m.

On ne voit bien son développement que par le haut; comme la colline qui le surplombe se trouve de l'autre côté de la rivière et non accessible par le même chemin, nous avons remis cette visite à une autre après-midi ... un peu plus orageuse, ce qui influe sur les couleurs, mais qui donnent des images un peu plus "dramatiques".

                            Le grand prismatic et les fumées d'Excelsior sous un ciel bien plombé.

                             Jolies marbrures de l'extrémité du run-off, côté opposé à la rivière.


Deux autres petites structures complètent le Midway basin :
TURQUOISE POOL , à l'eau colorée en bleu laiteux à cause des particules minérales en suspension, est en connection avec Excelsior geyser ; son niveau baisse en cas d'activité accru sur sa turbulente voisine.


OPAL POOL , joliette, complète le tableau coloré de Midway basin.



                *                        *                         *                      *

BISCUIT BASIN, situé 5 km. au nord d'Old Faithful, est selon les uns considéré comme une entité séparée, d'autres le classe parmi les structures géothermales de l'Upper geyser basin.
Il doit son nom aux dépôts inhabituels entourant Sapphire pool, ressemblant à la structure d'un biscuit.
Cette zone a été affectée par le tremblement de terre important de 1959 (Hebgen Lake earthquake).

SAPPHIRE POOL, placide source chaude jusqu'en 1959, a connu consécutivement au tremblement de terre une période d'activité débridée :
une éruption toutes les deux heures jusqu'à une hauteur de 150 pieds.
Cette éruption pulvérisa tous "les biscuits" !
En 1969, toute activité en tant que geyser cessa brusquement.
Sa température actuelle est de 200°F.
Sapphire reste une des plus belles sources de couleur bleue.



SHELL GEYSER, de température similaire, connait de petites éruptions toutes les heures et demi, et ne durant que 20 à 90 secondes.
L'intérieur orangé de l'intérieur de la bouche fait penser à la couleur du corail de la coquille St-Jacques, ce qui lui a donné son nom.


MUSTARDS SPRINGS , au nombre de deux, subirent aussi les effets du tremblement de terre de 1959 : l'activité de West Mustard spring fut brusquement coupée pour être transférée à East Mustard. West Mustard est sèche depuis lors.
Ceci prouve que certaines sources chaudes ou geysers ont des réseaux souterrains communicants.



et nous terminons ce tour sur une "dentelle" de thermophiles.


Toutes les photos : © B.Duyck,  exceptée bien sûr celle de la Nasa.

Demain: fin du tour des geysers, avec Lower geyser basin et Black Sand basin.

Lire la suite

<< < 100 110 111 112 113 > >>

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog