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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les geysers du Yellowstone national park sont situés en majorité à l'intérieur des limites de la caldeira; l'autre zone, pour l'instant très active, est situé à Norris basin, sur un ensemble de failles.

La plus grande concentration de geysers au monde est située dans l'Upper geyser basin.




Cette région n'était pas fréquentée par les peuplades indiennes; ils n'osaient pas pénétrer dans la caldeira, considérée comme le domaine des esprits et croyaient que l'éruption d'un geyser "était le résultat de combat entre les esprits infernaux".
John Colter fut le premier blanc à parcourir la caldeira et à voir les geysers au début des années 1800.


Trois conditions sont nécessaires pour obtenir un geyser : une grande quantité d'eau, la présence de réservoirs intermédiaires (crevasses, grottes, etc) et un retrécissement au niveau du conduit supérieur... en plus d'une source de chaleur. Faute de remplir toutes les conditions, on aboutit à une source chaude.
L'eau en profondeur, réchauffée par le flux thermique élevé fourni par le point chaud, peut atteindre 260°C sans pour autant bouillir, du fait de la pression élevée. Cette eau chaude plus légère remonte et se rapproche de la surface; elle se vaporise lorsqu'elle dépasse le niveau où l'ébullition se produit à 128°C.
L'augmentation de volume expulse l'eau qui la surmonte ...avec l'éruption, la pression diminue sur la colonne et l'abaissement de la température d'ébullition provoque une brusque vaporisation. L'eau peut de nouveau envahir la chambre, où le cycle recommence.

Première chose à faire en pénétrant sur le site : se rendre au "Visitor center", où l'on peut se renseigner sur les horaires d'éruption de six geysers, de façon à programmer au mieux son itinéraire.

                        "Geyser hill" est la colline basse, située juste derrière Old Faithfull.
                      Cet endroit présente de nombreuses fumerolles et contient neuf geysers.


"A tout seigneur, tout honneur" ! Le premier geyser rencontré est
l'OLD FAITHFUL - "le vieux fidèle" , ainsi nommé par les membres de la washburn expédition (1870) parce qu'il entre en éruption bien plus souvent que les autres grands geysers.
toutes les 90 minutes environ (variantes de 51 à 120 minutes), il expulse en quelques minutes entre 14.000 et 32.000 litres à une hauteur de 30à 55 mètres.

               Old Faithful, au mieux de sa forme !, se détache sur le ciel orageux.

CASTLE GEYSER
est un magnifique cône âgé d'un millier d'années, qui entre en éruption majeure, environ toutes les 13 heures. L'éruption atteint souvent 24 m. durant une vingtaine de minutes, et est suivi d'une phase d'émission bruyante de vapeur durant 30 à 40 minutes.

                                Le run-off de Castle geyser est coloré par des thermophiles.

CRESTED POOL est pratiquement toujours en ébullition, avec des projections atteignant parfois plus de 2 mètres.
La température extrême empêche la croissance des thermophiles, ce qui lui vaut cette eau exceptionnellement claire.


SPASMODIC GEYSER , comme l'indique son nom est secoué de soubresauts.


BEAUTY POOL nous montre ses plus belles couleurs quand ses eaux sont suffisamment chaudes pour un optimum de coloration au niveau des thermophiles... ce qui était le cas en juillet 2009.


CHROMATIC POOL, dans le voisinage immédiat de Beauty pool, voit des variations de son niveau contraires à ceux de sa voisine, dans les périodes de changements brutaux. Une piscine monte quand l'autre descend.


DAISY GEYSER , situé sur une petite colline qui abrite aussi Splendid geyser, a la particularité d'avoir des éruptions "obliques" selon un angle d'environ 45°. Son cycle est régulier - 120 à 210 minutes et une durée d'activité de 3 à 5 minutes - ...sauf quand son imprévisible voisin décide de se manifester à son tour, mais c'est assez rare.

              A droite, Daisy geyser en éruption tandis qu'à gauche, fume Splendid geyser.

GROTTO GEYSER , est irrégulier, mais spectaculaire : la forme tourmentée de ses contours viendrait du fait qu'il était entouré d'arbres, qui ont disparu depuis, entravant la formation d'un cône circulaire.


RIVERSIDE GEYSER, sur les bords de la FIREHOLE RIVER, est assez prédictible : toutes les six heures, une colonne d'eau s'élève à 23 m. et forme une arche gracieuse au dessus de la rivière, générant bien souvent un arc-en-ciel.


MORNING GLORY POOL, ma préférée, pour ses couleurs.



Elle porte ce nom depuis 1880, en raison de sa similitude avec la fleur du même nom, une sorte de liseron bleu.

Ma parole, il est daltonien notre Bernard!



Eh non ! Morning glory a perdu sa belle couleur bleue suite à des actes de vandalisme : des visiteurs y ont jeté des pierres, des cannettes et fini par boucher en partie le conduit d'alimentation. En a résulté une réduction de la circulation de l'eau et une baisse de sa température. Maintenant, ce sont des bactéries orange et jaune, capables de vivre à une température plus basse qui lui donne sa couleur. Le vandalisme a diminué, mais il faut quand même pomper les déchêts de temps en temps... son avenir est incertain!

BELGIAN POOL
n'est pas spectaculaire, ni en grandeur, ni pour ses couleurs, mais je ne pouvais la rater - chauvinisme oblige (elle n'est même pas aux couleurs nationales ?!)


Et une belle vue colorée pour terminer ... quelque part, du côté de Geyser hill .



photos Bernard Duyck

Demain, d'autres geysers tout aussi prestigieux et colorés


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages













De la "soupe originale à la confection du travertin"  - 
quelques photos des micro-organismes au stade macroscopique.



Fascinés par la macro-faune et les couleurs magiques du Yellowstone, on pourrait oublier que cette beauté est causée par des organismes microscopiques vivant dans les geysers, les hot springs, dans les zones et les canaux
d'évacuation des eaux produites par ceux-ci !
Bien que les couleurs soient visibles à l'oeil nu, un micro-organisme pris individuellement est invisible ... seul leur nombre nous permet d'en prendre conscience. A haute température, il s'agir surtout de bactéries, tandis qu'à température plaus basse, s'ajoutent algues et protozoaires.

Le premier biologiste a reconnaître la relation entre les couleurs et les micro-organismes fut W.H.Weed en 1889. Ces micro-organismes ne sont pas seulement présents, ils se sont adaptés au point de ne pouvoir vivres dans d'autres milieux.
Ces organismes appelés THERMOPHILES (du grec "thermos" = chaud, et "philos" = ami), sont présent en d'autres endroits chauds, mais ne sont nulle part plus brillants qu'ici, au Yellowstone.

Chaque hot springs est un milieu différent, caractérisé par sa température , son débit et aussi son pH (son acidité ou son côté basique). Les micro-organismes inféodés aux sources acides sont qualifiés de "thermoacidophiles" . (l'acidité des certaines sources se forme lorsque le sulfure d'hydrogène - H²S - rencontre l'oxygène de la'ir pour se transformer en soufre et acide sulfurique, sous l'action d'une bactérie sulfureuse.)

                           Sulfur Caldron - source chaude très acide - pH : 1,3.
                                                     et riche en bactéries "Sulfolobus".

La vie est possible à haute température, mais ce n'est pas possible pour tout le monde.
La limite pour les bactéries photosynthétiques est de 70-73°C. Au dessus de 100°C, les seules bactéries capables de survivre sont les "archéotypes" , qualifiés aussi "d'hyper
thermophiles".... -on peut dire qu'il y a "de la vie dans l'eau bouillante" ; en effet, au Yellowstone, l'eau bout à 98°C, question de relation à la pression en altitude.

Groupes d'animaux Limites supérieures de température Limites de pH Exemples
  en degrés centigrades,    
Animaux      
poissons 38 4 Carpe
insectes 45-50 2 Mouche : Ephydrid fly
crustacés 49-50    
       
Plantes      
plantes vascularisées 45 2,5-3 Roseaux, bruyères
mousses 50 3 Sphaignes
       
Microorganismes eucaryotes      
protozoaires 56    
algues 55-60 1 à 2 Euglena mutabilis
    zéro Cyanidum caldarium
champignons 60-62 1 à 2 Dactylaria gallopava
       
Procaryotes   0,8 Thiobacillus, Sulfolobus
Bactéries      
cyanobacteries(bact, photosynthétiqueet productrice d'oxygène 70-73 4 Synechococcus
autres bactéries photosynthétiques 70-73    
bactérie hétérotrophes 90    
       
Organismes archaïques      
bactéries productrices de méthane 110    
bactéries dépendantes du soufre 115    
                         Tableau réalisé d'après "Life at high temperatures"
                          by Thomas D.Brock - 1978 - Yellowstone association for Natural science.


Sur Mammoth Hot Springs, une étude réalisée en 2002, suggère "que les faciès de déposition du travertin, qui sont définis de façon indépendante par les conditions physiques et chimiques du système de drainage des sources thermales, prédisent la composition de la communauté bactérienne el la morphologie et la chimie de la précipaitation du travertin."
Donc interdépendance entre les formations calcaires et les micro-organismes vivant dans les eaux qui les produisent !


Qu'elle est la cause de toutes ces couleurs ?
                          La bio-diversité de ces micro-organismes .

               Le run-off du Grand Prismatic en juillet 2009, dans ses couleurs estivales.

Prenons l'exemple du Grand prismatic - que nous verrons en détail plus tard - : la couleur orange est due à des bactéries pigmentées, la couleur bleue est fonction d'un phénomène de réfraction lumineuse; la couleur verte dépend de la présence de bactéries photosynthétiques, dont le moteur est la chloropylle, coloré en vert ... mais cela se complique : la chlorophylle est parfois masquée par des caroténoides, pigments en relation avec la vitamine A, et qui est colorée en orange, jaune ou rouge. Ces caroténoïdes protègent les cellules du rayonnement solaire durant l'été ... au Yellowstone, les bactéries se protègent du soleil !
Ce phénomène explique les différences de couleur entre l'été et l'hiver: en été, les caroténoïdes masquent en partie le vert de la chloropylle et le matériel bactérien apparait coloré en orange, jaune et rouge; en hiver, la dominante se trouve dans la gamme des verts.
Ce n'est dons pas seulement le type de bactérie présente, mais aussi sa réaction vis à vis du soleil, qui détermine les couleurs des sources chaudes !

                                   Coloration d'une source chaude dans Norris geyser basin.

Le rôle des thermophiles :
A part son inestimable valeur esthétique, à quoi peut bien servir cette débauche de couleur et les animalcules producteurs ?
Ils ont toute leur place dans la chaîne alimentaire : rappelez-vous le petit pluvier se nourrissant (Yn°2)  : il consommait des insectes, eux-mêmes prédateurs de mouches (Ephydrid flies)  dépendantes des cyanobactéries et parasitées par des mites.

Une toute autre application est apparue dans les années soixante : les bactéries thermophiles vivant au Yellowstone sont à la base de développements impressionnants en médecine et biotechnologie. Un enzyme thermostable est à la base d'une industrie générant des millions de dollars : "Thermus aquaticus", bactérie découverte dans le Lower Geyser basin, est utilisée pour fabriquer la "Taq polymérase", une ADN-polymérase utilisée pour ces propriétés de thermorésistance dans les réactions d'amplification en chaîne par polymérisation.

La réaction en chaîne par polymérase (PCR est l'acronyme anglophone de polymerase chain reaction, l'acronyme français ACP pour Amplification en Chaîne par Polymérisation est très rarement utilisée), est une méthode de biologie moléculaire d'amplification génique in vitro, qui permet de copier en grand nombre (avec un facteur de multiplication de l'ordre du milliard), une séquence d'ADN ou d'ARN connue, à partir d'une faible quantité (de l'ordre de quelques picogrammes) d'acide nucléique (séquence spécifique d’ADN (l’Amplicon) ou amorces spécifiques constituées d'oligonucléotides de synthèse de 20 à 25 nucléotides). Cette technique permet entre autres de détecter la présence du virus VIH ou de mesurer la charge virale (concentration du virus dans le plasma), des OGM (organismes génétiquement modifiés), des virus des hépatites B, C et D. De plus en plus utilisée en criminalistique, cette technique est basée sur la combinaison de deux facteurs :

  • Les propriétés de synthèse enzymatique et d’initiation « ADN double brins spécifique » des « ADN polymérases ADN dépendantes thermostables ».
  • Les propriétés d’hybridation et de deshybridation des brins complémentaires d’ADN en fonction de la température.

Ces éléments permettent de contrôler l’activité enzymatique grâce à des transitions de température (assurées par un thermocycleur) répétées de manière cyclique (cf. réaction en chaîne).

Les premières ADN polymérases utilisées provenaient d'une bactérie thermophile (résistante à des températures très élevées), par exemple Thermus aquaticus (Taq polymérase) ou encore Pyrococcus furiosus (Pfu polymérase), Thermococcus litoralis (Vent ou Tli polymérase), Thermus thermophilus (Tth polymérase). De nos jours, les enzymes utilisées sont dites recombinantes, ce qui simplifie considérablement leur obtention, et leurs propriétés ont été largement modifiées pour les rendre plus efficaces, plus fidèles…

En moins de dix ans, cette technique (maintenant capable de faire plus d'un milliard de copies en moins d'une heure) s'est imposée dans les laboratoires et a révolutionné la biologie moléculaire. ( source : Wikipedia)

 


Etant donné notre orientation anthropocentrique, nous sommes surpris que la vie puisse exister à haute température, ou en milieu acide ... la vie est tout à fait possible dans des conditions environnementales létales pour l'humain !
Ceci relativise notre "place" sur cette terre et nous rappelle que, les premiers organismes vivant sur terre étant des thermophiles - thèse communément admise aujourd'hui - , les volcans ont une importance majeure dans la création des conditions d'apparition de la vie sur notre planète !

Bibliographie :
- "Life at high temperatures" by Th.D.Brock
   
http://bioinfo.bact.wisc.edu/themicrobialworld/LAHT/b17
- "Partitioning of bacterial communities between depositional facies of   Mammoth Hot Springs" by B.Fouke & al. - Department of geology, University of Illinois.

Demain : un sujet plus léger, plus aérien : les geysers.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Comme le titre le souligne, une partie du site de Mammoth hot springs peut se faire en voiture... avez-vous déjà vu un touriste qui n'est pas pressé ?
Un vulcanophile vous répondra lui qu'il n'est pas pressé, mais que gagner du temps lui permet devoir un site de plus !

ORANGE MOUND SPRING :


Habillée de superbes couleurs par les thermophiles, cette source chaude est alimentée par des canaux internes et l'eau débouche au sommet, ruisselant en tous sens.



WHITE ELEPHANT BACK TERRACE :

Site à l'activité toujours changeante, en fonction du niveau des eaux.
Construit à partir d'une fissure, cette structure peut, avec beaucoup d'imagination, faire penser au dos d'un éléphant blanc ?!


LA VIE A MAMMOTH :

Dans de bonnes conditions d'observation, de bonne heure et en toute tranquillité, on peut voir des wapiti se reposer sur Minerva terrace.
De petits pluviers - ici des pluviers Killdeer - Charadrius vociferus - assez bruyants comme l'indique leur nom latin, trouvent à se nourrir dans les flaques.


De superbes fleurs s'y développent aussi, dès que les conditions de vie le leur permettent.


LES DANGERS DES HOT SPRINGS :

Peu de dangers pour des vulcanophiles avertis..mais un rappel n'est jamais superflu!

Des gaz toxiques existent au Yellowstone dans pas mal d'aires hydrothermales : des niveaux dangereux de dioxyde de carbone et d'hydrogène sulfuré ont été mesurés par endroits. Ne vous promenez pas seul et en cas de malaise, quittez immédatement la zone.

Restez dans les zones autorisées ...en effet, la croûte,à proximité des geysers et des hot springs peut être très fine ! N'oubliez pas qu'elle surplombe des eaux à 70-80°C... brûlures assurées si vous passez au travers.

Ici, c'est exclus, mais dans certaines zones reculées où se serait possible, ne pénétrez jamais dans une source chaude...même si la température vous semble acceptable !
De dangereux micro-organismes y prolifèrent; certains peuvent e.a. transmettre une méningite en pénétrant le corps humain par les sinus.

                       *                *                   *                  *

En quittant Mammoth pour rejoindre Madison Junction, quelques sites plus petits mais pas moins intéressants.

BOWLING WATER :

Sur le bord de route, une prairie fume ! en approchant, on y trouve une eau "effervescente" et des "mofettes"
Une mofette, de l'italien mofetta - exhalation pestilentielle, désigne un orifice de petite taille d'où émanent des gaz parfois toxiques, pas toujours odorants, ou des sédiments bouillonnants.


De plus, on y fait de sympathiques rencontres !


BERYL SPRINGS :

Source chaude fumante et bouillonnante... d'un bleu spécial.


Le béryl, ou béril, est un minéral composé de silicate de béryllium et d'aluminium, de formule Be3Al2Si6O18. Son nom vient du grec bêrullos, cristal.
Le béryl, comme la tourmaline, est un minéral des pegmatites granitiques. De taille variable, parfois très grande, il se forme à la fin de la cristallisation des massifs granitiques, lorsque le magma restant s'est enrichi en eau et en éléments rares par rapport au magma de départ.


TERRACE SPRINGS :

On y rencontre une petite source d'un bleu profond entouré d'une frange de thermophiles orangés.



photos :© B.Duyck


demain : le mystère des Thermophiles

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages


Pendant des siècles, les indiens Shoshone et Bannock ont collecté des minéraux à cet endroit pour leur peintures blanches. Ces minéraux, l'eau, la chaleur et le calcaire sont à la base des belles terraces.


Mammoth hot springs est un des meilleurs exemple au monde de dépôts de travertins liés à uns source chaude; les deux autres endroits principaux étant Pumakale (Turquie) et Dallol (Ethiopie).
L'eau provenant des précipitations - pluies et neiges - pénêtre dans le sol, forme une nappe souterraine contenue dans une roche calcaire, dont la présence due aux invasions marines historiques.
Un réseau de fissures et de fractures forme un véritable système de plomberie qui permet à l'eau chaude circulant en profondeur d'atteindre la surface;  de petits séismes gardent toujours "la plomberie" opérationnelle.
L'eau chaude dissout le dioxyde de carbone pour former une solution d'acide carbonique; en circulant dans le calcaire, cette solution fait précipiter le carbonate calcique, principal composant du calcaire.

                   Ca²+  + 2 (HCO³-) --> CaCO³ + CO² + H²O

A la surface, le carbonate calcique se dépose sous forme de travertin (ou tuf); des débris végétaux y sont parfois emprisonnés, et leur empreinte conservée pour des millions d'années. (Le travertin est utilisé comme matériel de construction).


LIBERTY CAP :
Figure de proue du site,et haute de 11 mètre, Liberty cap fut crée par une source chaude active pendant longtemps et à la même place. La pression interne fut suffisante pour propulser l'eau et les minéraux à bonne hauteur et construire patiemment cette sculpture naturelle.
Son âge est estimé à 2500 ans; cette source chaude s'est tarie il y a plus d'un siècle, et depuis, inexorablement, Liberty Cap se délite.



MINERVA TERRACE :
Ces cascades de travertins furent formées en 1990.
L'activité de cet ensemble de terraces diminue dramatiquement et est liée à la présence de l'eau. Les parties sèches et claires laissent apercevoir les différentes couches et la variété de la profondeur des bassins.
Dès que l'eau revient et s'écoule, les terraces reprennent des couleurs qui leur sont données par les "thermophiles" , microorganismes vivants dans les eaux chaudes.
 Ces colorations et les variations de leurs formes rendent ces sculptures "vivantes" : la couleur des thermophiles est fonction de la température de l'eau, liée à l'éloignement de la source et aux saisons. (voir article à suivre sur les thermophiles)
Bien que localement le niveau des eaux varie, le volume total de l'eau émise demeure relativement constant pour l'ensemble du site
.





La formation des terraces se fait par paliers et très lentement: de micro-terraces se forment d'abord, et/ou des stalactites ensuite pour finalement arriver au stade de muret.











PALETTE SPRING :
L'eau coule en permanence sur de petits sillons et les thermophiles s'y déchainent pour colorer la zone dans un camaïeu de brun et d'orange...
à la manière d'un peintre diluant ses teintes peu à peu sur sa palette.
 

OVERLOOK :




CANARY SPRING :
Imaginez-vous fin 19°siècle...l'eau cascade ici en permanence et à ce moment, prédominent des bactéries à longs filaments jaunâtres. Cette source est colorée en jaune, et brun, orange et vert se partagent les autres sources chaudes du site : d'où son nom Canary spring.
Le canari a perdu ses couleurs depuis, n'est resté que son nom !
Mais cela vaut le détour.



© B.Duyck pour toutes les photos.


Demain : Mammoth Upper terraces

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pour inaugurer notre semaine au Yellowstone, nous débutons notre exploration du parc national par de l'activité géothermale, au prix d'un petit détour : OJO CALIENTE.

Situé près de la Firehole river,  entre Madison Junction et le lac, cette "hot spring" est alcaline et super-chaude : 198 à 202°F - 92 à 94 °C. ;
son côté nord est en perpétuelle ébullition.
Son nom hispanique est lié à sa forme... et peut-être aussi à sa couleur : " oeil chaud".


                                                                                                                                                                          © B.Duyck

   

                                                            Un visiteur y a laissé ses os ... - © B.Duyck





Une décharge correspondant à 100 gallons par minute rejoint la Firehole river par des canaux colorés par les thermophiles (terme expliqué plus loin)
 

© B.Duyck



Après avoir contemplé notre première source chaude, nous remontons vers le nord et le site de Mammoth hot springs.
Le paysage est changeant et plaisant pour un vulcanophile, différentes formations d'origine volcanique se présentant tour à tour.

TUFF CLIFF - cette falaise est constituée par des matériaux provenants d'une éruption du Yellowstone qui a produit des ignimbrites (type spécifique de dépôt de coulée pyroclastique de haute température contenant des structures vitreuses de formes lenticulaires, appelées "flammes" ) ; ces ignimbrites forment du tuf en s'agglomérant.


                                                                                                                                                                         © B.Duyck


Une autre falaise : OBSIDIAN CLIFF.
C'est le "coeur" d'une coulée rhyolitique vieille de 180.000 ans qui s'offre à notre regard. En refroidissant et en se contractant, la lave s'est solidifiée en larges colonnes, visibles à la base de la falaise.


                                                                                                                                                                       © B.Duyck



Nous devons nous contenter d'échantillons photographiques, rien ne pouvant être emporté, ni prélevé dans un parc national américain ... ceci dit des échantillons alimentent un"marché local".
 

© B.Duyck


 
Le verre volcanique a été utilisé comme outils, arme (pointes de flèches) et artefact cérémoniel
depuis 11.000 ans. Comme souvent dans l'antiquité et en d'autres endroits de la planète, l'obsidienne a fait l'objet d'un commerce et s'est exportée vers des régions plus lointaine              
© B.Duyck



Toujours sur "Grand loop road" en direction du nord, de belles orgues basaltiques,formation plus rare dans une zone dominée par la rhyolite, au lieu-dit SHEEPEATER CLIFF.
Cette lave y fut déposée, il y a 500.000 ans, durant une période de "flots basaltiques" et mise au jour par l'érosion de la Gardner river.
Considérée comme exemplaire pour la qualité de ces joints - formé perpendiculairement à la surface de refroidissement - et ses colonnes hexagonales, son nom est lié à la tribu indienne Shoshone, connu aussi sous la nom de Tukuaduka (ou sheep eaters = "mangeurs de moutons"). Cette tribu nomadisait dans la région en chassant les Big Horns.


                                                                                                                                                                         © B.Duyck



Ce biotope est celui de la marmotte à ventre jaune ( Yellow-bellied marmot - Marmota flaviventris). Elle habite ces terrains rocailleux, zones qui ne sont pas favorables à ses prédateurs habituels que sont loups, coyotes et renards.

                                   © JM. Mestdagh

 

Occupé à photographier, je me suis retrouvé "nez à nez" avec ce sympathique rongeur ... à moins de 2 mètres l'un de l'autre, on s'est figé tous les deux; puis, tout doucement, pour chercher le bon angle, je me suis accroupi ... elle a fait de même, allant jusqu'à s'applatir, le ventre collé au basalte et me regardant toujours droit dans les yeux. Le manège s'est répété plusieurs fois, avant que d'autres photographes, attirés par ma gymnastique bizarre, n'apparaissent !    

© B.Duyck


"Marmotte à touristes" ou rencontre du troisième type ?

 

                                                                                                                                                            © B.Duyck


Ces paysages variés nous ont amenés, vers midi, au site de Mammoth, que nous avons découvert sous un ciel et une lumière variants à chaque instant!

                                                                                                                                                                            © B.Duyck


                                              Mais ceci est pour demain ...





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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Avant de vous faire profiter des merveilleuses couleurs du Yellowstone, il faut, pour bien comprendre le "moteur" des phénomènes géothermiques que nous allons détailler ensemble, se pencher sur la naissance de ce volcan  et la cause de toute cette débauche énergétique.

Un peu d'histoire : au mois d'août 1870, un membre d'une expédition d'exploration de ce territoire du wyoming, effectue l'ascencion du Mont Washburn, surplombant la Yellowstone river.
Regardant vers le sud, il observa que quelque chose clochait dans ce paysage montagneux : il manquait justement de montagnes... les seules hauteurs se trouvaient au loin, décrivant une sorte de paranthèse autour d'une grande cuvette boisée. Une seule explication lui vint : "le grand bassin formait auparavant le cratère d'un volcan aujourd'hui éteint".

                               Peinture de Heinric
ih Benann - National Park Service - NPS.

Il avait en partie raison : Le Yellowstone est bien un volcan, mais il est bien vivant !
L'USGS le classe même parmi la catégorie des "supervolcans" . Quels sont les critères nécessaires pour faire partie de cette super-catégorie ?
Il faut que les manifestations du volcan soient des explosions exceptionnelles tant en violence qu'en volume, et présenter des éruptions rejettant au minimum 1.000 kilomètres cube de ponce et de cendre en une seule explosion.
Autres différences : un volcan forme une montagne; un supervolcan la pulvérise ! Un volcan est capable de tuer plantes et animaux à des kilomètres à la ronde; un supervolcan menace d'extinction des espèces entières en provoquant des changements climatiques à l'échelle de la planète.


Comment est-ce possible ? Un panache en provenance du manteau enfle et en montant des profondeurs, fait fondre la roche juste sous la croûte terrestre. Il crée une chambre magmatique, vaste réservoir empli d'un mélange de magma et de gaz sous pression... ce phénomène peut durer des millénaires. En surface, le sol commence à se déformer, à bomber, centimètre par centimètre. Des fractures s'ouvrent sur le pourtour du bombement. Et lorsque la pression exercée dans la chambre magmatique est telle qu'elle dépasse la capacité de résistance du terrain surplombant, les gaz dissous dans le magma s'exsolvent provoquant une éruption cataclysmique ... un peu à la manière dont "pète "une bouteille de champagne qu'on aurait volontairement secouée et qui expulse soudain bouchon, gaz, bulles et contenu !
La vidange de la chambre magmatique provoque l'effondrement de son toit... la région déformée disparait, comme aspirée par la terre environnante : une caldeira se forme, immense dans le cas d'un supervolcan.
Le point chaud responsable de la caldeira du yellowstone est entrée en éruption des dizaines de fois lors des dernièrs 18 millions d'années. Le point chaud étant fixe, et la plaque nord-américaine défilant par dessus en direction du sud-ouest, un chapelet de caldeiras "fantômes" - car peu visible à l'heure actuelle - s'est aligné dans la Snake River Plain ( ESRP pour eastern Snake River Plain). Nous examinerons plus tard les différents terrains et formations volcaniques caractérisant cet endroit.

          Traces des différentes caldeiras formées par les manifestations successives du point c
haud
                                                                  "dit du Yellowstone"

Les trois dernières superéruptions eurent lieu au Yellowstone même : il y a 2,1 Ma, 1,3 Ma et 0,64 Ma .

La puissance de ces éruptions et l'étendue gigantesque de leurs retombées est difficilement imaginable : la colonne de cendres dégagée a dû s'élever à près de 30 km. recouvrant tout l'ouest des Etats-Unis; des coulées pyroclastiques surchauffées à 800°C ont rempli des vallées entières; des matières chaudes, sur des centaines de mètres de hauteur, se sont soudées, ensevelissant les paysages verdoyants du Yerllowstone. La plus violente -2,1 Ma - laissa une dépression de 5.000 km².
A chaque fois, les gaz ont réduit l'ensoleillement créant un "hiver volcanique".
La caldeira s'est ensuite érodée, remplie des produits d'explosions ultérieures de plus faible intensité, pour être enfin rabotée par des glaciers. Des forêts ont ensuite recouvert ces cicatrices.

         Zones comparées des retombées de cendres des éruptions du StHelens et du Yellowstone.

Les vulcanologues - Robert Smith & Robert Christiansen e.a. - ont utilisé les méthodes les plus modernes pour "voir" sous le volcan. Vers 8 à 10 km. sous le volcan, se trouve le toit de la chambre magmatique, réservoir estimé à un espace de 50 km. de diamètre.


A l'intérieur de la chambre magmatique, du magma basaltique * est piégé sous un magma rhyolitique *, qui flotte au dessus.
Les études sismiques - propagation des ondes sonores émises les ondes sismiques dans des roches de densité variable - ont permis de découvrir que la chambre magmatique est alimentée par un panache mantellique de roche chaude ; il s'élève depuis le manteau supérieur avec une inclinaison de 60° vers le N-O., sa base se situant à environ 650 km. sous la surface.
L'alimentation de la chambre magmatique à partir de ce panache a pour effet de déformer le sol en surface ; s'en suivent des périodes d'inflations et de déflations : le volcan "respire". Depuis 2004, certaines parties de la caldera se sont soulevées de 8 cm. par an, rythme le plus élevé depuis 1970, date des premières observations précises dans ce domaine.

                     P-wave velocity (km/s) and crustal structure bebeath Yellowstone caldeira
                                                   in "Volcanism" by H-U Schmincke.

Est-ce l'annonce d'un prochain cycle éruptif ? Personne ne peut le dire !
Le Yellowstone fera soit une éruption basaltique mineure, soit une explosion cataclysmique, soit restera dans un état d'auto-équilibre enfin atteint du fait de la nature du terrain surplombant le point chaud; en effet, il se trouve actuellement sous les Rocky Mountains, zone à la croûte plus épaisse que celle présente sous la structure "Basin and Range" caractérisant la Snake River Plain.

*: - Basaltique : se dit d'une roche volcanique à faible teneur en silice
     et forte teneur en magnésium, fer et Calcium
    - Rhyolitique : se dit d'une roche à FORTE teneur en silice, faible
      teneur en magnésium, fer et calcium.

Bibliographie générale pour le Yellowstone :
 - "The quaternary and pliocène Yellowstone plateau volcanic field of
    Wyoming, Idaho and Montana" par R.Chistiansen - USGS
 - "Integated geoscience studies in the greater Yellowstone area -
    volcanic, tectonic and hydrothermal processes"  - USGS
 - "Volcanoes of North America" par Ch.Wood & J.Kienle
 - "Windows into the earth" par R.Smith & L.J.Siegel
 - "Yellowstone : the official guide - Yellowstone Association
 - "Volcanism" par H-U Schmincke
 - article du National Geographic , revue d'août 2009 sur "Un volcan
   géant sous le Yellowstone" de J.Achenbach.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Merci à mon ami Pierre G. de m'avoir signalé un article publié dans le magazine "Terre Sauvage"... article dans la droite ligne "nature" du voyage que je viens d'effectuer dans la région, et dont je compte vous entretenir bientôt.



L'histoire commence avec une louve "hifh-tech", munie d'un collier à transmission radio et satellite. Pendant deux années, ses périgrinations ont été suivies et on s'aperçu qu'elle sillonnait un territoire immense à cheval entre le Canada et les Etats-Unis : 100.000 km²(dix fois la superficie de la Corse!)... pas de frontières pour la faune.
Les changements climatiques induisant des perturbations au niveau du régime des pluies, des températures et de l'organisation des écosystèmes, de nombreuses espèces devront, pour survivre, changer de comportement ou de territoire. Préserver des corridors écologiques, où montagnes, vallées, rivières et forêts sont interconnectées permettra aux animaux de s'adapter à de nouvelles niches... créer ces territoires contigus et protégés est une des solutions contre l'extinction de certaines espèces.
Le projet concerne 5 états américains, 2 provinces canadiennes et intègre les territoires des Rocheuses, des Columbia mountains et des Mackenzie mountains, allant du Yellowstone à la frontière sud de l'Alaska.
...

à lire dans la revue "Terre Sauvage"
n°252 d'août 2009, dont sont extraites ces quelques phrases..



Pour vous mettre "l'eau à la bouche", deux clichés pris dans la Lamar Valley, au NE du Yellowstone N.P. en juillet 2009: un ours noir et un bison ... témoins de la richesse en mammifères sauvages de ces contrées.



D'autres renseignements sur ce projet sur :
           - www.y2y.net, site du programme "Yellowstone to Yukon"
           - www.keystone conservation.us

Bon surf à tous... le week-end est proche et sera maussade !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Q 1 : Quel fut le premier parc naturel créé sur la planète bleue      Réponse 1 : le Yellowstone National Park

                                                     1°affiche du Yellowstone N.P.

Le Yellowstone est le premier parc national créé au monde et un des plus grand des Etats-Unis. Il fut fondé en 1872. Sa superficie de 2,2 millions d'acres est composée de 80% de forêts, 15% de territoires herbeux et 5% de zones humides et aquatiques.
Sa remarquable biodiversité en fait un véritable sanctuaire de vie sauvage : plus de 1.000 espèces de plantes fleuries, 67 mammifères et plus de 320 espèces d'oiseaux.

Q 2 : Quel observatoire volcanologique est dirigé par J.Lowerstern ?

Jake Lowerstern dirige le YVO - Yellowstone volcano observatory -
en collaboration avec l'USGS - United States Geological Survey - , l'Université de l'Utah et les services du parc national.
et garde le supervolcan "à l'oeil" , avec son équipe.




















Q 3 : Quel photographe a donné son nom à un trou et à une ville ?

William Henry Jackson .
Il donna son nom à la ville de Jackson Hole - "le trou Jackson".
Photographe au sein de l'Union Army, il fut contacté en 1871 par le Dr. F.Hayden, directeur de l'USGS et "découvreur" du volcan du Yellowstone, pour faire partie de l'équipe d'exploration  des territoires du Yellowstone, des ruines de Mesa Verde, des monts du Colorado et des pueblos du SO.
Selon Jackson, c'est le travail le plus agréable qu'il effectua durant les années 1869 à 1878.


Q 4 : Dans quel endroit trouve-t-on 60% des geysers de la planète ?

le Yellowstone contient sur son territoire 60% des geysers dela planète. Les autres grandes zones sont : l'Islande, la Nouvelle-Zélande et le Kamchatka.
les geysers sont principalement concentrés à l'intérieur de la dernière caldeira et dans le bassin de Norris, contigu.

                                        
                                                     "Grotto geyser" en action -   

                                                                                           © B.Duyck

 



Q 4 : Quelle tribu indienne habitait cet endroit ?

Question piège et réponse complexe !
En effet, diverses tribus ont utilisé ce territoire depuis le "petit âge de glace" : les ancêtres des Kiowa occupèrent cet endroit vers 1700 AD. Les premiers Blackfeet, Cayuse, Bannock, Nez percé, Shoshone et Umatilla ont régulièrement traversé le parc.
Les Crow ont occupé la partie est, les Blackfeet le nord, des groupes de Shoshone chassaient dans les parties dégagées du sud et de l'ouest.

Des groupes de Shoshone se sont adaptés à la vie dans les montagnes; appelés "Sheep eaters" - ou Tukudika - , ils utilisaient des chiens pour le transport de nourriture et autres matériaux, contrairement aux tribus qui avaient adoptés le cheval. Leur nom provient du fait qu'il suivaient la migration des bighorns, grands ovins qui leur procuraient nourriture, outils, peaux; ils en faisaient aussi commerce avec d'autres tribues.
Ils ont donné leur nom à un site appelé "Sheepeater cleef".

Q 5 : Que fabriquent ces micro-organismes ?

 les micro-organismes représentés sont responsables de la formation et de la coloration des terrases de Mammoth, des colorations des hot springs du parc ... nous examinerons cela en détail au moment de parler de ces sites.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Bonjour à toutes et tous, vulcanophiles et lecteurs fidèles.

Me voici de retour de voyage avec quelques milliers de photos en plus et quelques kilos de moins - comme d'habitude -, et pour se remettre en forme et me laisser le temps de "gérer" mon stock-photo, je vous propose, pour ce premier article de reprise, un petit questionnaire !

- Quel fut le premier parc naturel créé sur la planète bleue ?
- Quel observatoire vulcanologique est dirigé par J.Lowerstern ?
- Quel photographe - parmi les pionniers de l'USGS - a donné son nom à un trou et une ville ?
- Dans quel endroit trouve-t-on 60% des geysers de la planète ?
- Quelle tribu indienne habitait originellement cet endroit ?
- Que fabriquent ces microorganismes ?


Pour vous mettre sur le voie, ci-dessous une peinture illustrant une halte célèbre, située au N-E .


Prix pour la meilleure réponse : le droit de m'accompagner lors d'une prochaine visite et toute mon admiration .
Réponses : dès demain ... dans le prochain article.

Autre indice : on y boit "de la blonde organic" !

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le triangle Afar est une région "délicate" politiquement, humainement, climatiquement, volcanologiquement !

Sortie , il y a peu, d'une guerre avec l'Erythrée, cette région n'a jamais été vraiment contrôlée par le gouvernement Ethiopien... qui n'est pas parvenu à désarmer ce peuple de nomades-guerriers. Il n'est pas rare de rencontrer des hommes portant la kalachnikov en travers des épaules, les bras négligemment appuyés dessus.

  Joël, qui connait quelques dialectes locaux, a pu par ses palabres, détendre un peu l'atmosphère.

© JM. Mestdagh



Les Afars, qui avaient la réputation d'émasculer leurs ennemis, ont gardés un fort esprit d'indépendance et de liberté, n'acceptant pas les nouvelles frontières qui les divisent; Aux autorisations gouvernementales nécessaires pour pénétrer ce territoire, s'ajoutent des autorisations régionales , voire locales : même en plein désert, le sol est toujours le propriété de quelqu'un et la moindre incursion est soumise à la bonne volonté du propriétaire.
Inutile d'envisager un voyage au Danakil en "routard" : l s'agit d'une expédition à déléguer, pour l'organisation, à des personnes expérimentées et accréditées localement !

Plusieurs 4x4 pilotés par des chauffeurs maitrisant le terrain, des guides locaux, au moins la présence de 2 policiers armés durant tout le voyage (ceux-ci sont parfois plus utiles pour "influencer" les chefs locaux que pour défendre le groupe contre d'éventuelles bandes armées) ... toutes ces conditions doivent être remplies pour espérer réussir ce périple.



Un de nos gardes, vigilant au camp de base de l'Erta Ale

© JM. Mestdagh


Climatiquement, cette région est une des plus chaudes de la planète : les températures peuvent atteindre plus de 55°C, entre Afdera, la chaîne de l'Erta Ale et Dallol. De plus, le régime des pluies peut rendre la zone impraticable à certaines périodes : pluies diluviennes en juillet-août, petites pluies et chaleur excessive entre le 15 mars et juin. La période idéale va du 15 septembre à maximum février.
Du fait des températures élevées, il faut se driller à boire suffisamment - 5 à 6 litres par jour, et bien souvent d'eau chaude, qu'il faudra aromatiser de sachets de thé ou de pastilles type "Isostar", sous peine de risquer déshydratation et autres cystites.





 Sur le site même de Dallol, différentes causes de risques sont à prendre en considération : les gaz nocifs non identifiés avec précision, parfois inodores obligent souvent au port du masque. Guy de Saint-Cyr, pourtant habitué à ces milieux et ses expéditions répétées en Afar, en a fait l'expérience en 2004 ... où il s'est subitement écroulé, en faisant une "macro" .

Il conseille d'ailleurs " de laisser quelques mètres d'espace entre
les différents participants, chacun pouvant ainsi observer les réactions de son voisiner réagir rapidement en conséquence
" ... je crois personnellement encore plus à la formation de binômes responsables, les photographes se laissant "prendre par leur activité" et délaissant la surveillance des copains.
Equipement de base : masque, lunettes de soleil, boissons.
Ne dirait-on pas un extrait du film "La mouche" ?
  © B.Duyck


                       Un oiseau intoxiqué par les gaz.   © B.Duyck

De plus, beaucoup de zones friables et proches de saumures chaudes et acides, d'autres "mouvantes" - se méfier des zones noires - où l'on peut disparaitre rapidement imposent le même genre de surveillance.

                                                  Zone molle et dangereuse.
  © B.Duyck

Plusieurs jours après notre passage, des européens furent enlevés (février 2007) - article ci-dessous ; une tentative de prise d'otages fur relatée par J-Y Jolivel, dans la revue LAVE (février 2008).

                                      ****************

TF1/LCI - L'une des voitures des otages européens retrouvée en Ethiopie, le 5 mars 2007
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Crédit Photo : TF1/LCI

L'une des voitures des otages européens retrouvée en Ethiopie, le 5 mars 2007

Ethiopie : Londres dépêche des forces spéciales
  • Un appel à témoins a été lancé lundi pour tenter de retrouver les cinq Européens et la dizaine d'Ethiopiens enlevés jeudi dans le Nord-Est du pays.

  • Lundi, trois voitures, dont deux portaient des impacts de balles, ont été découvertes à Hamed Ela, lieu de la disparition.

- le 05/03/2007 - 17h47
Mis à jour le 05/03/2007 - 18h32

L'ambassadeur de Grande-Bretagne en Ethiopie, Robert Dewar, a lancé lundi un appel à témoin pour aider les enquêteurs à retrouver les cinq Européens et une dizaine d'Ethiopiens, enlevés jeudi dans le Nord-Est de l'Ethiopie. "Je demande instamment à tous ceux qui pensent pouvoir aider de contacter l'ambassade britannique ou les autorités éthiopiennes, qui dirigent l'enquête (...). Nous sommes prêts à écouter toute personne disposant d'informations relatives à la disparition du groupe", a déclaré l'ambassadeur au cours d'une brève déclaration à Addis-Abeba. "Si (...) le groupe est retenu contre sa volonté, il a peut-être été victime d'une erreur d'identité", a-t-il avancé.

La Grande-Bretagne a reconnu que cinq personnes, liées à son ambassade en Ethiopie, avaient été enlevées le 1er mars près de la frontière érythréenne. Lundi, trois voitures, dont deux portaient des impacts de balles, ont été découvertes à Hamed Ela, lieu de la disparition. L'une des voitures portait des plaques diplomatiques. "Evidemment, c'est très inquiétant de voir ça, et cela souligne le sérieux de la situation", a réagi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Les cinq otages européens sont trois hommes et deux femmes travaillant à l'ambassade de Grande-Bretagne ou proches du personnel de l'ambassade britannique. Les Ethiopiens enlevés sont des chauffeurs, guides, cuisiniers et policiers, ainsi que des responsables du gouvernement de la région Afar. Sur les treize enlevés, cinq ont depuis été retrouvés par les forces de sécurité éthiopiennes. A ce jour, ces rapts n'ont fait l'objet d'aucune revendication.

"Uniformes de l'armée érythréenne"

Des forces spéciales britanniques SAS (Special Air Service) sont prêtes à intervenir en Ethiopie, selon la presse britannique. Les SAS, principale unité d'élite, sont parmi les meilleurs spécialistes des opérations commando au monde.

Cet enlèvement à la frontière entre l'Ethiopie et l'Erythrée intervient dans un contexte tendu entre les deux pays. Un ex-otage éthiopien a déclaré lundi que les ravisseurs "portaient des uniformes de l'armée érythréenne". Cet ex-otage a raconté que dans la nuit du 28 février au 1er mars, il avait "entendu du bruit quand quatre Erythréens frappaient des gens" à Hamed Ela. "J'ai tenté d'intervenir mais je n'ai pas réussi, ils (les ravisseurs) m'ont immobilisé et ensuite emmené avec les autres captifs", a-t-il affirmé.

Samedi, Ismaïl Ali Sero, le président de la région éthiopienne Afar (Nord-Est), avait affirmé que des "soldats érythréens" avaient enlevé les touristes et les avaient "emmenés en Erythrée". Asmara a quasiment immédiatement démenti ces accusations. Lundi, le pays a réaffirmé que les cinq Européens et la dizaine d'Ethiopiens enlevés n'"étaient pas en Erythrée".

                                                                               ***********


J'espère vous avoir donné envie d'aller examiner de près le Dallol et ses couleurs !
Après les vacances, je vous parlerai du massif de l'Erta Ale et du peuple Afar, plus en détails.

                                       $$$$$$$$$$

      Voyage avec Aventure et Volcans / Origins Ethiopia.
      Bibliographie :
          - L'odeur du soufre - Haroun Tazieff.
          - Carnets de trek - Volcans - Guy de Saint Cyr.
            


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