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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au nord de la Columbia River, l’Etat de Washington compte cinq volcans actifs, tous faisant partie de la Chaine volcanique des Cascades, les Monts Adams, St Helens, Rainier, Baker et le plus reculé et le moins connu d’entre eux, Glacier Peak.

Glacier peak en début de saison estivale - photo John schrlock / USGS

Glacier peak en début de saison estivale - photo John schrlock / USGS

Volcans de la Chaîne des Cascades et tectonique - un click pour agrandir - doc. USGSVolcans de la Chaîne des Cascades et tectonique - un click pour agrandir - doc. USGS

Volcans de la Chaîne des Cascades et tectonique - un click pour agrandir - doc. USGS

Ressemblant à la silhouette du Mt St. Helens avant sa "décapitation", il culmine à 3.213 mètres et domine la Glacier Peak  Wilderness Area, couverte de forêts. Le volcan ne mesure en réalité qu’un peu moins de 1.000 mètres, car il s’est établi sur une haute dorsale.

Douze glaciers descendent sur ses flancs, ce qui lui a valu ce nom … et occultant son statut de stratovolcan dacito-andésitique,  jusque dans les années 1850 lorsque des natifs du nord-ouest  mentionnèrent au naturaliste Georges Gibbs " qu'un autre petit pic au nord du Mt Rainier avait émis de la fumée ".

Portant depuis la fin du plus récent âge glaciaire, ce volcan a produit, avec le St Helens , la plupart des éruptions explosives de cette partie du continent nord-américain, au cours d’au moins six épisodes volcaniques séparés.

Glacier peak, la tête dansles nuages - photo Steph Abbeg / Summitpost

Glacier peak, la tête dansles nuages - photo Steph Abbeg / Summitpost

Le sommet de Glacier peak et son ombre - photo John Schurlock / USGS

Le sommet de Glacier peak et son ombre - photo John Schurlock / USGS

Le volcanisme de Glacier Peak, comme celui des autres volcans de l’arc des Cascades, est dû à la subduction de la plaque Juan de Fuca sous la plaque Nord-Américaine.

L’âge du cône volcanique Glacier Peak est mal connu … Il a produit d’importantes éruptions explosives qui ont couvert les environs de dépôts de tephra ; elles se sont accompagnées de croissance de dômes de lave et de coulées pyroclastiques et lahars en direction des zones basses loin du volcan.

Les dépôts éruptifs primitifs ont en effet été érodés par la dernière glaciation puis ensevelis par les dômes plus jeunes, alignés grosso modo nord-sud  en travers du sommet du volcan. Les plus anciennes coulées de lave connues pour être issues du nord et de l’est du volcan ont été datées d’entre 200.000 et 600.000 ans.

En haut, Histoire éruptive de Glacier Peak des 15.000 dernières années - en bas, carte des zones à risques d'avalanches de débris et lahars (principalement dans les drainages ouest) - doc. USGS
En haut, Histoire éruptive de Glacier Peak des 15.000 dernières années - en bas, carte des zones à risques d'avalanches de débris et lahars (principalement dans les drainages ouest) - doc. USGS

En haut, Histoire éruptive de Glacier Peak des 15.000 dernières années - en bas, carte des zones à risques d'avalanches de débris et lahars (principalement dans les drainages ouest) - doc. USGS

Glacier Peak côté nord - les roches exposées sont des coulées de lave du Pléistocène confinées entre des glaciers - photo Heither Bleick / USGS

Glacier Peak côté nord - les roches exposées sont des coulées de lave du Pléistocène confinées entre des glaciers - photo Heither Bleick / USGS

La partie sommitale de Glacier peak peut se subdiviser en trois parts, deux faux sommets et l’actuel sommet, qui est partiellement recouvert par les parties hautes de Chocolate Glacier qui laisse exposées à l’ouest et au sud une épaisse coulée haute d’une cinquantaine de mètres, vestige d’une éruption de dôme, datée d’il y a 5.500 ans.

Plus au nord, un petit plateau abrite les restes d’un dôme de lave récent. Une petite coulée de lave dacitique s’étend du centre de ce faux sommet jusqu’au sommet de Dusty Glacier, sur le flanc NE de Glacier peak.

Au sud du sommet actuel, Disappointment  peak, le dôme-coulée de dacite, s’étend sur 800 mètres sur le côté sud / sud-ouest du volcan. Sa couleur varie du gris clair au rose, et au rouge ; sa vésicularité élevée et la présence de phénocristaux prismatiques  rouge-noir d’oxyhornblende permet de distinguer la dacite de Disappointment peak des autres dacites de Glacier peak.

Glacier Peak - extrémité d'une coule de lave prismée bloquée par la glace - photo Heitherv Bleick / USGS

Glacier Peak - extrémité d'une coule de lave prismée bloquée par la glace - photo Heitherv Bleick / USGS

Disappointment Peak, vu de la montée vers Glacier Peak - photo Summitpost

Disappointment Peak, vu de la montée vers Glacier Peak - photo Summitpost

De bas en haut, des dépôts glaciaires – au niveau du bâton de marche, la couche orangée de cendres de l’éruption du Mazama (il y a 7.700 ans) – au dessus, des téphras des éruptions de Glacier Peak (< 7.000 ans), formés de dépôts co-ignimbritiques issus de coulées pyroclastiques répétées. – photo Bleick Heather  / USGS

De bas en haut, des dépôts glaciaires – au niveau du bâton de marche, la couche orangée de cendres de l’éruption du Mazama (il y a 7.700 ans) – au dessus, des téphras des éruptions de Glacier Peak (< 7.000 ans), formés de dépôts co-ignimbritiques issus de coulées pyroclastiques répétées. – photo Bleick Heather / USGS

Flanc nord-est de Glacier Peak - Dépôts de coulées pyroclatiques et de lahars provenant de l’effondrement d’un dôme, datés d’entre il y a 5.500 à 5.100 ans – les roches beiges à l’avant-plan sont des dépôts altérés hydrothermalement de la Formation Gamma Ridge, emplissant une petite caldeira qui a précédé le Glacier Peak moderne – photo Tyson Berndt / USGS

Flanc nord-est de Glacier Peak - Dépôts de coulées pyroclatiques et de lahars provenant de l’effondrement d’un dôme, datés d’entre il y a 5.500 à 5.100 ans – les roches beiges à l’avant-plan sont des dépôts altérés hydrothermalement de la Formation Gamma Ridge, emplissant une petite caldeira qui a précédé le Glacier Peak moderne – photo Tyson Berndt / USGS

Sources :

- Cascades Volcano Observatory - Glacier Peak

- Global Volcanism Program - Glacier Peak

- Geological survey – Intrusion and eruption of late Cenzoic magmas in the Glacier peak area, North Cascades, Washington -  Late episode of volcanism : Glacier peak volcano and associated rocks.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

A proximité de la Columbia river et de Portland, un énorme stratovolcan constitué de plusieurs dômes andésitique à dacitique, le Mount Hood, constitue une menace toujours bien présente pour la région. Ces dômes ont été produits lors d'éruptions dans les 730.000 dernières années et sur base d'un volcan ancestral présent depuis des millions d'années.

Le Mt. hood domine la ville de Portland  - photo Ed Rudlledge / USGS

Le Mt. hood domine la ville de Portland - photo Ed Rudlledge / USGS

Le Mont Hood est couvert de glaciers, et a produit au cours d’éruptions récentes nombre de lahars, le dernier en date, non associé à une activité éruptive, a atteint la Columbia River en 2006.

Le volcan a connu des périodes d'activités de dizaines ou des centaines d'années, séparées par des périodes calmes ayant duré entre des centaines d'années et 10.000 ans.

Des effondrements au Pléistocène produisirent des avalanches et des lahars qui se propagèrent le long de la Columbia river vers le nord.

A gauche, les glaciers du Mt. Hood - doc d'après des données Lidar / USGS - à droite, carte des risques - Doc USGS - un clic pour agrandirA gauche, les glaciers du Mt. Hood - doc d'après des données Lidar / USGS - à droite, carte des risques - Doc USGS - un clic pour agrandir

A gauche, les glaciers du Mt. Hood - doc d'après des données Lidar / USGS - à droite, carte des risques - Doc USGS - un clic pour agrandir

Le volcan a connu au moins quatre périodes éruptives majeures depuis 15.000 ans, dont trois depuis 1.800 ans :

  • Polallie (entre 15.000 et 12.000 ans) : les éruptions sont contemporaines ou postérieures à  la glaciation du Pléistocène.
  • Timberline (entre 1.800 et 1.400 ans)
  • Zigzag (entre 600 et 400 ans)  

Durant ces deux périodes, des avalanches de débris et des lahars ont emprunté les vallées de la Zigzag river et de la Sandy river en direction de la Columbia, installant un delta dans la Sandy river, et déplaçant le cours de la Columbia river.

  • Oldmaid (entre 250 et 180 ans) : des coulées pyroclastiques et des lahars, générés par des effondrements répétés du dôme de lave extrudé à proximité de l’actuel Crater Rock, vestige de ce dôme, ont créeé des dépôts distribués entre la Sandy river et la White river. Les premiers colons rapportent une activité éruptive en 1859 et 1865-1866, date officielle de la dernière activité éruptive (GVP)
Date etdescription des évènements géologiques dans la région du Mt. Hood au cours des derniers 30.000 ans  - doc. USGS

Date etdescription des évènements géologiques dans la région du Mt. Hood au cours des derniers 30.000 ans - doc. USGS

Le delta de la Sandy river, datant de la période éruptive "Timberline" du Mt. Hood  - photo Scott Willie / USGS

Le delta de la Sandy river, datant de la période éruptive "Timberline" du Mt. Hood - photo Scott Willie / USGS

Le flanc sud du Mt. Hood, avec Crater Rock - photo © Jean-Michel Mestdagh

Le flanc sud du Mt. Hood, avec Crater Rock - photo © Jean-Michel Mestdagh

A proximité du Timberline Lodge, Crater Rock est un vestige du dôme dacitique (hypersthene-hornblende) formé il y a 2 à 300 ans. Ses mensurations : 300 à 400 m. à sa base et haut de 170 m. sur son côté sud; il est entouré d'une zone de brèches de même composition.

Sommet du Mt. Hood , avec Crater Rock, plus dégagé au centre-gauche - photo © Jean-Michel Mestdagh

Sommet du Mt. Hood , avec Crater Rock, plus dégagé au centre-gauche - photo © Jean-Michel Mestdagh

Activité fumerolienne au niveau du terrain altéré du sommet du Mt. Hood  - photo James Howles / USGS

Activité fumerolienne au niveau du terrain altéré du sommet du Mt. Hood - photo James Howles / USGS

Une forte activité fumerolienne persiste aujourd'hui dans ses environs. La température maximale des fumerolles fut mesurée à 92°C, un peu supérieure au point d'ébullition de l'eau à cette altitude, au niveau de la principale zone géothermale du volcan s'appelle "Devil's kitchen" ... cela ne s'invente pas ! 

Sources :

- Global Volcanism Program - Hood

- Cascades Volcano Observatory  / CVO - Mt. Hood

- USGS - Mount Hood - History and hazards of Oregon's most recently active volcano - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Columbia river gorge / Oneonta gorge - photo Roadtripper

Columbia river gorge / Oneonta gorge - photo Roadtripper

Le long des gorges de la Columbia river, divers affluents ont dû creuser le basalte mis en place au Miocène (entre 17 et 12 Ma), pour rejoindre la rivière.

Ce paysage arboré ponctué de superbes cascades est accessible par l’Historic Columbia River Scenic Byway, une route sinueuse et étroite longue de 113 km.

Construite à partir de 1913 par Samuel C.Lancaster, elle est un des grands exploits d’ingénierie contemporaine … la beauté des sites  a été conservée, son concepteur " ne voulant pas gâcher ce que Dieu avait créé ici ".

Columbia River gorge - Historic Columbia River Scenic Byway - Unblocked Tunnel creusé dans le basalte- photo Pacific northwest photoblog

Columbia River gorge - Historic Columbia River Scenic Byway - Unblocked Tunnel creusé dans le basalte- photo Pacific northwest photoblog

Columbia River Gorge - les différentes chutes d'eau et la position d'Oneonta Gorge

Columbia River Gorge - les différentes chutes d'eau et la position d'Oneonta Gorge

La plus haute chute d'eau de l'Etat d'Oregon, Multnomah Falls vues du bas - Lower falls et une partie d' Upper falls / Multnomah Falls. photo David Benbennick

La plus haute chute d'eau de l'Etat d'Oregon, Multnomah Falls vues du bas - Lower falls et une partie d' Upper falls / Multnomah Falls. photo David Benbennick

La gorge Oneonta en est un des exemples frappants. Elle doit son nom à Carleton Eugene Watkins, natif d’Oneonta, dans l’état de New York, qui l’a parcouru et photographié pour la première fois en 1849, au cours de la ruée vers l’or.

Difficilement accessible, elle nécessite de se mouiller pour arriver à admirer les quatre chutes majeures qui émaillent le parcours, Upper Oneonta Falls, Middle Oneonta Falls, Lower Oneonta Falls et Triple falls, et les murs de basalte recouverts de lichens, fougères, hépatiques et mousses, dont beaucoup sont endémiques à la gorge de la Columbia..

Oneonta Gorge - Triple falls  - photo Oregon wallpapers

Oneonta Gorge - Triple falls - photo Oregon wallpapers

Cartes des trails sur Oneonta Gorge - un clic pour agrandirCartes des trails sur Oneonta Gorge - un clic pour agrandir

Cartes des trails sur Oneonta Gorge - un clic pour agrandir

Promenade sportive à effectuer en été, à cause de la hauteur des eaux alimentées par la fonte des neiges et leur température basse, elle nécessite d’emprunter le lit de l’affluent, avec de l’eau jusque parfois à hauteur de la poitrine . Le trail est difficile, en raison d’accidents naturels … il faut franchir des barrages formés de troncs d’arbres enchevêtrés, ou d’autres obstacles …à la fin des années 90, le courant a été partiellement obstrué par trois gros rochers qui ont dégringolé dans le flux. Par la suite un embâcle s’est formé, et créé un danger pour les randonneurs, ce qui a conduit à un accident mortel en 2011.

Si vous ne voulez pas vous tremper, il existe des sentiers et des points d’observation accessibles par la terre ferme … mais le contact avec le basalte sera différent.

Oneonta logjam - une comparaison entre la situation en 1923 et 2011, avec la formation d'un embâcle difficile à franchir - doc. Wordpress

Oneonta logjam - une comparaison entre la situation en 1923 et 2011, avec la formation d'un embâcle difficile à franchir - doc. Wordpress

L'embâcle sur Oneonta Gorge - franchissement dangereux - photos Tripadvisor & Word of waterfallsL'embâcle sur Oneonta Gorge - franchissement dangereux - photos Tripadvisor & Word of waterfalls

L'embâcle sur Oneonta Gorge - franchissement dangereux - photos Tripadvisor & Word of waterfalls

Sources :

- Routes et circuits routiers d’Oregon / Travel Oregon - link

- Pacific northwest photoblog - link

- Wy East blog - Let's clear the logjam at Oneonta Gorge - link

- Black Watch Sasquatch blogspot - Oneonta gorge / Columbia river Gorge - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La gorge de la rivière Columbia, dans le nord-ouest des Etats-Unis, forme un de ses paysages extraordinaires, nés d’évènements cataclysmiques passés.

Ce canyon, profond de plus de 1.200 mètres, s’étend sur 130 km. du confluent de la rivière Deschutes à celui de la rivière Sandy. La gorge recoupe  la chaîne des Cascades, fournissant la seule voie navigable entre le plateau de la Columbia river et l’océan Pacifique.

Columbia River Gorge - photo Linda Garrisson / About geology.

Columbia River Gorge - photo Linda Garrisson / About geology.

Situation de la Columbia river gorge, par rapport au Columbia river basalt group, à l'ouest des Etats-Unis, recoupant la chaîne volcanique des Cascades.

Situation de la Columbia river gorge, par rapport au Columbia river basalt group, à l'ouest des Etats-Unis, recoupant la chaîne volcanique des Cascades.

Son histoire se confond d’abord avec les inondations basaltiques du CRBG / le Columbia River Basalt Group.

Cette province basaltique constitue la plus jeune, la plus petite et la mieux préservée des provinces basaltiques terrestre, et couvre 210.000 km² entre les états de l’Oregon, de Washington, de l’Idaho, et le nord du Nevada. Elle s’est formé lors d’éruptions effusives fissurales massives, alimentées par le magma d’un panache mantellique, et est issue de plus de 350 coulées entre 16,7 et 5.5 Ma. La majorité du basalte(93%) a été émis sur seulement 1,1 Ma, entre 16,7 et 15,6 Ma. Quelques 240 millions de mètres cubes de laves se sont répandus, se déplaçant sur des centaines de kilomètres depuis l’évent émetteur, et croisant le tracé de l’arc volcanique des Cascades.

A gauche, la Columbia river Flood-basalt province -  doc.Victor Camp & Martin Ros - à droite, extension des grandes formations basaltiques - doc.Reidel & al. 2002 - Un clic pour agrandir les cartes. A gauche, la Columbia river Flood-basalt province -  doc.Victor Camp & Martin Ros - à droite, extension des grandes formations basaltiques - doc.Reidel & al. 2002 - Un clic pour agrandir les cartes.

A gauche, la Columbia river Flood-basalt province - doc.Victor Camp & Martin Ros - à droite, extension des grandes formations basaltiques - doc.Reidel & al. 2002 - Un clic pour agrandir les cartes.

Subdivisons stratigraphiques du CRBG et leurs âges - doc. USGS

Subdivisons stratigraphiques du CRBG et leurs âges - doc. USGS

Suivant cette ère de volcanisme, à la fin de la dernière glaciation, les eaux du grand lac Missoula et du lac Columbia ont brisé leurs barrages de glace qui les contenaient à plusieurs reprises, causant de grandes inondations – appelées inondations de Spokane, ou de Brest, ou encore Missoula floods (datées d’entre il ya 15.000 à 13.000 ans).

Les eaux ont emporté des blocs de glace, de granite et de schiste au travers du bassin de la Columbia river, et sculpté au passage le paysage de la gorge.  Le creusement du canyon a provoqué la cascade des rivières adjacentes, dans leur course vers l’océan Pacifique. Cet épisode brutal d’érosion, s’ajoutant à l’érosion naturelle de la rivière, a exposé de nombreuses couches de roches volcaniques … comme le montre la photo prise de Rowena Crest Viewpoint, ci-dessous.

Columbia River Gorge  - stratification des coulées de basalte, vue de Rowena Crest Viewpoint - photo Liz Westby 2014 / USGS - CVO

Columbia River Gorge - stratification des coulées de basalte, vue de Rowena Crest Viewpoint - photo Liz Westby 2014 / USGS - CVO

La gorge de la Columbia river, vue de Crown Point, point atteint par les inondations - photon HUX.

La gorge de la Columbia river, vue de Crown Point, point atteint par les inondations - photon HUX.

Les lacs Missoula et Columbia, la calotte glaciaire et les zones inondées par les Missoula Floods - carte USGS

Les lacs Missoula et Columbia, la calotte glaciaire et les zones inondées par les Missoula Floods - carte USGS

La gorge est habitée depuis plus de 13.000 ans et a vu le passage des peuples Folsom et Marmes, venus d’Asie par le détroit de Bering, selon les découvertes archéologiques.

Elle a servi de corridor de transport au cours de milliers d’années, empruntée par les premiers américains, puis par l’expédition Lewis et Clark (1805-1806) pour atteindre le Pacifique … puis ce furent les bateaux à vapeur et le train qui y passèrent, avant les routes et autoroutes.

Carte de l'expédition Lewis & Clark (1805-1806) dans l'ouest Américain - doc. USGS

Carte de l'expédition Lewis & Clark (1805-1806) dans l'ouest Américain - doc. USGS

A suivre, la Gorge Oneonta, et l'écosystème particulier de la Columbia river gorge.

Sources :

- USGS - Cascade Volcano Observatory - Columbia River Basalt Group Stretches from Oregon to Idaho - link

- Ice Age Flood Institute  - About the Ice Age floods - link

- USGS - CVO - The Cordilleran Ice sheet and Missoula Floods  - link

 

 

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Ben Nevis - photo wikipedia

Ben Nevis - photo wikipedia

Distribution des roches plutoniques (en rose) et volcaniques (en bleu) - Ben Nevis , n°1 - Glen Coe, n°2.- doc. Jgs / Lyell collection

Distribution des roches plutoniques (en rose) et volcaniques (en bleu) - Ben Nevis , n°1 - Glen Coe, n°2.- doc. Jgs / Lyell collection

 A quelque distance de Glen Coe, Ben Nevis est un autre exemple de caldeira géante datant de 350 Ma.

Ben Nevis, Beinn Nibheis en gaélique signifiant montagne malveillante, avec 1.344 m. est la plus haut point d’Ecosse et un lieu renommé pour l’escalade.

Le massif de Nevis est constitué d’un mélange de granite de différentes couleurs, refroidi en profondeur, et de laves noires, qui se sont répandues en surface.

Schéma de formation de la caldeira de Ben Nevis - l'actuel niveau, après érosion est marqué par la ligne noire - doc. Geocaching.

Schéma de formation de la caldeira de Ben Nevis - l'actuel niveau, après érosion est marqué par la ligne noire - doc. Geocaching.

Ben Nevis, face sud - photo Blisco.

Ben Nevis, face sud - photo Blisco.

La recherche a montré que les roches ignées du Dévonien forment des intrusions en dykes circulaires concentriques dans les schistes environnants.

L’anneau intérieur, connu comme " inner granite ", constitue la majeure partie du sud de la montagne au-dessus du Lochan Meall an t-Suidhe, et la crête de Càrn Mòr Dearg.

Les granites extérieurs / "Outer granite", sont de teinte plus rouge.

Ces deux granites se sont mis en place à plusieurs milliers, voire des millions d’années d’écart.

Le dôme sommital lui-même est composé d’andésite et de laves basaltiques, qui ont recouvert le paysage avant l’effondrement de la caldeira.(voir schéma)

Le tout a été ensuite fortement érodé par les glaciations.

Ben Nevis et Càrn Mòr Dearg - photo Planetware

Ben Nevis et Càrn Mòr Dearg - photo Planetware

Glen Coe et Ben Nevis forment des sites d’intérêt scientifique, et ont le statut de Special area of Conservation.

 

Sources :

- Timing, relations and cause of plutonic and volcanic activity of the Siluro-Devonian post-collision magmatic episode in the Grampian Terrane, Scotland - by J.C.Neilson & oth.- link

- The Edinburgh geologist / issue n°43 / Mountain geology - link

- British Geological Survey - Glen Coe & Ben Nevis

   

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Formant l’un des paysages parmi les plus spectaculaires d’Ecosse, Glen Coe est un glen – une longue vallée glaciaire en auge  - d’origine volcanique.

Géologiquement parlé, Glen Coe est formé des restes d’une caldeira d’un grand volcan ancien et éteint. Les roches trouvées à Glen Coe, y compris celles d’origine volcanique, reflètent les différents environnements lors de leur formation : un milieu de mer peu profonde, ou un environnement subtropical désertique, certains laminés sous  une épaisse couverture glaciaire.

Glen Coe ... les restes d'un caldeira volcanique

Glen Coe ... les restes d'un caldeira volcanique

Evolution tectonique de l'Ordovicien au Dévonien - sur la carte de gauche, on voit l'actuel Royaume-Uni en deux entités encore séparées.

Evolution tectonique de l'Ordovicien au Dévonien - sur la carte de gauche, on voit l'actuel Royaume-Uni en deux entités encore séparées.

Vers 470-460 Ma, les anciens continents appelés Laurentia, Baltica at Avalonia, entrèrent en collision … à cette période, de violents mouvements tectoniques initie l’édification des montagnes Calédoniennes.

I y a 420 Ma, Glen Coe a connu une période d’activité volcanique cataclysmique, au cours de laquelle cinq éruptions majeures sont dénombrées. Chaque éruption mobilisant des milliers de kilomètres cubes de magma du volcan Glen Coe ; à chaque fois, la vidange de la chambre magmatique provoque l’effondrement du volcan et la formation d’une caldeira.

Glen Coe - un glen, une vallée glaciaire en auge - photo Gil Cavalcanti

Glen Coe - un glen, une vallée glaciaire en auge - photo Gil Cavalcanti

A l’arrêt de l’activité volcanique, le magma s’est comprimé dans les failles, où il s’est solidifié pour former une intrusion en anneau, entourant actuellement les roches volcaniques.

Durant des millions d’années, l’érosion par les éléments, la glace, le vent et la pluie, ont exposé ces roches volcaniques formées des millions d’années avant. La dernière glaciation, il y a environ 10.000 ans, a laissé une vallée glaciaire en forme de U.

" Glen Coe, Looking North " - toile de Catriona Herd -  120 x 76 cm - doc. Artpistol

" Glen Coe, Looking North " - toile de Catriona Herd - 120 x 76 cm - doc. Artpistol

L’endroit est malheureusement aussi renommé pour le " massacre de Glen Coe " , qui s’est déroulé le 13 février 1692, à l’époque de la Glorious Revolution , appelée aussi à tort Bloodless Revolution.

Le massacre a débuté simultanément en trois endroits de Glen Coe, avant de s’étendre à toute la vallée. Trente-huit hommes du clan Mac Donaldfurent tués par ceux à qui ils avaient accordé l’hospitalité … Quarante femmes et enfants moururent de froid après l’incendie de leur maison. La troupe de cent vingt assassins fut envoyé par Guillame III, prince d’Orange.

 

Source :

Lochaber geopark - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au sud d’Albuquerque, quelques champs volcaniques et une structure sous-terraine sont intéressants.

Le Lucero volcanic field :

Le Cerro Verde, l’un  des centres volcaniques les plus jeunes, est un volcan-bouclier de nature basaltique classique. Il a alimenté des coulées longues de 42 km., qui sont préservées le long du Rio San José, un affluent « moderne » des Rio Puerco et Rio Grande.

Lucero volcanic field - le Cerro Verde  - photo Larry Crumpler  / NMM

Lucero volcanic field - le Cerro Verde - photo Larry Crumpler / NMM

Un cône de scories, le Cerro Colorado, aussi appelé "Volcano Hill", est situé dans le champ volcanique, à proximité du Cerro Verde.

Des coulées de lave plus anciennes recouvrent les mesas, dont Black Mesa, à l’est du champ volcanique, ainsi que la frontière ouest du pendage monoclinal du rift du Rio Grande.

Lucero volcanic field - le Cerro Colorado  - photo Larry Crumpler  / NMM

Lucero volcanic field - le Cerro Colorado - photo Larry Crumpler / NMM

Carte du bassin d'Albuquerque et position du champ volcanique Lucero et du Corps magmatique Socorro - carte NMM

Carte du bassin d'Albuquerque et position du champ volcanique Lucero et du Corps magmatique Socorro - carte NMM

Le Socorro magma body :

Ce corps magmatique est situé à une profondeur de 19 km., loin de la surface … mais surveillé par les géologues, dans cette zone extrêmement sismique.

Les données géophysiques laissent supposer le présence d’un corps magmatique sous forme de laccolithe (*), dans la croûte moyenne sous le rift du rio Grande. Son volume est estimé à plusieurs milliers de kiomètres cubes.

La surveillance par interférométrie radar donne des élévations de 2,5mm / an en moyenne (2-4 mm/an entre 1.992 et 2.000). La zone affectée par le soulèvement est d’environ 7.000 km² ; le soulèvement maximum près du centre de la zone atteint une vingtaine de centimètres par rapport à la périphérie

Socorro magma body - à gauche, extension et schéma du corps magmatique / doc. NMM - à droite, soulèvement de la croûte du à l'inflation du Socorro magma body / doc. http://sioviz.ucsd.edu - un clic pour agrandir Socorro magma body - à gauche, extension et schéma du corps magmatique / doc. NMM - à droite, soulèvement de la croûte du à l'inflation du Socorro magma body / doc. http://sioviz.ucsd.edu - un clic pour agrandir

Socorro magma body - à gauche, extension et schéma du corps magmatique / doc. NMM - à droite, soulèvement de la croûte du à l'inflation du Socorro magma body / doc. http://sioviz.ucsd.edu - un clic pour agrandir

Socorro magma body - mise en évidence par sismologie et interférométrie radar - Fialko & simmons 2001

Socorro magma body - mise en évidence par sismologie et interférométrie radar - Fialko & simmons 2001

Les analyses topographiques ne montrent pas de soulèvement sur le long terme des Rio Puerco et Rio Salado, ni des surfaces alluviales anciennes, contrairement à l’évidence d’un soulèvement au cours des derniers siècles … ce qui signifie que ce corps magmatique est jeune.

Une récente modélisation indique que le soulèvement du corps magmatique Socorro  s’explique par une réponse viscoélastique de la croûte qui entoure celui-ci. La mise en place de ce laccolithe magmatique sur des millions d’années ne serait pas en relation temporelle avec le soulèvement de la surface

Ce corps magmatique chaud pourrait dans l’avenir causer la fusion des roches environnantes, et même conduire vers une éruption de magma rhyolitique visqueux.

 Socorro Magma body , en rouge – micro-séismes locaux représentés par des cercles  (1975-1995) et surface terrestre – le sismogramme donné en exemple montre une forte réflexion sismique  ( PzP, SzS ) à partir dela face supérieure quasi aplatie du corps magmatique.

Socorro Magma body , en rouge – micro-séismes locaux représentés par des cercles (1975-1995) et surface terrestre – le sismogramme donné en exemple montre une forte réflexion sismique ( PzP, SzS ) à partir dela face supérieure quasi aplatie du corps magmatique.

(*)  laccolithe : masse de roches intrusives, bombée à la partie supérieure , s’insinuant dans une série sédimentaire.

Sources :

 - AGU - Geophysical evidence for a magma body in the crust in the vicinity of Socorro - by A.R.Sanford  - link

- Caltech - Evidence for on-going inflation of the Socorro Magma Body, New Mexico, from interferometric synthetic aperture radar imaging - Fialko, Yuri and Simons, Mark (2001) – link

- New Mexico Geological Society Guidebook, 34th Field Conference, Socorro Region II, 1983 - Magma bodies in the Rio Grande rift in central New Mexico - A.Sanford - link

- New Mexico Museum of Natural history – Soccoro active magma body – link

- Effects of Active Faults on Probabilistic Seismic Hazard Estimates for the Socorro Area Using Instrumental Data 1962 through 1995 - link


 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La région de West Mesa est située à l’ouest de la ville d’Albuquerque, au milieu de la vallée de rift du Rio Grande. La Rio Grande rift valley fait partie des rares rifts aériens actifs, tels que le Grand rift Est Africain, le Graben du rhin, et le rift du lac Baikal en russie.

Cette zone de faiblesse et d’étirement de la croûte terrestre a favorisé le formation de fissures nombreuses par lesquelles le magma a trouvé des voies de montée vers la surface.

Albuquerque volcanic field  - photo Larry Crumpler - NMM

Albuquerque volcanic field - photo Larry Crumpler - NMM

Sur une longueur de 8 km., il y a 150.000 ans, des éruptions fissurales ont formé des rideaux de feu, comme à Hawaii, et sont responsables de six coulées de lave, qui ont recouvert la Formation Santa Fe, une accumulation de graviers et sable.

Les deux premières coulées, les plus importantes, ont créé le plateau de lave de West Mesa. Avec le refroidissement des coulées de lave, les fissures se sont bloquées, et la lave résiduelle a formé des cinder et spatter cones. Trois cônes sont plus importants et proéminents sur le bord ouest du site : ils sont connus comme les Three Sisters : Vulcan, JA et Black volcanoes.

Particulièrement visible sur le cône Vulcan, une dissymétrie du cône est remarquée, liée à la direction des vents au moment de l’éruption. Le cratère du Vulcan contient un petit lac de lave solidifié avec des colonnades basaltiques peu développées. Des tunnels de lave sinueux sont préservés sur les flancs NE et NO du cône.

Les six coulées et la position des cônes et des sites de pétroglyphes - un clic pour "éclaicir" les légendes - doc. Geology from Connell (2008)./ http://geoinfo.nmt.edu/tour/federal/monuments/petroglyphs/map_abq_volcanoes.pdf

Les six coulées et la position des cônes et des sites de pétroglyphes - un clic pour "éclaicir" les légendes - doc. Geology from Connell (2008)./ http://geoinfo.nmt.edu/tour/federal/monuments/petroglyphs/map_abq_volcanoes.pdf

Petroglyh N.M. - the Thress sisters : Black, JA et Vulcan volcanoes  - photo American southwest

Petroglyh N.M. - the Thress sisters : Black, JA et Vulcan volcanoes - photo American southwest

A gauche, JA volcano - à droite, Black volcano - un clic pour agrandir  - photos Michaelh2001A gauche, JA volcano - à droite, Black volcano - un clic pour agrandir  - photos Michaelh2001

A gauche, JA volcano - à droite, Black volcano - un clic pour agrandir - photos Michaelh2001

L’érosion par les vents et les pluies sur des milliers d’années de la Formation Santa Fe sous-jacente, plus friable et donc rapide que celle de la couche basaltique qui la surmonte, a enlevé une part importante de matériaux. La couche basaltique privée de support s’est brisée et effondrée en gros blocs formant l’actuel escarpement.

Formation de West Mesa et des boulders de Petroglyph N.M. - schémas NPS - un clic pour une vision séparée.Formation de West Mesa et des boulders de Petroglyph N.M. - schémas NPS - un clic pour une vision séparée.Formation de West Mesa et des boulders de Petroglyph N.M. - schémas NPS - un clic pour une vision séparée.

Formation de West Mesa et des boulders de Petroglyph N.M. - schémas NPS - un clic pour une vision séparée.

Le Petroglyph National Monument :

Les boulders furent utilisés par les natifs et les populations métissées avec les Mexicains et les Espagnols pour la réalisation de plus de 24.000 pétroglyphes, pour la plupart datés de période Pueblo ancestrale, entre 1.300 et 1.600.

C’est la nature même des blocs de basalte qui a rendu visible ces pétroglyphes. Le basalte, de couleur grise à l’origine, a changé de couleur suite aux phénomènes d’oxydation … La haute teneur en fer, manganèse et calcium a permis, suite à l’exposition à l’oxygène de l’air et à l’eau, la formation d’une patine foncée à la surface, appelée le "vernis du désert" .

Pétroglyphes dans un boulder basaltique dans le Rinconada Canyon - photo american southwest

Pétroglyphes dans un boulder basaltique dans le Rinconada Canyon - photo american southwest

Petroglyphes - photo american southwest

Petroglyphes - photo american southwest

New Mexico - 5 - West Mesa et le Petroglyph National Monument.

La gravure des blocs fait ressortir ces dessins complexes, représentant des scènes de chasses, des animaux, des humains, des masques et autres formes géométriques, par grattage de cette couche de vernis. Ils avaient une importance culturelle et spirituelle pour les premiers habitants et gardent une grande valeur pour leurs descendants.

Ils sont regroupés principalement dans trois canyons, les canyons Rinconada, Boca Negra et  Piedras Marcadas, regroupés dans le Petroglyph National Monument, créé récemment en 1990.

Un "personnage étoilé" dans la  Rinconada section du Petroglyph N.M. -  photo Jerry Willis

Un "personnage étoilé" dans la Rinconada section du Petroglyph N.M. - photo Jerry Willis

Sources :

- NPS – Petroglyph National Monument – link

- New Mexico bureau of geology and mineral resoources – link

- American Southwest - Petroglyph National Monument - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
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La sédentarisation des paléoindiens chasseurs et cueilleurs a commencé dans le sud-ouest de l'amérique du nord, il y a environ 12.000 ans.

Les Anasazis ont succédé au 8° siècle aux "Basketmakers", les vanniers, implantés dans ces territoires avant l'ère chrétienne. La sédentarisation a abouti à la création d'une nouvelle culture, dite de Pueblo, en référence aux villages constitués de maisons en briques de terre construites par les Anasazis du Mesa Verde, au coeur du désert du Colorado.

Falaises de Bandelier tuff creusées par l'érosion et aménagées par les indiens - photo Magnus Manske

Falaises de Bandelier tuff creusées par l'érosion et aménagées par les indiens - photo Magnus Manske

Bandelier tuff - habitations troglodytes et les échelles d'accès - remarquez le personnage à gauche qui permet de se rendre compte de la taille du site - photo NPS.

Bandelier tuff - habitations troglodytes et les échelles d'accès - remarquez le personnage à gauche qui permet de se rendre compte de la taille du site - photo NPS.

Ce qui nous intéresse ici, c'est l'habitat troglodyte en rapport avec le Bandelier tuff.

En plus des maisons construites avec des blocs de tuff, d'autres habitations ont été creusées dans la couche elle-même ; le tuff altéré était un peu plus dur en surface, mais la combinaison de cet "extérieur dur" et d'un "intérieur plus maléable" en a fait un endroit idéal pour y creuser des cavités : ces habitations troglodytes conservaient la fraicheur en été et la chaleur en hiver, et étaient accessible par une succession d'échelles et de plate-formes.

Les "trois soeurs", céréales, haricots et courges, étaient cultivées sur le sommet des mesas, arrosé par les orages de fin de journée. La teneur en ponce du tuff permettait de retenir l'eau comme le ferait une éponge. Le dindon était domestiqué, à la fois comme source de nourriture et de plumes.

Bandelier tuff - habitations troglodytes - les plafonds noircis montrent qu'on y faisait du feu - photo NPS.

Bandelier tuff - habitations troglodytes - les plafonds noircis montrent qu'on y faisait du feu - photo NPS.

Les kivas étaient des chambres rituelles circulaires creusées dans le sol et recouvertes d'un toit : édifice en partie souterrain, on y descendait par une petite échelle pour pratiquer le culte ou réunir le conseil du village. Un foyer était aménagé au centre et la fumée s'échappait par un conduit de ventilation, doté d'un déflecteur.

Les plus grandes pouvaient accueillir plusieurs centaines de personnes qui pouvaient s'asseoir sur des banquettes en pierre. Les grandes kivas de Chaco Canyon avaient un diamètre de dix-huit mètres. Des fêtes religieuses liées aux cycles agricoles devaient être célébrées dans ces kivas, exclusivement par les hommes.

  Entrée d'une kiva, creusée en hauteur dsns le Bandelier tuff - photo Ishwar.

Entrée d'une kiva, creusée en hauteur dsns le Bandelier tuff - photo Ishwar.

Intérieur d'une autre kiva, semi-enterrée, avec un plafond bombé reconstitué - photo auteur non référencé.

Intérieur d'une autre kiva, semi-enterrée, avec un plafond bombé reconstitué - photo auteur non référencé.

Les Anasazis ont laissé de nombreux pétroglyphes sur les parois des canyons. Ces gravures, et autres graffitis peints, pouvaient couvrir plusieurs mètres carrés et figuraient des animaux, des céréales, des cartes, un calendrier, etc.

Des poteries et des bijous ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques.

Pétroglyphe Anasazi - doc."Newspaper rock" (Utah) - photo ethernectar

Pétroglyphe Anasazi - doc."Newspaper rock" (Utah) - photo ethernectar

A gauche, Jarre "Bandelier - période Pueblo IV AD 1400 - 1550 - à droite, pendentif de turquoise - période Pueblo III - IV AD 1200 - 1550 - photo National Park serviceA gauche, Jarre "Bandelier - période Pueblo IV AD 1400 - 1550 - à droite, pendentif de turquoise - période Pueblo III - IV AD 1200 - 1550 - photo National Park service

A gauche, Jarre "Bandelier - période Pueblo IV AD 1400 - 1550 - à droite, pendentif de turquoise - période Pueblo III - IV AD 1200 - 1550 - photo National Park service

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Sources :

- The great desert - Valles caldera - link

- Bandelier National Monument - NPS - 

- Bandelier N.M. - People - NPS

- Anasazi places : ruins and rock art - a photography journey through some Anasazi sites - by Ray Rasmussen

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Publié le par Bernard Duyck
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La caldeira Valles, large de 20-24 km., a été formée suite à deux grandes éruptions qui ont créé le plateau, appelé Bandelier tuff. Avant l’effondrement de la caldeira, aucun grand volcan n’était présent, seuls quelques volcans parsemaient la région.

New Mexico- la caldeira Valles - photo sat. Jesse Allen and Robert Simmon - NASA Earth Observatory

New Mexico- la caldeira Valles - photo sat. Jesse Allen and Robert Simmon - NASA Earth Observatory

Elévation digitale 3D du complexe Valles-Toledo, avec les limites des camdeiras et les strucrtures internes post-caldeira  - doc. New Mexico Museum of Natural History and Science

Elévation digitale 3D du complexe Valles-Toledo, avec les limites des camdeiras et les strucrtures internes post-caldeira - doc. New Mexico Museum of Natural History and Science

Le Bandelier tuff :

Cette formation rhyolitique dans les Jemez mountain est constituée des dépôts de deux éruptions :

- l'unité inférieure correspond à la formation de la caldeira Toledo, il y a  1,45 Ma - volume 400 km³;

- l'unité supérieure à celle de la caldeira Valles, il y a 1,1 Ma - volume 250 km³.

La formation débute lorsqu’une masse de magma granitique riche en eau d’environ 1 million de km³ remonte vers la surface. En arrivant près de la surface, elle brise les roches qui le surmontent créant des fractures en cercle.

Lorsque l’éruption se produit, l’eau présente dans le magma se vaporise et pulvérise le magma en épais nuages de cendres et vapeur. Ces ignimbrites se déposent en tous sens pour former le Bandelier tuff. L'émission de ce gigantesque volume vide la chambre magmatique, causant ainsi l’effondrement d’une vaste caldeira de 20-24 km. de large et 300 mètres de profondeur.

En haut,l'évolution géologique simplifiée de la caldeira Valles - en bas, volume comparé de l'éruption Valles caldeira par rapport à d'autres éruptions importantes - un clic pour agrandir - schémas New Mexico Museum of Natural History and Science
En haut,l'évolution géologique simplifiée de la caldeira Valles - en bas, volume comparé de l'éruption Valles caldeira par rapport à d'autres éruptions importantes - un clic pour agrandir - schémas New Mexico Museum of Natural History and Science

En haut,l'évolution géologique simplifiée de la caldeira Valles - en bas, volume comparé de l'éruption Valles caldeira par rapport à d'autres éruptions importantes - un clic pour agrandir - schémas New Mexico Museum of Natural History and Science

Le Bandelier Ashflow Tuff surmonte des roches rouges du Permien - photo Larry Crumpler / New Mexico Museum of Natural History and Science

Le Bandelier Ashflow Tuff surmonte des roches rouges du Permien - photo Larry Crumpler / New Mexico Museum of Natural History and Science

Bandelier Ash Flow Tuff - paroi dans le Rendija Canyon près de Los Alamos. - photo L.Crumpler  / New Mexico Museum of Natural History and Science.

Bandelier Ash Flow Tuff - paroi dans le Rendija Canyon près de Los Alamos. - photo L.Crumpler / New Mexico Museum of Natural History and Science.

Les eaux de pluie et de fonte emplissent la caldeira, pour donner un lac fumant et sulfureux, étant donné que les éruptions sont encore en cours.

Le volcanisme post-caldeira se poursuit avec la mise en place de

-  dômes de lave situés sur la carte schématique, de droite à gauche dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sur les fractures circulaires, et se sont établis il y a 1Ma (Cerro del abrigo et del Media), 900.000 ans (Cerro des trasquilar), 800.000 ans (Cerro Seco et San Louis) et 530.000 ans (San Antonio Mt)  

- et d'un soulèvement du plancher de la caldeira, avec la formation de Redondo peak, un dôme de résurgence. En croissant, le dôme de résurgence se brise et se divise, formant des failles.

Il y a environ 500.000 ans, le lac de caldeira se vide de façon brutale au travers du canyon de San Diego, vers le sud, suite vraisemblablement à l’érosion de l’ancestrale rivière Jemez combinée à la sape due aux phénomènes hydrothermaux. La rupture du barrage diminue la quantité d’eau disponible et les manifestations hydrothermales diminuent d’intensité, d’autant que la chambre magmatique commence à se refroidir.

Valles caldeira : Les différents dômes, le dôme de résurgence, Redondo peak et la dépression Valle Grande

Valles caldeira : Les différents dômes, le dôme de résurgence, Redondo peak et la dépression Valle Grande

Valles caldeira - Panorama sur Redondo peak - photo et légendes The great desert.

Valles caldeira - Panorama sur Redondo peak - photo et légendes The great desert.

Valles caldeira - Battleship rock ignimbrites, structures laissées au SO par la vidange du lac de caldeira (voir carte ci-dessus) - photo Ronda

Valles caldeira - Battleship rock ignimbrites, structures laissées au SO par la vidange du lac de caldeira (voir carte ci-dessus) - photo Ronda

Valles caldeira - "Soda Dam" , barrage sur la Jemez river au SO de la caldeira - photo Lee Siebert

Valles caldeira - "Soda Dam" , barrage sur la Jemez river au SO de la caldeira - photo Lee Siebert

Le tuff, érodé par les vents et les pluies , a laissé des cavités dans les parois des canyons. Ces trous furent utilisés par le peuple ancestral Pueblo comme lieux d’habitation et comme matériaux de construction ... à voir dès demain.

 

Sources :

-  New Mexico Museum of Natural History and Science. - Valles caldeira / Jemez volcanic field

- The Bandelier Tuff: A study of ash-flow eruption cycles from zoned Magma Chambers - By R. L. Smith, R. A. Bailey

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