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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le volcan Furnas situé à la pointe Est de l’île de Sao Miguel, contient deux caldeiras emboitées, la plus jeune de 6 km. de large et une plus vieille, plus grande mais moins distincte dans la topographie locale. La paroi nord-est de l’ancienne caldeira entaille la muraille ouest de la caldeira Povoação de l’ancien volcan Nordeste.

São Miguel  - les caldeiras emboitées de Furnas ( limites en tireté et pointillé) - in Geology of Three Late Quaternary Stratovolcanoes on Sao Miguel, Azores – by R.Moore

São Miguel - les caldeiras emboitées de Furnas ( limites en tireté et pointillé) - in Geology of Three Late Quaternary Stratovolcanoes on Sao Miguel, Azores – by R.Moore

L’activité de Furnas aurait débuté voici 100.000 ans environ, avec quelques 85 éruptions recensées ; les roches anciennes sont des "tristanites", affleurant dans les falaises de Ribeira Quente et qui recouvrent des coulées du volcan Nordeste.

Il y a 30.000 ans environ, une éruption plinienne et l’émission d’ignimbrites trachytique sont à l’origine de la formation de la plus ancienne caldeira ; elle sera progressivement comblée par diverses éruptions.

La plus récente caldeira de Furnas s’est formée il y a 12.000 ans, en réponse à l’éjection de ponces trachytiques (volume subaérien estimé à 7 km³, mais plus important en incluant les retombées dans l’océan, impossibles à chiffrer), dont on peut voir des dépôts à 10 km. au nord du village de Furnas. Cette unité d’ignimbrite est appelée " ignimbrite de Povoação ". Trois cônes de tristanite, dont deux associés à des coulées, sont datés  post-caldeira. De même, une série de sept dômes de trachyte, dont le Pico do Ferro, sont situés sur des fractures formées au cours de l’effondrement de la caldeira.  

São Miguel - la caldeira de Furnas , le Lagoa das Furnas -

São Miguel - la caldeira de Furnas , le Lagoa das Furnas -

L’activité volcanique post-caldeira  a été importante au cours des derniers 5000 ans ; au moins 11 couches de ponces trachytiques en témoignent, classées de "Furnas A à Furnas J", ainsi que le Pico do Gaspar, un dôme de lave trachytique localisé à l’Est du lac de cratère Lagoa das Furnas.

Sa formation succède à plusieurs éruptions plinienne accompagnées de coulées pyroclastiques et de la formation de deux anneaux de ponces nichés ; elles ont été datées respectivement de 840 +/- 100 ans et de 1441. Cette dernière, ayant eu lieu durant le Petit Age Glaciaire, a émis 100 millions de m³de tephra ; elle est classée de VEI 4.

La dernière éruption de VEI 5, datée du 3 septembre au 2 novembre 1630, a fait des centaines de mort sur l’île ; elle s’est accompagnée d’importantes émissions de ponces, de coulées pyroclastiques et de la formation d’un dôme de lava trachytique, le Diego Preto / Mont Areia, au centre d’un anneau de ponces, le Cova da Burra.

Açores - São Miguel - volcan Furnas : le dôme du Pico do Gaspar est ceinturé d'une ligne d'arbres (entre le lac et le sommet du dôme de lave) qui marque le bord de l'anneau de ponces. - photo Rick Wunderman / Smithsonian institute.

Açores - São Miguel - volcan Furnas : le dôme du Pico do Gaspar est ceinturé d'une ligne d'arbres (entre le lac et le sommet du dôme de lave) qui marque le bord de l'anneau de ponces. - photo Rick Wunderman / Smithsonian institute.

Açores - Sao Miguel - volcan Furnas : source bouillante - photo Geoparque Azores

Açores - Sao Miguel - volcan Furnas : source bouillante - photo Geoparque Azores

Un champ fumerollien, comptant une trentaine de sources chaudes (de 15° à 60°C), et quelques geysers, existe dans le village de Furnas, au nord du lac.

Les zones géothermales sont exploitées par les habitants pour la cuisson de leur ragoût, le "Cozido" , qu’ils font mijoter plusieurs heures dans des faitouts, enveloppés de linges, dans des trous de 60 cm de profondeur.

Parmi les ingrédients composants le "Cozido", on compte des choux, des pommes de terre, des carottes, de la patate douce, avec comme viandes, du chorizo, du poulet,, du bœuf et du boudin noir … roboratif !

Açores - Sao Miguel - volcan Furnas - Zone géothermale et plate-forme de cuisson du "Cozido" - photo Geoparque Azores

Açores - Sao Miguel - volcan Furnas - Zone géothermale et plate-forme de cuisson du "Cozido" - photo Geoparque Azores

Sources :

- Geology of Three Late Quaternary Stratovolcanoes on Sao Miguel, Azores – by R.Moore - link

- Global Volcanism Program - Furnas

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

São Miguel présente une structure variée : un massif ancien à l'est de l'île, le complexe de Povoação; trois stratovolcans à caldeira, Sete Cidades, Agua de Pau et Furnas. Ces massifs volcaniques sont reliés entre eux par des alignements récents de cônes de scories et leurs coulées de lave : la région des Pics.

Les trois stratovolcans à caldeira du Quaternaire sont le résultat de volumineuses éruptions de nature principalement trachytique, de coulées pyroclastiques et retombées de cendres.

La caldeira la plus ancienne est la caldeira externe d’Agua de Pau, en position centrale, entre 26.500 et 46.000 ans. Ensuite on assiste à une progression d’ouest en est, vers des structures plus récentes : à l’ouest, la caldeira de Sete Citades, daté de 22.000 ans, puis la caldeira interne d’Agua de Pau, datée de 15.000 ans, et enfin à l’est, celle de Furnas, datée de 12.000 ans.

São Miguel  et la localisation de ses caldeiras (carte VolcanoWorld / Oregonstate.)
São Miguel  et la localisation de ses caldeiras (carte VolcanoWorld / Oregonstate.)

São Miguel et la localisation de ses caldeiras (carte VolcanoWorld / Oregonstate.)

São Miguel  - le massif Agua de Pau - photo Hansueli Krapf

São Miguel - le massif Agua de Pau - photo Hansueli Krapf

São Miguel, la caldeira Agua de Pau : le Lagoa do Fogo - photo Geoparque Azores

São Miguel, la caldeira Agua de Pau : le Lagoa do Fogo - photo Geoparque Azores

Le stratovolcan central Agua de Pau :

Les roches subaériennes les plus anciennes d’Agua de Pau, du Pléistocène, incluent un dôme de trachyte (181.000 ans) sur la côte sud, une coulée de trachyte proche du sommet (121.000 ans) et des tuffs trachytiques (dont une unité de 103.000 ans). L’édifice principal consiste en coulées trachytiques, dômes et dépôts pyroclastiques, datés d’entre 100.000 et 40.000 ans.

São Miguel, le centre de l'ile - Le stratovolcan central Agua de Pau : la caldeira externe, en pointillé / la caldeire interne, délimitée par des étoiles  - doc. in Geology of Three Late Quaternary Stratovolcanoes on Sao Miguel, Azores – by R.Moore

São Miguel, le centre de l'ile - Le stratovolcan central Agua de Pau : la caldeira externe, en pointillé / la caldeire interne, délimitée par des étoiles - doc. in Geology of Three Late Quaternary Stratovolcanoes on Sao Miguel, Azores – by R.Moore

São Miguel, la caldeira Agua de Pau : le Lagoa do Fogo, du Miradouro da Serra da Barrosa – photo Luis Silveira

São Miguel, la caldeira Agua de Pau : le Lagoa do Fogo, du Miradouro da Serra da Barrosa – photo Luis Silveira

La caldeira externe, de 4.000 sur 7.000 mètres, est datée de 26.500 à 46.000 ans.

La caldeira interne, de 2.500 sur 3.000 mètres, a été formée il y a 15.000 ans.

L’activité post-caldeira concerne des dômes de lave, qui se sont mis en place sur les flancs nord et ouest du volcan, et la caldeira, où une des plus importantes éruptions des Açores – de VEI 5 - est datée de 2.990 avant JC., caractérisée par un dépôt de ponces de 3 km³ (Fogo-A plinian fall deposit). La caldeira le plus récente abrite un lac, le lagoa do Fogo. Des cinder cones ponctuent des fissures radiales et concentriques.

La dernière éruption trachytique explosive a pris place en 1563, à l'évent Cerro Qurimado, sur le flanc NO de la caldeira . Des sources chaudes, localisées sur le flanc NO., suggèrent la présence de magma, ou roches chauffées par celui-ci, associé aux éruptions du Pléistocène / Holocène, proche de la surface.

 

São Miguel  - Caldeira Agua de Pau, le lagoa do Fogo - photo Rae Brune

São Miguel - Caldeira Agua de Pau, le lagoa do Fogo - photo Rae Brune

Sources :

- Geology of Three Late Quaternary Stratovolcanoes on Sao Miguel, Azores – by R.Moore - link

- Global Volcanism Program - Agua de Pau

- Geoparque Azores - Sao Miguel

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Terceira / Açores - le massif de Santa Barbara - photo Geoparque Açores.

Terceira / Açores - le massif de Santa Barbara - photo Geoparque Açores.

Terceira / Açores - la caldeira Santa Barbara  - photo Geoparque Açores

Terceira / Açores - la caldeira Santa Barbara - photo Geoparque Açores

L’ouest de Terceira abrite le stratovolcan de Santa Barbara. Le massif de Santa Barbara, qui occupe la quasi-totalité du relief du tiers ouest de l’ile, impose à la ligne de rivage une allure de demi-cercle quasi parfait.

Le volcan est tronqué par un complexe de caldeiras de 2.700 sur 1.900 mètres, pratiquement remplies par sept dômes trachytiques.

Sur leurs flancs, des dômes et des dômes-coulées trachytiques, avec parfois de l’obsidienne, comme à Misterios Negros, un des centres éruptifs de l’éruption d’avril 1761, ou sur le côté ouest, les épaisses coulées de Ponta do Raminho et Ponta do Queimado, proche du phare de Serrata.

Santa Barbara, après un épisode rapide d’effondrement sommital limité, a maintenu, si pas accru son volume global par cet apport des dômes et coulées de trachyte.

Terceira / Açores - Santa Barbara Natural reserve - photo Parques Naturais

Terceira / Açores - Santa Barbara Natural reserve - photo Parques Naturais

Terceira / Açores - Coulées trachytiques épaisses côté ouest de Santa Barbara - photos Geoparque Açores
Terceira / Açores - Coulées trachytiques épaisses côté ouest de Santa Barbara - photos Geoparque Açores

Terceira / Açores - Coulées trachytiques épaisses côté ouest de Santa Barbara - photos Geoparque Açores

Terceira / Açores - Volcan Misterios Negros - photo João Carlos Nunes - Governo dos Açores

Terceira / Açores - Volcan Misterios Negros - photo João Carlos Nunes - Governo dos Açores

L'éruption du volcan océanique Serrata :

L'éruption sous-marine au large de Terceira, en 1998-2000,  a été analysé par la SVE - société volcanologique Européenne.
Le 18 décembre 1998, des pêcheurs de Terceira alertent les autorités : une "colonne de fumée blanche" sort de l'océan à 9 km. au NO. du phare de Serreta. Le point d'émission, situé à une profondeur de 500 mètres, est proche du banc de Serreta, où une éruption sous-marine a eu lieu en 1867.

A gauche, Localisation des blocs flottants et des bulles marquant l'éruption de Serrata, au large de Terceira ( croix : janvier 1999 - triangles : février 1999 - rectangle : mars 1999. - localisation des éruptions de 1867 : cercles noirs.)  Courtesy of the Center of Volcanology of the Azores University (CVUA). - à droite, "lava balloons" provenant de la dorsale Serreta  -  courtesy of CVUA - 1999. A gauche, Localisation des blocs flottants et des bulles marquant l'éruption de Serrata, au large de Terceira ( croix : janvier 1999 - triangles : février 1999 - rectangle : mars 1999. - localisation des éruptions de 1867 : cercles noirs.)  Courtesy of the Center of Volcanology of the Azores University (CVUA). - à droite, "lava balloons" provenant de la dorsale Serreta  -  courtesy of CVUA - 1999.

A gauche, Localisation des blocs flottants et des bulles marquant l'éruption de Serrata, au large de Terceira ( croix : janvier 1999 - triangles : février 1999 - rectangle : mars 1999. - localisation des éruptions de 1867 : cercles noirs.) Courtesy of the Center of Volcanology of the Azores University (CVUA). - à droite, "lava balloons" provenant de la dorsale Serreta - courtesy of CVUA - 1999.

Terceira / Açores - Des  "lava balloons" provenant de la dorsale Serreta flottent à la surface et produisent de la vapeur blanche -  courtesy of CVUA - 1999.

Terceira / Açores - Des "lava balloons" provenant de la dorsale Serreta flottent à la surface et produisent de la vapeur blanche - courtesy of CVUA - 1999.

Ce volcan, appelé volcan océanique Serreta, fut actif jusqu'à mars 2.000, le long de failles orientées NE-SO. et NO-SE., affectant une surface de plusieurs km².

L'activité volcanique a été discontinue, alternant de petites périodes calmes d'émission de bulles et d'autres caractérisées par des blocs de pillow basalte fumants, et marquée par une "migration des évents".

L'émission persistante de laves en coussin vésiculaires flottants  - lava balloons - parfois remplis d'une lave fluide et explosant en arrivant en surface avant de couler après quelques minutes est un évènement inhabituel ! (revus depuis aux Canaries, lors de l'éruption sous-marine au sud-est d'El Hierro, appelés "Restingolitas" )

Cette éruption impliquait un magma basaltique riche en gaz ; des analyses chimiques opérées par le Nordic Volcanological Institute confirment que ce sont des basaltes alcalins, de composition définie aux basaltes des Açores.

La pétrographie révèle des phénocristaux de pyroxène, d'olivine et de feldspath dans une masse vitreuse contenant des microlithes incluant des oxydes.

L'éruption a été définie comme étant de type serretyan, un type précédant les éruptions surtseyennes ou de type Capelinos.

Sources :

- Geoparque Açores - Terceira

- Global Volcanism Program - Terceira

- SVE - société volcanologique Européenne - Volcan océanique Serrata

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Située à 27º 12’ de longitude ouest et à 38º 40’ de latitude nord, et de forme vaguement elliptique, Terceira a une superficie de 381,96 km² ; ses dimensions maximas sont de 29 km de longueur pour 17,5 km de largeur.

Un plateau au relief doux domine la partie Est de l’île. La zone centrale est marquée par le bas et grand cratère de la Caldeira de Guilherme Moniz et par l’ensemble d’élévations de la Serra do Labaçal, qui a son plus haut sommet au Pico Alto (808 m). À l’ouest,  se déroule le système montagneux du vaste cratère de la Serra de Santa Bárbara, où se trouve le plus haut sommet de l’île (1.021 m).

Terceira / Açores - le port et la ville d’Angra do  Heroismo, dominés par le cône du Monte Brasil - photo travelpost.noble-caledonia.co.uk

Terceira / Açores - le port et la ville d’Angra do Heroismo, dominés par le cône du Monte Brasil - photo travelpost.noble-caledonia.co.uk

Terceira est une île massive, formée par trois caldeiras rapprochées : la caldeira et le massif de la Serra do Cume, la caldeira Guilherme Moniz et le massif de la Serra do Moriao, et la caldeira et le massif de Santa Barbara. Ce dernier, le plus jeune, inclus une caldeira complexe emplie de dômes de lave trachytique. Sur les pentes externes, ces dômes prennent l’aspect de masses volumineuses prolongées par des coulées canalisées dans de spectaculaires levées.

La présence d’un graben dans le nord-est de Terceira , qui a modifié les pentes d’un grand stratovolcan, appartient aux accidents tectoniques ONO-ESE de la dorsale médio-Atlantique à la latitude de l’archipel des Açores. L’évolution de l’archipel passera par une analyse de la géomorphologie sous-marine.

Terceira /Açores - carte des différents massifs volcaniques et des coulées trachytiques ouest et nord - doc. Instituto Geografico

Terceira /Açores - carte des différents massifs volcaniques et des coulées trachytiques ouest et nord - doc. Instituto Geografico

Le centre de Terceira :

La caldeira de Guilherme Moniz forme une dépression de 4.300 mètres sur 2.300 m, datée de 23.000 ans, qui s’est remplie de pyroclastes et de coulées récentes , comme celles émises par le cône de scories Algar do Carvão.

Ce cône, de 629 mètres de hauteur, a comme particularité d’avoir la cheminée de son cratère demeurée ouverte sur une profondeur de 80 mètres, trou au fond duquel repose un lac de 400 m². On peut y accéder grâce aux aménagements faits par les spéléologues de Terceira : un tunnel latéral artificiel permet d’éviter le puit vertical, et donne accès à une salle dont la voûte se compose de roches andésitiques. Les eaux d’infiltration ont traversé les scories du cône extérieur en se chargeant d’éléments , et forment des stalagtites blanches d’une cinquantaine de cm., et des stalagmites étalées et massives de nature silicique amorphe.

Terceira / Açores - la cheminée du cône de scories Algar do Carvão, et son lac - photo Geoparque Açores.

Terceira / Açores - la cheminée du cône de scories Algar do Carvão, et son lac - photo Geoparque Açores.

Terceira / Açores - Stalactites siliceuses du cône de scories Algar do Carvão - photo PatriciaR

Terceira / Açores - Stalactites siliceuses du cône de scories Algar do Carvão - photo PatriciaR

Terceira / Açores - Coupes du cône de scories Algar do Carvão - Terceira / Açores - Coupes du cône de scories Algar do Carvão -

Terceira / Açores - Coupes du cône de scories Algar do Carvão -

Au sud-ouest du complexe volcanique du centre-nord, on remarque un ensemble de dômes-coulées et de cônes stromboliens, dont l’un d’entre eux comporte à son sommet une dépression de 100 mètres de diamètre, appelé Furnas do Enxofre : une quinzaine de bouches émettent une vapeur sulfureuse chaude qui maintiennent les roches à 80-100°C. Autour des bouches, le soufre s’est déposé en aiguilles de 1 à 5 cm de longueur. Ce sont les seuls témoins actuels du volcanisme latent sur Terceira.

Terceira / Açores - Furnas do Enxofre - photo José Luís Ávila Silveira / Pedro Noronha e Costa

Terceira / Açores - Furnas do Enxofre - photo José Luís Ávila Silveira / Pedro Noronha e Costa

Terceira / Açores - Furnas do Enxofre - photo Geoparque Açores

Terceira / Açores - Furnas do Enxofre - photo Geoparque Açores

Le Pico Alto est un volcan polygénétique, avec une caldeira jeune, quasi complètement remplie par des dômes et des coulées, dont Biscoito Rachado et Biscoito da Ferraria. Une nouvelle zone géothermale de haute température, mesurée entre 200 et 230°C ; a été découverte dans cette zone en 2004  suite à un programme d’exploration et des forages par GeoTerceira.

Terceira / Açores - Dômes et installation géothermale dans la caldeira du Pico Alto - photo Geoparque Açores

Terceira / Açores - Dômes et installation géothermale dans la caldeira du Pico Alto - photo Geoparque Açores

Au sud, le Monte Brasil constitue un bon exemple de cône péninsulaire. Ce cône de tuff surtseyen résulte d'une éruption basaltique sous-marine; avec son plus grand diamètre de 1.500 m et son altitude de 205 m au point le plus haut, il est un des éléments du site d’Angra do Heroismo, qui a établi son port derrière cet abri naturel. Un isthme, correspondant à une ancienne coulée descendue du centre de Terceira puis recouverte de différents niveaux de projection , le relie à l’île.

La baie de Silveira, à l’ouest du Monte Brasil, laisse observer une succession lié à son histoire ; en bas, le complexe andésitique du revers du massif de la Serra da Ribeirinha, puis les trachytes du revers de la Serra do Moriao, suivis de basaltes constituant le noyau de la péninsule joignant le Monte Brasil au corps de Terceira (visible sous le château du 17° siècle). D’épais niveaux de cendres trachytiques, de couleur jaune succèdent , recouverts de tuffs basaltiques gris foncé du Monte Brasil, qui englobent des ankaramites arrachés au substratum profond de l’île.

Terceira / Açores - le Monte Brasil - photo audioanalogicodeportugal.

Terceira / Açores - le Monte Brasil - photo audioanalogicodeportugal.

Près d'angra, le Pico do Gaspar est un cône strombolien, résultant d'une éruption secondaire de la Serra de Santa Barbara, daté de l'an 1.200 environ.Sa forme "en nid" et ses versants fortement inclinés sont caractéristiques d'un cône de scories basaltiques consolidées.

Terceira / Açores - le Pico do Gaspar

Terceira / Açores - le Pico do Gaspar

Demain, l'ouest de l'île et la dernière éruption.

 

Sources:

- Geoparque Açores - Terceira - link

- Onservations géomorphologiques à l'île volcanique de Terceira - par Gérard Mottet - link

- Global Volcanism Program - Terceira

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Pico / Açores - Gruta das Torres  - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Pico / Açores - Gruta das Torres - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

L’île de Pico, la seconde plus grande de l’archipel des Açores, et l’une des plus récente – âgée de 300.000 ans – abrite, en raison de la composition de ses coulées, le plus grand nombre de tunnels de lave, environ 80.

Gruta das Torres forme un groupe de tunnels de lave  interconnectés. Il est situé dans les coulées pahoehoe et aa, émises par le cône parasite Cabeço Bravo, à différentes périodes entre il y a 500 et 1500 ans. Larges de 50 cm à 22 mètres, et hauts de 1,1 m à 15 m, ils n’ont été explorés scientifiquement qu’en 1990. Avec une longueur estimée à 5.200 mètres (et explorée sur 3.300 m), il constitue le plus grand tunnel de lave connu aux Açores.

Pico / Açores - Stalactites de lave dans le tunnel Gruta das Torres - photo Mike Norton

Pico / Açores - Stalactites de lave dans le tunnel Gruta das Torres - photo Mike Norton

Pico / Açores - Gruta das Torres - photo Mike Norton

Pico / Açores - Gruta das Torres - photo Mike Norton

Ces tunnels constituent un formidable système de drainage des laves, comme le montre la présence de plus de sept niveaux sur les parois, avec des banquettes et corniches, des "lavacicles" (terme générique pour stalactites et stalagmites dans un tunnel de lave).

Pico / Açores - Gruta das Torres, sculptée par la lave - photo Geoparque Azores

Pico / Açores - Gruta das Torres, sculptée par la lave - photo Geoparque Azores

Gruta das Torres possède deux entrées, la première dans un skylight, l’autre est protégée par une construction qui abrite le Visitor center, en harmonie avec l’environnement volcanique.

Gruta das Torres - le Visitor center - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Gruta das Torres - le Visitor center - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Gruta das Torres - le Visitor center , le mur ajouré de l'extérieur - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Gruta das Torres - le Visitor center , le mur ajouré de l'extérieur - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Gruta das Torres - le Visitor center , le mur ajouré de l'intérieur - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Gruta das Torres - le Visitor center , le mur ajouré de l'intérieur - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Une paroi de pierre ajourée, une "dentelle volcanique", se trouve à la jonction du bâtiment et du tunnel de lave proprement dit … la lumière filtre en continu pour éclairer naturellement cet intérieur. Le reste de l’édifice est revêtu d’une finition noire imperméable, en harmonie avec la couleur et la texture de lave vitrifiée dans le tunnel.

Gruta das Torres - la partie aménagée du tunnel de lave - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Gruta das Torres - la partie aménagée du tunnel de lave - photo Ana Janeiro by SAMI.arquitectos.

Gruta das Torres a été choisie, avec 17 autres tunnels de lave sur Pico, pour figurer dans un ensemble de 30 tunnels proposés à l’inscription sur les listes du Patrimoine de l’Unesco.

 

Sources :

- Geoparque Açores - Pico - Gruta das Torres - link

- Caves and pits from the Azores, with some comments on their geological origin; distribution and fauna - by P.A.V.Borges & al.

- Archdaily - Gruta das Torres Visitor Centre / SAMI-architectos - link

- ENS Lyon - l'intérieur des tunnels de lave - Açores : Gruta das Torres

- Amigo dos Açores - Volcanic caves

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’île de Pico, voisine immédiate de Santa Maria dont elle n’est séparée que par un bras de mer peu profond, est dominée par le volcan du même nom. Sa superficie est de 445 km², et mesure 42 km sur 15,2. Découverte avant 1439, elle fut dénommée tout d’abord São Dinis, avant d’être colonisée à partir de 1460.

Pico / Açores - la Montanha do Pico - photo Geoparque Açores.

Pico / Açores - la Montanha do Pico - photo Geoparque Açores.

La Montanha do Pico, ou Ponta do Pico, est un stratovolcan qui culmine à 2351 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ce volcan à dominante basaltique s’est édifié sur le complexe volcanic Montanha, un ancien volcan allongé, aux pentes plus douces, constitué de coulées basaltiques et de cônes adventifs.

Il est coiffé d’un cratère sommital de 500 mètres de large et 30 mètres de profondeur, dans lequel s’est installé un petit cône aux parois abruptes haut de 70 mètres : le Pico Pequeño ou Piquinho, un des rares sommets des Açores à être recouvert de neige en hiver.

Le sommet du Piquinho présente un dégazage permanent constitué par de la vapeur d’eau à une température entre 50 et 75 °C (paramètres fonction de la température d’ébullition fonction de l’altitude et de la pression barométrique)

Pico / Açores - le sommet de la Montanha do Pico, avec le Pico Piquinho et les hauts flancs enneigés

Pico / Açores - le sommet de la Montanha do Pico, avec le Pico Piquinho et les hauts flancs enneigés

Pico / Açores - la Montanha do Pico - le cratère sommital - photo Unukorno

Pico / Açores - la Montanha do Pico - le cratère sommital - photo Unukorno

Pico / Açores - la Montanha do Pico - le Pico Piquinho - photo Unukorno

Pico / Açores - la Montanha do Pico - le Pico Piquinho - photo Unukorno

Les éruptions historiques sont localisées aux flancs du Pico et à la zone de rift Est, ponctuée de cônes pyroclastiques Hawaiien /strombolien : le Sao Roque Piedade volcanic complex.

En 1562-64, la rift zone sud-est a produit des coulées de lave qui ont atteint la côte nord ; un évent proche est responsable d’une coulée rejoignant la mer sur sa côte sud. L’éruption de flanc de 1718 a alimenté des coulées qui ont atteint les deux côtes.

La dernière éruption, localisée sur le flanc SE à 400 mètres, est datée de 1720.

A gauche, Pico - les coulées des éruptions historiques - doc Padang & al  - à droite, le relief de l'île, avec la Montanha do Pico et les cônes ponctuant la rift zone Est - doc. Governo Regional dos Açores - un clic pour agrandir.A gauche, Pico - les coulées des éruptions historiques - doc Padang & al  - à droite, le relief de l'île, avec la Montanha do Pico et les cônes ponctuant la rift zone Est - doc. Governo Regional dos Açores - un clic pour agrandir.

A gauche, Pico - les coulées des éruptions historiques - doc Padang & al - à droite, le relief de l'île, avec la Montanha do Pico et les cônes ponctuant la rift zone Est - doc. Governo Regional dos Açores - un clic pour agrandir.

A l’ouest de Pico, dans le canal de Faial, les Ilhéus da Madalena, hauts de 52 et 59 mètres, sont les restes d’un appareil volcanique sous-marin détruit par l’abrasion marine et les forces tectoniques. Ils ont constitués de tuff palagonitisés d’origine phréato-magmatique.

Pico / Açores - les Ilhéus da Madalena - photo Wikimedia commons

Pico / Açores - les Ilhéus da Madalena - photo Wikimedia commons

 Vus de Pico, les Ilhéus da Madalena et en arrière-plan, l'île de Faial - photo Carlos Luis MC da Cruz

Vus de Pico, les Ilhéus da Madalena et en arrière-plan, l'île de Faial - photo Carlos Luis MC da Cruz

Les vignes de Pico et les Currais :

Les vignobles de Pico forment un paysage classé par l’Unesco en 2004. Les pieds de vigne sont plantés dans le sol volcanique riche et foncé, dans de petites parcelles entourées de murs faits de pierres de lave (provenant du nettoyage du terrain au moment de leur implantation). Ces murs, arrivant à la taille, appelés "Currais ou Curraletas", ont une fonction de protection contre les embruns salés du proche océan, et de récupération et de stockage de la chaleur, restituée aux grappes de raisin durant la nuit.

Les raisins d’une qualité rare produisent un excellent vin liquoreux, le Verdelho do Pico, "mordoré et aristocratique".  

" Basalto ", " Lajido " et " Terras de Lava " sont des désignations de vins de Pico qui renvoient à une relation homme-nature dont les îliens s’honorent. La Coopérative vitivinicole de l’île de Pico, à Areia Larga, concentre la production locale, qui a adopté de nouveaux cépages, et peut être visitée.

D’autres douceurs locales : les eaux-de-vie de figue et de nèfle, le miel de fleur de Pittosporum, le fromage de Pico à pâte molle.

Museu do Vinho do Pico, curraletas de vinha  - photo José Luís Ávila Silveira / Pedro Noronha e Costa

Museu do Vinho do Pico, curraletas de vinha - photo José Luís Ávila Silveira / Pedro Noronha e Costa

Sources :

- Geoparque Açores - Pico - link

- Global Volcanism Program - Pico

- Siaram - Visitazores - le patrimoine - link

- Le Monde - "Aux Açores, sur les pentes du Pico - une île noire, enivrante" - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’île de Faial, un pentagone irrégulier de 21 km. sur 14, constitue une étape bien connue des marins traversant l’atlantique, qui viennent mouiller et se ravitailler dans le port d’Horta la capitale. Le Peter’s bar est le repère favori des équipages assoiffés.

Découverte dans la première moitié du 15° siècle, elle fut désignée comme Ilha da Ventura / l’île de l’aventure, avant de s’appeler Ilha de São Luís / île de Saint Louis.

Le nom actuel Faial lui vient du Portugais Faia, désignant un arbuste abondant originellement, le Myrica faya (Firetree).

Elle est surnommée " l’île bleue ", à cause des hortensias omniprésents, dopés par le climat humide et tempéré.

Les hortensias de Faial - photo naturalland treakearth

Les hortensias de Faial - photo naturalland treakearth

Carte de l'île de Faial et ses différents volcans

Carte de l'île de Faial et ses différents volcans

D’un point de vue géologique, l’île concentre les formations volcaniques différentes :

- un volcan-bouclier, le volcan de Riberinha, à l’extrême nord-est, qui est à l’origine de la proto-île de Faial. Depuis, il a été largement détruit par l’érosion et les forces tectoniques, à l’origine du graben de Pedro-Miguel.

-  un stratovolcan, avec le volcan de la Caldeira, avec une position centrale.

Cet édifice polygénique a connu depuis 15.000 ans, 14 éruptions subpliniennes, dont deux très violentes, datées de l’an 340-350 et de l’an 800-810, sont à l’origine des dépôts ignimbritiques affleurant sur le flanc nord.

L’actuelle caldeira, aux parois abruptes, mesure 2.000 mètres de diamètre sur 400 m de profondeur. Classée en réserve naturelle, la descente dans la caldeira est interdite. Son plancher plat abrite de petits édifices, dont le Capelo, d’un diamètre de 150 mètres et une hauteur de 30. Elle abrite de petits lacs temporaires.

Faial / Açores - le volcan de la Caldeira, et le Capelo, un cône post-caldeira au centre de la photo - photo Geoparque Açores.

Faial / Açores - le volcan de la Caldeira, et le Capelo, un cône post-caldeira au centre de la photo - photo Geoparque Açores.

Faial / Açores - le volcan de la Caldeira - photo Geoparque Açores.

Faial / Açores - le volcan de la Caldeira - photo Geoparque Açores.

- des volcans monogénétiques, d’origine basaltique, dispersés sur la plate-forme de Horta et la péninsule de Capelo.

La plate-forme Horta abrite le Monte das Moças, le Monte Queimado et le Monte da Guia.

Ce dernier, d’origine sous-marine, est formé d’un cône de tuff surtseyen, ouvert sur la mer par deux cratères jumeaux ; le cône est relié par un isthme dunaire au Monte Queimado.

Faial / Açores - le Monte da Guia  - les deux cratères jumeaux vus du sommet du cône de tuff - photo Geoparque açores.

Faial / Açores - le Monte da Guia - les deux cratères jumeaux vus du sommet du cône de tuff - photo Geoparque açores.

Faial / Açores - à droite, le Monte da Guia - à gauche, le port d'Horta - photo océans-évasion

Faial / Açores - à droite, le Monte da Guia - à gauche, le port d'Horta - photo océans-évasion

La péninsule de Capelo est formée d’une chaîne linéaire de volcans basaltiques, siège des éruptions majeures au cours des temps historiques : au Cabeço do Fogo, en 1672-73, et au Cabeço dos Capelinhos, en 1957-58.

Nous verrons cette dernière en détails.

 

Faial / Açores - la péninsule de Capelo - photo Geoparque Açores

Faial / Açores - la péninsule de Capelo - photo Geoparque Açores

Au sud-ouest de l’île, le Morro do Castelo Branco est un dôme de trachyte, recouvert par des pyroclastes  du volcan de la Caldeira.

Son nom, Branco / blanc, dérive de dépôts d’argile de couleur claire présents à sa partie supérieure. La forte érosion marine a laissé de hautes falaises.

Faial / Açores - le Morro do Castelo Branco - photo Geoparque Açores

Faial / Açores - le Morro do Castelo Branco - photo Geoparque Açores

Sources :

- Geoparque Açores - Geossitios Faial - link

- AGU - American geophysical union : "Azores hotspot deep signature"
- ATA  - Association turismo Açores.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Bien que certaines cartes mentionnent son existence dès le 14° siècle, on considère que l’île Santa Maria fut découverte par les navigateurs Portugais au 15° siècle, et peuplée la première parmi les îles formant l’archipel des Açores, vers 1430-1450.

Parfois appelée "l’île jaune", en raison des fleurs sauvages jaune qui y fleurissent dès le mois de février, elle porte aussi le nom "d’île du soleil", en raison de son climat plus sec sur une grande partie de l’île, et des conditions météo plus favorables que ses voisines durant toute l’année ... mais elle est caractérisée aussi par bien d'autres couleurs !

Santa Maria / Açores - les orgues de Ribeira do Maloás - photo Verdeazores

Santa Maria / Açores - les orgues de Ribeira do Maloás - photo Verdeazores

Santa Maria / Açores - les orgues de Ribeira do Maloás - photo Verdeazores

Santa Maria / Açores - les orgues de Ribeira do Maloás - photo Verdeazores

Dans le lit de la Ribeira do Maloás, à 220 mètres de sa source, une cascade de 15-20 mètres de hauteur met en valeur la prismation d’une coulée de lave basaltique du complexe de Pico Alto.

Les prismes, de dimensions décimètriques, forment au sommet et au bas de la chute un pavement polygonal du type Chaussée des géants.

Santa Maria / Açores - les orgues de Ribeira do Maloás - au bas de la chute, un pavement polygonal du à l'érosion - doc. Wikiloc.

Santa Maria / Açores - les orgues de Ribeira do Maloás - au bas de la chute, un pavement polygonal du à l'érosion - doc. Wikiloc.

Santa Maria / Açores - les orgues de Ribeira do Maloás détail - photo Paulo Henrique Silva

Santa Maria / Açores - les orgues de Ribeira do Maloás détail - photo Paulo Henrique Silva

A l’extrême sud-est de Santa Maria, à Pontado do Castelo, un promontoire rocheux domine la mer. La séquence stratigraphique inclue des roches sédimentaires marines, certaines avec des fossiles, et des roches volcaniques sous-marines et sub aériennes. On peut y voir des intrusions filoniennes.

Santa Maria / Açores - Pontado do Castelo - photo Geoparque Azores

Santa Maria / Açores - Pontado do Castelo - photo Geoparque Azores

Poço da Pedreira est une ancienne carrière, où d’anciennes scories basaltiques ont été exploitées. La consolidation avec le temps des pyroclastes et la couleur rouge du laitier lui ont valu le nom de Pico Vermelho / le pic rouge.

Santa Maria / Açores - Poço de Pedreira - photo Geoparque Azores

Santa Maria / Açores - Poço de Pedreira - photo Geoparque Azores

A Pedreira do Campo, une séquence sous-marine vieille de 5 millions d’années est exposée, composée de roches sédimentaires marines, riches en fossiles à sa base, et recouverte de hyaloclastites basaltiques et de pillow lavas.

Ces endroits sont repris parmi les 57 spots du Geoparc des Açores.

Santa Maria / Açores - Pedreira do Campo - Photo Geoparque Azores

Santa Maria / Açores - Pedreira do Campo - Photo Geoparque Azores

Sources:

- Geoparque Açores - geossitios - link

- Verde Azzore - Vulcanismo Santa Maria - link

- Os Açores, ilhas de geodiversidade: o contributo da ilha de Santa Maria - João Carlos Nunes & al.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au moment où le beau temps semble se réinstaller dans le nord, allez savoir pourquoi je repense aux Açores !

La géodiversité de l’archipel Açorien est le résultat de l’installation géotectonique de la micro-plaque qui le supporte, au point de triple jonction des Açores, entre les plaques nord-américaine, eurasienne et africaine.

Cette diversité géologique se décline sous des formes diverses : des cônes de scories, des mars, des pit crater, des caldeiras, des dômes et coulées trachytiques, des orgues volcaniques, des champs fumeroliens, des champs de lave pahoehoe, appelés "lajidos" , des delta de laves, nommés lava “fajãs”, des tunnels de lave, des pillow lavas, de l’obsidienne, des necks et dykes … tout le vocabulaire qualificatif y passe !

Schéma géotectonique de l'archipel des Açores - doc.adapté de Nunes & al. 2006

Schéma géotectonique de l'archipel des Açores - doc.adapté de Nunes & al. 2006

Dans ce contexte, l’île la plus au sud de l’archipel, Santa Maria, occupe une place particulière :

Elle possède en effet les roches les plus anciennes de l’ensemble d’îles. 

De nombreux affleurements de roches sédimentaires, y compris du calcaire, des conglomérats et des grès, caractérisés par la présence de nombreux fossiles en sont une autre caractériqtique.

C’est également la seule île où l’on peut voir de grands affleurements de pillow lavas, en sus de différentes structures volcaniques, dont certaines font partie des géosites classés aux Açores.

L'île de Santa Maria - ses deux entités morphologiques et les principales baies

L'île de Santa Maria - ses deux entités morphologiques et les principales baies

Santa Maria / Açores  - Baía de São Lourenço  - photo Siaram.azores.gov

Santa Maria / Açores - Baía de São Lourenço - photo Siaram.azores.gov

Tectonique de la micro-plaque des Açores :

Le plancher surélevé du plateau des Açores est interprété comme étant le résultat de l'interaction entre un panache mantellique (point chaud des Açores) et la dorsale de l'atlantique nord - MAR : Mid Atlantic Ridge, qui a eu lieu il y a 85 millions d'années. Cette interaction a migré vers le nord le long de l'axe de faille suite aux mouvements de la plaque africaine vers le SSE, suivant une direction grossièrement parallèle à l'axe du MAR.
La formation du plateau des Açores aurait débutée il y a 20 Ma, pour se finaliser il y a 7 Ma environ.
L'ensemble du plateau, après la diminution de l'activité volcanique, a subi les effets du rifting de la dorsale médio-atlantique.

Le cas de Santa Maria :

La plus ancienne île de l’archipel, avec des formations datées de 8,12 Ma, est caractérisée par un substrat de basalte, déformé par une série de fractures orientées NO-SE.

La présence de calcaires et dépôts fossilifères, associés à des formations marines, attestent d’une activité surtseyenne passée, et de diverses périodes de submersion avant la sortie définitive au-dessus du niveau marin .

Les sols de la région ouest sont constitués principalement d’argile rouge, conséquence d’une altération de dépôts pyroclastiques en climat chaud et humide au Paléocène, moment où le niveau marin était de 100 mètres plus bas que le niveau actuel.

Santa Maria / Açores - Barreiro da Faneca, également connu sous le nom de « désert rouge », à cause de la couleur de l’argile formée par des pyroclastes. - photo Carlos Luis MC da Cruz

Santa Maria / Açores - Barreiro da Faneca, également connu sous le nom de « désert rouge », à cause de la couleur de l’argile formée par des pyroclastes. - photo Carlos Luis MC da Cruz

Santa Maria / Açores - le Pico Alto - photo Ruben J C Furtado

Santa Maria / Açores - le Pico Alto - photo Ruben J C Furtado

La formation du complexe volcanique Facho-Pico Alto est caractérisé par une intense activité volcanique, et des éruptions sous-marines débutant il y a 5 Ma, et production de pillow lavas extensives. On retrouve ces laves en coussins, à une altitude de 180 mètres au-dessus du niveau marin actuel ; elles sont responsables de l’agrandissement de l’île jusqu’à sa taille actuelle. Le retour sous le niveau marin a résulté en une période de volcanisme subaérien entre 5 et 3 Ma.

Deux principales régions à la morphologie différente se distinguent :

Une plaine argileuse sèche occupe les deux-tiers ouest de Santa Maria. L’imperméabilité des sols rend la région aride.

Le tiers Est se compose de collines et montagnes érodées, entrecoupées de vallées, et couvertes par place par une épaisse végétation, ou des pâturages. Les points culminants sont le Pico Alto, avec 590 m, Cavacas, avec 491 m, et Caldeira, avec 481 m. Cette région est plus humide, avec des vents importants, des précipitations et du brouillard, favorisant une végétation riche en endémiques.

Les côtes sont bordées de falaises, dont les plus hautes font 340 m, à Rocha Alta. Elles sont entrecoupées de baies et plages de sable protégées, ou gardées par des îlets rocheux.

Santa Maria / Açores - La cascade d’Aveiro, sur la côte sud-est de Santa Maria  a dévoilé par son érosion diverses séries de pillow lavas.- photo visitazores

Santa Maria / Açores - La cascade d’Aveiro, sur la côte sud-est de Santa Maria a dévoilé par son érosion diverses séries de pillow lavas.- photo visitazores

Santa Maria / Açores - Le port de Calhau da Roupa – photo Carlos Luis MC da Cruz

Santa Maria / Açores - Le port de Calhau da Roupa – photo Carlos Luis MC da Cruz

Demain, le site de Ribeira do Maloás.

 

Sources :

- Os Açores, ilhas de geodiversidade : o contributo da ilha de Santa Maria - João Carlos Nunes & al.

- The marine fossils from Santa Maria island - Patrícia Madeira & al.

-  " Interaction between the Mid Atlantic ridge and the Azores hot spot during the last 85 Myr. Emplacement and rifting of the hot spot-derived plateaus " par P.Gente & al. - CNRS 2003 in G³ electronic journal of the earth science.

- AGU - American geophysical union : "Azores hotspot deep signature"
- ATA  - Association turismo Açores.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le Lōʻihi est un volcan sous-marin situé à environ trente kilomètres au sud-est de Big Island / Hawaii. Son nom vient de l’hawaiien, signifiant "long".

Position du Lōʻihi  par rapport à Hawaii -

Position du Lōʻihi par rapport à Hawaii -

 Bathymétrie du Lōʻihi , un seamount "allongé" Alex Malahoff / NOAA

Bathymétrie du Lōʻihi , un seamount "allongé" Alex Malahoff / NOAA

Agé de 400.000 ans, ce seamount s’organise le long d’un rift long d’une trentaine de kilomètres orienté NO-SE. Son sommet est constitué d’une caldeira de 2800 m. sur 3700 m, comprenant trois cratères-puits. L’activité volcanique s’y décline en pillow lavas et champs d’évents hydrothermaux, découverts à la fin des années 80. Deux champs d’évents  hydrothermaux sont localisés au sommet ; les évents du puits de Pelé et les évents Kapo, nommé d’après la déesse Pelé et sa sœur. Les eaux ont été mesurées à 77°C en 1996, après l’éruption qui a formé le puits Pelé.

Depuis 2006, des investigations ont été menée par le NSF / National Science Foundation  pour y étudier la microbiologie. Le système extensif d’évents du Lōʻihi est caractérisé par de haute concentration en dioxyde de carbone et fer, et un taux bas en sulfides, soit un environnement favorable pour les bactéries oxydatrices du fer, appelée FeOB (dont un example est donné par une protéobactérie, Mariprofundus ferrooxydans).

La zone FeMO Deep, situé à la base du Lōʻihi en profondeur - doc.Schmidt ocean institute

La zone FeMO Deep, situé à la base du Lōʻihi en profondeur - doc.Schmidt ocean institute

Récemment, des communautés bactériennes inconnues se nourrissant de fer ont été trouvées accidentellement à la base du seamount, 5.000 mètres plus bas dans une zone baptisée FeMO Deep – Fer Microbial Observatory / Observatoire profond de microbactéries (se nourrissant de) Fer.

Entre les blocs de basalte, des tapis de bactéries révélés par leur teinte orangée, due à l’oxydation du fer, ont été découvertes sous une couche durcie et foncée de fer oxydé et manganèse. Une nouvelle expédition est en cours, impliquant l’Université du Minnesota, le centre Ifremer de Brest, et le Woods Hole Oceanographic, pour analyser la zone et y percevoir des signes de circulation hydrothermale.

A gauche, les signes révélateurs de matière floconneuse orange à la base du seamount Lōʻihi  - A droite, les flaques de matériaux bactériens révélés après l’enlèvement de la couche de surface. Crédit: Woods Hole Oceanographic / Brian Glazer

A gauche, les signes révélateurs de matière floconneuse orange à la base du seamount Lōʻihi - A droite, les flaques de matériaux bactériens révélés après l’enlèvement de la couche de surface. Crédit: Woods Hole Oceanographic / Brian Glazer

Les bactéries mangeuses de fer du Seamount Lōʻihi .

Cette activité microbienne oxydatrice de fer intervient dans le cycle carbone-fer océanique : le fer est un micronutriment  qui favorise la croissance du phytoplancton, acteur principal de l’absorption biologique du carbone atmosphérique … sans cette pompe biologique, la concentration atmosphérique en CO2 serait le double de celle enregistrée aujourd’hui. Le fer a donc un impact sur le climat.

Nouveau bilan pour le cycle du fer dans l'océan Austral, donnant les quantités de fer dissous (dFe) provenant des différentes sources. - CNRS

Nouveau bilan pour le cycle du fer dans l'océan Austral, donnant les quantités de fer dissous (dFe) provenant des différentes sources. - CNRS

Sources :

- Schmidt Ocean Institute - The irons eaters of Lōʻihi seamount - link

- CNRS - Les sources hydrothermales : une source insoupçonnée de fer dissous dans l'océan - link

- Soest - Hawaii center for Volcanology - Loihi volcano - link

- Global Volcanism Program - Loihi

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