Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le Messel Pit  - doc.Messel Fossil Pit Wilson44691 derivative work Lämpel

Le Messel Pit - doc.Messel Fossil Pit Wilson44691 derivative work Lämpel

En complément de la série sur les massifs du Vogelsberg et de Rhön, le site de Messel pit, qui est lui aussi d’origine volcanique :

Le site fossilifère de Messel est localisé à 15 km. au sud de Darmstadt, en Hesse allemande. Cette carrière désaffectée de schistes bitumineux est profonde de 60 mètres et mesure 1.000 m sur 700, soit l’extension du dépôt. C’est l’exploitation de ce dépôt de la fin des années 1800 à celle des années 1970, qui a permis à un groupe de passionnés de découvrir ces fossiles.

Messel pit - affleurement - photo Wilson44691

Messel pit - affleurement - photo Wilson44691

La formation du site de Messel :

L’histoire volcanique de Messel pit commence à l’Eocène, il y a environ 48 millions d’années. A cette période, le continent européen ne ressemble pas à ce que nous voyons aujourd’hui : un archipel, situé 10° plus bas qu’actuellement, est soumis à une tectonique intense. La surrection des Alpes et l’affaissement du Fossé Rhénan ont favorisé les remontées magmatiques.

Des forages profonds en 2001 ont établi une structure de type maar comme responsable de la formation de Messel pit. Les analyses gravimétrique, magnétiques, et par réflexion sismique ont confirmé l’hypothèse.

Sous la formation bitumeuse (présente jusqu’à 190m ), on a trouvé, à partir de 373 m. de profondeur, un tuff de lapilli, dont la partie inférieure fut déposée à des températures supérieures à 300°C. suite à une éruption phréatomagmatique.

Coupe schématique de la formation Maar de Messel pit - la ligne pointillé jaune marque l'actuel niveau - Schematischer Querschnitt durch die Grube Messel zum Zeitpunkt der Ablagerung der Messel-Formation (Lutetium)

Coupe schématique de la formation Maar de Messel pit - la ligne pointillé jaune marque l'actuel niveau - Schematischer Querschnitt durch die Grube Messel zum Zeitpunkt der Ablagerung der Messel-Formation (Lutetium)

Schéma du passage du stade maar à celui de dépôt de schistes bitumineux fossilifère - doc. Senckenberg Forschungsintitute und naturmuseum  -  un clic pour une meilleure vue.

Schéma du passage du stade maar à celui de dépôt de schistes bitumineux fossilifère - doc. Senckenberg Forschungsintitute und naturmuseum - un clic pour une meilleure vue.

A gauche, localisationde Messel pit en bordure du graben Rhénan - à droite, Messel pit sur l'échelle du temps géologique - doc. Senckenberg Forschungsintitute und naturmuseum - un clic sur les photos pour agrandir.A gauche, localisationde Messel pit en bordure du graben Rhénan - à droite, Messel pit sur l'échelle du temps géologique - doc. Senckenberg Forschungsintitute und naturmuseum - un clic sur les photos pour agrandir.

A gauche, localisationde Messel pit en bordure du graben Rhénan - à droite, Messel pit sur l'échelle du temps géologique - doc. Senckenberg Forschungsintitute und naturmuseum - un clic sur les photos pour agrandir.

Le maar a abrité un lac, rempli initialement par des débris volcaniques, du sable et des cailloux. Le lac, formé dans une zone de subsidence, a subi une activité tectonique importante. Des mouvements intermittents et/ou du volcanisme ont relâché des gaz dans le lac et l’atmosphère environnante, tuant tout organisme vivant à cette époque. (de nombreux fossiles non aquatiques y sont retrouvés : animaux terrestres, mais aussi oiseaux et chauves-souris). Des matières végétales et minérales s’y sont également accumulées. Les animaux morts, tombés dans le lac, ont été pris dans le sapropèle, une vase riche en matières organiques en décomposition … et le climat para-tropical du moment a favorisé la fossilisation.

Ceci fait penser à l’épisode du lac volcanique Nyos, au Cameroun en 1986, où les émanations de CO2 ont tué toute vie dans un rayon de quelques kilomètres. De hauts taux de sidérite dans les schistes bitumineux de Messel indiquent par ailleurs que le CO2 était présent en grande concentration dans les eaux en profondeur.

Messel pit - fossiles d'oiseaux, d'insectes et de reptiles de l'Eocène - doc. pasttime.org

Messel pit - fossiles d'oiseaux, d'insectes et de reptiles de l'Eocène - doc. pasttime.org

Les fossiles de Messel pit :

Ce site, en raison de sa richesse en fossiles, et de son importance géologique et scientifique, a été classé en 1995 au Patrimoine mondial de l’Unesco.

La couche de schistes bitumineux, d’une épaisseur maximum de 190 mètres, a une forme lenticulaire, et est comprise entre 2 couches de roches clastiques. Cet argilite de teinte brune à vert olive contient 5 à 20 % de pétrole. Elle est qualifiée de dépôt de stagnation limnique, et inclus un dépôt riche en smectite et en algues, provenant de proliférations saisonnières. Le ratio de sédimentation est estimé à seulement 0,1 mm/an.

Fossile de Messel pit - A gauche, crocodile préhistorique découvert par des mineurs en 1875 - photo Berthold Steinhilber - à droite, des tortues d'eau douces - photo Jonathan Blair / Corbis / Smithsonian - un clic sur les photos pour agrandir.Fossile de Messel pit - A gauche, crocodile préhistorique découvert par des mineurs en 1875 - photo Berthold Steinhilber - à droite, des tortues d'eau douces - photo Jonathan Blair / Corbis / Smithsonian - un clic sur les photos pour agrandir.

Fossile de Messel pit - A gauche, crocodile préhistorique découvert par des mineurs en 1875 - photo Berthold Steinhilber - à droite, des tortues d'eau douces - photo Jonathan Blair / Corbis / Smithsonian - un clic sur les photos pour agrandir.

Messel pit offre des informations uniques sur l’évolution des mammifères, qui vont du squelette articulé complet, de l’empreinte de peau et plumes, au contenu stomacal des animaux de l’époque. On a pu reconstituer des chaînes alimentaires complexes, certains modes de reproduction, et même l’évolution de l’écholocation grâce à des fossiles de chauves-souris bien préservés ; des données sur l’évolution des premiers chevaux archaïques proviennent aussi du site. Plus de mille espèces, surtout des plantes et des insectes, donnent un aperçu des écosystèmes lacustres qui ont existés sur une période courte estimée à un million d’années … un véritable instantané !

Dans le règne aviaire, un oiseau coureur géant, le Diatryma, premier grand prédateur apparu après la disparition des dinosaures, atteste d’un échange de faune entre Europe occidentale et Amérique du Nord à l’Eocène.

En mai 2014, les scientifiques de l’Institut de recherche Senckenberg de Franfort, à qui le soin de fouiller le site a été accordé en 1991, a décrit le plus vieux fossile d’un oiseau pollinisateur (colibri). Le contenu de l’’estomac bien préservé contenait du pollen de différentes plantes, indiquant une relation entre les oiseaux et les fleurs datant de 47 Ma au moins.

Le musée Senckerberg de Francfort abrite une splendide collection de ces fossiles.

Messel pit - fossile d'un colibri pollinisateur, et de son contenu stomacal - échelle 10 mm - doc. Schenkerberg Institute

Messel pit - fossile d'un colibri pollinisateur, et de son contenu stomacal - échelle 10 mm - doc. Schenkerberg Institute

A gauche, squelette de Diatryma / Gastornis du Wyoming - photo Vince Smith - à droite, reconstitution de Diatryma / prédatio d'un équidé primitif - doc. dinozavrikus - un clic pour agrandir et avoir une vision complète.A gauche, squelette de Diatryma / Gastornis du Wyoming - photo Vince Smith - à droite, reconstitution de Diatryma / prédatio d'un équidé primitif - doc. dinozavrikus - un clic pour agrandir et avoir une vision complète.

A gauche, squelette de Diatryma / Gastornis du Wyoming - photo Vince Smith - à droite, reconstitution de Diatryma / prédatio d'un équidé primitif - doc. dinozavrikus - un clic pour agrandir et avoir une vision complète.

Bonus pour les volcano-philatélistes !Bonus pour les volcano-philatélistes !

Bonus pour les volcano-philatélistes !

Sources :

 - Leibniz Institute for Applied Geophysics – research drilling in Messel Pit  - link

- Messel, un écosyst ème éocène dans les schistes bitumineux allemands – par Stéphane Doyen  - link

- Smithsonian  Mag – The evolutionary secrets within the Messel pit - link

- Grube Messel - link

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le volcan Lanin - photo Pedro Hauck / Summitpost.

Le volcan Lanin - photo Pedro Hauck / Summitpost.

A cheval sur la frontière entre chili et Argentine, avec les trois-quart du massif en Patagonie Argentine, le stratovolcan Lanin fait partie d’une chaîne de trois volcans alignés NO-SE sur une faille , regroupant le Villarica, le Quetrupillan et le Lanin, et des restes érodés de 5 stratovolcans, plus de 20 volcans monogénétiques dont 2 maars.

A gauche, la chaîne volcanique transfrontalière Villarica-Lanin ; Villarrica-Lanín volcanic chain. CM: Cordillera El Mocho; H: Huililco; HM: Huelemolles; CB: Caburgua; LB: La Barda R: Relicura; CR: Cerro Redondo; PCH: Pichares; SJ: San Jorge; LZ: Lizán; EA: El Arenal; LA: La Angostura.- doc. Revista Geologica de Chile - à droite, carte géologique simplifiée du Lanin - from a 1:50,000 scale map by Lara, in press / in Revista Geologica de Chile - un clic pour agrandir la carte.A gauche, la chaîne volcanique transfrontalière Villarica-Lanin ; Villarrica-Lanín volcanic chain. CM: Cordillera El Mocho; H: Huililco; HM: Huelemolles; CB: Caburgua; LB: La Barda R: Relicura; CR: Cerro Redondo; PCH: Pichares; SJ: San Jorge; LZ: Lizán; EA: El Arenal; LA: La Angostura.- doc. Revista Geologica de Chile - à droite, carte géologique simplifiée du Lanin - from a 1:50,000 scale map by Lara, in press / in Revista Geologica de Chile - un clic pour agrandir la carte.

A gauche, la chaîne volcanique transfrontalière Villarica-Lanin ; Villarrica-Lanín volcanic chain. CM: Cordillera El Mocho; H: Huililco; HM: Huelemolles; CB: Caburgua; LB: La Barda R: Relicura; CR: Cerro Redondo; PCH: Pichares; SJ: San Jorge; LZ: Lizán; EA: El Arenal; LA: La Angostura.- doc. Revista Geologica de Chile - à droite, carte géologique simplifiée du Lanin - from a 1:50,000 scale map by Lara, in press / in Revista Geologica de Chile - un clic pour agrandir la carte.

Haut de 3.776 m., et dominant sa base de 2.500 m., le Lanin est un stratocône composite recouvrant environ 220 km², pour un volume estimé de 180 km³. Un petit dôme de lave sommital a alimenté une coulée de lave en blocs, en direction nord, il y a 2.200 ans. Un anneau de tuff post-glaciaire, dénommé volcan Arenal, est situé sous son flanc sud-ouest . Une jeune coulée de lave du Lanin recouvre les dépôts de l’Arenal, et s’étend vers le sud dans le lac Paimún.

Vers l’altitude de 2.600 mètres, et plus visible sur le flanc NO, une rupture de pente coïncide avec la tête des cirques glaciaires et semble être le point de départ des basaltes postglaciaires.

Volcan Lanin - photo Terras Patagonicas

Volcan Lanin - photo Terras Patagonicas

Lanin  - Photo John Davidson, University of Michigan (courtesy of Hugo Moreno (University of Chile).

Lanin - Photo John Davidson, University of Michigan (courtesy of Hugo Moreno (University of Chile).

Sa structure peut se décliner en quatre unités morphologiques différentes. La première représente un ancien volcan ; les trois plus récentes ont formé l’actuel cône à partir du Pléistocène moyen à supérieur.

Les roches volcaniques du Lanin ont une composition qui va du basalte, aux andésites et aux dacites. Les cycles éruptifs effusifs sont contrôlés par un séjour court dans une chambre magmatique peu profonde avec une évacuation rapide et égale de basalte et dacite. Lors des éruptions récentes, du magma visqueux a scellé le conduit principal, et induit un drainage latéral des basaltes, et un possible effondrement de la partie supériuere du cône. Le processus de dégradation est cependant à relier à l’érosion et à la couverture glaciaire du cône.

Bien qu’aucune activité historique n’ait été enregistrée depuis l’an 560, l’aspect juvénile de ses émissions à l’Holocène suggère que ce volcan est toujours actif et potentiellement dangereux. Le principal danger viendrait alors de production de lahars en relation avec la présence de glacier sommital.

A gauche, le volcan Quetrupillan - à droite, le Lanin - photo Ben Tubby

A gauche, le volcan Quetrupillan - à droite, le Lanin - photo Ben Tubby

Sources :

- Global Volcanism Program - Lanin

- Sernageomin - Lanin

- Revista Geologica de Chile - Lanín volcano (39.5°S), Southern Andes: geology and morphostructural evolution – by  Luis E. Lara, José A. Naranjo,Hugo Moreno. - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le lac Cavihue et le volcan Copahue - photo Dangelin5

Le lac Cavihue et le volcan Copahue - photo Dangelin5

Le volcan Copahue est un cône composite (stratovolcan) andésitique allongé , situé à la frontière du Chili et de l’Argentine, au sommet recouvert d’un important glacier.

Le Copahue s’est établi dans la caldeira Trapa-Trapa, de 8,5 km sur 6,5, qui s’est formée entre il y a 400.000 à 600.000 ans sur le revord NO de la grande caldeira du Cavihue, de 20 km. sur 15, datée du Pléistocène.

Les noms Cavihue et Copahue viennent du mapuche, signifiant respectivement "lieu sacré de vacance ou réunion", et "lieu du soufre".

Soufre, neige et glace ... le Copahue - photo Thierry Dockx / Lave.be

Soufre, neige et glace ... le Copahue - photo Thierry Dockx / Lave.be

Carte topographique du complexe Copahue-Cavihue - contours des caldeiras, position du cratère actif El Agrio

Carte topographique du complexe Copahue-Cavihue - contours des caldeiras, position du cratère actif El Agrio

Copahue et son cratère toujours fumant - photo Alto Valle-Valle Medio 10.05.2013

Copahue et son cratère toujours fumant - photo Alto Valle-Valle Medio 10.05.2013

La superficie couverte par le volcan est de 57,5 km², pour un volume estimé à 29 km³. Il culmine à  environ 3.000 m.

Son cratère sommital le plus à l’Est fait partie d’une ligne longue de 2 km de neuf cratères, orientée ENE-OSO . Il contient un lac de cratère, acide et présentant une activité fumerollienne intense, nommé El Agrio, ou Del Agrio. Le cratère Del Agrio est la source de l’activité historique : elle s’est exprimée au travers d’éruptions moyennement explosive jusqu’au 18° siècle. Les éruptions du 20° siècle ont éjecté des pyroclastes et du soufre liquide.

Des sources chaudes et acides appartiennent au drainage est du lac de cratère, et contribuent à l’acidité des eaux du Rio Agrio.

La caldeira Cavihue abrite une zone géothermale, à 7 km. du sommet du Copahue.

Copahue - le lac et le cratère El Agrio en 2013 - photo Radio La Carretera

Copahue - le lac et le cratère El Agrio en 2013 - photo Radio La Carretera

Copahue - Las Maquinitas, un thermalisme entoute liberté - photo Andarin2

Copahue - Las Maquinitas, un thermalisme entoute liberté - photo Andarin2

Cavihue - Le Salto Del Agrio - 2012.12.27 - photo Secretaria Municipal de turismo Caviahue-Copahue

Cavihue - Le Salto Del Agrio - 2012.12.27 - photo Secretaria Municipal de turismo Caviahue-Copahue

Cavihue - orgues volcaniques sur nappe de ponces - photo Thierry Dockx / Lave.be

Cavihue - orgues volcaniques sur nappe de ponces - photo Thierry Dockx / Lave.be

La dernière période éruptive va de décembre 2012 à juin 2013 (en continuation).

Après une hausse de la sismicité le 22 décembre 2012, les premiers panaches sont observés montant à 1.000 – 1.500 m au-dessus du cratère, originaires d’un évent dans le cratère Del Agrio. Le 23.12, l’activité strombolienne en hausse est responsable de l’éjection de matériaux incandescents jusqu’à une hauteur de 450 m, accompagnée d’un panache chargé en cendres. L’éruption va se poursuivre, caractérisée par une activité explosive, des coulées de lave et l’émission de panaches de vapeur et de cendres plus ou moins importants jusqu’en juin 2013.

A noter : le niveau d’alerte du volcan est toujours « amarillo / cambios en el comportamiento de la actividad volcanica » (Sernageomin- OVDAS)

Copahue - panache éruptif du 22.12.2012 - photo Antonio Huglich / AFP / NBC News

Copahue - panache éruptif du 22.12.2012 - photo Antonio Huglich / AFP / NBC News

 Copahue - vue zénithale du sommet en décembre 2012 - doc Fasat Charlie SAF

Copahue - vue zénithale du sommet en décembre 2012 - doc Fasat Charlie SAF

Carte des zones à risques et évacuations 2013 - doc.Sernageomin

Carte des zones à risques et évacuations 2013 - doc.Sernageomin

Sources :

- Global Volcanism Program - Copahue

- Sernageomin-Ovdas - Copahue

- La Nacion  - Comienza en Chile la evacuación en los alrededores del volcán Copahue / mai 2013 - article et photos link

- CCAM - Parque Provincial Copahue Area protegida - link

- Lave.be - Copahue - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Situé en Patagonie, à la frontière entre l’Argentine et le Chili, le Batea Mahuida (à ne pas confondre avec Auca Mahuida) doit son nom à sa forme en barrique renversée : Batea , signifiant  barrique , cuvette en bois circulaire à oblongue sans poignées utilisée pour laver, en mapuche, Mahuida désignant une montagne.

A gauche, situation des massifs volcaniques dans la Province Argentine de Neuquen - à droite, les lacs Moquehue et Aluminé, avec au nord le Cerro Batea Mahuida - un clic pour voir les cartes.A gauche, situation des massifs volcaniques dans la Province Argentine de Neuquen - à droite, les lacs Moquehue et Aluminé, avec au nord le Cerro Batea Mahuida - un clic pour voir les cartes.

A gauche, situation des massifs volcaniques dans la Province Argentine de Neuquen - à droite, les lacs Moquehue et Aluminé, avec au nord le Cerro Batea Mahuida - un clic pour voir les cartes.

Au centre, le Cerro Batea Mahuida - en bas, le limites nord des lacs Moquehue et Aluminé - Doc. Atkas Neuquen

Au centre, le Cerro Batea Mahuida - en bas, le limites nord des lacs Moquehue et Aluminé - Doc. Atkas Neuquen

Le cratère du volcan Batea Mahuida, d’un diamètre de 5.000 mètres, est occupé par un lac cristallin, qui gèle en hiver.

La datation d’échantillons prélevés dans le Cerro Batea Mahuida nord donne une fourchette comprise entre 5,2 et 4,9 Ma., soit un volcanisme pré-glaciaire.

La dernière éruption du Batea Mahuida a produit une coulée formant la péninsule dans la lac Aluminé, sur laquelle s’est établie Villa Pehuenia (voir carte ci-dessus). Du sable volcanique forme des plages le long des lacs de la région.

Le cratère et le lac du Batea Mahuida - photo Terras Patagonias

Le cratère et le lac du Batea Mahuida - photo Terras Patagonias

Batea Mahuida : son nom provient de sa forme en barrique inversée - photo Albasmalko

Batea Mahuida : son nom provient de sa forme en barrique inversée - photo Albasmalko

L’intérêt du site volcanique est devenu touristique : le cratère et son lac sont accessible aisément en voiture. Il est devenu un lieu d’excursions, d’autant que du sommet, un large panorama dévoile les lacs Moquehue et Aluminé proches et les volcans environnants frontaliers : le Villarica, le Lanin, le Callaqui, le Lonquimay et le Copahue. L’hiver, ses pentes douces favorisent l’apprentissage du ski … pratiqué partout dans la région, La Angustura étant une station remise à l’avant-plan par les retombées de cendres de la  dernière éruption du Copahue.

Du sommet du volcan Batea Mahuida, panorama sur les lacs Moquehue et Aluminé - photo Jorge Spo.

Du sommet du volcan Batea Mahuida, panorama sur les lacs Moquehue et Aluminé - photo Jorge Spo.

Hiver sur les pentes du Batea Mahuida - photo WelcomArgentina

Hiver sur les pentes du Batea Mahuida - photo WelcomArgentina

Sources :

- Neuquen site

- Atlas Neuquen

- Geomorfología de la región de los lagos Moquehue y Aluminé: consideraciones acerca de las propuestas Calderas Meseta del Arco y Nacimientos del Aluminé (Neuquén) - Emilio F. González Díaz e Inés Di Tommaso

- Taringa – Los Volcanes in Argentina – link

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le massif volcanique d’Auca Mahuida, situé en Patagonie au sud-est du volcan Tromen, a été généré par des coulées de basalte successives, émanant de nombreux centres effusifs au cours du Plio-Pléistocène. De nombreux cônes basaltiques en témoignent aujourd’hui, dont le volcan Auca Mahuida, point le plus haut du massif avec 2.258 mètres asl. , couronné par un cratère de 1.600 mètres de diamètre.

Les basaltes d’Auca Mahuida correspondent à des basaltes alcalins d’arrière-arc, jeunes de 3 Ma environ, résultant de la fusion par décompression produite par la plongée de la plaque en subduction.

Le massif volcanique Auca Mahuida - le volcan Auca Mahuida est au centre gauche-  photo Atlas Neuquen

Le massif volcanique Auca Mahuida - le volcan Auca Mahuida est au centre gauche- photo Atlas Neuquen

Paysage d'Auca Mahuida - photo Cono ciento la argentina desde la geologia.

Paysage d'Auca Mahuida - photo Cono ciento la argentina desde la geologia.

A gauche, carte de la Réserve naturelle d'Auca Mahuida et la localisation des principaux sites volcaniques - à droite, la localisation du complexe Auca Mahuida - doc.ScieloA gauche, carte de la Réserve naturelle d'Auca Mahuida et la localisation des principaux sites volcaniques - à droite, la localisation du complexe Auca Mahuida - doc.Scielo

A gauche, carte de la Réserve naturelle d'Auca Mahuida et la localisation des principaux sites volcaniques - à droite, la localisation du complexe Auca Mahuida - doc.Scielo

Le relief entre son sommet et la cote 2.000 mètres voit se succéder des cerros (collines) érodés et séparés par de profonds ravins. Entre 2.000 et 1.750 mètres, le relief est celui d’un plateau basaltique, entrecoupé de canyons. Au sud d’Auca Mahuida, l’altiplano se termine brutalement sur d’impressionnantes falaises au fond de vallées appelées localement " rincones " (des coins).

Le réseau de drainage des eaux de l’altiplano est radial et divergent par rapport au volcan Auca Mahuida ; les eaux forment par place des petites lagunes. Les cours d’eau, majoritairement temporaires, y laissent des points d’eau permanents importants pour la population et la faune locales.

Le nom Auca Mahuida dérive de deux appellations autochtones de différentes origines : Auca vient du quechua, signifiant une élévation rebelle, Mahuida, de l’araucanien, est synonyme de cerro/ colline.

La réserve naturelle Auca Mahuida  - paysage de steppe à jarilla.

La réserve naturelle Auca Mahuida - paysage de steppe à jarilla.

La faible pluviométrie y détermine une végétation arbustive de steppe, où domine la jarilla. La dominante jaune se change au fur et à mesure de l’altitude, passe au vert avant que la couverture végétale ne disparaisse. De nombreuses endémiques sont répertoriées, présentant des adaptations spécifiques au milieu.

 Condalia megacarpa, une endémique (Astragalus sp.) - doc. Maipué

Condalia megacarpa, une endémique (Astragalus sp.) - doc. Maipué

Dans les collines de Auca Mahuida ont été découverts des oeufs de dinosaures aux caractéristiques tellement singulières qu’ils constituent un phénomène unique au monde. La principale trouvaille, découverte en 1993 est constituée des restes de Giganotosaurus carolinii, ce qui signifie "lézard géant du sud”, considéré jusqu’ici
comme le plus grand dinosaure carnivore de tous les temps, supérieur au
Tyrannosaurus rex.

Les dinosaures retrouvés en Patagonie, dont le Giganotosaurus dans la province de Neuquen - doc. Axandes.voila.net

Les dinosaures retrouvés en Patagonie, dont le Giganotosaurus dans la province de Neuquen - doc. Axandes.voila.net

Squelette de Giganotosaurus - doc. musée Bachmann de Villa El ChoconSquelette de Giganotosaurus - doc. musée Bachmann de Villa El Chocon

Squelette de Giganotosaurus - doc. musée Bachmann de Villa El Chocon

Sources:

- Neuquen - link

- Atlas Neuquen - link

- IDEAN - Instituto de estudios Andinos Don Pablo Groeber - Los basaltos de la Patagonia revisitados: las rocas del volcan Auca Mahuida, clave para entender los procesos involucrados - link

- Maipué - Reserva Natural Auca Mahuida - link

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Situé dans la même province volcanique que le Tromen, le stratovolcan Domuyo, aussi nommé "El Techo de la Patagonia" (le toit de la Patagonie), en est le point culminant avec 4.709 mètres.

Son nom, d’origine Mapuche, signifie "Qui tremble et résonne" … probablement lié à son activité géothermale.

Volcán Domuyo - photo Domingo Ferrayuolo

Volcán Domuyo - photo Domingo Ferrayuolo

Le complexe volcanique Domuyo :

Au moins 14 dômes de lave dacitiques et d’autres centres éruptifs se sont construits au sein d’une grande caldeira de 15 km. de large. D’autres centres éruptifs sont situés hors caldeira. Le plus important d’entre eux, le volcan Chanque-Mallin, localisé sur le flanc ESE est tronqué d’une caldeira de 4.000 mètres de large, et contient un dôme de résurgence.

Brousse & Pesce (1982) rapportent que les roches volcaniques entourant le Domuyo appartiennent à deux séries magmatiques différentes, originaires de deux magmas nourriciers distincts.

L’un d’eux, daté de la fin du  Pliocène/début du Pléistocène, est calcoalcalin et a donné des andésites ; l’autre, daté du milieu du Pléistocène, est représenté à la fois par des séries shoshonitiques et alcalines, qui ont formé des roches dacitiques et/ou rhyolitiques, dont l’expression principale est le Cerro Domo, situé sur les pentes sud du Domuyo. L’âge du Cerro Domo, calculé sur une coulée rhyolitique, est de 0,72 Ma.

Des produits volcaniques plus récents sont datés d’entre 550.000 et 110.000 ans (JICA 1983), suggérant une activité du Domuyo durant la fin du Pléistocène.

Domuyo - photo Mountainduck

Domuyo - photo Mountainduck

Sur cette photo de l’ISS, le complexe volcanique Domuyo est la zone recouverte de neige, située dans le coin supérieur gauche. La Laguna Valvarco, allongée, en bas à droite, repose près du bord ouest de la caldeira Valvarco, du Pléistocène. (le  nord se trouve en bas à droite) – photo NASA Space Station image ISS008-E-7432, 2003

Sur cette photo de l’ISS, le complexe volcanique Domuyo est la zone recouverte de neige, située dans le coin supérieur gauche. La Laguna Valvarco, allongée, en bas à droite, repose près du bord ouest de la caldeira Valvarco, du Pléistocène. (le nord se trouve en bas à droite) – photo NASA Space Station image ISS008-E-7432, 2003

Le système hydrothermal du Domuyo:

Sa visite nécessite un guide local et son accès se fait à pied ou à cheval.

Le site d’Aguas Calientes (les eaux chaudes) présente des chutes d’eau, des fontaines, des bassins d’eau bouillante, colonisés par des thermophiles. Les eaux ont des propriétés curatives pour l’arthrite et les problèmes cutanés.

Le secteur de Las Olletas est caractérisé par de petits geysers (> 1 m. de haut), et des émanations de vapeur d’extrême haute température.

Los Tachos possède des geysers émettant à 4 mètres de hauteur, et une eau pouvant atteindre 90°C.

Le système hydrothermal du Domuyo - photo site Neuquen

Le système hydrothermal du Domuyo - photo site Neuquen

Système hydrothermal du Domuyo - les eaux chaudes sont colorées par des thermophiles - photo alsurdemicalle.blogspot.com (d'autres belles photos sur ce blog)

Système hydrothermal du Domuyo - les eaux chaudes sont colorées par des thermophiles - photo alsurdemicalle.blogspot.com (d'autres belles photos sur ce blog)

Système hydrothermal du Domuyo - site de Los Tachos, où les geysers atteignent 4 mètres - photo site Neuquen

Système hydrothermal du Domuyo - site de Los Tachos, où les geysers atteignent 4 mètres - photo site Neuquen

Ce système hydrothermal de haute température cadre mal avec les intrusions magmatiques datées d’entre 720.000 et 110.000 ans. Une étude de 2013, analysant le potentiel de la ressource géothermique, suggère la présence d’une activité volcanique plus récente, non documentée, ou une possible réactivation du système volcanique du Domuyo, suite à une intrusion magmatique à faible profondeur. (Chiodini et al.2013)

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Domuyo

- Journal of Volcanology and Geothermal reseach - The Domuyo volcanic system: An enormous geothermal resource in Argentine Patagonia – by Giovanni Chiodini & al - link

- Termas del Domuyo o Aguas Calientes - link

- Blog Al sur de mi Calle / blogspot - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La Patagonie désigne une région géographique située dans la partie méridionale de l'Amérique du Sud. La Patagonie comprend principalement le Sud de l’Argentine, sur 1.140.532 km2, et le Sud du Chili sur 256.093 km2. Ces deux régions, séparées par la cordillère des Andes, abritent des paysages contrastés de montagnes, de glaciers, de pampa, de forêts subpolaires, de littoraux, d'îles et d'archipels.

L'hypothèse aujourd'hui généralement retenue fait venir le mot " patagon " du personnage fantastique appelé " Patagón ", une créature sauvage qu'affronte Primaleón en Grèce dans un roman de chevalerie publié en 1512 par Francisco Vázquez. Cette littérature très en vogue à l'époque était sans doute connue de Magellan et Pigafetta, les premiers à avoir décrit cette région. Il est probable que Magellan ait associé les autochtones rencontrés, avec leurs peaux d'animaux en guise de vêtement et leur consommation de viande crue, à la créature décrite par Vázquez dans son roman.

La Patagonie, répartie sur l'Argentine et le Chili - carte GI

La Patagonie, répartie sur l'Argentine et le Chili - carte GI

Parmi les volcans de Patagonie Argentine, on relève dans la champ volcanique Tromen :le Tromen et le Domuyo, le Lanin, le champ volcanique Auca Mahuida.

Localisation des champs volcaniques Tromen et Auca Mahuida - doc.Andean volcanism

Localisation des champs volcaniques Tromen et Auca Mahuida - doc.Andean volcanism

Le Tromen est un stratovolcan culminant à 4.114 mètres, situé dans la province de Neuquén. Son nom local, Pun Mahuida, signifie "montagne noire ou couverte de nuages".

Il forme l’extrémité nord d’un massif volcanique allongé ; son sommet est tronqué par deux caldeiras de 3,5 km.de large qui se recouvrent.

A gauche, le champ volcanique Tromen - Domuyo / doc. Andean geology - à droite, coupe du massif volcanique Tromen / doc. Olivier Galland - réf en sources.A gauche, le champ volcanique Tromen - Domuyo / doc. Andean geology - à droite, coupe du massif volcanique Tromen / doc. Olivier Galland - réf en sources.

A gauche, le champ volcanique Tromen - Domuyo / doc. Andean geology - à droite, coupe du massif volcanique Tromen / doc. Olivier Galland - réf en sources.

Le volcan et la laguna Tromen - photo Monkeypike / Summitpost

Le volcan et la laguna Tromen - photo Monkeypike / Summitpost

Au centre-nord, le massif volcanique du Tromen, et ses coulées de lave (plus foncées) avec sur sa gauche, la laguna Tromen - image Nasa Landsat 7.

Au centre-nord, le massif volcanique du Tromen, et ses coulées de lave (plus foncées) avec sur sa gauche, la laguna Tromen - image Nasa Landsat 7.

Le Cerro Negro del Tromen, un volcan du Pleistocène, caractérisé par une caldeira de 5.000 mètres de large, est situé au nord. Des coulées de lave du Tromen ont partiellement recouvert le bord nord de la caldeira.

A l’extrémité SSO de cette chaîne, on trouve le Cerro Tilhue, daté du Pléistocène-Holocène.

Des évents post-caldeira se sont construits au sein des deux caldeiras et sur les flancs de la caldeira située au NE. Des évents datés de l’Holocène sont localisés dans la zone du Cerro Michico, sur son bas-flanc NE.

Les coulées noires de lave les plus jeunes, originaires d’évents de flancs, ont descendu les côtés nord et nord-est du complexe andésitique à rhyolitique, en direction de la laguna Tromen, une lagune de 4 km² environ, situé à une altitude de 2.100 mètres.

Le front de coulée est net ; la surface des coulées est faite de larges blocs brisés montrant une croûte rousse, résultant de l’altération de la roche par les pluies. La roche apparait inaltérée, aux endroits où les blocs présentent une brisure récente. Son aspect est très noir, avec une texture vitreuse, indiquant un refroidissement rapide. On peut distinguer des plagioclases clairs, de l’olivine et du pyroxène.

Tromen et ses coulées récentes de lave / sur la gauche de la photo, trois cheveaux donnent l'échelle -photo segovia112001.wordpress.com-2014.01.02-lakes-and-volcanoes-neuquen-and-rio-negro

Tromen et ses coulées récentes de lave / sur la gauche de la photo, trois cheveaux donnent l'échelle -photo segovia112001.wordpress.com-2014.01.02-lakes-and-volcanoes-neuquen-and-rio-negro

Tromen - détail sur la coulée de lave en blocs - photo Olivier Galland / Georoute

Tromen - détail sur la coulée de lave en blocs - photo Olivier Galland / Georoute

Le GVP signale des éruptions historiques en 1751 (ou 1752), de VEI 3, et 1822. Son activité a été continue sur 2 Ma.

Le Tromen est le premier exemple de volcan documenté, où le magma a atteint la surface dans un contexte de compression. (Pour plus de renseignements, voir les écrits d’Olivier Galland / réf.en sources)

Cygnes à cou noir - photo Jason Quinn

Cygnes à cou noir - photo Jason Quinn

La laguna Tromen abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, dont le flamant des Andes et le cygne à cou noir (Black-necked Swan, Cygnus melancoryphus).

 

Sources :

-Global Volcanism Program - Volcanoes Central Chile- Argentina

- Global Volcanism Program - Tromen

- Volcanism in a compressional Andean setting: A structural and geochronological study of Tromen volcano (Neuquén province, Argentina) – by Olivier Galland & al.

- Interactions mécaniques entre la tectonique compressive et le magmatisme, expériences analogiques et exemple naturel - thèse d'Olivier Galland

- Georoute Andine - link

- Georoute Andine - le blog - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

En recherche de la carrière de Gebirgsstein, nous avons emprunté divers chemins agricoles ou carriers, pour nous retrouver devant une carrière désaffectée ne correspond pas à nos recherches, mais photogénique et montrant une paroi  où affleure du basalte.

Une carrière "sans nom" dans le Scharzenberg - photo © Bernard Duyck 05.2014

Une carrière "sans nom" dans le Scharzenberg - photo © Bernard Duyck 05.2014

Scharzenberg - parois de la carrière "sans nom" - photo © Bernard Duyck 05.2014

Scharzenberg - parois de la carrière "sans nom" - photo © Bernard Duyck 05.2014

La carrière de Gebirgsstein :

Pour y arriver directement, au centre d’Oberbach, prendre à droite vers Gefäll, et trouver le parking après une montée de 4.700 mètres. Emprunter la route sur environ 400 mètres, et prendre le chemin de terre à droite vers la " Rhönklubhütte Oberbach " et la carrière.

L’intérêt de cette visite est de découvrir les restes érodés d’un cinder cone, et des prismes de basalte.

Carte géologique des environs de Gebirgsstein - doc. Geotope Bayern - Ifu.bayer.de

Carte géologique des environs de Gebirgsstein - doc. Geotope Bayern - Ifu.bayer.de

Le cratère de Gebirgsstein  - photo © Bernard Duyck 05.2014

Le cratère de Gebirgsstein - photo © Bernard Duyck 05.2014

Lors d’une première phase du volcanisme, il y a quelques 20 millions d’années, les éruptions ont formé un cône constitué de scories et de bombes. Une seconde phase moins explosive est caractérisée par l’émission de basalte, qui a formé un lac de lave dans le cône précédemment établi. Ce lac de lave s’est refroidi et solidifié en remplissant le cratère.

Site de Gebirgsstein Vulkankrater - schéma de formation : 1. à gauche, cône de scories - 2. à droite, formation du lac de lave - doc. Geotope BayernSite de Gebirgsstein Vulkankrater - schéma de formation : 1. à gauche, cône de scories - 2. à droite, formation du lac de lave - doc. Geotope Bayern

Site de Gebirgsstein Vulkankrater - schéma de formation : 1. à gauche, cône de scories - 2. à droite, formation du lac de lave - doc. Geotope Bayern

Site de Gebirgsstein Vulkankrater - schéma de formation : 3. à gauche, avant érosion - 4. à droite, situation actuelle - doc. Geotope BayernSite de Gebirgsstein Vulkankrater - schéma de formation : 3. à gauche, avant érosion - 4. à droite, situation actuelle - doc. Geotope Bayern

Site de Gebirgsstein Vulkankrater - schéma de formation : 3. à gauche, avant érosion - 4. à droite, situation actuelle - doc. Geotope Bayern

L’érosion a nivelé les bords du cratère, et l’exploitation de la carrière a creusé le centre du lac de lave. Le basalte y a été exploité entre 1937 et 1962, comme ballast de chemin de fer, confection de pavés et autres matériaux de constructions de routes. Le tuff ou laitier constituant les parois du cône de scorie moins intéressant n’a pas été valorisé.

La fin de l’exploitation a laissé une paroi de tuff, haute de 30 m. environ,  sur les bords de laquelle des lambeaux de basalte , bien prismé, subsistent. Arbres et arbustes ont été enlevés pour rendre les différentes couches plus lisibles.  Le fait que les têtes des prismes basaltiques soient tournés de tous côtés vers le centre de la carrière confirme l’ancienne topographie.

Le cratère de Gebirgsstein  - Tuff et basalte - photo © Bernard Duyck 05.2014

Le cratère de Gebirgsstein - Tuff et basalte - photo © Bernard Duyck 05.2014

Le cratère de Gebirgsstein  - Détail sur la paroi de tuff (scories et bombes) et le basalte du lac de lave restant - photo © Bernard Duyck 05.2014

Le cratère de Gebirgsstein - Détail sur la paroi de tuff (scories et bombes) et le basalte du lac de lave restant - photo © Bernard Duyck 05.2014

Le cratère de Gebirgsstein  - orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

Le cratère de Gebirgsstein - orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

Le cratère de Gebirgsstein  - orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

Le cratère de Gebirgsstein - orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

La DVG – Deutsche Vulkangeologische Gesellschaft – projète d’ajouter le spot de Gebirgsstein à la Deutsche Vulkanstrasse. Il est également prévu d’inclure la carrière de Gebirgsstein dans un Basaltweg extratour - extratour de "la route du basalte"

 

Sources :

- Geotope Bayern - Vulkan krater gebirgsstein  - link 

- Geocaching - Vulkankrater Gebirgsstein  - link

- Rhönklub Oberbach - link 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Gangolfsberg - une muraille de basalte prismé - photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - une muraille de basalte prismé - photo © Bernard Duyck 05.2014

Située dans une forêt naturelle mixte (hêtre, chêne et autre feuillus de 75 ha) au nord-ouest d’Oberelsbach, Gangolfsberg, une crête basaltique posée sur un sous-bassement calcaire, abrite une merveille : une muraille de basalte prismé.

Gangolfsberg - escalier de basalte -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - escalier de basalte - photo © Bernard Duyck 05.2014

Il faut parcourir à partir du parking de l’auberge, la Schweinfurter Haus, un sentier long de 2,5 km. pour arriver au pied d’un escalier aux marches de hauteur inégale constitué de morceaux de colonnes basaltiques. Le sentier forestier est praticable, mais la fin du parcours, escalier et accès à la muraille, nécessite d’être abordée prudemment … un faux pas peut ici avoir des conséquences importantes.

Le refroidissement du basalte, émis durant la seconde phase de volcanisme de Rhön, a laissé une muraille d’orgues volcaniques réguliers, de diamètre moyen, placés presque à l’horizontale (signe d'une montée du basalte à la verticale).

Gangolfsberg - les orgues basaltiques -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - les orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - les orgues basaltiques -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - les orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - les orgues basaltiques -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - les orgues basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - les fissures de retrait ont laissé des polygones -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - les fissures de retrait ont laissé des polygones - photo © Bernard Duyck 05.2014

Sous la paroi, une mer de basalte résulte, comme à Schafstein mais à échelle moindre, de l’effondrement des orgues.

Gangolfsberg - la mer de blocs -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - la mer de blocs - photo © Bernard Duyck 05.2014

La promenade se poursuit, à flanc de colline, pour arriver sous une masse de basalte qui abrite la Teufelskeller, la grotte du Diable.

Le rocher présente une prismation grossière.

Gangolfsberg - la masse de basalte qui abrite la Teufelskeller -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - la masse de basalte qui abrite la Teufelskeller - photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - Teufelskeller -  prismation grossière -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - Teufelskeller - prismation grossière - photo © Bernard Duyck 05.2014

La légende veut que le Diable se soit caché sous l’énorme bloc de basalte, à l’entrée d’une grotte. Il détournait du droit chemin des agriculteurs sans méfiance, ou des bûcherons plus ou moins éméchés, pour les enrôler dans quelque machination. Un jour l’un d’entre eux se confia à un prêtre pour soulager sa conscience. Le prêtre arrosa d’eau bénite l’antre sentant le soufre … le Diable jaillit du trou et ne reparu plus jamais. Depuis ce jour, l’endroit est appelé Teufelskeller.

Gangolfsberg - la Teufelskeller, la grotte du diable ... une belle fissure -  photo © Bernard Duyck 05.2014

Gangolfsberg - la Teufelskeller, la grotte du diable ... une belle fissure - photo © Bernard Duyck 05.2014

Une chapelle, en ruine aujourd’hui, est située plus haut sur Gangolfsberg; elle est dédiée à Saint Gandolf. Mort en l’an 760, Gangolphus (Saint Gandolf d’Avallon) est un militaire Bourguignon vénéré comme martyr. Son prénom viendrait du germanique Gangulf, signifiant "loup agressif".

Sources :

Rhoentourist / Die besondere Tour – zu Prismenwand und Teufelskeller - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

A l’est du Wasserkuppe, et situé entre ce sommet et la localité d’Ehrenberg, on trouve – difficilement -  le site de Schafstein.

Cette colline haute de 832 mètres se compose de basalte recouvrant du calcaire coquillier, le tout recouvert de forêt. Comme la région est classée réserve forestière, aucune intervention humaine n’est venue troubler la croissance, la vie et la mort des arbres et buissons. Dans cette zone naturelle, deux mers de blocs basaltiques complètement dénudées forment des cicatrices grises dans cet océan végétal.

Vue aérienne de Schafstein  - photo Wildchicken.net / geocaching

Vue aérienne de Schafstein - photo Wildchicken.net / geocaching

Schafstein - le haut du pierrier - photo © Bernard Duyck 05.2014

Schafstein - le haut du pierrier - photo © Bernard Duyck 05.2014

Schafstein - la mer de blocs basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

Schafstein - la mer de blocs basaltiques - photo © Bernard Duyck 05.2014

Ces énormes éboulis sont des vestiges de l’activité volcanique qui a marqué Rhön à l’ère tertiaire. Situé dans une zone de permafrost, entre les vastes glaciers recouvrant le nord de l’Europe et les Alpes, le massif de Rhön a subi des conditions climatiques extrêmes … les orgues de basaltes alcalins du sommet de Schafstein se sont brisés, et renversés formant une mer de blocs qui recouvre les flancs en élévation, entre 700 et 800 mètres. Ces blocs constituent une couche de 20 à 30 mètres d’épaisseur, dont les interstices sont remplis de petits fragments de basalte, d’humus et de terre, surmonté d’une couche de 5 à 10 mètres d’épaisseur formées uniquement de blocs.

Cette mer de blocs recouvre non seulement son propre corps de basalte, mais aussi des zones au sous-bassement composé différemment … sur approximativement 3,6 hectares ; elle forme la plus grande accumulation de blocs du massif de Rhön.

Schafstein - coupe schématique NO-SE - dans l'encart à droite, schéma de la transformation des colonnes basaltiques du sommet en blocs - doc. in Die Hessische Rhön- Geotope im land der offenen fermen

Schafstein - coupe schématique NO-SE - dans l'encart à droite, schéma de la transformation des colonnes basaltiques du sommet en blocs - doc. in Die Hessische Rhön- Geotope im land der offenen fermen

Schafstein - coupe - pancarte explicative au sommet - photo © Bernard Duyck 05.2014

Schafstein - coupe - pancarte explicative au sommet - photo © Bernard Duyck 05.2014

Ce biotope particulier ne permet l’installation que de rares mousses ou lichens. Des conditions climatiques particulières y sont enregistrées : en été, les zones au pied de cette mer de blocs peuvent geler, tandis qu’en hiver, on constate la présence d’air chaud à son sommet. Des mesures effectuées par des scientifiques laissent penser que de la glace peut encore se garder aujourd’hui en profondeur sous les blocs.

Accès : sur la B284, entre Gersfeld et Wüstensachen, prendre à gauche vers Reulbach, et trouver un petit parking après 300 mètres. De là un sentier forestier escarpé mène en zigzag au sommet de Schafstein, d’où on a un point de vue sur le mer de blocs basaltiques.

GPS : 35°69'250 – 55°96’730

Schafstein - haut du pierrier - morceaux de colonnes basaltiques érodées - photo © Bernard Duyck 05.2014

Schafstein - haut du pierrier - morceaux de colonnes basaltiques érodées - photo © Bernard Duyck 05.2014

Sources :

- Die Hessische Rhön- Geotope im land der offenen fermen - Umwelt und Geologie - Hlug.de

- DVG – Rhön exkursion 2006 - link

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog