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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Les sommets du Vogelsberg - avec la tour de communication du Hoherodskopf sur le second plus haut sommet, à 763 m - photo Bernard Duyck 05.2014

Les sommets du Vogelsberg - avec la tour de communication du Hoherodskopf sur le second plus haut sommet, à 763 m - photo Bernard Duyck 05.2014

Avec son diamètre de 60 km de large, le Vogelsberg constitue aujourd'hui le plus grand massif basaltique fermé de l'Europe continentale. Bien que connu comme un grand volcan central , le Vogelsberg  est constitué de plusieurs centres éruptifs.

Actifs à la fin du tertiaire, entre 19 et 10 Ma, leurs laves ont couvert 2.500 km².

Dans le centre du volcan-bouclier qui en a résulté, l’épaisseur de lave atteint environ 700 mètres (forage de recherche en 1996, qui n’a pas atteint le sous-sol des roches volcaniques). Sur la bordure ouest la couche est plus mince, d’environ 150 mètres, contre 400 mètres sur la bordure orientale.

Représentation schématique des composants de la croûte et du manteau sous le Vogelsberg - d'après Boggard et Wörner - référence en sources.    1, Upwelling asthenosphere (EAR - European Asthenospheric Reservoir - signature); 2, lower lithospheric mantle (depleted); 2a, metasomatized regions of the TBL (anhydrous); 3, hydrous mineral bearing veins (∼70 Ma?); 4, upper lithospheric mantle (depleted); 4a, metasomatized regions of the MBL (Hercynian, hydrous); 5, veins related to Tertiary volcanism; 6, lower crust; 7, Tertiary intrusions (alkalic and/or tholeiitic); 8, middle and upper crust; 9, magma chamber (alkaline differentiates); 10, Vogelsberg.

Représentation schématique des composants de la croûte et du manteau sous le Vogelsberg - d'après Boggard et Wörner - référence en sources. 1, Upwelling asthenosphere (EAR - European Asthenospheric Reservoir - signature); 2, lower lithospheric mantle (depleted); 2a, metasomatized regions of the TBL (anhydrous); 3, hydrous mineral bearing veins (∼70 Ma?); 4, upper lithospheric mantle (depleted); 4a, metasomatized regions of the MBL (Hercynian, hydrous); 5, veins related to Tertiary volcanism; 6, lower crust; 7, Tertiary intrusions (alkalic and/or tholeiitic); 8, middle and upper crust; 9, magma chamber (alkaline differentiates); 10, Vogelsberg.

Le volcanisme du Vogelsberg a été principalement effusif, avec des éruptions de rift. Néanmoins, des épisodes plus explosifs, de type strombolien, avec des émissions de bombes et de cendres, et des éruptions phréatomagmatiques encore plus violentes ont également marqué le massif.

A la cessation de l’activité volcanique, il y a 9 à 10 Ma, l’action de la dernière glaciation et l’érosion par les intempéries ont changé la topographie. Les basaltes, plus durs, sont demeurés presque intacts. Les tuffs de scories ont été érodés, sauf dans les zones de recouvrement par les roches basaltiques. Les oxydes d’aluminium, de fer et de titane se sont accumulés par endroits … et la dégradation, en climat tropical à l’époque, a laissé de la latérite et de la bauxite.

Sur les sols basaltiques, des feuillus se sont établis, et de belles futaies de hêtres s’y sont développées sur les hauteurs. Les zones plus basses sont caractérisées par un paysage agricole et des haies.

La région était connue par les Romains en tant que " buchonia " … ce nom a qualifié la région de Fulda jusqu’au moyen-âge.

Amoeneburg, bâti sur une butte basaltique, au nord du Vogelsberg - Staedte fotos.

Amoeneburg, bâti sur une butte basaltique, au nord du Vogelsberg - Staedte fotos.

Avant d’examiner quelques spots volcaniques, à la recherche du basalte et du tuff, voyons les avantages qu’a laissé ce massif volcanique aux habitants de la région.

Des villages et des villes se sont établies sur les évents volcaniques : Amoeneburg, Herbstein, Ulrichstein. Ces monticules constituaient auparavant autant de points stratégiques.

Vogelsberg / Michelnau : grange au sous-bassement en basalte. - photo Bernard Duyck 05.2014

Vogelsberg / Michelnau : grange au sous-bassement en basalte. - photo Bernard Duyck 05.2014

Le basalte a été exploité comme matériau de construction. De nombreux villages possédaient jadis leur propre petite carrière, produisant les moellons pour les châteaux, le sous-bassement des maisons et fermes, les murets et les ponts. Actuellement, elles délivrent des pavés et des graviers.

Le minerai de fer y a été extrait jusqu’au 20° siècle, et enrichi divers villages. Les rares entreprises encore actives aujourd’hui importent leurs matières premières.

L’eau est abondante dans le Haut Vogelsberg et le basalte agit comme filtre et réservoir : l’eau de pluie s’infiltre par les fractures et se stocke au-dessus des couches imperméables, pour alimenter ensuite des sources, qui distribuent l’eau potable dans toutes les directions.

La faune et la flore en bénéficie également. Durant des siècles, des mains courageuses ont récolté et posé sur les lignes de propriété des blocs de basalte, établissant des murets permettant à la flore de s'y développer et donnant un abri à la faune. Sur les champs de blocs, on relève pas moins de 14 espèces de mousses rares.

Vogelsberg / Grebenhain : des mousses recouvrent les blocs de basanite de la "Bonifatiuskanzel" - photo Bernard Duyck 05.2014

Vogelsberg / Grebenhain : des mousses recouvrent les blocs de basanite de la "Bonifatiuskanzel" - photo Bernard Duyck 05.2014

Sources :

- Petrogenesis of basanitic to tholeiitic volcanic rocks from the Miocene Vogelsberg, Central Germany - by P.J.F. Bogaard & G. Wörner / Journal of Petrology.

- Der Vogelsberg - Geotope im grössten vulkangebiet mitteleuropas - Th. Reischmann & Ad. Schraft.

- DVG - Deutsche Vulkanologische Gesselschaft - Das vulkangebiet Vogelsberg - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le massif volcanique du Vogelsberg se situe dans le graben / fossé Rhénan, une plaine de 35 km de large en moyenne sur 300 km. de longueur entre Bâle au sud et Francfort au nord.

Le Fossé Rhénan forme le segment central du système de rifts Cénozoïques européens qui s’étend sur plus de 1.000 km de la Méditerranée  jusqu’à la mer du Nord.

L’ouverture du fossé Rhénan a débuté au cours de l’ère tertiaire (il y a environ 33 millions d'années), au début de l'Oligocène. Le fossé formé est rapidement envahi par la mer, d'abord en liaison avec l’océan alpin. Il s'y dépose en particulier des sédiments à intérêt économique : des sels de sodium et de potassium et, ailleurs, des marnes et grès où du pétrole s'est accumulé (gisement de Péchelbronn). Le fossé s’ouvre ensuite vers la Mer du Nord. Puis un basculement régional dû à la surrection des Alpes provoque le retrait de la mer et seuls des lacs d’eaux douces subsistent.

Le fossé Rhénan présente toutes les caractéristiques géologiques d'un rift continental:

- Le fossé rhénan se situe en domaine intra-plaque.

- La présence d'une plaine sédimentaire axiale où la sédimentation fut très importante.

- Des bordures structurées en "blocs basculés" par le jeu de failles normales. Ceci témoigne d'une tectonique en extension. La présence de ces failles, pour la plupart inactives, explique la sismicité résiduelle existant dans cette zone.

- Un volcanisme important mais de type alcalin : il n'y a pas de plancher océanique qui fut mis en place.

- Une remontée du Moho à l'origine de l'amincissement crustal et de la naissance de magmas.

Champs volcaniques en Europe centrale-ouest : dans les environs de Frankfurt, le Vogelsberg et Rhön - l'Eifel est désigné sous WEVF (West Eifel volcanic field), HEVF (Hocheifel VF), EEVF (East Eifel VF) - carte in Volcanism / H.U.Schmincke,

Champs volcaniques en Europe centrale-ouest : dans les environs de Frankfurt, le Vogelsberg et Rhön - l'Eifel est désigné sous WEVF (West Eifel volcanic field), HEVF (Hocheifel VF), EEVF (East Eifel VF) - carte in Volcanism / H.U.Schmincke,

Le volcanisme alcalin péri-alpin a produit en Allemagne les massifs de l’Eifel, du Vogelsberg et de Rhön. Les deux derniers massifs sont datés de 20 à 14 Ma, une période courte, au niveau géologique. (Vogelsberg 18-10 Ma – pic 17-15 Ma)

Les magmas émis ont une composition allant de la basanite au quartz tholéitique; d'après les oligo-éléments et la composition isotopique en Nd, Sr et Pb, on en déduit trois sources mantelliques différentes :

- une source typique d'un panache asthénosphérique, enrichie en oligo-éléments, similaire au niveau composition à celle du réservoir asthénosphérique européen en relation avec le volcanisme tertiaire.

- une source mantellique appauvrie, située dans le manteau lithosphérique ou l'asthénosphère supérieure,

- une source mantellique veinée (persillée).

Ce qui suggère trois étapes de formation :

1. des mélanges en fusion en provenance du manteau remontent vers la chambre magmatique et évoluent vers des éruptions caractérisées par des laves différenciées.

2. les roches en fusion proviennent d'une source mantellique appauvrie, et d'un mélange progressif avec une source asthénosphérique.

3. après épuisement de la source mantellique appauvrie, les roches en fusion viennent d'une source asthénosphérique.

... soit une évolution vers des sources de moins en moins profondes.

A gauche, Graben du Rhin - doc.CNRS / C.Brunet - Jolivet & Nataf -- à droite, ECVP ( European Cenozoic Volcanic Province) subareas Vogelsberg - Age data from Abratis et al. - un clic pour agrandir. A gauche, Graben du Rhin - doc.CNRS / C.Brunet - Jolivet & Nataf -- à droite, ECVP ( European Cenozoic Volcanic Province) subareas Vogelsberg - Age data from Abratis et al. - un clic pour agrandir.

A gauche, Graben du Rhin - doc.CNRS / C.Brunet - Jolivet & Nataf -- à droite, ECVP ( European Cenozoic Volcanic Province) subareas Vogelsberg - Age data from Abratis et al. - un clic pour agrandir.

Localisation et  mécanisme de mise en place présumé :

Les zones de volcanisme sont situées perpendiculairement au système de rift de la Vallée du Rhin supérieure, orientée NNE-SSO.

La lithosphère a une épaisseur moyenne uniforme de 100à 140 km. sous l’Europe de l’ouest et l’Europe centrale. En contraste, cette épaisseur n’est que de 60 km. sous le massif Rhénan, en relation avec les anciennes soudures Varisques. La croûte terrestre, partie de la lithosphère, a une épaisseur de moins de 30 km. sous le Vogelsberg et elle est pénétrée par de nombreux dykes à une profondeur de 20 km  (Braun & Berckhemer 1993)      

Un soulèvement de la frontière asthénosphère-lithosphère pourrait avoir été causé par un amincissement local de la croûte inférieure ductile sous l’extension résultant de la subduction de la croûte inférieure alpine.

Le volcanisme péri-alpin tertiare (violet) - zones de tectoniques extensive induites par la surrection des Alpes (rouge hachuré) - doc. d'après Brousse & Bellon / Aurelienb

Le volcanisme péri-alpin tertiare (violet) - zones de tectoniques extensive induites par la surrection des Alpes (rouge hachuré) - doc. d'après Brousse & Bellon / Aurelienb

Modèle géodynamique proposé pour l’origine de l’ECVP – la subduction alpine amincit la croûte au niveau des soudures Variques dans les pré-Alpes. L’amincissement permet une remontée asthénosphérique et un mouvement de convection à petite échelle sous le graben Rhénan – in The European Cenozoic Volcanic Province is not caused by mantle plumes / by R.Meyer & G.Foulger

Modèle géodynamique proposé pour l’origine de l’ECVP – la subduction alpine amincit la croûte au niveau des soudures Variques dans les pré-Alpes. L’amincissement permet une remontée asthénosphérique et un mouvement de convection à petite échelle sous le graben Rhénan – in The European Cenozoic Volcanic Province is not caused by mantle plumes / by R.Meyer & G.Foulger

Sources :

- Eduterre : Un rift continental, le fossé Rhénan - link

- CNRS - Le fossé Rhénan, un océan avorté - link

- Petrogenesis of basanitic to tholeiitic volcanic rocks from the Miocene Vogelsberg, Central Germany - by P.J.F. Bogaard & G. Wörner / Journal of Petrology.

- Petrogenesis of tertiary continental intra-plate lavas from the Westerwald region, Germany  / Journal of Petrology.

- The European Cenozoic Volcanic Province is not caused by mantle plumes / by R.Meyer & G.Foulger

- Der Vogelsberg - Geotope im grössten vulkangebiet mitteleuropas - Th. Reischmann & Ad. Schraft.

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Publié le par Bernard Duyck
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Kilauea - Crater Overlook 06/06/2014 - a slight degassing lets see the edges of the crater and the lava lake -. USGS-HVO Photo

Kilauea - Crater Overlook 06/06/2014 - a slight degassing lets see the edges of the crater and the lava lake -. USGS-HVO Photo

More than five years of volcanic activity at Halema'uma'u summit crater ... a celebration at two speeds !


A long and nice activity :

The longest Kilauea summit eruption, since 1924, began in early March 2008

The contradictory warning signs were  intrigued volcanologists from November 2007. Tremor level above the normal suggested magma movements under ground, as an increase in SO2 emissions. By against, a deflationary phenomenon marked the summit of Kilauea.

On 12 March 2008, a high temperature gaseous emanations area marked the south crater wall Halama'uma'u.

On March 19, at 2:58, a crater, 35 m. wide, opens under the fume area and an explosive eruption projected incandescent fragments from the old floor and walls of the Halema'uma'u. A few days later, juvenile material is ejected from the new pit crater, now called " Crater Overlook "A helicopter flight on September 5 will confirm visually the presence of a lava lake located deep in the crater Overlook.

 

Kilauea / Halema'uma'u - Crater Overlook on 09.05.2008 - photo HVO-USGS

Kilauea / Halema'uma'u - Crater Overlook on 09.05.2008 - photo HVO-USGS

Despite fluctuations in level, the lava lake in the crater remains deeply, and is seen occasionally.

In mid-February 2010, the permanent lava lake in the crater appears in the Overlook crater, along with an inflation of the summit. It will persist until the end of 2013, with a brief interruption of a week in March 2011, following a depressurization of the magmatic system in relation to the eruption Kamoamoa.
 

Kilauea - the summi Halama'uma'u crater, and the pit Overlook degassing, 14.05.2010 - USGS-HVO Photo

Kilauea - the summi Halama'uma'u crater, and the pit Overlook degassing, 14.05.2010 - USGS-HVO Photo

Kilauea - the lowest level of the lava lake / left on 19.03.2010 - right, 08.03.2011 - a click to enlarge - photos thermal camera HVO-USGSKilauea - the lowest level of the lava lake / left on 19.03.2010 - right, 08.03.2011 - a click to enlarge - photos thermal camera HVO-USGS

Kilauea - the lowest level of the lava lake / left on 19.03.2010 - right, 08.03.2011 - a click to enlarge - photos thermal camera HVO-USGS

Kilauea - The lake level is 50 meters below the Overlook crater rim on 17.10.2012 - photo HVO-USGS

Kilauea - The lake level is 50 meters below the Overlook crater rim on 17.10.2012 - photo HVO-USGS

Kilauea - the lava lake in all its splendor, the 18.10.2012. The level is 42 meters below the edge of the pit Overlook - photo USGS-HVO

Kilauea - the lava lake in all its splendor, the 18.10.2012. The level is 42 meters below the edge of the pit Overlook - photo USGS-HVO

Fluctuations in the level of the lava lake are related to gas pushing the lava upwards, then escaping, with a falling of the lake levels. These cyclic oscillations let vary the level between 22 and 220 meters below the Overlook crater rim. The lake level also depends on the magma supply at the East rift zone and the eruption of Pu'u O'o.
 

The plumbing system of Kilauea, and feeding the lava lake summit and east rift zone in the start of a magma chamber in sub-surface - J. Johnson Scheme 2000 / USGS-HVO

The plumbing system of Kilauea, and feeding the lava lake summit and east rift zone in the start of a magma chamber in sub-surface - J. Johnson Scheme 2000 / USGS-HVO

The activity of the lava lake has weakened the walls of the pit crater and it has grown to reach in late 2013, following various collapses, the respectable dimensions : 160 x 215 meters. These wall failures generated episodes explosives, causing it to close the areas near the crater. Between these explosions, the continuous emission of a plume carries droplets of lava, that produce Pele's hair and tears, and ash.

The downside:

Addition ash and particles,  the plume eruptive carry gas: water vapor, CO2, SO2, HCl and HF.

The 500 to 5,000 tons of sulfur dioxide emitted into the atmosphere every day generate a VOG / a volcanic SMOG. This acid mist causes respiratory and eye irritation on the exposed areas of the west, and with the wind conditions, on other populated areas of Hawaii.

Acid rain degrade equipment and roofs around, may even be responsible for water contamination by lead released. Agricultural areas also record conséquences of VOG, which attack plants and crops, and damage fences and infrastructure.

 

Hawaiian archipelago - VOG position west of Big Island, 10.12.2009 - doc. Nasa

Hawaiian archipelago - VOG position west of Big Island, 10.12.2009 - doc. Nasa

Informative displays of the USGS on the VOG - doc. Honoluluadvertiser

Informative displays of the USGS on the VOG - doc. Honoluluadvertiser

Sources:
- USGS - The First Five Years of Kīlauea's Summit eruption in Halema'uma'u Crater, 2008-2013
- USGS-HVO - reports and photographs regularly
published.

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Publié le par Bernard Duyck
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Overlook crater 06.06.2014 - un léger dégazage laisse apercevoir les bords du cratère et le lac de lave.- photo HVO-USGS

Overlook crater 06.06.2014 - un léger dégazage laisse apercevoir les bords du cratère et le lac de lave.- photo HVO-USGS

Plus de cinq ans d’activité volcanique au cratère sommital Halema’uma’u  … une célébration à deux vitesses !

Une belle et longue activité :

L’éruption sommitale la plus longue du Kilauea, depuis 1924, a débuté début mars 2008. Des signes avant-coureurs contradictoires avaient intrigué les volcanologues dès novembre 2007 : le niveau du trémor au-dessus de la normale suggérait des mouvements magmatiques en sous-sol, de même qu'une augmentation des émissions de SO2. Par contre, un phénomène déflatoire marquait le sommet du Kilauea. Le 12 mars 2008,une zone d’émanations gazeuses de haute température marquait la paroi sud du cratère Halama’uma’u.

Le 19 mars, à 2h58, un cratère de 35 m. de large s’ouvre sous la zone d’émanations et une éruption explosive projette des fragments incandescents du plancher ancien et des parois de l’Halema’uma’u. Quelques jours plus tard, du matériel juvénile est éjecté du nouveau pit crater, désormais appelé " Overlook crater ". Un survol en hélicoptère le 5 septembre va confirmer de visu la présence d’un lac de lave situé en profondeur dans Overlook crater.

Kilauea / Halema'uma'u - Overlook crater, le 09.05.2008 - photo HVO-USGS

Kilauea / Halema'uma'u - Overlook crater, le 09.05.2008 - photo HVO-USGS

Malgré des fluctuations de niveau, le lac de lave demeure profondément dans le cratère, et n’est vu qu’occasionnellement. En mi-février 2010, le lac de lave permanent apparait dans le cratère Overlook, en même temps qu’une inflation du sommet. Il va persister jusqu’en fin 2013, avec une brève interruption d’une semaine en mars 2011, suite à une dépressurisation du système magmatique en relation avec l’éruption Kamoamoa.

Kilauea - le cratère sommital Halama'uma'u, et le pit Overlook dégazant, le 14.05.2010 - photo HVO-USGS

Kilauea - le cratère sommital Halama'uma'u, et le pit Overlook dégazant, le 14.05.2010 - photo HVO-USGS

Kilauea - le niveau bas du lac de lave  / à gauche, le 19.03.2010 - à droite, le 08.03.2011 - un clic pour agrandir  - photos caméra thermique HVO-USGSKilauea - le niveau bas du lac de lave  / à gauche, le 19.03.2010 - à droite, le 08.03.2011 - un clic pour agrandir  - photos caméra thermique HVO-USGS

Kilauea - le niveau bas du lac de lave / à gauche, le 19.03.2010 - à droite, le 08.03.2011 - un clic pour agrandir - photos caméra thermique HVO-USGS

Kilauea - Le niveau du lac est à 50 mètres sous le bord du cratère Overlook, le 17.10.2012 - photo HVO-USGS

Kilauea - Le niveau du lac est à 50 mètres sous le bord du cratère Overlook, le 17.10.2012 - photo HVO-USGS

Kilauea - le lac de lave dans toute sa splendeur, le 18.10.2012. Le niveau est à 42 mètres sous le bord du pit Overlook - photo HVO-USGS

Kilauea - le lac de lave dans toute sa splendeur, le 18.10.2012. Le niveau est à 42 mètres sous le bord du pit Overlook - photo HVO-USGS

Les fluctuations de niveau du lac de lave sont liées aux gaz poussant la lave vers le haut, ensuite s’échappant, avec une baisse de niveau du lac. Ces oscillations cycliques font varier le niveau entre 22 et 220 mètres sous le bord du cratère Overlook. Le niveau du lac dépend aussi de l’alimentation magmatique au niveau de l’East rift zone, et de l’éruption du Pu’u O’o.

Le système de plomberie du Kilauea, et l'alimentation du lac de lave sommital et de l'east rift zone au départ d'une chambre magmatique superficielle - Schéma J.Johnson 2000 / HVO-USGS

Le système de plomberie du Kilauea, et l'alimentation du lac de lave sommital et de l'east rift zone au départ d'une chambre magmatique superficielle - Schéma J.Johnson 2000 / HVO-USGS

L’activité du lac de lave a fragilisé les parois du pit crater et celui-ci s’est agrandi jusqu’à atteindre en fin 2013, suite à divers effondrements, des dimensions respectables : 160m sur 215. Ces effondrements des parois ont généré des épisodes explosifs, amenant à fermer les zones proches du cratère. Entre ces explosions, l’émission en continu d’un panache transporte des gouttelettes de lave, qui produisent des larmes et des cheveux de Pelé, et des cendres.

Le revers de la médaille :

Outre les cendres et particules, le panache éruptif entraîne aussi  des gaz : vapeur d’eau, CO2, SO2, HCl et HF.

Les 500 à 5.000 tonnes de dioxyde de soufre émises quotidiennement dans l’atmosphère génèrent un VOG / un SMOG volcanique. Ce brouillard acide cause des irritations respiratoires et oculaires sur les zones exposées de l’ouest, et selon les conditions de vent, sur d’autres zones habitées d’Hawaii.

Les pluies acides dégradent les équipements et toitures des environs, pouvant même être responsables de contamination des eaux par le plomb relâché. Les domaines agricoles enregistrent aussi les conséquences du VOG, qui attaque plantes et récoltes, endommage les clôtures et les infrastructures.

Archipel hawaiien - position du VOG à l'ouest de Big Island , le 10.12.2009 - doc. Nasa

Archipel hawaiien - position du VOG à l'ouest de Big Island , le 10.12.2009 - doc. Nasa

Affiche informative de l'USGS sur le VOG - doc. Honoluluadvertiser

Affiche informative de l'USGS sur le VOG - doc. Honoluluadvertiser

Sources :

- USGS - The First Five Years of Kīlauea’s Summit Eruption in Halema‘uma‘u Crater, 2008–2013

- HVO-USGS - rapports et photos régulièrement publiés.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pour vous faire patienter en ce week-end de l'Ascension, quelques orgues basaltiques d'HUMMELSBERG / Allemagne, Massif rhénan.

Orgues basaltiques d'Hummelsberg - photo Dom2508

Orgues basaltiques d'Hummelsberg - photo Dom2508

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Publié le par Bernard Duyck
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Un plateau d’une altitude moyenne de 1220 mètres occupe le sud-ouest de l’île Unimak. Il pourrait s’agir de la surface d’un cône ancestral tronqué, et érodé fortement, présentant des pentes abruptes vers le nord et des pentes douces sur les autres côtés.

Trois structures volcaniques y sont situées : le Westdahl peak, le Faris Peak et le volcan Pogromni.

La zone sommitale du Westdahl : à gauche, le Westdahl Peak, à droite, le Faris Peak. Le fissure recoupant la couverture glaciaire sommitale depuis le sommet s’est formée au début de l’éruption de 1991-92, caractérisée par du fountaining. Au centre droit, le cinder cone de l’éruption 1991-92, et sa coulée de lave recouverte de neige. – photo C.F. Zeillemaker / US Fish & wildlife service / AVO

La zone sommitale du Westdahl : à gauche, le Westdahl Peak, à droite, le Faris Peak. Le fissure recoupant la couverture glaciaire sommitale depuis le sommet s’est formée au début de l’éruption de 1991-92, caractérisée par du fountaining. Au centre droit, le cinder cone de l’éruption 1991-92, et sa coulée de lave recouverte de neige. – photo C.F. Zeillemaker / US Fish & wildlife service / AVO

Carte topographique du Westdahl / Unimak island - doc AVO - USGS

Carte topographique du Westdahl / Unimak island - doc AVO - USGS

A l’avant-plan, la caldeira Fisher , avec ses rives non recouvertes de neige, et à gauche, le Mt Finch – En arrière-plan gauche, les sommets enneigés sont, de gauche à droite, le Westdahl, le Faris Peak, le Progromni et le Pogromni sister – photo Peter Stellling 1998 / AVO - USGS

A l’avant-plan, la caldeira Fisher , avec ses rives non recouvertes de neige, et à gauche, le Mt Finch – En arrière-plan gauche, les sommets enneigés sont, de gauche à droite, le Westdahl, le Faris Peak, le Progromni et le Pogromni sister – photo Peter Stellling 1998 / AVO - USGS

Le Westdahl possède un diamètre basal de 18 km. Sa première éruption historique, de VEI 4, a eu lieu en 1795.

En 1991, une fissure, longue de 8 km., s’est étendue depuis son sommet sur le flanc est du Westdahl (photo du dessus) . L’éruption a débuté le 29 novembre, par un fountaining spectaculaire, et des explosions, accompagnées d’un panache de 6.000 mètres de hauteur. Les coulées de lave ont parcouru 7 km. à partir de l’évent principal, un cinder cone bien visible actuellement, en s’élargissant sur les bas-flancs.

Westdahl - 4 décembre 1991 - photo Kristina Neal / AVO - USGS

Westdahl - 4 décembre 1991 - photo Kristina Neal / AVO - USGS

LEs coulées de lave du Westdahl - éruption 91-92 - photo C.Dau 12.03.1992 / US Fish & wildlife service / AVO

LEs coulées de lave du Westdahl - éruption 91-92 - photo C.Dau 12.03.1992 / US Fish & wildlife service / AVO

Le sommet du Westdahl et Faris Peak - photo Cyrus Read / AVO - USGS

Le sommet du Westdahl et Faris Peak - photo Cyrus Read / AVO - USGS

Le stratovolcan Pogromni, de forme conique, est situé à 5 km. au nord du Westdahl. Il culmine à 2002 mètres. Malgré sa plus haute taille, il est érodé par les glaciers et présumé plus ancien, avec une activité à la fin du Pléistocène. Toutes les laves en provenance du Pogromni sont des basaltes tholeiitiques.

Proche de ce dernier, un autre sommet, Pogromni sister, haut de 1.230 mètres, pourrait être un reste d’un évent plus ancien.

Cinq cinder cones monogénétiques sont alignés, avec le Pogromni, sur un axe NO-SE. Leur hauteur est de 50 à 100 mètres et leur surface fortement oxydée.

Le volcan Pogromni - photo John Nickels / Unimak.us

Le volcan Pogromni - photo John Nickels / Unimak.us

Sources ;

 - AVO – Volcano information - link

- Volcanoes of North America: United States and Canada – by Charles A. Wood & Jürgen Kienle.

- Global Volcanism Program - Westdahl

 

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Publié le par Bernard Duyck
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L'Isanotski, ou "Ragged Jack" - photo John Nickels / Unimak.us

L'Isanotski, ou "Ragged Jack" - photo John Nickels / Unimak.us

Le stratovolcan Isanotski, connu aussi sous le nom de "Ragged Jack", a un sommet fortement érodé, formé de robustes pinacles, et couvert de glaciers.

Quatre éruptions historiques ont été notées au 18 et 19° siècles, peu documentées, et considérées comme incertaine par le GVP, étant donné l’extrême état d’érosion du sommet. Elles sont dues probablement à son voisin, le Shishaldin.

Le sommet de l'Isanotski, et dans l'échancrure, le symétrique Shishaldin - photo Cyrus Read / AVO - USGS

Le sommet de l'Isanotski, et dans l'échancrure, le symétrique Shishaldin - photo Cyrus Read / AVO - USGS

Situé entre l’Isanotski et le Roundtop, un volcan du Pleistocène, baptisé Unimak 5270, est considéré comme un volcan, ou un évent à part, suite à des observations aériennes montrant des coulées de lave radiales à partir du sommet (Chris Nye, 2008)

Shishaldin, Isanotski et Roundtop - Carte U.S. Geological Survey Andalkar, Amar / AVO - USGS

Shishaldin, Isanotski et Roundtop - Carte U.S. Geological Survey Andalkar, Amar / AVO - USGS

La caldeira Fisher, de 18 km. sur 11, abrite trois lacs, et plusieurs cinder cones et spatter cones, dont le Mont Finch, un cône composite central de plus de 2000 m. de diamètre et 400 m de haut. Elle est la plus grande des 12 caldeiras formées en Alaska à l’Holocène.

La caldeira Fisher, et la silhouette du Shishaldin - photo John Nickels / Unimak.us

La caldeira Fisher, et la silhouette du Shishaldin - photo John Nickels / Unimak.us

Une étude de 2004 considère que le système volcanique, précédant l’éruption formatrice de la caldeira il y a 9400 ans, consistait en un groupe de trois petits stratocônes, actifs indépendamment entre 66.000 et 9400 ans.

La caldeira s’est formée au cours d’une seule éruption, produisant un épais dépôt de cendres dacitiques, deux dépôts de coulées pyroclastiques, une petite coulée dacitique et une coulée mixte basalto-dacitique. Les coulées pyroclastiques, particulièrement mobiles, ont atteint la mer de Bering, à 15 km, et l’océan Pacifique, à 8 km., en surmontant des reliefs de plus de 400 m.

Un lac a rempli ensuite une grande partie de la caldeira, pendant une période de repos.

L’activité volcanique a repris au départ d’évents intra-caldériques , avec une production de retombées de scories épaisses interstratifiés avec des sédiments lacustres. Plusieurs stratocônes se sont développés, dont un marqué par un effondrement. Le lac de caldeira a été drainé brusquement lorsqu’une éruption phréatomagmatique a produit une vague qui a incisé et surmonté la paroi sud de la caldeira. Des dépôts contenant des lapilli accrétionnés retrouvés dans et hors caldeira témoignent de l’activité phréatomagmatique à l’Holcène.

Une petite éruption explosive est datée de 1826 ; l’activité actuelle est hydrothermale, avec des fumerolles de basse température sur le flanc ouest du Mont Finch. Le lac Turquoise, à la base du cône Finch, émet de l’hydrogène sulfuré.

 Le Shishaldin et la caldeira Fisher - photo 14.05.2014 / Nasa / USGS Earth explorer by Landsat 8 OLI

Le Shishaldin et la caldeira Fisher - photo 14.05.2014 / Nasa / USGS Earth explorer by Landsat 8 OLI

A gauche, la caldeira Fisher - Catalog of the historically active volcanoes of Alaska - Miller and others (1998), and Miller and Smith (1977) - à droite, image radar de l'île Unimak - Oregonstate University - un clic pour agrandir.A gauche, la caldeira Fisher - Catalog of the historically active volcanoes of Alaska - Miller and others (1998), and Miller and Smith (1977) - à droite, image radar de l'île Unimak - Oregonstate University - un clic pour agrandir.

A gauche, la caldeira Fisher - Catalog of the historically active volcanoes of Alaska - Miller and others (1998), and Miller and Smith (1977) - à droite, image radar de l'île Unimak - Oregonstate University - un clic pour agrandir.

Sources :

- AVO - Volcano information - link

- Eruptive history of Fisher Caldera, Alaska, USA by Pete Stelling & al.- link

- Global Volcanism Program - Isanotski

- Global Vocanism Program - Fisher

- Unimak Landforms

- Catalog of the historically active volcanoes of Alaska

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’île Unimak, située dans l’arc volcanique des Aléoutiennes, possède au moins six volcans, dont le Roundtop, l’Isanotski, le Shishaldin, la caldeira Fisher, le groupe Progromni et Faris Peak , tous des stratovolcans, à l’exception du Westdahl, un grand volcan-bouclier. 

Les volcans de l'île Unimak - carte AVO / USGS/ Unimak.us

Les volcans de l'île Unimak - carte AVO / USGS/ Unimak.us

Situation d'Unimak island et du volcan Shishaldin, dans l'arc des Aléoutiennes - doc.AVO

Situation d'Unimak island et du volcan Shishaldin, dans l'arc des Aléoutiennes - doc.AVO

Débutons par le Shishaldin, situé au centre de l’île, en raison de son activité actuelle. Il est listé en code aviation orange par l’AVO.

Ce stratovolcan symétrique a un diamètre basal de 16 km, et culmine à 2.857 mètres, avec un petit cratère sommital émettant en permanence un peu de vapeur. Le sommet est couvert de neiges éternelles. Le flanc nord-ouest du Shishaldin, couvert de coulées aa, est ponctué de 24 cônes monogénétiques parasites.

Le Shishaldin est daté de moins de 10.000 ans, et s’est édifié sur les restes d’une somma ancestrale ou d’un bouclier, érodé par les glaciers, lui-même sur un sous-bassement de roches volcaniclastiques ou plutoniques d’âge tertiaire. Des restes de cet édifice ancien sont exposés à l’ouest et au nord-est à 1500-1800 m de hauteur.

Shishaldin - photo Greg Walters / AVO / 14.05.2014 - notez la présence de cendres sur le sommet.

Shishaldin - photo Greg Walters / AVO / 14.05.2014 - notez la présence de cendres sur le sommet.

Le Shishaldin et son petit panache permanent de vapeur - 02.09.2008 - photo Bill Springer / Maritime helicopters / AVO

Le Shishaldin et son petit panache permanent de vapeur - 02.09.2008 - photo Bill Springer / Maritime helicopters / AVO

Une élévation de température et un dégazage mineur sont observés ; une photo du 14 mai montre des traces de cendres fraîches sur le sommet. Les stations sismiques proches du volcan détectent de brefs signaux d’explosion strombolienne.

Le Volcan Roundtop - photo Bill Springer / AVO / 2008

Le Volcan Roundtop - photo Bill Springer / AVO / 2008

A la pointe Est d’Unimak, le stratovolcan Roundtop domine de ses 1871 mètres une large vallée, 13 km. à l’ouest du village de False Pass.

Cet édifice, au sommet érodé et couvert de glace et neige, recouvre la plus grande part d’une caldeira large de 3 km. qui s’est formée au début de l’Holocène. La formation de cette caldeira a produit des coulées pyroclastiques et un dépôt de tephra rhyolitiques, largement dispersé sur le sud-ouest de la péninsule de l’alaska. Un groupe de dômes de lave s’est construit au sud du Roundtop.

Sa seule éruption connue est datée par le GVP  vers 7.600 avant JC. Dans les années 1930, des sources chaudes furent retrouvées sur ses pentes.

A suivre, d'autres volcans d'Unimak

 

Sources :

- AVO - Volcano information and reports

- Global Volcanism Program - Shishaldin

- Global volcanism Program -

- Unimak Landforms - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Le Mont Loowit, ou St. Helens, vu depuis Elk Rock - photo USGS

Le Mont Loowit, ou St. Helens, vu depuis Elk Rock - photo USGS

Les légendes de la tribu indienne Cowlitz se confondent avec l’histoire du Mont St. Helens.

Le triangle tragique, ou "l’histoire d’amour de Loowit" :

Selon la version des Cowlitz, Tah-one-lat-clah, la montagne de feu, fut habitée par une vieille femme nommée Loowit. Bien avant la venue des Européens, les tribus natives pouvaient franchir la Columbia river à pied sec … quand ces tribus devinrent avides et belliqueuses, le grand coyote prit des mesures qui ont finalement conduit à la destruction des ponts. Il fit s’éteindre tous les foyers domestiques … seul le feu entretenu par Loowit continua de brûler. Ses voisins vinrent en nombre chercher le moyen de rallumer leur foyer. Le Grand Esprit demanda alors à Loowit ce qu’elle souhaitait comme récompense pour son partage pacifique. Elle suggéra timidement son rajeunissement et son embellissement … ainsi fut fait !

Sa transformation accomplie, elle ralluma par inadvertance les feux de la guerre, en attirant l’attention de deux chefs, Pahtoe, régnant du côté nord de la Columbia river et Wyeast, leader du peuple Multnomah, au sud de la rivière. Ceux-ci se sont battus pour les faveurs de Loowit, détruisant villages et forêts. Le Grand Esprit sépara les rivaux en faisant s’écrouler le Pont des dieux dans la Columbia ( créé par le Bonneville slide, un glissement de terrain consécutif à un séisme de M9)

Selon la légende Cowlitz, le Grand Esprit changea les protagonistes de ce triangle amoureux en montagne : Wyeast devint le Mont Hood, Pahtoe devint le Mont Adams, tandis que le belle Loowit fut personnifiée par le St. Helens.

(A noter que cette légende diffère un peu de celle de la tribu Klickitats)

Emblême de la tribu Cowlitz, avec le St. Helens - doc. Cowlitz tribe

Emblême de la tribu Cowlitz, avec le St. Helens - doc. Cowlitz tribe

Carte de la zone ancestrale de la tribu Cowlitz

Carte de la zone ancestrale de la tribu Cowlitz

La tribu Cowlitz :

Cette petite tribu vivait au nord de la Columbia river dans des habitations faites de planches de bois. Au temps de l’expédition Lewis et Clark, les Cowlitz étaient déjà en déclin, qui s’accéléra au cours du 19 ° siècle. Une épidémie anéantit une grande partie de la population, ne laissant que 500 Cowlitz. La population se rétablit doucement et compte aujourd’hui 1400 têtes vivant sr leurs terres ancestrales.

Il est vraisemblable que leur langage se soit éteint, ou mixé avec celui des voisins. Ils étaient renommé pour la confection de paniers ornés de dessins géométriques, confectionnés avec du bear grass, des racines et écorces de cèdre et des crins de chevaux et destinés à la cueillette de fruits et de baies. Ces paniers, souvent réparés, passaient de générations en générations.

Les Cowlitz ne furent reconnus par le Gouvernement Fédéral qu’en 2.000 , et sont occupés à faire établir des terres tribales dans l’état de Washington. Un grand Powwow est tenu chaque année, pour maintenir vivaces les traditions tribales.

Powwow de la tribu Cowlitz - photo Holly Pederson / for The Chronicle

Powwow de la tribu Cowlitz - photo Holly Pederson / for The Chronicle

A gauche, le traingle tragique, formé de trois volcans - à droite, les légendes de la tribu Indienne Cowlitz par Roy I. Wilson - un clic sur l'image pour agrandir.A gauche, le traingle tragique, formé de trois volcans - à droite, les légendes de la tribu Indienne Cowlitz par Roy I. Wilson - un clic sur l'image pour agrandir.

A gauche, le traingle tragique, formé de trois volcans - à droite, les légendes de la tribu Indienne Cowlitz par Roy I. Wilson - un clic sur l'image pour agrandir.

Le poème Loowit :

Fabienne Ginner a composé un petit poème, intitulé Loowit. Dans l’acrostiche, on retrouve son autre nom, Saint Helens

"Loowit", poème de Fabienne G "Volcana" - photo de l'auteure

"Loowit", poème de Fabienne G "Volcana" - photo de l'auteure

Sources:

- Native Culture - Mt St Helens Native American Tribe Folklore - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Topographie de la caldeira du Bolshoi Semiachik, et ses nombreux volcans et dômes

Topographie de la caldeira du Bolshoi Semiachik, et ses nombreux volcans et dômes

Les deux extrémités, nord et sud, de la Réserve Kronotsky sont peu illustrés.

Situé au sud de la Réserve Kronotsky, le complexe Volcanique Bolshoi Semiachik s’est édifié dans une grande caldeira de 10 km de large, fermée côté ouest, et occupant une dépression volcano-tectonique datée de la fin du Pléistocène en bordure de la côte Pacifique du Kamchatka.

Le volcanisme post-caldeira inclue des dômes de lave, dont l’Ivanov, l’Ezh et le Korona,  et de nombreux stratovolcans, dont certains actifs à l’Holocène : les volcans Zubchatka (Bolshoi Semiachik), Zapadny Barany, Vostochny Barany, Zentralny Semiachik, Popkov, Plosky, et Burlyashchy sont les plus importants du complexe.

Le complexe Bolshoi Semiachik vu de la paroi est de la caldeira - Le Zubchatka est le grand édifice en arrière-plan - photo Nikolai Smelov / KSCNET

Le complexe Bolshoi Semiachik vu de la paroi est de la caldeira - Le Zubchatka est le grand édifice en arrière-plan - photo Nikolai Smelov / KSCNET

La datation du dôme Ivanov ne fut pas simple à établir. Il n’a pas produit de coulées et n’est pas recouvert de couche de cendres … on a cependant trouvé un puit proche du dôme, dans lequel on a identifié une couche de lapilli de ponce andésitique, prise entre des tephras du Karymsky – datés de 5900 avant JC – et une couche de cendres dite "Lower yellow ash" – datée de 7500 avant JC. Ceci permet de dater le dôme Ivanov entre 6500 et 7000 avant JC.

Les dômes Ezh (Hérisson) et Korona (Couronne) ont par contre produit de longues coulées de lave et des lahars associés, ce qui permet leur datation : vers 3.600 avant JC., selon un tephra marqueur d’une éruption de l’Avachinsky.

Bolshoi Semiachik - le dôme Ezh -  photo Nikolai Smelov / KSCNET

Bolshoi Semiachik - le dôme Ezh - photo Nikolai Smelov / KSCNET

Le complexe présente une activité hydrothermale, surtout localisée sur les pentes ouest des Bolshoi Semiachik et Zentralny Semiachik.

Le partie Est du champ thermal Burlyashchy abrite des jets de vapeur , présentant des températures allant jusqu’à plus de 137°C. Le champ thermal du Semiachik central abrite le lac Chernoe, un lac émettant des vapeurs.

Bolshoi Semiachik thermal field - à gauche, champ thermal Burlyashchy - à droite, le lac Chernoe - photos KSCNET - Un clic pour agrandir.Bolshoi Semiachik thermal field - à gauche, champ thermal Burlyashchy - à droite, le lac Chernoe - photos KSCNET - Un clic pour agrandir.

Bolshoi Semiachik thermal field - à gauche, champ thermal Burlyashchy - à droite, le lac Chernoe - photos KSCNET - Un clic pour agrandir.

Au nord de la Réserve Kronotsky, le groupe volcanique Gamchen forme une chaîne volcanique orientée Sud-Nord, avec le massif du Gamchen et le cône Barany, le Komarov, et le Vysoky.

Le Groupe volcanique Gamchen : De gauche à droite : les quatre sommets du volcan Gamchen, le sommet jaunâtre du Komarov, composé de roches altérées hydrothermalement, et à l’extrême droite, le Vysoky. - photo Philip Kyle / KSCNET

Le Groupe volcanique Gamchen : De gauche à droite : les quatre sommets du volcan Gamchen, le sommet jaunâtre du Komarov, composé de roches altérées hydrothermalement, et à l’extrême droite, le Vysoky. - photo Philip Kyle / KSCNET

Le massif du Gamchen est un complexe formé de quatre stratovolcans, surmontant une structure en bouclier. Le Yuzhny Gamchen et le Severny Gamchen sont deux stratovolcans érodés datant du Pléistocène. Le Molodoi est un petit stratovolcan situé sur le flanc Est du Severny Gamchen. Le Barany est situé sur le flanc Sud-est du Yuzhny Gamchen ; coiffé d’un cratère d’aspect jeune, de 500 m. sur 200, ses éruptions, datées de 1650 et 550 avant JC, ont produit un champ de lave s’étendant au NE et à l’E. Un jeune dôme de lave, le Lukovitsa, s’est formé sur le flanc du Barany, à la fin de la période d’activité.

Des effondrements du complexe au début de l’Holocène et des dépôts d’avalanches de débris ont formé un champ à la topographie en hummock sur le côté Est du volcan, appelé "Moon hills".

A l'avant-plan , le Komarov, suivi des sommets du Gamchen - et au fond, à droite, la silhouette du Kronotsky - photo Philippe Bourseiller / KSCNET / GVP

A l'avant-plan , le Komarov, suivi des sommets du Gamchen - et au fond, à droite, la silhouette du Kronotsky - photo Philippe Bourseiller / KSCNET / GVP

La zone sommitale du Komarov, altérée hydrothermalement - photo Philippe Bourseiller / KSCNET / GVP

La zone sommitale du Komarov, altérée hydrothermalement - photo Philippe Bourseiller / KSCNET / GVP

Le complexe Komarov (ou Komarova) est surmonté d’une caldeira excentrique de 4 km sur 2,5. Le Komarov et le Vysoky possède le même système magmatique, produisant des andésites de même composition, et différentes de celle du volcan Gamchen.

Le jeune cône Komarov, haut de 2070 m, s’est édifié à l’extrémité Ouest de la caldeira ; il est coiffé de deux cratères, l’un au sommet, l’autre sur le flanc Est supérieur. Toute la région sommitale est soumise à une altération hydrothermale extensive, et conserve des fumerolles actives, retrouvées aussi sur les flancs N et S.

Le Vysoky, plus au nord, a été actif depuis le début de l’Holocène jusqu’au début de notre ère, tandis sue le Komarov a commencé à se former il y a 1500 ans., après l’arrêt d’activité au Vysoky. Bizaremment, le Vysoky n’est repris sur aucun catalogue de volcan actif.

Le Vysoky a été actif jusqu'au début de notre ère, avec cette coulée de lave datée d'il y a 2000 ans - ^hoto Vera Ponomareva / KSCNET

Le Vysoky a été actif jusqu'au début de notre ère, avec cette coulée de lave datée d'il y a 2000 ans - ^hoto Vera Ponomareva / KSCNET

Sources:

- KSCNET - Kamchatka Holocene Volcanoes - link

- Global Volcanism Program -  Komarov

- Global Volcanism Program - Gamchen

- Global Volcanism Program - Bolshoi Semiachik

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