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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

La Vallée des geysers fut découverte fortuitement en avril 1941 par une équipe d'hydrologues, dirigée par Tatiana Ustinova.

Au cours d'une étude effectuée sur la rivière Shunmaya, qui sort de la caldeira d'Uzon, ils découvrirent un passage entre les rochers et atteignirent un affluent inconnu de cette rivière. L'heure du repas venue, ils s'arrêtèrent pour se restaurer ... durant la pause, ils furent surpris par un jet d'eau soudain : ils venaient de voir un geyser, le premier vu au Kamchatka. Tatiana le baptisa "Pervenets", "le premier né". L'histoire de la vallée des geysers venait de débuter.  

L'affluent mystérieux se nomme Geysernaia; cette rivière prend sa source au pied du volcan Kikpinich. Ses eaux sont chaudes; elles ne descendent pas sous les 19°C, même au coeur de l'hiver. Sur les 8 km. de son parcours, on dénombre plus de trente geysers, petits ou grands, des sources chaudes et des marmites de boue. Cet ensemble est chauffé par le magma présent en profondeur sous la caldeira d'Uzon.  

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - une source chaude - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - une source chaude - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - une mare de boue bouillonnante - photo Antony Van Eeten 2011 - photo Antony Van Eeten 2011

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - une mare de boue bouillonnante - photo Antony Van Eeten 2011 - photo Antony Van Eeten 2011

Ces geysers portent des noms : Velikan (le géant), Zhemchuznhy (le perlé), Sakharny (le sucré), Troynoy (le triple), Konus (le cône), Maly (le petit), Bolshoy (le grand), Shchel (la fissure).

Leur manifestation est rythmée de façon particulière et différente : le Velikan se manifeste à 25 m. toutes les 6 heures, le Maly à 8 m. toutes les 35 minutes, le Bolshoy à 10 m. toutes les 10 minutes...

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - Barrage sur la Geysernaia, suite au glissement de terrain de 2007 - photo I.Shpilenok

Caldeira d'Uzon - la Vallée des geysers - Barrage sur la Geysernaia, suite au glissement de terrain de 2007 - photo I.Shpilenok

Ce magnifique paysage est soumis aux aléas de la météo : c'est ainsi qu'en octobre 1981, il a subi le passage du typhon Elsa; la rivière Geysernaia monta alors de 3 mètres, causant de nombreux dégâts.

Le 3 juin 2007, la vallée fut en partie touchée par un glissement de terrain, qui a fait disparaître cinq geysers : le Pervenets, le Troynoy, le Sakharny, le Sosed et l'Uvodopa; il a aussi créé un obstacle à l'écoulement naturel de la rivière Geysernaia et un barrage qui a noyé pour un temps d'autres structures.

Caldeira d'Uzon - La Vallée des geysers - le nouveau geyser"Prikolny" - photo I.Shpilenok 2009

Caldeira d'Uzon - La Vallée des geysers - le nouveau geyser"Prikolny" - photo I.Shpilenok 2009

En 2009, un nouveau geyser, nommé "Prikolny" ("Particulier") : à l’origine une source chaude, ce geyser présente des éruptions toutes les 6 à 20 minutes; il est unique dans le sens où il réutilise sans arrêt la même eau. L'eau qui jaillit à 5 m. de hauteur retombe dans la cavité pour en ressortir régulièrement.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Uzon - Montly reports  

- Le glissement de terrain 2007 - Spanishflyer livejournal  

- The valley of geyser - Kamchatka geysers

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les caldeiras jumelles Uzon-Geysernaya forment une grande dépression de 18 km sur 9, découvertes tardivement lors d'une exploration russe, par T.Dikmar en 1852. La dépression résulte d’importantes éruptions explosives à la fin du Pléistocène, associées à des dépôts d’ignimbrites, d’un volume de 20-25 km³, qui ont recouvert 1700km². Une datation du paléosol sous les dépôts suggère une date d’éruption autour de 37.600 +/- 1.000 avant JC.

La caldeira Uzon-Geysernaya - avec le Baranii (16.17 m.) dominant de 300 m. le plancher de la caldeira, et le lac Dalneye. - photo Philip Kyle / Petropavlovsk volc. Institute

La caldeira Uzon-Geysernaya - avec le Baranii (16.17 m.) dominant de 300 m. le plancher de la caldeira, et le lac Dalneye. - photo Philip Kyle / Petropavlovsk volc. Institute

La caldeira Uzon - photo Airpano - référence en sources

La caldeira Uzon - photo Airpano - référence en sources

La caldeira Uzon, située dans la partie nord de l’ensemble, abrite un champ geothermal et de nombreux lacs. L’activité géothermale est concentrée dans une zone de 5 km sur 200-300 mètres, contenant des sources chaudes, des évents de vapeurs et gaz, des volcans et pots de boue, des eaux abritant des algues bleu-vert et des bactéries sulfureuses.

Le géothermalisme de la caldeira est fort différencié : les eaux bouillonnantes de la partie axiale du champ hydrothermal sont riches en silice, bore et chlorure ammonique, et contiennent du lithium, du rubidium, du césium, de l'arsenic, de l'antimoine et du mercure; les gaz émis sont le dioxyde de carbone, l'azote, l'hydrogène, le méthane et le sulfure d'hydrogène. De fortes concentrations de radon sont aussi détectées.

Deux types de minéralisation peuvent être distingués : le type sulfureux, avec des dépôts de soufre, contaminés par de l'opale et des minéraux argileux (kaolinite, smectite); le type mercure-antimoine-arsenic avec du réalgar, de l'alacranite, de l'uzonite et de l'orpiment.

Les lacs occupent des cratères d’éruptions phréatiques; la plus récente a créé en 1989 un cratère large de 14 mètres.

D’autres éruptions phréatiques ont été identifiées : celle du lac Bannoe,date d’il y a 3500 ans et celle du lac Khloridnoe, d’il y a 1500 à 2000 ans.

Le lac Dalnee (Dal’ny), date de 5.600 ans avant JC, est contenu dans un anneau de tuff andésitique. Le mont Belaia est un dôme de lave formé à la fin du Pléistocène.

Caldeira Uzon - Kloridnoe lake  (daté de l'an 200de notre ère) - photo Kibastos.ru

Caldeira Uzon - Kloridnoe lake (daté de l'an 200de notre ère) - photo Kibastos.ru

Bord nord de la caldeira d'Uzon - lac Dalneye (5600 avant JC) - photo © Carole et Frédéric Hardy

Bord nord de la caldeira d'Uzon - lac Dalneye (5600 avant JC) - photo © Carole et Frédéric Hardy

Eaux opalescentes chargées en silice et mares bouillonnantes se côtoient dans la caldeira d'Uzon. - photo © Carole et Frédéric Hardy

Eaux opalescentes chargées en silice et mares bouillonnantes se côtoient dans la caldeira d'Uzon. - photo © Carole et Frédéric Hardy

La caldeira Geysernaya, dans la partie sud de cet ensemble, est remplie de dômes de lave dates de la fin du Pléistocène.

Près de son bord Est, un canyon de 4 km de longueur abrite la célèbre Vallée des Geysers, découverte en 1941, que nous examinerons séparément.

Caldeira Uzon - eaux colorées par les thermophiles - photo English Russia /  Kibastos.ru

Caldeira Uzon - eaux colorées par les thermophiles - photo English Russia / Kibastos.ru

Le volcan Taunshits, situé au NNO des caldeiras jumelles, consiste en un piédestal de la fin du Pléistocène, un grand tuya formé lors de la dernière glaciation, surmonté d’un cône central et de dômes extrusifs.

le volcan Taunshits - photo Vera Ponomareva / KSCNET

le volcan Taunshits - photo Vera Ponomareva / KSCNET

Son activité ancienne se découvre uniquement côté ouest : vers 5700 avant JC, une éruption couplée à un glissement de terrain a formé un cratère en fer-à-cheval. L’avalanche de débris liée, d’un volume de 3 km³, a transité sur 19 km. Ses dépôts ont été recouverts par des dépôts pyroclastiques, des retombées de la colonne plinienne et plus tard des dépôts de coulées et surges pyroclastiques. Un dôme extrusive s’est installé dans le cratère, précédent une explosion phréatique suivie d’une éruption en l’an 400 avant JC, qui a formé des coulées pyroclastiques et des surges, et enfin une coulée de lave.

Des moraines ponctuées de lacs thermokarstiques (*) entourent le volcan et forment le Sinii Dol (Blue plateau).

A noter : ce volcan actif n’a jamais été inscrit dans le catalogue qui les reprend, vraisemblablement à cause de cette activité dissimulée côte ouest.

Face ouest du volcan Taunshits - Cratère d’effondrement en fer-à-cheval (5700 av JC) – il contient un dôme extrusif et une coulée de 400 av JC - photo Nikolai Smelov / KSCNET

Face ouest du volcan Taunshits - Cratère d’effondrement en fer-à-cheval (5700 av JC) – il contient un dôme extrusif et une coulée de 400 av JC - photo Nikolai Smelov / KSCNET

(*) lac thermokarstique : ce terme fait référence à une masse d’eau fraiche, peu profonde, qui s’est mise en place dans une dépression suite à la fonte du permafrost. La décongélation continue du permafost peut conduire à un drainage et une disparition du lac thermokarstique. On rencontre fréquemment ce type de lac en Sibérie ou d’autres environnements de toundra.

 

Sources :

- KSCNET - Kamchatka Holocene Volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Uzon

- Uzon caldera, Kamchatka, Russia • 360° Aerial Panorama - link

- Uzonite,Alacranite, Réalgar from the Uzon caldeira - Mineral museum on line

- Hyperthermophile in the history of life - Karl Stetter

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Le volcan Kronotsky dominant la réserve du même nom - photo Russian travelling

Le volcan Kronotsky dominant la réserve du même nom - photo Russian travelling

Phare de la Réserve Kronotsky, le stratovolcan symétrique Kronotsky, est situé entre l’océan Pacifique et le plus grand lac du Kamchatka.

Haut de 3528 mètres, il est découpé par des vallées radiales profondes de plus de 200 mètres. Il porte un glacier sommital, dont des lobes descendent jusqu’à 900 mètres d’altitude. Il est de composition essentiellement basaltique, à l’exception d’un neck basalto-andésitique qui bouchonne le cratère sommital, et d’une coulée de flanc.

Des cônes de cendres ponctuent les flancs.

De faibles éruptions phréatiques ont été signalées par des chasseurs en 1922 et 1923, confirmées par le GVP, et suivies d’activité fumerollienne.

Le Kronotsky, vu de la caldeira Krasheninnikov - photo I.Shpilenok

Le Kronotsky, vu de la caldeira Krasheninnikov - photo I.Shpilenok

Au centre en bordure du Pacifique, le symétrique volcan Kronotsky et le lac du même nom, et à gauche, le Krasheninnikov - photo Nasa / ISS expedition 25 crew

Au centre en bordure du Pacifique, le symétrique volcan Kronotsky et le lac du même nom, et à gauche, le Krasheninnikov - photo Nasa / ISS expedition 25 crew

Le lac Kronotsky doit sa formation, entre la fin du Pléistocène et le début de l’Holocène, aux barrages constitués sur la rivière Listvenichnaya par des coulées de lave sur le côté sud du volcan Kronotsky.

Ce lac a une surface de 242 km² et un bassin versant de 330 km², ce qui en fait le plus important lac du Kamchatka. Il possède aussi une impressionnante population de nerkas, avec 30 millions de ces saumons rouges.

Dans la partie Est du lac, on compte 11 îles dépassant le niveau d’une trentaine de mètres, dont certaines abritent des centaines de couples nicheurs de Goéland du Pacifique. Des balbuzards pêcheurs et des pygargues de Steller nichent dans les mélèzes entourant le lac.

Le volcan Kikhpinych - à l'avant-plan, le cône Savich et de récentes coulées. - photo I.Shpilenok

Le volcan Kikhpinych - à l'avant-plan, le cône Savich et de récentes coulées. - photo I.Shpilenok

Le volcan Kikhpinych est le nom collectif pour plusieurs édifices d’âges différents.

Trois structures se sont formées sur une dorsale orientée ouest-est :

- Le Zapadnyi (« Ouest ») s’est édifié entre 2200 et 2100 avant JC (radiocarbone).

- Le cône Savich, 1552 m, a commencé à se former il y a 1.450 ans,

- et le dôme de lave Crab et ses coulées, il y a quelques centaines d’années sur le flanc Est du Savich.

Ces structures de l’Holocène s’accompagnent des ruines de l’Old Kikhpinich, ou Mt Peak, datant du Milieu du Pléistocène, et, au sud, du Mt. Zheltaya (« Yellow »), datant de la fin du Pléistocène.

 

Sources :

- KSCNET - Kamchatka Holocene volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Kronotsky

- Global Volcanism Program - Kikhpinych

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Réserve Kronotsky : à gauche, le volcan Kronotsky, à droite le Krasheninnikov. - photo Vera Ponomareva / KSCNET

Réserve Kronotsky : à gauche, le volcan Kronotsky, à droite le Krasheninnikov. - photo Vera Ponomareva / KSCNET

Un peu oublié parmi les vedettes de le Réserve Kronotsky, le volcan Krasheninnikov est un hybride formé de deux stratovolcans qui se recouvrent, et sont construits dans une caldeira du Pléistocène, de 9 sur 11 km.

Une série de dykes orientés nord-sud, parallèlement au champ volcanique Est, en relation avec une zone d’extension en sub-surface, coupe le bord de la caldeira en direction du Maly semiachik, en traversant au passage la caldeira d’Uzon, et le Bolshoi Semiachik. Ces dykes ont alimenté les évents monogénétiques de la zone nord, qui s’étendent sur 15-20 km au-delà de la caldeira.

Les vues aériennes dévoilent sa beauté intérieure, et deux cratères larges de 800 mètres.

Les volcans de la Réserve Kronotsky

Les volcans de la Réserve Kronotsky

Les sommets du Krasheninnikov , avec en arrière-plan, le volcan Kikhpinych - photo Michael Melford / National Geographic

Les sommets du Krasheninnikov , avec en arrière-plan, le volcan Kikhpinych - photo Michael Melford / National Geographic

Le tuff de ponce blanche de la caldeira du Pléistocène (au-delà du bord NO du Krasheninnikov) est surmonté de dépôts glaciaires (brun clair) et de dépôts pyroclastique et sol datés de l’Holocène (brun foncé). - photo Andrei Nechaev / KSCNET

Le tuff de ponce blanche de la caldeira du Pléistocène (au-delà du bord NO du Krasheninnikov) est surmonté de dépôts glaciaires (brun clair) et de dépôts pyroclastique et sol datés de l’Holocène (brun foncé). - photo Andrei Nechaev / KSCNET

Le cône Sud s’est édifié en premier, à partir de 8.050 avant JC ; ses dernières éruptions, vers 5.450 avant JC, furent suivies par une période de repos dans la caldeira de 900 ans.

Puis l’activité s’est déplacé deux km. plus au nord, et l’édification du cône nord a débuté sur les pentes de l’ancien cône vers 4.450 avant JC, le magma ayant trouvé un chemin plus facile au travers de dykes nouvellement formés plutôt que d’utiliser l’ancien conduit. Le cône nord est couronné d’une caldeira, contenant un petit stratovolcan, dont le cratère abrite un petit cône … à la façon des matryoshka. La  dernière éruption du Krasheninnikov se sont produites, il y a seulement 460 ans, avec la formation du petit cône de lave Paul, dans le cratère sommital du cône Nord, et une coulée de lave au niveau d’un évent situé sur le flanc supérieur sud-ouest du cône sud.

Le Krasheninnikov , avec en arrière-plan, la silhouette parfaite du Kronotsky - photo E.Shpilenok / live journal

Le Krasheninnikov , avec en arrière-plan, la silhouette parfaite du Kronotsky - photo E.Shpilenok / live journal

Le cône sud du Krasheninnikov, contenant le petit cône Paul - photo E.Shpilenok / Wildlife photo Russia

Le cône sud du Krasheninnikov, contenant le petit cône Paul - photo E.Shpilenok / Wildlife photo Russia

Le volcan doit son nom à Stepan Petrovich Krasheninnikov (1711-1755), explorateur Russe, naturaliste et géographe, qui a fait la première description complète du Kamchatka au début du 18° siècle.

 

Sources :

- KSCNET - Kamchatka Holocene Volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Krasheninnikov

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le massif volcanique Ksudach est particulier, tant du niveau de sa morphologie que de son histoire géologique.

Ce grand stratovolcan, à bas-angle, aussi appelé Voniuchi Khrebet, est formé de couches de laves basalto-andésitiques alternant avec des pyroclastes dacitiques. Il est tronqué par un complexe de cinq caldeiras. Deux lacs, le Klyuchevoye et le Shtyubela, occupent une partie des caldeiras sommitales.

Le cratère Stübel ( Shtyubel’ ), situé dans la partie nord du complexe de caldeiras, est le site de l’activité volcanique au cours du dernier millénaire, dont la dernière éruption du Ksudach, de VEI 5, considérée comme la plus importante jamais enregistrée au Kamchatka.

Une partie du massif volcanique Ksudach, avec au centre, le cratère Shtyubel', ses trois maars et le lac Shtyubela - sur la droite, une partie du lac Klyuchevoye - photo geographic.org

Une partie du massif volcanique Ksudach, avec au centre, le cratère Shtyubel', ses trois maars et le lac Shtyubela - sur la droite, une partie du lac Klyuchevoye - photo geographic.org

Formation des caldeiras :

Deux grandes caldeiras, I et II, se sont formées à la fin du Pléistocène, trois plus petites, III, IV et V, au cours de l’Holocène.

- L’activité à l’Holocène a débuté entre 7.900 avant JC (GVP) et 6.800 avant JC (KSCNET) avec l’éruption et l’émission du téphra KS4 (1,5–2km³) et la formation de la caldeira III.

- La caldeira IV (3,5 km sur 4) s’est formée à partir de 5.200 avant JC, et résulte de deux grandes éruptions : 5.200 av.JC / couche téphra KS3 et 4.900 av. JC / couche téphra KS2. Le volume total de téphra émis est de 10-11 km³. La formation de la caldeira IV a été suivie de la croissance d’une série de dômes extrusifs de dacite, pour un volume estimé à 0,5 km³. Le lac Kluchevoye occupe une partie de la caldeira IV .

Le massif volcanique Ksudach - les cinq caldeiras et au N, le lac Shtyubela, au S, le lac Klyuchevoye. - doc. E.Kaspersky / Google Earth

Le massif volcanique Ksudach - les cinq caldeiras et au N, le lac Shtyubela, au S, le lac Klyuchevoye. - doc. E.Kaspersky / Google Earth

Ksudach volcano - à agauche, photo Nasa /  ISS009-E-16836 - à droite, le contour des caldeiras, photo Nasa Aster / JPL. -- un clic sur les photos pour agrandir.Ksudach volcano - à agauche, photo Nasa /  ISS009-E-16836 - à droite, le contour des caldeiras, photo Nasa Aster / JPL. -- un clic sur les photos pour agrandir.

Ksudach volcano - à agauche, photo Nasa / ISS009-E-16836 - à droite, le contour des caldeiras, photo Nasa Aster / JPL. -- un clic sur les photos pour agrandir.

La caldeira V, la plus récente, s’est formée suite à une forte éruption, de VEI 6, à partir de l’an 240, qui a produit 18-19 km³ de téphra.

La hauteur de la colonne éruptive est estimée à 22-30 km. Les coulées pyroclastiques et les surges pyroclastiques se sont étendues sur 20 km. L’aire de dévastation totale est de 400 à 500 km², et la végétation a été affectée sur environ 12.000 km² additionnels, sur lesquels une couche de cendres de 5 à 40 cm. s’est déposée. Les téphras sont retombés sur plus de 1.000 km. vers le nord. La caldeira d’effondrement qui en résulte est de 4 sur 6,5 km., avec une cavité d’un volume de 6,5-7 km³.

Une centaine d’années après l’effondrement de la caldeira V, le cône Shtyubel’ a commencé à s’établir, au départ d’éruptions faiblement explosive et d’extrusion de laves. Trois grandes éruptions explosives ont marqué le cône Shtyubel’ en l’an 1.000, 1.750 et 1.907, avec respectivement l’émission des téphras KSht1, KSht2 et KSht3.

Ksudach volcano - les restes décapités du cône Shtyubel' (Stübel), maintenant occupé par le lac Shtyubela - photo Eugene Kaspersky / Flickr.

Ksudach volcano - les restes décapités du cône Shtyubel' (Stübel), maintenant occupé par le lac Shtyubela - photo Eugene Kaspersky / Flickr.

L’éruption de 1907 :

L’activité plinienne a déposé 1,5 km³ de cendres, sur une zone s’étendant jusqu’à 1.000 km vers le NNE.

Elle a été suivie d’une explosion latérale qui a détruit le cône Shtyubel’, réduisant sa hauteur de 650 mètres. Les coulées pyroclastiques et les surges se sont déplacés vers le NO, en surmontant les parois de la caldeira Ksudach. Une chaîne de trois maars, orientés sur une ligne NE-SO, a été occupée rapidement par les eaux du lac Shtyubela.

Ksudach volcano – La paroi NE du cratère Shtyubel’ est chapeauté de couches de dépôts pyroclastiques, de dépôts de coulées et surges pyroclastiques de l’éruption de 1907. - photo Eugene Kaspersky / Flickr

Ksudach volcano – La paroi NE du cratère Shtyubel’ est chapeauté de couches de dépôts pyroclastiques, de dépôts de coulées et surges pyroclastiques de l’éruption de 1907. - photo Eugene Kaspersky / Flickr

Sources :

- KSCNET - Holocene Kamchatka volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Ksudach

- Flickr - Kamchatka , summer 2012 - photos d'Eugene Kaspersky - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Situé comme la lac Kourile dans la caldeira Pauzhetka datée de 443.000 ans, le complexe de dômes Dikii Greben couvre plus de 60 km².

Ce complexe est constitué du Mont Nepriyatnaya – " Unpleasant " , le dôme principal, de nombreux dômes de flancs, de leurs laves et coulées pyroclastiques ; il forme le plus  grand édifice extrusif de l’arc Kamchatka-Kouriles.

Le complexe Dikki Greben, le Mt. Nepriyatnaya, ses coulées N & S, et, en arrière-plan, le lac Kourile - photo Nikolaï Smelov / KSCNET

Le complexe Dikki Greben, le Mt. Nepriyatnaya, ses coulées N & S, et, en arrière-plan, le lac Kourile - photo Nikolaï Smelov / KSCNET

Le complexe s’est formé au cours de trois courtes périodes d’activité séparées de longues périodes de repos d’environ 3.000 ans chacune.

- Son existence débute vers 5700-5600 avant JC, après l’effondrement de la caldeira du lac Kourile.

- Une seconde phase prend place entre 3500 et 2250 avant JC.

- La plus grande part du complexe, incluant les laves situées au nord et au sud du Mt. Nepriyatnaya, s’est formée durant une éruption de l’an 350 : au nord de ce dernier, une épaisse coulée de lave bordée de levées bien exprimées,  et au sud, une topographie qui marque son origine dans un effondrement sectoriel du dôme de lave principal. Un total de 9 à 10 km³ de dacite et 2 à 3 km³ d’andésite a été émis à cette époque.

Deux grands cratères et quelques évents plus petits se sont formés par la suite.

Au cours de ces trois phases, des déformations et des glissements de terrain se sont produits, certains constituant des barrages sur la rivière Ozernaia, drainage du lac Kourile.

Dikki Greben - le Mt. Nepriyatnaya et ses coulées -  Landsat 7 image of Dikii Greben' volcano draped over a digital elevation model. Processed by Dmitry Melnikov.

Dikki Greben - le Mt. Nepriyatnaya et ses coulées - Landsat 7 image of Dikii Greben' volcano draped over a digital elevation model. Processed by Dmitry Melnikov.

Le Kambalny, situé au sud de la dépression volcano-tectonique Pauzhetka, est le stratovolcan majeur le plus au sud de la péninsule du Kamchatka.

Haut de 2.156 mètres, il est constitué de deux cônes : à l’ouest, un cône formé il y a environ 6.300 ans, fut détruit par un large effondrement, il y a 6.000 ans (radiocarbone), qui a généré au moins trois avalanches de débris, d’un volume total estimé entre 5 et 10 km³.

le Kambalny - photo Igor Shpilenok / live journal

le Kambalny - photo Igor Shpilenok / live journal

La première avalanche a parcouru 14 km direction sud-est. Un nouveau cône s’est formé ensuite dans le cratère, suite à de fortes éruptions explosives. Un nouvel effondrement a impliqué tant l’ancien cône que le nouveau cône émergeant, formant un dépôt de 20 km de long et 5 de large, au SSO du volcan. La troisième avalanche de débris, qui a parcouru plus de 10 km au NE, est dominée par des roches altérées hydrothermalement de l’ancienne dorsale.

Des éruptions ultérieures ont bâti le nouveau cône qui a rempli une part du cratère effondré, formant un édifice asymétrique. Le cratère actuel est large de 800 mètres sur 400, et profond de 150 m. Cinq cônes de scories ponctuent les flancs du volcan.

L’espace libre entre les hummocks des dépôts des avalanches de débris est maintenant occupé par des tourbières, qui ont protégé toutes les fines couches de cendres émises par les volcans du sud-Kamchatka et leur histoire.

La dernière éruption importante du Kambalny date de l’an 1350 ; cette éruption phréatique a laissé des débris sur les pentes sud-ouest du volcan. Des éruptions ultérieures, plus petites, ont produites des lahars.

Kambalny - zone d'avalanche en hummock marécageuse -  photo  L.D. Shulerzhitsky

Kambalny - zone d'avalanche en hummock marécageuse - photo L.D. Shulerzhitsky

Son actuelle activité est confirmée par la  présence de zones de fumerolles, sources chaudes et pots de boue, en neuf zones concentrées sur la dorsale Kambalny dominant de 800 à 1.000 mètres la toundra.

Champ hydrothermal proche de Black cliffs / volcan Kambalny - photo I.Shpilenok / Kronoki.ru

Champ hydrothermal proche de Black cliffs / volcan Kambalny - photo I.Shpilenok / Kronoki.ru

Champ hydrothermal proche de Black cliffs / volcan Kambalny - photo I.Shpilenok / Kronoki.ru

Champ hydrothermal proche de Black cliffs / volcan Kambalny - photo I.Shpilenok / Kronoki.ru

Sources :

- KSCNET - Holocene Kamchaka volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Diky Greben

- Gloval Volcanism Program - Kambalny

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Péninsule du Kamchatka - localisation des volcans cités à la pointe sud - doc. KSCNET

Péninsule du Kamchatka - localisation des volcans cités à la pointe sud - doc. KSCNET

La rive nord-est du lac Kourile est dominée par la silhouette conique de l’Ilyinsky, niché dans une petite dépression.

Un premier volcan s’est formé vers 5.700 avant JC, sur le rebord NE de la caldeira du lac Kourile.

L’édifice moderne s’est édifié dans une caldeira large de 4 km., produite par un effondrement du proto-volcan. Des dépôts pyroclastiques de l’Ilyinsky surmontent l’ignimbrite émise lors de l’éruption du lac Kourile, attestant par leur composition du début de l’éruption de l’Ilyinsky en suite de celle qui a provoqué l’effondrement de la caldeira Kourile, et une corrélation génétique.

Après un repos de 1700 ans, une importante éruption explosive de VEI 5  eut lieu en 2850 avant JC. D’autres éruptions sont signalées en 2050 avant JC et en 50 de notre ère, productrices d’épaisses coulées de lave andésitique, et précédant un nouveau long repos.

 Le lac Kourile et l'Ilyinsky - photo A.Litsis/ photokamchatka

Le lac Kourile et l'Ilyinsky - photo A.Litsis/ photokamchatka

Ilyinsky et les coulées andésitiques épaisses de plus de 200 m. formées en l'an 50 - photo L.D. Sulerzhitsky  / KSCNET

Ilyinsky et les coulées andésitiques épaisses de plus de 200 m. formées en l'an 50 - photo L.D. Sulerzhitsky / KSCNET

En 1901, une éruption phréatique a formé un cratère de type maar sur le flanc est du volcan. Il est large de 800 sur 1.000 mètres, profond de 200 mètres et ébréché par une gorge côté nord-est.

A l'avant-plan, la paroi interne du maar de flanc de l'Ilyinski (1901) et le volcan Zheltovsky en arrière-plan  - photo L.D. Sulerzhitsky  / KSCNET

A l'avant-plan, la paroi interne du maar de flanc de l'Ilyinski (1901) et le volcan Zheltovsky en arrière-plan - photo L.D. Sulerzhitsky / KSCNET

A l’opposé de l’Ilyinsky, le Zheltovsky est un édifice composite : un large piédestal volcanique est couronné d’une caldeira datée de la fin du Pléistocène. Cette dernière contient un stratovolcan, daté de la fin du Pléistocène, coiffé de plusieurs dômes extrusif formé à l’Holocène. L’extrusion des dômes est liée aux débris présents sur les pentes du volcan. De plus, diverses éruptions explosives se sont produites : l’une, il y a 3 à 4.000 ans, avec émission de cendres basalto-andésitique., une autre vers l’an 1500, produisant des blocs et cendres andésitiques, la dernière au 19°siècle, avec des retombées de lapilli basaltiques arrondis riches en inclusions d’allivalite et eucrite. Ces dernières éruptions ont causé des lahars importants, qui ont atteints la côte Pacifique.

le Zheltovsky, vu de Vestnik bay - photo Vera Ponomareva /  IVS FEB RAS

le Zheltovsky, vu de Vestnik bay - photo Vera Ponomareva / IVS FEB RAS

Sources :

- KSCNET - Kamchatka volcanoes - link

- Global Volcanism Program - Ilyinsky

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La pointe extrême-sud de la péninsule du Kamchatka, bien que moins visitée, comporte un ensemble de structures volcaniques intéressantes.

Parmi celles-ci, le lac Kourile, découvert en 1703 par les cosaques.

Il est situé dans la partie est de la caldeira Pauzhetka, s’étendant sur un axe est-ouest sur 25 km ; elle est recoupée par un système de failles majeures.

Le lac Kourile, de 13 km sur 10, a un fond irrégulier ; sa partie nord en forme de saucière plate a une profondeur maximum de 300 mètres, tandis que la partie sud, plus irrégulière, est encore plus profonde. Le lac est alimenté par les eaux de fonte et pluviales, ainsi que par quelques rivières, Etimynk, Hakytsin, Vychenkiya et Kirushutk. Il se draine dans la rivière Ozernaya, qui coule en direction de l’ouest dans la mer d’Okhotsk.

Le lac Kourile / Kamchatka - photo Shine Phantom

Le lac Kourile / Kamchatka - photo Shine Phantom

Le sud de la péninsule du Kamchatka : le lac Kourile.

La caldeira du lac Kourile a été formée en deux étapes, l’une datée de la fin du Pléistocène,il y a 41.500 ans (datation au radiocarbone).

La seconde étape, datée de 6.440 avant JC, est considérée comme l’une des éruptions les plus importantes de l’Holocène, classée de VEI 7 par le GVP, de l’ordre de grandeur de celles de Santorin ou du Tambora. Un total de 140 à 170 km³ de matériaux a été éjecté, et des dépôts de coulées pyroclastiques ont blanchi toute la contrée. Des cendres de l’éruption ont été retrouvées à plus de 1.000 km. sur le continent asiatique.

Le lac compte quelques îles, nommées Chayachy, Serdtze, Nizkii, Glinyanii et Samang. Serdtze Alaida, au centre du lac, est un dôme de lave rhyodacitique aux parois abruptes, qui s’est formé à la fin de l’éruption formatrice de la caldeira.

Plusieurs baies ont été formées par les coulées de lave, la baie Tioploï possède des sources chaudes dont la température atteint 45°C.

Lac Kourile - l'île Salang - photo Shine Phantom

Lac Kourile - l'île Salang - photo Shine Phantom

Lac Kourile - le dôme Serdtze Alaida et le volcan  Ilyinsky - photo Shpilenok / Live Journal

Lac Kourile - le dôme Serdtze Alaida et le volcan Ilyinsky - photo Shpilenok / Live Journal

Les dépôts pyroclastiques, dans la vallée de la rivière Ozernaya, à 4 km. à l’ouest du lac Kourile, atteignent une épaisseur de 100 mètres. L’érosion de ces ignimbrites non soudées a formé les célèbres obélisques de Kutkhiny Baty.

Selon la légende locale, ils ressemblent à de gigantesques canoës mis debout pour sécher :

Kutkhu, dieu et créateur du Kamchatka, les aurait utilisé pour pêcher sur el lac et l’océan proche. Avant de quitter le Kamchatka, Kutkhu a rélevé ses bateaux (Baty) … depuis, cet endroit est considéré comme sacré par les peuplades locales.

Kutkhiny Baty - photo Air Pano

Kutkhiny Baty - photo Air Pano

Kutkhiny Baty - photo Atlas of wonders

Kutkhiny Baty - photo Atlas of wonders

Kutkhiny Baty - photo Igor Shpilenok 2012

Kutkhiny Baty - photo Igor Shpilenok 2012

Le lac Kourile est lui célèbre pour être le plus grand lieu de ponte d'Asie des saumons rouge ou nerka ou, bien encore, sockeye. Entre 3 et 5 millions de saumons  viennent frayer dans ce lac entre les mois de juillet et mars. Cette fréquentation fait le bonheur des ours bruns, environ 200 individus, et des loutres de rivière et autres renards, secondés par  les pygargues de Steller (population estimée entre 300 à 700 individus), les pygargues à queue blanche (150-200) ainsi que les aigles royaux (50). Le lac est aussi le lieu d'hivernage de cygnes chanteurs et de canards (1 500-2 000).

A proximité, les volcans Ilyinsky, Kambalny, Koshelev et Zhelotovsky ... à voir bientôt.

 

Sources :

- La caldeira Pauzhetka - Oregonstate University - link

- Global Volcanism Program - Kuril lake

- Les photographes du Lac Kourile. Sergey Gorchkov. - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Lassen Volcanic Park  - Manzanita lake -  photo Russell Virgilio / NPS

Lassen Volcanic Park - Manzanita lake - photo Russell Virgilio / NPS

Les natifs :

Les environs du Lassen Peak ont été un point de rencontre pour au moins quatre groupes d’Indiens : les Atsugewi, vivant au nord et à l’est, dans le drainage Hat Creek ou autour d’Eagle lake. Les Maidu habitaient une large zone sud-est, tandis que les Yahi occupaient les vallées de Mill Creek et Deer Creek au sud. Les Yana ont vécus dans Battle Creek au sud-ouest de Lassen Peak.

Ces tribus avaient des migrations saisonnières, fonction des déplacements de leurs proies et des conditions météorologiques : en été, ils chassaient et cueillaient dans les hautes-terres … cervidés, bisons, ours, saumons, noix et baies étaient au menu. En automne, ils se déplaçaient vers les basses terres pour cultiver, avant de s’installer pour l’hiver dans des villages semi-permanents à une altitude où il ne neigeait pas. Bien que conservant leurs territoires propres, ces tribus commerçaient, se mariaient entre elles, et partageaient les mêmes ressources. Au 18° siècle, ces tribus comptaient plusieurs milliers d’indivdus … leurs populations régressèrent après le contact avec les Euro-américains, allant même pour les Yahi,moins nombreux à l’origine, jusqu’à l’extinction.

A gauche, Indien Maidu / Native Americans of California - à droite, territoires indiens / Siskiyous.edu - -  un clic sur les photos pour agrandir.A gauche, Indien Maidu / Native Americans of California - à droite, territoires indiens / Siskiyous.edu - -  un clic sur les photos pour agrandir.

A gauche, Indien Maidu / Native Americans of California - à droite, territoires indiens / Siskiyous.edu - - un clic sur les photos pour agrandir.

Les émigrants et les pionniers :

Un premier témoignage de voyage au travers de la région remonte à 1828. La ruée vers l’or de la Californie apporta les premiers colons. Deux routes migratoires furent développées par William Nobles et Peter Lassen, à partir de 1850. L'exploitation minière, des projets de développement d'énergie, l'élevage, et le boisage ont tous été tenté. Le début d'une protection fédérale de la région l’a sauvé de l'exploitation forestière lourde.

A gauche, le California trail (en rouge) - le "Lassen cutt-off" et traits fins - à droite, Peter Lassen  / photo Sierra college .edu - - un clic sur l'image pour agrandirA gauche, le California trail (en rouge) - le "Lassen cutt-off" et traits fins - à droite, Peter Lassen  / photo Sierra college .edu - - un clic sur l'image pour agrandir

A gauche, le California trail (en rouge) - le "Lassen cutt-off" et traits fins - à droite, Peter Lassen / photo Sierra college .edu - - un clic sur l'image pour agrandir

Tourisme et naissance du Parc National :

Au 19° siècle, on relève un début d’activités touristiques, liées à la pêche, la chasse, et un intérêt pour les zones géothermales. Entre 1904 et 1907, une route permis l’accès des autos aux vallées reculées. En 1905, le Président Roosevelt établit la « Lassen Peak Forest Reserve » …l’éruption de 1914-1917 mobilisa l’attention des Américains et fit disparaître les obstacles à l’établissement d’un Parc National.

Le Lassen Volcanic National Park est " né du feu " !

L’éruption du Lassen Peak fut documentée par de nombreux photographes amateurs et professionnels … les clichés de Benjamin Franklin Loomis, particulièrement de qualité, ont illustré les éruptions et aidé à l’établissement du Parc National.

Le Loomis Museum abrite ses photos, son matériel et divers artéfacts de la tribu Atsugewi.

Plaque explicative du Lassen Volcanic Park - le 19 mai 1915, une nuit à retenir - photo de Loomis / NPS

Plaque explicative du Lassen Volcanic Park - le 19 mai 1915, une nuit à retenir - photo de Loomis / NPS

Le musée Loomis dans le Lassen VP - photo Loomis museum

Le musée Loomis dans le Lassen VP - photo Loomis museum

A gauche, Pictorial history of the Lassen Volcano par B.F.Loomis - à droite, photo du Lassen Peak par Loomis / Doc. Université de Californie -- un clic sur l'image pour agrandir A gauche, Pictorial history of the Lassen Volcano par B.F.Loomis - à droite, photo du Lassen Peak par Loomis / Doc. Université de Californie -- un clic sur l'image pour agrandir

A gauche, Pictorial history of the Lassen Volcano par B.F.Loomis - à droite, photo du Lassen Peak par Loomis / Doc. Université de Californie -- un clic sur l'image pour agrandir

Sources :

- The Nevada Observer - The Lassen Trail - link

- Lassen County Historic Trails - link

- US Departement of the Interior - Applegate Lassen Emigrant trail

- Lassen vocanic National Park – NPS  - link

Affiche de la zone géothermale de Bumpess Hell

Affiche de la zone géothermale de Bumpess Hell

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Publié le par Bernard Duyck
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Formé en seulement quelques années, il y a 27.000 ans ; le dôme de lave de Lassen Peak a été ensuite érodé lors de la dernière période glaciaire (de 25.000 à 18.000 ans), avec la formation d’un grand cirque ou dépression en forme de bol s’étendant jusqu’à 11 km. du dôme. Cette morphologie va influencer le cours des éruptions ultérieures.

Début de l'éruption du Lassen Peak le 14.06.1914 / 9h45 - photo F.Loomis / Doc. Shasta County

Début de l'éruption du Lassen Peak le 14.06.1914 / 9h45 - photo F.Loomis / Doc. Shasta County

Après des milliers d’années de repos, une éruption de type phréatique secoue le dôme, le 30 mai 1914. Cent quatre-vingt explosions de vapeurs vont se succéder jusqu’en mi-mai 1915, ouvrant un cratère de 300 mètres près du sommet.

Puis le caractère de l’éruption se modifie : un dôme de dacite commence à croître dans le cratère ; il va progressivement le combler et déborder.Le 14 mai 1915, on peut voir des blocs incandescents rebondir sur les flancs du volcan. 

Le 19 au matin, une explosion de vapeur fragmente le dôme dacitique, créant un nouveau cratère.

La chute de blocs incandescents sur la neige va générer une avalanche et un lahar qui va inonder la vallée de Hat Creek et détruire six ranchs d’été heureusement non encore occupés. Dans la nuit du 19 au 20 mai, de la lave dacitique, plus fluide que celle émise les 14-15, va remplir le nouveau cratère sommital, déborder et couler sur les flancs ouest et nord-est.

Mai 1914 - Le nouveau cratère du Lassen Peak après l'éruption - doc. P.J.Thiompson

Mai 1914 - Le nouveau cratère du Lassen Peak après l'éruption - doc. P.J.Thiompson

Le climax du 22 mai 1915 :

Après deux journées de calme, le Lassen Peak explose le 22 mai 1915 en fin d’après-midi. Un panache de gaz et cendres se développe et monte à plus de 9.000 mètres ; il sera visible jusqu’à Eureka (cela ne s’invente pas !), situé à 240 km. à l’ouest. Les retombées de ponces chaudes créent un surge pyroclastique qui dévaste 5 km², zone appelée Devastated area.

Son mélange avec la neige engendre un lahar, qui va inonder une seconde fois la Hat Creek Valley. Une couche de ponces et cendres est traçable sur 40 km. vers le NE, tandis que la pluie de cendres atteint le Nevada, à plus de 300 km à l’est.

Le panache subplinien de l'éruption du Lassen Peal, le 22.05.1915 - photo Meyers & Loomis

Le panache subplinien de l'éruption du Lassen Peal, le 22.05.1915 - photo Meyers & Loomis

L'éruption du Lassen Peak, vue de Red Bluff le 22 mai 1915 - photo F.R.Eldredge / Wordpress

L'éruption du Lassen Peak, vue de Red Bluff le 22 mai 1915 - photo F.R.Eldredge / Wordpress

Le panache subplinien de l'éruption du Lassen Peal, le 22.05.1915 - photo R.E.Stinson

Le panache subplinien de l'éruption du Lassen Peal, le 22.05.1915 - photo R.E.Stinson

Carte des dépôts du climax éruptif de 1915 au Lassen Peak - étendue de la "Devastated area" - carte USGS

Carte des dépôts du climax éruptif de 1915 au Lassen Peak - étendue de la "Devastated area" - carte USGS

Durant plusieurs années après l’éruption, les eaux de fonte neigeuse percolent au printemps et entraînent des explosions de vapeur, signes que les roches demeurent chaudes. Une explosion particulièrement vigoureuse va pulvériser un des deux cratères en mai 1917.

L’éruption est considérée comme terminée en juin 1917 … mais le volcan n’est qu’en sommeil, comme en témoignent les sources chaudes, les mares de boues chaudes et les évents fumerolliens.

N.B. :  selon un article du NPS - 2004 : des chiffres différents sont annoncés dans cet article, la hauteur du panache du 22 mai 1915 : 12.000 mètres - fin de l'éruption en 1921.

Lassen Peak - la "Devastated area" vue du nord

Lassen Peak - la "Devastated area" vue du nord

  Le sommet du Lassen Peak - photo National Park Service 2003

Le sommet du Lassen Peak - photo National Park Service 2003

Le Lassen Peak se mirant dans l'Helen lake - photo Dimi Talen

Le Lassen Peak se mirant dans l'Helen lake - photo Dimi Talen

 L'éruption de mai 1915 a produit quatre types de roches vocaniques en trois jours : de la dacite noire formant le dôme en croissance entre le 14 et le 19 mai et la coulée des 19-20 mai (a), de la ponce dacitique claire en blocs non stratifiés (b), ou  interstratifiés avec de l’andésite noire (c), tous deux émis le 22 mai, et enfin des inclusions andésitiques de magma hybride en surfusion incorporées dans la dacite.

Ces roches reflètent un processus complexe de mélange entre andésite et dacite interrompu par l’éruption.

Lassen Peak éruption de 1914-17 - Types de roches volcaniques (voir ci-dessus) - doc. Michael Clynne / réf. en sources

Lassen Peak éruption de 1914-17 - Types de roches volcaniques (voir ci-dessus) - doc. Michael Clynne / réf. en sources

Sources :

- Global Volcanism Program - Lassen Volcanic Center

- USGS - Eruptions of Lassen Peak, California, 1914 to 1917 - Link

- USGS - Lassen Peak eruptive activity 1914-1921 - link

-  USGS - Volcano Hazards of the Lassen Volcanic National Park Area, California - link

- Journal of Petrology - A complex magma mixing origin for rocks erupted in 1915, Lassen Peak, California  - by M.A. Clinne - link

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