Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Utilisée depuis plus d’un siècle, la lave émaillée va être d'abord employée pour la signalétique des plaques de rue, des échelles d’étiage, pour certaines sorties de métro à Paris (Porte de la Chapelle), pour les bornes d’angles à quatre faces de Michelin sur les routes de France, ou des tables d’orientation éditées par le Touring club.

Aujourd’hui, ce magnifique produit est utilisé pour des plans de travail pour les cuisines, des revêtements muraux, des panneaux décoratifs ou des bibelots d’art.

Jules Jollivet (1794-1871) Panneau décoratif "La Trinité" - Peinture sur lave émaillée - 110 x 240 cm environ Paris, église Saint-Vincent-de-Paul  - Photo : Didier Rykner

Jules Jollivet (1794-1871) Panneau décoratif "La Trinité" - Peinture sur lave émaillée - 110 x 240 cm environ Paris, église Saint-Vincent-de-Paul - Photo : Didier Rykner

Table d'orientation à Ajaccio "La ville Génoise"  - photo agence Méliades.

Table d'orientation à Ajaccio "La ville Génoise" - photo agence Méliades.

Borne quadrangulaire Michelin, alliant information et publicité - photo Forum auto

Borne quadrangulaire Michelin, alliant information et publicité - photo Forum auto

La réalisation des plaques :

Des tranches de lave, le plus souvent de la lave de Volvic, une trachy-andésite, sont calibrées en épaisseur et débitées au format voulu (outil diamanté refroidi par eau). Après un surfaçage pour lisser les traces de sciage et chanfreinage des arêtes, les imperfections de la pierre sont engobées à la spatule avec un mélange de silice, d’argile et de feldspath. Une fois sèche, la plaque est poncée au bouchon de liège et cuite aux environs de 980°C.

Le dessin est posé à la mine graphite, et les émaux, principalement à base d’oxydes de fer et dérivés, appliqués au pinceau de martre. Le tout est vitrifié entre 940 et 960°C. Un éventuel passage supplémentaire au four se fait en cas de dorure au pinceau, recuite vers 700°C. La lave est la seule pierre supportant ces cuissons répétées.

La surface de l’émail présente un faïençage, des craquelures qui s’expliquent par un coefficient de dilatation de l’émail supérieur à celui de la lave ; au refroidissement, la différence de rétraction entraîne l’apparition de ce phénomène de microfissuration.

L'émaillage des plaques de lave - Extrait de la “revue mensuelle officielle de l’automobile-club-ardennais”, numéro 11 de novembre 1935.

L'émaillage des plaques de lave - Extrait de la “revue mensuelle officielle de l’automobile-club-ardennais”, numéro 11 de novembre 1935.

Plaque signalétique de lave émaillée, sur support de béton - A6 Darvault / Société autoroute Paris-Lyon

Plaque signalétique de lave émaillée, sur support de béton - A6 Darvault / Société autoroute Paris-Lyon

Ses caractéristiques permettent de réaliser un produit d’une qualité incomparable. L’aspect naturel de la lave donne aux visuels un rendu unique, une brillance et une profondeur des couleurs exceptionnelles. La pérennité du produit lui vient de son insensibilité au chaud, au froid, à l’air salin et à l’érosion éolienne par les vents de sable, et d’une résistance forte aux agressions, rayures, poinçonnement, ou graffitis (qui peuvent être enlevés au karcher, ou avec de l’acétone)

Seul bémol, compensé par la longévité du produit, son prix avoisinne les 3.000 € ht/m².

Sources :

- Histoire du panneau Michelin - link

- Ce qu'il faut savoir sur la lave émaillée - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le 38ème Comité du patrimoine mondial statuera bientôt sur le dossier d'inscription de la Chaîne des Puys- faille de Limagne, du 15 au 25 juin 2014.

Dans ce cadre, où la Limagne est associée, les recherches effectuées depuis 25 ans au pied de la zone volcanique de la Chaîne des Puys (dans la Massif Central Français) ont permis de reconnaître quatre formations pyroclastiques attribuées à des volcans à magma acide.

La formation de Marsat, identifiée en 1995, recouvre deux niveaux archéologiques préhistoriques. Elle se rattache à l’éruption du puy Chopine, datée d’il y a 9.479 (+/- 49) ans.

Massif central - Puy des Gouttes et Puy Chopine - photos aériennes en paramoteur / puy de Dôme, avec l'aimable autorisation de Damien Bouyssi.

Massif central - Puy des Gouttes et Puy Chopine - photos aériennes en paramoteur / puy de Dôme, avec l'aimable autorisation de Damien Bouyssi.

Le puy Chopine et le puy des Gouttes sont associés morphologiquement et historiquement :

Le puy des Gouttes tire son nom du latin gutta, signifiant source …fait exceptionnel dans la chaîne des puys, ce volcan comportait deux sources. L’une située dans le fer-à-cheval enserrant le puy Chopine a longtemps alimenté un étang, la Choupina ; l’autre, à l’extérieur côté Lemptéguy, était captée au 18° siècle par les Bénédictins de St Alyre pour alimenter la "Fontaine des Pères". Ces sources émergent à la faveur d’une faille sur laquelle s’alignent huit volcans, de Lemptéguy à La Raviole. Le puy des Gouttes – 1.134 m -  a la forme d’un croissant ouvert vers le nord ; c’est un cône de scories à pentes extérieures douces et creusées de barrancos, des ravins radiaires, et à pentes intérieures abruptes. Il est daté de 30.000 ans et ses lapilli ont recouvert une zone importante, parmi lesquels on retrouve des bombes en croûte de pain. Une coulée de trachybasalte noir à phénocristaux d’olivine et pyroxène s’est épanchée en direction de l’ouest et jusqu’au village de Fontêtes.

Le cratère d’explosion trachytique de Chopine entaille le Puy des Gouttes.

Le puy Chopine – 1.181 m.- qui forme une grande pyramide de trachyte, de 600 m. de diamètre basal et 150 m. de hauteur, dominant le puy des Gouttes de quelques 50 mètres. Le puy Chopine est constitué de trachyte gris, à phénocristaux de feldspath, de mica noir et pyroxène, mais aussi de panneaux du socle cristallin – granite, diorite, cornéenne – qui se retrouve 200 m. au-dessus de leur niveau habituel ; ils sont surtout visibles sur la pente sud de l’aiguille.

Son nom peut provenir du latin campus, allusion aux terres de culture s’étendant à son pied, et qui donne Campina en 1313 . Une autre source vient du gaulois, Suppe ou supia, désignant un marécage, ou un lac signalé dans la litérature entre les deux puits, mais aujourd’hui disparu … sa prononciation chuintée a donné choupina.

Le puy Chopine, vu du puy des Gouttes - photo Fcarcena.

Le puy Chopine, vu du puy des Gouttes - photo Fcarcena.

 Evolutio du système Gouttes-Chopine - doc. Parc des Volcans publ. 8 / in Guide des volcans d'Europe.

Evolutio du système Gouttes-Chopine - doc. Parc des Volcans publ. 8 / in Guide des volcans d'Europe.

L’histoire de Gouttes-Chopine s’écrit en deux périodes :

- il y a 30.000 ans, une éruption fissurale laisse s’échapper une coulée trachybasaltique, qui s’épanche vers l’ouest ; puis, une série d’explosions va former le cône de scories du Puy des Gouttes.

- il y a environ 9.500 ans, un cratère d’explosion s’ouvre et forme un maar trachytique de 600 m. de diamètre, ne laissant que la partie sud du Puy des Gouttes en croissant et un lambeau au nord. Cette éruption phréatomagmatique va générer des nuées trachytiques qui vont recouvrir plus de 20 km² … le cône des Gouttes est enfoui sous les dépôts de nuées qui dévalent pour part ses flancs externes et vont creuser des ravines qui lui donnent cet aspect caractéristique. A la fin du cycle éruptif, des panneaux du socle granitique glissent dans le cratère. Le magma dégazé va monter comme un piston dans la cheminée , en refoulant les produits qui l’obstruent, pour construire l’aiguille du Puy Chopine (selon un schéma similaire à l'aiguille de la Montagne Pelée). La dalle de granite principale mesure 150 m. de long, sur 100 m. de large et de haut … imaginez la force développée pour soulever cette masse. Une activité fumerolienne va clôturer le cycle éruptif.

Le puy Chopine entaillant le puy des Gouttes - photo hivernale / photos aériennes en paramoteur / puy de Dôme, avec l'aimable autorisation de Damien Bouyssi.

Le puy Chopine entaillant le puy des Gouttes - photo hivernale / photos aériennes en paramoteur / puy de Dôme, avec l'aimable autorisation de Damien Bouyssi.

L’histoire des hommes de Marsat :

Au bord du ruisseau de Mirabel, dans la faille de la Limagne, un campement de chasseurs-cueilleurs est occupé, au printemps / début de l’été.

Après une pluie de cendres, malgré la distance, due à l’effondrement de la colonne éruptive lors de la phase peléenne de l'éruption du Puy Chopine, une coulée boueuse va envahir le campement. L’eau accumulée dans divers barrages, va emporter débris rocheux, des blocs de trachyte, mêlés à des troncs d’arbres , formant un lahar destructeur. Ensuite l’ensemble de la vallée est recouverte par une couche de cendres trachytiques fines.

C’est la première fois qu’on montre qu’un campement de chasseurs du mésolithique a été le témoin direct d’une éruption de la chaîne des Puys, placé pourtant à distance considérable - plus de 11 km - de la source éruptive.

Sources :

- Eruptions trachytiques de la Chaîne des Puys (France) et leurs impacts sur les environnements - par Gérard Vernet et Jean-Paul Raynal - link

- Domenicus malleotus - le Puy Chopine - link

- Volcan Terre d'éveil - link

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M.Krafft & de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Chaîne des Puys - le Puy Chopine - l'aiguille de protusion par B.Dichamp - link

- Les photos aériennes du Puy de Dôme - merci à Damien Bouyssi pour son autorisation de diffusion -   link

 

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Yap / Micronésie - photo Conservation Strategy Fund

Yap / Micronésie - photo Conservation Strategy Fund

L’état de Yap se compose de quatre grandes îles, Yap, Maap, Tomil et Rumong, de sept petites îles et 134 atolls. Elles sont d’origine volcanique et composées de roches volcaniques et ultramafiques métamorphosées, de corail et boue de mangrove.

Les îles de Yap forment un système d’arc volcanique au bord est de la plaque océanique Philippine (Fosse de Yao) et sont connectées à l’arc de Palau au sud et l’arc Izu-Marianes au nord. Yap est localisé sur le bord de la microplaque Caroline, en subduction sous la plaque Philippine.

Le volcanisme a pris fin dans l’arc de Yap à la fin de l’Oligocène ou au Miocène, sans aucune évidence d’activité ensuite.

Tectonique des îles Caroline - doc. Geological origine of the volcanic islands of the Caroline

Tectonique des îles Caroline - doc. Geological origine of the volcanic islands of the Caroline

Yap - monnaie de pierre  - photo Experiencemicronesia

Yap - monnaie de pierre - photo Experiencemicronesia

Ce n’est pas la seule particularité de Yap ! Elle est aussi connue pour sa monnaie : de grands disques généralement fait de calcite, taillé en doughnut (avec un trou central), pouvant aller de 3,5 cm. jusqu’à 4 mètres de diamètre. Cinq types majeurs se côtoient : le Mmbul, Gaw, Fe' or Rai, Yar, and Reng. Beaucoup de disques proviennent d’autres îles, aussi éloignée que la Nouvelle-Guinée, mais la majorité vient de Palau. 

Les disques de Yap ressemblent à du quartz, et historiquement, leur valeur était liée à leur brillance.Outre la beauté spécifique de la roche et l’histoire qui se rapporte à la pierre même (son âge, le nombre de victimes qu’ont entraînées son extraction et son transport), sa taille entre également en ligne de compte pour en déterminer la valeur, de même que le statut social des parties soumises à la transaction.Comme plus aucun disque n’est importé ou produit, le change reste fixe.

Aujourd’hui, la monnaie utilisée pour les transactions est le dollar US, et les disques de pierre restent utilisés pour les échanges traditionnels ou cérémoniels. Les pierres ne bougent pas, mais peuvent changer de propriétaires lors de mariages, de transfert de titre de propriété, ou comme compensation pour des dommages subis.

Yap - transport de la monnaie de pierre - photo Francis X. Hezel

Yap - transport de la monnaie de pierre - photo Francis X. Hezel

Yap a été peuplé par des migrants venant de la péninsule Malaise, d’Indonésie, de Nouvelle-Guinée ou des îles Salomons. Par contre, les îles périphériques l’ont été par des Polynésiens. Historiquement, un système tributaire existait entre Yap proprement dite et les îles extérieures … en relation avec la nécessité d’obtenir des marchandises de la grande île, telles de la nourriture ou du bois pour construire les bateaux.

Le peuple de Yap est connu en Micronésie pour ses danses traditionnelles, exécutées lors de fêtes et d’occasions spéciales, comme le mariage d’un chef. La danse de Yap, appelée Churu’, est transmise précieusement de génération en génération, accompagnée de chants historiques. Les danseurs s’habillent de feuilles et fleurs de coco, et s’enduisent la peau de curcuma et d’huile de coco pour leur donner un aspect doré. Ces danses sont effectuées en groupes séparés d’hommes ou de femmes. D’autres danses originaires des îles périphériques, comme la danse de la guerre mettant en avant l’art de se battre avec des batons, sont exécutées par des groupes mixtes de jeunes gens.

Yap - danseuses parées pour la cérémonie - photo Yap Day

Yap - danseuses parées pour la cérémonie - photo Yap Day

Sources :

- Geological origine of the volcanic islands of the Caroline - link

- Federated states of Micronesia - traditional culture - link

- Musée de la Banque Nationale de Belgique - la pierre de Yap - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages
Ponape - photo Canberratimes

Ponape - photo Canberratimes

Ponape (Pohnpei) forme une terre de 338 km² entourée d’une barrière de récif, relativement circulaire, avec un centre caractérisé par des montagnes escarpées.

Les roches exposées sont des basaltes à olivine, des trachytes, des hawaiites,des ankramites, des néphélinites  et basanites. De nombreux dykes, centimètriques à décimétriques, recoupent les formations volcaniques.

Elles sont classées en deux entités majeures : les laves du stade volcan-bouclier (PMLS / Pohnpei Main Lava Series), daté de 7-8,7 Ma et les dépôts post-bouclier (PTLS / Pohnpei Transitional Lava Series, et PBS / Pohnpei Basanite Series – ou encore Awaks volcanics, daté de 7-3 Ma et Kupwuriso volcanics, daté de 2,1-0,1 Ma/ Spengler 1990)

Ponape - photo Alex Zuccarelli

Ponape - photo Alex Zuccarelli

A Nan Madol, presque toutes les colonnes basaltiques proviennent de sources liées au stade volcan-bouclier, et sont originaires de Ponape. Les colonnes basaltiques de plus de deux mètres ont été récoltées en carrière avant d’être mises au jour. Les boulders plus volumineux retrouvés en fondations seraient majoritairement originaires de Temwen, île adjacente, et appartiennent au stade post-shield Kupwuriso.

Carte des Etats Fédérés de Micronésie : comprenant les états de Yap, Chuuk, Pohnpei et Kosrae.

Carte des Etats Fédérés de Micronésie : comprenant les états de Yap, Chuuk, Pohnpei et Kosrae.

Théorie du point chaud avec rajeunissement des formations vers l'est -

Théorie du point chaud avec rajeunissement des formations vers l'est -

Ponape fait partie des îles Carolines, d’origine volcanique.

En ce qui concerne les îles des trois états de l'est, Chuuk, Ponape et Kosrae, deux scénarios sont envisagés quant à leur formation :

- La formation d’une chaîne volcanique par un point chaud : la progression en âge des îles vers l’ouest autorise à considérer les trois îles, Chuuk, Ponape et Kosrae, et les différents volcans sous-mariuns, comme la trace d’une anomalie de fusion jeune ou d’un point chaud.

- La formation de seamounts sur la  Dorsale Caroline, le long d’une zone de fracture en relation avec la subduction : lors de la collision entre deux plaques océaniques, la plaque Pacifique, plus ancienne,  peut subducter sous la plus jeune, la plaque Philippines.

La présence d’un système de dyke avec joints columnaires sur Chuuk et Ponape ne peut s’expliquer par le modèle point chaud, mais indique plutôt un environnement extensionnel. A contrario, ce type d’environnement ne reflète pas un âge croissant progressivement dans une direction, sauf si l’on prend en compte l’épaisseur de la plaque Pacifique près de la zone de convergence.

Demain, le cas spécifique des îles de l'état de Yap.

 

Tectonique de la Micronésie et environs - avec les différentes fosses et dorsales - doc. Geological Origin of the Volcanic Islands of the Caroline

Tectonique de la Micronésie et environs - avec les différentes fosses et dorsales - doc. Geological Origin of the Volcanic Islands of the Caroline

Schéma de la formation des iles Carolines A/B dans l'hypothèse subduction-tectonique versus C hypothèse simple point chaud type Hawaii - les flèches noires indiquent le déplacement de plaque - les flèches grises indiquent l'épaisseur de la croûte (pas à l'échelle) -  Geological Origin of the Volcanic Islands of the Caroline

Schéma de la formation des iles Carolines A/B dans l'hypothèse subduction-tectonique versus C hypothèse simple point chaud type Hawaii - les flèches noires indiquent le déplacement de plaque - les flèches grises indiquent l'épaisseur de la croûte (pas à l'échelle) - Geological Origin of the Volcanic Islands of the Caroline

Sources :

Geological Origin of the Volcanic Islands of the Caroline  - Group in the Federated States of Micronesia, Western Pacific – by Rehman Hafiz Ur, Nakaya Hideo and Kawai Kei – 2013  - link

Academia.edu - Sourcing the Megalithic Stones of Nan Madol: an Study of Architectural Basalt Stone from Pohnpei,Federated States of Micronesia – by Mark D. Mc Coy & J. Stephen Athens - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dans l’archipel des Carolines, inclus dans la Micronésie, l’île de Ponape (Pohn-ah-pay) abrite d’étranges ruines …  restes d’une architecture mégalithique sans pareil !

Les premières activités humaines y remontent au premier ou deuxième siècle avant JC. La construction d’îlets artificiels en eau peu profonde (sur un atoll) près de la côte Est de l’île de Ponape a débuté aux environs des 8-9° siècles de notre ère. Sur une surface de 1500 mètres sur 500, on compte près d’une centaine d’îlets, séparés par des chenaux et entourés d’une muraille externe.

Nan Madol - mégalithes de basalte - photo Brien Foerster / FB

Nan Madol - mégalithes de basalte - photo Brien Foerster / FB

Les structures mégalithiques, faites de blocs de basalte foncé en forme de prismes hexagonaux (orgues basaltiques), disposés en croix comme les bûches d’une hutte, ont été édifiées entre le 12 et 13 ° siècle, une époque contemporaine des temples d’Angkor et de Notre-Dame de Paris. Ces constructions de plus de 12 mètres de haut et 5,5 mètres d’épaisseur, avaient une fonction politique et cérémonielle au temps de la dynastie Sau Deleur, unificatrice des clans de Ponape.

Selon la légende, les colonnes de basalte utilisées par la construction de Nan Madol auraient été transportées là par les pouvoirs de la magie noire … les archéologues ont localisé diverses carrières sur l’île principale, sans toutefois pouvoir définir le mode de transport et de construction des structures.

Plan de Nan Madol, proche de l'îlot de Temwen / île de Ponape (Micronésie)

Plan de Nan Madol, proche de l'îlot de Temwen / île de Ponape (Micronésie)

Nan MAdol - photo Christopher Pala / Smithsonian

Nan MAdol - photo Christopher Pala / Smithsonian

Nan Madol - un amoncellement de colonnes basaltiques - photo Globetravelblog

Nan Madol - un amoncellement de colonnes basaltiques - photo Globetravelblog

La plupart des îlets avaient une fonction résidentielle, certains étant spécialisés dans la préparation des repas, la production d’huile de coco ou la construction d’embarcations. Sans zones de cultures vivrières, ni source d’eau potable, toutes les marchandises devaient être importées de l’île principale, grâce à une main d’œuvre nombreuse. Le secteur mortuaire, Madol Powe, comportait 58 îlets, avec un centre : l’îlet de Nandauwas (Nan Douwas), cerné d’une muraille de 7,5 mètres de hauteur et abritant la nécropole royale. Rien que pour ce site royal, on estime l’utilisation de 4.500 m³ de basalte et 13.500 m³ de débris coralliens de remplissage, pour un poids total de 45.000 tonnes.

 

Nan Madol - croquis de la tombe royale de Nan Dowas

Nan Madol - croquis de la tombe royale de Nan Dowas

Nan Madol - Ponape - photo CT Snow from Hsinchu, Taiwan

Nan Madol - Ponape - photo CT Snow from Hsinchu, Taiwan

Ruines de Lelu - utilisant les mêmes matériaux et techniques - phot Natgeocratives

Ruines de Lelu - utilisant les mêmes matériaux et techniques - phot Natgeocratives

Nan Madol fut abandonné à l’arrivée des premiers européens, au début du 19° siècle. Mais le déclin de la Venise du Pacifique avait débuté vers 1450, à la chute de la dynastie Sau Deleur, sous l’avènement d’une force politique différente sur Ponape, ou résultat d’une conquête par des envahisseurs de Kosrae … quoiqu’il en soit, sa disparition est en corrélation avec le développement d'un site très similaire sur  l’île de Kosrae.

Les ruines de Nan Madol sont inscrites au Patrimoine de l’Unesco.

Demain, nous verrons l’origine volcanique de Ponape.

 

 

Bonus pour les volcano-philatélistes.

Bonus pour les volcano-philatélistes.

Sources :

- Academia.edu - Sourcing the Megalithic Stones of Nan Madol: an Study of Architectural Basalt Stone from Pohnpei,Federated States of Micronesia – by Mark D. Mc Coy & J. Stephen Athens - link

- Smithsonian - Nan Madol: The City Built on Coral Reefs - link

- Unesco  - Ceremonial Centres of the Early Micronesian States: Nan Madol and Lelu - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dans la série des observatoires volcanologiques, nous quittons momentanément ceux d’amérique centrale et du sud, pour suivre l’actualité, avec la présentation du V.S.I.

L’Indonésie forme un archipel étendu, composé de plus de 13.000 îles ; c’est aussi le pays où le nombre et la densité des volcans actifs est la plus élevé : 129 volcans actifs, dont 79 qui sont entré en éruption au cours des 400 dernières années.

Volcans majeurs d'Indonésie -  Image Credit: USGS adaption of CIA map 1997 from Simkin & Siebert, 1994.

Volcans majeurs d'Indonésie - Image Credit: USGS adaption of CIA map 1997 from Simkin & Siebert, 1994.

La plupart des volcans Indonésiens appartiennent à l’arc volcanique de la Sonde, qui s’étire sur plus de 3.000 km depuis le nord-ouest de Sumatra vers la Mer de Banda.  Cet arc de volcans, résultant de la subduction de la plaque indo-australienne sous la plaque de la Sonde (plaque Eurasienne), inclue 76% des volcans régionaux. A l’Est, l’arc de Banda est en relation avec la subduction de la plaque Pacifique. Au nord de l’arc de Banda, la tectonique se complique : diverses micro-plaques forment de multiples zones de subduction, orientées nord-sud, avec production des volcans de Sulawesi-Sangihe et d’Haimahera.

Tectonique régionale Indonésienne.

Tectonique régionale Indonésienne.

En 1920, suite à l’éruption du Kelud qui fit 5.000 victimes, le gouvernement Néerlandais de l’époque a fondé le V.S.I. – Volcanological Survey of Indonesia.

Depuis, l’ancien VSI est appelé en Indonésien, Pusat Vulkanologi dan Mitigasi Bencana Geologi, en abrégé PVMBG. (Centre for Volcanology and Geological Hazard Mitigation  - CVGHM en anglais). Le centre est basé à Bandung, dans l’ouest de l’île de Java.

Le centre de volcanologie et d’atténuation des risques géologiques a des missions de recherche, d’enquête, d’ingénierie et de services dans le domaine de la volcanologie et d’atténuation des catastrophes. Le monitoring des volcans s’opère par l’intermédiaire de 76 observatoires.

Emblême du V.S.I de 1920 (regroupant les symbôles de la volcanologie, de la sismologie, et de la géologie)

Emblême du V.S.I de 1920 (regroupant les symbôles de la volcanologie, de la sismologie, et de la géologie)

L'actuel siège du PVMBG à Bandung / Java - photo Panoramio.

L'actuel siège du PVMBG à Bandung / Java - photo Panoramio.

Le Dr. Surono, une des figures du PVMBG

Le Dr. Surono, une des figures du PVMBG

 

Source : VSI / Badan Geologi

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Avec un jour de retard sur la fête du 14, pour cause d'éruption au Kelud, voici le "Coeur de l'Atacama" proposé par l'ESA - European Space Agency.

 

Miscanti-lake-and-smaller-Miniques-lake---Jaxa-ESA-ALOS-30.jpgLes lacs Miscanti et Miniques, entourés de volcans - photo ESA / ALOS - Advanced Land Observation Satellite / 30.05.2010 

  

Cette photo satellite nous fait découvrir le lac Miscanti, en forme de coeur, et son petit voisin, le lac Miñiques. Ces lacs salés d'altitude sont situés au sud-ouest du désert d'Atacama, qui s'étend en bordure de la côte ouest du Chili.


Différents volcans les encadrent :

- au sud, le Miñiques, un complexe basalto-andésitique à dacitique, constitué d'un stratovolcan et de dômes de lave imbriqués. Son sommet est constitué de trois cratères et culmine à 5.910 mètres. La date de sa dernière activité n'est pas connue, mais une coulée de lave proéminente s'étend du sommet sur ses flancs et sépare les deux lacs.

 

Miniques-2009---Gerard-Prins--2-.jpg                     Le complexe volcanique Miniques - photo Gerard Prins 2009


- à l'est, le massif volcanique Cordón de Puntas Negras couvre 500 km². Il est composé de 25 bouches éruptives, représentées par des stratovolcans, des cônes pyroclastiques, des dômes de lave et des maars.

 

Puntas_negras_volcanic_complex_chile_ii_regio---Gerard-Prin.jpg

   Le massif volcanique Cordón de Puntas Negras, vu de la laguna Miscanti - photo Gerard Prins 2009


- au nord-nord-est, les Cerro Miscanti et le Chiliques. Ce dernier est un stratovolcan, haut de 5.778 mètres, surmonté d'un cratère de 500 mètres. Différentes coulées habillent ses flancs, la plus étendue sur le flanc nord atteint plus de 10 km. de longueur. Bien que considéré comme dormant, la Nasa a repéré en 2002 grâce à Aster quelques spots chauds dans le cratère sommital et les flancs supérieurs.

 

Chiliques volcano du lac Miscanti - 2009 - Gerard Prins                     Le Chiliques, vu du lac Miscanti - photo Gerard Prins 2009

 

Sources :

- ESA - Space in images - link

- Global Volcanism Program - Miniques

- Global Volcanism Program - Chiliques

- Global Volcanism Program - Cordón de Puntas Negras

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Lorsque de la lave est émise à une viscosité trop élevée pour pouvoir s’écouler sur une grande distance, elle s’accumule sur place en constituant un dôme. Ces dômes peuvent présenter des aspects variés, en fonction des propriétés physico-chimiques de la lave et du substratum.

On distingue quatre grands types de dômes : les cryptodômes (ou bouchons soulevés), les dômes peléen, les dômes surbaissés, et les dômes-coulées.

Ces derniers constituent une sorte de transition entre les dômes surbaissés et les coulées de lave.

 

LavaDomeTypes.jpgLes grands types de dômes : a. cryptodôme, b. dôme peléen, c. dôme surbaissé, d. dôme-coulée - doc. Oregonstate University.

 

Un des meilleurs exemples de dôme-coulée, et l’un des plus grands de ce type au monde, est le Cerro Chao dans le nord du Chili. Il occupe un ensellement entre les volcans Paniri et Léon.

 

chacodacite_oli_2013134.jpgCerro Chao - le dôme-coulée et ses diverses entités, dans la selle séparant les volcans Paniri et Cerro del Leon - Les dépôts de coulée pyroclastique, à gauche, sont de la phase Chao I -

photo Nasa Landsat 8 / Oli -13.05.2013

 

Ce dôme-coulée est long de 14,5 km., pour un volume total émis de 26 km³ de lave, et un front de coulée de 350-400 mètres de hauteur. Il est caractérisé par des crêtes d’écoulement (flow ridges) proéminentes de 30 mètres de hauteur, résultant de pliage durant la mise en place des couches de surface de différentes propriétés mécaniques, fonctions du refroidissement différentiel de la lave. C’est la coulée la plus importante d’un groupe de laves dacitiques émises lors d’un épisode magmatique relativement récent, daté de moins de 100.000 ans, qui a marqué le complexe Altiplano-Puna.

 

Chao_coulee_l.gif                                 Cerro Chao - le dôme-coulée - photo Peter Francis

 

L’éruption du Cerro Chao s’est produite en trois phases :

- la première phase a été explosive et a produit environ 1 km³ de dépôts de ponces dacitiques non soudées, et ensuite des coulées de blocs et cendres, qui forment un tablier frontal par rapport au corps de lave principal

– la seconde phase fut effusive et est caractérisée par l’émission de 22,5 km³ de magma, sous forme d’une coulée composite, avec un front de 400 mètres de haut, qui a recouvert 53 km², et d’un petit cône. Des crêtes d’écoulement forment des figures proéminentes à la surface ; elles atteignent 30 mètres de hauteur.

– le troisième phase a produit, au départ d’un dôme effondré, une coulée de 6 km de long et 3 km de large, avec des crêtes d’écoulement modérées. Elle se caractérise par des laves plus vitreuses que celles des autres phases.


La taille anormale du dôme-coulée du Cerro Chao est à la fois fonction de la pente locale, comprise entre 3 et 25°, et du volume de magma disponible.

La durée de mise en place du Chao semble avoir été de 100 à 150 ans, avec un ratio d’effusion maximum de 25 m³/s sur de courtes périodes.

 

Sources :

- Oregonstate Univ. - Chao - link

- Journal of Geophysical Research - Effusive silicic volcanism in the central Andes : the Chao dacite and other young lavas of the Altiplano-Puna Volcanic Complex - by S.L.de Silva & al. - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

L’écosystème Jehol Biota comporte les formations Yixian et Jiufotang et leurs nombreux fossiles  situées dans la province de Liaoning, dans le nord-est de la Chine.

 

animal-fossils-pompeii-china- a Psittacosaurus - b-c ConfucJehol Biota - vertébrés fossiles dans la position "boxer-like" typique des victimes de coulées pyroclastiques - photo Baoyu Jiang / Nanjing university

a : Psittacosaurus - b,c : Confuciusornis (un oiseau primitif de la taille d'un corbeau)

 

Cet écosystème était dominé au Crétacé (130-120 Ma) par des marais et de nombreux lacs ; son climat était tempéré et les pluies saisonnières.

Les formations Yixian et Jiufotang forme une séquence de sédiments siliciclastiques faiblement stratifiés, principalement des grès et schistes déposés dans des zones lacustres. Il n’y a pas de traces de dépôts continentaux, comme du sable éolien ni de paléosols. Ces sédiments ont préservés un grand nombre de fossiles (dinosaures à plumes , oiseaux primitifs , ptérosaure, e.a.), certains d’entre eux présentant même des tissus mous.

A l’analyse, ces sédiments finement stratifiés sont interrompus par des lits volcaniques, tuffs et basaltes, occasionnellement recoupés de dykes et sills (Zhou & al 2003)

Les lits de Jehol furent déposés sur le continent Eurasiatique, une zone continentale étendue émergeant complètement des océans au début du Crétacé et composée de nombreux blocs tectoniques.

 

Palaeogeographical setting of the Jehol Biota. - Zhonghz Zh

Carte a : extension géographique au cours du temps de Jehol Biota, reportée sur une carte actuelle - carte b : carte paléogéographique de l'est asiatique au crétacé et localisation du front de subduction  - Doc. Zhou Zhonghe / in article de Bristol University.

 

a, Modern-day map showing different geographical extents of the Jehol Biota through time. I, Yixian Formation and its lateral equivalents (Late Hauterivian/Barremian); II, Jiufotang Formation and its lateral equivalents (Early Aptian); modified from ref. 4. The filled square marks the position of the major vertebrate-bearing sites in Liaoning Province. Insect faunas from penecontemporaneous units in Kazakhstan are remarkably similar to those from the Jehol Biota, and may indicate a westward extension of these ranges. b, Palaeogeographic map of eastern Asia in the Lower Cretaceous, showing major regional tectonic features. The arrow indicates the approximate position of outcrop of the Yixian and Jiufotang Formations in northeastern China. This region would have occupied a palaeolatitude of approximately 40–45° N during the late Mesozoic era.

Abbreviations refer to major tectonic divisions: EUR, Europe; INC, Indo-China; IND, India; J, Japan; JUN, Junggar; K, Korea; KAZ, Kazakhstan; LH, Lhassa; MON, Mongolian; NCB, north China; QI, Qiangtang; SCB, south China; SH, Shan Thai; SIB, Siberian; TAR, Tarim.

 

Yixian-Formation---Confuciusornis-sanctus-M--F---IVPP.jpg

Psittacosaurus-meileyingensis--one-of-the-numerous-species-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche,deux spécimens de Confuciusornis sanctus, mâle avec la longue queue de plumes et femelle - doc. IVPP

A droite, reconstitution du Psittacosaurus meileyingensis, une des espèces de Psittacosaure du Crétacé en Chine (voir photo du dessus- en a)

 

 

 

 

 

Les lits volcaniques du groupe Jehol résultent de l’activité ignée autour du Pacifique, contemporaine de ces dépôts sédimentaires et considérée comme maximale pour la Formation Yixian (130-123 Ma), et déclinante pour la formation Jiufotang (123-120 Ma).

 

Chaque squelette a été directement intégré dans les coulées pyroclastiques accompagnant des éruptions explosives. Ils ont été retrouvés dans une position de mort -  position du boxeur, résultant du raccourcissement post-mortem des tendons et muscles - et présentent des signes de carbonisation rappelant ceux marquant les victimes à Pompéï. Ces nuées ardentes sont responsables tout à la fois de la mortalité de masse, de l’ensevelissement, du déplacement relatif des cadavres dans l’environnement lacustre – des fossiles d’organismes aquatiques côtoient ceux d’organismes terrestres – et finalement de la longue conservation des composants de l’écosystème Jehol, qu’on pourrait qualifier de " Pompéï animalier chinois ".

 

Sources :

- American Museum of Natural History - Researchers describe "animal Pompeii" in China - link

- National Geographic Daily News - Ancient Ash Volcanoes Entombed Chinese Dinosaurs, Pompeii style eruptions preserved ancient beasts in mass-death disasters. - link

- Nature - New evidence suggests pyroclastic flows are responsible for the remarkable preservation of the Jehol biota - by B.Jiang, G.Harlow, K.Wohletz, Z.Zhou, J.Meng. - link

- University of Bristol, Palaeobiology and  Biodiversity research group – The Jehol Biota - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les Champs Phlégréens de la mer de Sicile se compose d’un groupe de volcans sous-marins qui se sont construits dans une dépression située à 1.000 m. de profondeur dans le détroit de Sicile, entre sa côte SO et la pointe NE de la Tunisie. Ils forment des bancs recouverts de cônes, dont certains s’élèvent jusqu’à proximité du niveau de la mer.

 

Schema-bati-morfologico-del-Canale-di-Sicilia.-FL-fossa-di-.jpgSchéma bathy-morphologique du Canal de Sicile - Modificato da General Bathymetric Chart of the Oceans, 2003 - doc. INGV

Au sud-ouest des Champs, l'île de Pantelleria - au sud, l'île de Linosa. (FL : fossa di Linosa)


Le Banco Graham, encore largement inconnu et non surveillé, pointe à seulement 6,9 mètres sous le niveau marin. La première exploration date de 1890, par l’Institut Hydrographique Italien. En 1925, les équipes du navire océanographique " Amiral Magnaghi I " confirme l’existence du banc, à 37°09’ N – 12°43’ E, avec un sommet de 30m², à une profondeur comprise entre 8 et 12 mètres. De nouvelles explorations par l’Institut Hydrographique en 1989 et 2002 ne montrent pas de changements dans la bathymétrie.

 

ferdinandea---Ferdinandea--at-approximately-its-largest.-Pu.jpg L'île Ferdinandea à sa plus grande extension en 1831 - doc. repris du Journal du navire Il Gustavo.

 

Ferdinandea 1831 C.Gemellaro INGV

L'éruption de Ferdinandea en 1831, de type surtseyen avec nuées cypressoïdes- doc. C.Gemellaro / INGV


Des éruptions sous-marines furent rapportées à diverses reprises, dans la littérature ancienne durant la première guerre Punique (guerre entre Rome et Carthage, entre 264 et 241 Av. JC), et entre les 17° et 20° siècles. A trois reprises, une île éphémère se forme lors d’éruptions : en 1701, 1831 et 1863.

Après son émergence en 1831, l’île à éclipse atteint une taille considérable (5 km. de circonférence et 65 m. de hauteur), et est revendiquée tour à tour par les Anglais, les Français, les Espagnols et les Italiens … d’où ses multiples noms : île Graham, Ferdinandea, Julia, ou encore Sciacca, Proserpine. La Convention des Nations-Unies sur la Loi de la mer (Montego Bay 1982) attribue finalement les droits de la zone à l’Italie, sur base territoriale géographique.

 

Ferdinandea-plaque----Summitpost.jpgRestes de la plaque originale mentionnant " Questo lembo di terra una volta isola Ferdinandea era e sara sempre del popolo siciliano ... Ferdinando di Borbone, Delle due Sicilii, Duca di Castro ..." - ; Elle e été remplacé par une neuve en 2002. - doc. Summitpost.

 

Ferdinandea_rilievo_730.jpg

Image 3D bathymétrique d'Empédocle, avec le Banco Graham (ou Ferdinandea) à l'ouest, le Banco Terribile à l'est, et la Banco Nerita au nord-est. - doc. INGV


En 2006, l’INGV indique que l’île Ferdinandea pourrait faire partie d’un gigantesque volcan sous-marin de 30 km sur 25, En forme de fer-à-cheval, baptisé Empédocle, du nom du philosophe né à Agrigente et mort sur l’Etna … Ferdinandea est le nom donné au sommet du volcan Empédocle. A cette occasion, Enzo Boschi, président de l’INGV, déclare " l’existence d’un tel ensemble volcanique n’est pas source d’inquiétude ".

Empédocle, de superficie comparable à celle de l’Etna mais d’une hauteur plus modeste, ne représente aucun danger immédiat, son activité se limitant à l’émission de gaz volcaniques.

 

ferdinandea_-1-_672-458_resize-copie-1.jpg          Mise à l'eau du ROV de l'INGV sur les Champs Phlégréens de la Mer de Sicile - doc. INGV


Le système volcanique comprend une douzaine d’édifices dans un rayon de 5 km., de dimensions variables, avec des diamètres entre 50 et 1.500 m. Ces édifices sont alignés NO-SE dans la canal de Sicile. Le cône responsable de l’éruption de 1831 fait partie d’un appareil constitué de deux cônes coalescents sur une base commune ; ils sont allongés en direction NO-SE, et leurs apex sont distants de 600 m. L’édifice au NO de Ferdinandea a une forme tronconique, et possède un large cratère, qui a alimenté des coulées de lave qui ont envahi le plancher cratérique à une profondeur de plus de 200 m. En son centre, on remarque les restes d’un autre bord de cratère. Son flanc nord-est abrite un champ fumerollien actif.

 

Ferdinandea_mappa_dettaglio_730---INGV.JPGA : Carte du Banco Graham, avec ses édifices coalescents - B :Ferdinandea à droite - l'autre cône : en 1, bord de l'ancien cratère; en 2, coulées de lave; en 3, bord d'un second cratère; en 4, signes d'activité intra-cratérique; en 5, champ fumerollien; en 6, un autre édifice en fer-à-cheval, présentant en son sein, un petit cône régulier. - doc. INGV

 

A l’est du groupe Ferdinandea, le Banco Terribile culmine à 20 m. sous la surface, et au nord-est, le Banco Nerita ne se trouve qu’à 16,5 m. sous le niveau marin.

Au cours de la campagne d’exploration, un relevé sonar précis a permis d’identifier neuf cratères distincts ; en plus de échantillons de roches et de gaz prélevés, trois stations sismiques ont été installés sur les fonds marins.


Pinne est un cône, situé dans les Champs Phlégréens de Sicile, et connu pour quatre éruptions historiques : durant la première Guerre Punique, vers 253 av. JC, en octobre 1846 (VEI 2), en 1867, et la dernière en septembre 1911, incertaine.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Campi Flegrei Mar Sicilia

- INGV Catania - Isola Ferdinandea - link

- Isola Ferdinandea ... il blog - link

- Sur ce blog, Ferdinandea - Pantelleria - Pantelleria et Linosa

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog