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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le bassin Tyrrhénien forme la partie la plus profonde de la Mer Méditerranée, avec la fosse Tyrrhénienne atteignant une profondeur de 3.800 mètres. Il a pour origine un processus géologique impliquant les plaques tectoniques Eurasiatique et Africaine, débuté il y a 10 millions d’années et contemporain de la formation de la chaîne des Apennins.

 

Volcans-italiens-2----amicidellaterra--690x486-.jpgVolcanisme sous-marin de la Mer Tyrhénienne (en vert) - volcans actifs de l'arc Eolien (en rouge) - doc. amicidelleterra


Outre le volcan sous-marin Marsili, d’autres grands volcans émergent de la plaine centrale Tyrrhénienne : le Vavilov, le Magnaghi, ainsi que nombre de moins connus, dont le Palinuro, le Glaucus, l’Eole, le Sisyphe, et l’Enarete.

Vavilov, Marsili et Magnaghi ont été découverts dans les années 1950 et portent le nom des géologues qui les ont révélés.

 

vulcani_tuttiweb_d0_d0.jpgLes volcans sous-marins de la Mer Tyrhénienne (1 à 9) et du Canal de Sicile (10 à 13) - doc. Protezione Civile – Rischio vulcanico / Volcani sottomarini.


Le Vavilov émerge du plancher marin à 3.600 mètres de profondeur et s’élève jusqu’à atteindre 684 mètres sous le niveau marin. Cet édifice volumineux, de 30 km sur 15 et de 350-400 km³, peut être subdivisé en deux parties, d’après quatre plongées du submersible Cyana :

- De sa base à 1500 m de profondeur, il est constitué d’épaisses couches de coulées basaltiques

- Au-dessus de 1500m de profondeur, de plus petites coulées émises par le volcan central, et d’autres par des évents alignés N-S. Les laves constituant les parties supérieures sont datées de 100.000 à 400.000 ans.

D’autres observations suggèrent une phase de construction terminale subaérienne, suivie d’une subsidence du bassin à plus de 500 m. de profondeur au Quaternaire.

Les laves du Vavilov sont très proches des OIB – Oceanic Island Basalts. Vavilov apparait comme une structure indépendante de la croûte océanique qui le supporte, et ne représente nullement une dorsale liée à l’accrétion océanique.


Le seamount Palinuro émerge de près de 3.000 m de fond jusqu’à 73 m. sous la surface marine, sur un système de failles orientés E-O. Il est surmonté d’une caldeira en fer-à-cheval. Les laves du sommet sont datées du Pléistocène. La pétrochimie est grossièrement identique à celle de l’arc Eolien, et interprétée comme générée par la subduction de l’est de la méditerranée sous l’arc Calabrais.

Une couche de cendres marines, datée au radiocarbone d’il y a 9.990 ans, est similaire chimiquement et stratigraphiquement à deux autres couches de cendres sur terre au sud de l’Italie, et corrélée à l’activité du seamount Palinuro (Siani & al. 2004)

 

piantaTirreno.gifPosition relative des volcans sous-marins de la Mer Tyrhénienne par rapport à l'arc Eolien (en rouge)


Les volcans sous-marins Eole, Enarete et Sisyphe sont alignés NO-SE, à l’ouest de l’arc Eolien, et sont hauts d’un millier de mètres. Eole se distingue des autres par un sommet plat.


Le volcan Alcione et son jumeau, le Lametini, sont situés entre l’alignement Palinuro-Glabro et l’arc Eolien. Ces volcans présentent une forme conique, et dépasse les fonds environnants d’un millier de mètres.

 

Sources:

- Protezione Civile – Rischio vulcanico / Volcani sottomarini - link

- Structural framework of the Tyrrhenian Sea unveiled by seafloor

morphology - Struttura del Mar Tirreno svelata dalla morfologia del fondale - M.P.Marini & F.Gamberi

- Geomagnetism and age study of Tyrhenian seamounts - O.Faggion & al.

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Publié le par Bernard Duyck
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Dans la série "Observatoires volcanologiques et les volcans qui leur sont associés", ouverte il y a quelques mois, on ajoutera celui du Costa Rica : l’OVSICORI-UNA.

 

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L’ Observatorio Vulcanológico y Sismológico de Costa Rica - Universidad Nacional existe sous cette appellation depuis 1986. Il est en charge, outre les recherches sismiques et tectoniques, de la surveillance , parmi les 116 volcans du Costa Rica, de 6 volcans actifs (Arenal, Irazu, Miravalles, Poas, Rincon de La Vieja, Turrialba) et 2 endormis (Barva, Orosi) , répartis en trois cordillères : celle du Guanacaste, celle de Tilaran et la Cordillera central.

Tous de type andésitique, ils doivent leur formation à la subduction de la plaque tectonique Cocos sous la plaque Caraïbes, avec formation de volcans de marge continentale.

 

schemas-008-copie.jpgTectonique de l'Amérique centrale - avec implication des plaques Cocos et Caraïbes au niveau du Costa Rica

 

Les bâtiments de l’ Observatoire sont situés à Heredia, à une dizaine de kilomètres de la capitale San José. Lors d’une visite en 2008, j’ai eu la chance de visiter les installations en compagnie de Rodolfo van der Laat, ingénieur topographe et volcanologue à l’Ovsicori-UNA.

 

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                                   La façade de l'Observatoire à Hérédia - photo Bernard Duyck

 

costa-Rica-217.jpg    Rodolfo van der Laat lors de la visite à l'OVSICORI, dans l'envers du décor - photo Bernard Duyck

 

costa-Rica-221.jpgOVSICORI - Côté face, la batterie des sismos ; les deux tracés les plus sombres sont pour l'Arenal, en haut à gauche et le Poas, en bas au centre - photo Bernard Duyck

 

56 1706Espionnage à l'Ovsicori - le diagramme de l'évolution des séismes marquant le Turrialba en 2007-2008 m'intéressait fortement - photo Jean-Michel Mestdagh

 

costa-Rica-627.jpgAvec Tanguy de Saint Cyr à l'observatoire de l'Arenal, invisible ce jour-là dans les restes d'une tempête tropicale -  photo Bernard Duyck


Les volcans ayant été analysés et traités séparément, je ne ferai brièvement mention que de leur état actuel. (rapport annuel de l’Ovsicori) Par ordre alphabétique :


L’Arénal : Sa dernière éruption datant du 14 ° siècle, la mémoire populaire avait oublié sa dangerosité avant son brutal réveil en 1968, qui a tué 90 personnes. Régulièrement actif depuis cette date, il s’est calmé en décembre 2010. Il ne présente depuis plus de trois ans qu’une faible activité sismique et des émanations principalement de vapeur d’eau au niveau des cratères C et D. Les niveaux de SO2 dans les gaz émis sont à la limite du niveau de détection des capteurs et la température des fumerolles mesurée par thermographie infra-rouge dépasse les 180°C.

 

2013.09.08---Arenal---Jason-Cordero-S.---RSN.jpgArenal - 08.09.2013 - quelques fumerolles dans les nuages pour rappeler que le volcan est toujours "actif" - photo RSN


Au volcan Irazu, la sismicité volcano-tectonique s’est maintenue à un niveau bas par rapport aux années antérieures. Le cratère principal est resté essentiellement sec tout le long de l’année, ne permettant pas l’installation d’un nouveau lac.

 

2013.09.07---Irazu---Brandon-Arias-Ramirez---RSN.jpg    Irazu - crater activo - le lac acide a disparu -  le 07.09.2013 - photo RSN / Brandon Arias Ramirez


Pour le Poas, la sismicité se maintient à un niveau stable. Les éruptions phréatiques au niveau de la laguna Caliente ont été enregistrées entre 4 et 9 éruptions par mois. Le niveau du lac a varié dans une zone d’amplitude de 2,5 mètres durant l’année ; la température moyenne annuelle du lac acide  est de 45-50°C et son pH de 0-0,3 . Au niveau superficiel, la concentration des gaz parait stable, la température des fumerolles fluctuant entre 100 et 600°C, avec un maximum entre avril et juillet.

 

2013.08.06-Poas-eer.phreatique---Paulo-Frutos-Porras---R.jpg                        Poas - éruption phréatique le 06.08.2013 - photo Paulo Frutos Porras


En 2013, des cellules de convection très active ont marqué le lac chaud et acide du Rincon de La Vieja. Des fumerolles ont été mesurée à une température arrivant à 130°C sur la paroi ouest du cratère actif. Les caractéristiques physico-chimiques du lac acide sont similaires à celle observées en 2000 et laissent penser, qu’au cours de la décennie passée, une quantité substantielle de gaz magmatiques a été injectée dans celui-ci.

 

2013.02.26-Rincon----involcan.jpg                   Rincon de La Vieja - 26.02.2013 - le cratère actif et son lac acide - Photo Involcan


Au Turrialba, l’année a commencé avec une sismicité similaire à celle de l’année précédente. De mars à avril, on enregistre des séismes volcano-tectoniques à une profondeur supérieure à 5 km. sous le sommet du volcan, et les premiers séismes de type tornillo. Le 21 mai, une brutale décompression accompagnée d’éjection de tephras au travers des bouches 2010 et 2012 s’accompagne d’activité sismique et d’indices CO2/SO2 typiques. Le 13 juillet, le nombre de séismes est passé à 500 par jour et s’est maintenu à ces valeurs jusqu’en fin août, avant de diminuer. Durant cette période, les températures mesurées à la bouche 2012 oscillait entre 600 et 800°C. En novembre, la sismicité laisse suggérer un changement de la composition des fluides. Depuis la décompression de mai, le flux de SO2 s’est maintenu à des valeurs basses, de l’ordre de 500 à 1000 tonnes/jour.

 

2013.05.21-Turri---F.Chavaria-Kopper-Ovsicori.jpg                       Turrialba - le 21.05.2013 - photo F.Chavaria Kopper / Ovsicori

 

Sources :

OVSICORI - UNA - rapport annuel - link

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Publié le par Bernard Duyck
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La plus grande partie de l’île d’Hawaii est sous-marine … il en est de même pour le volcan Kilauea.

 

Hawai---Avcan2010.jpgL'archipel Hawaiien, avec Big Island au premier plan - les parties émergées sont en gris - les parties immergées en différentes couleurs selon leur profondeur -Doc. AVCAN

 

Cape-kumuhaki---HVO.jpg      Big island / Hawaii - le cap Kumukahi, pointe émergée de l'East Rift Zone - photo HVO - USGS.


La zone de rift Est du Kilauea ne s’arrête donc pas à la côte, mais se poursuit sur 75 km sous la mer au-delà du Cap Kumukahi, en direction du NE, atteignant une profondeur de 5.400 mètres. Cette partie immergée est connue sous le nom de dorsale Puna.

 

Big-island---morphology----geology-gsapubs.jpg                                              Big island / Hawaii - morphologie - Doc. USGS

                   Localisation des zones de Rift (ERZ : East Rift Zone) , des dorsales et volcans.

 

Puna-ridge-3D---womenoceanographers--390x293-.jpg                                      Vue bathymétrique 3D de la dorsale Puna - Doc. USGS

 

Puna-ridge---Kilauea---map-J.Robinson----JMSTC-USGS--Monter.jpg                            Big island - bathymétrie des dorsales Puna et Hilo 

                   Doc.  J.Robinson  - JMSTC,USGS, Monterey inst, Scripps inst oceanogr.

 

Sa pente moyenne est de 50 mètres au kilomètre jusqu’à une profondeur de 2800 m., puis passe plus profondément à 100 mètres/km. (en comparaison, la pente moyenne de la partie émergée est de 23 m/km.)

La dorsale Puna est entourée au nord et au sud par des coulées de lave sous-marine étendues ; celles-ci, découvertes en 1986, proviennent du segment le plus profond de la dorsale. Son extrémité Est recouvre partiellement une zone de rift plus ancienne, connue sous le nom de dorsale Hilo, en relation avec le volcan Kohala.


Son activité historique remonte à la fin du 18° siècle, selon la tradition orale hawaïenne, mais sans preuve évidente. En 1884, une éruption d’un jour a été observée à une profondeur de seulement 20 mètres.

Au début des années 60, les premières photos et échantillons  sur le bas de la dorsale Puna démontrent que l’axe de la zone de rift consiste en de jeunes coulées en coussins, de lave de composition chimique similaire à la lave émise en subsurface par le Kilauea.

 

Puna-ridge-pillow-lavas-2107-m-deep---2001-MBARI.jpgPuna ridge : Pillow lavas à une profondeur de 2107 m -  photo 2001 MBARI ( Monterey Bay Aquarium Research Institute)


Des recherches suivantes ont permis d’identifier une grande variété de structures volcaniques, similaires ou différentes de celles rencontrées à l’air libre : des fissures, des cratères-puits, des skylights (de tunnels de lave), des cônes, des dorsales de pillow, des terrasses de lave.


Les terrasses forment des structures vaguement circulaires, à surface relativement plate ou peu bombée (visibles sur la Bathymétrie, à proximité du Cap Kumukahi) ; elles sont proéminentes, large de plusieurs kilomètres et haute de plusieurs centaines de mètres, et d’un volume estimé jusqu’à plus d’un km³. Certaines terrasses possèdent un ou plusieurs cratères sommitaux.

Elles sont censées résulter d’éruptions de longue durée, qui ont extrudé de la lave à taux faible ou modéré. Diverses hypothèses sont proposées pour expliquer leur croissance : une inflation vers le haut et l’extérieur du réseau sous-marin de tubes de lave, ou une accumulation de lave derrière des digues, à la façon de lac de lave … un facteur déterminant reste les basses températures sous-marines.


Skylight-sous-marin---smith-fig11.gif

             Puna ridge - Skylight indiqué par la flèche - doc. D. Smith, Woods Hole Oceanographic

 

Des skylights marquent le parcours des tunnels de lave. Les plus importants sont situés sur une terrasse à une profondeur de 1.100 mètres, sur le bord d’un cratère de 150-200 m. de diamètre. Le plus profond se trouve vers 3500 mètres de profondeur.


Des cônes de forme circulaire, pouvant aller jusqu’à 2500 m. de diamètre et une hauteur de 140 m., ponctuent la dorsale Puna. Ils ont un sommet plat et un cratère, comme pour les cônes subaériens ; un cratère profond suggère le drainage de la lave, après la formation du cône. De petits cônes, connus en surface comme des hornitos, d’un diamètre inférieur à 100 m. et aux parois presque verticales sont couverts de pillow tubulaires et de gravats, sont supposés s’être formés à la surface d’une coulée, ou au-dessus d’un tunnel de lave.


Des dorsales hautes et étroites – de quelques mètres à 200 m. de large et une hauteur allant jusqu’à 30 m. -, pouvant atteindre quelques kilomètres de longueur et composées principalement de coussins de lave, sont appelées dorsale en coussins (pillow ridge), ou encore murailles de coussins (pillow walls) si leur côtés sont très raides. 

Ces pillow ridges sont interprétés comme étant des évents primaires construits directement sur une fissure sous-marine. Cette fissure n’est plus visible, ensevelie sous une accumulation de lave en coussin ou de tunnel de lave.

 

Les éruptions sur la dorsale Puna, et leur alimentation par des dykes, semblent plus viable thermiquement que celles alimentées de la même façon en subaérien. De ce fait, les éruptions sur la dorsale immergée sont plus durable, et concernent de plus grands volumes que celles survenant sur la zone de rift Est émergée. (Parfitt)

Sources :

- HVO - Puna ridge : underwater segment of the Kilauea East Rift Zone - 2002 - link

- Volcanic structure of the crest of the Puna Ridge, Hawaii: Geophysical implications of submarine volcanic terrain - By DAniel J.Fornari & al.

- Internal structure of Puna ridge : evolution of the submarine east Rift zone of Kilauea volcano , Hawaii - by Stephen Leslie & al.  - link

- A compraraison between subaerial and submarine eruptions at Kilauea volcano, Hawaii : implications for the thermal viability of lateral feeder dikes. - by Elisabeth Parfitt & al.

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Publié le par Bernard Duyck
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Eduardo Chillida, Moñtana Tindaya Project, Fuerteventura,

                   Fuerteventura - La Montaña de Tindaya  -  photo Virtual sacred places


La plus ancienne île des Canaries et la plus proche de la côte Africaine, Fuerteventura, date d’environ 20 millions d’années, formée par le point chaud des Canaries. La majorité de l’île fut créée il y a 5 millions d’années, et depuis l’érosion éolienne et marine fait son œuvre.

 

Fuerteventura---Montana-de-Tindaya---Mundo-Guanche.jpg                              Fuerteventura - La Montaña de Tindaya - doc.Mundo Guanche


Le massif de Betancuria s’est ainsi vu érodé, laissant apparaitre un des paysages emblématiques de Fuerteventura : le Mont Tindaya, formé de trachyte (*) plus résistant.

 

  Fuerteventura---Montana-de-Tindaya---2---fotos-aeras-de-Ca.jpg                             Fuerteventura - La Montaña de Tindaya - foto aereas de canarias


Ce mont a impressionné les premiers habitants de l’archipel, les Guanches. Ce peuple est d’origine paléoberbère et devrait y avoir migré entre le 5° et 3° millénaire.


Le Mont Tindaya a été considéré par ceux-ci comme un endroit sacré dont les limites vont bien au-delà de l’île, et réservé aux sacrifices.

Les aborigènes ont choisi cet endroit , non seulement parce que c’était une montagne, mais en raison de nombreuses spécificités : sa relation avec la Lune, la fertilité de son sol sur une île pratiquement désertique, la composition de la roche, le trachyte, qui ne se rencontre qu’à Tindaya.


On y trouve de très anciens pétroglyphes, connus sous la dénomination de podomorphes (en forme de pied, d'empreinte de pied). Ils sont réalisés uniquement sur trachyte, au détriment du basalte, qui est délaissé. Ces étranges gravures aborigènes, au nombre de 312, ne furent découvertes qu’en 1978, au sommet du promontoire culminant à 401 mètres.

 

Tindaya---Grabados-de-Tindaya-de-noche.-Publicada-por-iac.e.jpg   Tindaya -  pétroglyphes podomorphes - doc. Grabados de Tindaya de noche. Publicada por iac.es


Il a été déterminé qu’elles furent sculptées suivant un modèle d’orientation non-aléatoire, qui pourrait cacher une justification archéoastronomique – l'orientation par rapport au solstice d’hiver et autres phénomènes associés – et archéotopographique – l’orientation par rapport au Teide / Ténérife et l’île de Gran Canaria (Perera & al. 1996 – Belmonte & al. 2001)

 

Diagramme-d-orientation-des-podomorphes-de-Tindaya---Inst-d.jpgDiagramme d'orientation des gravures podomorphes - doc. IAC - Instituto de Astrofisica de Canarias

 

Tindaya--Klingon-Megalithic-portal.jpg                           Tindaya- pétroglyphe podomorphe - photo Klingon / Megalithic portal


Ces gravures seraient en relation avec un culte astral.

Selon l’Institut d’Astrophysique des Canaries, 80% des podomorphes sont orientés, dans le même quadrant, entre le Pico de Las Nieves sur Gran Canaria et le Teide sur Ténérife.

La théorie qui considère Tindaya comme un symbôle aborigène d’union entre la terre et la mer est soutenue par la découverte de sépultures aux quatre points cardinaux à la base de la montagne, et la relation avec un lieu sacrificiel est la découverte de dents humaines au sommet.


Le site se dégrade à grande vitesse, faute d’un statut de protection défini. Un projet de vulgarisation par conférences et expositions, baptisé El lugar escondido (la cachette) sur les trésors archéologiques des Canaries est organisé par le Cercle des Beaux-arts et la direction générale de la Coopération et du Patrimoine culturel des Canaries.

 

(*)

 

Le Trachyte, du grec τραχύς / rugueux ... à la cassure, est une roche magmatique effusive, leucocrate (blanchâtre, grise, verdâtre), microlithique et fluidale (structure trachytique), pas ou peu porphyrique, souvent légère car un peu poreuse.

 

 

Sources :

- BienMeSabe. org - Tindaya, con 312 grabados podomorfos, fue un lugar sagrado que trancendio Fuerteventura

- IAC - Instituto de Astrofisica de Canarias - Orientación astronómica de los grabados podomorfos de Tindaya

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Publié le par Bernard Duyck
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Parmi les caldeiras insoupçonnées et récemment " découvertes ", nous avons vu les grandes caldeiras de l’Utah (Wah Wah springs). Un document du M.T.U. rédigé par Richard Wunderman & William Rose révèle l’existence d’une caldeira localisée une dizaine de kilomètres au sud de la capitale Guatémaltèque, la caldeira Amatitlan.

Cette caldeira de 14 sur 16 km ne représente pas un paysage spectaculaire et est peu évidente à se représenter de visu. Elle ne doit pas être confondue avec la caldeira Atitlan, située 50 km. plus à l'ouest.

Elle a nécessité une batterie de techniques différentes pour pouvoir être interprétée.

 

Nasa Landsat 2000 GVPA gauche, les volcans Acatenango et Fuego ; au centre le volcan Agua ; à droite en bas, le Pacaya fumant, et au nord de celui-ci , le lac Amatitlan  - la tache claire en haut à droite correspond à l'agglomération de Guatemala city. - Doc. Nasa Landsat 2000

 

Volcan-de-pacaya - M.Castro

                 Le volcan actif Pacaya est situé au sud de la caldeira Amatitlan - photo M.Castro


Elle ne fut pas identifiée précédemment à cause de la coïncidence entre ses bords est et ouest avec des failles, et le recouvrement de sa frontière nord par des pyroclastes. L’existence de cette frontière nord a été établie par des données gravimétriques, et diverses observations géologiques, telles que des failles en circonférence, la présence de sources chaudes, et diverses données et changements lithologiques dans les roches sédimentaires.


Une séquence de neuf  dépôts pyroclastiques siliciques, totalisant un volume de plus de 70 km³ de roches denses, provient d’éruptions de cette caldeira ; ces éruptions sont datées d’entre environ 300.000 et moins de 23.000 ans avant aujourd’hui. 

Les émissions de la caldeira et des évents associés consistent en dômes,  ignimbrites non soudées, dépôts de cendres et de surges, principalement de composition rhyolitique à dacitique.

 

Pacaya Regional Tectonics 2b                          Tectonique de la région sud du Guatemala -doc. .geo.mtu.edu

AmC : caldeira Amatitlan - AtC : caldeira Atitlan - JFZ : Jalpatagua fault zone - GCG : Guatemala city graben

 

Ces éruptions et la tectonique ambiante suggèrent que cette caldeira doit toujours être considérée comme active, malgré de larges plages de repos entre les phases d’activité. Elle se trouve en effet à l’intersection entre un décalage dans la chaîne volcanique bordant le Pacifique, appelé Palin Shear, et la zone de faille Jalpatagua.

Elle possède un dôme de résurgence présentant des failles et recoupé par un graben longitudinal. L’alignement de la zone de faille Jalpatagua et du graben laissent penser à un lien de formation. Des données sismiques montrent une concentration des épicentres au-dessus de la partie nord du dôme de résurgence, proche d’une intrusion relativement jeune.

 

Pacaya---12.-2007----4---T.Boeckel.jpgPacaya - activité strombolienne en décembre 2007 - au fond, quelques lumières de l'agglomération de Guatemala city - photo Thorsten Boeckel


Une éruption, même modeste, dans cette zone pourrait toucher la population dense, d'autant que le volcan Pacaya est toujours actif … plus d’un million de personnes vivent dans un rayon de 20 km.

En extrapolant ces données récentes, le type le plus courant d’activité devrait être de type plinien ou phréatoplinien, ou d’extrusion d’un dôme, soit à proximité du lac Amatitlán, soit dans la partie nord de la caldeira.

 

Amatitlan--1935---Printed-in-photogravure-by-Johan-Enschede.jpgLake-Amatitlan-which-is-the-caldera-of-Pacaya.-1935.jpgLago

Amatitlan -  timbres de 1935 - Printed in photogravure by Johan Enschede and designed by Carlos    Marckwordt. 


Sources :

- Amatitlan, an actively resurging cauldron 10 km south of Guatemala City – by Richard Wunderman & Will. Rose / Michigan Technological University - link

- Underthrusting and Quaternary faulting in northern Central America – by M.J.Carr

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Publié le par Bernard Duyck
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St Vincent est situé au nord des Grenadines, dans la partie sud de l’arc volcanique des petites Antilles. De forme ovale, elle mesure 29 km. sur 17,5.

Une chaîne volcanique centrale égrène du sud au nord 6 volcans éteints, le Mt. St.Andrew, le Grand Bonhomme, le Petit bonhomme, le Mt. Hermitage, le Richmond peak, et le Mt.Brisbane, et un volcan actif : La Soufrière de St Vincent.

 

SV---cate-SRU-2004---GVP.jpg  St Vincent - localisation des centres volcaniques et des installations de monitoring - 2004 - GVP


Cette chaîne divise l’île entre une douce pente côté est et un côté ouest déchiqueté et rude. Ces centres stratovolcaniques échelonnés témoignent d’une migration de l’activité du sud vers le nord et d’une datation de formation entre 3 Ma environ et 600.000 ans. On relève cependant, après la migration des centres d’activité principaux vers le nord au Morne Garu et La Soufrière, de petites éruptions à Belleisle Hill et Kings Hill au sud, qui ont produit des cônes de scories (Rowley 1978).

 

souf-StVincent-10.08.2009-UWI.jpg

            St. Vincent - La Soufrière - photo 10.08.2009 - photo University of the West Indies.


Le volcan de La Soufrière, haut de 1.178 mètres, est le plus jeune volcan de l’île. Le cratère sommital, large de 1.600 mètres, est situé sur le bord S.O. du cratère d’une somma de 2,2 km. de large, échancrée largement côté sud-ouest par une rupture de flanc.

De fréquentes éruptions explosives, il y a quelques 4.300 ans, ont produit des dépôts pyroclastiques, connu comme Formation de téphra jaune qui ont recouvert une grande partie de l’île. La première éruption historique est datée de 1718 (VEI 3), et constitue avec celle de 1812 (VEI 4) deux évènements majeurs.

De mai 1902 à mars 1903, le nord de l’île fut dévasté par une éruption majeure, de VEI 4, qui coïncide avec l’éruption catastrophique de le Montagne Pelée sur l’île de La Martinique.

Un dôme de lave a pris place en 1971 dans le cratère sommital au cours d’une éruption strictement effusive, et a formé un îlot dans le lac emplissant le cratère en 1979.

 

dome-ds-lac-fin-1971---Jack-Frost.jpg         Fin 1971, un dôme de lave croit dans le lac de cratère du St Vincent - photo Jack Frost.

 

dome-1977---R.Howard---Harvard-univ-jpgSt Vincent - en 1977, le dôme de lave occupe la majeure partie du cratère - photo Ron Howard / Harvard Univ.

 

eruption-SV-22.04.1979---Richard-Fiske-Smiths-jpg                St Vincent en éruption le 22.04.1979 - photo Richard Fiske / Smithsonian inst.


Du 13 avril au 26 octobre 1979, une période éruptive s'accompagne d'explosions et d'extrusion de lave. Les fortes explosions d'avril produisent de grands panaches de gaz et cendres et des coulées pyroclastiques forçant l'évacuation de plus de 17.000 habitants du nord de l'île. Le 14 avril 79, la principale coulée pyroclastique inonde la vallée de la rivière Larikai, et poursuit son chemin jusqu'à la mer. Cette éruption est qualifiée de VEI 3 par le GVP.

Le lac est ensuite éjecté au cours d’une série d’explosions, et le dôme remplacé ensuite par un autre.

 

Soufr-St-Vincent---UWI-2007.jpg      St Vincent - le cratère et son nouveau dôme en 2007 - photo University of the West Indies.

 

11.02.2007-UWI.jpgSt Vincent - le 12.02.2007  - le cratère, avec une partie du dôme à gauche - photo University of the West Indies.

 

Sources :

- The University of the West Indies - volcano profiles - St Vincent

- Global Volcanism Program - Soufrière Saint Vincent

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Publié le par Bernard Duyck
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La subduction de la plaque tectonique nord-américaine sous la plaque Caraïbe a donné naissance à l’arc volcanique des petites Antilles, côté est de la plaque Caraïbe.


L_archipel_Antillais-9.jpg

 L'arc volcanique  des petites Antilles  - arc externe et interne -  doc in Géologie de la France - L'archipel des petites Antilles - SVT Grenoble M.Dubernet

 

L’arc volcanique des petites Antilles se compose en réalité de deux arcs volcaniques.

Le plus ancien daté  de l’Eocène à la fin de l’Oligocène (~55 Ma), et le plus récent, daté du début du Miocène (< 5 Ma) à aujourd’hui, se surimposent à un proto-arc appartenant à l’arc Caribéen du Mésozoïque.

L’activité volcanique y présente deux lacunes importantes, chacune d’une durée de 8 à 10 Ma.

La première interruption a accompagné l’ouverture au Paléocène du bassin de Grenade, avec la formation d’une croûte océanique dans la partie sud du bassin. La seconde interruption, à la fin de l’Oligocène, est la conséquence d’un évènement tectonique majeur : la collision avec une dorsale asismique Atlantique active.

La géométrie de subduction de la ligne volcanique a été modifiée dans sa moitié nord, avec le saut vers l’ouest,  de l’arc externe en direction de l’arc interne. Au Néogène, la subduction de dorsales non-actives a eu des effets moindres mais significatifs sur la tectonique et le volcanisme de cet arc.

 

Carte-postale-des-Grenadines.jpg                                                    Une carte postale des Grenadines


La partie de l’arc volcanique qui nous intéresse aujourd’hui est située au sud de celui-ci, entre les îles de St Vincent et Grenade : les îles Grenadines.

Les principales îles sont (du nord au sud) : Bequia, Baliceaux, Moustique, Canouan, Mayreau, Tobago Cays, Union et Petit Saint-Vincent.

 

Grenadines-Archipelago.svg--2-.jpg                  L'arc des petites Antilles sud - Les Grenadines ... entre St Vincent et Grenade


Administrativement, " Saint-Vincent-et-les-Grenadines " forme un Royaume du Commonwealth, indépendant depuis le 27 octobre 1979, dont le chef de l'État formel est le souverain du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, à l'heure actuelle la reine Élisabeth II. Elle ne réside pas dans le pays et est alors représentée par le gouverneur général de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.


Les Grenadines sont marquées par deux phénomènes : le volcanisme formateur et un écosystème récifal.

 

Caruacou---white-island---Farhad-Vladi-Panoramio.jpg

                Les Grenadines - Carriacou / White island - photo Farhad Vladi / Panoramio

 

Cariacou-Sandy-Island---Geoforum.jpg   Les Grenadines - Carriacou / White island -  orgues basaltiques à la pointe de l'île - photo Geoforum


Le volcanisme y a donné des produits basalto-andésitiques. La vedette volcano-touristique en est La Soufrière de St Vincent, au nord des Grenadines, qui ne laisse aux îles Grenadines que la mer turquoise, les îles aux rochers abrupts qui y plongent, des plages de sable blanc, et une flore et faune riches … un petit paradis bien préservé, et parfois réservé aux seuls milliardaires, comme l’île Moustique, fréquentée par la jet set et la famille Royale Britannique. A visiter en se laissant porter par les alizées, entre décembre et mai, à la saison sèche !

 

The-Tobago-Cays--Grenadines---Charterworlds.jpg                          Les Grenadines - Les Tobago Cays - photo Charterworlds


Cinq récifs se trouvent près des Tobago Cays, dont Horseshoe reef, Egg reef et Worlds End reef. Les Tobago Cays ont servi de toile de fond au film Pirate des Caraïbes, et demeurent un des plus beau spot de plongée et de surf.

 

Carte-TobagoCays.jpg                                     Les Grenadines - îlots et récifs des Tobago Cays

 

Sources :

- The lesser Antilles island arc  - by Ph.Bouysse, D.Westercamp & P.Andreieff - link

- The lesser Antilles island arc: structure and geodynamic evolution

- University of Windsor - The Grenadine islands - link

- Géologie de la France - L'archipel des petites Antilles - SVT Grenoble M.Dubernet

- About Mustique - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une discussion avec un caviste, une récente émission de télé, la re-lecture d’articles intéressants (*), autant de circonstances qui m’amènent à parler de " la perle noire de la Méditerranée ", surnom donné à Pantelleria, en raison des roches volcaniques sombres qui y sont omniprésentes.

 

Pantelleria---D.Neave.jpg                          Pantelleria et quelques vignobles - photo David Neave

 

Pantelleria-la-cote---G.Roncaglia.jpg                             La côte rocheuse de Pantelleria - photo R;Roncaglia

 

Une étude parue dans la Journal of Petrology, " Melting, Differentiation and Degassing at the Pantelleria Volcano, Italy, par D.Neave & al " nous offre une analyse de l’évolution du magma depuis sa fusion initiale dans le manteau jusqu’au moment de son éruption, basée sur une étude des verres volcaniques et inclusions emprisonnées dans les cristaux des pantellerites de différentes éruptions marquant le dernier cycle éruptif de Pantelleria.
Retour sur Pantelleria et ses laves particulières :

Pantelleria, avec les îles de Lampedusa, Linosa, et Lampione, forme l'archipel italien des Pélagies, un groupe d'îles volcaniques qui doit son existence à la présence d'un rift continental au centre du canal de Sicile.


rift-zone-volcanoes--Linosa--Graham-Bank--in-the-rifted-for.jpg

Localisation de Pantelleria et autres volcans du rift du Canal de Sicile . L'extension actuelle ONO-ESE entre la Sicile et l'afrique, et les zones de subduction relatives au mouvement vers l'Europe de la plaque Africaine sont représentés par les flèches d'une part et la ligne crénelée.- Doc. Neave / réf en sources.

 

Pantelleria et Linosa sont des volcans endormis, qui sont nés au fond de fossés d'effondrement discontinus,  longs, étroits et profonds (1700m ), qui accidentent en son centre un Canal de Sicile, par ailleurs large (250 km), plat et peu profond (100 - 200m).

Malgré la subduction de la plaque africaine sous la plaque européenne, la région de Pantelleria est en extension ; la lente rotation  dans le sens horaire de la Sicile étire cette portion du canal de Sicile, avec remontée magmatique consécutive ... la dernière manifestation est l'éruption de Ferdinandea (ou île Graham pour les anglophiles) en 1911.
Le fond du Canal de Sicile remonte sur les épaulements de ces fossés d'effondrement, et émerge pour former les îles plates de Lampedusa et de Malte. Le plancher du rift correspond à une croûte amincie dont l'épaisseur atteint une vingtaine de kilomètres, alors que l'épaisseur de la croûte est d'une quarantaine de kilomètres sous la Sicile ou la Tunisie. La structure de Pantelleria est déterminée par des failles orientées suivant

la direction des failles bordières des fossés (NNO-SSE).


L'île de Pantelleria est la partie émergée d'un volcan de 40x30 km et 2150 mètres de hauteur. L'île qui couvre 83 km², et est longue d'environ 13 km et large de 8 km au maximum. L'édifice volcanique aurait émergé il y a 500.000 ans, et a continué de croître de façon intermittente jusqu'à l'époque actuelle.


Pantellerite - Gipo Montesanto foto-siciliaLe magma analysé dans cette étude est connu comme pantellerite, un magma riche en sodium et potassium, mais pauvre en aluminium ; ce type de magma est rare, donc peu étudié, et trouvés seulement sur quelques volcans de zones de rift, tel le Fantale en Ethiopie.


Pantellerite - Gipo Montesanto foto-sicilia


Les pantellérites sont des rhyolites hyperalcalines fortement sodiques. Elles sont soit vitreuses, soit renferment des phénocristaux de feldspath anorthose, d'aegyrine (du pyroxène vert), d'aenigmatite ou cossyrite, rouge à brun, dans une pâte faite de petits cristaux des mêmes minéraux, mêlés à du quartz, de l'apatite et du zircon.

 


En pratique et sans entrer dans les détails, que retenir de cette étude ?


- La recherche entreprise sur Pantelleria inclue une étude de la fusion du manteau, et de la différenciation du magma, qui a permis la reconstitution de la chambre magmatique du volcan. 

 

broad-structure-of-the-Pantelleria-magmatic-plumbing-system.gif

 

Summary schematic illustration of the broad structure of the Pantelleria magmatic plumbing system. - doc.D.Neave

Key features: (1) magma storage region, with dimensions comparable with the nested calderas, located at 5·5 km depth under the SE of the island; (2) high degrees of stratification within the magma storage region with low-density pantellerite and trachyte magmas overlying mafic rocks; (3) rapid crystal settling and volatile ascent in the magma chamber as a result of low viscosity, which play crucial roles in magmatic differentiation and volatile transport respectively; (4) interface between hawaiite and trachyte melts, at which mixing can occur prior to eruption (e.g. Ferla & Meli, 2006); (5) absence of a large magma storage region in the NW of the island where mafic compositions are erupted from c. 7·5 km depth; (6) ultimate derivation of mafic and silicic suites of magmas from the same source.

 

 

- Celle concernant le dégazage des éléments volatils a confirmé la dangerosité du magma pantelleritique, et celle du volcan émetteur.

 

Geological-map-of-Pantelleria-after-Mahood---Hildreth--1986.jpg                                    Carte géologique de Pantelleria - Mahood et Hildreth / D.Neave

 

 Key features: (1) the nested Cinque Denti and La Vecchia calderas; (2) the central trachytic complex centred on Montagne Grande; (3) numerous small pantellerite vents, which are mainly located within the Cinque Denti caldera; (4) the restriction of mafic volcanism to the NW part of the island.


- Le calcul des quantités de soufre relâchés dans l’atmosphère par des éruptions pliniennes du type Green tuff datant de 45.000 ans sur 6339499671_ae9be72ee8_z.jpgPantelleria (plusieurs km³ d’ignimbrites vertes ont été émises en concomitance avec l’effondrement et la formation de la caldeira de Monastero, ou Cinque Denti caldera – voir formation et évolution de Pantelleria) permet d’imaginer l’impact de telles éruptions pantelleritiques sur le climat du globe … 80 à 160 millions de tonnes de soufre pourraient avoir été impliquées, à comparer avec l’éruption du Pinatubo, qui a relâché 9 tonnes de soufre, pour une chute de 0,4-0,5°C de la température globale.

 

Echantillon de Green tuff - photo Tuff Guy / Gareth Fabbro.


(*) La discussion avec le caviste portait sur le Sangue d’ Oro, un passito di Pantellegria, produit par l’actrice Carole Bouquet, devenue vigneronne. L’émission de télé date d’octobre sur France 5 et s’intitule " Fais-moi une place " au cours de laquelle Carole Bouquet reçoit Alessandra Sublet, et nous a fait découvrir l’intérieur de l’île de Pantelleria.

 

Sangue-d-Oro---Carole-Bouquet---pub.jpg

Sources :

- Melting, Differentiation and Degassing at the Pantelleria Volcano, Italy By David Neave & al.  / Journal of Petrology - link

- Planet earth on line - Scientists show how deadly volcanic phenomenon moves

- Science 2.0 - Tuff Guy - Pantelleria, a volcano with a trapdoor - by Gareth Fabbro - link

- sur ce blog :

   Pantelleria, la perle noire de la Méditerranée - link

   Pantelleria, laves et vignobles - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dans l’archipel des Canaries, l’île de Ténérife est connue surtout pour son volcan-phare, le Teide, situé dans la vaste caldeira Las Cañadas .

Le sud de l’île, moins courru, présente pourtant un des meilleurs exemples de volcanisme explosif phréatomagmatique : la Caldeira del Rey.

 

El-Monumento-Natural-de-la-Caldera-del-Rey.jpg                            Tenerife - El Monumento Natural de la Caldera del Rey

 

Espacios_protegidos_Tenerife-en.pngTenerife - carte des parcs nationaux et paysages protéges - la caldera del Rey est située au sud-ouest de l'île (petite zone orange)

 

 La caldeira del Rey est un maar de type diatrème, formé par éruption explosive qui a perforé les coulées les plus méridionales de la série antique de Roque del Conde.

 

El-Monumento-Natural-de-la-Caldera-del-Rey---Fotoaereasde-c.jpg                     Tenerife - la Caldera del Rey - doc. fotoaereasde canarias


La morphologie de la caldeira se présente sous forme de deux ovales qui se caldera1.jpgchevauchent, suggérant une formation due à un double épisode éruptif aboutissant à deux caldeiras imbriquées.

 

La semi-caldeira initiale est située à l’extrémité sud.  Des tuffs trachytiques et/ou phonolitiques sont mélangés à l’encaissant basaltique.


Le second maar a un diamètre de 1200 mètres. Les matériaux expulsés lors de sa création repose sur ceux du premier maar formé, entraînant une discordance visuelle. Après l’arrêt de l’activité volcanique, l’ensemble a été soumis à l’érosion, qui a formé une série de ravins, connus sous la dénomination de Barranco del Rey.  - photo Google Earth

Le fond de la caldeira a été colmaté par les sols formés "in situ" par la désintégration des dépôts de ponces.

 

tenerife-simplified-map.jpgCarte géologique simplifiée de Tenerife - les anciens massifs volcaniques formateurs de l'île, Teno, Anaga et Roque del Conde, disposés en étoile, sont colorés en violet.


Depuis les années 1500, la caldeira est devenue un domaine fermier, appartenant à la famille d’Alfonso Dominguez, d’Arona. De cultures basales, telles que celle de la pomme de terre et du blé, on est vite passé à des cultures plus commerciales pour l’exportation, telles que celles du coton, du tabac ou de la cochenille (d’où est extrait un colorant à usage textile et cosmétique). Aujourd’hui des plantations de bananes et de tomates, sous serres, voisinent avec celles d’oranges, de citrons, de mangues et d’avocats, et occupent la moitié de la surface du Monumento Natural de la caldera del Rey.

 

caldera-del-Rey---Tenerife-horses.jpg               Tenerife - Caldera del Rey - les cultures sous serres - photo Tenreife horses.


La faune qui y est présente est essentiellement constituée d’oiseaux, dont des faucons crécerelle et des bouvreuils githagine (Bucanetes githagineus – Trumpeter finch), petits fringilles communs en Afrique du nord et au moyen-orient.

 

Bucanetes_githagineus---Roselin-githagine---Vassen-Fr-jpg

                           Bouvreui githagine - Bucanetes githagineus - photo Fr. Vassen

 

Sources :

- Monumento Natural de la Caldera del Rey - Gobernio de Canarias

- The Canary Islands: an example of structural control on the growth
of large oceanic-island volcanoes - J.C. Carracedo

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Publié le par Bernard Duyck
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South-island---Banks-peninsula.jpg

          NZ South island - portion centrale de l'île avec la péninsule de Banks sur la côte est - Nasa


Le groupe volcanique Akaroa :

Il comprend tous les produits volcaniques des éruptions d’évents central, de flancs, et parasites localisés dans les deux-tiers sud-est de la péninsule de Banks. 

Un travail de terrain montre que les laves et les pyroclastes qui forment le volcan Akaroa peuvent être regroupés en deux phases, qualifiées de préliminaire et principale.

 

akaroa-harbour-nature---tripadvisor.jpg                                              Akaroa Harbour - photo Tripadvisor


Phase I / préliminaire – 11 ? à 9 Ma.

Les roches produites lors de cette phase préliminaire sont visibles sur le littoral interne d’Akaroa harbour. Les plus anciennes – phase préliminaire 1 – sont des coulées de lave basaltique. La phase préliminaire 2 se décline en tuffs trachytiques, brèches, agglomérats, coulées, sills et un grand dôme qui marque la fin de la construction du proto-Akaroa. La phase préliminaire 3 comporte des coulées basaltiques, des tuffs, des dépôts de lahars, des cônes de scories et des brèches pyroclastiques.


Phase II / principale – 9-8 Ma.

Une période prolongée d’altération et d’érosion sépare les deux phases . Le cône principal de l’Akaroa s’est édifié  sur une base prédominante de coulées de lave de type hawaiite et de pyroclastes, et de plus rares coulées de type mugéarite, benmoréite et trachyte. L’activité volcanique peut être qualifiée d’hawaiienne à modérément strombolienne.

 

Elephant-Rock--Akaroa-Harbour--Banks-Peninsula---Christchur.jpg                               Akaroa Harbour - "Elephant rock" - photo Christchurhnz

 

Onawe_Peninsula-_2007---J-Oswald.jpg                                  Volcan Akaroa - la péninsule Onawe - photo J.Oswald


L’activité éruptive de l’Akaroa est marquée par l’intrusion de dyke, à Akaroa-harbour---Te-Ara---McLinv1010.gifprédominance trachytique et par l’édification de cinq grands dômes de trachyte. Les dykes rayonnent depuis une zone centrale, au S/SE de la péninsule Onawe (un plug localisé dans Akaroa harbour), qui coïncide avec la place présumée du conduit éruptif principal.

 

Carte de Akaroa harbour et localisation de la péninsule Onawe - doc. Te Ara NZ


L’analyse gravimétrique révèle un complexe intrusif en sub-surface équivalent à plus de 615 km³ de matériaux intrusifs.

 

akaroa-harbour-nature.jpg                         Dyke dans Akaroa Harbour - photo Tripadvisor


Le complexe volcanique Lyttelton, situé au nord-ouest de la péninsule de Banks, comprend cinq cônes qui se recouvrent mutuellement. Les centres d’activité du volcan Lyttelton s’arrangent autour de Quail island, qui est considéré comme proche de l’évent original.

 

Lyttleton-Harbour-pan5v3.jpg                                         Lyttelton Harbour - photo pan5v3

 

Lyttleton-harbour----Stuff-NZ.jpg                                             Lyttelton Harbour - photo Stuff NZ


On suppose que deux systèmes magmatiques différents ont alimenté le volcanisme basaltique intraplaque de la péninsule de Banks, avec activité simultanée dans le NO et le SE de celle-ci, pour former les deux complexes volcaniques Akaroa et Lyttelton.

 

New-Zealand----Banks-Peninsular--Arkada----c1865.jpg   Gravure ancienne de la baie d'Akaroa / Péninsule de Banks - c 1865 -Antiques prints of Australia & Pacific. / New Zealand -  Banks Peninsular, Arkada

 

Sources :

- University of Canterbury / Geological sciences - The geology and geochemistry of Akaroa volcano, Banks peninsula , NZ - by C.J.Dorsey - link

- The basal beds of the Akaroa volcano - by R.Speight - link

- University of Canterbury / Geological sciences - Growth, Structure and Evolution the Lyttelton Volcanic Complex, Banks Peninsula, New Zealand - by S.J Hampton -  link

 

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