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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Pour le plaisir des yeux ... le "Mongibello" , la montagne des montagnes !

L'hiver sur l'Etna : un univers glacé sous un ciel intensément bleu ... et le rouge de sa lave qui s'ajoute à la froide hostilité de la montagne.

 

Une vidéo de Giuseppe Distefano tournée en mars 2013

 

 

 

Source : Etna Walk

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Il y a 30 millions d’années, bien avant l’installation de toute activité volcanique, la région du Mt Gambier était couverte d’un océan chaud et peu LimestoneCoastMap-zoom.gifprofond.

Les fossiles divers, les coquilles de crustacés et les arêtes de poissons tombés sur le plancher océanique ont formé au cours du temps une épaisse couche de calcaire qui forme le sous-bassement de la région, qui en tire son nom : la Limestone coast.

 


La karstification de cette couche s’est faite par dissolution du calcaire par l’acide carbonique et l’écoulement souterrain des eaux ; l’érosion a formé dans le sous-sol des grottes interconnectées.

 

Karst - geowiki                                        Paysage karstique type - doc. Geowiki


Engelbrecht cave forme un complexe de grottes calcaires sous le Mt Gambier et la cité du même nom. L’exploration par des spéléo et le nettoyage des grottes offrent aujourd’hui 600 mètres de promenade accessible à tous, où se succèdent des lacs et passages  … d’autres chambres font le bonheur des plongeurs qui peuvent y nager sous la ville.

 

weblarge_P1090636---RAA-tourism.jpeg                                      Mt Gambier - Engelbrecht cave - photo RAA Tourism

 

Fossils-cave---Cave-divers-asso.-of-australia.jpg              Plongée dans une grotte - photo Cave Divers Association of Australia - CDAA

 

Engelbrecht-caves---vimeo.jpg                Mt Gambier - Engelbrecht cave -  un clic sur la photo vous mène à la vidéo / viméo


Des grottes dont le toit s’est effondré et tombé sur le plancher en créant des terrasses - des dolines - ont trouvé une autre fonction, après avoir servi de citerne d’eau potable aux premiers habitants du Mt. Gambier.

 

Au centre de la cité, Les Cave gardens, qui comportent deux trous d’effondrements et une cascade de drainage, ont été restaurés en 2001 dans l’esprit des glorieuses années 20. A la tombée de la nuit, un son et lumière y relate les histoires des aborigènes.

 

Plus ancienne, une autre grotte au toit effondrée... une doline, Umpherston Sinkhole, ainsi nommée en l’honneur de son propriétaire, James Umpherston, abrite umpherston-sinkhole-1887.jpgaussi un superbe jardin.

Il y a créé en 1884 un jardin Victorien, fréquenté par les habitants du Mt.Gambier, qui venaient cannoter sur le petit lac couvrant le tiers de la doline.

 

Umpherston Sinkhole - photo archives / via blog adonline


Après sa mort en 1900, le jardin faillit disparaitre, avant d’être restauré en 1976 par le département des eaux et forêts.

 

umpherson sinkhole - Gambier - staticflickr                       Mt. Gambier - Umpherston Sinkhole - photo Statiflickr

 

umpherson-sinkhole-2---Gambier---loma2010.blogspot.JPG                               Mt. Gambier -   Umpherston Sinkhole - photo loma2010.blogspot


Repeuplé d’Hydrangea macrophylla, de trois Dicksonia antarctica, fougères arborescentes autochtones,  et de lierre qui cascade sur ses parois, ce jardin s’anime à la tombée de la nuit, lorsque les opossums viennent s’y nourrir.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Newer Volcanics Province

- Office of minerals and energy resources South Australia - Volcanoes of the Mount Gambier area - link

- Split shots in Engelbrecht's cave - by Liz Rogers Photography - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

En décembre, un article tenant de la volcano-fiction, de plus …ou de trop, nous parle d’une éruption possible dans le sud australien … Sans nous intéresser à ces prévisions à la datation fantaisiste, on peut néanmoins faire un tour au complexe de maars du Mt Gambier, associé à la Newer Volcanics Province au sud de l’Australie.

 

NVPVolcanicCentresGeoparkBoundaryweb---kanawinka-geopark.jpg                       Newer Volcanics Province - les centres volcaniques


La volumineuse Newer Volcanics Province couvre 15.000 km² dans le sud-est Australien et compte près de 400 petits boucliers et évents d’explosion datés du Tertiaire à l’Holocène. Les éruptions de la fin du Pleistocène à l’holocène ont formé une série de cônes de scories, de maars, de tuff rings et de coulées de lave qui ont comblé les vallées. Les dernières éruptions concernent le Mt. Gambier et le Mt. Schank, il y a quelques 5.000 ans, lorsque l’activité explosive a laissé des maars et les coulées de lave associées.

 

Le complexe du Mont Gambier est formé de quatre maars comblés par des lacs appelés, Valley lake, Leg of Mutton lake, Brownes lake et Blue lake.

Le complexe présente d'intéressants évents, représentant des points de décherge de gaz. Le plus connu est le Devil's Punchbowl, situé en ville à quelque distance des évents volcaniques.

L’activité volcanique explosive du complexe est associée au panache mantellique, l’East Australia hotspot, situé actuellement offshore.

 

mountGambierMountSchankVolcanoComplex3.jpgMt. Gambier - plan des cratères et lacs - situation des blowholes - coupe géologique A-A' - doc. Office of minerals and energy resources South Australia - Volcanoes of the Mount Gambier area

 

Gambier-mt.-blue-lake---yvonneclaireadams.jpg  Complexe du Mt. Gambier - le blue lake, au centre, et Valley lake, à gauche ; ils sont englobés dans l'agglomération du Mt. Gambier - photo Yvonne Claire Adams


L’un de ces maars, le Blue lake, profond de 70 mètres, contient un lac, servant de réserve d’eau potable (36Mm³) pour l’agglomération limitrophe ; il change de couleur selon la saison : de gris en hiver, il passe au bleu cobalt en été, ce qui lui a valu son nom.

 

Mt-Gambier-blue-lake---iprimus.jpgMt. Gambier - coupe dans les terrains avoisinant le Blue lake et son alimentation par l'aquifère - doc. iprimus.


Deux raisons à ce changement de couleur : l’incidence de l’éclairage solaire et la température des eaux.

En été, la position haute du soleil apporte plus de lumière … une augmentation de la couleur dans les bleus, qui est diffusée en retour par de petites particules ( CaCO3 ) dans les eaux.

La température des eaux du lac qui augmente au printemps favorise la libération dans l’air du dioxyde de carbone dissous, augmente le pH. Les eaux deviennent sursaturées en calcite qui précipite en capturant les matières organiques, ce qui clarifie les eaux. Chaque année, une nouvelle couche de calcite et de matéraiux organiques, de 4 mm, se dépose sur le fond du lac.

 

Mt-Schank--Kanawinka-geopark.jpg                       Mont Schank - le cratère principal - photo Kanawinka geopark


La région abrite aussi le plus jeune volcan du complexe, le Mont Schank.

Il est daté de 2.930 ± 540 ans avant JC (thermoluminescence * sur sables sous-jacents 1987).

Le groupe du Mont Schank est formé d’un cratère principal au nord, de 300 mètres de diamètre et 100 mètres de profondeur, et de deux petits cratères subsidiaires adjacents. Le vieux cratère sud est partiellement recouvert par le cratère principal. La base des cratères n’atteint pas le niveau de la nappe aquifère, de telle sorte qu’ils ne sont pas occupé par des lacs comme au Mt Gambier.

 

mount_schank_volcano_mount_gambier_south_austr_fly-copie-1.jpg

                                        Mt Schank - overlapping craters - photo Zazzle

 

La légende de Craitbul :

 

Le peuple aborigène local, les Bunganditj, ont pu voir ces éruptions.

L’ histoire de la création de ces paysages, transmise jusqu'alors oralement, a été enregistrée par Christina Smith en 1880.

La légende de Craitbul nous livre l’histoire d’un géant cherchant un endroit pour y vivre avec sa famille. Il campa sur le Mont Muirhead … en y entendant la voix de l’esprit-oiseau Bullin, il fut averti des mauvaises intentions de l’esprit-démon Tennateona et s’enfuit pour construire un nouveau camp (s ur le Mont Schank). De nouveau averti de la menace de l’esprit du mal, il déménagea vers Berrin , où il se construit un nouveau foyer (Mont Gambier). Un jour, l’eau arriva et le feu s’éteint. Il construisit de nouveaux foyers, mais à chaque fois l’eau les éteignit. Cela arriva quatre fois (la formation des quatre lacs). Finalement Craitbul et sa famille s’établirent dans une grotte sur les flancs du pic Berrin (Mt. Gambier)

 

mountGambierMountSchankVolcanoComplex2.jpgCette légende nous parle de camp et de foyer, terme qui doit être compris en tant que "lieu de vie", mais aussi "endroit du feu ... tant volcanique que domestique" . Elle relate sous forme imagée les différentes éruptions du Mt. Muirhead, au Pléistocène, et puis des Mts. Gambier et Schank, ainsi que la formation des lacs de cratère.

 

Les phases d'activité volcanique et la période d'occupation par les aborigènes - Doc. Office of minerals and energy resources South Australia - Volcanoes of the Mount Gambier area

 

Les volcans en question sont des édifices monogéniques, et ne sont pas concernés par une activité future, qui pourrait par contre se produire dans la région proche.

 

On retrouve à proximité de nombreuses structures karstiques, dont des cavernes inondées et des gouffres, dont le Umpherston Sinkhole, qui feront l’objet d’un autre article.

 


* Lexique :

La thermoluminescence est un phénomène physique lié à la capacité de certains cristaux d'accumuler l'énergie cédée par les rayonnements ionisants issus de la radioactivité et de restituer cette énergie sous forme de lumière lorsqu'ils sont chauffés. Ce phénomène permet de mesurer le temps écoulé depuis que le sédiment a été enterré par un volcan.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Newer Volcanics Province

- Office of minerals and energy resources South Australia - Volcanoes of the Mount Gambier area - link

- Geological Survey of Western Australia - Alkaline intraplate volcanism in eastern Australia - by Dr. Franco Pirajno - link

- Kanawinka Geopark - link

- News.com.au - Modelling shows what could happen if Mount Gambier volcanic chain erupts - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les Wah Wah mountains abritent un trésor : le béryl rouge, encore appelé émeraude rouge.


Très rare, on ne le trouve qu’en trois endroits au monde : les Wah Wah mountains et le Thomas Range, dans l’Utah, et le Black Range au Nouveau Mexique.

 

Utah-Wah-Wah---Exceptional-cluster-of-gorgeous-Red-Beryl-cr.jpgCristaux de béryl rouge sur une matrice de rhyolite  / Wah Wah mountains - collection Ferris mineral


Le béryl rouge fut décrit pour la première fois en 1904. La plus grande concentration en béryl rouge de qualité gemme n’a été découverte qu’en 1958, par Lamar Hodges, lors de prospection d’uranium. Le prix pour une top qualité peut aller jusque 10.000 $ le carat. Le béryl rouge est souvent confondu avec la Pezzottaite, ou raspberry beryl, une pierre trouvée à Madagascaret en Afghanistan ; on les distingue par l’indice de réfraction.

 

beryl_scovil_cornell----A-1.19-carat-cut-gem-alongside-its-.jpg   Béryl rouge - Une pierre taillée de 1,19 carats versus un cristal de 1,7 cm. - Wah Wah mountains

 

cristaux-de-beryl-var.-beryl-rouge--rhyolite---Violet-Cla.jpgBéryl rouge - cristal rosé-violet de 14 mm.sur matrice de rhyolite - Violet claims / Wah Wah mountains - photo géry Parent


Formation du béryl rouge :

Tandis que les béryls sont trouvés ordinairement dans les pegmatites et certaines roches métamorphiques, le béryl rouge ne se rencontre que dans les rhyolites porteuses de topazes. Lorsque la lave commence à se refroidir, des fissures de retrait se forment, qui créent une échappatoire pour des gaz à haute température riche en béryllium. Les eaux de surface oxydées commencent à s’immiscer dans les crevasses et se mélangent au gaz chargé de béryllium. Ces gaz réagissent avec l’eau de surface, la silice, le feldspath alcalin, et les oxydes de fer et manganèse de la lave pour former de délicats cristaux rouges de béryl, qui croissent à une température entre 650 et 300°C. Les minéraux associés sont le quartz, la topaze, la spessartine, la pseudobrookite , la bixbyite et l’hématite.

 

Wah-Wah-mts.--Summitpost.JPG                                   Les Wah Wah mountains - photo Summitpost


Dans le Thomas Range /Utah, les cristaux font entre 2 et 10 mm de long sur 4 à 6 d’épaisseur ; ils sont trouvés dans le rhyolite de Topaz mountain, émise il y a 6-7 Ma.

Dans les Wah Wah mountains, les cristaux allongés ont plus de 15 mm de long, le plus gros cristal mesurant 14 sur 34 mm. ; ils se retrouvent dans la rhyolite de la formation Blawn , émise il y a 18-20 millions d’années.

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Publié le par Bernard Duyck
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Au nord de l’Islande, sur la péninsule de Vatnsnes et plus précisément dans la baie de Húnaflói, se dresse près du rivage un étrange rocher appelé Hvítserkur.

 

Hvitserkur---hikenow.jpg                                Hvítserkur, à marée basse  - photo hikenow

 

Hvitserkur---Design-you-trust.jpg                                               Hvítserkur - photo Design you trust


Sa photogénie sous le ciel islandais changeant lui a valu d’être associé à une légende : ce rocher colossal, en forme de yak ou de tricératops, est en fait un troll géant qui a été paralysé et pétrifié par les rayons du soleil levant, au moment où il s’apprêtait à attaquer le monastère de Thingeyar.

 

Hvítserkur signifie " chemise blanche " en islandais, nom qui lui a été attribué en raison du guano qui tapisse ses parois, laissé par de nombreux oiseaux nicheurs à cet endroit, dont des sternes arctiques.

Si vous approchez du rocher à la période de nidification, souvenez-vous que ces oiseaux sont territoriaux et défendent leur nid par des attaques en piqué et des coups de becs ravageurs.

 

 

 

Il semble qu’ Hvítserkur soit un dyke haut d’une quinzaine de mètres déchaussé et creusé par l’érosion. La masse de basalte aurait sans doute disparue sans une consolidation de ses fondations il y a quelques années.

 

Hvitserkur---Augustin-Sanchez.jpg               Hvítserkur, entouré par les eaux du fjord - photo Augustin Sanchez

hvitserkur---Oddur-Jonsson.jpg                 Hvítserkur  ... pile ou face - photo Oddur Jonsson

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Publié le par Bernard Duyck
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Santo Antão, la deuxième plus grande île de l’archipel avec 779 km², est une terre de contrastes : elle alterne le minéral de ses sommets découpés et le vert de profondes vallées plongeant dans l’océan, elle alterne les climats, le sud est sec et aride tandis que le nord est vert et couvert de végétation subtropicale.

 

Santo-Antao---6---CHB.jpg                                                                      photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---2---CHB.jpg

                                                                         photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---11---CHB.jpg         Santo Antão - variété des paysages de l'île - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013


Santo-Antao---5---CHB.jpgSanto Antão - falaises et sables d'origine volcanique - érosion par l'océan - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013


Découverte le 17 janvier 1462, elle ne sera peuplée qu’en 1548… ce qui n’a pas empêché les Capverdiens de sculpter la montagne, d’y cultiver sur d’innombrables terrasses, au sol fait de lave noire et de pouzzolane plus claire, du café, de la canne à sucre, du maïs ou du manioc.

Ce climat favorable a aussi permis l’implantation de palmiers, de manguiers et caroubiers, de citronniers, papayers et orangers. L’eucalyptus y côtoie la lavande, le lotus et le dragonnier.

 

Santo-Antao---9---CHB.jpgSanto Antão - une dentelle de pierre côtoie des cultures en terrasse - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

 

Pour arpenter ces cultures qui dessinent une mosaïque sous des dentelles minérales, d'improbables escaliers et des chemins empierrés en colimaçon parcourent des parois vertigineuses.

 

Santo-Antao---4---Entre-Ponta-Do-Sol-et-Cruzinha-da-Garca-.jpg

                  photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---12---Vale-do-Paul-CHB.jpg

                                 photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---14---CHB.jpg

                                             photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

Santo-Antao---13---CHB.jpgSanto Antão - des chemins empierrés parcourent le flanc de hautes falaises  - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013


L’histoire volcanique de Santo Antão inclue des magmas de séries basanite-phonolite entre 7,5 Ma et 300.000 ans et des magmas de série nephelinite-phonolite entre 700.000 et 100.000 ans. Ces différences sont expliquées par la montée d’un panache mantellique non homogène. La variation inter-îles reflèterait une zonation latérale dans ce panache.

 

Santa antoa - relief - emeraldinsightRelief de Santo Antão

doc. emeraldinsight

 

A mettre en correspondance avec la carte géologique ci-dessous

 

Santa-Antao---carte-geol.-journ-of-petrology.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte géologique de  Santo Antão - Holm & al. / Journal of Petrology / réf. en sources.

 

 



Santo-Antao---3---CHB.jpgSanto Antão - dyke accessible par des chemins vertigineux dominant la mer - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

 

Sources :

- Journal of Petrology - Sampling the Cape Verde mantle plume : evolution of melt composition on Santo Antão, Cape Verde islands. - by P.M. Holm & al.

- Springer - the Cape Verde archipelago.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L'île de Fogo présente d'autres paysages volcaniques que ceux de la caldeira et du Pico do Fogo.

Sur la côte nord de l'île, la plage de sable noir de Ponta das Salinas est l'une des plus belles. Une succession de criques bordent des falaises de basalte sculptées par l'érosion marine et éolienne. Celle-ci a creusé un pont dans une coulée basaltique.

L'endroit est apprécié des pêcheurs qui y abritent leurs barques. Protégée des courants, Ponta das Salinas compte aussi une piscine naturelle où la baignade est sans danger.

Un cimetière est perché sur la falaise, surplombant les brisants.

 

F----3---CHB.jpgFogo - Ponta das Salinas, criques bordées de falaises de basalte - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.
F----5--CHB.jpg

                                                photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

F---CHB.jpg

 Fogo - Ponta das Salinas, une arche qui a donné son nom à l'endroit - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013. 

Fogo----2---CHB.jpg

           Fogo - falaise de basalte avec prismation -  photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.


Sao Vicente présente des dykes verticaux à prismation horizontale caractéristique.

Après solidification complète, la lave continue à se refroidir. Ceci entraîne une rétraction thermique, une diminution de volume et la genèse de fractures. Ces fractures débutent par les bords de la masse de lave pour progresser vers son cœur.

Les prismes formés se retrouvent perpendiculaires au sommet et à la base de la coulée, avec des possibilités d'hétérogénéité.

Dans les dykes par contre, la vitesse de refroidissement identique des deux côtés du filon rend la prismation plus homogène, avec formation de prismes continus qui traversent le dyke de part en part.

 

Sao-Vicente---1---CHB.jpg          Sao Vicente - dyke basaltique et sa prismation  - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.


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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Volcan, viticulture, vin … ces mots sont souvent associés !

Au Cap Vert, la viticulture se cantonne sur l’île de Fogo, dans la caldeira Chã das Caldeiras, au pied du Pico do Fogo.

 

vignoble-with-the-volcan---www.vinhamariachaves.eu.jpg            Fogo - Cha das Caldeiras - vignoble au pied du Pico do Fogo - photo Vinha Maria Chaves


Elle bénificie du sol volcanique riche et d’un micro-climat, maritime et d’altitude. Les journées sont chaudes et sèches la température variant entre 20 et 32°C, les nuits fraiches et humides. La vigne n’y subit pas de stress hydrique, la pluie est suffisante pour entretenir l’humidité dans le sol volcanique. Pas d’irrigation en dépit de la latitude, ni d’apport en engrais !

 

vignes---Fogo---1---CHB.jpg            Cap Vert - Fogo - Chã das Caldeiras - Vin et Volcan - photo Carole et Frédéric Hardy


C’est une viticulture jeune, qui n’a que 120 ans de tradition vinicole. Exportés au départ vers le Brésil et la Guinée-Bissau, de langue portugaise, les vins ont obtenu un label Chã par l'Associação dos Agricultores de Chã, avec l’aide de l’Union Européenne et sont commercialisés sous l’appellation Vinho de Fogo.

Les cépages employés sont le muscat blanc et le preta tradicional.

Les vins de Chã das Caldeiras titrent naturellement 14°. Ils se déclinent en rouge, blanc, rosé et passito (vin de paille).

Etiquettes dessinées par des artistes, circuit vinicole ... autant d'initiatives destinées à faire connaitre cette production très locale.

 

Fotos-David-Lima-Monteiro--Alternativa--15.Jan.2013.jpeg Des étiquettes d'artistes (Tchale Figueira, Leo Lopes et José Gomes) décorent la nouvelle production de  Chã  - photo David Lima Monteiro 2013

 

-Cha_das_Caldeiras-Vinho_do_Fogo_-1----Ji-Elle.jpg Fogo - Coopérative vinicole Agro-Coop de l'Associação dos Agricultores de Chã à Portela, dans la caldeira - photo Ji-Elle

 

Etant donné la proximité de l’équateur, le processus de vinification demande une attention particulière tant au niveau des conditions d’hygiène de la  cave que de celle de l’appareillage.

Foulage ou pressurage sont effectués rapidement pour éviter toute contamination microbienne. Le moût est ensuite mis à fermenter en fûts dans la cave, naturellement fraîche même pendant les jours les plus chauds. Puis, le vin est fermenté pour une deuxième fois pour éliminer les bactéries restantes et réduire son acidité. Après la seconde fermentation, le vin est filtré et mis en barrique.

Les vins blancs et rosés sont immédiatement filtrés après la première fermentation pour maintenir la fraîcheur et pour éviter la multiplication des bactéries.

Ils restent en barrique jusqu'à l'embouteillage.

 

Anecdote ou histoire vrai ?

La population de Cha das Caldeiras compte parmi les "moins noires" du Cap Vert ... certains ont même des cheveux blonds et des yeux bleus. Ce serait des descendants du Duc de Montrond, un français qui s'y est établi en 1872, pour échapper à un duel, et y a introduit les premiers vins et des plantes médicinales. Il a également participer au creusement de puits et à la construction de la route reliant Sao Felipe à la caldeira.

 

Quelques références :

- Câmara de Comércio, Indústria e Turismo Portugal Cabo Verde - link

- Fogo de Chão - link

- Vinha Maria Chaves - link

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Publié le par Bernard Duyck
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L’éruption fissurale de 1995 dans Cha das Caldeiras:

Après un essaim sismique, analysé ci-dessous,  l’activité initiale de type strombolien se localise dès le 2 avril sur une fissure sur le flanc sud-ouest du Pico do Fogo. Un cône de scories, appelé Pico Pequeno, s’y construit.

 

95---Fogo---7---CHB.jpg

Fogo - Cha das Caldeiras - d'avant en arrière : les coulées de lave, le cône de scories Pico Pequeno (1995) et le stratovolcan Pico do Fogo - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

95---Fogo---3---CHB.jpg             Fogo - Cha das Caldeiras - le Pico Pequeno -  photo © Carole et Frédéric Hardy 2013


Le 3 avril, la fissure s’est ouverte sur deux kilomètres, et l’éruption évolue vers le type hawaiien, avec des fontaines de lave montant à plus de 400 mètres de hauteur, qui alimentent une coulée de lave qui coupe la route vers le village de Portela.

 

Fogo-1995-copie.jpg

                L'éruption du volcan Fogo en 1995 - formation du Pico Pequeno - via Geowiki


Fogo-1995---H.Gaudru-SVG.jpgphoto d'Henry Gaudru / SVG / lors d'un mission des Nations-Unies au Cap-Vert pendant l'éruption du volcan Fogo en 1995 - via Geowiki

 

Cape_Verde_Pico_do_Fogo_caldeira_road---Cayambe.jpgFogo - Cha das Caldeiras - la route coupée par les coulées de 1995 a été réouverte - photo Cayambe

 

Magma-storage-and-ascent-of-historic-and-prehistor-copie-4.jpg a : Location and overview map of the Cape Verde Islands (inset) and map of the Fogo-Brava

platform with 500 m bathymetric contours and 200m topographic contours on Fogo. Dotted areas mark

seismically active regions in the channel between Fogo and Brava (seismic crisis 1994) and at Cadamosto

seamount (Heleno et al 1999; Grevemeyer et al. 2010). The rectangle shows the position of Fig. 1b.

b :Map of eruption centers and main fissures of the 1995 eruption showing the the syn-eruptive scoria cone of Pico Pequeno and sample localities with numbers (modified after Brum da Silveira et al. 1997). Grey shading: 1995 lava flows, dotted: scoria cones.  // in   Elliot Hildner / University of Bremen 


La fissure principale abrite sept évents actifs, et est constituée de fracture ENE-OSO radiale au Pico do Fogo et d’un segment orienté NNE-SSO au mont Beco (figure ci-dessus /b ).

Elle se soude progressivement par les coulées de laves aa, auxquelles s’additionnent des lobes de pahoehoe au cours des deux premiers jours d’éruption.

Le fountaining de type hawwaiien se poursuit au Pico Pequeno jusqu’au 17 avril, pour céder le pas à l’activité strombolienne jusqu’à la fin de l’éruption.

Le 23 avril, un nouvel évent s’ouvre à la base nord-ouest du Pequeno et éjecte des spatter et de la lave pahoehoe, qui recouvrent les laves aa précédemment émises.

L’activité décroit ensuite progressivement, avec des courtes phases explosives.


2003fog2.gif2005fog1.gif
 Eruption de 1995 - cartes de Joao Gaspar / GVP

 

à gauche, coulées du 03.04 au 11.04.95

à droite, coulées du 02.04 au 18.05.95


95---Fogo---8---CHB.jpg

 Fogo - Cha das Caldeiras - cratère du cône de scories Pico Pequeno - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013

95---Fogo---9---CHB.jpg Fogo - Cha das Caldeiras - bord du cratère du cône de scories Pico Pequeno et les coulées de lave en arrière-plan -  photo © Carole et Frédéric Hardy 2013
         

A la fin de l’éruption, le 26 mai, les coulées ont recouvert 6,3 km². Le volume de matériaux volcaniques émis est estimé à 54-68 Mm³. (Torres & al.1997) Plus de 13.000 personnes ont été évacuées et le village Boca de Fonte complètement détruit.

Le cratère du Pequeno, égueulé, est encombré de blocs et tapissé de scories de couleurs variées. A proximité du cône, on retrouve un échantillon de bombes diverses : en fuseau, en boules, en croûte de pain, et de rares bombes en tortue, avec une carapace bosselée et concave, au ventre plat et avec une excroissance semblable à un nez. (fiche LAVE)

 

Sismicité pré- et syn-éruptive (voir schéma ci-dessus a/)

En janvier-février 1994, une petite crise sismique est localisée sous le chenal entre Fogo et Brava, puis sous et à l’ouest de Brava. Elle est interprétée comme reflétant des mouvements de magma. Sur Fogo, un essaim de microséismes marque le SO de l’île et du trémor est observé dans Cha das Caldeiras.

A partir du 25 mars 1995, de faibles séismes sont perçus par intermittence par les résidents de la caldeira ; ils deviennent plus fréquents le 2 avril, et une forte secousse marque l’ouverture de la fissure éruptive. Un trémor volcanique modéré à fort est perçu durant l’éruption dans la caldeira, avec des épisodes d’augmentation d’amplitude marquants, le 18 et 19.04, le passage de l'activité hawaiienne dominante vers le type strombolien.

Juste après la fin de l’éruption, un essaim sismique marque l’interaction entre les fluides phréatiques et le magma qui se retire.

 

Cape-Verde-Fogo-geo-series-1-8.jpg           Cha das Caldeiras - laves de 1995 - photo Sylvie De Weze / EllysEyeland Geo series

 

Analyse du système de plomberie de l’éruption 1995 :

Les produits éruptifs ont été minéralogiquement et chimiquement zonés, avec des phonotéphrites émises en début d’éruption, cogénétiques des basanites émises ensuite ; cette succession est interprétée comme une évolution dans une petite poche, ayant une connection limitée avec la chambre magmatique principale. En montant, le magma a stationné brièvement dans la croûte inférieure.

 

fogo_interferogram.jpg                          Interférogramme entre 06.1993 et 11.1995 - Amelung & Day


Sur base d’interférogrammes fournis par les satellites (1993-1998 ERS SAR), les scientifiques estiment que la déformation du sol au cours de l’éruption de 1995 résulte d’un dyke nourricier, plutôt que de la présence d’une chambre magmatique superficielle, et suggèrent que la magma provient d’un réservoir situé à plus de 16,5 km. de profondeur (Amelung & Day).

L’ascension du magma s’est produite en 1995 par le système de plomberie du Fogo, sans interaction avec le système du Brava proche, ni lien de cause à effet avec la crise sismique concomitante autour de Brava en 1994.

fogo_structural_model.jpgLe dyke nourricier était plan, axé NO, et plongeant au moins à 4 km. de profondeur. La crise sismique entre les deux îles en 94 a été vraisemblablement causée par la propagation d’un ou deux dykes qui n’ont pas atteint la surface.

 

Magma-storage-and-ascent-of-historic-and-prehistor-copie-5.jpg

 

Schematic model of the magma plumbing system of the 1995 Fogo eruption (thicknesses of

crustal layers after Pim et al. (2008)). Fractional crystallization prior to eruption took place between 16

and 24 km depth in the uppermost lithospheric mantle. Early erupted phonotephrites are cogenetic with

the subsequently erupted basanites and are interpreted to have evolved in a small pocket with limited

connection to the main magma chamber. The ascending magma stalled briefly in the lower crust. Dotted

areas mark the positions of hypocenters during the small seismic crisis of 1994 (Heleno da Silva et al.

1997; Heleno and Fonseca 1999), which may have been caused by propagating dikes preceding the 1995

eruption (dikes A and B) and/or by dikes related to a plumbing system beneath Brava (C).

Magma ascent of the 1995 eruption occurred along the established magma plumbing system of Fogo without interaction with the plumbing system near Brava. A seismic crisis in the channel between Brava and Fogo does not necessarily herald a new eruption on Fogo. // in   Elliot Hildner / University of Bremen 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fogo

- Magma storage and ascent of historic and prehistoric eruptions of Fogo,
Cape Verde Islands: A barometric, petrologic and geochemical approach - by
Elliot Hildner / University of Bremen 

- GRL - InSAR observations of the 1995 Fogo eruption - Implications for the effects of collapse events upon island volcanoes - by F.Amelung & S.Day.

- LAVE - fiche Pico do Fogo - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’éruption de 1951, précédée d’un fort séisme, débute sur une fissure au sud du Pico do Fogo, le 12 juin, où elle bâtit les cônes de scories appelés Monte Orlando et Monte Rendall.

Suite à la propagation du dyke nourricier vers le nord-ouest, d’autres évents fissuraux s’ouvrent cette fois de l’autre côté du Pico, et finalement au cône Monte Preto de Cima.


 

Magma-storage-and-ascent-of-historic-and-prehistor-copie-2.jpgFogo - emplacement des coulées et cônes de scories de l'éruption de 1951 - d'après Brum da Silveira et al. (1997) and Torres et al. (1997) / in Hildner réf. en sources.


L’éruption, de type strombolien à hawaiien, va se poursuivre jusqu’au 21 août ; elle va nourrir de volumineuses coulées de lave, qui vont détruire les cultures dans Cha das Caldeiras. Les coulées émises sur le flanc sud descendent vers la côte, pour ne s’arrêter qu’à 100 mètres de la plage, et détruisent le village de Cova Martinho. Le volume de lave émis est de 11 millions de m³.

 

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                     Fogo - côté nord du Pico et laves de 1951 - photo © Carole et Frédéric Hardy


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            Fogo - côté nord du Pico - cône de scories de 1951 - photo © Carole et Frédéric Hardy


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                          Fogo - Cha das Caldeiras - hornito - photo © Carole et Frédéric Hardy


Le géographe portugais Orlando Ribeiro va assister à cette éruption et y consacré une étude : A Ilha de Fogo e as Suas Erupções. En hommage, on nomme Monte Orlando, l’un des cône de scorie formé lors de cette éruption.

 

51.07.09-Mt-Orlando---CEG.jpgFogo - le 9 juillet 1951 / 4° semaine de l'éruption -  le Monte Orlando fume - en arrière -plan, le Pico do Fogo - © CEG / site d'Orlando Ribeiro.

 

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Fogo - laves de l'éruption 1951 - "pressure ridge" sur un tunnel de lave - photo © Carole et Frédéric Hardy


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                            Fogo - laves de l'éruption 1951 - photo © Carole et Frédéric Hardy


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                   Fogo - laves de 1951 - photo © Carole et Frédéric Hardy


Les roches correspondant à cette éruption vont des basanites aux téphrites, avec un pourcentage en MgO variant de 5,0 à 8,2 wt%. Les concentrations faibles en MgO, Ni et Cr indiquent que ces roches ne représentent pas un magma primitif. On constate aussi une abondance de mégacristaux de xénolithe d’amphibole particulièrement en fin d’éruption.

L’éruption de 1951 est caractérisée par une cristallisation fractionnée à 17-22 km. dans le manteau supérieur avant que ne prenne place le phénomène éruptif  et une courte stagnation du magma au cours de son ascension, à 9-13 km dans la croûte.

Le modèle de plomberie se complète par un grand corps intrusif dans la croûte.

 

Magma-storage-and-ascent-of-historic-and-prehistor-copie-3.jpg             Fogo - système de plomberie en 1951 - d'après Pim & al. / in Hildner réf. en sources. 


 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fogo

- Magma storage and ascent of historic and prehistoric eruptions of Fogo,
Cape Verde Islands: A barometric, petrologic and geochemical approach - by
Elliot Hildner / University of Bremen 

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