Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’ascension du Pico do Fogo s’impose d’elle-même : 1.000 mètres de dénivelé environ, à monter dans les scories, les lapilli, et quelques pyroclastites soudées provenant d’éruption phréatique pour atteindre le cratère sommital d’un diamètre de 500 mètres pour une profondeur de 150 mètres.


Fogo---5--CHB.jpg

              Fogo - le cône presque parfait du Pico do Fogo -    photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.


Fogo---15---CHB.jpg

                        Pico do Fogo - le cratère sommital -  photos © Carole et Frédéric Hardy 2013.

Fogo---18---CHB.jpg

                                                                                               photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

Fogo---19---CHB.jpgPico do Fogo - activité fumerollienne et dépôts soufrés intracratérique - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.


L’activité sismique sur le plateau commun à Brava et Fogo, et la découverte de cônes immergés entre Cadamosto et Brava, et entre Fogo et Brava, laissent supposer l’existence de deux système de plomberie, l’un alimentant en magma Fogo et les cônes entre Brava et Fogo, l’autre alimentant le seamount Cadamosto.

 

L’activité du Pico do Fogo a été répertoriée depuis l’installation des Européens vers l’an 1500, avec des imprécisions pour les 300 premières années … Environ 30 éruptions historiques sont reconnues et détaillées dans l’ouvrage d’Orlando Ribeiro (1960).

 

2003fog1.gif             Fogo - emplacement des différentes coulées de lave historiques avec date - doc. GVP


Jusqu’en 1785, l’activité volcanique est localisée en grande partie au sommet du Pico, avec des périodes de repos entre 1500 et 1564, puis de 1604 à 1662.


 L’éruption de 1785 (24.01-25.02) est la seule éruption historique mettant en cause simultanément des évents situés à l’intérieur et à l’extérieur de la cicatrice d’effondrement, et la dernière à marquer le sommet d’explosions phréatiques. Les cendres vont saupoudrer l’archipel jusqu’à Maio, distante de 140 km., qui va recevoir plus de 20 cm. de cendres. Les coulées de lave externes à la caldeira vont atteindre l’océan Atlantique après un parcours de plusieurs kilomètres. De nombreuses terres agricoles seront détruites par cette éruption.


17----fogo---2---CHB.jpg                                             Fogo - photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

 

 

Après 1785, l’activité se localise préférentiellement sur une fissure N-S sur le flanc du Pico do Fogo. Quelques faits marquants :

En juin 1799, une fissure s’ouvre dans le nord de la caldeira entre les deux évents actifs en 1785. L’activité explosive va édifié un petit cône sur la fissure et les coulées de lave va dévaler le flanc est de la caldeira pour pénétrer dans l’océan, en ensevelissant au passage des cultures. (02.06 – 28.06.1799)


L’éruption du 9 avril au 2 mai 1847 est localisée sur une fissure excentrique au nord du cône du Pico, et marquée par des explosions stromboliennes et une coulée de lave. Des victimes sont dénombrées, suite à l’activité sismique pré-éruptive.

 

Entre le 27 juin et le 15 décembre 1857, un évent excentrique localisé dans la partie sud de la zone de fissuration est le siège d’activité strombolienne qui va édifier un cône de scories et produire deux coulées qui n’atteindront pas la côte.

 

Les deux dernières éruptions seront examinées séparément.

 

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fogo

- Magma storage and ascent of historic and prehistoric eruptions of Fogo,
Cape Verde Islands: A barometric, petrologic and geochemical approach - by
Elliot Hildner / University of Bremen 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Retour dans l’archipel du Cap Vert avec les photos récentes de Carole et Frédéric Hardy, qui ont effectués un trek sur l’île de Fogo au sud de l’archipel, et au nord, sur les îles  de Sao Vicente et Santa Antao.

 

Une vidéo en guise d'introduction :

 

 

 

Les îles du Cap Vert représentent le sommet du bombement Capverdien, une région d’environ 1.000 km de diamètre s’élevant à plusieurs milliers de mètres au-dessus de plancher océanique.

Ce bombement est associé au panache mantellique Capverdien et proche du point de rotation de la plaque africaine. La tomographie sismique a révélé une anomalie ressemblant à un panache mantellique sous ce bombement atteignant 1900 km de profondeur (Montelli & al. 2004).

 

Les îles s’organisent en un fer-à-cheval ouvert vers l’ouest. Elles montrent une progression de leur âge de l’est vers l’ouest, autant sur la chaîne d’îles nord que sur celle du sud. L’activité volcanique a débuté au début du Miocène vers 24-22 Ma ; le magmatisme implique des mélanges sous-saturés en silice, alcalins, de composition allant de la basanite à la téphrite, et présence de phonolites et carbonatites sur certaines îles.

 

Cap-Vert-Archipel---Sat-Envisat-copie.jpg                 L'archipel du Cap Vert - doc. photographique Envisat annoté / B.Duyck

 

The-role-of-mass-movements-on-the-geomorphologic-evolution-.jpg                   Archipel du Cap Vert et indication de lâge des volcans-boucliers pour chaque île 

Ages compiled from MITCHELL et al. (1983); GERLACH et al. (1988); TORRES (1998); JORGENSEN & HOLM (2002); TORRES et al. (2002) PLESNER et al. (2002); MADEIRA et al. (2005); HOLM et al. (2006; 2008); DUPRAT et al. (2007).

 

L'île de Fogo est la seule de l’archipel présentant un volcanisme actif au cours des temps historiques. L’île de Fogo partage un tablier volcanique commun avec l’île de Brava au sud-ouest. 

 

Magma-storage-and-ascent-of-historic-and-prehistoric-erupti.jpg 

Modèle 3D de la plate-forme Brava-Fogo - à l'est de Fogo, les traces de l'avalanche de débris du Monte Amarelo - entre les deux îles, un groupe de cônes volcaniques immergés - Modified after Masson et al.
(2008)

 

fogo_ali_2009161_lrg.jpgL'île de Fogo et sa caldeira excentrée, abritant le stratovolcan Pico do Fogo - photo satellite Nasa EO-1 ALI  2009

 

Fogo---NASA-Earth-Observatory.-Image-created-by-Jesse-Allen.jpgFogo - Cha das Caldera, occupée par des coulées de lave et le Pico do Fogo, est habité comme en témoignent les deux villages et la route, visibles du satellite -  photo satellite Nasa EO-1 ALI  2009

 

Fogo---1--CHB.jpg              Fogo - le stratovolcan Pico do Fogo -  photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

 

 D’un diamètre de 25 km, elle culmine au stratovolcan Pico do Fogo à 2.829 m. au-dessus du niveau de la mer (soit 6.000 mètres au-dessus du plancher océanique) : Ce " volcan dans un volcan " est inclus dans une caldeira, large de 9 km., dont ne subsiste que la muraille ouest, La Bordeira, haute de plus de 1.000 mètres. Cette caldeira se décline en deux grandes entités, la plaine Cha das Caldeiras et le jeune stratovolcan Pico do Fogo. Bordée au nord et au sud de cicatrices d’effondrement, la caldeira s’ouvre largement vers l’est suite à deux glissements de terrain colossaux, cumulant 150 à 200 km³.

 

Fogo---11---CHB.jpgFogo - une partie de la Bordeira, avec les villages de Portela et Bangaeira dans la plaine Cha das Caldeiras, vus du Pico do Fogo- photo © Carole et Frédéric Hardy 2013.

 

fogo--Aster-red-jpg1.jpgA droite, image ASTER de FOGO - à gauche, maquette du Piton de La Fournaise / La Réunion.

 

Cette configuration se retrouve sur d'autres îles de point chaud, et plus particulièrement au Piton de La Fournaise, à La Réunion.

 

L’histoire géologique de Fogo peut se diviser en quatre grandes phases :

1. Le volcan sous-marin composé de carbonatites et basaltes alcalins est daté de ~4.5 Ma.

2. Le groupe de laves le plus âgé, le groupe Monte Barro, qui recouvre les carbonatites manque de datation précise.

3. Le groupe Monte Amarelo, du quaternaire, est constitué de 2 à 3 km d’épaisseur de laves hautement alcalines et cônes de scories. Son activité se termine avec l’effondrement latéral géant, il y a plus de 10.000 ans. Le volcan Monte Amarelo est suspecté d’avoir possédé une chambre magmatique durable située dans la croûte superficielle, qui a disparue suite à cet effondrement gigantesque, et n’aurait pas eu le temps (à l’échelle géologique) de se reformer depuis.

 

The-role-of-mass-movements-on-the-geomorphologic-e-copie-1.jpgFogo - contours de Cha das Caldeiras, du Pico do Fogo, des dépôts d'avalanche de débris / groupe Monte Amarelo - carte MASSON et al. (2008).


4. Le groupe Cha das Caldeiras est âgé de 62.000 ans à aujourd’hui ; il se caractérise par des roches volcaniques alcalines formant une couche de 2 km. d’épaisseur qui remplit la cicatrice d’effondrement, et par le Pico do Fogo.


Le Pico do Fogo a été surveillé de visu depuis les années 1500.

De 1500 à 1769, son activité éruptive se concentre au niveau du sommet du stratovolcan, rythmée par des périodes d’éruptions fréquentes et prolongées , entrecoupées de calme sur plusieurs décades. La dernière éruption sommitale est datée de 1785.

 

Pico-de-Fogo-cratere-red.--Kogo-W-jpg                       Pico do Fogo - panorama sur le cratère sommital - photo Kogo W


Au cours du 18° siècle, le siège d’activité se déplace vers les flancs, au niveau d’une fissure orientée N-S ; ce changement est interprété comme une reconfiguration structurelle du système volcanique, liée à une instabilité renouvelée du flanc Est (Day & al. 1999)

Les deux éruptions les plus récentes, datées respectivement de 1951 et 1995 sont bien documentées et ont permis une étude des dynamismes récents animants le système de plomberie sous Fogo.

 

A suivre ...

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Fogo

- Magma storage and ascent of historic and prehistoric eruptions of Fogo,
Cape Verde Islands: A barometric, petrologic and geochemical approach - by
Elliot Hildner / University of Bremen

- The role of mass movements on the geomorphologic evolution of island volcanoes: examples from Fogo and Brava in the Cape Verde archipelago - by J. Madeira & al.

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

On ne peut clore le chapitre des geysers africains sans parler des geysers d’Analavory, situés près du lac Itasy sur l’île-continent de Madagascar.


Contrairement aux geysers du rift africains, ils n’ont pas de lien direct avec la géothermie et sont qualifiés de geyser d’eau froide.

 

Analavory-geysers.-Ampefy-Itasy-Madagascar---Sangitiana-fli.jpg                Madagascar, un des geysers d'Analavory - photo Sangitiana / Flickr

 

Leur éruption est alimentée par les bulles de dioxyde de carbone, au lieu de l’être par la vapeur.

A Analavory, l’eau excédentaire des mines d’aragonite proches était éliminée par des conduites en métal. Les eaux chaudes et riches en acide carbonique ont aisément dissous de grandes quantités d’argile et le fer des pipelines. Ces eaux chargées sont ressorties sur la rive de la rivière Mazy. La décompression des bulles de CO2 a fait sortir l’eau comme le champagne d’une bouteille.

 

Analavory - voyage forum         Madagascar - travertins colorés et ruisselants du site d'Analavory - photo Voyage-Forum

 

Analavory---madagascar-evasion.jpg

                 Madagascar - travertins colorés du site d'Analavory - photo Madagascar évasion

 

En refroidissant, le limon et le fer ont précipité, formant des bouches de travertins, où l’aragonite s'est colorée en jaune orangé et rouille par les métaux du pipeline et les thermophiles qui s’y sont développé. Les bouches de ce geyser artificiel ont grandi avec le temps jusqu’à atteindre plus de quatre mètres de hauteur.

 

Analavory---Ecololo-photoree.jpg                 Madagascar - Analavory : la bouche d'un geyser -  photo Ecololo / Photoree


Quatre geysers sont mentionnés sur ce site, qui pulsent leur eau carbonatée à 20-30 cm de hauteur. Lorsque l’argile bloque un moment la conduite, l’eau est poussée, à la rupture de ce barrage, à plus de trois mètres, dimensions modestes par rapport aux mentions du passé qui renseignent une hauteur de 20 à 25 mètres.


Situé tout près de la colline d’Ambohitriririnina où régnait le roi Andriampohy, le site d’Analavory revêt une histoire assez singulière qui a imposé un " fady ", un tabou très bien respecté dans la région.

Dans ce cadre particulièrement spectaculaire de ces gisements d’eau aux vertus thérapeutiques, haricot et viande de chèvre sont catégoriquement proscrits. Ceci parce que le roi, avant de mourir, a eu des haricots et de la viande de chèvre au repas. En rendant son âme, le souverain a donc interdit à tous ses descendants de manger ce qu’il pense avoir entrainé sa mort, sur le site des geysers.

Avant de devenir touristique, cet endroit était utilisé par les malgaches qui venaient y effectuer un rite ancestral, le " Fanasinana ", dans l’espoir d’avoir des enfants, de recouvrer la santé après une quelconque maladie, ou d’obtenir une solution à leurs problèmes quotidiens.

En ce temps-là, les " mpimasy ", les guérisseurs traditionnels, étaient seuls maîtres des lieux.

Deux piscines chargées de limon sont toujours fréquentées pour les vertus de l’eau qui y coule.

 

Analavory-geysers----Quettu.jpg              Madagascar - Analavory : un des geyser et les piscines - photo Quettu


Le massif de l’Itasy a été sculpté au Quaternaire par de fortes poussées Vulkanismus3magmatiques, et est un des massifs volcaniques les plus récents de Madagascar.

Le champ volcanique de l’Itasy contient diverses structures : des dômes de lave (en noir sur la carte), des cônes de scories et des maars.

Le lac Itasy, 45 km², doit son origine à une coulée de lave qui a barré la vallée, créant un barrage naturel aux eaux de la Lily et de la Mazy. La dernière éruption s'y est produite il y a seulement 8.000 ans.

 

Madagascar - localisation du volcanisme au Crétacé (en bleu) et au Cénozoïque (en rouge) - le massif de l'Itasy dans un cercle au centre - Doc. Vulkanismus / Besarie 1964.

Ngilofotsy-1432---Betahezana-1489---Andranonatoa-1612--.jpg                        Madagascar - massif de l'Itasy, quelques dômes volcaniques :

de gauche à droite, le dôme Ngilofotsy 1432 m – le dôme Betahezana 1489 m – le dôme trachytique Andranonatoa 1612 m  et  le dôme Ambohitsitiaolona. - photo MadaTana.com

 

Sources:

- Wondermondo - geysers of africa - link

- Mada Tana - divers dossiers - link

- Global Volcanism Program - Ankaratra field

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Toujours dans le rift est-africain, mais cette fois en Ouganda, sur la branche ouest du rift dans le graben Albertine, les sources chaudes de Buranga forme une zone d’activité géothermale, alignée parallèlement à la principale faille du rift.

 

Buranga3.jpg              Ouganda -  Source chaude et marécage de Burunga - photo sarahemcc / flickr

 

Burunga-geothermal-field.jpg                              Situation des sources Buranga - détail dans l'encart

 

Map_of_Great_Rift_Valley.svg-Kimdime69.png                       Les deux branche du grand rift est-africain et les lacs qui le parsèment


Les sources Buranga sont localisées près des monts Ruwenzori, à la base de l’escarpement Bwamba. Ce coin reculé de l’Ouganda est couvert par la seule forêt tropicale de basse altitude de l’est africain. La zone forme un écosystème propre dans cette forêt, riche en oiseaux, attirés par les marécages entourant les sources, et en mammifères, profitant du sel venant des profondeurs. Des microorganismes endémiques ont été trouvés dans les sources, deux souches préalablement inconnues de bactéries thermophiles Geobacillus.


Trente sept sources sont réparties en trois groupes séparés de 700 mètres :

La source de Nyansimbe, connue comme male pool, a développé un cône de carbonate, entouré d’une piscine claire d’eau chaude à 86°C, d’un diamètre de 30 m , profonde de plus de 5 m. Son débit de 15litres/seconde a formé un marécage, qui rend la source accessible seulement en saison sèche.

 

Nyasimbe springs - wordpressOuganda - Male hot springs  à Nyansimbe - photo Wordpress / Creative thinker- scientific mind - free spirit.

 

Les sources Mumbuga, connues comme female pools, forment un groupe de sources de 60 mètres sur 40, accessible seulement en saison sèche. L’une d’elle a construit un cône de travertin haut de 1,5 mètres, et des terrasses. Une fontaine de 50 cm de haut surmonte un bassin fumant, où la température atteint 98,4°C. Le débit est de 6,5 litre/seconde.

 

Buranga2---Mumbuga-erupting-spring.---Flickr.jpgBuranga----Mumbuga-erupting-spring--Sempaya-Hot-Springs-jpg                Ouganda - Mumbuga hot springs - source Sempaya - photos sarahemcc / Flickr


Plus au sud, les sources Kagoro occupent une zone de 50 mètres sur 15, enclavée dans la forêt. Les sources ont édifié des cônes de travertin, certains recouvert de dépôts soufrés, uniques dans le groupe Buranga. La température des eaux est comprise entre 60 et 91°C.


Les sources Buranga sont soumises à des changements liés aux séismes associés à la zone de faille qui les abrite. A chaque secousse, certaines sources apparaissent, d’autres disparaissent.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa

- Preliminary environmental impact assessment for the development of the Buranga geothermal prospect, Uganda - by C.Nyakecho

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La vallée du rift Kényane abrite e.a. les lacs Baringo et Bogoria, bordés de geysers.


Le lac Baringo, situé au sud-ouest du volcan Korosi, abrite le volcan Ol Kokwe, qui forme une île centrale dans ce lac aux eaux fraîches malgré une absence de sortie, une faible profondeur et une évaporation forte.

Ol Kokwe est formée d’un jeune cône de scories basaltiques chapeautant un bouclier trachytique. C’est le plus petit volcan du nord de la rift valley au Kénya. Sa dernière activité s’est passée au cours du dernier millénaire (Smith 1991).

 

Ol kokwe lac Baringo - Flickr - Aftab Uzzaman

  Le lac Baringo et son île volcanique centrale, Ol Kokwe - photo Aftab Uzzaman / Flickr


Des sources chaudes, des mares de boue bouillonnantes et des fumerolles sont présentes le long de failles au nord-est de la péninsule de l’île. La température des eaux de surface est de 81-96°C, mais elle atteint en profondeur 180°C. Au début des années 1900, des geysers entraient régulièrement en éruption … ils ne sont plus observés au cours des dernières décades.

 

ol-Kokhwe-springs---Rainbirder--safaritalk.ne.jpg             Sources chaudes d'Ol Kokwe / Lac Baringo - Kenya - photo Rainbirder / safaritalk.ne

 

Le lac alcalin (pH 10,5) et salé Bogoria est le meilleur endroit pour observer des geysers en Afrique. Quelques deux cent sources chaudes de température comprise entre 39 et 98,5°C bordent le lac, regroupées en grandes entités :

- le groupe Chemerku en compte 40, y inclus 4 geysers

-  les sources Koibobei au SE possèdent trois geysers

– les sources Losaramat à l’E regroupent 17 sources chaudes, et 3 geysers. – les sources Loburu se composent de 60 sources chaudes et 6 geysers.

 

Bogoria-springs---Silimanit-Panoramio.jpg                                Bogoria hot springs - photo silimanit / Panoramio


Les sources chaudes ont un taux élevé de dioxyde de carbone, raison supplémentaire à un bouillonnement vigoureux de celles-ci. Tous ces geysers sont situés très bas, au niveau du lac ou en dessous. Lorsque le niveau du lac change, certains geysers sont inondés et stoppent leur activité, certains autres entrent en explosion.

 

BogoriaGeyser3---Frederic-Salein-Flickr.jpg

                  Lac Bogoria - sources chaudes et fumerolles  - photo Frédéric Salein / Flickr


BogoriaGeyser5 - Valentina Storti

  Lac Bogoria - source chaude et geyser en bordure des eaux du lac  - au loin, le bord du rift Kényan - Photo Valentina Storti

 

BogoriaGeyser4

             Lac Bogoria - geyser et terrasses siliceuses - photo Frédéric Salein / Flickr


Les Loburu hot springs forment le plus important champ géothermal du lac Bogoria. Les sources chaudes forment deux groupes, au nord et au sud d’un petit delta formé par la rivière Loburu sur la côte ouest du lac. Par places, on observe de fines couches de dépôts siliceux, signe d’une activité des geysers dans un passé proche.

 

BogoriaGeyser---aiace-Flickr.jpg                        Loburu geyser en éruption - photo aiace / Flickr / Wondermondo


La hauteur et l’intervalle entre les éruptions des geysers diffèrent : deux exemples. Le groupe KL19 comprend 5 geysers seulement éloignés de quelques mètres. L’un d’entre eux entrait en éruption à 3,5 m de hauteur toutes les 5-8 minutes en 1995 … il est devenu moins puissant par après. Trente mètres plus au nord, le geyser KL30 était actif à intervalle de 45 minutes, montant à 5 m. en août 2006 ; en 2007, une bau-isse de niveau des eaux du lac a supprimé toute activité.

 

Bogoria---httpgeoparkskenya.blogspot.be.jpgLac Bogoria - les zone de geysers sont fréquentées par des flamants qui viennent s'y rincer le plumage et boire - Bogoria - httpgeoparkskenya.blogspot.be


Sans sortie, le niveau du lac Bogoria est régulé par la chaleur et les pluies. Ses eaux chaudes et alcalines forment un milieu favorable à divers microorganismes, dont la cyanobactérie Arthrospira fusiformis, qui servent d’aliments aux flamants nains . Le lac Bogoria abrite la plus haute densité de Phoeniconaias minor au monde, et près de la moitié des effectifs de la planète, soit entre 500.000 et 2 millions d’individus.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa - link

- Global Volcanism Program - Ol Kokwe

- Global Volcanism Program - Korosi

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Au nord du Kenya, le lac Turkana, aussi appelé " la mer de Jade ", abrite de nombreux paysage volcaniques. D’abord dénommé lac Rudolf, en l’honneur du Prince héritier d’Autriche, à sa découverte en 1888 par des Européens, il fut rebaptisé Turkana après l’indépendance du Kenya en 1975, en l’honneur de la plus nombreuse des tribus vivant sur ses berges.

 

-Lake turkana satellite" La mer de Jade" - le lac Turkana empiète au nord sur l'Ethiopie (la frontière est en fine surimpression)

image satellite via Wikipedia / Roke.

 

Nabuyatom-volcanoe--Lac-Turkana---veselok.ru.jpg Le volcan Nabuyatom et les coulées du volcan Teleki / The barrier volc. compl. / au sud du lac Turkana / Von Hohnel bay - photo veselok.ru

 

Le lac Turkana fut à son niveau maximum voici 9.000 ans ; son point le plus bas fut atteint il y a 4.000 ans, lorsqu’il perdit sa source majeure et se sépara en deux entités. Il a retrouvé aujourd’hui un niveau intermédiaire, approvisionné à 80% par la rivière Omo qui débouche au nord, et la rivière Turkwel à l’est.


North island est formé d’une collection de cônes de tuff , daté de 3,25 Ma, qui dépassent de 220 m. le niveau du lac. En son centre, un jeune tuff ring est rempli de lave trachytique brun foncé, qui a débordé sur son flanc ouest.North_Island.jpg Une ligne de faille traverse l’île du NE au SO., le long de laquelle se concentre l’activité géothermale. Des sources chaudes, des fumerolles et solfatares sont observés dans la partie sud de North island, longue de 2 km. En 2004, un geyser y est décrit … sans rapport d’activité depuis lors.     photo Oregonstate Univ. / Kenya information Services.


Plus au sud du Kenya, la vallée de rivière Suguta est séparée du lac Turkana par le Barrier volcanic complex, principalement trachytique, large de 15 km et composé de quatre volcans-boucliers se chevauchant, d’ouest en est, le Kalolenyang, le Kakorinya, le Likaiu Ouest et le Likaiu Est.

 

The-barrier-volcanic-complex---GVP.jpg          Le complexe volcanique The Barrier, entre le lac Turkana et la vallée Suguta - photo GVP


suguta-valley-et-Logipi-lake--2011.01.10---EO1-Ali.jpg

La vallée sèche Suguta et le lac Logipi - les cinder cones SANC et NAMC font partie du groupe The Barrier - la fine ligne blanche marque l'extension maximale du paléo-lac Suguta - photo Nasa EO-1 Ali 10.01.2011

 

Suguta-valley---Flickr-skyscrapercity.jpg

Suguta valley - structure volcanique aux eaux colorées par des algues - photo Skyscrapercity / Y.Garcin

 

Il y a quelques milliers d’années cette vallée était remplie par un paléo-lac … depuis elle s’est asséchée et est parcourue par la rivière saisonnière Suguta, qui forme le lac temporaire Alablad, un lac sec qui se combine au nord de la vallée avec le lac Logipi.

La rivière Suguta passe un endroit appelé The Gap, flanqué de deux volcans. Elle est alimentée par des sources chaudes coulant des deux côtés de la vallée. L’une d’elle, le geyser Logipi, fut actif jusque dans les années 30 ; il atteignait 1,2 m de hauteur. Une expédition dans cette contrée reculée ne trouva, en 1990, que des sources bouillonnantes.

 

Lake_Logipi--Francois-Olivier-Dommergues.jpg          Le lac Logipi bordé de coulées de lave - photo François-Olivier Dommergues / Flickr FO travel

 

Volcanic-outcropping-set-in-dried-up-lake-with-flying-flami.jpg 

             Affleurement volcanique avec le lac Logipi à l'avant-plan  - photo wildencounters.net


La vallée Suguta abrite le volcan-bouclier Namarunu, principalement trachytique. Il est coiffé de cônes parasites et de coulées datant du Pléistocène supérieur et de l’Holocène, où une activité explosive et effusive basaltique pris place le long de l’axe du Rift africain, caractérisée par des cônes de scories, des coulées, des cônes et anneaux de tuff  sublacustres et des pillow lavas. Un cône de scorie formant le sommet du Namarunu a émis des basaltes à olivine fluides. L’éruption la plus récente est datée d’il y a 3.000 ans, après l’assèchement du lac Suguta.

 

Peu de photos de geysers de cette contrée, compensé par celles de  volcans associés ... demain le Kenya deuxième partie.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa - link

- Global Volcanism Program - North island
- Global Volcanism Program - The Barrier
- Global Volcanism Program - Namarunu

- Science direct - Late pleistocene-Holocene rise a,d collapse of Lake Suguta, northern Kenya rift - by Yannick Garcin & al.

- Potsdam Univ. - Suguta valley project - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dallol, bien que repris sur la liste des volcans actifs du G.V.P., n’est pas à proprement parlé un volcan ; Le Global Volcanism Program le classe sous la dénomination de " cratères d’explosion phréatique " .

 

ethiopie-2007-323-copie.jpg                                Dallol à la nuit tombante - photo © Bernard Duyck 2007


Dallol est situé dans la dépression Danakil, au NNE de la chaine volcanique du Erta Ale, à une altitude moyenne de 119 m. sous le niveau marin.

Cette zone désolée est aujourd’hui un désert sec, mais au Miocène, elle a été régulièrement inondée par la mer, formant un golfe profond. Lorsque celui-ci fut séparé de l’océan, il s’assécha en laissant d’épais dépôts salins. Les couches de sel furent intrudée par le magma … et la rencontre des eaux souterraines avec des roches hyper chauffées provoqua des explosions phréatiques, qui laissèrent de nombreux cratères.

 

Aster-060120_168-copie.jpgLe site de Dallol au centre - à sa droite, Horseshoe mts et Flat mt. - au sud, le lac de sel Karoum - photo satellite ASTER / Nasa


Le plus récent d’entre eux, Dallol, fut formé au cours d’une éruption en 1926, à 1,5 km. au sud-ouest du cratère principal. Dallol est le seul  "volcan" à être situé sous le niveau de la mer sans être sous l’eau : son altitude est de 48 mètres sous le niveau marin.

 

ethiopie-2007-483-copie.jpg              Dallol - vasques d'acides ourlées de sel et de soufre - photo © Bernard Duyck 2007

ethiopie-JM-163-copie.jpg

                                      Dallol - " le lac noir " -  photo © Bernard Duyck 2007

ethiopie-2007-449-copie.jpg Dallol - des gourds oxydés, où se côtoient les couleurs de soufre, du sel et des sels de fer -  photo © Bernard Duyck 2007


De nombreuses sources chaudes et acides, aux teintes sombres ou vert jade, ourlées de margelles de sel, blanc pur ou teintées, voisinent avec des geysers transparents et jaunes depuis peu (coloration due aux oxydes de fer), ou encore un lac aux eaux noires et des gourds salins blanc, teintés de jaune ou de rouille … cette extraordinaire palette de couleurs, combinée à d’étranges formations, forme un paysage changeant au fil des saisons hors du commun : nous sommes sur la planète Dallol.

 

ethiopie-2007-517-copie.jpg

                           Dallol -  lac de saumure et geysers -  photo © Bernard Duyck 2007

Dallol 02.2008 - M.Rietze

                         Dallol -  lac de saumure et "geyser jaune"  -  photo © Martin Rietze 2008 


Les geysers éphémères crachent une saumure chaude qui s’évapore rapidement dans cette fournaise, où la température ambiante atteint 35-40°C, pour laisser, autour de la bouche, des cônes de dépôts de sel aux couleurs claires au départ (blanc, orangé), qui s’estompent ensuite sous l’action des vapeurs acides et de la pluie et deviennent roux, plus sales.

 

Eth81800.jpg              Dallol - bouche de geyser de sel, jeune (claire) - photo R.Roscoe / photovolcanica 2008

 

ethiopie-2007-396-copie.jpg                            Dallol - bouche de geyser de sel, plus âgé - photo © Bernard Duyck 2007


En janvier 2011, des pluies sévères ont changé le régime hydrologique, par un apport substantiel d’eaux fraiches, et de nouveaux geysers et sources chaudes sont apparus en nombre … momentanément.


La visite du site n’est pas sans risques : outre la nécessité de se faire escorter d’hommes armés, il faut s’aventurer prudemment sur cette fragile croûte de sel, sous laquelle stagne de l’acide, affronter des gaz inodores mais dangereux, tout en ayant en mémoire qu’une explosion phréatique peut survenir inopinément.

Mais ceci fait partie des charmes du Dallol !

 

Pour suivre, les geysers du Kenya.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Dallol

- Photovolcanica - Dallol volcano

- Wondermondo - geysers of Africa - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Parmi toutes les zones comportant des geysers dans le monde, les plus connues sont le Yellowstone, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, le Kamchatka ou encore le Chili.

 

geysermapw4.gif                       Localisation des geysers dans le monde - doc. johnston archives 2010


Le site Wondermondo a rassemblé récemment des informations sur d’autres moins connues situées dans le grand rift est-Africain, et comportant des geysers actifs ou éteints : en Ethiopie, au Kenya, en Ouganda.

 

African-rift-Geysers.jpg                  Localisation des geysers sur le rift est-africain - doc. Wondermondo / Google

Geysers  - true geysers
Perpetual spouters  - perpetual spouters
Cold water geysers  - cold water geysers
Extinct geysers  - extinct geysers

 

En Ethiopie, en remontant du sud vers le nord, on trouve deux champs de geysers éteints, autour du lac Abaya et au nord du lac Langano. Plus vers le N-NE, dans le triangle Afar, deux champs de geyser actifs sont plus connus : les geysers d’Allalobed et les geysers et sources salées de Dallol.


Au nord du lac Abaya, les sources chaudes Chokore (ou Chakoware) possédaient jusqu’en 1979, des geysers actifs ; le dernier d’entre eux montait à plus d’1,8 mètre.

Aujourd’hui, demeurent une série de sources très chaudes, dont la température atteint 96°C, ainsi qu’une plate-forme de geysérite abritant les cônes des anciens geysers.

 

Le-lac-Abaya-vu-de-Arba-Minch--Ethiopie---Bernard-Gagnon.jpg                         Le lac Abaya, vu d'Arba Minch - photo Bernard Gagnon


Au nord du lac Langano, une baie profonde héberge une île, aux différents noms : Edo Laki, O’a, ou plus simplement " île aux geysers".

Un grand geyser, aujourd’hui disparu, y est né en 1906, à la suite d’un séisme et est demeuré en activité durant plusieurs dizaines d’années, montant à 25-30 m. deux fois par minute. Devenu moins actif avec le temps, il ne montait plus qu’à 1 mètre toutes les demi-heure environ, en 1926. En 1965, le site du geyser s’est transformé en un bassin de deux mètres de diamètre, dont le niveau fluctue de 5 à 10 cm. toutes les 10 minutes. A partir de 1970, ne demeure qu’une source chaude, aux eaux alcalines (pH 8,36) à 96°C.


Les geysers d’Allalobed, " les eaux d’Allah " forment un ensemble d’évents de vapeur, de petits cratères de boue chaude exhalant des gaz, et des bassins d’eaux chaudes profonds aux diverses couleurs, vert foncé, bleu ou jaune, pulsatilles et pouvant bouillir intensément.

 

Alolobed---CHB-2.jpg

                                Ethiopie - Allalobed - photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009


Alolobed---CHB-5.jpg

                        Ethiopie - Allalobed -  photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009


Alolobed---CHB-3.jpg                      Ethiopie - Allalobed -  photo  © Carole & Frédéric Hardy 2009

 

Alalobeda-hot-spring---Dancalia.jpg                         Ethiopie - Allalobed -  Source chaude jaillissante - photo Dancalia


Un des bassins, appelé Allalobeda spouter, monte souvent à 6 mètres, de temps en temps jusqu’à 30 mètres de hauteur. Ses eaux ont une température de surface de 97°C. Une autre source présente un geyser montant à 30 cm.

Ces sources chaudes forment des dépôts agglomérés qui contiennent des restes fossilisés de plantes et insectes ; les moins chaudes sont utilisés par les Afars, qui y font leur lessive.

 

A suivre : les geysers d'Ethiopie - le site de Dallol.

 

Sources :

- Wondermondo - geysers of Africa - link

- GOSA - Geyser Observation and Study Association - link

- Johnston's archives - geysers ressources - link

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le deuxième observatoire dépendant de l’I.N.G.V.,  l’Osservatorio Etneo :


Situé à Catania, le siège de l’Osservatorio Etneo a en charge comme son nom l’indique le plus actif des volcans européens, l’Etna, mais aussi Ferdinandea, Pantelleria, et tous les volcans des îles Eoliennes, dont le toujours turbulent Stromboli.


Etna.-Osservatori-e-Rifugi.-Osservatorio-Etneo---Taffara-Lu.jpg

                   Etna Torre del Filosofo - Osservatorio / rifugio Etneo - phot Taffara Luigi 1929

 

L’Osservatorio était installé sur l’Etna à la Torre del Filosofo jusqu’à sa destruction par une éruption en avril 1971.

Haroun Tazieff, sur l’Etna à ce moment, relate cette destruction dans son phrasé typique :

"...  Dès le début de cette éruption, en mars, ses premières coulées avaient buté contre le puissant édifice qu’était l’observatoire. Il avait sereinement supporté cette attaque et nous avions continué à l’habiter, malgré les bouches éruptives qui sifflaient, grommelaient, éructaient ou hurlaient à cent mètres de là. L’habitude aidant, nous n’éprouvions guère d’inquiétudes. Sauf, par moments, François Le Guern, jeune encore en ce métier. (…)

Il sortit voir et rentra aussitôt, la voix pleine d’alerte. Le temps de nous rechausser, d’attraper nos sacs à dos, de nous précipiter au dehors, d’aller nous jucher sur un bloc haut de trois mètres, et nous eûmes le privilège de contempler la large coulée, que Fanfan avait vue venir de l’amont, embrasser la base du bâtiment, l’encercler et ensuite poursuivre, imperturbable, son chemin vers l’aval à la vitesse, modeste sans doute mais rétrospectivement effrayante, d’un homme qui marche. (…) Peu après une nouvelle coulée vint de l’amont, identique à la première qu’elle recouvrait comme une monstrueuse chenille pourpre. Une troisième, puis une quatrième, puis une cinquième… notre refuge familier disparaissait à mesure que ces coulées s’empilaient autour de lui. En quelques heures cet empilement atteignit le toit. Ce toit disparut et, finalement, la coupole astronomique qui le surmontait.

Les coulées continuèrent à se superposer et désormais l’observatoire se trouve enfoui sous dix mètres de roche basaltique. Tout comme la gare terminale du téléphérique, abomination de béton et ferrailles qui se dressait à une centaine de mètres en aval. La disparition du télé consola mon cœur, qu’avait attristé celle du vieil observatoire. "

 

1971.04.24_Scarpinati-giuseppe---INGV.jpg              24.04.1971 - L'observatoire est entouré par la lave  - photo Giuseppe Scarpinati / INGV


Osservatorio_Etneo_top_nowrite.jpgDepuis son siège est à Catania, avec des antennes à Vulcano et Stromboli, dans les îles Eoliennes, et des relais à d’innombrables stations sur les flancs des volcans.

 

Les nouvelles installations de l'INGV Catania - photo INGV

 

53-2157.JPG                 INGV Catania - les écrans de la salle des opérations - photo INGV


L’analyse des dernières éruptions des deux volcans en activité permanente, Stromboli et Etna, étant faite dans les articles journaliers, nous ne reprenons brièvement que celles qui ont eu lieu au 19° siècle sur Ferdinandea, Pantelleria et Vulcano.

 


Ferdinandea, l'île à éclipse, est située dans le détroit séparant les côtes Sicilienne et Tunisienne .

Cette zone volcanique, formant les Champs Phlégréens de la Mer de Sicile,  incluse dans une dépression à 1.000 mètres de profondeur, est composée de 13 volcans dont le plus célèbre est Empédocle, qui a émergé pour la dernière fois en 1863 en donnant naissance à l'île temporaire de Ferdinandea, située pour l'instant à huit mètres sous le niveau de la mer.


           Ferdinandea - Document collection M.Kraff, publié par Simkin et Siebert - 1994 - GVP.

Ce document n'est pas, à proprement parler, un oeuvre d'art, mais reste un témoignage important à une époque où n'existait pas la photographie.
Il relate l'éruption du volcan : le 13 juillet 1831, lorsque le volcan surgit, des fontaines de lave jaillissent le long d'une fissure; au contact de l'eau, la lave explose, crachant des "nuées cypressoïdes" de cendres noires.


Pantelleria, avec les îles de Lampedusa, Linosa, et Lampione, forme l'archipel italien des Pélagies, un groupe d'îles volcaniques qui doit son existence à la présence d'un rift continental au centre du canal de Sicile.
Le fond du Canal de Sicile remonte sur les épaulements de ces fossés d'effondrement, et émerge pour former les îles plates de Lampedusa et de Malte. Le plancher du rift correspond à une croûte amincie dont l'épaisseur atteint une vingtaine de kilomètres, alors que l'épaisseur de la croûte est d'une quarantaine de kilomètres sous la Sicile ou la Tunisie. La structure de Pantelleria est déterminée par des failles orientées suivant la direction des failles bordières des fossés (NNO/SSE).

 

Laghetto-delle-ondine---G.Roncaglia.jpg                         Pantelleria - Le Laghetto delle Ondine - photo Gino Roncaglia

 

L'île de Pantelleria est la partie émergée d'un volcan de 40x30 km et 2150 mètres de hauteur. L'île qui couvre 83 km², et est longue d'environ 13 km et large de 8 km au maximum.

L'édifice volcanique aurait émergé il y a 500.000 ans, et a continué de croître de façon intermittente jusqu'à l'époque actuelle, la dernière éruption, marine, ayant eu lieu en 1891.

 

Pantelleria la côte 2 - G.Roncaglia

 Pantelleria - la stratification des terrains formant cette île volcanique, vue de la mer - photo G.Roncaglia

 

La morphologie de l'île est marquée par l'existence de deux caldeiras emboîtées dans la partie centrale :

- la caldera de la Vecchia (114.000 ans)

- et la caldera Monastero, ou Cinque Denti (45.000 ans), largement comblées par les produits d'éruptions postérieures . Elle contient les volcans-boucliers post-caldeira Monte Grande et Monte Gibele. Les éruptions datées de l’holocène ont construit des cônes de ponce, des dômes de lave et des coulées de laves en blocs.

Confirmant cette activité, une éruption sous-marine a eu lieu en 1891, aux dépens d’un évent situé au large de la côte NO de Pantelleria.

 

Vulcano, située au nord de la Sicile dans l'arc volcanique des Eoliennes, s'est établie au cours des derniers 136.000 ans. L'île, de 3 x 7 km, est principalement caractérisée par deux caldeiras qui se recouvrent : au SE, la caldeira del Piano (100.000 ans) et au NO, la caldeira della Fossa (24.000 - 15.000 ans) . Vulcanello, et ses trois cônes pyroclastiques, a été connecté avec Vulcano en 1550. 


Sicile-08-930-copie.jpg Vue aérienne de l'île de Vulcano - à l'avant-plan, Vulcanello, ensuite l'isthme séparant Porto di levante et Porto di ponante, le cône de La Fossa au centre et sur la gauche, il Piano - photo B.Duyck, d'après une carte postale.


z-Vulcano-pano--copie.jpg

                  Vulcano, le cratère de La Fossa  et ses fumerolles  - photo © Bernard Duyck

 

La dernière éruption de La Fossa de Vulcano a lieu de 1888 à 1890. Cette dernière éruption a permis à Giuseppe Mercalli de définir le type "vulcanien".

 

Vulcano_-Mercalli1889-14.02.jpg         Vulcano - éruption de 1889 - photo G.Mercalli / à noter les belles bombes émises par le volcan.

  Giuseppe Mercalli, abbé, sismologue et volcanologue  (1850-1914),enseigna la géologie et la minéralogie à l'Université de Catane, puis la volcanologie et la sismologie à celle de Naples. En 1911, il a pris la direction de l'Osservatorio Vésuviano. Il a crée une échelle, subjective, de mesure de l'intensité des séismes sur base des effets produits, et classifié les types d'éruptions volcaniques.

 

z-IMG 6216 copie 2         Vulcano - champ fumerollien de la lèvre du cratère La Fossa II - photo © Bernard Duyck

 

 

Sources :

- INGV - Catania - Osservatorio Etneo

- INGV - Aprile-giugno 1971: l'eruzione che segnò l'inizio di una nuova fase di attività del vulcano - link   

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Ferdinandea sur ce blog - link

- L'île volcanique de Pantelleria - Gilles Brocart & Désiré Corneloup

- Trapani Sicilia - Pantelleria

- Global Volcanism Program - Vulcano

- INGV - Vulcano, isole Eolie

 

Lire la suite

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les volcans italiens sont sous la surveillance de l’I.N.G.V., l’Institut National de Géophysique et de Volcanologie ; cet Institut, créé en 1999, a repris les ressources et compétences de cinq autres institutions, opérationnelles depuis longtemps : l'Institut National de Géophysique , l'Observatoire du Vésuve, l'Institut international de Volcanologie, l’Institut de Géochimie des fluides, et l'Institut de recherche sur le risque sismique. Il rassemble dans un seul pôle tout le domaine de la géophysique et de la volcanologie.

 

head_ingv.png
 L’Italie compte dix volcans actifs au cours des derniers 10.000 ans, en plus des grands volcans sous-marins situés en Mer Thyrénienne.

 

vulcani_attivi---dates-des-dernieres-eruptions---INGV.jpgDomaines de surveillance des observatoires volcanologiques Italiens / INGV et les volcans dépendant avec date de dernière activité - Stromboli et Etna sont en activité permanente et ne sont pas datés - 

doc. INGV.


Deux grands observatoires volcanologiques se partagent la surveillance et l’étude de ceux-ci : l’Osservatorio Vesuviano de Naples, et l’Osservatorio Etneo de Catane.


L’Osservatorio Vesuviano :  

La colline de Eremo, le seul témoin de la partie ouest de La Somma du Vésuve, abritait l’Osservatorio Vesuviano, avant qu’il ne soit déplacé à Naples. Cet observatoire, fondé en 1841 sous Ferdinand II de Bourbon, roi des Deux-Siciles, est le plus vieil observatoire volcanologique au monde ; il a historiquement en charge les trois volcans Campaniens, le Vésuve, les Champs Phlégréens et Ischia, ainsi que le Stromboli, dans les îles Eoliennes.

 

V-13.jpg                      Le premier observatoire sur la colline de Eremo - carte postale ancienne

 

Osservatorio Vesuviano Napoli 2              Napoli - Osservatorio Vesuviano - écrans de la salle des opérations - doc. ov.ingv.it

 


Sans analyser ces volcans, vus par ailleurs, je ne ferai mention que de leur dernière activité.

 

Colli Albani (les Monts Albans est une structure volcanique complexe de type somma – une caldeira avec cône central – située au sud-est de Rome, et comportant deux caldeiras nichées et des évents post-caldeira excentrés.

Le point le plus haut du complexe Colli Albani est le Monte Cavo, 949 mètres, un cône de scories situé sur le bord sud-ouest de la la jeune caldeira Faete. Deux lacs de cratère, les lago Albano et lago Nemi, remplissent les plus récents cratères post-caldeira.

La dernière activité, non datée avec précision (entre 36.000 ans et l'époque romaine), a eu lieu au niveau du Lago Albano, un maar.

 

Lago Albano - Fabrizio Marra INGV            Le Lago Albano / Campanie - photo Fabrizzio Mara  - INGV


La dernière manifestation du Vésuve est datée par le GVP du 5 juillet 1913 au 4 avril 1944, et qualifiée de VEI 3 ; elle concerne le sommet et les flancs supérieurs du volcan.

 

vesuve en mars 1944Eruption du Vésuve en avril 1944 ; le volcan est survolé par des bombardiers de l'USAF - photo U.S.Air Force

 

Vésuve depuis la baie - Enza Vena                      Vue idyllique du Vésuve depuis la baie de Naples - photo Enza Vena


Pour les Champs Phlégréens, la dernière éruption date de septembre-octobre 1538 avec la formation du cône de cendres Monte Nuovo.

 

Geostrutturale-CF - INGVGéostructure de la Baie de Pozzuoli et des Champs Phlégréens - tracé des deux caldeiras imbriquées et position du Monte Nuovo  - Doc. INGV

 

Monte Nuovo - Carlo Arm.Gaet. Tripodi            Le Monte Nuovo et le lago Averno - photo Carlo Arm. Gaet. Tripodi


Le volcan complexe d’Ischia a sa dernière éruption datée de janvier à mars 1302 ; elle a produit le spatter cone Monte Arso et les coulées du même nom, qui ont atteint la côte NE de l’île.


carta_geol-Ischia---vulcan.uniroma.gifCarte géologique d'Ischia -  les laves les plus récentes sont à l'est de l'île - la coulée du Monte Arso est en brun-rouge. - doc. vulcan.fis.uniroma3

 

Demain, l'Osservatorio Etneo / Catania


Sources :

- INGV - Storia dell'Osservatorio Vesuviano - link 

- Global Volcanism Program - Vesuvius

- Global Volcanism Program - Campi Flegrei 

- Global Volcanism Program - Ischia 

- Global Volcanism Program - Alban Hills

Lire la suite

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog