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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

L’île Macquarie, une île australienne située entre la Tasmanie et l’Antarctique, est un des rares endroits où l’on peut observer à l'oeil nu une faille transformante océanique, en général complètement immergée.

 

Macquarie Island Isthmus -Hullwarren             Macquarie island , l'isthme reliant Wireless Hill à l'île - photo Hullwarren


L’île forme l’apex de la MRC – Macquarie ridge complex, un système de dorsales et de creux le long de la limite des plaques australienne et pacifique, entre la faille Alpine Néo-Zélandaise et le point de triple jonction Australie-Pacifique-Antarctique.

 

Macquarie_Island_tectonique.jpg                Position et tectonique des environs de Macquarie island - doc. Geoscienceworld


Le côté est de Macquarie expose en subaérien 50 km. de dorsale sous-marine, soulevée à une hauteur d’environ 5 km. Cet endroit unique permet de voir un échantillon de croûte océanique, non lié à un panache, en exposition subaérienne au sein du bassin qui l’a formé, ainsi que les structures de transformation pouvant être mises en relation avec la tectonique connue aujourd’hui.

 

Des coulées de laves en coussins étirés formés sur le flanc d’un ancien édifice volcanique sous-marin sont visibles sur l’île.

 

Macquarie-pillow-lavas-Dr-Nathan-Daczko.gif        Macquarie island - lave en coussins allongés - photo Dr.Nathan Dackzo / Macquarie university


La pointe nord de l’île, Wireless Hill, est attachée à Macquarie par un isthme étroit. Sur le côté est de cet isthme, on aperçoit des dykes de diabase et sur la plage, des rochers qui en dérivent, montrant des phénocristaux de plagioclase typique de la partie centrale des dykes.

Des galets de ponce sur la plage ouest sont arrivés là par dérive marine et sont dus à une éruption distante.

 

page26a.jpg                                Carte géologique de l'île Macquarie - doc. gemoc.mq.edu.au

                                Faille océanique trait en gras - faille de soulèvement trait fin


Une cartographie des failles récentes affectant la topographie de Macquarie montrent que l’île est coupée par des failles normales à haut angle, formant des bassins de pull-apart. ( Ce sont des bassins losangiques ou rhombochasmes, où l’allongement a eu lieu dans le sens de l’étirement. Ce sont des bassins associés au jeu de failles coulissantes dans les zones créant de la transtension.)

 

Sandy-Bay-Macquarie-Island-antartica-.fanpop.com

                 Macquarie island - Sandy Bay : plage de sable et pinguoins - photo Antarctica fanpop

 

79-c2-royal-penguin.jpg     Gorfou de Schlegel - Eudyptes schlegeli - Royal penguin - photo Australian gov./ antarctic division

 

Sandy Bay, moins rocheuse, abrite des rookeries de manchots royaux et de gorfoux de Schegel, voisinant avec des élephants de mer. La maigre couverture végétale de l’île est menacée par une armée de lapins, qui devraient être éradiqués.

 

Sources :

- Gemoc - Macquarie island, an exposed oceanic transform fault

- Geological society of London blog - Macquarie island

- Australian antarctic division - Macquarie island

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 En Islande, la vallée de Skaelingar est ponctuée de piliers rocheux, considérés comme autant de projectiles jetés dans la lande par des combattants trolls.

Ce mystère, à l’interprétation satisfaisant les islandais et touristes avides d’histoires fantastiques, vient d’être démystifié par deux chercheurs de l’Université de Buffalo.

 

Skaelingar valley - Tracy Gregg

                    La vallée de Skaelingar - photo Tracy Gregg / Buffalo University

 

Skaelingar valley - bramdamman.nl-copie-1                      Piliers basaltiques dans la vallée de Skaelingar - photo Bramdamman.nl


Ces piliers basaltiques, creux, sont en effet communément retrouvés dans l’océan à quelques kilomètres sous le niveau de la mer, endroit où quand la lave rencontre l’eau sous une pression forte, il ne se produit pas d’explosion violente … mais c’est la première fois que de telles formations sont décrites sur la terre.


Ces piliers de basalte se forment en mer profonde lorsque des colonnes d’eau hyper-chauffées sortent sur le plancher océanique entre les coussins de lave, et refroidissent la roche en fusion en des tuyaux creux en forme de minaret. Ces structures grandissent tant que la lave sort et se maintiennent debout, même après la fin des éruptions lorsque le niveau de la lave est retombé. Ils ont été vus sur la dorsale sous-marine Juan de Fuca, dans la caldeira de l’Axial seamount, connectés entre eux à leur sommet par une coulée de lave encrustée.

 

Axial seamount lava pillars 02 - NOAA Vents Prog.

 Axial seamount caldera - piliers basaltiques de l'éruption de 1998, réunis au sommet par une coulée de lave formant croûte - photo NOAA NEMO

 

Axial seam. - pillars in collapse pit 98 - NOAA NeMo                        Axial seamount caldera - piliers basaltiques - photo NOAA NEMO

 

Ces cylindres creux, hauts pour certains de près de deux mètres et d’un diamètre inférieur au mètre, présentent sur leur face externe des cicatrices : celles-ci ont été formées par des morceaux de lave en croûte flottante qui ont percuté les piliers, lorsque le niveau de la lave a diminué. La peau de ces tours de basalte n’est pas lisse, mais bien noueuse avec des gouttes brillantes. La texture vitreuse suggère un refroidissement et un durcissement rapide de la lave, à un rythme qui est compatible avec les interactions non explosives entre la lave et l’eau, comme au niveau des dorsales océaniques.

 

skaelingar-valley---Rocky--hollow-pillars--likely-formed-wh.jpg             Vallée de Skaelingar - piliers basaltiques creux  - photo Tracy Gregg / Buffalo University

 

 Pour expliquer ce phénomène unique en milieu subaérien, il faut se tourner vers l’endroit et l’éruption qui y a eu lieu : La vallée de Skaelingar, située à ~ 64.0°N, 18.5°W, qui abrite un affluent de la rivière Skaftá, d’une part , et une coulée de lave basaltique mise en place durant les éruptions du Laki en 1783-84 d’autre part.


eldgja_laki_hraun2.gifLa vallée de Skaelingar fut temporairement comblée par une coulée de lave, lorsque l’avancée du gros des coulées descendant  la rivière Skaftá fut stoppée, forçant la lave à s’écouler dans les vallées adjacentes. Après que le barrage dans la vallée de la Skaftá river ait sauté, les laves se sont retirées de ces vallées adjacentes.

 

Les coulées de l'éruption du Laki, en brun


Ces piliers subaériens se seraient formés lors de l’avancée lente de la coulée de lave ( de l’ordre du centimètre par seconde) sur un sol sur-saturé en eau, ou en milieu inondé temporairement, forçant des eaux chauffées à s’immiscer au sein de lobes de lave. Ils ont eu une croissance en hauteur et diamètre, tant que le flot de lave s’est gonflé. Les piliers furent laissé en place par le retrait des coulées. Ces structures reflètent donc une interaction non-explosive entre l’eau et la lave.


La recherche de tels piliers de lave sur des terres proches des océans va permettre aux scientifiques de connaître le niveau antérieur des mers. Grâce à la découverte de telles formations sur d’autres planètes, telles que Mars, on pourra déterminer les endroits où l’eau a été présente dans le passé.

 

Sources :

- Journal of volcanology and geothermal research - Non explosive lava-water interaction in Skaelingar, Iceland and the formation of subaerial lava pillars - by T.Gregg & K.Christle. 

- University of Buffalo - News center - Water and lava, but - curiously - no explosion.

- Les éruptions de 1998 et 2011 à l'Axial seamount / Juan de Fuca ridge -

link

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Publié le par Bernard Duyck
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Après les observatoires régis par l’IPGP, passons à ceux beaucoup plis nombreux sous l’égide de l’agence gouvernementale américaine USGS – US Geological Survey. 

usgs.jpg

USGSmenlo.jpgCette agence, rattachée au Département de l’Intérieur des Etats-Unis, a son siège à Reston / Virginie ; ses activités sont divisées en cinq domaines principaux : biologie, géographie, géologie, eau et informations géospatiales.

Le monitoring et la recherche sur le volcanisme regroupent cinq observatoires volcanologiques principaux, travaillant en conjonction avec le Menlo Science Center, de Menlo Park / Californie (photo) et le Volcano Hazards Program.


Le Volcano Disaster Assistance Program (VDAP) aide également d'autres nations à se préparer et répondre aux urgences volcaniques.

L’information sur le volcanisme au niveau mondial est assurée par le Global Volcanism Program de l’Institut Smithsonian.

Cette gigantesque organisation semble connaître actuellement quelques difficultés en raison du " Federal shutdown ", qui rend indisponibles beaucoup de ses sites web.

 

logo_avo_transparent_new.jpgL’AVO – Alaska Volcano Observatory  a en charge les volcans situés en Alaska et du Commonwealth of the Northern Mariana Islands, depuis ses sièges situés à Anchorage et Fairbanks. Formé en 1988,l’AVO est soutenu par l’USGS, l’institut de géophysique de l’Université d’Alaska de Fairbanks, et l’ Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys (ADGGS). Cette coopération leur permet d’ailleurs de rester opérationnel en ce moment.

 

AVO-2013.06----2----AVE.jpg                  Un coin de la salle des opérations de l'AVO - photo Antony Van Eeten juin 2013

 

volc_index.jpgLes volcans historiquement actifs d'Alaska - les volcans monitorés en rouge - les volcans en alerte actuellement : le 15 Veniaminof - le 29 Cleveland  -  carte AVO- USGS


Parmi les 130 volcans catalogués, 50 d’entre eux ont été actifs de puis 1760. La surveillance de ces volcans reste très importante, malgré le faible peuplement à ces latitudes, car leurs émissions de cendres sont potentiellement dangereux pour le trafic aérien passager et de frêt sur ces lignes du grand nord fort fréquentées.

 

usgsfs030_97_ash-2.jpgLes lignes aériennes intercontinentales du grand nord sont sous la surveillance de l'AVO et du KVERT - carte USGS.


Deux volcans sont aujourd’hui en alerte aviation : le Veniaminof en éruption depuis juin 2013 – code aviation orange -  et le Cleveland, en éruption depuis mai 2013 – code aviation jaune.

 

2013.09.07-Veniaminof---Alto--Joyce.JPG Veniaminof - panaches de cendres et de vapeur et cône intracaldérique recouvert des cendres de l'éruption, le 07.09.2013 - photo Alto, Joyce / in AVO-USGS

 

2013.0.7.26 -Cleveland Landsat-8 - Dave Schneider AVOCleveland 26.07.2013 - le volcan est surveillé par satellite / ici Landsat 8 - photo Dave Schneider / AVO - USGS.

 

Le CVO – Cascades Volcano Observatory – établi à Vancouver, surveille les CVO Vancouvernombreux grands volcans des états de Washington, Oregon et Idaho. Une loi du congrès charge l’USGS, en 1974, de fournir des avis fiables et en temps opportun sur les risques volcaniques aux autorités étatiques et locales.

 

Suivant ce mandat, un bureau régional permanent fut établi à Vancouver aprèsl’éruption du St Helens le 18 mai 1980. Il est dédié à David A.Johnston, le volcanologue qui a lancé l’alerte avant d’être pulvériser par le blast pyroclastique.

 

Seismic spider, a rapid-response instrument slung from a heUne "araignée" , un sismomètre léger tripode, et un accéléromètre, déposés par hélico durant le phase d'activité 2004 au Mont St Helens - photo CVO - USGS.

 

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In mémoriam : David Johnston en 1980 

A droite, la série de volcans en charge du CVO - carte USGS

 

Cascade Range Weekly Update
Friday, October 04, 2013 9:09 AM PDT
Current Volcano Alert Level: NORMAL
Current Aviation Color Code: GREEN

 

Après la catastrophe d’Armero en novembre 1985, qui fit 23.000 victimes consécutivement aux lahars meurtriers engendrés par l’éruption en Colombie du Nevado del Ruiz , l’USGS et l’OFDA - Office of U.S. Foreign Disaster Assistance- décidèrent de constituer un team de spécialistes des volcans capables d’apporter une aide rapide aux autres pays en cas de crise volcanique … c’est la naissance de l’USGS Volcano Disaster Assistance Program, qui a son siège au CVO.

Le concept fut validé en 1991, lorsqu’un team du VDAP et du Phivolcs furent capable de prévoir l’éruption majeure du Pinatubo ; grâce aux travaux de ce team, des autorités de la base de l’US Air Force de Clark et de la défense civile Philippine, de nombreuses personnes furent mises en sécurité.

 

vdapmap600                     Volcans où se sont déployé les équipes du VDAP - carte USGS

 

A suivre : les autres observatoires dépendants de l'USGS

 

Sources :

- USGS - Volcano Hazards program - link

- AVO - Alaska Volcano Observatory - link

- CVO - Cascades Volcano Observatory - link

- USGS - Volcano disaster assistance program - link 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Je vous invite à une revue des observatoires volcanologiques et de leurs logos – abréviation de logotype, une représentation graphique servant  à identifier de manière unique et immédiate les sociétés, associations, institutions, produits, services, événements, ou toute autre sorte d'organisations dans le but de différencier le propriétaire du logotype des autres entités.

 

Pour commencer la série, les observatoires dépendant de l’IPGP :

L'institut de physique du globe de Paris est un grand établissement d'enseignement supérieur et de recherche associé au CNRS et membre du PRES Sorbonne Paris Cité. À ses missions de création et de transmission du savoir dans les champs des géosciences s'ajoute une mission d'observation des phénomènes naturels. L'étude des risques naturels comporte la responsabilité de la surveillance des trois volcans actifs Français : La Soufrière de Guadeloupe, La montagne Pelée en Martinique et Le Piton de la Fournaise à la Réunion.

 

19_obs.jpg

 

L'Observatoire de la Guadeloupe – OVSG :
OVSG-Observatoire-Volcanologique-Guadeloupe - EsspeL’Institut de Physique du Globe de Paris a acquis en 1950 la propriété du Parnasse dans les hauts de St-Claude, au pied de la Soufrière, pour y créer l’observatoire. François Beauducel en est l’actuel responsable de l'équipe.

L'OVSG - photo Esspe


ovsg.gif

La Soufrière de la Guadeloupe occupe la partie sud de " l’île-papillon ". La construction du volcan de La Grande découverte est datée de 200.000 ans. Une éruption plinienne, il y a 100.000 ans, est responsable de la formation de la caldeira, suivie de l’établissement du volcan Carmichaël. Deux épisodes d’effondrement associés à des avalanches de débris ont formé les cratères Carmichaël et Amic respectivement il y a 11.500 et 3.100 ans. L’activité actuelle est liée au dôme du cratère Amic et au système de fissures coupant le sommet et les flancs supérieurs du volcan. Les dernières éruptions sont datées de 1956, au cratère Napoléon (côté ESE) et de 1976-77, où une éruption phréatique mineure a provoqué l’évacuation des habitants de Basse-Terre et de sérieuses implications économiques, cette dernière illustrée par la polémique entre Tazieff et Allègre. 

1976-09-22_MF_eruption-1.jpg             La Soufrière de la Guadeloupe -  éruption phréatique 1976 - photo M.Feuillard / IPGP


La soufrière de la Guadeloupe, sur ce blog.


L'Observatoire de la Martinique – OVSM  

 

Obs.-Montagne-Pelee---Morne-des-Cadets---ac-martinique.JPGAprès l'éruption de 1902, A. Lacroix fit construire un observatoire qui fonctionna jusqu'en 1925. Le volcan ne donnant plus de signes d'activité, on décida d'arrêter les observations quatre ans avant la grande éruption de 1929-1932 ! L’actuel observatoire ne fut construit qu’après cette éruption dramatique.

Responsable : Valérie Clouard.

 

L'OVSM, au Morne des Cadets - photo ac-martiniqueimages.jpg


La célèbre Montagne Pelée, qui forme la partie nord de l’île de La Martinique, a connue plus de 20 éruptions majeures au cours des dernières 5.000 années. Ses flancs sont couverts de dépôts de coulées pyroclastiques, entaillés de profondes ravines. Le cratère sommital de l’Etang sec est rempli par les deux dômes de lave mis en place pendant les éruptions de 1902 et 1929.

L’éruption de 1902, qui a détruit le cité de Saint-Pierre, est devenue le modèle type de l’éruption peléenne, et a marqué le début des études volcanologiques modernes sur le comportement des coulées pyroclastiques.

 

Pelee 1902 - Angelo Heilprin                           La Montagne Pelée - coulée pyroclastique - 1902 - photo Angelo Heilprin


Sur ce blog, La Martinique et la Montagne Pelée.

 

L'observatoire de la Réunion – OVPF


observatoire-Fournaise.jpgAlfred Lacroix exprime, en 1936, le souhait de l’installation d’un observatoire volcanologique pour l’étude du Piton de la Fournaise.
Seulement une quarantaine d’années plus tard, l’éruption hors enclos de 1977, qui détruit partiellement Piton Sainte Rose fait avancer les choses.

OVPF_20080921_01_bullexcep.jpgLes autorités, le département, le CNRS décident de la construction d’un observatoire volcanologique et confient sa gestion à l’Institut de Physique du Globe de Paris.
L'observatoire est opérationnel fin 1979. Il est situé à la Plaine des Cafres, à 15 km à vol d’oiseau du sommet du volcan, mais la transmission par radio des données permet une surveillance en temps réel ; l’actuel responsable est Nicolas Villeneuve.


Le Piton de LaFournaise, un massif volcan-bouclier, forme la partie est  de l’île de La Réunion. Son histoire commencée il ya plus de 530.000 ans est en partie occultée par les éruptions de son voisin, le Piton des Neiges. Trois caldeiras se sont formées il y a 250.000, 65.000, et moins de 5.000 ans, par son affaissement progressif vers l’est. Une grande part des éruptions historiques est originaire du sommet et des flancs du Dolomieu qui s’est établi dans la caldeira la plus récente. Depuis le 17° siècle, on compte plus de 150 éruptions, qui ont pour la plupart produit des coulées de lave basaltique. Seules six éruptions sont originaires de fissures sur les flancs extérieurs de la caldeira depuis le 18° siècle. La dernière activité date de 2010.

 

02.01.2010---Dolomieu----OVPF.jpg              LA Réunion - Piton de La Fournaise - cratère Dolomieu - 02.01.2010 - photo OVPF

 

La Réunion : historique de La Fournaise, sur ce blog.

 

Sources :

- IPGP - L'institut de physique du globe de Paris - link

- Global Volcanism Program - Soufrière Guadeloupe

- Global Volcanism Program - Pelée

- Global Volcanism Program - Piton de La Fournaise

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Publié le par Bernard Duyck
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Le secteur centre-ouest de la Sardaigne présente de larges complexes volcaniques, avec Montiferro et Monte Arci, ainsi que des plaines basaltiques étendues, confondues en un ensemble Campeda-Planargia-Abbasanta-Paulilatino.

 

1-s2.0-S0012821X00001850-gr1              Le volcanisme Plio-Pléistocène du centre-ouest de la Sardaigne - doc. M.Lustrino & al.

 

 Capo Ferrato (à la pointe sud) témoigne des premières périodes actives du cycle volcanique Plio-Pléistocène en Sardaigne, de 5,3 à 2,3 Ma. Les roches volcaniques, essentiellement des trachytes et mugearites, sont présentes sous forme de dykes (*) et de dômes éllipsoïdaux.

 

Les plaines basaltiques Campeda-Planargia-Abbasanta-Paulilatino recouvrent partiellement d’autres complexes volcaniques, comme Montiferro à l’ouest et des cinder cones, tels que Logudoro au nord. Cet ensemble de planèzes (*), composées de coulées tholéiitique, et de laves alcaline (hawaiite, mugearite) est daté de 3,7-3,5 Ma.

 

MonteArci---Trebina-Longa---Lada.jpg               Sardaigne -  Monte Arci / Sa Trebina Longa & Sa Trebina Lada  - photo Tharros.info

 

MonteArci.jpg            Sardaigne -  Monte Arci / Sa Trebina Longa , vu de Sa Trebina Lada - photo Tharros

 

Monte Arci est un complexe volcanique situé sur le côté est du Graben Campidano, daté de 3,8 – 2,6 Ma. Il est caractérisé par d’abondantes coulées de dacite et de rhyolite. Ses sommets forme une sorte de trépied, constitué de necks basaltiques (*) : Sa Trebina Longa haut de 812 mètres, Sa Trebina Lada avec 703 mètres et Corongiu de Sizoa haut de 463 mètres.

 

instruments-obsidienne----villasantantonio.jpg             Sardaigne - Obsidiennede Monte Arci - divers instruments - photo villasantantonio

 

 

L’obsidienne du massif est exploitée depuis au moins 6.000 avant JC. Ce verre volcanique a produit des pointes de flèches, des couteaux, des haches, et aussi des miroirs, des grattoirs, des outils pour le travail du bois ; Des traces d'au moins 70 centres miniers et environ 160 infrastructures stables ou temporaires ont été trouvées dans cette région ; l’un des plus importants centre de traitement du Monte Arci est le site de Pau.

On retrouve ces produits dans de nombreux sites en Méditerranée, témoins d’une exportation maritime au départ d’un port préhistorique.

 

lame-d-obsidienne---villasantantonio.jpgPau-obsidienne----sardegnacultura.jpg 

 

 

A gauche, lame d'obsidienne - photo villasantantonio

 

A droite, bloc d'obsidienne / site de Pau - photo Sardegnacultura.


Sardaigne," insula vini"

 

Comme beaucoup de terres d'origine volcanique, la Sardaigne abrite de nombreux vignobles.

La zone de vignobles la plus productive de l’île est le Campidano, la plaine fertile et les collines douces au nord ouest de la capitale et principal port Cagliari.

Les vins qui y sont produits portent le nom du cépage (Giro, Malvasia, Monica, Moscato, Nasco et Nuragus) associé à Cagliari.

Pour n’en détailler qu’un parmi les cépages à baie blanche, le Nuragus est aujourd’hui le plus cultivé, en raison de sa capacité d’adaptation au terrain, de son aspect rustique et de sa générosité productive. Il produit un vin de couleur paille délicate avec des nuances vertes légères, avec des parfums de fleurs blanches, de pomme verte, et des notes d’agrumes. C’est l’un des premiers cépages introduits en Sardaigne par les navigateurs phéniciens.

 

Giovanni Battista Columbu - Malvasia di Bosa wineries loca 

santadi-pedraia - wineops

A gauche - Giovanni Battista Columbu dans ses caves de  Malvasia di Bosa - Planargia-Sardinia

 

A droite, Bouteille de Pedraia 2009 / cépage Nuragus di Cagliari - Photo Wineops

  

 

(*) Lexique :

- Dyke : filon de roche magmatique qui s'est infiltré dans une fissure de l'encaissant.

- Neck : intrusion magmatique caractérisée par une prismation radiaire, résultant d'anciennes cheminées volcaniques comblées, et mises au jour par l'érosion.

 - Planèze :  un plateau de basalte volcanique limité par des vallées convergentes.

 

Sources :

- The role of lower continental crust and lithospheric mantle in the genesis of Plio-Pleistocene volcanic rocks from Sardinia - By M.Lustrino & al.

- European subcontinental mantle as related by neogene volcanic rocks and mantle xenoliths of Sardinia - by M.Lustrino & al.

- Les andésites cénozoïques et les laves associées en Sardaigne Nord-Occidentale (Provinces du Logudoro et du Bosano) — Caractères minéralogiques et chimiques – par C. Coulon & al.

- I sentieri dei vulcani. Itinerari escursionistici in Sardegna, tra i vulcanismi del Logudoro. Autore: Corrado Conca

- Les vins de Sardaigne - link   

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La Sardaigne abrite quelques paysages volcaniques méconnus …parmi ceux-ci, le centre du village de Guspini possède  un petit neck (*) d’une vingtaine de mètres de hauteur.

 

Guspini---parco-G.Dessi.jpg                          Sardaigne / Italie - le neck de Guspini - photo Parco G. Dessi


Cet endroit fut d’abord exploité comme carrière, puis fermé et acheté par l’administration communale en 2004 pour le valoriser. Une somme de 100.000 euros a servi à l’expropriation puis aux travaux de débroussaillage et de nettoyage de la paroi, qui ont débuté en 2010.

 

basalti_colonnari_guspini---provincia.mediocampidano.JPG            Sardaigne / Italie - le neck de Guspini, détail - photo Provincia MédioCampidano


Ce neck alcalin est composé d’hawaiite, variété de trachy-basalte, qui affleure sur la branche ouest du graben Campidano, en intrusion dans des grès de l’Ordovicien. Cet affleurement est caractérisé par la présence de fragments millimétriques à centimétriques du manteau terrestre. (Lustrino & al. 2004)

 

Graben-Campidano---Marmilla_las_plassas---Cristiano-Cani.jpg                       Sardaigne -  Paysage du Graben Campidano - photo Christiano Cani

 

La datation réfère au volcanisme du Plio-Pléistocène aux environs d’il y a 3 millions d'années.

Contrairement aux roches volcaniques de l’Oligo-Miocène qui affleurent seulement du côté ouest de l’île, l’activité volcanique du Plio-Pléistocène concerne des secteurs situés à l’est et à l’ouest de la Sardaigne.

Ce magmatisme s’est développé après un hiatus d’environ 10 Ma après la fin du magmatisme orogénique précédent ; il se localise principalement le long de failles relatives à l’ouverture du bassin de la mer Tyrrhénienne.

Le graben Campidano qui recoupe la partie sud-ouest de l’île témoigne de contraintes de traction durant l’évolution géodynamique de l’ouest de la Méditerrannée.

 

1-s2.0-S0012821X00001850-gr1.gifRoches volcaniques et sédimentaires de Sardaigne - Situation par rapport aux autres volcans italo-siciliens

Le Graben Campidano va en diagonale du Capo Ferrato à Tharros/Montiferro.

 

Sketch map of the geology of southern Sardinia showing loca          Carte géologique du sud-Sardaigne avec la position du Graben Campidano - doc. H.Downes

 

(*) Neck : intrusions magmatiques caractérisées par une prismation radiaire, résultant d'anciennes cheminées volcaniques comblées, et mises au jour par l'érosion.


Sources :

- The role of lower continental crust and lithospheric mantle in the genesis of Plio-Pleistocene volcanic rocks from Sardinia - By M.Lustrino & al.

- European subcontinental mantle as related by neogene volcanic rocks and mantle xenoliths of Sardinia - by M.Lustrino & al.

- La dérive Corso-Sarde - vidéo

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Publié le par Bernard Duyck
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Après Isla Benedicto, les autres îles de l'archipel Revillagigedo :

 

Mapa de Archipielago

 

Socorro est le sommet d’un grand volcan-bouclier basaltique, pour sa plus grande partie sous le niveau marin, et chapeauté par une caldeira sommitale de 4,5 km. sur3,8, datée du Pléistocène.

Le Cerro Evermann, un grand complexe de dôme de lave et cône de tephra, haut de 1050 m. remplit, avec d’autres cônes et évents, une grande partie de la caldeira. Des dômes de lave rhyolitique se sont établis sur les flancs le long de rifts. Les coulées originaires du sommet et des évents de flanc ont atteint la côte et créé un rivage irrégulier. Des cônes et coulées des phases éruptives suivantes ponctuent la côte.

 

Socorro-island---CTBTO.jpg                 Vue partielle sur les côtes découpées de Isla Socorro - photo CTBTO


Socorro - everman volc - after Bohrson et al., 1996Les dernières activités datent de 1951, où une éruption phréatique courte a éjecté des blocs et un panache qui est monté à 1200 mètres d’altitude.

Le Cerro Evermann possède toujours un champ fumerollien actif.

 

Une éruption sous-marine,  localisée sur un évent à 3 km. à l’ouest de l’île, au large de Punta Tosca, s’est produite en 1993 ; l’activité explosive s’est accompagnée d’émission de grands blocs de scories, certains dépassant 5 m. de large, qui ont flotté à la surface.

 

Socorro island - carte géologique simplifiée et position sur la Northern Mathematician ridge - doc. Bohrson & al 1996


L’île-volcan Socorro fait partie comme les autres îles de l’archipel Revillagigedo, de la partie nord de la dorsale des Mathématiciens, une dorsale médio-océanique devenue largement inactive il y a 3,5 Ma lorsque l’activité se déplaça vers la dorsale Est-Pacifique. Socorro constitue une exception, car elle est la seule île volcanique du Pacifique où un volcanisme silicique peralcalin domine.

 

RocaPartida---DiversOne.jpg                             Isla Roca Partida - sa partie émergée - photo DiversOne

 

L’îlot Roca Partida constitue le sommet émergé d’un volcan sous-marin ; RocaPartida---solmarv.com-graphics-RocaPartidaL.gifl’érosion sur des millénaires a réduit Roca Partida à une barre rocheuse de 0,003 km². Deux pics, respectivement hauts de 25 m et 34m (en 1953) sont séparés par une bande de roches de 100m de long pour 8 m. de large et 6m d’élévation relative au-dessus du niveau de la mer.

Isla Roca Partida - doc. Solmarv

Sans eau, ni végétation, elle sert toutefois de lieu de nidification pour quelques oiseaux pélagiques : le fou brun, le fou de Grant, le noddy brun et la sterne fuligineuse. La vie marine prospère par contre tout autour.

 

IslaDeRoca-Pardita---Lasertrimman.jpg                                Isla Roca Partida, sous un autre angle - photo Lasertrimann


A l’écart des trois autres îles de l’archipel, l’île Clarion, autrefois appelée Santa Rosa, mesure 19,8 km² et possède trois pics : Monte Gallegos (335 m) à l’ouest, au centre Monte de la marina (280 m) et à l’est, le Pico de la Tienda (292 m). La côte est bordée de falaises d’une hauteur comprise entre 183 et 24 m., à l’exception de la partie centrale de la côte sud, près de Bahia azufre (Sulphur bay) . Seuls deux bassins d’eau saumâtre constituent une source d’eau temporaire.

 

Clarion-island---ladybugcruise.blogspot.be---Chris-Bennett.JPG                           Les falaises de Clarion - photo Chris Bennett / Ladybugcruise.blogspot

 

Endemic-Clarion-burrowing-owl----ecsc.edu.jpgChevêche des terriers de Clarion - Athene cunicularia rostrata : une endémique de l'île de Clarion  - photo ecsc.edu

 

Sources :

- Global volcanism Program - Socorro

- Geochemistry of hydrothermal fluids from an intraplate ocean island: Everman volcano, Socorro Island, Mexico – By Y.A.Taran & al. 
- CNRS - Comment une dorsale interagit-elle avec un point chaud ? (La campagne océanographique PARISUB (PAnache-RIde SUBmersible), qui se déroule au large du Mexique du 19 mars au 17 avril 2010) 
- Geology - Active rifting in southwestern Mexico: Manifestations of an incipient eastward spreading-ridge jump – by J.F.Luhr & al.
- WWF - Islands of Socorro, Clarion, San Benedicto, and Roc Partida in the Pacific Ocean off the coast of Mexico 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les Islas Revillagigedo (ou archipel Revillagigedo),  forment un groupe de quatre îles volcaniques, localisées dans le Pacifique entre 750 et 970 km. à l’ouest de Manzanillo au Mexique et 390 km au sud-ouest de la pointe sud de la péninsule de Basse Californie.

Ces îles sont reconnues pour leur écosystème unique, présentant un endémisme fort, lié à leur nature volcanique et leur situation par rapport au continent.

 

Mapa_de_Archipielago.png

Le draguage des fonds marins et la photographie sous-marine de la région de Revillagigedo révèlent que les roches exposées dominantes de la partie sous-marine des îles volcans Roca Partida et San Benedicto sont des laves basaltiques alcalines en coussins ; des roches plus siliceuses sont exposées dans les parties plus hautes, subaériennes des volcans.

Les basaltes dragués au niveau de petits volcans sous-marins (seamounts) situés sur la zone de fracture Clarion au sud des îles Revillagigedo sont des pillow basaltes tholéiitiques. Ces derniers sont plus vésiculaires que les pillows tholéiitiques Hawaiien collectés à une profondeur identique, et reflète probablement une teneur plus élevée en éléments volatiles.

 

San-Benedicto-isla--Panoramio--2-.jpgIsla San Benedicto - à l'avant-plan, le Monticulo Cineritico - suit le Barcena, et le Delta Lavico sur sa droite - au fond, les dômes de trachyte - photo Panoramio

 

San Benedicto, appelé anciennement Santo Tomás, est une île inhabitée d’une surface de 10 km² (4,8 / 2,4 km.) . Le côté nord de l’île porte une série de dômes de lave trachytique, datés du Pleistocène. Côté sud, le sommet le plus élevé, le Bárcena, culmine à 332 mètres, coincé entre les restes de deux anciens cratères, le cratère Herrera, vestige d’un grand volcan pyroclastique érodé par l’océan, et le Monticulo Cineritico, au sud-ouest.

Le cône de cendres Bárcena possède une base de 700 mètres de diamètre. Il a été le siège de la première éruption ponceuse enregistrée historiquement dans le Pacifique est, en 1952/1953.

 

Barcena_tuff_cone---A.Richards-1955.jpgVolcan Barcena - au centre du cratère, le dôme de lave noir - Le Delta Lavico  et son point de sortie en partie inférieure du cinder cone - photo A.Richards 1955


L’histoire du Bárcena commence le 1 août 1952 à l’évent El Boquerón. L’éruption débute avec de vigoureuses explosions vulcaniennes qui créent des base surges (*), enregistrés depuis un bateau de pêche, le M/V Challenger. De grandes quantités de cendres et ponces emplissent la vallée entre les cratères Herrera et Montículo Cinerítico, et bâtissent rapidement un cinder cone, qui atteint 300 mètres le 14 août.

 

San-Benedicto-isla.---Barcena-er.---GVP.jpg

     San Benedicto - début de l'éruption explosive du 1° août 1952 - photo GVPby Robert Petrie, 1952 (U.S. Navy; courtesy of Sherman Neuschel, U.S. Geological Survey).

 

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                   San Benedicto - 1°août 1952 - développement du base surges - photo A.Richards

 

Après quelques mois de plus faible activité, une seconde série d’explosions débute le 1° novembre. L’extrusion d’un dôme de lave visqueuse commence dans le cratère.

Le 8 décembre, une coulée sort de la base sud-est du cône et commence à couler dans la mer … cette activité continue jusqu’au 24 février 1953, et forme un delta de lave hémi-circulaire, "le Delta Lavico". Au 9 mars 53, seules subsistent des fumerolles dans le cratère et à la base de la coulée durcie, mais toujours chaude.

 

barcena--1952.12.11.jpg Eruption du Barcena - la fissure sur le flanc du cône et le Delta Lavico, le 11.12.1952 - photo A.Richards

A steaming lava flow issuing from a fissure on the SE flank of Barcena volcano, in the Revillagigedo Islands west of Mexico, forms a peninsula about 300 m wide that extends about 230 m out to sea. This photo from the SE on December 11, 1952 was taken only 3 days after the beginning of lava effusion. By the time the eruption ended in February 1953 the lava delta had extended the shoreline by 700 m.

 

Barcena-volc.-lavas-----Carlo-Ottaviano-Casana.jpg                  Barcena - close up sur les laves  - photo Carlos Ottaviano Casana


L’éruption fut étudiée par Adrian Richards, de l’Université de Californie : Des calculs indiquent que 300 millions de m³ de tephra et lave furent émis durant la brève vie du volcan Bárcena. Des ponces du Bárcena, suffisamment différentes pour être identifiées avec certitudes, furent retrouvées, véhiculées sous forme de radeau de ponce, à Hawaii (4.800 km), Johnston island (6.100 km) et aux îles Marshall (8.700 km en 560 jours).

 

(*) Surge basal :

un surge pyroclastique est une masse fluide de gaz turbulent et fragments de roches éjectés au cours d'une éruptions volcanique. Similaire à une coulée pyroclastique, il en diffère par une moindre densité, ou une plus grande proportion de gaz par rapport aux roches. On donne le nom de surge basal à ce phénomène depuis 1965, suite à une observation faite par un volcanologue de l'USGS et la reconnaissance d'une ressemblance avec le "base surge" se produisant lors d'une explosion atomique.

 

Demain, les autres îles de cet archipel.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Barcena

- Transpacific distribution of floating pumice from Isla San Benedicto, Mexico - by Adrian F. Richards / University of California Scripps Institution of Oceanography, La Jolla, California, USA

- Submarine basalt from the Revillagigedo islands region, Mexico - by James G. Moore / USGS.

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Publié le par Bernard Duyck
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Parmi les nombreux volcans que compte le Mexique, on relève trois groupes d’îles volcaniques situées dans l’océan Pacifique, hors du plateau continental : les îles Revillagigedo,  l’île Guadalupe et Rocas Alijos.

 

San-Benedicto-isla----map.jpg                Situation de Guadalupe island au NO, et des îles Revillagigedo au sud de la carte.

 

La tectonique de cette zone est complexe et liée, pour les îles Revillagigedo au moins, à la zone de fracture Clarion, située à l’ouest du point de rencontre entre les plaques Pacifique, Ribera et Cocos.

La zone de fracture Clarion fut découverte en 1949 par les équipes du navire de  l’U.S. Navy Serrano ; elle s’étend sur 5.200 km., depuis son extrémité ouest, proche d’un groupe de seamounts situés au sud d’Hawaii jusqu’à la base du talus continental au large de Puerto Vallarta au Mexique. Les données de variations magnétiques actuelles, toujours incomplètes, suggèrent que le plancher le long de cette fracture est produit par une expansion des fonds océanique, depuis 80 Ma au moins, et qui est toujours en cours.

 

Clarion-fracture-zone.jpgLes zones de fractures depuis le nord-ouest des Etats-Unis jusqu'au Mexique - les restes de la plaque Farallon sont colorés en chamois - le trait de côte est une fine ligne peu visible.

Doc. The San Andreas fault system - USGS / William P. Irwin


La zone de fracture Clarion fait partie des nombreuses zones de fractures s’étendant du nord du continent américain jusqu’au Mexique, et qui reflètent une même histoire tectonique : elles furent toutes formées par le système d’expansion Pacifique-Farallon au Crétacé, et forment des groupes adaptés aux changements de direction des plaques en mouvements.

 

Guadalupe_Island-cote-SE---Captain-Albert-E.-Theberge--NOA.jpg                     Guadalupe island - photo Captain Albert E.Theberge / NOAA Corps

 

L’île Guadalupe, située à  241 km des côtes de la péninsule de Basse-Californie, Guadalupe - evs-islandsest composée de volcans-boucliers océaniques se recouvrant, qui se sont formés sur une dorsale éteinte. Les roches volcaniques consistent en basalte à olivine et trachyte.

L’île mesure 35 km de long pour 9,5 km de large ; la chaîne volcanique atteint au nord , au Mont Augusta le plus jeune volcan, une hauteur de 1.298 mètres. A la pointe sud, se dresse El Picacho, culminant à 975 mètres.

La partie nord comporte des vallées fertiles et est arborée, tandis que la partie sud est stérile ; la côte est formée de falaises rocheuses et de blocs détachés qui lui font face. Deux îlets proéminents sont situés à 3 km au sud-ouest de Guadalupe, séparés par un espace appelé Tuna Alley.


Photo sat. Guadalupe island - doc. evs-islands

 

 

Rocas Alijos, ou Escollos Alijos, désigne un groupe d’îlets, rocheux et abrupts, situés à 300 km. à l’ouest du continent, aux coordonnées 24°57 N. – 115°44 O. Les trois principaux îlets sont appelés  - South rock, 34 mètres de haut et 14 mètres de diamètre – Middle rock, 18 mètres de haut et 10 mètres de diamètre – North rock, 22 mètres de haut et 12 mètres de diamètre. Les autres rochers sont soit submergés, soit si bas que seuls les creux de vagues les révèlent.

 

Rocas-Alijos----South-and-Middle-Rocks--view-from-the-East-.jpg                    Rocas Alijos - South et Middle rocks - photo Lt. Deborah Barr / NOAA Corps


Ils sont repris sur les cartes depuis 1598 ; la première description en fut faite en 1704 par le pirate John Clipperton.

 

Rocas_Alijos-map---from--THE-MARINE-BIRDS-OF-ALIJOS-ROCKS--.pngRocas Alijos map - from  THE MARINE BIRDS OF ALIJOS ROCKS, MEXICO ROBERT L. PITMAN, National Marine Fisheries Service

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Barcena

- USGS - The San Andreas fault system - by William P. Irwin / USGS

- photos NOAA Corps.

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Situé à 3000 mètres d’altitude, une colline connue en nahuatl sous le nom d’Itzépetlitzetl pour obsidienne, et tepetl pour colline - , et en espagnol comme le Cerro de las Navajas, abrite une mine reconnue pour ses veines d’obsidienne de plusieurs couleurs : noir, vert jade et rougeâtre.


L’archéologie réfère cet endroit comme le principal centre d’approvisionnement en obsidienne de Teotihuacan. De nombreux vestiges toltèques et aztèques y ont été retrouvés : pointes de flèches, couteaux, haches de guerre, divers ustensiles de décoration et préparation d’aliments.

 

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Pointes de lances en obsidienne, retrouvées à Palenque / Musée des Amériques Madrid - photo Simon Burchell.

 

L’obsidienne était connue à l’époque pré-hispanique comme " la pierre des dieux " … ce qui a inspiré la légende :

Une femme nommée Xochitzol, fleur de soleil, était amoureuse d’un guerrier. Son père, un prêtre, n’approuvant pas ce mariage, envoya le guerrier à la guerre. Avant de se séparer, les amoureux se rendirent sur la colline et y scellèrent un pacte d’amour. Xochitzol déclara : "je ne me marierai pas avant ton retour ".

Le temps passa et le guerrier ne revint pas. Xochitzol gravit de nouveau la colline, pour y pleurer sans arrêt. Un dieu lui demanda la raison de ses pleurs, et comment il pouvait la consoler … Xochitzol implora : " que mes larmes deviennent un phare lumineux pour guider le retour de mon bien-aimé ". Les dieux changèrent alors ses larmes en obsidienne.

A ce jour, l’amoureux n’est pas revenu et elle pleure toujours … ses pleurs sont devenus le murmure du vent, et il y a toujours de l’obsidienne pour tous.

 

Origine des gisements d’obsdienne :

Un seule région volcanique peut inclure diverses coulées d’obsidienne, chacune caractérisée par des propriétés optiques et chimique propres et différentes.

La Sierra de Pachuca, au sud de Huasca de Ocampo, possède de l’obsidienne verte, grise et brune.

Ce centre volcanique rhyolitique est situé au nord du TMVB - Trans Mexican Volcanic Belt ; ses dépôts couvrent environ 250 km², consistant principalement en coulée de lave rhyolitique et coulées pyroclastiques, et de nombreux cinder cones et leurs coulées.

 

Sierra-de-Pachuca---Parque-Nacional-El-Chico---Eneas-De-Tro.jpg                                Mexique - La Sierra de Pachuca - photo Eneas de Troya

 

SierradePachucageologicmap-modi-edfromPonomarenko-2004.El.jpgCarte géologique de la Sierra de Pachuca  / d'après Ponomarenko 2004 - les éllipses en pointillés indiquent les zones d'extraction minière pré-hispaniques importantes. / in travail de Denisse Argote-Espino, références en sources.


La Sierra de Pachuca possède quatre complexes éruptifs, chacun composé d’une ou plusieurs coulées de lave, recouvrant une même chambre magmatique. Dans tous les cas, l’obsidienne a pris place en bandes continues au sein d’une large coulée.

La première coulée porteuse d’obsidienne est la coulée Guajalote, au sud-ouest, suivie par l’obsidienne verte de Las Minas dans des coulées en direction de l’ouest et du sud.

L’effondrement du flanc nord du volcan a causé ensuite une avalanche de débris importante, et causé des éruptions explosives ; on observe ces dépôts, datés de 2 Ma. environ,  près de Tulancingo, couvrant une ancienne coulée pyroclastique, qui recouvre à son tour des basaltes qui ont donné les orgues de San Miguel Regla.

La coulée post-avalanche Ixatla a rempli pour part l’amphithéatre d’effondrement, et est associée à de l’obsidienne grise.

Finalement, le complexe de rhyolite et obsidienne El Horcon  a recouvert la cicatrice d’effondrement, débordé et formé les pics majeurs de la Sierra de Pachuca. Les flancs nord et est de la Sierre Las Navajas ont été recouvert eux aussi par les coulées El Horcon.

 

Obsidienne-las-Navajas---trotamexico.jpg                                Eclats d'obsidienne de Las Navajas - photo Trotademexico


L’obsidienne de cette région se présente sous deux formes : soit partie intégrante de la coulée de lave, soit en blocs charriés en contrebas par une avalanche. L’obtention de l’obsidienne se fait le plus souvent par de profonds puits de mines, et des tunnels multibranches horizontaux pénétrants les couches en sub-surface.

 

itzepetl---tulancingoculturalarqueologialasnavajas.jpg                        Dans la mine : filons d'obsidienne - photo Tulancingocultural

 

Sources :

- Obsidian Subsource Identification in the Sierra de Pachuca and Otumba Volcanic Regions, Central Mexico, by ICP-MS andDBSCAN Statistical Analysis/ Denisse Argote-Espino & al. / UNAM - link

- Tulancigocultural -  Los vestigios arqueológicos del Cerro de las Navajas, rica mina de obsidiana - link 

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