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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

La province volcanique de la Cordillère nord comprend, outre le complexe Edziza, le champ volcanique Iskut-Unuk.

Le champ Iskut inclue les Hoodoo mountains et à l’extrême sud, le volcan Lava Fork.

 

canada-volcS.jpg Les volcans canadiens du nord de la colombie Britannique - types et périodes d'éruption - carte Canada volcs.


Le Lava Fork , aussi appelé "The volcano" est en fait un petit cône de cendres, culminant à 1330 mètres ( avec une proéminence de 311 m) et dominant un paysage érodé par les glaciers.

L’activité éruptive y est récente, comparée à celle de la plupart des volcans de la Northern Cordilleran Volcanic Province. Le Lava Fork et ses produits se sont mis en place au cours des derniers 400 ans, bien après la dernière glaciation.

 

Lava-fork-volcano---B.Edwards-oregonstate-univ.JPG      Colombie Britannique - le sommet du cinder cone Lava Fork - photo B. Edwards/ Oregonstate un.

 

Selon la nouvelle datation de S.Karl & al. (USGS), l’éruption la plus récente ayant marqué la frontière entre le canada et l’Alaska s’est produite il y a 120 ans seulement, et a formé les coulées Blue River.

Elles ont rempli la vallée, formant des barrages sur la Blue river et créant de petits lacs. Leur longueur totale est de 22 km.

 

Lava-Fork-valley---Oregonstate-univ.JPG               Colombie Britannique - la Blue river valley - photo B. Edwards/ Oregonstate un.

 

Blue-River-Flow-copie.jpg                        Colombie Britannique -  Blue river lava flows - photo Susan Karl / USGS


Le volcanisme de cette région reculée est toujours considéré comme actif, d’autant qu’un séisme sur la faille Fairweather-Queen charlotte, une faille coulissante off-shore majeure, présente un risque important d’association avec une éruption volcanique.

 

Queen carlotte - Fairweather fault system             Alaska - Colombie Britannique : le système de faille Queen Charlotte-Fairweather (QC-FW)

                                            doc. Green & al.

 

 

Plus au sud, le Tseax cone, aussi appelé Aiyansh volcano, forme un jeune cône de cendres et ses coulées associées. Actuellement d’un diamètre de 290 mètres à la base, il constitue les restes d’un cône plus grand de 460 mètres de diamètre. Il est formé de cendres et bombes volcaniques. Le Tseax cone est la source de coulées datées de 1750-1775, qui ont parcouru la Tseax river et la Nass river, sur 22,5 km. La lave basaltique fluide a formé des coulées pahoehoe  et des tunnels de lave, comme des coulées "a a". Elle a laissé aussi de nombreux moulages d’arbres.

 

411px-Nisga-a_Memorial_Lava_Bed_Provincial_Park---Miguel-Bo.jpgColombie Britannique - le Tseax cone lava bed, et les coulées recouvertes de mousses et lichens - photo Nisga'a Memorial provincial / Miguel Borges / Flickr


Les légendes des indiens Nisga’a, vérifiées sur le terrain par le Geological Survey of Canada, rapportent la destruction de deux villages … près de 2.000 personnes périrent asphyxiés par les gaz volcaniques (CO2). Les lits de lave de la Nass river atteignent 12 mètres de hauteur par place.

 

Nass_Valley_Lava_Beds---Dave-Walker-08.2005.jpg                   Colombie Britannique - Nass river lava beds - photo Dave Walker 2005

 

 

Sources :

 - The distribution, nature and origin of Neogene-Quaternary magmatism
in the
Northern Cordilleran Volcanic Province, northern Canadian Cordillera. - by
Edwards, B.R. & Russell, J.K. 2000.  / Geological Society of America Bulletin.

- Global Volcanism Program - Iskut-Unuk river cones group

- Global Volcanism Program - Tseak river cone

- Volcanic history of the Northern Cordilleran volcanic Province



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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

  Le Belem, le dernier grand voilier Français, aperçu en rade de Dunkerque après la réunion L.A.V.E.- Nord, Pas-de Calais, Picardie, - lien - est un rescapé de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902.

 

belem---mesnil-saint-Denis.jpg                    Le Belem "toutes voiles dehors" - photo Mesnil St-Denis

 

Revenons sur les circonstances de ce désastre.

Début mai 1902, le Belem arrive en rade de Saint-Pierre, à La Martinique. Les navires y sont obligés de s’embosser les uns à côté des autres en rangs serrés … sa place a été prise par le voilier Tamaya, d’un armement Nantais. Le Belem doit aller s’ancrer dans une autre baie, le havre du Robert, de l’autre côté de l’île : cette mésaventure, qui irrite son commandant, le Capitaine Chauvelon, sauve le trois-mâts et son équipage.

 

Saint-Pierre.jpg                    La rade de Saint-Pierre de La Martinique ... avant l'éruption - photo R.Thomas

 

L’éruption du 8 mai a été précédée de signes avant-coureurs non reconnus à l’époque … d’autres en ont perçu les prémices.

Le 7 mai, le Capitaine Ferrata, commandant de l’Orsolina, décide de lever l’ancre, malgré l’interdiction de le faire sans autorisation … son bateau est déjà recouvert de cendres !  Les douanes refusent de la laisser partir, le menacent de sanctions, mais cet habitué des colères du Vésuve leur rétorque : " Qui me les appliquera ? Demain, vous serez tous morts ". Son bateau sera le seul rescapé de ceux qui mouillaient en rade de Saint-Pierre.

 

Le 8 mai, Chauvelon s’apprête à débarquer pour rejoindre Saint-Pierre à cheval et déjeuner avec le Capitaine Mahéo, quand le volcan entre en éruption. Le bruit de celle-ci et le panache de cendres qui émane du sommet attirent l’équipage sur le pont. Une pluie de cendres arrive sur le Belem … son pont se couvre de lapilli, son gréement et sa mâture sont endommagés. L’épaisse couche de cendres se transforme quelques heures plus tard sous une pluie torrentielle en une boue caustique et consistante, dure comme du mortier. (Louis Lacroix : Les derniers voiliers antillais et les voyages de forçats à la Guyane. 1945)

 

Mais à Saint-pierre, c’est l’enfer !

Une nuée ardente se rue sur la ville, la couvre, l’embrase puis roule sur la rade … rien n’est épargné.

Alfred Lacroix a étudié cette éruption en détail ; Simone Chrétien et Robert Brousse la retrace après analyse de divers témoignages dans leur livre " La Montagne Pelée se réveille "


Quelques descriptions puisées dans ce triller volcanique :

  " Vers les 8 heures, étant encore à regarder le cratère, j’en vis sortir une petite vague, suivie deux secondes après d’une nappe considérable qui mit moins de trois secondes à couvrir jusqu’à la pointe du Carbet, en même temps qu’elle se trouvait déjà à notre zénith, se développant par conséquent presqu’aussi vite en hauteur qu’en longueur (…) Au milieu de ce chaos de vapeurs pétillaient d’innombrables étincelles électriques, en même temps que les oreilles étaient assourdies par un fracas épouvantable. (…) En même temps que sur la ville de Saint-pierre et dans la direction a peu près où je savais se trouver le quartier du Mouillage, nous vîmes une colonne de feu semblant animée d’un mouvement de translation et d’un autre mouvement de rotation, laquelle trombe de feu j’estime au moins de 400 mètres de hauteur. Ce phénomène dura de deux à trois minutes. " - (Description de Roger Arnoux, membre de la Société Astronomique de France, assistant à l’éruption depuis le Parnasse, sur les hauteurs à l’est de St-Pierre)

 

8      Saint-Pierre de La Martinique ... après l'éruption. La rade est vide, la ville rasée - photo M.N.H. Paris

 

Dans la rade, la nuée boute le feu aux navires : les voiliers démâtés sombrent ou brûlent, des noyés flottent, sur un fond de brasier dominé par le volcan en éruption. Le Roddam, protégé par sa coque métallique, fait exception. Le Capitaine Freeman en fait le récit, repris par A. Lacroix : 

" La cendre brûlante balaya le navire, incendiant tout ce qu’elle touchait, pénétrant partout (…) Dans la chambre des cartes, la cendre arrivait, nous aveuglant et nous brûlant : ce fut une torture effroyable qui, durant deux minutes, sembla durer deux ans ".

 

Belem              .   Le Belem, à quai à Bordeaux - photo La Cub - Communauté urbaine de Bordeaux

 

 ... Le reste de ce(s) récit(s) palpitant(s) est à lire dans le livre de Simone, et dans l’Histoire du Belem (liens en Sources), qui poursuivit ensuite sa carrière comme yacht de luxe, puis navire-école, avant de retrouver en 1979 son pavillon français.

 

Sources :

-  La Montagne Pelée se réveille – Comment se prépare une éruption cataclysmique – par Simone Chrétien et Robert Brousse / éd. Boubée

-  Trois-mâts Belem – son histoire – link

-   Belem – 2 – Enfer en Martinique – éd. Glénat – Chasse-marée.

 

51RD8FW12NL.jpgBelem---Mt-Pelee---DK-2013.jpgA gauche, le livre de Simone Chrétien et Robert Brousse / ma Bibliothèque

 

A droite, couverture de la BD de J-Y. Delitte -

photo http://avaxhome.ws/comics

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Une récente émission de David Attenborough sur les serres tropicales de Kue Gardens, en Angleterre, a mis en lumière des zones géothermales situées au Rwanda.

Quel peut être le point commun entre ces deux endroits fort éloignés ?

 

Le Nymphea thermarum Eb.Fisch. :

Le nénuphar pygmée rwandais (nom usuel, non officiel) - pygmy Rwandan water lily -  est un nénuphar "thermal" poussant autour des sources chaudes de Mashyuza, dans le sud-ouest du Rwanda.

Découverte en 1987 seulement par le botaniste allemand de l’Université de Koblenz-Landau, le professeur Eberhard Fischer, cette endémique a disparu de cette implantation suite à la surexploitation de la source chaude lui fournissant son fragile habitat. L’eau ne pouvant plus atteindre la surface, la petite zone, chaude et humide où il poussait, s’est desséchée et tous les exemplaires ont disparu.

 

Nymphea-Thermarum--Seerosen.jpg                     Nymphea thermarum Eb.Fisch - photo Seerosen.org (~x4)

 

Fort heureusement avant son extinction dans la nature, des exemplaires avaient été cultivés en Allemagne, à Bonn, et à Kew Gardens, en Angleterre. Toutefois, l’espèce s’est révélée extrêmement difficile à multiplier.

carlos-magdalena-foto-kew-gardens-copie-1.jpgL’horticulteur Carlos Magdalena de Kew Gardens (photo) a déchiffré l’énigme de la culture de cette espèce rare de nénuphar africain, considéré comme le plus petit au monde, avec des feuilles n'atteignant parfois que 1 cm de diamètre. Il a rassemblé des informations sur l’habitat naturel de la plante en retournant  à la description originale en allemand de celle-ci : "Il pousse dans la boue humide due au débordement d’une source chaude. L’eau atteint la surface à 50°C, mais la plante colonise un secteur où l’eau a refroidi jusqu’à 25°C ".

Cela signifie qu’au contraire de toutes les autres espèces connues de nénuphars, Nymphea thermarum ne pousse pas submergé dans l’eau profonde des lacs, rivières ou marais. La découverte est que cette espèce de petite taille, extrêmement rare et inhabituelle, pousse en terrain humide au bord d’une source chaude thermale. Avec ces données en main, Carlos Magdalena a procédé à un dernier essai. Il a placé semences et semis dans des pots de terreau à l’intérieur de petits récipients remplis d’eau afin de maintenir l’eau au même niveau que la surface du terreau, à une température de 25°C. Les derniers individus restants de l’espèce ont ainsi pu être exposés à une concentration plus forte de dioxyde de carbone et d’oxygène dans l’air. A sa joie et sa surprise, les plants se sont vite renforcés et après quelques semaines, huit d’entre eux ont commencé à prospérer et ont atteint la maturité avec des feuilles plus épaisses, plus vertes et plus larges.

 

Nymphaea_thermarum-Kew-gardens---CT-Johansson.jpg     Nymphea thermarum Eb.Fisch en conditions de culture - photo C.T. Johansson / Kew Gardens


Ce nénuphar possède des fleurs blanches à étamines jaunes, probablement autopollinisées, qui s’ouvrent le matin pour se refermer en début d’après-midi. Une fois la floraison terminée, le pétiole se courbe pour que le fruit entre en contact avec la boue humide. Après maturation, le fruit libère les semences. La plante ne se reproduit que par semis.

En novembre 2009, la collection de Nymphea thermarum de Kew a fleuri pour la première fois.

Comme cette espèce est aujourd’hui multipliée et cultivée facilement dans les serres, et comme la source chaude continue à couler (mais elle est captée avant d’atteindre la surface), il pourrait y avoir une possibilité de restaurer le site et de réintroduire Nymphaea thermarum au Rwanda.


Le potentiel géothermique du Rift africain :

De nombreuses sources chaudes émergent dans le graben Mashyuza, à une température allant jusqu’à 54,2°C. Elles témoignent d’un potentiel géothermal lié au rift africain, et dans ce cas, à sa branche occidentale.

 

figure2.jpg          Le rift Est africain et ses deux branches, ouest et est, entourant le craton Tanzanien.


La présence de ce petit nénuphar, et son éventuelle réimplantation, remettent à l’ordre du jour une source énergétique disponible et inutilisée, sinon gaspillée, malgré son inventaire dans les années 70-80. L’utilisation de cette source d’énergie pourrait se substituer à terme à l’utilisation du charbon de bois, mettant en danger les écosystèmes.

 

Rwanda-geothermie.jpg                                         Rwanda - en gras, les zones géothermales étudiées 

 

Sources :

- Kew Royal Botanical Gardens - Nymphea thermarum

- Science News - Smallest waterlily in the world brought back from the brink of extinction at Kew Gardens.

- Seerosen - Nymphea thermarum

- Geothermal development in rwanda : an alternative to the energy crisis - Ministry of infrastructure, Kigali, Rwanda.   

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Publié le par Bernard Duyck
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misty-fjord-national-monument---wordpress.jpg

                         Alaska SE - Misty fjords National Monument - photo Wordpress


La zone de Behm Canal – Rudyerd Bay, située dans le Misty fjords national monument dans l’enclave du SE Alaska, compte de nombreux cinder cones basaltiques et des coulées de lave sur les deux côtés du canal de Behm, qui sépare l’île Revillagigedo du continent.

 

Misty-fjords---Behm-Canal-Rudyerd-Bay.jpgmisty-fiordsjpg-514e7ec9c3265c3c.jpgSituation du Behm Canal / Misty Fjords N.M.

A droite, portion du Behm canal et situation de New Eddystone Rock, près de Rudyerd Bay.

 

Les coulées de lave, qui présentent par place des colonnades basaltiques, surmontent des sédiments fluvio-glaciaires et des gneiss granitiques.

La surface des coulées de lave et les cônes de cendres, non perturbés, situés à Painted Peak, au sud-est de l’île Revillagigelo, indiquent que l’activité volcanique fut principalement post-glaciaire. Des ponces, des lapillis et des cendres couvrent des parties de crêtes glaciaires.

 

Painted-peak-columnar-basalt---Baichtal-JF.jpg                                Alaska SE - Painted peak : basalte prismé - photo Baichtal J.F.

 

Dans le Canal de Behm lui-même, près de l’entrée de Rudyerd Bay, un bouchon volcanique émerge des profondeurs pour former le New Eddystone Rock. Cette cheminée, emplie de lave basaltique, constitue les restes d’un évent volcanique. Le basalte a été émis de fractures dans le plancher de Behm Canal il y a quelques 10 millions d’années. Les coulées de lave répandues sur le plancher de Behm Canal ont été érodées par les glaciers, ne laissant qu’Eddystone Rock et quelques îles au nord-est.

L’endroit est connu pour ses sources chaudes. Il doit son nom au navigateur Britannique George Vancouver, qui nomma diverses structures et endroits des Misty Fjords.

 

7s_New_eddytone_Rock_Alaska--shltrip-Sing-Lin.JPGAlaska SE - New Eddystone Rock , un bouchon volcanique dans le Behm Canalphoto Sing Lin / shltrip

 

New_Eddystone_Rock_with_shoals_exposed---Alan-Wu-08.2010.jpg                                  Alaska SE - New Eddystone Rock - photo Alan Wu 08.2010


Un nouveau volcan découvert sous les eaux de Behm Canal :

Un nouveau volcan vient d’être découvert à proximité de New Eddystone Rock, lors de levées hydrographiques pratiquées par le NOAA. Les géologues Jim Baichtal et Sue Karl ont découvert le cratère d’un volcan  "contemporain du précédent" à 45 mètres sous la surface des eaux du Behm Canal.

 

New-Behm-Vent--near-Misty-fjord---Krbd.org.jpgAlaska SE - image bathymétrique du nouveau volcan découvert dans Behm Canal - doc. Jim Baichtal / U.S.Forest Service - in Krbd.org

Ce qui le rend particulier, c’est qu’il n’était pas sous eau lors de sa période active, il y  10.000 ans environ. Sa forme rappelle sa formation par dépôts de cendres, lors d’une éruption de type surtseyen, en une période de niveau marin plus bas, et de relèvement du niveau des terres après la fin de la période glaciaire et le retrait des glaces (effet de rebond).

 

Sources :

- AVO-USGS - Behm Canal et Rudyerd Bay- link

- Global Volcanism Program - Behm Canal-Rudyerd Bay

- KTOO - Geologist discover underwater volcano in Southeast Alaska - By Leila Kheiry / KRBD Ketchikan. - link

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Publié le par Bernard Duyck
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edgecombe---Nerkasalmon-wordpress.jpg

                    Alaska SE - le stratovolcan Edgecumbe - photo Nerkasalmon / Wordpress


Le sud-est de l’Alaska forme une bande côtière étroite qui s’avance en territoire Canadien ; elle contient quelques volcans, dont un édifice sous-marin récemment découvert.

 

Southeast-Alaska---AVO-map.gifSud-est Alaska - Les triangles noirs indiquent les volcans actifs à l'Holocène - carte AVO-USGS

 

La région possède une tectonique particulière :
Le long de la côte ouest, la plaque océanique du Pacifique glisse vers le nord, séparée de l’Amérique du Nord par une faille coulissante, ou faille de décrochement, connue sous le nom de " marge continentale transformante des îles de la Reine-Charlotte ".

La plupart des failles sont au large des côtes, mais certaines, comme la faille Fairweather (FF - qui passe près du mont Fairweather, à la pointe sud-ouest du nord-ouest de la Colombie-Britannique) poursuit sa trajectoire à l’intérieur des terres dans le sud-est de l’Alaska.

D’autres failles qui suivent un plan de fracture nord-ouest vers l’intérieur du Yukon et le nord de la Colombie-Britannique sont le reflet de temps révolus lorsque les continents, les îles et le fond des océans subissaient le brassage de la tectonique des plaques, résultant en la formation de terranes distincts.

 

Queen-carlotte---Fairweather--fault-system.jpgLe système de failles Queen Charlotte-Fairweather (et autres failles régionales) et le terrane Yakutat - les centres volcaniques sont signalés par une pointe orange.

A=Admiralty Island, AV=Alsek Valley, B=Baranof Island, C=Chichagof Island, CA=Cape Addington, CF=Cape Fairweather, CO=Cape Ommaney, CS=Cross Sound, CSF=Chatham Strait Fault, DE=Dixon Entrance, FF=Fairweather Fault, FG-eb=Fairweather Ground—eastern bank, FG-wb=Fairweather Ground—western bank, K=Kruzof Island, MEV=Mount Edgecumbe volcano, OEVF=Offshore Edgecumbe Volcanic Field, OCA=Offshore Cape Addington Volcanic Field, OCO=Offshore Cape Ommaney area, PSF=Peril Strait Fault, QC–FW=Queen Charlotte–Fairweather fault system, YB=Yakutat Bay.

 

Edgecumbe-gm.jpgAlaska SE - le champ volcanique Edgecumbe et ses principaux volcans alignés SO-NE - d'après une carte topographique en relief de l'AVO-USGS

 

Mt-Edgecumbe---Crater-ridge---Walteransdsara.pngAlaska SE - à gauche, le stratovolcan Edgecumbe - à droite, Crater Ridge - photo Walterandsara blog.


Le champ volcanique Edgecumbe se situe sur l’île Kruzof, et sur la plaque tectonique nord-américaine à 10-15 km à l’intérieur de la faille transformante Reine Charlotte – Fairweather, séparant les plaques nord-américaine et Pacifique. Il est daté du Pléistocène - Holocène.

Ce champ volcanique, basaltique à dacitique, couvre 260 km² ; il comprend le stratovolcan symétrique Edgecumbe, les dômes et cratère de Crater Ridge et Shell mountain.

 

Le Mt. Edgecumbe est un stratovolcan à dominante andésitique, d’un volume de 3,5 km³, qui culmine à 970 mètres, et possède un cratère bien défini.

Il a été nommé en 1778 par le capitaine James Cook. Bien que sa morphologie reflète une construction récente, aucune éruption historique n’est rapportée dans les traditions orales, ni dans les documents Russes.

 

Mt_Edgecumbe_in_Sitka---Medicaster.JPG                            Alaska SE - le Mt. Edgecumbe, vu de Sitka (au SE)  - photo Medicaster

 

Les autres structures sont alignées sur une ligne SO-NE, marquant une fissure régionale, qui a abrité une activité volcanique depuis 600.000 ans.

Les dômes de Crater ridge sont de nature rhyolitique et concernent un volume de 3,5 km³ de magma.

Crater Ridge est tronqué par une caldeira de 1600 mètres de large, profonde de 240 mètres.

 

Crater-Ridge-et-unnamed-volc.---Jim-Riehle-USGS.jpgAlaska SE -  à l'avant-plan, le sommet de l'Edgecumbe et les pentes colorées de ponces dacitiques de l'épisode pyroclastique post-glaciaire - en arrière-plan, les dômes de Crater ridge, arborés - photo Jim Riehle - 05.2002  (U.S. Geological Survey, Alaska Volcano Observatory).

 

Les dernières éruptions en date sont des explosions phréatomagmatiques qui ont eu lieu au milieu de l’holocène, la dernière activité étant datée par le GVP de 2.220 avant JC (datation radiocarbone non revue).

L’activité post-glaciaire a produit des dépôts pyroclastiques volumineux, équivalents à 7,6 km³ de roches denses, et retrouvés jusqu’à Juneau et Lituya Bay, 200 km. plus au nord. Une collecte de sédiments marins du bassin adjacent, e.a. dans le Sitka Sound, contient des dépôts de tephra et de coulées pyroclastiques, de composition principalement rhyolitique, et pour une moindre portion dacitique. On y a trouvé aussi des cryptotephra correspondant à la White river Ash (éruption datée des environs de l'an 800).

 

Sitka-sound-subaerial-pyroc.-flows-MEVF---Rhiele---al-1989.jpgAlaska SE - bathymétrie du Sitka Sound en relation avec les coulées pyroclastiques subaérienne du champ volcanique edgecumbe ( Riehle & al. 1989)

La ligne blanche, à 70 mètres de profondeur, indique le niveau marin eustatique au temps de la déposition des téphra du Mt. Edgecumbe (Fairbanks 1989) - doc. du "Marine tephrochronology of the Mt. Edgecumbe Volcanic Field" , réf. en sources.

 

Edgecumbe-2004---Duncan-Marriott.JPG                     Alaska SE - Mt. Edgecumbe 12.2004 - photo Marriott Duncan


  

 Sources :

- Global Volcanism Program - Edgecumbe

- AVO - USGS - Mt. Edgecumbe

- Marine tephrochronology of the Mt. Edgecumbe Volcanic Field, Southeast Alaska, USA - By Jason A. Addison, James E. Beget, Thomas A. Ager, Bruce P. Finney

 - Tectonic and glacial related seafloor geomorphology as possible demersal shelf rockfish habitat surrogates—Examples along the Alaskan convergent transform plate boundary – by H. Gary Greene, Victoria M. O’Connell, Cleo K. Brylinsky

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Publié le par Bernard Duyck
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A l’extrême est du champ volcanique Wrangell-St. Elias, près de la frontière entre les territoires de l’Alaska (U.S.A.) et du Yukon (Canada), deux grands volcans du Quaternaire forment le massif Bona- Churchill.

 

Mt._Bona-_Alaska--2013--Nwchica85.jpg                                              Alaska - le Mt Bona - photo Nwchica85


Le Mt. Churchill, haut de 4.766 mètres, est coiffé d’une caldeira de 2,7 sur 4,2 km. Un ensellement élevé le sépare du Mt. Bona, haut de 5.005 mètres. Ils sont tous deux couverts de champs de glaces et de glaciers ; le massif est la principale source de glace du glacier Klutlan, qui coule vers l’Est sur 64 km. et pénètre en territoire Canadien, et contribue aussi largement au système glaciaire Russell, qui s’écoule vers le nord.

 

BonaChurchill---skimountaineer.jpgLe Mt. Churchill à gauche et le Mt. Bona à droite, vu du glacier Russell au nord-ouest du massif - photo George Heben / Skimountaineer


Toponymie :

- Le Mt.Bona doit son nom au Prince Luigi Amedeo, duc des Abruzzes qui fit, en 1897, la première ascension du Mt St. Elias à 130 km vers le sud-est. Quand il le vit, il lui donna le nom de son yacht de course, le "Bona" . Le sommet du Bona ne fut vaincu qu’en 1930.

- Le Mt. Churchill fut escaladé pour la première fois en 1951 par Gates & Limberg. Considéré comme un satellite du Mt. Bona en ce temps, il ne portait pas de nom particulier. Il ne fut nommé qu’en 1965, en l’honneur du premier ministre Anglais Winston Churchill.


Les dépôts de cendres bilobés de la White river (White river ash) :

les tephra rhyodacitiques couvrent plus de 340.000 km² situés en Alaska, et surtout au Canada, sur les territoires du Yukon et du nord-ouest. Ces dépôts correspondent à deux éruptions pliniennes séparées, sous l’influence de vents forts unidirectionnels, et  identifiées comme étant produites par le Mt.Churchill dans les Wrangell-St. Elias Mountains (McGimsey & al. 1990).

 

Churchill-et-White-river-ash---nrcan.gc.ca.jpg

  White river ash eastern lobe - tectonique - doc. Natural Resources Canada / Blast from the past

 

white_river_ash---Mt-Churchill2.jpgSource et emplacements des dépôts de ponce de la "White river ash" - doc. Yukon Geological Survey

Encart du haut : les deux lobes correspondant aux deux éruptions pliniennes - encart du bas : emplacement des zones de ponces proximales et des terrasses en bordure du glacier Klutlan.


Elles sont datées par le GVP de l’an 60 +/- 200 ans, et de l’an 800+/- 100 ans. Les deux éruptions sont qualifiées de VEI 6, la dernière étant la plus importante au vu du volume de tephra émis : plus de 30km³ pour le lobe Est, émis en période hivernale, contre moins de 20 km³ pour le lobe nord, émis en période estivale. (in West, K.D. & Donaldson, J.D. -2000).


Le Mt. Churchill possède un cratère dont le pourtour est composé principalement de cendres, de pierre ponce à grain grossier et de fragments de roches exotiques. Les éclats de pierre ponce diminuent de grosseur et les roches exotiques disparaissent en s’éloignant du sommet du cratère. Les dépôts de la White River Ash et la pierre ponce du sommet du Mt. Churchill présentent des compositions chimique et minéralogique similaires.

 

Churchill-05.1990--Brigham---McGimsey-east-rim-caldera---Du.jpgUne équipe de l'USGS sur le bord Est de la caldeira sommitale du Mt. Churchill - ponces et fragments lithiques de l'éruption de l'an 800 (White river ash, Eastern lobe) - photo G. Dubois - AVO-USGS.

 
white_river_ash---Mt-Churchill1-copie-1.jpg

White-river-ash-10-cm---Yukon--.jpg

 

 

 

 

 

 

 

White river ash eastern lobe / Yukon :

à gauche, particule de poussière très vésiculée (gross. 1200 x) allongée par la violence des conditions au moment de l'éruption de l'an 800 - doc. Yukon Geological Survey - à droite, talus routier exposant une couche claire de 10 cm. d'épaisseur de la White river ash - photo P. Sinclair / Natural Resources Canada.


Outre ces dépôts proximaux, il a été retrouvé des traces de cendres ( White River Ash lobe oriental) de l’éruption en Irlande et en Allemagne (AGU meeting 12.2012).

Ces éruptions figurent parmi les plus importantes éruptions ayant frappé l’Amérique du nord au cours des deux derniers millénaires. Elles ont affecté la faune et la flore, modifié les activités humaines, et influencé le climat mondial … des anthropologues affirment que l’éruption de l’an 800 aurait forcé la migration de groupes d’indigènes vers le S.O. des Etats-Unis.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Churchill

- AVO-USGS - Mt. Churchill

- Mt. Churchill, Alaska : source of the late holocene white River Ash - by D.H. Richter & al.

- Evidence for winter eruption of the White River Ash (eastern lobe) Yukon territory Canada - by K.D. West & J.D. Donaldson

- Natural Resources Canada - Blast from the past 

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Publié le par Bernard Duyck
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Mt-Blackburn---NPS-2.jpg

                                 Alaska - le mont Blackburn - photo National Park Service


Le Mt. Blackburn, le plus haut pic des Wrangell mountains, est en fait le vestige érosionnel d’un grand volcan. Il culmine actuellement à 4.996 mètres. Il est recouvert de glaciers et de neiges éternelles ; les glaciers principaux sont le Kennicott (photo ci-dessous), le Nabesna et le Kuskulana.


Il s’agit vraisemblablement d’un grand volcan-bouclier, contenant une vaste caldeira sommitale (estimée à environ 15 x 20 km). L’érosion de la structure originale ne laisse pas deviner son ancienne forme.


Les roches les plus anciennes du Mt. Blackburn sont des granites qui font intrusion dans les laves situées le long d’une fracture en arc, interprétée comme limite de la caldeira. Ces laves sont datées de plus de 5 millions d’années, et représentent probablement les premiers produits du volcan-bouclier. On retrouve dans le reste du massif Mt. Blackburn des intrusions granitiques plus jeunes, datées de 3,4 Ma, dans une couche faite de coulées andésitiques … ces formations suggèrent que la caldeira primitive doit s’être formée par effondrement entre 4,2 et 3,4 Ma. Il n’y a plus de traces d’activité volcanique suite au collapsus et au remplissage de la caldeira.

 

MtBlackburn-KennicottGlacier---NPS.jpg               Alaska - le mont Blackburn et le glacier Kennicott - photo National Park Service


Le Mt. Jarvis forme le point le plus élevé d’une dorsale de 10 km. de longueur et haute de 4.000 mètres, légèrement en courbe. Elle est composée d’une épaisse séquence de coulées de lave dacitique et andésitique, recouverte soit par une coulée de dacite, soit par de petit dômes de dacite. Une datation faite sur une coulée basale suggère une émission il y a 1,6 Ma. (Richter & Smith 1976)

 

Mt-Jarvis.jpgAlaska - le Mt. Jarvis - 4.091 mètres - en forme d'haltère, sur la gauche, et le glacier Jacksina serpentant vers le point d'observation - photo Wrangell-St.Elias Nat. park / R. McGimsey.


 

Le Mt. Gordon est le plus haut, avec 2.755 m, d’une série de cinder cones basaltique à basalto-andésitique, situés au nord des Wrangell mountains, entre le Mt. Drum et le glacier Nabesna. Beaucoup ont moins de 100 mètres de haut, mais le Mt. Gordon possède des mensurations différentes : 625 m. de hauteur pour un diamètre de 5 km. Il repose sur des laves du Wrangell ancestral. (Richter 1990). Son âge précis est inconnu.

 

Mount_Gordon---D.Richter-USGS.jpgAlaska - Le Mont Gordon recouvert de neige - photo Donald Richter, 1994 (U.S. Geological Survey, published in Richter et al., 1995).

 

Sources :

- AVO - USGS - Wrangell group

- Global Volcanism Program - Gordon

- USGS - Guidebook to the volcanoes of the western Wrangell mountains.

- N.P.S. - Wrangell-St. Helias Nat. Park and Preserve - link

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Après le Mont Wrangell, qui a donné son nom au champ volcanique et a été le plus étudié, examinons deux volcans de l'ouest de ce massif : les Monts Drum et Sanford.

 

Wrangell-mountains---USGS.gif

                                 Alaska - les Wrangell mountains - carte simplifiée USGS.


Le Mt. Drum, 3.661 mètres, situé le plus à l’ouest du champ volcanique Wrangell, s’est édifié entre il y a  700.000 et 240.000 ans, au cours de deux cycles majeurs d’activité.

 

Mt-Drum---a-G-dome--a-D-Snider-peak---NPS.jpgAlaska - le Mont Drum et son flanc sud détruit - à gauche, un dôme et à droite, la silhouette pointue du Snider peak, un dôme rhyodacitique (voir coupe ci-dessous) - photo N.P.S.


Le premier cycle – 700.000 à 500.000 ans-, inclut la formation d’un premier cône, stratovolcan (ou possible volcan-bouclier), constitué de coulées d’andésite et dacite, de brèches, lahars et tuffs. La fin du cycle culmine avec la mise en place d’une série de dômes rhyolitiques.


Le second cycle – 500.000 à 240.000 ans -  suit, sans interruption apparente, avec la construction continue du cône, sur base de coulées plus dacitiques et de dépôts pyroclastiques et volcanoclastiques. Il est suivi de la mise en place d’au moins neuf dômes de dacite, le long de deux systèmes en arc entourant le volcan à 8 km. environ de l’évent central. Le dôme rhyodacitique de Snider peak et ses coulées massives de dacite marque la fin de la période de construction.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK24.---coupe-Mt-Drum-.jpgMt Drum - Coupe géologique nord-sud, montrant l'hypothétique silhouette du volcan avant son explosion et diverses structures actuelles  -  doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.


A la suite du second cycle d’activité, une activité explosive paroxysmale, liée au flanc sud vraisemblablement près de Snider peak, détruit, il y a 100.000 ans, la moitié sud du stratovolcan, générant une avalanche de débris chauds et froids, et des coulées de boues très fluides (provenant de fonte glaciaire), d’un volume de 7 km³, qui va recouvrir plus de 200km² et atteindre Chitina à 84 km..

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK24---mt.Drum.jpgMt Drum - emplacement de la grande avalanche de débris et des lahars - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

 

Mt-Drum---Shrub-mud-volcano---G.McGimsey-AVO.JPGAlaska - en fond, le Mt Drum - à l'avant-plan, le Shrub mud volcano dépassent de 100 mètres le bassin de la Cooper river- photo G.McGimsey / AVO-USGS

 

Deux volcans de boue sont localisés dans le bassin de la Cooper river, près des Wrangell Mountains : le Shrub et le Klawasi.

La première éruption du volcan de boue Shrub date de 1997 et était continue en 2009. La production est principalement composée de boue et gaz, surtout du CO2, avec de l'hélium, du méthane, de l'argon et de l'azote. L'analyse isotopique du carbone suggère un mix entre le CO2 d'origine magmatique et celui provenant de contact avec le calcaire métamorphique en profondeur. L'hélium dérive de sources magmatiques crustales.

Le dioxyde de carbone est responsable de la mort d'arbres, oiseaux et faune sauvage à proximité; sa concentration est dangereuse pour les visiteurs.

 

Le Mt Sanford, un grand volcan-bouclier disséqué, avec un impressionnant sommet bombé, est le plus haut du champ volcanique Wrangell ; il culmine à 4.949 mètres, couvert de neiges éternelles, ce qui rend les observations géologiques difficiles.

 

Mt-Sanford---NPS.jpg                                       Alaska - le Mt Sanford - photo N.P.S.

 

Mt-Sanford---Alaska-trekker.jpg           Alaska - Mt Sanford - le sommet arrondi, vu sous un angle différent - photo Alaska trekker.


La principale fenêtre dans cette couverture glaciaire est le grand amphithéâtre situé à la tête du glacier Sanford. Les dernières études indiquent que le Mt. Sanford est relativement jeune : il s’est développé sur une base d’au moins trois volcans-boucliers andésitiques coalescents, actifs à dater de 900.000 ans pendant quelques centaines de milliers d’années, et référencés comme Centres éruptifs Sanford nord, ouest et sud.


L’activité a ensuite migré vers un évent central, en surimposant une grande structure andésitique, un dôme épais ou une coulée de lave emplissant un cratère sommital ? Ces centres éruptifs comportent des intrusions de dacite et andésite, des complexes de dykes, des dépôts divers et des évents localisés sur un rift linéaire ; ces centres sont marqués par des hauteurs marquant la topographie.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK25---Sanford-flow.jpgMt Sanford - localisation des trois centres éruptifs et de la coulée rhyolitique - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.


Une caractéristique qui rend le volcan Sanford unique au sein du champ Wrangell est la Grande coulée de rhyolite, probablement éruptée du centre éruptif nord, il y a 600.000 à 500.000 ans : 20 km³ de rhyolite se sont répandues sur le flanc nord-est du volcan sur plus de 18 km.,  et sur une épaisseur atteignant par place 305 m d’épaisseur.

 

Sources :

- Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

- Global Volcanism Program - Sanford

- AVO - USGS - Wrangell mountains

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Wrangell-USGS.jpg

      Alaska - le Mont Wrangell et le Mt Zanetti, un spatter-cinder cone, sur la gauche- photo USGS


Le Mont Wrangell est un important volcan-bouclier andésitique : trente 266506.jpgkilomètres de diamètre basal, pour un volume de 900 km³. Son sommet occidental culmine à 4.271 mètres. Il est couronné par une caldeira de 6 km. sur 4, emplie de glace et dont la profondeur excède 1 km.

 

Diamètres et hauteurs comparés des différents types de volcans - les géants sont les volcans-boucliers, dont le Wrangell - doc. Guide to the Volcanoes of the Western Wrangell mountains.

 

Cette caldeira n’a pas une origine explosive, mais semble s’être formée en réponse au retrait du magma des réservoirs situés dans la zone sommitale.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK17.jpg

Coupe d'un modèle illustrant le développement d'un volcan-bouclier type Wrangell - Doc. guide to the volcanoes of the Western Wrangell Mountains.

 

mt-Wrangell-map---USGS.gifTrois cratères,  post-caldeira, d’un diamètre de moins d’un kilomètre, se sont formés sur le bord ouest et nord de la caldeira ; ils présentent une activité géothermale (photo ci-dessous).

Le flanc nord abrite un cône de projections et de cendres, le Mont Zanetti : 450 m. de haut (il culmine à 3.965 m.), il a été la source de coulées de lave.

 

Carte simplifiée du Mt. Wrangell - doc. USGS


Des coulées de lave ont parcouru 58 km. sur le flanc sud-ouest, une mobilité due à un ratio d’éruption élevé, et non à leur composition andésitique riche en phénocristaux (Nye 1983).

Des glaciers couvrent son sommet et ses flancs : au nord, le glacier Nabesna, au sud, le Chetaslina, à l’est, le Chichokna et le Dadina.

 

Wrangell-ice-filled-caldera.jpgMt Wrangell - une portion de la caldeira - activité fumerollienne au niveau d'un des trois cratères post-caldeira Photo Chris Nye (Alaska Division of Geological and Geophysical Surveys, Alaska Volcano Observatory).

 

Mt-Wrangell---neiges-eternelles---NPS.jpg                        "Les neiges éternelles du Wrangell" - photo National Park Service.


Son histoire éruptive est longue.

Il a commencé à se construire il y a 750.000 ans sur un édifice plus ancien datant du pléistocène ; une accumulation de volumineuses coulées de lave lui ont donné sa masse, principalement entre il y a 600.000 à 200.000 ans. La caldeira sommitale s’est formée par effondrement, probablement il y a 50.000 ans.

Le Mont Zanetti a été actif à la fin de la dernière glaciation importante, il y a moins de 25.000 ans.

Son activité a été marquée par trois épisodes violents en 1784, 1884-85 et 1900. Au 20° siècle, le GVP rapporte sept éruptions. La dernière est datée du 1° et 2 août 2002.

 

Wrangell-1902---W.C.Mendenhall-USGS.jpgLe Mt. Wrangell durant l'été 1902 - photo archives USGS / W.C. Mendenhall, géologue - un panache de vapeur marque le sommet, et les flancs sont noircis par de la cendre.


Le Mont Wrangell est toujours considéré comme actif ; ses trois cratères post-caldeira présentent des fumerolles, et un panache de vapeur peut surmonter occasionnellement le sommet, par temps calme.  De plus, les cratères nord et ouest ont été le siège d’activité phréatique au cours des temps historiques, et le sommet est de temps en temps noirci par une fine couche de cendres noires.

 

Wrangell---profsurv.jpgMt. Wrangell - fumerolles au niveau d'un cône post-caldeira, situé en bordure de celle-ci - photo profsurv

 

Wrangell--flanc-NO-cendres-de-crat.-O---Traw--Doyle---AVO.jpgMt. Wrangell flanc nord-ouest - des cendres recouvrent les neiges (émises par le cratère ouest ?) - photo Taw, Doyle / via AVO-USGS


Des recherches récentes indiquent que l’activité fumerollienne et phréatique sommitale croît et décroît en réponse aux variations de flux de chaleur, qui à son tour, peut augmenter après des séismes majeurs touchant le sud de l’Alaska.

Deux exemples :

- après le séisme Yakataga de 1899, les retombées de cendres sur le champ de glace sommital se sont fait communes,  et

- après le séisme de 1964 de M 8,3, l’activité thermale sommitale (cratère nord) s’est accrue fortement, phénomène suivi par l’université d’Alaska grâce aux changements du volume des glaces (link). L’activité sismique peut apparemment modifier les canaux de convection des eaux sous les cratères pour permettre un meilleur transfert calorifique.

 

11wra01f.pngMt. Wrangell - coupe du cratère nord montrant les changements de volume de la glace recouvrant celui-ci , entre 1957 et 1983, et une nette diminution après 1965, causé par l'accroissement du flux de chaleur.
 d'après Benson et Motyka (1978) et Benson & al. (1984) / GVP.

 

Wrangell-----NPS-2.jpg Coucher de soleil sur le Mt. Wrangell (avec le Mt. Zanetti bien éclairé sur la gauche) - photo N.P.S.


Toponymie :

Admiral-Wrangel.jpgIl doit son nom au baron russe Ferdinand von Wrangell, amiral, explorateur, homme d'État, scientifique et président de la Compagnie russe d'Amérique entre 1830 et 1835. Il est également appelé pic Chechitno, K'elt'aeni ou Uk'eledi. K'elt'aeni signifierait approximativement "celui qui contrôle " dans le dialecte athapascan des Ahtnas tandis que Uk'eledi est "celui qui fume ".

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Wrangell

- USGS - Guide to the volcanoes of the Western Wrangell Mountains.

- N.P.S. - Wrangell-St Elias - link

- Summitpost - Wrangell mountains - link

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3D9A832A-1DD8-B71C-0719CE779D786233-large.jpg                       Alaska - Les Monts Wrangell et la Cooper river - photo National Park Service

 

_maps_wrangells.jpg                                                        Alaska - les Monts Wrangell

 

Le champ volcanique Wrangell couvre 10.400 km², et s’étend depuis le bassin de la Cooper river en Alaska en direction de l’Est, au travers des Monts Wrangell vers les monts St Elias et le territoire Canadien du Yukon.

Les volcans qui le composent se sont établis et ont émis leurs coulées sur un sous-bassement plus ancien à l’histoire géologique complexe : le terrane Wrangelia.


En géologie, un terrane est un morceau de croûte terrestre qui s'est détaché d'une plaque tectonique puis accrété ou suturé  sur une plateforme continentale ou un craton d'une autre plaque tectonique, ayant ainsi une histoire géologique différente de celle de ses formations environnantes. Il s'agit en général de matériaux apportés par subduction. 

 

WRANGELL-VOLC.-F.-12.jpgAlaska - le champ volcanique Wrangell, coloré -  les principales failles et les limites des terranes Wrangelia et Yakutat - doc. Wrangell volcanoes / USGS


Le terrane Wrangelia a débuté son histoire en tant qu’arc volcanique, il y a quelques 300 Ma. Après la cessation d’activité de cet arc volcanique, un rift s’est développé entre celui-ci et le continent nord-américain ancestral … les éruptions basaltiques ont rempli le bassin du rift. Ensuite, ce sont des mers chaudes et peu profondes qui ont déposé du calcaire et d’autres sédiments sur ces roches volcaniques. Sous l’effet de la tectonique, le terrane Wrangelia est remonté vers le nord, au cours des 200 Ma suivants, pour enfin se souder à d’autres terranes et se coller au côté ouest de l’amérique du nord, il y a 100 Ma. Le terrane Yakutat s’y est accolé il y a 26 Ma, et est en partie responsable du développement du champ volcanique Wrangell.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK15.jpgAlaska - le développement au cours des derniers 25 Ma du champ volcanique Wrangell au travers de la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Nord-Américaine. - doc. Wrangell volcanoes / USGS

 

Les volcans du champ Wrangell :

Ils ont commencé à se développer, il y a 26 Ma, lorsque le terrane Yakutat, poussé par le mouvement vers le nord-ouest de la plaque Pacifique, a commencé sa subduction sous la plaque continentale nord-américaine. La forte subduction et la production magmatique volumineuse sont responsables de la croissance des géants du champ volcanique : les Monts Sanford et Wrangell, deux volcans-boucliers imposants.

Les volcans les plus anciens ont vu leur superstructure érodée par divers processus, dont les glaciers, et seul le Mt. Wrangell  possède encore une vague forme de bouclier.

 

Wrangell---Drum---D.Richter-AVO.jpg

Alaska - à gauche, le volcan-bouclier Wrangell (4.317 m.) - à droite, le Mt Drum (3.661 m.) - à l'avant-plan, la Cooper river - photo D. Richter / AVO-USGS.

 

En complément de ces volcans-boucliers, de nombreux petits cônes de cendres ont dispersés dans le champ volcanique ; ils sont typiquement de composition basaltique ou andésitique, généralement monogéniques et formés postérieurement au bouclier qui les abrite. Un exemple nous est donné avec le Mt Gordon.

Au sud-est du champ volcanique, et dans les Monts St Elias, les volcans sont datés entre 26 et 5 Ma. Par contre, tous les volcans des Monts Wrangell ouest ont moins de 5 Ma.

 

WRANGELL-VOLCANO-BOOK18.jpg

Alaska - périodes d'activité éruptive des différents volcans de l'ouest du groupe Wrangell, du plus jeune, le volcan-bouclier Wrangell, au plus âgé, le Mt Blackburn - doc. Wrangell volcanoes / USGS

 

Sources :

- USGS - Guide to the volcanoes of the western Wrangell mountains, Alaska - by D.H. Richter & al.

- AVO-USGS - Mount Wrangell - link

- Global Volcanism Program - Alaska eastern volcanoes - link

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