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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

A proximité des maars Ukinrek, le centre volcanique Ugashik-Mont Peulik a été le siège d’un volcanisme explosif qui comprend la formation d’une caldeira de 5 km. de large à la fin du Quaternaire, et d'une activité de dômes post-caldeira à l’Ugashik. Le stratovolcan Peulik s’est édifié sur le flanc nord de l’Ugashik à l’Holocène.

 

Ugashik-Mt-Peulik-volcanic-center--USGS15.jpgAlaska - le centre volcanique Ugashik-Mt. Peulik - les flèches noires correspondent à la direction des avalanche de débris relatives au Mt Peulik - en rouge, les plus grands monticules des avalanches en hummock. - carte USGS.

 

MountUgashik-peulik.---mountain-forecast-copie-1.gifAlaska - situation du complexe Ugashik-Mt.Peulik vis às vis des lacs l'entourant - carte Mountain forecast.


L’Ugashik :

L’édifice pré-caldeira de l’Ugashik, plutôt un complexe de dôme,  a été détruit à la fin du Pleistocène ; La datation K-Ar des roches volcaniques pré-caldeira est de 171.000 +/- 22.000 ans.

L’ effondrement a formé une caldeira de 5 km de diamètre. Le volume éjécté est estimé entre 5 et 10 km³, en un seule éruption plinienne, daté d’au minimum 40.000 ans.

Ces dépôts importants ont été retravaillés par la glaciation de la fin du Pléistocène.

 

Ugashikcaldera-adjacent-Peulik-volc.-M.E.Yount-USGS.jpgAlaska - la caldeira de l'Ugashik et cinq dômes, vus de l'est avec la lac Ugashik supérieur en arrière-plan.

- les trois plus grands dômes ont en arc de cercle en fond de caldeira, numérotés de 1 à 3 de gauche à droite - photo Betsy Yount (Alaska Volcano Observatory, U.S. Geological Survey - 11.04.1984)

 

Les éruptions post-caldeira ont formé de larges dômes, de dacite-rhyolite, qui recouvrent de nombreuses bouches et débris d’autres dômes ; ces matériaux recouvrent le plancher de la caldeira, ne laissant qu’un petit fossé entre les dômes et ses parois. Le côté NO du groupe de dôme est partiellement couvert d’une coulée de lave en blocs émise par le Mont Peulik.

Le plus grand dôme, de nature composite, mesure 440 m. de hauteur et 2.000 mètres de large. La surface douce de la plupart des dômes laisse penser qu’ils ont subi une glaciation … ils sont daté du pré-holocène, à l’exception du dôme I , interprété comme datant de l’holocène(au centre-gauche de la caldeira sur la photo ci-dessus).

 

Ugasik-du-N---Cyrus-Read--22.06.2006.JPG         Alaska - la caldeira de l'Ugashik, vue du nord - photo Cyrus Read 06.2006 / AVO-USGS

 

Durant l’Holocène, l’activité éruptive sest déplacée de quelques kilomètres en direction du nord, et la composition du magma a évolué de dacito-rhyolitique à basalto-andésitique  au Mont Peulik.

 

Le Mont Peulik :

C'est un petit stratovolcan tronqué, d’un diamètre basal de 10 km environ et d’un volume de 5,6 km³, qui s’est contruit sur un sous-bassement de roches sédimentaires du Jurassique, en au moins trois épisodes impliquant à la fois des évents de flancs et sommitaux. Il recouvre partiellement le flanc nord de l’Ugashik. Un cratère sommital, large de 1500 mètres, s’ouvre vers l’ouest ; il est occupé par un dôme de 500 m. de diamètre.

 

-Becharof_National_Wildlife_Refuge-Alaska---Mt-Peulik---US-.jpg   Alaska - le Mont Peulik et Gas Rocks, à l'avant-plan, vus du lac Becharof - photo Fish & wildlife sv.


Ce dôme, tout comme ces prédécesseurs, sont la source d’épais dépôts de coulées de blocs et cendres qui recouvrent le flanc ouest du volcan sur près de 40 km². Un petit dôme est présent sur le flanc Est, vers 1200 m. d’altitude, responsable d’une petite coulée de blocs.

Les dépôts d’une avalanche en hummocks, couvrant 75 km² au nord du volcan, représentent un effondrement sectoriel antérieur. Près de 450 monticules de taille valable et 360 lacs ou bassins d’un diamètre supérieur à 30 mètres sont répertoriés dans les dépôts cartographiés.

Des coulées de lave en provenance d’éruptions de flanc couvre 8 km² au nord du Peulik, s’étendant sur 6 km. en direction du lac Becharof.

 

Peulik---R.-Dreeszen---AVO-01.2006.jpgAlaska - Mt. Peulik, vu du lac Ugashik inférieur - le dôme est au centre de la somma - photo Dreeszen, Robert / AVO 13.01.2006

La seule éruption documentée du Peulik est datée de 1814. Une analyse satellite par interférométrie suggère un corps magmatique localisé à 6,6 km de profondeur, ayant subi une inflation de 0,051 km³ entre octobre 1996 et septembre 1997. (Lu & al) … ce qui laisse supposer une possible activité éruptive future.

 

Sources :

- Global volcanism Program - Ugashik-Peulik

- USGS - Geology of the Ugashik-Mount Peulik Volcanic Center, Alaska

By Thomas P. Miller

- AVO-USGS - Ugashik-Peulik volcano - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Après les maars d’Espenberg, et toujours en Alaska plus particulièrement sur la péninsule du même nom, passons aux maars Ukinrek.

Ces deux maars sont situés à 1,5 km au sud du lac Becharof, et 12 km au NO du volcan Peulik, sur la faille Bruin Bay.

 

Ukinrek_Maars-south-shore-Becharof-lake--C.Nye-Geological--.jpgAlaska - les maar Ukinrek, à l'avant-plan, et Gas Rocks, formant une péninsule en bordure du lac Becharof. - photo C. Nye / Geological and geophysical survey - USGS.

 

Alaska-volcano-map.gifPéninsule Alaskienne - position des volcans sur l'arc volcanique - les maars Ukinrek et le groupe Ugashik-Peulik  sont situés en bordure du lac Becharof (et sur une ligne parallèle à la côte sud--ouest de l'île Kodiak) - doc. AVO-USGS.

 

Récents, ils furent créées au cours d’une violente éruption, de VEI 3, qui dura 12 jours, du 30 mars au 9 avril 1977. Une remontée magmatique le long de structures profondes recoupant la faille de Bruin Bay, et sa rencontre avec les eaux stockées dans les dépôts pyroclastiques riches en ponces intercalés dans le till (sédiments glaciaires non triés) génère une explosion phréatomagmatique, accompagnée d’un panache de gaz et cendres montant à 6.500 mètres, qui forme le maar Ouest.

 

Ukinrek-maar-03.04.1977----Ken-Parker.jpgAlaska - Ukinrek maar Ouest le 3 avril 1977 - on aperçoit un évent phréatomagmatique produisant une colonne de cendres et de la lave sur le plancher - Photo by Ken Parker, 1977 (Alaska Department of Fish and Game).

 

Ukinrek-maar-06.04.1977---Russell-Alaska-dept-fish---game-jpg

Alaska - Ukinrek maar - 06.04.1977 - la rencontre du magma et de l'eau - Photo courtesy of Russell. -  Alaska Department of Fish and Game./ AVO-USGS

 

Plusieurs jours après, l’activité glisse vers l’est, où de violentes explosions phréatomagmatiques forme le maar Est. Le panache de gaz et cendres monte à 4.000 mètres. Les explosions génèrent des " base surges " modérés et propulsent des blocs à 600 mètres.

La fin de la séquence éruptive se caractérise par un fountaining strombolien et la construction d’un dôme ; Au 10 avril, l’activité se résume au dôme qui fume.

 

ukinrek-maar-eruption-04.1977-USGS.jpg                              Alaska - Ukinrek maar Est -panache du 6 avril 1977 - photo USGS.


Le maar Ouest est de forme elliptique, de 170 mètres sur 105 et une profondeur de 35 mètres ; son homologue Est  a une forme circulaire, d’un diamètre de 300 mètres et une profondeur de 70 mètres. Le maar Est est occupé par un dôme de lave haut de 49 mètres, partiellement puis totalement recouvert par un lac de cratère.

 

West-Ukinrek-maar-08.93-G.McGimsey-AVO.jpg               Alaska- le Maar Ukinrek Ouest, en août 1993 - photo Game Mc Gimsey / AVO-USGS

 

ukinrek-maar-strata.jpg                   Alaska - le maar Ukinrek Est - dépôts stratifiées qui bordent le maar.

A view of the southeast crater wall showing stratified tephra deposits produced during the 1977 eruption. About 15 meters of tephra overlie a thin layer of glacial till that caps ash-flow deposits produced by an earlier eruption at Ugashik Caldera. Image by the United States Geological Survey.

 

ukinrek-maar-crater.jpg

Ukinrek-geologic-map---T.P.Miller---Miller-----Kienle--.gif


 

 

 

 

 

 

 

A gauche, vue verticale du maar Ukinrek Est - photo USGS.

A droite, coupe du maar Est et situation du dôme en 1977 - doc. Miller and Kienle 

 

Le matériel juvénile des éruptions de 1977 est de composition basaltique à olivine, dérivée du manteau ; les dépôts entourant le maar Est sont formés de couches altérnées de tephra de granulométrie fine à moyenne et de scories noires, avec des fragments lithiques. Leur épaisseur varie entre 11 et 26 mètres.

 

A proximité, en bordure du lac Becharof, les dômes dacitiques de Gas Rocks, datés du quaternaire, furent le site d’éruption phréatique il y a 2300 ans.

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Ukinrek maars

- USGS - AVO - Ukinrek maars

- USGS - Geology of the Ugashik-Mt Peulik volcanic center, Alaska.

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Publié le par Bernard Duyck
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Le champ volcanique basaltique Imuruk se compose de quatre unités stratigraphiques majeures, différentiables d’après leur degré d’altération et les sédiments sus-jacents : de la plus jeune à la plus ancienne, on relève : le Lost Jim flow (holocène), le Camille flow (Pléistocène), les structures Gosling et Imuruk (du Pliocène au début du Pléistocène)

 

Imuruk-lake-LF---Alaska-USGS.jpg               Le champ de lave Imuruk lake - photo Alaska Science center / USGS

 

Le champ volcanique est constitué de 75 évents environ, la plupart étant de petits cônes, entourés de coulées de lave. Chaque cône, d’une hauteur comprise entre 3 et 30 mètres, a généralement nourri une seule coulée. Quelques petits volcans-boucliers à activité monogénique s’y trouvent aussi. Les Caldeira jumelles (Twin calderas) les réprésentent : 120 m. de hauteur avec des cratères de 500 à 750 m. de diamètres pour 15 à 50 m. de profondeur.

Les coulées sont généralement de type pahoehoe, ont une épaisseur de plusieurs dizaines de mètres au point distal, une longueur de plusieurs dizaines de kilomètres.

Seules deux coulées sont suffisamment jeunes pour pouvoir être identifier clairement : la coulée Camille, et la coulée Lost Jim.  

 

Imuruk_volcanic_field---Nasa.jpg

Le champ volcanique Imuruk lake : le lac Imuruk au centre droit (en blanc - recouvert de glace), la Lost Jim lava flow au centre gauche (en gris), les monts Bendeleben couverts de neige en bas de la photo. - NASA Landsat7 image (worldwind.arc.nasa.gov)

 

La coulée Camille s’étend sur 39 km. depuis l’évent qui l’a produit.

 

La coulée de lave Lost Jim :

Cette coulée de lave est la plus grande et la plus jeune des coulées proche du cercle Arctique. Elle ne date que de l'an 300, et est épaisse de 3 à 45 mètres. Elle s’étend sur 35 km à l’ouest et 9 km au nord de son évent et couvre 230 km².

 

Lost-jim-lava-flows---NPS-2.jpg                                     Alaska - Lost Jim lava flow - photo N.P.S.

 

Lost-Jim-Lava-Flow_---NPS.jpg  Alaska - la coulée Lost Jim est un habitat pour les lichens, diverses plantes et animaux. - photo N.P.S.

 

Le cône Lost Jim est le plus grand et le plus jeune du champ de lave; il mesure 30 mètres de hauteur et est surmonté d'un cratère de 30 mètres de diamètre et 12 mètres de profondeur.

 

Lost-Jim-cinder-cone---VF-of-Imuruk-lake---Jim-clough-AVO.jpg Imuruk Lava Field - Lost Jim cone - photo Jim Clough / Alaska Division of Geological & Geophyiscal Surveys. / AVO USGS

 

 

 

Les structures Imuruk sont les plus étendues et couvre près de 2300 km². Elles datent d’entre 5,7 et 2,2 Ma, âge des autres champs basaltiques de la région de la Mer de Béring.

 

Imuruk-lake-lava-flows---Jim-Clough-AVO-ADGGS.jpg

Imuruk lake lava flows - photo Jim Clough / Alaska Division of Geological & Geophyiscal Surveys. / AVO USGS.


Les structures volcaniques Gosling sont plus récentes, datées de 900.000 -800.000 ans.

 

Sources :

- AVO - USGS : Imuruk lake

- Global volcanism Program - Imuruk lake

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

La péninsule de Seward, en Alaska, est une relique du sous-continent Béringien. La Béringie, encore appelée Pont terrestre de Bérengie, définit l’ensemble de terres reliant l’Alaska et la Sibérie durant l’âge glaciaire au Pléistocène, et non recouverte en majeure partie par les glaciers de l’époque.
La Bérengie : à gauche, lors de la glaciation du Wisconcin - à droite, situation actuelle.

 

 


Cette région inclue les zones de Chukotka et le Kamchaka, russes, et l’Alaska, territoire des Etats-Unis.
L’ AVO – Alaska Volcano Observatory – y distingue trois grandes entités volcaniques :

- les maars d'Espenberg

- le champ volcanique du lac Imuruk

- le champ volcanique Koyuk-Buckland

 

SewardPen.gif                     Alaska - les champs volcaniques de la péninsule de Seward - carte AVO / USGS

 

Le territoire de la péninsule d'Espenberg se confond partiellement avec celui de la grande réserve naturelle de Bering Land Bridge. C'est l'unité la plus excentrée du National Park Service, sans aucune route d'accès.

Le champ basaltique d’Espenberg, situé juste sous le cercle arctique, contient cinq petits volcans-boucliers et des maars. Les boucliers ont été datés du Pléistocène, et constituent des collines (jusqu’à 240 mètres de hauteur) recouvertes de toundra.  

Cape_Espenberg_NPS-Greta-Burkhart.jpg                    Alaska - la cap Espenberg - photo Burkhart / National Park Service

 

Seward-peninsula---maars2.jpgAlaska - le champ basaltique Espenberg - doc.The Largest Known Maars on Earth, Seward Peninsula, Northwest Alaska - J.E. Beget & al.

Les maars de l’Espenberg, situés dans la partie septentrionale de la péninsule Seward, ont été formés par une série d’éruptions basaltiques datant du pléistocène (120.000 à 7.000 ans), à travers une forte épaisseur de pergélisol.

Le basalte alcalin et tholeiitique des maars contient plus de 10 % de xénolithes du sous-bassement métamorphique et de roches sédimentaires du quaternaire gelées à l’époque des éruptions hydromagmatiques.

Les maars ont été creusés à une profondeur allant jusqu’à 300 m dans d’anciennes roches; d’un diamètre variant entre 4 et 8 km, ils sont occupés par des lacs dont la surface se trouve à 60-80 mètres sous le niveau environnant, et profond d’une trentaine de mètres.

 

Ils font partie des quatre plus grands maars connus sur Terre : Devil Mountain maar (17.500 ans), les Killeak maars nord ((50.000 ans) et sud (40.000 ans) et Whitefish maars (100.000 - 200.000 ans).

 

Devil-mountain-maar---NPS.JPG             Alaska - le Devil mountain maar , le plus grand maar au monde - photo N.P.S.

 

Les analyses bathymétriques du plancher des lacs révèlent de nombreux petits cratères, indiquant que les maars ont été formés par la coalescence d’évents multiples. Des glissements de terrain marquant le bord des cratères ont joué un rôle important dans le processus de croissance de ces maars, de grandeur inhabituelle. Les études stratigraphiques et les datations au radiocarbone suggèrent que ce cratères ont été formés au cours d’une série d’éruptions, complexes mais monogéniques.

 

Serpentine hot springs:

Une pittoresque vallée est ponctuée de cheminées granitiques, des intrusions mises au jour par l'érosion. Elle abrite des sources chaudes, dont la température des eaux fluctue entre 60 et 77°C ... à cause de l'apport constant en eaux chaudes, le sol à proximité des sources et bassins est moins gelé en hiver, ce qui a attiré depuis très longtemps les populations natives et les chercheurs d'or.

 

Serpentine hot springs - Farm9 staticflickr       Alaska - les formations granitiques de Hot springs valley - photo Farm9 / staticflickr

 

Serpentine-hot-springs---Bering-land-Bridge-NP.jpgAlaska - Serpentine hot spring : une source chaude et sa "maison de bains" - photo Bering Land Bridge N.P.


Les légendes du peuple Inupiaq considèrent la vallée aux cheminées granitiques comme la demeure de puissants esprits. Leurs chamanes ont,  depuis des millénaires, utilisé les eaux chaudes pour soulager les douleurs arthritiques ou comme source de jouvence.

 

Sources:

-The largest known maars on Earth, Seward peninsula, Northwest Alaska - by Beget J.E & al 1996

- NPS - Bering Land Bridge National Preserve - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Découvert en 1515 par le navigateur espagnol Juan de Bermúdez, qui lui a donné son nom, l’archipel des Bermudes se compose d’une centaines de petites îles, faisant partie des Territoires Britanniques d’Outre-mer.

 

Bermudes---Astwood-park-plages-roses---JG-Howes.jpg       Archipel des Bermudes - les plages de sable coralien rose d'Astwood Park - photo J.G. Howes

 

Ces îles sont situées sur un volcan sous-marin depuis longtemps éteint, localisé à 1000 km de la Caroline dans l’Atlantique nord, et plus particulièrement dans la Mer des Sargasses.

La croûte océanique entourant la base de ce volcan sous-marin s’est formée sur la dorsale médio-Atlantique, il y a 123-124 Ma environ. (voir carte de la fin du Jurassique, avant la fermeture de Téthys)

 

Quatre sommets volcaniques sont situés sur une ligne NE-SO, sur la "Bermuda rise" : la plate-forme des Bermudes, émergeant, et Challenger, Argus et Bowditch, submergés. L’archipel des Bermudes occupe une partie du bord SE du piédestal des Bermudes.

 

Geology-of-Bermuda.jpgCarte bathymétrique de la région des Bermudes - les terres émergées sont en gris foncé - doc. Geology of Bermuda / Smith & Sandwell 1997.

 

bermudes.jpgBermuda-island-and-reef-platform---Bermuda-zoological-socie.jpg

 

Carte de l'archipel des Bermudes et de son plateau coralien -à droite, vue aérienne /
Photo courtesy of Bermuda Zoological Society.


Ces quatre sommets volcaniques résultent d’une activité extensive dates approximativement de 33 Ma - 45 Ma.

Deux théories s’affrontent pour expliquer cette localisation et la datation.

La première lie le volcanisme à la présence d’un point chaud, ou un panache.

La seconde lie l’activité volcanique à une réorganisation mondiale des plaques tectoniques lors de la fermeture de l’océan Téthys, lors de la collision entre la plaque Arabique et la plaque Eurasienne au Cénozoïque, il y a 35 à 40 Ma.

 

late-jurassic---152-Ma.jpgConfiguration des continents à la fin du Jurassique, avant la fermeture de l'océan Téthys, et position de la dorsale médio-atlantique à l'époque - doc. histoire du temps.

 

Coupe---geoogy-of-Bermuda.pngCoupe du plateau coralien et des iles des Bermudes - l'ensemble repose sur le sommet érodé du volcan sous-marin, en vert - doc. Geology of Bermuda

 


Le volcan des Bermudes est estimé avoir eu une hauteur de 1.000 mètres, réduite en 3 à 10 millions d’années par l’érosion au niveau de la mer. Lors de cette érosion marine, des récifs coralliens se sont formés et du calcaire s’est déposé au début du Pleistocène – environ 1,8 Ma – constituant une couche d’épaisseur variable de 15 à 100 mètres qui recouvre les roches volcaniques. Au Pléistocène, une alternance de périodes glaciaires et interglaciaires, accompagnée de variations fortes du niveau marin, résulte en dépôts de séries de couches calcaires composées principalement d’éolanites carbonatées (roches formées par la solidification de particules sédimentaires déposées par le vent), et de calcaires marins, datés de périodes de submersion de la plate-forme, et de paléosols terra-rossa (sols fossiles composés de poussières du Sahara), datés de périodes de bas niveau marin.

 

La seule évidence d'un passé volcanique est la forme esquissée de deux caldeira, qui correspondent à deux grandes baies, Great sound et Castle Harbour.

 

Calderas-Bermuda---Bernews.jpg                   Emplacement de deux caldeira de l'archipel des Bermudes - photo Bernews


La surface des Bermudes est caractérisée par un terrain karstique. Plus de 150 grottes sont connues, certaines très grandes ont des portions peu profondes submergées communiquant avec l’océan en fonction des marées.

 

bermuda-origin-4-Crystal-cave-----Bermuda--Search-for-deep-.jpgArchipel des Bermudes - deux plongeurs évoluent entre les stalagmites de Crystal cave, grotte en eaux profondes - photo NOAA - Bermuda : search for deep water caves 2009.

 

bermuda-origin-5-inland-tidal-cave-pools-----Bermuda--Searc.jpgArchipel des Bermudes - piscine d'eau saumâtre dans une grotte à l'intérieur des terres -
photo NOAA - Bermuda : search for deep water caves 2009.

 


Toutes ces découvertes ont été rendues possible grâce à divers forages (années 1970-1980) et à l'expédition du NOAA Ocean Explorer / Bermuda 2009, dont l'objectif était l'exploration et la caractérisation de la partie supérieure du plateau des Bermudes et des volcans sous-marins adjacents, et la confirmation de l'existence de grottes en eaux profondes (60 à 200 m. de profondeur).

 

Sources :

- NOAA - Bermuda : search for deep water caves 2009 - link

- The geology of Bermuda - link

- Bernews - NOAA on the volcanic origins of Bermuda.

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Publié le par Bernard Duyck
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Les armoiries de la ville d’Arequipa, au Pérou, comportent en fond une rivière, un cône volcanique enneigé et fumant, entouré des deux côtés par des arbres verts et des lions dorés, sur fond rouge ; cet écu est entouré d’un tour bleu fleurdelisé, surmonté d’un casque fermé  et d’un fanion rouge marqué Karlos.

Le roi Charles I d’Espagne a élevé Arequipa au rang de ville en 1540 et lui a donné ses armoiries, qui portent son nom en signe de privilège, et non de domination.

 

Arequipa---armoiries---volcan-enneige---fumant.jpg                                          Les armoiries de la ville d'Aréquipa au Pérou.

 chachani-and-misti---decouverteperoubolivie.jpg

A gauche, le complexe Chachani et à doite, le volcan Misti, qui dominent la région d'Arequipa et ses cultures.- photo découvertePérouBolivie.

 

Arequipa est située au pied de deux volcans élevés, le Misti et le Nevado Chachani, séparés par le canyon de la rivière Chili.


Le Nevado Chachani est un complexe s’étendant sur 360 km² et composé de trois entités structurelles principales :

- le Cerro Nocarane (CN) daté du pré-holocène, et le Cerro Los Peñones (CP) au nord

– le Nevado Chachani (C), au centre

– la Pampa de Palacio (PP), au sud.

Les deux derniers éléments érodé par les glaciers.

 

Massif du chachani - oregonstate                              Pérou- le massif du Chachani - doument Oregonstate Univ.

C : Nevado Chachani - CN : Cerro Nocarane - P : Cerro Los Peñones- PP : Pampa de Palacio


La plus grande période d’activité se rapporte au néogène et au quaternaire, incluant trois émissions d’ignimbrites :

- l’Ignimbrite La Joya – 20 km³ , 4,87 Ma  

 - l’ignimbrite de l’aéroport d’Arequipa – 18 km³, 1,6 Ma    

- les dépôts de ponces Yura – 1,5 km³ , 1,02 Ma .

 

Chachani_summit-copie.jpg                             La zone sommitale du Nevado Chachani - photo Summitpost

 

Ces dépôts ignimbritiques éruptifs du Chachani, appelés localement sillar, ont été exploités comme pierres pour la construction et la décoration des édifices d’Arequipa, connue comme la ville blanche en raison de la prévalence de ces matériaux de teinte claire. L’utilisation de ce sillar pour les constructions traditionnelles d’Arequipa, dont les parois ont parfois un mètre d’épaisseur,  lui ont permis de bien résister à de nombreux séismes. Autrefois la pierre était recouverte d’enduits colorés, ce qui est aujourd’hui interdit … pour préserver cette appellation.

 

Anashuayco---Scribd-copie.jpg                   Arequipa - les ignimbrites exploitées du canyon d'Añashuayco - photo Scribd

 

Arequipa_Yanahuara-mirador-et-Misti---Joel-Takv.jpgAréquipa - le Mirador de Yanahuara, en "sillar" - on aperçoit, entre les arches, un des flancs du Misti - photo Joël Tekv

 

La coulée d’ Añashuayco, longue de 18 km., a été érodée par les eaux et présente cette ignimbrite blanche extraite avec des outils rudimentaires dans différentes carrières. La carrière d’Huayco est célèbre pour son sillar rose, rare et par conséquent de prix plus conséquent. 

 

sillar---elbuho.pe.jpg

                                  Aréquipa - utilisation décorative du sillar - photo elbuho.pe

 

Canteras_Anashuayco_sillar---estudiosdelturismo.jpgLes-ignimbrites-de-Anashuayco---Carlos-Trujillo-Vera.JPGCoulée d'Añashuayco - 

à gauche, photo estudiosdelturismo - à droite, les ignimbrites blanches et roses, surmontées d'une couche de débris - photo Carlos Trujillo Vera.

 

Sources:

- Chachani volcano- Oregonstate univ.

- Entidades del geosistema de las canteras de sillar de
Añashuayco, en Arequipa - Geosystem Entities of the Seat of the Quarry Añashuayco, in Arequipa - by Héctor Palza Arias-Barahona, Carlos César Trujillo Vera,Jenny Zenteno Machaca.

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Publié le par Bernard Duyck
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La péninsule du Kamchatka compte, parmi environ 300 volcans répertoriés, 114 volcans datés de l’Holocène (d’après le G.V.P.) dont 29 actifs, et de nombreuses sources chaudes et geysers.

 

holocene                      La péninsule du Kamchatka et les volcans actifs à l'holocène - doc. KVERT

 

Depuis la capitale Petropavlosk, trois volcans sont visibles : le Koryaksky, l’Avatchinsky et le Kozelsky. La ville fut fondée en octobre 1740 lorsque les vaisseaux Saint-Pierre et Saint-Paul pénétrèrent dans la baie ; ils étaient commandés par Vitus Béring et Aleksei Tchirikov.

 

Petropavlovsk_Kamcatskij_Volcan_Koriacky_in_background.jpg  Kamchatka - le port de Petropavlosk et le volcan Koryaksky, vus de la baie d'Avacha -photo Vfp15

 

Avachinsky---ISS027-E-020395.jpg  Kamchatka - les volcans Avachinsky et Kozelsky dans une trouée nuageuse - photo ISS027-E-020395 / Nasa


ecusson-de-petropavlosk---Maxxk.jpgOn retrouve cette symbolique sur les armoiries de Petropavlosk, la plus ancienne ville de l’extrême-orient Russe : les ancres pour sa situation maritime et portuaire, les deux saints, Pierre et Paul, et les volcans en activité.

 

Armoiries de Petropavlosk - doc. Maxxk


Ces trois volcans actifs se retrouvent aussi sur le drapeau et les armoiries du Kamchatka.

 

gerbe-778x800.jpg                                              Armoiries du Kamchatka - doc. kamchatka.ru


drapeau-Kamchatka.jpgLe drapeau du Kamtchatka est constitué d’un rectangle supérieur blanc et d’un rectangle inférieur bleu. On remarque les armoiries du Kamtchatka dans le coin supérieur gauche du drapeau. 

 

Drapeau du Kamchatka - doc. kamchatka.ru


Les armoiries de la péninsule se composent de trois volcans de couleur noire aux sommets argentés, desquels jaillissent des flammes rouges, qui se découpent sur un soleil levant, symbôle de l’orient. L’astre du jour est entouré d’une frise de triangles rouges côté intérieur et bleus côté extérieur, ornement national. Le fond blanc et bleu est repris sous une forme héraldique.

 

Avachinsky---Petropavlosk---02.02.2013-Michael-glagolev-pho.jpg                           L'Avachinsky domine Petropavlosk - photo Michael Glagolev 2013

 

Sources:

- Global Volcanism Program - Kamchatka peninsula

- KVERT - Kamchatka and the northern Kuriles volcanoes - link

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Le drapeau du Costa Rica, hissé lors des cérémonies protocolaires, comporte, outre les trois couleurs en bandes horizontales, un écusson qui donne une  représentation idéologique du pays.

 

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Ecusson modifié par la loi du 27 novembre 1906, sous le mandat de don Cleto González Víquez.

 

 

Coat_of_arms_of_Costa_Rica.svg-1998.png

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecusson de 1995, souscrit par l’ancien Président José María Figueres Olsen, énonce comme suit :
« Article 1 : est adopté comme modèle officiel de l’Ecusson National, le dessin joint au présent décret. Les couleurs de l’Ecusson sont : vert clair pour la vallée, bleu vert pour les volcans, comme le sont les montagnes du Costa Rica. Les volcans ont été dessinés fumant afin de les différencier. Le soleil levant est de couleur vieil or et les palmes de myrte de couleur vert foncé. Les cinq étoiles qui devinrent ensuite sept seront argentées et le listel bleu sera de couleur bleu clair. La mer est de couleur bleue ».

 

Tout d'abord sa forme représente le tronc d'une fougère arborescente en coupe transversale, vestige de la végétation préhistorique de l'ère secondaire encore présente dans les forêts de nuages du pays. Trois volcans sont dessinés sur l'écusson, chacun d'eux représentant les trois principales cordillères du pays : celle de Talamanca au sud, la cordillère centrale et celle de Tilaràn au nord (celle, plus au nord du Guanacaste n'est pas présente, car cette partie du territoire était encore Nicaraguayenne au moment de la formation de l'écusson).

 

Costa_Rica_relief_location_map-copie.jpg                           Costa Rica - les trois cordillera reprise dans la symbolique de l'écusson

 

Les 3 volcans sont bordés par l'océan Pacifique et la mer des Caraïbes, sur lesquels naviguent deux goélettes abordant les deux principaux ports du pays. Le soleil levant symbolise la jeunesse de la République du Costa Rica. Les sept étoiles du firmament sont les sept provinces du pays : San José, Alajuela, Cartago, Heredia, Limon, Puntarenas et Guanacaste. Le tout est bordé de grains de café, les éléments belliqueux ayant été supprimés dès 1906. L'ensemble est surmonté de deux palmes de myrte unies par un listel blanc, portant en lettres d’or la légende : "Republica de Costa Rica". Un listel bleu, enroulé en forme de couronne, achève l’écusson avec en lettres d’argent : "America Central". 

 

04.2012---2---Red-sism-nac.jpgCosta Rica - Cordillera Central - Massif du Volcan Poas - à l'avant-plan, la caldera et la laguna Caliente (lac acide) - en arrière-plan, la laguna Botos (lac d'eau douce) - photo aérienne R.S.N.

 

Arenal-Volcano-2008---Ovsicori.jpgCosta Rica - Cordillera de Tilaràn - le volcan arenal en 2008, bordé du lac du même nom - photo OVSICORI

 

Sources :

- Global Volcanism Program - Costa Rica

- Imagines Tropicales - Costa Rica

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Publié le par Bernard Duyck
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Parmi les représentations stylisées de volcans, quelques-unes concernent les figures héraldiques.

Selon des codes précis définis à la période féodale, on retrouve la silhouette des volcans sur les drapeaux et blasons de contrées lointaines qui les abritent. Parmi celles-ci, l’île de la Réunion, le Costa-Rica ou encore le Kamchatka.

 

Reunion_Piton_des_Neiges---B.Navez-0ct.2008.JPG                   La Réunion - le Piton des Neiges, son point culminant - photo B.Navez

 

La Réunion, département Français d’outre-mer, n’a jamais possédé d’autre drapeau officiel que celui de La France, cependant un blason a été créé pour l’île à l’occasion de l’exposition coloniale de 1925. L’ancien gouverneur Merwart a voulu y rassembler toute l’histoire de l’ancienne île Bourbon.

Il est ainsi défini dans le langage particulier de cette science : " Écartelé, au premier de sinople à deux volcans d'argent, celui de dextre en éruption, celui de senestre surmonté de trois lettres "M" le tout sur une mer du même; au deuxième parti d'azur et de gueules à la nef d'argent voguant sur une mer du même brochant sur le tout; au troisième, d'azur à trois fleurs de lys d'or; au quatrième, de gueules semé d'abeilles d'or; à l'écusson tiercé en pal d'azur, d'argent chargé des lettres entrelacées R et F d'or et de gueules, en abîme. "

 

N.B. : Parmi les « émaux héraldiques », le sinople est de couleur verte, et le gueules est de couleur rouge, l’azur de couleur bleue.

L’abyme (ou abîme) est la partie centrale de l’écu( support matériel du blason) – lorsqu’un écu est représenté à l’intérieur de l’écu principal, on dit qu’il est mis en abyme.

 

545px-Blason_Reunion_DOM.svg.png                                                                               Blason de l'île de La Réunion


L’écusson, découpé en quatres parties, lisibles de gauche à droite et de haut en bas, comporte en :

1.      Les MMM , pour 3.000 en chiffres romains, indiquant la hauteur approximative du Piton des Neiges (3.070 mètres) 

2.     la nef d’argent représente le navire Saint-Alexis, arrivé sur l’île en 1638.  

3.    Les trois fleurs de lys rappellent que La Réunion est une possession de l’ancienne monarchie française.

4.    Les abeilles, symbôles Bonapartiste, symbolisent la période historique de domination du Premier Empire.

5.    L’écu, mis en abyme, représente le drapeau tricolore, chargé des initiales RF, République Française.

 

Piton-des-neiges-La-Reunion---Reuters.jpg                             La Réunion - le Piton des Neiges - photo Reuters

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                                                      Blason de Saint-Denis de La Réunion

 

Sur le blason de St Denis, commune de l'île de La Réunion, on retrouve trois volcans, dont celui du centre surmonté d’un panache rouge … en termes héraldiques :

« Parti au premier, d'azur à la galère d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe. Au second, d'or à deux palmiers de sinople posés sur une île soutenue à senestre d'un îlot du même, au chef de sinople chargé d'une chaîne de trois volcans d'argent : celui du centre, sommé d'une nuée fumante de gueules, ladite chaîne soutenue d'une autre chaîne de cinq monts de sinople. »

 

Le blason est agrémenté d’une devis : " Praeter omnes angulus ridet " , ce qui signifie : " Entre tous, ce coin de terre me sourit ".

 

saint_denis_barachois_02.jpg                    St-Denis de La Réunion et les canons du Barachois - photo mi-aime-a-ou.com

 

Pour les volcano-philatélistes :

Timbre blason
Dessiné par Robert Louis
Gravé par André Frères
Premier jour le 16 mai 1964

Retiré de la vente le 20 mars 1970

Couleur : bleu, vert, rouge et orange
Imprimé en typographie rotative à 100 timbres par feuille
Vendu à 273 millions d´exemplaires.
A noter : Différence avec la blason ci-dessus, la présence de rames à la galère.


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Publié le par Bernard Duyck
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Le massif volcanique de Zemplén – Tokaj , situé au confins nord-est de la Hongrie se confond avec une grande région vinicole : Tokaj-hegyalja.


 Suite de montagnes basses (altitude moyenne, 500 m), la Dorsale hongroise traverse la Hongrie de part en part, de la région du lac Balaton, au sud-ouest, à la frontière russe, au nord-ouest ; elle sépare de ce fait la plaine Pannonique en deux parties, Kisalföld au nord-ouest et Nagyalföld au sud-est. Le Danube, en prenant la direction du sud dans la région de Budapest, décrit le "coude du Danube", divisant la Dorsale en deux ensembles : la Dorsale de Transdanubie et la Dorsale septentrionale.

La Dorsale de Transdanubie est une succession de horsts calcaires et dolomitiques, bien individualisés par de larges fossés tectoniques. Le massif mésozoïque s'est fracturé lors du soulèvement des Carpates, mais il doit son allure actuelle aux mouvements répétés (Pliocène, Quaternaire) du grand accident tectonique qui limite l'affaissement de la plaine Pannonique. Les fossés tectoniques de Mor et de Tata séparent le massif en trois unités : Bakony (704 m), Vértes et l'ensemble Budai-Pilis-Gerecse.

La Dorsale septentrionale fait partie de la ceinture volcanique interne des Carpates. Elle comporte des restes des stratovolcans tertiaires et des blocs mésozoïques soulevés par les mouvements affectant le socle.

 

furmint---Tokaj.jpg                        Hongrie nord-est - le massif volcanique Zemplén-Tokaj

 

Tokaj_-_Hegyalja---Civertan.jpg           Le mont Tokaj, un ancien volcan aux flancs couverts de vignobles - photo civertan

 


Tokaj : "le vin des Rois et le roi des vins"

La minéralité du sol volcanique, couplée à des cépages inconnus ailleurs, le Furmint et le Harslevelü, vont permettre de créer un vin d’exception.

 Les vignobles habillent les pentes sud et ouest du massif volcanique Zemplén et les pentes du volcan Tokaj. Les côteaux longent les zones humides des rivières Tisza et Bodrog, d’où s’élève dès l’automne un brouillard épais qui noie l’horizon.


-Botrytis_riesling---T.O.M-jpg                    Grains de raisin touchés par le Botrytis cinerea, la "pourriture noble".


Ce brouillard est à l’origine du Botrytis cinerea, un fin duvet gris cendré, une "pourriture noble" dont la présence concentre les sucres des grains de raisin. Le chaleur venue des plaines aride au sud, la Puszta, crée un microclimat favorable à une seconde concentration, appelée passerillage, qui va confire les grains, et exhaler des arômes de chocolat, de pruneaux et de champignons … Cette combinaison providentielle de pourriture et de sécheresse donnent ainsi naissance au grain aszú.

Gorgé de sucre et de parfums, il est la matière première du grand vin liquoreux hongrois : le Tokaji Aszú !

Les grains aszú sont tellement secs et recroquevillés qu’on ne peut les presser tels quels. On les porte donc d’abord dans des cuves dont le fond est percé de trous munis de robinets. Au fil des heures, un jus s’exprime alors lentement, par le seul poids du raisin. Cette quintessence de grains nobles n’est autre que l’Eszencia, tellement riche en sucre (jusqu’à 900 grammes par litre !) que la fermentation alcoolique ne se fait pas.

Cette pâte de grains aszú est ajoutée au moût de raisins Furmint, Harslevelü et Muscat en quantité variable, selon le nombre de hottes, ou puttonyos, utilisées. Après fermentation et filtrage , l’assemblage va vieillir durant tokaj-caves---gonomad.jpgminimum trois ans en fûts de chênes dans des caves creusées dans le tuff ou le roc, où règne une température constante de l’ordre de 10°C.


Entrées de caves - région viticole du Tokaj / photo gonomad


L’air y est recyclé naturellement par des prises d’air nommées trous de l’âme. Le présence d’une moisissure qui tapisse les parois, le cladosporium cellare, joue un rôle de filtre. Ces caves sont mentionnées dans des documents du 12° siècle.

 

Ce n’est qu’à l’époque Ottomane que le Tokaji Aszú fut produit pour la première fois … selon la légende, la crainte des raids turcs retarda la récolte. Les raisins flétrirent et la pourriture noble s’installa ; le vin fut néanmoins produit et présenté aux seigneurs du domaine. La méthode de fabrication a été décrite en 1571. Ce vin fit ensuite la conquête de l’europe, grâce au prince Rákóczi, qui fut son ambassadeur auprès des cours royales et impériales. Louis XIV l’a baptisé " le vin des rois et le roi des vins ".

 

Vignobles-de-Tokaj---Joris-Hoefnagel-16-.jpg                         Le vignoble de Tokaj - gravure de Joris Hoefnagel / 16° siècle


Tokay-essence-1811-bottled-1940.pngCe nectar était tellement convoité, qu’au 19e siècle, les tsars de Russie le faisaient escorter jusqu’à Saint-Pétersbourg par un régiment de Cosaques !

François-Marie Arouet, dit Voltaire, en parle en ces termes : " L'aszü de Tokaj est un breuvage ambré aux couleurs éclatantes qui tisse les fils d'or de l'esprit et fait scintiller les mots les plus spirituels. "

 

Tokay Essence 1811

"Bottled about 1840. Formerly the property of the Princely Family of Bretzenheim, which became extinct in 1863" - Sold by Berry Bros in the 1920's. The nec plus ultra of Tokaji, and one of the greatest of all 19th century wines. - photo Tokaji on line.

 

Les guerres mondiales, suivies d’une collectivisation synonyme de perte de qualité, ont coupé son essort.

Il a fallu ensuite attendre la chute du mur et les années 1990 pour assister à la renaissance du Tokaj-hegyalja.

Tokaj-hegyalja, mot à mot Tokaj-piémont, désigne la région d'Appellation d'Origine Contrôlée, d'une surface encépée de 6500 ha à ce jour.

 

Ce vignoble se présente sous la forme d'un triangle au sud duquel se trouve le village de Tokaj, où est situé le Domaine Impérial Hétszölö.


-Several_bottles_of_Tokaji---takato-marui.jpg" Tokay Renaissance ", des bouteilles primées aux Vinalies internationales de Paris. - photo Takato Marui 

   

oremus-1972-etiquette.jpg

disznoko---1992-etiquette.jpg

 

Etiquettes de Tokaji Aszu

Oremus de 1972 / 6 puttonyos

et Disznokö 1992 / 5 puttonyos

photo Tokaji on line.

 

Le vin a une robe opale, des parfums d’abricot, de miel et d’épices, une texture soyeuse, qui le font considérer comme le plus grand vin liquoreux du monde … Tout ce qui entre dans la composition du Tokaji  hongrois est original et particulier : sols, raisins, vinification, caves, jusqu’à la forme de la bouteille !  


Sources :

- Le paysage culturel viticole de la région de Tokaj (Hongrie) - par Zsuzsa Cros Kárpáti, architecte paysagiste - Chercheur associé, UMR LADYSS CNRS, France
- Tokaji on line - link

            " Les régions et pays viticoles sont toujours idylliques " - Hamvas Béla

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