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Earth of fire

Actualité volcanique, Articles de fond sur étude de volcan, tectonique, récits et photos de voyage

excursions et voyages

Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Heviz---installations-thermales---HTME.jpg

                 Hongrie - Héviz : le lac et une des installations hydrothermales - photo HTME

 

Grâce à la fine épaisseur de la croute terrestre formant le bassin des Carpates, la nature a doté la Hongrie de plus de 2.000 sources thermales et médicinales naturelles, riches en matières minérales.

 A l’Antiquité, sur le territoire de la province de Pannonie, située en grande partie dans la partie ouest de la Hongrie actuelle, les Romains jouissent déjà d’une culture balnéaire très développée. Centres à la fois de la vie culturelle, des loisirs et des soins d’hygiène, les thermes constituent des équipements indispensables du mode de vie des Romains. Sur le territoire de l’ancienne ville romaine d’Aquincum, située sur l’emplacement de l’actuelle ville de Budapest, les archéologues ont identifié les vestiges de 11 bains thermaux.

La culture thermale a repris vie lors de l'occupation turque, lorsque pour utiliser l'eau des sources thermales de nombreuses maisons de bains ont été construites, dont certaines sont toujours opérationnelles de nos jours.

Au 19ème siècle, grâce au développement du forage en profondeur et de la science médicale, la culture des bains a connu un nouvel élan.


Héviz, situé à l’ouest du Balaton, abrite le plus grand lac d’eau chaude européen (49.000 m²), protégé par une forêt. Les eaux sulfureuses et légèrement radioactives ont une température de 30-35°C en été, et ne descendent pas sous les 22°C en hiver, chauffées par géothermie. Leurs vertus thérapeutiques, pour les soins  des rhumatismes et des articulations enflammées, sont connues depuis plus de 2.000 ans.

 

Medicinal_Bath_Heviz---Civertan-Grafikai-studio.jpgHongrie / Balaton - le lac d'Héviz et les installations hydrothermales - photo Civertan Grafikai Studio

 

Ce lac s’est formé à la même époque que le lac Balaton, il y a 20-22.000 ans, suite à des mouvements tectoniques. Le niveau plus élevé des eaux à cette époque les faisait couler dans le Balaton. Les changements climatiques ont ensuite fait baisser le niveau des eaux, et de la tourbe s’est accumulée au fond du lac de Héviz.


L’exploration par plongée dans le lac, dans les années 1950, a révélé une forme en demi-entonnoir dissymétrique. Une dizaine de sources alimentent le lac, au départ d’une grotte dont l’entrée se trouve à presque 40 m. de profondeur. Leur débit abondant (440 litres par seconde) permettent un renouvellement de l'eau en 48 heures.

 

Heviz---coupe---cern.ch.jpg              Hongrie - lac d'Héviz - coupe du "cratère" et de la grotte - doc. CERN.ch

 

Divers taxons bactériens caractérisent ces eaux chaudes : des cyanobactéries et autres thermophiles endémiques y côtoient des algues vertes, deux espèces de nématodes et des crustacés primitifs.

 

Sources :

 - Large hydrovolcanic filed in the Pannonian basin : general characteristics of the Bakony-Balaton Hihland volcanic field, Hungary – by K.Németh & U.Martin

 - Hydro- und Umweltgeologie Mitteleuropas - Balaton und Héviz, Ungarn – by Anja Bretzler.

- CERN scuba club Geneve - link

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Publié le par Bernard Duyck
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Le champ volcanique des hauteurs de Bacony-Balaton localisé au nord du lac Balaton comprend  une centaine de structures volcaniques, dont des boucliers, des anneaux de tuff et des maars.

 

Badacsony de Szigliget - Pilise Gabor               Hongrie - le Mont Badacsony, vu de Szigliget - photo Pilise Gabor

 

Dans les zones où une épaisse couche de grès Pannonian constitue la strate Monogenic-VF-of-western-Pannonian-basin14.jpgpré-volcanique, des centres volcaniques de type « maar normal » sont trouvés, remplis par une épaisse couche magmatique.

A d’autres endroits, où seule une faible couche de grès Pannonian surmonte des roches du Mésozoïque au Paléozoïque, caractérisées par des fractures contrôlant l’aquifère, on retrouve des maars de grandeur inhabituelle, dit maars de type Tihany ; ils sont remplis habituellement par d’épais dépôts lacustres, formant des séquences de type Gilbert.


Coupes théoriques d'un complexe de maars volcaniques, sur base des roches pyroclastiques préservées, de leurs textures et répartitions. -

in "An Overview of the Monogenetic Volcanic
Fields of the Western Pannonian Basin" by K.Nemeth.

sur la carte ci-dessous : Pula (25) - Hajagos (14) - Sag-hegy


Au nord du champ volcanique, dans une zone de moindre interaction avec les eaux de surface ou souterraines, se trouvent des volcans-boucliers et de grands cônes de scories.


 

Monogenic-VF-of-western-Pannonian-basin08.jpg                     Carte du champ volcanique des hauteurs de Balcony-Balaton - by K.Nemeth

 

Balaton.jpeg          Hongrie - le lac Balaton et environs - photo Landsat 2000, en fausses couleurs / Nasa

 

Le complexe de maars de Tihany (n°33 sur la carte), une péninsule qui presqu-ile-de-tihany.jpgs’avance dans le lac Balaton, représente la plus ancienne manifestation volcanique du BBHVF.

Ce complexe de maars, daté de 7,56 Ma (fin du Miocène), a été formé par des éruptions phréatomagmatiques dues à l’interaction entre le magma et les eaux souterraines contenues dans les sables au début. Ensuite,les blasts ont excavés les calcaires et mis au contact les eaux karstiques et le magma, puis d’autres grès et schistes et les eaux fissurales. Ces explosions ont laissé en surface des tuffs bréchiques et au moins trois maars et un cône de scories strombolien.

La composition des verres volcaniques des unités pyroclastiques phréatomagmatiques de ce complexe va de la téphrite à la phonotéphrite, en contraste avec les verres volcaniques des dépôts stromboliens de composition basaltique à trachybasaltique.

 

TihanyCarte géologique simplifiée de Tihany - contours possible de trois cratères - et la localisation des lacs Belso et Kulso - doc. K. Nemeth


Aujourd’hui, ne persistent de façon visible que deux lacs privés d’écoulement, et situés à un niveau plus élevé que la lac Balaton ; l’un est apprécié par les pêcheurs, l’autre constitue un paradis pour les oiseaux aquatiques.

Des sources thermales ont formé une centaines de cônes de geysérite sur la péninsule.

 

mini-Tihany--20-.JPG                            Hongrie - presqu'île de tihany : le lac (marécage) Kulso

 

Badacsony (n°1 sur la carte) est l’une des plus grandes buttes du BBHVF, formée par une épaisse couche (>50 m.) de basanite foncée, couvrant un tuff Badacsony - B.Paul - Bericht Balaton endversion - Balaton Ajaunâtre de lapilli, le tout fortement érodé au Quaternaire.

Haute de 437 mètres (au dessus du niveau marin), cette butte a une forme allongée N-S sur 1.000 mètres. Aucn cratère n’est visible, enfoui sous les laves.

 

Hongrie - entablements basaltiques de Badacsony - photo B.Paul


Les buttes de Badacsony, Szentgyörgy–hagy (n°2 sur la carte)ou encore Halap (n°4 sur la carte), présentent cette élongation, à mettre en rapport avec un système d’évents fissuraux.

 Sur ces parois basaltiques où se sont formées d’étonnantes orgues et plaques basaltiques, s’épanouissent plusieurs cépages de réputation internationale et millénaire (moine gris de Badacsony, muscadet ou riesling). On accède à ces vignes, par une route pavée, bordée de caves à vins … dégustation(s) de rigueur !

 

Balaton Mt Badacsony - Tomas Orth                      Hongrie - le Mont Badacsony, vu du lac Balaton - photo Thomas Orth

 

A Hegyestű (n°28 sur la carte), dans le bassin de Kali, on peut voir une paroi -hegyestu---Szabo-Sando.jpgd’orgues basaltiques qui a échappé à l’exploitation carrière ; on peut y voir la forme conique primitive de la structure.

 

Hongrie - un des cônes volcaniques d'Hegyestű découpé par l'exploitation carrière - photo Szabo Sando.

 

Hegyest-_Geologiai_Bemutatohely_-5--Balaton.jpg                     Hongrie - les orgues basaltiques d'Hegyestű - photo Bakony-Balaton Geopark 


   Sources :

- Large hydrovolcanic filed in the Pannonian basin : general characteristics of the Bakony-Balaton Hihland volcanic field, Hungary – by K. Németh & U. Martin - link

- An Overview of the Monogenetic Volcanic Fields of the Western Pannonian Basin: Their Field Characteristics and Outlook for Future Research from a Global Perspective - by Károly Németh

- Bakony-Balaton geopark - link

-  Hydro- und Umweltgeologie Mitteleuropas - Balaton und Héviz, Ungarn – by Anja Bretzler.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 

Inclus dans les champs volcaniques du bassin de Pannonie (*) en Europe centrale, des champs monogéniques caractérisent l’ouest de l’actuelle Hongrie.

 

Badacsony_Region-JPGHongrie - Le lac Balaton et une partie du champ volcanique des hauteurs de Bakony-Balaton, avec la mesa du Mont Badacsony sur la droite.


Durant une période étalée sur six millions d’années, le volcanisme intra-continental a été responsable de la formation de champs volcaniques tels que le BBHVF – Bakony-Balaton Highland volcanic field  et le LHPVF – Little Hungarian Plain volcanic field, caractérisés par un flux magmatique faible largement contrôlé tectoniquement.

 

Monogenic-VF-of-western-Pannonian-basin03.jpgSituation des champs volcaniques monogéniques datant du Miocène/Pléistocène du bassin de Pannonie - et   les grandes unités géologiques de la région carpatho-pannonienne. (unités cénozoïques ; nappes de flysch des Carpates externes ; affleurements de roches mésozoïques ou plus anciennes.)  

 1 – BBHVF : Bakony-Balaton Highland Volcanic Field; 2 - LHPVF : Little Hungarian Plain Volcanic Field;

3 – Burgenland; 4 - Styria Basin; 5 - Northern Slovenian Volcanic Field; 6 – Nógrád – Gemer Volcanic Field;

7- Persanyi Mts; and 8 - Bánát. - doc. by Károly Németh (réf. en sources).

 

La reconstitution du paysage, en tenant compte de l’érosion, permet de fixer le volume de produits volcaniques émis à un peu moins de 5 km³, pour les champs volcaniques Hongrois pour la période du Miocène au Pléistocène.


Les champs volcaniques monogéniques du bassin Pannonian ouest sont constitués de restes érosionnels formant des buttes et des mesas (**), généralement composés de roches pyroclastiques recouvertes de laves.

Les parties centrales des buttes volcaniques sont composées de tuff bréchique riche en fragments lithiques du sous-bassement. La majorité des roches pyroclastiques est constituée de tuff à lapilli, riche en échardes de verre volcanique.

Ces champs monogéniques peuvent être considérés comme des champs typiquement phréatomagmatiques, révélant une interaction entre l’eau (sables fluvio-lacustres saturés en eau) et le magma au moins au niveau des périodes initiales de l’éruption.

Avec la poursuite des éruptions, les cratères ont eu une croissance tant verticale que latérale ; les blasts phréatomagmatiques successifs ont fracturé le substrat en profondeur et permit un contact entre les nappes phréatiques et le magma basaltique montant.

L’abondance de roches locales dans les successions pyroclastiques est signe que la fragmentation du magma a eu lieu en sub-surface ;

en résultent un volume significatif de roches du sous-bassement excavé, la formation d’un déficit de masse menant à un effondrement graduel, et la formation de diatrème, conduit volcanique rempli de débris.

 

G15-formation-de-Maar072-3.jpgSchéma de maar-diatrème - différentes parties à gauhe - à droite : diamètre de l'anneau de tuff formé en fonction de la profondeur du diatrème. - doc. Volker Lorenz

 

On y retrouve les restes érosionnels de maar-diatrèmes, des anneaux de tuff, des cônes de scories, des volcans-boucliers et des champs de lave. (Nemeth & al. 1999)


Monogenic-VF-of-western-Pannonian-basin04.jpg                                     Les champs volcaniques de l'ouest de la Hongrie

BBHVF – Bakony-Balaton Highland Volcanic Field, et LHPVF - Little Hungarian Plain Volcanic Field.

Les zones de roches volcaniques sont en couleur vert foncé - les références en marge tous les 10 km

doc. by Károly Németh (réf. en sources) 

 

Le lac Balaton, au sud de ces deux champs volcaniques, est le plus grand lac d'eau douce d'europe centrale; cette "mer intérieure" est fort apprécié des allemands durant la période estivale.

Ce lac est d'origine tectonique, liée à une faible subsidence : c'est un fossé d'effondrement très léger dû au jeu de nombreuses failles. La présence de reliefs volcaniques (le mont Badacsony, le Szent György et la presqu'île de Tihany, présentant des phénomènes hydrothermaux) témoigne d'anciennes remontées de lave à la faveur des failles.

 

Balaton_Hungary_Landscape---txd-flickr.jpg                                Hongrie - paysage du lac Balaton - photo tdx / Flickr

 

Lexique :

(*) La Pannonie (en latin Pannonia) est une ancienne région de l'Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l'emplacement de l'actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie, de la Serbie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Slovénie, de l'Autriche et de la Slovaquie.

(**) Une mesa (mot espagnol et portugais pour table) désigne en géomorphologie une élévation de terre dont le dessus est plat et les côtés constitués de versants. 

 

Sources :

- An Overview of the Monogenetic Volcanic Fields of the Western Pannonian Basin: Their Field Characteristics and Outlook for Future Research from a Global Perspective - by Károly Németh (Massey University New Zealand)

- Maar-Diatreme Volcanoes, their Formation, and their Setting in Hard-rock or Soft-rock Environments - by Volker Lorenz, Institut für Geologie, Universität Würzburg, Pleicherwall 1, D-97070 Würzburg, Germany.

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

 Outre Ailsa Craig, les Hébrides intérieures abritent d’autres traces du volcanisme.

 

Hebrides-map-copie.png                                       L'archipel des Hébrides - intérieures et extérieures.


L’île de Mull témoigne de ce volcanisme sur Ardmeanach et sur Staffa, qui map-mullandiona.gifaux temps préhistoriques formaient un seul ensemble avec les actuelles îles d’Iona, Mull et Treshnish.

Mull est la quatrième plus grande île Ecossaise ; Staffa est située à 10 km. à l’ouest de Mull et 9 km au nord-est d’Iona.

 

 

ardmeanach-vu-de-Slochd-an-Uruisg---BBC-Scotland-blog.jpg

                  Ile de Mull - Ardmeanach , vu de Sclochd an Uruisg - BBC Scotland blog


wild_columns---ardmeanach-wilderness---BBC-Scotland-blog.jpg                             Ile de Mull -  photo Ardmeanach wilderness.


L’île de Staffa, de 1.000 m sur 500, est allongée sur un axe N-S. Sa côte abrite de nombreuses grottes creusées par l’action des vagues.

La plus célèbre d’entre elles est Fingal’s cave, située à la pointe sud de l’île. Haute d’une vingtaine de mètres et longue de 75 , elle est creusée dans une falaise basaltique.

Son nom, en gaélique An Uamh Bhin, signifie "la grotte mélodieuse" … le bruit des vagues dans la grotte a inspiré une œuvre de Felix Mendelssohn : Die Hebriden / ouverture opus 26, aussi appelée Die Fingalshöhle.

Il affirme " être arrivé en Ecosse avec une inclination pour les chansons populaires, une oreille pour la belle et odorante campagne et un cœur pour les jambes dénudées des indigènes ".

 

Fingall-s-cave---Staffa---Catalyzing-change.jpg                               Staffa - les orgues de Fingal's cave - photo Catalyzing change.

 

Fingal-s-cave---shutterchance.com.jpg             Staffa - les orgues de Fingal's cave par un jour de brume - photo shutterchance.

 

Staffa_basalt_columns---H.J.-Bennohr.JPG                       Staffa - les orgues de Fingal's cave / détail -  photo H.J. Bennöhr


L’île de Staffa est entièrement volcanique : sur un soubassement de tuff, des basaltes tholéiitique à olivine foncés sont surmontés par une couche de lave basaltique sans structure cristalline. La couche intermédiaire  présente des colonnades à prédominance hexagonale, qui forment les parois des grottes excavées. Ces basaltes sont datés de 55-58 millions d’années.

 

Staffa--Fingal-H.J.Bennohr.JPG                   Staffa island - à gauche, Boat cave - à droite, Fingal's cave - photo H.J. Bennöhr


A proximité de Boat cave, battue par les vagues, la falaise est endommagée par l’explosion d’une mine en 1945.

 

Un îlet pyramidal, seulement visible à marée basse, appelé Am Buachaille – le berger -  est formé d’un tas de colonnes basaltiques en gerbes.

 

Staffa-Am-buchaille---H.J.Bennohr.JPG                                       Staffa island - Am Buachaille - photo H.J. Bennöhr

 

staffa_mull_scotland-flavour-G2197.jpg                   Staffa island - Am Buachaille - photo Scotlanf flavour

Sources :

- Scotland inverness - Staffa Fingal's cave and the Treshnish islands - link

Mendelssohn---disque.jpg- Felix Mendelssohn - Die Hebriden, op.26, Die Fingalshöhle - mp3

 

Pochette du disque de Mendelssohn / symphonies & ouvertures - par le London Symphony Orchestra / Deutsche Grammophon.

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Publié le par Bernard Duyck
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Une petite île volcanique Ecossaise, magnifique mais solitaire, est à vendre !

 

ailsa-craig-from-the-south---Maybole.org.jpg            Ailsa Craig, ses falaises et orgues basaltiques - photo Maybole.org


Ailsa Craig est située à 16 km. au large d'Ayrshire Coast, à mi-chemin entre alisa-Craig-carte.gifGlasgow et Belfast, dans le Firth of Clyde, un bras de la mer d’Irlande.


Situation d'Ailsa Craig entre Ecosse et Irelande - carte wikipedia


Le nom de l'île est la forme anglicisée du gaélique Aillse Creag ou Creag Ealasaid qui signifie Elizabeth's rock, le "rocher d'Élisabeth".

Cependant l'île est tellement visible et sert depuis si longtemps de repère dans le détroit entre l'Écosse et l'Irlande qu'il en est fait mention dans un grand nombre de textes celtes anciens sous des appellations variées : A' Chreag (« le rocher »), Creag Alasdair (« le rocher d'Alasdair »), Ealasaid a' Chuain (« Élisabeth de l'océan ») ou Alasan.


Cette île de 3.200 mètres de circonférence culmine à 338 mètres de hauteur. Elle est constituée des restes d’un ancien bouchon volcanique, comme en témoignent les orgues basaltiques affleurant sur ses côtes actuelles.

Le volcanisme est lié à l’ouverture de l’Atlantique nord, débuté voici 62 millions d’années environ, épisode géologique qui a séparé l’Amérique du nord de l’Europe. Des intrusions ignées au Paléogène, des volcans et leurs coulées de lave ont donné des îles qui ponctuent les rivages ouest de l’Ecosse … Skye, Mull, Rum et Ailsa Craig en sont les restes. La péninsule d’Ardnamurchan et les inondations basaltiques d’Irlande du nord, dont la chaussée des Géants, furent formés à la même période.


Son histoire est à la fois maritime, géologique et ornithologique.

 

AilsaCraig1890-byTNelson-Sons-London.jpgAncienne lithographie d'Ailsa Craig - parT. Nelson & sons / London / vers 1891 -  doc.Maybole.org

 

A la fin des années 1500, un château y fut bâti par la famille Hamilton pour protéger le Clyde des pirates, puis des invasions espagnoles sous le Roi Philippe II.

Elle servit de refuges aux catholiques durant le Réforme Ecossaise ; ensuite, elle fut utilisée comme prison durant les 18 et 19° siècles.

En 1831, elle devint propriété du 12° comte de Cassilis, promu marquis d’Ailsa.

De 1883 à 1886, un phare fut construit sur Ailsa par Thomas Stevenson. Propriété du Northern Lighthouse Board, il fut automatisé en 1990.

 

Castle_and_Lighthouse-_Ailsa_Craig---Ron-Ireland.jpg                        Ailsa Craig - les ruines du château et le phare  - photo Ron Ireland


Entre le milieu du 19° et le milieu du 20° siècle, on y exploite un type rare de microgranite à riebeckite, une amphibole riche en sodium de couleur curling-stone---Wordpress.jpgbleutée connu comme Ailsite,  et renommé dans le domaine du curling. Jusqu’en 2004, 60 à 70% des pierres de curling provenaient des carrières de cette île. Pierre de curling - doc. Wordpress

Le pavement de la chapelle du Chardon dans la cathédrale Saint-Gilles d'Édimbourg est un bel exemple de ce granite.


Ailsa Craig est une île déserte depuis l’automatisation du phare dans les années 1970, et la fermeture des carrières. Ses falaises abruptes et son isolement ont permis l’installation de colonies d’oiseaux marins, dont les Fous de Bassan. Avec plus de 70.000 individus, elle constitue l’une des plus grandes colonie de fous au monde. S’y ajoutent des puffins, des guillemots, des mouettes tridactyles et des pingouins. L’éradication de la population exogène de rats a permis aussi la réinstallation des Macareux moines, au départ des îles voisines de Glunimore et Sheep.

 

GannetColony-Ailsa-Craig---Maybole.org.jpgAilsa Craig - la colonie de Fous de Bassan ( tous les points blancs qui ponctuent la falaise de bas en haut) - photo Maybole.org


Si vous aimez la compagnie, bruyante et odorante, des oiseaux pélagiques, ou si vous avez une âme d’ermite capable de vivre en autarcie dans un climat rude et vivifiant , vous ne trouverez de meilleure place que l’île d’Ailsa pour y passer quelque temps …  à condition d’être suffisamment fortuné pour l’acquérir. Elle n’est de plus accessible que par hélicoptère ou bateau, par beau temps !

Vous ne serez cependant pas libre d’y faire ce que vous voulez, la Royal Society for the Protection of Birds anglaise espérant faire de l’île un sanctuaire pour les oiseaux marins et ses pierres.

 

 Sources :

- BBC News Scotland - Ailsa Craig island in Firth of clyde put up for sale - 05.2011

- Maybole.org - Ailsa Craig photogallery - link

- The Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) - réserve d'Ailsa Craig - link 

- History of curling - A study of stones - link

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Publié le par Bernard Duyck
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L’ Etna, et plus particulièrement son nouveau cratère sud-est, a commis en 2012 et en février 2013 de grandes fontaines de lave.

Son dernier paroxysme en date est crédité de fontaines montant à 600-800 mètres de hauteur … deux fois la hauteur de la Tour Eifel ou plus !

Bien que ce type d’éruption soit spectaculaire et photogénique, nous sommes loin d’un record en matière de hauteur.


2013.02.23 MDM Etna Walk      Etna  -  Fontaines de lave du 5° paroxysme 2013 - photo Marci di Marco / Etna Walk 23.02.2013

 

La hauteur des fontaines de lave dépend de nombreux facteurs :

- l’approvisionnement en magma  

- la teneur du magma en gaz : plus la teneur en gaz est élevée, plus l’éruption sera explosive 

- la géométrie du cratère.

 

La plus haute fontaine observée au cours des temps historiques est attribuée à l’éruption de l’Izu-Oshima en 1986, localisé sur l’arc volcanique Izu-Bonin au sud de Tokyo.

Map_IzuIslandsShuttle.jpgLe stratovolcan Oshima forme, avec ses prédécesseurs, la plus nordique des îles Izu. Il est coiffé par une caldeira de 4 km. de large, contenant un grand cône central, le Mihara-yama, et de cônes parasites.  - Carte de l'arc volcanique Izu

L’éruption a débuté le 15 novembre 1986 à 17h25, accompagnée de fontaines de lave et de la formation d’un lac de lave dans le cratère.

Son débordement donne naissance à des coulées le 18 novembre qui se sont répandues sur le plancher de la caldeira. L’activité du cratère central a décliné ensuite jusqu’au 20 novembre … pour reprendre soudainement par le biais d’une éruption fissurale le 21 novembre à 16h15.

 

Isu-Oshima---21.11.1996---Katsuyuki-Abe-VSJ.jpg

Eruption du 21.11.1986 du Mihara-yama/ Izu-Oshima  -  photo Katsuyuki Abe / Volcanological Survey of Japan


De spectaculaires fontaines de lave sont montées d’une fissure, atteignant 1.000 m. de longueur, sur le flanc nord du Mihara-yama,  et se sont élevées jusqu’à 1.600 mètres.

Elles ont nourri une colonne éruptive sub-plinienne montant à 16.000 mètres. De grandes quantités de scories se sont déposées sur toute l’île.

Les coulées de lave du Mihara-yama  ont duré quatre jours , puis suivant l’éruption fissurale, le cratère central s’est réactivé. Une éruption a eu lieu hors caldeira. Une coulée importante est descendue en direction de la ville pour s’arrêter avant de toucher les zones résidentielles. L’activité a commencé à décliner le 23 novembre.

Le GVP renseigne des volumes de lave émis de 22 millions de m³ et de téphra de 25 Mm³, pour une éruption de VEI 3.


L’éruption en Nouvelle-Zélande du volcan Tarawera en 1886 a produit des fontaines de lave estimées d’une hauteur de 2.000 mètres (sur base des récits de l’époque … et acceptable au vu des ratios d’éruption et du contenu en gaz des basaltes du volcan)

 

Tarawera-1886.jpg                           Eruption du Tarawera en 1886 - photo Roturoa museum .nz


La fissure éruptive a coupé les dômes de lave de l’éruption Kaharoa ; les roches rouges et noires de l’éruption de 1886, de 20 à 30 m. d’épaisseur, surmontent les roches pyroclastiques blanches de l’éruption Kaharoa. La fissure en échelon est longue de 8 km.


tarawara---geologu-.sdu.edu.jpg                     Tarawera - la fissure éruptive de 1886 - photo geologue.sdu.edu

 

Tarawera-AVE-1.jpg        Tarawera - strates et couleurs des différents dépôts éruptifs - photo antony Van Eeten

 


Toujours plus haut, les fontaines de lave de l’éruption du Vésuve en 1779 seraient montées à 3.000 mètres.

Sir Hamilton, l’un des premiers volcanologues, la relate dans sa correspondance :

Vésuve 1779 Pietro Fabris " Le jet de dimanche était si formidable que la simple relation paraît une fable. A une heure et demi de nuit les jets commencèrent et augmentèrent si fort que je vous jure à mon oeil et à ceux de plusieurs Anglais avec moi, à Pausillipe, d’où je l’ai vu, la matière liquide et enflammée allait trois fois plus haut que la montagne même et en conséquence plus de 11 000 pieds ( >3.000 mètres), et comme la matière tombait (encore liquide et rouge) sur le mont de Somma et sur tout le cône du Vésuve, la colonne de feu ne pouvait être moins de deux milles et demi de largeur, des bouffées de fumées noires comme de l’encre ressortaient en même temps et formèrent un rideau noir derrière cette colonne de feu vif, cette nuée noire s’étendait à chaque moment et elle était remplie de feux électriques formant des éclairs en zigzag d’un bleu argenté, lesquels ne sortaient pas du nuage mais retournaient à la colonne de feu ; cette scène dura un peu moins d’une demie heure et finit tout d’un coup, le Vésuve paraissait un cône de charbons ardents et le Somma toute enflammé, la matière ayant mis le feu aux broussailles qui le couvrent. "

 

Pietro Fabris, La grande éruption du Vésuve en 1779, le soir
William Hamilton, Campi Phlegraei ou Observations sur les volcans des Deux Siciles,
Naples, 1776-1779, planche II du Supplément

 

Alessandro-d-Anna---l-er.-du-8-aout-1779--vue-de-Santa-Luc.jpg

                L'éruption du Vésuve du 8 août 1779, vue de Santa Lucia - par Alessandro d'Anna

ERUZIONE DEL VESUVIO ACCADUTA IL DI 8.AGOSTO 1779- CIRCA L'ORA 1:DI NOTTE VEDUTA DA SANTA LUCIA A MARE' - gouache  325 x 252 mm.

 

Sources :

- Blog Eruptions - stunning lava fountains from Italy's Etna - link

- Global Volcanism Program - Oshima

- Satellite thermal analysis of the 1986 Izu-Oshima lava flows - link 

- Global Volcanism Program - Okataina (Tarawera)

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Les paysages enneigés magnifient le Yellowstone et ses zones thermales … mais les hivers y sont très froids : entre - 5°C et -20 °C en journée et sous les – 20°C la nuit, avec une couche neigeuse moyenne de 180 à 380 cm. près du lac du Yellowstone, et bien plus sur les sommets environnants.

 

2013.01.22-Cliff-geyser-Black-sand-basin---YNP.jpg  Yellowstone National Park - Black Sand Basin - le Cliff geyser - photo Yellowstone N. P. 22.01.2013

 

2013.01.29-Orange-spring-mound--YNP.jpg Yellowstone National Park - Mammoth springs - Orange spring mound - photo Yellowstone N.P. 29.01.2013


Comment se débrouille la faune sauvage pour survivre à ces frimas ?

Tous n’hibernent pas comme les ours, et doivent élaborer d’autres stratégies de survie.

 

2012.12.19-Charogne-wapiti---YNP.jpg           " Mort et vie au Yellowstone " - carcasse de wapiti - photo Yellowstone N. P.

 

Beaucoup d’herbivores peinent à trouver leur pitance sous la couche neigeuse trop épaisse ; ils doivent se déplacer pour trouver herbe et plantes, au risque de dépenser une énergie nécessaire au maintien de leur température corporelle … les wapitis migrent vers le sud, où ils se rassemblent, comme près de Jackson Hole dans le Grand Teton N. P.,  ou profitent de conditions locales plus favorables dans des zones plus chaudes, où la neige est moins présente ou en couches plus fines, comme le font les bisons.

 

2012.12.14-Femelles-wapiti-Junction-butte-YNP.jpgYellowstone National Park - regroupement de femelles wapiti à Junction Butte - photo Yellowstone N. P. 14.12.2012

 

2013.01-22-Bisons-thermal-area-YNP.jpgYellowstone National Park - les bisons recherchent les zones thermales moins enneigés durant l'hiver - Yellowstone National Park 22.01.2013

 

2013.01.16-Elan-manteau-hiver---YNP.jpgYellowstone National Park - un élan, protégé par son pelage hivernal, fouille pour trouver quelques tendres rameaux -  photo Yellowstone National Park 16.01.2013

 

Il en est de même pour les carnivores, et même les oiseaux : leur survie dépend bien souvent d’une adaptation de leur régime … ils deviennent alors charognards. La mort d’un animal donne la vie à d’autres : des coyotes et renards aux aigles ou aux mésanges, tous se nourrissent sur les carcasses.

 

-Yellowstone-wolf--Doug-Smith-NPS.jpgYellowstone National Park - l'hiver est une rude saison, même pour les loups - photo NPS / Doug Smith

 

2013.01.08-renard-male.jpgYellowstone National Park - Grâce à une ouïe extraordinaire, le renard arrive à localiser ses proies sous la neige - photo Yellowstone N. P. 08.01.2013

 

2013.01.04-Pygargue-charognard---Chris-Daniel-YNP.jpgYellowstone National Park - Firehole river -  Le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus - Bald eagle),  habituellement piscivore, doit parfois se contenter en hiver de charognes -  photo Yellowstone N. P. / Chris Daniel ... à proximité d'un cygne trompette. 01.01.2013

 

   La mésange de Gambel a une méthode particulière pour supporter les basses températures ! Ce petit oiseau de quelques grammes fait baisser chaque soir d’hiver sa température corporelle de 6,5 °C environ, ce qui lui permet de conserver 20% de l’énergie nécessaire à la survie durant une nuit glaciale … malgré cela, il doit passer sa journée à remplacer l’énergie perdue : le mythe de Sisyphe revisité !

 

Mesange-de-Gambel---hiver-controle-temp.-YNP.jpg Yellowstone National Park - Mésange de Gambel (Poecile gambeli - Mountain Chickadee) - photo Yellowstone N. P. 10.01.2013

 

Certains migrateurs, comme le pluvier Kildir, peuvent contre toute attente y séjourner en hiver : ils survivent en se nourrissant des insectes trouvés dans les eaux chaudes des zones géothermales.

 

2013---kildeer-at-Mud-volcano--Terru-dolan-YNP.jpg Yellowstone National Park - Mud volcanoes - un Pluvier Kildir ( Charadrius vociferus - Killdeer) se nourrit près des sources chaudes - photo Yellowstone N. P. / Terry Dolan - hiver 2013

 

2013.01.11-Blue-funnelspring---John-Pallida-YNP.jpg Yellowstone National Park - Blue funnel spring -  photo Yellowstone N. P. / John Pallida 11.01.2013

 

Sources :

- Yellowstone National Park pictures

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Publié le par Bernard Duyck
Publié dans : #Excursions et voyages

Dans les Monts Dore, Saint Nectaire est un authentique village, remarquable pour ses sources thermominérales, son fromage et son art roman ! Un éclectisme qui la distingue d’autres cités thermales.

 

St-Nectaire---le-site---Jacques-Henri-Bayle.jpg             Saint-Nectaire - Fontaines Pétrifiantes de Saint-Nectaire - photo Jacques-Henri Bayle

 

Les thermes Gallo-romains :

Redécouvertes au début du 19°siècle, les grottes du Cornadore sont creusées dans du granite vieux de 340 Ma. Elles sont le lieu d’émergence de sources hydrothermales bicarbonatées. L’âge mesuré sur une stalactite, 2.000 ans, l’organisation des salles (tépidarium, caldarium) et la présence de cuves de bains en attestent l’usage ancien.

 

St-Nectaire-groote-du-Cornadore---2----promoresa.jpg    Saint-Nectaire - grotte de Cornadore: cuves de bain d'époque romaine - photo promosera

 

Les fontaines pétrifiantes :

Depuis 200 ans, les sources thermominérales d’origine volcanique sont exploitées pour la fabrication de bas-reliefs en calcaire et le recouvrement par celui-ci d’objets divers. Sept générations se sont transmis ce savoir-faire.

Les eaux de deux émergences (température de 18 à 52°C), à débit constant (39 l./min) se mélangent pour former une succession de petits lacs tièdes (30°C) ; elles circulent ensuite dans de petits canaux remplis de copeaux de bois, favorisant la précipitation des oxydes de fer et le dégagement partiel du gaz carbonique.

 

St-Nectaire-fontaine-petrifiante---la-gazette-des-champs.jpg

Saint-Nectaire - La fontaine pétrifiante : on distingue les arrivées d'eau au dessus de l'escalier (sous le niveau de la galerie) - photo La gazette des champs.

L’eau chargée en carbonates cascade sur 14 mètres de hauteur sur un escalier de bois dont les marches sont garnies de moules souples, fabriqués sur le site … il faut entre 6 mois et 2 ans pour les recouvrir d’une couche carbonatée brillante.

"L'amour enchaîné par les nymphes"  - oeuvre des Ateliers  de la Fontaine Pétrifiante. / www.fontaines-petrifiantes.fr

A.T.D_L-Amour_enchaine_par_les_nymphes.jpg

 

Le Mont Cornadore est le berceau de cultes divers depuis le néolithique : un dolmen en granit y est érigé, et selon la légende, des fées résidaient dans les grottes du mont, avant que Nectaire n’y prêche la religion chrétienne à la fin du 3° siècle. (http://www.terres-romanes-auvergne.com/saint-nectaire.html)

Il y fit bâtir une première église, qui accueillit ses reliques après sa mort. L’actuelle église romane, en trachyte gris clair, y fut construite au 12° siècle, et domine le village. Les chapiteaux, au canon trapu hérité de la tradition gallo-romaine, offrent plus de cent figures exceptionnelles.

saint-nectaire--terres-romanes.jpg                       Saint-Nectaire : chapiteaux romans du coeur - photo Terres romanes.

 

La commune a donné son nom à des fromages appréciés des gourmets et gourmands. C’est l’onctuosité de sa pâte et son délicat goût de noisette qui SaintNectaire---Promking.jpgfirent sa renommée.

Photo Promking.

 

Introduit à la cour de Louis XIV par le Maréchal de France Henri de Sennecterre (1600-1681), le Saint-Nectaire eut les faveurs du roi Soleil. Fromage paysan par excellence, fabriqué encore aujourd’hui bien souvent par les femmes, le Saint-Nectaire fut appelé jusqu’au 17e siècle "fromage de seigle " car il était affiné sur de la paille.

 

Sources:

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et de Larouzière - éd. Delachaux & Niestlé

- Saint-Nectaire - grottes du Cornadore - link

- Fontaines pétrifiantes de St Nectaire - link

- Fromages d’auvergne – fromage AOP Saint-Nectaire - link

 

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Publié le par Bernard Duyck
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Banne d'Ordanche - Telemaque MySon                         La Banne d'Ordanche - photo telemaque MySon


La Banne d’Ordanche est un sommet issu d’une éruption de trachyandésite. Ce volcan strombolien, apparu il y a 2 millions d’années environ, a subi une forte érosion par le ruissellement, par le vent et la gélifraction, qui lui laisse une étrange silhouette culminant à 1.512 mètres. Les talus d’éboulis sur le flanc sud date de la glaciation de Würm ( ~70.000 à 10.000 ans avant JC.) La Banne est un terme occitan signifiant " la corne ".

Son sommet, accessible par un escalier en bois, offre un panorama à 360° sur les Monts Dore, les monts du Cantal et la Chaîne des puys.

 

Banne d'Ordanche - Franchomme                                   La Banne d'Ordanche - photo SVT / Franchomme


La Banne d’Ordanche a donné son nom à une roche magmatique volcanique, l’ordanchite : une téphrite à haüyne.

Les téphrites sont des roches volcaniques basiques, de teneur basse en SiO2, teneur en alcalins (Na2O+K2O) de 3-9% pds et forte teneur en fer et Magnésium.

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                                    Ordanchite - photo Damien Mollex / ENS Lyon lithothèque

 

Le massif des Monts Dore est parsemé de lacs d’origine volcanique. Certains correspondent à des maars, d’autres sont des lacs de barrage volcanique.

 

Lac-Guery-et-roche-tuiliere---phil.-houbart-centerblog.gif                    Le lac de Guéry et la roche Tuilière - photo Philippe Houbart / centerblog


Le lac de Guéry : un exemple de lac de barrage et d'érosion glaciaire.

Il est également le plus haut lac d'Auvergne à 1250m d'altitude. (Superficie 26ha - profondeur 17m.)
C'est un lac de barrage créé par une coulée de lave basaltique, il y a 2,2 Ma d'après la datation de sa Labradorite ; les glaciers ont également eu un rôle déterminant en sur-creusant les roches : il s'agit de l'érosion glaciaire.

La fusion glaciaire lors d'éruptions ultérieures peut expliquer l'abondance de produits hyaloclastiques aux environs du Guéry.


Propriété d'EDF, autrefois appelée "Société de l'énergie industrielle", cette dernière entreprit à la fin du XIXème siècle un rehaussement du niveau du lac grâce à une digue de 8m., afin d'apporter l'eau du Guéry jusqu'à la centrale électrique du Mont-Dore, produisant l'électricité pour le Funiculaire du Capucin.

 

Chaque année, début mars, lorsque le lac est gelé, des pêcheurs venus de toute la France et des pays voisins s'adonnent à une pratique originale : "la pêche blanche". Un évènement insolite où chacun creuse son trou dans la glace à l'aide d'une vrille, puis lance sa ligne eschée d'un lombric, d'une teigne ou d'un petit vif pour une bonne partie de pêche hivernale ! Truites fario et arc en ciel, saumons de fontaine, ombles chevaliers, perches, brochets, carpes, gardons, tanches, gougeons peuplent ce lac.

 

Le lac pavin : un exemple de maar

Le cratère d'explosion du Pavin découpe à l'emporte-pièce le socle, les anciennes coulées trachyandésitiques issues du Massif des monts Dore et le coulée nord-est du Montchal. Il est occupé par un maar aux parois abruptes, de 750 mètres de diamètre, 92 mètres de profondeur.

Cet exemple a été analysé dans la série sur les lacs de cratère - lien.

 


Puy-de-Monchal-et-Pavin---vues-aeriennes-super-besse.JPG       Le Montchal, cône strombolien boisé, et le lac Pavin - photo "vues aériennes super-Besse".

 

Sources:

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - M. Krafft et de Larouzière aux éd. Delachaux & Niestlé

- Photos SVT - Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille  - Photos libres de droit  pour tout usage pédagogique

- Lithothèque Auvergne - Col de Guéry / hyaloclastites 

 - BRGM - Pavin-Montchal - link

- Activolcans - les dernières études sur le lac et le volcan - colloque de 2009

- Planète Terre - les mystères du lac Pavin - link

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Publié le par Bernard Duyck
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                        Les roches Tuilière et Sanadoire  - photo Thierry46

 

A 12 km. au nord du Mont Dore, deux necks volcaniques pointent d’une vallée glaciaire au fond de laquelle affleure localement le socle granitique.

Cette vallée est barrée au nord par des épanchements de lave : une coulée de basalte et une de doréite, venants de l’ouest et une troisième, d’ordanchite, venant de l’est.

Ces protrusions, hautes de 1290 mètres, se sont formées il y a environ 2 millions d’années. Les magmas visqueux, phonolitiques, n’ont pu se déverser latéralement pour former des dômes … ils sont montés verticalement, comme des pistons, en conservant le diamètre du cratère, dans le cas de la Roche Tuilière, en une seule venue, dans le cas de la Roche Sanadoire, en plusieurs venues.

 

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Schéma de formation des roches Tuilière (à gauche) et Sanadoire (à droite)doc. Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille

 

La roche Tuilière présente sur son flanc est des orgues de phonolite à néphéline. Ils se laissent débiter en plaques minces et régulières, les lauzes, exploitées pour la couverture des bâtiments régionaux… d’où son nom. Les carrières ont été abandonnées depuis plus d’un siècle.

 

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    La roche Tuilière - doc. Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille

 

Roche-Sanadoire---2----JL-Franchomme.jpgLa roche Sanadoire -  doc. Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille


La Roche Sanadoire, la "roche sonnante ", doit son nom à cette caractéristique musicale de la phonolite, qui résonne quand on la frappe. Elle présente sur ses flancs de petites orgues formant des gerbes, formée de phonolite à analcime et à noséane (bleue à l’origine, devenant par altération rouge brique).

Un château occupait le sommet au moyen-âge, comme en atteste des textes médiévaux. Il servit de repaire aux mercenaires amenés par les Anglais, qui ravagèrent la contrée pendant la guerre de Cent ans. En 1477, un tremblement de terre secoua la région, provoqua l’effondrement de la partie sommitale et effaça toutes traces du château.


D’autres affleurement de phonolyte prismée existe à la carrière Monneron, entre le Mont Dore et La Bourboule (en bordure de la D996) . Il s’agit d’un dôme de trachyphonolite à noséane, daté de 3 Ma,  traversé par un dyke de trachyte, daté de 2,55 Ma.

 

Monneron-carriere---volcanogeol.jpg                          Carrière de Monneron - dyke de trachyte - doc. volcanogeol.

 

Diapositive09-copie.jpgL'architecture locale utilise les matériaux mis à disposition par la nature: un bel exemple avec cette maison située à côté de la coulée prismée oblique, les murs en section de basalte prismé, le toit en lauzes de phonolite et les coins des murs en trachyte.

 

Une maison en matériaux volcaniques - doc. Volcanogeol / Rochefort-Montagne.

 

Sources :

- Guide des volcans d'Europe et des Canaries - par M. Krafft et F. de Larouzière -éd. Delachaux & Niestlé

- BRGM – volcans Monts Dore – Sancy  - link 

- Les volcans du Massif Central – BRGM – P. Nehlig & al.

- Photos SVT - Jean-Luc Franchomme PEGC (SVT - Sciences Physiques) - Académie de Lille  - Photos libres de droit  pour tout usage pédagogique

- Volcanogeol - Les Monts Dore - link  

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